LA PREHISTOIRE LEÇON 1

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "LA PREHISTOIRE LEÇON 1"

Transcription

1 LA PREHISTOIRE LEÇON 1 Quelques repères chronologiques Précambrien : il y a : 5 milliards d années environ : formation de la Terre 3,4 milliards d années environ : apparition de la vie (algues, bactéries) Ère primaire : il y a : 500 millions d années environ : premiers invertébrés, premiers végétaux terrestres (fougères) Ère secondaire : il y a : 200 millions d années environ : premiers reptiles (dinosaures) 70 millions d années environ : premiers oiseaux, premiers mammifères Ère tertiaire : il y a : 60 millions d années environ : premiers arbres 10 millions d années environ : premiers humanoïdes (en Afrique) Ère quaternaire : il y a : de 6 à 2,8 millions d années environ : premiers hominidés (station debout, c est l Homo erectus ; c est l Australopithèque découvert en 1924 en Afrique du Sud, le fossile dit Lucy découvert en Ethiopie en 1974 et Toumaï découvert au Tchad en 2001 ) 1 million d années environ : premiers hommes en France (une centaine de groupes ; environ 1 millier d individus). Homo erectus perfectionne ses techniques de chasse, invente le biface (silex taillé), crée un début de langage articulé ans environ : l homme domestique le feu ; par vagues successives, d autres homo erectus arrivent d Asie ; la population atteint vraisemblablement individus ans environ : l homme de Neandertal (du nom d une vallée allemande où son squelette a été découvert). Venu de Chine, il se répand en Asie puis en Europe. C est un individu robuste et intelligent, au crâne allongé (taille 1,60 m), qui vit en tribus de 20 à 50 chasseurs ; il enterre ses morts, plaçant dans leur sépulture des vivres, des armes et des outils ans environ : apparition de l homme de Cro-Magnon (du nom d un site de la Dordogne aux Eyzies, où son squelette a été trouvé en 1866). On peut le considérer, après la disparition de l homme de Neandertal, comme l ancêtre de l homme moderne qui, peu à peu, peuplera le monde entier. Le climat s est refroidi : nos montagnes se couvrent de glaciers et les plaines sont le domaine de la toundra. Chassés de Sibérie par la rudesse du climat, les troupeaux de rennes se sont installés en Europe. L homme de Cro-Magnon vit en groupes organisés d un millier de nomades qui suivent les rennes, vivant l été sous des tentes de peau et l hiver dans des grottes bien exposées, après avoir fait d énormes provisions de viande séchée ou fumée. On évalue à individus la population occupant alors notre pays à ans environ : ce fut une longue période de glaciation. L homme de Cro-Magnon invente la sagaie à pointe de silex puis en os ou en ivoire. À l aide de l os, il crée l aiguille à coudre (percée d un chas), le harpon, l hameçon. C est au cours de cette période qu il couvre les parois des grottes de magnifiques peintures rupestres (l apogée de cet art se situe vers ans avant notre ère). Ce sont surtout les animaux qu il est amené à chasser qu il dessine ou grave dans l os ou les bois de renne : bisons, chevaux, vaches, aurochs, mammouths, poissons, etc.

2 ans environ : le climat s est réchauffé ; la forêt de bouleaux, de chênes, de pins remplace la toundra ; si certaines tribus remontent vers la Scandinavie pour suivre les rennes, beaucoup restent dans notre pays et deviennent sédentaires ; la maison de bois, d argile puis de pierre fait son apparition ; invention du filet de pêche (à l aide de fibres de lin), des poteries à base d argile cuite ans environ : apparition des premiers agriculteurs. On évalue la population de notre pays à individus à ans : c est la civilisation du néolithique ou âge de la pierre polie, la fin de celle de la cueillette et de la chasse ; l homme cultive les céréales, sait domestiquer les animaux (d abord chèvre, mouton, chien, puis bœuf, âne, cheval), fabriquer des poteries, polir la pierre pour réaliser armes et outils ; il tisse le lin pour confectionner des vêtements plus légers. Premiers villages, premiers tombeaux mégalithiques (tumulus, cairns, dolmens). La population est évaluée à 5 millions d individus ans : apparition dans notre pays de l âge des métaux (métallurgie connue depuis longtemps en Asie) : âge du bronze d abord, puis âge du fer. De à 500 ans avant notre ère : installation progressive des Celtes dans notre pays, ce sont des hommes grands, blonds, à la peau blanche, les Gaulois. Ils seront 6 millions avant notre ère quand Jules César envahira la Gaule. La Vénus de Brassempouy C est au paléolithique supérieur qu apparaît un des phénomènes les plus importants de l histoire humaine : la naissance de l art ; celui-ci est alors lié à la magie et à la chasse. L un des moyens de se procurer magiquement de l abondance, soit à la cueillette, soit à la chasse, consistait à sculpter de petites statues féminines au corps obèse, symbole de fécondité. Celle qu on a trouvée à Brassempouy, dans le département des Landes (gisement aurignacien) a été sculptée dans l ivoire vers ans avant J.C. (hauteur 3,5 cm). Elle est actuellement conservée au Musée de Saint-Germain-en-Laye. L homme de Tautavel C est dans une grotte du Roussillon, située au flanc d une paroi rocheuse à 100 m au-dessus du lit du Verdouble (rivière descendue des Corbières) que fut découvert, le 22 juillet 1971, le crâne de notre lointain ancêtre, l homme de Tautavel, qui vivait dans ce site il y a environ ans. Les seuls fossiles humains dont on disposait avant 1970 (pour la France) se limitaient à quelques ossements provenant d un petit nombre d individus. On pouvait donc difficilement se faire une idée précise de l apparence et du mode de vie des premiers habitants de l Europe. Henry de Lumley avait choisi, pour ses fouilles, cette grotte de la Caune de l Arago, proche du village de Tautavel, car, depuis le siècle dernier, des archéologues amateurs y ramassaient des ossements et des outils. L homo erectus avait donc utilisé cette grotte par intermittence comme lieu de dépeçage, atelier de fabrication d outils, habitat temporaire. La couche de terre semée de débris atteignait parfois 9 m d épaisseur qu il fallut creuser et tamiser avec d infinies précautions. La récompense de tels efforts fut acquise le 22 juillet 1971 : une portion antérieure de crâne comprenant le frontal complet et la face avec, au maxillaire supérieur, quelques dents encore en place. On détermina que le crâne appartenait à un homme de 20 ans ayant vécu il y a quelque

3 ans. Le Musée de l Homme reconstitua sa tête. La grotte de Lascaux Nous sommes à l été 1940 près de Montignac-sur-Vézère, en Dordogne ; quatre jeunes gens se promènent dans la campagne lorsque leur chien se glisse dans un trou et ne reparaît pas. Intrigués, ils descendent dans les broussailles et découvrent l entrée d une grotte dont les parois sont couvertes de dessins représentant des animaux. Le talent des hommes de Cro-Magnon y apparaît dans toute sa splendeur : parmi cette frise chatoyante de chevaux, de cerfs, de bisons (animaux que traquait l homme pour se nourrir) on relève un énorme taureau de 5,50 m de long, blessé par une flèche ; au fond d un puits de 10 m, on découvre un homme schématique à tête d oiseau, tombé à la renverse devant un bison dont le ventre percé d une sagaie perd ses entrailles. Voici ans, notre ancêtre avait besoin de mettre toutes les chances de son côté dans sa quête du gibier : pour se concilier le sort ; il dessinait des animaux dont il désirait la capture et les criblait de flèches et de sagaies : cérémonie d envoûtement. LA GAULE INDÉPENDANTE LEÇON 2 La Gaule était le pays le plus vaste et le plus prospère de l Europe occidentale. Dans l Antiquité, ce nom avait été donné aux régions enfermées dans des frontières naturelles (qu on expliquera à l aide de la carte) : le Rhin au Nord et à l Est, les Alpes à l Est, les Pyrénées au Sud, l immense côte de l Atlantique et de la Manche à l Ouest. Parmi les premiers habitants connus citons les Celtes, venus par poussées successives du Sud de l Allemagne occidentale ; l histoire de ces peuplades primitives se place au début de l âge du bronze et relève de la préhistoire. L âge des métaux est considéré maintenant comme relevant de la protohistoire (préceltique). Trois masses principales occupaient ce vaste territoire : les Aquitains (l Aquitaine) au Sud-Ouest, les Celtes (la Celtique) au centre et, derniers arrivés, les Belges (la Belgique) au Nord, entre Rhin et Seine (de 300 à 150 av. J.C.). Cette Gaule transalpine était loin de constituer un seul état, bien que ses habitants aient en commun la langue et la civilisation : elle se divisait en une soixantaine d états, indépendants et souvent rivaux, d où des guerres fréquentes. Parmi les principales peuplades fixées en Gaule, on peut retenir les Parisii, dont la capitale Lutèce (ou Lutetia) deviendra plus tard Paris. Les Eduens, entre Loire et Saône (capitale : Bibracte), les Carnutes à l emplacement de la Beauce actuelle, les Bituriges, installés en deux endroits : autour d Avaricum (l actuelle Bourges) et autour de Burdigala (Bordeaux), les Pictons (ou Pictones), autour de Poitiers, les Vénètes dans l actuelle Bretagne, les Arvernes, ancêtres des Auvergnats, les Helvètes (en Suisse), les Séquanes ou Séquanais, dont la capitale était Vesontio, l actuelle Besançon. Chaque état avait ses coutumes, ses lois et souvent même ses dieux. Le pouvoir appartenait à un petit nombre de nobles, qui possédaient la terre ; ce système de clans dirigés par des chefs belliqueux et jaloux les uns des autres était générateur de conflits et de guerres. Le druide jouait un rôle essentiel, son autorité s étendant souvent sur plusieurs tribus ; c était à la

4 fois un prêtre (la religion païenne était basée sur de nombreux dieux liés aux forces de la nature, bienfaisantes ou malfaisantes), un savant, un devin, un médecin, un juge et, parfois, un ambassadeur. Les Gaulois étaient particulièrement superstitieux, le pouvoir du druide était énorme ; lors de l invasion romaine, les druides se sont souvent révélés comme étant l âme de la résistance face à l envahisseur. Les villes étaient rares, jouant souvent le rôle de places fortes ; peu de routes les reliaient ; on ne trouvait en Gaule ni monuments, ni statues. La civilisation gauloise Les Gaulois étaient un peuple de paysans et d artisans ; ils élevaient les chevaux, les porcs, les vaches, les moutons, les chiens et les volailles. Ils cultivaient l orge et le blé, fabriquaient du pain, utilisaient une charrue primitive, l araire, à soc de fer, mais également une machine à moissonner. En avance sur les Romains, ils savaient fertiliser leurs sols par des apports de chaux ou de marne, selon les cas. En revanche, arbres fruitiers et vigne étaient rares. Les Gaulois étaient également d excellents artisans ; ils montraient une grande habileté dans le travail du bois (leurs voitures et leurs navires en témoignent) ; alors que les Romains ne connaissaient que l argile et les peaux de bêtes pour fabriquer les ustensiles permettant de transporter ou de conserver les liquides, les Gaulois avaient inventé les tonneaux en bois. Ils couchaient sur la dure et prenaient leurs repas assis sur de la paille, se nourrissant de lait, de viandes diverses, mais surtout de porc frais ou salé. Il existait une littérature gauloise, dont il n est malheureusement rien resté car elle n était pas écrite ; les bardes écrivaient et récitaient des poèmes dans les festins organisés par les riches Gaulois. La métallurgie gauloise Les Gaulois savaient depuis longtemps récolter et traiter les minerais pour fabriquer et travailler le bronze, le fer, l or et l argent, se révélant d habiles ciseleurs. Les fouilles ont révélé toute une collection d armes et d outils : des chaînes, des haches, des serpes, des scies, des clous, des fibules (agrafes), etc. Les pièces de monnaie datant de cette époque sont souvent en or ; on en a retrouvé portant l effigie du chef arverne Vercingétorix, la marque des Parisii, etc ; souvent le portrait est idéalisé, avec un profil droit et harmonieux, manifestement inspiré des monnaies grecques. La cueillette du gui On possède un récit datant de 23 à 79 après J.C., intitulé Histoire naturelle et dont l auteur, Pline l Ancien, s attache à montrer l importance que revêtait cette cérémonie pour les Gaulois, avant l apparition du christianisme. En voici un extrait : «Rien n est plus sacré pour les druides que le gui et l arbre qui le porte, à condition que ce soit un chêne. Le chêne est l arbre sacré par excellence, l emploi de son feuillage est exigé dans tous les sacrifices. Aussi une touffe de gui vient-elle à surgir sur un chêne, c est un signe qu elle arrive du ciel et que l arbre est un élu d un dieu : le gui du chêne est d ailleurs d une extrême rareté.

