UNE CHARTE EDITORIALE

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1 UNE CHARTE EDITORIALE POUR VIVRE AVEC NOS LECTEURS Ecrire pour nos lecteurs est notre credo. Vivre avec nos lecteurs est notre ambition. Cette relation privilégiée entre la rédaction et ses lecteurs s entretient au quotidien. Son chemin est borné par cette charte rédactionnelle. Elle est le fruit de règles déontologiques, de savoir-faire journalistiques et de choix éditoriaux pleinement assumés. Le traitement de l information par la rédaction du Progrès repose sur un triptyque : révéler, raconter, expliquer. Satisfaire à ces fondamentaux, c est répondre à la majeure partie des attentes de nos lecteurs. Notre charte rédactionnelle explicite ces choix. Nous l avons voulue concrète, vivante, utile au quotidien pour l ensemble des équipes qui contribuent à la réalisation de nos éditions.

2 UNE CHARTE EDITORIALE Pour vivre avec nos lecteurs SOMMAIRE LES FONDEMENTS EDITORIAUX DU PROGRES 1. Le Progrès est un journal qui vit avec ses lecteurs.... p 2 2. Le lecteur est au cœur de ses choix d information.... p 3 REVELER, RACONTER, EXPLIQUER Révéler : garantir à nos lecteurs des informations exclusives. p 3 Raconter : incarner l information... p 5 Expliquer : aller au-delà des faits.... p 5 DROIT DE LA PRESSE : NOS OBLIGATIONS Les interdictions légales de publier..... p 6 Droit à l image. p 7 Quand faut-il donner les identités des personnes concernées? p 7 La diffamation p 9 L ECRITURE L orthographe, la titraille. p 10 Le texte..... p 11 La légende photo, rédiger une interview... p 15 LES TRAITEMENTS SPECIFIQUES Les faits divers.. p 16 Le conseil municipal... p 19 La vie quotidienne.. p 21 LA CHARTE GRAPHIQUE ET REDACTIONNELLE Les pages locales... ;;;;.. p 23 Sports et loisirs p 27 Cahier Services.... p 29 1

3 LES FONDEMENTS EDITORIAUX DU PROGRES Le Progrès est le quotidien régional d information des femmes et des hommes qui vivent et travaillent dans le Rhône, la Loire, la Haute-Loire, le Jura, l Ain et l Isère. 1. Le Progrès est un journal qui vit avec ses lecteurs Le Progrès accompagne ses lecteurs dans leur vie quotidienne Il est à leur écoute et à leur service. Il leur donne la parole et privilégie l interactivité. Il est proche de leurs préoccupations et les aide dans leurs choix. Il répond à leur besoin d information sur la vie locale et leurs modes de vie. Il les aide à comprendre le monde qui les entoure et l actualité de leur environnement. Le ton du Progrès traduit cet engagement. Il est le promoteur et le défenseur de leurs intérêts. La charte rédactionnelle donne un cadre aux échanges entre les lecteurs et la rédaction. La page Forum accueille l opinion de nos lecteurs sur l actualité générale. Sur des sujets particuliers, quelle que soit la séquence du journal, leur point de vue peut être sollicité dans la rubrique «Votre avis» sous forme de témoignage ou de micro-trottoir. Le Progrès témoigne de la vitalité de leurs régions Il exprime la vitalité et la diversité de leurs régions. Il est le lieu des débats qui les animent : il les suscite et y participe. Le Progrès veille à accorder de l importance aux personnes et aux initiatives qui valorisent nos régions. Actif, le Progrès organise les débats, en respectant la diversité des points de vue. Son engagement se traduit par la vérification de la véracité des propos tenus lors de ces échanges. Le Progrès incarne la diversité de ses lecteurs Accessible à tous, il est : Le Progrès, le journal des Lyonnais, Le Progrès, le journal des habitants des pays de l Ain, Les Dépêches, Le Progrès, le journal des Jurassiens, La Tribune Le Progrès, le journal des Ligériens et des Altiligériens. Pour nos lecteurs, Le Progrès est d abord son édition locale. En privilégiant l information de proximité, cette édition doit tenir compte de la «région de vie» de nos lecteurs, région qui s affranchit des limites administratives. Des familles lyonnaises achètent une maison dans l Ain ou la Loire, des Bressans travaillent à Lyon, les Jurassiens sont intéressés parfois par Besançon, parfois par Lyon 2

4 Cette édition locale est donc au centre de nos choix éditoriaux et chaque édition possède sa propre Une pour valoriser ses contenus. La rédaction en chef veillera à l équilibre entre informations générales et locales. 2. Le lecteur est au cœur de ses choix d information Le Progrès est un quotidien populaire de référence. C est un journal indépendant, pluraliste et démocratique. Il est humaniste : il met la femme et l homme au cœur de ses préoccupations, dans le respect de l individu. Il informe avec honnêteté et se place dans une démarche d objectivité. Il refuse toute forme de pression individuelle ou collective. Il crée du lien social : il aide les gens à mieux vivre ensemble quels que soient leurs convictions, leur origine, leur particularisme. Les choix du Progrès et son traitement de l information traduisent son engagement auprès de ses lecteurs Il est exhaustif sur les faits essentiels et met en perspective les informations qu il considère comme les plus pertinentes pour ses lecteurs. Il privilégie les informations sur les réalités de la vie quotidienne des habitants de sa région notamment sous un angle utile et pratique. Il sélectionne et traite l information institutionnelle en fonction de l intérêt et du service qu elle représente pour eux. REVELER, RACONTER, EXPLIQUER Nos fondamentaux éditoriaux peuvent se résumer à trois verbes simples. Trois verbes car notre démarche doit être active pour garantir une véritable valeur ajoutée à toutes les informations que nous publions. REVELER : GARANTIR A NOS LECTEURS DES INFORMATIONS EXCLUSIVES Il est d abord nécessaire de s entendre sur les mots. Révéler ne se limite pas à la recherche d exclusivité, de «scoops» repris par des confrères. Révéler, c est être le premier média à porter une information à la connaissance de nos lecteurs. La fraîcheur de l information est un combat majeur. La règle est la parution à J+1, les parutions audelà relèvent des exceptions à gérer. Ces exceptions sont liées à notre pagination limitée et aux heures de bouclage de nos éditions. Le respect du contrat de lecture (la place accordée à chaque commune ou rubrique dans nos pages) et l élaboration de prévisionnel de contenus seront systématisés, afin de garantir à nos lecteurs le plus grand nombre de contenus à J+1. Nous ne devons pas laisser en souffrance un sujet qui aurait pu paraître à J+1. 3

