KARIBE CONVENTION CENTER
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- Mireille Marchand
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1 RAPPORT DE LA CONFÉRENCE SUR LA RELANCE DU CRÉDIT À LA PRODUCTION KARIBE CONVENTION CENTER PÉTION-VILLE, HAITI 9-10 JUIN 2014
2 Rapport de la Conférence sur la relance du crédit à la production Table des matières I- Programme de la Conférence II- Introduction Générale - Contexte de la conférence - Objectifs de la conférence III- Exposé de Monsieur Auguste Kouamé (conférencier d honneur) IV- Minutes des présentations et des ateliers V- Principales recommandations issues de la conférence VI- Biographies des Intervenants. 2
3 I.- PROGRAMME DE LA CONFÉRENCE Lundi 9 juin h00 : 8h30 : 8h40 : 9h10 : 9h30 : Accueil des participants Ouverture de la conférence Présentation du cadre macroéconomique et perspectives pour les prochaines années (un Panel de la Banque de la République d Haïti, présidé par M. Fritz Duroseau, Membre du Conseil d'administration) Échanges avec les intervenants Thème I : Identification et minimisation des contraintes à l investissement, à la production et au crédit The Latin America's experience in credit growth to finance high-value-added projects: successful cases; approaches and strategies used (Mr. Alessandro Bozzo, General Manager, FOGAPE (FondoGarantíaPequeñoEmpresario)) 10h10 : 10h30 : 11h00 : 11h30 : 12h10 : 12h50 : 13h20 : 14h20 : 14h45 : 15h35 : 16h35 : Échanges avec M. Alessandro Bozzo [Pause-café] Entraves au crédit en général et à la production en particulier/ Expérience du secteur bancaire haïtien (M. Maxime D. Charles, Président, Association Professionnelle des Banques) Caribbean experience in credit recovery, development finance and promotion of foreign direct investments (Dr. Alan Slusher, Consultant, Banque Centrale de Bélize) Concept et pratique de gouvernance économique (Dr. Ludovic Comeau Jr., Professeur, DePaulUniversity (Chicago)) Échanges avec les intervenants [Déjeuner] Thème I (suite) : Identification et minimisation des contraintes à l investissement, à la production et au crédit Corporate banking, investissement et crédit à la production (Mme Gladys Coupet, Présidente du Conseil d'administration, Banque de l'union Haïtienne) Crédit à la micro-entreprise/production et commerce (M. Jocelyn St. Jean, Directeur Général, Fédération des Caisses Populaires Haïtiennes Le Levier) Échanges avec les intervenants Clôture de la journée Mardi 10 juin 3
4 8h30 : 8h40 : 9h00 : 9h30 : 9h55 : 10h50 : Ouverture de la deuxième journée Synthèse de la journée précédente (Rappel) Thème II : Initiatives pour la modernisation du secteur financier Innovation et développement des PME (M. Charles Clermont, Vice-Président, SOFIHDES) How the Jamaica Stock Exchange could contribute in the deepening of the Haitian financial sector(mr. Leo Williams, Executive Director, Jamaica Stock Exchange) Financial inclusion strategies and economic growth (Mr. Juan Buchenau, Banque Mondiale) [Pause-café] Thème III: Secteurs porteurs identifiés ; opportunités et obstacles 11h20 : Sustainable community development and long term growth in Haiti (Mr. Emmanuel Stefanakis, Sustainable Strategies International) 11h45 : Agriculture et production aviaire (M. Michel Chancy, Secrétaire d'état à la Production Animale) 12h10 : L expérience du financement et d assurance agricole en Haïti (M. Claude Lapointe, Représentant de Desjardins International en Haïti) 12h40 : Restauration, Hôtellerie et Secteur Culturel, Contraintes et Perspectives (Ministère du Tourisme) 13h05 : Échanges avec les intervenants 13h30 : [ Déjeuner ] Thème III (suite) : Secteurs porteurs identifiés ; opportunités et obstacles 14h30 : Politiques publiques, coopération internationale et production nationale (M. Raymond Lafontant Jr., Consultant, Cadre Intégré Renforcé, OMC) 14h55 : Compétitivité de l économie haïtienne/secteurs compétitifs et à forts potentiels (M. Pierre-Marie Boisson, Président Directeur Général, SOGESOL) 15h25 : Échanges avec les intervenants 15h55 : Synthèse de la journée 16h30 : Discours de clôture de la conférence (M. Jean Baden Dubois, Directeur Général, Banque de la République d'haïti) 4
5 II.- INTRODUCTION GENERALE La conférence sur la relance du crédit à la production organisée par la Banque de la République d Haïti dans le cadre des activités commémoratives du 35 ième anniversaire de cette institution s est tenue les 9 et 10 juin 2014 au Karibe Convention Center à Pétion-Ville, Haïti. La cérémonie d ouverture de la conférence s est déroulée dans la soirée du 8 juin 2014 au même endroit. Au cours de cette cérémonie, le Gouverneur de la Banque de la République d Haïti, Monsieur Charles Castel, a prononcé le discours inaugural et présenté le mot de bienvenue à l assistance composée de distingués invités, des intervenants locaux et étrangers ainsi que des participants qui vont animer les deux jours de conférence. Dans son discours, le Gouverneur a mis l accent sur le contexte et les principales raisons qui ont justifié la réalisation de cette conférence. Après le discours du gouverneur, le conférencier d honneur (keynote speaker), Monsieur Auguste Kouamé a fait un brillant exposé de ses connaissances de la problématique du crédit bancaire au secteur privé dans les pays en voie de développement dont Haïti en évoquant sa longue expérience dans le secteur financier acquise en travaillant dans ces pays. Cette soirée s est terminée par un moment de convivialité autour d un buffet copieux dans une ambiance musicale animée par deux musiciens haïtiens de renom : Beethova Obas et Claude Carré. Ce rapport vise à fournir un résumé des faits saillants relevés des différentes présentations et toutes autres informations pertinentes relatives à cette conférence. 2.1 Contexte de la Conférence Après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, la Banque de la République d Haïti a mis en œuvre une série de mesures d assouplissement monétaire visant à stimuler le crédit bancaire au secteur privé dans le but de contribuer aux efforts de reconstruction du pays et aussi de relancer l économie nationale après cette catastrophe dont les dégâts sont estimés à près de 120 % du PIB. Ces mesures ont donné de bons résultats en termes de croissance du crédit à l économie. En effet, De 2009 à 2013, le crédit privé a presque doublé passant de à milliards de gourdes, ce qui représente une augmentation de 79% sur une période de quatre ans. Cependant, nous 5
6 sommes encore loin d une situation idéale puisque, d abord l activité économique reste insuffisamment financée et ensuite le financement bancaire n est pas orienté vers les secteurs porteurs de l économie et les activités productives à haute valeur ajoutée. En dépit de cette avancée, le système bancaire ne prête pas assez comparativement à d autres pays puisque c est seulement 43 % des dépôts collectés par les banques qui sont convertis en prêts, alors que dans la région de la Caraïbe, 65 % des dépôts bancaires, en moyenne, sont utilisés pour accorder des prêts au secteur privé. Pour atteindre ce niveau, notre système bancaire devrait accorder des prêts additionnels de l ordre de 28 milliards de gourdes. De plus, la plus grande partie du crédit bancaire, soit près de 60 %, est octroyée au secteur commercial à très peu de valeur ajoutée et n ayant pas d effets induits significatifs sur les autres branches de l économie, tandis que certains secteurs porteurs de croissance et des créneaux à fort potentiel de compétitivité reçoivent très peu ou pas du tout de crédit bancaire. A titre d exemple, l agriculture qui occupe la plus grande partie de la population active du pays et dont la contribution au PIB est près de 25 % est le secteur économique le moins financé. Il est paradoxal que dans ce contexte de stabilité macroéconomique et financière qui a caractérisé le pays au cours de ces dix dernières années que la distribution du crédit reste encore biaisée au détriment du secteur productif de l économie. Par ailleurs, le crédit accordé au secteur commercial qui est en grande partie utilisé pour les activités d importations n est pas sans conséquence pour la stabilité macroéconomique en renforçant les pressions sur le marché des changes par l augmentation de la demande de devises, pour ne citer que cela. C est bien sur la base de toutes ces considérations que le Conseil d Administration de la Banque de la République d Haïti, encouragé par le gouvernement de la République, a pris l initiative d organiser cette conférence. 2.2 Objectifs de la Conférence L objectif visé par cette conférence est de fournir un forum aux professionnels, experts et spécialistes nationaux et internationaux travaillant dans différentes sphères du système de crédit en particulier et du financement de la production en général, pour analyser et discuter intensivement la problématique du crédit à la production dans ses 6
7 différents aspects. Ces analyses et discussions permettront de faire un état des lieux qui portera à identifier les contraintes, défis, et opportunités auxquels sont confrontés les acteurs de l offre et de la demande de crédit et déboucheront sur des recommandations relatives aux actions à entreprendre et aux politiques à mettre en œuvre pour promouvoir la relance d un crédit bancaire qui sera désormais plus favorable aux activités productives de l économie. Un tel crédit a des implications positives pour la croissance économique et la création d emplois et contribuera en même temps à assurer le maintien de la stabilité économique et financière. 7
8 III.- Exposé de M. Auguste Kouamé lors de la Cérémonie Inaugurale de la Conférence Dans son allocution de la soirée inaugurale du 8 juin 2014, M. Auguste Kouamé (Banque Mondiale) a commencé par souligner l adéquation de la conférence par rapport aux objectifs de la BRH. Il a ensuite décrit le rôle structurel du crédit, les limites d une politique visant sa stimulation, les conditions du succès d une telle politique ainsi que les questions relatives à un tel thème dans le contexte haïtien. M. Kouamé a ainsi rappelé que dans un contexte où les politiques de stabilisation macroéconomique de la BRH ont connu un succès significatif, il était tout à fait approprié que la Banque Centrale se penche sur des questions relatives à la croissance et au développement. En ce sens, la justification de la conférence découle de la corrélation observée entre le crédit et la croissance économique 1, notamment dans le cadre des pays en développement, lesquels sont censés être dans un processus de rattrapage par rapport aux pays à hauts revenus. Si dans ces derniers, on tend à penser que les politiques de stimulation du crédit ont un objectif principalement conjoncturel, il convient de se rappeler que dans les économies moins avancées, les contraintes de financement sont un frein structurel à la capacité des entreprises de produire. Il existe toutefois des limites à l efficacité de telles politiques. Ainsi, les effets des mesures de stimulation du crédit peuvent être modestes, si l on est en présence de marchés financiers de faible profondeur. Les déficits du cadre institutionnel peuvent aussi se révéler être un frein tout comme la prévalence d une forte inflation. La stimulation du crédit à des fins de production peut également occasionner des fuites vers le financement de la consommation, lequel peut conduire à une hausse des importations et du déficit commercial. Elle peut aussi contribuer à la détérioration du portefeuille des banques ou favoriser les principaux secteurs existants sans qu ils ne regroupent nécessairement des activités à forte valeur ajoutée. 1 Voir les travaux de Philippe Aghion et de Patrick Bolton 8