5 Quand les druides en ont trouvé, ils le cueillent au cours d une cérémonie très solennelle. Ce doit être le 6 e jour de la lune, qui est le premier de leurs mois ; ils préparent selon les rites, sous l arbre sacré, des sacrifices et un festin ; ils font amener deux taureaux blancs, puis un prêtre, vêtu de blanc, monte sur le chêne et coupe, avec une faucille d or, le gui que l on reçoit sur un drap blanc. On immole alors les victimes, en priant le dieu que le gui porte bonheur.» La première pénétration romaine Marseille, la plus ancienne ville de France, alors appelée Massalia, fut fondée par les Grecs de Phocée quelque 600 ans av. J.C. (d autres villes : Nice, alors Nikaia, Antibes, alors Antipolis, Monaco, alors Monoikos, portent aussi dans leur nom les marques d un lointain passé grec). En 154 av. J.C., les habitants de Massalia, menacés par une autre peuplade gauloise, les Ligures, établis le long de l actuelle Côte d Azur, font appel aux Romains pour leur défense. Ceux-ci répondent à la demande, mais s installent dans la région, l actuelle Provence, créant ce qu on appela la Provincia, qui s étendait de Toulouse au lac Léman, englobant la Savoie, le Dauphiné, la Provence et le Languedoc actuels. Sa capitale était Narbo Martius ou Narbonne. Sous le règne d Auguste, la Provincia deviendra la Narbonnaise (en 118 av. J.C.), puis province sénatoriale en 22 av. J.C. On l appelait également Gallia Bracata, par allusion aux pantalons que portaient les Gaulois : les braies. Les autres Gaules furent alors appelées Gallia Comata (par allusion aux cheveux longs des Gaulois vivant en Celtique et en Belgique). De cette possession romaine, il reste de nombreux vestiges, notamment à Narbonne, à Nîmes, à Arles, à Aix-en-Provence (fondée en 122 av. J.C.), à Orange, à Vienne, à Vaison-la-Romaine, etc. LA GAULE ROMAINE LEÇON 3 La conquête romaine C est une nouvelle fois à la suite d un appel à l aide d un état gaulois, menacé par l invasion des Germains, que les Romains sont amenés à intervenir en Gaule. Jules César, qui était gouverneur de la Gaule cisalpine et de la Narbonnaise (voir leçon n 2), rejeta les Germains au-delà du Rhin (58 av. J.C.). Comme la première fois, les Romains en profitent pour tenter la conquête de la Gaule ; pendant deux ans (57 et 56 av. J.C.), ils croient avoir réussi, mais les Gaulois du Nord et du Nord-est se révoltent ; la riposte de César est alors impitoyable : villages brûlés, habitants massacrés ou vendus comme esclaves. C est en 52 av. J.C. que la révolte gauloise se transforme en véritable guerre de libération, dirigée (en partie seulement) par le jeune chef arverne Vercingétorix (dans ses commentaires, pour se donner le beau rôle auprès de ses concitoyens, César laissera croire que ce dernier était le seul chef gaulois). Soutenu par les autres tribus, Vercingétorix adopte la tactique de la terre brûlée : refus du combat contre les Romains, bourgs et réserves alimentaires détruits. La tentative de César pour s emparer de Gergovie, capitale de Vercingétorix, échoue et son armée doit

6 reprendre le chemin de la Narbonnaise. C est une erreur tactique des Gaulois qui va alors lui permettre de renverser la situation : ces derniers veulent lancer leur cavalerie pour écraser les légions romaines ; c est l échec et celle-ci est décimée. César fait alors demi-tour et parvient à enfermer l armée gauloise dans Alésia, place forte gauloise. Les Romains mettent le siège autour de l oppidum et, pour éviter toute sortie des Gaulois ainsi que l arrivée de leur armée de secours, massée au sud-ouest de la place, ils accomplissent un gigantesque travail (un travail de Romains ) : deux lignes de fortifications parallèles, l une face à l oppidum (longueur : 15 km), l autre face à l extérieur (longueur : 21 km). De place en place, des tours de bois permettent aux Romains de surveiller la place assiégée, constituant de solides points fortifiés (23 au total). Audelà, des troncs d arbres aux branches acérées sont plantés en terre ; dans des trous, ils enfoncent des pieux dont l extrémité supérieure a été taillée en pointe. Cinq camps de cavalerie (C1 à C5 sur le plan) sont installés au-delà du fossé extérieur, donnant ainsi une grande mobilité aux défenseurs face à l armée de secours gauloise qui approchait à marche forcée. Celle-ci se révéla de force insuffisante pour briser l étau qui enserrait Alésia. Quand Vercingétorix eut perdu tout espoir, il décida de se sacrifier pour sauver son armée et ses compagnons de combat ; il se livra à César qui l envoya à Rome où il fut prisonnier pendant 6 ans. C est à l occasion de son retour triomphal à Rome que César fit étrangler Vercingétorix dans sa prison. La chute d Alésia marqua la fin de la guerre et de la résistance à l occupation. Très vite les Gaulois parvinrent à s intégrer dans le monde romain. Les Gallo-Romains profitèrent largement des apports de la civilisation romaine. La Gaule fut organisée en provinces ; les habitants furent tenus au service militaire dans les légions romaines, à payer de lourds impôts, tant en argent qu en nature. À la tête de la province était le gouverneur : c était soit un proconsul, soit un propréteur, désignés par le Sénat romain. Controverse au sujet du site d Alésia On possède plusieurs vestiges d enceintes fortifiées (ou oppidums). Pour Gergovie, on a longtemps pensé au site de Merdogne (renommé Gergovie par Napoléon III) au Sud de Clermont- Ferrand ; certains veulent le situer au Nord (côtes de Clermont, à l Est du col de Purtol). Pour Alésia, on situe la place forte, depuis Napoléon III, à Alise-Sainte-Reine, mais la découverte, en des restes de 23 fortins romains à 16 km d Avallon, amène certains à préférer ce site au précédent. Les thermes gallo-romains L un des principaux apports romains dans le domaine de la civilisation gauloise fut l emploi des thermes : la plupart des villes gallo-romaines, même petites, eurent leurs établissements de bains publics. C était un lieu où chacun, riche ou pauvre, pouvait non seulement se baigner, mais se reposer, s instruire, y discuter, se faire masser et faire des frictions parfumées. Les établissements sont luxueux, possèdent le confort, présentent mosaïques, statues, bas-reliefs, fontaines, fresques. On y trouve une salle des eaux brûlantes (l eau chaude arrive par des canalisations de plomb), une salle des parfums et une salle froide, dont l usage rejoignait celui de nos piscines actuelles. Si le bain était dans l Antiquité plus un délassement qu une recherche de propreté, il faut préciser que le savon (mélange de suif et de cendres) est une invention celtique.

7 Le paysage gaulois se transforme Rome a toujours voulu accueillir et intégrer les peuples conquis ; son emprise sur la Gaule fut génératrice d un progrès important dans le domaine de l agriculture et des échanges commerciaux, donc des transports, grâce au développement d un réseau routier (voies romaines). L agriculture avait atteint chez les Gaulois un développement remarquable : les Romains apportèrent une exploitation plus rationnelle du sol, un accroissement de la productivité et, surtout, des échanges. Il faut dire aussi que bien souvent, ils accaparèrent les terres pour les attribuer à d anciens soldats, à des citoyens romains non assujettis à l impôt foncier. Les terrains sont alors partagés en grands carrés de 710 m de côté, limités par des chemins, des sentiers ou des bornes. À l intérieur de ces carrés, sont délimitées les centuries attribuées aux agriculteurs. Apparaissent également de grands établissements ruraux, les villae (de 50 à 100 hectares) ; chaque villa est une unité de production formée de plusieurs éléments : le domaine agricole, la résidence du maître, les dépendances et les ateliers : menuiserie, forge, meunerie, brasserie, tissage et, dans le sud du pays, installation vinicole. Le Nord de la Gaule cultive surtout les céréales (blé, orge, millet), des plantes textiles (lin et chanvre) ; le Sud se consacre de plus en plus à l olivier et à la vigne. Le réseau routier s étend considérablement : les voies romaines dallées (nombreux vestiges encore visibles) quadrillent le pays, reliant les villes entre elles ; le long des voies, on a érigé des bornes milliaires tous les milles, soit tous les m environ, avec inscription gravée dans la pierre en précisant la distance à laquelle se trouve la borne par rapport au point d origine de l itinéraire. Vestiges gallo-romains Le Pont du Gard : il faisait partie d un aqueduc long de 50 km, alimentant Nîmes ; construction : entre 40 et 60 après J.C., en service jusqu au VI e siècle ; longueur : 273 m, hauteur totale : 49 m ; sur le Gardon et la commune de Vers. Un autre aqueduc, celui de Gier, alimentait la ville de Lyon (longueur : 75 km). Arcs de triomphe : Orange, Cavaillon, Carpentras, St-Rémy-de-Provence, Saintes. Ponts : Vaison-la-Romaine : 1 er siècle après J.C., arche unique de 17,2 m d ouverture. Temples : Nîmes ( Maison carrée ), Vienne Théâtres : Arles, Autun, Fréjus, Lyon, Orange, Vaison-la-Romaine, Vienne Arènes : Arles, Bordeaux, Nîmes, Fréjus Orange, Paris (arènes de Lutèce). LES GRANDES INVASIONS LEÇON 4 Un siècle d invasions On appelait Germanie l immense territoire qui s étendait, au IV e siècle, à l Est du Rhin et au Nord du Danube. Les peuples qui y vivaient formaient plusieurs groupes : les Francs, les Burgondes, les Alamans, les Vandales, les Suèves, les Jutes, les Angles, les Saxons ; venus de

8 Scandinavie, les Goths s étaient divisés en deux groupes : les Ostrogoths établis entre Volga et Dniepr, les Wisigoths entre le Dniepr et le Bas Danube. Les Germains n avaient encore ni littérature, ni art ; par contre, ils étaient habiles dans la fabrication des bijoux. Certains d entre eux (Goths, Vandales, Burgondes) étaient chrétiens mais ariens, ce qui les rendait hérétiques aux yeux des catholiques européens. C est au début du III e siècle que les Germains avaient multiplié les incursions dans l Empire romain : en effet, leur croissance démographique les amena à fuir la famine et à rechercher à l Ouest des terres plus fertiles. Les armées romaines surent longtemps les contenir. Un événement vint précipiter le mouvement : l arrivée des Huns, venus des steppes de Mongolie, cavaliers nomades qui semèrent la terreur sur leur passage. Une véritable panique s empara des peuples européens : c est la ruée en masse des Germains vers l empire romain que l histoire a retenue sous le nom de Grandes invasions. Les Germains se précipitèrent vers l empire romain non pour le détruire, mais pour y trouver, de gré ou de force, un refuge face aux envahisseurs. La poussée fut si forte que les empereurs durent les accueillir, leur accorder le droit de s installer en Gaule (ils conservèrent leurs chefs, leur langue et leurs coutumes). Cette ruée provoqua la disparition de l empire romain d occident. Les invasions durèrent un siècle, de 376 à 476. Ce furent d abord les Wisigoths qui obtinrent le droit de s établir au sud du Danube, dans les Balkans (376). Emmenés par leur roi Alaric, ils envahirent l Italie, pillant la ville de Rome en 410. Ils purent ensuite s établir en Gaule, dans la vallée de la Garonne (418). En 406, de leur côté, Burgondes et Vandales avaient forcé la frontière du Rhin : les premiers s installent en Savoie (443), les Alamans se fixent en Alsace, les Vandales traversent toute la Gaule, puis l Espagne (409) où ils s installent (l Andalousie porte leur nom). Sous la conduite de leur roi Genséric, ils franchirent ensuite le détroit de Gibraltar pour s installer en Algérie et en Tunisie. Au début du V e siècle, les légions romaines avaient abandonné la Bretagne (l Angleterre actuelle) ; ce sont d autres Germains qui les remplacent : les Angles et les Saxons ; une partie des Bretons fuient le pays, cherchant refuge de l autre côté de la Manche, dans la partie de la Gaule appelée Armorique, qui prit alors le nom de Bretagne (ceci entre 450 et 500). Attila, le Fléau de Dieu Les Huns ne se contentèrent pas de pousser vers l ouest les peuples germaniques pour s installer sur leurs territoires ; leur roi Attila lança ses cavaliers en Gaule (450). Né en 395, il avait accédé au pouvoir en 434 et régnait sur un empire immense (l emplacement de la Hongrie et de la Roumanie actuelles), mais disparate. Guerrier habile et courageux, il fut également un adroit politique, s alliant avec l empereur d occident pour arriver à ses fins. Devant ses hordes, les Gallo-romains, terrifiés, s enfuyaient, les villes se vidaient. Lutèce fut gagnée par la panique ; c est alors que se place la légende de sainte Geneviève : elle avait exhorté les Parisiens à ne pas fuir et à résister, leur promettant la protection de Dieu. Pour lui donner raison, Attila évita Lutèce et lança ses troupes sur Orléans. L odyssée des Huns allait finir peu après : en 451, le général romain Aétius rassembla toutes les troupes qu il put trouver, y compris des Wisigoths et refoula les Huns, puis les décima aux Champs catalauniques (à 20 km de Troyes, Campus Mauriacus, à Moirey, commune de Dierry- St-Julien). Les survivants passèrent les Alpes et ravagèrent l Italie du Nord avant de disparaître.

