Les logiciels libres pour l enseignement supérieur EI3-INFO - Projet de veille technologique 17 Mars 2011 Raphaëlle Chapuis Shion Kashimura
Table des matières INTRODUCTION 4 1 Positionnement du problème 5 1.1 Nouvelles technologies et création de nouveaux besoins................ 5 1.1.1 Des besoins intrinsèques aux établissements de l enseignement supérieur... 5 1.1.2 L apparition de nouvelles technologies et l émergence de nouveaux besoins.. 6 1.1.3 Périmètre de l étude............................... 7 1.2 Les logiciels libres.................................... 7 1.2.1 Définition.................................... 7 1.2.2 Pourquoi des logiciels libres pour l enseignement supérieur.......... 8 1.2.3 Le revers des logiciels libres........................... 9 2 Solutions logicielles pour l enseignement supérieur 10 2.1 Généralisation de l utilisation de l outil informatique.................. 10 2.1.1 Un exemple de problème ponctuel : gestion des stages............ 11 2.1.2 Une solution globale : les ENT......................... 12 2.1.3 En conclusion.................................. 13 2.2 Un accès à Internet généralisé.............................. 14 2.2.1 Une nouvelle forme d apprentissage : le e-learning et les LMS......... 14 2.2.2 Une nouvelle forme de communication : le e-learning 2.0........... 15 2.2.3 Les logiciels de e-learning............................ 15 2.2.4 En conclusion.................................. 16 2.3 Ordinateur et tablet PC de plus en plus présents dans les salles de cours....... 16 2.3.1 Annotation de PDF ou de supports de cours.................. 17 2.3.2 Une solution autre : le Mind Mapping..................... 17 2.3.3 Synthèse..................................... 19 2.4 Développement des technologies mobiles : Smartphones et tablettes tactiles..... 19 2.4.1 Définition du M-Learning............................ 20 2.4.2 La technologie mobile dans les salles de classe................. 20 2.4.3 Conclusion sur le M-Learning.......................... 21 3 Des solutions miracles? 22 3.1 Évolution des relations humaines............................ 22 3.1.1 Les relations ente enseignants et élèves..................... 22 3.1.2 Les relations entre élèves............................ 23 3.1.3 En conclusion.................................... 24 3.2 Mise en œuvre...................................... 24 3.2.1 Ressources et charge.............................. 24 3.2.2 Résistance au changement........................... 25 3.3 Entre enthousiasme et accessibilité........................... 25
CONCLUSION 27 Bibliographie 29 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 3
INTRODUCTION Le rapport suivant a été réalisé dans le cadre des enseignements de l option informatique de l Ecole Centrale de Nantes. Le projet de veille technologique a pour objectif principal la réalisation d une activité de veille technologique portant sur un domaine scientifique, incluant les activités de recherche, d analyse, de synthèse et de partage de l information. En outre, la particularité de ce projet réside dans l utilisation de divers supports de communication afin de diffuser les résultats des recherches. En effet, en amont du présent rapport un ensemble d articles ont été publiés sur le blog de Veille technologique en TIC par les étudiants de l option informatique à Centrale Nantes[1]. Le présent rapport de veille technologique est dédié aux logiciels libres pour l enseignement supérieur. Il vise à mettre en avant des solutions logicielles qui pourraient s avérer être des outils intéressants dans le cadre de l enseignement supérieur. Il existe aujourd hui de nombreux logiciels libres répondant à des besoins très variés, cependant, bien que certains établissements ont déjà recours à leur utilisation, ils constituent de manière générale une ressource encore assez mal exploitée. La démarche retenue afin de mener à bien ce projet a été, dans un premier temps, d identifier un certain nombre de besoins en termes d outils informatiques pour les établissements de l enseignement supérieur. Cette investigation a été menée tant sous un point de vue pédagogique, qu administratif ou associatif. Par ailleurs, les besoins identifiés ont été corrélés avec les technologies existantes et émergentes, et avec les outils utilisés par les universités du monde entier. En conséquence, ce document introduira dans un premier temps les problématiques associées aux logiciels libres pour l enseignement supérieur. Dans un second temps, nous verrons dans quelle mesure les différentes technologies aujourd hui présentes permettent de répondre aux besoins des établissements de l enseignement supérieur. Enfin, à l issue du projet de veille mené, nous nous efforcerons d analyser dans quelle mesure les outils présentés sont susceptibles de s intégrer au cœur de la vie d un établissement de l enseignement supérieur.
Chapitre 1 Positionnement du problème Dans leur fonctionnement les établissements de l enseignement supérieur font intervenir trois catégories d acteurs : les enseignants, les étudiants et le personnel administratif. Ceux-ci articulent leur quotidien autour des activités administratives et de gestion, pédagogiques et extra-pédagogiques qui rythment le quotidien des établissements et contrôlent leurs besoins en termes de ressources. Dans le cadre de cette étude, nous nous intéressons en particulier aux besoins logiciels afin d analyser dans quelle mesure les logiciels libres peuvent y répondre. 1.1 Nouvelles technologies et création de nouveaux besoins Les établissements de l enseignement supérieur ont, de par leur organisation, un certain nombre de besoins en termes d outils informatiques qui leurs sont intrinsèques. L émergence de nouvelles technologies permet aujourd hui de proposer de nouvelles solutions afin de répondre à ces besoins. Cependant, elles sont aussi responsables de l apparition de nouvelles attentes. 1.1.1 Des besoins intrinsèques aux établissements de l enseignement supérieur Les activités des établissement de l enseignement supérieur s organisent autour de trois problématiques principales : les fonctions administratives et de gestion ; les activités pédagogiques ; les activités extra-pédagogiques. Fonctions administratives et de gestion Les fonctions administratives des établissements de l enseignement supérieur permettent de prendre en charge toutes les problématiques de gestion inhérentes à l établissement. Les outils principaux en termes de logiciels sont les suivants : Logiciel permettant de gérer l ensemble des aspects de la scolarité des étudiants (inscription, règlement des frais de scolarité, suivi du parcours, suivi des stages depuis le départ en stage jusqu au retour, résultats, décisions du jury...) ; Logiciel permettant de gérer le personnel de l établissement (enseignants et personnel administratif) ; Logiciels permettant de gérer la comptabilité et les stocks nécessaires au fonctionnement de l établissement ; Portail web et service de messagerie, avec gestion de droits, permettant de diffuser facilement des informations (annonce d événements, offres de stages, emploi du temps, messages personnels, rappels...) concernant la vie de l établissement, en fonction du statut de chacun (personne extérieure à l établissement, étudiant, personnel administratif, enseignant)...