9 Pour s assurer de l efficacité d une politique de stimulation du crédit, trois conditions préalables devraient être en place. Il s agit de : La stabilité macroéconomique ; L existence d un environnement attractif pour les investissements ; Partant de ce constat, on peut au moins se poser quatre questions sur le crédit dans le contexte haïtien : La politique de crédit en Haïti a-t-elle joué jusqu à date un rôle moteur dans la production et la croissance? Le secteur financier a-t-il su jouer son rôle d intermédiaire pour soutenir la production? Quel serait le rôle du crédit dans le cadre d une politique de réduction de la pauvreté et de croissance économique partagée? Quelles seraient les implications pour la politique monétaire de la mise en place de mesures visant à stimuler le crédit à la production? Sur cette dernière question, M. Kouamé reconnaît que le rôle principal dévolu à la Banque Centrale concerne la stabilité monétaire et financière et non la mise en place d une politique de croissance économique. Toutefois, les considérations liées à la croissance ne sont pas étrangères à la fonction de banque centrale. Sur ce point, il convient de se rappeler qu en Haïti, le niveau de crédit n est pas toujours déterminé par les taux d intérêt. Il s en suit qu une hausse des taux d intérêt directeurs peut ne pas immédiatement affecter le crédit de façon négative. Des mesures visant à encourager l utilisation du «leasing», la mise en place de fonds de garantie partielle et des réformes dans un domaine comme le cadastre peuvent ainsi s avérer plus déterminantes pour la stimulation du crédit à la production. 9
10 IV- MINUTES DES PRESENTATIONS ET DES ATELIERS 4.1 Les Travaux de la Première Journée de la Conférence Thème I : Identification et minimisation des contraintes à l investissement, à la production et au crédit L EXPERIENCE DU FONDS DE GARANTIE PARTIELLE DES PME AU CHILI (FOGAPE) par M. Alessandro Bozzo. M. Alessandro Bozzo, à travers sa présentation de l expérience du FOGAPE (Fondo de Garantía para los Pequeños Empresarios) 2, a donné l exemple d une structure financière permettant de contourner les différentes contraintes au crédit bancaire et à l investissement dans le cadre de l économie émergente qu est le Chili. Créé en 1980 et géré par une banque publique, «Banco Estado», le FOGAPE joue le double rôle de fonds de garantie partielle pour les PME et de compagnie de réassurance des cautions accordées par les institutions de garantie réciproque. Le modèle utilisé par le FOGAPE a ceci de particulier que le fonds ne réalise pas lui même les analyses des risques des entreprises dont il entend se porter garant, laissant aux banques traitant avec les PME le soin de réaliser cette tâche. Ceci permet au FOGAPE de fonctionner avec un personnel réduit (8 employés) comparativement à des agences similaires opérant dans d autres pays de l Amérique Latine. Partant de ce modèle, les résultats obtenus par le FOGAPE tels que présentés par M. Bozzo témoignent de l impact significatif des actions du fonds sur les activités des PME chiliennes. En effet, alors que trois entreprises bénéficiaient de la garantie du FOGAPE en 1998, ce nombre est passé à environ 32 par année récemment. De plus, depuis 2000, 11 milliards de dollars de financement ont été accordés et 7,5 milliards de dollars de garantie ont été fournies. Les principaux secteurs bénéficiant de l appui du fonds étant le commerce, l agriculture et le transport., Alors que 63% des opérations du 2 Latin America's experience in credit growth to finance high-value-added projects : successful cases; approaches and strategies used. 10
11 FOGAPE visent à financer les fonds de roulement des PME, 37% sont destinés aux investissements de long terme. Une évaluation des résultats du FOGAPE 3 a fait ressortir l impact positif et significatif du fonds sur le volume de crédit obtenu par les PME ainsi que sur leur probabilité d accès au système financier formel dans la zone métropolitaine au Chili. Ainsi, le volume de crédit a cru de 40% sur la période considérée et 14% des clients accédaient pour la première fois au système financier formel. De plus, en moyenne, les entreprises bénéficiant de la caution du FOGAPE ont vu leurs ventes et leurs profits augmenter de 6% et de 4% respectivement. Il convient également de souligner la forte implication du FOGAPE dans le financement de concessions accordés par l État à des opérateurs privés dans le cadre de projets d infrastructures (routes à péage par exemple) notamment dans le cadre des programme de reconstruction faisant suite aux séismes ayant affecté le Chili. LES ENTRAVES A LA DISPENSE DU CREDIT EN HAITI par M. Maxime D. Charles. La présentation de M. Maxime D. Charles de l APB 4 a été l occasion de revenir sur les contraintes structurelles à l expansion du crédit au secteur privé. Après avoir présenté certaines caractéristiques majeures du système financier haïtien, à savoir la prépondérance du secteur bancaire dans le cadre d une petite économie dépendante des flux de transferts privés et de l aide internationale. C est dans ce cadre que viennent se greffer des contraintes structurelles majeures en dépit d une augmentation sensible du montant des prêts accordés par le système bancaire, lequel est passé de 23 milliards de gourdes en juillet 2005 à 65,9 milliards en mai Ces contraintes ont été regroupées en sept catégories : La pauvreté de l information financière Le manque de capital 3 Étude réalisée par Quiroz, Larrain et J. M. Benavente 4 Entraves à la dispense du crédit en Haïti 11
12 Le coût du crédit Les questions d identité Les faiblesses du système foncier Les déficiences du cadre légal Les carences du système judiciaire La pauvreté de l information financière La pauvreté de l information financière a été présentée comme découlant, entre autres, de la faiblesse de l information fiscale accompagnée d une rareté d états financiers fiables et de plans d affaires valables. Ces obstacles étant rendus plus criants par l absence de ressources fondamentales pour l évaluation de la situation financière de potentiels emprunteurs tels qu un Bureau de Crédit ainsi qu un plus grand nombre de cadres qualifiés et rompus à l exercice de l analyse des risques et opportunités associés à la dispense du crédit. Le manque de capital Le faible niveau actuel du stock de capital domestique a été décrit comme la résultante de catastrophes naturelles récurrentes et de nombreux épisodes de troubles sociopolitiques, tels que la période de l embargo. Cette confluence de chocs négatifs a conduit à une paupérisation croissante ainsi qu à la décapitalisation progressive des agents économiques. Le coût du crédit Les coûts administratifs tels que les commissions, agios et autres frais légaux (arpentage, enregistrements hypothécaires auprès des notaires, ) s additionnent aux couts infrastructurels (énergie, sécurité, ) substantiels et contribuent à maintenir des taux d intérêts élevés et à alourdir la charge supportée par les emprunteurs. Ces contraintes demeurent importantes malgré l adoption de mesures visant à les atténuer au lendemain du séisme de 2010 (élimination de réserves obligatoires sur le montant des fonds alloués au crédit immobilier, réduction des frais d enregistrement hypothécaires, ). 12
13 Les questions d identité L absence d un véritable système d identification nationale constitue un frein additionnel à l inclusion financière et à une plus large distribution du crédit, vu que les documents d identification valides et à jour demeurent rares. Ce problème est magnifié par la précarité de l habitat ainsi que la mobilité d une large couche de la population, laquelle n a fait qu augmenter suite au séisme de Les faiblesses du système foncier Cette déficience se retrouve également au niveau du système foncier, lequel est marqué par l absence de cadastre et des titres de propriété souvent contestés. De même, les risques élevés de squattérisassions et l absence de zoning soumettent les propriétés immobilières à une menace constante de réduction de leur valeur marchande. Les déficiences du cadre légal Malgré l adoption récente de certaines lois économiques (sur la copropriété par exemple), le corpus législatif dans ce domaine demeure insuffisant et inadapté. Le code de commerce date ainsi de plus de 50 ans alors qu il n existe pas de législation sur le commerce électronique. Le processus d adoption des nouvelles législations dans ce secteur demeure lourd alors qu une certaine réticence des juristes à faire évoluer les normes professionnelles est observée. Les carences du système judiciaire Le nombre de tribunaux n a pas augmenté en rapport avec la croissance de la population, la carence persistante en matériels de travail et le manque de formation des juges et de leurs auxiliaires font que le système judiciaire ne soit pas à même de répondre aux demandes que susciterait une croissance soutenue du crédit au secteur privé. 13
14 Perspectives et mesures à prendre En vue de minimiser les contraintes à la croissance du crédit, un ensemble de mesures devraient être envisagé telles que : Établir un système d identification fiable : en ayant recours aux informations disponibles auprès d acteurs sociaux tels que des employeurs, des associations diverses, des donateurs ou des églises ; Adopter de nouvelles lois à caractère économique : notamment dans le domaine des assurances, du bureau de crédit, du code de commerce et des loyers ; Renouveler régulièrement la loi bancaire et autres lois économiques en fonction des derniers développements sociaux, financiers et technologiques ; Raffermir, protéger le droit de propriété ; Promouvoir les modes alternatifs de résolution des conflits (comme c est le cas avec la Chambre de Conciliation et d Arbitrage) ; Améliorer la formation des juges et des agents para-légaux ; Réduire et plafonner les frais légaux ; Promouvoir la bonne gouvernance. Pour arriver à mettre en œuvre ce train de mesures, des changements d attitude au niveau des différents acteurs devraient se matérialiser. Ces changements concerneraient par exemple le renforcement du dialogue public-privé suivant le modèle adopté dans le cadre de l adoption de la «loi anti-blanchiment» par le parlement. Ils devraient également conduire au raffermissement des associations socioprofessionnelles, afin de permettre à leurs membres de se constituer en interlocuteurs majeurs auprès des décideurs (suivant l exemple récent de la réaction de l ATH à la suite de l obligation faite par la BRH de facturer en gourdes les transactions effectués sur les cartes de crédit domestiques). De façon générale, la responsabilité citoyenne devrait être promue en vue de favoriser l engagement des différentes couches de la société dans les débats publics. 14
