Sciences économiques et sociales
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- Jeannine Bourget
- il y a 10 ans
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1 Sciences économiques et sociales Seconde Ouvrage dirigé par Marc Montoussé Ouvrage rédigé par Dominique Chamblay Pierre-André Corpron Serge d Agostino Marc Montoussé Patrice Pourcel Gilles Renouard Isabelle Waquet Professeurs de sciences économiques et sociales 1, rue de Rome Rosny Cedex
2 Édition : Virginie Morel Maquette et couverture : Joëlle Parreau Illustration de couverture : Laurence Bériot Conception graphique : Évelyne Boyard Illustrations : Rachid Maraï Graphiques : Évelyne Boyard Iconographie : Mélanie Gerin Correction : Marion Lacroix Fabrication : Stéphane Fortems et Nathalie Froger Auteurs : Dominique Chamblay (chapitres 1 et 2, exercices méthodologiques) ; Pierre-André Corpron (chapitre 7) ; Serge d Agostino (chapitre 8) ; Marc Montoussé (introduction, chapitre 6, conclusion, fiches méthode) ; Patrice Pourcel (chapitre 5) ; Gilles Renouard (chapitres 3, 4 et 9) ; Isabelle Waquet (chapitre 10). Bréal, Rosny, 2008 Toute reproduction même partielle interdite ISBN : Dépôt légal : avril 2008 Imprimé en France
3 Avant-propos Ce manuel de seconde, strictement conforme au programme, permettra aux élèves de s initier, dans les meilleures conditions, avec l aide de leur professeur, aux sciences économiques et sociales. Une présentation à la fois rigoureuse et conviviale en facilitera l usage. L objectif principal de ce manuel est d aider les élèves à acquérir les connaissances indispensables pour permettre à ceux qui le souhaitent de s engager avec succès dans la filière ES, et à tous de mieux comprendre la société dans laquelle ils évoluent. Il permettra aux élèves d acquérir la maîtrise de raisonnements et de méthodes qui leur seront utiles tout au long de leur scolarité. Les chapitres se succèdent suivant l ordre proposé par le programme, sans imposer de parcours particulier, de façon à permettre à chaque enseignant de choisir le cheminement qui lui convient, et de disposer de toute liberté pédagogique pour élaborer son cours. Pour bien utiliser votre manuel Dans chaque chapitre Une double page d ouverture Le sommaire du chapitre. Les objectifs du chapitre. Des documents variés (photographies, dessins de presse, graphiques, tableaux) pour sensibiliser les élèves à la problématique du chapitre. Une ou deux questions générales sur l ensemble des documents proposés. 10 à 14 pages de cours Quelques phrases d introduction pour présenter le thème et les enjeux de chaque partie du plan. Des renvois aux fiches méthode pour les questions de calcul. Des documents variés (textes, graphiques, tableaux photographies) et actualisés. Une rubrique «Pour commencer», sous forme d exercice, pour une première approche de la question abordée dans chaque partie. Des documents sous forme d exercices. Des schémas récapitulatifs pour organiser les grandes idées de l extrait. Des questions classées par rubriques («Définir»,, «Calculer» ). Des dessins de presse pour illustrer les documents. Des rubriques «Faire le point» et «Faire la synthèse» pour vérifier ses connaissances à chaque étape du plan (parties et sous-parties).
4 Une double page «À retenir» Une double page «Évaluer ses acquis» Une synthèse du cours, structurée selon le plan du chapitre. Un organigramme pour visualiser la structure du chapitre. Les objectifs définis en ouverture de chapitre font chacun l objet d un ou plusieurs exercices afin de vérifier qu ils ont été atteints. Les notions du programme concernant le chapitre. Des exercices d auto-évaluation variés et ludiques (Vrai-Faux ; textes à trous ; schémas ou tableaux à compléter...). Un QCM pour vérifier l acquisition des notions abordées dans le chapitre. Une double page de travaux dirigés Deux TD différents d une page chacun ou bien un seul TD de deux pages. Des exercices autour d un thème associé à un objectif. Une question de synthèse pour mettre les documents en relation. En fin de manuel Une première approche du circuit économique. Des fiches méthode permettant aux élèves d assimiler les savoir-faire fondamentaux à l aide d exemples et d exercices d application. Des exercices méthodologiques permettant de vérifier les savoir-faire. Un lexique de plus de 200 définitions, comprenant notamment tous les mots-clés des chapitres. Les réponses aux QCM, afin de pouvoir contrôler ses connaissances. Un index pour aider les élèves à retrouver les pages traitant des notions essentielles. Au-delà de la transmission des savoirs et savoir-faire, nous avons aussi cherché à faire aimer les sciences économiques et sociales. Nous espérons vivement que ce manuel sera pour tous, élèves et enseignants, un outil de travail à la fois efficace et agréable. Les auteurs
5 Sommaire Programme Introduction Chapitre 1 La diversité des formes familiales Qu est-ce que la famille? Comment la famille a-t-elle évolué dans la société française contemporaine? À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Traiter l information statistique TD 1 : Le couple TD 2 : Le lien entre parents et enfants au cours de la vie Chapitre 2 Les fonctions de la famille Comment la famille participe-t-elle à la socialisation des individus? En quoi la famille est-elle un lieu de production, de consommation et d échanges? À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés S entraîner à la lecture critique des textes TD : Famille et solidarité intergénérationnelle Chapitre 3 La population active Comment mesurer la population active? Comment évolue la population active? À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Traiter l information statistique TD 1 : La féminisation de la population active TD 2 : L activité des immigrés Chapitre 4 Emploi et chômage Qu est-ce qu un emploi? Tous les actifs sont-ils égaux face au chômage? À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés S entraîner à une lecture critique de la presse TD : Les chiffres du chômage
6 Sommaire Chapitre 5 La classification socioprofessionnelle À quoi sert la classification socioprofessionnelle? Comment évolue la structure socioprofessionnelle en France? À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Traiter l information statistique TD 1 : Les catégories socioprofessionnelles et la formation TD 2 : L accès aux nouvelles technologies selon les CSP Chapitre 6 La diversité des organisations et leurs objectifs Qu est-ce que la production? Quelles sont les organisations qui produisent? À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Traiter une étude de cas TD : BNP-Paribas en Chine et à Hong-Kong Chapitre 7 La production dans l entreprise Chapitre 8 1. Quels sont les facteurs de production? Comment les facteurs de production se combinent-ils? Comment mesurer et répartir la richesse produite? À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Manier les mécanismes économiques TD 1 : Les gains de productivité TD 2 : Le partage de la valeur ajoutée L organisation du travail et les relations sociales dans les unités de production Quelles sont les principales organisations du travail? Quelle est la nature des relations sociales dans les unités de production? À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Utiliser la presse TD : Conditions de travail et relations sociales au sein des unités de production Chapitre 9 Les ressources : revenus et crédit Quelle est l origine des revenus primaires des ménages? Quelles sont les autres ressources des ménages? À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Traiter l information statistique TD 1 : Les salaires des hommes et des femmes TD 2 : Le revenu disponible des ménages
7 Sommaire Chapitre 10 Consommation et mode de vie Que consommons-nous? Quels sont les facteurs de la consommation et du mode de vie? À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Utiliser les résultats d une enquête TD : Les vacances : une consommation de masse? Conclusion Annexes Fiche méthode 1 : Lecture et analyse d un texte Fiche méthode 2 : Lecture de tableaux à double entrée Fiche méthode 3 : Proportions et pourcentages de répartition Fiche méthode 4 : Moyenne arithmétique simple et pondérée, médiane Fiche méthode 5 : Les représentations graphiques Fiche méthode 6 : Les mesures des variations (coefficient multiplicateur, taux de variation, indice simple) Fiche méthode 7 : Évolution en valeur / en volume Exercices méthodologiques Lexique Réponses aux QCM Index
8 Programme I - PRÉSENTATION 1. Finalités et cohérence L enseignement de sciences économiques et sociales (SES) offert en classe de seconde, pluridisciplinaire, a pour objectif central d ouvrir la culture des lycéens sur un ordre de réalités et de réflexions que leurs études antérieures ne leur ont permis d aborder que de façon sommaire. Il vise aussi à les mettre en mesure de mieux comprendre la société dans laquelle ils vivent, en tirant le meilleur parti de ce que leur apportent à ce sujet les divers moyens d information et de communication. Dans cette perspective, il privilégie l étude de la société française contemporaine. Pour atteindre cet objectif, cet enseignement associe les apports de différentes sciences sociales (économie, sociologie, histoire, science politique, etc.) dans la perspective d établir dans ce champ disciplinaire les connaissances de base qui sont souvent en rupture avec les connaissances spontanées des élèves. Pour autant, il ne doit pas imposer de conclusions dogmatiques à l étude de phénomènes susceptibles d interprétations diverses. On donnera donc les premiers éléments d une formation aux sciences sociales et à leurs démarches, en s appuyant sur l étude des faits économiques et sociaux. Dans le cadre du programme, les professeurs exerceront leur liberté pédagogique pour organiser leur progression et définir les priorités qu ils fixent à leurs élèves en matière d objectifs, de contenus et de méthodes. La multiplicité et la diversité des données utilisables en SES exigent du professeur qu il organise avec rigueur la progression des apprentissages des élèves. En raison de l importance du travail sur documents dans cette discipline, il devra les guider dans la recherche de l information, leur apprendre à s interroger sur les sources et la construction des données comme à utiliser cette information dans des productions orales et écrites. Il devra enfin leur apprendre à se garder de toute caricature de la réalité économique et sociale qui nuirait à leur formation de citoyen confronté à des choix économiques et sociaux. L étude de l environnement économique et social et de l actualité doit aboutir à l acquisition de savoirs structurants et de savoir-faire. À cet effet, on s appuiera sur le centre de documentation et d information (CDI) et sur l Internet, en s aidant en particulier des ressources proposées par les sites nationaux et locaux du réseau du ministère de l Éducation nationale. Dans la mesure où les grilles horaires réglementaires prévoient des activités par classe entière ou par demi-classe, il conviendra de réserver à chacune de ces modalités des pédagogies spécifiques. Des travaux pratiques, organisés en demi-classe, devraient privilégier l acquisition de savoir-faire et favoriser le travail autonome des élèves ; les recherches personnelles ou en groupes et les techniques caractéristiques de la discipline, tels enquêtes et sondages, y trouveront naturellement leur place. Le contenu de l enseignement de SES, les démarches mises en œuvre et la pratique des technologies de l information et de la communication (TICE) contribuent au choix des élèves en matière d orientation. 2. Présentation du document Deux éléments constituent le programme de la classe de seconde : un tableau en deux colonnes, présentant selon les traditions de la discipline : les thèmes du programme, les notions que les élèves doivent connaître, pouvoir préciser et utiliser ; des indications complémentaires à l intention plus particulière des professeurs. Elles fournissent une grille de lecture indispensable à la mise en œuvre de ce programme, les attendus de ce programme et elles suggèrent des approches possibles ainsi que des appuis documentaires. L ordre de présentation des contenus de ce programme n est pas contraignant. Dans le cadre de sa liberté pédagogique, chaque professeur organise sa progression selon sa classe et son projet. 8 Programme
9 Programme II - PROGRAMME Notions que les élèves doivent connaître, savoir utiliser et préciser 1. Introduction La démarche des sciences économiques et sociales 2. La famille, une institution en évolution Diversité des formes familiales Relations de parenté Ménage 3. L emploi : une question de société 3.1 La population active Actifs / inactifs Emploi salarié / non salarié Chômage 3.2 La classification socioprofessionnelle Catégories socioprofessionnelles 4. La production : un espace de relations économiques et sociales 4.1 La diversité des organisations et de leurs objectifs Entreprise Administration Association 4.2 La production dans l entreprise Facteurs de production (capital, travail) Productivité du travail Investissement Valeur ajoutée 4.3 L organisation du travail et les relations sociales Organisation du travail Contrat de travail Représentation des salariés 5. La consommation : une activité économique, sociale et culturelle 5.1 Les ressources : revenus et crédits Revenus primaires Revenus de transfert Revenu disponible Salaire 5.2 Consommation et mode de vie Biens privés / biens collectifs Pouvoir d achat Niveau de vie Effet de signe Programme 9
10 Programme III - INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES Elles ont pour objectifs : de clarifier les orientations majeures de cet enseignement ; de délimiter le contenu des différents thèmes ; de suggérer, dans le respect de la liberté pédagogique des professeurs, des démarches, des outils et des indications quant à l importance relative à donner aux principales parties de ce programme, dans l affectation de l horaire disponible. 1. Introduction : la démarche des sciences économiques et sociales (durée indicative : 1 semaine) Cette introduction permettra de montrer, à partir d un exemple, comment les notions du programme doivent faire l objet d approches économiques, sociologiques, historiques et politiques qui sont complémentaires. 2. La famille : une institution en évolution (durée indicative : 4 à 5 semaines) L étude de la famille devrait permettre aux élèves de relativiser leurs propres représentations de la famille et de comprendre son évolution. On montrera, sans développements approfondis puisque cette question sera reprise en classe de première, que la famille est une instance de socialisation. Il s agit simplement de faire comprendre que le processus de socialisation est plus une interaction qu une inculcation. On introduira l idée de reproduction sociale à travers, notamment, l étude de l homogamie. Ce sera l occasion d expliquer ce qu est une démarche sociologique et de montrer qu elle n induit aucun déterminisme social. On montrera enfin que la famille est aussi un lieu de production, de consommation et d échanges. Les aspects strictement démographiques de la famille ne seront pas abordés pour eux-mêmes, mais peuvent faire l objet d un travail en commun avec le professeur d histoire-géographie. Cette étude permettra une première approche des outils généraux (pourcentages, indices élémentaires, tableaux croisés, graphiques) et un apprentissage de la lecture critique d un texte. Dans le cadre des travaux pratiques, on pourra utiliser avec les élèves des tableurs-grapheurs qui permettent le traitement de données économiques et sociales (calculs sur des tableaux statistiques et représentations graphiques), des banques de données économiques et sociales en ligne ou non, ainsi que des supports audiovisuels. 3. L emploi : une question de société (durée indicative : 6 à 7 semaines) L étude de l emploi comme l une des questions centrales de notre société devrait permettre aux élèves de mieux en comprendre les enjeux. 3.1 La population active La définition et la mesure de la population active permettront de distinguer actifs et inactifs et de prendre en compte l évolution de l activité féminine. À l aide d exemples, on montrera que le travail et l emploi ne sont pas synonymes. On signalera également la difficulté croissante à définir les contours de l emploi. La notion d emplois précaires sera présentée sans que cela conduise à confondre la tendance à l augmentation de ceux-ci et la place qu ils tiennent réellement dans l emploi total. La présentation du chômage aura pour objectif de souligner la diversité de ses formes et les inégalités devant son risque. On n insistera pas sur des aspects techniques tels que la distinction entre critères Bureau international du travail (BIT) et Agence nationale pour l emploi (ANPE). Sur les causes du chômage, sans éluder des explications sans doute nécessaires face aux interrogations des élèves, le professeur veillera à éviter toute présentation théorique qui exigerait des développements inaccessibles à des élèves de seconde. On se limitera à une première approche de la complexité du phénomène. 3.2 La classification socioprofessionnelle Pour rester dans le cadre de l horaire imparti, l étude de la mesure et de la classification de la population active se limitera à une présentation de la nomenclature INSEE des catégories socioprofessionnelles ; la classification en secteurs d activité n a pas été retenue. On présentera de manière simplifiée la grille actuelle des professions et catégorie socioprofessionnelles (PCS). Quelques exemples permettront de montrer que les catégories sont construites en combinant plusieurs critères. Ce thème sera l occasion d entraîner les élèves à l usage d outils généraux (pourcentages, indices élémentaires, tableaux croisés, graphiques). Il conviendra de privilégier en travaux pratiques l usage de la presse, de tableurs-grapheurs et de l Internet. 4. La production : un espace de relations économiques et sociales (durée indicative : 9 à 10 semaines) La production sera étudiée comme espace de relations économiques, à la fois créatrices de richesses et de rapports sociaux. 4.1 La diversité des organisations et de leurs objectifs Il s agira de définir la production en tant qu activité socialement organisée et de distinguer production et non-production (par exemple la production domestique n est pas reconnue par la comptabilité nationale). À cette occasion, le lien pourra être fait avec la distinction actif / inactif. On montrera à partir d exemples que, si le profit est l objectif essentiel de l activité des entreprises, administrations et associations ne fonctionnent pas selon la même logique. On mentionnera l existence d entreprises de tailles diverses, d entreprises individuelles et de sociétés. 10 Programme
11 Programme Dans le cadre des travaux pratiques, on pourra demander aux élèves de mener des observations d organisations (recueil de données, analyse ) pouvant aboutir à des dossiers, exposés, etc., réalisés en groupes. Ces travaux pourront prendre la forme d enquêtes, de recherches sur l Internet (sites d entreprises), sur cédéroms ou à partir de mallettes pédagogiques. 4.2 La production dans l entreprise À partir d exemples, on montrera la complémentarité et / ou la substituabilité des facteurs de production. On mettra en relation les notions de combinaison productive, de productivité et d investissement. On pourra analyser les effets de l investissement sur l emploi. Il s agira d un premier exemple de construction d un raisonnement économique. La valeur ajoutée sera présentée en tant que constituant une ressource dont l étude se poursuivra avec la consommation. On évitera tout développement sur la comptabilité nationale, mais on pourra attirer l attention des élèves sur les questions que pose le partage de la valeur ajoutée. 4.3 L organisation du travail et les relations sociales dans les unités de production On présentera les principales organisations du travail (taylorisme, post-taylorisme). On reliera ces modes d organisation aux relations de travail (conditions de travail, conflits, négociations, syndicats). Des cas relevés dans la presse, dans des réalisations cinématographiques ou audiovisuelles (documentaires ou fiction) pourront être travaillés dans le cadre des travaux pratiques. 5. La consommation : une activité économique, sociale et culturelle (durée indicative : 8 à 9 semaines) L étude de la consommation cherchera à intégrer les dimensions économiques, sociales et culturelles qui influent sur le comportement de consommation. 5.1 Les ressources : revenus et crédit On montrera d abord brièvement que les revenus primaires sont issus du partage de la valeur ajoutée. L étude des ressources se fera dans le cadre de l unité de consommation qu est le ménage. On soulignera les inégalités de revenus primaires pour introduire la notion de système redistributif. On rappellera enfin que les revenus vont permettre la consommation et l épargne. Dans le souci de ne pas alourdir le programme, l épargne et le profit ne feront pas l objet de développements particuliers. Il ne s agit pas non plus de faire une étude du crédit : si le crédit apparaît dans le titre de cette partie, c est seulement pour donner l occasion de montrer que le crédit apporte aux ménages des ressources qui ne sont pas des revenus ; on pourra le souligner à travers le phénomène du surendettement. Ici encore, les tableurs et les banques de données économiques et sociales sur supports numériques s avéreront très utiles, notamment dans le cadre des travaux pratiques. 5.2 Consommation et mode de vie L influence des revenus, du patrimoine, de la mode, des médias et de la culture sur les comportements en matière de consommations individuelles et collectives sera mise en évidence à travers des exemples. Il conviendra d expliquer aux élèves que le niveau de vie intègre non seulement le niveau de consommation individuelle mais aussi les consommations collectives. L effet de signe permettra d aborder les dimensions symboliques de la consommation. L étude de cette partie sera une nouvelle occasion de montrer l importance des savoir-faire en matière de traitement de l information statistique, ainsi que d initier les élèves aux techniques de l enquête, avec les tableurs et les logiciels de dépouillement d enquêtes. SUGGESTIONS COMPLÉMENTAIRES Au fur et à mesure de l avancement du programme, par exemple à l occasion de l étude de la production, puis des ressources et enfin de la consommation, le professeur pourra faire construire aux élèves un circuit économique élémentaire qu il présentera comme une des représentations possibles du réel économique. De même, par exemple à l occasion de l étude de la famille ou de l organisation du travail ou des revenus, le professeur, en évitant de se lancer dans une étude spécifique, pourra faire percevoir aux élèves l existence d instances de pouvoir qui encadrent la vie sociale à différents niveaux. SAVOIR-FAIRE APPLICABLES À DES DONNÉES QUANTITATIVES L enseignement des sciences économiques et sociales en classe de seconde devrait être l occasion de maîtriser les savoir-faire suivants, ce qui implique à la fois calcul et lecture (c est-à-dire interprétation) des résultats. Les calculs ne sont jamais demandés pour eux-mêmes, mais pour exploiter des documents statistiques travaillés en classe. Calculs de proportions et de pourcentages de répartition. Moyenne arithmétique simple et pondérée, médiane. Lecture de représentations graphiques : diagrammes de répartition, représentation des séries chronologiques. Mesures des variations : coefficient multiplicateur, taux de variation, indice simple. Lecture de tableaux à double entrée. Évolution en valeur / en volume. B.O. hors série n 6 du 29 août 2002, ministère de la Jeunesse, de l Éducation nationale et de la Recherche, Programme 11
12 Introduction L économie et la société vues par le cinéma L économie et la société préhistoriques vues par le cinéma : «La Guerre du feu» La Guerre du feu, film de Jean-Jacques Annaud, raconte l histoire de trois hommes qui, à l époque de l âge de pierre, partent à la recherche du feu, objet de convoitises et de luttes pour la survie de l espèce. À l époque de l âge de pierre, le groupe social de base est la tribu. Les hommes peuvent ainsi se protéger mutuellement et chasser ensemble. L homme trouve ce dont il a besoin directement dans la nature. Il vit de la chasse et de la cueillette. 12 Introduction
13 Introduction Les techniques sont rudimentaires. La maîtrise du feu représente un progrès technique fondamental. L homme consomme généralement directement ce qu il a produit. Il est rare qu il échange des objets ou de la nourriture avec d autres individus. Questions 1. À l époque de l âge de la pierre, les individus vivent-ils déjà en société? Si oui, comment se nomme le groupe social de base? Pourquoi, selon vous, les hommes ne vivent-ils pas seuls? 2. Les hommes produisent-ils? Si oui, citer différentes choses qu ils produisent. 3. Quelle est l utilité du feu? Tout ce qui est produit sert-il directement à satisfaire les besoins? Donner des exemples. 4. L argent existe-t-il? Pourquoi peut-on dire que généralement chacun produit ce qu il a consommé et consomme ce qu il a produit? Cela signifie-t-il qu il n y a pas d activités communes ou de partage? Donner un exemple. Synthèse Quels sont les grands traits caractéristiques de la société de l âge de pierre telle qu elle nous est présentée dans La Guerre du feu? L économie désigne la production, la façon de se répartir les richesses et la consommation. Décrire en quelques mots l économie de l époque de l âge de pierre telle qu elle nous est présentée dans La Guerre du feu. Introduction 13
14 Introduction L économie et la société vues par le cinéma L économie et la société du XIX e siècle vues par le cinéma : «Germinal» Germinal est un film réalisé par Claude Berri d après le roman d Émile Zola. Il présente la vie, le travail et la lutte des mineurs vers la fin du XIX e siècle. Le groupe social de base est la famille. C est dans ce cadre que les enfants sont élevés et que s effectue en grande partie la consommation. Le repas est ainsi un moment où la famille se regroupe. Toutes les familles ne se ressemblent pas. Les mineurs sont pauvres. Au contraire, la famille bourgeoise est riche et dispose de produits de luxe. Les mineurs travaillent dans la mine. Il s agit d un travail éprouvant et difficile. 14 Introduction
15 Introduction En contrepartie de leur travail, les mineurs reçoivent leur paye. Mais le peu d argent qu ils gagnent ne leur permet pas de consommer beaucoup. Les loisirs existent, mais ils sont encore rares. Leurs conditions de vie et de travail sont difficiles. Les conflits sont donc fréquents. Questions 1. Quels sont les deux principaux groupes sociaux dans lesquels les mineurs vivent? 2. Existe-t-il des catégories sociales différentes? Si oui, lesquelles? Les inégalités sociales sont-elles importantes? 3. En quoi consiste le travail des mineurs? Où travaillent-ils? Par qui est organisé leur travail? Que produisent-ils? 4. Les mineurs utilisent-ils eux-mêmes le résultat de leur production? 5. Que vendent les mineurs? Avec cet argent, qu achètent-ils? Leur consommation est-elle diversifiée? 6. Pourquoi les conflits éclatent-ils? Synthèse Quels sont les grands traits caractéristiques de la société du XIX e siècle telle qu elle est présentée dans Germinal? L économie désigne la production, la façon de se répartir les richesses et la consommation. Décrire en quelques mots l économie du XIX e siècle telle qu elle est présentée dans Germinal. Introduction 15
16 Introduction L économie et la société vues par le cinéma L économie et la société actuelles vues par le cinéma : «Le Bonheur est dans le pré» Même si chaque film est le résultat de la perception particulière, et parfois un peu caricaturale, d un réalisateur, le cinéma rend compte de la société, de son organisation, de ses changements. Les films peuvent donc offrir des «instantanés» sur la réalité économique et sociale actuelle. Prenons l exemple du film d Étienne Chatiliez. Un chef d entreprise, Francis Bergeade (joué par Michel Serrault), se sent harcelé par les ouvrières de sa petite entreprise de lunettes de WC, sa femme et sa fille. Il saisit l occasion qui lui est donnée par une émission de télévision de changer radicalement de vie : une nouvelle famille, une nouvelle activité Dans notre société le groupe social de base est la famille. Toutes les familles n ont pas les mêmes caractéristiques, mais la famille a de nombreuses fonctions : l éducation des enfants, la solidarité entre les générations l affection entre ses membres 16 Introduction