Activités pédagogiques Dans un établissement d enseignement supérieur les activités pédagogiques concernent les cours, les projets et les devoirs associés, c est pourquoi les solutions logicielles attendues regroupent principalement les fonctions suivantes : Logiciel permettant de mettre à disposition le contenu des cours, mais aussi tout document associé à un cours donné (exercices, sujet de devoirs, matériel complémentaire...) ; Logiciel permettant de réaliser un travail collaboratif... Activités extra-pédagogiques Dans le cadre des établissements de l enseignement supérieur, la vie associative est souvent riche. On distingue en général les associations sportives, les associations dont la visibilité et les activités sortent du contexte universitaire, les associations ayant une portée interne à l école qui visent simplement à réunir des membres autour d un même centre d intérêt. Les besoins en termes de logiciels sont en général de la nature suivante : Portail web permettant de diffuser facilement des informations aux membres et non-membres de l association en fonction de leur profil ; Outil permettant la gestion d un annuaire des membres de l association ; Logiciel de gestion du budget (comptabilité) ; Outils permettant la réalisation d un travail collaboratif dans le cadre de la mise en œuvre de projets internes à l association ; Pour les associations à caractère sportif, un outil permettant la gestion des équipes sportives, l organisation de compétitions, et la diffusion d informations associées (date des rencontres, résultats...)... Les activités propres aux établissements de l enseignement supérieur englobent plusieurs aspects, cependant de manière générale, les besoins en termes d outils logiciels sont principalement liés à la nécessité de communiquer, diffuser des informations, mettre à disposition et partager du contenu, gérer, organiser, travailler en collaboration... 1.1.2 L apparition de nouvelles technologies et l émergence de nouveaux besoins Outre les besoins intrinsèques aux établissements de l enseignement supérieur, l émergence de nouvelles technologies ont généré des demandes logicielles supplémentaires. En effet, de manière générale le développement d un accès internet sans restriction de débit ou de couverture, l équipement des différents acteurs de terminaux de plus en plus mobiles (ordinateurs portables, tablets PC, Smartphones...) permettent un accès accru aux différentes ressources proposées via Internet en termes de communication, diffusion, et partage de l information. En conséquence, de nouvelles demandes de la part des acteurs de l enseignement supérieur ont émergé en parallèle des nouvelles technologies : Diffusion d un contenu accessible quel que soit le support mobile choisi ; Création et diffusion de contenu adapté aux nouvelles technologies ; Utilisation des outils de communication mis à disposition pour lesquels les étudiants, en particulier, ont une forte attraction (forums, réseaux sociaux...)... Par ailleurs, l apparition de nouvelles technologies a modifié profondément les méthodes de travail des différents acteurs. En effet, aujourd hui l ensemble des activités des établissements de l enseignement supérieur passe par l utilisation d un outil informatique. En conséquence, les acteurs demandent la mise en place d outils adaptés à leur utilisation des nouvelles technologies : 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 6
D un point de vue administratif la gestion informatique des dossiers encourage le développement d outils permettant de réaliser l ensemble des démarches administratives via des services mis à disposition sur Internet sans repasser par un intermédiaire papier ; En classe, l apparition des ordinateurs tant du côté professeurs qu élèves modifie la manière d enseigner et de suivre les cours : Utilisation de supports de cours numériques ; Utilisation d outils permettant de mettre en place l apprentissage en ligne (exercices, évaluations, supports de cours interactifs...) ; Redéfinition de la manière de prendre des notes en cours dans la mesure où les supports de cours sont mis à disposition par les professeurs et où l ordinateur a remplacé le papier et le crayon... 1.1.3 Périmètre de l étude Au travers des deux sections précédentes, nous avons présenté un certain nombre d attentes en termes de logiciels inhérents au fonctionnement des établissements de l enseignement supérieur et au développement des nouvelles technologies. Cependant dans le cadre de ce projet de veille technologique, en nous appuyant sur le cas particulier de l Ecole Centrale de Nantes, nous nous sommes intéressés aux besoins pour lesquels une solution viable n a pas déjà été mise en œuvre. En outre, cette étude n a pas vocation à être exhaustive. Le périmètre de l étude est volontairement large, incluant l ensemble des activités des établissement de l enseignement supérieur (administratives, pédagogiques, et extra-pédagogiques), n excluant aucun type de technologie (Internet, ordinateur, tablet PC, Smartphone...) et investigant parmi des solutions logicielles proposées/utilisées par les universités du monde entier. L unique restriction de ce sujet impose, pour répondre aux besoins énoncés ci-dessous, la proposition de solutions logicielles sous licence libre. 1.2 Les logiciels libres L étude proposée par le présent document porte exclusivement sur les logiciels libres. Il convient donc de définir ce qu englobe la notion de logiciel libre et de décrire les aspects positifs et négatifs qu impliquent l utilisation des logiciels libres dans le cadre de l enseignement supérieur. 1.2.1 Définition Avant tout chose, il est important de distinguer les logiciels libres des freewares, d une part, et des logiciels Open Source, d autre part, avec lesquels ils sont souvent confondus. En effet, d après la Free Software Foundation[2] les logiciels libres se définissent de la manière suivante : L expression «Logiciel libre» fait référence à la liberté pour les utilisateurs d exécuter, de copier, de distribuer, d étudier, de modifier et d améliorer le logiciel. Plus précisément, cela signifie que les utilisateurs ont les quatre libertés essentielles suivantes : La liberté d exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0). La liberté d étudier le fonctionnement du programme, et de l adapter à vos besoins (liberté 1). Pour ceci l accès au code source est une condition requise. La liberté de redistribuer des copies, donc d aider votre voisin (liberté 2). La liberté d améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté (liberté 3). Pour ceci l accès au code source est une condition requise. 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 7
Un programme est un logiciel libre si les utilisateurs ont toutes ces libertés. Ainsi, vous êtes libre de redistribuer des copies, avec ou sans modification, gratuitement ou non, à tout le monde, partout. Être libre de faire ceci signifie (entre autre) que vous n avez pas à demander ou à payer pour en avoir la permission. La notion de gratuit n est donc pas inhérente à la définition des logiciels libres. De plus, les logiciels dits freewares ne sont pas nécessairement libres. Les deux notions se distinguent donc clairement. Par ailleurs, le mouvement des logiciels Open Sources est certes parallèle à celui des logiciels libres mais leur idéologie est fondamentalement différente. En effet, comme nous l avons vu au travers de la définition des logiciels libres proposée ci-dessus, le mouvement des logiciels libres repose sur les libertés accordées à l utilisateur, tandis que l Open Source s attache aux avantages d une méthode de développement fondée sur la réutilisation du code source existant et le développement collaboratif. [3]. Les droits associés aux logiciels libres sont, en général, bien établis par une licence dite «libre» basée sur le droit d auteur. La licence la plus répandue est la Licence publique générale GNU, GPL [4], définie par la Free Software Foundation[5]. Cependant, comme nous le verrons dans la suite de ce document, il existe un certain nombre de licences concurrentes sous lesquelles les logiciels libres sont distribués. 1.2.2 Pourquoi des logiciels libres pour l enseignement supérieur D un point de vue historique, le monde du libre est intimement lié à l enseignement supérieur. En effet, la notion de logiciel libre a été pour la première fois introduite, dans les années 80, par Richard Stallman, alors chercheur au laboratoire d intelligence artificielle du Massachusetts Institute of Technology (institut de recherche et université américaine), à travers le projet GNU qui a pour objectif de construire un système d exploitation compatible avec Unix, et dont la totalité des logiciels est librement partageable[3]. Par ailleurs, les logiciels libres présentent plusieurs intérêts pour les établissements de l enseignement supérieur, parmi lesquels nous avons : Adaptabilité Afin de satisfaire la liberté 1 de la définition des logiciels libres (cf. section 1.2.1) la possibilité d accéder au code du logiciel est garantie et l utilisateur est libre de modifier ce dernier afin d adapter le logiciel à ses besoins. Chaque établissement de l enseignement supérieur ayant un fonctionnement qui lui est propre, la possibilité d adapter la solution logicielle aux besoins associés est un avantage incontestable. Evolutivité La liberté 3 (cf. section 1.2.1) garantit la possibilité de faire évoluer le programme apportant des améliorations mineures (corrections de bogues, par exemple) ou majeures (développement de nouvelles fonctionnalités) sans dépendre du bon vouloir du distributeur du logiciel. Pérennité Dans le cadre d un logiciel libre, l utilisateur ne dépend pas des décisions prises par le distributeur concernant la poursuite ou non du développement du logiciel, du support de l application (maintenance, corrections de bogues...), dans la mesure où l utilisateur peut lui-même réaliser les évolutions nécessaires. 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 8