9 Attila mourut deux ans après et son empire se disloqua. L Empire romain d occident disparaît L empereur d occident, dont la capitale était Ravenne (après le pillage de Rome d abord par les Wisigoths, puis à nouveau par les Vandales de Genséric (455)), n avait plus aucune autorité et devait subir troubles, émeutes, assassinats. En 476, un chef germain installé en Italie, Odoacre, détrône l empereur Romulus Augustule et met fin, ainsi, à l Empire romain d occident, l Italie devenant un royaume germanique. La carte de l Europe au V e siècle montre les différents royaumes barbares : Suèves au nord-ouest de la péninsule ibérique, Wisigoths, Burgondes, Alamans, Francs, Saxons, Ostrogoths, Anglo- Saxons, royaume d Odoacre (celui-ci dut capituler en 493 et rejoindre l Empire romain d orient Ŕ capitale Constantinople Ŕ qui dura jusqu en 1433). Quant à Syagrius (430 Ŕ 486), il fut le dernier représentant de la puissance romaine en Gaule. De 464 à 486, il gouverna un royaume situé entre la Seine et la Loire. Clovis le vainquit à Soissons en 486 et s empara des dernières places que les Romains occupaient encore en Gaule (voir leçon n 5). De nouveaux envahisseurs : les Normands Bien que la présente leçon soit centrée sur les Grandes invasions, au cours des IV e et V e siècles, c est-à-dire la ruée des Germains vers la Gaule romaine, nous avons tenu à faire figurer sur ce même tableau la ruée, à la fin du VIII e siècle, d autres Germains venus de Scandinavie (Norvège, Suède et Danemark). On ne peut encore, de nos jours, dire avec certitude ce qui poussa ces hommes du Nord, les Vikings, à lancer des raids dans toute l Europe. Pendant deux siècles, les Normands semèrent la terreur et les ruines, occupant l Irlande, l Écosse, l Angleterre, puis se répandirent jusqu au sud de la Russie, en Islande, au Groenland et même au Canada (expéditions d Erik le Rouge). Montés sur des navires légers, les drakkars (longueur : 25 m environ, largeur : 3 m, une trentaine de rameurs et autant de combattants), les Normands remontèrent le Rhin, l Escaut, la Seine, la Loire, la Charente, la Garonne, pillant villes et villages, ramenant un riche butin. Ils avaient installé des bases solides à l embouchure du Rhin, dans l île de Noirmoutier, au nord de Lutèce. La France souffrit beaucoup de ces terribles expéditions ; de 845 à 885, ils attaquèrent quatre fois Paris, sans succès. En 885, la capitale leur opposa une résistance mémorable, sous la conduite du comte Eudes (qui deviendra roi de France en 888) mais il fallut néanmoins acheter leur départ. C est finalement en 911 que le roi de France Charles le Simple décide de reconnaître officiellement l un des chefs normands Rollon, lui accordant le droit d occuper la région qui porte encore leur nom : la Normandie (traité de St-Clair-sur-Epte). Sédentarisés, les Normands devinrent agriculteurs et se convertirent au christianisme. Quelques tribus, pourtant, ne renoncèrent pas aux expéditions maritimes et à la conquête : ce furent l Angleterre, la Sicile et l Italie méridionale. CLOVIS ET LE ROYAUME FRANC

10 LEÇON 5 Une dynastie : les Mérovingiens Parmi les tribus germaniques qui entreprirent la conquête de l Empire romain d occident, dont celle de la Gaule, les Francs constituaient un ensemble de tribus païennes divisé en deux groupes : les Francs Saliens occupaient la Belgique et le nord de la France actuelle (capitale : Tournai) et les Francs Ripuaires installés sur les deux rives de la vallée inférieure du Rhin, de Cologne à Mayence. La dynastie des Mérovingiens régna d abord sur les Francs Saliens, puis, après les conquêtes de Clovis (roi de 481 à 511) sur l ensemble de la Gaule. Malgré l existence présumée de Mérovée, les Mérovingiens n apparurent vraiment dans l histoire qu avec Chlodion (mort vers 460) qui fut roi de Cambrai et avec Childéric 1 er, qui fut roi de Tournai et père de Clovis. Itinéraire de Clovis Si l on connaît assez mal la vie de Clovis 1 er, on peut néanmoins retracer les grandes étapes de son itinéraire. 465 : naissance de Clovis (ou Chlodovechus, c est-à-dire Louis), fils de Childéric 1 er. 481 : mort de Childéric 1 er ; Clovis devient roi des Francs Saliens de Tournai. 486 : Clovis s attaque au royaume de Syagrius (entre Seine et Loire, voir leçon précédente) qu il bat près de Soissons. 493 : Clovis épouse la princesse burgonde Clotilde, fille du roi Chilpéric. 496 : il s attaque aux Alamans qu il écrase au cours de la bataille de Tolbiac (ville située sur le cours moyen du Rhin : aujourd hui Zülpich). Clovis se convertit à la religion catholique, sous l influence de sa femme, la reine Clotilde. 498 ou 499 : Clovis et guerriers de sa tribu se font baptiser à Reims par l évêque saint Rémi. 500 : Clovis s attaque aux Burgondes. 507 : avec l aide des Burgondes, Clovis bat les Wisigoths à Vouillé (près de Poitiers) et les rejette en Espagne, s emparant ainsi de l Aquitaine. 509 : il soumet les Francs Ripuaires (regroupement de tribus germaniques) après les avoir battus près de Cologne. 511 : mort de Clovis ; son royaume s étend alors du Rhin aux Pyrénées ; il était devenu le maître de toute la Gaule, à l exception de la Gascogne, du royaume burgonde et du littoral méditerranéen. Clovis fut inhumé dans la basilique des Saints Apôtres, à Paris, qu il avait fait bâtir (aujourd hui église Ste-Geneviève) ; plus tard ses restes seront transportés dans la basilique St-Denis. La Gaule en 481 À l avènement de Clovis, mis à part le royaume des Francs, la Gaule était divisée en quatre territoires ayant leurs propres chefs : le royaume de Syagrius, qui s étendait entre la Somme et la Loire ; à sa tête un fonctionnaire romain : Syagrius, qui s était constitué une sorte d état indépendant au sein de l Empire romain

11 d occident. le royaume des Wisigoths : il s étendait de la Loire au sud de l Espagne ; de 484 à 507, leur roi fut Alaric II. le royaume des Burgondes : axé sur les vallées du Rhône et de la Saône, il s étendait du nord au sud, de Langres à Avignon et d ouest en est, entre la vallée de la Loire et le lac Léman. les Alamans : tribus germaniques récemment installées en Gaule, étaient établis en Alsace et dans le sud-ouest de l Allemagne. À cette diversité de peuples s ajoutait la diversité des religions : la population gallo-romaine était catholique et les évêques jouaient un rôle très important dans la vie politique (on verra comment Clovis sut obtenir leur appui Ŕ notamment grâce à sa conversion Ŕ pour parvenir à ses fins : accroître son empire). Les Wisigoths et les Burgondes étaient chrétiens, mais ariens, c est-à-dire ennemis de la hiérarchie catholique ; les Francs et les Alamans étaient païens. Les conquêtes de Clovis À la fois guerriers et cultivateurs, les Francs possédaient une grande supériorité militaire sur leurs ennemis. La violence et la guerre faisaient partie de leur mode de vie. La structure de la société franque relève de l organisation militaire : le roi est le chef suprême ; il est entouré de sa garde formée des compagnons fidèles qui le suivront jusqu à la mort. L armement est d une rare qualité (habiles forgerons, les Francs savaient fabriquer un acier d une résistance et d une souplesse remarquables) ; les chefs portent un casque (rare et cher), une longue épée, une lance, une hache et un bouclier. Les guerriers tirent à l arc, possèdent un couteau et parfois, selon leurs ressources, une courte épée et une hache à deux tranchants, la francisque. Au cours de son règne, déjà, le roi Childéric*, père de Clovis, avait su devenir l allié privilégié des autorités romaines de la Gaule du nord, en luttant contre les Wisigoths aux côtés d Aegidius, chef de l armée romaine. Childéric fut pratiquement un roi franc au service de l empire romain. Clovis, à son tour, utilisa la même politique pour parvenir à conquérir toute la Gaule. Lorsqu il s attaque à Syagrius, successeur d Aegidius à la tête du royaume de Soissons, Clovis sait qu il se concilie les bonnes grâces des évêques du nord de la Gaule, ceux-ci étant mécontents de l attitude du roi romain face aux Wisigoths. La campagne de Clovis face à ces derniers (qu il bat à Vouillé en 507), considérés comme hérétiques puisqu ariens, prend l aspect d une croisade pour la défense du catholicisme. Sa conversion, à la demande de la reine Clotilde, puis son baptême à Reims par l évêque saint Rémi, la construction de la basilique des Saints Apôtres à Paris (dont il avait fait sa capitale) et, enfin, l un de ses derniers actes de roi, la convocation à Orléans d un concile chargé de réorganiser l Église des Gaules, auquel assistèrent près de la moitié des évêques de Gaule, autant de preuves de sa loyauté et de son soutien données à la hiérarchie catholique. Autre preuve de l habileté politique de Clovis pour la conquête de la Gaule : les grands propriétaires laïques n ayant pas été dépouillés de leurs terres, ceux-ci se rallièrent à lui. Les Gallo-romains ne furent pas traités en vaincus, mais en alliés des Francs. Clovis eut successivement trois capitales : Tournai d abord, puis Soissons et enfin Paris. Le baptême de Clovis

12 L histoire a prouvé que la conversion d un roi fut souvent une affaire politique ; celle de Clovis lui ouvrit la Gaule du sud. La cérémonie eut lieu à Reims, dans la ville de l évêque saint Rémi. Décor grandiose pour impressionner les chefs et les guerriers francs. Clovis a revêtu la robe blanche des catéchumènes, il prononce la profession de foi catholique, descend dans la piscine du baptistère où Rémi lui donne l onction. À sa suite, guerriers francs sont baptisés. Clovis était devenu le 1 er roi germanique catholique. La Gaule était un royaume et Paris sa capitale. Hélas, l unité sera brève : selon la loi germanique, à la mort de Clovis, en 511, le royaume fut partagé entre ses quatre fils : Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire. *Ne pas confondre Childéric, père de Clovis, et Chilpéric, roi des Burgondes. CHARLEMAGNE ET L EMPIRE CAROLINGIEN LEÇON 6 La fin d une dynastie La loi germanique selon laquelle le royaume d un roi mort devait être partagé entre ses fils amena la décadence de la Gaule mérovingienne : Clovis laissait quatre fils ; elle fut donc divisée en quatre royaumes ; l unité se rétablit un moment lorsque ses trois frères étant morts, le survivant, Clotaire 1 er, resta seul roi (558 Ŕ 561) ; mais il eut à son tour quatre fils et ce fut à nouveau l éclatement. Si Dagobert fut, après Clovis, un roi remarquable (629 Ŕ 639), après sa mort, le royaume se déchira, la brutalité des mœurs, la perfidie, la cruauté se déchaînèrent. Les rois mérovingiens, pour s attacher leurs chefs de guerre, étaient souvent amenés à leur distribuer des parcelles du domaine royal. Les successeurs de Dagobert perdirent leur autorité au profit des grands propriétaires, leur pouvoir au profit du chef des domestiques du palais royal : le maire du palais. On a donné aux derniers rois mérovingiens le nom de rois fainéants. Vers 720, l un d eux, Charles Martel (le surnom de Martel lui fut donné plus tard, suite à ses succès militaires), se rendit maître de presque toute la Gaule (c est lui qui arrêta à Poitiers en 732 une invasion arabe venue d Espagne). S il n osa pas prendre le titre de roi, son fils Pépin le Bref détrôna le dernier roi mérovingien en 751 et prit sa place. Le pape légitima cette prise de pouvoir. Une nouvelle dynastie venait de naître : celle des Carolingiens, Charles (Martel) se disant Carolus en latin. Tous deux, Charles Martel et Pépin le Bref, défenseurs du catholicisme face aux Arabes et aux païens, durent leur réussite, comme Clovis, à l appui de l Église. Les Carolingiens Le coup d état de Pépin le Bref en 451 fut suivi de deux faits importants qui installèrent solidement la nouvelle dynastie dans une politique d entente avec l Église. Ce fut tout d abord le sacre de Pépin, une fois par le missionnaire anglo-saxon saint Boniface, puis par le pape Étienne II lui-même. Pépin considéra alors qu il était roi par la volonté de Dieu (cette royauté de droit divin durera en France sans interruption pendant plus de mille ans, ne cessant qu avec la Révolution).

