ETUDE SUR LES CANAUX DE COMMUNICATION DANS SEPT REGIONS DU BURKINA FASO
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- Suzanne Cartier
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1 ETUDE SUR LES CANAUX DE COMMUNICATION DANS SEPT REGIONS DU BURKINA FASO Rapport final Christophe COULIBALY Emile Pierre BAZYOMO Suzanne COULIBALY Ouagadougou Décembre 2011 Sud Consult 01 B.P Ouagadougou 01 Tél./Fax: / [email protected]
2 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso i TABLE DES MATIERES LISTE DES TABLEAUX... IV LISTE DES GRAPHIQUES... VI LISTE DES ACRONYMES... VII LES REGIONS COUVERTES PAR L ETUDE... VIII RESUME EXECUTIF... IX CHAPITRE 1 : PRESENTATION DE L ETUDE ET DE LA METHODOLOGIE CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE L ETUDE OBJECTIFS DE L ETUDE DEFINITION DE QUELQUES CONCEPTS Canaux et supports de communication Communication Communication interpersonnelle Communication de masse Communication pour le Changement de Comportement LA METHODOLOGIE L échantillonnage La conduite de l étude LES DIFFICULTES RENCONTREES CHAPITRE 2 : IDENTIFICATION DES CANAUX DE COMMUNICATION ET DES INTERVENANTS EN CCC LES CANAUX DE COMMUNICATION DANS LES REGIONS COUVERTES Les radios et la télévisions Les troupes de théâtre et les chansonniers Les noyaux relais Les canaux et supports de communications traditionnels Les vidéoclubs LES INTERVENANTS EN CCC DANS REGIONS COUVERTES Les ONG et les associations Les services techniques de l Etat CHAPITRE 3 : ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES CANAUX DE COMMUNICATION LES RADIOS ET LES TELEVISIONS COMMUNAUTAIRES Les organes de gestion La participation des population au fonctionnement Les ressources financières et les sources de financement LES RADIOS ET TELEVISIONS CONFESSIONNELLES Les organes de gestion La participation des fidèles au fonctionnement de la radio Les ressources financières et les sources de financement LES RADIOS ET TELEVISIONS COMMERCIALES Les modalités de gestion... 28
3 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso ii Les ressources financières et les sources de financement Elaboration des programmes LES TROUPES DE THEATRE ET LES CHANSONNIERS LES NOYAUX RELAIS ET LES GRIOTS LES VIDEOCLUBS CHAPITRE 4 : CAPACITES OPERATIONNELLES DES CANAUX DE COMMUNICATION LES RADIOS ET TELEVISIONS LES TROUPES THEATRALES ET LES CHANSONNIERS LES NOYAUX RELAIS LES VIDEOCLUBS LES SERVICES TECHNIQUES DE L ETAT LES ONG ET ASSOCIATIONS SYNTHESE DES FORCES ET FAIBLESSES AU NIVEAU DES CAPACITES OPERATIONNELLES CHAPITRE 5 : LE TEMPS CONSACRE AUX ACTIVITES DE COMMUNICATION POUR LE CHANGEMENT DE COMPORTEMENT, L EXPERIENCE ET LES BONNES PRATIQUES DES CANAUX DE COMMUNICATION L EXPERIENCE ET LE TEMPS CONSACRE AUX ACTIVITES CCC Les radios et télévisions communautaires Les radios et télévisions confessionnelles Les radios et télévisions privées Les troupes théâtrales et les chansonniers Les services techniques de l Etat Les ONG et associations intervenant en CCC Les vidéoclubs LES BONNES PRATIQUES DES CANAUX DE COMMUNICATION CHAPITRE 6 : L EFFICACITE DES CANAUX DE COMMUNICATION DISPONIBILITE DE LA RADIO ET DE LA TELEVISIONS DANS LES MENAGES La disponibilité des poste radios dans les ménages La disponibilité des poste de télévision dans les ménages L ACCES A LA RADIO ET A LA TELEVISION La périodicité d accès à la radio et à la télévision Les moments d accès à la radio et à la télévision LES RADIOS LES PLUS ECOUTEES LES EMISSIONS PREFEREES DES PERSONNES ENQUETEES Les types d émissions préférées à la radio Les types d émissions préférées à la télévision LES ENQUETES ET LES ACTIVITES DE SENSIBILISATION Les messages de sensibilisation à la radio et à la télévision Les activités de sensibilisation avec les autres canaux Les effets des messages de sensibilisation sur les enquêtés Attitude des enquêtés exposés aux messages de sensibilisation LE CHOIX DES CANAUX POUR LES ACTIVITES DE SENSIBILISATION Les canaux et supports utilisés par les intervenants en CCC Les canaux utilisés et qui ont été préférés par la population... 75
4 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso iii 6.7 L ORGANISATION DES ACTIVITES CCC ET LES PERSONNES POUR L INFORMATION SYNTHESE SUR L EFFICACITE DES CANAUX DE COMMUNICATION CHAPITRE 7: LES BESOINS EN RENFORCEMENT DE CAPACITES DES CANAUX DE COMMUNICATION LE RENFORCEMENT DES CAPACITES INSTITUTIONNELLES LE RENFORCEMENT DES CAPACITES OPERATIONNELLES SYNTHESE DES FAIBLESSES ET DES ACTIONS CORRECTIVES CONCLUSION GENERALE RECOMMANDATIONS ANNEXE Annexe 1 : Liste des tableaux Annexe 2 : Liste des ONG et associations intervenant en CCC dans les régions enquêtées
5 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso iv LISTE DES TABLEAUX Tableau 1. Stades du changement de comportement, actions nécessaires, canaux et supports de communications appropriés Tableau 2. Nombre de radios et de télévision par genre dans les régions enquêtées Tableau 3. Nombre de troupes de théâtre et de chansonniers dans les régions enquêtées Tableau 4. Nombre de noyaux relais dans les régions enquêtées Tableau 5. Proportion de personnes enquêtées ayant bénéficié d une sensibilisation par le canal d un griot, d un lieu de culte, d une cérémonie, etc Tableau 6. Estimation du nombre de vidéoclubs par région Tableau 7. Répartition des ONG et associations intervenant en CCC Tableau 8. Nombre d ONG et d associations en intervenant en CCC dans les régions cibles Tableau 9. Les thèmes d intervention en CCC des services techniques de l Etat Tableau 10 : Synthèse des forces et faiblesses au niveau des capacités institutionnelles Tableau 11 : Synthèse des forces et faiblesses au niveau des capacités opérationnelles Tableau 12. Les principales radios et télévisions communautaires intervenant en CCC par région.41 Tableau 13. Les radios confessionnelles intervenant en CCC par région Tableau 14. Les principales radios privées ayant réalisé des activités CCC par région Tableau 15. Les principales troupes de théâtre forum intervenant en CCC par région Tableau 16. Les radios les plus écoutées par région et par province.64 Tableau 17. Synthèse des faiblesses des canaux de communication et des actions correctives 89 Tableau 18. Répartition (%) des personnes enquêtées selon les déclarations sur le nombre de postes radios disponibles dans leur ménage, en fonction de la région et du milieu de résidence.. 94 Tableau 19. Répartition (en %) des personnes enquêtées selon les déclarations sur le nombre de postes de télévision disponibles dans leur ménage, en fonction de la région et du milieu de résidence Tableau 20. Répartition (%) des auditeurs selon la périodicité d écoute de la radio, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe Tableau 21. Répartition (%) des téléspectateurs selon la périodicité d accès à la télévision, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe Tableau 22. Répartition (%) des auditeurs selon les moments où elles écoutent la radio, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe Tableau 23. Répartition (%) des téléspectateurs selon les moments où elles regardent la télévision, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe Tableau 24. Répartition (%) des auditeurs selon les types d émissions préférées, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe Tableau 25. Répartition (%) des téléspectateurs selon les types d émissions préférées, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe... 99
6 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso v Tableau 26. Pourcentage des auditeurs et des téléspectateurs ayant écouté au moins un message de sensibilisation à la radio et pourcentage de celles ayant regardé au moins un message de sensibilisation à la télévision au cours des 12 derniers mois, en fonction du milieu de résidence, la région, l âge et le sexe Tableau 27. Répartition (en %) des enquêtés ayant écouté ou regardé un message de sensibilisation, selon le thème du message de sensibilisation, en fonction de la région Tableau 28. Pourcentage de personnes enquêtées ayant participé à une activité de sensibilisation par des canaux autres que la radio ou la télévision, en fonction du milieu de résidence, la région, l âge et le sexe Tableau 29. Répartition (en %) des enquêtés ayant participé à une activité de sensibilisation par des canaux autres que la radio et la télévision, selon le type de canal, en fonction de la région. 101 Tableau 30. Répartition (en %) des personnes enquêtées ayant bénéficié à une activité de sensibilisation par des canaux autres que la radio ou la télévision, selon le thème de la sensibilisation, en fonction de la région Tableau 31. Répartition (en %) des enquêtés exposés à des messages de sensibilisation, selon les canaux qu ils ont préférés pour les activités de sensibilisation, en fonction de la région Tableau 32. Répartition (en %) des enquêtés exposés à des messages de sensibilisation, selon les canaux qu ils ont préférés pour les activités de sensibilisation, en fonction du milieu de résidence, l âge et le sexe Tableau 33 : Répartition (en %) des enquêtés selon les principaux canaux souhaités pour les activités de sensibilisation, en fonction du thème et de la région
7 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso LISTE DES GRAPHIQUES Graphique 1 : Pourcentage de personnes enquêtées disposant d au moins un poste radio dans le ménage et pourcentage de ceux ne disposant d aucun poste radio Graphique 2 : Pourcentage de personnes enquêtées disposant d au moins un poste de télévision dans le ménage et pourcentage de ceux ne disposant d aucun poste radio Graphique 3: Modalités d écoute de la radio pendant la saison sèche Graphique 4 : Modalités d écoute de la radio pendant la saison pluvieuse Graphique 5 : Modalités d accès à télévision pendant la saison sèche Graphique 6 : Modalités d accès à télévision pendant la saison pluvieuse Graphique 7 : Les moments d écoute de radio en saison sèche Graphique 8 : Les moments d écoute de radio en saison pluvieuse Graphique 9 : Le genre d émissions radiophoniques préférées par les personnes enquêtées Graphique 10 : Le genre d émissions télévisuelles préférées par les personnes enquêtées Graphique 11 : Pourcentage de personnes enquêtées se souvenant d un message à la radio ou à la télévision Graphique 12 : Principaux thèmes des messages de sensibilisation entendus à la radio ou vus à la télévision Graphique 13 : Pourcentage des personnes enquêtées ayant bénéficié de sensibilisation par des canaux en dehors de la radio et de la télévision Graphique 14 : Principaux canaux de communication utilisés pour la sensibilisation de proximité 71 Graphique 15 : Principaux canaux de communication préférés par les personnes enquêtées Graphique 16 : Principaux canaux de communication préférés par les personnes enquêtées en fonction du milieu de résidence, l âge et le sexe Graphique 17 : Principaux canaux choisis pour les activités de sensibilisation vi
8 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso vii LISTE DES ACRONYMES BBDA : Bureau Burkinabè des Droits d Auteur CAP : Connaissances Attitude et Pratiques CCC : Communication pour le Changement de Comportement CSC : Conseil Supérieur de la Communication CSLP : Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté CNSS : Caisse Nationale de Sécurité Sociale DPEBA : Directions Provinciales de l Education de Base DPASSN : Direction Provinciale de l Action Sociale et de la Solidarité National DRPF Direction Régionale de la Promotion de la Femme EDS BF : Enquête Démographique et de Santé Burkina Faso IDH : Indice de Développement Humain INSD : Institut National des Statistiques et de la Démographie ONG : Organisation Non Gouvernementale PIC : Plan Intégré de Communication PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement RGPH : Recensement Général de la Population et de l Habitat SASDE : Stratégie Africaine pour la Survie et le Développement de l Enfant SRESA : Services Régionaux d Education pour la Santé et l Assainissement UNICEF : Agence des Nations Unies pour l Enfance
9 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso LES REGIONS COUVERTES PAR L ETUDE viii
10 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso ix RESUME EXECUTIF Contexte et objectif de l étude Partant de l importance de la communication pour le changement de comportement dans la lutte contre la pauvreté, le Programme Communication de l UNICEF met en œuvre des actions dans ce domaine au Burkina Faso depuis plusieurs années. Ce programme est une composante du Plan cadre de coopération UNICEF-Burina Faso. L efficacité des actions de communication nécessite l utilisation de canaux de communication appropriés, c est-à-dire des canaux de communication conforment aux attentes des populations cibles et pertinents par rapport aux messages à transmettre. La présente étude se situe dans cette logique. Elle doit permettre de «disposer de données et d informations fiables et actualisées sur les meilleurs canaux de communication dans 7 régions du Burkina Faso pour mener efficacement des actions de communication pour le développement». La méthodologie L étude a eu pour groupes cibles : les canaux de communications (radio, télévision, troupes de théâtre forum, chansonniers, les griots et les vidéo clubs), les intervenants dans la communication que sont les services techniques de l Etat, les ONG et les associations et enfin les communautés de base. Des entretiens ont été organisés avec la plupart des radios et des télévisions dans les zones couvertes ont été enquêtées. De même des interviews ont été réalisés avec les Directions Provinciales de l Education de Base, les Direction Province de l Action Sociale et de la Solidarité Nationale, les Services Régionaux d Education pour la Santé et l Assainissement (SRESA) et les Directions Régionales de la Promotion de la Femme (DRPF). Les troupes de théâtre forum, les chansonniers et les ONG les plus actifs dans les régions couvertes ont également été enquêtés. Enfin, l enquête a couvert un échantillon de village et de secteurs urbains choisi de façon aléatoire. Dans chacun de ces villages et secteurs échantillonnés, une vingtaine de ménages a été choisi de façon aléatoire après une opération d énumération. Un questionnaire a été adressé à tous les membres âgés d au moins 13 ans des les ménages échantillons. Les canaux de communication identifiés L enquête a permis d identifier de nombreux canaux de communication dans les régions ciblées. Les canaux de communication y sont également variés. Un total de 49 radios a été identifié ; chaque région en compte plusieurs. Les radios communautaires et les radios confessionnelles sont les plus représentées. Les régions ciblées comptent également de nombreuses troupes de théâtre forum et chansonniers. On y dénombre également un nombre relativement important de vidéoclubs pouvant utiliser pour les actions de communication pour le changement de comportement. Par ailleurs, plus de 600 noyaux relais ont été dénombrés ; toutes les régions en sont pourvues. Les supports et canaux de communication traditionnels que sont les griots, les lieux de cultes, les marchés, les cérémonies existent également dans toutes les régions. A ces canaux de communication, il faut ajouter les intervenants en CCC que sont les services techniques de l Etat et les ONG et
11 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso x association. Toutefois les régions ciblées comptent peu de télévisions : une seule télévision communautaire a été identifiée. Organisation et fonctionnement des canaux de communication L organisation et le fonctionnement des canaux de communication sont fonction de leur statut juridique. En principe l organisation institutionnelle et la gouvernance des médias communautaire doivent mettre l accent sur l implication des communautés cibles. Ces médias doivent s ancrer dans les réalités du milieu et se mettre en phase avec les attentes des populations. Dans les faits, la participation des populations au fonctionnement des médias communautaires est très limitée. L essentiel du pouvoir est détenu par la cellule technique, qui assure la gestion quotidienne du média et élabore les programmes. Fort heureusement, certaines radios ont mis en place de structures telles que les noyaux relais, les clubs d écoute et les correspondants qui permettent une implication des communautés dans la gouvernance et la prise en compte des réalités locales dans les émissions. Le fonctionnement des radios confessionnelles est fortement influencé par les structures religieuses qui les ont mises en place. Les radios privées fonctionnent comme des entreprises privées. Bien que la plupart des troupes de théâtre existe sous forme associative, l essentiel des pouvoirs est détenu par le fondateur. Enfin, La quasi-totalité des communaux de communication doivent face à des difficultés financières. Les capacités opérationnelles des canaux de communication Les capacités opérationnelles des canaux de communication et des intervenants en CCC sont plutôt faibles. Le personnel est insuffisant aussi bien en quantité qu en qualité ; il est constitué en grande partie d agents recrutés sur le tas, dont la formation de base est généralement faible. Ce personnel bénéficie rarement de formations continues. Une grande partie de ce personnel est également constituée de bénévoles qui consacrent une partie de leur temps aux activités de la radio ou de la télévision. Les canaux de communication et les intervenants en CCC doivent également faire face à l insuffisance des moyens matériels. La plupart des radios fonctionne avec un équipement basique, souvent vétuste, ce qui se traduit par de fréquentes pannes. Elles ne disposent pas de matériel de remplacement, ce qui les oblige à cessé d émettre parfois pendant plusieurs semaines voir plusieurs mois en cas de pannes. Enfin, la plupart des canaux de communication et des intervenants en CCC ne disposent pas de l équipement nécessaire pour les sorties sur le terrain pour la réalisation des activités CCC. L expérience et le temps consacré aux activités CCC Le statut juridique des canaux de communication détermine leur expérience et le temps qu ils consacrent aux activités de communication pour le changement de comportement. Les radios et télévisions communautaires, parce qu elles ont pour vocation de participer à l éducation et au développement socio-économique des populations cibles, consacrent beau plus de temps et ont beaucoup plus d expérience en communication pour le changement de comportement. Les bonnes pratiques dans ce domaine sont également enregistrées au
12 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso xi niveau de ces médias. Les médias confessionnels consacrent la majeure partie de leur temps aux émissions religieuses. Les radios privées, les troupes de théâtre forum et les chansonniers n interviennent en CCC que sous commande d un partenaire. Les services techniques de l Etat réalisent de nombreuses activités dans le domaine de la CCC. Toutefois, leurs interventions sont de plus en plus limitées du fait de la logique de contractualisation des activités CCC. L efficacité des canaux de communication La plupart des ménages enquêtés possède au moins un poste radio. Toutefois, tous les membres du ménage n ont pas accès à la radio ; les femmes par exemple y ont rarement accès. Pour plus d efficacité, les messages à la radio doivent tenir compte des moments d écoutent : en saison sèche, les populations cibles écoutent la radio aussi bien dans la journée que dans la soirée ; en saison pluvieuse elles l écoutent surtout dans la soirée. Les populations cibles ont très peu accès à la télévision. Aussi, des messages dans ce média ont-ils peu de chance de toucher un grand nombre de personnes, surtout dans le milieu rural. Quelque soit le thème de la sensibilisation, les principaux canaux de communication choisis par les communautés cibles sont : la radio, l animation vidéo ou le théâtre forum, les causeries éducatives et les visites à domicile. Ces canaux choisis changent peu d une région à l autre.
13 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 1 CHAPITRE 1 : PRESENTATION DE L ETUDE ET DE LA METHODOLOGIE Le premier chapitre est consacré à la présentation générale de l étude. De façon précise, il aborde successivement le contexte et la justification de l étude, les objectifs et la méthode d enquête auprès des acteurs de la communication pour le changement de comportement. 1.1 Contexte et justification de l étude Le Burkina Faso figure parmi les pays les plus pauvres du monde. Selon le rapport du PNUD sur le développement humain de 2011, le Burkina Faso se classe 181ème sur 187 pays avec un IDH estimé à 0,331. Les résultats de l enquête burkinabé sur les conditions de vie des ménages, réalisé en 2003, montrent que la proportion des pauvres est en augmentation passant de 45,3% en 1998 à 46,4% en 2003, sur la base d un seuil absolu de pauvreté estimé respectivement à FCFA et FCFA par adulte et par an. La pauvreté au Burkina Faso, bien qu elle s urbanise, demeure un phénomène essentiellement rural (52,3%) en 2003 contre 51% en 1994 et 1998). Les femmes sont plus vulnérables à la pauvreté du fait du faible accès aux facteurs de production et aux ressources. La pauvreté, en plus des aspects liés à une insuffisance des revenus, est définie comme étant le non accès aux ressources productives, l accès limité aux services sociaux base (éducation, santé, eau potable, logement, etc.), l exclusion sociale, la non participation à la vie de la communauté, etc. Face à ce problème de pauvreté le gouvernement du Burkina Faso, avec l appui de ses partenaires au développement, mène des actions multiformes. Conscient de l importance de la communication pour le développement, notamment au niveau du changement des comportements des communautés, le gouvernement, en collaboration avec les partenaires au développement, a élaboré et est en train de mettre en œuvre une Politique Nationale de la Communication. La communication pour le changement de comportement est un facteur primordial et indispensable dans tout processus de développement. C est dans ce contexte que se situe les actions du Programme Communication, composante du Plan cadre de coopération UNICEF-Burina Faso. Le programme communication contribue aux activités de pladoyer, de communication en appui aux programmes santé/nutrition, éducation, protection, VIH/SIDA, l eau, l hygiène et l assainissement. L un des mécanismes d opérationalisation de cette communication en appui aux autres programmes est le plan intégré de communication (PIC). La mise en œuvre du PIC nécessite une meilleure connaissance des canaux de communication les plus appropriés. C est dans cette logique le programme communication a initié la présente étude. 1.2 Objectifs de l étude Conformément aux termes de références, l étude doit permettre de «disposer de données et d informations fiables et actualisées sur les meilleurs canaux de communication dans sept (7) régions du Burkina Faso pour mener efficacement des actions de communication pour le développement».
14 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 2 Cet objectif général se décline en sept objectifs spécifiques : 1. Répertorier tous les types d institutions ( ), les canaux modernes et traditionnels ( ) de communication oeuvrant sur diverses composantes du développement au niveau communautaire dans les sept régions ainsi que les formes d organisation et de fonctionnement ; 2. Fournir une cartographie des intervenants (Gouvernement, ONGs et associations / OBC ) dans chacune des régions/provinces cibles ; 3. Faire une revue documentaire des bonnes pratiques des canaux de communication des régions concernées, notamment sur leurs actions en matière de communication de proximité et des expériences en communication participative menées par les medias ; 4. Apprécier leurs capacités techniques et opérationnelles dans les aspects du développement qu elles couvrent ainsi que leur expérience et le temps consacré à ce travail ; 5. Identifier les besoins des différents groupes ou canaux de communication des régions concernées en matière de renforcement de capacités institutionnelles et opérationnelles ; 6. Evaluer auprès des populations bénéficiaires et des informateurs clés, l efficacité des différents canaux de communication 7. Faire des recommandations pertinentes en vue de l efficacité des canaux de communication dans les différentes régions. 1.3 Définition de quelques concepts Canaux et supports de communication Le canal est l instrument, le moyen qui permet transmettre le message au destinataire. L émetteur doit choisir le canal le plus approprié, le plus efficace dans le contexte donné, pour transmettre le message. Le support peut être définit comme étant l élément matériel du canal Communication Il existe plusieurs définitions de la communication mais nous pouvons en proposer la suivante : la communication est un processus d échange d idées, de faits, d opinions ou de sentiments qui se produit entre deux ou plusieurs individus. C est une relation interhumaine par laquelle les interlocuteurs peuvent se comprendre, s influencer et connaître leur environnement ainsi que les aspirations des uns et des autres d une façon verbale ou non, consciemment ou inconsciemment. La communication suppose qu il y a un émetteur et un récepteur. L émetteur est celui qui émet le message en vue de susciter une réaction chez le destinataire. Pour ce faire, il devra disposer des informations suffisantes pour connaître ses destinataires la réponse qu il attend, il devra savoir coder son message en fonction du décodage de l autre et maîtriser les techniques de transmission du message. L émetteur est
15 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 3 celui à qui destiné le message, auprès de qui l émetteur tend à susciter une réaction. Lors de la réception du message transmis, le récepteur essaie de traduire les informations (les codes) reçus sous forme de significations comprises et interprétées Communication interpersonnelle La Communication Interpersonnelle (CIP) se concentre sur des interactions individuelles qui cherchent à influencer les causes sous-jacentes des comportements à risque et à lever les freins au changement de comportement. Elle privilégie le contact humain dans la mesure où elle se tient entre 2 ou plusieurs individus. L homme devient le canal par lequel l information transite pour atteindre la cible. L avantage de la communication interpersonnelle est qu elle tient compte des individualités et permet de fournir un maximum d informations en échangeant avec la cible. La communication interpersonnelle est déterminante dans le processus d adoption du comportement promu en ce sens qu elle a un caractère participatif et établit une relation directe et de proximité avec la cible. La communication interpersonnel utilise des outils tels que : le théâtre forum, les boîtes à images, l animation vidéo vidéo, les causeries éducatives, etc. La communication interpersonnelle se développe dans un contexte interactif Communication de masse Par communication de masse, on entend l'ensemble des techniques contemporaines qui permettent à un acteur social de s'adresser à un public extrêmement large. Les techniques de la communication de masse permettent de mettre à la disposition d un vaste public divers messages. Les principaux moyens de communication de masse ou mass media sont la presse, l'affiche, le cinéma, la radiodiffusion et la télévision. Ainsi, la communication de masse s opère essentiellement à travers les médias pour atteindre un grand public Communication pour le Changement de Comportement Les étapes du processus de changement de comportement La communication pour le changement de comportement est un processus interactif et participatif à double voie/sens développer au sein d un groupe ou d une communauté, permettant d échanger des informations, des idées, des connaissances et des opinions. Elle permet de prendre des décisions, en vue d aboutir à des changements durables de comportements. La modification du comportement humain suit généralement un processus progressif dont il faut tenir compte dans toute intervention de communication qui vise au changement de comportement. Dans ce processus, les étapes à suivre sont interdépendantes. Il est donc indispensable de connaître pour chaque groupe cible, à quelle étape du changement de comportement il se trouve pour envisager une stratégie d'action efficace.
16 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 4 Plusieurs théories et modèles ont été développés au fil des ans dans le but d expliquer comment les gens modifient leurs comportements et d identifier les principaux facteurs qui favorisent ce changement. Parmi ces théories et modèles, celle développé par Prochaska et DiClemente (1982), connu sous le nom de modèle transthéorique du changement ou modèle des stades du changement, fait partie des plus complètes. Selon ce modèle, le changement de comportement s effectue au cours d une démarche constituée de différents stades ordonnés de façon chronologique de la façon suivante : (1) Pré contemplation, (2) Contemplation, (3) Décision, (4) Action, (5) Maintien ou recul et (6) Avocat. Pré-contemplation : les sujets n'ont pas l'intention de modifier leurs comportements à risque. Ils n ont pas conscience de leurs comportements à risques. La pré contemplation renvoie à l inertie et l indifférence causées par les habitudes de vie de l individu. Cette inertie s avère souvent la plus grande barrière qui soit rencontrée dans le processus de changement de comportement. Contemplation : les sujets ont reçu des informations et se sentent concernés par le changement de comportement. Ils ont pris conscience des dangers liés au comportement à changer. Ils perçoivent les risques de poursuivre le comportement et les bénéfices qu ils peuvent tirer du changement. Décision : les sujets sont prêts à agir. La prise de conscience des risques et des bénéfices amène les sujets à prendre la décision de changer de comportement. Ils sont motivés pour le changement de comportement. Action : les sujets changent de comportement ; ils essaient le nouveau comportement. C'est au cours de cette phase la moins stable que les sujets courent les plus grands risques de retomber dans leur comportement antérieur. Maintien ou rechute : le nouveau comportement est adopté, maintenu et intégré dans le répertoire comportemental du sujet pour une période limitée. Il est accessible à tout moment. Toutefois, il existe des risques que le sujet retombe dans son comportement antérieur. Avocat : le sujet pratique le comportement sur une longue durée, devient son promoteur. Il devient une personne ressource pour l adoption du comportement par d autres personnes. Mais le sujet n est toujours pas à l abri d une rechute. Le choix des canaux en fonction des étapes du changement de comportement La théorie des stades du changement suggère que les gens changent de comportement progressivement, et que différentes interventions sont appropriées à chaque stade. Il est donc indispensable de connaître pour chaque groupe cible, à quelle stade du changement de comportement il se trouve pour envisager une stratégie d action efficace. L utilisation de tel ou tel canal de communication n est pertinence qu en fonction du stade de changement de comportement dans lequel se trouve le groupe cible. L association de la communication de
17 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 5 masse et de la communication interpersonnelle est parfois nécessaire pour un impact plus important. En effet, si la communication de mass donne un écho aux messages phares, la communication interpersonnelle vient compléter avec l effet interactif qui manque souvent à la précédente. L avantage de la communication interpersonnelle est qu elle tient compte des individualités et permet de fournir un maximum d informations en échangeant avec la cible. La communication interpersonnelle est déterminante dans le processus d adoption du comportement promu en ce sens qu elle établit une relation directe et de proximité avec la cible. Le tableau n 1 présente les canaux de communication appropriés en fonction des stades du changement et des actions nécessaires pour le changement de comportement.
18 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 6 Tableau 1 : Stades du changement de comportement, actions nécessaires, canaux et supports de communications appropriés. STADES DEFINITION ACTION NECESSAIRE CANAUX DE COMMUNICATION Pré contemplation L individu n est pas conscient du problème et n envisage pas le changement Provoquer la prise de conscience face au besoin de changer Fournir de l information sur les risques liés au comportement à changer et les bénéfices possibles du nouveau comportement Recommander des pistes de solutions Canaux et supports de communication mass media afin de fournir, au maximum de personnes, les informations sur les risques liés au comportement à changer et les bénéfices du changement : La radio aura pour fonction d annonce, de mémorisation et de rappel des messages phares. Le microprogramme complémentera le spot en donnant des informations plus détaillées. La télévision. L avantage visuel et sonore du spot à la télévision va optimiser les chances d adhésion de la cible au message. La télévision assure également l effet démonstratif. Les affiches auront pour fonction de mettre à la portée du grand public des messages visuels. Contemplation L individu prend conscience des risques liés au comportement et des avantages qu il peut tirer du changement. Il se sent concerné par le changement de comportement. Motiver et encourager les individus à faire des plans spécifiques ou des démarches personnelles Les aider à se sentir concerné par le sujet et à s y intéresser Echanger sur les risques du comportement du comportement à changer Aider à identifier les bénéfices et barrières au changement de comportement Faire le lien entre le comportement recommandé et les normes sociales Recommander l action. Chercher des modèles ou des exemples. Association de canaux et supports de communication de masse avec des canaux et supports de communication interpersonnelle : Les microprogrammes à la radio afin de donner le maximum d informations détaillées aux groupes cibles. La télévision pour ses effets démonstratifs Les Ciné-débats (vidéo) ou le théâtre forum, les causeries éducatives avec pour supports les boîtes à images auront pour fonction de susciter les échanges entre les spécialistes et les groupes cibles. Ces canaux et supports permettent de délivrer un message sur mesure, adopté à une cible précise. Le modérateur a la possibilité d insister sur les éléments essentiels de son message, d observer l attitude des membres du groupe cible, de répondre à leurs questions, de les motiver, etc.