Sécurité La possibilité d examiner le code source permet de distinguer plus facilement des failles ou erreurs dans le code. Par ailleurs, l utilisateur peut disposer du logiciel, code source compris, sur ses serveurs sans avoir recours à un hébergement extérieur. La sécurité des informations associées à l utilisation de l application et la persistance du code lui-même ne dépendent que l organisation en interne. Interopérabilité Les logiciels libres ont, dans leur grande majorité, tendance à respecter les formats standards ouverts, ce qui favorise l interopérabilité. Cette caractéristique favorise leur intégration au sein d un système d information existant. Coût En termes d acquisition brute, les logiciels libres sont, en général, des solutions moins onéreuses. En effet, les logiciels libres peuvent être commercialisés mais la liberté 2 ne permet pas de garantir l "exclusivité". De plus, certaines licences imposent que tout logiciel réutilisant un code libre soit distribué sous licence libre. En conséquence, une économie de service basée sur les logiciels libres s est développée mais le développement en lui-même des logiciels libres dans le but d aboutir à leur commercialisation n est pas intéressante. 1.2.3 Le revers des logiciels libres Les logiciels libres semblent présenter de nombreux avantages cependant la mise en œuvre de tels logiciels dans le cadre des établissements de l enseignement supérieur peut représenter quelques difficultés, tels que : Manque de ressources Si l acquisition d un logiciel libre peut être peu coûteuse, le succès de sa mise en œuvre repose sur la disponibilité et la mobilisation d un certain nombre de ressources afin d adapter et de faire évoluer le logiciel en fonction des besoins de l établissement. Par ailleurs, l établissement n a pas nécessairement les compétences en interne afin de mener un tel projet ; en conséquence, il a parfois recours à des sociétés de services, perdant un certain nombre des avantages présentés ci-dessus. Qualité La qualité d un logiciel libre dépend fortement de l importance de la communauté de développeurs. La correction des bogues, le développement de nouvelles fonctionnalités, la pérennité du logiciel en dépendent donc directement. 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 9
Chapitre 2 Solutions logicielles pour l enseignement supérieur Dans le chapitre précédent, les besoins en termes de logiciels des établissements de l enseignement supérieur ainsi que la notion de logiciels libres ont été introduits. Adoptant un point de vue basé sur les technologies aujourd hui largement répandues, depuis la généralisation de l utilisation de l outil informatique jusqu à l émergence de la technologie mobile, et sans prétention d exhaustivité, nous verrons dans ce chapitre comment certains logiciels libres permettent de répondre à quelques unes des attentes des acteurs de l enseignement supérieur. 2.1 Généralisation de l utilisation de l outil informatique Aujourd hui, l outil informatique est devenu très présent dans le milieu de l enseignement supérieur, et ce, à tous les niveaux. En effet, tout d abord il est assez rare de voir aujourd hui un étudiant qui ne possède pas un ordinateur, et bon nombre d entre eux les utilisent dans le cadre des cours. Il en est de même du côté des enseignants qui mettent de plus en plus à disposition des élèves les supports de cours sous format électronique, et utilisent également des outils informatiques pour communiquer. Par ailleurs, la communication via des outils informatiques ne se limite pas au niveau des enseignants et des étudiants. Aujourd hui de nombreux établissements gèrent l ensemble de la communication par mails, via l intranet ou le site web de l établissement. Ainsi, il devient de plus en plus rare de voir des établissements dans lesquels les informations sont échangées via des moyens traditionnels (affichage de papiers, transmission orale, échange de courriers sur papier, etc...). De la même manière, la gestion administrative a également tendance à s informatiser. Bien que les procédures administratives (inscription, gestion des stages, gestion des notes, etc...) requièrent toujours le remplissage à la main d un certain nombre de papiers, la gestion des informations est de plus en plus centralisée grâce à des outils informatiques. Cette tendance globale s accompagne pour un grand nombre d établissements par la mise en place d un parc informatique généralisé. En effet, cette solution permet d informatiser une grande partie de la gestion des établissements, et également de donner à l ensemble des acteurs l accès à de nombreux outils informatiques. Cette section s intéresse aux solutions logicielles qui peuvent être envisageables, au vu de la généralisation de l utilisation de l outil informatique dans l enseignement supérieur aujourd hui.
2.1.1 Un exemple de problème ponctuel : gestion des stages Dans le cadre de notre étude nous nous sommes intéressés à un problème ponctuel qui est la gestion des stages dans les établissements d enseignement supérieur. En effet, de nombreuses formations de l enseignement supérieur reposent sur la réalisation de stages en entreprise, et l organisation a une importance non négligeable dans la gestion de ceux-ci. Néanmoins, peu d établissements disposent d un outil performant permettant de faciliter la coordination entre les enseignants, les étudiants et l administration dans l organisation du départ et du suivi du stage, ou plus précisément les tâches suivantes : la recherche de stages, la diffusion des offres de stages, l édition des stages, le suivi des stages, la restitution du stage. Il serait alors intéressant pour les établissements de disposer d un outil informatique permettant de centraliser les tâches citées ci-dessus. Plus précisément, dans l idéal un logiciel de gestion de stage pourrait prendre en charge les fonctionnalités suivantes. Pour les étudiants : Consulter les offres de stages mises en ligne, celles-ci étant répertoriées de telle manière à faciliter la recherche ; Remplir via le logiciel la fiche d attribution de stage pour l édition de la convention ; Suivre les différentes étapes de la constitution de son dossier de stage (édition de la convention, validation et signature de la convention de stage, envoi de la convention à l entreprise pour signature) ; Tenir informé son accompagnateur de l avancement du stage ; Rendre (mettre en ligne) les documents relatifs à la restitution du stage (rapport de stage, résumé de stage, fiche dévaluation...). Pour l équipe enseignante : Valider la convention de stage ; Suivre l avancement du stage des étudiants ; Consulter (télécharger) les documents relatifs à la restitution du stage. Pour l administration : Faciliter une diffusion pertinente des offres de stages proposées par les entreprises ; Editer facilement les conventions de stages à partir des informations remplies par l étudiant ; Suivre les différentes étapes de constitution du dossier de stage de l étudiant ; Archiver facilement les dossiers de stage des étudiants, notamment afin de pouvoir réutiliser les informations personnelles des élèves d une année à l autre. Il faut noter que nous nous sommes intéressés à la problématique de la gestion des stages pour une seconde raison, étant qu il existe certainement un manque dans ce domaine (dans le cadre des logiciels libres toujours). En effet, nous n avons pu recenser qu une seule application répondant aux besoins énoncés ci-dessus. De surcroît, celle-ci (Gstages, présentée ci-dessous) n est même plus développée et sa page d accueil n existe plus. En effet, elle a été remplacée par une autre application n étant pas libre de droit (Gabee). 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 11
