I. LES POSSIBLES CANAUX DE FINANCEMENT



Documents pareils
L AIDE AU DÉVELOPPEMENT FRANÇAISE

Le cycle de projet à la Banque Africaine de Développement

REPUBLIQUE DU SENEGAL Un Peuple Un But Une Foi RAPPORT SUR LES MECANISMES DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUIVI DU DSRP

POURQUOI LE GABON A-T-IL BESOIN DE STATISTIQUES FIABLES?

Le Cadre de Dépenses à Moyen Terme. Définition et principes généraux

1. Contexte. 2. Dresser le bilan : expériences et nouveaux développements

La culture du résultat au sein des systèmes statistiques nationaux des Etats membres d AFRISTAT

4 e SONDAGE SUR LA RESPONSABILITÉ MUTUELLE NATIONALE EN PRÉPARATION DU FORUM POUR LA COOPÉRATION EN MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT 2016

2. Bailleurs de fonds internationaux majeurs, coordination et possibilité de division du travail, exercices d évaluation conjointe (harmonization)

République gabonaise. Consultations sur la Revue exhaustive des politiques d acquisition de la Banque. Libreville

Expert principal 1: Chef d'équipe, coordonnateur de projet (expert senior)

REGLEMENT N 07/2006/CM/UEMOA PORTANT ADOPTION DES MODALITES DE CALCUL DU SOLDE BUDGETAIRE DE BASE CORRIGE DES RESSOURCES PPTE ET DES DONS BUDGETAIRES

Format de rapport pour la notation finale (REF. 4)

PRESENTATION GENERALE DU MASTER MAITRISE D OUVRAGE PUBLIQUE ET PRIVEE

L AIDE A-T-ELLE CHANGÉ? ACHEMINEMENT DE L AIDE EN HAÏTI AVANT ET APRÈS LE SÉISME

INTEGREE DES RESSOURCES EN EAU

Rôle et stratégie de la Banque Africaine de Développement dans la promotion de l intégration financière régionale en Afrique

Créateur d opportunités

APPEL A COMMUNICATIONS

7 ème Edition des Assises de la Coopération Belge au Développement

EVALUATION DE LA GESTION DES FINANCES PUBLIQUES AU MALI SELON LA METHODOLOGIE PEFA. Rapport sur la performance de la gestion des finances publiques

GROUPE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT

PRESENTATION GENERALE DU MASTER MAITRISE D OUVRAGE PUBLIQUE ET PRIVEE 1. Règlement des études

Comprendre les négociations internationales sur le climat. Contexte, historique et enjeux

Cadre de mesure de la performance de la gestion des finances publiques

BURKINA FASO Unité Progrès Justice MAIRIE SECRETARIAT GENERAL DIRECTION DE L ADMINISTRATION GENERALE

Présentation de l assurance maladie au Burkina Faso

REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL MAE-ONG

Guide des procédures de passation des marchés et montage des offres des bailleurs de fonds internationaux

Programme statistique du Secrétariat Exécutif de la CEDEAO

Groupe de la Banque mondiale. Œuvrer pour un Monde sans pauvreté

Plan d Action de Ouagadougou contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, tel qu adopté par la Conférence

Bien préparer la mise en place du nouveau modèle de financement

Les mesures en faveur de

PROJET DE LOI. NOR : MAEJ L/Bleue ÉTUDE D IMPACT

MOBILISATION DES RESSOURCES ET COORDINATION

Microsoft France. Pour en savoir plus, connectez-vous sur ou contactez notre Service Client au *

Alliance Globale pour la Résilience AGIR Sahel et Afrique de l Ouest

BOAD en Bref. Edition 2014 BANQUE OUEST AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT

Energisez votre capital humain!

CONSIDÉRATIONS ANALYTIQUES CLÉS POUR

UNE SOLUTION CRM CONÇUE POUR LA FORCE DE VENTE

Initiative allemande BACKUP pour l éducation en Afrique

Réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement en Afrique

IS CONSULT 09 BP 408 Ouagadougou 09 Burkina Faso Secteur 14 - Rue Porte 101 Courriel: isconsult@hotmail.fr Tél: (226) /

Appel à candidatures. Experts individuels en Monitoring / Suivi-évaluation

Regroupements de travailleurs d un même secteur d activités avec possiblement des différences au niveau des :

GUIDE DU PASSAGE À L EURO : NOTE D INFORMATION À L INTENTION DES EMPRUNTEURS DE LA BANQUE MONDIALE AOÛT 2001

Copie préliminaire du texte authentique. La copie certifiée par le Secrétaire général sera publiée ultérieurement.