5 Si la règle du J+1 n a pu être respectée, nous devons concentrer nos efforts pour garantir une parution du reliquat de sujets à J+2. Plus aucun compte rendu ne sera publié au-delà de J+3. Pour signifier cet engagement à nos lecteurs, tous les comptes rendus seront datés (par le jour de la semaine : lundi, mardi, etc.). Cette règle s applique aux comptes rendus d événements publics (y compris les conférences de presse). Nous continuerons de traiter des faits plus anciens s ils ont encore un impact sur la vie de nos lecteurs. Par exemple, des délibérations d un conseil municipal peuvent être relatées plusieurs jours après la séance, si elles concernent la vie quotidienne de nos lecteurs. Ces informations ne pourront pas être traitées sous forme de compte rendu. Il faudra choisir un genre journalistique compatible avec cette parution tardive, comme une enquête auprès des personnes concernées, un article «point par point», l avis d un expert, etc. Dans nos éditions sur papier, nos informations les plus fraîches sont de la veille. Voilà pourquoi il est essentiel d être présent sur le terrain de l information en continu, terrain qui est celui de nos lecteurs et de la concurrence multimédia. La notion de scoop issu du journal papier est toute relative. Le combat à gagner est celui de la traçabilité de notre information. Sans pour autant nier le contexte concurrentiel (la sortie d hebdos locaux le jeudi, le risque de reprise sans citation des sources par des télés et des radios), nous devons valoriser nos infos sur notre site internet. Sur internet, nous devons encourager la reprise de nos informations, à la condition qu un lien renvoie sur leprogres.fr. En effet, notre capacité à révéler est une valeur forte de notre marque que nous devons défendre. Il est important pour nos lecteurs et la promotion de nos contenus d assurer la traçabilité de notre information et de veiller, dès qu une information exclusive est reprise par un autre média, à la citation de notre titre. Des modes de traitement adaptés à chaque support Pour Le Progrès, internet est le média du factuel en temps réel et celui de l échange instantané avec nos lecteurs. Les informations publiques (faits divers de voie publique, manifestations, conférences de presse) doivent être publiées dès que possible sur leprogres.fr, dans un format court (moins de 1000 signes), accompagnées si possible d un document photo ou vidéo. Cette information est réactualisée dans la journée si des éléments nouveaux deviennent publics, mais il convient de se limiter à un traitement bref car les enrichissements rédactionnels seront réservés à nos éditions payantes (sur papier ou en ligne). Pour valoriser nos contenus développés, chaque brève se terminera par la mention. «Plus de détails, dans les éditions payantes du Progrès du XX, avec une date absolue et non relative du type «demain»). Révéler ne se limite pas à cette dimension temporelle, révéler c est aller au-delà des faits visibles par tous. Bien entendu, l enquête a une place majeure dans la révélation. Elle ne doit pas se cantonner à la sphère judiciaire ou politique. Aujourd hui, nos lecteurs attendent de notre part davantage d investigation en locale pour les aider à mieux comprendre la vie de leur commune. Cela nous amène à une question essentielle : quelle est la valeur ajoutée d une information? Cette question est pertinente pour tous nos contenus, y compris la micro-locale dite «miroir». Le lecteur, spectateur ordinaire d une manifestation, attend de nous des éléments complémentaires et pas seulement le récit de ce qu il a vu. Rendre compte d un loto c est insuffisant pour intéresser des lecteurs au-delà du cercle des personnes concernées. Dire quelle somme a été collectée par l association et à quoi elle va être consacrée, c est beaucoup mieux. Et plus fédérateur. 4

6 RACONTER : INCARNER L INFORMATION Pour vivre avec nos lecteurs, nous devons donner la parole à ceux qui font, vivent ou subissent l actualité. Avant de traiter une information, nous devons toujours nous poser la question : comment sera-t-elle incarnée dans nos colonnes? Nous nous attacherons à chercher les témoignages des acteurs de l information, en les citant par leur prénom et leur nom. Nous ne nous contenterons pas du prénom, aussi anonyme qu infantilisant. L anonymat est à proscrire, sauf pour satisfaire à nos obligations légales et morales de protection des mineurs, de victimes de certains crimes ou si nous n avons pas d autres moyens pour obtenir une parole indispensable au sujet traité. Nous chercherons à publier la photo des personnes dont nous parlons, y compris dans le champ du fait divers, mais sans outrepasser nos obligations légales. Nous chercherons à recueillir des citations, en respectant le langage de nos interlocuteurs sans les humilier en reproduisant des expressions maladroites, tolérables à l oral mais source de moquerie une fois écrites. Un sujet traité en plusieurs angles doit au moins comporter un texte qui donne une parole plus directe comme l interview (courte sous forme de trois questions ou plus longue) ou un micro-trottoir. Le portrait est un genre journalistique qui a toute sa place dans nos colonnes. Il permet à nos lecteurs de mieux connaître une personnalité qui entre dans l actualité. Il est donc important de décrire l environnement familier, professionnel et social de la personne, en laissant parler ceux qui la connaissent, des proches ou des contempteurs. Ainsi traité, le portrait mérite un texte d au-moins 1500 signes, accompagné d une notice biographique sous forme de repères. Si le portrait est mono-source (la personne rencontrée) il sera rédigé dans un format court en 500 ou 1000 signes, très utile pour présenter une nouvelle personnalité locale, par exemple. Une exception est possible : le portrait peut-être quasiment mono-source et plus long, s il raconte, sur le mode «une journée avec». Ce type d article est plus lisible qu une compilation de citations. Cette démarche d incarnation se prolonge naturellement dans l illustration, en privilégiant les photos des personnes concernées (et citées dans la légende) aux images minérales sans élément humain. EXPLIQUER : ALLER AU-DELA DES FAITS Confrontés à un flux continu d informations, nos lecteurs nous réclament des repères, au-delà du caractère spectaculaire de l actualité. Si l actualité est déjà dans le domaine public, à l heure où nos lecteurs la découvrent dans nos colonnes, le pourquoi et le comment ont plus d importance que les faits eux-mêmes. Les pages d informations générales et les pages sportives qui traitent d une actualité nationale déjà connue, doivent systématiser cette approche. Plusieurs genres journalistiques sont à notre disposition : - La parole d expert, en trois ou quatre questions, les plus concrètes possibles. Il ne faut jamais oublier de se mettre à la place du lecteur et poser des questions qui peuvent paraître simples pour un rédacteur au fait du sujet. Sur les sujets sensibles ou complexes, il ne faut pas hésiter à interroger des experts qui ont des approches différentes, en utilisant le style du Face à face. 5

