Enterprise-wide risk management



Documents pareils
PREPAREZ VOTRE CERTIFICATION INTERNATIONALE EN MANAGEMENT DES RISQUES ARM ASSOCIATE IN RISK MANAGEMENT

Le Crédit-bail mobilier dans les procédures collectives

ANALYSE DU RISQUE DE CRÉDIT

GUIDE DE CONSTITUTION DE DOSSIER EN VUE DE LA RECONNAISSANCE ET/OU DE L EQUIVALENCE DES DIPLOMES, TITRES ET GRADES DE L ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Quantification des Risques

La Chaire Accenture Strategic Business Analytics de l ESSEC

LMD. Expertise comptable COLLECTION. Le meilleur. du DCG 3. Droit social. 2 e ÉDITION. Marie-Paule Schneider Maryse Ravat.

avec le soutien de Master professionnel Management de la Chaîne Logistique

IBM Social Media Analytics

DU RISQUE DANS LES CADRES RÉGLEMENTAIRES*

Kilimandjaro University : Université Africaine de la Responsabilité Sociétale des Entreprises et de l économie durable.

10 REPÈRES «PLUS DE MAÎTRES QUE DE CLASSES» JUIN 2013 POUR LA MISE EN ŒUVRE DU DISPOSITIF

Comment mieux évaluer les risques industriels par la mesure du capital immatériel???

Mon métier, mon parcours

AIG, un des leaders mondiaux de l assurance, compte plus de collaborateurs et 88 millions de clients dans le monde. Vous trouverez dans cette

SPECIALISATIONS DU MASTER GRANDE ECOLE

Mon Master à l ESTIM

CYCLE DIRIGEANT FEDESAP/HEC

STRATEGIE, GOUVERNANCE ET TRANSFORMATION DE LA DSI

MASTER ECONOMIE APPLIQUEE

Après quatre tests d évaluation passés dans des pays différents (USA et Amérique latine), la norme SA 8000 a été validée et diffusée.

Construire un tableau de bord pertinent sous Excel

BREVET DE TECHNICIEN SUPÉRIEUR TERTIAIRES SESSION 2013

Surabondance d information

Le Baromètre du Risk Manager

sous réserve de validation des modifications DROIT ECONOMIE GESTION SCIENCES DU MANAGEMENT FINANCE

Ce document synthétise les principaux aspects de DayTrader Live, le service le plus haut de gamme de DayByDay.

Métiers d études, recherche & développement dans l industrie

Paris Bâtiment F, Bureau 101 B

Solution de stress test Moody s Analytics

MASTER FINANCE PARCOURS GESTION DES RISQUES FINANCIERS

Portrait de Femme Meryem Benotmane SSM

CURSUS PROFESSIONNALISANT

Leader dans les certifications CFA, ARM, Certified Islamic Banker, Certified Takaful, private Equity, PMP. En partenariat exclusif avec

Introduction Quels défis pour l Administration Publique face àla crise? Crise et leadership : quelles relations? Quels défis pour les dirigeants?

Composition du Comité consultatif indépendant d experts de la Surveillance

JOURNÉE THÉMATIQUE SUR LES RISQUES

Mastère spécialisé. «Ingénierie de l innovation et du produit nouveau De l idée à la mise en marché»

Colloque International IEMA-4

MANAGEMENT D UNE UNITE STRATEGIQUE ou BUSINESS UNIT MANAGEMENT Nouméa Paris Shanghai

Groupe de travail ITIL - Synthèse 2011

Gestion des risques, contrôle interne et audit interne

MAGISTERE BFA BANQUE FINANCE ASSURANCE

MEMOIRE POUR UNE HABILITATION A DIRIGER DES RECHERCHES

Stratégie nationale en matière de cyber sécurité

«Management et Direction de Projets»

CHARTE DES UNIVERSITÉS EUROPÉENNES POUR L APPRENTISSAGE TOUT AU LONG DE LA VIE

Université de Haute Alsace. Domaine. Sciences Humaines et Sociales. MASTER Mention Éducation, Formation, Communication UHA, ULP, Nancy 2