Application Gstages [6] L application Gstages développée dans le cadre de la mission TICE de l académie d Orléans-Tours était gratuite, libre de droit et sous licence GPL[4]. A destination des établissements scolaires professionnels, techniques, et tertiaires intégrant des périodes de stages en entreprise, cette application répondait aux besoins énoncés ci-dessus. Elle avait pour vocation de faciliter la recherche de stages pour les élèves, et permettre aux professeurs de valoriser ces recherches et de suivre individuellement un stagiaire en situation. La gestion des stages est donc un domaine intéressant à exploiter du point de vue des logiciels libres. La problématique est d autant plus intéressante qu elle représente un besoin qui n est pas forcément lié à l apparition d une nouvelle technologie, mais très certainement un manque dans l état. 2.1.2 Une solution globale : les ENT Comme nous l avons vu, bon nombre d établissements de l enseignement supérieur sont aujourd hui équipés d un vaste parc informatique. Il devient alors intéressant d envisager une solution globale qui rassemblerait l ensemble des fonctionnalités logicielles utiles dans le cadre de l enseignement supérieur : une telle solution permettrait d exploiter efficacement la mise en place d un parc informatique généralisé dans les établissements, mais permettrait également de répondre à des besoins indépendants de la question des nouvelles technologies. En effet, une telle solution globale permettrait d améliorer non seulement la communication entre les différents acteurs (enseignants, élèves, personnel administratif et technique, entreprises, associations d élèves), mais également la qualité et l organisation de l apprentissage en variant les pratiques pédagogiques. Par ailleurs, cela pourrait restreindre la maintenance informatique à un seul outil, bien que cela soulève également la question des risques liés à une centralisation de l information sur un seul support. Néanmoins, cette dernière pourrait également avoir pour effet d inciter à l utilisation d outils tels que les forums de discussions, qui sont en pratique souvent délaissés lorsqu ils sont intégrés à un outil parmi tant d autres utilisés dans un établissement. Les ENT [7] En pratique, ce qui se rapproche le plus de ce concept de solution globale est certainement ce que l on appelle les ENT, ou Environnement Numérique de Travail. Un ENT est dans l absolu un dispositif global permettant l accès au système d information d un établissement, et qui propose des multitudes de fonctionnalités pour améliorer la communication, l organisation et l apprentissage au sein d un établissement scolaire. Il faut noter que la définition des ENT est assez vague, et il est certainement plus judicieux de présenter les fonctionnalités communément proposées par les ENT à travers quelques exemples. Les ENT en pratique Il existe un certain nombre de solutions de ENT proposées aujourd hui dans le monde, néanmoins beaucoup sont payantes, et relativement chères. En effet, comme il sera expliqué plus en détail dans la section 3.2.1, la mise en place d un ENT dans un établissement pose un certain nombre de problèmes. Le plus important parmi ces derniers est certainement la nécessité d adapter le produit aux besoins et à l organisation de chaque établissement. Il en découle souvent la réalité qu à moins de disposer des ressources nécessaires, il est plus réaliste pour un établissement de faire appel à une entreprise spécialisée dans la mise en œuvre de logiciels sur mesure, prenant en charge l installation et la maintenance. Ceci se traduit naturellement par une solution commerciale. De nombreux acteurs proposent ainsi des solutions commerciales de ENT performants et qui ont entraîné un écho positif dans plusieurs établissements (cf. It s learning [8]), cependant, comparé aux autres domaines, la part 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 12
de logiciels libres reste assez faible pour les ENT. Néanmoins, nous en avons recensé principalement deux qui ne sont pas moins performants que leur équivalent commercial. OpenCartable OpenCartable est un environnement numérique de travail, sous licence GNU GPL[4], axé sur la médiation pédagogique. Il consiste en un moteur de site web auquel les utilisateurs accèdent à l aide d un navigateur. OpenCartable exploite des contenus pédagogiques de type multimédia qui peuvent être créés par les enseignants, fournis par des éditeurs scolaires ou des entités du monde de l enseignement. Une fois authentifiés, les utilisateurs (élèves, parents, enseignants, chef d établissement) accèdent à leur page d accueil (leur "bureau"), sur lequel sont rassemblées des informations telles que manuels et groupes, travaux à faire (pour les élèves) ou à corriger (pour les enseignants). Ils peuvent également accéder à toutes les fonctionnalités de cet ENT à partir du bureau. OpenUSS OpenUSS est un ENT développé à l Université de Münster Williams Westfälische, et sous licence GNU GPL[4]. OpenUSS est utilisable depuis n importe quel ordinateur, via un simple navigateur. De même que OpenCartable, il se présente sous la forme d une page d accueil pour les utilisateurs, contenant des informations pour la journée en cours, ainsi que l accès aux différentes fonctionnalités. Les étudiants peuvent également accéder aux informations souhaitées (changement de salle, contenus pédagogiques) par SMS ou WAP. Néanmoins le seul souci est qu il semblerait que le développement de cette application ait été suspendu depuis 2008. Fonctionnalités Les deux applications citées ci-dessus proposent globalement les mêmes services, et il en est de même pour la plupart des ENT (libres ou non confondus). Certaines applications peuvent avoir des fonctionnalités en plus, notamment celles qui sont payantes et non libres (cf. les nombreuses fonctionnalités de It s learning cité plus haut [9]), néanmoins les services de base proposés restent sensiblement les mêmes : Services de vie scolaire : emploi du temps, bulletins, gestion des salles, gestion administrative, gestion des élèves Services pédagogiques : création et mise à disposition de cours et de travaux par l enseignant, quizz, suivi individuel, notation Services documentaires : contenus pédagogiques, bases de ressources, manuels, achats de contenus Vie de l établissement : site web, informations, actualités, débats Services de base : inscription, gestion des groupes, profils utilisateurs, gestion des droits d accès, gestion des informations personnelles Back-office : administration du système, statistiques d utilisation Annuaire Bureau numérique : carnet d adresses, espace de stockage et de travail, gestion personnalisée du matériel pédagogique Services de communication : courrier électronique, forums de discussion par thème, chats modérés Wiki Flux RSS 2.1.3 En conclusion Nous pouvons donc voir que la généralisation de l utilisation de l informatique dans les établissements apporte de nouvelles solutions à des besoins déjà existants, que ce soit en répondant à des problèmes ponctuels tels que la gestion des stages ou en améliorant l apprentissage, la communication 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 13
et l organisation grâce aux ENT. Néanmoins, cette généralisation fait également naître de nouveaux besoins et également de nouvelles problématiques. Les ENT reflètent bien ceci, de par leur caractère centralisé qui est une réponse à des besoins naissant d une généralisation informatique, et la difficulté de leur mise en œuvre reflète bien les nouvelles problématiques inhérentes. Cependant, il faut retenir que globalement les ENT apportent un grand nombre d améliorations aux différentes activités d un établissement de l enseignement supérieur, même s il reste encore beaucoup à faire autant pour améliorer les solutions existantes que pour tenter de moderniser les pratiques pédagogiques. 2.2 Un accès à Internet généralisé Dans la partie précédente, nous avons vu que la tendance à une généralisation de l utilisation de l outil informatique dans l enseignement supérieur rendait possible la mise en place de solutions logicielles globales s étendant à tous les acteurs et activités d un établissement. Ici nous nous intéresserons à un aspect particulier de cette tendance, qui est la généralisation de l accès internet. En effet, aujourd hui la majorité des établissements de l enseignement supérieur mettent à disposition un accès internet correct pour l ensemble des acteurs ; le plus souvent ceci se traduit par un réseau sans fil couvrant la majorité des bâtiments présents, en plus de salles informatiques avec une connexion internet. Cette généralisation de l accès à internet fait naître de nouvelles possibilités dans le cadre de l enseignement supérieur, comme le montrent les différents services proposés généralement par les ENT (cf. section 2.1). Néanmoins, il est intéressant de se pencher plus précisément sur les nouvelles solutions et besoins que fait naître un accès Internet généralisé dans le cadre particulier de l enseignement, en matière d apprentissage et de communication entre les enseignants et les étudiants. Nous présenterons donc dans cette section le e-learning, qui reflète une forme d enseignement tirant parti de la généralisation de l accès à Internet aujourd hui dans les établissements de l enseignement supérieur. 2.2.1 Une nouvelle forme d apprentissage : le e-learning et les LMS Le e-learning [10] Le e-learning, ou apprentissage en ligne, en français, désigne au sens large toute forme d apprentissage et d enseignement utilisant des moyens informatiques et des nouvelles technologies de communication et multimédias, ainsi que le web. Le e-learning est un concept qui tend à améliorer l apprentissage dans le milieu de l enseignement comme de l entreprise, dans le cadre de formations. Il vise à mettre en place un accès facilité à des ressources et des services, ainsi que des échanges et collaborations à distance. Concrètement, à ses débuts, le e-learning désignait surtout les formations en ligne, néanmoins aujourd hui il tend à évoluer vers ce qui était alors nommé l apprentissage mixte (ou hybride), c est-à-dire l utilisation d ordinateurs, de supports multimédias ou d internet en cours, ainsi que des logiciels de support à l enseignement plus complets et multifonctions, comme les LMS, présentés ci-dessous. Learning Management System (LMS) [11] Un LMS, ou plate-forme d apprentissage en ligne, en français, est un système logiciel qui permet d accompagner et gérer un processus d apprentissage et un parcours pédagogique en ligne. Concrètement un LMS permet de présenter du contenu didactique et faciliter la mise en œuvre de stratégies pédagogiques. Les LMS peuvent proposer les services suivants : Diffusion de contenu textuel ou multimédia didactique et pédagogique ; 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 14