7 - L analyse. Le rédacteur décrypte l actualité et confronte les points de vue. Le texte reste factuel et dans un lignage limité à 2000 signes. Si le sujet mérite d être développé, il est souhaitable d opter pour une écriture en point par point. Sur un lignage plus long (autour de 3000 signes), le sujet est divisé en paragraphes autonomes, non liés les uns aux autres. Chaque paragraphe traite d un seul aspect du sujet, clairement annoncé dans le titre du paragraphe. Pas de relance ni d intertitre : nous ne sommes pas dans un récit. - Les repères : c est la forme minimaliste du point par point. Il s agit de chiffres, de dates, d infos brèves traitées en quelques lignes. Expliquer, c est aussi revenir sur un fait d actualité qui n est plus dans la lumière. Nos lecteurs nous reprochent d être seulement dans l instant. Ils attendent que nous levions un coin du voile des coulisses de l actualité. Ils nous imposent un devoir de suite. Que sont devenus les protagonistes d une affaire? Les circonstances d un accident ont-elles été déterminées? Cet équipement public récemment inauguré est-il fonctionnel? Suivre une information, c est d abord s intéresser aux personnes qui l ont vécue. L incarnation du sujet est primordiale, en allant interroger les témoins et les personnes concernées. Ce droit de suite ne nous est pas naturel, tant nous sommes portés par l actualité. Il est donc important de l inscrire dans nos agendas rédactionnels. Et de ne pas limiter cette bonne pratique rédactionnelle aux seules périodes où l actualité est creuse, comme le 15 août ou les fêtes de fin d année. Un dessin vaut parfois mieux qu un long discours : l infographie n est pas un genre journalistique destinée seule à éviter des litanies de nombres dans un texte. Son emploi est à systématiser pour décrire des événements dans le temps et l espace : un périple, le déroulement d un accident, un défilé,etc. DROIT DE LA PRESSE : NOS OBLIGATIONS Le journaliste est tenu d effectuer une enquête sérieuse supposant la vérification de l information, le recoupement des sources et une enquête contradictoire. Il est interdit de diffamer et d injurier : les guillemets, le conditionnel ne protègent pas de la diffamation et de l injure. Il faut vérifier également que les citations par interview, communiqué ou autre, ne comportent ni injure ni diffamation. LES INTERDICTIONS LEGALES DE PUBLIER Elles sont limitatives, mais doivent être scrupuleusement respectées. Figurent notamment : - l interdiction de permettre l identification par l écrit ou l image des mineurs délinquants, y compris par l'usage des initiales. Cette interdiction a été étendue par la loi Guigou aux mineurs victimes d une infraction, sauf accord des personnes juridiquement responsables de l enfant et/ou sur demande expresse des institutions administratives ou judiciaires. En cas de recherche dans l intérêt des familles, s assurer préalablement auprès du Parquet, du commissariat de police ou de la gendarmerie, de l effectivité de la demande de publication. 6

8 - L interdiction de permettre l identification des personnes mineures ou majeures victimes d une agression ou d une atteinte sexuelle, sauf accord expresse. La rédaction en chef devra être sollicitée pour les cas où l identité de la victime est déjà dans le domaine public. Attention! Ne pas confondre identité et identification. Il ne suffit pas de ne pas donner l identité de la victime, il faut veiller également à ne pas permettre son identification. Exemple : ne pas dire «le jeune voisin», «la nièce dont il avait la charge», etc. - L interdiction de permettre l identification des personnes qui se sont suicidées ou ont tenté de le faire. L avis de la rédaction en chef doit être recueilli s il s agit d un fait d une portée nationale ou d un majeur connu. On ne donne jamais le nom d un mineur qui s est suicidé. - L interdiction de faire état des condamnations amnistiées. - L interdiction de porter atteinte à la vie privée (famille, vie amoureuse et sexuelle, opinions, santé ). Il ne doit pas non plus être fait état des origines ethniques ni des appartenances religieuses (religions reconnues par l Etat), sauf si elles ont un lien direct avec les faits et permettent de l expliquer. DROIT A L IMAGE Le droit à l image est la possibilité offerte à une personne de maîtriser son image et donc d interdire la diffusion de son image, sans son autorisation. Le droit à l image et le respect de la vie privée cèdent devant les nécessités de l information qui n ont pas de définition juridique précise. Bien souvent, les tribunaux ont à trancher et font évoluer la jurisprudence. La nécessité de l information doit respecter deux principes : l image de la personne ne doit pas être dégradante et la personne doit participer à l actualité. De fait, les images d archives utilisées en illustration d un sujet proche sont à publier avec beaucoup de précaution. Car, dans ce cas précis, la personne ne participe pas à l actualité et peut légitimement interdire la publication de son image pour exiger une réparation financière du préjudice si la photo est déjà publiée. Le droit de chacun au respect de la vie privée comprend les locaux constituant l habitat ou l intérieur d un véhicule. De plus, l ensemble de nos contenus sur papier est accessible sur internet, sous une forme gratuite ou payante. Les photos ont donc une durée de vie quasi illimitée et régulièrement des personnes nous demandent de retirer des images au nom du droit à l oubli ou du respect de la vie privée. Chaque demande sera examinée au cas par cas par la rédaction en chef. En revanche, il est de la responsabilité du rédacteur ou du photographe d avertir la personne que cette image sera aussi visible sur notre site internet et pas seulement dans nos éditions sur papier. QUAND FAUT-IL DONNER LES IDENTITES DES PERSONNES CONCERNEES? Les crimes Victimes : on donne les identités des victimes majeures, sauf s il s agit d un crime sexuel (aucune identité sauf accord écrit de la victime ou de ses ayant-droits). 7