Master professionnel Urbanisme : stratégie, projets, maîtrise d ouvrage (USPMO)

Votre partenaire pour les meilleures pratiques. La Gouvernance au service de la Performance & de la Compliance

Position de l ASTEE sur l innovation en matière de services d eau et de déchets

Rapport d évaluation du master

UN POINT DU VUE SUR LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES DANS L USAGE DE L HACCP

Stages de recherche dans les formations d'ingénieur. Víctor Gómez Frías. École des Ponts ParisTech, Champs-sur-Marne, France

MASTER EN MANAGEMENT LEADERS DE DEMAIN

Mon métier, mon parcours

Sylvie Guessab Professeur à Supélec et responsable pédagogique du Mastère Spécialisé en Soutien Logistique Intégré des Systèmes Complexes

1. Étude réalisée par l AFOPE en Hellriegel D., Slocum J. W., Woodman R. W., Management des organisations, Bruxelles, De Boeck, 1992.

Notions générales INTRODUCTION. 1 Sources du droit des assurances Historique

Alphonse Carlier, Intelligence Économique et Knowledge Management, AFNOR Éditions, 2012.

Pourquoi la responsabilité sociétale est-elle importante?

Lloyd s City Risk Index

PRÉPARER LA PREMIÈRE ÉPREUVE ORALE D ADMISSION OPTION EPS. DEVOIRS SUPPLÉMENTAIRES 1 et 2

Agriculture et Finances

Une rente sans rachat des engagements (aussi connue sous le nom «buy-in») vise à transférer

Master en Gouvernance et management des marchés publics en appui au développement durable

Dr. Prosper Bernard Tel: // portable

Master international de Management des Médias à distance. Organisation pédagogique de la formation

CANDIDAT JAPONAIS AU POSTE DE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

(DAS) DIPLÔME & (CAS) CERTIFICAT DE FORMATION CONTINUE UNIVERSITAIRE MANAGEMENT DE PROJETS 2015/2016 PROJET.UNIGE.CH

Université Paris-Dauphine

Note d orientation : La simulation de crise Établissements de catégorie 2. Novembre This document is also available in English.

S organiser autrement

Présentation du programme de Master en gestion

Business & High Technology

UFR de Sciences Economiques Année TESTS PARAMÉTRIQUES

Rapport d évaluation du master

Master complémentaire en gestion des risques financiers. Master. Année académique. Horaire décalé

Le management des risques de l entreprise Cadre de Référence. Synthèse

Bureau du surintendant des institutions financières. Audit interne des Services intégrés : Services de la sécurité et de l administration

Philippe BANCE Président du Conseil scientifique international du CIRIEC CREAM Normandie Université (Univ. Rouen)

L EXTERNALISATION. Quels sont les enjeux stratégiques de l externalisation pour l entreprise actuellement?

Présentation du Système d Administration Générale des Projets (Agape )

Ressources Humaines Enjeux et Stratégie dans un contexte international

Recommandation CP(2014)17 sur la mise en œuvre de la Convention du Conseil de l Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains par Saint-Marin

CESA CERTIFICAT D ENSEIGNEMENTS SUPÉRIEUR DES AFFAIRES SUPPLY CHAIN MANAGEMENT

Baromètre du Risk Management 2006

SmartClass+ Plateforme de gestion de classe. Qu importe le lieu, le moment, l appareil. ipad, Mac Android Windows Téléphones intelligents «AVEC»

Le FMI et son rôle en Afrique

Charte de l Evaluation des Formations par les étudiants

L évolution du marché des prêts consortiaux en Amérique du Nord

Document complémentaire au PPN du DUT Gestion logistique et transport

COURS SUR LA GESTION DES RISQUES ASSURABLES

MANAGER POUR LA PREMIÈRE FOIS

LA DÉMARCHE DE VEILLE S.A. MARCHAND PREMIERE PARTIE : AUDIT SUR LA COMMUNICATION INTERNE

Intervention de Marisol Touraine. Ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes

MANAGEMENT DES SYSTEMES D INFORMATION ET DE PRODUCTION MSIP

MMA - Projet Capacity Planning LOUVEL Cédric. Annexe 1

Transcription:

Enterprise-wide risk management Contribution au développement d outils permettant la mise en place d une gestion globale et intégrée dans les organismes Jean-Paul A.Louisot Docteur ès Sciences de Gestion Paris I Panthéon - Sorbonne (UFR 06 Gestion) mars 2015 Edité par B et K Management 33, rue Galilée 75116 Paris

B et K Management 33 rue Galilée - 75116 Paris ISSN : 1632-3106 Code ISBN : 978-2- 916673-36- 9 Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l article L.122-5, d une part, que les «copies ou reproductions strictement réservées à l usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (alinéa 1er de l article L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé,que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. 2

Ce livre reprend le support de la thèse soutenue le 17 décembre 2014. Il est dédié tout d abord à mes parents qui nous ont quittés mais dont ce doctorat est en quelque sorte le couronnement de l éducation qu ils nous ont donné à ma sœur et à moi- même. Mais je ne veux pas oublier tous ceux qui ont contribué à cette réflexion au premier rang desquels je dois citer Georges- Yves Kervern dont la vision scientifique et sociétale est à la source des cindyniques et surtout de l hyper- espace du danger. Parmi mes collègues avec qui j ai travaillé à la formation du MP2 GGRC au sein de l URF8 de l Université Paris Panthéon Sorbonne pendant dix ans, je veux penser plus particulièrement à Viviane Balland qui m a appris le temps long, au Professeur Pierre Pech qui m a toujours encouragé, et a en outre présidé le jury de soutenance, et à Sophie Gaultier- Gaillard avec qui j ai partagé et je partage encore recherches et articles. Enfin je dois remercier le Professeur Jean- Paul Laurent d avoir accepté de m encadrer dans cette démarche inhabituelle, les deux rapporteurs, le Professeur Pierre Picard et le Professeur Gilles Motet et les autres membres du jury, le Professeur Michael Adams de Bath University et le Professeur Denis Kessler, PDG de la SCOR, qui ont bien voulu nous accompagner. Jean- Paul Louisot, ARM, FIRM Docteur ès Sciences de gestion MBA Kellogg School of management, North Western University, 1972 Ingénieur Civil des Mines Licencié ès Sciences Économiques

Table des matières Contribution au développement d outils permettant la mise en place d une gestion globale et intégrée dans les organismes... 1 Présentation des travaux... 6 Introduction... 6 Apport à la construction d une science de la gestion des risques... 7 1 Partie 1 Évolution de la gestion des risques... 11 1.1 Les trois ères ou les trois aires... 12 1.1.1 Ère de l artisan... 13 1.1.2 Ère de l ingénieur... 13 1.1.3 Ère du stratège... 13 1.2 L ERM Gouvernance, Risques et Conformités... 13 1.2.1 La relation intrinsèque entre gouvernance et risques... 17 1.2.2 Les éléments fondamentaux d un cadre de gouvernance... 17 L impact de la culture de l organisme sur la gouvernance et la gestion des risques... 18 Émergence d obligations légales et réglementaires concernant l ERM... 19 1.3 Description, complexité et chaos... 20 2 Partie 2 Les fondements théoriques & pratiques... 22 2.1 Gestion des risques & Stratégie... 23 2.2 Standards et cadres de référence... 24 2.3 ISO 31000:2009... 27 3 Partie 3 Contributions à un corps de doctrine & une boîte à outils... 30 3.1 Le processus de gestion des risques respectant ISO 31000 :2009... 31 3.2 Diagnostic des risques l espace des vulnérabilités... 31 3.2.1 Ressources... 32 3.2.2 Aléas ou événements... 36 3.2.3 Impact ou Impacts... 39 3.2.4 L espace des vulnérabilités... 40 3.2.5 Le Nœud Papillon... 41 3.3 Diagnostic des risques La méthode des centres de risques... 43 3.4 Diagnostic des risques Analyse & évaluation des risques... 45 3.4.1 Objectifs de l analyse ou quantification des risques... 45 3.4.2 Quantification des risques son apport pour la réduction des risques... 45 3.4.1.2 Quantification des risques son apport pour le financement des risques... 48 3.4.2 Méthodes de quantification des risques... 49 3.4.2.1 Méthodes probabilistes... 50 3.4.2.2 Méthodes à base d expert... 51 3.4.2.3 Méthodes mixtes Les Réseaux Bayésiens... 51 3.6 Le traitement des risques Le plan de redéploiement stratégique... 53 3.7 La gestion des risques à la réputation... 55 3.7.1 Suivi des risques à la réputation au travers des neufs pilotes... 57 3.7.2 La gestion des risques à la réputation : un élément vital de tout ERM... 57 4 Partie 4 Les problématiques émergentes et pistes de recherche... 61 4.1 Business intelligence systems / Business Analytics... 62 4.2 Sécurité, sureté et intelligence économique... 63 Périmètres de la sécurité d entreprise... 63 4.3 Sécurité des systèmes d information... 64 4.3.1 Les risques liés à l utilisation des SI... 65 4.3.2 Risques liés aux ressources humaines... 66 4.4 Gestion des risques de la chaîne logistique... 66 4