15 L EXPERIENCE DES PAYS DE LA CARAÏBE DANS LA PROMOTION DU CREDIT AU SECTEUR PRIVE Par Dr. Alan Slusher. La présentation du Dr Alan Slusher de la Banque Centrale du Bélize visait à camper le cadre des petites économies ouvertes, tel que c est souvent le cas des pays de la Caraïbe, et de souligner comment leurs caractéristiques particulières peuvent nécessiter l adoption de mesures de politique monétaire non orthodoxes. Les petites économies ouvertes sont ainsi caractérisées par leur statut de preneurs de prix sur les marchés internationaux, tant à l export qu à l import. Dans ce contexte, les méthodes conventionnelles de la politique monétaire peuvent ne pas être adaptées puisqu elles ont été développées dans des économies de plus grande taille. Dans une optique de dépassement des obstacles au développement du crédit au secteur privé, des outils de politiques monétaires plus adaptés devraient être développés. CONCEPT ET PRATIQUE DE GOUVERNANCE ECONOMIQUE par Dr. Ludovic Comeau. Alors que d autres présentations de la conférence ont mis l accent sur la nécessité d améliorer la gouvernance afin de faire face aux contraintes structurelles au développement du crédit à des activités à haute valeur ajoutée, le Dr. Ludovic Comeau (De Paul University, Chicago) a voulu présenter un modèle à partir duquel une gouvernance de meilleure qualité pourrait émerger. Ces réflexions partent d un puzzle, à savoir, la croissance significative du crédit au cours des quatre dernières années n a pas été suivie d une croissance soutenue de l économie réelle. Après avoir défini la gouvernance économique comme «un système de gestion de la chose publique, stimulé par une vision stratégique de promouvoir le développement durable et d assurer le plus grand bien possible au plus grand nombre possible», il met en place les éléments de base d un modèle axé sur : 15
16 Le rôle majeur du paradigme de la politique générale en vue de dessiner une vision de long terme du développement économique; La nécessité de coopération entre l État et la Société civile en vue de concevoir ce paradigme et de mettre en œuvre cette nouvelle forme de gouvernance; La gestion des affaires publiques par des leaders visionnaires, compétents, intègres, stricts et authentiques (dans le sens de l importance accordée à l identité nationale et au patrimoine culturel). l importance de qualités spécifiques du leadership et de dimensions clés de la gouvernance elle-même (gouvernance appropriée) pour optimiser la stratégie retenue; Après avoir clarifié ces aspects qu il juge essentiels à la définition adéquate du concept de gouvernance économique, le modèle fait état de cinq dimensions jugées nécessaires pour fonder et évaluer la gouvernance économique. En l occurrence : 1. La protection du droit de propriété, qui sert d incitation majeure à l investissement productif ; 2. L exécution des contrats, qui fournit une garantie contre les postures opportunistes du type de ceux rencontrés dans des situations assimilables au «dilemme du prisonnier» ; 3. La prise en charge de l action collective par l état afin d éviter les problèmes de manque de fourniture de biens publics dus à la présence de resquilleurs (freeriders); 4. La mise en place de l état de droit suite au maintien d un climat de coopération favorable entre les différents acteurs de la société ; 5. La Nécessité d un État «fort» pratiquant une gouvernance de l équilibre entre la nécessité de coopération entre les acteurs du corps social et leur besoin d autonomie. CORPORATE BANKING, INVESTISSEMENT ET CREDIT A LA PRODUCTION par Madame Gladys Coupet. Dans une veine non sans rapport avec la présentation de Maxime D. Charles, Mme Gladys Coupet (BUH) analyse les raisons de la faiblesse du crédit accordé aux activités 16
17 productives comparativement à ceux orientés vers la commercialisation. Après avoir passé en revue le concept de banque d affaires (corporate banking), l importance de l investissement ainsi que la répartition du crédit actuel selon les secteurs d activités (plus de 40% au secteur des services contre 0,16% à l agriculture et 15,40% au secteur manufacturier), sa présentation a porté sur les caractéristiques du financement des grandes entreprises en Haïti, sur la réponse du secteur bancaire par rapport à la demande de crédit et sur les mesures à mettre en œuvre tant du côté du secteur public que de celui des banques en vue d encourager la production. Mme Coupet a également souligné l impact du relèvement des taux de réserves obligatoires et de son impact sur la liquidité bancaire ainsi que la capacité générale des banques à financer des activités à forte valeur ajoutée. Ainsi, alors que les entreprises haïtiennes d une taille assez considérable sont généralement adéquatement financées par le secteur bancaire, ces dernières hésitent à investir davantage en l absence d une politique claire de croissance et d un plan de relance économique, d une perception négative du «secteur privé» dans l opinion publique, des problèmes de compétitivité liés aux coûts des infrastructures (ports, électricité, etc.), du faible degré de confiance entre les secteurs privé et public ainsi que des délais et des coûts de transaction élevés (enregistrement d hypothèque, transfert de fonds, etc.). La présentatrice a également noté au passage que le secteur bancaire a su mieux répondre à la demande de crédit au cours des quatre dernières années, avec notamment un ratio de prêts sur dépôts passant de 26%, fin 2010 à 43% en mars La progression du crédit bancaire a néanmoins ralenti, si bien que le ratio sus cité est resté pratiquement inchangé entre septembre 2013 et mars À ce ralentissement tendanciel est venu s ajouter l effet de la hausse des taux de réserves obligatoires, accompagné d une exigence de couverture en gourdes de 50% sur les réserves en dollars. Cette dernière décision a eu pour effet de raréfier les liquidités en gourdes du système, diminuant ainsi de manière sensible l offre de fonds prêtables. D après Mme Coupet, si dans un contexte où les réformes structurelles en vue de relancer la production tardent à se matérialiser, la BRH «se voit obligée de protéger la monnaie 17
18 locale, avec un impact négatif sur la compétitivité nationale», une croissance significative du crédit au secteur productif ne pourra se faire dans un tel cadre de politique monétaire. Pour encourager la production, les initiatives à mettre en œuvre du côté du secteur public devraient tout d abord mettre l emploi et la croissance au centre des décisions gouvernementales. C est dans ce sens que la PDG de la BUH regrette que les décisions récentes d investissements dans les infrastructures routières, n aient pas adopté le revêtement en ardoquin en lieu et place de l asphalte alors que le premier a le double mérite d être plus intensif en main d œuvre et d utiliser des intrants locaux. Elle suggère également que les pouvoirs publics favorisent les entrepreneurs impliqués dans la production de biens et de services avec un impact social, en favorisant leur accès à du «capital intelligent», de travailler à améliorer le climat des affaires tel que mesuré par l indice «Doing Business». De même, dans la recherche d investisseurs étrangers potentiels, elle les invite à rechercher des «investisseurs de qualité» en lieu et place de ceux principalement intéressés par la disponibilité de la main d œuvre à bon marché. De façon générale, elle propose que les décideurs publics contribuent à une plus grande célébration de l entreprenariat et de l innovation au sein de la société en général. Par ailleurs, au niveau du secteur bancaire, encourager la production nécessiterait une plus forte coopération entre les banques de la place, à travers la provision de prêts syndiqués par exemple. Les banques devraient également développer une clientèle d «investisseurs» ayant accès à un marché financier secondaire en lieu et place de simples «déposants». De même, elles gagneraient à promouvoir beaucoup plus des instruments financiers tels que le crédit-bail qui permet d augmenter l offre de crédit tout en s assurant de la disponibilité d une garantie physique de la part de l emprunteur. Toutefois, Mme Coupet avance l hypothèse que la faiblesse du crédit à la production pourrait ne pas être la contrainte principale à une croissance soutenue de l économie réelle, car les banques locales font preuve d innovation quand des projets intéressants leurs sont présentés. L obstacle majeur se situerait plutôt au niveau de la capacité de 18
19 production de l économie haïtienne. Il s avèrerait donc nécessaire de créer un écosystème d entrepreneurs à partir d objectifs ambitieux tels : La création d un million d emplois dans les secteurs prioritaires; La construction de logements décents pour un millions de familles ; Le lancement d un million de PME qui aideraient entre autres à créer des emplois et à payer des taxes ; L éducation d un million de jeunes à travers la formation professionnelle et entrepreneuriale. CREDIT A LA MICRO-ENTREPRISE par M. Jocelyn St. Jean. Cette présentation s est articulée autour de l expérience de la fédération des caisses populaires, Le Levier. Après avoir présenté l historique et les objectifs de cette fédération qui rassemble 42 des plus importantes coopératives d épargne et de crédit du pays, il a passé en revue la composition du portefeuille de crédit en mettant l accent sur la présence de la fédération dans le monde rural. Par la suite, il a été présenté les points forts de «Le Levier», les contraintes auxquelles elle fait face ainsi que les perspectives à moyen terme ont été mis en exergue. Quoique le portefeuille du réseau soit dominé par le crédit commercial (34,56%), la tranche allouée à la production (agriculture, élevage et petite industrie 5 ) y occupe une place significativement plus importante (18,53%) que dans le cas des banques commerciales. L importance de l agriculture dans le crédit alloué à la production est patente puisque ce secteur d activité y compte pour 52,8%, soit un montant de gourdes, cela s explique aisément par le faite que le portefeuille de crédit du réseau se concentre à 58,8% dans les zones rurales. Parmi les points forts du réseau, M. Saint Jean a souligné sa couverture géographique et les relations de proximité qu elle entretient avec les sociétaires, l existence de produits de crédit adaptés aux besoins des membres, l utilisation d un réseau informatique commun par les différentes caisses membres ainsi que l accompagnement 5 La branche petite industrie regroupe des établissements tels les boulangeries, les usines à glace, les ateliers d ébénisterie, de menuiserie et de forgerons. 19