9 Auteurs : on donne les identités des auteurs présumés dès la garde à vue et à condition de recouper nos sources. Il est important d assurer le suivi de la garde à vue, notamment en cas de mise en liberté et de rechercher le point de vue de l avocat du mis en cause. Même chose après la mise en examen, en cas de non-lieu. Sinon, on précise qu on n a pas eu l identité et on dit pourquoi. Exception : en cas de crime sexuel, on ne donne le nom des agresseurs qu à partir de la mise en examen, et non plus de la garde à vue. Pas de nom de victime sauf accord (voir victimes d atteintes sexuelles). Dans les papiers d annonce du rôle de la cour d assises ou dans les comptes rendus, il faut respecter les principes généraux de la présomption d innocence, tant que la condamnation n est pas définitive. Les délits Les principales infractions que les journalistes et les correspondants ont à traiter, tant au niveau du fait divers que de l audience correctionnelle, sont évoquées ci-dessous limitativement. Ces délits font l objet d un traitement spécifique. En dehors de ces cas, le délit sera considéré comme étant «de droit commun», et soumis à un traitement unique. Les accidents de la route Victimes : on donne les noms des victimes, sinon préciser qu on ne les a pas. Si l accident peut caractériser une infraction pénale, on ne donne pas les noms des victimes mineures, sauf accord des représentants légaux ou des autorités administratives ou judiciaires. Auteurs : on ne donne l identité de l auteur que si l accident a entraîné un décès ou en cas de circonstances aggravantes : délit de fuite, vitesse excessive, alcoolémie importante Mais il faut rédiger en évoquant les circonstances, sans donner les responsabilités, c est-à-dire en respectant la présomption d innocence. Les accidents du travail Victimes : on donne le nom de la victime si on l a. En cas de blessure grave ou décès : on donne le nom de l entreprise où se sont déroulés les faits et on enquête de façon contradictoire sur les circonstances. Toujours préciser si l entreprise, contactée, ne veut pas répondre. En cas de mise en examen, on donne les identités de l employeur et/ou, du salarié responsable, puisqu il s agira d une infraction commise dans le cadre de sa fonction. Les affaires de mœurs Victimes : voir chapitre sur les interdictions légales de publier. On ne donne pas le nom de l auteur s il permet l identification des victimes, mineures ou majeures, quelle que soit l atteinte sexuelle. Donc pas de nom pour le parent incestueux, sauf autorisation écrite de la victime majeure. On donne le nom de l auteur dès la mise en examen, et sa fonction uniquement si celle-ci est liée à l infraction et si elle ne permet pas l identification de la victime. 8

10 Les affaires de stupéfiants Consommation : on applique le droit commun et le quantum (voir plus loin). - Trafic : quelle que soit la nature du stupéfiant, le journaliste se réserve l appréciation de l importance du trafic (qui varie selon la zone géographique où il exerce). Il donne les noms si le trafic est important, et pas avant la mise en examen. Les affaires mettant en cause des personnes exposées de par leur fonction au niveau local - Faits commis à l occasion de la fonction ou du mandat (notion pouvant être entendue au sens large) : On donne le nom dès l interpellation avec respect absolu de la présomption d innocence. Même chose en cas de simple audition en qualité de témoin, a fortiori en qualité de témoin assisté. Une vigilance particulière doit être exercée sur le suivi de la relaxe ou du non-lieu. Il faut toujours contacter la personne et signaler qu elle ne veut pas répondre le cas échéant. - Faits n ayant aucun lien avec la fonction ou le mandat : même traitement qu une personne non connue. Exemple : on donnera le nom d un boucher s il trafique de la viande avariée. On ne donnera pas son nom s il consomme du haschisch. On donnera son nom s il renverse mortellement un piéton sur la route. Affaires médicales Victimes : si l affaire est caractérisée par une infraction pénale, on ne donne aucun nom de victime mineure, sauf autorisation expresse de son représentant légal. On donne le nom de l hôpital ou de la clinique et du praticien dans le respect absolu du contradictoire, et une grande prudence sur la relation des circonstances et des responsabilités en raison de l aléa thérapeutique. Les délits de droit commun Dans tous les cas de droit commun, qui ne sont donc pas évoqués limitativement ci-dessus, (ces derniers recouvrant la grande majorité des affaires que nous avons à traiter), on ne citera pas les personnes condamnées à moins de six mois de prison ferme et 18 mois avec sursis. Exemple : pour un trafic de stupéfiants, un délit de contrefaçons, des coups et blessures volontaires, des vols On citera les noms si la personne est condamnée à 6 mois de prison ferme, ou à 18 mois de prison dont 3 mois ferme, ou à 2 ans avec sursis. On ne la citera pas si elle est condamnée à un an avec sursis. Cette règle ne s applique pas aux personnalités connues et publiques. En cas de doute, l arbitrage de la rédaction en chef sera sollicité. LA DIFFAMATION Le journal veille à ne pas diffamer. L'absence de diffamation se caractérise par: - La légitimité du but poursuivi : le journaliste ou le correspondant veille à ce que les faits soient toujours traités dans un souci d intérêt général, fondé sur le droit à l information du public. 9