19 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 7 STADES DEFINITION ACTION NECESSAIRE CANAUX DE COMMUNICATION Décision L individu est prêt à agir. Il prend la décision de changer de comportement. Associer le nouveau comportement aux normes sociales. Aider la personne à exprimer son désir de pratiquer l action. Donner à la personne la confiance en elle pour pratiquer le nouveau comportement. Utiliser des messages liés aux actions : quand, où, comment. Travailler avec des groupes communautaires et des réseaux sociaux afin qu ils s engagent dans l appuiconseil. Identifier des gens ayant adopté des meilleurs comportements, y compris ceux qui ont bravé, dépassé les normes sociales, et les inviter à témoigner, partager leur expérience. Il convient de privilégier les canaux de communication qui permettent les échanges avec les cibles et de délivrer des messages plus individualisés: Les Ciné-débats (vidéo) ou le théâtre forum, les causeries éducatives avec pour supports les boîtes à images et réalisées par des animateurs qui ont une parfaite connaissance du milieu (noyaux relais, pair éducation, personnes ressources ayant adopté le comportement, notables communautaires favorables au comportement à adopter, etc.). Sensibilisation dans les lieux de culte, les marchés, les organisations de base (OP, association, ONG), etc. Les visites à domiciles par des animateurs communautaires (noyaux relais, pair éducation, etc.) qui permettent d établir des relations de confiance entre les gens et des échanges plus directs et plus individualisés. Permettent de mieux répondre aux préoccupations des cibles. A ces canaux, on peut associer la radio afin de délivrer des messages liés aux actions. Action L individu pratique le nouveau comportement. Mais des risques de rechute sont élevés. Donner au pratiquant des informations supplémentaires sur son comportement nouveau Féliciter le pratiquant sur l adoption du comportement Réduire les obstacles par la résolution des problèmes Encourager continuellement en focalisant sur les avantages en relation avec les normes sociales. Fournir une assistance pour aider les individus à surmonter les difficultés liées à l adoption du Les causeries éducatives avec pour supports les boîtes à images et réalisées par des animateurs qui ont une parfaite connaissance du milieu (noyaux relais, pair éducation, personnes ressources ayant adopté le comportement, notables communautaires favorables au comportement à adopter, etc.). Sensibilisation dans les lieux de culte, les marchés, les écoles, les organisations de base (OP, association, ONG), etc. Les visites à domiciles par des animateurs communautaires (noyaux relais, pair éducation, etc.)
20 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 8 STADES DEFINITION ACTION NECESSAIRE CANAUX DE COMMUNICATION nouveau comportement. Le counseling permet d établir une relation de confiance entre les «animateurs» et les individus. Ces derniers peuvent ainsi exprimer leurs préoccupations et recevoir les conseils et les encouragements nécessaires à l adoption du nouveau comportement. Maintien ou rechute Le nouveau comportement est adopté, maintenu et intégré dans le répertoire comportemental de l individu. Toutefois des risques existent et qui peuvent entraîner la rechute du sujet. Identifier les barrières et réfléchir ensemble sur des solutions basées sur les expériences propres du facilitateur Identifier les opportunités de pratiquer le nouveau comportement Inviter les leaders locaux à féliciter les nouveaux pratiquants Identifier tous les aspects positifs des pratiquants Permettre aux nouveaux pratiquants de rencontrer des pratiquants plus expérimentés afin de discuter de la manière dont ils ont maintenu leurs pratiques Rappeler aux pratiquants les bénéfices du nouveau comportement. Les causeries éducatives avec les pratiquants. Les visites à domiciles au bénéfice des nouveaux pratiquants. Le counseling afin d identifier les barrières / difficultés liées au nouveau comportement et de réfléchir sur les solutions. Discussion de groupe entre les nouveaux pratiquants et les pratiquants plus expérimentés afin de permettre aux premiers de bénéficier de l expérience des seconds. Sensibilisation dans les lieux de cultes, les écoles, les organisations de base, les services spécialisés (dispensaires, maternités, action sociale), etc. pour la poursuite du nouveau comportement. Avocat L individu pratique le comportement sur une longue durée. Il devient une personne ressource pour la promotion du nouveau comportement. Il se fait l avocat de la cause. Eviter les pratiquant à parler des avantages du nouveau comportement. Préparer un plan avec les pratiquants pour échanger avec les autres. Préparer un plan avec les pratiquants pour partager leurs expériences Les causeries éducatives animées par les pratiquants. Les ciné-débats avec la participation de pratiquants. Les visites à domicile organisées par les pratiquants.
21 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso La méthodologie L échantillonnage L enquête a couvert sept régions du Burkina Faso, à savoir : la Boucle du Mouhoun, les Cascades, le Centre Nord, l Est, le Nord, le Plateau Central et le Sahel Les structures et groupes cibles de l enquête Les structures et groupes cibles de l enquête sont : - les canaux de communication : radio, télévision, noyaux relais, troupes de théâtre forum, chansonniers, les griots et crieurs publics ; - les services techniques de l Etat dans les domaines de l éducation, la santé, l action sociale et de la promotion de la femme. - les ONG et associations intervenants dans le domaine de la communication pour le changement de comportement - les communautés villageoises Les radios et télévision L enquête a concerné toutes les radios et télévisions fonctionnelles dans les sept (7) régions couvertes par l étude. Un entretien a été également réalisé avec la Direction de la Radio Rurale au niveau central Les troupes de théâtre et des chansonniers Le choix de l échantillon des troupes de théâtres et des chansonniers enquêtés s est basé sur les listes des structures (troupes de théâtre et chansonniers) fournies par le Ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication et des informations recuillies auprès des intervenants en CCC. La quasi-totalité des troupes théâtre les plus actives (celles qui ont réalisé plusieurs activités de sensibilisation les 3 dernières années) dans les régions ciblées a été enquêté Les services techniques de l Etat Dans toutes les régions et provinces couvertes par l étude, les entretiens ont été réalisés avec des représentants des services suivants : les SRESA (Services Régionaux d Education pour la Santé et l Assainissement), les DPEBA (Direction Provinciale de l Education de Base et de l Alphabétisation), les DPASSN (Direction Provinciale de l Action Sociale et de la Solidarité Nationale), les DRPF (les Directions Régionales de la Promotion de la Femme) Les organisations intervenants en CCC Des organisations officiellement reconnues ayant réalisé au moins une activités de sensibilisation dans l une des régions cibles de l étude, au cours des trois dernières années ont été choisies de façon aléatoire et enquêtées Le choix des villages et des secteurs dans les villes Le choix de l échantillon des noyaux relais est basé sur la liste des noyaux relais fournie par les radios. Deux villages ont été choisis de façon aléatoire dans chacune des provinces couvertes par l étude. De même deux secteurs ont été choisis de façon aléatoire dans
22 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 10 chacun des centres urbains d implantation des radios et télévisions. Après l opération d énumération, vingt (20) ménages ont été choisis de façon aléatoire dans chacun des villages et secteurs échantillonnés. Dans chaque ménage échantillonné, tous les membres âgés d au moins 13 ans ont été soumis au questionnaire La conduite de l étude Une approche participative Les parties prenantes de l étude ont fait le choix d une approche participative pour sa réalisation. Ainsi, la méthodologie a fait l objet d une large concertation entre les consultants et le comité technique chargé du suivi de l étude. La méthodologie a été d abord validée par les membres du comité avant le début des activités relatives aux travaux de terrain : la formation des enquêteurs et la collecte des données primaires. Les membres du comité technique ont également pris part à la formation des enquêteurs et ont ensuite été associés à la collecte des données sur le terrain. Ils se sont rendus sur le terrain et ont pu observer le déroulement de la collecte L identification des canaux de communication L une des principales phases de l étude a été l identification des canaux de communications dans les régions couvertes par l enquête. La liste des radios et les télévisions a été fournie par le Conseil Supérieur de l Information. Les listes des troupes de théâtre et des chansonniers ont été fournies par le Ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication. Enfin, les listes des noyaux relais ont été proposées par les radios partenaires sur le terrain. L identification des ONG et association s est faite par une enquête auprès des institutions intervenant dans les domaines tels que la santé, l éducation, la protection des enfants, etc. Ainsi, des informations ont été fournies par la DPEF (Direction pour la Promotion de l Education des Filles) au MENA, la DGPEA (Direction Générale de la Protection des Enfants et des Adolescents) au MASSN, le Programme National de Lutte contre le Paludisme. L identification des organisations s est poursuivie sur le terrain, dans la phase de collecte des données par les entretiens avec les services déconcentrés du MENA, du MASSN, du Ministère de la santé et des responsables d ONG et associations déjà identifiées. Cette stratégie d identification a permis de disposer de la liste des principales organisations intervenant dans le domaine de la communication pour le changement de comportement dans les régions cibles de l étude La collecte des données La collecte des données s est faite par la combinaison de quatre méthodes: la revue documentaire, l enquête par questionnaire, les entretiens individuels et les discussions de groupes.
23 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 11 L analyse documentaire L analyse documentaire avait pour objectif de collecter des données secondaires sur les ONG, associations, les canaux de communication interpersonnel, les radios locales, les noyaux relais, etc. L analyse documentaire a porté d une part, sur les travaux portant sur les canaux de communication, la communication pour le changement de comportement et d autre part, sur les documents des radios, télévisions, organisations et services techniques ayant fait l objet de l enquête. Les documents nécessaires à la revue ont été collectés surtout au niveau des institutions identifiées (radios locales, associations, ONG, etc.). Le questionnaire Le questionnaire a été l un des principaux outils pour la collecte des données auprès des communautés de base. Le questionnaire avait surtout pour but d avoir le maximum de données sur l expérience des populations en matière de communication pour le changement de comportement et leur appréciation des différents canaux de communication utilisés : canaux de communication les plus utilisés, l accès aux différents canaux de communication, opinion sur leur efficacité, etc. Les entretiens individuels Les interviews structurées ont été organisées surtout avec les acteurs suivants : - des personnes ressources de la partie gouvernementale (MENA, MASSN, Ministères de la Culture, du Tourisme et de la Communication, Ministère de la Promotion de la Femme) ; - les personnes ressources des ONG et associations ; - les personnes ressources des radios et télévisions étudiées ; - les personnes ressources des troupes de théâtre, des chansonniers et des griots; Les entretiens ont été réalisés à partir de guides, un pour chaque catégorie d acteurs. Les guides ont été organisés autour de points portant sur la problématique de l étude. L objectif était surtout de diagnostiquer les forces et les faiblesses de ces acteurs de la communication pour le changement de comportement, par l analyse de leur structuration, leur fonctionnement, leurs réalisations, les ressources humaines, matérielles, le partenariat, etc. Les focus groups L utilisation des focus groups se justifie par le souci de disposer de données qualitatives afin d approfondir les informations du questionnaire. Dans chacun des villages échantillonnés, trois focus groups ont été organisés : un avec les hommes (adultes), un autre avec les femmes, un avec les jeunes filles et le dernier avec les garçons. Les discussions de groupe ont été réalisées sur la base de guides d entretien préétablis. Un entretien a été organisé avec les membres du noyau relais des villages échantillonnés. L observation L observation a utilisé pour collecter les informations sur les infrastructures et les équipements des canaux de communication, notamment les radios et les troupes de théâtres.
24 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso Le traitement et l analyse des données Les entretiens individuels approfondis et les focus groups ont été traités manuellement selon la méthode de l analyse de contenu, par catégorie sociale ou par groupe cible sur la base des rapports préliminaires fournis par les enquêteurs et les notes de terrain des consultants. Les données questionnaires ont été dépouillées à l aide de l outil informatique. Le logiciel EPI DATA a été utilisé. 1.5 Les difficultés rencontrées De manière générale, la mission n a pas rencontré des difficultés importantes, pouvant entraver son déroulement. Les difficultés rencontrées sont surtout relatives au refus de certains responsables de radios privées de fournir des informations jugées confidentielles. A cela s ajoute la non disponibilité de certains enquêtés occupés par les travaux champêtres ou en déplacement. Ces limites constatées n ont pas entaché le déroulement de l étude et la qualité des informations collectées.
25 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 13 CHAPITRE 2 : IDENTIFICATION DES CANAUX DE COMMUNICATION ET DES INTERVENANTS EN CCC Le chapitre 2 est consacré à l identification et au dénombrement des canaux de communication et des intervenants dans le domaine de la communication pour le changement de comportement dans les sept régions ciblées par l étude. Les canaux de communication ont été organisés en trois catégorie : (1) la radio et la télévision, (2) les troupes de théâtre, les chansonniers et les noyaux relais, et enfin les autres canaux de communication signalés par les communautés villageoises enquêtées. Les intervenants dans le domaine de la CCC ont été classés en deux catégories : les structures associatives et les services techniques de l Etat. 2.1 Les canaux de communication dans les régions couvertes Dans les régions couvertes par l étude, les canaux de communication sont assez diversifiés et pour certains relativement bien représentés. Les principaux canaux et supports de communication identifiés sont : la radio, la télévision, les troupes de théâtre, les chansonniers, les vidéo club et les griots Les radios et la télévisions Depuis la fin du monopole de l Etat sur la radiodiffusion et sur la télévision et l ouverture de ce secteur aux personnes privées, le paysage radiophonique du Burkina Faso s est fortement développé. La typologie des médias audiovisuels du Burkina a été fixée par le Conseil supérieur de l information par arrêté n 98-14/CSI/CAB du 25 mai L article 5 précise que les médias audiovisuels privés comprennent les radios privées et les télévisions privées. Il est également stipulé que les radios privées se subdivisent en radios privées commerciales régies par les dispositions en vigueur en matière commerciale et constituées sous forme de sociétés anonymes ou de sociétés à responsabilité limitée, et en radios privées non commerciales, qui mènent des activités non lucratives et évoluent hors du champ de la publicité commerciale. Ce sont les radios privées associatives ou communautaires et les radios confessionnelles. Le nombre de radios et de télévisions par catégorie et dans les régions couvertes par l étude est fourni par le tableau suivant (la liste des radios et télévisions identifiées est fournie en annexe du rapport) : Tableau 2. Nombre de radios et de télévision par genre dans les régions enquêtées Région Communautaires Commerciale Confessionnell Publique Total e Radios Télé Radios Télé Radios Télé Radios Télé Radios Télé Boucle du Mouhoun Cascades Centre-Nord Est Nord
26 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 14 Plateau central Sahel Total Source : Conseil Supérieur de l Information Les sept régions couvertes par l étude comptent en tout quarante neuf (49) radios et quatre (4) télévisions. Dans le secteur de la télévision, les initiatives privées sont encore rares. La quasi-totalité des télévisions identifiées sont de statut public ; il s agit de relais de la télévision nationale. Une seule télévision associative a été identifiée dans la région du Centre Nord. Deux principales contraintes limitent les investissements privés dans les télévisions (communautaires ou privées) : les exigences financières et les exigences techniques. - le coût élevé des investissements et du fonctionnement. Plus que la radio, la télévision implique des investissements plus importants en termes de matériels et de ressources financières pour le fonctionnement. L achat des programmes à diffuser est l une des plus importantes dépenses. Les programmes les plus chers (films, feuilletons, séries, les matches de football) sont ceux qui font le plus d audience. - les exigences techniques. Autant un personnel peu qualifié peut s approprier facilement les techniques radiophoniques numériques ou analogiques autant l appropriation des techniques télévisuelles, de part leur complexité, exige des qualifications relativement élevées. L enregistrement, le montage, l archivage, la réalisation du son et des images par un système informatisé reste difficile à gérer pour les premiers venus. Le personnel qualifié (animateurs et techniciens d entretien du matériel) capable de faire fonctionner la télévision est difficile à trouver et coûte très cher. - A ces deux principales contraintes s ajoutent les difficultés d accès à la télévision pour les populations cibles. En effet, acquérir et entretenir un poste téléviseur restent un luxe pour beaucoup de ménages. Hormis le coût d acquisition de l équipement, l utilisation de la télévision exige des frais relativement élevés pour une population à faible revenu : cette utilisation exige une source d alimentation électrique (une batterie ou un abonnement au réseau électrique national). Les frais de recharge et de maintenance de la batterie qui sont moins importants que l abonnement électrique restent toujours hors de portée pour de nombreux ménages. Il faut souligner que la quasi-totalité des zones rurales au Burkina Faso n ont pas accès au réseau électrique. Ces difficultés d accès limitent l audience de la télévision. Les radios confessionnelles et communautaires sont les plus représentées : chacune de ces deux catégories représente 32,5% de l ensemble des radios identifiées. La part de chacune des deux autres catégories (public et privé commercial) de radios n atteint pas 19% du nombre total identifié. Les radios privées commerciales représentent un peu plus de 18% et les radios publiques un peu plus de 16%. Ces dernières sont surtout des relais de la radio nationale. Une radio communale a été identifiée dans la région du Plateau central.
27 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 15 Avec 11 radios (27,5% du nombre total de radios identifiées), la région de la Boucle du Mouhoun est la plus fournie en radios. Elle est suivie de près par la région du Nord (9 radios) et celle du Centre nord (8 radios), ensuite vient celle de l Est (7 radios). La région des Cascades et celle du Sahel abritent chacune cinq radios. Enfin, seulement quatre radios fonctionnelles ont été identifiées dans la région du Plateau central Les troupes de théâtre et les chansonniers Les troupes de théâtre sont des organisations créées par des personnes privées ou des associations. Certaines troupes sont par exemple rattachées à des radios communautaires. Les troupes de théâtre mènent généralement des activités de sensibilisation dans les régions où elles sont implantées. Elles sont généralement reconnues par le Ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication. Les chansonniers sont des individus qui font de l animation, généralement dans le cadre d activités de sensibilisation. Tout omme les troupes de théâtre, ils sont généralement reconnus par le Ministère de la Culture. Les chansonniers véhiculent généralement des messages en langues nationales. Le nombre de troupes de théâtre et de chansonniers identifiés est fourni par le tableau n 2. Ces canaux de communication ont été identifiés avec l appui du Ministère de la Culture et des acteurs enquêtés sur le terrain, notamment les intervenants en communication pour le changement de comportement. Tableau 3. Nombre de troupes de théâtre et de chansonniers dans les régions enquêtées Région Troupes théâtrales Chansonniers Boucle du Mouhoun 7 13 Cascades 5 1 Centre-Nord Est 4 11 Nord 2 1 Plateau central 2 5 Sahel 1 4 Total Source : Ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication Conformément aux données du tableau n 2, on dénombre 31 troupes de théâtre et 48 chansonniers dans l ensemble des régions couvertes par l étude. Le Centre Nord est la région la plus nantie en troupes de théâtre et en chansonniers. En effet, cette région abrite plus de 32% des troupes et près de 23% des chansonniers identifiés. La région du Centre Nord est suivie de celle de la Boucle du Mouhoun où on dénombre 7 troupes de théâtre et 13 chansonniers. Ensuite vient la région de l Est avec 4 troupes de théâtre et 11 chansonniers. La région du Nord est la moins nantie avec seulement 2 troupes de théâtre et un seul chansonnier Les noyaux relais Les noyaux relais sont des comités villageois créés généralement par les radios de proximité ou d autres organisations menant des activités de sensibilisation. Les membres des noyaux
28 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 16 relais sont des personnes issues de la communauté. Ils ont été choisis pour leur influence dans la communauté et leur capacité à mobiliser la population pour les activités de sensibilisation. Généralement constitués de 4 à 8 personnes (des hommes et des femmes), les noyaux relais apportent un appui assez efficace aux radios de proximité pour les actions de sensibilisation. Comme leur nom l indique, les noyaux relais ont pour mission de relayer la radio en assurant une sensibilisation de proximité et un appui conseil sur les émissions reçues par les populations. Ils ont pour rôle de mener la sensibilisation à travers des causeries et porte à porte de manière permanente, ils travaillent en étroite collaboration avec les radios (appui conseil, organisation, suivi, feedback à travers les émissions). Ils sont également chargés de mobiliser la population pour les activités de sensibilisation dans le village. L action des noyaux relais permet ainsi de renforcer la communication de masse apportée par les radios avec une communication interpersonnelle, afin d accroître l efficacité des activités de communication pour le changement de comportement. Le tableau n 3 donne le nombre de noyaux relais mis en place dans les sept régions couvertes par l étude. Les listes des noyaux relais ont été fournies par les radios enquêtées. Tableau 4. Nombre de noyaux relais dans les régions enquêtées Région Noyaux relais Boucle du Mouhoun 126 Cascades 78 Centre-Nord 278 Est 112 Nord 71 Plateau central 24 Sahel 24 Total 642 Source : Radios enquêtées. Un total de 642 noyaux relais a été dénombré dans les sept régions couvertes par l étude. La région du Centre nord est de loin la plus nantie avec plus de 43% des noyaux relais. Elle est suivie de la région de la Boucle du Mouhoun (19,62%) et celle de l Est (17,44%). Les régions du Plateau central et du Sahel sont les moins nanties avec chacune 24 noyaux relais Les canaux et supports de communications traditionnels Dans la plupart des communautés villageoises, il existe un réseau de communication traditionnel dont les principaux acteurs sont : les autorités coutumières et le crieur public qui travaillent sous l autorité du chef de village. A ces acteurs traditionnels sont venus s ajouter d autres issus de l organisation étatique moderne notamment le président du Conseil Villageois de Développement (CVD), les autorités administratives et les agents des services techniques (agent de santé, agent d élevage, etc.). Ce réseau de communication est souvent utilisé pour transmettre des messages à la population et surtout pour la mobilisation des groupes cibles dans le cadre des campagnes de sensibilisation. Les sensibilisations se déroulent généralement dans des endroits où il y a rassemblement
29 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 17 d hommes et/ou de femmes : marchés, lieux de cultes, les cérémonies (funérailles, baptêmes), etc. Ces canaux et supports de communication traditionnels et locaux sont généralement combinés avec d autres afin d améliorer l efficacité des actions de sensibilisation. La stratégie de sensibilisation par ces canaux est d autant plus pertinente qu elle s appuie sur des personnes qui sont en contact permanent avec les groupes cibles et qui peuvent, par leur influence dans la communauté, mobiliser les populations et obtenir de bons résultats en matière de changement de comportement. Toutefois, les informations recueillies auprès des communautés villageoises montrent que les griots et les lieux publics sont très peu utilisés pour les activités de sensibilisation dans les villages. En effet, comme le montrent les données du tableau n 4, très peu de personnes enquêtées ont bénéficié d une activité de sensibilisation par ces canaux et supports de communication. Le marché, avec 5% d utilisateurs, enregistre la proportion la plus importante. Aucun des autres canaux n atteint 3%. L utilisation de ces canaux est quasiment nulle dans la région du nord. Le Plateau centrale se singularise avec un taux d utilisation relativement élevé (10,5%) pour le canal «marché». Tableau 5. Proportion de personnes enquêtées ayant bénéficié d une sensibilisation par le canal d un griot, d un lieu de culte, d une cérémonie, etc. Types de canaux Boucle du Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Ensemble Lieux de culte 2,3 3,1 2,2 3,6 0,0 3,2 1,3 2,4 Marché 4,4 2,1 11,2 0,7 0,0 10,5 2,6 4,9 Griot 2,1 0,0 1,3 0,0 0,0 2,1 1,3 1,2 Cérémonies 1,0 0,0 0,0 0,0 1,1 1,1 0,0 0, Les vidéoclubs Les vidéoclubs sont des lieux de projections informelles où l on diffuse, sur un poste téléviseur domestique, des copies de films. Certains vidéoclubs, généralement dans les centres urbains, sont spécialisés dans la diffusion des matchs de football. C est une activité qui a pris de l ampleur ces dernières années répondant aux besoins d images de la population burkinabé. Les vidéoclubs se rencontrent dans la quasi-totalité des chefs lieux de communes au Burkina Faso et de nombreux villages en abritent. On en rencontre également dans la quasi-totalité des sites aurifères. Malheureusement le secteur ce développe de façon anarchique, de nombreux vidéoclubs étant ouverts de façon clandestine, au mépris des textes en vigueur. Du fait du caractère très informel de l activité, il est difficile de connaître le nombre exact de vidéoclubs dans les zones couvertes par l étude. Toutefois, l enquête menée sur le terrain auprès des professionnels et des communes, donne l estimation suivante :
30 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 18 Tableau 6. Estimation du nombre de vidéoclubs par région Région Nombre Boucle du Mouhoun 18 Cascades 6 Centre-Nord 8 Est 10 Nord 15 Plateau central 7 Sahel 6 Total 70 Source : Enquête de terrain. L estimation donne un nombre total de 70 vidéoclubs dans les régions couvertes par l enquête. Il s agit pour l essentiel de vidéoclubs officiellement reconnus : ils disposent de documents d autorisation d ouverture et de paiement des taxes. 2.2 Les intervenants en CCC dans régions couvertes Les intervenants en CCC sont les ONG, les associations et les services de l Etat qui mènent des actions de communication afin de changer les comportements néfastes ou inadéquats pour le développement socio-économique des populations Les ONG et les associations Nombre et domaines d intervention en CCC. Dans les sept régions couvertes par l enquête, un total de 85 ONG et associations intervenant dans le domaine de la communication pour le changement de comportement a été identifié (la liste des organisations identifiées figure en annexe). La région du nord et celle de la Boucle du Mouhoun sont les plus nanties en organisations intervenant en CCC. En effet, la première compte 20 ONG et associations (23,52% des organisations) et la seconde 18, soit 21,17% des organisations identifiées dans les sept régions. A l opposé, la région des Cascades et celle du Sahel sont les moins nanties : seulement 6 ONG et associations pour la première et 7 pour la seconde. Tableau 7. Répartition des ONG et associations intervenant en CCC Région Nombre Boucle du Mouhoun 18 Cascades 6 Centre-Nord 12 Est 10 Nord 20 Plateau central 12 Sahel 7 Total 85 Source : Enquête de terrain. La répartition des organisations en fonction des domaines couverts par les activités de communication pour le changement de comportement est présentée dans le tableau 8.
31 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 19 Tableau 8. Nombre d ONG et d associations en intervenant en CCC dans les régions cibles. Domaines Boucle du Mouhou n Cascades Centre Nord Est Nord Platea u central Sahel Ensembl e Santé Droits des femmes Droits des enfants Agriculture, élevage Environnement Education/formation Source : enquête de terrain. Dans toutes régions cibles de l étude, tous les domaines du développement socioéconomique sont couverts par les activités de sensibilisation des organisations identifiées. Les domaines de la Santé, les droits des femmes, l agriculture et élevage, et l éducation sont les plus couverts. Chacun de ces domaines compte au moins 28 intervenants. A l opposé, les domaines de l environnement et des droits des enfants sont les moins couverts. Les provinces couvertes. Toutes les provinces des sept régions cibles de l étude sont couvertes par les activités de communication pour le changement de comportement. Certaines organisations interviennent dans plusieurs provinces. De même, tous les domaines d intervention précédemment identifiés sont couverts dans chacune des provinces Les services techniques de l Etat Les services techniques de l Etat enquêtés. La quasi-totalité des services techniques de l Etat dans le domaine social (éducation, action sociale, promotion de la femme), de la santé et du développement rural (agriculture et élevage) interviennent d une manière ou d une autre dans la communication pour le changement de comportement. Les informations sur les structures techniques de l Etat en rapport avec la CCC ont été collectées auprès des services suivants : les Directions provinciales de l Education Base et de l Alphabétisation (DPEBA), les Directions provinciales de l Action Sociale et de la Solidarité Nationale (DPASSN), les Services Régionaux d Education pour la Santé et l Assainissement (SRESA) et les Directions Régionales de la Promotion de la Femme (DRPF). Thèmes d intervention en CCC. Le tableau ci-après donne un aperçu panoramique des thèmes d intervention en CCC des services techniques de l Etat.
32 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 20 Tableau 9. Les thèmes d intervention en CCC des services techniques de l Etat. Services étatiques DPEBA (Direction Provinciale de l Education de Base et de l Alphabétisation) DPASSN (Direction Provinciale de l Action Sociale et de la Solidarité Nationale) SRESA DRPF (Direction Régionale de la Promotion de la Femme) Domaines d activités de CCC - Inscription des enfants à l école et en particulier des filles - Maintien des filles à l école - Bonnes pratiques d hygiène - Rôle des APE et AME dans la scolarisation des enfants - Fréquentation de l école - Prévention et gestion des catastrophes - Lutte contre l excision - MST, VIH/SIDA, droits et devoirs PV/VIH - Trafic et travail des enfants - Le code des personnes et de la famille - Santé de la reproduction - Mariage forcé/précoce - Promotion allaitement maternel exclusif - Lutte contre les MGF - Lutte contre le Paludisme et la tuberculose - Lutte contre le VIH/SIDA - Promotion des comportements hygiéniques. - Sensibilisation sur les violences faites aux femmes (mariages forcés, MGF, violences conjugales etc.), - Promotion de la santé de la mère et de l enfant, la nutrition, MST, VIH/SIDA, notamment la PTME, - Promotion de la scolarisation des jeunes filles, - Promotion et protection des droits de la femme (droit civique, droit économique, droit culturel etc.) - Sensibilisation en matière d hygiène et d assainissement - Sensibilisation pour la fréquentation des structures sanitaires - Sensibilisation au lavage des mains - Formation des femmes en genre et développement (leadership féminin). Les services techniques sont à la fois canaux et utilisateurs de canaux de communication. Dans le cadre des missions à eux dévolues, ces services conçoivent, planifient, exécutent, suivent et évaluent des activités de sensibilisation dans leurs domaines de compétences sans avoir besoin de recourir à une médiation quelconque. Compte tenu de l insuffisance des ressources financières, la causerie éducative est la principale technique utilisée par les services techniques pour la réalisation des activités de sensibilisation. Afin d augmenter la portée et l efficacité de ces activités ils font appel, quand leur budget leur permet ou
33 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 21 lorsqu un partenaire le leur demande expressément, à des troupes de théâtre, à la radio, à la télévision, aux projections cinématographiques. Même lorsque les agents de ces services sont les principaux acteurs de la communication, l utilisation des outils s avère indispensable. Conclusion Les régions couvertes par l enquête sont plutôt bien fournies en canaux et supports de communication. Les canaux de communication y sont assez variés. Un total de 49 radios a été dénombré ; chaque région en compte au moins quatre. Les radios associatives (communautaires) et les radios confessionnelles sont les plus représentées. Comme les radios, les troupes de théâtres et les chansonniers sont assez représentés ; chaque région possède au moins un canal de cette catégorie. De même, une estimation sur le terrain donne 70 vidéoclubs reconnus officiellement, ce qui constitue un potentiel important pouvant être utilisé pour des actions de sensibilisation. Par ailleurs, les radios associatives et autres intervenants en CCC ont mis en place des noyaux relais pour les activités de sensibilisation dans les communautés villageoises. 642 noyaux relais ont ainsi été dénombrés ; toutes les régions en sont pourvues. De nombreux intervenants en CCC, aussi bien des ONG que des services étatiques ont été identifiés dans toutes les régions cibles. A l inverse des canaux de communication et intervenants sus cités, les zones cibles comptent très peu de télévisions. Les quelques personnes qui ont accès à la télévision reçoivent surtout les chaînes publiques ou les chaînes étrangères. Une seule télévision associative a été identifiée dans la région du Centre nord. Enfin, les supports et canaux de communication traditionnels que sont les griots, les lieux de cultes, les marchés, les cérémonies existent dans toutes les régions mais sont très peu utilisés pour les activités de sensibilisation.
34 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 22 CHAPITRE 3 : ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES CANAUX DE COMMUNICATION Le chapitre trois (3) est consacré à l analyse des capacités institutionnelles des canaux de communication que sont les radios, les télévisions, les troupes de théâtre forum, les chansonniers et les noyaux relais. Par capacités institutionnelles nous entendons les modalités et la qualité de l organisation et du fonctionnement des canaux de communication identifiés. En somme il s agit de la gouvernance des canaux de communication. Ainsi, pour chaque type de canal de communication, l analyse est basée sur l organisation et le fonctionnement avec le souci d identifier les forces et les faiblesses à chacun de ces niveaux. 3.1 Les radios et les télévisions communautaires Les radios et les télévisions communautaires sont généralement créées pour des communautés de base, surtout des populations rurales. Ces canaux doivent être des outils de développement entre les mains des communautés. Pour cette raison, leur organisation et leur fonctionnement doivent refléter le soucis majeur de l implication des populations cibles. Comment ces canaux de communication sont-ils organisés? Comment fonctionnent-ils? Quelle est la place des communautés de base dans cette organisation et ce fonctionnement? Les organes de gestion Une radio ou une télévision associative ou communautaire est un outil de mobilisation sociale et d action dont se dote une association en vue de participer à l atteinte des objectifs qu elle s est fixée. L article 4 du Cahier des charges et des missions des sociétés de radiodiffusion sonores privées associatives ou communautaires dispose que «seules les associations, groupements ou communautés peuvent exploiter une société de radio associative ou communautaire». Les organes de gestion des radios communautaires et associatives sont prévus dans l arrêté n 36 du 21 août 1995 portant organisation, gestion et fonctionnement des radios locales. Ce texte met l accent sur la participation des communautés dans la gouvernance des radios associatives, qui doit être l instrument par excellence du développement local. Elle doit être un outil de communication à la disposition des populations de la zone concernée qui doivent être alors être associées à la gestion de leur instrument d émancipation. En principe les radios et les télévisions communautaires sont organisées autour d une Assemblée générale, un conseil d administration encore appelé comité de gestion, une direction ou cellule technique. Pour la plupart des cas que nous avons rencontrés, cette distinction organique n est point respectée. Les organes de l association gèrent directement la société de radiodiffusion du moins en ce qui concerne l Assemblée générale. Et même quand ils sont séparés, seul le conseil de gestion qui fait office de conseil d administration fonctionne, mais se réunit de façon irrégulière.