4.5 Extension de l approche de la logique floue à d autres domaines que la gestion des risques à la réputation... 69 4.5.1 Indice de résilience des collectivités territoriales... 70 4.5.2 Indice de maturité de l ERM... 70 4.5.3 Indice de notation pour la finance islamique... 70 Bibliographie... 70 Bibliographie personnelle... 74 Ouvrages... 75 Articles... 75 Articles académiques... 76 Articles professionnels... 76 Articles de vulgarisation... 77 ANNEXE Illustration par des cas de terrain... 82 ANNEXE 1... 84 ANNEXE 2... 98 5

Présentation des travaux Introduction Ce que j expose dans les pages qui suivent est un commentaire des livres et articles publiés au cours des vingt dernières années et qui représente un cheminement dans la gestion des risques. Spectateur impliqué dans le quotidien comme courtier, assureur et risk manager j ai appliqué une réflexion systématique à ce que devenait la gestion des risques sous mes yeux, depuis l achat rationnel de couvertures d assurance jusqu à la gestion stratégique des risques qui se dessine actuellement. Plutôt qu une méthode scientifique traditionnelle, basée sur la réflexion théorique ou sur l analyse de données empiriques, la plus fréquemment rencontrée dans les départements «risques & assurances» des universités américaines, et également asiatique, je me suis documenté en assistant aux principales conférences professionnelles du monde entier, Amérique du Nord, Europe et Australasie sans oublier l Afrique au travers de l enseignement et des conférences des assureurs. Par ailleurs l enseignement de la qualification professionnelle d ARM à des générations de praticiens depuis 1994 a permis de confronter les idées avec des praticiens qui ont apporté leur contribution au murissement des outils. C est ce regard croisé, affiné par la rencontre avec Georges Yves Kervern et les Cindyniques, qui m a permis de visualiser et d anticiper le cheminement de la gestion des risques et de voir les points d achoppement pour les praticiens. C est donc à un effort de «conceptualisation de l expérience» que je me suis systématiquement livré. C est ainsi que j ai pu déterminer les domaines de manque auquel je me suis efforcé modestement d apporter des solutions : Au niveau du diagnostic L espace des vulnérabilités et la méthode des centres de risques permettent effectivement de dialoguer avec les «propriétaires de risque» dans leur langage et avec des problématiques de performance qui les touchent directement. Il permet en outre de déboucher naturellement sur le plan de continuité nécessaire au niveau des opérationnels. Au niveau du traitement Le recours abusif au mot «crise» dans certaines entre- prises et la nécessité de réagir au juste niveau aux situations de perturbation que peut vivre tout organisme. C est ainsi qu est né le plan de redéploiement stratégique. Au niveau des risques spécifiques La réalisation de l importance croissante de la réputation, surtout avec l avènement des média sociaux, et la rencontre avec Jenny Rayner, et des spécialistes du suivi des media ont contribué à la définition d un modèle de gestion des risques à la réputation. 6