17 Introduction Le travail peut prendre plusieurs formes : certains sont ouvriers (c est le cas des salariées de l entreprise de Francis Bergeade), d autre sont chefs d entreprise (comme Francis Bergeade), d autres encore sont employés ou cadres. Ici, Francis Bergeade fait le point sur la situation financière de son entreprise avec son comptable. Dans notre société, le travail est une valeur centrale. Si, dans la plupart des cas, les relations entre les employeurs et leurs employés ne sont pas conflictuelles, il arrive que des conflits collectifs émergent au sein de l entreprise. Ici, Francis Bergeade intervient pour calmer un conflit résultant des mauvaises relations entre ses ouvrières et son épouse, qui l a remplacé à la tête de l entreprise. La production prend aussi plusieurs formes : il est possible de produire des biens manufacturés (l entreprise de Francis Bergeade fabrique des lunettes de WC) des produits agricoles ou alimentaires (l activité de la nouvelle famille de Francis Bergeade est l élevage et la préparation des oies) ainsi que d autres produits divers et variés. Introduction 17
18 Introduction Grâce au travail, qui est une source de revenus, et à la production, qui permet de créer, la consommation est possible. Celle-ci concerne des produits très divers ; l alimentation en est un exemple. Dans notre société, la consommation de loisir a pris une place très importante (ici, une émission de télévision). Questions 1. En quoi la famille est-elle le groupe social de base de la société actuelle? Toutes les familles se ressemblent-elles? Tout le monde fait-il partie d'une famille? 2. Dans quel cadre se déroule l'essentiel de la production en France aujourd'hui? Pourquoi peut-on dire que l'on produit des choses diverses? À quoi sert le travail dans une économie? Quelle est la principale raison qui incite les individus à travailler? 3. Généralement, les gens utilisent-ils eux-mêmes le résultat de leur production? Dans la plupart des cas, que vendent les individus pour se procurer de l'argent? Comment utilisent-ils cet argent? 4. Quelle est la principale cause des conflits? 5. Tous les individus occupent-ils une place identique dans la société? Tous peuvent-ils se procurer les mêmes choses? Chaque individu a-t-il le droit au travail? Synthèse Quels sont les grands traits caractéristiques de la société actuelle? L'économie désigne la production, la façon de se répartir les richesses et la consommation. Décrire, en quelques mots, l'économie actuelle. 18 Introduction
19 Introduction La démarche des sciences économiques et sociales Trois sociétés différentes 1. À l aide des pages précédentes, répondre brièvement aux questions suivantes : Dans laquelle des trois sociétés les inégalités entre les hommes sont-elles certainement les plus fortes? les moins fortes? Dans laquelle des trois sociétés les individus sont-ils en moyenne les plus riches? les moins riches? Dans laquelle des trois sociétés le niveau de la consommation est-il le plus élevé? le moins élevé? Dans laquelle des trois sociétés le niveau des technique est-il le plus élevé? le moins élevé? Dans laquelle des trois sociétés le niveau de la production est-il le plus élevé? le moins élevé? 2. Recopier et compléter le tableau ci-dessous en mettant «oui» ou «non» dans les cases : La société La société La société à l âge de pierre du XIX e siècle actuelle (La Guerre du feu) (Germinal) (Le Bonheur est dans le pré) Le groupe social de base est-il la famille? La production est-elle généralement organisée par ceux qui travaillent? Les individus consomment-ils généralement les produits qu ils produisent eux-mêmes? Les individus vendent-ils généralement leur travail? L argent existe-t-il? Les produits de consommation sont-ils généralement achetés? Les loisirs sont-ils fréquents? Certains individus aptes physiquement à travailler peuvent-ils se retrouver sans travail? 3. Citer quelques grandes évolutions de l économie et de la société entre l époque de l âge de la pierre et notre époque. Sciences économiques, sociologie, histoire et sciences politiques : quatre approches pour étudier un même objet Sachant que : la science économique est une science qui a pour objet l étude de la production, du partage des richesses et de la consommation ; la sociologie est une science qui étudie la société, son organisation et les comportements des individus et des groupes d individus ; l histoire est l étude du passé ; la science politique est l étude des règles et des institutions que s impose une société pour vivre en harmonie. montrer, en prenant des exemples précis dans les réponses aux différentes questions posées précédemment, comment l étude du travail dans la société actuelle peut faire l objet d approches économiques, sociologiques, historiques et politiques. Introduction 19
20 Chapitre 1 La diversité des formes familiales Sommaire Objectifs Apprendre à relativiser les représentations de la famille. Connaître les principales évolutions de la famille. que la famille est une institution. 1. Qu est-ce que la famille? A. La famille est différente selon la société B. La famille est une institution Comment la famille a-t-elle évolué dans la société française contemporaine? A. La diversification des formes familiales B. Des liens familiaux toujours solides À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Une famille européenne contemporaine 2 Une famille pakistanaise à son domicile De quelles personnes une famille peut-elle être composée? Quelles sont les caractéristiques de cette famille par rapport à celle présentée dans le doc. 1? 20 Chapitre 1
21 3 L union du couple Le mariage est-il un préalable à la constitution d une famille? 4 Le lien de filiation Commenter les propos du personnage «Le Chat». 5 Proportion de pères et de mères ayant un emploi qui ont connu un changement professionnel 1 l année suivant la naissance d un enfant, quel que soit son rang Changement professionnel : changement de statut, d horaires, d intensité du travail ou retrait du marché du travail ,2 0 Pères Mères D après INED, Population et société, n 426, septembre P. GELUCK, Le Chat, «Le quatrième Chat», tome 4, Casterman, La naissance d un enfant a-t-elle la même incidence sur l activité professionnelle de son père que sur celle de sa mère? Question documents 1 à 5 Montrer que la place de chaque individu dans sa famille est différente et qu elle dépend de la forme que revêt cette famille. La diversité des formes familiales 21
22 1 Qu est-ce que la famille? La famille est présente dans toutes les sociétés, mais elle n y apparaît pas sous les mêmes formes ; les règles auxquelles elle se conforme ne sont pas partout identiques. Pour commencer La société Game commercialise un nouveau jeu vidéo : Life. Le principe de ce jeu est le suivant : lors de son initialisation apparaissent des nouveaux-nés fragiles comme ils le sont dans la réalité. Seuls dans la nature, ils sont menacés par divers dangers (prédateurs, risques naturels divers). Pour remporter le plus de points possibles, il faut qu ils parviennent à la vie adulte sans encombre. 1. Si le joueur commande uniquement les faits et gestes des nouveau-nés, que se produira-t-il inévitablement? Pourquoi? 2. Quels nouveaux personnages qui seraient présents dans la réalité le jeu doit-il introduire? Faut-il que le joueur en ait la commande? Pourquoi? 3. Comment le groupe constitué d un enfant et du (ou des) personnage(s) qui le protège(nt) et l élève(nt) peut-il se nommer? 4. Le groupe ainsi constitué doit-il être d une forme particulière (nombre de membres, sexe, type de lien) pour que le jeu se poursuive? Ces nouveaux personnages peuvent laisser les enfants plus ou moins libres tout au long de leur vie. La mort d un enfant comme son absence de liberté mettent fin à la partie. Chaque liberté accordée permet de remporter des points et chaque interdiction en fait perdre ; chaque incident rencontré par un enfant (blessure, maladie, etc.) en fait perdre également. 5. Quels arbitrages le joueur doit-il adopter afin de remporter le plus de points? 6. Ces arbitrages peuvent-ils évoluer au fil de la vie de l enfant? A. La famille est différente selon la société 1 La place du père et de la mère est relative Chez les Trobriandais 1 [ ], les enfants naissent et sont élevés dans la maison de leur père et de leur mère. [ ] Toutefois, dans la doctrine locale, les enfants ne partagent aucune substance avec leur père, et n appartiennent pas à son clan, mais à celui de leur mère. En fait, le personnage important de la famille est le frère de la mère, qui cède à sa sœur une bonne partie de sa récolte annuelle pour contribuer à élever ses enfants et, à leur puberté, accomplira pour eux les rituels nécessaires à leur entrée en société. L oncle devient ensuite le mentor 2 de ses neveux, s occupera activement de leur mariage et leur cédera des terres. Dans la famille, donc, il n est pas question de domination féminine, mais de la répartition inégale des rôles entre le père et l oncle (frère de la mère), qui apparaît comme le véritable homme important pour ses neveux. Chez les Nas du Yunnan 3 [ ], l effacement du père peut aller jusqu à sa disparition. Un foyer familial se compose, chez les Nas, d un ensemble de frères et de sœurs qui partagent une maison et des terres. Les femmes conçoivent des enfants avec des amants de passage la nuit, et ne gardent pas forcément un souvenir précis de la paternité probable de l un d entre eux. Le résultat est que les enfants nas peuvent ignorer qui est leur père : peu importe, car ils sont élevés dans le foyer de leurs oncles. N. JOURNET, «Trobriandais et Nas de Chine : du père discret à sa disparition», Sciences humaines, n 156, janvier Trobriandais : habitants de l archipel des Trobriand en Papouasie-Nouvelle-Guinée. 2. Mentor : guide. 3.Yunnan : province de Chine. Une mère nas et sa fille en Chine : l absence du père. 1. À partir du cas des Trobriandais et des Nas, montrer la relativité des notions de père et de mère. 2. En quoi le statut du père et celui de la mère sont-ils différents dans la famille occidentale? 22 Chapitre 1
23 2 La relation traditionnelle mère-enfant au Maghreb Le bébé est presque constamment porté par sa mère, sur le dos, dans un morceau de tissu noué par-devant sur la poitrine. La maman vaque ainsi à la plupart de ses activités, ne se séparant du bébé que pour les plus pénibles travaux [ ]. Les premiers mois, mère et enfant ne se séparent pas un instant et dorment ensemble, ce qui permet l allaitement nocturne lorsque le bébé s éveille. Ce couple vit dans un bain de contacts, de communications multiples et constantes qui comblent l un et l autre, établissant ainsi entre eux un lien très fort. [ ] Cette proximité active établit donc entre mère et bébé, surtout avec un bébé garçon, une relation très étroite, très riche, très complète. Si bien qu est remarquable l absence d objet transitionnel chez les jeunes enfants : peu ou point de «nounours» ou autre substitut du corps de la mère, mais une longue permanence de symbiose mère-enfant à laquelle, pour l un comme pour l autre, il sera extrêmement difficile de renoncer. C. LACOSTE-DUJARDIN, Des mères contre les femmes. Maternité et patriarcat au Maghreb, La Découverte, Comment la relation mère-enfant se présente-t-elle dans la société maghrébine traditionnelle? 2. Comment expliquer qu il ne soit pas question de père dans le texte? 3. La relation mère-enfant est-elle la même dans la société occidentale? 3 Famille traditionnelle en Côte d Ivoire Cour traditionnelle où réside une grande famille de plusieurs dizaines de membres. Le terme de «cour» désigne à la fois l espace central dans lequel pousse un manguier et les pièces rectangulaires qui l encadrent. Observer 1. Sous quelle forme cette famille ivoirienne traditionnelle se présente-t-elle? Interpréter 2. Qu est-ce qui distingue la famille occidentale de la famille ivoirienne traditionnelle? 4 Familles européennes et américaines Fondée sur la réalité actuelle, ou sur des croyances dépassées, la conviction générale des Américains est que la famille occupe un rôle plus central en Europe qu aux États-Unis [...]. Pour les Américains, le terme «famille» désigne généralement la famille nucléaire, c est-à-dire une mère, un père et leurs enfants. En comparaison, les Européens sont vus comme accordant une plus grande valeur à la famille étendue. [...] La famille paraît jouer aussi un rôle plus important en Europe en termes de statut. Du fait que les Américains mettent l accent davantage sur l individu et sur les droits individuels que sur la famille, ils estiment que la place de l individu est plus déterminée par sa capacité personnelle que par sa position dans la famille. À l opposé, ils considèrent que l Europe est encore marquée par des traditions, avec un système de classes plus établi et une mobilité sociale plus faible, beaucoup d enfants suivant professionnellement les traces de leurs parents. K. M. ANDERSEN, dans La Question familiale en Europe, L Harmattan, coll. «Logiques sociales», Définir 1. Comment distinguer la famille nucléaire de la famille étendue? 2. Pourquoi les États-Uniens considèrent-ils que les Européens accordent une plus grande valeur à la famille? La diversité des formes familiales 23
24 5 Le mariage a. L interdit de l inceste et le mariage Toutes les sociétés, et la nôtre n y échappe pas, interdisent certains parents en mariage [ ]. [ ] Les interdictions en mariage reflètent l interdit de l inceste : on ne peut épouser sa sœur, mais on pourra donner sa sœur en mariage. [ ] Se marier avec sa sœur, se marier au plus proche, c est risquer la fermeture du groupe sur lui-même ; se marier avec «l autre», c est au contraire s enrichir de parents. À l ethnologue Margaret Mead qui l interrogeait à ce sujet, un indigène de Nouvelle-Guinée expliquait : «Quoi donc? Tu voudrais épouser ta sœur? Mais qu est-ce qui te prend? Ne veux-tu pas avoir des beauxfrères? Ne comprends-tu donc pas que si tu épouses la sœur d un autre homme et qu un autre homme épouse ta sœur, tu auras au moins deux beaux-frères, tandis que si tu épouses ta propre sœur tu n en auras pas du tout? Et avec qui iras-tu chasser? Avec qui feras-tu les plantations? Qui auras-tu à visiter?» [ ] Dans l ensemble des sociétés, la monogamie, c est-à-dire l union d un homme avec une seule femme, apparaît comme une exception. Si l évolution du mariage a tendu vers la montée de la monogamie, elle fut difficile à imposer. Beaucoup plus répandus sont les mariages polygames, ou plus exactement polygynes. La polygynie [ ] est toujours source de prestige et signe de richesse [ ]. L autre forme de polygamie, la polyandrie [ ], est beaucoup moins fréquente. Lorsque les hommes sont semi-nomades (comme au Tibet ou au Népal) ou guerriers (comme chez les Nayar de l Inde), ce système permet à l épouse d avoir toujours un mari à disposition pour s occuper de la maisonnée. M. SEGALEN, Éloge du mariage, Gallimard, coll. «Découvertes Gallimard», Homme de religion musulmane avec ses trois femmes et ses enfants, au Burkina Faso. b. Les différents types de mariage Mariage Alliance qui réglemente les droits et les devoirs des conjoints Monogamie Alliance impliquant deux conjoints seulement Polygamie Alliance impliquant plus de deux conjoints Polygynie Alliance d un homme et de plusieurs femmes Polyandrie Alliance d une femme et de plusieurs hommes 1. Qu est-ce que l interdit de l inceste que l on retrouve dans toute société? 2. Le mariage est-il monogame dans toute société? 3. Expliquer l argumentation de l habitant de Nouvelle-Guinée réprouvant le mariage incestueux. Bréal, Faire le point documents 1 à 5 1. Recopier le texte ci-dessous en choisissant, parmi les propositions entre parenthèses, le terme qui convient. La structure conjugale et familiale (varie peu diffère) selon la société ; les règles qui l encadrent (peuvent être très différentes sont totalement identiques) d un cas à l autre. La place du père (est n est pas) toujours la même, les relations entre les conjoints ou entre les parents et les enfants (diffèrent sont invariables). La famille (est n est pas) différente selon la société considérée. L interdit de l inceste est (présent absent) dans toute société. Il permet à la famille de (s allier avec rejeter) des individus d autres lignées, ce qui, sur le plan matériel ou en termes de sociabilité, peut constituer un (appauvrissement enrichissement). Le mariage (est n est pas) obligatoirement monogame dans toutes les sociétés. 2. En quoi la famille est-elle différente d une société à une autre? 24 Chapitre 1
25 B. La famille est une institution 6 Ménage, famille, couple et enfant selon l Insee Ménage Un ménage est l ensemble des personnes 1 qui partagent la même résidence principale, sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté. [ ] Les personnes résidant en collectivité sont considérées comme vivant «hors ménages ordinaires» ; c est le cas notamment des étudiants en résidence universitaire, des personnes résidant en maison de retraite ou en foyers de travailleurs. Depuis le nouveau recensement de 2004, c est aussi le cas des élèves majeurs vivant en internat, ainsi que des militaires vivant en caserne sans leur famille, alors qu ils étaient rattachés au ménage ordinaire de leur famille dans les anciens recensements. [ ] Famille La notion de ménage est plus large que celle de famille, qui suppose l existence d un lien de couple ou d un lien de filiation. Sont ici considérées comme formant une famille les personnes suivantes d un même ménage : un couple et ses enfants éventuels ainsi que les enfants éventuels de l un des deux partenaires, ou un ou des enfants et l un de leurs deux parents, si celui-ci ne vit pas en couple. Couple Un homme (âgé de dix-huit ans au moins) et une femme (âgée de quinze ans au moins) qui vivent sous le même toit (id est qui partagent la même résidence principale), qui sont mariés ou déclarent vivre en couple [ ]. Enfant Sont considérés comme «enfants» tous les individus célibataires, sans enfant, ne vivant pas en couple, et appartenant au même ménage que l un au moins de leurs deux parents. Cette définition est appliquée sans limite d âge [ ] Cet ensemble peut se réduire à une personne vivant seule. 1. La famille comprend-elle obligatoirement un couple et un ou des enfants selon l Insee? 2. Quel lien existe-t-il entre le ménage et la famille au sens de l Insee? 3. Si l on demande à un enfant dont les parents sont séparés, qui vit avec sa mère mais dont les relations avec son père demeurent proches : «Quelle est ta famille?», que répondra-t-il probablement? Cela est-il conforme à la définition de la famille selon l Insee? En quoi la définition de la famille retenue par l Insee se fonde-t-elle sur une convention que l on pourrait mettre en cause? 7 La structure familiale des ménages Homme seul (en %) 6,4 7,4 8,5 10,1 12,5 Femme seule (en %) 13,8 14,8 16,0 17,1 18,5 Familles dont : 60,0 61,8 63,0 66,7 63,7 famille monoparentale (en %) 2,9 3,0 3,6 6,6 7,4 couple sans enfant (en %) 21,1 22,3 23,3 23,7 24,8 couple avec enfant (en %) 36,0 36,5 36,1 36,4 31,5 Hors ménages ordinaires (en %) 19,8 16,0 12,5 6,1 5,3 Nombre de ménages (en millions) 15,8 17,7 19,6 21,5 23,8 Champ : France métropolitaine. D après Insee. 1. Donner la signification des nombres entourés en les intégrant dans une phrase. 2. Commenter la structure familiale des ménages en 1999 et son évolution entre 1968 et 1999 ( Fiche méthode 6, p. 238). La diversité des formes familiales 25
26 8 Les différentes dimensions de la famille a. Famille, parenté et ménage Famille au sens large = parenté = ensemble de personnes apparentées, qu elles corésident ou non Lien familial Alliance Filiation Famille au sens étroit = ensemble des personnes apparentées et corésidant Lien de couple Lien entre parents et enfants Groupe domestique = ménage au sens de l'insee = ensemble des personnes corésidant, qu'elles soient ou non apparentées b. Les différentes dimensions du lien familial N. PINET, «La diversité familiale en question», dans Écoflash, n 833, décembre Mariage Union libre Enfants biologiques Enfants non biologiques Bréal, Définir 1. Qu est-ce que la «parenté»? 2. Quelle est la différence entre mariage et union libre? 3. Comment peut-on distinguer la famille au sens large et la famille au sens étroit? Laquelle correspond à la famille au sens de l Insee? Laquelle correspond à la parenté? 4. Les exemples suivants sont-ils des ménages, des familles au sens étroit, ou des familles au sens large? Un couple vivant en union libre et son enfant ; un couple «pacsé» sans enfant ; des amis vivant ensemble ; un couple marié sans enfant vivant en région parisienne, les parents du mari vivant en Provence et la mère de la femme, veuve, vivant à l étranger ; une femme divorcée vivant seule avec ses deux enfants ; un homme divorcé et son nouveau conjoint vivant avec leurs enfants respectifs ; une veuve vivant seule ; des parents séparés et leurs enfants ; une grand-mère vivant chez sa fille, son gendre et ses petits-enfants. 9 Le statut d institution de la famille Aujourd hui, dans les démocraties occidentales, plus de modèle unique, la famille peut être monoparentale ou recomposée, constituée d un couple mixte marié ou non marié ou encore homosexuel, de demi-frères et demi-sœurs de plusieurs lits, d enfants adoptés ou «fabriqués», dont la parenté biologique ne coïncide plus avec la parenté domestique Même si ces exemples ne constituent pas la majorité des cas la famille dite «traditionnelle» reste encore largement la norme statistiquement parlant [ ] ces transformations récentes sont intégrées par les individus. Qu est-ce qu une institution? L école, l Église, l armée, l État, la police et la famille sont des institutions. Une entreprise et un club de foot n en sont pas. Pourquoi? Parce qu à l organisation, la notion d institution ajoute le fait d avoir un caractère «officiel», «sacré». [ ] Une légitimité particulière confère à une organisation le statut d institution. Elle est censée contribuer au maintien de l ordre social et régir la vie de la communauté. J.-F. DORTIER (dir.), Le Dictionnaire des sciences humaines, Sciences humaines, Définir 1. Qu appelle-t-on «institution»? 2. En quoi la famille est-elle une institution? 3. L institution familiale est-elle la même quelle que soit l époque? Justifier. Faire le point documents 6 à 9 1. Vrai ou faux? a. La famille au sens de l Insee correspond à la famille au sens étroit. b. L ensemble de la parenté a une résidence commune. c. Les liens familiaux sont des liens d alliance et/ou des liens de filiation. d. Un lien d alliance n existe que si le couple est marié. e. Plus de 60 % des ménages sont constitués de familles. f. La part de célibataires dans les ménages régresse depuis la fin des années g. La famille n est organisée par aucune règle. h. La famille est une institution car elle a un caractère officiel ou sacré. 2. Montrer que la famille et le ménage sont des notions proches mais distinctes. Faire la synthèse documents 1 à 9 La famille est-elle le produit de la nature ou celui de la culture propre à chaque société? 26 Chapitre 1
27 2 Comment la famille a-t-elle évolué dans la société française contemporaine? La famille évolue et ses formes se diversifient avec le temps. Certains changements la fragilisent, mais les liens familiaux demeurent généralement solides. Pour commencer La société Game commercialise un nouveau jeu vidéo : Family-Life. Lors de l initialisation du jeu apparaissent des personnages, hommes et femmes célibataires vivant seuls. Le joueur commande les faits et gestes de chacun d entre eux afin de former des couples et des familles. Plus la vie de couple et la vie familiale des personnages sont satisfaisantes, plus le joueur remporte de points. 1. Quels événements sentimentaux et familiaux peuvent permettre de gagner ou de perdre des points? 2. Si un personnage connaît plusieurs vies de couple, perd-il a priori des points? 3. À la suite de la rupture sentimentale d un personnage, celui-ci doit-il conserver ou rompre ses liens avec ses enfants pour préserver ou gagner des points? 4. Quelles formes familiales différentes les aléas de la vie sentimentale des personnages font-ils apparaître? A. La diversification des formes familiales 10 Évolution en France métropolitaine des mariages, des divorces, du PACS et des naissances a. Nombre de mariages et de divorces (en milliers) ,3 Nombre de mariages 152,0 Nombre de divorces prononcés D après Insee. b. Nombre de déclarations et de dissolutions de PACS 1 (en milliers) Déclarations Dissolutions 6,2 1,8 3,1 22,1 19,4 25,0 5,2 31,1 6,9 39,6 8,5 59,8 6, En 1999, les dissolutions de PACS enregistrées étaient négligeables. D après ministère de la Justice. 1. Comment lire les données statistiques entourées dans les graphiques et dans le tableau? 2. En quoi les évolutions présentées dans ces trois documents mettent-elles en cause le modèle de la famille conjugale traditionnelle? 1. Le pacte civil de solidarité (PACS) est un contrat entre deux personnes majeures, de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie commune. Il a été promulgué par la loi du 15 novembre c. Naissances annuelles Ensemble des naissances (en milliers) 862,3 865,7 800,4 768,4 762,4 729,6 774,8 774,3 Taux de natalité (en ) 20,6 17,8 14,9 13,9 13,4 12,6 13,1 12,7 Enfants nés hors mariage en milliers 60,0 51,0 91,0 150,0 229,0 274,0 330,0 367,0 en % 7,0 5,9 11,4 19,6 30,1 37,6 42,6 47,7 D après Insee. La diversité des formes familiales 27
28 11 La fin du modèle unique a. Le pluralisme familial Les transformations des comportements familiaux enregistrées par les statistiques sont remarquablement synchronisées. Elles indiquent une rupture au début des années 1970, dans la foulée des événements de mai La famille bourgeoise «traditionnelle», alors dénoncée comme un carcan, fait progressivement place à diverses formes de vie familiale nouvelles. [ ] Il en résulte une diversification des formes de vie familiale. L époque, encore récente, où prévalait un modèle dominant, celui du couple marié avec ses enfants, est révolue. [ ] La diversité des ménages s est incontestablement accrue en trente ans. Les couples mariés coexistent avec les couples concubins et «pacsés» ; les familles nucléaires (i.e. formées d un homme, d une femme et de leurs enfants) avec les familles monoparentales et recomposées, sans oublier les ménages composés d une seule personne ; les mères au foyer avec les mères exerçant un emploi ; etc. Il existe différentes manières de s établir en couple et de fonder une famille. La baisse de la nuptialité et la hausse du divorce symbolisent cette diversification, le mariage et la vision clivée des rôles conjugaux qui l accompagnait ne constituent plus un point de passage obligé. [ ] Les changements familiaux s accompagnent [ ] d une évolution parallèle des opinions. [ ] Les nouvelles formes de vie familiale sont plus largement acceptées et la définition de la famille ne cesse de s assouplir. [ ] Cette plus grande tolérance est associée à un rejet de l intrusion moralisatrice des institutions religieuses, idéologiques ou politiques, c est-à-dire de la sphère publique. J.-H. DECHAUX, Sociologie de la famille, La Découverte, coll. «Repères», b. Les différentes formes de familles Familles Modèle conjugal traditionnel Familles monoparentales Familles recomposées Bréal, Définir 1. Quelle est la famille traditionnelle évoquée dans le texte? 2. Qu est-ce que la diversification des formes familiales? 3. Comment expliquer la fin du modèle familial traditionnel? 12 Les familles monoparentales ou recomposées a. La succession des unions Les parents ayant formé une nouvelle union peuvent avoir des enfants avec leur nouveau conjoint. Ces enfants vivent alors avec leurs deux parents et cohabitent avec leurs demi-frères ou demi-sœurs nés d une union précédente de l un des parents. Ces familles recomposées comprennent alors des enfants nés d une union précédente et des enfants du nouveau couple. Insee. Définir 1. Qu appelle-t-on «famille monoparentale» et «famille recomposée»? 2. Quelles peuvent être les causes de l existence des familles monoparentales et des familles recomposées? 3. Comment la structure familiale a-t-elle évolué entre 1990 et 1999? b. La structure des familles Évolution Nombre En % Nombre En % (en %) Familles «traditionnelles» , ,4 8,6 Familles monoparentales , ,6 17,4 Familles recomposées dont : , ,0 9,6 familles dans lesquelles aucun enfant n est du couple actuel , ,7 5,8 familles dans lesquelles vivent des enfants du couple actuel et ceux d une précédente union , ,3 13,1 Ensemble des familles , ,0 3,3 Champ : familles avec au moins un enfant de moins de 25 ans. Insee, enquêtes «Étude de l histoire familiale» 1990 et Chapitre 1