Activités de validation de connaissances (tests, quizz...) et gestion des résultats ; Mise en ligne de travaux par les apprenants, et suivi du respect des délais ; Suivi de la progression des apprenants ; Contrôles d accès ; Gestion d une communauté d apprenants ; Outils de communication asynchrones (au sens des technologies web) tels que forum, messagerie, calendrier, wiki, FAQ, blog... ; Outils de communication synchrones tels que chat, messagerie instantanée, téléconférence... ; Nous pouvons noter que la plupart des fonctionnalités présentées ci-dessus sont également proposées par les ENT. En effet, il est souvent considéré que les LMS constituent un cas particulier (ou une version réduite) de l ENT : alors que les ENT constituent un outil global permettant de gérer l ensemble des aspects de la vie quotidienne d un établissement, l objectif principal des LMS est d apporter une solution en termes de mise à disposition et de gestion de contenus pédagogiques. Les LMS sont intéressants dans le cadre de l enseignement supérieur dans la mesure où ils peuvent améliorer la diffusion du contenu pédagogique en variant ses formats ainsi que son accessibilité : un étudiant ayant manqué un cours peut le rattraper plus facilement, ou des solutions alternatives d apprentissage pourraient également être envisagées pour les étudiants ayant des problèmes de santé. Un autre aspect intéressant des LMS est la possibilité d avoir un système de validation de connaissances et de mise de travaux en ligne, qui pourrait éventuellement permettre aux étudiants n ayant pas validé une matière, de rattraper celle-ci tout en étant en stage par exemple. Enfin, un des derniers aspects intéressants des LMS est le large panel d outils de communication qu ils proposent, et qui reflètent une nouvelle tendance du e-learning, expliquée ci-dessous. 2.2.2 Une nouvelle forme de communication : le e-learning 2.0 Le e-learning était d abord basé sur le système d enseignement «traditionnel» consistant en des échanges unidirectionnels entre l enseignant et l élève : le cours est diffusé, et les travaux sont remis et évalués. Cependant celui-ci est en train d évoluer vers un nouveau type de e-learning baptisé e-learning 2.0 (en référence au Web 2.0), qui s appuie sur l utilisation d outils sociaux tels que blogs, wikis, podcasts, ainsi que des réseaux sociaux existants. Le concept du e-learning 2.0 réside dans l idée que l apprentissage se fait surtout à travers des conversations et des interactions sociales, ou en d autres termes, «la meilleure façon d apprendre est d enseigner». Le e-learning 2.0 se veut donc permettre un partage et une construction sociale de connaissances en utilisant les nouveaux moyens de communication. Cette évolution du e-learning reflète bien l apparition de nouvelles formes de communication dans l enseignement supérieur, apparition rendue possible par la généralisation de l accès à internet. Néanmoins cela représente également une nouvelle forme d apprentissage, l idée étant d améliorer ce dernier à travers une plus ample communication entre les différents acteurs. 2.2.3 Les logiciels de e-learning Nous pouvons dire qu au vu des éléments présentés jusqu ici, les LMS sont une solution intéressante dans le cadre de l enseignement supérieur. Il existe aujourd hui environ 200 LMS, dont une trentaine en licence libre. Nous présentons ici ceux que nous avons considérés les plus adaptés à l enseignement supérieur, et les plus performants. Moodle [12] Probablement l un des plus utilisés dans le domaine de l apprentissage en ligne, ce logiciel sous 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 15
licence GNU privilégie le facteur social dans l apprentissage, et permet de créer des communautés d apprenants autour de contenus et d activités pédagogiques. Moodle comporte plus de 100 modules ; il ajoute à son système de gestion de contenu des outils permettant notamment la mise en place de wiki, forums, gestion des devoirs, questionnaires, examens, messagerie, partage de documents, chat, favorisant les échanges dans le cadre de travaux en groupe, mais aussi entre professeurs et élèves. Ganesha [13] Ganesha est un LMS sous licence Open Source mettant l accent sur les parcours individualisés. Contrairement aux plateformes centrées sur le contenu pédagogique, Ganesha est organisé autour de l apprenant : ce dernier dispose d un «tableau de bord», avec une communication privilégiée avec les enseignants à travers une messagerie, un forum et un chat. L apprenant a également accès aux informations concernant l organisation des cours de manière personnalisée. ILIAS [14] Lancé par l université de Cologne, ILIAS est une plate-forme d apprentissage puissante possédant la plupart des outils du e-learning et respectant les principaux standards du web. De plus, ILIAS permet de gérer des flux RSS, des podcasts et les services Google Maps. Une interface SOAP est également disponible. ILIAS permet de gérer une grande variété de contenus et d utilisateurs dans un système intégré. ATutor [15] ATutor est un LMS à code ouvert composé de trois interfaces (pour l apprenant, l enseignant et l administrateur) ayant chacune leurs fonctions propres : l apprenant peut partager ou suivre des cours ou des glossaires mis en ligne, ou également travailler en collaboration via la création de groupes ; l enseignant peut facilement modifier et mettre en ligne ses cours. ATutor dispose également d outils de communication tels que blogs, chat, forum... Néanmoins la spécificité de ATutor est le soin qu il apporte à respecter les normes permettant une interopérabilité entre plateformes, et donc une réutilisation du contenu (i.e. une meilleure accessibilité). 2.2.4 En conclusion De nombreux outils existent donc pour favoriser le e-learning, en s appuyant sur des moyens de communication et d échanges multiples. La dernière évolution du e-learning est d ailleurs le M-learning (pour «Mobile learning»), qui sera présenté plus loin dans la section 2.4. Ainsi, les nouvelles formes de communication au sein des établissements de l enseignement supérieur ont favorisé l apparition de nombreux outils proposant un mode d apprentissage différent, mais encore faut-il se les approprier pleinement, sans pour autant tomber dans un excès de technologie au détriment de l enseignement en soi. 2.3 Ordinateur et tablet PC de plus en plus présents dans les salles de cours Les ordinateurs et tablets PC ont depuis quelques années envahi les salles de cours tant du côté professeurs que du côté élèves, changeant les habitudes de chacun. Ceci nous pousse aujourd hui à définir de nouvelles solutions afin de relever les deux défis essentiels du monde de l enseignement : enseigner d une part, et apprendre d autre part. Cette section propose deux types d outils permettant de mieux appréhender le contexte d un cours où l ordinateur se positionne comme outil de prédilection. 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 16
2.3.1 Annotation de PDF ou de supports de cours Comme vu dans la partie consacrée au e-learning (cf. section 2.2), les enseignants mettent, de plus en plus souvent, à disposition leurs supports de cours - utilisant en général le format PDF. En conséquence, les étudiants tendent à se dispenser d une prise de notes systématique ou complémentaire pendant le déroulement du cours : le traditionnel duo papier-crayon est de moins en moins à la mode dans les salles de cours ; les ordinateurs et un accès non restreint à Internet distraient certains étudiants qui deviennent alors multi-tâches. Cependant les avantages de la prise de notes en cours sont largement reconnus. Elle permet de rester à l écoute et concentré sur le cours, garder une trace de ce qui est dit, favoriser la mémorisation... Par ailleurs, rares sont les supports de cours qui se suffisent à eux-mêmes dans la mesure où ils ne sont là que pour appuyer les propos de l enseignant sans souci d exhaustivité. Une solution pour effectuer une prise de notes efficace en utilisant l ordinateur ou un tablet PC, sans repasser par la feuille et le crayon est d annoter directement le support de cours proposé par l enseignant. Ceci permet de mettre en avant certaines informations (surligner), repérer les notions importantes (utilisation de signets), d ajouter des informations complémentaires (annotations)... Il existe sur le marché plusieurs logiciels permettant de réaliser ceci. Cependant dans le cadre de ce rapport nous ne nous attarderons que sur le logiciel libre le plus répandu en la matière : Okular. Okular [16] Okular est un logiciel permettant de visionner des documents de manière universelle, créé pour KDE [17] - logiciels libres pour l informatique de bureau et les portables. En conséquence, comme toutes les applications KDE4, Okular est multi-plateformes et est distribué sous la licence Licence publique générale GNU, GPL [4]. Outre les documents PDF, Okular permet de visionner des documents enregistrés sous des formats très variés (Postscript, DjVu, CHM, XPS, epub...). En ce qui concerne en particulier les documents PDF, Okular permet entre autres de : visionner des documents ; extraire du texte ; récupérer les informations du document ; annoter le document (surligner, souligner, commenter...) ; imprimer le document ; exporter le texte vers d autres formats... L annotation de documents PDF est une solution qui permet d adapter la prise de notes, et en particulier l annotation des supports de cours, à l outil informatique. Cependant, afin de réaliser une prise de notes active et efficace, déjà orientée vers la structuration des idées, la mémorisation des informations, il existe une solution autre : le Mind Mapping, solution qui est loin d être incompatible avec l utilisation de l ordinateur en cours et le fait de disposer du support de cours. 2.3.2 Une solution autre : le Mind Mapping L apparition des ordinateurs dans les salles de cours lance aux élèves comme aux professeurs un défi bien plus important que le simple fait de remplacer les outils traditionnels (papiers, crayons, tableau blanc...) par des outils informatiques. En effet, au-delà de la simple utilisation de l ordinateur, il y a une utilisation efficace, raisonnée, adaptée aux nouvelles technologies proposées et aux habitudes de chacun. 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 17