Achetez cet ouvrage, exclusivement disponible sur RiskAssur-boutique http://riskassur-boutique.com/etudes-version-ebook-pdf/736-9782916673369.html Consultez, encore quelques pages, ci-après

Apport à la construction d une science de la gestion des risques La démarche que j ai entreprise depuis 1973 vise à la conjonction de la réflexion théorique dont les apports sont essentiels, et l expérience pratique sans laquelle aucune discipline de gestion ne peut exister. C est ce que j ai appelé la conceptualisation de l expérience pour permettre aux leçons apprises dans une situation donnée d être transposables à d autres situations différentes dans le temps, l espace et l activité. De fait, la gestion des risques a subi une évolution considérable au cours des six décennies depuis son émergence comme une fonction technique dans certaines entreprises américaines dont le budget assurances justifiaient de disposer d un spécialiste interne pour encadrer les courtiers. Cette évolution résulte en partie du fait de la frustration des praticiens qui ressentaient les limites de l exercice, en partie de la réflexion des universitaires d horizons différents qui ont essayé de développer un support scientifique pour concevoir des instruments spécifiques. C est ainsi que les Cindyniques dont le nom apparut pour la première fois dans les pages du Monde le 10 décembre 1987, constituent une science dont la dernière définition posée est : «Science visant à rendre intelligibles, et donc prévisibles, les dangers, les risques qui en découlent, endogènes et exogènes au sein d un système et de permettre de les réduire.» 1 Mais l accélération du mouvement depuis vingt ans et plus particulièrement depuis la première décennie du XXIe siècle est liée à la complexité croissante des interrelations entre les acteurs économiques, les interdépendances qui dépassent trop souvent la capacité de l homme à les appréhender sans recours à la théorie de la complexité 2. Dans un document récemment mis à jour, les auteurs du livre rouge OCEG 3 notent que : «L environnement dans lequel les organismes évoluent est aujourd hui plus complexe et plus exigeant que jamais. Même les PME/PMI, les organismes à but non lucratif, et les acteurs publics ont à relever des défis auxquels seules les grandes entreprises internationales étaient confrontées dans le passé. Les parties prenantes, internes et externes, ne se contentent plus de hautes performances, elles exigent en outre la transparence de la gestion. Les risques et exigences réglementaires qui pèsent aujourd hui sur les organismes constituent un maquis dense et changeant qui peut frapper sans prévenir. Pour couronner le tout, les coûts à engager pour contrôler ces risques tendent à être hors de contrôle. En résumé, dans beaucoup d organismes le statut n est ni soutenable, ni acceptable.» L explosion tant du périmètre d exercice de la gestion des risques, que de son impact sur la vie de tous les responsables stratégiques et opérationnels suppose la mise au point d une batterie d instruments que tous comprennent et savent utiliser au quotidien. C est dans ce contexte que les apports spécifiques auxquels j ai contribué jouent un rôle dans l ouverture des yeux des responsables pour qu ils aient vraiment une vision 360 pour prendre leurs 1 Kervern Georges- Yves, Philippe Boulenger, Cindyniques Concepts et Mode d emploi, Paris (France) : Economica, 2007 p.1 2 Kervern Georges- Yves, Philippe Boulenger, Cindyniques Concepts et Mode d emploi, Paris (France) : Economica, 2007 p.1 3 OCEG, red book GRC capability Model, Version 2.1, New- York (USA), 2012 7