35 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 23 L Assemblée générale Elle est en principe l instance suprême de toute association ou de toute société. Elle regroupe l ensemble des membres statutaires de l association ou de la société. L Assemblé Générale de la radio ou télévision associative a pour objet : l'approbation (ou la désapprobation) de la gestion de l'année écoulée sur les activités réalisées, résultat de l'exercice financier, sur présentation d'un compte-rendu des dirigeants; le vote du budget de l'année à venir; le vote d'un rapport d'orientation contenant les projets de l'association pour l'année à venir et les directives à suivre pour les administrateurs. Nonobstant les statuts et règlements intérieurs, l assemblée générale devait se tenir une fois par an. Le Comité de gestion Il regroupe les membres désignés de l association, les représentants des auditeurs et les membres de la direction. Il a pour rôle d organiser et de veiller à l administration des activités. Il prend toute décision utile à la bonne marche de la radio ou de la télévision dans les limites des missions que lui a assignées l Assemblée Générale. Il joue aussi le rôle de suivi de la qualité des programmes et de choix des émissions. Dans la plupart des sociétés de radiodiffusion enquêtées, le conseil de gestion qui assiste la direction se réunit en principe une fois par mois, une fois par trimestre ou tous les six (6) mois. Dans les faits, ces réunions sont irrégulières. L indisponibilité des membres statutaires serait à l origine de cette défaillance. A l analyse c est l absence de motivation des membres, le fait qu ils ne perçoivent pas l intérêt de leur participation et l impact du comité de gestion et des groupes cibles sur le devenir de la radio qui expliqueraient cette irrégularité. La direction ou cellule technique Le fonctionnement au quotidien de la société est assuré par une direction encore appelée cellule technique. Elle est constituée par un chef de station assisté par un chef de programmes, un responsable technique, un responsable commercial et comptable. Quelques fois, on note la présence d un chef de production, d un responsable des relations. La polyvalence est la chose la mieux partagée dans ces radios de proximité où la consigne qui s impose est de minimiser les charges tout en maximisant les recettes. Les sociétés de radio visitées emploient en moyenne trois à quatre permanents. Tous sont à la fois administratifs, animateurs, techniciens. Elles sont obligées d avoir recours à des bénévoles pour assurer l essentiel de leurs programmes. En réalité les bénévoles sont des parties prenantes des radios communautaires et associatives. La cellule technique rend compte au comité de gestion La participation des populations au fonctionnement La participation des communautés de base au fonctionnement des radios et télévisions associatives a été analysée à deux niveaux : - la participation à l élaboration des programmes et à la production des émissions - la participation à l élaboration du budget
36 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 24 Ces deux niveaux sont fondamentaux dans l appréciation de la qualité de l implication des populations cibles dans le fonctionnement de ces canaux de communication. Au niveau de l élaboration des programmes La communication étant devenue un concept clé du développement, elle doit faciliter la participation. Cela encore plus vrai pour les médias associatifs. Il faut dans les projets de développement amener les populations à s approprier les instruments de communication et d information. Les médias n aident plus seulement à aider les communautés à prendre conscience de leurs problèmes afin d agir ; ils sont devenus des outils de mobilisation, de concertation et de collaboration entre acteurs de développement. Dans cette nouvelle logique chacun des acteurs est tantôt destinataire ou initiateur (producteur) des messages. On arrive à penser que dans la communication pour le développement surtout social, «le processus est devenu plus important que le produit. C est dans le processus de communication et de participation que le changement social commence à apparaître.» Si cette approche est celle des sociétés de radiodiffusion associatives, il faut reconnaître que leurs promoteurs ne la mettent pas suffisamment en œuvre lorsqu il s agit de l élaboration des programmes. Ceux-ci sont élaborés surtout par la cellule technique de la radio ou de la télévision souvent sans la participation des communautés de base. Il faut craindre que les salariés deviennent de nouveaux oligarques des médias peu soucieux de l approche participative. Si à leurs débuts les sociétés de radiodiffusion ont conçu les programmes en associant les communautés, c est désormais grâce aux appels téléphoniques que les promoteurs se font une idée de leurs audiences et celles des différentes émissions. Le suiviévaluation comme on le montrera par ailleurs est très peu pratiqué. Très peu d études d audience sont effectuées pour permettre une évaluation plus crédible des supports et des émissions. Pour impliquer les communautés dans leur fonctionnement, certaines radios communautaires ont créé des clubs d auditeurs (ou clubs d écoute) et un système de correspondants villageois (ou correspondants ruraux). C est le cas par exemple de Radio Munyu dans la région des Cascades et de Radio Salaki dans la Boucle du Mouhoun. Les clubs d auditeurs et les correspondants villageois travaillent en collaboration avec les noyaux relais également mis en place par les radios communautaires. Comme leur nom l indique, les clubs d auditeurs sont chargés d écouter les émissions et de formuler des critiques afin de les améliorer. Les correspondants villageois ont pour rôle la collecte de l information au niveau des communautés villageoises et de la transmettre à la radio. Ils participent également à l animation des clubs d auditeurs. Des représentants des communautés de base sont invités aux réunions du conseil de gestion pour donner leur avis sur les programmes de la radio et les préférences des auditeurs ainsi que les critiques formulées sur les émissions. L ensemble de la stratégie a pour but d ancrer la radio dans les réalités du milieu par la production d émissions pertinentes, qui répondent aux besoins des groupes cibles.
37 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 25 Au niveau de l élaboration du budget Les communautés de base ou les membres des associations partenaires participent peu ou pas à l élaboration du budget des radios associatives. Pour les plus structurées d entre elles c est à travers les Comités de gestion et dans une moindre mesure dans les Assemblées générales que les membres participent aux débats budgétaires. En tout état de cause, pour que les membres de la communauté se sentent concernés par la radio et son devenir il convient de les associer davantage au processus d élaboration des budgets, à leur suivi et contrôle. Cette implication des communautés de base pourrait les inciter à contribuer au budget de fonctionnement des médias communautaires. Cette contribution budgétaire est d autant nécessaire que la plupart des médias, communautaires ou non, rencontrent difficultés financières relativement importante Les ressources financières et les sources de financement Les Cahiers des charges des sociétés de radiodiffusion associatives et communautaires privées stipule à son article 14 que «les ressources de la société de radio associative ou communautaire sont constituées principalement par : - les cotisations des membres de l association ou de la communauté ; - les recettes spécifiques provenant de la diffusion d émissions de sensibilisation, de messages et de communiqués d ordre social ou d intérêt collectif ; - les subventions, dons et legs.» Dans la réalité, la contribution des membres de la communauté est une pratique plutôt rare. Parmi les sociétés de radiodiffusion enquêtée, seule la radio Buyaba de Diapaga a mis en place un système pour promouvoir la contribution des communautés cibles au budget. Pour la plupart des radios associatives, les recettes proviennent pour 80% des partenariats conclus avec les différents annonceurs (y compris les acteurs des actions de communication pour le changement de comportement). Les partenaires au développement sont les principales sources de financement de ce type de radios. Conformément à leurs cahiers de charge, elles n ont pas le droit d accepter toute aide quelle qu en soit d un parti politique. Elles doivent s interdire de produire des émissions à caractère commercial. L article 35 d ajouter que «les sociétés de radios associatives ou communautaires ne sont pas autorisées à exploiter la publicité commerciale». Visiblement les radios communautaires et associatives peinent à respecter cette disposition. Dans les déclarations officielles des responsables de ces radios, aucune mention n est faite des partenaires commerciaux. Pourtant leurs collègues des radios commerciales s insurgent contre la concurrence déloyale dont ils sont l objet de la part des radios communautaires et même confessionnelles. En général, les responsables des radiodiffusions et télévisions privées communautaires ou associatives ne rencontrent pas de très grosses difficultés dans l exécution de leurs conventions de partenariats pour les actions de communication pour le changement de comportement. Toutefois, elles regrettent que ces partenariats se renouvellent peu alors que les sociétés en sont devenues dépendantes. Au nombre des difficultés rencontrées dans la conduite des partenariats qu ils nouent, les responsables se plaignent des retards dans le
38 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 26 décaissement des fonds, des programmations des activités pendant des périodes inadéquates (saison pluvieuse par exemple) et de l insuffisance des ressources financières qui peinent à couvrir les besoins. Les budgets de ces sociétés de radiodiffusion et de télévisions, ces deux dernières années (2009 et 2010) sont de l ordre de douze millions ( ) de francs pour les moins nantis et cinquante ( ) pour les plus nantis. Toutes affirment que ce sont les dépenses liées à l électricité, aux droits d auteurs (BBDA), aux taxes de fréquences (ARCE) et aux cotisations de la CNSS qui grèvent leurs budgets. 3.2 Les radios et télévisions confessionnelles Même si elles sont structurées à l image des radios communautaires, les radios et télévisions confessionnelles sont fortement dépendantes de la hiérarchie religieuse quant à leur structuration et leur fonctionnement Les organes de gestion Les sociétés de radiodiffusion confessionnelle sont pour la plupart gouvernées par des conseils ou comités de gestion et par des comités directeurs. Le Comité de gestion L Assemblée des fidèles est globalement considérée comme l organe supérieur des stations radios confessionnelles, toutefois dans la pratique elle n existe pas. Il revient donc au comité de gestion d assurer les fonctions dévolues à la fois à un conseil d administration et à une Assemblée générale. Le comité de gestion se réunit en session ordinaire généralement une fois par semestre. Elle définit la politique générale de la radio et donne les principales orientations des programmes. Les comités de gestion sont généralement présidés par un responsable religieux, généralement le directeur de la radio qui est assisté par au maximum cinq membres laïcs. Dans ces conditions, les réunions des comités de gestion ne sont en réalité que des conseils de direction. Le Comité Directeur En dessous de ce comité de gestion se trouve un comité directeur dont le rôle consiste à gérer la radio au quotidien. Les réunions des comités directeurs sont mensuelles. Certaines radios confessionnelles jouissent d une grande autonomie de gouvernance au niveau local, tandis que d autre doivent se référer à leur station mère qui se trouve généralement à Ouagadougou. Ainsi, pour les «Radios Evangiles Développement» par exemple, l autonomie des différentes stations ouvertes sur une bonne partie du territoire national est très relative. La direction générale de toutes ces sociétés de radiodiffusion et le conseil d administration sont basés à Ouagadougou. La ligne éditoriale, les grandes décisions et orientations sont dictées depuis Ouagadougou. Elles sont dirigées localement par des chefs de station. Naturellement les radios les plus autonomes sont celles qui ne dépendent pas d une station mère. Dans ce cas, tous les organes de gestion sont situés au niveau local et toutes les décisions concernant le fonctionnement de la radio se prennent à ce niveau.
39 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso La participation des fidèles au fonctionnement de la radio Les mêmes griefs formulés à l endroit des radios communautaires et portant sur la problématique de la participation et à la représentativité des groupes cibles valent pour les sociétés de radios confessionnelles. Le peu d implication des fidèles dans le processus d acquisition et de fonctionnement de la radio fait penser qu il s agit d une affaire des responsables religieux pour faire passer des messages sur la religion. Les programmes sont conçus par les leaders religieux et le personnel de la radio pour les auditeurs. Les émissions religieuses sont conçues par les responsables religieux. Les émissions liées au développement sont aussi plutôt inspirées d eux. Un pasteur, directeur d une radio explique que pour accepter de diffuser à l antenne des émissions liées au port du préservatif, il a fallu que lui-même bataille dur auprès des siens pour avoir l autorisation. Le contenu des émissions en effet semblait contraire à leur foi chrétienne. Les relations avec les partenaires au développement sont marquées du sceau du respect des préceptes religieux. Tout contenu contraire aux enseignements religieux sont interdit de diffusion. Naturellement les budgets des radios confessionnelles sont élaborés par les seuls acteurs réellement impliqués dans leur gestion, c est-à-dire les leaders religieux et le personnel, qui en suivent également l exécution Les ressources financières et les sources de financement Comme pour les sociétés de radiodiffusion associatives et communautaires, les radios confessionnelles doivent exister en bonne partie grâce aux cotisations des structures dont elles dépendent, comme par exemple les églises et des recettes spécifiques provenant de la diffusion de messages et communiqués d ordre social et d intérêt général. La quote-part des structures dont elle dépend constitue généralement la principale source de financement des radios confessionnelles. Comme les radios associatives, les radios confessionnelles se plaignent de l insuffisance des ressources financières. Dans la plupart des cas, ces sociétés de radios vivotent avec des budgets qui vont de trois (3) millions à neuf (9) millions. Inutile de préciser qu avec de telles ressources financières, il ne faut pas s attendre à des rendements importants. Avec de tels budgets il est loisible d imaginer que ce type de radios fonctionne sur la base du volontariat. Un volontariat qui correspond aussi bien aux principes religieux qu à la nature même de la radio confessionnelle mais qui plombe les activités et l efficacité de ces sociétés. Tous les responsables de ces radios ont émis le souhait de disposer de ressources suffisantes pour transformer certains de leurs bénévoles en personnels permanents. Le nombre et la qualité des partenariats noués sont largement en deçà de leurs attentes. Comme les autres, ils ont aussi regretté que les déblocages des ressources pour les actions de sensibilisation se fassent souvent en retard obligeant les activités à démarrer en saison hivernale, période d indisponibilité des populations cibles, notamment en milieu rural. 3.3 Les radios et télévisions commerciales Les radios et télévisions privées sont des entreprises privées commerciales. Leur structuration et leur fonctionnement respectent ce statut juridique.
40 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso Les modalités de gestion Il s agit des radios et télévisions privées commerciales. Elles sont régies par les dispositions en vigueur en matière commerciale et constituées sous forme de sociétés anonymes ou de sociétés à responsabilité limitée. Les décisions relatives au fonctionnement de la radio ou de la télévision sont prises par l ensemble des associés : le choix du directeur de la station, la programmation, le contenu des émissions, la gestion financière et administrative. «La politique commerciale de la radio ou de la télévision est donc définie par tous les associés, car tous les associés sont solidairement responsables du succès et de l échec de l entreprise» Les ressources financières et les sources de financement Selon l article 15 des Cahiers des charges et de missions des sociétés privées et commerciales de radiodiffusions sonores en modulation de fréquence «les ressources de la société de radio sont constituées principalement par : - le produit de la publicité radiodiffusée, - la commercialisation de services en rapport avec son objet, - les subventions, dons et legs.» Pour des raisons de confidentialité, la plupart des responsables des radios privées rencontrés n ont pas communiqué leurs budgets. Pour ce qu on en sait ou ce qu ils ont bien voulu dire, les principales sources de financement proviennent des annonces (environ 50%), des partenaires (30%) et des subventions (20%). Tous ou presque affirment qu il est difficile pour ces sociétés de se prendre entièrement en charge. Les subventions qu ils évoquent proviennent des maisons mères. Les charges en électricité et en droits d auteurs annulent leurs efforts d autofinancement et de développement. Point de rentabilité en somme. Les difficultés rencontrées sont liées au recouvrement de certaines factures ou au retard de paiement. Les radios commerciales se plaignent de la concurrence déloyale que les autres types de radio leur font. Avec le nombre assez important des radios confessionnelles et communautaire, leur part de marché légitime aurait sensiblement diminué. Toutefois cette affirmation doit être relativisée car le CSC permet un quota aux radios et télévisions commerciales. Certaines radios maintenues sous perfusion pourraient disparaître du jour au lendemain du paysage médiatique. C est le cas de la «Radio de l Amitié» qui vit au crochet des autres activités du promoteur. En radio, comme dans les autres médias, il existe une forte corrélation entre qualité des programmes et les recettes publicitaires. Plus les programmes sont alléchants, plus l audience est forte et entraîne de facto des recettes publicitaires plus importantes. Des recettes publicitaires importantes permettent de recruter un personnel compétent en nombre suffisant pour des contenus encore plus attractifs. C est par le professionnalisme et la qualité de leurs émissions qui devaient être l avantage concurrentiel des radios commerciales Elaboration des programmes Les émissions de sensibilisation que les radios commerciales diffusent sont des microprogrammes, des magazines, des émissions interactives, des jeux radiophoniques. Elles
41 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 29 concluent avec les partenaires au développement, des associations ou ONG des contrats de conception, réalisation, production et diffusion du programme. Elles se contentent parfois de diffuser des programmes que les partenaires proposent. La grille des programmes est conçue à partir de l opinion que se font les animateurs et autres responsables des désirs de leur public. Elle dépend aussi des sollicitations des partenaires. En tout en état cause, le fonctionnement des radios et télévisions commerciales répond à un souci permanent de rentabilité. Il faut souligner que les programmes ne sont ni constitués au départ, ni revus et corrigés à partir d études quantitatives ou qualitatives d audience de ces radios. L absence de ces données objectives rend aléatoire le choix de ces supports comme canal de communication pour le changement de comportement. 3.4 Les troupes de théâtre et les chansonniers La plupart des troupes de théâtre enquêtées existent et fonctionnent sous une forme associative. Et en tant que telles, elles sont dirigées par des bureaux exécutifs au dessus desquels se trouvent l Assemblée générale des membres. Les bureaux exécutifs ont pour tâches de concevoir et d exécuter le programme d activités, de répondre aux appels d offres ou d initier des offres de services. L assemblée générale des membres qui se réunit une fois par an renouvelle les bureaux tous les trois ans, adopte les grandes lignes du programme d activités, fait le bilan de l année, etc. Ces deux instances sont fragilisées par la mobilité ou l indisponibilité de ses membres. Dans les faits, toute la troupe se réduit à quelques membres du bureau autour du premier responsable et les comédiens. Si la forme est associative, le fonctionnement des troupes est plutôt privé. C est le fondateur qui détient les ressorts. C est la force de conviction des promoteurs qui maintient et développe la plupart des troupes de théâtre. Une force de conviction peu partagée pour susciter le même engagement et la même disponibilité chez tous les membres. Les troupes offrent à qui veut des prestations de service. Ce sont des associations prestataires de services auprès desquels on fait des commandes ou qui répondent à des appels d offre. Elles ont très rarement l initiative du spectacle. Elles n interviennent que sous commande et les spectacles ainsi proposés sont gratuits. Il leur est difficile, même si elles le souhaitaient, de proposer un spectacle payant à un public habitué à la gratuité. En conséquence, ces troupes sont entièrement dépendantes des organisateurs d activités de sensibilisation ou de mobilisation sociale. Outre cette dépendance économique, ce type de partenariat a un impact aussi négatif sur la portée des messages de sensibilisation. Le comédien n est plus perçu comme un des leurs mais comme un professionnel qui perçoit de l argent pour jouer. Le processus d identification aux acteurs qui faisait l une des forces du théâtre-forum produit peu ses effets. Mis à part ses aspects non moins importants, les troupes se plaignent des financements en dessous des besoins, des tournées en saison hivernale dues au retard de décaissement, du nombre insuffisants de partenaires pour les activités de sensibilisation. Organisés autour d un lead vocal, les chansonniers fonctionnent comme une entreprise privée. On peut penser que c est à lui de distribuer les rôles et de donner les ordres comme dans les entreprises individuelles. Il s agit ni plus ni moins de troupes culturelles dont les
42 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 30 fonctionnements et la gestion sont artisanaux. Ils sont très peu utilisés comme canal de communication dans les activités de sensibilisation. Les organisateurs de cérémonies louent leurs services comme complément aux évènementiels programmés. Ils servent surtout à la mobiliser la population pour les activités de sensibilisation. La rareté des commandes constitue la plus grosse difficulté des chansonniers. 3.5 Les noyaux relais et les griots La structuration et le fonctionnement des noyaux relais dépendent fortement de l organisation (radio, ONG, etc.) qui les a mis en place. Généralement un noyau relais est dirigé par un(e) président(e) et un(e) secrétaire Général(e). Cependant cette organisation interne n existe pas dans tous les noyaux relais. Pour la réalisation des activités, les membres du noyau relais sont répartis entre les quartiers du village. Les noyaux relais ne reçoivent aucune motivation d ordre financière pour leurs appuis aux actions de sensibilisation. Toutefois, chaque membre du noyau relais est généralement doté d un vélo pour faciliter les déplacements dans le cadre des activités de sensibilisation. Les griots ou crieurs publics sont également des personnes issues de la communauté. Ce sont des éléments structurels de la société traditionnelle. Ils font partis des principaux canaux traditionnels de communication. Généralement associé à des familles bien précises dans la communauté villageoise, le métier de griot se transmet généralement de père à fils ou de mère à fille. Elément essentiel du réseau de communication traditionnel, le griot transmet généralement les messages des autorités coutumières aux populations. Comme les chansonniers, ils sont parfois utilisés pour la mobilisation de la population et les animations lors de campagnes de sensibilisation. 3.6 Les vidéoclubs Les vidéoclubs sont généralement créés par des personnes physiques et fonctionnent sous la forme d entreprises individuelles. L ouverture d un vidéoclub est soumise à l autorisation préalable du Ministère chargé de l administration du territoire. Ils doivent payer des redevances au titre du droit d auteur au Bureau Burkinabé des Droits d Auteur (BBDA) et au trésor public. Le montant de ces redevances varie d une région à un autre, de 1500 FCFA à FCFA. Le montant important de ces redevances incite les promoteurs de vidéo clubs à la clandestinité. Ainsi, de nombreux vidéoclubs n ont pas les documents nécessaires à l exercice de la profession et par conséquent illégalement. Dans chaque région les vidéoclub reconnus officiellement sont regroupés en association dont l un des objectifs est de s assurer que le fonctionnement des vidéoclubs est conforme à la réglementation en vigueur. Les projections de films sont faites en fonction de la disponibilité de la clientèle. Généralement plusieurs séances de cinéma sont organisées dans la journée. Certains vidéoclubs offrent exclusivement des maths de footballs obtenus à partir des chaînes satellitaires. Les vidéoclubs sont surtout fréquentés par des jeunes de moins de 18 ans et des adultes de moins de 40 ans. Les films au programme sont généralement des films de guerre, d horreur, d action, érotiques et même carrément pornographiques. Selon les professionnels
43 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 31 rencontrés, ces genres de films correspondent au goût des clients et font plus de recettes. La réglementation sur l accès des mineurs à certains films n est pas respectée par les gestionnaires de vidéo clubs. Tous les films sont accessibles par toutes les tranches d âges. Le prix d entrée est relativement modeste : entre 50 FCFA et 100 FCFA. Le prix moyen pour les maths de football est de 150 FCFA. 3.7 Synthèse des forces et faiblesses au niveau des capacités institutionnelles Tableau 10 : Synthèse des forces et faiblesses au niveau des capacités institutionnelles FORCES FAIBLESSES - Les canaux de communication identifiés évoluent dans un univers où leur utilité sociale est reconnue par les différentes catégories d acteurs : associations, ONG, services technique de l Etat et communautés de base. - Tous les médias communautaires, notamment les radios, reconnaissent la nécessité d impliquer les populations cibles à leur fonctionnement. - Toutes radios, quelque soit leur statut juridique, ont mis en place des clubs d auditeurs (ou clubs d écoute) afin d avoir le feedback des groupes cibles sur les émissions. - La plupart des radios communautaires ont créé des noyaux relais pour l exécution et le suivi des actions de sensibilisation. - Deux radios communautaires (Radio Salaki et radio Munyu) ont mis en place un système de correspondants villageois (ou correspondants ruraux) afin de renforcer l information locale dans les émissions. - Radio Salaki utilise la téléphonie mobile pour renforcer la participation de la population aux émissions. - Les communautés de base cibles de la radio Buyaba de Diapaga contribuent financièrement au budget de la radio. - Les médias communautaires n ont pas d organes de gouvernance séparés de ceux des organisations mères. Par conséquent, il existe un risque que leurs gestion soit noyée dans l ensemble des problèmes de gouvernance de l organisation mère. - Les réunions des comités de gestion qui contrôlent la cellule technique sont irrégulières du fait de la faible motivation des membres, notamment les représentants des communautés de base. - Les communautés cibles participent peu à l élaboration des grilles des programmes. Aussi bien dans les radios communautaires que dans les radios commerciales, les grilles des programmes sont surtout élaborées par la cellule technique. La gestion des radios est surtout assurée par la cellule technique. Les communautés de base ne sont pas suffisamment impliquées dans le fonctionnement des médias communautaires. - Les organigrammes des radios et télévisions locales ne sont pas appropriés créant ainsi des confusions de rôles, fonctions et responsabilités. - Bien que la plupart des troupes de théâtre existe sous forme associative, l essentiel des pouvoirs est détenu par le fondateur. - La quasi-totalité des canaux de communication doit face à des difficultés financières. Les ressources financières sont généralement faibles, elles ne permettent pas d avoir un équipement performant et d assurer le fonctionnement adéquat du média. Conclusion En principe les radios et télévisions communautaires comptent trois organes de gestion : l Assemblée Générale des membres qui décide des orientations générales, une cellule technique qui s occupe de la gestion quotidienne et qui est placée sous le contrôle d un Comité de gestion. Dans les faits, peu de médias communautaires ont une assemblée générale propre à eux. Leurs orientations générales sont définies par les assemblées générales des associations dont elles dépendent. Le risque existe que les problèmes de ces médias soient noyés dans les difficultés de gouvernance générale des associations, qu ils ne reçoivent pas l attention nécessaire à l identification de solutions efficaces
44 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 32 adaptées. Cela est d autant plus vrai que les réunions du comité de gestion, qui s occupe spécifiquement de la gestion du média communautaire, sont très irrégulières, du fait de la faible motivation des membres. Dans ces conditions, la gestion des médias communautaires est surtout assurée par les cellules techniques qui formulent les programmes, réalisent les émissions et influencent fortement les orientations générales des médias. Les communautés de base ne sont pas suffisamment impliquées dans la définition des grilles de programmes et encore moins dans l élaboration des budgets. Fort heureusement certaines radios communautaires ont mis en place des organisations communautaires (noyaux relais, clubs d auditeurs, correspondants villageois) qui permettent d avoir le point de vue des groupes cibles sur le fonctionnement de la radio et d améliorer la pertinence des émissions en tenant compte des besoins des populations. L organisation et le fonctionnement des médias confessionnels dépendent des structures religieuses qui les ont mis en place. Les grilles des programmes, la nature et le contenu des émissions sont fortement influencés par les responsables religieux. Les radios privées et les vidéoclubs sont des entreprises privées et leur fonctionnement respecte ce statut juridique. Théoriquement, la plupart des troupes de théâtre forum fonctionne sous forme associative : elles sont dirigées par des bureaux exécutifs qui rendent compte à une assemblée générale. Dans les faits, c est le fondateur de la troupe qui détient l essentiel du pouvoir de gestion et décide des orientations générales. La structuration et le fonctionnement des noyaux relais dépendent de l organisation qui les a mis en place. Ils comprennent généralement un président et un secrétaire général. Enfin, tous les canaux de communication identifiés sont également caractérisés par la faiblesse des moyens financiers.
45 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 33 CHAPITRE 4 : CAPACITES OPERATIONNELLES DES CANAUX DE COMMUNICATION L un des principaux objectifs de l étude est d analyser les capacités opérationnelles des canaux de communication en rapport notamment avec les actions de communication pour le changement de comportement. Les capacités opérationnelles renvoient à l ensemble des ressources humaines, matérielles et financières nécessaires à la réalisation efficace des actions de communication pour le changement de comportement. L analyse est organisée autour de deux aspects essentiels : la disponibilité et la qualité de ces ressources. 4.1 Les radios et télévisions Les ressources humaines La problématique du niveau d instruction, du profil professionnel des ressources humaines des différentes radios de proximité est très difficile à appréhender. A priori, le bas niveau d instruction ou de compétences dans la maîtrise des techniques radiophoniques n est pas un critère suffisant pour apprécier les rendements de tels supports. La plupart des acteurs des radios de proximité ont le niveau des lycées et collèges. Certains ont juste le niveau primaire tandis qu une infime minorité possède des diplômes universitaires. On note la présence d animateurs sans diplôme. Les formations reçues sont disparates : les acteurs ont renforcé leurs capacités dans les domaines de la radio, de l animation, du journalisme ou de la maintenance technique tandis que d autres ont été formés dans la maîtrise ou la connaissance des sujets dont ils parlent ; ces formations ont porté notamment sur l excision, la tuberculose, le VIH/SIDA, la mortalité infantile et maternelle, les droits des enfants. Si tous ont été amenés à s approprier les techniques de base de la radio, cela est loin d être suffisant pour maîtriser toutes les techniques de la CCC et des exigences éthiques en rapport avec les droits des publics et donc le plus souvent leurs devoirs. En outre, on a pu constater que, comme ils ne font pas que de l information, mais plutôt de la communication, il est utile qu ils sachent de quoi ils parlent lorsqu ils sont amenés à traiter des sujets relativement techniques. Ce n est parfois pas le cas, malgré les formations reçues dans les différents thèmes de sensibilisation. Par ailleurs, en ce qui concerne la communication pour le changement de comportement proprement dite, de nombreux intervenants, du fait de l insuffisance de compétence ou des moyens, ne respectent pas l approche stratégique qui a fait ses preuves dans ce domaine. En effet, il existe généralement trois étapes dans toutes stratégies de communication : - dans un premier temps, le processus débute avec l'analyse de la situation où les considérations socioculturelles sont identifiées et prises en compte. Il s agit d identifier et d analyser entre autre, les déterminants du comportement à changer.
46 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 34 - Cette première étape permet d'aboutir à l'élaboration de la stratégie qui dégage tous les moyens nécessaires à la mise en oeuvre efficace de celle-ci. Les messages appropriés sont élaborés à ce niveau. - La dernière et importante étape du processus est l évaluation. Celle-ci doit permettre de mesurer l efficacité des actions menées. Les acteurs des radios n ont généralement pas été formés pour ces différentes opérations nécessaires à la réussite d une campagne de communication pour le changement de comportement. Les activités de sensibilisation sont généralement menées sans une véritable étude du contexte et les dispositifs de suivi-évaluation sont quasi-inexistants. Quand les ressources financières le permettent, certains intervenants font des enquêtes rapides sur les groupes cibles et associent des professionnelles des thèmes des sensibilisations à l élaboration des stratégies. Par ailleurs, il est facile de s approprier les techniques radiophoniques numériques ou analogiques même par les néophytes. Ce grand atout du média radio peut pousser à la banalisation de l outil et par conséquent à des rendements peu professionnels. On a pu constater le peu de sérieux avec lequel les émissions sont préparés et diffusés, le non respect des rendez-vous programmatiques, l absentéisme ou les retards des animateurs. Le bénévolat qui est l un des principes majeurs du contrat qui lie la société de radios à la plupart de ses animateurs est le maillon mou ou faible du processus. Obligés de se consacrer à d autres activités pour vivre, les animateurs bénévoles assument les responsabilités consenties quand ils peuvent. Ils sont sujets aux aléas des contraintes sociales (funérailles, baptêmes, mariages, etc.). C est au niveau de la télévision que cette banalisation atteint ses limites avec la difficile appropriation par le néophyte des techniques télévisuelles. Toutes les sociétés de radio et de télé ont pris conscience de ces déficits professionnels, elles qui expriment de façon de plus en plus ouverte des besoins urgents en termes de renforcement de capacité mais aussi en recrutement de journalistes ou de techniciens formés aux métiers. Ils sont convaincus que la présence même d un seul professionnel aura l avantage de tirer les autres vers le haut. La complexité de la télévision impose au promoteur de recruter quelques professionnels ou d envoyer les agents actuels en renforcement de compétences. Enfin, à part les jeunes animateurs qui viennent d arriver, les radios confessionnelles et communautaires arrivent à fidéliser leurs ressources humaines. Ainsi on trouve des animateurs qui ont 15 ans de radios dans la même station. Certaines radios commerciales arrivent également à fidéliser leur personnel. On y trouve des agents qui ont plus de dix ans d ancienneté. Les ressources matérielles Les sociétés de radiodiffusion et de télévision enquêtées ont des fortunes diverses en matière d infrastructures et d équipements. Si la plupart d entre elles disposent de matériels basiques pour fonctionner, quelques unes travaillent avec du matériel performant et de dernière génération. C est le cas par exemple de la Voix du Paysan et Notre Dame du Sahel à Ouahigouya, de Radio Vénégré à Ziniaré, etc.