XAGA. Les XAGApps : Des Progiciels de Gestion et de Gouvernance à la carte pour managers

Banque interaméricaine de développement (BID)

SMART SAVINGS : PROTECTION DES CLIENTS DANS LA PROCEDURE D EPARGNE

Évaluation de l assistance de la Banque africaine de développement aux États fragiles

PRESENTATION GENERALE DU MASTER «MAITRISE D OUVRAGE PUBLIQUE ET PRIVEE»

APPEL A PROJETS. A l exception des productions audiovisuelles

Programme des Nations Unies pour l'environnement

Mission Provisions Note d analyse de l exécution budgétaire 2014

Argumentaire du Développement de la Couverture Universelle en Santé au Niger

Suite NCR APTRA. La première plateforme logicielle libre-service financière au monde.

COOPÉRATION EN ÉDUCATION

A/RES/55/25 II. Protection des victimes de la traite des personnes

Résultats des Comptes de la Santé 2012 en RD Congo

Evaluation des capacités de suivi de l exécution de dépenses et plan d action dans le cadre de l initiative PPTE (HIPC-AAP) BURKINA FASO

GROUPE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT CAMEROUN : DOCUMENT D APPROBATION PPTE POINT D ACHÈVEMENT AU TITRE DE L INITIATIVE PPTE RENFORCÉE

ECE/AC.21/SC/2014/3 EUDCE /1.6/SC12/3. Conseil économique et social

CONSOLIDER LES DETTES PUBLIQUES ET RÉGÉNÉRER LA CROISSANCE. Michel Aglietta Université Paris Nanterre et Cepii

Le FMI et son rôle en Afrique

L e-commerce en Allemagne

Harmonisation pour la santé en Afrique (HHA) Cadre d action

Àla Banque africaine de développement, nous n avons de cesse d améliorer la performance de

EN FINIR AVEC LES IDÉES REÇUES L ESSENTIEL EN

POLITIQUE DU GROUPE DE LA BAD RELATIVE À L'ACCUMULATION DE LA DETTE NON CONCESSIONNELLE

DS n 3 Chap 1-2h. Épreuve composée

Rapport 2014 sur la lutte contre la tuberculose dans le monde

Promouvoir des synergies entre la protection des enfants et la protection sociale en Afrique de l Ouest et du Centre

RAPPORT FINAL. Étude sur la littératie financière chez les jeunes POR #

Procédure négociée avec publicité - Appel à candidats

Le point sur la couverture du risque maladie au Niger

À quelles lacunes en matière de données doit-il être remédié?

1. PROJETS COMMUNS POUR LA MOBILITE DES CHERCHEURS

Oeuvrer pour que les populations rurales pauvres se libèrent de la pauvreté aux Comores

Formation Atmansoft :

Status de la banque des états de l Afrique Centrale

PASOC. Formulaire d identification des besoins en renforcement des capacités

Vérification des procédures en fin d exercice

NOTE D'INFORMATION SUR L'ÉMISSION OBLIGATAIRE DE $.US 1 MILLIARD SUR 10 ANS (JANVIER 2015)

QUATRIEME SESSION PLENIERE DE LA PLATEFORME DE PARTENARIAT PUBLIC-PARTENARIAT RAPPORT DE SYNTHESE DE LA SESSION PLENIERE

REUNION DE COORDINATION DU CARN RBM YAOUNDE, JUILLET 2010

Couverture du risque maladie dans les pays en développement: qui doit payer? (Paris, 7 mai 2008)

LE CONTROLE DES RESSOURCES FINANCIERES ALLOUEES AU SECTEUR DE LA SANTE PUBLIQUE

DONNER NAISSANCE NE DOIT PAS ÊTRE UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT

Agricultural Policies in OECD Countries: Monitoring and Evaluation Les politiques agricoles des pays de l OCDE: Suivi et évaluation 2005.