20 dont elles disposent au niveau de la fédération. Toutefois, plusieurs contraintes liées à la nature des MPME 6 haïtiennes. Ainsi, le faible nombre de MPME en milieu rural constitue un frein notable, alors qu un bonne partie des activités des caisses a lieu dans ce secteur. Les caisses se retrouvent également avec des ressources insuffisantes pour le développement à long terme des MPME clientes. De même que leur faible niveau de rendement dû, entre autres, à leurs faiblesses en termes de gestion interne, le faible niveau des garanties dont elles disposent limitent de façon significative le montant du crédit auquel elles peuvent prétendre. Le financement des entreprises en démarrage demeure limité vu que les projets soumis sont souvent non-viables, exigent un niveau élevé d investissement et que les potentiels entrepreneurs ne disposent pas de l expérience et des capitaux propres nécessaires. En soulignant les actions à poursuivre en vue de favoriser la croissance du crédit des caisses populaires à la production, M. Saint Jean a souligné, tout comme Mme Coupet l avait fait pour le secteur bancaire, l importance de reconnaître et promouvoir l esprit d entreprise, en particulier chez les jeunes et les femmes. Il encourage également l adoption de mesures visant à formaliser les entreprises de production tout en développant des programmes de supports spécifiques pour les micro-entreprises à fort potentiel. L approfondissement de la connaissance des différents milieux dans lesquels évoluent la clientèle s avère nécessaire, à la fois pour adapter les services offerts par les caisses aux expériences de financement antérieur et développer des approches de crédit différenciés selon qu on soit en milieu rural ou urbain. En ce qui a trait aux activités propres à la fédération, les caisses envisagent la création d un centre de traitement de crédit qui leur permettrait de mettre en commun leurs ressources financières (dans une optique similaire aux appels à l augmentation des prêts syndiqués dans le secteur bancaire) afin de faire face aux besoins de crédit additionnels de la clientèle. Des efforts de formation additionnelle devraient également être déployés au niveau des officiers de crédit travaillant avec les entreprises alors que le réseau s emploiera à développer des partenariats lui permettant d accéder à des 6 Micro Petites et Moyennes Entreprises. 20
21 capitaux à moyen et long terme, ainsi qu à des compétences utiles pour les services non financiers qu elle accorde. 4.2 LES TRAVAUX DE LA DEUXIEME JOURNEE DE LA CONFERENCE Thème II : Initiatives pour la modernisation du secteur financier INNOVATION ET DEVELOPPEMENT DES PME par M. Charles Clermont. Dans une présentation axée sur l importance des PME et le rôle de l innovation, M. Charles Clermont (SOFIHDES), a souligné comment le facteur innovation peut contribuer a la dynamisation du tissu économique et par ricochet à la modernisation du secteur financier. Au prime abord, il rappelle l importance des PME dans le cadre haïtien, non seulement du point de vue de leur impact sur la croissance et l emploi, mais aussi du fait que presque toutes les entreprises formelles d Haïti peuvent être considérées comme PME au regard de leur taille relativement modeste. Cette importance est également mise en exergue dans le Plan de Relance élaboré par la Commission Présidentielle pour la Croissance, lequel vise la création d un million d emplois en trois ans dans le monde rural et le secteur des PME. Les PME sont appelées à jouer ce rôle clé alors qu à l «âge de l information», le facteur stratégique de leur croissance est l innovation, entendue comme la «mise en œuvre d un produit (bien ou service) ou d un procédé nouveau ou sensiblement amélioré, d une nouvelle méthode de commercialisation, dans les pratiques d organisation du lieu du travail et des relations extérieures» 7. L innovation ainsi conçue peut prendre une forme incrémentale, ou disruptive selon l intensité des modifications qu elle introduit dans les produits, les services ou les processus de production ou de commercialisation. Partant du concept d innovation disruptive, M. Clermont confronte l objectif du maintien des équilibres, en particulier sur le plan macroéconomique, avec le processus de création destructrice (à la Schumpeter) qui souvent accompagne l innovation disruptive. 7 OCDE (2005), Oslo Manual, Guidelines for Collecting and Interpreting Innovation Data, Paris, OCDE et Eurostat. 21
22 Promouvoir une croissance économique soutenue en Haïti nécessiterait parfois, d après lui, des niveaux d innovation et de création destructrice allant à l encontre de la primauté des objectifs de stabilité macroéconomique. Autrement dit, les décideurs seront appelés à faire des choix entre des objectifs de croissance et de maintien des équilibres pas toujours compatibles. Dans le cadre d une politique de croissance, le support au développement des PME nécessiterait non seulement une reconnaissance de leurs spécificités (ressources limitées, flexibilité et forme organisationnelle plus organique) mais aussi la promotion de facteurs externes pouvant encourager l innovation (système national de support à l innovation, développement de grappes/clusters, recherche de clients et fournisseurs appropriés). En ce qui à trait au système national de support à l innovation, des formes d appui tant financiers que non financiers devraient être envisagées. On devrait toutefois adapter ce support aux nouvelles réalités et éviter de revenir par exemple à des schémas similaires à la BNDAI ou à la SOFHIDES telle qu elle fonctionnait à ses débuts. Ces différentes formes de support devraient aboutir à terme à l émergence de «champions nationaux», tel qu il a été le cas avec le CORFO pour l exploitation du saumon au Chili. La mise en place de grappes ou de clusters quant à elle nécessiterait de concentrer l action du gouvernement et des entreprises dans certaines régions particulières tout en cherchant à comprendre ce qui a fait le succès de certains pôles économiques dans d autres pays (Silicon Valley par exemple). De façon plus générale, M. Clermont a rappelé, qu à son avis que le développement du crédit n était pas nécessairement «la priorité» en vue d aboutir à la croissance de la production. Les supports non financiers aux jeunes entreprises (startups) pourrait ainsi se révéler plus fondamental en s assurant toutefois que ces entreprises ajustent leur fonctionnement aux contraintes et limitation de l environnement économique haïtien actuel. 22
23 HOW THE JAMAICA STOCK EXCHANGE COULD CONTRIBUTE IN THE DEEPENING OF THE HAITIAN FINANCIAL SECTOR par M. Leo Williams. Dans sa présentation, M. Leo Williams (Jamaica Stock Exchange) a relaté l expérience de la Bourse des Valeurs de la Jamaïque et nous a renseignés sur la manière dont elle pourrait aider Haïti à mettre en place un marché secondaire pour les titres financiers. Toutefois, afin de donner une meilleure idée de l épargne mobilisable par des bourses de la Caraïbe, le présentateur a commencé par dresser le profil économique des différentes diasporas originaires de la région. En effet, un nombre important de ressortissants de la Caraïbe réside dans des pays à hauts revenus, notamment aux États-Unis et cette population immigrée constitue une source de financement en supplément à l épargne domestique disponible. Les jamaïcains de l extérieur disposent ainsi d un revenu total de 60 milliards de dollars annuels, soit près de cinq fois le PIB de leur pays d origine, avec des dépôts bancaires estimés à environ 3 milliards de dollars É.-U. De son côté, la situation financière de la diaspora haïtienne aux États-Unis s est sensiblement améliorée, au point que le revenu moyen des ménages qui en font partie dépasse celui des afro-américains avec un revenu annuel estimé à 4 fois le PIB d Haïti. Au cours de ses 55 ans d existence, la bourse jamaïcaine a vu le nombre de titres transigés augmenter considérablement ainsi que sa capitalisation. D autres bourses régionales ont même connu une performance supérieure, telles que celles de la Barbade et de Trinidad. Le respect de règles strictes en termes de capacité financière et de transparence est exigé de la part des entreprises participantes qui doivent par exemple fournir des états financiers audités chaque trimestre. De nouveaux éléments de réglementation ont été également mis en place avec l adoption de la Jamaican Companies Act en 2005, lequel simplifie les procédures en termes de formation de société anonyme, restreint l accès des dirigeants des compagnies aux prêts personnels et impose des sanctions plus sévères en cas de délit d initiés. 23
24 Parmi les éléments indispensables à l existence d un marché boursier sur le modèle de celui de la Jamaïque, M. Williams a cité cinq acteurs clés en plus de la bourse ellemême, il s agit de : La Banque Centrale qui facilite le processus d échange de fonds et des mécanismes de compensation ; Le régulateur qui s assure du respect des normes par les différents acteurs ; Les courtiers (brokers) qui mettent relation les acheteurs et vendeurs de titres ; Les entreprises cotées à la bourse qui cherchent à attirer les investisseurs à partir de la qualité de leur gestion et des profits qu ils parviennent à délivrer ; L expertise locale qui comprend les firmes de services juridiques, les firmes de comptabilité et d audit, les fournisseurs de services informatiques. Pour ce qui concerne les étapes à suivre dans la mise en place du marché boursier, M. Williams rappelle que dans le cas jamaïcain, la Banque Centrale a été l initiateur alors que la régulation actuelle est assurée par une institution indépendante des autorités monétaires. Ce schéma peut toutefois varier d un contexte à l autre puisqu à Trinidad, par exemple, ce rôle est dévolu à la Banque Centrale. En Haïti, on pourrait envisager un modèle avec la Banque Centrale jouant le rôle de régulateur, les banques ou d autres institutions non-bancaires agissant à titre de courtiers alors que la bourse jamaïcaine aiderait de façon intérimaire à la gestion des opérations (tant du point de vue logiciel que matériel). Une autre option pourrait également être envisagée avec la création initiale d une bourse agricole ou des denrées agricoles pourraient être cotées et transigées, laquelle serait suivie de la mise en place de la bourse des valeurs mobilières proprement dite. En ce qui a trait aux titres à revenus fixes transigés sur le marché, on pourrait débuter avec les Bons BRH (en 2014), suivi des billets du Trésor Public (2015), des obligations (bons) du ministère des finances émises en gourdes (2016) et finalement ces mêmes obligations émises en dollars É.-U (2017). Pour les titres à revenu variable, les premières compagnies à être cotées pourrait être les entreprises les mieux établies (2014), suivi d entreprises de moindre envergure intéressées à une introduction en 24