29 13 Familles monoparentales et précarité Les familles monoparentales [ ] se sont multipliées en quelques décennies. Or, de toutes parts, les enfants de ces familles sont repérés comme cumulant les risques. [ ] Certains organismes ou associations tels le centre de recherche pour l étude et l observation des conditions de vie (Crédoc) ou le Secours catholique estiment que la moitié d entre eux ne partent pas en vacances et doivent être secourus par les associations Le 10 avril 2006, la conférence nationale de lutte contre les exclusions avait encore confirmé que la pauvreté monétaire des femmes et des familles monoparentales allait croissant. En fin d année dernière, une enquête Ipsos avait interrogé des femmes seules élevant des enfants. Celles-ci faisaient part de leur angoisse financière : 67 % avançaient des difficultés à boucler les fins de mois, alors que 70 % admettaient rencontrer des problèmes récurrents d ordre financier. [ ] Dernière confirmation en date : selon le rapport annuel de la délégation du Sénat aux droits des femmes et à l égalité des chances, rendu le 21 juin [2006], ces familles monoparentales sont à dominante féminine et souffrent plus que les autres de la précarité. [ ] Fait préoccupant, «parmi les 25 % d enfants qui vivent aujourd hui avec un seul parent, 85% vivent avec leur mère et un tiers ne voit plus jamais leur père», précise encore le rapport. J. PLANTET, «Les familles monoparentales dans la précarité», Lien social, n 809, 21 septembre Comment expliquer que les familles monoparentales évoquées dans le texte soient des familles dont le parent seul avec ses enfants est une femme? 2. Comment peut-on expliquer que les familles monoparentales vivent plus souvent que d autres dans une situation précaire et connaissent plus fréquemment la pauvreté? 14 Les liens familiaux dans une famille recomposée Au fondement des liens entre enfants et beaux-parents émerge en tout premier l importance des gestes, des actes, des sentiments nés de l expérience partagée d une vie «familiale». Celle-ci s appuie d abord sur la corésidence. Au fil de ces moments quotidiens que sont la préparation et le partage des repas familiaux, le lever ou le coucher des enfants, comme à travers certaines attitudes «éducatives» ou autoritaires qu il pourra adopter dans la vie commune, le beau-parent peut jouer auprès de l enfant de son conjoint un rôle quasi parental. [ ] Cette corésidence engendre, entre les enfants de diverses origines, des relations calquées sur le modèle de la fraternité. Ainsi Pauline et Louise, qui sont en vertu du langage sociologique des «quasi-sœurs», ontelles commencé à se présenter l une l autre comme des «sœurs» à partir de leur installation dans un appartement commun. [ ] [ ] Jean, père et beau-père de Louise, Pauline et Guillaume, qui vivaient dans sa maison, avait le sentiment de traiter également l ensemble des enfants de la fratrie recomposée. Il en allait différemment avec Audrey, la fille aînée de son épouse, qui ne vivait pas avec eux au quotidien. «Avec Audrey, il y avait des possibilités de conflits mais moi je ne disais jamais rien.[ ]. J ai plus de difficultés avec elle parce qu elle ne vit pas là. [ ]» A. MARTIAL, «S apparenter dans une famille recomposée», Sciences humaines, n 156, janvier Quelle est la différence entre des «demi-frères et sœurs» et des «quasi-frères et sœurs»? 2. Commenter la première phrase du texte. 3. Expliquer les propos de Jean, père et beau-père dans une une famille recomposée. Faire le point documents 10 à Vrai ou faux? a. Depuis 1970, le nombre de mariages augmente et le nombre de divorces baisse. b. La séparation concerne uniquement les couples mariés. c. Le modèle unique de la famille n existe plus. d. La forme familiale majoritaire est toujours celle de la famille traditionnelle. e. Faire partie d une famille monoparentale est facteur de précarité et de pauvreté. f. La nouvelle union du parent d une famille monoparentale transforme celle-ci en famille recomposée. g. Il existe une diversité des formes familiales dans la société démocratique contemporaine. 2. En quoi peut-on dire que les formes familiales se sont diversifiées? La diversité des formes familiales 29
30 B. Des liens familiaux toujours solides 15 La continuité familiale Les lignées ne sont plus reliées par la transmission d un bien et guère davantage par une culture religieuse. Qu estce qui les tient alors? Si l on est présent auprès de parents, jeunes et/ou vieux, de ses grands-parents (ou l inverse), est-ce donc par devoir, est-ce par amour? [ ] Normes de réciprocité, injonction 1 du devoir résultent de choix individuels, dans lesquels l affectif entre aussi pour beaucoup. «On ne se pose pas trop la question, c est normal, je pense que l affectif se mêle à la question du devoir, c est lié. Il y a un retour, moi je suis allée passer des vacances à la ferme chez ma tante Marguerite, et il y a des liens et moi je le vis comme quelque chose de normal et pas contraignant», explique Isabelle Langlois qui s occupe de sa tante et l emmène faire ses courses une fois par semaine, car celle-ci a des difficultés à se déplacer. La belle-mère de Gérard Gabin est une vieille dame très exigeante, mais il en prend soin, au titre de la réciprocité : «C est la reconnaissance du ventre, on ne peut pas y échapper ; même si on est brouillé avec quelqu un, si ce quelqu un m a donné quelque chose auparavant, je ne pourrai jamais dire, cette personne, je ne la connais pas.» [ ] Sa fille Anne, quant à elle, nuance ; si elle doit prendre soin de ses parents ou de ses tantes, c est plutôt par affection [ ]. [ ] Ainsi, en dépit de tous les éléments sociaux et culturels qui modifient la vie comme les valeurs des générations depuis soixante-dix ans, un lien fort demeure, parce qu il relève de l ordre de la norme. C. ATTIAS-DONFUT,N.LAPIERRE,M.SEGALEN, Le Nouvel Esprit de famille, Éditions Odile Jacob, Injonction : ordre. 1. L évolution de la société met-elle la famille en péril? 2. Commenter la phrase soulignée en l illustrant par des exemples pris dans le document. 16 La famille et les valeurs des Français Question : Parmi les valeurs suivantes qui vous ont été transmises, quelles sont celles qui comptent le plus aujourd hui, pour vous 1? L honnêteté Le respect d autrui Le sens de la famille Le goût du travail La tolérance Le courage Le sens de la justice Le respect de l autorité La générosité Le goût du bonheur Le sens de l intérêt général Le souci de l épanouissement personnel La foi en Dieu Le patriotisme 5 Les valeurs reçues (en %) Le total des pourcentages est supérieur à 100, les personnes interrogées ayant pu donner cinq réponses. 74 Question : Selon vous, aujourd hui, comment s effectue le mieux la transmission de ces valeurs? Est-ce à travers 2 : En % La famille L école Le monde du travail 12 La vie 10 associative Les médias 6 L Église 4 Autres modes 1 de transmission Sans opinion Le total des pourcentages est supérieur à 100, les personnes interrogées ayant pu donner deux réponses. Enquête réalisée les 12 et 13 octobre 2005 pour le magazine Pèlerin auprès d un échantillon national de personnes représentatif de l ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur domicile. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage, PCS) et stratification par région et catégorie d agglomération D après 1. Donner la signification des deux nombres entourés en les intégrant dans une phrase. 2. Quelle place tient la famille dans les valeurs des Français? 30 Chapitre 1
31 17 «La famille va bien» Si on demande leur avis aux Français, les deux tiers pensent que la «famille française» va mal, mais, en même temps, ils affirment presque tous que leur famille va bien. On voit que cette contradiction s alimente elle-même : plus on pense que la famille, en général, est en crise, plus on est enclin à se juger chanceux d avoir une famille qui ne vous donne pas de souci et même vous comble de bonheur. En effet, les Français valorisent hautement la famille : pour eux, c est l institution la plus importante et ils sont 80 % à penser que c est en famille qu on se sent le mieux, qu on est heureux. [...] La parentèle 1 localisée paraît en passe de devenir le réseau de base de notre système social. Les maisonnées d autrefois ont disparu. [...] Mais cette décohabitation des générations est compensée par la proximité des résidences : les trois quarts des jeunes ménages, mariés ou non, habitent à moins d une demi-heure de voiture d un ménage de parents, le plus souvent ceux de la femme. La majorité des femmes ont un contact quotidien avec leur mère, soit une rencontre, soit un appel téléphonique... sans compter le courrier électronique. La vitesse accrue des transports fait que la distance même n est plus un obstacle aux rencontres : le fils étudiant rentre à la maison en fin de semaine et rapporte à sa mère son linge à laver, les petits-enfants vont chez leurs grandsparents les plus proches le mercredi et le week-end, et chez les plus éloignés pendant leurs vacances. La parentèle localisée permet de moduler les rapports : la belle-mère rentre chez elle avant que le conflit naisse avec sa belle-fille, et elle peut mieux entretenir avec son gendre ce rapport distant et amusé que les ethnologues appellent la «parenté à plaisanterie». H. MENDRAS, La France que je vois, Autrement, coll. «Frontières», Parentèle : ensemble des parents ou parenté. 1. En quoi l opinion des Français sur la famille est-elle contradictoire? 2. Comment expliquer cette contradiction? 3. Montrer que, bien que ne vivant pas ensemble, les membres de la parenté sont souvent très liés. Faire le point documents 15 à Recopier et compléter le texte ci-dessous en choisissant, parmi les propositions entre parenthèses, le terme qui convient. La famille est (indépendante de fragilisée par) l instabilité de la vie de couple. En général, la vie de couple (n est pas est) rejetée, mais les individus sont devenus très exigeants, (empêchant provoquant) ainsi bon nombre de séparations. Malgré les transformations et les bouleversements que connaît la société, le lien familial (reste solide disparaît). La famille (demeure a cessé d être) une valeur fondamentale, on peut donc (facilement difficilement) affirmer qu elle est en crise. Si les Français estiment fréquemment que la famille est (en péril solide), ils sont (minoritaires majoritaires) en revanche à estimer que la leur va bien. 2. La famille est-elle menacée par la crise du couple? Faire la synthèse documents 10 à 17 En quoi la famille reste-t-elle stable au-delà de ses changements? La diversité des formes familiales 31
32 À retenir La diversité des formes familiales 1 Qu est-ce que la famille? A. La famille est différente selon la société Toute famille, quelle que soit la société à laquelle on se réfère, est un groupe d individus unis par des liens de parenté, c est-à-dire des liens d alliance ou de filiation. Les premiers se créent à l occasion de l union d un couple ; les deuxièmes apparaissent entre les enfants et leurs parents. Cependant, les formes familiales sont spécifiques à la société considérée et à sa culture. Le statut de chaque membre de la famille dépend de la société dans laquelle on se trouve ; ainsi on observe que les relations de parenté peuvent être différentes. Par rapport à la famille des sociétés traditionnelles, celle des sociétés industrielles est de taille réduite, ses membres y jouissent d une plus grande autonomie. La famille diffère également d une société industrielle à une autre. Ainsi la famille nord-américaine semble-t-elle être plus individualiste que la famille européenne : la première apparaît avant tout comme nucléaire, c est-à-dire réduite aux parents et à leurs enfants ; la seconde se présente davantage de façon élargie, maintenant des liens étroits avec les enfants lorsqu ils ont quitté leurs parents et fondé leur propre foyer. L alliance, que ce soit sous la forme du mariage ou sous celle de l union libre, est à l origine de la création d une famille. En effet, la procréation, qui permet aux générations de se reproduire, s effectue essentiellement dans le cadre familial en respectant l interdit de l inceste. La monogamie, mariage entre deux personnes, n est pas partout la norme ; la polygamie, mariage d une personne avec plusieurs autres, est présente dans un certain nombre de sociétés. 2 B. La famille est une institution Pour définir le concept de famille, l Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) retient la notion de famille au sens étroit. Elle se caractérise par un groupe d individus qui résident ensemble et qui sont unis par des liens de parenté. Dans la majorité des cas, elle correspond à la famille nucléaire. Le concept économique de ménage est proche mais distinct : il retient le critère de corésidence, mais pas celui de parenté ou d alliance. La plupart des ménages sont aussi des familles (au sens de l Insee). Une acceptation plus large que celle qui est retenue par l Insee définit la famille élargie comme un ensemble de personnes qui ont des relations de parenté, qu elles corésident ou non. La famille élargie est également nommée parenté. La famille est une institution : des normes, c est-à-dire des règles fixées par la société (règles sociales) ou par la loi (règles juridiques), dictent la conduite des individus dans la famille. De cette façon, la famille favorise l intégration de ses membres dans la société et est un facteur de cohésion sociale. Comment la famille a-t-elle évolué dans la société française contemporaine? A. La diversification des formes familiales La libéralisation des mœurs, l évolution de la place des femmes, des changements sociodémographiques divers expliquent que le modèle de la famille traditionnelle, fondé sur un couple marié et stable, soit moins respecté et parfois contesté. Cela s illustre notamment par la crise du mariage, l augmentation des divorces, l augmentation de la part des naissances hors mariage. 32 Chapitre 1
33 À retenir Une diversité des formes familiales se manifeste ; la famille se présente désormais sous une pluralité de formes : famille conjugale traditionnelle (un couple marié et stable avec ses enfants), qui demeure le cas majoritaire, famille monoparentale (un parent seul avec ses enfants) et familles recomposées (un couple et des enfants nés de différentes unions). En France, à la différence d autres pays occidentaux, la famille homoparentale (un couple homosexuel avec enfants) n est pas reconnue socialement et surtout juridiquement. Elle fait aujourd hui l objet de revendications de la part de certains groupes de pression. B. Des liens familiaux toujours solides La contestation du mariage et la généralisation de l union libre, la fragilité des relations conjugales dans le temps, mettent en évidence que la vie de couple est de moins en moins soumise à des règles, ce que désigne l expression «désintitutionnalisation du couple». La vie de couple n est pas rejetée, mais les conjoints s affranchissent plus fréquemment qu autrefois de ses contraintes. Pour autant, même si la famille traverse des bouleversements liés aux aléas de la vie de couple, elle garde une relative stabilité et la famille traditionnelle reste majoritaire. De plus, quelle que soit sa forme, la famille demeure une des principales valeurs à laquelle les individus adhèrent ; elle assure toujours une protection de ses membres et favorise leur épanouissement. Pour toutes ces raisons, elle contribue à intégrer les individus dans la société. Schéma de synthèse La famille est différente selon la société Dans toute société, la famille est à la base de l organisation sociale La famille se présente sous des formes différentes selon la société La diversité des formes familiales Qu est-ce que la famille? La famille est une institution La famille au sens étroit (au sens de l Insee), la famille élargie (parenté) et le ménage sont des notions proches mais distinctes La famille est une institution : elle impose des règles Comment la famille a-t-elle évolué dans la société française contemporaine? La diversification des formes familiales Des liens familiaux toujours solides La famille n est plus conforme à un modèle unique À côté de la famille traditionnelle qui demeure majoritaire, d autres formes de famille sont présentes Le couple se révèle d une grande fragilité La famille se transforme, mais elle demeure une valeur intégratrice fondamentale Notions au programme Famille Institution (de la famille) Diversité des formes familiales Relations de parenté Ménage La diversité des formes familiales 33
34 Évaluer ses acquis 1 Apprendre à relativiser les représentations de la famille a) Recopier puis compléter le tableau ci-dessous. La famille est universelle : elle est présente partout et à n importe quelle époque La famille est culturelle : elle est le produit de la société dans laquelle on vit Explication Argumentation Exemple b) Les affirmations suivantes sont-elles vraies ou fausses? La mariage est la seule forme d alliance d un couple. La polygamie est interdite en France. «Monogamie» s oppose à «polygamie». La famille en France aujourd hui est majoritairement une famille nucléaire. Après le départ des enfants du foyer parental, la famille disparaît. La famille monoparentale ou la famille recomposée ne sont pas tout à fait des familles. c) Recopier puis associer chaque élément de gauche à ses caractéristiques à droite. Ménage Famille au sens étroit Famille au sens large (famille élargie ou parenté) Corésidence Liens de parenté (alliance ou filiation) 2 Connaître les principales évolutions de la famille a) Recopier le schéma ci-dessous en le complétant à l aide des éléments suivants : naissances hors mariage ; union libre et refus du mariage ; autonomisation des femmes de plus en plus actives ; limitation des naissances ; divorce ; crise du mariage et / ou du couple. Mise en cause de la famille traditionnelle : couple marié, femme au foyer, nombreux enfants 34 Chapitre 1
35 Évaluer ses acquis b) Recopier et compléter le schéma ci-dessous en indiquant le nom des différentes formes familiales à partir des indices qui y figurent. La diversité des formes familiales Des parents et leurs enfants Un parent seul avec son ou ses enfants Un couple avec des enfants dont certains sont issus de précédentes alliances 3 que la famille est une institution a) Compléter les définitions suivantes sous forme d additions. Famille au sens étroit +.. = Ménage Parenté.. = Famille au sens étroit b) Recopier le tableau ci-dessous et répondre par oui ou par non. Les enfants doivent obéir à leurs parents. L inceste est interdit. Les enfants exercent une autorité sur leurs parents. Les parents doivent être mariés. L homoparentalité est reconnue officiellement. Les parents ont l obligation d éduquer leurs enfants. Les parents doivent instruire eux-mêmes leurs enfants. Les parents peuvent choisir leur enfant et interrompre la grossesse si son sexe ne leur convient pas. Est-ce une norme (règle sociale ou juridique) de la famille occidentale contemporaine? QCM 1. La famille est : a. identique dans toutes les sociétés. b. totalement différente d une société à une autre. c. différente d une société à une autre, mais elle peut présenter des caractéristiques communes. 2. La famille au sens de l Insee est : a. synonyme de ménage. b. synonyme de parenté. c. l ensemble de personnes qui corésident et qui ont un lien de parenté. 3. La famille est : a. une institution. b. une exception. c. un résultat du hasard. 4. L évolution de la famille dans la société française contemporaine révèle : a. la diversification des formes familiales. b. la disparition de la famille. c. le maintien d un modèle familial unique. 5. La famille monoparentale est la forme de famille dans laquelle le parent est : a. uniquement célibataire. b. uniquement divorcé. c. célibataire, séparé ou divorcé, ou veuf. 6. La famille recomposée est la forme de famille : a. constituée de différents couples. b. issue d une nouvelle union d un couple. c. sans parents. La diversité des formes familiales 35
36 TD 1 Le couple Traiter l information statistique 1 Choisir sa vie de couple Question : Entre le mariage, l union libre ou le concubinage et le PACS, quelle est la modalité de vie en couple qui a votre préférence? Ensemble Vit en couple Dont : Ne vit pas marié vit maritalement en couple Le mariage L union libre ou le concubinage Le PACS Sans opinion TNS Sofres, Lecture : Étude réalisée par téléphone les 3 et 4 septembre 2004 pour les espaces «Le Manège à bijoux» É. Leclerc auprès d un échantillon national de personnes représentatif de l ensemble de la population âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage, PCS) et stratification par région et catégorie d agglomération. ➊ Formuler une phrase donnant le sens de la donnée entourée. ➋ Expliquer pourquoi les données de la colonne «Ensemble» ne sont pas le résultat d un calcul de total en ligne. ➌ Quel est l intérêt de comparer chaque donnée du tableau dans la colonne «Ensemble»? ➍ Montrer que la réponse des personnes sondées dépend de leur situation. ➎ Le tableau révèle-t-il une mise en cause du mariage? 2 Situation des personnes dix ans après le début de leur union selon l année de mise en couple En % Union libre Union mariée Décès du conjoint 0 Rupture Lecture : dix ans après le début de leur union, 28 % des personnes s étant mises en couple en 1983 se sont séparées de leur conjoint, 1 % ont perdu leur conjoint, 53 % sont mariées et 18 % vivent toujours en union libre. Champ : personnes de 18 ans ou plus en 1999, vivant en ménages ordinaires et ayant déjà vécu en couple. Insee, enquête «Étude de l histoire familiale», 1999, reprise dans Insee Première, n 1107, novembre ➊ La rupture du couple signifie-t-elle obligatoirement un divorce? ➋ Comment expliquer que parmi les personnes interrogées, dix ans après le début de leur union, lorsque leur couple disparaît, ce soit très rarement dû au décès de leur conjoint? ➌ Les dates figurant sur l axe des abscisses sont-elles les dates auxquelles on établit la répartition de la situation des personnes dix ans après leur union? Expliquer. ➍ Quelle est la répartition approximative, en pourcentages, de la situation des personnes dix ans après une mise en couple en 1950 et en ➎ Commenter le graphique. 3 Évolution de la répartition des divorces par type (en%) ,6 60,4 Consentement mutuel 70,7 Faute 37,2 3, ,4 Rupture de la vie commune D après le ministère de la Justice, ➊ Expliquer les différents types de divorces. ➋ Formuler une phrase donnant le sens de la donnée entourée. ➌ Comment les divorces prononcés en 2004 se répartissent-ils? ➍ 60,4 / 25,6 2,36. Peut-on prétendre que le nombre de divorces par consentement mutuel a été multiplié par 2,36? Expliquer. ➎ Commenter le graphique. Existe-t-il une crise du couple dans la société française? 36 Chapitre 1
37 TD 2 Le lien entre parents et enfants au cours de la vie Traiter l information statistique 1 Proportion d enfants qui voient leurs parents au moins une fois par semaine selon la configuration familiale durant l enfance (en %) 60 En % Ses deux parents Sa mère seule Son père seul 2 50 Sa mère et un beau-père 0 Son père et une belle-mère 1 Voit son père Voit sa mère Autres situations Ensemble (toutes situations) Ined-Insee, enquête «ERFI-GGS1», 2005, reprise dans Ined, Population et sociétés, n 427, octobre ➊ Les pourcentages indiqués dans le graphique sont-ils des parts relatives ou des taux de variation? ( Fiche méthode 6, p. 238) Expliquer. ➋ Formuler une phrase donnant le sens de la donnée entourée. ➌ Comment expliquer l écart entre les deux données encadrées? ➍ Les pourcentages de la catégorie «Ensemble» sont-ils une moyenne? Expliquer. ➎ Commenter le graphique. Champ : femmes et hommes âgés de 18 à 59 ans, dont les deux parents sont encore en vie. Lecture : 46 % des adultes qui ont passé la majeure partie de leur enfance avec leurs deux parents voient leur mère au moins une fois par semaine. 1. Les effectifs sont très faibles (moins de 10 observations). 2 Le lien des enfants devenus adultes avec leurs parents Temps d éloignement du foyer parental Voit ses parents Moins de Entre 30 minutes 30 minutes et 2 heures Plus de 2 heures Ensemble Au moins une fois par semaine Quelques fois par mois Quelques fois par an Jamais Total Ined-Insee, enquête «ERFI», 2005, reprise dans Insee Première, n 1157, septembre Champ : adultes âgés de 18 à 79 ans ayant quitté le foyer parental et dont au moins un des parents est en vie. Lecture : 76 % des adultes qui vivent à moins de 30 minutes de chez leurs parents les voient au moins une fois par semaine. ➊ Ce tableau comprend-il des totaux en ligne ou en colonne? Expliquer. ➋ Formuler une phrase donnant le sens de la donnée entourée. ➌ Quelle est l incidence du lieu de domicile des adultes sur la fréquence à laquelle ils voient leurs parents? ➍ Justifier le titre du tableau. ➎ Voir ses parents lorsqu on a quitté leur foyer, est-ce la seule façon d entretenir des relations avec eux? Montrer qu au cours de la vie des individus le lien de filiation reste fort, mais que son importance est différente selon les situations. La diversité des formes familiales 37
38 Chapitre 2 Les fonctions de la famille Objectifs Connaître les différentes fonctions de la famille : une instance de socialisation, un lieu de production, de consommation et d échanges. l idée de reproduction sociale et montrer qu elle n induit pas obligatoirement un déterminisme social. Sommaire 1. Comment la famille participe-t-elle à la socialisation des individus? A. La famille est une instance de socialisation B. La famille favorise la reproduction sociale En quoi la famille est-elle un lieu de production, de consommation et d échanges? A. Un lieu de production et de consommation B. Des échanges familiaux matériels et affectifs À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Une famille paysanne dans les années 1930 en Italie Qu est-ce qui semble unir cette famille paysanne des années 1930? 2 Une famille le jour de la rentrée des classes Qui éduque un enfant? 38 Chapitre 2
39 3 Les liens familiaux et Internet Les liens familiaux ont-il tendance à se déliter? 4 La relation parent-enfant Quelle peut être la nature des relations familiales? BLACHON, Les Malmenés, Stock, En % moins de De à moins de De à moins de De à moins de De à moins de et plus D après Insee, «Transmissions intergénérationnelles dans l'enquête Patrimoine 2004 : donations, héritages et aides», Insee résultats, n 52, juillet Champ : ménages ayant au moins un enfant hors domicile. 5 Proportion des ménages ayant versé une aide financière à leurs enfants selon leurs revenus en 2006 Que montre ce graphique concernant le rôle des parents? Question documents 1 à 5 Les liens familiaux sont-ils uniquement matériels? Les fonctions de la famille 39
40 1 Comment la famille participe-t-elle à la socialisation des individus? La famille participe à la socialisation des individus en leur transmettant des normes et des valeurs, ce qui tend à reproduire les positions sociales d une génération à l autre. Pour commencer La société Game commercialise un nouveau jeu vidéo : Love and Children. Le principe de ce jeu est le suivant : son initialisation fait apparaître des nouveau-nés, des deux sexes, et leurs parents vivant en couple dans des milieux sociaux divers. Le jeu comprend deux niveaux : premier niveau, chaque enfant grandit de la petite enfance à l entrée dans la vie adulte ; second niveau, les jeunes adultes choisissent un conjoint. Afin de remporter des points, le joueur doit : au premier niveau, guider l entourage familial pour qu il favorise l intégration des enfants en leur transmettant des valeurs et des normes, c està-dire des idéaux et des règles (il s agit de les socialiser) ; au second niveau, guider chaque jeune adulte pour qu il choisisse un conjoint qui satisfasse ses attentes. Premier niveau 1. Parmi les situations alternatives se présentant au cours de la socialisation des enfants, quel doit être le choix du joueur permettant de rapporter des points? Autoriser (et encourager) ou interdire : l honnêteté le vol les insultes l amitié le travail l égoïsme le respect la politesse la violence la vantardise l obéissance la propreté manger au-delà de ce qui est nécessaire. Second niveau 2. Une union entre deux jeunes adultes issus de deux milieux sociaux différents est-elle possible? Expliquer selon que l on se situe dans une société d ordres comme sous l Ancien Régime ou dans une société démocratique régie par l égalité des droits. 3. Dans ce jeu, le choix de n importe quel conjoint est possible. Si un personnage choisit un conjoint d un milieu social opposé au sien, risque-t-on, a priori, de gagner ou de perdre des points? A. La famille est une instance de socialisation 1 La famille est un agent de socialisation La socialisation, c est le fait pour les individus d apprendre et d intérioriser les comportements que la société, dans laquelle ils se trouvent, valorise. Ce processus se réalise tout au long de la vie par ajustements successifs, mais certains moments sont plus spécifiques, par exemple la socialisation primaire de l enfance. La socialisation dans l enfance consiste d abord à apprendre des gestes (propreté, nourriture), des manières de se comporter en société (saluer, remercier), le langage (parlé puis écrit). Cela se fait aussi bien par imitation (l enfant reproduit ce qu il voit et entend) mais aussi par la contrainte (ce qui est permis et ce qui ne l est pas). Ainsi va se faire l apprentissage des normes et des valeurs dominantes dans la société où vit l enfant. Dans ce cadre, les principaux agents socialisateurs sont la famille et le système scolaire, et le cas échéant la religion. Plus généralement, tout groupe va jouer un rôle socialisateur. [ ] Avant même et pendant la scolarisation, c est aussi par le jeu que l enfant va apprendre les rôles qu il convient de tenir dans son milieu. [ ] Il va de soi qu une grande part du processus de socialisation se fait de manière inconsciente. Par exemple, l enfant ne sait pas qu il a appris telle langue plutôt que telle autre parce que ses parents la parlaient. G. IGNASSE, M.-A. GENISSEL, Introduction à la sociologie, Ellipses, Définir 1. En quoi consiste la socialisation? 2. La famille est-elle le seul agent de socialisation? 3. Que se passe-t-il lorsqu un enfant ne se conforme pas aux normes et aux valeurs qu il est censé avoir intégrées? 4. Expliquer la dernière phrase du texte. 40 Chapitre 2