Compte Rendu de l Atelier. Participation du Secteur Privé dans les Infrastructures d Eau au Liban : Le Rôle des Banques. Le 9 décembre 2010

Bienvenue. Procure.ch. Jeudi 26 avril Haute école de gestion Fribourg Haute école de gestion Fribourg

Transcription:

F I N A N C E M E N T D U D E V E L O P P E M E N T : Q u e l s t y p e s e t q u e l s c a n a u x d e f i n a n c e m e n t l e s p a y s d o i v e n t - i l s p r é f é r e r? W a s h i n g t o n, 8 a v r i l Le octobre, la réunion ministérielle de Tokyo a souligné le besoin de définir clairement quels sont les meilleurs canaux et les caractéristiques clefs que devraient offrir les financements innovants (et traditionnels) mobilisables dans les prochaines années. Ce papier analyse ces aspects, en vue d aider les pays à prendre clairement position sur leurs préférences, afin d orienter les activités de plaidoyer du réseau pendant les prochains trimestres, et les discussions des ministres aux assemblées annuelles des IBW sur ces questions. Comme cette note le démontre, cette question est particulièrement d actualité, car la communauté internationale aura des choix importants à faire sur le niveau et la mise en place des ressources pendant la période -. I. LES POSSIBLES CANAUX DE FINANCEMENT Les financements qui pourraient être mobilisés dans les années à venir, continueront à provenir avant tout des sources publiques de financement telles que des prélèvements et les budgets des pays bailleurs OCDE et (de plus en plus) non-ocde. Ce papier met l accent sur ces sources, surtout parce qu elles seront disponibles pour financer des dépenses publiques des états membres du réseau, plutôt que sur d autres canaux tels que les ONGs, les IDE ou les fonds des travailleurs. Parmi les possibles canaux de financement, les plus importants sont :. des institutions bilatérales (des pays OCDE ou non-ocde) telles qu agences de crédit à l exportation, banques de développement et agences de coopération.. des institutions multilatérales traditionnelles comme la Banque Mondiale, les banques régionales/sous-régionales de développement, et les institutions du système ONU ; et moins traditionnelles telles que Banco del Sur et la Banque des BRICs.. des fonds verticaux, institutions créés pour dépenser de l argent sur des secteurs (la santé, l éducation, l environnement, l agriculture) ou des sous-secteurs (par exemple SIDA, tuberculose, paludisme ; ou protection des forêts) individualisés. II. LES CARACTERISTIQUES DES CANAUX ET INSTITUTIONS Dans le contexte du PRC PPTE, PFR (dont membres de l OIF) ont défini eux-mêmes (avec l appui de DFI et ses partenaires) une méthodologie pour analyser les caractéristiques des divers canaux et institutions, pour identifier les institutions avec lesquels ils voudraient coopérer en priorité. Ils ont utilisé cette méthodologie au niveau national pendant 7 à pour identifier les partenaires prioritaires, et pour focaliser leur plaidoyer sur un renforcement des capacités de financement des institutions qu ils préfèrent. Récemment, ces analyses ont été mises à jour dans le contexte de deux appuis (en et ) du gouvernement britannique dans le cadre d une revue des avantages des aides multilatérales par rapport aux canaux bilatéraux et verticaux; et d une analyse de la performance relative de la Banque Africaine de Développement. D autres aspects ont été traités dans le cadre de l enquête sur l efficacité des aides faite avant la conférence de Busan, ainsi que par des revues de l efficacité des institutions individuelles. Cette section présente les conclusions de ces analyses, selon 6 critères,

) Dialogue et Conditionnalités Voix des PFR dans la gouvernance de l institution ou degré de consultation régulière des PFR Orientation vers PFR et Systèmes d Allocation basé sur niveau de revenu/besoins de financement Conditionnalités Politiques ou de Politique Economique Conditionnalités/Complexités des Procédures La Graphique montre la performance relative des différents types d institutions. Les institutions multilatérales sont préférées pour leur gouvernance, et leur allocation vers les PFR, mais ont des conditionnalités de politiques et procédures plus lourdes que les institutions bilatérales. Les fonds verticaux sont perçus comme ayant les conditionnalités les plus lourdes, et les banques bilatérales donnent le moins de voix au PFR et leur allouent une proportion moins significative de leurs fonds. GRAPHIQUE : DIALOGUE ET CONDITIONNALITES Voix des PFR Pays/Allocation Condit.Politiques Condit.Procédures ) Flexibilité et Prévisibilité Flexibilité pour réallouer les financements entre secteurs ou types de financement, ou pour financer les pays contre des chocs exogènes. Prévisibilité annuelle savoir si les engagements annuels sont décaissés à temps Prévisibilité pluriannuelle savoir si l institution fournit aux pays des prévisions pluriannuels Vitesse d exécution de la préparation, approbation, passation des marchés, décaissement et exécution physique des projets/programmes. La graphique montre que les institutions multilatérales sont préférées dans tous les critères à part la vitesse d exécution, où leur note moyenne est le même que les autres types d institutions. Les agences bilatérales sont en e position, les fonds verticaux les moins flexible, et les banques bilatérales les moins prêtes à construire des programmes pluriannuels ou à fournir des prévisions à moyen-terme. GRAPHIQUE : FLEXIBILITE ET PREVISIBILITE.... Flexibilité Prévisibilité Ann. Prévisibilité Pluriann. Vitesse d'execution