47 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 35 Dans la plupart des cas, le matériel s avère vétuste, insuffisant, aussi bien en nombre qu en qualité. Les studios et équipement de production sont plutôt rares. Les radios locales n ont pas à portée de main de matériels de rechange qui suppléent ceux en service pour éviter la suspension des émissions pendant plusieurs jours du fait des pannes. Elles travaillent toujours pour la plupart avec du matériel analogique. Le souci de la numérisation n est pas encore partagé. Les sociétés enquêtées ne disposent pas de paratonnerre pour éviter les pannes dues à la foudre. Elles ne se dotent pas également d onduleurs et de puissant antivirus qui auraient pu contribuer à éviter certaines pannes d ordinateurs ou de mixeurs. On peut observer que les pannes d émetteurs sont les plus courantes. Pour y remédier, une seule alternative s offre aux sociétés : la réparation à Ouagadougou ou le renouvellement. De plus en plus, elles font recours à des techniciens ou «bricoleurs» locaux pour de nombreuses réparations, évitant ainsi de longs moments de suspension des émissions. Les radios disposent de matériels basiques pour réaliser les activités en communication pour le changement de comportement. Elles sont plus performantes lorsqu il s agit des émissions en direct en intra muros. L absence de studio de production contraint les acteurs à des bricolages permanents nuisant à la qualité des émissions. Cette baisse de qualité s accentue lorsqu il s agit d enregistrer les émissions en public et à l air libre. Le matériel d enregistrement qu elles ont, est peu adapté. Seules quelques radios disposent de matériel de sonorisation pour leurs sorties sur le terrain. Les responsables rencontrés tombent tous d admiration pour la puissance de leurs émetteurs. Ils disent émettre au-delà de leur rayon géographique prévu ou autorisé. Pour certains ils ne voient pas l intérêt économique d aller au-delà. Force est de reconnaître que la plupart des locaux qui accueillent ces radiodiffusion et télévision sont inadaptés. Il est courant de voir certaines d entre elles logées dans une maison d à peine 20 tôles, environ 20 m², tenant lieu à la fois de studio et de cabine d émissions et de production. En plus de l exiguïté, certaines radios ne disposent pas d air conditionné qui aurait pu éviter d exposer le matériel et les travailleurs aux conséquences de la chaleur. Lorsque le climatiseur existe et fonctionne, les travailleurs évitent de le mettre en marche pour contenir les factures d électricité qui sont très onéreuses. «L idéal d équipement serait deux salles climatisées tenant lieu de cabine technique et de studio, une ligne téléphonique, table pour cabine studio, une console de mixage, deux lecteurs de CD, deux lecteurs de cassettes audio (DECK), un insert téléphonique pour les émissions en direct avec les auditeurs, deux microphones HF facilement déplaçables (pour les cas où il y a plusieurs invités), deux micros à fil, un distributeur de son audio, un ordinateur de traitement de son (l avenir de la radio étant le numérique, l acquisition de ce genre d appareils est une impérieuse nécessité), deux lecteurs et enregistreurs de mini disques PMD (enregistreur à carte flash permettant de collecter beaucoup d éléments à reverser plus tard dans l ordinateur de traitement de son et de montage en numérique)».
48 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso Les troupes théâtrales et les chansonniers Les ressources humaines Contrairement à ce qu on pourrait penser dans un contexte d analphabétisme élevé, une majorité relative des acteurs des troupes théâtrales ont le niveau secondaire et plus. On compte parmi eux de nombreux élèves dont la mobilité et les devoirs scolaires handicapent les sorties et répétitions. Ceux qui ont le niveau primaire sont souvent des déscolarisés. Seulement quelques uns ne sont pas alphabétisés. L absence de niveau d instruction ne constitue pas un obstacle à l exercice de la fonction de comédien dans la mesure où la plupart des représentations théâtrales sont produites dans les langues locales : mooré, djula, etc. Les formations reçues sont plus axées sur l art du théâtre-forum et le management des troupes. Il est regrettable de constater que de nombreuses troupes ne soient pas formées sur les sujets pour lesquelles ils conçoivent et produisent des pièces de théâtre. Les briefings qui leur sont faits à la hâte par les techniciens juste avant l écriture de la pièce ne suffisent pas à armer suffisamment les comédiens qui doivent répondre à des questions pendant les échanges des foras. Si le théâtre-forum a été plébiscité comme l un des meilleurs canaux de communication, il faut reconnaître que la partie forum peut-être son talon d Achille. Les comédiens et les utilisateurs de ce canal sont d accord pour reconnaître qu il est de plus en plus difficile de retenir les spectateurs après la représentation pour la partie forum. C est surtout à ce niveau qu il convient de renforcer les capacités et les compétences des animateurs. C est un moment essentiel qu il ne faille pas évacuer. Par ailleurs, comme ceux des radios et télévisions, les acteurs du théâtre forum ne maîtrisent pas la stratégie de mise en œuvre d une campagne de communication pour le changement de comportement. Des éléments d analyse du contexte leur permettraient de mieux s armer pour les échanges avec les populations cibles. Les ressources matérielles Les troupes de théâtrales ne sont pas à logées à la même enseigne lorsqu il s agit du matériel dont elles disposent pour leurs activités de sensibilisation. Les plus nanties, en faible minorité, disposent de moyens tout à fait adaptés aux activités CCC : équipement d animation (matériel de sonorisation et groupe électrogène) et moyens de transport (autocar). Faute d en disposer, la plupart des troupes de théâtre forum sont obligées de louer cet équipement pour leurs activités, ce qui constitue un facteur limitant étant donné la faiblesse des ressources financières. Le matériel d animation est loué entre et FCFA la journée. La présence d un autocar est un atout important pour les troupes qui en disposent pour leurs sorties. La location d un véhicule coûte entre et FCFA la journée. La location des moyens de transport et du matériel d animation grève de façon sensible les budgets des troupes au point qu elles sont obligées d augmenter les frais de leurs prestations. Si le théâtre forum a été reconnu comme l un des meilleurs outils de CCC
49 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 37 par les utilisateurs, le coût des prestations, en moyenne FCFA, fait qu il n est pas souvent utilisé. On a pu noter que les responsables des troupes ne citent pas les boîtes à images, les affiches ou tout instrument didactique d éducation comme du matériel entrant en ligne de compte. Avec quoi donc, animent-ils les causeries débats? En effet, ces supports pourraient être utilisés efficacement pour les échanges avec les populations après la présentation de la pièce de théâtre. 4.3 Les noyaux relais Généralement les membres des noyaux relais savent lire et écrire et sont formés sur différents thèmes de sensibilisations : VIH/SIDA, excision, mariage forcé/précoce, etc. De nombreux membres de noyaux sont dotés de vélos, grâce généralement à l appui de la coopération UNICEF/Burkina, afin de faciliter leurs déplacements dans les communautés pour les actions de sensibilisation. Malgré les efforts pour renforcer les capacités opérationnelles des noyaux relais, de nombreuses faiblesses existent. On peut citer par exemple : - l insuffisance ou même l absence de formation sur certains thèmes de sensibilisation ; - l absence de formation dans la collecte de données sur les sensibilisations menées ; - la non dotation certains noyaux relais de moyens de transport, ce qui rend difficile les déplacements et démotive les membres pour les activités de sensibilisation. Outre ces insuffisances, de nombreux noyaux relais enquêtés estiment, à juste titre, que la présence d un haut-parleur ou de portes voix faciliterait leur tâche quand il faut animer une foule d au moins une cinquantaine de personnes. Enfin, certains membres des noyaux relais sont des jeunes dont la force de parole n'est pas évidente. Dans les sociétés traditionnelles africaines, les questions liées aux coutumes et traditions sont traitées par des personnes généralement âgées et qui jouissent d'une certaine reconnaissance sociale tels que les responsables coutumiers. 4.4 Les vidéoclubs Aucun diplôme n est exigé pour les gestionnaires de vidéoclubs. La plupart rencontrée par la mission ne sont pas alphabétisés et n ont reçu aucune formation formelle. Ils ont été formés sur le tas. Toutefois, certains vidéoclubs, la minorité, sont gérés par des diplômés. L équipement des vidéoclubs est assez sommaire : un à quatre postes téléviseurs (les vidéoclubs offrant des maths de football ont généralement plusieurs postes), un lecteur DVD, du matériel de sonorisation, un ou plusieurs décodeurs (Vidéoclubs offrant des maths de football) et un groupe électrogène généralement pour les vidéoclubs qui n ont pas accès au réseau de la Société Nationale Burkinabé d Electricité (SONABEL). Les pannes de matériel seraient assez fréquentes et occasionneraient la fermeture temporaire (parfois pendant plusieurs mois) ou définitive de nombreux vidéoclubs.
50 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso Les services techniques de l Etat Tous les services techniques rencontrés ont relevé l insuffisance des moyens pour la réalisation des activités de sensibilisation. Dans chacun de ces services une ou deux personnes sont directement chargées du suivi et/ou de l exécution des activités de sensibilisation. Par exemple, chaque Direction Régionale de la Promotion de la Femme dispose en principe d un agent par province qui intervient dans les activités de sensibilisation. Dans la réalité toutes les provinces ne sont pas couvertes. Par exemple, la région du Centre Nord ne dispose que deux agents pour trois provinces. Les agents ont généralement la formation de base pour l exécution des activités de sensibilisation ; ils maîtrisent les thèmes de sensibilisation. Toutefois ils reconnaissent leurs limites en ce qui concerne la stratégie de mise en œuvre des activités de communication pour le changement de comportement et du suivi. Au nombre limité de personnel s ajoute l insuffisance des moyens de transport et des ressources financières. Les agents sont obligés de faire le suivi des actions avec leurs propres moyens de transport. Il est intéressant de noter que certains services, comme par exemple les Directions Régionales de la Promotion de la Femme disposent de matériel pour les animations : équipement de sonorisation, postes téléviseurs et groupe électrogène. Toutefois cet équipement est souvent en panne, les moyens financiers étant insuffisants pour en assurer l entretien. 4.6 Les ONG et associations Les agents des ONG et associations qui exécutent les activités de communication pour le changement de comportement sont généralement formés sur les différents thèmes de sensibilisation. Toutefois, comme les autres acteurs, ils reconnaissent leurs faiblesses au niveau de la maîtrise de la stratégie CCC, l animation de groupe et le suivi-évaluation des actions de sensibilisation. Les ONG et association sont généralement mieux dotées en moyens de transport, mais l utilisation de la radio et des troupes de théâtre grève souvent leurs budgets. 4.7 Synthèse des forces et faiblesses au niveau des capacités opérationnelles Tableau 11 : Synthèse des forces et faiblesses au niveau des capacités opérationnelles FORCES - Certaines radios ont des dispositifs techniques capables d assurer des productions de qualité. C est le cas par exemple de la Voix du Paysan et Notre Dame du Sahel dans la région nord, de la Radio Salaki de Dédougou, de la radio Buyaba de Diapaga, radio Tamba de Fada, etc. - Les vidéoclubs disposent généralement de l équipement de base pour leurs activités. - La plupart des membres des noyaux relais sont reconnus dans leur communauté comme des personnes de confiance pour les activités de sensibilisation. - La plupart des membres des noyaux relais est FAIBLESSES - Dans la plupart des canaux de communication, notamment les radios, le personnel est insuffisant aussi bien en quantité qu en qualité. - Recruté sur le tas, ce personnel manque de compétences, de formation continue, de recyclage et d expérience. - De nombreux acteurs ne maîtrisent pas les thèmes des sensibilisations. De même, les acteurs ne maîtrisent généralement pas le processus de mise en œuvre d une stratégie CCC. - Une grande partie de ce personnel est constituée de bénévoles qui consacrent une partie de leur temps aux activités de la radio ou de la télévision.
51 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 39 FORCES également doté de vélo ce qui facilite leurs déplacement pour les activités de sensibilisation. - Les ONG disposent généralement de moyens matériels, financiers et humains plus importants pour l exécution des activités de communication pour le changement de comportement. - Le personnel des services techniques de l Etat maîtrise généralement les thèmes des sensibilisations. FAIBLESSES - La plupart des canaux de communication est confrontée à la faiblesse des moyens matériels. La plupart des radios fonctionne avec un équipement basique, souvent vétuste, ce qui se traduit par de fréquentes pannes. Elles ne disposent pas de matériel de remplacement, ce qui les oblige à cesser d émettre parfois pendant plusieurs semaines voir plusieurs mois en cas de pannes. La plupart de ces radios sont toujours dans le système analogique. - La plupart des canaux de communication et des intervenants en CCC ne disposent pas de l équipement nécessaire pour les sorties sur le terrain pour la réalisation des activités CCC. - Certains membres des noyaux relais ne sont pas de dotés de vélos, ce qui rend difficile leurs déplacements pour les activités de sensibilisation. Conclusion Les capacités opérationnelles des canaux de communication et des intervenants en CCC sont plutôt faibles. Le personnel est insuffisant aussi bien en quantité qu en qualité. Il est constitué surtout d agents de niveau secondaire ou même primaire qui ont été recrutés sur le tas. Le personnel manque de compétences et ne bénéficie pas d une formation continue. Une grande partie de ce personnel est constituée de bénévoles qui consacrent une partie de leur temps aux activités de la radio ou de la télévision. Seul le personnel des organismes intervenant en CCC (services techniques de l Etat et ONG) est généralement bien formé ; il maîtrise les différents thèmes des sensibilisations et les techniques d animation. Toutefois le nombre d agents pour les activités CCC est souvent très limité. Les canaux de communication et les intervenants en CCC ne disposent généralement pas de l équipement nécessaire pour répondre aux exigences des groupes cibles. Pour les radios par exemple, dans la plupart des cas, il s agit d un équipement basique, souvent vétuste. La Cabine et le studio de production se limitent à une seule et même salle. La plupart de ces radios sont toujours dans le système analogique. Elles ne disposent pas de matériel de remplacement, ce qui les oblige à cesser d émettre parfois pendant plusieurs semaines voir plusieurs mois en cas de panne. Enfin, la plupart des canaux de communication et des intervenants en CCC ne disposent pas de l équipement nécessaire pour les sorties sur le terrain pour la réalisation des activités de communication pour le changement de comportement. Par exemple, les troupes de théâtre sont obligées de louer les moyens de transport et l équipement d animation, ce qui accentue leurs difficultés financières.
52 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 40 CHAPITRE 5 : LE TEMPS CONSACRE AUX ACTIVITES DE COMMUNICATION POUR LE CHANGEMENT DE COMPORTEMENT, L EXPERIENCE ET LES BONNES PRATIQUES DES CANAUX DE COMMUNICATION Le chapitre 5 porte sur l expérience des canaux de communication dans le domaine de la communication pour le changement de communication. Il examine pour les différents canaux de communication le temps consacré aux actions de communication pour le changement de comportement et expose quelques bonnes pratiques dans ce domaine. 5.1 L expérience et le temps consacré aux activités CCC La détermination de l expérience et le temps consacrés aux activités de communication pour le changement de comportement permet d identifier les canaux et les intervenants les plus actifs dans le domaine. On observe des différences notables en fonction du type et du statut juridique des canaux de communication et des intervenants en CCC Les radios et télévisions communautaires Les radios et télévisions associatives, rappelons le, ont pour vocation de contribuer au développement socio-économique des populations cibles en leur donnant la parole, en mettant à leur disposition des émissions éducatives et en les sensibilisant par rapport à des thèmes en relation avec la santé, l hygiène, les droits des enfants, les droits des femmes, l éducation, l agriculture, l élevage, etc. Dans cette logique, les émissions de communication pour le changement de comportement et les émissions éducatives et de sensibilisation occupent une place plus importante dans les programmes des radios associatives que dans ceux des autres radios. Une grande partie, sinon la plus grande partie du temps d antenne est consacré à ce type d émissions. De façon générale, les radios associatives conçoivent, réalisent, produisent et diffusent les émissions liées à la communication pour le changement de comportement pour surtout satisfaire une commande d un partenaire. Ces émissions correspondent à des besoins réels des populations ou à des préoccupations identifiées par les partenaires. Les radios communautaires et associatives en dépit de leur vocation produisent peu d émissions CCC d elles-mêmes. Elles organisent souvent des activités CCC sur le terrain en contact direct avec la population. La plupart des émissions sont produites en langues nationales des localités couvertes afin de permettre au plus grand nombre de personnes d y accéder. Les principales radios et télévisions communautaireses intervenant en CCC dans les différentes régions sont fournies dans le tableau suivant :
53 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 41 Tableau 12. Les principales radios et télévisions communautaires intervenant en CCC par région. Régions Radio / Télévision Province d implantation Radio Salaki Mouhoun Boucle du Mouhoun Radio VERATAMU Banwa La Voix des Balés Balés Cascades Radio Munyu Comoé Radio Nayinéré de Boulsa Namentenga Radio Neerwaya Bam Centre Nord Sanmatenga TV Sanmatenga Radio Manegda Sanmatenga Radio Buayaba Tapoa Est Radio Tintaani Tapoa Radio Djawoampo Gnagna Nord Radio de la voix du paysan Yatenga Radio Laafi Ganzourgou Plateau central Radio Vénégré Oubritenga Radio de l unité Boudry Ganzourgou RLCD Soum Sahel Radio Walfadjiri Soum Radio Dandé Sahel Séno Les radios et télévisions confessionnelles Faire passer des messages sur la religion pour renforcer la foi des fidèles et convertir le maximum de personnes, tel est le but ultime des radios confessionnelles. Les programmes de ces radios sont par conséquent dominés par les contenus religieux à plus de 70 voire 80%. C est la critique essentielle que le grand public leur fait et qui leur est parvenue. Sur la plupart de ces radios, même le programme musical est essentiellement ou même forcement religieux. Les activités CCC programmées dépendent de la demande. Toutefois, il convient de signaler que les radios confessionnelles sont très regardantes sur les contenus des messages véhiculés pour éviter qu ils soient en contradiction avec leurs convictions religieuses. Des progrès notables ont cependant été enregistrés dans leurs perceptions des choses : on peut entendre parler sur ces radios de tous les moyens de lutte contre le VIH/SIDA y compris l utilisation du préservatif. Cette évolution semble avoir été dictée par les besoins en ressources financières. Les principales radios intervenant en CCC sont les suivantes : Tableau 13. Les radios confessionnelles intervenant en CCC par région. Régions Radio / Télévision Province d implantation Radio Sourou/Nayala Sourou Boucle du Mouhoun Radio CEDICOM fréquence espoir Mouhoun Radio Kantigiya Kossi Cascades Radio Téria Comoé Centre Nord Radio Maria Sanmatenga Radio Taamba Gourma Est RED/Fada Gourma RED Yatenga
54 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 42 Nord Radio Notre Dame du Sahel Yatenga Radio Natim-B-Zanga de Yako Passoré RED Yako Passoré Source : enquête terrain Les radios et télévisions privées Les grilles de programmes des radios privées montrent une prédominance d émissions de variété musicale. Les sociétés de radiodiffusions privées commerciales initient peu des activités de CCC. Elles le font à la demande expresse de partenaires qui leur donnent les termes de références nécessaires. Suivant ces TDR, elles conçoivent des messages en collaboration avec les commanditaires et les diffusent. Dans ces conditions, les radios commerciales sont plus des canaux de diffusion que des outils de communication. Ce n est pas leur vocation de s impliquer, de se préoccuper des effets. Elles n ont pas aussi ce temps, ni les compétences nécessaires à l analyse des effets. Il est difficile d apprécier objectivement l importance des activités CCC par rapport aux autres activités dans la mesure où les programmes officiels affichés ne sont que indicatifs. L absence d un animateur, le désir inopiné d un quelconque annonceur, conduisent à changer le programme initial sans qu on prenne la peine de prévenir le public. Tableau 14. Les principales radios privées ayant réalisé des activités CCC par région. Régions Radio / Télévision Province d implantation Boucle du Mouhoun Radio Lotamu Banwa Cascades Radio Cascade Comoé Radio Or FM Sanematenga Kaya FM Sanematenga Centre Nord La Voix du Lac Bam Savane FM Bam Radio Pognéré Namentenga Est Radio Fada FM Gourma Radio Eveil Gnagna Nord Savane FM Nord Gourcy Radio de l amitié Yatenga Radio Wendpanga Yatenga Plateau central Rdaio Bassy Oubritenga La voix du Soum Soum Sahel Radio du Grand Nord Séno Radio M ballo Andal Séno Source : enquête terrain Les troupes théâtrales et les chansonniers Les activités de sensibilisations constituent la raison d être des troupes de théâtre. Ces activités constituent leur principale source de financement. A l image des sociétés de radios, les troupes de théâtre n organisent des activités de communication pour le changement de comportement qu à la demande. Pour l écrasante majorité d entre elles, l absence de commande les ferait disparaître. Les représentations ou spectacles payants sont plutôt
55 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 43 rares ; l accoutumance des publics à la gratuité rend difficile ces opérations. Les troupes théâtrales les mieux organisées consacrent une partie de leur temps à la formation des plus jeunes. Les chansonniers consacrent une grande partie, sinon la plus grande partie de leur temps aux animations publiques qui n ont généralement aucun rapport avec la communication pour le changement de comportement. En effet, ils sont souvent sollicités par l animation lors des mariages, les baptêmes, les funérailles, les fêtes, etc. Ils consacrent peu de temps aux animations dans le cadre des activités CCC. Tableau 15. Les principales troupes de théâtre forum intervenant en CCC par région. Régions Radio / Télévision Province d implantation Association Art Consult et Développement (ACD) Boucle du Compagnie Jeunesse Citoyenne Art et Mouhoun Production Compagnie Faso Théâtre Compagnie théâtre de la Solidarité Zeereme Kantiguiya Troupes de theatre brigué Cascades Troupe groupe culture. Troupe yelemanie Théâtre «le tresor de Boulsa» Centre Nord Troupe Namagégzanga Troupe de théâtre Teebéogo Troupe Baro Kady de Kaya Troupe théâtrale chorégraphique de Kongoussi Troupe de théâtre DPEBA Teebéogo Gnagna Fandima Est Troupe Tin Taani CADRE Troupe Tindaani Troupe ATCD Troupe théâtrale Jeunesse espoir Nord Troupe ARCAN Atelier théâtre du Lorum Troupe Silmandé de Silga Troupe théâtrale Naaba de Ziniaré Troupe lumière Plateau central Bouenzemwendé Troupe théâtrale Beem ka gnoodo Troupe théâtrale Naba Oubri de Ziniaré Troupe Naaba Sanem Sahel Sahel Liptako Source : enquête terrain Mouhoun Mouhoun Kossi Mouhoun Kossi Comoé Comoé Léraba Namentenga Namentenga Sanmatenga Sanmatenga Bam Sanmatenga Gnagna Tapoa Gourma Gourma Gourma Yatenga Yatenga Lorum Yatenga Oubritenga Oubritenga Oubritenga Oubritenga Oubritenga Ganzourgou
56 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso Les services techniques de l Etat Les services techniques consacrent une part importante de leurs interventions aux actions de sensibilisation. Dans la plupart de ces services, des agents s occupent surtout des activités de sensibilisation. Pour la réalisation des activités de sensibilisation, les services s appuient fortement sur les partenaires de terrain que sont les organisations communautaires (organisations paysannes et associations). Par exemple, les Directions Régionales de la Promotion de la Femme s appuient sur les organisations féminines locales pour la réalisation des actions de sensibilisation. Ces organisations de base s occupent de la mobilisation des groupes cibles et animent les discussions de groupe et les causeries éducatives avec les agents de l Etat. Depuis un certain temps, l Etat a contractualisé les activités CCC. Ainsi, même si les services techniques sont présents dans le domaine de la communication pour le changement de comportement, ce sont surtout les ONG et les associations qui mènent les activités de sensibilisation. Après la contractualisation des activités CCC pourrait s attendre à ce que les services de l Etat soient commis au contrôle et au suivi des actions de Communication pour le Changement de Comportement. Les informations recueillies auprès des services techniques montrent que ce n est malheureusement pas le cas. De nombreuses ONG et associations vont directement sur le terrain pour exécuter les activités de sensibilisation sans passer par les services techniques. Cette pratique rend impossible la concertation et le suivi des actions de Communication pour le Changement de Comportement. Les responsables des services techniques estiment, à juste titre, que cette situation est déplorable et dangereuse, étant donné que la plus part des associations ne maîtrisent pas les thèmes, ce qui occasionne la diffusion de messages erronés induisant ainsi les populations en erreur. Par ailleurs, les services de l Etat n ayant pas de retour d information sur les activités menées, il est souvent difficile de capitaliser les expériences de sensibilisation menées sur le terrain Les ONG et associations intervenant en CCC Dans la logique de la contractualisation des activités de sensibilisation, les ONG et associations jouent un rôle de premier plan dans la mise en œuvre des actions de communication pour le changement de comportement. Elles sont en même temps canaux de communication et utilisateurs de canaux de communication. Elles exécutent les activités sur le terrain et utilisent souvent les canaux telles que les radios, les troupes de théâtres forum, etc. Toutes les associations et ONG intervenant dans les régions cibles de l enquête ont intégré dans leurs objectifs et activités une composante CCC. Très peu d ONG ou associations se consacrent uniquement aux activités de sensibilisation. Toutefois, certaines d entre elles consacrent plus de temps aux activités de sensibilisation que les autres. De façon générale, les ONG et les associations les plus actives dans ce domaine consacrent de 40 à 60% de leur temps aux activités de sensibilisation. Dans l exécution des activités de CCC deux cas de figure se présentent généralement : (i) certaines organisations exécutent elles-mêmes les
57 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 45 activités sur le terrain, d autres passent des commandes à des intervenants (radio, troupes de théâtre, autres ONG/association). Dans ce dernier cas de figure, les activités sensibilisation sont généralement réalisées sous le contrôle du partenaire commanditaire. La liste des principales ONG et associations intervenant dans le domaine de la CCC dans les différentes régions couvertes par l étude est présentée dans l annexe Les vidéoclubs Aucun des trente deux (32) vidéoclubs enquêtés n a une expérience dans la réalisation des activités de sensibilisation. Leurs activités se limitent à proposer des films et/ou des matchs de football à leurs clients. Toutefois, les gestionnaires de ces vidéoclubs sont prêts à s impliquer dans les activités de sensibilisation à condition que cela ne gène pas le fonctionnement de leur vidéoclub et qu ils soient rémunérés pour leurs interventions. La stratégie proposée serait de faire passer les films de sensibilisation avant le début de chaque séance de film. Le temps de la sensibilisation ne doit pas excéder 15mn afin de ne pas faire attendre les clients qui viennent généralement pour des films précis. Par ailleurs, les films de sensibilisation proposés devront être attrayants pour les jeunes (les jeunes constituent la plus grande partie des clients des vidéoclubs) ; ils devront être en langues locales et bâtis autour d histoires pouvant intéresser les jeunes. 5.2 Les bonnes pratiques des canaux de communication Une bonne pratique est généralement portée par une organisation ou un projet de développement. C est une pratique qui s impose comme alternative pour surmonter une contrainte dans la réalisation d une activité ou le fonctionnement d une organisation. La bonne pratique permet d améliorer la situation. Elle est de ce fait digne d intérêt pour être documentée et partagée avec d autres acteurs NTIC et communication de proximité : l expérience de la téléphonie mobile menée par la Radio Salaki de Dédougou. La description de la pratique Depuis deux ans, radio Salaki expérimente l'utilisation du téléphone portable comme moyen pour mieux jouer son rôle de radio communautaire dans la région. Il s agit d un système de flotte dont le but est d améliorer la participation des groupes cibles aux émissions de la radio. La flotte est un système de réseau clients basé sur le paiement forfaitaire et groupé qui donne droit à un service illimité à l'intérieur du réseau. Les populations peuvent ainsi intervenir directement sur les antennes de la radio à des frais réduits. Le système a été mis en place en étroite collaboration avec les groupes cibles. Il a été approuvé par une Assemblée Générale des membres de la radio dont les noyaux relais qui sont les représentants des communautés villageoises. Le fonctionnement du système repose sur les éléments suivants : - un partenariat a été signé avec une compagnie de téléphonie mobile afin d assurer la communication entre les communautés villageoises et la radio au meilleur prix ; - chaque noyau relais est doté d un téléphone mobile de bonne qualité, permettant à ses membres d intervenir sur les antennes de la radio pour participer aux émissions. Une
58 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 46 trentaine de noyaux relais ont ainsi été dotés de téléphones mobiles. La gestion du téléphone est laissée à l initiative de chaque noyau relais ; - grâce au téléphone, les noyaux relais peuvent réagir directement à l antenne sur les émissions de la radio ; ils peuvent également donner des informations sur des événements dans leurs villages. - la radio dispose d un appareil lui permettant de recevoir les interventions des différents noyaux relais ; - chaque noyau relais doit s acquitter d une redevance mensuelle de FCFA destiné au paiement des frais de communication à la compagnie de téléphonie mobile. Le paiement de cette redevance permet d appeler les numéros du réseau (les membres de la flotte) sans limitation de temps ; - Les animateurs de la radio font des sorties périodiques sur le terrain pour le suivi du fonctionnement du système : des entretiens sont organisés avec les groupes cibles au cours desquels les différents problèmes sont discutés et des solutions proposées. Répercussion du système sur le fonctionnement de la radio Outre les interventions directes des auditeurs sur les antennes, la téléphonie mobile a eu de nombreuses autres répercussions sur le fonctionnement de la radio. Les différentes formes d utilisation du téléphone mobile sont les suivantes : - Reportages en direct à partir de toutes les localités par les animateurs de la radio. Ce qui permet d'être au quotidien au cœur de la vie de la population. Ces reportages permettent de rendre compte des événements dans la région. - L'utilisation du téléphone mobile par les correspondants pour l'envoi des éléments d'information à la rédaction de la radio. - Utilisation du téléphone portable pour produire des émissions en directe des villages et des quartiers. Exemple : l'émission grain de thé (émission à thème sous forme de débats autour du thé) se déroule souvent dans les villages et les quartiers à partir du téléphone portable. - Une émission hebdomadaire de consultation de l'auditoire a été créée. Elle donne l'opportunité aux auditeurs de critiquer les émissions de la radio et de faire des propositions pertinentes pour une amélioration de la grille de programme et du contenu des émissions. Il s'agit de l'émission «Salaki j'écoute». Cela permet à la radio de rester en phase avec les besoins de ses auditeurs. - La diaspora écoute la radio par le biais du téléphone portable. Les parents ou amis posent le téléphone à proximité d'un récepteur, permettant à leur correspondant de suivre le programme durant quelques minutes. Une émission est d'ailleurs consacrée à cette diaspora, lui permettant de donner en directe leurs nouvelles sur les ondes. Les appels viennent souvent du Mali, de la Côte-D'Ivoire, du Togo, du Bénin et de la France. Les effets de la pratique L utilisation de la téléphonie mobile a eu de nombreux effets bénéfiques non seulement au niveau de la production des émissions mais également au niveau de la relation entre la radio et les communautés de base. Le système a permis de rapprocher la radio des communautés de base. La stratégie a permis aux populations de mieux s approprier la radio et répond ainsi à l un des principes de base des médias communautaires : associer au tant que possibles les groupes cibles au fonctionnement du medias afin que celui-ci devienne un véritable
59 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 47 instrument d émancipation des communautés de base. Le programme donne une part plus importante aux informations locales, issues des communautés villageoises. Grâce au téléphone, la radio est en perpétuel contact avec ses auditeurs en temps réel. De n'importe quel point de la région Radio Salaki peut effectuer des reportages ou des émissions. Les auditeurs eux aussi peuvent appeler à tout moment pour intervenir ou donner leur point de vue. «Les émissions sont plus interactives avec plus d une centaine d appels par heure au cours des émissions». Par ailleurs, grâce au téléphone mobile la radio a pu mettre en place des correspondants ruraux qui, après avoir reçu une petite formation font remonter les informations de leurs localités vers la rédaction. Ce système permet d augmenter encore plus la part de l information locale dans les programmes. Du fait de l accent mis sur la participation des populations, les émissions répondent mieux aux besoins des groupes cibles. Cela se traduit par une plus grande audience. Sur le plan institutionnel, l intérêt des communautés pour la radio s est également traduit par l augmentation du nombre de noyaux relais qui participent régulièrement aux Assemblées Générales de la radio. La téléphonie mobile a permis à la radio de mettre en place un réseau vivant, actif et interactif non seulement entre les communautés villageoises et radio, mais également entre les communautés villageoises elles-mêmes. Les organisations villageoises échanges des informations entres elles et partagent des expériences. Les liens entre les communautés villageoises se trouvent ainsi renforcés. Le dialogue instauré entre les communautés contribue à résoudre des conflits aux conséquences parfois désastreuses. C est le cas par exemple des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Les difficultés rencontrées L une des difficultés les plus importantes a été le coût des équipements, notamment le matériel devant permettre la réception et la diffusion des informations en direct avec les portables. Cette contrainte a été surmontée grâce à un appui financier d un partenaire de la radio. Dans les zones rurales les techniciens compétents, susceptibles d offrir un service de qualité sont plutôt rares. De même, il n y a pas suffisamment de sources d énergie pour la charge des batteries des téléphones. Le réseau de la téléphonie mobile n est pas suffisamment étendu dans les zones couvertes par la radio, ce qui limite la participation de certaines communautés villageoise à l expérience. Certains noyaux relais rencontrent parfois des difficultés pour le paiement de la redevance. La radio a été obligée de mettre en place un système de préfinancement afin d assurer la participation de tous les noyaux relais membres de la flotte. Les noyaux relais ont également été encouragés à mettre en œuvre des activités génératrices de revenus dans le but de facilité le paiement de la redevance. L'analphabétisme limite la bonne utilisation du téléphone portable. Pour surmonter cette contrainte, la radio organise des campagnes d alphabétisation au profit des groupes cibles.