41 2 La socialisation au quotidien a. La socialisation des enfants C. BRETÉCHER, Les Frustrés, 1996, 1 er strip «J élève mon enfant» (t. 1), 2 e strip «La grande fille» (t. 1), 3 e strip «Un couple» (t. 3), Claire Bretécher Les Frustrés / Dargaud b. Les différents modes de socialisation Modes de socialisation Injonction Ordres donnés par les parents aux enfants Interaction entre l individu et son environnement Les membres de la famille se comportent les uns en fonction des autres Imitation des autres Imitation du monde des adultes et des parents par les enfants 1. À quel mode de socialisation correspond chacune des scènes décrites par la bande dessinée? 2. Trouver une autre situation de socialisation des enfants par l intermédiaire d un agent autre que la famille. Bréal, Les fonctions de la famille 41
42 3 Le «deuxième sexe» On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine. [...] En vérité, l influence de l éducation et de l entourage est ici immense. [...] Ainsi, la passivité qui caractérisera essentiellement la femme «féminine» est un trait qui se développe en elle dès ses premières années. Mais il est faux de prétendre que c est là une donnée biologique ; en vérité, c est un destin qui lui est imposé par ses éducateurs et par la société. L immense chance du garçon, c est que sa manière d exister pour autrui l encourage à se poser pour soi. Il fait l apprentissage de son existence comme libre mouvement vers le monde ; il rivalise de dureté et d indépendance avec les autres garçons, il méprise les filles. Grimpant aux arbres, se battant avec des camarades, les affrontant dans des jeux violents, il saisit son corps comme un moyen de dominer la nature et un instrument de combat [...]. Il entreprend, il invente, il ose. [...] Au contraire, [on apprend à la femme] que pour plaire il faut chercher à plaire, il faut se faire objet ; elle doit donc renoncer à son autonomie. On la traite comme une poupée vivante et on lui refuse la liberté ; ainsi se noue un cercle vicieux ; car moins elle exercera sa liberté pour comprendre, saisir et découvrir le monde qui l entoure, moins elle trouvera en lui de ressources, moins elle osera s affirmer comme sujet. S. DE BEAUVOIR, Le Deuxième Sexe (1949), tome 2, Gallimard, coll. «Folio», Qu est-ce qui distingue les individus du sexe masculin de ceux du sexe féminin dès le plus jeune âge? 2. Expliquer la première phrase du texte. 3. Les propos de Simone de Beauvoir semblent-ils encore d actualité? 4 Socialisation différentielle Dire à un petit garçon : «Ne pleure pas, tu n es pas une fille!» est une expression chargée de sens. C est signifier fortement les qualités de sexe 1 attendues : la virilité d un côté, la sensibilité de l autre. La socialisation différentielle en vigueur entre les sexes fait en sorte qu un garçon va se comporter en garçon et une fille en fille, comme on le leur a appris. Si l on suit Elena G. Belotti, à «cinq ans tout est joué et l adéquation aux stéréotypes 2 masculinsféminins est déjà réalisée» 3. Ces stéréotypes se traduisent dans les objets qui entourent les enfants : les jouets, les livres, les manuels scolaires, les catalogues publicitaires, etc. Les jouets sont le reflet des valeurs et des activités des adultes. Ce qui les destine à un garçon ou à une fille, ce sont les représentations que se font les adultes des rôles masculins et des rôles féminins dans la société. [...] Les jouets proposés sur le marché correspondent à une division entre les sexes très nette, qui reproduit la répartition des rôles sociaux de sexes dans la famille [...]. Comme le sens commun se plaît à le soutenir, parfois non sans esprit de dérision, les hommes sont passionnés par la mécanique automobile, et les femmes sont spécialement «douées» pour s occuper des enfants et du ménage. S. VINCENT, Le Jouet et ses usages sociaux, La Dispute, Genre masculin et genre féminin. 2. Stéréotype : modèle de comportement. 3. E. G. Belotti, Du côté des petites filles, Éditions Des femmes, Qu est-ce que la socialisation différentielle selon le genre? 2. En quoi cette socialisation différentielle inculque-t-elle des stéréotypes masculin et féminin dès le plus jeune âge? Faire le point documents 1 à 4 1. Vrai ou faux? a. La famille est le seul agent de socialisation. b. Socialiser, c est transmettre des normes et des valeurs. c. La socialisation permet d intégrer l individu. d. La socialisation se réalise selon trois principales modalités : l injonction, l interaction et l imitation. e. Ne pas respecter une norme expose à une sanction. f. La socialisation des filles et celle des garçons diffèrent. 2. En quoi la famille exerce-t-elle une influence sur le comportement des enfants? 42 Chapitre 2
43 B. La famille favorise la reproduction sociale 5 exercice De la socialisation à la reproduction sociale Depuis leur naissance et au moins jusqu à leur adolescence, les enfants reçoivent de leurs parents des normes et des valeurs. Les normes prescrivent des comportements (manger à table avec des couverts, faire ses devoirs scolaires, etc.) et en proscrivent d autres (interdiction d insulter autrui, de voler ou de tuer, etc.). Ces normes qui guident les individus se fondent sur des valeurs (l amour, l amitié, le travail, etc.). D une génération à l autre, des changements socioculturels se produisent, mais ils sont relativement lents, du fait notamment de la socialisation qui agit dans le sens d une reproduction sociale. Imaginer deux couples d actifs occupés d une trentaine d années ; chaque couple a des enfants. Voici quelques indications sur les quatre personnages adultes : Prénom Lieu d habitation Métier Origine sociale Marie-Charlotte Kelly Un duplex dans le centre d une grande ville française Musicien(ne) dans un orchestre philharmonique Vendeur(se) dans un hypermarché Classe populaire Jimmy Philibert Un quatre pièces d une HLM de banlieue Directeur(trice) de banque Manutentionnaire Classe bourgeoise a. D après ces indications, sait-on avec certitude quelles personnes constituent ces deux couples? b. D après ces indications, peut-on se douter de l identité des adultes qui constituent ces deux couples? Expliquer. c. Quels autres indices auraient permis de connaître la façon dont ces deux couples sont constitués? d. La socialisation des enfants de chaque couple sera-t-elle identique? Pourquoi? Quelle influence aura-t-elle sur leur vie future? 6 Un exemple de reproduction sociale Georges de Caunes ( ) : journaliste et animateur de radio et de télévision. Jacqueline Joubert ( ) : actrice de théâtre, présentatrice de télévision, productrice et réalisatrice d émissions de variétés. Antoine de Caunes (né en 1953) : homme de télévision polyvalent ; acteur, puis scénariste et réalisateur de cinéma. Gaëlle Royer : réalisatrice de documentaires et graphiste. Observation 1. En quoi cette famille est-elle un cas de reproduction sociale? Interprétation 2. Quels éléments peut-on avancer pour expliquer cette reproduction sociale? 3. Trouver d autres exemples de reproduction sociale. Emma de Caunes (née en 1976, mariée à Sinclair dont elle a divorcé) : actrice et animatrice de télévision. Sinclair (né en 1970) : chanteur. Son père est ingénieur du son, son frère est producteur et DJ (sous le nom de Boom Bass), son oncle, animateur de radio. Bréal, Les fonctions de la famille 43
44 7 Le choix du conjoint Qui épouse qui? Qui vit en couple avec qui? C est à cette question simple qu ont tenté de répondre les deux enquêtes menées successivement à l INED 1 par Alain Girard 2 en 1959 et par nous-mêmes en [ ] Le choix du conjoint n était pas qu une affaire de sentiment, c était d abord un «phénomène social». [ ] Si cela ne tenait qu aux individus, le choix du conjoint serait libre. Nous aurions tous des chances égales d épouser n importe qui. Pourtant [ ] tel n est pas le cas [ ], en raison du poids des «circonstances extérieures» [ ]. Nos possibilités de choix sont limitées de l extérieur par divers obstacles. Il y a d abord les distances physiques, qui font que les Alsaciens épousent plutôt des Alsaciennes que des Bretonnes ou des Corses. Il y a ensuite les distances sociales, qui ne tiennent pas seulement à la distribution inégale de la fortune et de l instruction mais aussi et surtout au pouvoir des «normes sociales». Du coup, la tendance générale est celle de l homogamie : n importe qui n épouse pas n importe qui ; on préfère épouser son proche, dans tous les sens du terme. [ ] Quand on demande directement aux personnes interrogées s il vaut mieux que les jeunes se marient au sein de leur milieu, la réponse des parents est largement positive. Il existe donc une norme d homogamie, que chaque génération inculque à la suivante. M. BOZON et F. HERAN, La Formation du couple, La Découverte, INED : Institut national des études démographiques. 2. Alain Girard ( ) : sociologue français auteur du Choix du conjoint. Une enquête psycho-sociologique en France, PUF, Le mariage du prince Charles et de lady Diana le 29 juillet 1981 : un choix du conjoint totalement libre? Définir 1. Qu est-ce que l homogamie? 2. Par déduction, que signifie l hétérogamie (l opposé de l homogamie)? 3. Le choix du conjoint est-il entièrement libre? 8 L homogamie a. Les trois raisons de l homogamie La première est simplement probabiliste : le choix d un semblable provient du fait que les individus sont placés dans des contextes (écoles, usines, quartiers, certains lieux de loisir, etc.) où la probabilité est forte de rencontrer quelqu un dont l identité sociale est voisine de la sienne [...]. Une deuxième ligne d interprétation psychoculturelle se représente l affection comme encouragée, nourrie par la similitude des goûts, des habitudes, elles-mêmes, conditionnées par des éducations voisines. [...] La troisième ligne est économique. L homogamie sociale [...] serait le résultat d une stratégie rationnelle des acteurs cherchant, par le biais du mariage, à conserver ou augmenter leurs capitaux matériels ou symboliques 1. Dans ce sens, il faudrait distinguer une homogamie subie, dans le bas de l échelle sociale, et une homogamie voulue dans les classes supérieures. J. KELLERHALS, P.-Y. TROUTOT, E. LAZEGA, Microsociologie de la famille, PUF, coll. «Que sais-je?», Les capitaux matériels sont le patrimoine, c est-à-dire ce dont on est propriétaire (terres, logements, actifs monétaires ou financiers principalement). Les capitaux symboliques sont un ensemble de caractéristiques plus ou moins valorisées par la société : le goût, le langage, par exemple. b. Les causes de l homogamie sont liées Interprétation probabiliste 1. Expliquer chacune des trois interprétations de l homogamie. 2. Qu est-ce qui distingue une «homogamie subie» d une «homogamie voulue»? 3. L homogamie est-elle une spécificité du mariage, ou s étendelle à l union libre (ou concubinage)? Interprétation psychoculturelle Interprétation économique Choix du conjoint Homogamie Bréal, Chapitre 2
45 9 La réalité statistique de l homogamie Répartition des femmes en couple selon leur groupe social et celui de leur conjoint Groupe social de l homme Groupe social de la femme Agriculteur 72,1 3,7 1,4 2,3 2,4 3,7 5,6 5,6 2 Indépendant 4,4 37,9 8,7 8,7 8,8 7,0 8,7 9,6 non agricole 3 Cadre ou profession 1,6 9,7 47,1 24,4 9,5 3,7 10,5 13,1 intellectuelle supérieure 4 Profession intermédiaire 3,1 14,0 25,0 31,4 19,7 12,7 11,6 19,4 5 Employé 4,1 11,2 8,2 13,7 18,8 13,4 14,7 15,3 6 Ouvrier 14,6 23,3 8,5 18,9 40,6 59,2 46,1 36,3 7 Sans activité 0,1 0,2 1,1 0,6 0,4 0,3 2,8 0,6 professionnelle Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Total 1. Donner la signification des deux nombres entourés en les intégrant dans une phrase. 2. Quelle est la particularité des données statistiques figurant sur la diagonale nord-ouest / sud-est? 3. Montrer l importance de l homogamie parmi les couples. Champ : femmes vivant en ménages ordinaires, en couple en 1999 ou ayant déjà vécu en couple. Insee, enquêtes «Étude de l histoire familiale», École et inégalités On pense démocratiser l école et ouvrir les destins en donnant accès à tous aux mêmes enseignements, en levant les barrières financières ou institutionnelles, mais c est une inégalité plus sournoise qui apparaît : même quand l accès est libre, les élèves restent inégaux dans leur capacité à réussir. [...] Ces inégalités rappellent avec force que le développement de l enfant se fait dans un environnement social, et que si l on prend au sérieux les inégalités matérielles et culturelles qui existent entre les familles, on s attend effectivement à ce que les enfants soient inégalement préparés à ce qu exige le travail scolaire. Les inégalités de carrière scolaire s enracinent d ailleurs très tôt. Dès la maternelle, les tests révèlent des différences entre enfants, dans le domaine du maniement du langage, mais aussi, à un degré moindre, l aisance graphique, le repérage dans le temps, etc. Ni la scolarité en maternelle, ni la scolarité primaire ne parviennent à combler ces écarts précoces ; au contraire : ils s accentuent légèrement, année après année [...]. M. DURU-BELLAT, «L école pourrait-elle réduire les inégalités?», Sciences humaines, n 136, mars Qu est-ce que la démocratisation de l école? 2. Dans quelle mesure la démocratisation de l école est-elle un facteur d égalité? 3. Expliquer le passage souligné. 4. En quoi l école est-elle un facteur de reproduction sociale? Faire le point documents 5 à Recopier le texte ci-dessous en choisissant, parmi les propositions entre parenthèses, le terme qui convient. La socialisation reçue depuis la petite enfance (n est pas est) un facteur de reproduction sociale. Par exemple dans une société démocratique, cela se manifeste à l occasion du choix d un conjoint qui, dans la plupart des cas, s effectue au sein du même milieu social, ce qui se nomme (hétérogamie homogamie). Il en résulte une tendance à (perpétuer les changer de) positions sociales d une génération à une autre. On note que l école (ne participe pas participe également) à la reproduction sociale, car la probabilité de réussite scolaire des élèves dépend (uniquement pour une part) de leur origine familiale et sociale. 2. En quoi la famille est-elle un facteur de reproduction sociale? Faire la synthèse documents 1 à 10 Montrer en quoi la famille est un facteur d intégration des individus dans la société. Les fonctions de la famille 45
46 2 En quoi la famille est-elle un lieu de production, de consommation et d échanges? La famille est un lieu de socialisation, mais elle est également un lieu où l on produit, où l on consomme et où divers échanges s effectuent entre ses membres. Pour commencer La famille Toulmonde est constituée de deux parents, Cécile et Antoine. Ils participent à la socialisation de leurs enfants, Clémence et Édouard. Mais il existe d autres fonctions de la famille : la production, la consommation, la reproduction, l affection, la solidarité, la transmission du patrimoine. 1. Retrouver chacune des six dernières fonctions à partir des faits suivants. Antoine et Cécile ne sont pas devenus parents dès leurs premières expériences amoureuses : ils se trouvaient trop jeunes, et surtout ils attendaient de trouver le conjoint avec lequel ils seraient prêts à donner naissance à un enfant. Lorsque Cécile et Antoine décèderont, Clémence et Édouard se partageront leurs biens, comme le logement et le mobilier, ainsi que les actifs monétaires ou financiers dont ils étaient détenteurs. La famille Toulmonde effectue régulièrement des achats qui concernent l alimentation, les vêtements, l automobile, les loisirs, les vacances, etc. Bien sûr, la famille Toulmonde connaît parfois certaines frictions, notamment lorsque les enfants, adolescents, contestent l autorité de leurs parents. Mais ils restent attentifs les uns aux autres ; ils le témoignent en s embrassant ou en se réconfortant en cas de problème. La famille Toulmonde se livre à diverses activités domestiques : préparation des repas, courses, ménage, bricolage, jardinage, etc. Les membres de la famille Toulmonde sont en quelque sorte des partenaires ; ils se rendent service entre eux. 2. Montrer que les sept fonctions principales de la famille sont liées entre elles. A. Un lieu de production et de consommation 11 La famille et la production Les années de ma jeunesse ont marqué le reste de ma vie. J ai réalisé bien plus tard combien nous travaillions dur. Mes parents n étaient pas insensibles, mais très rudes. Ils n avaient pas le temps de se pencher sur euxmêmes, ni sur leurs enfants. [ ] La vie paysanne ne laissait guère de place aux cajoleries. [ ] La valeur d un paysan ne se mesurait pas à l intelligence de son cerveau, mais à l épaisseur de ses biceps. Le cultivateur cultivait ses champs, et les riches leur cerveau. Mon père ne voyait pas à quoi cela pouvait servir d apprendre ; il n avait pas idée de ce qu était l instruction... Surtout pour une fille! Cela lui semblait bien inutile. [ ] Mon père me cherchait à l école en pleine dictée ou au milieu d une rédaction. Comme une esclave, je devais me plier à ses exigences, sans aucun pouvoir de me libérer. Le plus dur, c était de reprendre ma place, avec mes vêtements trempés de sueur, mon tablier souillé par le travail de la terre. La plume collait à la paume de ma main crasseuse lorsque je la trempais dans l encrier. Mais chaque médaille n a pas que son revers. Ces corvées humiliantes m incitaient à m élever et à me libérer de ma triste condition paysanne. R. FIRHOLZ 1, Rosalie. Une enfance à la ferme, Éditions de l Est, L auteur de ce premier livre est née en 1927, elle y évoque son enfance dans la ferme familiale aux lisières de la Lorraine et de l Alsace du Nord. 1. Montrer que la famille peut être un lieu de production. 2. Expliquer en quoi la fonction de production de la famille est aujourd hui moins présente qu autrefois. 3. Autrefois, le lien familial était-il essentiellement affectif? 46 Chapitre 2
47 12 La famille et la production domestique Taux de participation aux activités domestiques et familiales (en %) Tâches domestiques Cuisine, vaisselle Ménage Linge Cuisine, vaisselle, ménage et linge Comptes et démarches Courses Cuisine, ménage, linge, comptes, démarches et courses Bricolage et jardinage Entretien et divers Toutes tâches domestiques Tâches familiales Soins aux enfants et aux adultes Hommes Femmes Définir 1. Qu est-ce que la production domestique? 2. Donner la signification des deux nombres entourés en les intégrant dans une phrase. 3. La production domestique est-elle assumée à égalité par les hommes et les femmes? 4. Montrer que la famille contemporaine dans la société occidentale a toujours une fonction de production. Champ : couples dont les deux conjoints sont salariés. Lecture : 50 % des hommes ont passé dix minutes à faire la cuisine ou la vaisselle au cours de la journée enquêtée : 82 % d entre eux ont effectué au moins l une des différentes activités domestiques. D après Insee, enquête «Emploi du temps», Repris dans Données sociales, Le taux d équipement des ménages 1 (En 2004, en %) Personnes Couples Couples avec Couples avec Couples avec Famille Type d équipement seules sans enfant un enfant deux enfants trois enfants monoparentale Ensemble ou plus Réfrigérateur avec ou sans congélateur 97,2 99,6 99,9 100,0 100,0 99,4 98,9 Four à micro-ondes 55,5 74,9 88,1 89,9 88,7 83,0 74,3 Lave-linge 79,0 97,5 98,9 99,6 99,3 96,3 92,2 Téléviseur couleur 90,7 97,1 95,9 98,1 96,3 92,8 94,8 Magnétoscope 47,7 75,5 85,1 89,5 86,5 74,6 70,6 Téléphone fixe 78,0 92,4 90,9 93,5 89,3 78,3 86,5 Téléphone portable 50,2 65,7 87,7 89,4 88,4 82,9 69,6 Micro-ordinateur 24,6 37,4 63,2 74,1 73,9 51,2 45,0 Internet 15,5 25,2 44,3 54,7 46,7 30,3 30,3 Voiture 55,3 92,2 95,0 97,0 93,5 77,5 80,7 1. Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. 2. Montrer que ce tableau illustre le fait que la famille a une fonction de consommation. 3. En quoi l équipement en biens durables est-il utile à la production domestique? Champ : France métropolitaine, ensemble des ménages. D après Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages, Part des ménages équipés en biens durables. Les fonctions de la famille 47
48 14 Les enfants et la consommation L'enfant participe à la décision des achats de la famille. Les enfants pilotent fréquemment les actes de consommation, non seulement grâce à leur argent de poche mais surtout parce que dans les familles modernes ouvertes à la négociation et à la discussion, soucieuses de responsabiliser tôt leur progéniture, ils sont associés aux décisions d achat. La consommation alimentaire familiale tend à s adapter aux préférences de chacun, ce simple fait démultiplie le contenu des caddies. Par ailleurs, avec l élévation du niveau de vie, les cadeaux opèrent plus souvent qu autrefois comme moyens de gratifications réciproques au sein des familles, et prennent parfois la forme de compensation à certains manques des parents. Enfin, les parentés élargies et recomposées renforcent les occasions de dons et contre-dons. «Dès la maternelle, l enfant est prescripteur, et son champ d influence va s élargissant. Il exige pour lui, puis décide de l alimentation domestique, des programmes télé, du magnétoscope, des vacances», observe Joël-Yves Le Bigot, responsable de l Institut de l enfant. [ ] Forts de cette connaissance des nouvelles articulations qui unissent famille et consommation, les annonceurs ont donc un intérêt à agir en direction des nouvelles générations. Cet appétit prend éventuellement un tour inquiétant, en raison de l âge précoce des bambins que certains spécialistes entendent cibler [ ]. M. DAGNAUD, Enfants, consommation et publicité télévisée, La Documentation française, Comment les enfants influent-ils directement ou indirectement sur la consommation familiale? 2. Expliquer la phrase soulignée. Faire le point documents 11 à Vrai ou faux? a. La famille d autrefois était liée avant tout par la nécessité de produire. b. La fonction de production de la famille se réalise aujourd hui essentiellement dans un cadre domestique. c. Les hommes autant que les femmes participent à la production domestique. d. Certaines tâches domestiques sont plutôt assumées par l un des deux sexes. e. Les enfants ne participent jamais à la production de la famille, qu elle soit domestique ou non. f. La consommation dépend notamment de la taille de la famille. g. L équipement en biens durables donne lieu ensuite à une production domestique. h. Les enfants n influencent pas la consommation familiale. 2. Montrer que la famille est toujours un lieu de production et qu elle est un lieu privilégié de la consommation. 48 Chapitre 2
49 B. Des échanges familiaux matériels et affectifs 15 La dissociation de la sexualité et de la procréation a. La procréation médicalement assistée (PMA) De nouvelles techniques permettent, en dissociant le couple parental, de lui donner un enfant biologiquement lié à l un et étranger à l autre qui, cependant, l accepte et l adopte avant même sa naissance. Cette dissociation du couple parental s opère sans adultère et sans tromperie. La naissance ainsi aidée vise même à rapprocher les conjoints, qui deviennent ensemble parents socioaffectifs d un enfant dont la conception ou la gestation a demandé l intervention d une tierce personne. C est le cas quand la stérilité du mari conduit la femme à rechercher, avec son consentement, une insémination artificielle avec donneur (IAD). Ou bien dans le cas où la stérilité de la femme par défaut ou perturbation d ovulation peut être contournée par l implantation dans son utérus d ovocytes prélevés sur une autre femme. C est le cas encore quand le couple aura recours à l utérus d une autre femme ; cette «mère porteuse 1» accueillera et laissera se développer dans sa matrice un embryon qui est génétiquement celui du couple demandeur, ou qui a seulement été fécondé par le mari du couple demandeur. En quelques années, voilà perturbées les notions de filiation, de maternité, de paternité, voilà dissociées sexualité et procréation d une manière toute nouvelle, puisque la conception peut se faire in vitro, hors de l utérus de la femme. Certaines de ces techniques réclament l intervention d un médecin très spécialisé, c est la procréation médicalement assistée. E. SULLEROT, La Crise de la famille, Hachette, coll. «Pluriel», Recours interdit en France. b. Les différentes façons d avoir un enfant Procréation naturelle Fonction de reproduction et de procréation dans la famille Enfants biologiques des deux parents Enfants non biologiques des deux parents Procréation médicalement assistée à partir des gamètes des deux parents : «bébés-éprouvette» Procréation médicalement assistée à partir d un don de sperme ou d ovocytes Adoption Bréal, En quoi la famille a-t-elle une fonction de reproduction? 2. Distinguer procréation naturelle et procréation médicalement assistée (PMA). 3. Montrer que la société et le droit interviennent en matière de lien de filiation dans la vie privée des familles. Joséphine Baker ( , chanteuse et danseuse de revue), son mari Jo Bouillon ( , chef d orchestre français) et leur «famille arc-en-ciel» (selon les propos de Joséphine Baker qui désignait ainsi ses douze enfants adoptés et d origines différentes) en Les fonctions de la famille 49
50 16 L importance du lien familial Les Français aujourd hui comptent sur la proximité et la chaleur de leurs proches pour trouver sens et épanouissement dans leur vie. Réussir sa vie, c est d abord réussir ses liens, assurent-ils dans ce sondage exclusif CSA / Madame Figaro. «Le lien privé obtient un consensus général», commente pour nous le sociologue François de Singly 1 : jeunes, vieux, population peu diplômée ou cadres bardés de titres, concubins, individus mariés, et surtout hommes comme femmes, tous croient en ce tissu rassurant, protecteur et altruiste que composent les liens intimes. Amour, amitié, solidarité : elles sont là, les priorités, tandis que carrière, argent, et même épanouissement dans un métier ne font plus rêver grand monde. «La seule institution qui triomphe est la famille», ajoute François de Singly. [ ] Les liens favorisent la réalisation des rêves, des désirs, car ils sont source d apprentissage, et plus seulement d une génération plus âgée vers une génération plus jeune. «Aujourd hui, si les enfants sont à ce point chéris, c est que les parents comptent aussi sur eux pour rester au goût du jour, pour apprendre des choses de leur progéniture», assure le sociologue, et perdurer dans des valeurs d enthousiasme, de découverte, dans un mouvement qui est devenu un des premiers garants d une vie accomplie. V. CHOCAS, «Qu est-ce qu on attend pour être heureux?», Le Figaro Madame, 24 février F. de Singly : sociologue français. 1. En quoi la famille a-t-elle une fonction d affection? 2. Montrer que le lien familial intergénérationnel est à double sens. 17 La solidarité familiale intergénérationnelle a. La solidarité familiale intergénérationnelle Question : Au sein de votre famille, avez-vous le sentiment qu il existe actuellement une entraide entre parents et enfants? b. Manifestations de la solidarité familiale Question : Vous, personnellement, aidez-vous un ou plusieurs membres de votre famille? ➊ En leur consacrant du temps ➋ En les aidant financièrement (par exemple en leur faisant des visites régulières ou prenant de leurs nouvelles) 3 % 5 % 6 % 1 % 30 % 34 % 20 % 62 % 60 % 37 % 42 % Très importante Plutôt importante Plutôt pas importante Pas du tout importante Oui, beaucoup Oui, un peu Non, pas du tout NSP Ipsos Public Affairs, «Les Français et les solidarités familiales et intergénérationnelles», avril 2006, Sondage effectué pour : Délégation interministérielle à la famille. Dates de terrain : 7 et 8 avril Échantillon : personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus. Méthode : échantillon interrogé par téléphone. Méthode de quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, catégorie d agglomération et région. 1. Donner la signification des deux nombres entourés en les intégrant dans une phrase. 2. En quoi la famille a-t-elle une fonction de solidarité? 3. Donner des exemples de solidarité familiale. 4. Quelle est l importance de l entraide dans une famille? 50 Chapitre 2