13 Deuxième fait : le roi Pépin fit don au pape du duché de Ravenne, c était à l origine des États de l Église. Par ailleurs, saint Boniface fut chargé de réformer le clergé de Gaule, tombé en décadence. Charlemagne Le fils de Pépin le Bref, Charlemagne (qui régnera de 768 à 814), continua la même politique, donnant un essor considérable à la dynastie carolingienne. Sa vie nous est connue grâce aux écrits de son ami le moine Eginhard. Robuste, grand chasseur et grand nageur, simple de goûts, très pieux, Charlemagne n eut pas de capitale fixe, mais un certain nombre de villas en différents points de la Gaule et il se rendait de l une à l autre. Ce ne fut qu à la fin de sa vie qu il résida à Aix-la-Chapelle. Les campagnes de Charlemagne Charlemagne passa une grande partie de sa vie à faire la guerre, disposant d une armée forte et bien organisée. Pour cela, chaque propriétaire foncier devait fournir et équiper une armée constituée de ses propres paysans. Ses expéditions victorieuses furent menées contre les Lombards, contre les musulmans et contre les Germains restés païens. En 771, les Lombards menacèrent à nouveau Rome ; le pape ayant demandé son aide, Charlemagne entra en campagne, battit les Lombards et déposa leur roi Didier, pour se faire couronner ensuite roi des Lombards (774). Contre les musulmans, qui menaçaient toujours le sud du royaume, Charlemagne passa les Pyrénées et constitua un territoire de sécurité qu on appela la Marche d Espagne. C est au cours d une de ces expéditions que son arrière-garde, commandée par Roland, fut exterminée au col de Roncevaux, par des pillards, les montagnards basques (778). Trois siècles plus tard, on s empara de l événement pour l embellir et en faire le premier chef-d œuvre de la littérature française : la Chanson de Roland. Les plus dures des campagnes de Charlemagne, et les plus nombreuses, furent celles qu il mena contre les Saxons, peuple de païens pillards établis au nord-ouest de la Germanie, entre le Rhin et l Elbe. Il fallut vingt expéditions pour en venir à bout, avec des épisodes d une terrible cruauté. Vers 800, le chef saxon Widuking se soumit enfin et les Saxons consentirent à se convertir au catholicisme. Après l annexion de la Bavière, au sud du Danube, c est toute la Germanie qui faisait partie désormais de l empire carolingien. Plus à l est encore, Charlemagne parvint à soumettre à sa loi les Slaves et les Avars, qui étaient un peuple de race jaune, proche des Huns. Dans toutes ces régions conquises, il fit ouvrir des routes, construire des forteresses et des églises, créant tout un réseau de villes ouvertes à la civilisation. L organisation carolingienne Ami de l ordre, autoritaire et consciencieux, Charlemagne aimait à gouverner lui-même, en s appuyant sur quelques conseillers, domestiques autant que ministres. Dans chacun des 200 comtés que comprenait le royaume, l autorité était assurée par un comte tenant lieu à la fois d administrateur, de chef militaire, de juge et de collecteur des impôts ; un évêque, choisi par l empereur, l aidait dans sa tâche. Des envoyés spéciaux, les missi-dominici, contrôlaient le bon fonctionnement de l ensemble

14 des comtés. Pour prendre les décisions importantes, Charlemagne consultait les chefs de l aristocratie puis publiait, sous forme de capitulaires, les règles arrêtées en commun. Une coutume, déjà en usage sous les Mérovingiens, fut officiellement adoptée ; il s agit de celle qu on a appelée la recommandation et qui est à l origine du système féodal. Pendant la période des troubles, les plus faibles parmi les seigneurs avaient pris l habitude de se mettre sous la protection des plus forts ; en échange de l aide apportée aux travaux des champs ou pendant les guerres, le protecteur (le suzerain) offrait l aide de son armée à son vassal. L essor des lettres et des arts Sous le règne des rois fainéants, l ignorance du latin était devenue générale. Charlemagne voulut un clergé cultivé, capable de lire les Saintes Écritures, des fonctionnaires instruits et compétents (tous les textes étaient alors rédigés en latin). On développa donc l instruction : des écoles s ouvrirent près des cathédrales et des monastères. Il y eut à nouveau en Gaule des auteurs capables de créer, dans un latin correct, des poésies religieuses, des récits d histoire, des ouvrages de théologie. Dans le domaine des arts, un effort fut également tenté, sous l influence de l art byzantin : des mosaïques, des fresques apparurent dans de nombreuses églises ; bibles et reliquaires s ornèrent de bas-reliefs, les manuscrits furent enjolivés de splendides miniatures aux riches couleurs. Le couronnement de Charlemagne L Église souhaitait rétablir un empire chrétien d occident, avec, à sa tête, un souverain puissant et pieux. L objectif fut réalisé à Rome le jour de Noël de l année 800, avec le sacre par le pape Léon III de Charlemagne devenu empereur d Occident (le titre avait disparu depuis 476). Le prestige de Charlemagne en sortit grandi : le patriarche de Jérusalem lui envoya les clefs de l église du Saint-Sépulcre ; le calife de Bagdad, Haroun al Raschid, lui fit adresser de riches présents. Le partage de l empire Charlemagne mourut en 814 et fut remplacé par Louis le Pieux. Trente ans après, les trois fils de ce dernier se partagèrent l Empire d Occident (843). Charles le Chauve reçut la partie occidentale de l empire, devenant le premier roi de France. HUGUES CAPET ET LES CAPÉTIENS LEÇON 7 D une dynastie à l autre L avènement de Hugues Capet, le 3 juillet 987, aurait pu être dans l histoire de France comme un événement mineur parmi le passage au trône de France de tant de souverains éphémères et souvent sans pouvoir. En effet, il ne marquait ni la naissance d une nation, ni celle d un État.

15 L arrivée au pouvoir de Hugues Capet allait néanmoins constituer une étape importante dans l histoire de la royauté en France, puisqu elle imposait une nouvelle dynastie, celle des Capétiens, qui régnera sur notre pays pendant 800 ans, jusqu à la Révolution de Peu après la mort de Charles le Chauve (petit-fils de Charlemagne et fils de Louis le Pieux) en 877, les Français choisirent pour roi, non pas un Carolingien, mais le comte Eudes, le vaillant défenseur de Paris contre les Normands et fils du fameux Robert le Fort, qui s était illustré contre ces derniers. À la mort de Eudes, en 898, la couronne revient à nouveau à un Carolingien, Charles III le Simple ; mais celui-ci eut à affronter la toute puissance des Robertiens. Il dut accorder au fils de Eudes, Robert, le titre de duc des Francs, ce qui lui conférait l autorité sur les pays situés entre la Seine et la Loire. Hugues le Grand, son fils, devint, de 923 à 956, le baron le plus puissant du royaume. Dédaignant la couronne pour lui-même, il disposait en fait de la royauté lors de l élection des différents souverains : Louis IV en 936, puis Lothaire en 954. En 986, le fils de Lothaire devint roi sous le nom de Louis V : ce fut le dernier souverain carolingien français. Le 21 mai 987, il était tué lors d un accident de chasse, ne laissant pas d héritier. Lors de l assemblée de Senlis, sur proposition de l évêque de Reims Adalbéron, les grands du royaume offrirent le trône de France au duc des Francs Hugues Capet, fils de Hugues le Grand. Ils avaient préféré donner la couronne à l un d entre eux plutôt qu à un descendant de Charlemagne qui les aurait peut-être dominés. Il faut noter qu à cette époque la couronne de France n était pas encore héréditaire mais élective. Hugues Capet reçut donc l onction royale le 3 juillet 987, à Noyon. La famille des Robertiens assurait donc à nouveau le pouvoir. Sous le nom de Capétiens, elle le conservera jusqu à la Révolution (rappelons que lors de son procès devant la Convention, Louis XVI comparut sous le nom de Capet). Le roi de France face aux seigneurs Quand on parle de France à cette époque, il faut distinguer deux choses : un royaume formé d un ensemble de provinces placées sous l autorité de grands seigneurs appartenant à un ordre, la noblesse (ducs, marquis, comtes, vicomtes, barons, chevaliers) et un domaine royal placé sous l autorité du roi, grand seigneur lui-même. Peu avant l an 1000, le royaume de France était sensiblement le même que celui qui était issu du partage de Verdun en 843. Son territoire équivalait à une soixantaine de nos départements actuels. Au nord, il englobait la Flandre, jusqu à l embouchure de l Escaut ; au sud, il allait jusqu à Barcelone, comprenant donc une grande partie de la Catalogne ; à l est, il était limité par le cours de la Meuse, de la Saône et du Rhône. Le royaume était principalement constitué de deux ensembles qui s opposaient par la culture, par la langue, par les structures sociales et, même, par l origine ethnique des populations : au nord, la Francia était encore très germanique ; les habitants parlaient différents dialectes appartenant à la langue d oïl ; les petits seigneurs étaient nombreux et régis par un système féodal très hiérarchisé. Au sud, les pays de langue d oc, proches du latin et issus de l ancienne civilisation gallo-romaine, avaient mieux résisté à la germanisation ; les fiefs y étaient plus étendus, les seigneurs moins belliqueux. Manquant d unité, la France souffrait d être morcelée en un grand nombre de fiefs et de seigneuries, qui reconnaissaient difficilement l autorité du roi. Nombreux étaient les fiefs, comme les duchés de Normandie et d Aquitaine (dirigés par des ducs), les comtés de Flandre, de

16 Champagne et de Toulouse (dirigés par des comtes) qui étaient plus étendus et plus puissants que le domaine royal lui-même (voir les cartes). En effet, l ancien duché d Île-de-France, dont Hugues Capet était le seigneur, ne correspondait en gros qu à deux de nos départements, s étendant des environs de Compiègne aux confins sud d Orléans ; à l intérieur même de ce domaine, l Église possédait quelques enclaves. De plus, pendant plus d un siècle, les rois capétiens durent affronter et mater leurs propres vassaux, petits seigneurs belliqueux et envieux comme ceux de Coucy, du Puiset, de Montlhéry. Hors domaine royal, le souverain avait une situation encore plus précaire. En principe, le roi était le chef suprême, le suzerain, selon le système féodal, de tous les puissants ducs et comtes qui étaient ses vassaux. En réalité, il avait fort à faire pour asseoir son autorité. Autre faiblesse du régime : la monarchie était toujours élective et non héréditaire : le roi se trouvait donc être l obligé de ses électeurs, prélats et barons, vis-à-vis desquels il devait prendre des engagements et les respecter (ainsi Hugues Capet dut distribuer une partie de son domaine royal pour remercier ses électeurs*). Le roi n apparaissait donc que comme un grand féodal parmi d autres, militairement et financièrement moins puissant qu eux. Paris n était pas encore sa capitale (il faudra attendre Philippe Auguste) : le roi se déplaçait dans son domaine, habitant tour à tour ses différentes villas. Par contre, si exigu que fût son domaine, le souverain avait l avantage d avoir été élu et, surtout, sacré (donc il était l élu de Dieu), ce qui lui apportait l appui de l Église, très important à cette époque. L œuvre d Hugues Capet Le roi mourut le 24 octobre 996. Il laissait une œuvre politique importante, ayant eu le mérite de jeter les bases d une dynastie dont le caractère religieux ne cessa de s affirmer par la suite, ce qui permit d assurer la longévité des Capétiens. Roi féodal, il sut recueillir l héritage des Carolingiens et s imposer face à des seigneurs plus riches et plus puissants que lui. Le duc de Normandie rêvait de franchir la Manche pour conquérir l Angleterre (il le fera quelques années plus tard) ; le duc d Aquitaine et le comte de Toulouse rêvaient de s étendre au-delà des Pyrénées ; le comte de Flandre mena sa propre politique dans les pays d Empire et, plus tard, en Terre sainte. Hugues Capet réussit par ailleurs à dresser les uns contre les autres ( diviser pour régner ) ces féodaux belliqueux. Enfin, malgré des difficultés avec Rome, le roi sut éviter le schisme. Il léguait à son fils, roi sous le nom de Robert II le Pieux (996 Ŕ 1031) une France puissante et une fonction qu il avait su rendre prestigieuse. Une nouvelle menace pour la France Jusqu en 1314, les rois capétiens eurent tous la chance d avoir un fils qui leur succéda (ils les firent élire et sacrer de leur vivant, rendant ainsi, indirectement, la couronne héréditaire). Les Anglais avaient chassé les Danois et s étaient à nouveau donné un roi anglo-saxon. Lorsque l un d eux, Harold, monta sur le trône, en 1066, le duc de Normandie, Guillaume (qu on appela plus tard le Conquérant ) prétendit avoir des droits à la couronne. Il débarqua en Angleterre, battit Harold à la bataille d Hastings et se fit couronner roi. Le roi de France eut alors, face à lui, l un de ses vassaux à la fois duc de Normandie et roi d Angleterre. La menace était grande. Elle ne manqua pas de se concrétiser lors des longs affrontements qui suivirent entre la France et