Dans le contexte d une salle de cours ce défi peut alors se ré-exprimer de la manière suivante : Côté professeur : "Comment structurer un cours et le rendre dynamique?" Côté élèves : "Comment suivre de manière efficace un cours?" Le Mind Mapping est une technique qui représente aujourd hui une réponse possible à ces deux problématiques. En effet, les Mind Maps (appelées cartes heuristiques ou cartes mentales, en français) constituent une alternative aux présentations de type "Power Point" ou à la prise de notes linéaire pendant les cours, et ce d autant plus que le Mind Mapping a su s adapter à notre envie croissante d utiliser l outil informatique. En effet, les cartes heuristiques sur une feuille de papier, avec des feutres aux couleurs vives et des crayons de couleur arc-en-ciel ont un côté artistique très appréciable. Mais aujourd hui il existe aussi de nombreux logiciels permettant de réaliser des cartes heuristiques. Dans le cadre de cette étude, nous nous intéressons, en particulier, aux logiciels libres de Mind Mapping présentant un intérêt particulier dans le cadre de l enseignement supérieur (préparation de présentations, prise de notes, analyse de documents). Par ailleurs, nous tenons à préciser que la liste des logiciels présentés ci-dessous n est pas exhaustive, et que ceux-ci sont utilisables sur n importe quelle plateforme dans la mesure où ils sont développés en Java. FreeMind [18] FreeMind, distribué sous une licence GNU General Public License [4], fut nommé en 2008 meilleur projet par la communauté de SourceForge.net [19]. Ce logiciel est sans doute le logiciel libre le plus connu dans le domaine, il est donc impossible de ne pas en parler. Son interface ne fait certes pas partie des plus ergonomiques. Cependant, il dispose de l ensemble des fonctionnalités de base nécessaires à la construction de cartes heuristiques. Par ailleurs, il a l avantage de proposer la possibilité d exporter les cartes vers d autres formats tels que les formats PDF, HTML et images. Néanmoins, il existe aujourd hui d autres logiciels libres basés sur FreeMind qui sont plus agréables à utiliser et qui proposent des fonctionnalités plus avancées. Freeplane [20] Freeplane est incontestablement le successeur de FreeMind. En effet, ce logiciel distribué sous la même licence propose des fonctionnalités supplémentaires très intéressantes dans le cadre de l enseignement supérieur. Par exemple, il est possible d insérer du code Latex au sein de la carte et ainsi d intégrer des formules mathématiques. Une fenêtre permet, en outre, d ajouter facilement des commentaires pour la prise de notes. Par ailleurs, les possibilités d exportation sont bien plus nombreuses, dont entre autres une exportation de la carte au format flash. Il est ainsi envisageable de réaliser une présentation en déroulant une carte heuristique utilisant simplement un navigateur web. SciPlore MindMapping [21] Avec SciPlore MindMapping, plus besoin de prendre de notes ou presque! Ce logiciel distribué sous une licence GNU General Public License [4] est basé sur FreeMind. En plus des fonctionnalités de ce dernier, SciPlore MindMapping inclut la possibilité d organiser des documents PDF en créant une carte heuristique synchronisée avec le dossier où sont classés ces documents. Par ailleurs, par l importation des bookmarks PDF, la carte donne la possibilité d avoir une vue globale sur les éléments importants contenus dans les documents. En outre, ce logiciel propose un système de gestion des références qui peut s avérer utile afin d exploiter les ressources ainsi cartographiées dans le cadre de la rédaction d un article scientifique. XMIND [22] XMIND, publié sous Eclipse Public License [23], est un logiciel très ergonomique. En effet, basé 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 18
sur Eclipse RCP, il propose une interface très similaire à celle d Eclipse et facile à prendre en main. La version de base dispose de l ensemble des fonctionnalités pour réaliser des cartes visuellement attractives. En outre, la version PRO disponible pour quelques euros propose des fonctionnalités supplémentaires, dont la possibilité d exporter les cartes en format Power Point ou Carte PDF pour réaliser des présentations dynamiques. VUE [24] VUE (Visual Understanding Environment) est en particulier destiné aux enseignants qui souhaitent réaliser des présentations dynamiques en s appuyant sur les cartes heuristiques. Distribué sous la licence Educational Community License [25], ce logiciel est sans doute le plus difficile à prendre en main, et il ne constitue pas un logiciel de MindMapping au sens usuel. En effet, son objectif premier est de créer de manière visuelle des liens entre des ressources numériques issues d Internet ou d une bibliothèque personnelle de documents. Par ailleurs, en s appuyant, par exemple, sur les flux RSS, une application possible de ce logiciel est la réalisation de cartes de veille. 2.3.3 Synthèse Dans cette section nous avons présenté plusieurs outils permettant de redéfinir le déroulement d un cours tant du point de vue élèves que du point de vue professeurs et de s approprier différemment les outils mis à notre disposition dans le cadre de l intégration des nouvelles technologies dans les salles de cours. La carte heuristique suivante propose une synthèse des outils que nous avons introduits. Figure 2.3.1 Carte heuristique réalisée avec le logiciel XMIND présentant les quelques outils de Mind Mapping et d annotation, et leur utilisabilité dans le cadre des cours 2.4 Développement des technologies mobiles : Smartphones et tablettes tactiles Dans la section précédente nous avons évoqué l utilisation de plus en plus répandue des ordinateurs portables et tablets PC dans les salles de cours. Cependant, un autre type de technologie est actuellement en vogue. En effet, au cours des dernières années le marché du Smartphone et des tablettes tactiles a littéralement explosé. Par ailleurs, on constate que les téléphones portables, rejoints par les tablettes tactiles, se sont largement émancipés de leur fonction d origine. Ils proposent de nombreuses fonctionnalités qui peuvent être exploitées à des fins pédagogiques, par exemple : La ballado diffusion, aujourd hui essentiellement développée pour l apprentissage des langues, permet de réviser quel que soit le lieu ; 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 19
Les connexions à internet permettent un accès permanent à l information ; La gestion des photos, vidéos, sons peut être utilisée afin d illustrer des concepts à l extérieur comme pendant les cours ; L accès aux réseaux sociaux peut permettre une interaction permanente entre les élèves et les enseignants, créant de véritables réseaux d apprentissage qui favorisent les échanges de connaissances, et ce au-delà de l instant du cours. Tirant profit de ce large potentiel et de l engouement des étudiants pour les technologies mobiles des outils de M-Learning ont commencé à se développer reprenant et élargissant les concepts proposés par le e-learning présentés dans la section 2.2 de ce document. 2.4.1 Définition du M-Learning Beaucoup plus développé chez les anglo-saxons qu en France, le M-Learning a été défini dans le rapport Guidelines for learning/teaching/tutoring in a mobile environment(o Malley et al., 2003)[26], comme étant : Any sort of learning that happens when the learner is not at a fixed, predetermined location, or learning that happens when the learner takes advantage of the learning opportunities offered by mobile technologies. Cette définition permet de dégager deux composantes essentielles du M-Learning. D une part, le M-Learning représente la possibilité d apprendre "où on le souhaite, quand on le souhaite et ce que l on souhaite". D autre part, il vise à utiliser le potentiel éducatif des Smartphones et tablettes tactiles en accord avec le développement de la technologie mobile. 