11 - L absence d animosité personnelle : on veillera à ne pas publier d'articles à caractère délibérément polémique à l égard des personnes, inspirés par des sentiments personnels. Dans sa relation des faits, le journaliste doit être neutre et objectif. - La mesure dans l expression : Le Progrès veille à ce que les articles ne contiennent pas d expressions outrancières, et s'attache à utiliser un vocabulaire adapté aux faits relatés (attention aux expressions telles "martyr", "tyran", "tortionnaire"...). - La fiabilité de l enquête : la recherche de l information est fondée sur le principe du contradictoire. A cet effet, un contact est recherché activement avec les principales parties concernées par une affaire où des thèses différentes s'opposent, dans le souci de recueillir leur point de vue et de traiter l information de manière équitable. Lorsqu une personne concernée se refuse à toute déclaration, le lecteur en est expressément informé. De manière générale, nous disposons d'une grande liberté sur les grands thèmes d'intérêts généraux (finances publiques, protection de l'environnement, etc.), sous réserve d'avoir effectué une enquête sérieuse. L ECRITURE Sites internet et chaînes d'infos ont habitué nos lecteurs à une lecture sur écran, au télescopage de l'information. L'habitude de la lecture linéaire se perd, du moins pour l'information. Le lecteur a besoin d'être guidé, que les informations importantes lui sautent aux yeux. D'où le découpage de l'information en plusieurs entrées, la multiplication des titrailles, des modes de traitement de l'information, l'alternance des genres. L orthographe Les fautes d orthographe : c est le premier reproche que formulent les lecteurs du Progrès à leur journal. Contrairement à ceux d autres régions imprégnés de langues plus orales (Nord, Sud-Ouest), les lecteurs de notre zone de diffusion sont très attachés au respect des règles. Deux impératifs : le passage du correcteur d orthographe intégré à l Ecritoire ET la relecture. Malgré ses failles, le correcteur élimine l essentiel des erreurs. Aux yeux humains, quatre si possible, de repérer le reste notamment les fautes d accord et de syntaxe. Il appartient au rédacteur de livrer une copie propre. L orthographe des noms propres est particulièrement importante : nous sommes dans la proximité. Pour les sigles, un seul critère : tous les lecteurs vont-ils comprendre? La CGT, ce n est pas pareil que l Anvar et la CNR est soit la Compagnie nationale du Rhône ou la Caisse nationale des retraites. La titraille Elle est proposée par le rédacteur et harmonisée dans l ensemble cohérent de la page par le secrétaire de rédaction. 1. Le titre Le lecteur entre dans le sujet par le titre. Le titre est à la fois incitatif, informatif et actif donc le plus souvent écrit comme une phrase avec un sujet, un verbe et un complément. Il doit être incitatif et 10

12 susciter sans nuire à sa qualité première : donner une information précise. Il privilégie une action au détriment d'un concept pour faire vivre le sujet traité. Exemple: Hollande défie son ex compagne. Seule exception au titre actif: les faits divers. On n'a plus le droit de titrer: "il tire sur sa voisine". Cela peut être considéré comme une atteinte à la présomption d'innocence. C'est donc: Une femme visée par balles, son voisin arrêté (ou soupçonné). Il doit se référer à la photo qu'il chapeaute si elle a une forte valeur informative. Le jeu de mots, restrictif et segmentant, est à proscrire s il nuit à la compréhension de l information. - Le titre d'un sous papier : court et sans répétition avec le titre principal. - Le titre d'une interview est une citation qui doit permettre de comprendre le sujet. Le nom, le prénom, la petite photo se situent dans une autre partie de la forme. - Le titre d'un reportage ou d'un portrait favorise une situation concrète, ou un personnage. Exemples : Plongée dans les nuits stéphanoises, Philippe Meunier, ce député UMP qui dit non à Fillon. 2. Le chapeau En trois phrases maximum, le chapeau complète le titre. Il n est donc pas redondant du titre dans le fond et dans le vocabulaire, en s interdisant les répétitions. Le lecteur pressé doit avoir la réponse aux questions essentielles en lisant seulement le titre et le chapeau. 3. La localisation Dans un quotidien local, le balisage est d abord géographique. La localisation de l information est obligatoire, en utilisant la balise spécifique dans le chapeau. Le texte L attaque. En cinq lignes maximum, le lecteur doit être capturé. L attaque doit surtout répondre aux questions essentielles (les 5 W : Who? What? When? Where? Why?). Bannissons les généralités, les incises, les parenthèses, les sigles, les longues citations (mais pas les courtes au contraire!), les termes abstraits. Des phrases de 12 mots en moyenne. Plus une phrase est courte, plus elle est simple à comprendre et plus elle entre dans la mémoire instantanée du lecteur. Sujet, verbe, complément La trilogie gagnante. Le sujet répond à la question qui, le verbe à la question quoi, les compléments circonstanciés (ou d objet) où comment pourquoi, quand? Il faudrait plutôt parler comme à l école de «groupe sujet, groupe verbal, groupe complément» car les adjectifs sont indispensables. La phrase de 12 mots est une valeur sûre. Un lecteur du niveau certificat d études préfère huit mots, un lecteur du niveau bac+2 16 mots, selon les linguistes. Il s agit en réalité d une moyenne car la lisibilité procède avant tout d un équilibre. Les rythmes de la lecture est également important et requiert des ruptures et des accélérations. - Trop de phrases très courtes rendent le débit répétitif et vite usant. - Une phrase longue peut être lisible si elle est grammaticalement simple et équilibrée : une énumération par exemple se place en début. - Alterner les phrases brèves et les périodes d explication plus longues aide à replacer l information dans le contexte. 11