60 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 48 Les conseils pour une duplication Organiser les communautés de base : mise en place de noyaux relais, de clubs d écoute, etc. Vérifier que le projet (utilisation de la téléphonie mobile) est pertinent, c est-à-dire qu il répond à un besoin au niveau de la radio et des groupes cibles. Amener les communautés de base organisées à adhérer au projet à travers des cadres d échanges, des actions d information. La décision de mettre en place le système doit être prise en étroite collaboration avec les communautés de base. Acquérir un équipement de qualité : téléphones portables pour les groupes cibles et matériel de réception au niveau de la radio. Le prix de l équipement est relativement élevé et peut nécessiter un appui financier extérieur. Etablir un partenariat avec une compagnie de téléphonie mobile pour la mise en place du système de flotte. Encadrer les groupes cibles pour le fonctionnement du système : formation pour l utilisation du téléphone, suivi du fonctionnement du système par des visites périodiques sur le terrain, etc L expérience des correspondants villageois de la radio Munyu de Banfora La description de la pratique Pour rapprocher la radio des communautés de base et leur permettre de se l approprier, radio Munyu a mis en place un système de correspondants villageois. Issus des communautés de base (deux par communauté villageoise : un homme et une femme) les correspondants villageois ont pour rôle la collecte de l information au niveau des villages et sa transmission à la radio pour diffusion. Ils animent également les clubs d écoute mis en place par la radio. L objectif du système est de mieux prendre en compte les informations issues des localités couvertes par la radio afin d améliorer la pertinence des émissions (qu elles répondent plus aux besoins des groupes cibles). Les principales activités réalisées pour la mise en place du système sont les suivantes : - Organisation des communautés de base par la mise en place des Comités Munyu de Développement de Base (CMDB) ; - Choix des correspondants villageois généralement parmi les membres des noyaux relais ; pour être correspondant villageois il faut être alphabétisé de préférence en djula (langue locale) ; les alphabétisés en français qui parle correctement le djula sont également acceptés. Les CMDB choisissent les correspondants villageois parmi les candidats qui remplissent ces conditions ; - Formations des personnes sélectionnées afin qu ils puissent assumer la responsabilité de correspondants villageois ; la formation est basée sur des thèmes tels que le rôle du correspondant villageois, les techniques d interview, de reportage, l utilisation du dictaphone (matériel d enregistrement) ou encore l éthique et la déontologie du métier. - Dotation des correspondants villageois en dictaphones à bande et en vélos afin de faciliter leur déplacement pour la collecte l information.
61 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 49 Le système existe depuis sept (7) ans et fonctionne de la façon suivante : dans la plupart des localités couvertes par la radio il existe des correspondants villageois; les correspondants villageois collectent les informations de leurs localités et les transmettent à la radio ; les informations sont transmises à la radio principalement en langue djula, sous forme d articles (support papier) ou d enregistrement sur cassettes ; les informations sont acheminées par des sociétés privées de transport ou par les membres du CMDB. les informations transmises à la radio sont traitées par le chef des programmes avant d être diffusées ; Les informations collectées sont assez diversifiées ; elles concernent généralement les événements importants dans les localités : cas d excision, de trafic d enfant, accident grave de la circulation (dans le but d informer les parents), cérémonie traditionnelle, etc. Les correspondants villageois travaillent avec les noyaux relais dont ils sont généralement membres. Ils animent également les clubs d écoute qui sont dotés en transistors qui leur permettent d écouter et de critiquer les émissions de la radio dans le but de les améliorer ; les correspondants villageois ne reçoivent pas une rémunération pour leur travail ; ils ont seulement la possibilité de faire passer leurs communiqués personnels à la radio sans frais et reçoivent un pourcentage sur les cartes de fidélité qu ils vendent ; les cartes de fidélité sont vendues aux auditeurs pour la participation aux émissions musicales. Les effets de la pratique Le système a eu pour effet de rapprocher la radio des communautés villageoises. La participation des populations au fonctionnement de la radio a été redynamisée avec une plus forte implication des organisations de base (noyaux relais, clubs d écoute, Comités Munyu de Développement de Base) dans la stratégie d information de la radio. L information a gagné en pertinence (correspond plus à la réalité vécu par les populations) en se décentralisant dans les localités. Les populations expriment souvent leur satisfaction par rapport aux émissions de la radio : elles parlent de leurs problèmes, de leur vie quotidienne, des manifestations qui ont eu lieu dans leurs villages. Les clubs d écoute trouvent les émissions plus intéressantes. Le système des correspondants villageois a contribué à enrichir les informations fournies par la radio. Celle-ci peut ainsi couvrir de nombreux événement dans sa zone de couverture sans déplacer son personnel du siège. L information est obtenue à des coûts réduits. La plus grande pertinence de l information a eu pour effet l augmentation de l audience ; ce qui est un signe de l appropriation de la radio par les communautés de base. Le nombre de villages ayant adhéré à la radio a augmenté. Le système a également eu des effets sur le fonctionnement des organisations communautaires mises en place par la radio : le travail des noyaux relais a fortement gagné en visibilité ce qui est une source de satisfaction pour les membres ; de même les clubs d écoute sont devenus plus dynamiques avec la participation des correspondants villageois à leurs activités.
62 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 50 Enfin, les effets des actions de sensibilisation de la radio sont potentiellement plus importants du fait de l augmentation de l audience. Les difficultés rencontrées La plus importante difficulté rencontrée au moment de la mise en place du système a été l acquisition du matériel. En effet, le coût du matériel est relativement élevé, et la contrainte n a pu être surmontée que grâce a l appui financier d un partenaire de la radio. Les appareils d enregistrement dont sont dotés les correspondants villageois sont souvent en panne, ce qui augmente la charge de travail du technicien de la radio. Les modalités de transmission de l information à la radio en utilisant les sociétés privées de transport, ne sont pas assez fiables : de nombreuses informations ne sont pas transmises ou le sont avec un très grand retard. Les moyens financiers des Comités Munyu de Développement de Base sont insuffisants pour acheter régulièrement les consommables (piles) nécessaires au fonctionnement des appareils d enregistrement. Pour faire face à cette contrainte les CMDB sont encouragés à développer des initiatives pour augmenter leurs revenus. Du fait de l absence de rémunérations, certains correspondants villageois sont très peu motivés pour le travail ; ce qui se traduit souvent par des démissions. Les conseils pour une duplication Organiser les communautés de base : mise en place de noyaux relais, de clubs d écoute, etc. Créer des cadres pour échanger avec les communautés de base sur la faisabilité de l expérience et sa pertinence (vérifier si cela correspond à un besoin aussi bien pour la radio que pour les communautés de base). Organiser des actions de sensibilisation des communautés villageoises sur le rôle des correspondants villageois. Mettre en place le système avec une très forte implication des organisations des communautés de base dans le fonctionnement. Prévoir une source de financement du matériel du fait de son coût relativement élevé. Disposer d un personnel capable de traiter l information transmise par les correspondants villageois, d entretenir le matériel d enregistrement et de former les correspondants villageois. Améliorer la pratique en y introduisant le système de flotte de la téléphonie mobile. Organiser un suivi périodique du système sur le terrain afin vérifier le bon fonctionnement du système et prévoir des sessions de recyclage pour les correspondants villageois. Encourager les organisations communautaires mises en place par la radio à entreprendre des activités génératrices de revenu afin qu elles puissent faire face aux dépenses liées au fonctionnement du système. Prévoir une forme de motivation pour les correspondants villageois afin de les encourager dans leur travail.
63 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso La contribution financière des populations au fonctionnement de la radio Buyaba de Diapaga La description de la pratique Depuis une douzaine d années, les communautés de base contribuent financièrement au fonctionnement de la radio Buyaba de Diapaga. L idée de cette contribution est née suite à de nombreuses pannes techniques et au manque de ressources financières pour le fonctionnement de la radio. En l absence d un appui financier du côté des acteurs institutionnels (Etat, partenaires techniques et financiers, etc.), le personnel de la radio, suite à une rencontre avec un partenaire, ont pris l initiative de demander la contribution de la population pour surmonter les difficultés financières et assurer ainsi la continuité des activités de la radio. La mise en place du système a été faite de la façon suivante : les responsables de la radio ont d abord demandé et obtenu l accord des autorités administratives locales ; cet accord était nécessaire pour assurer une plus grande transparence à la contribution ; ensuite, des rencontres ont été organisées avec les différentes communautés villageoises afin d expliquer aux populations les difficultés que rencontraient la radio, la nécessité de leurs contributions financières et l utilisation qui sera faite des ressources mobilisées ; l objectif de ces rencontres était d amener les communautés de base à adhérer à l idée de la contribution financière ; pour asseoir définitivement le système, les autorités administratives locales ont adressé une lettre aux leaders des communautés villageoises (responsables coutumiers, autorités religieuses, associations, organisations paysannes, etc.) pour demander officiellement leur contribution financière au fonctionnement de la radio. Le système fonctionne de la façon suivante : - Sous la responsabilité des notables villageois, chaque communauté organise la cotisation. Celle-ci est ouverte à tous les membres de la communauté villageoise (hommes, femmes, jeunes, visiteurs de passage dans le village, organisation de base, etc.) qui souhaitent contribuer au fonctionnement de la radio. Aucune périodicité et aucun montant ne sont fixés pour les cotisations ; chacun donne selon ses capacités. - Au début, les sommes récoltées étaient confiées à un notable villageois (conseiller communal, responsable coutumier, autorité religieuses, etc.) qui se chargeait de les transmettre aux responsables de la radio. Aujourd hui, la transmission de ces sommes est confiée aux noyaux relais. - Les personnes qui le souhaitent ont également la possibilité de remettre directement leur contribution à la radio. - Chaque contribution transmise fait l objet d un communiqué à la radio. Cette diffusion contribue à la transparence du système et à l émulation des différents contributeurs. - Les sommes récoltées sont généralement utilisées pour l achat et l entretien du matériel de la radio. - Des réunions périodiques sont organisées avec les acteurs, notamment les noyaux relais pour rendre compte de l utilisation des ressources mobilisées. Des bilans annuels sont également faits à l intention des communautés villageoises. Des communiqués sur
64 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 52 l utilisation des cotisations sont diffusés à la radio. - 5% des ressources mobilisées sont restitués aux noyaux relais pour leur fonctionnement. Cette stratégie a pour effet de les motiver pour la collecte des fonds. - La radio a l obligation de satisfaire les besoins des communautés de base en émissions. La grille des programmes est élaborée en tenant compte des besoins des populations. Celles-ci peuvent faire des observations afin d améliorer les émissions. - Les populations, par l intermédiaire des présidents et des secrétaires des bureaux départementaux des noyaux relais, participent à l élaboration du budget annuel de la radio. Les effets de la pratique La contribution financière des populations au budget de la radio est relativement importante. Selon les responsables de la radio, chaque année, elle varie entre 10 et 30% du budget. A titre d exemple, en 2000, les populations ont contribué aux dépenses de construction de la maison de la radio à hauteur de trois millions de francs CFA ; en 2004 elles ont mobilisé deux millions pour l achat d un émetteur ; en 2008, cinq cent milles francs CFA ont été mobilisés pour l achat d une console. La contribution de la population a fortement contribué à amoindrir les problèmes financiers de la radio et à améliorer la qualité des infrastructures et de l équipement. Le système a permis une plus grande implication des communautés villageoises au fonctionnement et à la gestion de la radio. Il a permis aux populations de s approprier la radio par une plus grande implication à l élaboration des grilles des programmes et du budget. Les émissions répondent mieux aux besoins des publics cibles, ce qui se traduit par une plus grande audience et le renforcement de la notoriété de la radio. Les noyaux relais fonctionnent mieux et leur travail a fortement gagné en visibilité. Les difficultés rencontrées Selon les responsables de la radio une seule difficulté a été enregistrée au début de la mise en place de l expérience : «la méfiance de certaines personnes qui pensaient que le personnel de la radio voulaient mobiliser les fonds pour les utiliser à d autres fins». Cette méfiance a été rapidement levée grâce à la transparence dans l utilisation des fonds mobilisés. Les responsables de la radio estiment que la limite actuelle du système est son caractère occasionnel, non systématique. En effet, les populations ne cotisent qu en cas de difficultés au niveau de la radio. Ils pensent que le système fonctionnerait mieux s il était institutionnalisé, formalisé de la façon suivante : confectionner des cartes de membres avec des cotisations à payer mensuellement ou annuellement dont le montant serait fixé en tenant compte des capacités financières des groupes cibles ; mettre en place un bureau de 3 à 4 personnes dont le rôle serait de suivre les entrées et l utilisation des fonds mobilisés ; ce bureau devra être assisté des présidents des unions départementales des noyaux relais qui sont les représentants des communautés villageoises. élaborer, avec la participation des groupes cibles des plans d action pour le fonctionnement et le développement de la radio ; ouvrir dans une institution financière, un compte où seront déposées toutes
65 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 53 les ressources issues des cotisations ; ce compte devra être géré par le bureau mis en place ; faire des bilans périodiques (semestriels et annuels) à l intention des populations sur l utilisation des cotisations. Les conseils pour une duplication Organiser les communautés de base : mise en place par exemple de noyaux relais. impliquer les notables villageois, notamment les autorités coutumières et religieuses pour plus de transparence ; organiser des rencontres de sensibilisation au niveau des villages afin d expliquer aux populations les objectifs du système et les modalités de gestion des fonds qui seront collectés ; formaliser le système par la confection de cartes d adhésion ; fixer des montants de cotisation et une périodicité pour le paiement. mettre en place un mécanisme pour rendre compte aux populations de la gestion des fonds : bilans périodiques de l utilisation des fonds et des résultats atteints. associer les groupes cibles à l élaboration de la grille des programmes afin que les émissions répondent, autant que possible, à leurs besoins ; les populations doivent s approprier la radio Le Plan Intégré de communication La description de la pratique La plupart des radios communautaires enquêtées ont réalisé des actions de communication pour le changement de comportement avec la stratégie du Plan Intégré de Communication (PIC). La stratégie du PIC se fonde sur l association de canaux de communication de masse, en occurrence la radio, et d outils de communication interpersonnel, notamment le théâtre forum et les projections de films suivis de débats, les causeries de groupes et le porte à porte. Le PIC s appuie également sur les noyaux relais dont les membres sont choisis au sein des communautés cibles des activités de sensibilisation. Véritables animateurs endogènes le rôle des noyaux consiste à assurer la continuité du processus de CCC dans les différentes localités. Bien instruits des thématiques de développement social, ils se font le devoir d échanger à travers les porte-à-porte, les causeries éducatives. Les échanges interpersonnels permettent de capitaliser la communication de masse indifférenciée véhiculée par la radio. Les villages cibles du PIC sont choisis en fonction de l ampleur de la pratique qu on cherche à éliminer. Un programme d activités est planifié par les acteurs et diffusé dans les villages par l intermédiaire de représentants des communautés villageoises. Les partenaires, les services administratifs, les leaders communautaires, notamment les responsables coutumiers sont impliqués dans les activités. La radio se déplace dans les villages et enregistre les émissions avec les populations. Les membres des noyaux relais dotés de vélos font le porte à porte après les passages de la radio pour échanger, donner des éclaircissements ou répondre à certaines préoccupations. Les avantages du PIC L approche multimédia, l association de la communication médiatique, de la communication de proximité et de la communication interpersonnelle permet de minimiser les inconvénients liés à chacun de ces canaux et supports utilisés de façon
66 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 54 séparée et d augmenter ainsi l efficacité des actions de sensibilisation. Le PIC permet d assurer une plus grande couverture médiatique avec la combinaison de la communication de masse et la communication interpersonnelle. Le PIC permet une meilleure écoute des messages diffusés par les radios du fait de l implication des groupes cibles à l élaboration des émissions. L engouement des populations se traduit par la forte mobilisation pour participer aux jeux radiophoniques, aux enregistrements et à l écoute. Le PIC permet également une synergie d action des acteurs communautaires : les responsables coutumiers et religieux, les autorités administratives locales, les services techniques, les hommes, les femmes, les jeunes, etc. La stratégie prévoit la poursuite de la sensibilisation sur le terrain par des actions de communication interpersonnelle réalisées par les noyaux relais. Celles-ci fournissent des éclaircissements aux groupes cibles et répondent à certaines de leurs préoccupations, augmentant ainsi l efficacité de la communication pour le changement de comportement. Les limites du PIC - La mise en œuvre du PIC nécessite la mobilisation de moyens financiers énormes. Le matériel utilisé par les radios pour les divers enregistrements sont coûteux : bandes sonores, cassettes, mini disques, frais de déplacement - La faible couverture des radios communautaires peut être également soulignée comme étant l une des faiblesses majeure dans l exécution du PIC. - Le manque de suivi des activités des noyaux relais peut limiter l efficacité de leur action. Cela est d autant plus vrai que certains noyaux sont très peu motivés parce qu ils ne reçoivent aucune rémunération pour les activités qu ils exécutent. - Les activités du PIC ne sont généralement pas évaluées, ce qui ne permet pas d en mesurer les résultats et de tirer les leçons pour améliorer la stratégie. Les conseils pour la réussite d un PIC - S assurer de la disponibilité des moyens financiers et des ressources humaines. - Faire un diagnostic approfondi de la situation afin de bien comprendre le comportement à changer, son contexte, ses différentes causes. - Identifier et analyser les caractéristiques des groupes cibles et les organisations partenaires potentiels du PIC. - La place stratégique des noyaux relais dans la PIC est telle qu il convient d assurer en amont leur formation et de la prolonger régulièrement par des ateliers de renforcement de compétence. - Définir avec la plus grande précision possible les buts et objectifs du PIC en rapport avec les problèmes comportementaux identifiés. - Déterminer des approches/stratégies de communication en fonction des groupes sociaux, structures et acteurs impliqués dans l exécution du PIC. - Identifier les canaux et supports de communication pouvant assurer une efficacité maximum aux actions du PIC. Le choix des canaux et supports doit tenir compte des caractéristiques des groupes cibles. - Définir les activités de communication ainsi que les messages à promouvoir selon les
67 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 55 groupes cibles et les milieux sociaux concernés pour tenir compte du niveau socioéducatif, culturel et économique. - Planifier des activités de communication à mettre en œuvre en étroite collaboration avec les groupes cibles et les partenaires impliqués dans l exécution du PIC. - Elaborer et mettre en œuvre un dispositif pour le suivi évaluation des résultats du PIC. Conclusion L expérience et le temps consacré aux activités de communication pour le changement de comportement dépendent du statut juridique des canaux de communication. Généralement les médias communautaires, parce qu ils ont pour vocation de participer au développement socio-économique des populations cibles, consacrent beaucoup de temps aux activités CCC et ont par conséquent beaucoup plus d expérience dans ce domaine que les autres types de radios. Les meilleures pratiques en matière de CCC et de fonctionnement des canaux de communication sont observées au niveau des médias communautaires. Les radios confessionnelles consacrent la plus grande partie de leur temps aux activités religieuses. Les radios privées n interviennent en CCC que dans une logique commerciale, sur commande d un partenaire. La même observation peut être faite pour les troupes de théâtre et les chansonniers. La communication pour le changement de comportement fait partie des principales activités des ONG et associations identifiées. De même la plupart des services de l Etat réalisent de nombreuses activités dans le domaine de la CCC. Toutefois, leurs interventions sont de plus en plus limitées du fait de la logique de contractualisation des activités CCC.
68 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 56 CHAPITRE 6 : L EFFICACITE DES CANAUX DE COMMUNICATION L un des principaux objectifs de l étude est d identifier les meilleurs canaux pour les actions de communication pour le changement de comportement. Le chapitre 6 est consacré à l analyse des différents canaux de communication afin d en déterminer l efficacité du point de vue des communautés villageoises cibles des actions de sensibilisation. L analyse est organisée autour de deux principaux points : - l accès des populations aux différents canaux de communication ; - le point de vu des populations sur l efficacité des canaux communication utilisés. 6.1 Disponibilité de la radio et de la télévisions dans les ménages Quelle est la proportion des personnes enquêtées disposant d un poste radio dans le ménage? Quelle est la proportion de ceux qui disposent d un poste de télévision? Les réponses à ces deux questions permettront d analyser la disponibilité des postes de radio et de télévision dans les ménages, facteur qui influence fortement l accès des populations à ces canaux de communication La disponibilité des poste radios dans les ménages Les informations sur la disponibilité des postes radio dans les ménages sont résumées dans le graphique 1 (pour plus de détails voir tableau 18 en annexe). Graphique 1 : Pourcentage de personnes enquêtées disposant d au moins un poste radio dans le ménage et pourcentage de ceux ne disposant d aucun poste radio Aucun poste Au moins un poste % Boucle du Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Rural Urbain Ensemble
69 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 57 La disponibilité des postes radios dans les ménages est très élevée. En effet, plus des trois quart (77,5%) des personnes enquêtées affirment disposer d au moins un poste radio dans le ménage. Les populations de la région Est sont les plus pourvues en postes radio avec 89% de personnes qui en disposent dans le ménage. Par ailleurs, cela n est pas une surprise, les populations urbaines sont plus pourvues en postes radio que les populations rurales. La présence d un poste radio dans le ménage est une condition nécessaire pour l accès de ses membres à ce média. Mais la simple présence de la radio ne suffit pas à en garantir l accès à tous les membres du ménage. En effet, le poste peut être utilisé par un seul membre du ménage à sa convenance, limitant ainsi l efficacité de ce media pour les autres membres du ménage. Cette remarque est d autant plus pertinente que la plupart des ménages ne disposent que d un seul poste radio. Toutefois, seule l analyse des modalités d écoute de la radio par les personnes enquêtées (voir 5.2) permettra de tirer des conclusions sur l accès à la radio La disponibilité des poste de télévision dans les ménages Le graphique 2 présente les informations sur la disponibilité des postes de télévision dans les ménages (pour plus de détails sur la disponibilité des postes de télévision voir tableau 19 en annexe). Graphique 2 : Pourcentage de personnes enquêtées disposant d au moins un poste de télévision dans le ménage et pourcentage de ceux ne disposant d aucun poste radio Aucun poste Au moins un poste % Boucle Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Rural Urbain Ensemble
70 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 58 Contrairement à la radio, la télévision est moins présente dans les ménages. En effet, seul 20% de l ensemble des personnes enquêtées affirment disposer d un poste de télévision dans le ménage. La télévision est surtout présente dans les ménages urbains : près de 50% contre seulement 9% des ménages ruraux. La non disponibilité de la télévision dans les ménages s explique par des facteurs techniques et économiques. Au niveau des facteurs techniques, il faut noter que la division télévisuelle est encore peu répandue à travers le territoire national. Par ailleurs, l utilisation d un poste de télévision nécessite une source d énergie que les populations rurales ne possèdent généralement pas. A ce dernier facteur technico-économique, il convient d ajouter le coût du téléviseur qui est généralement élevé par rapport aux des revenus de la plupart des ménages ruraux. Contrairement à la radio, la présence d un poste de télévision dans le ménage garantit généralement l accès à un plus grand nombre de membres à ce medias. En effet, le poste de télévision est généralement disposé dans un endroit de la maison où la plupart des membres peuvent y accéder. Cela constitue un facteur positif par rapport à l efficacité de ce canal de communication. 6.2 L accès à la radio et à la télévision On ne peut tirer des conclusions pertinentes sur l accès des populations à la radio et à la télévision qu en analysant l utilisation de ces médias par les groupes cibles. En d autres termes il s agit d analyser la périodicité et les moments d accès à la radio et à la télévision par les populations cibles. Cette analyse a été affinée en distinguant les périodes de l année : saison sèche et saison pluvieuse. Cette distinction a été faite afin de tenir compte de l influence éventuelle des travaux champêtres sur l accès à la radio et à la télévision. Toutefois, il faut noter le cas des personnes exerçant certains métiers (commerçants, artisans, tailleurs) qui ne sont pas très influencées par les 2 saisons La périodicité d accès à la radio et à la télévision La périodicité d écoute de la radio Les informations sur la périodicité d écoute de la radio par les personnes enquêtées sont présentées dans les graphiques 3 et 4 (pour plus de détails, voir tableau 20 en annexe).
71 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 59 Graphique 3: Modalités d écoute de la radio pendant la saison sèche Chaque jour Quelques fois par semaine Pas du tout Ensemble Sahel Plateau central Nord Est Centre Nord Cascades Boucle Mouhoun % Graphique 4 : Modalités d écoute de la radio pendant la saison pluvieuse Chaque jour Quelques fois par semaine Pas du tout Ensemble Sahel Plateau central Nord Est Centre Nord Cascades Boucle Mouhoun % Quelle que soit la saison considérée (pluvieuse et sèche), plus de la moitié des personnes enquêtées affirment écouter la radio au moins une fois par semaine. Toutefois, les auditeurs
72 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 60 qui écoutent la radio au moins une fois par semaine sont plus nombreux en saison sèche (62,4%) qu en saison des pluies (57,1%). Les régions où les populations écoutent le plus la radio sont le Nord et l Est. En effet, moins de 20% des personnes enquêtées dans ces régions déclarent ne pas écouter la radio. Ces deux régions sont suivies par les Cascades et le Plateau central, avec un peu plus de 20% de non auditeurs quelle que soit la saison considérée. L analyse par rapport au milieu de résidence montre que, aussi bien en saison sèche qu en saison pluvieuse, il existe peu de différences entre les citadins et les ruraux. Au niveau des groupes d âge, seulement 33% des jeunes de 13 à 24 ans ont accès à la radio pendant la saison sèche. Ce pourcentage est encore plus faible en saison pluvieuse avec seulement 28%. Enfin, aussi bien en saison sèche qu en saison pluvieuse, les hommes sont plus nombreux que les femmes à écouter la radio. Cette différence est certainement due à la charge des travaux domestiques assumés par les femmes qui leur laisse peu de temps pour l accès à la radio. Elle s explique également par l insuffisance des revenus des femmes pour l achat d un poste radio. Malgré ces quelles différences entre les catégories sociales, il faut retenir que, quelle que soit la saison considérée, plus de la moitié des personnes enquêtées écoutent la radio au moins une fois par semaine. Ainsi, un message diffusé plusieurs fois dans la semaine peut être entendu par au moins la moitié des populations cibles La périodicité d accès à la télévision Les informations sur la périodicité des accès à la télévision sont résumées dans les graphiques 5 et 6 (pour plus de détails, voir tableau 21 en annexe). Graphique 5 : Modalités d accès à télévision pendant la saison sèche Chaque jour Quelques fois par semaine Pas du tout Ensemble Sahel Plateau central Nord Est Centre Nord Cascades Boucle Mouhoun %
73 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 61 Graphique 6 : Modalités d accès à télévision pendant la saison pluvieuse Chaque jour Quelques fois par semaine Pas du tout Ensemble Sahel Plateau central Nord Est Centre Nord Cascades Boucle Mouhoun % Comme pour la radio, l analyse est faite en fonction des saisons (sèche et pluvieuse). Toutefois, nous faisons l hypothèse que cette variable influence peu l accès des groupes cibles à la télévision, compte tenu de la faible disponibilité de ce medias dans les ménages ruraux. Du fait de la faible disponibilité des postes de télévision dans les ménages, la proportion des populations qui regardent la télévision est relativement faible : aussi bien en saison sèche qu en saison pluvieuse, un peu plus de 20% des personnes enquêtées déclarent regarder la télévision au moins une fois par semaine. Les populations de la région des Cascades et celles du Sahel sont les plus nombreuses à regarder la télévision. A l inverse, les populations des régions du Centre Nord, de l Est et du Plateau Central sont les moins représentées parmi les téléspectateurs. Par ailleurs, la proportion des téléspectateurs ruraux est très faible : quelle que soit la saison, moins de 10% des enquêtés du milieu rural déclarent regarder la télévision au moins une fois par semaine. Moins de 5% téléspectateurs ruraux affirment regarder la télévision tous les jours. Aussi bien en saison sèche qu en saison pluvieuse, les jeunes de moins de 25 ans sont les plus nombreux à regarder la télévision. Enfin, même si les hommes sont un peu plus nombreux à regarder la télévision, la différence entre les téléspectateurs et les téléspectatrices est insignifiante, et ceci, quelle que soit la saison Les moments d accès à la radio et à la télévision Il s agit d analyser les moments de la journée ou de la nuits pendant lesquels les auditeurs écoutent la radio et les téléspectateurs regardent la télévision. Comme la périodicité d accès, ces moments où la radio et la télévision sont utilisés par les populations cibles sont importants pour l efficacité des messages qui leurs sont destinées. L analyse des moments d utilisation de la radio et de la télévision est faite en distinguant la saison sèche et la saison pluvieuse.