2.4.2 La technologie mobile dans les salles de classe Certains professeurs, essentiellement aux États-Unis, utilisent déjà les Smartphones dans le cadre de leurs cours. Plusieurs blogs et organisations proposent des idées sur la manière d utiliser la technologie mobile dans un objectif pédagogique, tels que "From toy to tool : Cell phones in Learning" [27] et l ALT (The Association for Learning Technology) [28]. Dans le cadre de l enseignement supérieur, au-delà des usages similaires à ceux proposés par le e-learning, nous pouvons par exemple retenir les exemples d utilisation suivants : Collecter par SMS les réponses des élèves à une question posée en cours afin de mieux évaluer la compréhension globale du groupe et maintenir son attention ; Permettre aux élèves de poser des questions de manière anonyme, y apporter une réponse par SMS et diffuser ces questions/réponses par l intermédiaire d un site web. Il existe plusieurs applications permettant de mettre en œuvre les exemples d utilisation présentés ci-dessus. En effet, outre les applications Open Source permettant d envoyer des messages groupés (cf. Free Software/Tools and Libraries for Sending and Receiving SMS Messages with a Computer / PC [29]), de manière plus intéressante il existe des outils de gestion des SMS. En effet, par exemple, Kalkun [30] est une application web Open Source qui permet de gérer les SMS, proposant l envoi, la réception de SMS, la gestion d un carnet d adresses, des fonctionnalités du type conversations et est multi-utilisateurs. Cependant il existe encore peu d applications dédiées au M-Learning. Dans les établissements scolaires, le M-Learning est souvent mené de manière clandestine par les enseignants et s appuie sur les outils déjà disponibles via les Smartphones. En effet, certains enseignants utilisent Twitter, outil de microblogging qui a été développé à partir de logiciels Open Source ou des outils de chat via SMS afin d encourager la création de réseaux pédagogiques où les étudiants peuvent être producteurs de 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 20
connaissances à destination de leurs camarades. L article 12 Expert Twitter Tips for the Classroom [31] de suite101.com propose quelques idées pour utiliser Twitter en cours. Certaines applications dédiées au M-Learning émergent en se positionnant comme des extensions des outils proposés dans le cadre du e-learning. En effet, par exemple dans le monde Open Source, pour l application Moodle de e-learning, présentée dans la section 2.2, il existe le plugin MLE-Moodle [32]. Ce module permet d ajouter la fonctionnalité M-Learning au système de Moodle. Il est dès lors possible d accéder au contenu pédagogique avec un Smartphone via l utilisation du navigateur intégré ou une application dédiée dite "Mobile Learning Engine Client" pour téléphone. En outre, ce module permet de créer des scénarios de M-Learning, tels que des quizz, ou des tests auxquels les élèves doivent répondre et pour lesquels les résultats sont automatiquement consolidés. Un autre type d applications propose de créer des contenus pédagogiques à destination des Smartphones. Par exemple, l application MyMLE [33], Open Source, permet de créer plusieurs éléments d apprentissage utilisant une interface offrant de nombreux outils, puis de les rassembler sous la forme d une application Smartphone utilisant la technologie J2ME. Cette solution présente un avantage par rapport à celle proposée par Moodle dans la mesure où aucune connexion internet n est requise pour récupérer le contenu pédagogique. En effet, le transfert peut s effectuer en connectant directement le téléphone à l ordinateur. En revanche, elle est plus destinée à un apprentissage en autonomie dans la mesure où l enseignant n obtient pas de retour sur les performances réalisées par l étudiant. 2.4.3 Conclusion sur le M-Learning Les Smartphones présentent donc un potentiel certain en termes d apprentissage, cependant il existe encore peu d applications permettant aux établissements d enseignement d intégrer le M- Learning au sein de leur stratégie pédagogique. En attendant que les a priori négatifs face à l utilisation des téléphones portables en cours ne tombent, ainsi qu un développement expansif d applications permettant d utiliser leur potentiel pédagogique, Twitter ou autres restent une solution... 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 21
Chapitre 3 Des solutions miracles? Dans la section précédente, nous avons présenté un ensemble de logiciels et de solutions plus globales présentant un intérêt dans le contexte de la vie d un établissement de l enseignement supérieur. Cependant, l implémentation de nouveaux outils informatiques dans le cadre d une organisation pose toujours un certain nombre de problématiques organisationnelles liées à la modification des méthodes de travail, la mise en œuvre du projet et à son réalisme. 3.1 Évolution des relations humaines Nous avons vu qu il existe un certain nombre de besoins en termes de logiciels dans le cadre de l enseignement supérieur, besoins auxquels la diffusion des nouvelles technologies a apporté de nouvelles perspectives de solutions. Par ailleurs, ces mêmes technologies ont fait naître également de nouveaux besoins et de nouvelles possibilités. Dans tous les cas, la plupart des solutions logicielles que nous avons présentées ont apporté une manière différente de concevoir l apprentissage, l enseignement, l organisation et la communication au sein d un établissement de l enseignement supérieur. Ces évolutions entraînent forcément une évolution également dans les relations humaines au sein d un établissement aujourd hui, évolution qu il est important de noter et surveiller afin d optimiser l amélioration de l offre logicielle dans le cadre de l enseignement supérieur. 3.1.1 Les relations ente enseignants et élèves Traditionnellement, dans le cadre de l enseignement, les relations entre enseignants et élèves pouvaient se définir par les échanges suivants : Les enseignants communiquent leurs connaissances par voie orale, et/ou en écrivant au tableau ; Les enseignants posent des questions et les étudiants répondent, et inversement ; Lors de séances de cours telles que des travaux pratiques ou des travaux dirigés, les enseignants peuvent aider ou conseiller les étudiants ; Dans le cadre de projets, il peut y avoir une certaine forme de collaboration entre enseignants et élèves ; Dans le cadre de débats, il existe un échange mutuel. Néanmoins aujourd hui, la généralisation de l outil informatique et l apparition de nouvelles technologies ont fait naître de nouvelles formes d échanges, et ont également modifié celles existantes. De nouvelles formes de communication En effet, tout d abord, la présence de plus en plus accrue des ordinateurs dans les salles de cours a
tendance à diriger l attention et le regard des étudiants vers leur écran plutôt que vers le tableau et l enseignant qui dispense le cours. Ceci peut d abord paraître problématique, dans le sens où il y a une rupture de communication directe entre l enseignant et les étudiants, sans parler d une propension des étudiants à se disperser sur autre chose que le cours. Néanmoins, cela peut également être vu comme une opportunité pour introduire de nouvelles formes de communication, ou encore, une simple nécessité d adaptation. En effet, certains outils comme Twitter, ou des forums de discussion, ou encore des applications interactives intégrées dans un ENT par exemple, permettent aux enseignants et étudiants de communiquer facilement. Par ailleurs, la possibilité d anonymat ainsi que l aspect virtuel permettent parfois une meilleure réactivité des deux côtés, sans parler de l incitation à s exprimer pour ceux qui n oseraient peut-être pas le faire directement en cours. Ainsi, bien que la communication dans les salles de cours sous sa forme traditionnelle soit souvent de meilleure qualité, les nouvelles formes de communication offertes par la généralisation de l informatique apportent également des nouveaux aspects intéressants. Une communication plus amicale La généralisation de l outil informatique dans les établissements permet, comme nous l avons vu, la mise en place de solutions globales telles que les ENT. Ces derniers ont l avantage d informatiser et centraliser la gestion administrative, dont notamment tout ce qui concerne le suivi des notes ou la gestion des emplois du temps. Par ailleurs, les logiciels de e-learning permettent également de centraliser l information, ou encore d automatiser certaines tâches telles que le suivi du respect des délais, ou la collecte des travaux réalisés par les étudiants. Ainsi, en théorie les enseignants peuvent se concentrer sur la transmission de connaissances uniquement, autrement dit leur cours (en pratique, ils peuvent parfois au contraire perdre également du temps lorsque l utilisation des outils informatiques n est pas optimisée). Nous pouvons, en exagérant quelque peu, définir cela comme une forme de communication plus amicale que les voies traditionnelles. Vers une individualisation des échanges La mise en place d ENT, ainsi que certaines solutions de e-learning permettent un suivi individuel des élèves. Les enseignants peuvent répondre à des questions de manière asynchrone, ou suivre l avancement des élèves, personnalisant ainsi l échange avec chaque étudiant. Cet aspect est très positif dans le cadre de l enseignement supérieur puisqu il signifie un apprentissage plus adapté pour chaque étudiant. Néanmoins, cela pourrait également signifier plus de charge pour l enseignant. Une communication en temps réel Les solutions logicielles proposant des fonctionnalités telles que des téléconférences, ou encore le m-learning, ont la caractéristique de permettre et favoriser une communication en temps réel. Cela permet une meilleure réactivité autant du côté de l enseignant que de l étudiant, néanmoins il faut être prudent à ne pas laisser ces pratiques envahir la vie privée de chacun. Vers un enseignement plus collaboratif Le succès grandissant des wikis et leur utilisation, permet d instaurer une forme d enseignement plus collaborative. En effet, cette tendance ne se limite pas aux wikis ; l utilisation d outils de communication tels que forums de discussion ou chat, ou des outils de travail collaboratifs, permet de moderniser l apprentissage en laissant tomber les cours dispensés de manière unidirectionnelle au profit de cours construits de manière collaborative. 3.1.2 Les relations entre élèves Nous avons vu que la mise en place de certaines des solutions logicielles présentées dans ce document pouvaient modifier les relations entre les enseignants et les étudiants. Cependant, cela est 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 23