51 18 Aides et transmission du patrimoine dans la famille Les objets ne sont pas les seuls biens à circuler entre les générations d une même famille : l aide en services (en particulier la garde, régulière ou exceptionnelle, des enfants) et en soutien financier est pratiquée par la majorité des parents vis-à-vis de leurs enfants. Les transmissions patrimoniales par donation (capital, propriétés immobilières) sont également des pratiques relativement répandues en particulier, bien évidemment, chez les plus fortunés : plus du tiers des ménages l avaient fait ou envisageaient de le faire. [...] Outre les objets transmis à la mort de leur propriétaire, relevant de l héritage au sens courant du terme, nous avons recensé les objets utilisés ou conservés, éventuellement depuis longtemps, que l on cède à autrui, en une sorte d héritage entre vifs. Parmi ces objets conservés ou utilisés, les plus fréquemment cédés sont les meubles, les bijoux, la vaisselle, les photos et films et les objets identitaires (documents juridiques, cartes d identité, livrets de famille). Mais bien d autres choses circulent également : bibelots, tableaux, outils, accessoires utiles, linge, vêtements. B. MORTAIN, «Parenté : des biens et des liens», Sciences humaines, hors-série n 36, mars-avril-mai Quelles sont les trois principales formes de transmission matérielle entre les générations? 2. La transmission matérielle entre les générations s effectue-t-elle uniquement au sein de la famille? 19 La valeur du patrimoine transmis La transmission des biens ne règle pas simplement la transition d une propriété matérielle, elle est aussi traversée du temps, elle assure un lien entre les vivants et les morts, donne une visibilité à la continuité transgénérationnelle et constitue une mémoire familiale concrète. Elle a donc une valeur symbolique et affective sans commune mesure avec la valeur économique de ce qui est donné ou légué. Lorsque cette valeur économique ou une éventuelle valeur d usage sont faibles, voire nulles, il apparaît d autant plus clairement que ce qui est transmis «n a pas de prix», est inestimable et irremplaçable. On retrouve une insistance récurrente sur l importance sentimentale de ces objets sans valeur. Il s agit par-là de souligner combien le fait de s attacher à des «petits riens» maximise justement le sens et la portée de cet attachement. [ ] D ailleurs, même lorsqu il s agit d une donation ou d un héritage non négligeables du point de vue financier, cette dimension comptable et prosaïque, souvent mise en avant par le donateur ou le testateur, est tout aussi souvent niée, relativisée ou minimisée par les bénéficiaires. Ces derniers invoquant plus volontiers ce qui doit compter vraiment, c est-à-dire la fidélité au passé, l attachement à l entreprise familiale ou les souvenirs d enfance associés à la maison de famille. C. ATTIAS-DONFUT, N. LAPIERRE, M. SEGALEN, Le Nouvel Esprit de famille, Odile Jacob, Le patrimoine matériel familial a-t-il obligatoirement une valeur marchande importante? 2. En quoi la famille a-t-elle une fonction de transmission du patrimoine? Comment cette transmission s effectuet-elle d une génération à une autre? 3. Expliquer la première phrase du texte. Faire le point documents 15 à Recopier le texte ci-dessous en choisissant, parmi les propositions entre parenthèses, le terme qui convient. Les membres de la famille sont liés les uns aux autres, notamment du fait d échanges (aussi bien moins) affectifs que matériels. Le plus souvent, (un projet parental le hasard d une relation amoureuse) est à l origine de la reproduction des générations, que ce soit de façon naturelle, ou en recourant à la médecine ou à l adoption. De façon quasi unanime, les individus déclarent être unis à leur famille par des liens d affection auxquels ils (ne donnent pas donnent) une importance extrême. Il en résulte une (faible forte) solidarité familiale qui s exprime financièrement (ou et jamais) par du temps accordé. Le patrimoine que les individus ont constitué tout au long de leur vie (ne demeure pas demeure) le plus souvent dans la famille en passant d une génération à l autre par le don ou l héritage. 2. Montrer que les échanges matériels et affectifs dans la famille sont souvent liés. Faire la synthèse documents 11 à 19 Montrer qu au cours du temps le poids relatif des différentes fonctions de la famille a varié, mais qu aucune n a disparu. Les fonctions de la famille 51
52 À retenir Les fonctions de la famille 1 2 Comment la famille participe-t-elle à la socialisation des individus? A. La famille est une instance de socialisation Tout au long de sa vie, l individu se socialise. Au cours de la socialisation, il apprend, consciemment ou inconsciemment, les normes (les règles) et les valeurs (principes et idéaux) du groupe social et de la société auxquels il appartient. La famille est un agent de socialisation, mais il en existe d autres : école, pairs, médias et environnement. La socialisation permet à un individu d être intégré dans la société, c est-à-dire d en être un membre reconnu. La socialisation s exerce selon trois principaux modes. Le mode d injonction permet d inculquer des conduites ou des croyances par la formulation de demandes ou d ordres explicites. L interaction est un mode de socialisation qui se manifeste par les relations et les échanges entre les individus (par ses faits et gestes, un enfant induit une certaine attitude de ses parents, laquelle modifie et fait évoluer ou non le comportement de l enfant). L imitation est un mode de socialisation qui se caractérise par exemple par le fait que, dans leurs jeux, les enfants apprennent à devenir des adultes en endossant leurs divers rôles. La famille est un agent de socialisation essentiel. Elle transmet des stéréotypes masculin et féminin (modèles schématisés) ; la socialisation est donc différente selon le sexe. Un système de sanctions négatives, comme les punitions, mais aussi positives, comme les récompenses, règle les conduites individuelles. Les individus sont ainsi incités à respecter des normes et des valeurs à l intérieur de marges de tolérance. B. La famille favorise la reproduction sociale La reproduction sociale est le phénomène par lequel la société maintient les positions et les structures sociales d une génération à l autre, par exemple la division des sexes. En tant qu agent de socialisation, la famille participe à ce phénomène. L homogamie sociale, c est-à-dire le choix du conjoint dans le même milieu social ou dans un milieu proche, renforce la reproduction sociale. Conjointement à la famille, les autres agents de socialisation sont également facteur de reproduction sociale. Ainsi l école, qui dispense le même enseignement selon un principe démocratique, n établit pourtant pas l égalité des chances. La réussite scolaire des élèves dépend pour une part de leur milieu social et familial. Cependant, la reproduction sociale est relative. Même lentement, les structures sociales évoluent et les positions sociales ne se transmettent pas obligatoirement d une génération à une autre. Il n existe donc pas de strict déterminisme. En quoi la famille est-elle un lieu de production, de consommation et d échanges? A. Un lieu de production et de consommation Dans la société traditionnelle, la famille est une unité de production. Elle dispose d un patrimoine productif et elle apporte la main-d œuvre nécessaire pour produire. Les liens familiaux sont alors fondés avant tout sur l intérêt économique qu ont les membres de la famille à produire ensemble. La société industrielle a réduit à une faible minorité le nombre des familles qui sont également des unités productives. Pour autant, la fonction de production demeure dans toutes les familles à travers le cas de la production domestique. Elle résulte du travail domestique. 52 Chapitre 2
53 À retenir La famille est un lieu de vie, elle a donc également une fonction de consommation : les membres de la famille consomment ensemble des biens et des services afin de satisfaire leurs besoins économiques. En dehors de la production domestique, elle se procure divers produits, essentiellement par des achats, dont les parents ne sont pas les seuls prescripteurs. Dans la famille contemporaine, les enfants disposent fréquemment d un budget qu ils dépensent eux-mêmes et ils participent aussi aux décisions d achat de leurs parents. B. Des échanges familiaux matériels et affectifs La famille a une fonction de procréation. Les couples qui souffrent de stérilité peuvent avoir recours à des méthodes de procréation médicalement assistée ou à l adoption. La famille, et plus particulièrement les parents, investissent beaucoup affectivement dans leurs enfants ; d une manière générale, la famille exerce une fonction d affection et d attachement de première importance. La famille assure également une fonction de solidarité, notamment intergénérationnelle, c està-dire entre les générations. Elle se manifeste par l échange de services ou des dons d argent entre les membres de la famille. Par ailleurs, la famille assume aussi une fonction de transmission d un patrimoine matériel dont la valeur est économique mais aussi sentimentale. Cette fonction se présente sous la forme de dons ou d héritage. Schéma de synthèse Comment la famille participe-t-elle à la socialisation des individus? La famille est une instance de socialisation L acquisition et l intériorisation des normes et des valeurs ; un système de sanctions règle les conduites des individus Les différents modes de socialisation : injonction, interaction et imitation Par la socialisation, la famille tend à maintenir les situations des hommes et des femmes La famille favorise la reproduction sociale Le choix du conjoint par homogamie sociale Les fonctions de la famille La réussite scolaire est fonction, en partie, de l origine familiale et sociale En quoi la famille est-elle un lieu de production, de consommation et d échanges? Un lieu de production et de consommation Des échanges familiaux matériels et affectifs Fonction de production surtout domestique Fonction de consommation par l achat de biens et de services Fonction de procréation et de renouvellement des générations Fonction d affection et fonction d attachement Fonction de solidarité Fonction de transmission d un patrimoine matériel et symbolique Notion au programme Famille Les fonctions de la famille 53
54 Évaluer ses acquis 1 Connaître les différentes fonctions de la famille : une instance de socialisation, un lieu de production, de consommation et d échanges a) Recopier et compléter le schéma ci-dessous en indiquant dans chaque cadre le nom de la fonction correspondant à chaque situation indiquée. Les fonctions de la famille Transmettre des normes et des valeurs : Se livrer aux tâches domestiques : S entraider sous quelque forme que ce soit : Donner naissance à un enfant ou recourir à l adoption : Satisfaire des besoins économiques : Hériter ou recevoir des dons : Se vouer de l amour ou de l affection : La famille est réunie pour le repas. En prenant cette situation comme toile de fond, rédiger un texte de quelques lignes dans lequel toutes les fonctions de la famille seront illustrées. b) Recopier le texte ci-dessous et choisir, parmi les propositions entre parenthèses, celle qui convient. La socialisation (va au delà de / est identique à) l éducation. Il s agit d un apprentissage et d une intériorisation de (connaissances / normes) et de (valeurs / richesses). La famille est (un des agents / le seul agent) de socialisation. L individu (socialisé / conditionné) adopte ainsi une conduite (contraire / conforme) aux attentes de la société. S il (transgresse / respecte) les normes et les valeurs, il s expose à des sanctions (négatives / positives). c) Recopier puis associer les situations aux modes de socialisation qu elles illustrent. Situations Une petite fille joue à la dînette. Sans s en rendre compte, un père ou une mère se comportent souvent comme l ont fait leurs propres parents. Un jeune garçon joue aux petites voitures. Un enfant ne coupe pas la parole aux adultes. Les frères et sœurs apprennent la vie à travers leurs jeux et leurs disputes. Les enfants cherchent parfois dans le regard de leurs parents un signe d approbation ou de réprobation pour poursuivre une action ou y renoncer. La loi oblige les parents à subvenir aux besoins de leurs enfants. Chaque membre de la famille trouve sa place en fonction de celle des autres. Modes de socialisation Injonction Imitation Interaction 54 Chapitre 2
55 Évaluer ses acquis 2 l idée de reproduction sociale et montrer qu elle n induit pas obligatoirement un déterminisme social a) Recopier et compléter le schéma ci-dessous en y insérant les expressions suivantes : inégalité des chances ; homogamie ; distinction du rôle et de la place des hommes et des femmes ; reproduction sociale. Les déterminants du choix du conjoint La socialisation différentielle des sexes Le choix du conjoint n est pas indépendant de l appartenance sociale Stéréotype masculin Stéréotype féminin Inégalités des positions sociales des élèves Une école identique pour tous : l enseignement dispensé est le même pour tous les élèves L école b) Rédiger un texte court pour argumenter l affirmation suivante en utilisant chacun des termes du schéma précédent : «La famille est un facteur de reproduction sociale, mais celle-ci est relative car il n existe pas un strict déterminisme social.» QCM 1. La famille assure une fonction de socialisation : a. en donnant naissance à un enfant. b. en transmettant des normes et des valeurs à son enfant. c. en confiant son enfant à d autres institutions. 2. La famille assure une fonction de production : a. uniquement en produisant des biens et des services qu elle vend ensuite. b. uniquement en se livrant à une production domestique. c. en produisant des biens et des services qu elle vend ensuite ou en réalisant une production domestique. 3. La famille assure une fonction de consommation : a. en se procurant des biens et des services. b. en vendant des biens et des services. c. en renonçant à se procurer des biens et des services. 4. L affection et la reproduction des générations : a. se réalisent uniquement en dehors de la famille. b. se réalisent uniquement en famille. c. se réalisent de façon privilégiée en famille. 5. Au sein de la famille est assurée une fonction de solidarité : a. uniquement par l échange de services. b. par l échange de services ou de dons. c. uniquement par l échange de dons. 6. La famille assure la transmission d un patrimoine matériel dont la valeur est : a. uniquement marchande. b. uniquement sentimentale. c. marchande et sentimentale. Les fonctions de la famille 55
56 TD Famille et solidarité intergénérationnelle S entraîner à la lecture critique des textes 1 Morts d indifférence [ ] personnes furent victimes de la canicule en , «la plus grande catastrophe en Occident depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale» selon Pascal Champvert, président de l ADEHPA 2. Parmi elles, une grande majorité d aînés. Les plus faibles d entre nous, au même titre que les bébés, les handicapés, les malades mentaux. Seulement, eux, les vieilles, les vieux, les très vieilles et très vieux, ils sont un peu plus seuls et souvent encore plus fragiles. Seuls et trop discrets. Quasi invisibles. [ ] [ ] Il sera désormais difficile de dissimuler les conditions de vie de la population des plus de 80 ans. Pour rappel : ils représentent 3,6% de la population française, avec une perspective de quelque 11% à l horizon 2040, selon les projections Insee. Parmi eux, des valides et des moins valides, des «autonomes» et des «dépendants» [ ]. En général, celles-là vivent, ou vivotent, ou survivent en résidence retraite (près de ) ; parfois à leur domicile, quand elles en ont les moyens à la fois pratiques et financiers. I. FRINGUET, «Eh bien mes pauvres vieux, quel été», 4 septembre 2003, 1. La canicule de l été 2003 a été à l origine de décès supplémentaires en Europe dont plus de avant le mois d août, mois pourtant le plus chaud de cette vague de chaleur. En fait, la surmortalité au cours de l été 2003 a, en France, avoisiné les décès. 2. ADHEPA : Association des directeurs d établissements d hébergement pour personnes âgées. 2 Solidarité familiale : mythe et réalité Non, les familles n abandonnent pas leurs vieux parents! Le drame de la canicule a mis en évidence le problème de la «solitude» des personnes âgées. Ce drame a suscité nombre de discours catastrophistes sur la disparition des solidarités entre générations. N y a-t-il pas là le regret et la nostalgie d un âge d or perdu de la famille d autrefois? Faut-il rappeler qu autrefois le nombre de grands vieillards était beaucoup moins important qu aujourd hui? Comme c est encore le cas dans bien des sociétés traditionnelles, la corésidence des générations était alors indispensable, en l absence d État-providence. Ce n était d ailleurs pas toujours pour le bonheur des uns et des autres : l ethnographie de la France paysanne a par exemple mis en évidence des pratiques de «serrades» entre deux portes pour envoyer plus vite de vie à trépas un vieux qui tardait à mourir! La séparation résidentielle des générations est apparue comme un des éléments majeurs de la liberté individuelle. [ ] dans 80 % des cas, les enfants sont très présents auprès de leurs parents âgés lorsque ceux-ci sont dépendants. [ ] Les solidarités familiales sont vivantes en France, mais elles ont et auront de plus en plus besoin des soutiens des services publics pour continuer à exister. [ ] Aidons les familles et arrêtons de les culpabiliser. C. ATTIAS-DONFUT, M. SEGALEN, «Vieux : le mythe de l âge d or», Le Monde, 5 septembre ➊ Expliquer les propos du président de l ADEHPA. ➋ À quelles catégories de la population les morts de la canicule de 2003 appartiennent-ils? ➌ Quelles sont les causes, explicitement ou implicitement évoquées par ce texte, de la surmortalité des personnes âgées au cours de l été 2003? ➊ Comment expliquer les pratiques de «serrades»? ➋ Expliquer la phrase soulignée. ➌ D après les auteurs du texte, la solidarité intergénérationnelle (c est-à-dire entre les générations) doit-elle être uniquement familiale? 3 Les «aidants familiaux» Le gouvernement s apprête à mettre en place une palette de mesures pour soutenir les «aidants familiaux», ces personnes qui consacrent une partie de leur temps à un père, une mère ou un conjoint dépendant. C est ce qu a annoncé, hier, le ministre délégué à la Famille, Philippe Bas. «Il est temps que l on se rende compte du rôle que jouent les aidants familiaux» [ ]. Déterminé à reconnaître le statut des aidants familiaux, le ministre veut tout particulièrement renforcer l action des ans, «maillon fort de la chaîne de solidarité en France» et «génération pivot» entre les aînés et les plus jeunes. D autant que ces «aidants» sont nombreux : 75% des bénéficiaires de l allocation personnalisée à l autonomie (APA) sont aidés par leurs proches. Près de la moitié de ces «aidants familiaux» sont le conjoint (le plus souvent l épouse). Dans un tiers des cas, c est l un des enfants. ➊ Qui sont les «aidants familiaux»? ➋ Quel est leur rôle? ➌ D après le texte, la solidarité publique doit-elle venir en complément de la solidarité familiale ou s y substituer? D. DE MALLEVOÜE, «Un plan pour ceux qui aident un parent malade», Le Figaro, 16 mai Chapitre 2
57 Travaux dirigés 4 La solidarité dans la famille moderne La solidarité existe dans la famille moderne, toutes les enquêtes le démontrent. Elle est faite d un mélange de sentiments et d obligations, de contraintes formelles ou informelles. Elle se concrétise dans des pratiques familiales d entraide qui recouvrent un large éventail d échanges, domestiques, matériels, financiers, des aides au logement, des services de toute nature. Ces solidarités s exercent en majeure partie le long de la chaîne générationnelle, entre grands-parents, parents, enfants. Mais si les solidarités intergénérationnelles témoignent dans l ensemble d une grande vitalité, elles sont inégalement développées selon les familles. En s interrogeant sur l origine de ces inégalités, on soulève aussi la question du fondement même des solidarités : quel est le ciment familial qui les maintient? Les différences entre les solidarités familiales s expliquent tout d abord par les inégalités de ressources. La capacité potentielle d aide, en argent, en moyens matériels, en capital social et en temps, favorise le développement de l entraide (plus on possède, plus on peut donner et recevoir). Mais si le niveau de ressources a une influence certaine, il ne joue pas seul. C. ATTIAS-DONFUT, «Familles : des générations solidaires», Sciences humaines, hors-série n 33, juin-juillet-août ➊ Expliquer la phrase soulignée. ➋ La solidarité familiale est-elle également présente dans toutes les familles? Expliquer. 5 La Semaine bleue 1 Je me suis toujours promis, si j ai la chance de Les premières générations du baby-boom ont profité d une forte ne pas subir de désastre physique ou mental, croissance économique et d une massification de l éducation. d essayer de vieillir dignement, sans peser sur Elles ont contribué à un système de protection sociale généreux, personne. Mais on ne peut jamais prévoir ce mais ont connu un chômage élevé. Libéralisation des mœurs, genre de choses [ ].Tout ça pour dire que la individualisation, fréquence du divorce et des recompositions vieillesse n est pas une maladie contagieuse, ni familiales les caractérisent au moins autant que la généralisation un repoussoir ; c est un passage obligé. Il faut du travail féminin [ ]. Ayant bénéficié d une ascension sociale faire avec. La sienne et celle des autres. Si on peut forte, leurs revenus sont nettement plus élevés que ceux de la s y préparer, c est bien. Mais, n est-ce pas, on génération de leurs parents. Ce sont elles que l on qualifie aujourd hui de générations pivot, prises «en sandwich» entre une mère n a jamais très envie d imaginer le pire. Sans faire d angélisme, car il en va des «vieux» ou un père très âgés et des enfants qui sont encore au domicile comme des «jeunes», il y en a de bons et de (génération Tanguy) ou des petits-enfants qu il faut accueillir. moins bons, de sympathiques, et d insupportables, j aime bien l idée de solidarité entre les situation d entre-deux : les jeunes de ces générations poursuivent Celles nées au début des années quatre-vingt vivent souvent une générations, les plus fortes supportant les plus fragiles, les plus dynamiques boostant les plus faibles, Cependant si être adulte, c est vivre de son travail, payer son loge- des études, plus adolescents mais pas encore adultes. les plus entourées protégeant les plus solitaires. ment, fonder une famille si on le veut, là le regard change et Ce n est jamais à sens unique, finalement. devient sombre. Il y a un véritable problème de retard dans le calendrier pour l entrée dans la vie active de ces jeunes, qui ne peuvent C est pour cette raison, et pour bien d autres, que j ai accepté d être la marraine de cette devenir autonomes parce que le propriétaire de leur logement Semaine bleue leur demande une stabilité dans leurs revenus, parce que leur M. FITOUSSI, banquier ne leur fait pas confiance, parce que même si les solidarités familiales jouent au maximum, elles empêchent en même temps d être réellement autonome ; et la situation est vécue encore plus douloureusement dans les classes populaires. 1. La Semaine nationale des retraités et des personnes âgées, appelée Semaine bleue : événement visant à informer et à sensibiliser l opinion publique sur la contribution des retraités à la vie économique, sociale et culturelle, sur les préoccupations et difficultés rencontrées par les personnes âgées, sur les réalisations et projets des associations. 6 Les «générations pivot» Ministère délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille, rapport La Société intergénérationnelle au service de la famille. Conférence de la famille 2006, La Documentation française, ➊ Comment la solidarité est-elle présentée dans le texte? ➋ La solidarité intergénérationnelle est-elle obligatoirement familiale? Expliquer. ➊ Que sont les «générations pivot»? ➋ Quelles sont les difficultés auxquelles se heurtent aujourd hui les «générations pivot»? Expliquer. Montrer l existence et les limites de la solidarité intergénérationnelle dans la famille. Les fonctions de la famille 57
58 Chapitre 3 La population active Objectifs Sommaire Savoir distinguer les actifs des inactifs. ce qu est un taux d activité. Savoir analyser l évolution de la population active. 1. Comment mesurer la population active? A. Actifs et inactifs B. Les comportements d activité Comment évolue la population active? A. L augmentation de la population active jusqu en B. Une stagnation attendue de la population active à l avenir À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Une femme de ménage au Muséum national d Histoire naturelle (Galerie de l Évolution) 1 Revue de 1928 Le travail d une femme qui s occupe des tâches ménagères chez elle est-il d ordre professionnel ou domestique? Qu est-ce qui différencie le travail de la femme de ménage sur cette photographie de celui d une femme qui ferait le ménage chez elle (voir doc. 1)? 58 Chapitre 3
59 3 Une femme dans les mines de charbon en Espagne (en 2004) Reste-t-il des emplois réservés aux hommes? 4 Des bénévoles du Secours populaire amènent des enfants au bord de la mer Tout travail est-il rémunéré? Hommes Femmes Temps physiologique (sommeil, repas, toilette ) 11 h h 37 Temps professionnel (travail salarié, transport professionnel) 6 h 02 4 h 57 Temps domestique (ménage, cuisine, soins aux enfants ) 2 h 07 3 h 46 Temps de loisir 3 h 04 2 h 22 Temps de sociabilité (conversations, visites ) 0 h 49 0 h 44 Temps de transport (hors professionnel) 0 h 35 0 h 34 Total 24 h h 00 D après Insee Première, n 675, octobre L emploi du temps des salariés en 1999 (en heures et minutes par jour) Le travail (professionnel ou domestique) est-il partagé de façon égale entre les hommes et les femmes? Question documents 1 à 5 Quels sont les points communs et les différences entre toutes les formes de travail présentées sur ces photographies? La population active 59
60 1 Comment mesurer la population active? La production de biens et de services étant une activité économique essentielle, il est important de distinguer les personnes qui participent à cette production (les actifs), de celles qui ne contribuent pas à la création de richesses (les inactifs). Pour commencer Un pays a choisi de rendre la scolarité obligatoire jusqu à 16 ans et a mis l âge limite de départ en retraite à 65 ans. Sur 100 habitants, 20 ont moins de 16 ans, 14 ont plus de 65 ans et 66 ont entre 16 et 65 ans, et sont donc en âge de travailler. Sur ces 66 personnes en âge de travailler, il y en a 46 qui travaillent et qui produisent par conséquent les biens et les services consommés par l ensemble de la population. 1. Qui sont les personnes qui ne travaillent pas? 2. Quelle est la part des personnes qui travaillent dans la population totale? 3. Quel est le rôle économique des personnes qui travaillent? 4. Quel serait l intérêt économique d une augmentation de la part des personnes qui travaillent dans l ensemble de la population en âge de travailler? A. Actifs et inactifs 1 Les actifs en France 2 Des lycéens au travail a. Un paradoxe apparent : les chômeuses actives et les femmes au foyer inactives Les chômeurs font partie de la population active alors que les femmes au foyer en sont exclues. L activité mesurée n est en effet pas celle de l occupation du temps (opposée au loisir et à l oisiveté). C est celle de la participation, effective ou potentielle, à l économie nationale. Pour qu une personne appartienne à la population active, l activité qu elle exerce doit être professionnelle, au sens où elle contribue à la production de biens ou services, marchands ou collectifs. De même, un chômeur est actif dans la mesure où il pourrait et souhaiterait contribuer à cette production. D. GUILLEMOT, Économie et statistique, n 300, octobre b. La population de la France métropolitaine en 2006 (en milliers) Population totale Emploi Chômeurs D après Insee. 1. Qui classe-t-on dans la population active? dans la population inactive? Calculer 2. Combien y avait-il d actifs en France en 2006? Combien y avaitil d inactifs? Observer 1. Ces lycéens travaillent-ils? Interpréter 2. Pourquoi ne sont-ils pas classés dans la population active? 60 Chapitre 3