74 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso Les moments où la radio est écoutée Les réponses aux questions relatives aux moments de la journée ou de la nuit pendant lesquels les groupes cibles écoutent la radio sont présentées dans les graphiques 7 et 8 (pour plus d informations, voir tableau 22 en annexe). Graphique 7 : Les moments d écoute de radio en saison sèche Plutôt le matin Plutôt à midi Plutôt l après midi Plutôt la nuit A n importe quel moment Ensemble Sahel Plateau central Nord Est Centre Nord Cascades Boucle du Mouhoun % Graphique 8 : Les moments d écoute de radio en saison pluvieuse Plutôt le matin Plutôt à midi Plutôt l après midi Plutôt la nuit A n importe quel moment Ensemble Sahel Plateau central Nord Est Centre Nord Cascades Boucle du Mouhoun %
75 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 63 On note une différence relativement importante entre la saison sèche et la saison des pluies. En saison sèche, la plus grande proportion (plus de 40%) des personnes enquêtées déclarent écouter la radio à n importe quel moment (la nuit ou la journée). Pour cette modalité, il convient de faire remarquer le fort pourcentage des enquêtés des régions du Sahel, du Nord et surtout la Boucle du Mouhoun. Il convient également de faire observer les proportions élevées des personnes enquêtées dans les régions des Cascades, du Plateau central et du Nord qui écoutent la radio plutôt le matin. De même, la plus grande partie des enquêtés du Centre Nord et de l Est écoute la radio plutôt la nuit en saison sèche. En saison pluvieuse, les auditeurs sont nettement plus nombreux la nuit : 38% contre 30% qui affirment écouter la radio quelque soit le moment, la journée ou la nuit. Il convient de noter la faible proportion des populations des Cascades et celles du Plateau centrale qui écoutent la radio la nuit pendant la saison pluvieuse. L analyse en fonction du milieu de résidence montre que les ruraux sont nettement plus nombreux que les citadins à écouter la radio la nuit, pendant la saison pluvieuse. Cela s explique certainement par les travaux champêtres qui occupent les populations rurales pendant la journée Les moments où la télévision est regardée Comme pour la radio, l analyse des moments à la télévision a été faite en fonction de la saison sèche et de la saison pluvieuse. Mais l examen des données montre que cette variable influence très peu les comportements des personnes enquêtées par rapport aux moments où la télévision est regardée ((pour plus de détails, voir tableau 22 en annexe). Aussi bien en saison sèche qu en saison pluvieuse, la plus grande proportion (un peu plus de 40%) des personnes enquêtées regardent la télévision surtout la nuit. Ils sont ensuite un peu plus de 26% à regarder la télévision à n importe quel moment, la journée ou la nuit et quelle que soit la saison. Les téléspectateurs du Sahel et ceux de l Est sont de loin les plus nombreux pour cette dernière modalité. Il convient de faire observer la proportion relativement élevée (plus de 26%) des personnes enquêtées dans la région du Plateau central qui ne regarde la télévision qu occasionnellement, notamment les jours de diffusion de matchs de football. Les téléspectateurs de cette région regardent la télévision surtout la nuit ou de façon occasionnelle. Très peu de différences sont noter en ce qui concerne les autres variables notamment les tranches d âges et le genre et le milieu de résidence. 6.3 Les radios les plus écoutées Afin de déterminer les radios les plus écoutées, il a été demandé aux personnes enquêtées de donner le nom de la station de radio qu ils écoutent souvent. Le tableau n 23 donne les réponses des enquêtées à cette question. Pour plus pertinence dans les résultats, les proportions des auditeurs de chaque radio ont été calculées en fonction des personnes enquêtées dans la province où elle est localisée. Nous partons de l hypothèse que plus la radio est proche des populations plus elles y ont accès facilement et cela peut déterminer leur choix.
76 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 64 Tableau 16 : Les radios les plus écoutées par région et par province Région Province Radio Genre % des Localisation auditeurs Radio Salaki Communautaire 74,90 Dédougou Mouhoun RNB Public 16,73 Dédougou CEDICOM Confessionnel 7,22 Dédougou Boucle du Mouhoun 1 Cascades Centre Nord Sourou et Nayala Radio Salaki Communautaire 48,54 Tougan RNB Public 21,36 Dédougou CEDICOM Confessionnel 18,45 Tougan Radio Sourou/Nayala Confessionnel 9,71 Tougan Radio VERATAMU Communautaire 43,27 Solenzo Bamwa Radio Salaki Communautaire 30,77 Dédougou Radio LOTAMU Commercial 19,23 Solenzo Radio Salaki Communautaire 47,79 Tougan Kossi Radio Kosen Kibaru Public 27,43 Nouna Radio Kantigiya Confessionnel 23,89 Nouna Balés La Voix des Balés Communautaire 57,14 Boromo Radio Salaki Communautaire 42,86 Dédougou Comoé et Léraba Bam Namentenga Sanmatenga Radio Munyu Communautaire 69,39 Banfora RNB Public 8,57 Banfora Radio Téria Confessionnel 8,16 Banfora Radio Neerwaya Communautaire 58,82 Kongoussi La Voix du Lac Commercial 30,59 Kongoussi Savane FM Commercial 7,05 Radio Pognéré Commercial 50,0 Boulsa Radio Nayinéré Communautaire 46,74 Boulsa Radio Manegda Communautaire 51,11 Kaya Radio Maria Confessionnel 21,11 Kaya Kaya FM Commercial 17,78 Kaya RNB Public 6,67 Kaya Tapoa Radio Buyaba Communautaire 80,34 Diapaga Radio Tin-taani Communautaire 19,65 Kantchari Est Radio Tamba Confessionnel 58,51 Fada N Gourma Gourma RNB Public 19,15 Fada N Gourma Fada FM Commercial 10,64 Fada N Gourma Radio Evangélique Confessionnel 10,64 Fada N Gourma La Voix du Paysan Communautaire 66,91 Ouahigouya Nord Yatenga Radio de l amitié Commercial 27,94 Ouahigouya Savane FM Commercial 39,39 Ziniaré Plateau Oubritenga Bassi FM Commercial 32,32 Ziniaré central Radio Vénégré Communautaire 22,22 Ziniaré Radio Maria Confessionnel 6,06 RNB Public 44,90 Dori Sahel Séno Radio Dandé Sahel Public 25,51 Dori Horizon FM Commercial 21,43 Dori Source : enquête de terrain 1 Les pourcentages des auditeurs des radios des cascades ont été calculés en fonction de l ensemble des personnes enquêtées dans cette région, la province de la Léraba ne disposant pas de radio. La région compte deux provinces : la Comoé et la Léraba.
77 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso Les émissions préférées des personnes enquêtées Quelles sont les émissions radiophoniques et télévisuelles préférées par les personnes enquêtées? Quelle est la place des émissions de sensibilisation parmi les émissions préférées par les populations cibles? Pour répondre à ces interrogations, il a été demandé aux personnes enquêtées de citer les différentes émissions qu elles préfèrent à la radio et à la télévision. Cette partie est consacrée à l analyse des réponses des enquêtés à ces questions Les types d émissions préférées à la radio Les informations sur les types d émissions radiophoniques préférées par les personnes enquêtées sont présentées dans le graphique 9 (voir le tableau 24 en annexe pour plus de détails). 80 Graphique 9 : Le genre d émissions radiophoniques préférées par les personnes enquêtées Education/ sensibilisation Information Musique/ divertissement % Boucle Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Ensemble De façon globale, les émissions éducatives et de sensibilisation, ainsi que les informations à la radio sont les types d émissions radiophoniques que préfèrent les personnes enquêtées. Les émissions éducatives et de sensibilisation arrivent en tête des préférences des enquêtés dans la quasi-totalité des régions. Seules les personnes enquêtées dans les régions de la
78 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 66 Boucle du Mouhoun et dans une moindre mesure au Centre Nord préfèrent surtout les informations à la radio (plus de 50% des enquêtés). L analyse par rapport au milieu de résidence montre que les ruraux sont plus sensibles aux émissions éducatives et de sensibilisation plus que les citadins : 48,6% contre 23% seulement. Les citadins préfèrent surtout les informations : 44,5% contre 33,9% pour les personnes du milieu rural. L analyse par tranche d âge montre une préférence relativement élevée des jeunes de moins de 25 ans pour les émissions de divertissement, notamment la musique. Il convient également de relever le score assez élevé des ans et surtout des 60 ans et plus pour les émissions éducatives et de sensibilisation Les types d émissions préférées à la télévision Les données sur le genre d émissions préférées par les téléspectateurs enquêtés sont résumées dans le graphique 10 (voir tableau 25 en annexe pour plus de détails). 80 Graphique 10 : Le genre d émissions télévisuelles préférées par les personnes enquêtées Education/ sensibilisation Informations Musique/ divertissement % Boucle du Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Ensemble Au niveau du genre d émissions préférées, on note une différence assez nette entre les auditeurs et les téléspectateurs. En effet, alors que les auditeurs des radios préféraient de loin les émissions d éducation et de sensibilisation, les téléspectateurs préfèrent nettement les informations. Ce dernier genre d émissions remporte plus de la moitié (52,5%) des
79 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 67 soufrages des téléspectateurs, tandis que les émissions d éducation et de sensibilisation ne sont préférées que par seulement 15,5% des personnes enquêtées. Par ailleurs, plus de 30% des téléspectateurs préfèrent les émissions de divertissements, qui arrivent ainsi en deuxième position des genres d émissions préférées à la télévision. L analyse au niveau des régions montre une préférence assez élevée des téléspectateurs des régions du Plateau central et surtout du Nord pour les émissions de divertissement. Autre fait intéressant à relever, la proportion relativement élevée (25%) des téléspectateurs des Cascades qui préfèrent les émissions éducatives et de sensibilisation. A l opposé, ce genre d émissions télévisuelles est préféré par seulement 2,9% des téléspectateurs du Nord. Plus de 18% des femmes contre 13,4% des hommes préfèrent les émissions d éducation et de sensibilisation. L analyse par rapport aux autres variables (milieu de résidence et tranches d âge) ne laisse apparaître aucune différence notable. 6.5 Les enquêtés et les activités de sensibilisation Parmi les personnes ayant fait l objet de l enquête, quelles sont celles qui ont bénéficié d activités de sensibilisation au cours des 12 derniers mois? Quels ont été les canaux de communication utilisés pour ces activités de sensibilisation? Sur quels thèmes portaient ces actions de sensibilisations? Quelle est l opinion des bénéficiaires sur ces activités de sensibilisations? Quelle a été l attitude des bénéficiaires après avoir reçu les messages de sensibilisation? Telles sont les questions auxquelles cette partie est consacrée Les messages de sensibilisation à la radio et à la télévision Les enquêtés se souvenant d un message à la radio ou à la télévision Quelle est la proportion des personnes enquêtées qui se souviennent d un message de sensibilisation à la radio et à la télévision au cours des 12 derniers mois? Les réponses à cette question sont résumées dans le graphique 11 et le tableau 26 en annexe. Plus des trois quarts (78%) des auditeurs se souviennent d un message de sensibilisation entendu à la radio. Les téléspectateurs sont moins nombreux (54,5%) à se souvenir d une activité de sensibilisation à la télévision. L analyse au niveau des régions montre que les auditeurs du Plateau central sont les plus nombreux (plus de 92%) à se souvenirs des messages de sensibilisation à la radio, la région du Centre nord enregistrant la plus faible proportion (66,7%). En ce qui concerne les messages à la télévision, les régions de l Est et surtout du Sahel arrivent largement en tête avec respectivement 76% et 91,4% des téléspectateurs. A ce niveau, la plus faible proportion (28,8%) est également enregistrée par la région du Centre nord. Comme on pouvait s y attendre, les téléspectateurs citadins sont les plus nombreux à se souvenir d un message de sensibilisation à la télévision : 61,5% contre seulement 42,6% des téléspectateurs du milieu rural. Il faut rappeler que les citadins sont les plus nombreux à avoir accès à la télévision. L analyse par rapport aux autres variables (sexe et tranches d âges) ne laisse paraître aucune différence notable entre les différents éléments.
80 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 68 Graphique 11 : Pourcentage de personnes enquêtées se souvenant d un message à la radio ou à la télévision Un message à la radio Un message à la télé % Boucle du Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Ensemble Thèmes des messages à la radio ou à la télévision Quels étaient les thèmes des messages de sensibilisation dont se souviennent les auditeurs et les téléspectateurs? Les réponses à cette question sont résumées dans le graphique 12 et le tableau 27 (annexe 1).
81 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 69 Graphique 12 : Principaux thèmes des messages de sensibilisation entendus à la radio ou vus à la télévision 100 VIH/SIDA Prévention du paludisme Allaitement Lavage des mains Traitement de la diarrhée Excision % Boucle Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Ensemble Les principaux thèmes retenus par les auditeurs et les téléspectateurs sont par ordre d importance : le VIH/SIDA (80%), la prévention du paludisme (62,1%) et dans une moindre mesure, le lavage des mains (32%), l excision (21,2%) le traitement de la diarrhée (19%) et l allaitement maternel (18,9%). Les autres thèmes n atteignent guère 6% des réponses. Les régions de la Boucle du Mouhoun (43,8%) et de l Est (46,8%) se distinguent par la relative faiblesse de leur taux pour ce qui concerne la prévention du paludisme. Autre fait notable au niveau des régions : la forte proportion (56,5%) des personnes enquêtées dans la région de l Est se souvenant des messages de sensibilisation sur le thème du lavage des mains. De même, la proportion des auditeurs et téléspectateurs se souvenant des messages de sensibilisation sur le thème de l excision est relativement élevée dans les régions du nord (32%), de l Est (35,5%) et surtout du Plateau central (41,3%). Enfin, les auditeurs et téléspectateurs de l Est se distinguent avec le thème des mariages précoces/forcés qui recueille plus de 20% des réponses dans cette région Les activités de sensibilisation avec les autres canaux Les activités de sensibilisation avec les canaux de communication autres que la radio et la télévision est analysée à travers trois points : (i) la proportion des personnes enquêtées ayant bénéficié d action de sensibilisation par ces canaux, (ii) les canaux de communication précisément utilisés, (iii) et les thèmes des sensibilisations retenus par les bénéficiaires.
82 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso Les personnes ayant déjà participé à une séance de sensibilisation Les données sur les personnes enquêtées ayant bénéficié d action de sensibilisation de proximité sont résumées dans le graphique 13 (voir tableau 28 en annexe pour plus de détails). Graphique 13 : Pourcentage des personnes enquêtées ayant bénéficié de sensibilisation par des canaux en dehors de la radio et de la télévision Ensemble Femme Homme Urbain Rural Sahel Plateau central Nord Est Centre Nord Cascades Boucle Mouhoun % Près de 70% des personnes enquêtées affirment avoir bénéficié d activités de sensibilisation avec des canaux de communication en dehors de la radio et de la télévision. Les régions du Sahel (84,4%) et surtout de Plateau central (93%) enregistrent les proportions les plus élevées de bénéficiaires d actions de sensibilisation par des canaux autres que la radio et la télévision. A l opposé, les régions de la Boucle du Mouhoun et des Cascades enregistrent les plus faibles proportions : respectivement 61% et 60,4%. Enfin, la proportion de citadins ayant bénéficié de ces actions de sensibilisation est plus importante que celle des personnes du milieu rural : 71,4% contre 61,4% pour les ruraux. L analyse par rapport aux autres variables (genre et tranches d âges) ne laisse apparaître aucune différence notable Les canaux utilisés pour les séances de sensibilisation Les informations sur les canaux de communication utilisés pour les séances de sensibilisation de proximité sont présentées dans le graphique 14 (des détails sont fournis dans le tableau 32 en annexe).
83 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 71 Graphique 14 : Principaux canaux de communication utilisés pour la sensibilisation de proximité Affiches Causeries Visites à domicile Vidéo/théâtre Ecole % Boucle Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Ensemble Les principaux canaux et support de communication utilisés pour les actions de sensibilisation de proximité sont, par ordre d importance : l animation vidéo ou le théâtre forum suivi de débats (cités par 68,3% des bénéficiaires), les causeries éducatives en groupe (65%), les affiches (27%), les visites à domiciles et les entretiens individuels (24,7%) et l école (9,8%). Aucun des autres canaux n atteint 5% des choix ; par exemple «le marché» qui vient après l école dans les canaux les plus utilisés n a été signalé que par 4,9% des bénéficiaires. La proportion de personnes ayant déjà suivi de séance de sensibilisation par le canal de l animation vidéo ou du théâtre forum est particulièrement importante dans les régions du Sahel (83%), du Plateau central (84,2%) et surtout du Nord (96,8%). A l opposé, seuls 51,7% des personnes enquêtées dans la Boucle du Mouhoun ont bénéficié de sensibilisation par le canal de la vidéo. Les proportions de personnes ayant bénéficié de séances de sensibilisation par le canal des causeries éducatives sont relativement faibles dans les régions des Cascades (48%) et au Centre Nord (55,6%). A ce niveau, le plus grand score est obtenu par la région de l Est avec
84 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 72 84%. Enfin, il convient de relever les scores relativement élevés dans la région du Sahel pour le canal (42%) et pour les affiches (67%) Thèmes des sensibilisations de proximité Quels sont les thèmes retenus par les personnes qui ont bénéficié des sensibilisations de proximité? Telle est la question abordée dans cette partie. Les thèmes retenus par les bénéficiaires des sensibilisations de proximité sont les mêmes que ceux des messages de sensibilisation à la radio ou à la télévision. Les principaux thèmes (voir tableau n 28 en annexe) sont : le VIH/SIDA (cité par 75,7% des enquêtés), la prévention du paludisme (67,5%), le lavage des mains (43,4%), l allaitement maternel (22,3%), l excision (22,5%) et dans une moindre mesure le traitement de la diarrhée (13,4%) et les droits des enfants (8,5%). Aucun des autres thèmes cités (mariage forcé/précoce, la scolarisation des filles, la tuberculose, la planification familiale) n atteint un score de 5%. Les bénéficiaires de sensibilisation sur le thème de la prévention du paludisme sont particulièrement nombreux (plus de 92%) dans la région du Sahel. A l opposé, la région du nord enregistre la proportion la moins importante de bénéficiaires de sensibilisations sur ce thème. Seulement 2% des personnes enquêtées dans les Cascades et 4,3% de celles de la région du nord affirment avoir bénéficié de séances de sensibilisation de proximité sur le thème de l allaitement maternel. A l opposé, plus de 67% des enquêtés de la région du Sahel ont bénéficié d une sensibilisation de proximité sur ce thème. La proportion des bénéficiaires de séances de sensibilisation est particulièrement élevée dans la région de l Est : 73,7% contre seulement 10,8% pour la région des Cascades qui enregistre ainsi le plus faible score pour ce thème. Au niveau des sensibilisations sur le traitement de la diarrhée chez les enfants, les personnes enquêtées dans la région du Sahel se singularisent avec un score assez élevé : 61,8%. Aucune des autres régions n obtient un score de 17% pour ce thème. Autre fait intéressant à noter : aucune des personnes enquêtées dans la région du Sahel n a bénéficié d une sensibilisation sur le thème de l excision. A l opposé, ce thème est très représenté dans la région du nord (53,8%) et surtout du Plateau central (plus de 70%) Les effets des messages de sensibilisation sur les enquêtés La plupart des personnes exposées à des messages de sensibilisation affirment avoir été convaincues par le message. Les messages portant sur les thèmes de la santé (VIH/SIDA, prévention du paludisme, traitement de la diarrhée, le lavage des mains, la tuberculose, etc.) sont plus convaincants. Les populations cibles sont plus réservées sur les autres thèmes, notamment l excision et le mariage précoce ou forcé. De nombreuses personnes enquêtées affirment n avoir pas été convaincues par les messages sur ces thèmes ou refusent simplement de donner leur opinion. Cette dernière attitude s explique certainement par la peur d être réprimé, notamment pour le cas des mutilations génitales féminines qui sont interdites par la loi. Les enquêtés qui acceptent de donner leur opinion évoque généralement la coutume pour justifier leur refus des messages sur les pratiques socio-
85 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 73 culturelles néfastes (excision, mariage forcé, etc.). En d autres termes, ces pratiques faisant partie de leur coutume, elles ne voient pas la nécessité de les interdire. Quelques différences liées à la nature du canal utilisé sont relevées au niveau de l opinion sur les messages. Les bénéficiaires des messages à la radio ou à la télévision, tout en affirmant avoir été convaincus surtout par les messages dans le domaine de la santé, souhaiteraient avoir des plus d informations sur le contenu du message. Autrement dit, les messages à la radio et à la télévision susciteraient des questions que les auditeurs et téléspectateurs souhaiteraient poser à des spécialistes pour mieux comprendre le contenu des messages Attitude des enquêtés exposés aux messages de sensibilisation Quelle a été l attitude des personnes enquêtées après avoir reçu les messages de sensibilisation? Existe-t-il des différences liées au thème du message ou à la nature des canaux de communication utilisé? La plupart des personnes exposées aux messages de sensibilisation sur des thèmes en rapport avec la santé affirment avoir changé de comportement. Pour de nombreuses personnes, le changement de comportement a été associé à la recherche d informations complémentaires sur les thèmes des sensibilisations. Les effets des sensibilisations sur les thèmes se rapportant à des pratiques socio-culturelles néfastes sont plus nuancés. Une proportion relativement importante de personnes enquêtées affirme n avoir rien fait à la suite des messages sur l excision ou le mariage forcé. Les personnes qui ont cherché à mieux s informer sur le contenu des messages sont surtout celles qui ont reçu les sensibilisations par la radio ou la télévision. 6.6 Le choix des canaux pour les activités de sensibilisation Le choix des canaux de communication est très déterminent pour le succès des activités de sensibilisation. L efficacité d un canal ou d un outils de communication dépend du type de message à faire passer et des populations cibles. Quels sont les canaux de communication utilisés pour les activités de sensibilisation? Parmi ceux utilisés, quels sont les canaux préférés par les groupes cibles? Quels sont les canaux souhaités par les populations cibles pour les campagnes de sensibilisation? Telles sont les questions qui sont abordées dans cette partie Les canaux et supports utilisés par les intervenants en CCC Il s agit des canaux et supports de communication les plus utilisés par les services techniques de l Etat, les ONG et associations pour les activités de sensibilisations. Les outils de communication les plus utilisés par les intervenants en CCC sont : la causerie éducative en groupe, le théâtre forum, le ciné-débat et dans une moindre mesure les émissions radiophoniques. Pour la plupart des intervenants en CCC, les outils pour la communication de proximité, qui favorisent par conséquent l échange et le feedback, sont de loin les plus adaptés aux activités CCC. Par exemple les services techniques de l Etat plébiscitent le théâtre forum comme le meilleur outil de communication pour le changement de comportement. Si ce
86 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 74 canal de communication est positivement apprécié pour son efficacité, les services techniques l utilisent peu faute de disponibilité budgétaire. En effet, les prestations d une troupe théâtrale sont assez onéreuses pour des services étatiques aux budgets serrés. C est pourquoi, ils se contentent d organiser des causeries éducatives en groupe ou des projections de films suivies de débats. Ces insuffisances de ressources financières ou matérielles handicapent même les sorties terrains que les agents de ces services doivent effectuer pour aller à la rencontre des populations. Seules les ONG disposant de moyens financiers relativement importants utilisent les troupes de théâtre et les microprogrammes radiophoniques. Pour les représentants des services et organisations rencontrés, le choix du canal dépend en réalité du thème de la sensibilisation et du groupe cible. Ils ont ainsi donné leurs appréciations sur l efficacité des canaux les plus utilisés en fonction des thèmes. Les causeries-débats : les causeries débats sont généralement utilisées pour les thèmes qui nécessitent des échanges avec les groupes cibles. Cet outil est souvent utilisé pour les sensibilisations sur des thèmes comme les droits des enfants, les droits des femmes, l allaitement et la nutrition, etc. Les causeries débats bien organisées, sont appréciées des groupes cibles : l organisation doit tenir compte des groupes d âge et du genre (causeriedébat entre jeunes, adultes, les femmes ou entre les hommes). Du fait de la grande influence des facteurs socioculturels, les causeries-débats qui ne tiennent pas compte de l âge et du genre sont très souvent inefficaces. Les boîtes à images : ce support est adapté pour illustrer les conséquences de certaines pratiques néfastes comme les MGF, le manque d hygiène, la malnutrition (les groupes cibles peuvent identifier les signes de la malnutrition), etc. Le théâtre et les chansons : le théâtre et les chansons sont adéquats pour passer des messages sur des thèmes sensibles tels que le VIH/SIDA, les Mutilations Génitales Féminines (MGF), les mariages forcés, la scolarisation des filles etc. Le théâtre forum est préféré par les populations parce que c est un moment de loisirs et de rencontres ; tout le monde peut y assister. Le ciné-débat : Ce canal est également très apprécié par les populations, du fait qu il constitue un divertissement. Il permet de toucher un grand public, sa capacité de mobilisation est énorme. Complété avec des débats, il offre aux populations l occasion de poser des questions, de demander des éclaircissements et d obtenir des réponses immédiates. L utilisation de ce canal nécessite du matériel tel que la télé, un groupe électrogène pour les zones rurales, des cassettes et surtout un moyen de déplacement pour transporter le matériel cité. Ces conditions rendent onéreuses l utilisation de ce canal. A cette première restriction, il faut ajouter la rareté des films en langues locales ; il faut souvent traduire les messages des films, ce qui en limite l efficacité. Les Visite à domicile (VAD) : l outil «visites à domicile» est souvent utilisé pour les échanges individualisés sur des thèmes comme l allaitement maternel et la nutrition, la planification familiale, les MGF, le VIH/SIDA. Elles permettent d accorder une attention particulière à chaque famille, à chaque catégorie d individus ciblés (exemple les exciseuses).
87 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 75 La radio : la radio est par excellence le canal adéquat pour les grandes diffusions et les sensibilisations de masse, c est par exemple le cas pour la lutte contre certaines maladies telles que le Paludisme, la tuberculose, le choléra, le VIH/SIDA. L inconvénient de ce canal est que tout le monde n a pas accès à la radio ; les femmes par exemple possèdent rarement un poste. Par ailleurs, les personnes disposant de radios n ont pas toujours les moyens financiers pour acheter les batteries nécessaires à leur fonctionnement. L efficacité de la radio est également limitée par l absence des échanges et de feedback Les canaux utilisés et qui ont été préférés par la population Nous avons voulu savoir, parmi les canaux et supports de communication qui ont été utilisés pour la réalisation des activités de sensibilisation, ceux que préférent les populations cibles de l enquête. Les graphiques 15 et 16 présentent les réponses des personnes enquêtées (pour plus de détails, voir tableau 33 en annexe). Graphique 15 : Principaux canaux de communication préférés par les personnes enquêtées Radio Télévision Affiches Causeries éducatives Visite à domicile Vidéo/théâtre Ecole % Boucle Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Ensemble Les principaux canaux et supports de communication préférés par les personnes enquêtées sont, par ordre d importance : la vidéo ou le théâtre forum suivi de débats (63,3% des choix), les causeries éducatives en groupe (53,6%), la radio (42,5%), la télévision (31,6%), les visites
88 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 76 à domicile et les entretiens individuels (27,8%) et les affiches (25,2%). Aucun des autres canaux de communication n atteint un score de 12%. La vidéo ou le théâtre forum qui est le canal préféré par la plus grande proportion des personnes enquêtées n a retenu l attention que de 49% des enquêtés de la Boucle du Mouhoun qui ont préféré surtout les causeries éducatives en groupe (plus de 61% des choix). Par ailleurs, seulement 11% des enquêtés de la région Est ont préféré les visites à domicile et les entretiens individuels. La préférence des groupes cibles de cette région va surtout aux causeries éducatives en groupe (73% des choix). Il convient de relever également le score relativement élevé des enquêtés de la région du Sahel pour les affiches (65,8%) et pour les visites à domicile (64,5%) et l école (38,2%). L analyse par rapport aux milieux de résidence (tableau n 21) montre que les personnes enquêtées dans le milieu rural sont plus nombreuses à préférer la vidéo et le théâtre forum : 67% contre 52,6% pour les citadins. Les causeries éducatives ont également retenu l attention des populations rurales : 58,6% contre 39% pour les citadins. Cela n est pas une surprise, la télévision a retenu plus l attention des citadins que celle des ruraux. L analyse par rapport à la variable âge montre un certain rejet des visites et entretiens individuels par les jeunes de moins de 25 ans. Ceux-ci préfèrent de loin la vidéo et le théâtre forum (plus de 71% des choix).
89 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso Graphique 16 : Principaux canaux de communication préférés par les personnes enquêtées en fonction du milieu de résidence, l âge et le sexe Radio Télévision Affiches Causeries éducatives Visite à domicile Vidéo/théâtre Ecole % Urbain Rural Homme Femme et plus Les canaux souhaités par les communautés de base pour la sensibilisation Par quels canaux les groupes cibles souhaitent recevoir les sensibilisations sur les thèmes comme le VIH/SIDA, l allaitement maternel, le traitement de la diarrhée, la prévention du paludisme et le lavage des mains? Pour le répondre à cette question, il a été demandé aux personnes enquêtées de choisir parmi les canaux qu elles connaissent, ceux qui sont plus adéquats pour la sensibilisation sur les thèmes ci-dessus. Les réponses recueillies à cette question sont résumées dans le graphique n 16 et le tableau n 31 en annexe. Le tableau n 31 précise les choix des personnes en fonction des différentes régions.