valable pour les relations entre étudiants également. En effet, tout d abord, la centralisation et un accès ouvert aux informations via la mise en place d un intranet ou d un site web de l établissement comportant des rubriques d actualités, peut permettre d ouvrir la voie à des discussions et des débats entre étudiants, sans parler des forums de discussion ou des chats qui favorisent cette tendance. Par ailleurs, l existence d un système de messagerie électronique, ainsi que de listes de diffusion, peut favoriser les échanges entre étudiants sur divers sujets variés, facilitant également parfois l organisation des cours ou d évènements extra-scolaires. 3.1.3 En conclusion... Il est souvent question aujourd hui du "problème" de l appauvrissement de la communication causée par l utilisation de nouvelles technologies. Néanmoins nous pouvons voir également qu un grand nombre de solutions logicielles dans le cadre de l enseignement supérieur ouvrent la voie sur de nouvelle possibilités de communication. Bien qu il ne faille pas oublier les objectifs fondamentaux de l enseignement, il est intéressant de voir que les relations humaines n ont certainement pas fini d évoluer, parallèlement à l utilisation de nouveaux logiciels, et ce, en lien étroit avec l apparition de nouvelles technologies. 3.2 Mise en œuvre La mise en œuvre d un projet qui vise à introduire une nouvelle solution logicielle au cœur d un parc informatique déjà existant pose deux problèmes essentiels qu il ne faut pas négliger afin de garantir la réussite du projet : La mobilisation des ressources nécessaires ; La gestion du changement. Ceci représente sans aucun doute une difficulté supplémentaire lorsqu il s agit de logiciels libres et d une organisation telle qu un établissement de l enseignement supérieur. 3.2.1 Ressources et charge Tout d abord, la mise en place d une solution basée sur un logiciel libre repose sur les mêmes principes qu un projet informatique classique. En effet, comme nous l avons vu dans la section consacrée à l introduction des logiciels libres (cf. section 1.2), ceux-ci présentent un avantage important qui est la possibilité d améliorer et d adapter le logiciel aux besoins de l organisation considérée. Cependant, ceci n est possible que si les ressources adaptées sont mobilisées afin de définir les besoins de l organisation, rédiger le cahier des charges et suivre l avancement du projet. Ainsi, que l implémentation du logiciel soit gérée en interne ou par une société de service, il est nécessaire de former une équipe projet qui s assurera du suivi du chantier depuis la définition des besoins jusqu à la mise en place du logiciel. L organisation traditionnelle des établissements supérieurs, les attentes des nombreux acteurs impliqués sont susceptibles de complexifier le déroulement du projet. Dans le cas où l établissement décide de mettre en œuvre de manière autonome le projet sans avoir recours à une société de services, il est nécessaire de s assurer que l établissement dispose des compétences requises pour assurer le développement de nouvelles fonctionnalités et réaliser les adaptations éventuellement requises pour le logiciel. En outre, il est important de ne pas négliger la charge de travail que peut générer la mise en place d un logiciel libre au sein d une structure telle 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 24
qu un établissement de l enseignement supérieur. Enfin, la partie de maintenance d un projet n est pas à négliger, et ce d autant plus si le développement du logiciel libre est arrêté par l organisation à son origine. Bien entendu le maintien de l application (correction de bogues) et la suite du développement peut être réalisée en interne par l établissement mais il s agit encore une fois d une question de charges et de disponibilité de ressources. En effet, rares sont les établissements de l enseignement supérieur à disposer d une DSI incluant un service dédié au développement d applications. 3.2.2 Résistance au changement L implémentation d un nouvel outil informatique génère dans la grande majorité des cas des modifications en termes de méthodes de travail. La plupart des individus n accueille pas de manière positive ces changements, c est ce qui est communément appelé la "résistance au changement". Ainsi, l implémentation d une solution telle que celles présentées dans ce document doit être orchestrée avec beaucoup de précaution : implication de l ensemble des acteurs concernés ; rester à l écoute des demandes des futurs utilisateurs ; communication autour du projet (présentation du projet et de ses objectifs, informations concernant le déroulement...) ; formation des utilisateurs ;... Dans le cadre de cette étude, les solutions liées aux ENT et moyens utilisés pour assurer la communication entre les différents acteurs de l enseignement supérieur sont en particulier concernés par ce type de problème, dans la mesure où leur utilisation est directement liée avec les processus de gestion de l établissement. En conclusion, se tourner vers des logiciels libres peut être une solution pertinente pour les établissements de l enseignement supérieur. Mais au-delà du coût du logiciel lui-même souvent attractif et le dynamisme de certaines équipes de développeurs, la mise en œuvre d un projet requiert, pour sa réussite, la mobilisation conséquente de ressources en internes autant pour assurer la communication autour du projet que sa réalisation concrète. 3.3 Entre enthousiasme et accessibilité Dans ce document nous avons insisté sur l importance de l émergence des nouvelles technologies dans le développement des solutions que nous avons présentées, ainsi au delà de la résistance face au changement il y a l attrait plus ou moins fort de chacun pour les nouvelles technologies et la manière dont chacun peut y accéder. En effet, par exemple, les nouvelles générations et en particulier les étudiants sont fortement attirés par les technologies mobiles (Smartphones et tablettes tactiles) mais est-ce que les enseignants sont prêts à les utiliser dans le cadre de leurs cours? De même, on ne peut pas contraindre les enseignants à créer des exercices interactifs pour les mettre à disposition sur un système de e-learning ou M-learning ou obliger un étudiant à utiliser un système de prise de notes donné pendant les cours. Les solutions proposées dans ce document, telles que les logiciels de e-learning et M-learning ne sont finalement que des outils et il convient à chacun de se les approprier pour les utiliser pleinement. 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 25
La formation et la communication restent, néanmoins, des alliés non négligeables vers une utilisation adaptée de ces outils. D autre part, un certain nombre des solutions que nous avons abordées dans ce document repose sur une utilisation généralisée des nouvelles technologies et des matériels tels que les ordinateurs portables, tablets PC, tablettes tactiles, Smartphones... Cependant, certains acteurs de l enseignement supérieur et en particulier certains étudiants n ont pas accès à ce type de matériels. Les slogans "un ordinateur pour tous" ou "un Smartphone pour tous" ne sont pas encore entièrement une réalité. Ainsi, la mise en place de solution de e-learning ou de M-learning sont susceptibles de poser des questions de disparité et d accessibilité au matériel pédagogique proposé. 17 Mars 2011 S.Kashimura - R.Chapuis 26
CONCLUSION L objectif du présent rapport était de mettre en avant un certain nombre de solutions en termes de logiciels libres pouvant répondre aux besoins et attentes de l enseignement supérieur. Au regard des technologies utilisées par les acteurs de l enseignement supérieur, nous avons identifié quelques outils dont l utilisation pourrait s avérer pertinente. Cependant, nous attirons l attention sur le fait que la mise en œuvre de ces solutions repose sur une bonne implication des acteurs, et soulève également des problématiques propres aux logiciels libres. Enfin, nous rappelons que cette étude n a pas vocation à être exhaustive ; elle ne présente que quelques aspects du monde des logiciels libres dédiés à l enseignement supérieur. Figure 3.3.1 Synthèse de ce projet de veille technologique sur les logiciels libres dans l enseignement supérieur
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