17 l Angleterre. * Voir l extrait de la charte de 989 sur notre tableau ; on notera, en bas, la date donnée en chiffres romains D CCCC L XXX VIIII AU TEMPS DES CHÂTEAUX FORTS LEÇON 8 Une étrange fascination émane des châteaux forts, qu ils soient encore debout, en ruines ou restaurés. Dressés sur une colline, un escarpement rocheux, au bord de la mer ou dominant une ville, ils évoquent pour nous les vieilles légendes, les contes, les récits ou les chansons : chevaliers, belles dames, pieux paladins hantent leurs vieilles pierres. Un château fort, c est essentiellement un espace entouré d une enceinte, qui sert à la fois d habitation, de refuge et d endroit d où l on peut harceler l assaillant. Paysans (serfs ou vilains), animaux domestiques y trouvent asile parfois lorsque l ennemi est en vue. Le château fort, c est le Moyen-Âge : on en a construit entre 1100 et 1400, en premier lieu pour se protéger des attaques des Normands. Au début, simple butte de terre couronnée d une palissade de bois (la lice), parfois d un mur de pierre entouré d un fossé, le château fort prit peu à peu du volume : l art des fortifications se perfectionna, les murs prirent de la hauteur et de l épaisseur ; le donjon apparut : c était l ultime lieu de refuge lorsque l ennemi était parvenu à franchir les enceintes (on y trouvait un puits, les réserves de toutes sortes, les étages supérieurs servant d habitation). Utilisation du tableau La reconstitution d un château féodal permettra d étudier les différents moyens de défense face aux assaillants, d acquérir un vocabulaire très spécialisé : Le chemin de ronde : les défenseurs y sont protégés lors de leurs déplacements Les tours d angle La tour de guet Les créneaux et les merlons Les mâchicoulis : on pouvait faire tomber sur l assaillant des blocs de pierre, de l huile bouillante Les meurtrières : les archers pouvaient tirer sans s exposer Le donjon Le pont-levis et sa herse Une poterne : porte ouverte dans le rempart et donnant sur le fossé Une courtine : mur reliant deux tours Une barbacane : élément de défense avancé situé en avant du pont-levis et protégé parfois par une palissade de bois (ou lice) Les douves (fossé) Dans la cour du château sont les logis du seigneur, la chapelle, les bâtiments des serviteurs, des hommes d armes, etc. Un dédale de corridors, d escaliers, de chemins de ronde, taillés le plus

18 souvent dans l épaisseur des murs, permettait aux défenseurs de passer rapidement et sans danger d un point de la forteresse à l autre. Par les poternes, la garnison pouvait envoyer des messagers demander du secours auprès d un seigneur voisin ou des espions pour connaître l importance des forces ennemies, des soldats pour prendre les assaillants à revers. Bien souvent, un souterrain partait du château pour déboucher dans la plaine, permettant ainsi de communiquer avec l extérieur ou, solution extrême, d évacuer la forteresse. L attaque du château La partie la plus vulnérable du château fort était l entrée ; on s ingénia à en renforcer l accès grâce à des ouvrages avancés (barbacanes, lices), des châtelets, des chemins étroits exposés aux jets de pierre, de flèches, d huile bouillante, de plomb fondu, etc. Le moyen le plus efficace pour faire tomber le château était le siège (certains pouvaient durer jusqu à deux ans). Les engins de siège : échelles d escalade, catapultes, pierriers (dérivés des catapultes romaines, ils pouvaient lancer des pierres ou des tonneaux remplis de matières incendiaires ; leur portée pouvait atteindre 175 m), béliers, tours mobiles en bois, etc. se révélaient souvent inefficaces tant les murs étaient épais et solides. Il existait un autre moyen d attaque de la forteresse : la sape ; les assiégeants creusaient, sous une partie vitale de la forteresse, un tunnel qu ils étayaient à l aide de poutres : en y mettant ensuite le feu, ils provoquaient l éboulement de l ouvrage. C est l apparition des bouches à feu qui mit fin à l infaillibilité des châteaux forts : des boulets de pierre pesant jusqu à 300 kg, des boulets de fer de gros diamètre parvinrent à avoir raison des remparts ; l ennemi s engouffrait alors dans la brèche, prenant les défenseurs à revers. La féodalité Elle est née de l abandon d une grande partie de son pouvoir par le roi, au profit des seigneurs plus riches que lui. Dans ce système structuré, le seigneur est propriétaire d un bien rural, le fief, qu il concède à un vassal, à charge de redevance et en prêtant foi et hommage. La féodalité est basée sur une hiérarchie : le suzerain apporte sa protection à son ou à ses vassaux, mais ceux-ci peuvent avoir eux-mêmes des vassaux, tout comme le seigneur peut être le vassal d un autre seigneur plus riche et plus puissant. Cette hiérarchie de personnes et de fiefs aboutit, au sommet, au roi, qui, bien qu ayant perdu son autorité directe sur les hommes dans le ressort des grands fiefs, se voit ainsi reconnaître une supériorité féodale. Vilains et serfs sont sujets du seigneur qui perçoit la taille, bénéficie de la corvée et des banalités (servitudes consistant dans l usage obligatoire et payant des objets ou installations appartenant au seigneur, comme le four, le moulin, etc.). Poètes et chanteurs C est en France du Sud (pays de langue d oc, oui se disant oc dans ces régions) que les premiers textes littéraires en français vulgaire ont été écrits à partir du XI e siècle. Leurs auteurs s appelaient : au Sud, des troubadours ( ceux qui trouvent ), au Nord, des trouvères (en langue d oïl). Parmi les troubadours, on peut citer Guillaume, comte de Poitiers, Bernard de Ventadour, Janfré Rudeil ; ils chantent l aventure, les miracles, la guerre, la croisade, les belles dames,

19 l amour courtois (le chevalier est entièrement dévoué à sa dame). Ils composent des chansons de geste (célébrant les exploits des preux et les amours impossibles), des pastourelles. Au Nord, citons Chrétien de Troyes, Conon de Béthune, le comte Thibaut de Champagne. Au château fort, passent les jongleurs, qui chantent les œuvres des troubadours et des trouvères, s accompagnent du luth, de la vielle à archet, du rebec, de la viole. On danse au château, mais aussi au village (la cornemuse, la flûte et le chalumeau pour les instruments à vent ; la harpe). Au château, ce sont des danses raffinées, celles que «vilains ne pourroient avoir» : elles accompagnent les tournois, les cérémonies, les entrevues ; pour les paysans, la danse est la rencontre et la distraction, la détente préférée de tous. Une fois le dur labeur accompli, c est le délassement, le repos, le plaisir d être réunis. Elle accompagne les noces paysannes, les kermesses, les fêtes agraires (moissons, vendanges). La chevalerie Au début du XII e siècle, une nouvelle méthode de combat est mise au point : on délaisse l épée pour la lance ; le tournoi voit le jour. La guerre devient alors un art de spécialistes, la nouvelle escrime à la lance exige en effet un équipement coûteux (armure, destriers) et un entraînement soutenu. Le haubert à lui seul (longue cotte de mailles) est évalué aux prix d achat d une tenure (terre) assez vaste pour faire vivre un paysan et sa famille ; le cheval de combat (destrier) vaut cinq bœufs de labour. Seul un petit nombre de seigneurs sont en mesure de soutenir un tel train de vie ; peu à peu apparaît une aristocratie de la fortune, la chevalerie, qui deviendra héréditaire et se forgera de véritables et durables privilèges. LE TEMPS DES CATHÉDRALES LEÇON 9 Quand les villes deviennent prospères C est au début du XII e siècle que les villes françaises connaissent une prospérité nouvelle : leur population augmente, les activités se multiplient ; la cité grandit, s étend et se dote de nouveaux remparts. Les croisades ont accru les échanges commerciaux entre l Orient et l Occident, donnant une impulsion décisive au négoce en Méditerranée. Les foires, à date fixe, naissent un peu partout, notamment en Champagne et en Flandre, amenant l afflux de la richesse et l indépendance des villes qui, échappant à la tutelle seigneuriale, se constituent en communes. C est la cathédrale qui se révèle comme le centre de la vie urbaine et l on n y vient pas que pour prier : bourgeois, artisans s y rencontrent, organisent des réunions professionnelles, des fêtes. C est en somme la maison de tous. On prétend que celles d Amiens et de Paris sont si vastes que toute la population de la ville peut y tenir! Le parvis est le lieu des rassemblements : on se rencontre là pour discuter, pour régler des affaires. C est aussi l endroit où sont représentés les premiers mystères (pièces de théâtre à caractère religieux). Malheureusement, la cathédrale est souvent entourée d une gangue de maisons serrées les unes contre les autres, donnant sur un réseau serré de ruelles parfois mal famées. Les bâtisseurs de cathédrales sont amenés à multiplier les performances et leurs chefs-d œuvre

20 sont de plus en plus grands, de plus en plus hauts, laissant davantage de place à la lumière. À Noyon, la voûte d ogives est bâtie à 23 mètres au-dessus de la nef ; et les records succèdent aux records : Laon monte à 24 m et enchâsse dans sa façade les premières roses. En 1180, grâce à l utilisation des arcs-boutants, qui renforcent la solidité des murs, Notre-Dame de Paris s élève à 35 m. Avec une voûte encore allégée, Chartres atteint 36,5 m. Bourges arrive à 37,15 m, Reims à 38 m et le record est atteint par Amiens avec une hauteur de 42,5 m. Qui finance les cathédrales? Au siècle précédent, un moine nommé Suger, abbé du monastère royal de Saint-Denis, près de Paris, avait voulu, dans un élan de ferveur religieuse, embellir l église abbatiale pour en faire un joyau à la gloire de Dieu et à celle du roi. Suivant son exemple, les évêques des villes françaises (l évêque est à cette époque un personnage particulièrement important) voulurent avoir leur cathédrale et la plupart des évêchés du domaine royal (c est-à-dire l Île-de-France) entreprirent alors de transformer eux aussi leur église épiscopale pour en faire une cathédrale. En certains endroits les bourgeois se révoltèrent parce que les taxes à payer se révélaient trop lourdes et que l édifice à bâtir ne semblait pas valoir la dépense qu on leur imposait. Dans certaines villes même, ils obligèrent les responsables à fermer les chantiers, à licencier l armée des charpentiers, des maçons, des tailleurs de pierre, etc. Pourtant, nombreux furent ceux qui voulurent ces chefs-d œuvre pour leur ville, que ce soit le roi, le clergé, les nobles et même le petit peuple, cela pour des raisons bien particulières à chacun. C est généralement l évêque qui prend l initiative de la construction de ce sanctuaire où il aura son siège, la cathèdre (d où le nom de cathédrale donné à l édifice).* Les premiers fonds sont apportés par lui ; ensuite il fait appel aux chanoines (qui ne peuvent refuser à leur supérieur), aux nobles (qui pensent ainsi s assurer les faveurs de Dieu après leur mort, pour acheter une indulgence ou le droit d atténuer les dures épreuves du carême) ; l une des tours de la cathédrale de Rouen se nomme la Tour du Beurre car elle fut bâtie grâce aux fonds recueillis en compensation de l autorisation donnée par l Église à ceux qui tenaient absolument à manger du beurre pendant les jours maigres!!!), au roi (celui-ci se sent moralement obligé par l exemple de Saint Louis qui offrit livres tournois sur sa propre cassette pour assurer la décoration de la Sainte-Chapelle à Paris), au petit peuple des villes, enfin, qui verse son obole sous forme d aumônes et de quêtes. Une armée de bâtisseurs On a vu que, souvent, le décideur est l évêque. Celui-ci doit tout d abord choisir un maître d œuvre, puis recruter des spécialistes très expérimentés : architectes, ouvriers sachant choisir, découper et tailler la pierre (un calcaire au grain très fin appelé pierre de taille ), statuaires, ingénieurs chargés de créer les appareils de levage, maçons, charpentiers, porteurs d eau, charretiers, terrassiers, artistes chargés de réaliser la prodigieuse décoration de la cathédrale (portails, arcs, rosaces, chimères, gargouilles destinées à éloigner les eaux de pluie des façades, etc.). Lorsque les tarifs des entrepreneurs de charrois sont trop élevés (les carrières sont parfois éloignées du lieu de la construction), on agit, comme à Chartres, en faisant appel aux fidèles de bonne volonté qui s attellent aux chariots ; le transport se fait en silence et ce n est qu aux haltes qu on chante les cantiques et les hymnes, en confessant ses péchés à la lueur des cierges. L armée des compagnons pose parfois des problèmes de logement et l on élève des camps de planches. Comme le chevalier entouré de ses écuyers, le maçon est suivi de ses aides (dans les

Charlemagne Roi des Francs et empereur d'occident (768-814).

Charlemagne Roi des Francs et empereur d'occident (768-814). Charlemagne Roi des Francs et empereur d'occident (768-814). Carolus Magnus (dit Charles «le grand») plus connu sous le nom de Charlemagne. 1. En 768, Charlemagne devient roi des Francs et remplace son

Plus en détail

Histoire Le Moyen-âge La société féodale

Histoire Le Moyen-âge La société féodale Histoire Le Moyen-âge Objectif(s) : - Connaître les 3 ordres de la société médiévale - Découvrir le cadre et le mode de vie des seigneurs au Moyen Age : Seigneurs / vassaux / chevaliers Histoire racontée

Plus en détail

Des mérovingiens aux carolingiens. Clovis, roi des Francs La dynastie carolingienne La fin de l'empire carolingien

Des mérovingiens aux carolingiens. Clovis, roi des Francs La dynastie carolingienne La fin de l'empire carolingien Des mérovingiens aux carolingiens Clovis, roi des Francs La dynastie carolingienne La fin de l'empire carolingien 1 Introduction L Empire Carolingien a marqué l histoire de la France. Succédant aux Francs,

Plus en détail

Rappels sur l Antiquité («conducteur» pour les enseignants).