90 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 78 Graphique 17 : Principaux canaux choisis pour les activités de sensibilisation VIH/SIDA Allaitement Diarrhée Le lavage des mains Paludisme % Radio Télévision Affiches Causeries éducatives Visite à domicile Vidéo/théâtre Quelque soit le thème de la sensibilisation, les principaux canaux de communication choisis par les personnes enquêtées sont, par ordre d importance : la radio, la vidéo ou le théâtre forum suivi de débats, les causeries éducatives en groupe et dans une moindre mesure les visites à domicile et les entretiens individuels. La télévision et les affiches ont été peu choisies par la population cible. Dans la Boucle du Mouhoun les choix des populations sont plus diversifiés. En effet, même si la vidéo ou le théâtre forum atteint un score de plus de 20% quelque soit le thème de la sensibilisation, pour les autres canaux la proportion des choix se situe entre 10% et 17%. En dehors de la vidéo et du théâtre forum, les populations de cette région souhaitent la réalisation des activités de sensibilisation surtout par la radio, les causeries éducatives en groupe, les boîtes à images et les affiches et les visites à domicile. Les personnes enquêtées dans la région du Centre Nord ont porté leur choix surtout sur la vidéo ou le théâtre forum et la radio. Les populations de la région Est ont choisi surtout les causeries éducatives, la vidéo et la radio. Les populations de la région du Nord se singularisent par leur grand intérêt pour la radio. En effet, quelque soit le thème retenu, plus de 60% des personnes enquêtées dans cette région
91 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 79 ont choisi la radio comme meilleur canal pour les actions de sensibilisation. Les autres canaux ont recueilli des scores assez faibles. Deux principaux canaux ont été choisis par les populations du Plateau central : la vidéo ou le théâtre forum suivi de débats et la radio. Enfin les populations du Sahel se singularisent par leur choix porté sur les affiches, en plus de la radio et de la télévision. 6.7 L organisation des activités CCC et les personnes pour l information L efficacité des actions de CCC dépend non seulement de la pertinence du canal utilisé, mais également des modalités d organisations des activités, du contenu des messages et du profil des animateurs. Tous ces éléments doivent être conformes aux attentes des populations cibles Les groupes cibles et l organisation des activités de CCC Toutes les communautés villageoises enquêtées souhaitent que les activités de sensibilisation qui leur sont destinées soient organisées en tenant compte de leur disponibilité. Des activités de sensibilisation auraient été organisées dans des communautés villageoises à des moments où la population n était pas disponible, ce qui expliquerait leur échec. Pour éviter de tels désagréments les communautés villageoises souhaitent être associées à la programmation des actions de sensibilisation qui leur sont destinées. En tout état cause, les populations souhaitent être prévenues à temps par rapport aux activités de sensibilisation dans les villages Les groupes cibles et le contenu des messages de sensibilisation Pour les sensibilisations de proximité (avec des outils comme le théâtre forum, les causeries en groupe, la projection de film suivi de débats) qui aborde des thèmes sensibles relatifs à la sexualité (sensibilisation sur le VIH/SIDA, l excision, la planification familiale.) les communautés ont souhaité la constitution de groupes séparés hommes, femmes, jeunes gens, jeunes filles. Cette attitude se justifie par le fait que certaines images et/ou certains propos sont jugés très choquants, voire obscène. Dans certaines communautés où le sentiment religieux est très fort, les sensibilisations avec les mannequins (excision et planification familiale) ou avec l utilisation de phalus en bois (VIH/SIDA) ont été purement et simplement refusées. A défaut de pouvoir l interdire à toute la communauté, certains chefs de famille interdisent aux membres de leur famille d y prendre part. Ainsi, l organisation d activités pour le changement de comportement sans tenir de ces sensibilités des communautés cibles pourraient se traduire par un échec, les populations refusant d y participer Les personnes de confiance pour les informations Pour la quasi-totalité des personnes enquêtées, le personnel de santé constituent la source d information digne de foi pour les thèmes dans le domaine de la santé, comme par exemple
92 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 80 le VIH/SIDA, l allaitement maternel, le traitement de la diarrhée, le lavage des mains et la prévention du paludisme. Ainsi, l intervention d un agent de santé dans les actions de sensibilisation sur les thèmes de santé est un facteur important pour l efficacité des messages. 6.8 Synthèse sur l efficacité des canaux de communication L accès à la radio et à la télévision. La plupart des ménages enquêtés possède au moins un poste radio. Toutefois, la présence d un poste radio ne garantit pas l accès de tous les membres du ménage à la radio ; le poste radio pouvant être utilisé par le seul chef de ménage. Si en saison sèche les populations cibles écoutent la radio aussi bien dans la journée que dans la soirée, en saison pluvieuse elles l écoutent surtout dans la soirée. Pour être efficace, les messages à la radio doivent tenir compte de ces moments d écoutent. Les populations cibles ont très peu accès à la télévision. Aussi, des messages dans ce média ont-ils peu de chance de toucher un grand nombre de personnes, surtout dans le milieu rural. Les canaux à utiliser pour les activités de CCC. Quelque soit le thème de la sensibilisation, la nature des canaux ou des outils de communication choisis par les populations change peu. Les principaux de communication choisis par les groupes cibles sont (classer par ordre d importance, en fonction de la proportion des personnes qui ont choisi ; les canaux classés ont enregistré au moins 10% de choix) : La Boucle du Mouhoun : la vidéo ou le théâtre forum, la radio, les causeries éducatives, les boîtes à images et les affiches, les visites à domicile et la télévision. Les Cascades : la radio, les causeries éducatives, les visites à domicile et la vidéo ou le théâtre forum. Le Centre Nord : la radio, la vidéo ou le théâtre, les causeries éducatives et les visites à domicile L Est : La vidéo et le théâtre forum, les causeries éducatives, la radio et les visites à domicile. Le Nord : la radio, les causeries éducatives et la vidéo et le théâtre forum. Le Plateau central : la vidéo ou le théâtre forum et la radio Le Sahel : la radio, la télévision, les boîtes à images et les affiches. Ainsi, pour la réalisation des actions de sensibilisation les populations cibles de l enquête souhaitent l utilisation de canaux de communication de masse et de canaux et supports de communication de proximité. Ce choix est pertinent car l efficacité des canaux de communication réside dans leur combinaison, leur intégration judicieuse.
93 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 81 CHAPITRE 7 : LES BESOINS EN RENFORCEMENT DE CAPACITES DES CANAUX DE COMMUNICATION Le chapitre sept propose une synthèse des faiblesses identifiées au niveau des différents acteurs intervenant dans le domaine de la communication pour le changement de comportement et identifie des actions en vue de les surmonter. Pour la clarté de la présentation, l analyse a été organisée autour de deux points : (i) le renforcement des capacités institutionnelles et (ii) le renforcement des capacités opérationnelles. 7.1 Le renforcement des capacités institutionnelles L analyse des capacités institutionnelles des canaux de communication a permis de déceler un certain nombre d insuffisances, notamment au niveau du fonctionnement des organes de gestion et en ce qui concerne l implication des communautés de base. Ces insuffisances concernent surtout les médias communautaires et les empêchent de jouer pleinement leur rôle : être des outils de développement pour les communautés de base. Comment peut-on surmonter ces insuffisances au niveau institutionnel? Le fonctionnement des organes de gestion Certaines radios communautaires n ont pas d organes de gouvernance qui leur sont propre. En dehors de la gestion quotidienne, leur gouvernance est assurée par les organes de leurs associations mères (assemblée générale, comité de gestion, etc.). La gestion de ces radios est ainsi noyée dans la gouvernance générale des associations mères. Cette modalité de gouvernance ne permet pas de donner aux problèmes de la radio toute l attention qui permettrait de trouver des solutions appropriées, à même d améliorer son fonctionnement. Sans les détacher totalement des associations mères, la mise en place d organes uniquement destinés à la gouvernance des radios communautaires améliorerait le fonctionnement de ces canaux de communication L implication des communautés de base En dépit de leur objectif qui est le développement local participatif et de la stratégie qui prévoit d associer les communautés de base à la gestion, les populations sont très peu impliquées dans le fonctionnement des radios communautaires. Elles ne participent ni à l élaboration des grilles de programmes ni à la définition du budget et au contrôle de son exécution. Toutes ces opérations sont réalisées par le personnel de la radio sans l avis des groupes cibles. La radio communautaire qui devrait être un outil de communication et de développement social aux mains des communautés de base devient l affaire des seuls spécialistes. Il faut craindre la mise en oeuvre de grilles de programmes qui ne tiennent pas compte des besoins des groupes cibles et pour tout dire, une déconnexion des communautés de base qui font pourtant l originalité et la force des radios communautaires. Cette manière de fonctionner se traduit par un certain désintérêt des groupes cibles pour la radio communautaire qui devient une radio comme les autres, une affaire de techniciens. Cette faible implication des populations au fonctionnement du média radio est encore plus accentuée au niveau des autres radios (confessionnelles et commerciales).
94 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 82 Etant donné le rôle primordial que les communautés de base jouent dans la réussite des activités de communication pour le changement de comportement, les acteurs des radios qui interviennent dans ce domaine doivent mettre en œuvre des stratégies appropriées pour impliquer les populations surtout dans l élaboration de programmes qui tiennent compte de leurs besoins et préoccupations. Un appui pourrait être donné à ces acteurs pour la définition et la mise en œuvre de telles stratégies. 7.2 Le renforcement des capacités opérationnelles La plupart des canaux de communication enquêtés, notamment les radios et les troupes de théâtre, évoluent dans des contextes de déficit chroniques en ressources humaines, matérielles et financières. Cette situation limite considérablement la portée de leurs actions et pose le problème de leurs capacités à répondre aux attentes des populations cibles. Des solutions doivent être trouvées à ce déficit afin de rendre ces canaux de communication plus crédibles La disponibilité de l équipement La plus part des radios visitées sont équipées de matériel d occasion, leurs moyens financiers ne leur permettant pas d acheter un équipement neuf. Cela se traduit par des pannes fréquentes. En outre, la plupart des radios ne possèdent pas d un émetteur de secours. Les réparations des équipements des radios sont d autant plus difficiles qu il se pose un problème de disponibilité des pièces de rechange. En effet, il n existe aucune structure d approvisionnement au niveau local ; les pièces de rechanges doivent être commandées à l extérieur, notamment en Europe, ce qui allonge le temps des dépannages. Ainsi, il arrive souvent que certaines radios cessent d émettre pendant plusieurs semaines voir plusieurs mois. Du fait de cette interruption des émissions, les radios n arrivent pas à fidéliser leur auditoire. Cela est encore plus vrai en situation de concurrence, les auditeurs se tournant vers les radios qui continuent d émettre. A la vétusté du matériel s ajoute l absence de studios et de matériel de production : la production et l émission se font généralement dans la même salle. Autre insuffisance importante à souligner au niveau de l équipement des radios : alors que la quasi-totalité des radios sont équipées en matériel analogique, le CSC (Conseil Supérieur de la Communication) exige que d ici à 2015, toutes les radios soient équipées avec du matériel numérique. Le coût de cet équipement est extrêmement élevé au regard des moyens financiers de la plupart des radios. Enfin, les radios et les troupes de troupes de théâtre manquent de moyens de transport (véhicule) et du matériel d animation pour les activités de sensibilisation sur le terrain. En effet, peu d intervenants disposent d un véhicule pour les déplacements sur le terrain, d un groupe électrogène, de l équipement de sonorisation et du matériel pour les films vidéo afin de réaliser les activités de sensibilisation surtout dans les zones rurales. La plupart des intervenants en CCC sont obligés de louer cet équipement pour l exécution des activités de sensibilisation sur le terrain. La location des moyens de transport et du matériel d animation
95 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 83 grève de façon sensible les budgets des intervenants en CCC au point qu elles sont obligées d augmenter les frais de leurs prestations, ce qui amoindrit l efficience des actions de communications pour le changement de comportement en terme de rapport coût efficacité. Deux principales mesures peuvent permettre d amoindrir les difficultés au niveau de l équipement des radios, des troupes de théâtre forum et des intervenants utilisant la projection de film: - doter les radios communautaires et les troupes de théâtre en matériel de sonorisation (groupe électrogène, amplificateur, micros, DECK, hauts parleurs) et doter les intervenants qui l utilisent en matériel pour la projection de film. - mettre en place une coopérative d achat de matériel radio. Cette coopérative qui regrouperait toutes les radios qui le souhaitent, se chargerait de s approvisionner en équipement de radio auprès de fournisseurs et de le mettre à la disposition des acteurs des radios au niveau local (Burkina Faso). Cette stratégie vise à surmonter les difficultés identifiées au niveau de l approvisionnement en pièces pour radio Le renforcement des compétences du personnel Le personnel est insuffisant aussi bien en quantité qu en qualité. Du fait de l insuffisance des moyens financiers, le bénévolat est omniprésent dans les radios, quelque soit leur statut juridique. Si cette stratégie permet d amoindrir les frais de fonctionnement, elle se traduit souvent par des faiblesses au niveau des réalisations des canaux de communication. Les bénévoles manquent souvent des compétences essentielles à l exécution des activités Les compétences en technique d animation de groupe De nombreux animateurs (agents des ONG et associations, noyaux relais) des organisations intervenant dans le domaine de la communication pour le changement de comportement affirment rencontrer des difficultés pour les animations de groupes. Les techniques d animation de groupes ne sont pas suffisamment maîtrisées. Pourtant, l animation de groupes est utilisée dans le cadre de nombreux outils de communication, notamment les causeries en groupes, le ciné-débat et le théâtre forum. La maîtrise des techniques d animation de groupes est donc nécessaire pour la réussite des actions de sensibilisation par ces outils de communication. Ainsi, pour assurer l efficacité des activités de communication pour le changement de comportement utilisant ces canaux de communication de proximité il est fondamental de renforcer les compétences des animateurs en techniques d animation de groupes Les compétences en CCC Il s agit de la maîtrise des étapes d une campagne de communication pour le changement de comportement. En effet, dans toute stratégie de communication pour le changement de comportement, il existe trois étapes charnières qui permettent de constituer une «feuille de route» dans la résolution du problème :
96 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 84 (i) (ii) (iii) le processus débute avec l'analyse de la situation où les considérations socioculturelles sont identifiées et prises en compte. Cette étape permet également d'identifier les forces et les faiblesses, les atouts et les opportunités d'une part, et les obstacles et contraintes d'autre part dont il faudra tenir compte lors de la planification puis de l'exécution de la stratégie ainsi que les risques et les postulats sur lesquels cette stratégie est fondée. la seconde étape est consacrée à la définition de la stratégie proprement dite qui dégage tous les moyens nécessaires à la mise en oeuvre efficace de celle-ci, notamment l élaboration et la diffusion de messages pertinents, le choix des canaux de communication appropriés, la formation des ressources humaines et autres renforcements des capacités. La troisième et dernière phase est relative au suivi et l évaluation de l action entreprise. Il s agit de mesurer ses effets sur les populations cibles et d identifier et analyser les contraintes qui ont pu limiter l efficacité des activités réalisées. Du fait de l insuffisance des ressources financières et/ou du manque de compétences, la plupart des intervenants, ne respectent pas la stratégie prévue pour la réalisation des actions de communication pour le changement de comportement. La première étape est généralement ignorée ou rapidement exécutée : on se contente d informations générales sur le groupe cible et le thème de la sensibilisation. L accent est généralement mis sur la seconde étape. Toutefois, les acteurs se concentrent surtout sur l élaboration des messages et la formation des animateurs avec parfois la collaboration de spécialistes. Mais le risque d élaborer et de diffuser des messages non pertinents est grand étant de donné l absence de données sur les déterminants des comportements à changer et de façon globale, les facteurs socio-culturels en relation avec ces comportements. La troisième et dernière étape, le suivi évaluation est souvent ignorée par les intervenants, faute de ressources financières et de compétences. Pour surmonter ces faiblesses et améliorer l efficacité des actions de sensibilisation les compétences des acteurs doivent être renforcées dans le domaine de l élaboration et la mise en œuvre des programmes de communication pour le changement de comportement. Le renforcement des compétences doit également concerner le suivi-évaluation, qui doit être une opération systématique au niveau de tous les programmes de CCC. Dans cette logique, des ressources financières doivent être prévues pour l exécution des activités relatives à cette étape qui est aussi importante que les autres La maîtrise des thèmes de sensibilisation La plupart des intervenants en CCC font l effort de former leurs animateurs sur les thèmes des sensibilisations qu ils doivent réaliser : VIH/SIDA, pratique de l excision, la nutrition, l allaitement maternel, le travail des enfants, etc. Cependant, des animateurs rencontrés sur le terrain, notamment au niveau des communautés villageoises, reconnaissent une maîtrise insuffisante de certains des thèmes sur lesquels portent les activités de sensibilisation qu ils réalisent. La conséquence directe de l insuffisance de la maîtrise des différents thèmes de
97 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 85 sensibilisation est la diffusion d informations erronées. Les risques et les conséquences de la non maîtrise des thèmes par les canaux ont très bien été perçus par les services étatiques qui tirent une sonnette d alarme pour que les interventions des canaux en CCC soient balisées et supervisées par des services étatiques compétents. En plus de cette supervision un effort supplémentaire devra être fait afin de mieux renforcer les connaissances des animateurs sur les différents thèmes de sensibilisation Les compétences en entretien du matériel Le manque de compétences en matière d entretien du matériel a été fortement souligné par les responsables des radios. Cette préoccupation est d autant plus grande que la plupart de ces radios fonctionne avec du matériel d occasion, souvent vétuste et sujet à de fréquentes pannes. Pour la moindre panne, les radios sont obligées de faire appel à des techniciens de Ouagadougou, ce qui coûte cher et grève leurs budgets qui sont par ailleurs très limités. Face à ces difficultés, certaines radios font appel à des réparateurs locaux. Ces artisans locaux, très peu formés, arrivent tant bien que mal à remettre généralement la station en marche. Toutefois, Si cette initiative permet d amoindrir les coûts, elle comporte des risques d altération irréversible du matériel, ce qui obligera la radio à remplacer un équipement qu un technicien mieux formé aurait pu réparer. Pour permettre aux radios d entretenir et de réparer leurs équipements à des prix raisonnables (à la mesure de leurs moyens financiers), les compétences techniques des artisans locaux pourraient être renforcées afin d améliorer leurs prestations. Cette proposition est d autant plus pertinente que ces artisans locaux interviennent déjà pour l entretien et la réparation du matériel des radios. La stratégie a également l avantage de permettre aux radios de disposer de techniciens au niveau local. Les interventions de techniciens mieux formés ne seraient sollicitées que pour les réparations qui dépassent les compétences des artisans locaux Le renforcement des capacités des services techniques de l Etat Depuis un certain temps, l Etat a contractualisé les activités CCC. Dans cette logique, les activités de communication pour le changement de comportement sont surtout réalisées par les associations. Après la contractualisation des activités CCC on aurait pu s attendre à ce que les services de l Etat soient commis à la supervision et au suivi des activités CCC. Ce n est malheureusement pas le cas. De nombreux intervenants exécutent les activités sans une concertation avec les services compétents de l Etat ; ce qui empêche tout contrôle et supervision des actions réalisées. Les responsables des services techniques de l Etat estiment que cette situation est déplorable et dangereuse, étant donné que de nombreux animateurs ne maîtrisent pas les thèmes des sensibilisations, ce qui occasionne la diffusion de messages erronés sur certains thèmes induisant ainsi les populations en erreur. Même dans l hypothèse d une maîtrise des thèmes des sensibilisations par les animateurs, la concertation permettrait une harmonisation des approches et des contenus globaux des
98 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 86 messages pour plus d efficacité sur le terrain. Par ailleurs, l absence de concertation fait que les services de l Etat n ont pas de retour d informations sur les activités menées, ce qui rend impossible la capitalisation des expériences de CCC sur le terrain. Dans l hypothèse où ils seraient responsabilisés pour la supervision des activités de CCC, les services de l Etat ont-ils les capacités de contrôler et de capitaliser les différentes expériences de CCC qui se mènent sur le terrain? Quels sont les points de faiblesses à ce niveau? Et comment peut-on les surmonter? Les services techniques de l Etat ont des connaissances sur les thèmes différents thèmes de sensibilisation, mais leurs compétences sont généralement insuffisantes en ce qui concerne les compétences en communication pour le changement de comportement. De façon plus précise, ils ne maîtrisent pas le processus d élaboration et de mise en œuvre, notamment le suivi-évaluation des actions de communication pour le changement de comportement. En plus des limites par rapport à la maîtrise de la stratégie de mise en œuvre des activités de CCC, les services de l Etat doivent faire face à une insuffisance de personnel et de moyens transport et financiers pour la supervision des activités de CCC sur le terrain. La supervision et le suivi des actions de communication pour le changement de comportement sur le terrain sont des opérations fondamentales pour leur efficacité et la capitalisation des expériences par la partie gouvernementale, pour cette raison, les agents de l Etat chargés de cette supervision doivent être formés en CCC, ils doivent maîtriser toute le processus d élaboration et de mise en œuvre des activités sensibilisation y compris le suivi-évaluation. Dans la même logique, le services étatiques devront disposer des moyens humains, matériels et financiers suffisants pour les sorties sur le terrain. 7.3 Synthèse des faiblesses et des actions correctives Tableau 17 : Synthèse des faiblesses des canaux de communication et des actions correctives CRITERES FAIBLESSES MESURES PROPOSEES La gouvernance des radios associatives Implication des communautés dans le fonctionnement des radios associatives La gestion de certaines radios associatives est noyée dans la gouvernance générale des associations mères. Les problèmes de ces radios ne reçoivent pas toute l attention nécessaire à l identification de solutions efficaces. - Les communautés sont faiblement impliquées dans le fonctionnement des radios associatives. Elles ne sont pas impliquées dans la définition de la grille de programmes. - Les radios deviennent des outils aux mains des seuls spécialistes - Il existe un risque de voir les populations se désintéresser des radios communautaires. Mettre en place des organes destinés uniquement à la gouvernance de la radio. Elaborer et mettre en œuvre des stratégies appropriées pour une véritable implication des populations dans le fonctionnement des radios communautaires, notamment dans la définition des grilles des programmes afin que ceux-ci ne s éloignent pas de leurs besoins et préoccupation. - La quasi-totalité des canaux et des - Mettre en place un service
99 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 87 CRITERES FAIBLESSES MESURES PROPOSEES Les ressources financières intervenants en CCC est caractérisée par la faiblesse des ressources financières. - L insuffisance de ressources financières influence négativement la qualité et la quantité des ressources humaines et matérielles. commercial fonctionnel au sein de chaque radio - Développer des activités génératrices de revenus au niveau des médias communautaires. - Développer des stratégies pour promouvoir la contribution financière des communautés au budget des médias communautaires. Equipement des intervenants en CCC Les compétences en animation de groupe Les compétences en CCC La maîtrise des thèmes de sensibilisation Les compétences en entretien des équipements des radios - Le matériel des radios est souvent vétuste. - De fréquentes pannes qui obligent la radio a cessé d émettre pendant plusieurs semaines voir plusieurs mois. - Absence d un émetteur de remplacement. - Absence de moyens de transport et de matériel d animation sur le terrain. Des animateurs en CCC affirment rencontrer des difficultés pour les animations de groupes. Les techniques d animation de groupes ne sont pas suffisamment maîtrisées. La plupart des acteurs n ont pas les compétences nécessaires à l élaboration et la mise en œuvre d un programme de communication pour le changement de comportement. Malgré les efforts pour la formation des animateurs sur les différents thèmes de sensibilisation, des acteurs rencontrés sur le terrain, notamment au niveau des communautés de base (noyaux relais) affirment rencontrer des difficultés au niveau des connaissances sur les différents thèmes de sensibilisation. - La plupart des radios locales ont difficilement accès au personnel qualifié pour l entretien des équipements. Les coûts des prestations de service sont relativement élevés et le personnel se trouve généralement à Ouagadougou. - De nombreuses radios font appel à des artisans locaux en cas de panne. - Doter les intervenants, notamment les troupes de théâtre et les utilisateurs de films vidéo en équipements de sonorisation, groupe électrogène ou en équipements pour les projections de films vidéo. - Créer une coopérative pour faciliter l approvisionnement des radios en pièces de rechange. Cette coopérative pourrait s occuper de l achat des pièces auprès des fournisseurs pour les revendre aux radios à des prix concurrentiels. Former les animateurs intervenant en CCC en techniques d animation de groupes. Former les intervenants en CCC dans l élaboration et la mise en œuvre des programmes de CCC, y compris le suivi-évaluation des actions réalisées. Former systématiquement les animateurs sur les thèmes des sensibilisations qu ils doivent réaliser. Sélectionner des artisans locaux et renforcer les compétences pour l entretien des équipements des radios locales.
100 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 88 CRITERES FAIBLESSES MESURES PROPOSEES Renforcement des capacités des services étatiques - Dans la stratégie de contractualisation des activités de CCC, les services de l Etat pourraient assurer la supervision et le contrôle des activités menées sur le terrain ; - Les compétences en CCC de certains acteurs étatiques sont insuffisantes ; - Les services étatiques ne disposent des ressources humaines, matérielles et financières suffisantes. - Former les agents de l Etat en stratégie CCC - Doter les services techniques déconcentrés de l Etat en ressources humaines, financières et matérielles (moyens de transport) suffisantes pour la supervision des activités de CCC sur le terrain.
101 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 89 CONCLUSION GENERALE Les sept régions couvertes par l étude sont assez bien fournies en canaux de communication aussi bien traditionnels que modernes. Toutefois les canaux de communications traditionnels sont peu utilisés pour les activités de communication pour le changement de comportement. Les canaux les plus utilisés sont les outils de communication de masse, notamment la radio, les outils de communication interpersonnelle particulièrement le théâtre forum ou la vidéo suivi de débats, les causeries éducatives en groupes. Ces canaux sont d ailleurs préférés par les populations cibles pour les actions de communication pour le changement de comportement. Ils changent peu selon les régions et les thèmes des sensibilisations. Ces canaux de communication sont utilisés par les services techniques de l Etat et par les ONG intervenants dans le domaine de la communication pour le changement de comportement. Les sept régions ciblées sont assez fournies en ONG et association menant des activités de sensibilisation en direction des communautés de base. Les principales composantes du développement socio-économique sont couvertes par les activités de communication pour le changement de comportement. De même, toutes les provinces des sept régions sont couvertes par les activités de sensibilisation. Malgré leur importance dans les actions de sensibilisation, les canaux de communication doivent faire face à d importantes faiblesses, notamment au niveau de leurs capacités organisationnelles et opérationnelles. Ainsi, les ressources humaines sont généralement peu formées. Elles se composent à la fois de professionnels de la radio et d amateurs qui ont appris sur le tas et dont certains sont plus ou moins doués dans leur art. Le meilleur et le pire se côtoient donc. Le bénévolat aussi, avec ce que cela peut représenter de générosité mais surtout d amateurisme, est omniprésent. Tout compte fait, il ressort de l analyse des ressources humaines des radios un personnel insuffisant aussi bien en quantité qu en qualité, non motivé, mal payé, entraînant une mobilité à la recherche de meilleures conditions de vie et de travail. La maîtrise des techniques de communication pour le changement de comportement est largement insuffisante. La mise en œuvre des actions de communication pour le changement de comportement n est généralement pas fait selon la procédure pouvant garantir leur efficacité. Des étapes fondamentales sont ignorées ou volontairement omises faute de ressources suffisantes. Ainsi, les études pour mieux comprendre le contexte ne sont généralement pas réalisées. De même aucun suivi évaluation des activités n est réalisé. Les acteurs ne sont généralement pas formés dans le domaine. Enfin, les messages de sensibilisation sont souvent élaborés sans la participation d un spécialiste maîtrisant les thèmes. Cela se traduit souvent par une mauvaise qualité des contenus. En plus de l insuffisance qualitative et quantitative du personnel, les capacités opérationnelles des canaux de communication sont caractérisées par un déficit en matériel qui constitue pour certaines radios locales un réel handicap pour la préparation et la
102 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 90 production des émissions. De même, de nombreux noyaux relais ne disposent pas de moyens de transport pour les déplacements dans le cadre des activités de sensibilisation.
103 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 91 RECOMMANDATIONS 1. Que les responsables des radios et des troupes de théâtre définissent une stratégie pour mieux impliquer les populations cibles dans l élaboration et la mise en œuvre des actions de communication pour le changement de comportement. 2. Que les radios communautaires et les troupes de théâtre forum soient dotées en équipement nécessaire à la réalisation des activités de sensibilisation sur le terrain. 3. Qu une coopérative regroupant toutes les radios qui le souhaitent soit créée afin de faciliter l approvisionnement des radios en pièces de rechange. Cette coopérative aurait pour rôle d acheter le matériel aux fournisseurs et de le revendre aux acteurs des radios à des prix compétitifs. 4. Que les acteurs intervenant dans la sensibilisation soient formés en communication pour le changement de comportement. Il s agit d amener ces acteurs à maîtriser les différentes étapes de l élaboration et de la mise en œuvre d une action de communication pour le changement de comportement. 5. Que les acteurs qui mettent en œuvre des actions de communication pour le changement de comportement soient formés en suivi évaluation afin de leur permettre de mieux documenter et de mesurer l efficacité des actions de sensibilisation. 6. Que des artisans locaux soient formés pour l entretien des équipements des radios au niveau local. 7. Que tous les noyaux relais soient dotés en vélo, équipement nécessaire à leur contribution à l exécution des activités de sensibilisation au sein des communautés de base. 8. Que les membres des noyaux relais soient formés en communication pour le changement de comportement. Qu ils soient systématiquement formés sur les thèmes qui font l objet des sensibilisations qu ils réalisent. 9. Que, dans toutes les régions et pour les activités de communication pour le changement de comportement, les intervenants utilisent les canaux suivants : la radio, les animations vidéo ou le théâtre forum, les causeries éducatives et les visites à domicile. 10. Que pour les actions en direction des enfants, les intervenants utilisent surtout les animations vidéo ou le théâtre forum. 11 Que pour les activités de sensibilisation en direction des femmes, les intervenants utilisent de préférence les animations vidéo ou le théâtre forum et les causeries éducatives en groupes homogènes (uniquement des femmes).