13 Des paragraphes toutes les 12 lignes à 18 lignes. Au-delà, le lecteur doit fournir un effort de décryptage. En deçà, l article perd sa densité et donne l impression qu on a tiré à la ligne. Un texte aéré est un gage de lisibilité. Dans Méthode, le ctrl J qui chasse les blancs est à utiliser avec modération. Les mots. Court, juste, concret, connu : voilà le mot idéal. Les sujets doivent être incarnés, avec des mots qui vivent, qui désignent immédiatement un son, une couleur, une forme, un mouvement. Le bon mot, c est celui qui permet au lecteur de formuler une représentation mentale immédiate. Le vocabulaire correspond à son époque. Sans tomber dans les effets de mode, mais un mot neuf est toujours plus efficace que son homologue ancien, même si ce dernier produit plus d effet. Un mot de plus de quatre syllabes dans une phrase ralentit la lecture, deux la rendent pénible, trois épuisante. Souci vaut mieux que préoccupation, tous les jours que quotidiennement Les verbes faibles atténuent la force du texte : avoir ne doit rester qu un auxiliaire, faire veut tout dire et rien dire donc on peut toujours le remplacer, être s use si l on s en sert trop. - La chasse aux répétitions fait partie des demandes des lecteurs. C est propre à la langue française. Utiliser des mots simples ne signifie pas langage parlé, encore moins expression orale dans l écrit. L éradication des répétitions ne doit pas conduire à utiliser des synonymes, pas toujours compris par le lecteur. Exemple : pour éviter de répéter gendarme, nous écrivons militaire. Cela perturbe le lecteur car pour lui un militaire, c est le casque lourd, la tenue de camouflage, les rangers, pas le képi et le pull-over bleu marine. Et qui appelle un chasseur un Nemrod? - Les mots lourds à bannir Pourquoi écrire acquisition alors qu on dit achat, pourquoi écrire habitation au lieu de logement? Le trop plein d adverbes alourdit aussi la lecture. Les cinq fautes les plus courantes dans un article : - Suite à n existe pas. A la suite de, après. - Voire même est un pléonasme. C est voire ou même. - Par contre s écrit en revanche. - Baser sur n est pas français. C est fonder sur. - «Nous on est contents»... Soit on prend nous, soit on choisit on. Les cinq astuces - Pour commencer un article : le lieu, l heure en télégraphique. Exemple Bourg-en-Bresse, 20 heures Une détonation retentit dans le café du Centre. - Pour raconter : le présent, temps du vécu, de l action et les verbes actifs. - Pour les distances, les volumes, les sommes d argent : la comparaison. Le loyer de DSK, c est 35 smic par mois. - Le texte découpé : il permet de rédiger plus vite, d aller à l essentiel. - La chute de l article sur une citation. 12

14 La chute : c est une réponse à une question. Et maintenant. Quelle conséquence? Un seul angle, un seul genre journalistique par texte. Ne pas mélanger les faits et le commentaire, le portrait et l interview. Certains genres sont contemporains : - L article découpé en séquences, comme un point par point. Il s adapte à l article d information mais aussi au portrait (exemple : ses débuts, son ascension, son avenir) ou au reportage (heure par heure, lieu par lieu). - Le pour - contre : dans ce monde interactif, le lecteur aime comparer son opinion. Il est curieux d avoir des opinions contradictoires pour y confronter la sienne. - Le question - réponse : le journaliste ou le correspondant décortique un dossier complexe en posant les questions et en donnant des réponses précises ou des hypothèses ou des clés pour comprendre. Une variante possible le vrai/faux. - Le story telling : une généralité à partir d un cas. Par exemple, pour décrire les urgences saturées d un hôpital, l article débute par le témoignage d une patiente, dont nous donnons le nom, qui attend depuis plusieurs heures d être soignée. Le présent, le passé composé pour désigner une action terminée et le futur de l indicatif (à proscrire des récits qui se situent au passé) sont les temps les plus usuels de l écriture. L'imparfait du subjonctif n'est plus enseigné, le passé simple et l imparfait disparaissent de l'usage courant. Les informations pratiques (adresse, numéros de téléphone, heures d ouverture, sites internet, etc.) doivent être isolées en fin de texte, en utilisant une balise spécifique. Cette démarche facilite la lecture du sujet principal, plus aéré. Attentif au repérage, le lecteur appréciera de retrouver les informations utiles, toujours à la même place. La légende photo Toutes les photos sont légendées. En deux lignes au maximum, la légende doit faire le lien entre la photo et l article. Elle cite nominativement les personnes présentes (de gauche à droite), si elles sont peu nombreuses, et leur lien avec l information objet du texte. Enfin, la légende précise le lieu de la prise de vue. Si la photo est dite d illustration, c est-à-dire qu elle n est pas d actualité, la légende reprend alors une information forte de l article. Une attention particulière est apportée à la légende qui est, après le titre, le deuxième point d entrée dans le sujet. La photographie est signée du prénom et du nom de son auteur et de la mention de son agence, s il ne s agit pas d une photographie du Progrès. REDIGER UNE INTERVIEW L interview nous permet d interroger (et non d être une chambre d enregistrement) une personne : - sur un sujet donné et à un moment donné (en fonction d une actualité à venir, présente ou passée) 13