Rappels sur l Antiquité («conducteur» pour les enseignants). Rappels sur l Antiquité («conducteur» pour les enseignants). J utilise avec les élèves le manuel CE2 Histoire Géographie édité par Les ateliers Hachette (j adore cette collection). Les illustrations ci

Plus en détail

Une religion, deux Eglises

Une religion, deux Eglises Une religion, deux Eglises template : www.indezine.com Quelles sont les principales différences entre les pratiques religieuses des chrétiens d Occident et des chrétiens d Orient? Eglises Eglise d Occident

Plus en détail

Une religion, deux Eglises

Une religion, deux Eglises Une religion, deux Eglises template : www.indezine.com Belin 2009 L empire byzantin et l empire carolingien sont tous les deux chrétiens. Mais leurs pratiques religieuses sont différentes : quelles sont-elles?

Plus en détail

un très vieux parent!

un très vieux parent! Le parcours des objets,... de la fouille au musée! Dessin : Sonia Souvenir CEDARC Tous les objets présentés dans le musée ont été découverts lors de fouilles archéologiques. Ils ont été dégagés de la terre,

Plus en détail

THEME 2 : MONDE ANTIQUE

THEME 2 : MONDE ANTIQUE 16 CHAPITRE DEUX: CITOYENNETÉ ET EMPIRE A ROME (I-III SIÈCLE AP JC). CHAPITRE DEUX : CITOYENNETÉ ET EMPIRE À ROME AU Ie - IIIe SIECLES AP J.C. INTRODUCTION CARTE DE L EMPIRE AU II AP JC. 1 / Quelle est

Plus en détail

CAPES externe d histoire et de géographie

CAPES externe d histoire et de géographie Cette banque de données a été réalisée initialement avec la participation de Laurent Carroué, Rachid Azzouz, Martin Fugler, Claire Mondollot, Claude Ruiz et Jean-Louis Leydet. Son objectif est de disposer

Plus en détail

Dossier de Presse 5 juin 2008 20. L Oeuvre de Vauban à Besançon

Dossier de Presse 5 juin 2008 20. L Oeuvre de Vauban à Besançon Dossier de Presse 5 juin 2008 20 L Oeuvre de Vauban à Besançon Dossier de Presse 5 juin 2008 21 Besançon : des défenses façonnées par un méandre dominé > 21 27 La citadelle Historique La position stratégique

Plus en détail

II. Quels sont les aspects de la pax romana? 1. En quoi la paix romaine permet le commerce du vin gaulois?

II. Quels sont les aspects de la pax romana? 1. En quoi la paix romaine permet le commerce du vin gaulois? II. Quels sont les aspects de la pax romana? 1. En quoi la paix romaine permet le commerce du vin gaulois? 1. Doc. 4 : Quelles régions de la Gaule romaine produit du vin au IIe siècle? Doc. 4. La production

Plus en détail

La Basilique Sainte-Sophie de Constantinople

La Basilique Sainte-Sophie de Constantinople La Basilique Sainte-Sophie de Constantinople Considérée comme la huitième merveille du monde, la Basilique Sainte-Sophie se trouve à Istanbul en Turquie. Elle a servi de basilique pendant 916 ans et de

Plus en détail

LES ENJEUX DU POUVOIR

LES ENJEUX DU POUVOIR LES ENJEUX DU POUVOIR Thème HDA : Arts, Etat et pouvoir (mise en scène du pouvoir = propagande ; thème du héros) Thème Histoire : Féodaux, souverains, premiers Etats Sous-thème : l organisation féodale

Plus en détail

FICHE DE PRESENTATION DE LA LEÇON. PREMIERE PARTIE : L ORIENT ANCIEN AU IIIe MILLENAIRE AVANT JC

FICHE DE PRESENTATION DE LA LEÇON. PREMIERE PARTIE : L ORIENT ANCIEN AU IIIe MILLENAIRE AVANT JC FICHE DE PRESENTATION DE LA LEÇON Ziggourat d Ur en Irak aujourd hui (source : internet). PREMIERE PARTIE : L ORIENT ANCIEN AU IIIe MILLENAIRE AVANT JC Comment sont organisées les premières civilisations

Plus en détail

Prénom : Date : Classe: Le Moyen-âge Clovis.

Prénom : Date : Classe: Le Moyen-âge Clovis. Prénom : Date : Classe: Le Moyen-âge Clovis. 1) Quel événement marque la fin de l Antiquité et le début du Moyen-âge? 2) Qui devient roi à cette époque? A quelle date? Comment s'appelle son peuple? 3)

Plus en détail

Pourquoi venir en classe verte dans l Oise? Parce que notre département proche de Paris possède un patrimoine historique très riche et varié.

Pourquoi venir en classe verte dans l Oise? Parce que notre département proche de Paris possède un patrimoine historique très riche et varié. Pourquoi venir en classe verte dans l Oise? Parce que notre département proche de Paris possède un patrimoine historique très riche et varié. Quelques exemples de visites et découvertes : Chantilly (22

Plus en détail

L EMPIRE ROMAIN. étude de cas : Lucius Aponius Cherea habitant de Narbo Martius au II siècle. Fabienne Rouffia - collège V.

L EMPIRE ROMAIN. étude de cas : Lucius Aponius Cherea habitant de Narbo Martius au II siècle. Fabienne Rouffia - collège V. L EMPIRE ROMAIN étude de cas : Lucius Aponius Cherea habitant de Narbo Martius au II siècle Détail du piédestal de la statue d Aponius Cherea (II siècle) musée archéologique de Narbonne Source : Service

Plus en détail

La vie de cour au château de Versailles avant la Révolution Française (1789)

La vie de cour au château de Versailles avant la Révolution Française (1789) La vie de cour au château de Versailles avant la Révolution Française (1789) Avant la Révolution*, la France est une monarchie avec à sa tête un monarque, le Roi de France. Lorsque Louis XIII décède en

Plus en détail

Préfixe "MA" ALVEOLE VI

Préfixe MA ALVEOLE VI Préfixe "MA" ALVEOLE VI VI-A-00 : Tirés-à-part VI-A-8 : Atlas des villes VI-E-7/8 : Atlas VI-T-0/1 : Bibliographie de l'histoire de France 100 : Histoire urbaine 101 : Généralités, urbanisation 102 : Atlas

Plus en détail

Cette histoire raconte la conquête de l Angleterre par les Normands de Guillaume.

Cette histoire raconte la conquête de l Angleterre par les Normands de Guillaume. Après le repas, nous sommes allés visiter le musée de Bayeux. Quand nous sommes rentrés, les personnes du musée nous ont donné des audio guides. Pour pouvoir profiter de l histoire sans être entassés devant

Plus en détail

L ÉGLISE AU MOYEN ÂGE

L ÉGLISE AU MOYEN ÂGE L ÉGLISE AU MOYEN ÂGE Compétence Comprendre l importance de l Église dans la vie des hommes au Moyen Âge. Quelle impression te donne l église dans cette photographie, par rapport aux autres constructions?

Plus en détail

GUILLAUME ET SON TEMPS

GUILLAUME ET SON TEMPS GUILLAUME ET SON TEMPS Guillaume trônant (Tapisserie de Bayeux) Service pédagogique- Château Guillaume-le-Conquérant - 14700 FALAISE automne 2006 1 SOMMAIRE Page 3 1. Guillaume le Bâtard 2. Le personnage

Plus en détail

L Eglise dans ses dimensions religieuse, économique, sociale et intellectuelle

L Eglise dans ses dimensions religieuse, économique, sociale et intellectuelle L Eglise dans ses dimensions religieuse, économique, sociale et intellectuelle Iconographie du template Le jugement dernier, cathédrale de Bourges Ange au sourire, cathédrale de Reims Identifie l enfer

Plus en détail

*L'écriture en Mésopotamie et en Égypte

*L'écriture en Mésopotamie et en Égypte *L'écriture en Mésopotamie et en Égypte -4000 à -3000 Le calculi L agriculture est une activité économique très importante en Mésopotamie. Cependant, le territoire n est pas riche en ressources naturelles

Plus en détail

Introduction : Chapitre XII Les débuts du judaïsme

Introduction : Chapitre XII Les débuts du judaïsme Introduction : Chapitre XII Les débuts du judaïsme Chapitre XII Les débuts du judaïsme Introduction : Cette Bible a été trouvée près de la Mer Morte, non loin de Jérusalem. Chapitre XII Les débuts du judaïsme

Plus en détail

L HISTOIRE DU LAVAGE http://www.scienceinthebox.com/fr_fr/main/index_fr.html Comment avons-nous amélioré nos méthodes de lavage depuis la Préhistoire

L HISTOIRE DU LAVAGE http://www.scienceinthebox.com/fr_fr/main/index_fr.html Comment avons-nous amélioré nos méthodes de lavage depuis la Préhistoire L HISTOIRE DU LAVAGE http://www.scienceinthebox.com/fr_fr/main/index_fr.html Comment avons-nous amélioré nos méthodes de lavage depuis la Préhistoire PREHISTOIRE (100.000 30.000 av. J.C.) La préhistoire

Plus en détail

L ORIENT ANCIEN. Sculptures du jardin de Babylone. Roi de Mésopotamie

L ORIENT ANCIEN. Sculptures du jardin de Babylone. Roi de Mésopotamie L ORIENT ANCIEN Sculptures du jardin de Babylone Roi de Mésopotamie I] L Ecriture pour compter et conter. Introduction : a) L Ecriture est née vers -3500, au milieu du IVème millénaire avant notre ère

Plus en détail

III Les Sumériens ont inventé l écriture

III Les Sumériens ont inventé l écriture Qui a inventé l écriture? III Les Sumériens ont inventé l écriture Au IV e millénaire avant Jésus-Christ, les Sumériens, habitants de Mésopotamie, se mirent à tracer les plus anciens signes d écriture

Plus en détail

2-1 ére partie : Les Deux Vallées : leur histoire et environnement proche et lointain

2-1 ére partie : Les Deux Vallées : leur histoire et environnement proche et lointain un 2-1 ére partie : Les Deux Vallées : leur histoire et proche et lointain 2.1 Les Deux Vallées : une histoire 2.2 Les Deux Vallées : un Schéma de Cohérence Territoriale des Deux Vallées Rapport de présentation

Plus en détail

ORIGINES : St Patrick, patron des Irlandais, serait né vers 385.

ORIGINES : St Patrick, patron des Irlandais, serait né vers 385. Fête célébrée le 17 mars (March 17th) par les Irlandais pour honorer SaintPatrick, un missionnaire qui a converti l Irlande au christianisme. ORIGINES : St Patrick, patron des Irlandais, serait né vers

Plus en détail

La domus de Vieux. Maquette à construire. Conseil Général du Calvados Service Départemental d Archéologie

La domus de Vieux. Maquette à construire. Conseil Général du Calvados Service Départemental d Archéologie Maquette à construire La domus de Vieux Conseil Général du Calvados Service Départemental d Archéologie 2005 Service Départemental d Archéologie du Calvados, édition 2005. Présentation de la domus de Vieux

Plus en détail

«Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23.

«Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23. «Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23. Pour faire suite au récit des disciples sur le chemin d Emmaüs et pour

Plus en détail

Les églises et chapelles anciennes en voiture

Les églises et chapelles anciennes en voiture I D E E D E V I S I T E VILLE ET CULTURE Les églises et chapelles anciennes en voiture Niederbronn les Bains Reichshoffen Uttenhoffen avec la plus petite église à colombages d Alsace Pfaffenhoffen Bouxwiller

Plus en détail

HISTOIRE / FRANCAIS CYCLE 3 TITRE : L UNION FAIT LA FORCE (1915), LA FRANCE ET SES ALLIÉS

HISTOIRE / FRANCAIS CYCLE 3 TITRE : L UNION FAIT LA FORCE (1915), LA FRANCE ET SES ALLIÉS HISTOIRE / FRANCAIS CYCLE 3 TITRE : L UNION FAIT LA FORCE (1915), LA FRANCE ET SES ALLIÉS DOCUMENT : 1979. 29489 (1). «L'Actualité. L'union fait la force. Jeu stratégique». Sans éditeur. Vers 1915. PLACE

Plus en détail

Jeudi 8 mai 2014. Il y a 69 ans, l Allemagne hitlérienne capitulait.