25 bourse (IPO) ( ). Finalement la création du marché boursier haïtien nouvellement créé pourrait rejoindre la plateforme boursière caribéenne CXN conçue sur le modèle de l Euronext, bénéficiant ainsi d un marché plus large et de synergies importantes avec les autres bourses de la région. Sur les avantages procurés par l existence d un marché boursier, l intervenant a rappelé que ce dernier est un instrument stratégique permettant de : Réduire ou éliminer les prêts bancaires à taux d intérêt élevés ; D augmenter la taille de son entreprise en absorbant plus facilement des concurrents ; D utiliser les actions même de l entreprise comme moyen d échange lors des fusions ou des acquisitions ; D impliquer encore plus les employés d une entreprise en les transformant en propriétaires de cette dernière ; De réduire l impôt sur les sociétés pour une entreprise cotée ; De renforcer l image de marque d une entreprise, en utilisant le prestige conféré par le fait d être cotée en bourse ; De positionner l entreprise afin qu elle soit acquise ou financée par des investisseurs riches, compétents et à la recherche de partenariats. FINANCIAL INCLUSION STRATEGIES AND ECONOMIC GROWTH OPTIONS FOR HAITI par M. Juan Buchenau. Intervenant sur l inclusion financière, M. Juan Buchenau (Banque Mondiale) a souligné le lien existant entre ce concept et la croissance économique, il a décrit ensuite la situation haïtienne en termes d inclusion financière et a conclu en esquissant des éléments à mettre en œuvre afin d insérer un plus grand nombre d agents économiques dans le système financier haïtien. Pour illustrer l impact de l inclusion financière sur la croissance, il a utilisé les exemples du Kenya et du Malawi où l accès à des instruments d épargne a permis d augmenter 25
26 l investissement des femmes entrepreneures ainsi que leurs dépenses de consommation privée (Kenya) et de favoriser une plus grande utilisation d inputs et des récoltes plus abondantes dans le secteur agricole (Malawi). D autres travaux de recherche ont aussi montré que l accès à des outils d assurance et de paiement (monnaie électronique par exemple) permet de mieux faire face au risque. Dans un registre similaire, l ouverture de succursales de Banco Azteca au Mexique a eu des impacts significatifs sur la croissance économique des régions hôtes (+7% en moyenne), alors qu en Inde, l installation de succursales dans des localités qui en étaient dépourvues a permis de réduire la pauvreté en milieu rural. De façon plus générale, un système financier plus développé est associé à des taux de croissance économique plus élevés 8 alors qu une augmentation de la part du ratio crédit sur PIB est associée à un niveau plus faible d inégalité de revenus. 9 Les chiffres disponibles pour Haïti font état de 27% de la population de 18 ans et plus disposant d un compte auprès d une institution bancaire ou d une caisse populaire alors que 33% n ont pas d accès aux prêts de façon formelle ou informelle. Ce faible niveau d accès aux produits financiers est dû non seulement aux taux élevé de pauvreté mais aussi au niveau relativement faible d éducation. Il faudrait donc que des fournisseurs de services financiers désireux d élargir leur clientèle adapte leur capacité à gérer des transactions de petite envergure et puissent mettre en œuvre des programmes d éducation financière. La difficulté du système financier à atteindre la population est d autant plus patente quand on se rend compte du nombre réduit de point d accès à des services financiers. Ainsi le territoire haïtien ne dispose en tout que de : 175 succursales de banques 53 guichets automatiques (ATM) 97 succursales de caisses populaires 172 succursales et point de service des institutions de micro finance 8 Honohan, Patrick, and Thorsten Beck Making Finance Work for Africa. Washington, D.C.: World Bank Group 9 Thorsten, Aslı Demirgüç-Kunt,and Ross Levine Finance, Inequality, and the Poor, Journal of Economic Growth, Vol. 12 (1). 26
27 Ce niveau réduit de disponibilité de services financiers est d autant plus criant quant on sait que la majorité de ces services sont concentrées dans la zone métropolitaine. Toutefois, il existe un nombre grandissant de point d accès aux transferts (807) et à la monnaie électronique (900 points d accès). Ces différents points d accès peuvent donc à la longue s étendre à d autres services et finalement entraîner une augmentation de la gamme des services financiers offerts. Afin d insérer un plus grand nombre d agents économiques dans le système financier, il faudrait rassembler les parties prenantes intéressées à l objectif d inclusion financière (Gouvernement, Banque Centrale, fournisseurs de services financiers) afin de définir des objectifs mesurables et de déterminer à quel niveau chaque intervenant peut apporter sa contribution. Toutefois de nombreux obstacles demeurent en ce qui a trait à : La croissance et l intégration des points d accès non reliés au secteur bancaire L éducation financière et la protection des consommateurs Les conditions accompagnant l obtention d un prêt Le développement de produits financiers adéquats et accessibles Le renforcement de la supervision des entités desservant les ménages à faible revenus. La mise sur pied d un système d identification nationale M. Buchenau a toutefois reconnu que durant ces dernières années, des efforts ont été réalisés afin : D adopter ou de modifier la législation concernant les assurances, le bureau de crédit, les transactions sécurisées Les banques, les coopératives et les institutions de microfinance continuent de développer de nouveaux produits financiers. Les services de monnaie électronique (mobile banking) ont été introduits 27
28 Toutefois, beaucoup reste à faire au niveau des différentes parties prenantes afin d aboutir à un plan d action clair définissant les priorités et des cibles mesurables. Ce plan devrait prendre en compte les réformes légales en cours. 28
29 Thème III : Secteurs Porteurs Identifiés ; Opportunités et Obstacles L EXPERIENCE DU FINANCEMENT ET D ASSURANCE AGRICOLE EN HAÏTI par M. Claude Lapointe. La présentation de M. Claude Lapointe a concerné l expérience pionnière du SYFAAH (Système de financement et d assurances agricoles en Haïti). Après avoir présenté les résultats attendus de l expérience, les acteurs et le cadre logique du projet, il a mis en exergue les composantes touchant au crédit, au Fonds d assurance prêts en Haïti (FAPAH) et au Programme d assurance récolte, ainsi que le travail réalisé par les Conseillers techniques en gestion. Il a conclu en décrivant les revenus générés par le projet ainsi que les projections en termes de résultats. Les résultats attendus de la mise en place du SYFAAH étaient : 1) Une plus grande assistance technique aux agro - entrepreneurs 2) Le développement d institutions financières qui soient à même de fournir du crédit agricole 3) La mise en place d un système centralisé d assurance prêt géré en tout ou en partie par l État 4) La mise en place d un système d assurance récolte, géré en tout ou en partie par l État 5) L instauration d un cadre légal et règlementaire favorisant davantage le développement du secteur agricole. L expérience s est étalée sur deux ans et devrait couvrir deux phases, la première (Expérimentation et mise au point dans les départements de l Ouest et de l Artibonite avec une priorité accordée aux filières suivantes : riz, banane, mangue, cultures maraichères, volaille) allant de mai 2011 à mai 2014 et la seconde (Extension et déploiement) allant du 6 mai 2014 à au 30 juin Pour ce faire, Desjardins International s est liée avec des partenaires le Ministère de l Agriculture (partenaire principal), le Ministère Canadien des Affaires Étrangères, la Financière Agricole du Québec et l IICA. Pour ce qui est du cadre logique du projet, alors que Desjardins 29
30 International s occupe de l implantation service de crédit agricole, la Financière Agricole du Québec est chargée de l opération des mécanismes d assurance prêts et d assurance agricole (volet récolte, alors que l IICA assure la formation des agroentrepreneurs haïtiens (les outils et instruments de formation devant être transférés au MARDR à terme) tout en appuyant le Ministère de l Agriculture dans l élaboration et la mise en place de politiques de financement agricole. Pour le volet crédit agricole du projet, les trois institutions financières locales participantes (ACME, Le Levier et SOGESOL), ont couvert un total de 30 points de service, lesquelles ont été desservies par 46 officiers de crédit. Le nombre de crédits autorisés au 30 mars 2014 était de alors que le volume de crédit distribué atteignait 492, 2 millions de gourdes. Quant au volet assurance prêt agricole (FAPAH), deux partenaires financiers locaux y ont pris part en couvrant prêts pour un volume de 174,2 millions de gourdes. L encours réel du fonds est, toutefois, de 92,69 millions de gourdes avec prêts actifs. Pour le volet assurance récolte (ASREC), l objectif est de protéger les agroentrepreneurs contre les pertes de rendement dus aux incidents climatiques et naturels, et aux fins d expérimentation, le riz a été choisi comme filière prioritaire. Dans le cadre du projet pilote de ce volet, 90 producteurs rizicoles ont été suivis, ce qui a permis d acquérir des données utiles sur les rendements, les coûts de production et les pratiques agricoles. Cette première phase du projet pilote a été également l occasion de développer une expertise haïtienne au niveau des agents évaluateurs et d affiner les processus opérationnels en termes d adhésion des producteurs, de détermination des intérêts assurables et de mesures de rendement. Au niveau de la deuxième phase, une mise à l essai a été réalisée en vue de toucher 300 producteurs rizicoles dans une localité située au nord de Pont Sondé. Cette phase a été l occasion de paiements de primes et d indemnisation, de suivi de rendements et de dissémination d information à l intention des producteurs rizicoles. Des démarches impliquant le SYFAAH, le MARNDR, de même qu un assureur local sont actuellement entreprises en vue de pérenniser l expérience et d aboutir à un système national d assurance récolte. 30
31 A souligner que durant la présentation, un accent particulier a été mis sur le travail réalisé par les Conseillers Techniques en Gestion (CTG), lesquels assistent les agro entrepreneurs en termes de gestion et de gouvernance d entreprise, de la mise aux normes, du marketing et des techniques de production. INDUSTRIE TOURISTIQUE, CONTRAINTES ET PERSPECTIVES par M. Pierre Chauvet. Dans sa présentation des contraintes et perspectives du secteur touristique, M. Pierre Chauvet (Agence Citadelle) a commencé par passer en revue les principaux maillons de la chaîne de valeurs de l industrie touristique pour ensuite faire un survol de son historique en Haïti. Il a par la suite dressé l inventaire des contraintes auxquels les opérateurs font face et ainsi que celui mesures qui pourraient favoriser une augmentation substantielle de l offre de crédit vers ce secteur. Après le survol des maillons (transport, hébergement, restauration, loisirs, intermédiation), son survol historique a notamment souligné l incompréhension des décideurs et du secteur des affaires quant à l importance de l «image pays» et du potentiel de l industrie touristique en tant que générateur de devises. Cette incompréhension de l industrie a été concomitante à l émergence de Cuba et de la République Dominicaine en tant qu acteurs majeurs du tourisme caribéen. Un plan directeur du tourisme a été lancé en 1996, il souffre toutefois de manque de volonté politique, de déficits de suivi et de volonté citoyenne. De plus, un certain flou règne autour de ce qui devrait constituer un plan, un programme ou un projet dans ce secteur. En ce qui a trait à la faiblesse du cadre légal, l intervenant a cité, entre autres : Le faible nombre d opérateurs disposant de patentes L absence de règles du jeu claires, de code de conduite et d éthique L absence de certaines activités liées au tourisme dans la liste du code des investissements 31