15 - afin d obtenir des informations, des explications ou des opinions (en fonction du thème de l interview) - qui soient suffisamment intéressantes ou éclairantes (c est-à-dire qui apportent une information aux lecteurs) - sur la personne interviewée (qui participe à une actualité) - afin d obtenir des informations, des confidences qui permettent de découvrir sa personnalité - pour être publiées (à l intention du plus grand nombre et non d un cercle restreint) La pertinence - L interview porte une parole et un point de vue. Ce genre journalistique ne correspond donc pas au traitement d une information neutre et sans opinion. - La personnalité qui sollicite une entrevue doit s engager à nous révéler une information nouvelle. A défaut, nous pouvons refuser l entretien. - L interview n est pas un verbatim exhaustif de toutes les questions posées mais une sélection qui s appuie sur les réponses les plus pertinentes. - Si la personnalité interrogée le demande, elle peut relire le texte. Si les corrections souhaitées dénaturent l entretien, l article est soumis à la rédaction en chef qui, après consultation de l auteur, se réserve la possibilité de ne pas le publier. - Si le sujet le justifie, l interview peut être accompagnée d un article d analyse ou d un commentaire. - Les interviews croisées sont possibles : il est indispensable de rappeler le nom de chaque personne à toutes les réponses. L illustration - L interview est illustrée par la photo (ou des photos) de la personne interrogée. A bannir : les photos de groupe où la personne interrogée n est pas seule et les photos d illustration si nous ne possédons pas la photo de l interviewé. - Pour les interviews de fond, les photos doivent, dans la mesure du possible, être prises au cours de l entrevue et traduire des expressions, des attitudes ou des traits de personnalité du sujet. - Une interview non illustrée doit rester une exception dictée par des difficultés techniques forcément ponctuelles. Cette exception est exclue pour les interviews de fond. - Lorsqu une personne interrogée refuse la publication de son image par besoin d anonymat. Soit l interview devient un témoignage qui peut être illustré par une photo de la thématique abordée. Soit on tente d obtenir un document «anonyme» (contre-jour, photo posée de dos avec l interlocuteur de face, etc.). 14

16 - Toutes les illustrations sont légendées en lien avec les propos tenus (rappel d une citation ou d un élément du texte qui justifie cette publication). - La légende photo ne se justifie pas si le sujet est illustré par la seule photo de l interviewé, dans le cas d interviews courtes (du type Trois questions à ). Le texte - Le titre est une citation accrocheuse, à forte valeur informative. La titraille (titre, sous-titre, rubrique) rappelle l identité de la personne interrogée, sa qualité et le fait qui motive cet entretien. - Selon la forme graphique utilisée, le début du texte ou la légende présente la personne interrogée (nom, qualités) et contextualise le sujet. (Pourquoi cet entretien est publié?). A proscrire : les questions du type : «M. X, présentez-vous». - Le vouvoiement est de rigueur, sauf pour les enfants. - Dans le cas d une interview de fond (longue), le texte est ponctué de plusieurs «relances» reprenant les citations essentielles de l interview. - Dans certains cas, une interview-portrait plus intimiste ou une interview-témoignage, on peut utiliser une présentation «verbatim» de l interview où les questions sont remplacées par une «relancecitation». C est la personne qui se raconte. Le micro-trottoir Pour chaque personne interrogée, sont indispensables : - L identité complète : prénom, nom, âge, profession et lieu de résidence - La photo de la personne interrogée - Sa réponse concise à la question posée L interview des enfants sous forme de micro-trottoir est à éviter, pour des raisons d autorisation parentale et de pertinence des réponses. Le micro-trottoir n est pas un sujet à part entière, mais un éclairage complémentaire intégré dans un sujet qui comprend au moins un article factuel. La rubrique «Votre avis» est d autant plus pertinente que le sujet est local. 15

17 LES TRAITEMENTS SPECIFIQUES LES FAITS DIVERS Parce qu il révèle, sort de l ordinaire, parle du plus profond de nos vies, le fait divers est un centre d intérêt prioritaire du lecteur. Le fait divers est d abord une histoire qui se raconte, qui dure. Sa rédaction fait appel aux règles professionnelles de base et également au respect de lois, à la protection de sources, à une certaine prudence dans l exposé des faits notamment des causes. Le correspondant joue d abord un rôle essentiel d alerte de la rédaction. En accord avec elle, il est souvent invité à récupérer des informations, à prendre des photos, et à rédiger, notamment pour relater les faits les plus fréquents, comme les accidents ou les incendies. La check-list lorsqu on part sur un fait divers 1. Les faits L événement, son lieu, son heure, les identités, les mobiles. S assurer que l on possède les 5W avec le maximum de précision dans l orthographe des noms propres. Si on n est pas à J+1, on donne le jour exact et non l autre jour, avant-hier. 2. Les témoignages Ils sont indispensables et font partie de la couverture d un fait divers à partir du moment où celui-ci prend une certaine dimension. 3. L enquête Soit on a des éléments et il faut les expliciter en donnant ses sources, le plus possible. Soit on peut avancer des hypothèses en donnant pour chaque hypothèse des arguments. 4. Les victimes et les auteurs Précision sur les identités, éléments sur la personnalité. Dans la limite de ce que nous permet la loi, la recherche des identités est une de nos préoccupations premières. Si elle ne nous a pas été révélée, nous devons l écrire (voir le chapitre : quand faut-il donner les identités des personnes concernées?). 5. Le contexte Il faut décrire l environnement social et ne pas oublier qu un fait-divers amène souvent un fait de société. N hésitez pas à solliciter des experts (il n en manque pas dans la région) pour dépasser l émotion et élargir la réflexion. 6. D éventuelles polémiques Bien veiller à donner les points de vue opposés. Et ne pas se contenter d un point de vue institutionnel, fut-il celui d une «source autorisée» comme un procureur, un préfet ou un magistrat. Le mis en cause ou son avocat ont droit à la parole. 16