Jeudi 8 mai 2014. Il y a 69 ans, l Allemagne hitlérienne capitulait. Jeudi 8 mai 2014 Cérémonie patriotique / Parvis de l Hôtel de Ville Discours de Karl Olive, Maire de Poissy, Conseiller général des Yvelines Monsieur le Ministre, Monsieur le Préfet, Madame la Conseillère

Plus en détail

Enquêtes et charades

Enquêtes et charades Prénom 1 1 Où est né Napoléon Bonaparte? (Entoure la bonne réponse) en Espagne en Italie en Corse 2 Entoure la phrase impérative : Tu manges de la soupe. Manges-tu de la soupe? Mange ta soupe. Tu ne manges

Plus en détail

Trois portes, trois époques : de la porte défensive à la porte monumentale

Trois portes, trois époques : de la porte défensive à la porte monumentale Les portes de Nancy Victime de la guerre de cent ans, des attaques répétées du royaume de France et du Duché de Bourgogne, la ville de Nancy est menacée et occupée à plusieurs reprises. Ainsi, du XI e

Plus en détail

Dossier Médias Année 2012

Dossier Médias Année 2012 Dossier Médias Année 2012 Mise à jour le 02 mars 2013 Association LUERN Association Loi 1901 enregistrée le 12 août 2008 et reconnue d Intérêt Général le 8 octobre 2008 Siège Social : Maison du Patrimoine

Plus en détail

Problématique : quelles sont les grandes évolutions de la société européenne entre la fin du X ème siècle et la fin du XV ème siècle?

Problématique : quelles sont les grandes évolutions de la société européenne entre la fin du X ème siècle et la fin du XV ème siècle? 1 Chapitre 5- La société médiévale (p94-127). Introduction L organisation de l Occident médiéval (docs. n 1 et n 2 p94-95). 1) Comment est organisé ou divisé l Occident médiéval? L Occident est divisé

Plus en détail

SOMMAIRE 2. LE «NOUVEAU MONDE INDUSTRIEL ET SOCIÉTAIRE» REPOSE SUR L ASSOCIATION CONCRÈTE DE TOUS LES INDIVIDUS

SOMMAIRE 2. LE «NOUVEAU MONDE INDUSTRIEL ET SOCIÉTAIRE» REPOSE SUR L ASSOCIATION CONCRÈTE DE TOUS LES INDIVIDUS Marxisme, socialisme utopique et Le nouveau monde industriel et sociétaire Fiche 36 CHARLES FOURIER Cet ouvrage, paru en 1845, est à l image de son auteur, en marge de la culture traditionnelle et du pouvoir.

Plus en détail

Comment le Chat et la Souris sont venus au monde Conte populaire du Vietnam Partie 1

Comment le Chat et la Souris sont venus au monde Conte populaire du Vietnam Partie 1 Comment le Chat et la Souris sont venus au monde Conte populaire du Vietnam Partie 1 Ngoc-hoang, l empereur de Jade, le dieu suprême des cieux, vivait dans son royaume céleste où il possédait un palais

Plus en détail

GR 782 «LE CHEMIN HENRI IV»

GR 782 «LE CHEMIN HENRI IV» PRÉSENTATION GR 782 «LE CHEMIN HENRI IV» De Lourdes à Artiguelouve (jonction avec le GR 653) Le Chemin Henri IV, célèbre dans le Béarn, relie Lourdes à Pau en empruntant une ancienne voie romaine établie

Plus en détail

Vieu X. à Vieux. Il y a bien longtemps... Il y a bien long. Il y a bien longtemps... Il y a bien longtemps... bien longtem.

Vieu X. à Vieux. Il y a bien longtemps... Il y a bien long. Il y a bien longtemps... Il y a bien longtemps... bien longtem. Il y a bien longtemps... bien longtem. Il y a bien long Il y a bien longtemps... Il y a bien longtemps... Il y a bien longtemps... a bien longte Il y a bien lon longtemps... Il y a bien longtemps... Il

Plus en détail

Méthodologie du dossier. Epreuve d histoire de l art

Méthodologie du dossier. Epreuve d histoire de l art Méthodologie du dossier Epreuve d histoire de l art Fiche d identité de l oeuvre Nature de l oeuvre : Huile sur toile Auteur Eugène Delacroix (1798-1863) Titre : La liberté guidant le peuple : le 28 juillet

Plus en détail

Le rôle de leadership du chef Tecumseh dans la défense du Haut-Canada

Le rôle de leadership du chef Tecumseh dans la défense du Haut-Canada Le rôle de leadership du chef Tecumseh dans la défense du Haut-Canada Aperçu de la leçon Le leadership est une qualité importante en temps de guerre. Qu est-ce qui fait un leader? Le chef Tecumseh a joué

Plus en détail

J ai réalisé la première version de ce travail lors

J ai réalisé la première version de ce travail lors Avant-propos J ai réalisé la première version de ce travail lors d une mission au Maroc, qui consistait, entre autres choses, à former des dessinateurs de caractères arabes pour l imprimerie et l informatique.

Plus en détail

Que fait l Église pour le monde?

Que fait l Église pour le monde? Leçon 7 Que fait l Église pour le monde? Dans notre dernière leçon, nous avons vu que les croyants ont des responsabilités vis-à-vis des autres croyants. Tous font partie de la famille de Dieu. Les chrétiens

Plus en détail

Vers toi Tim Project 2007

Vers toi Tim Project 2007 Vers toi Tu me sondes et me connaît, Tu sais tout de moi, non rien ne t est caché Chaque jour tu éclaires ma vie Tu gardes mes pas, tu me conduis Je veux te louer C est vers toi que je me tourne, Tu m

Plus en détail

Tous semblables et tous différents

Tous semblables et tous différents Chap. 1 Tous semblables et tous différents I. Caractères communs et caractères propres Caractère commun : Caractère normalement possédé par tous les êtres humains. On parle aussi d'attribut humain. Caractère

Plus en détail

L écriture Au Moyen Âge

L écriture Au Moyen Âge MUSEE DES BEAUX-ARTS S E R V I C E E D U C A T I F L écriture Au Moyen Âge ² Page enluminée du registre de charité de la confrérie de Sainte-Croix, Musée de Bernay 2 Les grandes périodes de l évolution

Plus en détail

Lecture - Episode 1. Le héros s appelle Rahor. Les Préhistos vivent dans le futur. Rohar adore la nouvelle grotte.

Lecture - Episode 1. Le héros s appelle Rahor. Les Préhistos vivent dans le futur. Rohar adore la nouvelle grotte. Lecture - Episode 1 Le héros s appelle Rahor. Les Préhistos vivent dans le futur. Rohar adore la nouvelle grotte. Oma veut retourner dans l ancienne caverne. Pierrette taille les pierres Rohar a peur du

Plus en détail

El Tres de Mayo, GOYA

El Tres de Mayo, GOYA Art du visuel / «Arts, ruptures, continuités» Problématique : «Comment l expression du sentiment surgit-elle dans l art au XIX è siècle?» El Tres de Mayo, GOYA Le Tres de Mayo, Francisco Goya, huile sur

Plus en détail

La liberté guidant le peuple sur les barricades

La liberté guidant le peuple sur les barricades La liberté guidant le peuple sur les barricades Eugène DELACROIX 1830 Une étrange lumière Le soleil brille à travers la fumée de la poudre. Les écrits nous disent que nous sommes en début de matinée et

Plus en détail

Le jugement de Pâris et la pomme Par A. Labarrière 2 2

Le jugement de Pâris et la pomme Par A. Labarrière 2 2 Le jugement de Pâris et la pomme Par A. Labarrière 2 2 I. Origine et Protagonistes Cette légende fut narrée pour la première fois par Homère, un poète grec du 9 e siècle avant J.-C. ayant écrit l Iliade

Plus en détail

* Extraits d'un entretien effectué dans le Karyassa 'supres de membres d'un clan Tamashek, les Kel Taddak. Document présenté par Etienne Le Roy.

* Extraits d'un entretien effectué dans le Karyassa 'supres de membres d'un clan Tamashek, les Kel Taddak. Document présenté par Etienne Le Roy. (< Le chez soi pour nous, c'est l'eau 11 Cet entretien a été réalisé chez les Tamashek par J.-M. Yung le 30 novembre 1988, et traduit U au pied de la dune n. Il nous a impressionné. Le choix des extraits

Plus en détail

La célèbre Tapisserie de Bayeux trouve une fin plausible: Les dernières scènes brodées à Aurigny obtiennent l approbation officielle

La célèbre Tapisserie de Bayeux trouve une fin plausible: Les dernières scènes brodées à Aurigny obtiennent l approbation officielle La célèbre Tapisserie de Bayeux trouve une fin plausible: Les dernières scènes brodées à Aurigny obtiennent l approbation officielle Peu de gens savait que la Tapisserie de Bayeux était incomplète. La

Plus en détail

Dossier Médias Année 2011

Dossier Médias Année 2011 Dossier Médias Année 2011 Mise à jour le 25 avril 2012 Association LUERN Association Loi 1901 enregistrée le 12 août 2008 et reconnue d Intérêt Général le 8 octobre 2008 Siège Social : Maison du Patrimoine

Plus en détail

1 planche Cour du Roi, pour poser les cartes Audience. 5 pions Château, pour indiquer votre emplacement autour de la Cour

1 planche Cour du Roi, pour poser les cartes Audience. 5 pions Château, pour indiquer votre emplacement autour de la Cour Honneurs de la Cour Un jeu créé par Damien NICOLAS De 2 à 5 joueurs - A partir de 10 ans 10min/joueurs But du jeu Vous incarnez une des plus prestigieuses familles de la Cour du Roi de France et rêvez

Plus en détail

OCCIDENT. L'Occident existe-t-il encore? Préambule. Rappel question. Thèse Idée maîtresse. Annonce de plan

OCCIDENT. L'Occident existe-t-il encore? Préambule. Rappel question. Thèse Idée maîtresse. Annonce de plan OCCIDENT LAROUSSE. Ensemble des peuples habitant les pays de l'europe de l'ouest ; civilisation des peuples qui habitent ces pays (avec majuscule). Ensemble des États du pacte de l'atlantique Nord. Page

Plus en détail

DES COLONIES AUX ETATS NOUVELLEMENT INDEPENDANTS

DES COLONIES AUX ETATS NOUVELLEMENT INDEPENDANTS H3.Thème 2. DES COLONIES AUX ETATS NOUVELLEMENT INDEPENDANTS Comment les colonies accèdent-elles à l indépendance? A quelles difficultés ces nouveaux Etats sont-ils confrontés? Frise p 111. Les différentes

Plus en détail

Matériel. . 9 cartes Personnage

Matériel. . 9 cartes Personnage Avec cette extension, les règles de base peuvent être modifiées de cinq façons différentes et combinables comme bon vous semble Les dames de Troyes font leur apparition sous la forme de trois nouvelles

Plus en détail

LES MOSAIQUES DU CREDIT AGRICOLE

LES MOSAIQUES DU CREDIT AGRICOLE LES MOSAIQUES DU CREDIT AGRICOLE Au I er siècle après Jésus-Christ, la ville romaine d Arles (photo ci-dessous) est entourée de remparts. Elle comporte de grandes rues principales appelées Cardo et Decumanus.

Plus en détail

pour les plus petits

pour les plus petits pour les plus petits U N D E R N I E R 5-6H = 3-4P VE Petit guide actif pour découvrir le monde du verre cycle 2 degrés avec RR Plexiglas E Salut! Plexiglas, c est moi. Daniel Stevan 2015 U N D E R N I

Plus en détail

chap.1 : La Mésopotamie chap.2 : L'Egypte ancienne

chap.1 : La Mésopotamie chap.2 : L'Egypte ancienne Partie 1 : L' ORIENT ANCIEN au 3ème millénaire avt JC chap.1 : La Mésopotamie chap.2 : L'Egypte ancienne Chap. 1 : La Mésopotamie au 3ème millénaire avt JC Ne pas copier. Pour survivre, les hommes ont

Plus en détail

JEU D ALQUERQUE. (Antiquité et Moyen-âge)

JEU D ALQUERQUE. (Antiquité et Moyen-âge) JEU D ALQUERQUE (Antiquité et Moyen-âge) Le premier exemple d un plateau qui pourrait être celui d un alquerque sculptée a été trouvé sur le toit du temple de Kurna à Thèbes en Egypte et datant de 1400

Plus en détail

Centre aéré (ancien moulin de Lavray)

Centre aéré (ancien moulin de Lavray) Centre aéré (ancien moulin de Lavray) ancien chemin de Saint-Jorioz à Saint-Eustache Lavray Saint-Eustache Dossier IA74001642 réalisé en 2011 Copyrights Copyrights Auteurs Région Rhône-Alpes, Inventaire

Plus en détail

Le château de Versailles Architecture et décors extérieurs

Le château de Versailles Architecture et décors extérieurs Le château de Versailles Architecture et décors extérieurs Les rois de France viennent régulièrement chasser à Versailles à partir du XVI ème siècle. Henri IV y amène son fils, le futur Louis XIII. Devenu

Plus en détail

un lieu d exception pour goûter l art de vivre en bretagne

un lieu d exception pour goûter l art de vivre en bretagne un lieu d exception pour goûter l art de vivre en bretagne le château du grand val accueille séminaires et incentives haut de gamme Le Château du Grand Val, dont les origines remontent au XVème siècle,

Plus en détail

Un état descriptif de 1776 nous permet de mesurer la qualité de la conservation du bâtiment conçu par Mathurin Cherpitel.