32 Un code des investissements perçu comme étant biaisé en faveur des nouvelles entreprises alors que «les operateurs touristiques déjà existants ont du mal à obtenir certaines facilités». Les codes de commerce, le code fiscal et autres règles du jeu ne laissent trop de possibilités d interprétation subjectives de la part de certains agents de la fonction publique, conduisant ainsi à des conflits et des frustrations de toutes sortes A ces insuffisances de la réglementation, M. Chauvet a cité comme contrainte la rareté de main d œuvre haïtienne formée et expérimentée techniques et administratifs détenus actuellement par des expatriés. afin de combler les postes Afin d augmenter de façon significative la part du crédit alloué au secteur touristique, il propose : Une plus grande formalisation des activités des acteurs du secteur ; L obligation pour les PME touristiques de disposer de gestionnaires et de techniciens professionnels, recyclés régulièrement; L instauration de taux d intérêt fixes sur un nombre d années pour les prêts allant au secteur touristique ; L accès à des prêts à taux privilégiés pour les investisseurs du secteur. S inspirer des modèles développés par les pays ayant réussi dans le secteur tout en les adaptant au milieu haïtien ; Améliorer les infrastructures portuaires et aéroportuaires afin de faciliter le transport des biens, attirer les opérateurs et par ricochet rendre le secteur plus intéressant aux potentiels investisseurs. Résoudre les problèmes se posant au niveau du système foncier ; «S assurer que les avancées du secteur touristique depuis ces dernières années puissent transcender les futurs gouvernements» et ainsi développer une vision de long terme du secteur. 32
33 PROGRAMMES DE PRODUCTION ANIMALE : LE CAS DE L AVICULTURE par Dr. Michel Chancy. Dans sa présentation, le Dr. Michel Chancy (Secrétairerie d État à la Production Animale) a fait état des programmes de production aviaire à mettre en œuvre sur la période Ces programmes, d une façon générale, visent à l augmentation de l offre de produits locaux et des revenus des agriculteurs pour finalement aboutir à une amélioration de la balance des paiements et des conditions de vie ainsi qu une gestion durable de l environnement. Après avoir présenté ces objectifs, le Dr. Chancy a décrit la situation actuelle, les contraintes majeures auxquelles le secteur fait face et les choix stratégiques que les autorités ont du récemment effectuer. La situation dans la filière d œufs est caractérisée par une production nationale de 3 millions d unités par mois, alors que les importations mensuelles se chiffrent à 45 millions d unités, soit 40 millions en provenance de la République Dominicaine (contrebande) et 5 millions des États-Unis. Pour ce qui est des poulets de chair, 12,5 millions sont importés mensuellement pour une valeur de 30 millions de dollars alors que la production nationale se chiffre à 2,4 millions d unités. Quant aux poules créoles, ils représentent un marché local annuel de 50 millions de dollars pour 5 à 7 millions de poulets par an. 2,1 millions d œufs indigènes sont produits mensuellement par ces poules et ce marché est évalué à 5,3 millions de dollars. De façon globale, la valeur totale des importations de produits avicoles est de millions par année. Des contraintes majeures ont été identifiées pour chaque segment de marché. Pour les œufs il s agit de : La contrebande en provenance de la République Dominicaine avec des œufs non frais à prix de dumping ; La faible capacité de production de poulettes de remplacement (10$ par poulette); L utilisation d aliments importés très onéreux, dû notamment à l étroitesse du marché, ce qui empêche par exemple l importation de grands volumes de soja 33
34 non empaqueté qui permettrait de réduire le coût unitaire (80% des coûts de production sont ainsi liées à l alimentation). Pour les poulets de chair, ces contraintes concernent : L importation de volumes importants de morceaux de volaille à prix de dumping ; L absence d abattoirs modernes. En ce qui a trait aux poules dites créoles, il s agit plutôt de : La prévalence de la maladie de Newcastle et de variole ; La faible productivité des races locales. Si les deux dernières années ont vu une augmentation sensible du nombre de poules pondeuses, lequel est passé de à , beaucoup reste encore à faire. Ainsi le besoin actuel de poules pondeuses se situe autour de 1,3 million alors que 15 millions de poulets de chair seraient nécessaire pour répondre aux besoins de la clientèle (production nationale de 2,4 millions). Afin d augmenter la production céréalière et réduire les importations d aliments pour les volailles, hectares de maïs devraient être mis en culture à raison d une production de 2,5 TM/ hectare. Des sources alternatives de protéines devraient également être développées pour l alimentation des volailles et en ce sens des travaux sont en cours sur la production de jatropha comestible et le moringa oelifera. La protection du marché par rapport à la contrebande en provenance de la République Dominicaine s est également avérée nécessaire avec l augmentation des taxes à l importation des produits avicoles depuis Tenant compte de cette situation, les autorités travaillent au renforcement et à l amélioration de la fonctionnalité des liens existant entre les différents acteurs de la filière. Des mesures incitatives sont également à l étude en vue de : Favoriser l accès des entrepreneurs du secteur à du crédit à taux préférentiel ; La mise à disposition des entrepreneurs de structures de garanties partielles ; Renforcer les infrastructures de production aux bénéfices des petits producteurs ; 34
35 Promouvoir et accorder du crédit en nature aux petits producteurs à travers des associations structurées ; Mettre en place un fonds de roulement aux bénéfices des petits producteurs pour l approvisionnement en intrants ; Créer des sociétés mixtes en partenariat avec l Etat. SUSTAINABLE COMMUNITY DEVELOPMENT AND LONG TERM GROWTH IN HAITI par M. Emmanuel Stefanakis. Dans sa présentation, M. Emmanuel Stefanakis (Sustainable Strategies International) a relaté une expérience pilote menée en partenariat avec la BRH autour d une communauté modèle axée sur la mise en application des principes du développement durable. Après avoir défini le développement durable comme une transformation tenant compte des besoins des générations actuelles sans remettre en compte les besoins des générations futures, l intervenant a dressé la liste des objectifs du projet, à savoir : La substitution des importations, ce qui devait permettre de créer entre à emplois à travers l augmentation de la production nationale ; La réduction de la dépendance et l amélioration de la sécurité alimentaire ; La réduction des vulnérabilités face aux chocs externes, notamment en termes de sécurité énergétique ; L innovation et l alignement avec les objectifs du gouvernement au niveau de l agriculture, du secteur de la construction, du développement secteur privé et du tourisme. Le projet pilote devrait avoir des effets positifs non seulement sur l agriculture, mais aussi sur la situation socio-économique de la classe moyenne. Cette dernière est définie comme l ensemble des ménages disposant de revenus situés entre 500 dollars et 4000 dollars par mois (soit 7% des ménages au niveau national et 23% de ceux de la zone métropolitaine). Cette tranche de la population contribue a alimenter une demande de remplacement de logement estimée à unités, auquel vient s ajouter une demande annuelle de unités. Cette demande de logements nécessite la mise en 35
36 place d un cadre institutionnel pour le développement du secteur immobilier, l adoption de techniques de construction efficientes en termes de coûts ainsi qu une offre de financement adaptée. Le plan des communautés pilotes à mettre sur pied ainsi que les partenariats envisagés avec différents types d acteurs (YMCA, Franklin Institute of Technology, Harvard Telemedicine Center, International Institute of Boston, Deutsche Bank Foundation) ont été présentés. POLITIQUES PUBLIQUES, COOPERATION INTERNATIONALE ET PRODUCTION NATIONALE par M. Raymond Lafontant. Au cours de cette intervention, M. Raymond Lafontant Jr. (Consultant auprès de l OMC) a comparé Haïti avec ses principaux compétiteurs sur le marché de l assemblage de produits textiles, passe en revue les principaux engagements commerciaux auxquels prend part le pays, les partenaires majeurs en termes d aide au développement, les résultats obtenus à partir de la coopération internationale au cours des dernières années ainsi que six facteurs qu il considère comme étant des contraintes structurantes pour le pays. Ainsi les indicateurs économiques d Haïti ont été comparés avec ceux du Guatemala, du Honduras, Du Salvador, de la République Dominicaine, du Sri Lanka et du Cambodge, ce qui a fait ressortir les déficits institutionnels et infrastructurels mettant Haïti en situation de désavantage par rapports à ces pays où l assemblage de vêtements constitue un secteur d exportation majeur. En ce qui a trait aux engagements commerciaux internationaux, M. Lafontant en a distingué deux grands types : ceux faisant l objet d accords (OMC, CARICOM, APE) et ceux offrant des avantages divers sans obligation de réciprocité (CBI, HOPE/HELP). Pour ce qui est des partenaires internationaux, il les a répartis en trois types : les bilatéraux traditionnels (États-Unis, France, Canada, UE), les bilatéraux spéciaux (Taiwan, Venezuela, Cuba, UNASUR) ainsi que les institutions de Bretton Woods et 36
37 affiliés (FMI, Banque Mondiale, BID). Il a remarqué au passage que la coopération internationale semblait être plus efficace pour les affaires dans les années 1980 qui ont vu, entre autres, la création du FDI, de la SOFIHDES, de la BCI (ancêtre de la Capital Bank). Toutefois, les années récentes ont été témoin d un regain de dynamisme au niveau de la SFI qui est intervenue par exemple dans la mise sur pied du Parc Industriel de Caracol. Il reconnait néanmoins que les différentes promesses de décaissements (pledges) de ces dernières années (1994, 2004, 2010) en termes de financement ne se sont pas vraiment matérialisées et ne facilitent pas ainsi la bonne marche de l économie réelle. Les six contraintes structurelles énumérées ont été les suivantes : Une perception du risque politique très élevée entrainant des anticipations négatives du monde des affaires ; Les problèmes liés au droit de propriété ; L absence d un système d identification citoyenne ; La faible dimension et la précarité du marché ; L insécurité ; Un état faible ou, dans de nombreux cas, absent. Vu ces contraintes, une entreprise en démarrage (start-up) dans le contexte haïtien ne peut compter que sur ses propres forces. Toutefois, il est essentiel d élargir la classe des entrepreneurs formels, en leur offrant un traitement et un accompagnement différenciés. Dans la même veine, un fonds pour les études de faisabilité des projets du secteur privé et leur accompagnement pourrait être mis en place. L obligation pourrait également être faite à l administration publique d acheter autant que possible des biens de fabrication haïtienne. Il conviendrait également selon M. Lafontant d orienter les travaux du Fonds d Entretien Routier et des autres fonds d infrastructures vers les besoins des entreprises et un peu moins vers ceux des ménages. Des interventions de l état pourraient également être envisagées afin de réaliser un inventaire exhaustif des richesses du sous-sol ou par exemple afin de garantir des investissements agricoles non spéculatifs. 37