104 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 92 ANNEXE
105 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 93 ANNEXE 1 : LISTE DES TABLEAUX
106 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 94 Tableau 18 : Répartition (%) des personnes enquêtées selon les déclarations sur le nombre de postes radios disponibles dans leur ménage, en fonction de la région et du milieu de résidence. CARACTERISTIQUES Nombre de postes radio Effectif Aucun Au moins poste un poste Région Boucle du Mouhoun 24,6 75,4 69,8 4,6 0,5 0,5 633 Cascades 23,7 76,3 65,7 7,5 2,2 0,9 321 Centre Nord 23,2 76,8 63,9 11,9 1,0 0,0 310 Est 11, ,5 10,4 1,2 0,0 173 Nord 16, ,7 8,8 2,4 0,0 125 Plateau central 23,5 76,5 57,8 8,8 7,8 2,0 132 Sahel 31,1 68,9 52,2 8,9 6,7 1,1 122 Milieu de résidence Rural 24,2 75,8 68,2 6,1 1,3 0, Urbain 18,2 81,8 65,2 12,1 3,1 1,4 520 Ensemble 22,5 77,5 67,4 7,8 1,8 0, Tableau 19 : Répartition (en %) des personnes enquêtées selon les déclarations sur le nombre de postes de télévision disponibles dans leur ménage, en fonction de la région et du milieu de résidence. CARACTERISTIQUES Nombre de postes de télévision Effectif Aucun Au moins poste un poste Région Boucle du Mouhoun 78,8 21,2 20,2 0,6 0,0 0,3 633 Cascades 74,8 25,2 24,0 1,2 0,0 0,0 321 Centre Nord 88,1 11,9 10,6 1,3 0,0 0,0 310 Est 85,5 14,5 13,9 0,6 0,0 0,0 173 Nord 74,4 25,6 24,8 0,8 0,0 0,0 125 Plateau central 90,2 9,8 8,8 1,0 0,0 0,0 132 Sahel 61,1 38,9 30,0 7,8 0,0 1,1 122 Milieu de résidence Rural 91,1 8,9 8,1 0,6 0,0 0, Urbain 50,7 49,3 46,2 2,9 0,0 0,2 520 Ensemble 79,8 20,2 18,8 1,3 0,0 0,2 1816
107 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 95 Tableau 20 : Répartition (%) des auditeurs selon la périodicité d écoute de la radio, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe Périodicité Effectif CARACTERISTIQUES Chaque jour Quelques fois par semaine Moins d une fois par Occasionnellement Pas du tout semaine Saison sèche Région Boucle du Mouhoun 35,7 18,2 6,6 0,9 38,7 633 Cascades 42,1 22,4 8,7 3,7 23,1 321 Centre Nord 39,0 21,0 12,3 1,2 26,5 310 Est 65,3 12,7 3,5 0,6 17,9 173 Nord 67,2 14,4 3,2 1,6 13,6 125 Plateau central 58,8 18,6 2,0 0,0 20,6 132 Sahel 47,8 2,2 0,0 1,1 48,9 122 Milieu de résidence Rural 45,2 16,7 6,6 0,7 30, Urbain 42,9 20,9 7,6 3,1 25,6 520 Age ans 32,8 25,3 8,7 1,7 31, ans 49,4 15,5 6,3 1,2 27, ans et plus 42,6 12,4 5,4 2,4 37,2 145 Sexe Homme 54,0 17,9 5,9 1,5 20,7 954 Femme 34,0 17,8 7,9 1,4 39,0 842 Ensemble 44,6 17,8 6,8 1,4 29, Saison des pluies Région Boucle du Mouhoun 30,3 18,3 6,8 1,5 43,1 633 Cascades 40,8 23,1 9,0 4,3 23,4 321 Centre Nord 23,9 19,4 11,6 2,8 42,3 310 Est 64,7 12,7 2,9 1,2 18,5 173 Nord 63,2 16,0 3,2 1,6 16,0 125 Plateau central 57,8 19,6 2,0 0,0 20,6 132 Sahel 33,3 14,4 1,1 1,1 50,0 122 Milieu de résidence Rural 38,1 17,4 6,9 1,6 36, Urbain 39,7 21,5 6,7 3,1 29,0 520 Age ans 28,2 24,9 7,2 2,0 37, ans 42,3 16,6 6,9 2,0 32, ans et plus 41,9 13,2 5,4 2,4 37,2 145 Sexe Homme 46,4 19,0 7,0 1,2 25,4 954 Femme 29,8 18,0 6,7 1,8 43,7 842 Ensemble 38,6 18,5 6,8 2,0 34,0 1816
108 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 96 Tableau 21 : Répartition (%) des téléspectateurs selon la périodicité d accès à la télévision, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe Périodicité Effectif CARACTERISTIQUES Chaque jour Quelques fois par semaine Moins d une fois par Occasionnellement Pas du tout semaine Saison sèche Région Boucle du Mouhoun 12,2 7,9 2,7 1,1 76,1 633 Cascades 18,7 16,2 5,3 2,8 57,0 321 Centre Nord 7,4 3,9 2,3 3,2 83,2 310 Est 10,4 2,9 1,2 0,0 85,5 173 Nord 15,2 8,8 1,6 1,6 72,8 125 Plateau central 3,9 6,9 2,9 4,9 81,4 132 Sahel 37,8 0,0 0,0 1,1 61,1 122 Milieu de résidence Rural 4,0 5,0 2,5 1,7 86, Urbain 37,4 14,7 3,9 2,6 41,3 520 Age ans 18,8 14,2 1,3 1,4 63, ans 12,1 5,7 3,3 1,8 77, ans et plus 6,2 3,9 2,3 1,6 86,0 145 Sexe Homme 14,1 7,5 2,9 1,7 73,8 954 Femme 12,7 8,2 2,4 2,2 74,5 842 Ensemble 13,4 7,8 2,7 1,9 74, Saison des pluies Région Boucle du Mouhoun 10,9 7,7 2,8 1,3 77,3 633 Cascades 18,4 16,2 5,3 3,4 56,7 321 Centre Nord 6,8 3,2 1,6 2,6 85,8 310 Est 10,4 3,5 0,0 0,0 86,1 173 Nord 15,2 8,0 2,4 1,6 72,8 125 Plateau central 3,9 6,9 2,9 4,9 81,4 132 Sahel 35,6 2,2 0,0 1,1 61,1 122 Milieu de résidence Rural 3,4 4,9 2,2 1,9 87, Urbain 36,6 15,1 3,7 2,2 42,3 520 Age ans 17,9 14,0 1,5 2,0 64, ans 11,3 5,7 3,1 1,1 77, ans et plus 6,2 3,9 2,3 1,6 86,0 145 Sexe Homme 13,2 7,4 2,9 1,9 74,7 954 Femme 12,1 8,2 2,2 1,2 75,4 842 Ensemble 12,7 7,8 2,6 2,0 75,0 1816
109 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 97 Tableau 22 : Répartition (%) des auditeurs selon les moments où elles écoutent la radio, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe CARACTERISTIQUES Plutôt le matin Plutô t à midi Plutôt l après midi Moment Plutôt la nuit A n importe quel moment Occasionnellement Effectif Saison sèche Région Boucle du Mouhoun 11,1 4,9 5,1 19,8 58,6 0,6 389 Cascades 32,8 4,9 12,6 21,9 24,7 3,2 247 Centre Nord 14,5 1,8 1,8 43,9 36,0 2,2 228 Est 1,4 0,0 28,2 38,0 31,7 0,7 142 Nord 25,9 0,0 4,6 21,3 47,2 0,9 108 Plateau central 35,8 2,5 11,1 16,0 33,3 1,2 81 Sahel 8,7 21,7 4,3 21,7 43,5 0,0 46 Milieu de résidence Rural 14,7 3,4 9,9 28,5 42,0 1,4 876 Urbain 25,0 4,7 6,6 22,3 39,8 1,6 365 Age ans 14,3 4,5 9,2 29,9 40,1 1, ans 18,7 3,6 8,8 26,6 41,2 1, ans et plus 21,0 3,7 9,9 14,8 48,1 2,4 81 Sexe Homme 17,9 4,9 6,8 23,5 45,7 1,1 739 Femme 17,5 2,2 12,2 31,3 35,1 1,8 502 Ensemble 17,7 3,8 8,9 26,7 41,4 1, Saison des pluies Région Boucle du Mouhoun 11,1 3,9 5,1 34,4 44,5 1,1 389 Cascades 26,3 4,9 15,4 25,5 24,3 3,6 247 Centre Nord 11,0 0,4 1,3 46,9 21,5 18,4 228 Est 1,4 0,0 27,5 57,7 13,4 0,0 142 Nord 16,7 0,0 4,6 44,4 30,6 3,8 108 Plateau central 32,1 2,5 13,6 24,7 24,7 2,4 81 Sahel 6,5 4,3 4,3 41,3 43,5 0,0 46 Milieu de résidence Rural 11,2 2,2 10,5 43,4 28,0 4,7 876 Urbain 22,8 3,6 7,1 25,5 35,4 5,4 365 Age ans 13,4 2,9 9,6 34,7 31,8 7, ans 14,8 2,5 9,5 40,6 28,4 4, ans et plus 18,5 2,5 9,9 25,9 40,7 2,4 81 Sexe Homme 15,3 3,0 7,7 34,8 34,6 4,5 739 Femme 13,7 2,0 12,2 43,0 23,5 5,6 502 Ensemble 14,7 2,6 9,5 38,1 30,1 4,9 1241
110 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 98 Tableau 23 : Répartition (%) des téléspectateurs selon les moments où elles regardent la télévision, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe CARACTERISTIQUES Plutôt le matin Plutô t à midi Plutôt l après midi Moment Plutôt la nuit A n importe quel moment Occasionnelleme nt Effectif Saison sèche Région Boucle du Mouhoun 7,9 12,5 5,9 33,6 33,6 6,6 152 Cascades 3,6 18,6 9,3 47,9 16,4 3,3 140 Centre Nord 0,0 11,5 0,0 65,4 11,5 11,5 52 Est 0,0 0,0 0,0 40,0 60,0 0,0 25 Nord 2,9 17,6 11,8 52,9 5,9 8,8 34 Plateau central 0,0 0,0 15,8 57,9 0,0 26,3 19 Sahel 5,7 8,6 0,0 14,3 68,6 2,9 35 Milieu urbain Rural 4,1 5,3 8,9 57,4 10,1 14,2 169 Urbain 4,5 17,7 4,9 34,4 36,1 2,4 288 Age ans 3,0 16,0 5,3 39,6 30,8 5, ans 4,8 11,9 6,7 45,4 24,2 7, ans et plus 11,1 5,6 11,1 38,9 16,7 16,7 18 Sexe Homme 5,7 10,2 6,1 48,8 24,4 4,9 247 Femme 2,9 16,7 6,7 35,7 29,0 9,1 210 Ensemble 4,4 13,1 6,3 42,9 26,5 6,8 457 Saison des pluies Région Boucle du Mouhoun 6,6 10,5 3,3 40,1 32,9 6,6 152 Cascades 2,9 16,4 11,4 46,4 16,4 6,4 140 Centre Nord 0,0 5,8 0,0 55,8 11,5 26,9 52 Est 0,0 0,0 0,0 36,0 60,0 4,0 25 Nord 2,9 17,6 11,8 52,9 5,9 8,8 34 Plateau central 0,0 0,0 5,3 68,4 0,0 26,3 19 Sahel 5,7 8,6 0,0 14,3 68,6 2,9 35 Milieu urbain Rural 4,1 4,1 8,3 55,0 9,5 19,0 169 Urbain 3,5 15,3 4,2 37,2 36,1 3,8 288 Age ans 1,8 13,0 5,3 40,8 31,4 7, ans 4,5 10,4 5,6 46,1 23,8 1, ans et plus 11,1 5,6 11,1 38,9 16,7 16,7 18 Sexe Homme 5,3 8,5 5,3 48,8 24,0 8,1 247 Femme 1,9 14,3 6,2 37,6 29,0 11,0 210 Ensemble 3,7 11,2 5,7 43,8 26,3 9,4 457
111 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 99 Tableau 24 : Répartition (%) des auditeurs selon les types d émissions préférées, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe CARACTERISTIQUES Education/ sensibilisation Types d émissions Information Communiqué s Musique/ divertissement Religieuses Effectif Région Boucle du Mouhoun 29,3 52,4 0,5 16,7 1,1 389 Cascades 49,8 31,2 0,4 17,8 0,8 247 Centre Nord 32,5 37,7 1,3 19,8 8,7 228 Est 72,5 21,1 0,0 4,9 0,0 142 Nord 58,3 25,9 3,7 10,2 1,9 108 Plateau central 58,0 27,2 1,2 7,4 6,1 81 Sahel 47,9 28,3 4,3 19,6 0,0 46 Milieu de résidence Rural 48,6 33,9 0,6 14,3 2,6 876 Urbain 23,0 44,5 2,2 17,5 2,8 365 Age ans 34,7 39,8 0,6 22,0 2, ans 45,8 37,2 1,2 13,4 2, ans et plus 61,7 24,7 1,2 8,6 3,7 81 Sexe Homme 39,3 43,4 1,4 13,6 2,5 739 Femme 51,0 27,7 0,6 17,7 3,0 502 Ensemble 44,0 37,1 1,0 15,2 2, Tableau 25 : Répartition (%) des téléspectateurs selon les types d émissions préférées, en fonction de la région, du milieu de résidence, de l âge et du sexe Types d émissions CARACTERISTIQUES Education/ Informations Musique/ Religieuses Effectif sensibilisation divertissement Région Boucle du Mouhoun 9,3 70,4 19,7 0,7 152 Cascades 25,0 38,6 35,7 0,7 140 Centre Nord 11,5 51,9 34,6 1,9 52 Est 16,0 68,0 16,0 0,0 25 Nord 2,9 38,2 55,8 2,9 34 Plateau central 15,8 36,8 47,4 0,0 19 Sahel 22,8 42,9 34,3 0,0 35 Milieu urbain Rural 19,5 49,7 30,2 0,6 169 Urbain 13,2 54,2 31,6 1,0 288 Age ans 13,6 49,1 37,3 0, ans 17,5 54,6 26,7 1, ans et plus 22,3 55,6 16,7 0,0 18 Sexe Homme 13,4 61,8 24,0 0,8 247 Femme 18,1 41,9 39,0 1,0 210 Ensemble 15,5 52,5 31,2 0,8 457
112 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 100 Tableau 26 : Pourcentage des auditeurs et des téléspectateurs ayant écouté au moins un message de sensibilisation à la radio et pourcentage de celles ayant regardé au moins un message de sensibilisation à la télévision au cours des 12 derniers mois, en fonction du milieu de résidence, la région, l âge et le sexe. CARACTERISTIQUES Un message à la radio Effectif Un message à la télé Effectif Région Boucle du Mouhoun 76, ,6 152 Cascades 74, ,7 140 Centre Nord 66, ,8 52 Est 86, ,0 25 Nord 88, ,0 34 Plateau central 92, ,6 19 Sahel 87, ,4 35 Milieu de résidence Rural 77, ,6 169 Urbain 79, ,5 288 Age ans 70, , ans 80, , ans et plus 84, ,4 18 Sexe Homme 77, ,5 247 Femme 79, ,4 210 Ensemble 78, ,5 457 Tableau 27 : Répartition (en %) des enquêtés ayant écouté ou regardé un message de sensibilisation, selon le thème du message de sensibilisation, en fonction de la région. Thèmes des messages Boucle du Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Ensemble VIH/SIDA 70,4 86,7 73,1 95,2 87,6 74,7 90,5 80,0 Prévention du paludisme 43,8 78,1 83,3 46,8 70,1 54,7 81,0 62,1 Allaitement 22,0 13,3 13,5 14,5 21,6 26,7 35,7 18,9 Le lavage des mains / hygiène 33,6 31,6 34,0 56,5 18,6 9,3 14,3 32,0 Le traitement de la 15,8 15,8 22,4 24,2 22,7 22,7 16,7 19,1 diarrhée L excision 12,5 16,8 21,2 35,5 32,0 41,3 2,4 21,2 La planification familiale 5,2 4,6 3,2 12,9 8,2 2,7 0,0 5,6 La tuberculose 8,9 6,1 2,6 0,0 5,2 6,7 0,0 5,3 Les droits des enfants 9,9 2,0 3,2 6,5 0,0 0,0 0,0 4,8 Méningite 2,0 6,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1,9 Le mariage précoce/forcé 4,9 0,5 2,6 20,2 2,1 0,0 7,1 5,0 Scolarisation des filles 3,0 0,0 1,9 2,4 2,1 1,3 0,0 1,8 Effectif
113 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 101 Tableau 28 : Pourcentage de personnes enquêtées ayant participé à une activité de sensibilisation par des canaux autres que la radio ou la télévision, en fonction du milieu de résidence, la région, l âge et le sexe. CARACTERISTIQUES A participé à une séance de sensibilisation Effectif Région Boucle du Mouhoun 61,1 633 Cascades 60,4 321 Centre Nord 74,8 310 Est 79,2 173 Nord 74,4 125 Plateau central 93,1 132 Sahel 84,4 122 Milieu de résidence Rural 63, Urbain 71,4 520 Age ans 69, ans 69, ans et plus 66,7 145 Sexe Homme 70,6 954 Femme 67,6 842 Ensemble 69, Tableau 29 : Répartition (en %) des enquêtés ayant participé à une activité de sensibilisation par des canaux autres que la radio et la télévision, selon le type de canal, en fonction de la région. Types de canaux Boucle du Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Ensemble Affiches 38,2 9,8 24,6 2,2 32,3 20,0 67,1 26,9 Causeries éducatives en groupe 67,2 47,9 55,6 83,9 62,4 81,1 73,7 64,9 Visites à domicile/entretien 22,5 24,2 24,6 7,3 4,3 38,9 76,3 24,7 Vidéo/théâtre forum 51,7 66,0 75,0 68,6 96,8 84,2 82,9 68,3 Ecole 7,0 9,8 9,1 10,9 1,1 4,2 42,1 9,8 Lieux de culte 2,3 3,1 2,2 3,6 0,0 3,2 1,3 2,4 Marché 4,4 2,1 11,2 0,7 0,0 10,5 2,6 4,9 Griot 2,1 0,0 1,3 0,0 0,0 2,1 1,3 1,2 Presse écrite 1,8 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 2,6 0,8 Centre de santé 0,8 1,5 0,9 2,2 0,0 0,0 0,0 0,9 Cérémonies 1,0 0,0 0,0 0,0 1,1 1,1 0,0 0,5 Effectif
114 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 102 Tableau 30 : Répartition (en %) des personnes enquêtées ayant bénéficié à une activité de sensibilisation par des canaux autres que la radio ou la télévision, selon le thème de la sensibilisation, en fonction de la région. Types de canaux Boucle du Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Ensemble Le VIH/SIDA 66,7 83,5 81,0 69,3 80,6 80,0 85,5 75,7 La prévention du paludisme 60,7 66,0 77,6 80,3 34,4 67,4 92,1 67,5 Allaitement maternel 31,5 2,1 22,4 16,1 4,3 16,8 67,1 22,3 Le lavage des mains /hygiène Le traitement de la diarrhée 45,2 10,8 47,4 73,7 29,0 54,7 53,9 43,4 7,2 6,7 16,4 16,8 5,4 9,5 61,8 13,4 L excision 10,1 14,4 28,0 17,5 53,8 70,5 0,0 22,5 Planification familiale 6,7 6,7 0,9 9,5 5,4 0,0 0,0 4,8 La tuberculose 8,3 6,2 0,9 0,0 1,1 7,4 1,3 4,5 Les droits des enfants 16,1 14,1 12,4 7,9 5,6 4,2 3,7 8,5 Mariage précoce/forcé 2,8 0,5 3,4 2,9 1,1 0,0 0,0 2,1 Scolarisation des filles 1,3 0,5 0,4 1,5 6,5 0,0 0,0 1,2 Effectif Tableau 31. Répartition (en %) des enquêtés exposés à des messages de sensibilisation, selon les canaux qu ils ont préférés pour les activités de sensibilisation, en fonction de la région. Canaux préférés Boucle du Mouhoun Cascades Centre Nord Est Nord Plateau central Sahel Ensemble Radio 35,9 25,5 44,9 68,5 41,2 57,3 59,5 42,5 Télévision 23,3 30,7 33,3 31,6 11,8 37,5 65,6 31,6 Affiches 38,5 9,3 16,4 5,8 29,0 16,8 65,8 25,2 Causeries éducatives en 61,2 35,1 40,1 73,0 51,6 53,7 71,1 53,6 groupe Visite à domicile/entretien 30,5 34,5 23,7 10,9 6,5 28,4 64,5 27,8 Vidéo/théâtre forum 49,1 58,2 72,8 63,5 80,6 82,1 73,7 63,3 Ecole 9,6 7,7 12,9 18,2 1,1 5,3 38,2 11,7 Lieux de culte 4,1 3,1 4,7 5,1 0,0 7,4 1,3 4,0 Marché 4,4 2,1 11,6 0,0 0,0 14,7 1,3 5,2 Griot 3,4 0,5 0,9 0,0 1,1 2,1 0,0 1,6 Effectif
115 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 103 Tableau 32. Répartition (en %) des enquêtés exposés à des messages de sensibilisation, selon les canaux qu ils ont préférés pour les activités de sensibilisation, en fonction du milieu de résidence, l âge et le sexe. Canaux préférés Résidence Sexe Âge (années) Ensemble Urbain Rural Homme Femme et plus Radio 35,1 45,6 44,4 39,7 39,9 43,1 44,9 42,5 Télévision 35,6 22,4 35,2 27,2 27,8 33,8 33,3 31,6 Affiches 14,5 28,8 24,3 26,3 20,8 28,1 14,0 25,2 Causeries éducatives en groupe 39,0 58,6 53,5 53,9 42,3 58,6 48,8 53,6 Visite à domicile/entretien 26,8 28,1 26,9 28,8 19,2 30,0 38,4 27,8 Vidéo/théâtre forum 52,6 67,0 62,5 64,1 71,0 61,8 48,8 63,3 Ecole 15,8 10,3 11,1 12,4 22,1 8,1 7,0 11,7 Lieux de culte 7,4 2,8 4,4 3,4 3,2 4,1 5,8 4,0 Marché 6,5 4,8 5,8 4,5 6,9 4,7 3,5 5,2 Griot 2,6 1,2 1,8 1,3 1,3 1,5 3,5 1,6 Effectif
116 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 104 Tableau 33. Répartition (en %) des enquêtés selon les principaux canaux souhaités pour les activités de sensibilisation, en fonction du thème et de la région. Région / Canaux souhaités VIH/SIDA Thèmes de sensibilisation Allaitement Traitement diarrhée Le lavage des mains/ hygiène Prévention du paludisme Effectif Boucle du Mouhoun 633 Radio 9,5 10,4 10,3 9,3 10,0 Télévision 13,7 17,1 17,1 15,5 17,1 Affiches 15,0 14,5 14,5 14,4 14,1 Causeries éducatives en 16,0 16,4 16,1 16,7 16,4 groupe Visite à domicile/entretien 10,9 11,5 11,7 11,5 12,0 Vidéo/théâtre forum 31,3 26,1 25,3 24,5 25,8 Cascades 321 Radio 34,6 33,6 33,6 33,3 35,5 Télévision 8,7 7,8 8,1 8,7 8,1 Affiches 0,6 0,9 0,3 0,6 0,3 Causeries éducatives en 22,7 23,7 22,4 22,1 22,4 groupe Visite à domicile/entretien 17,1 16,8 18,4 16,8 17,8 Vidéo/théâtre forum 14,3 14,3 14,6 14,0 13,4 Centre Nord 310 Radio 28,4 23,5 23,5 27,7 28,7 Télévision 3,2 2,6 1,0 1,9 1,6 Affiches 3,2 4,8 3,9 5,2 3,5 Causeries éducatives en 21,0 14,8 18,1 11,0 12,3 groupe Visite à domicile/entretien 8,7 17,7 19,7 15,5 11,0 Vidéo/théâtre forum 26,5 23,5 22,6 25,8 32,9 Est 173 Radio 24,9 19,1 22,5 21,4 23,7 Télévision 9,8 9,2 8,7 8,7 9,2 Affiches 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Causeries éducatives en 26,0 37,0 38,7 27,7 32,9 groupe Visite à domicile/entretien 6,4 10,4 11,0 11,0 13,9 Vidéo/théâtre forum 31,8 23,7 17,9 30,6 19,1 Nord 125 Radio 67,2 65,6 62,4 71,2 72,8 Télévision 1,6 0,8 2,4 1,6 0,8 Affiches 0,0 9,6 12,0 7,2 0,8 Causeries éducatives en 15,2 10,4 10,4 6,4 9,6 groupe Visite à domicile/entretien 3,2 3,2 3,2 4,0 4,8 Vidéo/théâtre forum 11,2 8,8 8,0 8,8 8,0 Plateau central 132 Radio 26,5 41,2 36,3 36,3 35,3 Télévision 2,9 3,9 2,0 2,0 2,0 Affiches 2,0 4,9 9,8 7,8 2,0 Causeries éducatives en 7,8 3,9 6,9 3,9 3,9 groupe Visite à domicile/entretien 6,9 7,8 5,9 6,9 5,9 Vidéo/théâtre forum 52,9 37,3 37,3 42,2 50,0 Sahel 122 Radio 33,3 30,0 31,1 31,1 32,2 Télévision 22,2 30,0 30,0 28,9 27,8 Affiches 32,2 31,1 30,0 30,0 30,0
117 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 105 Tableau 33. Répartition (en %) des enquêtés selon les principaux canaux souhaités pour les activités de sensibilisation, en fonction du thème et de la région. Région / Canaux souhaités VIH/SIDA Thèmes de sensibilisation Allaitement Traitement diarrhée Le lavage des mains/ hygiène Prévention du paludisme Effectif Causeries éducatives en 7,8 5,6 5,6 6,7 6,7 groupe Visite à domicile/entretien 1,1 1,1 1,1 1,1 1,1 Vidéo/théâtre forum 3,3 2,2 2,2 2,2 2,2 Ensemble 1816 Radio 25,3 24,6 24,4 25,3 26,4 Télévision 9,5 10,8 10,5 10,1 10,4 Affiches 7,9 8,8 9,0 8,7 7,5 Causeries éducatives en 18,1 17,8 18,4 15,8 16,7 groupe Visite à domicile/entretien 9,9 12,1 12,8 11,8 11,6 Vidéo/théâtre forum 25,8 21,4 20,4 22,2 23,0
118 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 106 ANNEXE 2 : LISTE DES ONG ET ASSOCIATIONS INTERVENANT EN CCC DANS LES REGIONS ENQUETEES
119 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 107 REGION ONG / ASSOCIATION LOCALISATION DOMAINE D INTERVENTION EN CCC AUTRES DOMAINES D INTERVENTION BOUCLE DU MOUHOUN Alliance Communautaire d action pour le développement (ACAD) Santé (VIHSIDA) planning Familial, malnutrition, paludisme, tuberculose Here Djigui Santé VIH SIDA Nutrition Activités génératrices de revenus Association Bintou et Oihana Education Formation Association AVO/SIDA Banfora VIH/SIDA - Prise en charge des PVVIH - Conseils pour le dépistage CASCADES Association Munyu Banfora Droits de la femme, droits des enfants, Excision, VIH/SIDA, Hygiène, allaitement, nutrition, planification familiale. - Transformation des produits alimentaires - Commercialisation des produits agricoles - Activité génératrice de revenus : télécentre, restauration, secrétariat public OXFAN Québec Ouagadougou VIH/SIDA et hygiène RAJS Banfora, Ouagadouou VIH/SIDA, droits des enfants, droits des femmes Initiative Communautaire de Prise en Charge (ICPC) Banfora VIH/SIDA Association Aide et Assistance aux Banfora VIH/SIDA, tuberculose, paludisme, Victimes de l Infection de VIH Hygiène et assainissement Association wouol Banfora Scolarisation des filles, VIH/SIDA, protection de l environnement, paludisme Aide à l Enfance Canada Banfora, Ouagadougou Droit des enfants, VIH/SIDA, tuberculose, paludisme Formations - Prise en charge des PVVIH, - Conseil pour le dépistage - Prise en charge des PVVIH, - Conseil pour le dépistage Promotion des produits agricoles
120 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 108 CENTRE NORD Association Wend Kuuni de Boulsa Boulsa Alphabétisation, scolarisation des filles Réalisation de campagnes d alphabétisation PLAN Burkina Kouritenga, sanmentenga, Bam, Namentenga, Droits des enfants, scolarisation des filles et hygiène - Réalisations d ouvrages sanitaires, scolaires, - construction ou réhabilitation de OCADES-KAYA Sanmatenga MGF, scolarisation des jeunes filles, lutte contre les violences faites aux femmes, lutte contre le trafic des enfants Association des éducateurs pour le développement du Sanmatenga Association des femmes pour la régénération du Sahel (AFRS) Association «BEOG KOAMBA» Sanmatenga Education FAWE Namentenga Education des filles CIEFA Namentenga Education de filles forages et de latrines - Distribution de vivres, - prise en charge des orphelins Sanmatenga Scolarisation des filles Suivi scolaire des élèves Sanmentenga Environnement Reforestation, champs collectifs EST Fimba Tapoa, Gnagna Nutrition Micro crédit, agriculture Taan Yama Tapoa Santé, agriculture, élevage Agriculture, élevage AEED (Association Aide aux Enfants Kantchari Trafic enfants Protection des enfants Déshérités) ASODIM (Association Sauvons les Orphelins pour un Développement Intégral et Meilleur) Tapoa Trafic des enfants ARFA Tintua Gourma, Komoandjari Gnagna, Zondoma Toute la région de l Est, le Sahel et le Centre Est Hygiène, environnement, agriculture, eau potable MGF, scolarisation des jeunes filles, lutte contre les violences faites aux femmes, lutte contre le trafic des enfants, VIH / SIDA - Alphabétisation - Développement rural - AGR ADCV Gourma Nutrition, Santé Education formelle, micro crédit APRG Gourma, Gnagna Nutrition, santé - Agriculture
121 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso Hydraulique villageoise - sécurité alimentaire EST (SUITE) OCADES Région de l Est MGF, scolarisation des jeunes filles, lutte contre les violences faites aux femmes, Sécurité alimentaire, AGR lutte contre le trafic des enfants MUSOLA Fada Nutrition Production de farine nutritive pour les enfants Association de base Fandima Fada Santé Micro crédit, AGR, Alphabétisation AMI Fada Hygiène Education petite enfance, PEC APDC Gnagna, Gourma, Tapoa Nutrition, hygiène, Planification Familiale, genre et droits de la femme orphelins Agriculture, élevage, AGR, alphabétisation, micro crédit ICODEV Gnagna, Gourma Santé, nutrition, mobilisation sociale APROGED Gnagna Droits humains, genre - Etudes socio-économiques - Formation organisations de base - Equipement CSPS NORD AMMIE (association appui moral matériel et intellectuel à l enfant) SEMUS Yatenga Yatenga, Lorum, Passoré, Zondoma Développement sans frontière (DSF) Yatenga Education Association de soutien aux enfants déshérités (ASED) Fédération des groupements Naam Yatenga Yatenga, Lorum, Passoré, Zondoma Santé, éducation, droits humains Santé, environnement, agriculture, éducation Scolarisation Agriculture, Elevage, droits humains - Prise en charge scolaire et alimentaire Construction d infrastructures scolaires - Festivals culturels, - Centres d alphabétisation, - Cours du soir avec éclairage solaire, Formation des enseignants
122 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 110 Association Monde rural (AMR) Yatenga Développement rural Association pour la promotion Yatenga Droits des femmes AGR féminine «yamyeelé» Association Vénégré Nooma Yatenga Education NORD (SUITE) FDC Yatenga Droits des enfants, droits des femmes Formation, Alphabétisation Association d insertion, d aide aux Yatenga Scolarisation Formation orphelins (AIAO) Cri de cœur Yatenga Scolarisation, protection des enfants Association des orphelins de Titao Lorum Scolarisation, protection des enfants Formation Association des femmes pour un Lorum protection des enfants Placements d enfants lendemain meilleur des enfants de Titao Association des veuves et orphelins Yatenga VIH/SIDA, droits des femmes, droits Formation, alphabétisation enfants Association femmes de Gourcy Zondoma VIH/SIDA, Droits des femmes FEM-Solidarité Yatenga SEMUS Yatenga Association pour la promotion de la Yatenga Nutrition, santé femme et de l enfant (APFE) Association Kombi Naamgomponsom Yatenga Agriculture, AGR Association Teli Kibsé Yatenga Scolarisation, formation SOLVIE Zondoma Agriculture Association pour la sauvegarde de la femme et de l enfant Zondoma Santé, scolarisation PLATEAU CENTRAL GASCODE Ziniaré ( ) VIH/IST, tuberculose, MGF PEC communautaire PEC des OEV Association KABEELA des femmes de Guiloungou Guilingou Ziniaré VIH/IST, tuberculose, paludisme et malnutrition, MGF PEC communautaire PEC des OEV
123 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 111 Association Tiil Yiré de Loumbila (ATYL) Loumbila ( ) VIH/IST, tuberculose, paludisme et malnutrition, MGF PEC communautaire PEC des OEV Association ATTO Ziniaré VIH/IST, tuberculose, paludisme et malnutrition, MGF PEC communautaire PEC des OEV Association La Bergerie Ziniaré VIH/IST - PEC communautaire - PEC des OEV - PEC médicale Association femmes 2000 Ziniaré ( / ) PTME, VIH / SIDA - PEC alimentaire - PEC communautaire - PEC des OEV PLATEAU CENTRAL (SUITE) Association belle ville de Ziniaré Ziniaré Tuberculose paludisme, VIH/IST Hygiène et Assainissement Association Veenem Suli de l Oubritenga Ziniaré : VIH/IST, tuberculose, paludisme et la malnutrition - Lutte contre le tabagisme, la drogue et la délinquance juvénile - PEC communautaire - PEC des OEV - PEC communautaire - PEC des OEV Association pour la Promotion et l Epanouissement des Femmes de Ziniaré (APEFZ) VIH/IST, tuberculose, paludisme, MGF, malnutrition - PEC communautaire - PEC des OEV Association Avant-Sida Ziniaré : VIH/IST - PEC communautaire - PEC des OEV Association Laafi Nooma VIH/IST malnutrition, paludisme Lutte contre le ver de Guinée, Planification Familiale - PEC communautaire - PEC des OEV Association d entraide féminine Teel Taaba Zinairé secteur 03 VIH/IST, tuberculose, paludisme Hygiène et assainissement - PEC communautaire - PEC des OEV - Collecte d ordures Association Sidbéné Wendé du Ganzourgou Zorgho ( ) VIH/SIDA - Soutiens psychologiques - Groupes de paroles APROMEG Zorgho VIH/SIDA - Soutien psychologique - PEC des OEV
124 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 112 Rabakin Zorgho VIH/SIDA - PEC alimentaire, - Appui à la scolarisation Association Tégawendé Zorgho / VIH/SIDA - Formation - PEC des enfants de la rue - PEC alimentaire, - Appui à la scolarisation PLATEAU CENTRAL (SUITE ET FIN) ACCED (Association Cri de Cœur pour les Enfants Déshérités) Solidarité Plus APFG (Association pour la Promotion de la Femme du Ganzourgou) Zorgho ( / VIH/SIDA Zorgho / VIH/SIDA Zorgho / VIH/SIDA - PEC sanitaire, - Scolarisation des OEV - Formation, Alphabétisation - Insertion des enfants de la rue - AGR - Visite à domicile - PEC psychosociale, sanitaire et économique des OEV - PEC scolaire - PEC des OEV et des veuves - Soutien aux PV / VIH - Insertion des enfants de la rue - Alphabétisation - AGR Association Song-taaba du Mogtédo Paludisme, VIH/SIDA Ganzourgou Association Song-kiibsé Tanghin VIH/SIDA - EC OEV - Alphabétisation Association Téega-Wendé Zorgho Paludisme PEC PVVIH Association Nabasnoogo Zorgho VIH/SIDA CEPROFET Boudry Paludisme, VIH/SIDA ABBF Zorgho Paludisme, VIH/SIDA ADT Zorgho Paludisme, VIH/SIDA
125 Etude sur les canaux de communication dans sept régions du Burkina Faso 113 Association sidbénéwendé Zorgho VIH/SIDA - PEC SIDA - Ramassage d ordures SAHEL Sahel Association PAMIRAL Dori NODNOTE Dori Droits des enfants Santé, Droits humains, Education Hygiène et assainissement, mariages précoces, excision, allaitement maternel ONG Help Dori Dori Santé et Nutrition Elevage maraîchage, Activités génératrices de revenus
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