3.1 Le processus de gestion des risques respectant ISO 31000 :2009 Le processus de gestion des risques développé au cours de trente années de pratiques est globalement compatible avec ce que propose l ISO 31000 :2009. La figure 3.1 reprend ce processus mis à jour pour assurer la complète harmonie avec la norme ISO 31000 :2009. On retrouve effectivement : L établissement du contexte interne et externe qui dans le cadre de l élaboration de la stratégie aboutit à la définition d objectifs «soutenables» et la définition d un appétit de risque ou tolérance au risque de l organisme. Le diagnostic de vulnérabilités (appréciation du risque dans l ISO 31000) décomposé en trois sous- étapes : identification (quelles sont les aléas qui pèsent sur quelles ressources), analyse (quantification du risque brut) et évaluation (quantification du risque résiduel) Figure 3.1: Processus de gestion des risques ARM, compatible ISO 31000 Le traitement des risques qui comprend la réduction et le financement L audit du programme de gestion des risque (pilotage et revu dans l ISO 31000) qui vise à la fois la boucle de retour (amélioration continue) et les différents niveaux d audit Communication et consultation avec l ensemble des parties prenantes. 3.2 Diagnostic des risques l espace des vulnérabilités Une définition courante du risque qui dérive de la finance «déviation par rapport à l espérance mathématique» 29 mais cela n est pas très opérationnel et ne permet pas un 29 Segal Sim, Corporate value of Enterprise Risk Management, John Wiley & Sons, Hoboken, New Jersey (USA), 2011 p. 23 31

suivi avec des indices de performances. Certains auteurs hésitent encore sur les définitions, comme Cendrowski et Mair 30 qui définissent le risque comme la probabilité que survienne un dommage et la vulnérabilité comme le produit de la probabilité par l impact ce qui pose la problématique de l identification, par quels paramètres? L approche que nous proposons ici pour la gestion des risques s appuie sur un modèle qui décrit tout organisme comme un portefeuille de vulnérabilités, menaces et d opportunités, chacune étant identifiée par trois paramètres : Une ressource ou objet de risques ; Un événement aléatoire, aléa ou péril (si on ne s intéresse qu au volet négatif) ; Un impact qui doit s envisager comme les conséquences sur l atteinte des objectifs de l organisme mais sans oublier les aspects non financiers et la confiance des parties prenantes. Nous allons passer en revue ces trois paramètres pour se doter d un outil d analyse de la situation de chaque organisme dans la perspective d assurer son avenir en dépit des incertitudes qui pèse sur lui. 3.2.1 Ressources Tout organisme peut être défini comme une combinaison dynamique de ressources, pour atteindre des objectifs. La définition de ces objectifs est donc au cœur de la gestion de tout organisme. Il va, toujours, s agir de combiner les ressources de la façon la plus efficace pour atteindre l objectif le plus ambitieux possible avec les ressources déterminées, ou d atteindre l objectif désigné avec le moins de ressources possibles. Il s agit de la définition, même, de l efficacité pour l affectation des ressources dans une économie libérale. Il existe de nombreux modèles découpant les entreprises ou les organismes en un nombre variable de ressources. Pour l utilisation pratique en gestion des risques, nous retiendrons cinq catégories qui permettent une approche globale de l organisme, en distinguant des classes, dont les modes de traitement des risques qui sont associés sont spécifiques à chacune d elle comme nous le verrons plus loin. H = Humaines il s agit, ici, de l ensemble des personnes liées à l organisme par des contrats de travail ou des mandats, et dont les compétences, formations et expériences spécifiques, en font un véritable actif pour l entreprise. Il faudrait prendre en compte, également, les données démographiques telles que : âge, sexe, situations de famille, qui peuvent avoir un impact sur la capacité de produire. En un mot, ce sont les éléments pris en compte, parce qu il est traditionnel d appeler : gestion des compétences ou «knowledge management» ou mieux encore aujourd'hui la gestion des talents. 30 Cendrowski Harry, Mair William G., Enterprise Risk Management & COSO, John Wiley & Sons, Hoboken, New Jersey (USA), 2009 32

Achetez cet ouvrage, exclusivement disponible sur RiskAssur-boutique http://riskassur-boutique.com/etudes-version-ebook-pdf/736-9782916673369.html Consultez, encore quelques pages, ci-après

Enterprise- wide risk management Contribution au développement d outils permettant la mise en place d une gestion globale et intégrée dans les organismes Jean- Paul Louisot mars 2015 Edité par B et K Management 33, rue Galilée 75116 Paris Code ISBN 978-2- 916673-36- 9 117