38 REFLEXIONS SUR LA PRODUCTION HAÏTIENNE : COUP D ŒIL SUR 25 ANS D HISTOIRE par M. Pierre Marie Boisson La présentation de Pierre Marie Boisson (SOGESOL) a été l occasion de partager le fruit de ses réflexions sur l histoire économique haïtienne au cours des 25 dernières années et de réaliser un plaidoyer pour un cadre macroéconomique, selon lui, plus adapté aux objectifs de croissance de l économie. M. Boisson a ainsi rappelé la hausse tendancielle du secteur tertiaire entre 1988 et 2013 alors que les secteurs primaire et secondaire ont vu leurs parts décliner (de 31% à 24% et de 23% à 18% respectivement sur la même période). Dans le cas du secteur secondaire, le recul est encore plus marqué quand on exclut le secteur de la construction pour uniquement considérer les industries manufacturières dont la contribution au PIB a chuté de 6 points de pourcentage pour se fixer à 8% en De façon concomitante les transferts privés ainsi que l aide externe se sont imposées comme des sources de devises majeures alors que les importations accusaient une hausse conséquente (+11,6% entre 2003 et 2013). En sus du déclin de l agriculture, de la croissance des transferts ainsi que celui des importations l intervenant a ajouté aux grandes mutations de la période, la paupérisation rurale grandissante, l urbanisation croissante et taux de migration externe nette atteignant le chiffre de 4,2 / C est dans le cadre façonné par ces mutations que se sont insérées des politiques publiques visant surtout la stabilisation macroéconomique. Toutefois, la confluence de ces politiques et de l afflux de devises générées par les flux internationaux sus citées ont conduit à une appréciation réelle de la monnaie locale. Cette appréciation de la gourde conjuguée à l augmentation des coûts élevés (électricité, construction, salaires, transport), l instabilité politique et aux déficiences administratives, ont conduit à la détérioration de la compétitivité nationale. En témoigne, le fait qu aucun parc industriel privé n ait été construit durant ces 25 dernières années. M. Boisson s est ensuite engagé dans une comparaison entre Haïti et la République Dominicaine. Les faiblesses affichées par l économie haïtienne se sont révélés à cette 38
39 occasion, encore plus patents quand on tient compte des similitudes entre les deux pays en terme de taille de la population, d histoire partagée et d une même proximité par rapport au marché américain. Fort de ce constat, M. Boisson a présenté une vision tenant compte des opportunités en attente d être exploitées en Haïti. Cette vision qui s étale sur un horizon de cinq ans vise le développement de secteurs tels : Les infrastructures; L habillement et les exportations légères ; Le tourisme, l artisanat et la culture ; La culture de fruits, de légumes, de racines et de tubercules ; L élevage. Les politiques publiques prioritaires s articuleraient autour de : La création d emplois à partir de partenariats public-privé ; La compétitivité ; Le développement humain ; La subvention au logement ; La protection de l environnement ; L état de droit. Dans le cadre du plaidoyer pour un cadre macroéconomique adapté, M. Boisson rappelle que la base fiscale nécessaire pour permettre l action efficace de l état ne s obtiendra que si création d emplois et croissance économique se matérialisent. Cette croissance s obtiendra à partir de l investissement privé, lequel est fonction de la rentabilité des projets et de la perception du risque qui y est associé. Ce cadre macroéconomique devra inciter des investissements tournés vers les exportations et la substitution aux importations, d où l importance particulière à accorder à la compétitivité internationale du pays. 39
40 En vue d améliorer cette compétitivité, la politique monétaire devrait être adaptée en vue de ne pas conduire à des appréciations réelles non désirables de la monnaie nationale. Des actions devraient également être menées au niveau de secteurs tels l énergie et les transports afin de réduire les coûts et favoriser la disponibilité des facteurs en ciblant des régions précises qui viendrait constituer des Zones Économiques Spéciales. De même, les décideurs devraient adopter une attitude favorable au maintien d un climat des affaires propice à l investissement. RÉACTIONS DU PUBLIC Réaction du Gouverneur Charles Castel à l intervention de Pierre Marie Boisson Dans son intervention, le Gouverneur a souligné que la compétitivité allait au-delà de la question de la surévaluation ou non du taux de change réel pour intégrer par exemple des questions liées à la disponibilité des infrastructures. En même temps, il avoue comprendre les appréhensions de M. Boisson sur ce point tout en reconnaissant que des interventions pour empêcher une surévaluation de la gourde doivent se faire au moment adéquat. En l absence d un secteur productif suffisamment large et au regard de la prépondérance actuelle des importations dans l offre globale, la BRH se trouve obligée de contenir des rythmes de dépréciation trop rapides en «gardant la maison de façon conservatrice». En même temps, la politique monétaire a ses limites et ne saurait à elle seule faire face aux problèmes de compétitivité de l économie haïtienne. Il n y aurait pas de différences de vues substantielles entre les deux points de vue, mais plutôt des différences en ce qui a trait au timing des mesures à adopter afin d éviter une surévaluation qui serait préjudiciable à la compétitivité. Réaction du Représentant Résident du FMI, M. Wayne Camard, par rapport à l intervention de Pierre Marie Boisson M. Camard fait remarquer qu il intervient pour compléter les propos du Gouverneur et que dans l éventualité d une dépréciation substantielle de la gourde, des pressions 40
41 inflationnistes se feraient sentir. Vu le poids des importations alimentaires dans les importations totales, les conséquences pourraient être néfastes pour une bonne partie de la population. La recherche de la compétitivité devrait donc être menée dans d autres domaines tels la réduction du coût des infrastructures telles l électricité. Autres interventions M. William Savary avance que pour parler du crédit il faut disposer de marchés de capitaux pouvant aider à dissiper les risques. Réponse de Pierre Marie Boisson M. Boisson fait remarquer que les flux d investissement allant vers la République Dominicaine sont dus à un meilleur climat des affaires et que si Haïti arrivait à créer un tel climat, les résultats seraient bien meilleurs. Sur la question de la surévaluation du taux de change, il rappelle que le prix est la première variable à laquelle s intéresse un entrepreneur avant de se décider à investir. Or l évolution du taux de change en Haïti fait que les biens et services qui y sont fabriqués soient plus chers sur les marchés internationaux. Par contre, en République Dominicaine, le taux de change est passé de 1,20 peso pour un dollar à la fin des années 1970 pour aboutir à environ 43 pesos pour un dollar actuellement, soit un taux de dépréciation nettement supérieur à celui qui a été observé en Haïti et ce facteur a contribué à la compétitivité de l économie dominicaine. Vers 1994, la Côte d Ivoire a connu une forte dépréciation du franc CFA, ceci a contribué à une poussée momentanée de l inflation, mais on n a pas observé de tensions inflationnistes sur une longue période. Suite à la dépréciation, les importations ont baissé et l inflation a fini par se stabiliser. Intervention d un membre du public Un membre de l assistance avance que d après les idées développées par M. Boisson, le développement d Haïti passe par une plus grande orientation de l economie vers 41
42 l extérieur. Toutefois, l économie s est tournée vers l extérieur au cours de ces dernières années avec des résultats peu satisfaisants, pourquoi alors poursuivre dans cette voie? Réponse de M. Boisson M. Boisson répond que l ouverture d Haïti vers l extérieur s est faite à travers l importation de produits étrangers. Il existe peut être un argument pour protéger l agriculture. Par exemple, les taux de protection en République Dominicaine sont de l ordre de 30-40%, toutefois, il faudrait éviter de fixer les taux de protection vers des niveaux qui favoriseraient la contrebande. Intervention de Kesner Pharel M. Pharel souligne qu une plus grande participation des juristes, des notaires, des organisations internationales et des banques centrales régionales auraient été souhaitable. 42
43 V- QUELQUES RECOMMANDATIONS ISSUES DE LA CONFÉRENCE Au regard de la question fondamentale qui a suscité la réalisation de cette conférence à savoir quelles sont les stratégies à adopter en vue de dynamiser le crédit à la production en Haïti, les intervenants ont proposé quelques pistes de solutions : Alessandro Bozzo propose le système de réassurance avec un certificat de garantie, étant donné que les banques demandent généralement des garanties pour accorder du crédit aux entreprises. M. Maxime D. Charles pense qu'il faut diminuer les entraves à la dispense du crédit : établir un système d identification fiable, corriger les faiblesses du foncier (absence de cadastre, précarité des titres de propriété), passer de nouvelles lois (assurances, bureau de crédit, code commerce, loyers), raffermir le droit de propriété, réduire les frais légaux, promouvoir les modes alternatifs de résolution de conflits, améliorer la formation des juges et des para-légaux, promouvoir la bonne gouvernance. Pour le Docteur Ludovic Comeau Jr., Haïti doit surtout chercher à attirer les investissements étrangers, mais avant, il faut changer de paradigme et mettre de l'ordre dans la gouvernance économique (protection du droit de propriété, exécution des contrats, prise en charge de l'action collective) Mme Gladys Coupet pense que les grandes entreprises n'ont pas de problème à financer les investissements qu'elles trouvent généralement dans le secteur bancaire. Le problème vient de ce qu'elles ne s'intéressent pas à produire. Le secteur bancaire a peu de moyens pour faire du crédit. Pour augmenter le crédit à la production, dit-elle, la BRH devrait desserrer l'étau sur les réserves obligatoires pour rendre disponible plus de liquidité pour les banques. Il faut aussi une politique claire de croissance, créer un marché secondaire, cibler des investisseurs de qualité intéressés à autre chose que le "cheap labor", créer 1,000,000 d'emplois dans les secteurs jugés prioritaires. M. Jocelyn St. Jean pense que les banques ont montré leurs limites et qu'il faut adopter la philosophie des caisses populaires. Celles-ci sont les seules à 43