61 3 Le travail au noir L économie au noir au sens strict inclut les activités qui, en soi, sont parfaitement légales mais peuvent être dissimulées pour échapper aux obligations fiscales et sociales. Il s agit donc, en l espèce, de la production qui devrait normalement faire partie de l économie formelle et qui peut également la concurrencer. Elle comprend un groupe très hétérogène d activités qui, en simplifiant quelque peu, peuvent être subdivisées en trois segments. Un premier segment est le travail au noir, souvent occasionnel, fourni habituellement dans le cadre de services personnels. Exemples : femmes de ménage non déclarées, babysitters, enseignants qui donnent de temps en temps des leçons particulières, étudiants qui font un boulot pour se faire un peu d argent, etc. Un autre segment est le travail au noir organisé, plus ou moins continu, de travailleurs non inscrits, pour lesquels l employeur ne paie pas de cotisations sociales. On y trouve entre autres les professions exercées au noir à titre complémentaire, le travail des étrangers sans permis de travail et le travail non autorisé des allocataires sociaux. Le dernier segment est la nondéclaration partielle de la production ou, en d autres mots, la pratique «de faire au noir une partie des activités» qui, pour le reste, relève normalement de l activité professionnelle officielle du travailleur au noir. Définir «L économie informelle», Problèmes économiques, n 2648, 19 janvier Quelles activités classe-t-on dans le travail au noir? 2. Pourquoi l existence du travail au noir complique-t-elle la distinction entre activité et inactivité? 4 Des chevauchements entre activité et inactivité Les chevauchements entre emploi, inactivité et chômage Emploi Temps réduit involontaire Temps réduit volontaire Travail clandestin Formation Cessation anticipée d activité Chômeurs «découragés» Inactivité Définir 1. Qui classe-t-on officiellement parmi les actifs? 2. Quelles sont les situations intermédiaires entre l activité et l inactivité? Chômage D après J. FREYSSINET, Le Chômage, La Découverte, Faire le point documents 1 à 4 1. Vrai ou faux? a. Un ouvrier du bâtiment est classé dans la population active. b. Un commissaire de police est classé dans la population active. c. Un bénévole aux Restos du cœur est classé dans la population active. d. Un chômeur est classé dans la population active. e. Un étudiant est classé dans la population active. f. Un agriculteur est classé dans la population active. 2. Indiquer sur quel critère sont distingués les actifs des inactifs. La population active 61
62 B. Les comportements d activité 5 exercice Le taux d activité Le taux d activité permet de mesurer la part des actifs dans la population totale. Le taux d activité est le rapport entre le nombre d actifs et la population en âge de travailler, c est-à-dire âgée de 15 ans et plus (multiplié par 100). Il peut aussi se calculer selon le sexe et/ou l âge : Taux d activité = population active x 100 population totale de plus de 15 ans Taux d activité = des femmes nombre de femmes actives x 100 nombre de femmes de plus de 15 ans Population active française métropolitaine en 2006 (en milliers) Population de plus de 15 ans Population active Hommes Femmes Ensemble Bréal, a. Calculer le taux d activité des hommes, des femmes et de l ensemble de la population française en b. Pourquoi calcule-t-on le taux d activité en excluant les moins de 15 ans de la population totale? D après Insee. 6 Le taux d activité selon le sexe et l âge 100 En % Hommes et + Tranches d âge Femmes En % et + Tranches d âge Champ : France métropolitaine, 16 ans et plus. D après Insee Première, enquêtes «Emploi» et «Projections de population active, », n 1092, juillet Faire une phrase avec le point de la courbe 2005 correspondant aux femmes âgées de 30 à 34 ans. 2. Qu est-ce qui distinguait l activité des femmes de celle des hommes en 1970? 3. Comment a évolué le taux d activité des femmes de 25 à 60 ans entre 1970 et 2005? 4. Entre 1970 et 2005, comment ont évolué les taux d activité des femmes et des hommes de moins de 25 ans et de plus de 60 ans? 62 Chapitre 3
63 7 Le taux d activité des hommes et des femmes vivant en couple en 2005 (en %) Femmes Hommes Sans enfant 74,4 84,2 Un enfant de moins de 3 ans 80,2 96,5 de 3 ans et plus 81,1 91,2 Deux enfants dont un de moins de 3 ans 59,8 96,3 de 3 ans et plus 68,2 95,9 Trois enfants dont un de moins de 3 ans 37,1 96,4 de 3 ans et plus 68,2 94,8 Ensemble 75,7 91,4 1. Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. 2. Quelle est l influence du nombre d enfants sur le taux d activité des femmes? sur celui des hommes? D après Insee, Recensement 2005, population âgée de 15 à 59 ans vivant en France métropolitaine. 8 L activité des jeunes et des seniors Face [à la montée du chômage], un consensus social s instaure pour abaisser l âge de cessation d activité. Des formules de départ anticipé de l entreprise sont développées, financées par les pouvoirs publics, mais aussi souvent à l initiative des entreprises. L âge légal de la retraite est abaissé de 65 à 60 ans en Enfin, à partir de 1984, les chômeurs de 55 ans ou plus sont, sous certaines conditions, dispensés de recherche d emploi tout en continuant à percevoir des indemnités. En vingt ans, de 1975 à 1995, le taux d activité des seniors chute de 57 à 46 %, la baisse étant particulièrement prononcée de 1980 à [ ] Sur cette même période de 20 ans, , le taux d activité des jeunes de 15 à 29 ans baisse aussi beaucoup, passant de 66 % à 55 %. L allongement des études, particulièrement rapide de 1986 au début des années 1990, se traduit par une baisse parallèle de l activité : modérée de 1975 à 1986, puis plus rapide ensuite. Si les jeunes peuvent être incités par leurs difficultés d insertion à prolonger leurs études, ce mouvement est surtout favorisé par les pouvoirs publics à partir de 1985 avec la volonté d amener 80 % d une classe d âge au niveau du baccalauréat et le développement des baccalauréats professionnels. C. MINNI, «Structure et évolution de la population active selon l âge», Données sociales : la société française, Insee, édition Indiquer, pour les jeunes puis les seniors, comment a évolué le taux d activité depuis le début des années Expliquer 2. Comment peut-on expliquer l évolution du taux d activité des jeunes depuis les années 1980? 3. Comment peut-on expliquer l évolution du taux d activité des seniors depuis les années 1980? Faire le point documents 5 à 8 1. Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : baisse ; seniors ; rapprochés ; taux d activité ; travailler. Depuis les années 1960 en France, le développement du travail des femmes a provoqué la hausse du... féminin. Ainsi, les taux d activité masculin et féminin se sont... En même temps, les besoins de l économie ont provoqué une hausse de la scolarité qui s est traduite par une... du taux d activité des jeunes. Enfin, à partir des années 1980, pour freiner la hausse du chômage, l âge de la retraite a diminué, provoquant une baisse du taux d activité des... Au final, la classe d âge des ans est la seule à... très massivement. 2. Présenter l évolution des taux d activité des hommes, des femmes, des jeunes, des seniors en France depuis Faire la synthèse documents 1 à 8 Expliquer pourquoi le taux d activité est un indicateur important pour étudier l économie d un pays. La population active 63
64 2 Comment évolue la population active? La population active s est nettement accrue au cours des dernières décennies. Mais cette augmentation s est ralentie au début des années Allons-nous vers une baisse de la population active ou peut-on envisager une stagnation, voire une hausse de celle-ci? Pour commencer Le pays X a une population active de 19 millions (12 millions d hommes et 7 millions de femmes) pour une population totale de 38 millions de personnes. Sur les 19 millions d actifs, 5 millions ont moins de 25 ans, 12 millions ont entre 25 et 60 ans et 2 millions ont plus de 60 ans. Le pays Y a une population active de 27 millions (15 millions d hommes et 12 millions de femmes) pour une population totale de 60 millions de personnes. Sur les 27 millions d actifs, 2 millions ont moins de 25 ans, 24,5 millions ont entre 25 et 60 ans et ont plus de 60 ans. 1. Dans quel pays y a-t-il le plus de personnes âgées qui travaillent? 2. Dans quel pays les jeunes sont-ils les moins actifs (et plus longtemps à l école)? 3. Dans quel pays l égalité face au travail entre les hommes et les femmes se réalise-t-elle le mieux? Ces deux pays sont un même pays : la France, en 1900 pour l exemple X, et en 2000 pour l exemple Y. 4. Comment peut-on expliquer l augmentation de la population active française au cours du siècle? A. L augmentation de la population active jusqu en La population active française depuis 1946 (France métropolitaine) Évolution de la population active française (en milliers) Ensemble Hommes Femmes (En milliers) Insee, Recensements jusqu en 1975, enquêtes «Emploi» pour les dates suivantes. Calculer Ensemble Hommes Femmes À l aide d un taux de variation ( Fiche méthode 6, p. 238), calculer l évolution de la population active, celle de la population active masculine et, enfin, celle de la population active féminine entre 1946 et Qui, des hommes ou des femmes, est principalement à l origine de l augmentation de la population active? 3. L augmentation de la population active est-elle régulière entre 1946 et 2006? 64 Chapitre 3
65 10 Les causes de l augmentation 11 Le rôle de la natalité de la population active Sur l ensemble de la période [ ], la démographie a d abord un impact positif sur la population active. Après être longtemps restée proche des quarante millions, la population française connaît une croissance constante depuis un demi-siècle. Les écarts entre les naissances et les décès d une part et entre l immigration et l émigration d autre part sont tous deux positifs depuis la Libération. [ ] Avec les années 1980, d autres forces prennent le relais. Le travail des femmes (ou plus exactement leur accès au marché du travail) en est à la tête. Le phénomène n est pas soudain puisqu il prend sa source au milieu des années Entre 1962 et 2002, le nombre d actives augmente ainsi de six millions environ. [ ] Un deuxième ensemble de facteurs exerce au même moment une pression inverse sur l évolution de la population active. L allongement de la période de scolarisation, l abaissement de l âge légal du départ à la retraite à 60 ans (au 1 er janvier 1983) et l instauration de politiques d incitation à la préretraite soustraient nombre de jeunes et de seniors au marché du travail. M. LALLEMENT, Le Travail, Gallimard, Quels sont les facteurs qui ont favorisé l augmentation de la population active française? 2. Quels sont les facteurs qui ont freiné l augmentation de la population active française? La rentrée des classes de 1950 en «classe infantile» (grande section d école maternelle) à Paris. Observer 1. Quel âge ont approximativement ces enfants? 2. Quand sont-ils nés? 3. Vers quelle date vont-ils entrer dans la population active et donc la faire augmenter? L immigration Bilan démographique de la France au cours du xx e siècle (en milliers) Solde migratoire Excédent naissances-décès Lecture : du recensement de 1911 au recensement de 1921, la France a eu un excédent naturel négatif ( décès de plus que de naissances) et un solde migratoire positif ( immigrations de plus que d émigrations). Pendant la crise des années 1930, les immigrés sont renvoyés chez eux (solde négatif) et les décès l emportent sur les naissances. Le babyboom d après-guerre est suivi d une forte immigration, qui se réduit sensiblement après l arrêt de la migration de travail en D après Insee, Recensements. 1. Quelle est l augmentation de la population française provoquée par l excédent des naissances sur les décès sur la période ? 2. Quelle est l augmentation de la population française provoquée par l immigration sur la période ? 3. Depuis 1945, à quel moment l immigration a-t-elle pu avoir une influence forte sur la population active? La population active 65
66 13 L augmentation du travail des femmes Les Européennes entrent en ordre dispersé sur le marché du travail. En ordre dispersé, mais avec détermination. Leurs taux d activité, de plus en plus élevés d une génération à l autre, en témoignent. Du Nord au Sud, ils tendent à rejoindre ceux des hommes. [ ] On connaît les motivations de ces jeunes femmes, en moyenne plus diplômées que les hommes, qui souhaitent à la fois rentabiliser leur effort d éducation et acquérir, pour l avenir, des droits à la retraite. Le second salaire explique en grande partie la croissance du niveau de vie des jeunes actifs aux États-Unis et, dans une moindre mesure, en Europe, et la seconde retraite l aisance financière des jeunes retraités. On perçoit moins souvent qu une carrière continue protège une femme contre les risques modernes : contre l éventuel chômage d un compagnon ou contre le divorce. Si la tendance actuelle perdure, 40 % des nouveaux couples divorceraient. Une carrière protège donc une femme contre la diminution du niveau de vie résultant de ces aléas, et contre la pauvreté. Elle en protège non seulement la femme, mais ses enfants, qui resteront en général avec elle. Il devient risqué pour une jeune fille moderne de penser être entretenue de 17 à 86 ans par un époux, aussi fidèle et courageux soit-il. Aujourd hui, les risques se partagent. Enfin, une profession attire le respect du conjoint et des enfants de la famille. B. MAJNONI D INTIGANO, «Fécondité, famille et féminisme», commentaire, n 86, 1999, Définir 1. Rappeler ce qu est un taux d activité. 2. Quelles sont les raisons économiques de l augmentation du travail des femmes? 3. Qu est-ce que le travail apporte aux femmes en plus d un revenu? 14 Les facteurs d évolution de la population active Variations annuelles moyennes de la population active en France de 1968 à 1999 (en milliers) (1) Effet des variations démographiques dont effet de la croissance démographique interne dont effet du solde migratoire (2) Effet des variations des taux d activité dont hommes dont femmes Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. 2. Des quatre facteurs présentés (croissance démographique interne, immigration, évolution du taux d activité des hommes, évolution du taux d activité des femmes), quels sont ceux qui expliquent l augmentation de la population active française depuis 1968? (1) + (2) Variation totale de la population active Variation du chômage D après Insee, Recensement. Faire le point documents 9 à Vrai ou faux? a. De 1950 à 2007, la population active a augmenté. b. La croissance de la population active est de plus en plus rapide. c. La démographie a favorisé la croissance de la population active. d. Le travail des femmes a favorisé la croissance de la population active. e. La baisse de l âge de la retraite a fait augmenter la population active. 2. Expliquer l augmentation de la population active française entre 1950 et Chapitre 3
67 B. Une stagnation attendue de la population active à l avenir 15 Population active observée et projetée : scénarios démographiques En milliers Scénario tendanciel Fécondité haute Fécondité basse Migration haute Migration basse Champ : France métropolitaine, 15 ans et plus. 1. Combien devrait-il y avoir d actifs en France métropolitaine en 2050 si la fécondité et les migrations sont «moyennes»? 2. En quoi l évolution de la fécondité a- t-elle des conséquences sur la population active? 3. Quelles seraient les conséquences d une augmentation de l immigration sur la population active? Insee, enquête «Projections de population active ». La fécondité est la capacité qu a une population à se reproduire. Elle est mesurée par le nombre d enfants par femme. Aujourd hui, en France, la fécondité est proche de 2 enfants par femmes. Fécondité haute : 2,1 enfants / fécondité basse : 1,7 enfant. Migration basse : par an / migration haute : Scénario tendanciel : fécondité 1,9 enfant et immigrés par an Le vieillissement de la population Évolution prévue des classes d âge dans la population française Population en âge de travailler de 20 à 59 ans Population de 60 ans et plus Calculer 1. Selon l Insee, les personnes âgées de plus de 60 ans devraient-elles être plus nombreuses que celles qui sont en âge de travailler en 2050? 2. Comment devrait évoluer le rapport entre ces deux groupes de personnes d ici 2050? Insee, calculs Quatrième Rapport du Conseil d orientation des retraites (COR), janvier Baisse de la natalité Allongement de l espérance de vie Diminution de la part des jeunes dans la population Augmentation de la part des seniors dans la population Vieillissement de la population Bréal, La population active 67
68 17 Les conséquences du vieillissement de la population sur le chômage Dans tous les pays [européens], le nombre de jeunes atteignant les âges d activité va, dans les prochaines décennies, devenir inférieur à celui des personnes atteignant l âge de cessation d activité. Cette situation peut contribuer à créer les conditions d une réduction du chômage mais ne la garantit pas. En effet, en France par exemple, les stratégies des entreprises du secteur privé, comme les orientations relatives à la gestion du personnel de la fonction publique, tendent à ne pas procéder au remplacement systématique des départs en retraite. [ ] Dans certains pays européens, l ampleur de l écart entre entrants et sortants autour de 40 % en Allemagne ou en Italie pourrait se révéler un handicap : en l absence de migrations, les jeunes générations ne suffiront pas à remplacer les anciennes. Il pourrait y avoir là, pour les jeunes Français, des opportunités d emplois à proximité immédiate de nos frontières [ ] Parmi les préoccupations suscitées par les charges que pourrait faire peser l augmentation des effectifs de personnes âgées, celles liées aux structures nécessaires pour les accueillir, notamment quand elles sont dépendantes, occupent une place particulière. Pour maintenir dans les années à venir les taux d accueil observés actuellement, compte tenu de la croissance attendue de la population âgée, la capacité des institutions destinées aux personnes âgées devrait augmenter considérablement. Dans de nombreux pays, il faudrait prévoir une augmentation de plus de 60 %. A. MONNIER, «Le baby-boom : suite et fin», Population et sociétés, n 431, février Pour quelle raison démographique les jeunes qui arrivent sur le marché du travail aujourd hui sont-ils moins nombreux que les personnes qui partent en retraite? 2. Pourquoi le vieillissement de la population pourrait-il favoriser la diminution du chômage? 3. Qu est-ce qui pourrait faire obstacle à cette diminution du chômage favorisée par les départs en retraite? Une élève infirmière en stage dans un hôpital. Le vieillissement démographique devrait favoriser l'emploi de personnel de soin et d'accompagnement aux personnes âgées. 18 exercice Le financement des retraites Dans un pays imaginaire, en 2000, il y avait 7 millions de retraités et 21 millions de personnes qui travaillaient et donc finançaient les pensions des retraités (en moyenne 600 euros par mois) par leurs cotisations. a. Combien y avait-il de cotisants par retraité? b. Combien chaque cotisant doit-il verser chaque mois pour financer les retraites? En 2050, on prévoit 18 millions de retraités pour 27 millions de travailleurs. c. Combien devrait-il y avoir de cotisants par retraité? d. Combien chaque cotisant devrait-il verser chaque mois pour financer les retraites? (On fait l hypothèse d une stagnation du montant des pensions.) Vous êtes Premier ministre de ce pays. e. Quelle réforme proposez-vous pour éviter que les actifs ne payent plus? f. Quelle réforme proposez-vous pour éviter que les retraités ne gagnent moins? g. Quel peut être l intérêt d une augmentation de l âge de la retraite? 68 Chapitre 3
69 19 Les réformes des retraites Les revenus des futurs retraités vont diminuer de près d un quart d ici une quarantaine d années, selon une étude de l Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiée jeudi 7 juin Les chiffres de ce rapport révèlent une baisse du montant des pensions de 22 % pour les hommes et de 25 % pour les femmes, dans les seize pays membres de l OCDE 1. Les salariés devront donc épargner davantage durant leur vie active et très tôt pour compenser la baisse de leurs retraites. La baisse générale attendue du niveau des retraites s explique par les réformes amorcées entre 1990 et 2006, jugées «nécessaires pour assurer la viabilité des systèmes de pensions» par l OCDE. [ ] L élévation de l âge d accès à la retraite, dont se félicite l OCDE, reste l élément commun à toutes ces réformes. À terme, la plupart des pays de l OCDE auront fixé l âge de la retraite à 65 et 67 ans, notamment pour l Allemagne, la Suède ou les États-Unis. La France ou la Hongrie veulent quant à elles maintenir une limite inférieure à 65 ans. C. BUFFARD, «Retraites : l OCDE juge indispensable un effort d épargne», Le Monde, 9 juin L Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est une organisation internationale qui regroupe des pays développés et qui réalise des rapports économiques sur les différents pays membres. 1. Pourquoi avoir reculé l âge de la retraite? (Il faut tenir compte à la fois de la durée des cotisations et de la durée des prestations.) 2. Quelle sera la conséquence de ce recul officiel de l âge de la retraite pour les personnes n ayant pas cotisé suffisamment longtemps pour bénéficier d une retraite complète? 20 Le travail des personnes âgées aux États-Unis Une personne âgée travaillant dans une cafétéria en Californie. Observer 1. Quel est le travail de cette femme? 2. Pourquoi travaille-t-elle? Interpréter 3. Le travail des personnes âgées estil seulement une affaire de choix personnel? Faire le point documents 15 à Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : chômage ; immigration ; population active ; inactifs ; baby-boom ; natalité ; retraites. La diminution de la... survenue dans les années 1970 et la réduction de l... devraient entraîner une stagnation de la... à partir de Dans le même temps, l arrivée à l âge de la retraite des générations nombreuses nées lors du... va provoquer une augmentation du nombre des... La stagnation de la population active pourrait contribuer à une réduction du..., mais l augmentation du nombre des inactifs âgés rend plus difficile le financement des Comment peut-on expliquer la stagnation prévue de la population active au cours des prochaines décennies? Faire la synthèse documents 9 à 20 Présenter et expliquer les différentes phases de l évolution de la population active de 1950 à 2050 (sur la base des prévisions actuelles). La population active 69
70 À retenir La population active 1 Comment mesurer la population active? A. Actifs et inactifs La population active regroupe la population active occupée (les personnes qui ont un emploi, qu il soit salarié ou non salarié) et les chômeurs (les personnes qui n ont pas d emploi, qui sont disponibles pour travailler professionnellement et qui cherchent un emploi). Les chômeurs sont comptabilisés dans la population active car ils sont disponibles pour participer à la création de richesses. La population inactive regroupe les personnes qui ne sont pas disponibles pour participer à l activité productrice : les jeunes d âge préscolaire, ceux qui sont scolarisés, les hommes et les femmes «au foyer», les personnes «à la retraite». B. Les comportements d activité Le taux d activité permet de mesurer la part des actifs dans la population totale. On le calcule en faisant le rapport entre le nombre d actifs (multiplié par 100) et la population en âge de travailler (âgée de 15 ans et plus). Ce taux était de 55 % en 2005 en France. Un taux d activité élevé signifie que la population concernée participe (ou veut participer) fortement à la création de biens et de services. Le taux d activité varie selon l âge : il est élevé pour les personnes âgées de 25 à 55 ans, mais il est faible pour les moins de 25 ans et les plus de 55 ans. Le taux d activité des jeunes a diminué à la suite de l allongement des études. Celui des plus de 55 ans a baissé en raison d un avancement de l âge de la retraite. Le développement d un chômage de masse est à l origine de ces deux dernières évolutions. Car, pour freiner l augmentation du chômage, les pouvoirs publics ont incité les jeunes à retarder leur arrivée dans la population active et ont encouragé les seniors à partir plus tôt en retraite. Le taux d activité dépend du sexe : le taux d activité des hommes reste plus élevé que celui des femmes. Cependant, celui des femmes a beaucoup augmenté depuis le milieu des années 1960 et les comportements d activité des hommes et des femmes se sont rapprochés. Avoir un emploi est devenu la norme pour une femme de 25 à 55 ans. 2 Comment évolue la population active? A. L augmentation de la population active jusqu en 2007 La population active française a augmenté entre 1950 et 2007, date à laquelle il y avait près de 28 millions d actifs en France métropolitaine. Cette augmentation, qui a été particulièrement forte au cours de la seconde moitié des années 1970, s est ralentie depuis. L augmentation de la population active est due principalement à une natalité française relativement forte (qui se traduit par un accroissement de la population active avec un décalage d une vingtaine d années) et à la hausse du taux d activité des femmes depuis le milieu des années L immigration a, dans une moindre mesure, contribué à cette progression de la population active. La baisse des taux d activité des jeunes et des seniors a, au contraire, freiné l augmentation de la population active, sans pour autant inverser la tendance. 70 Chapitre 3
71 À retenir B. Une stagnation attendue de la population active à l avenir L Insee prévoit une stagnation de la population active française aux alentours de 28 millions d actifs jusqu en De son côté, le nombre des retraités va augmenter en raison du départ à la retraite des classes d âges nombreuses nées après la Seconde Guerre mondiale. En 2050, il y aura toujours plus d actifs que de retraités, mais l écart entre ces deux groupes va fortement diminuer d ici à Cette stagnation de la population active pourrait avoir un effet positif sur le chômage qui pourrait diminuer au rythme des créations d emplois. L augmentation du nombre des retraités pose le problème du financement des systèmes de retraite. La France a choisi d augmenter le nombre d années de travail nécessaires afin de bénéficier d une retraite complète. Cela réduit les besoins de financement de notre système de retraite, mais va pénaliser les personnes qui n auront pas cotisé suffisamment (études longues, périodes de chômage, arrêt du travail pour élever des enfants ) pour bénéficier d une retraite complète. Schéma de synthèse Actifs et inactifs La population active comprend les personnes qui ont un emploi et les chômeurs La population inactive comprend les personnes qui ne souhaitent pas occuper un emploi Comment mesurer la population active? Le taux d activité est la part des actifs dans la population totale Les comportements d activité Le taux d activité est élevé pour les hommes et les personnes âgées de 25 à 55 ans Le taux d activité est plus faible pour les jeunes, les seniors, les femmes La population active Le taux d activité des femmes augmente La population active augmente Comment évolue la population active? L augmentation de la population active jusqu en 2007 L augmentation est due à la natalité, au travail des femmes et à l immigration L augmentation est freinée par l allongement de la scolarité et la diminution de l âge de la retraite La population active devrait stagner jusqu en 2050 Une stagnation attendue de la population active à l avenir Le nombre des retraités augmente Le chômage devrait baisser Le problème du financement des retraites se pose Notions au programme Population active Actifs / inactifs La population active 71
72 Évaluer ses acquis 1 2 Savoir distinguer les actifs des inactifs a) Recopier et compléter le schéma ci-contre à l aide des termes suivants : population au chômage ; jeunes de plus de 16 ans scolarisés ; hommes et femmes au foyer ; population active ; population active employée ; population inactive ; retraités. Population totale ce qu est un taux d activité a) Recopier et compléter le tableau ci-dessous : L activité en France en fonction du sexe en 2006 Jeunes de moins de 16 ans Hommes Femmes Ensemble Actifs Population Taux Actifs Population Taux Actifs Population Taux (en milliers) de plus d activité (en milliers) de plus d activité (en milliers) de plus d activité de 15 ans (en %) de 15 ans (en %) de 15 ans (en %) (en milliers) (en milliers) (en milliers) , ,881 D après Insee. b) Recopier et compléter le tableau ci-dessous avec les propositions suivantes : taux d activité des hommes de moins de 25 ans ; taux d activité des hommes de 40 à 44 ans ; taux d activité des hommes de plus de 55 ans ; taux d activité des femmes de moins de 25 ans ; taux d activité des femmes de 40 à 44 ans ; taux d activité des femmes de plus de 55 ans. Taux en diminution entre 1980 et 2005 Taux en stagnation entre 1980 et 2005 Taux en augmentation entre 1980 et 2005 c) Recopier et compléter le schéma ci-dessous à l aide des termes suivants : actif ; inactif. L individu travaille-t-il? Oui Non Ce travail est-il rémunéré? Cherche-t-il à travailler? Oui Non Oui Non 72 Chapitre 3