Un état descriptif de 1776 nous permet de mesurer la qualité de la conservation du bâtiment conçu par Mathurin Cherpitel. L Hôtel du Châtelet L Hôtel du Châtelet Dès le 18 ème siècle, l Hôtel du Châtelet est considéré comme une des plus belles demeures de Paris par les voyageurs qui en font la description à la fin du siècle.

Plus en détail

Thème : La civilisation grecque. Chapitre n 1 Au fondement de la Grèce : cités, mythes, panhellénisme

Thème : La civilisation grecque. Chapitre n 1 Au fondement de la Grèce : cités, mythes, panhellénisme Thème : La civilisation grecque Chapitre n 1 Au fondement de la Grèce : cités, mythes, panhellénisme 1 Point de départ : C est quoi un Grec? Introduction : Dans l Antiquité, la Grèce est formée d une multitude

Plus en détail

Les Éditions du patrimoine présentent Le palais de Saint-Cloud

Les Éditions du patrimoine présentent Le palais de Saint-Cloud Les Éditions du patrimoine présentent Le palais de Saint-Cloud Par Bernard Chevallier Collection «Regards» > La résurrection en images du palais incendié en 1870 > Les superbes clichés du reportage photographique

Plus en détail

Sémiotique des Nouveaux Médias

Sémiotique des Nouveaux Médias Sémiotique des Nouveaux Médias Les Sites Web. Description Conception Spécification d une maquette Peter Stockinger Maison des Sciences de l Homme (MSH) Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias (ESCoM)

Plus en détail

Chapitre 8. Le bestiaire. «Où donc avons-nous fait fausse route?» Maelle, Complainte des Corbeaux, 823

Chapitre 8. Le bestiaire. «Où donc avons-nous fait fausse route?» Maelle, Complainte des Corbeaux, 823 Chapitre 8 Le bestiaire «Où donc avons-nous fait fausse route?» Maelle, Complainte des Corbeaux, 823 Table des matières Table des matières... 2 Le bestiaire... 3 Fiche de créature... 4 Styles de combat...

Plus en détail

DE MÉMÉ À JEAN-NOËL GUÉRINI

DE MÉMÉ À JEAN-NOËL GUÉRINI Marie-Hélène Porri DE MÉMÉ À JEAN-NOËL GUÉRINI Un plagiat? Mon Petit Éditeur Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur

Plus en détail

CORRECTION BREVET BLANC 2015 PREMIER PARTIE/HISTOIRE

CORRECTION BREVET BLANC 2015 PREMIER PARTIE/HISTOIRE CORRECTION BREVET BLANC 2015 PREMIER PARTIE/HISTOIRE 1/ en 1804 2/ le second empire 3/JULES FERRY 4/régime de Vichy : 1940/1944 La collaboration caractérise ce régime. Par exemple, la milice française

Plus en détail

LES ECHOS DE SAINT-MAURICE Edition numérique. La cathédrale de Magdebourg possède un S. Maurice noir

LES ECHOS DE SAINT-MAURICE Edition numérique. La cathédrale de Magdebourg possède un S. Maurice noir LES ECHOS DE SAINT-MAURICE Edition numérique Georges BORGEAUD La cathédrale de Magdebourg possède un S. Maurice noir Dans Echos de Saint-Maurice, 1966, tome 64, p. 18-22 Abbaye de Saint-Maurice 2013 Souvenir

Plus en détail

Miroslav Marcelli. Partage citoyen: vivre sur l horizon du monde commun

Miroslav Marcelli. Partage citoyen: vivre sur l horizon du monde commun Miroslav Marcelli Partage citoyen: vivre sur l horizon du monde commun «Aujourd hui, le partage évolue vers un nouveau concept le partage citoyen. Audelà des clivages politiques, idéologiques ou religieux,

Plus en détail

Le Baptême de notre enfant

Le Baptême de notre enfant Le Baptême de notre enfant Baptême de notre enfant : Le à l église de Ce même jour, ils ont également reçu le baptême 1 Chers parents, Déroulement de la célébration (p 3-8) 1. Accueil et entrée dans l

Plus en détail

Ne vas pas en enfer!

Ne vas pas en enfer! Ne vas pas en enfer! Une artiste de Corée du Sud emmenée en enfer www.divinerevelations.info/pit En 2009, une jeune artiste de Corée du Sud qui participait à une nuit de prière a été visitée par JésusChrist.

Plus en détail

I. FAIR-PLAY, D OÙ VIENS-TU? QUI ES-TU?

I. FAIR-PLAY, D OÙ VIENS-TU? QUI ES-TU? I. FAIR-PLAY, D OÙ VIENS-TU? QUI ES-TU? Le fair-play est une notion bien souvent employée à tort et à travers. Associée surtout au vocabulaire sportif, elle s applique aujourd hui à de multiples situations,

Plus en détail

I L urbanisation dans le monde. A L augmentation de la population urbaine au XXème siècle

I L urbanisation dans le monde. A L augmentation de la population urbaine au XXème siècle Habiter les villes I L urbanisation dans le monde A L augmentation de la population urbaine au XXème siècle Taux d urbanisation Taux d urbanisation (projection 2015) Évolution du nombre de villes de plus

Plus en détail

Que connaissez vous du moyen-âge?

Que connaissez vous du moyen-âge? Que connaissez vous du moyen-âge? Seigneurs et paysans dans l Occident féodal ème ème du XI au XV siècle ECLATEMENT DE OCCIDENT L'OCCIDENT CHRETIEN CHRETIEN EMPIRE BYZANTIN MONDE MUSULMAN I) Étude de

Plus en détail

0:51 Au Moyen-Âge, les femmes prennent activement part aux métiers de l artisanat et du commerce. Elles ont obtenu une certaine indépendance.

0:51 Au Moyen-Âge, les femmes prennent activement part aux métiers de l artisanat et du commerce. Elles ont obtenu une certaine indépendance. 00:22 La ville au Moyen-Âge est un espace de liberté. Celui qui possède le droit du citoyen, a la possibilité d accéder à la prospérité par le travail et l intelligence. Cela vaut aussi pour les femmes,

Plus en détail

COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION

COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION Stephen Wang COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION Mariage, sacerdoce, vie consacrée, diaconat permanent, célibat «Petits Traités Spirituels» Série III «Bonheur chrétien» éditions des Béatitudes Ava n t-p r o

Plus en détail

été 1914 dans la guerre 15/02-21/09/2014 exposition au Musée Lorrain livret jeune public 8/12 ans

été 1914 dans la guerre 15/02-21/09/2014 exposition au Musée Lorrain livret jeune public 8/12 ans été 1914 Nancy et la Lorraine dans la guerre exposition 15/02-21/09/2014 au Musée Lorrain livret jeune public 8/12 ans 1 3 2 4 5 6 7 9 8 1870-1914 : une guerre attendue? Août 1914 : partis pour un été

Plus en détail

Titre : «Ce n est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne des vieilles pommes» (Félix Leclerc)

Titre : «Ce n est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne des vieilles pommes» (Félix Leclerc) Pâques 5 (B) : 6 mai 2012 Cinquième Dimanche de Pâques : 6 mai 2012 Titre : «Ce n est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne des vieilles pommes» (Félix Leclerc) Référence Biblique : 1 ère

Plus en détail

La Sainte-Chapelle. P a r c o u r s d é c o u v e r t e. j e u n e p u b l i c / Î L E - D E - F R A N C E P A R I S

La Sainte-Chapelle. P a r c o u r s d é c o u v e r t e. j e u n e p u b l i c / Î L E - D E - F R A N C E P A R I S P a r c o u r s d é c o u v e r t e La Sainte-Chapelle P A R I S / Î L E - D E - F R A N C E j e u n e p u b l i c La Sainte-Chapelle Bonjour et bienvenue à la Sainte-Chapelle. Je suis très heureux de

Plus en détail

Livre Bibliothèque. Bénédiction Eglise

Livre Bibliothèque. Bénédiction Eglise Emanuele Ormella Design : Frank Czarné Nombre de joueurs : 2-5 Age : 12+ Durée : 90-120 minutes CONTENU Un plateau de jeu (avec la carte de la région, le tableau d affichage des prix et le marché principal)

Plus en détail

27 janvier 2015 Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l Humanité

27 janvier 2015 Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l Humanité Monsieur le Maire, Eric LEJOINDRE Mesdames et Messieurs Les enseignants et représentants de l Education Nationale Mesdames et Messieurs les Présidents et représentants d associations patriotiques Mesdames

Plus en détail

Le Canada en faits. L histoire du Canada. Les premiers postes coloniaux

Le Canada en faits. L histoire du Canada. Les premiers postes coloniaux Le Canada en faits L histoire du Canada Empruntant une bande de terre qui unissait alors la Sibérie à l Alaska, les Autochtones seraient arrivés d Asie il y a des milliers d années; certains se sont installés

Plus en détail

Chambord. Séminaires & réceptions

Chambord. Séminaires & réceptions Chambord Séminaires & réceptions Emplacements des espaces de location Lille Le Mont-St-Michel Paris Strasbourg Chambord Terrasses 12 Les terrasses Bordeaux 12 Toulouse Nice Corse Sommaire Bras de croix

Plus en détail

DOSSIER DE PRESSE FAITES VOS JEUX! AV E C SAINT- H ONORÉ-LES-BAIN S. infos www.bibracte.fr. Exposition photographique jusqu au 1 er septembre 2010

DOSSIER DE PRESSE FAITES VOS JEUX! AV E C SAINT- H ONORÉ-LES-BAIN S. infos www.bibracte.fr. Exposition photographique jusqu au 1 er septembre 2010 AV E C FAITES VOS JEUX! SAINT- H ONORÉ-LES-BAIN S DOSSIER DE PRESSE Exposition photographique jusqu au 1 er septembre 2010 Rencontres autour de Bibracte du 15 juin au 24 août 2010 infos www.bibracte.fr

Plus en détail

Fiche Pédagogique. Le 14 juillet. Par Karine Trampe. Sommaire : Tableau descriptif. 2 Fiche élève.. 3-5 Fiche professeur..

Fiche Pédagogique. Le 14 juillet. Par Karine Trampe. Sommaire : Tableau descriptif. 2 Fiche élève.. 3-5 Fiche professeur.. Fiche Pédagogique Le 14 juillet Par Karine Trampe Sommaire : Tableau descriptif. 2 Fiche élève.. 3-5 Fiche professeur.. 6 Transcription 7 Sources 8 1 Tableau descriptif Niveau A2 Descripteur CECR, compréhension

Plus en détail

Extraits d un carnet de route de mon voyage en Patagonie

Extraits d un carnet de route de mon voyage en Patagonie Manifestations-loisirs / Carnet de route Patagonie / extraits Page 1 / 7 Contenu : Patagonie ARGENTINE Glacier Perito Moreno / El Chalten Fitz Roy et Corre Torre Rédaction : Alain Krummenacher / entrepreneur

Plus en détail

Où et quand cette photo a-t-elle été prise? Comment le devinez-vous?

Où et quand cette photo a-t-elle été prise? Comment le devinez-vous? Les textes de l exposition «Dictature et démocratie» et le questionnaire pédagogique sont assez longs. Nous vous conseillons donc de répartir les fiches de travail entre vos élèves et de mettre les réponses

Plus en détail

Livret de visite. 7-12 ans. l e. âge du EXPOSITION. VILLENEUVE D ascq. Hall de la Bibliothèque Universitaire Centrale Lille 3

Livret de visite. 7-12 ans. l e. âge du EXPOSITION. VILLENEUVE D ascq. Hall de la Bibliothèque Universitaire Centrale Lille 3 Sur les pas des archéologues : une autre lecture de l histoire du territoire moderne s Livret de visite 7-12 ans os exp ition av l e ec uv r Bronze âge du Fer âge du Moyen Âge Déco Palé olith ique e romain

Plus en détail

Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences

Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences Cette révélation est donnée en français à Sulema, une femme née en 1954 au Salvador. Depuis plus de 30 ans, elle vit au Canada avec

Plus en détail

Guide des expositions temporaires. Service Educatif Édition 2015

Guide des expositions temporaires. Service Educatif Édition 2015 Guide des expositions temporaires Service Educatif Édition 2015 Résistance et Monde rural en Zone interdite 1940-1944 Le Musée de la Résistance de Bondues Le musée a pour vocation de transmettre ce que

Plus en détail

NOTRE COMMUNE. 1. La place de la commune dans le réseau urbain de la Hongrie. Nom de la commune : Géderlak

NOTRE COMMUNE. 1. La place de la commune dans le réseau urbain de la Hongrie. Nom de la commune : Géderlak NOTRE COMMUNE 1. La place de la commune dans le réseau urbain de la Hongrie Nom de la commune : Géderlak Siège, adresse: 6334 Géderlak, Kossuth u. 95 Téléphone/télécopie : +36 78/417058 Emplacement : a)

Plus en détail