44 s'intéresser à l'agriculture. Les caisses étant la propriété de plus de 52% du secteur rural, et parce que les usagers sont les vrais propriétaires, elles s'intéressent donc à la préoccupation de leurs membres. Pour faire plus dans le secteur de production, les caisses populaires veulent trouver des capitaux à moyen et long terme. M. St. Jean pense aussi à la syndicalisation des caisses pour mieux desservir certains marchés. M. Fritz Duroseau pense qu'il faut réduire l'asymétrie de l'information entre les offreurs et les demandeurs de financement pour augmenter le crédit à la production. Selon lui, la BRH pourrait accepter de discriminer le taux de réserves obligatoires en faveur des prêts aux secteurs porteurs lorsque les banques auront établi la viabilité des projets y associés. Pour M. Charles Clermont, il ne faut pas se concentrer sur le crédit car le crédit se développera de toute manière. Dans le temps, dit-il, le crédit était abondant, cela n'avait pas contribué à augmenter la production. Il faut plutôt essayer de développer de nouvelles entreprises, des PME innovantes. Il s agit aussi de déterminer quel type de production on veut promouvoir. La relance du crédit et la préservation des grands équilibres macroéconomiques ne marchent pas de pair pour un pays comme Haïti. On ne peut pas tout résoudre en regardant simplement la politique macroéconomique. Il faut passer de l'innovation incrémentale à l'innovation radicale (disruptive). Et si on veut avoir un taux de croissance à deux chiffres, il ne faut pas refuser un taux d'inflation à deux chiffres. Des épisodes de déséquilibre sont indispensables. Pour Pierre-Marie Boisson, c est la demande qui détermine le crédit. L investisseur privé investit si les prix sont attrayants. La conférence devrait aussi, selon lui, déterminer les secteurs de production qu il faut finance. Et, il a fait une proposition relative aux secteurs de production à financer qui sont : l'infrastructure, la reconstruction, l habillement, les exportations légères, le tourisme, l artisanat, la culture, les fruits et légumes, les racines et tubercules, l élevage. 44
45 VI.- BIOGRAPHIES DES INTERVENANTS Dr. Auguste Tano Kouamé Dr. Auguste Tano Kouamé occupe actuellement le poste d économiste principal et économiste en chef par intérim pour le Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) à la Banque Mondiale (BM) depuis juillet Auparavant, il a travaillé dans la région MENA en tant qu Economiste Senior pour la Tunisie et a été membre de l'équipe du Département de recherche de la Banque Mondiale, lequel a préparé le rapport sur le développement mondial sur «Les connaissances pour le développement». Il a également été le représentant de la Banque en Haïti et Senior Country Economist pour trois pays de la région d Amérique Latine et des Caraïbes. Dr Kouamé a fait ses études supérieures à l'ecole Nationale de la Statistique et de l Administration Economique de Paris et est titulaire d'un doctorat en économie de l Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et du Centre de recherche DELTA à Paris. M. Claude Lapointe M. Lapointe est actuellement directeur du projet «Système de Financement d Assurances Agricoles en Haïti»(SYFAAH) et représentant de Développement International Desjardins en Haïti. Il cumule plus de trente années d expérience au sein d institutions financières coopératives et ce, tant au niveau national qu international plus particulièrement dans le domaine du crédit commercial, industriel et agricole. Il est détenteur d un baccalauréat en sciences administratives de l Université du Québec à Chicoutimi (1973) M. Alessandro Bozzo M. Bozzo est Directeur Général du Fonds de Garantie Chilienne pour les PME (FOGAPE) depuis onze ans et compte 24 ans d'expérience dans le secteur bancaire 45
46 chilien et des institutions financières internationales dont le PNUD, le FMI, la Banque Mondiale, etc. Il est fondateur de la firme «Bozzo Consulting», spécialisée en services et conseils financiers. Il détient un diplôme d Ingénieur industriel (Universidad de Chile), un MBA en management et un Diplôme en gestion immobilière (Université Catholique du Chili). Dr. Ludovic Comeau Jr. M. Comeau est actuellement professeur de Sciences économiques à l Université Depaul à Chicago (Etats-Unis d Amérique) et vice-président du comité thématique «Développement et Création d Emplois»de GRANH-Monde. Il a occupé différentes fonctions dans l administration publique Haïtienne de 1980 à 1991 et il a été consultant puis Directeur de la Direction Monnaie et Analyse Économique de la Banque de la République d Haïti (BRH) de 1997 à Il détient un doctorat en Sciences Économiques de l Université d Illinois à Chicago, Une maitrise en gestion des affaires de cette même institution et une spécialisation en commerce international de Northwestern University de Chicago. M. Jocelyn Saint-Jean M. Saint-Jean est actuellement Directeur Général de la Fédération des Caisses Populaires Haïtiennes LE LEVIER depuis octobre Pendant les 17 années qui ont précédé son accession à ce poste, il a occupé différentes fonctions dans le cadre du projet ACOOPECH (Appui aux coopératives d épargne et de crédit haïtiennes) mené par Développement International Desjardins (DID) avec le soutien financier du gouvernement canadien. Il détient des formations en sciences juridiques, gestion des affaires et comptabilité. M. Emmanuel Stefanakis Spécialiste en stratégies de développement durable, M. Stefanakis est actuellement Président de la firme «Sustainable Strategies International» qu il dirige depuis
47 Cette firme se spécialise dans la fourniture de services et de conseils en matière de développement durable. Au cours des quarante dernières années, il a travaillé dans plus d une trentaine de pays pour promouvoir les principes et les pratiques de développement durables dans les projets et programmes de développement. Il a enseigné dans plusieurs universités aux Etats-Unis notamment à Harvard et a animé des séminaires et conférences un peu partout à travers le monde. Il a été consultant et directeur de plusieurs organisations internationales, gouvernementales et nongouvernementales, pour des questions relatives au renforcement des capacités institutionnelles et des stratégies de développement durable. Mme Gladys M. Coupet Madame Coupet occupe actuellement le poste de Président Directeur Général de la Banque de l Union Haïtienne (BUH). Elle a cumulé 40 ans d expérience dans le secteur bancaire haïtien notamment à la Citibank Haïti qu elle à dirigé pendant près de 20 ans. Elle a aussi été Membre de l Association Professionnelle des Banques (APB) depuis sa création et Présidente pendant plusieurs mandats. Elle a également été membre de plusieurs commissions présidentielles créées pour stimuler la croissance économique. Pendant l année 2009, elle a coordonné la Commission Présidentielle sur la Compétitivité, laquelle a élaboré un plan de compétitivité pour Haïti qui a été largement adopté par le Gouvernement, le secteur privé des affaires et les institutions financières internationales comme le document de référence pour la reconstruction d Haïti. Mme Coupet est diplômée Magna Cum Laude de Hunter College à New York avec un baccalauréat en économie et est également titulaire d une maîtrise en économie de la même université. Après ses études de premier cycle, elle a complété des études postuniversitaires à Columbia University. M. Maxime D. Charles Monsieur Charles est actuellement Directeur Général de la ScotiaBank en Haïti et Président du Conseil d Administration de l Association Professionnelle des Banques (APB). Monsieur Charles compte plus de 25 ans de carrière à la ScotiaBank. 47
48 M. Pierre-Marie Boisson M. Pierre-Marie Boisson est actuellement le Président Directeur Général de la SOGESOL, une filiale du groupe SOGEBANK spécialisée dans la microfinance. Il a 37 ans de carrière dans le domaine de la Finance et de la Banque en Haïti. Péguy Boisson, comme on l appelle dans le secteur, a été pendant de nombreuses années l économiste en chef de la SOGEBANK. Il est diplômé en génie civil de la Faculté des Sciences de l Université d Etat d Haïti (UEH) et a poursuivi des études post-graduées en économie et finance à Harvard University aux Etats-Unis d Amérique. M. Charles Clermont Monsieur Charles CLERMONT est le Président de la Société de Projet, d Investissement et de Développement (S.P.I.D). Il a été membre des conseils d administration de la Société Financière Haïtienne de Développement SA (SOFIHDES) et de la Société Générale de Solidarité SA (SOGESOL). Il a été le fondateur et Viceprésident de l Association des Economistes de la Caraïbes (ACE) et un conseiller de la Présidence Haïtienne en matière d accords commerciaux et d intégration régionale. Il a une très longue carrière dans le domaine de la finance et de la banque. Il est titulaire d une maîtrise de la Fletcher School of Law and Diplomacy (États-Unis d Amérique) et d un diplôme d Ingénieur commercial et industriel de l INSA de Toulouse (France). M. Juan Buchenau M. Buchenau travaille à la Banque Mondiale à titre de spécialiste senior du secteur financier pour la région de l Amérique Centrale et des Caraïbes. Il a été conseiller principal de la firme allemande (IPC) et de sa filiale à Washington (FFI) qui ont apporté leurs supports à plusieurs institutions financières de l Amérique Latine, de l Afrique et de l Europe de l Est en vue de les aider à étendre leurs services aux ménages à faibles revenus. Aux Etats-Unis, il a été le vice-président exécutif du programme de prêts de 48
49 «Microfinance International Corporation», une firme privée qui fournit des services financiers aux immigrants et à leurs familles vivant à l étranger. M. Buchenau est détenteur d une maitrise de l Université Hohenheim (Allemagne). M. Alan David Slusher M. Slusher est actuellement conseiller du premier ministre et du ministre des Finances de Belize, consultant à la Banque Centrale et membre du conseil d administration de la firme «Belize Electricity Limited». Il a été gouverneur de la Banque Centrale du Belize de 1986 à 1990, Economiste en chef et directeur du Département économique de la Banque de Développement de la Caraïbe pendant plusieurs fois entre 1991 et M. Slusher est diplômé de l Université West Indies en Jamaïque et est titulaire d une Maitrise en administration des affaires (MBA) de Harvard University des Etats-Unis. M. Leo Williams M. Williams est le Directeur Exécutif de «Williams and Associates Investments Ltd», une firme spécialisée dans la fourniture de conseils et de services aux entreprises de la région Caraïbe qui sont à la recherche de capitaux pour leur développement. Il est aussi membre du Conseil d Administration du marché boursier de la Jamaïque «Jamaïca Stock Exchange». Il a une très longue expérience internationale du marché de la bourse des valeurs mobilières. M. Williams est diplômé de Princeton University et détient un MBA en finance de Wharton School, une maitrise en Systems engineering, une autre en études internationales de l University of Pennsylvania (Etats-Unis). 49
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