73 Évaluer ses acquis 3 Savoir analyser l évolution de la population active a) À l aide de la liste ci-dessous, recopier et compléter le schéma suivant en indiquant en haut du schéma les facteurs qui ont fait augmenter la population active française entre 1980 et 2005, et en bas ceux qui ont freiné son augmentation. Liste : allongement de la scolarité ; augmentation du taux d activité des femmes ; diminution de l âge de la retraite ; forte natalité ; immigration Population active b) Recopier et compléter le tableau suivant. Variations annuelles moyennes de la population active en France entre 1990 et 1999 (en milliers) (1) Effet des variations démographiques dont effet de la croissance démographique interne... dont effet du solde migratoire 0 (2) Effet des variations des taux d activité... dont hommes 54 dont femmes + 60 (1) + (2) Variation totale de la population active... D après Insee. c) Recopier le tableau ci-dessous en indiquant quels sont les facteurs qui font augmenter la population active et en les classant selon qu ils font varier la population ou les taux d activité : faible / forte natalité ; allongement / diminution de la durée des études ; augmentation / diminution du taux d activité des femmes ; faible / forte immigration ; augmentation / diminution de l âge de départ en retraite. Facteurs démographiques Facteurs liés aux taux d activité Augmentation de la population active QCM 1. La population active regroupe : a. l ensemble des personnes ayant un emploi. b. l ensemble des personnes ayant un emploi et des chômeurs. c. l ensemble des chômeurs. 2. Le taux d activité est le rapport : a. de la population active à la population totale correspondante. b. des chômeurs à la population active. c. de la population active occupée à la population totale. 3. De 1965 à 2005, en France, la part des femmes dans la population active a : a. augmenté. b. stagné. c. diminué. 4. En 2006, dans la population active française, il y avait : a. plus de femmes que d hommes. b. autant de femmes que d hommes. c. plus d hommes que de femmes. 5. De 1968 à 1999, le premier facteur d augmentation de la population active française a été : a. la natalité. b. l immigration. c. le travail des femmes. 6. Selon l Insee, le scénario le plus probable est que, d ici à 2050, la population active française va : a. diminuer. b. stagner. c. augmenter. La population active 73
74 TD 1 La féminisation de la population active Traiter l information statistique 1 L évolution de la population active française de 1946 à 2005 (en milliers) Hommes Femmes Ensemble D après Insee. ➊ Faire une phrase avec la donnée entourée. ➋ À l aide d un taux de variation ( Fiche méthode 6, p. 238), calculer l évolution de la population active masculine, féminine et totale entre 1946 et 1962 puis entre 1962 et Présenter les résultats dans un tableau. ➌ Calculer l évolution de la population active masculine, féminine et totale à l aide d un indice, base 100 en 1946 ( Fiche méthode 6, p. 238). Présenter les résultats dans un tableau. ➍ À partir du tableau réalisé pour la question 3, faire un graphique montrant l évolution en indice (base 100 en 1946) de la population active masculine, féminine et de l ensemble de la population active. 2 Actifs occupés selon le sexe et le secteur d activité en France en 2005 (en milliers) Secteurs d activité Femmes Hommes Ensemble Agriculture, sylviculture et pêche Industries agricoles Industries des biens de consommation Industries automobiles Industries des biens d'équipement Industries des biens intermédiaires Énergie Construction Commerce et réparations Transports Activités financières Activités immobilières Services aux entreprises Services aux particuliers Éducation, santé et action sociale Administrations Activité indéterminée Total ➊ Faire une phrase avec la donnée entourée. ➋ Calculer la part des femmes dans l ensemble de l emploi de chaque secteur d activité (cela s appelle le taux de féminisation d un emploi). (Il est possible de présenter les résultats des questions 2 et 3 dans un même tableau.) ➌ Calculer la répartition de l emploi féminin total entre tous ces secteurs d activité à l aide d un pourcentage de répartition. D après Insee. Y a-t-il une égalité entre les hommes et les femmes face à l emploi? 74 Chapitre 3
75 TD 2 L activité des immigrés Traiter l information statistique 1 Les immigrés 1 en 1999 en France (en milliers) Nationalité Lieu de naissance En France À l étranger Ensemble Ensemble : dont Français de naissance dont Français par acquisition dont Étrangers Immigrés Insee, Recensement de la population, Un immigré est une personne qui est née à l étranger, qui avait à la naissance une nationalité étrangère et qui vit en France. Les enfants de Français qui sont nés à l étranger et qui sont venus en France après leur naissance ne sont donc pas des immigrés puisqu ils sont nés français. Certains immigrés ont acquis depuis leur arrivée en France la nationalité française. Ils sont donc à la fois immigrés et français. 2 L activité de la population immigrée et de la population non immigrée en 2005 (en milliers) Immigrés Non-immigrés Population Population Population Population active totale de plus active totale de plus de 15 ans de 15 ans Hommes Femmes Ensemble D après Insee. ➊ Combien y avait-il d immigrés en France en 1999? Combien y avait-il d étrangers? ➋ Quelle était la part des immigrés dans la population totale? ➌ Quelle était la part des étrangers dans la population totale? ➊ Faire une phrase avec la donnée entourée. ➋ Calculer la part des immigrés dans la population active totale (immigrés et non-immigrés). ➌ Calculer le taux d activité des immigrés puis celui des non-immigrés en fonction de leur sexe. (Présenter les résultats dans un tableau.) 3 La population active occupée immigrée et non immigrée en France en 2005 (en milliers) Secteurs d activité Population immigrée Population non immigrée Emploi total Agriculture Industrie Construction Tertiaire Ensemble D après Insee. ➊ Faire une phrase avec la donnée entourée. ➋ Calculer la part des immigrés dans l emploi total de chaque secteur d activité. (Présenter les résultats dans un tableau.) ➌ À l aide d un pourcentage de répartition, calculer la répartition de la population immigrée puis celle de la population non immigrée entre tous les secteurs d activité. (Présenter les résultats dans un tableau.) ➍ À partir du tableau créé à la question 3, faire deux graphiques circulaires ( Fiche méthode 5, p. 236) représentant, pour le premier, la répartition de la population immigrée entre les secteurs d activité et, pour le second, la répartition de la population non immigrée entre les secteurs d activité. Quelle est la place occupée par les immigrés dans la population active française? La population active 75
76 Chapitre 4 Emploi et chômage Objectifs Sommaire Savoir distinguer le travail, l emploi et le chômage. Savoir identifier les principales évolutions de l emploi. que le chômage est un phénomène inégalitaire. 1. Qu est-ce que l emploi? A. L emploi au cœur de nos sociétés B. La diversité des emplois Tous les actifs sont-ils égaux face au chômage? A. Un chômage de masse B. L inégalité face au chômage À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Annonce de recrutement dans la fonction publique 1 Des offres d emplois Pourquoi les salariés préfèrent-ils souvent avoir un contrat à durée indéterminée (CDI) plutôt qu un contrat à durée déterminée (CDD)? Quel est le principal avantage associé au statut de fonctionnaire? 76 Chapitre 4
77 3 Le travail précaire (Contrat à durée déterminée, Intérim) Que représente l échelle trop courte dont dispose cet ouvrier? 4 Le chômage Pourquoi le chômage est-il un handicap? En milllions Emploi Chômage 5 Emploi et chômage en France Comment ont évolué l emploi et le chômage entre 1975 et 2007? D après Insee. Question documents 1 à 5 Quelles sont les trois situations possibles face à l emploi? Emploi et chômage 77
78 1 Qu est-ce qu un emploi? Les hommes sont obligés de travailler pour produire les biens et les services dont ils ont besoin. Avoir un emploi permet par ailleurs d avoir un revenu et donc de se procurer ces biens et ces services. C est pourquoi le fait de ne pas accéder à un emploi pose tant de problèmes. Pour commencer Une jeune et riche héritière embauche un jardinier pour s occuper de sa collection d orchidées. Ce dernier perçoit un salaire, cotise auprès de la Sécurité sociale et bénéficie de tous les droits des salariés (cinq semaines de congés payés, etc.). L amour naît de cette rencontre : l héritière et le jardinier se marient. Ce dernier continue à s occuper des orchidées pour son plaisir et donc sans percevoir de rémunération. 1. L emploi a-t-il augmenté, diminué ou stagné à la suite de ce mariage? 2. Suffit-il de travailler pour avoir un emploi? Le jardinier décide de créer sa propre entreprise de soins apportés aux orchidées. Il en est le patron ; à ce titre, il décide du fonctionnement de l entreprise et il bénéficie d une partie du profit réalisé. Il emploie des salariés qui travaillent pour lui. 3. A-t-il un emploi? 4. Qu est-ce qui différencie cet emploi de celui de ses salariés? Il décide de remplacer un jardinier parti à la retraite par deux personnes à mi-temps. 5. Comment évolue l emploi? A. L emploi au cœur de nos sociétés 1 Du travail à l emploi a. Tout travail n est pas un emploi Le mot «travail» se prête à des interprétations diverses. Certains en font une activité extensive, dénommant «travail» toute activité de production de biens et services, qu il s agisse du travail rémunéré, du travail domestique (ménage, courses, bricolage) ou du travail bénévole (entraide, bénévolat associatif). [ ] Apparemment, le terme «emploi» ne prête guère à confusion : un emploi est une activité rémunérée, soumise à réglementation (rassemblée dans le Code du travail), sous statut indépendant (commerçant, artisan) ou salarié (régi par un contrat de travail public, privé ou assimilé). G. AZNAR, A. CAILLÉ, J.-L. LAVILLE, J. ROBIN, R. SUE, Vers une économie plurielle, Syros, b. Typologie des formes de travail Statut du travail Travail salarié Travail autonome Travail forcé 1 Type d activité Activité marchande Activité non marchande Salarié d une entreprise Salarié d une administration Travail indépendant Travail domestique Activité bénévole Travail obligatoire dans une entreprise Travail obligatoire dans une administration ou chez un particulier D après J. FREYSSINET (dir.), Travail et emploi en France, La Documentation française, Le travail forcé est aujourd hui pratiquement inexistant en France. Il reste pratiqué par des régimes totalitaires et par certains particuliers qui maintiennent leurs employés dans une situation proche de l esclavagisme. Définir 1. Qu est-ce que le travail? Qu est-ce qu un emploi? 2. Est-ce que tous ceux qui travaillent ont un emploi? 3. Parmi les six formes de travail présentées dans le tableau, quelles sont celles qui correspondent à ce que l on appelle un emploi dans notre société? 78 Chapitre 4
79 2 Le bénévolat Des bénévoles nettoient la plage du Croizic à la suite du naufrage de l Erika, en Observer 1. Que font ces personnes? Interpréter 2. L activité représentée sur cette photographie correspond-elle à un emploi? 3 Emploi et intégration sociale Le travail est devenu un élément central pour deux raisons : il désigne la position de quelqu un dans la société et d autre part, il structure l identité d un individu, c est-à-dire la façon dont il se voit lui-même dans la société. Il est notamment fondamental pour acquérir l estime de soi. [ ] On en vient ainsi à la question de l emploi : aujourd hui une des nécessités pour avoir une place dans la société qui soit relativement satisfaisante, c est d avoir un emploi avec une certaine sécurité et une stabilité. V. de GAULEJAC, «La société managériale, ou l idéologie déguisée», dans Travailler, premiers jours. Jeunes et entreprises : attentes et malentendus, dirigé par B. Montelh, Autrement, coll. «Mutations», n 192, avril Revenu Emploi Droits sociaux (à la retraite, au chômage, au remboursement des frais de maladie ) Relations de travail (amis ) Estime de soi Bréal, Pourquoi l estime de soi dépend-elle de l emploi? 2. Qu est-ce que l emploi apporte à un individu dans le domaine économique? 3. L emploi procure-t-il uniquement un avantage économique aux personnes qui en ont un? Emploi et chômage 79
80 4 exercice Emploi salarié et emploi non salarié Un salarié est une personne qui travaille pour un employeur (une entreprise, une administration, une association ou une autre personne), qui est liée par un contrat à son employeur et qui est rémunérée sous forme de salaire pour son travail. Un non-salarié est une personne qui travaille pour elle-même, et se rémunère donc elle-même (on parle alors d indépendant), ou une personne qui est rémunérée en échange de son travail dans le cadre d une entreprise familiale (c est le cas des aides familiaux). M. Jean Faire dirige son entreprise de plomberie ; sa femme, Lucie, qui l aide pour la comptabilité, est salariée pour son travail ; son ouvrier, M. Pair, travaille pour lui ; le fils de son ouvrier, Noël, est lycéen et fait du baby-sitting au noir ; le proviseur de son lycée est M me Camille Case ; cette dernière a une femme de ménage qu elle déclare ; celle-ci est allée voir son médecin, M. Chance, qui lui a prescrit un arrêt de travail ; la femme du médecin, Pat, est bénévole dans une association d aide aux malades ; elle travaille avec le responsable régional de son association qui est rémunéré pour son activité. Parmi toutes ces personnes, qui a un emploi salarié? qui a un emploi non salarié? qui n a pas d emploi? 5 L évolution de l emploi en France métropolitaine Emploi total (en milliers) Dont salariés 82,3 84,0 87,0 91,1 89,1 non-salariés 17,7 16,0 13,0 8,9 10,9 Ensemble (en %) 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Dont agriculture 10,1 8,9 5,5 3,8 3,8 industrie 28,1 26,1 22,2 18,0 16,6 construction 8,9 8,6 6,9 5,8 6,4 tertiaire 52,9 57,0 65,4 72,4 73,4 Ensemble (en %) 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 1. Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. 2. Qui classe-t-on dans la catégorie des «non salariés»? 3. Quelle est la forme d emploi (salarié ou non) dominante? 4. Dans quel secteur d activité l emploi se concentre-t-il? D après Insee, Estimations d emploi, données au 31 décembre. 6 Emploi et croissance économique En milliers En % 1. La croissance économique est l augmentation de la production des entreprises et de 6 l État. On la mesure à l aide de l évolution 5 du Produit intérieur brut (PIB). Le PIB mesure la production totale d un pays Faire une phrase avec chacune des 1 données correspondant à l année Création nette d emplois (échelle de gauche) Évolution annuelle du PIB 2 en volume (échelle de droite) Observer 3 2. Y a-t-il une relation entre l évolution de la production et celle de l emploi? Champ : ensemble des secteurs hors agriculture, administration, éducation, santé et action sociale. Ce champ couvre 15,7 millions de salariés sur un effectif salarié total d environ 25 millions. Ministère de l Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement (Dares), Insee, calculs et graphique Conseil économique et social. 3. Au niveau d une entreprise, pourquoi y a-t-il une relation entre la production et l emploi? 80 Chapitre 4
81 7 exercice Emploi et coût du travail Pour ramasser ses fruits, un agriculteur a le choix entre une cueillette manuelle ou une cueillette mécanique. La cueillette mécanique l oblige à louer une machine qui lui coûte euros par jour et qu il conduit luimême. La cueillette manuelle l oblige à embaucher quinze personnes payées 40 euros chacune par jour. Pour chaque salarié, il verse 20 euros de cotisations sociales à la Sécurité sociale. a. Est-il moins cher de louer une machine ou d embaucher les quinze salariés? Le salaire journalier passe à 45 euros et les cotisations sociales à 22,5 euros. b. Est-il moins cher de louer une machine ou d embaucher les quinze salariés? Pour tous les salariés français, le salaire journalier minimum passe à 30 euros et les cotisations sociales sont fixées à 15 euros. La consommation de fruits diminue du fait de la diminution du revenu des ménages. c. Est-il moins cher de louer une machine ou d embaucher les quinze salariés? d. La diminution de la consommation peut-elle avoir eu une influence sur la décision d embauche? Le salaire est fixé à 45 euros et les cotisations sont réduites à 15 euros. e. Est-il moins cher de louer une machine ou d embaucher les quinze salariés? f. De quoi dépend l emploi? 8 Les dix métiers qui créeront le plus d emplois en France entre 2005 et 2015 Métiers Créations nettes d emplois % de femmes en 2002 Niveau de qualification entre 2005 et 2015 (en milliers) Assistants maternels, aides à domicile Employé peu qualifié Informaticiens Cadre Aides-soignants Employé qualifié Cadres administratifs et dirigeants Cadre Employés administratifs Employé qualifié Cadres commerciaux Cadre Ouvriers qualifiés de la manutention Ouvrier qualifié Employés de maison Employé peu qualifié Infirmiers, sages-femmes Profession intermédiaire Ouvriers qualifiés dans l industrie Ouvrier qualifié 1. Donner la signification des nombres entourés en les intégrant dans une phrase. 2. Tous les métiers qui se développent sont-ils des métiers qualifiés? DARES, Modèle Flip-Fap, Insee, enquête «Emploi», DARES, Les Métiers en 2015, Faire le point documents 1 à 8 1. Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : coût ; croissance économique ; emploi ; identité sociale ; travailler. Pour satisfaire ses besoins (se nourrir, se distraire ), l homme doit... Quand il est rémunéré, le travail prend la forme d un..., qu il soit salarié ou non salarié. Il procure un revenu, mais aussi une... liée à la place de l individu dans la société. C est pourquoi l augmentation de l emploi est considérée comme un phénomène positif. Cette évolution de l emploi dépend de la..., mais également du... du travail. 2. Tout travail est-il un emploi? Emploi et chômage 81
82 B. La diversité des emplois 9 La qualification Du point de vue des métiers, trois grandes évolutions sont notables : tout d abord la baisse spectaculaire des effectifs des emplois considérés comme faiblement qualifiés dans l industrie et, dans une moindre mesure, le bâtiment et les travaux publics (BTP), en lien avec la mondialisation (textile, cuir, électronique ) mais aussi avec les mutations technologiques (travail des métaux, mécanique ) ; ensuite, le développement des emplois tertiaires qualifiés liés à l organisation, la gestion et l administration des entreprises (informaticiens, comptables, professionnels de la communication, etc.) ; enfin, l accroissement des emplois de service à tous les niveaux de qualification, des agents d entretien et de sécurité aux aides-soignantes et infirmières en passant par les assistantes maternelles et autres personnes d aide à domicile. En réalité, il n existe plus vraiment, dans nos sociétés, d emplois non qualifiés : aujourd hui, tout ouvrier doit pouvoir mettre en œuvre des consignes souvent complexes, remplir des formulaires de qualité, interagir avec des ordinateurs ou des machines qui impliquent de sa part une certaine capacité d initiative ; de même, la plupart des activités de service supposent un savoir-faire et un savoir-être complexes dans la gestion des relations avec les clients ou les collègues. L idée que les emplois de services aux personnes pourraient constituer un réservoir d emplois peu qualifiés n a, dans ces conditions, guère de sens : il y a, en effet, peu de métiers aussi exigeants en termes de compétence que de s occuper d une personne âgée dépendante en respectant sa dignité. La Conjoncture économique et sociale en 2007, rapport du Conseil économique et social, présenté par Ph. Le Clézio, Définir 1. Qu est-ce que la qualification? 2. Expliquer la phrase soulignée. 3. Comment évolue la qualification des emplois en France? 10 Les différents contrats de travail Emploi «stable» Emploi précaire Contrat à durée indéterminée (CDI) Contrat à durée déterminée (CDD) Contrat d intérim Le salarié est embauché par une entreprise pour une durée qui n est pas fixée à l avance. Son contrat de travail peut prendre fin à sa demande (démission) ou, sous certaines conditions, à la demande de son employeur (licenciement pour faute grave, licenciement collectif, ou d un «commun accord»). À ce contrat sont associés des droits (aux congés payés, de maternité, à des indemnités en cas de licenciement, etc.). Il permet à l entreprise de fidéliser son personnel. Le salarié est embauché par une entreprise qui doit, en principe, faire face à un surcroît temporaire de travail ou remplacer un salarié absent ou, encore, avoir une activité saisonnière. Le CDD ne doit pas, en principe, excéder dix-huit mois. À la fin de son contrat, le salarié bénéficie d une indemnité de précarité sauf en cas de travail saisonnier. Le CDD ne peut être rompu avant son terme qu en cas de faute grave ou en cas de force majeure, ou avec l accord des deux parties. Le salarié est embauché par une société d intérim et envoyé en mission dans une entreprise afin, en principe, de remplacer un salarié absent pour une courte durée (deux semaines en moyenne et parfois une journée). L intérimaire bénéficie d une indemnité de précarité et d une indemnité de congés payés. Bréal, Définir 1. Qu appelle-t-on un emploi précaire? 2. Quel est l intérêt du CDI pour les salariés? pour les entreprises? 3. Quel est l intérêt du CDD ou de l intérim pour les entreprises? 82 Chapitre 4
83 11 L évolution de l emploi précaire L emploi en France selon le statut Emploi total Non-salariés Salariés dont CDI dont emploi précaire (CDD, intérim ) Calculer 1. À l aide d un pourcentage de variation, calculer l évolution du nombre des salariés en CDI puis celle des salariés sous contrat précaire en France entre 1988 et ( Fiche méthode 6, p. 238) 2. Calculer la part des salariés sous contrat précaire en Qu est-ce qui caractérise l emploi précaire aujourd hui en France (importance, évolution)? Insee, enquêtes «Emploi». 12 Vies d intérimaires Les contrats ont une durée variable, souvent courte (deux semaines en moyenne selon le Sett 1, dix jours selon l Unédic 2 ). Même si le travail temporaire ne conduit pas systématiquement au chômage (c est plutôt le chômage qui conduit à l intérim), même si beaucoup d intérimaires trouvent un emploi après pas forcément grâce à ce passage par le travail temporaire, le chômage pèse comme une menace permanente. Entre deux missions, ceux qui sont inscrits à l ANPE et ont travaillé assez d heures touchent des indemnités de chômage. [ ] Un intérimaire n a aucune stabilité en ce qui concerne son lieu de travail (il change sans cesse d entreprise, d établissement, d atelier, de service, de bureau), son travail (il doit s adapter à de nouvelles machines, de nouveaux logiciels, de nouvelles méthodes, de nouvelles exigences de temps et de qualité), les gens qu il côtoie (hiérarchie, collègues, clients). [ ] Les intérimaires sont chaque fois obligés de faire leurs preuves ; les contraintes professionnelles comme les relations sont modifiées en permanence.tout cela pèse : «Chaque fois que j ai une mission, deux jours avant, j ai mal au ventre. La première semaine, je ne suis pas très bien,après ça passe» (Corinne, 51 ans, secrétaire de direction). La vie en intérim est faite de provisoire, d intermittence, d instabilité, d incertitude, de fragilité. Même si de nombreux intérimaires disent néanmoins apprécier l absence d engagement, la mobilité, voire «la liberté», très peu ont voulu et moins encore souhaitent voir durer cette situation qui dégrade la qualité de leur intégration professionnelle et sociale. D. GLAYMAN, «Vies d intérimaires», Sciences humaines, n 168, février Sett : Syndicat des entreprises du travail temporaire. 2. Unédic : organisme chargé d indemniser les chômeurs. Définir 1. Qu est-ce qu un intérimaire? 2. Quelle est la durée moyenne d une mission d intérim? 3. Quelles conséquences a le travail intérimaire sur les conditions de vie des personnes qui travaillent en intérim? 13 L emploi à temps partiel Le travail à temps partiel s est développé à compter du début des années Concernant 4 millions de salariés, il représentait 17,2 % des emplois en France en Cette part était deux fois plus faible au début des années La hausse a eu lieu pour l essentiel entre 1992 et 1997, dans un contexte de faible croissance, propice aux embauches à temps partiel, et surtout à la suite des exonérations de cotisations sociales offertes aux employeurs des travailleurs à temps partiel mises en œuvre entre 1992 et [ ] Le mouvement s est accompagné d une montée du «temps partiel contraint» qui correspond aux salariés qui déclarent dans les enquêtes qu ils souhaitent travailler davantage. Ces emplois à temps partiel concernent massivement les femmes pour qui le temps partiel est de plus de 30 %, contre moins de 6 % pour les hommes. 82 % des travailleurs à temps partiel sont des femmes. Y. L HORTY, «Les métamorphoses de l emploi depuis un quart de siècle», dans L État de la France, , La Découverte, Définir 1. Qu est-ce qu un travail à temps partiel? un temps partiel contraint? 2. Comment a évolué le travail à temps partiel en France au cours des dernières décennies? 3. Comment peut-on expliquer cette évolution? Emploi et chômage 83
84 14 Des emplois de qualité? Une bonne part difficilement chiffrable [des emplois créés] consiste en emplois de mauvaise qualité. La nature du contrat de travail n est pas la seule en cause, car un contrat à durée indéterminée peut très bien être de mauvaise qualité, tandis que, à l inverse, un contrat à durée déterminée peut déboucher (dans un tiers des cas) sur un emploi pérenne. Il s agit aussi en priorité du revenu procuré par l emploi, lequel dépend du salaire horaire et, surtout, du temps travaillé.travailler moins de 23 heures hebdomadaires (23 heures étant la moyenne de temps d emploi hebdomadaire des salariés à temps partiel) payé au SMIC conduit à devoir vivre sous le seuil de pauvreté si l on est le seul apporteur de revenu d un foyer et, a fortiori,si l on a un enfant à charge. C était le cas de la plupart des emplois aidés et de plus de emplois créés en Cette problématique touche en particulier les services à la personne [ ]. La mauvaise qualité, toujours, concerne aussi les emplois temporaires, parce que les périodes de chômage peu ou pas indemnisées s intercalent fréquemment entre deux emplois : il faut en effet avoir travaillé au moins six mois au cours des deux années précédentes pour avoir droit à une indemnisation chômage. D. CLERC, «Pourquoi le chômage baisse-t-il?», L État de l économie, n 72, 2 e trimestre Définir 1. Qu est-ce qu un emploi de mauvaise qualité? 2. Pourquoi la qualité des emplois s est-elle détériorée ces dernières années? 15 Un exemple d emploi de service à la personne Observer 1. Que fait cette femme? 2. Pourquoi une femme de ménage à domicile a-t-elle le plus souvent plusieurs employeurs? 3. Quelles sont les conséquences d une éventuelle pluralité d employeurs sur l organisation de son temps de travail? 4. Est-il facile pour une femme de ménage à domicile d avoir un salaire correspondant à un temps plein? Une femme de ménage à domicile (société Proxiservice) Faire le point documents 9 à Vrai ou faux? a. L emploi est de plus en plus tertiaire. b. La qualification moyenne de l emploi augmente. c. Tous les emplois créés sont à forte qualification. d. La part des emplois précaires dans l emploi total augmente. e. Les emplois précaires sont devenus majoritaires dans l emploi total. f. L emploi à temps partiel se développe. 2. Montrer que l emploi s est diversifié en France au cours des trente dernières années. Faire la synthèse documents 1 à 15 Comment a évolué l emploi en France depuis trente ans? 84 Chapitre 4