) Alignement Vision Globale du Développement du Pays (document stratégie pays etc.) Alignement avec les priorités sectorielles des pays Alignement par les types d aide (appui budgétaire générale ou sectorielle) Utilisation des systèmes nationaux de passation de marchés, gestion financière et suivi/évaluation Le graphique montre que les institutions multilatérales sont préférées dans tous les domaines, suivies par les agences bilatérales de coopération, les fonds verticaux, et les banques bilatérales. GRAPHIQUE : VISION GLOBALE + ALIGNEMENT Stratégie Pays Alignement Sectoriel Alignement Types Systèmes Nationales ) Coût et Valeur des Interventions Qualité des projets durabilité/soutenabilité des investissements Qualité de l Assistance Technique - transfert des connaissances Concessionalité du financement Coût relatif des biens ou services fournis par l institution. Le graphique montre qu en moyenne, la plupart des types d institutions reçoivent les mêmes notes, à part les banques bilatérales, qui sont jugées nettement inférieures aux autres groupes. GRAPHIQUE : COUT ET VALEUR Qualité Projets Qualité AT Concessionalité Cout Projets/AT

) Notations Moyennes Globales par Type d Institution et Institution Individuelle Les notations moyennes globales par type d institution confirment les conclusions des sections précédentes. Dans le graphique, les institutions multilatérales dépassent les agences bilatérales ; les fonds verticaux et les banques bilatérales sont loin derrière. GRAPHIQUE : NOTATION GLOBALE - TYPE D'INSTITUTION Banques Dev Bilat Agences Coop Bilat Le graphique 6 distingue entre les différentes institutions individuelles. Les institutions qui reçoivent les meilleures notes sont DfID (coopération britannique), la coopération bilatérale chinoise, et le FAD. Parmi les institutions multilatérales, le FAD arrive en tête. Parmi les fonds verticaux, le Fonds Global et GAVI, plus que les fonds gérés par la Banque Mondiale arrive en tête, parmi les banques de développement c est la Chine ; et parmi les agences bilatérales, DfID et Chine. Toutes les institutions multilatérales ont une meilleure performance que les fonds verticaux et les banques bilatérales. GRAPHIQUE 6: NOTATION GLOBALE - PAR INSTITUTION FAD IDA ONU GFATM GAVI GEF GPE KfW/JIBC Italie (MC) Chine BMZ/JICA DfID Italie Chine Nous avons sélectionnés plusieurs institutions dans chaque catégorie l évaluation fait par les pays a couvert plus de pays et institutions. La notation du FAD est semblable aux autres Banques Régionales de Développement; celle des institutions chinoises est semblable aux meilleurs performances des institutions non- OCDE; celle de DfID semblable aux meilleurs performances des agences bilatérales OCDE; celles des institutions allemandes et japonaises semblable à la moyenne des institutions ICDE; et celle des institutions italiennes semblables aux pires performances des agences bilatérales OCDE.

III) LES DECISIONS CLEFS EN - De à, la communauté internationale doit prendre des décisions très importantes sur la façon de canaliser son appui aux PFR. Les réapprovisionnements du FAfD, du FAsD et de l IDA sont en cours, avec de fortes probabilités d une stagnation ou d une baisse de leur capacité d emprunt. Il existe également de fortes pressions de la part du G8 pour la création de nouveaux fonds verticaux pour l agriculture et la lutte contre la faim, de la part du G pour le financement de la protection sociale. Plusieurs bailleurs (y compris les allemands, britanniques, néerlandais et scandinaves, ainsi que les BRICs) sont en train de réfléchir sur les avantages de création ou d augmentation des banques bilatérales de développement. En outre, la communauté internationale devrait réfléchir sur la façon de canaliser des milliards de fonds additionnels provenant des sources de financement innovant (pour combattre le réchauffement climatique, et de la taxation des transactions financières). Dans ce contexte, les pays membres du réseau PFR OIF sont appelés à discuter de leurs préférences pour la façon dont ces fonds doivent être canalisés, et sur les institutions dans lesquelles les bailleurs devraient décider de mettre leur financement. Selon les conclusions de ces discussions, les représentants des pays pourraient recommander aux ministres membres du réseau de lancer une campagne de plaidoyer pour canaliser les financements à travers les institutions préférées.