18 7. Les secours Ce sont nos informateurs, des sources d informations, et des témoins privilégiés. Il faut les laisser parler, citer leurs propos entre guillemets pour rendre le récit plus vivant. Et éviter autant que possible la publication d une liste froide des secours présents sur place («le capitaine Dupont et ses hommes, accompagnés du sous-lieutenant Durand»). 8. Les précédents Nos lecteurs ont de la mémoire. Il faut donc leur restituer des faits similaires qui ont eu lieu au même endroit voire ailleurs par le passé, ce qui alimente aussi nos articles. 9. L information service Elle est utile lors des accidents (les routes coupées, les limitations de vitesse), les fuites de gaz, les événements climatiques, les catastrophes. Elle se traite en hors texte ou, si peu d informations sont à donner, en note à la fin du texte. 10. L infographie Utile pour situer des faits, pour détailler des circonstances compliquées : un accident, un périple, une zone à risques. La check list lorsqu on rédige le Fait divers 1. Le rappel des faits A J+1, le lecteur doit avoir la réponse à 4 des 5W dès le deuxième paragraphe. Le pourquoi peut venir plus tard, sans trop tarder quand même surtout si le fait divers est déjà apparu dans d autres médias. - Le contexte ne doit jamais prendre le dessus sur les faits. - De même, le lecteur n en sait pas autant que vous, donc il faut parfois détailler ce qui parait évident, répéter et bannir les formules trop judiciaires. 2. Les citations Elles rendent vivant un récit encore plus quand il s agit de fait divers. Elles peuvent même apporter une phrase d accroche percutante. Donc elles sont quasi obligatoires dans un papier de 2500 signes. Quand un procureur prend la parole en conférence de presse, on cite ses propos fidèlement. Il est bon aussi de citer des témoins en les nommant avec précision, s ils sont majeurs. 3. Le respect de la présomption d innocence Il s agit d un principe fondamental à valeur constitutionnelle. - Le correspondant doit s abstenir de présenter une personne comme étant coupable ou susceptible d être coupable d une infraction avant toute condamnation définitive (c est-à-dire, tous recours ou délais épuisés). - Les comptes rendus d audience doivent également respecter la présomption d innocence, notamment dans les titres et les chapeaux, mais ce qui se dit à l audience, tels les vaux, peut être librement rapporté dans le cadre de l immunité dont nous disposons pour les comptes rendus judiciaires fidèles et de bonne foi. 17

19 - Il faut préférer les formules «est soupçonné, accusé, suspecté de», «est mis en examen pour», «on lui reproche». Utiliser le conditionnel dans la narration des faits et après vérification des infos ; «il aurait». Au pire, utiliser «le meurtrier présumé». Eviter dans la mesure du possible, les mots tendant à accréditer la culpabilité : butin, réseau, trafic Le fait de ne pas donner d identités ne dispense pas du respect de ces principes. A l inverse, le choix de citer les noms responsabilise l auteur de l article. Par ailleurs, le fait de citer le nom d une personne impliquée dans une enquête ou une procédure judiciaire doit astreindre le journaliste ou le correspondant à un suivi rigoureux des différentes étapes de l affaire et à évoquer, dans les mêmes proportions, le non-lieu éventuel, la relaxe ou l acquittement. Dans tous les cas où le nom doit être donné, mais que le correspondant n a pu l obtenir, il convient de le préciser. 4. Le respect du contradictoire Même si souvent les Parquets, la police ou la gendarmerie sont nos sources principales, nous pouvons solliciter un avocat, un proche de la victime. En cas de polémique, il est obligatoire d appeler les différentes parties quelle que soit la réponse. Le droit de suite Les exigences du lecteur habitué à une info permanente en temps réel ont évolué surtout s il s agit d un lecteur occasionnel. Ce n est plus forcément le fait qui anime l info mais le buzz qu il y a autour dans les autres médias, les sites, les réseaux web. En prenant en compte ces deux éléments, un fait divers qui a tenu en haleine nos lecteurs demande des suites dans les jours qui suivent et à date ponctuelle. Où en est la victime, où en sont ses proches? Quelles pistes ont été ou vont être explorées? Quelles techniques sont employées? Comment gère-t-on les rumeurs? A nous de trouver les bonnes infos pour nourrir des articles en apportant des éclairages différents, à défaut d informations dures. Et n oublions pas qu une enquête qui stagne, c est une info que nous devons à nos lecteurs. 18

20 LE CONSEIL MUNICIPAL La commune - comme parfois la communauté de communes - est l échelon de proximité pour nos lecteurs. Les décisions prises par son instance délibérante, le conseil municipal (ou le conseil communautaire), ont des conséquences fortes sur leur vie quotidienne. Nos lecteurs sont naturellement en attente d informations sur les décisions municipales : le compte rendu du conseil est parmi les sujets les plus lus de la locale. Il est donc indispensable que la rédaction accorde de l importance à son traitement. Parfois, la forme prend le pas sur le fond. L intérêt d une délibération n est pas toujours proportionnel à la vigueur du débat au sein du conseil municipal. Audelà des points de vue politiques que nous devons rapporter et mettre en perspective, nos lecteurs attendent aussi de nous une information concrète et utile sur les réalisations des collectivités et la gestion de l argent des contribuables. L annonce Public, le conseil municipal est un événement de la vie de la cité que nous devons annoncer. Dès que cette information est connue (généralement, lors de l envoi de la convocation aux élus) et il doit être rappelé une semaine avant sa tenue, le jour de sa tenue, au moins dans le bloc-notes et par un article si un sujet le mérite. Cette annonce est un sujet à part entière, et non une obligation administrative : nous ne devons donc pas publier d ordre du jour in extenso et chasser du texte le vocabulaire technique et les aspects qui tiennent à la procédure de cette réunion (désignation d un secrétaire de séance, questions diverses). S il est nécessaire de se rapprocher des services de la mairie pour obtenir des informations pour rédiger un article d annonce, la parole ne doit pas être exclusivement portée par le maire ou sa majorité. Au nom du débat contradictoire, nous devons aussi interroger l opposition (voire des groupes actifs sur un sujet) lorsque nous pressentons qu une délibération sera source de débats. Le compte rendu : Comme tout sujet attendu par nos lecteurs, le compte rendu du conseil municipal est un produit frais! Et ce n est pas parce le public a boudé la séance (ce qui est très souvent le cas) que nous devons différer la parution. Dans la mesure du possible, les comptes-rendus des conseils municipaux seront publiés à J+1. Si une parution à J+2 ou 3 est la seule possible, il faudra en profiter pour enrichir le contenu de photos, de compléments d information, voire de réactions sur le sujet fort. Dans les communes non couvertes par des journalistes, nous encouragerons nos correspondants locaux à couvrir les séances. Ils y rencontreront les fonctionnaires territoriaux, les élus de toutes tendances, souvent très investis dans la vie sociale ou associative. Ces échanges sont utiles pour dénicher des informations nouvelles et proposer une locale diversifiée. 19

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