85 2 Tous les actifs sont-ils égaux face au chômage? Le chômage a fortement progressé en France depuis le début des années Tant et si bien que l on a parfois l impression qu il touche toutes les catégories de personnes de la même manière. Cependant, les études sociologiques montrent que la réalité est plus complexe. Pour commencer M. A est né en Après une école d ingénieur, il est entré comme ingénieur qualité dans l automobile. Depuis 1995, il travaille chez un équipementier fournisseur des plusieurs grands groupes automobiles européens. Suite à la défection d un client important, il a été licencié pour motif économique. Après six mois de chômage et une formation complémentaire de neuf mois, il a été réembauché, à un salaire moindre, comme ingénieur qualité dans une entreprise de cosmétique. M lle B est née en N ayant pas été embauchée comme secrétaire à plein temps en CDI à la suite de son bac technologique, elle a opté pour des contrats de travail courts, en intérim ou en CDD. Entre deux périodes de travail, elle est au chômage mais pour de courtes durées. M me C est née en 1952.Après son certificat d études, elle a travaillé comme femme de ménage puis a arrêté pour élever ses enfants. En 1990, elle a été embauchée comme ouvrière dans une entreprise textile qui a fermé ses portes en Depuis, elle est au chômage, exception faite d une courte période d intérim et d un stage de motivation proposé par l ANPE. 1. Quelles sont les caractéristiques (sexe, âge, qualification) de ces trois personnes? 2. Qu est-ce qui a provoqué le chômage de chacune de ces personnes? 3. Classer ces trois formes de chômage par ordre de gravité. A. Un chômage de masse 16 Qu est-ce qu un chômeur? Au sens du BIT 1 sont considérés comme chômeurs des personnes de plus de quinze ans qui, au cours de la période de référence retenue lors des enquêtes, sont simultanément sans travail, disponibles pour travailler et à la recherche d un emploi. Ces trois conditions sont fortement restrictives. Il ne faut pas avoir travaillé, même quelques heures, durant la semaine précédant l enquête. Il faut pouvoir ensuite prendre un emploi dans un délai très court (les quinze prochains jours), ce qui écarte les personnes dont la situation personnelle et familiale interdit une mobilisation rapide (grossesse, congé de maternité, garde d un enfant en bas âge, etc.) ou dont le statut professionnel doit changer à terme. En ce dernier cas, les étudiants achevant des études, les salariés sous contrat à durée déterminée ou devant accomplir un préavis, ne peuvent pas être recensés parmi les chômeurs. Enfin, la condition relative à la recherche d emploi repose sur l exercice effectif d acte de prospections, le fait d être inscrit à l Agence nationale pour l emploi (ANPE) ne constituant pas, à lui seul, un critère suffisant. M. LALLEMENT, Le Travail, Gallimard, BIT : le Bureau international du travail est un organisme qui fixe des règles sociales et des définitions valables pour tous les pays du monde. Définir 1. Quelles sont les conditions requises pour être considéré comme chômeur? 2. Pourquoi un chômeur qui a accepté un emploi en contrat à durée déterminée (CDD) «en attendant» n est-il plus considéré comme un chômeur? 3. Quel intérêt y a-t-il à adopter une définition valable pour tous les pays du monde? Emploi et chômage 85
86 17 Combien y a-t-il de chômeurs? Il était facile de comptabiliser les chômeurs au début des années 1970 lorsque les personnes qui avaient un emploi salarié étaient, dans leur immense majorité, des salariés à temps plein et travaillant pour un seul employeur sous contrat à durée indéterminée. Soit on avait un emploi, soit on était au chômage. Mais depuis la multiplication des contrats précaires (CDD, intérim), des emplois à temps partiel (parfois non voulus), ainsi que celle des stages en tous genres, il existe toute une palette de situations intermédiaires entre l emploi solide et le chômage incontestable. Faut-il, par exemple, inclure les personnes qui ont accepté un emploi à temps partiel alors qu elles veulent travailler à temps plein, les chômeurs près de la retraite et «dispensés de recherche d emploi», les chômeurs «non immédiatement disponibles» (par exemple des intérimaires ou des chômeurs ayant accepté un CDD) dans la liste des chômeurs? Selon la réponse qui va être faite à ces questions, le nombre des chômeurs peut passer de 1 à 2. Ainsi, fin 2006, alors que le ministère du Travail dénombrait 2,276 millions de personnes en se fondant sur une délimitation restrictive du chômage, un collectif d associations et de syndicats en trouvait 4,4 millions en incluant dans les chômeurs tous ceux qui étaient affectés par des problèmes d emploi. Il n existe donc pas un «vrai» nombre incontestable de chômeurs, mais tout le monde peut tomber d accord sur ce constat : le chômage est devenu un phénomène trop complexe pour être résumé avec un seul chiffre. G. RENOUARD, Bréal, Quelles catégories de personnes le collectif intègre-t-il parmi les chômeurs alors qu elles n étaient pas considérées comme faisant partie des chômeurs par le ministère du Travail en 2006? 2. Pourquoi le ministère du Travail ne comptabilise-t-il pas parmi les chômeurs les personnes qui travaillent à temps réduit mais cherchent un emploi à temps plein, et pourquoi le collectif le fait-il? 3. Pourquoi les chiffres du chômage sont-ils toujours sujet à débat? 18 Le chômage : entre population active et emploi 28 En millions Population active, emploi et chômage ( ) Population active Chômage Emploi non salarié Emploi salarié D après Insee, L État de la France, Observer 1. Combien y avait-il d emplois en France en 2005? Combien y avait-il de chômeurs? 2. Quelle est l influence de l évolution de la population active sur celle du chômage? 3. Quelle est l influence de l évolution de l emploi sur celle du chômage? 86 Chapitre 4
87 19 Le taux de chômage par départements en Île-de-France DOM Guadeloupe Taux de chômage moyen en de 20 % de 8,5 % à 9,4 % 11 % et plus de 7 % à 8,4 % de 9,5 % à 10,9 % moins de 7 % Martinique Guyane 1. Moyenne annuelle 2006, chiffres provisoires. Lecture : la classe médiane «de 8,5 % à 9,4 %» correspond à un taux de chômage moyen en 2006 proche du niveau national (9,1 %). Réunion D après Insee. Observer 1. Quels sont les départements les plus touchés par le chômage? les moins touchés? 2. Qu est-ce qui limite le déplacement des chômeurs des départements à fort taux de chômage vers les départements à faible taux de chômage? 20 exercice Le taux de chômage Le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population active (actifs occupés + chômeurs). On peut calculer un taux de chômage par âge en mettant en rapport les chômeurs d une classe d âge avec les actifs de cette classe d âge. De la même manière se calculent des taux de chômage par sexe, par PCS, par région, par nationalité, par niveau de diplôme Insee, L évolution du taux de chômage ( ) Taux de chômage En %, moyennes annuelles 10,5 8,9 12,4 8,0 Population active, emploi et chômage en France métropolitaine en mai 2007 (en milliers) Population Emploi Chômage active Ensemble Hommes Femmes Moins de 25 ans De 25 à 49 ans Plus de 50 ans D après Insee. a. Rappeler la formule permettant de calculer le taux de chômage de la population. b. Calculer le taux de chômage pour chacune des catégories du tableau. c. Quelles sont les personnes les plus affectées par le chômage? ,4 0 2, (juillet) D après Alternatives économiques, hors-série, n Faire une phrase avec le dernier point de la courbe. Observer 2. Quelles sont les grandes périodes d évolution du chômage en France depuis 1960? Emploi et chômage 87
88 22 Le piège du chômage de longue durée Les chômeurs de longue durée (au chômage depuis un an et plus) représentaient 42,5 % des demandeurs d emploi en 2005, selon l Insee. Il s agit souvent des travailleurs les moins bien armés pour affronter la concurrence de maind œuvre imposée par la pénurie d offres d emploi. Car le chômage de masse a installé les employeurs dans une position de force, qui leur permet d être de plus en plus exigeants dans leurs critères de recrutement et de privilégier l embauche des demandeurs d emploi les plus qualifiés, même pour des emplois qui ne requièrent aucun diplôme particulier. Cette hypersélectivité des recrutements provoque un effet de déclassement en cascade et relègue les moins qualifiés au bout de la file d attente des emplois, les condamnant parfois au chômage de longue durée et aux minima sociaux. [ ] Comme le faisait remarquer l économiste Jacques Freyssinet, «la probabilité de retrouver un emploi diminue rapidement lorsque la durée du chômage s allonge». Pour plusieurs raisons : le chômeur se décourage progressivement et devient moins efficace dans sa recherche d emploi ; ses aptitudes professionnelles se dégradent ; mais, surtout, les employeurs ont tendance à «interpréter la durée du chômage comme indicateur négatif des aptitudes du chômeur». Ils préfèrent donc recruter ceux qui ne sont pas au chômage depuis longtemps. Résultat : certains travailleurs finissent par s enfoncer dans un chômage dont ils ne parviennent à sortir qu avec beaucoup de mal. C. DORIVAL, «La société du chômage», Alternatives économiques, hors-série, n 71, 1 er trimestre Définir 1. Qu est-ce qu un chômeur de longue durée? 2. Comment peut-on expliquer l existence d un chômage de longue durée? 3. Pourquoi la probabilité de retrouver un travail diminue-t-elle quand la durée du chômage augmente? 4. Pourquoi le chômage de longue durée est-il si grave? 23 Le vécu du chômage À propos des difficultés qu ils rencontrent dans leur budget, les chômeurs se distribuent de façon relativement régulière autour d une proposition intermédiaire qui rassemble le plus grand nombre d entre eux («C est juste, mais il faut faire attention»), proposition à laquelle adhère un tiers des chômeurs, avec d un côté ceux qui disent connaître des difficultés (quatre chômeurs sur dix, 16 % avouant même de grandes difficultés) et de l autre ceux qui au contraire ne ressentent pas fortement le poids des contraintes budgétaires (un peu moins d un quart des personnes interrogées). [ ] Certains chômeurs considèrent que leur vie a été bouleversée par le chômage, tandis que d autres estiment que ses conséquences sont de faible ampleur. Les premiers paraissent encore assez largement majoritaires : du moins le sont-ils dans notre échantillon puisque 63 % des personnes interrogées déclarent que le fait d avoir connu le chômage a changé leur vie (ce qui est une déclaration assez forte). Cet impact du chômage semble lié à deux autres corps d attitudes : la valorisation du travail : ceux pour lesquels le chômage a eu un impact personnel important accordent beaucoup plus souvent une place essentielle au travail dans leur vie et déclarent que l expérience du chômage a renforcé cette place du travail. Par ailleurs, la proportion de chômeurs pour lesquels la place du travail est faible ou nulle reste limitée : 11 % sont dans ce cas ; le sentiment d appartenir à un groupe stigmatisé 1 : l impact du chômage sur la vie personnelle est lié au sentiment d être victime d un ostracisme 2 collectif et personnel. O. GALLAND, Les Chômeurs et le chômage. Une enquête exploratoire, L Observatoire de l ANPE, coll. «Les essentiels», 2000, 1. Groupe stigmatisé : groupe victime d un phénomène de critique et de rejet de la part du reste de la population. 2. Ostracisme : phénomène d hostilité conduisant au rejet d un individu ou d un groupe. 1. Quelles sont les conséquences économiques du chômage pour les ménages dont un des membres vit cette situation? 2. Quelles sont les conséquences psychologiques du chômage sur les chômeurs? 88 Chapitre 4
89 24 L indemnisation du chômage en 2007 Demandeurs d emploi inscrits à l ANPE Indemnisés (55 % des demandeurs d emploi) Non indemnisés (45 % des demandeurs d emploi) Par l assurance chômage (financée par des cotisations sociales). (45 % des demandeurs d emploi) Conditions : être au chômage ; avoir travaillé et donc cotisé à l assurance chômage au moins 6 mois. Durée de l indemnisation : de 7 à 23 mois (cas général). Montant : de 57 à 75 % du salaire. Indemnisation moyenne : par mois. Par le régime de solidarité (État) (financé par l impôt). (10 % des demandeurs d emploi) Conditions : être un demandeur d emploi de longue durée et n avoir plus droit à l indemnisation de l assurance chômage ; avoir travaillé 5 ans ; être pauvre. Durée : renouvelable tous les 6 mois tant que les conditions sont remplies. Montant : 14 par jour. Demandeurs d emploi qui ne satisfont pas les conditions requises pour être indemnisés. Ils n ont pas le droit à l assurance chômage (exemple des jeunes chômeurs qui sortent de l école et n ont jamais travaillé, donc jamais cotisé). Ils n ont pas le droit au régime de solidarité (exemple de chômeurs étant au chômage depuis plusieurs années tout en ayant travaillé moins de 5 ans). Bréal, Pourquoi un jeune chômeur cherchant un premier emploi n est-il pas indemnisé? 2. Quelles sont les différences (financement, conditions d accès, montant de l indemnisation) entre l assurance chômage et le régime de solidarité? 3. Pourquoi certains chômeurs ont-ils droit à une indemnisation par l assurance chômage? Faire le point documents 16 à Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : chercher ; disponible ; emplois ; population active ; travailler. Un chômeur est une personne qui respecte trois conditions : ne pas..., être... pour travailler et... activement du travail. Le nombre des chômeurs dépend à la fois du nombre des actifs et de celui des... Il diminue lorsque l emploi augmente plus que la Comment évolue le chômage en France depuis 1960? Emploi et chômage 89
90 B. L inégalité face au chômage 25 Le taux de chômage selon l âge, le diplôme et la nationalité (en 2005) (En %) Femmes Hommes Ensemble Âge ans 19,8 17,4 18, ans 13,6 9,0 11, ans 10,4 7,2 8, ans 9,6 8,0 8,7 60 ans ou plus 8,0 7,7 7,9 Niveau de diplôme Aucun ou CEP 1 20,9 16,9 18,7 BEPC, brevet 14,9 12,4 13,7 CAP, BEP 14,6 9,3 11,4 Baccalauréat 12,6 9,3 11,0 Diplôme de niveau bac + 2 7,6 6,9 7,4 Diplôme de niveau supérieur à bac + 2 8,2 5,7 7,4 Nationalité Français 12,5 9,7 11,0 Étrangers 27,5 18,7 22,4 Ensemble 13,2 10,2 11,7 1. Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. 2. Quelles sont les situations qui rendent le chômage plus fréquent? 3. Comment expliquez-vous la relation observée entre le diplôme et le chômage? Insee, Recensement, Le certificat d études primaires (CEP) est un diplôme qui sanctionnait la fin des études primaires. Il a été supprimé en Les jeunes face à l emploi L emploi des jeunes est traditionnellement très sensible à la conjoncture. Lors des périodes de ralentissement économique, la situation des jeunes actifs se dégrade plus rapidement que celle des plus anciens, mais lorsque l économie repart, ils sont les premiers à bénéficier de la reprise, comme à la fin des années quatre-vingts et de 1997 à Les plus diplômés sont relativement protégés des aléas conjoncturels, tandis que les peu diplômés y sont surexposés.ainsi, de 1975 à 1985, comme de 2002 à 2005, le taux de chômage augmente plus rapidement pour les moins diplômés, l évolution apparaissant plus homogène de 1991 à [ ] Deux types d effets peuvent être mis en avant pour expliquer ces phénomènes. Le premier est lié à la nature des postes sur lesquels sont embauchés les actifs les plus diplômés : les procédures et les coûts d embauche et de séparation sont les plus importants pour les postes les plus qualifiés. [ ] Le second est l effet de déclassement conjoncturel : en période de pénurie d emploi, les jeunes actifs qui ne trouvent pas de travail correspondant à leur niveau de diplôme ont tendance à accepter des postes pour lesquels ils sont sur-qualifiés ; les moins diplômés sont alors victimes d un effet d éviction. Y. FONDEUR et C. MINNI, «L accès des jeunes à l emploi», Insee, Données sociales : la société française, * Start-up : jeune entreprise de haute technologie. 1. Expliquer la phrase soulignée. 2. Pourquoi les jeunes diplômés sont-ils relativement protégés du chômage en période de crise? 90 Chapitre 4
91 27 Les discriminations à l emploi En 2005, la mairie de Lyon a organisé une opération «Dating emploi zéro discrimination» qui a permis la rencontre entre des demandeurs d emploi issus de quartiers populaires et des représentants d entreprises ayant des postes à proposer. Observer 1. Qui sont les personnes présentes sur cette photographie? 2. Quels sont les groupes sociaux victimes d une discrimination à l emploi? 3. Comment cherche-t-on à l éviter? 28 Un diplôme pour tous À voir les statistiques du chômage selon le niveau de diplôme à l entrée de la vie active, la conclusion s impose d évidence : poursuivre ses études est le meilleur moyen d accéder à un emploi stable et durable. Mais ce qui constitue une solution individuelle ne permet pas de définir la politique d éducation sur le plan collectif : si accéder à un niveau d étude élevé de formation permet à chacun de mieux se placer dans la file d attente quand le chômage est élevé, on ne peut en déduire que donner un niveau élevé de formation à tous suffirait à revenir au plein-emploi. [ ] Élever le niveau de formation constitue, sans nul doute, un puissant facteur de développement économique à long terme. [ ] Mais l allongement des études peut aussi se révéler un facteur de frustration pour qui compare sa situation à celles de ses parents. De fait, bien des postes occupés aujourd hui par des Bac + 2 l étaient hier par des titulaires de BEP. Peut-on pour autant parler de déclassement? Les organisations du travail ont changé et, avec elles, les qualifications requises : l assistante d aujourd hui n a pas grand-chose à voir avec la sténodactylo d hier. P. FRÉMEAUX, «Deux priorités», Alternatives économiques, n 246, avril Qu est-ce qui permet à l auteur d affirmer que «poursuivre ses études est le meilleur moyen d accéder à un emploi stable et durable»? 2. Quels problèmes peuvent rencontrer des jeunes qualifiés sur le marché du travail? 3. Pourquoi l augmentation de la durée de la scolarisation semble-t-elle indispensable à l auteur? Faire le point documents 25 à Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : formation ; chômage ; inégalitaire ; surqualifiées ; peu diplômées ; qualifiés. Le chômage est un phénomène... qui touche particulièrement les personnes... Cela tient au fait que les emplois proposés par les entreprises et les administrations sont de plus en plus... De plus, les employeurs sont souvent tentés d embaucher des personnes... pour occuper des postes en pensant qu elles pourront ainsi plus facilement s adapter aux évolutions futures. C est pourquoi la... est un élément incontournable (mais pas toujours suffisant) de la lutte contre le Quels sont les groupes sociaux les plus touchés par le chômage? Faire la synthèse documents 16 à 28 Décrire l évolution du chômage et montrer qu il ne touche pas toutes les personnes vivant en France avec la même intensité. Emploi et chômage 91
92 À retenir Emploi et chômage 1 2 Qu est-ce que l emploi? A. L emploi au cœur de nos sociétés Le travail est une activité qui consiste à produire des biens ou des services afin de satisfaire des besoins. Dans toutes les sociétés, les hommes et les femmes travaillent, ne serait-ce que dans le cadre domestique. L emploi est un travail rémunéré. Dans nos sociétés, il prend deux formes : l emploi salarié, qui consiste à travailler pour un employeur en échange d un salaire (par exemple : un ouvrier ou un cadre), et l emploi non salarié, qui est le fait des personnes qui travaillent à leur propre compte et qui perçoivent un bénéfice (par exemple : un commerçant). Depuis 1950, sur une longue période, l emploi augmente en France. Cette augmentation globale est due à celle de l emploi salarié qui représente aujourd hui près de neuf emplois sur dix. Les créations d emplois ne sont pas régulières et elles sont devenues plus nombreuses depuis le milieu des années 1990 en raison de la multiplication des formes d emplois, en particulier des emplois à temps partiel. B. La diversité des emplois Tous les emplois salariés ne sont pas identiques, ni en termes de contraintes, ni en termes d avantages. On peut d abord les différencier selon leur qualification, c est-à-dire les savoirs et savoirfaire nécessaires pour occuper un poste de travail. L utilisation d équipements plus techniques et le développement de services spécialisés dans les entreprises (par exemple : la comptabilité) ont provoqué une augmentation importante du nombre des emplois qualifiés. Cependant, celui des emplois peu qualifiés se développe (mais dans une moindre mesure) dans les services (par exemple : serveurs, femmes de ménages ). Cette inégalité de qualification est une des principales explications de l inégalité des salaires. On peut ensuite différencier les emplois en fonction de leur statut. Les fonctionnaires bénéficient de la sécurité de l emploi. Dans le secteur privé, les employés sous contrat à durée indéterminée (CDI) sont, en principe, amenés à rester dans l entreprise, tandis que les salariés employés sous contrats précaires (CDD, intérim ) n y sont que de passage. On peut enfin différencier les emplois en fonction du temps de travail. La multiplication des emplois à temps partiel est une réponse aux besoins des entreprises et à la demande d une partie des salariés. Mais certains de ces postes sont occupés par des salariés voulant travailler à temps plein. Cette situation est parfois à l origine d une nouvelle forme de pauvreté. Tous les actifs sont-ils égaux face au chômage? A. Un chômage de masse Un chômeur est un individu qui satisfait à trois conditions : il n a pas de travail, il est disponible pour travailler et il cherche effectivement un emploi. Les chômeurs sont classés dans la population active en complément des personnes qui bénéficient d un emploi (la population active occupée). La multiplication des emplois à temps partiel ou des emplois précaires induit toute une série de situations intermédiaires entre l emploi stable et le chômage. Ce dernier est donc devenu plus difficile à mesurer et les chiffres du chômage sont toujours discutés. 92 Chapitre 4
93 À retenir Cependant, nul ne doute que le chômage a fortement augmenté depuis 1975, date à laquelle nous sommes entrés dans une période de chômage de masse. Il fluctue sous l effet de l évolution de la population active et de celle de l emploi. La stabilisation prévue de la population active à partir de 2008 devrait faciliter sa diminution, à condition que les créations d emplois soient au rendez-vous. B. L inégalité face au chômage Tous les salariés ne sont pas égaux face au chômage : les personnes non qualifiées, les jeunes, les femmes et les étrangers ont plus de risques que les autres de se retrouver au chômage. Tous les chômeurs ne sont pas égaux face à l emploi : les chômeurs qualifiés mais aussi les jeunes ont plus de chances que les non-qualifiés et/ou les seniors de retrouver rapidement un emploi. Les chômeurs ne sont donc pas tous dans la même situation. Pour les personnes qualifiées qui, en principe, ne restent pas longtemps au chômage, la situation n est pas toujours très grave. Elle l est beaucoup plus souvent pour les personnes non qualifiées, victimes d un chômage de longue durée qui peut déboucher sur un processus d exclusion sociale. Schéma de synthèse L emploi au cœur de nos sociétés L emploi est un travail rémunéré L emploi est soit salarié, soit non salarié Qu est-ce que l emploi? En fonction de la qualification La diversité des emplois En fonction du statut : emploi stable (CDI) ou emploi précaire (CDD, intérim ) Emploi et chômage En fonction du temps de travail (temps plein, temps partiel) Un chômeur n a pas de travail, en cherche un, est disponible pour travailler Un chômage de masse Le chômage a beaucoup augmenté après 1975 Tous les actifs sont-ils égaux face au chômage? Un demandeur d emploi sur deux est indemnisé Les personnes non qualifiées sont plus souvent au chômage que les autres L inégalité face au chômage Les femmes sont plus souvent au chômage que les hommes Les jeunes sont plus souvent au chômage que les personnes plus âgées Les étrangers sont plus souvent au chômage que les Français Notions au programme Emploi salarié/non salarié Chômage Emploi et chômage 93
94 Évaluer ses acquis 1 Savoir distinguer le travail, l emploi et le chômage a) Recopier le tableau suivant et cocher la case correspondante pour chaque situation. Femme au foyer Cadre chez Renault Électricien à son compte Bénévole dans une association Ouvrier dans un lycée Médecin Militant dans un parti politique Vendeuse dans un magasin Travail non rémunéré salarié Emploi non salarié b) Recopier et compléter le schéma ci-dessous à l aide des termes suivants : chômage ; emploi ; inactivité. L individu a-t-il un travail rémunéré? Oui Non Cherche-t-il un travail rémunéré? Oui Non Est-il disponible pour travailler? Oui Non c) Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : rémunéré ; population active occupée ; d emploi ; recherche ; travailler. Alors que l emploi est défini comme étant un travail..., le chômage est une situation caractérisée par l absence..., la disponibilité pour... et la... effective d un emploi. Cette définition simple est en fait difficile à appliquer, car il existe des situations intermédiaires entre l emploi et le chômage. C est, par exemple, le cas des travailleurs à mi-temps qui souhaitent travailler à temps plein. Ils sont officiellement comptabilisés dans la..., alors qu ils se considèrent peut-être comme étant en partie au chômage. 94 Chapitre 4
95 Évaluer ses acquis 2 Savoir citer les principales évolutions de l emploi a) Les affirmations suivantes sont-elles vraies ou fausses? Entre 1980 et 2007 : l emploi augmente. l emploi non salarié augmente. l emploi agricole augmente. l emploi industriel augmente. l emploi tertiaire augmente. l emploi précaire augmente. l emploi à mi-temps augmente. l emploi féminin augmente. l emploi qualifié augmente. l emploi peu qualifié est en voie de disparition. b) Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : CDI ; effectifs ; temps partiel ; précaires. Pour faire face à la concurrence, les entreprises cherchent à être plus réactives. C est pourquoi elles ont de plus en plus recours à des emplois... au détriment de l emploi stable, qui stagne. Cela leur permet de faire varier plus rapidement leurs... Pour pouvoir moduler leurs heures d ouverture, elles ont de plus en plus recours à des emplois à... pour lesquels les horaires peuvent être variables. Les formes d emploi se sont donc diversifiées et les personnes employées à temps plein et en... sont proportionnellement moins nombreuses qu il y a vingt ans. 3 que le chômage est un phénomène inégalitaire a) Parmi tous ces facteurs, quels sont ceux qui entraînent une plus grande probabilité d être au chômage? Être non qualifié Avoir moins de 25 ans Être qualifié Avoir plus de 60 ans Être un homme Être français Être une femme Être étranger b) Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : courte ; égaux ; longue ; employabilité ; qualifié. Les chômeurs ne sont pas... entre eux. Plus on est..., plus il est facile de retrouver du travail. Pour les personnes qualifiées, le chômage est souvent un chômage de... durée qui ne constitue pas un handicap majeur. Pour les autres, le chômage peut devenir un piège, car les employeurs supposent que l... (la capacité à travailler) diminue avec la durée du chômage. Ils hésitent donc à embaucher un chômeur de... durée. QCM 1. Un emploi est : a. une activité satisfaisant un besoin. b. une activité rémunérée. c. une activité salariée. 2. La rémunération d un travailleur indépendant est en principe : a. un salaire. b. un profit. c. une allocation. 3. Les chômeurs font partie : a. de la population active. b. de la population active occupée. c. de la population active salariée. 4. Une personne qui a été licenciée et qui ne recherche pas de travail est classée : a. dans la population active occupée. b. dans la population au chômage. c. dans la population inactive. 5. Le taux de chômage est le rapport : a. des chômeurs à la population. b. des chômeurs à la population active. c. des chômeurs à la population ayant un emploi. 6. Un salarié en CDD est embauché en principe : a. pour une mission. b. pour une durée ne pouvant pas excéder 18 mois. c. pour une durée indéterminée. Emploi et chômage 95
96 TD Les chiffres du chômage S entraîner à une lecture critique de la presse Le jeudi 29 mars 2007, le ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité publie les chiffres officiels du chômage pour le mois de février Le jour suivant, Eurostat, l institut européen de statistiques, rend publics ses propres chiffres du chômage pour chacun des pays de l Union européenne. Le Figaro, qui est imprimé le soir, publie un article sur les chiffres du chômage dans son édition du vendredi 30 mars et Le Monde, imprimé le matin, dans celle du samedi 31 mars. 1 Les titres et les articles Le Figaro Le chômage poursuit sa baisse régulière SELON LES DONNÉES PROVISOIRES DE L INSEE, le chômage est descendu à 8,4 % en février, un chiffre jamais atteint depuis vingt-quatre ans de chômage. Le chômage baisse, mais de combien? Selon les chiffres provisoires de l Insee publiés hier, le mois de février a vu reculer le nombre de demandeurs d emploi de personnes. Ce qui permet de faire descendre le taux de chômage à 8,4 %, un niveau jamais atteint depuis juin 1983, soit vingt-quatre ans. Seulement voilà, la charge à boulets rouges contre l ampleur de la baisse menée par l opposition a repris de plus belle. «La baisse du chômage n est pas avérée durant le quinquennat», dénonce Martine Aubry au PS, qui accuse le gouvernement de «maquiller la réalité». Même tonalité du coté syndical, où, à la CGT, Bernard Thibault juge le chiffre «artificiel et farfelu». [ ] Or, si l Insee reconnaît qu il y a bien une baisse du chômage, il s avoue en revanche incapable d en confirmer l ampleur. Attendue pour mars, ce n est qu à l automne que l Institut publiera l enquête emploi annuelle qui lui sert à recaler définitivement les chiffres publiés tous les mois. [ ] si l on peut [ ] contester l ampleur [de la baisse], difficile en revanche d en nier la réalité. Sur un an, le chômage de longue durée recule de 17 %, celui des jeunes de 10,4 % et celui des seniors de 9,6 %. En un an, ce sont personnes qui ont retrouvé du travail, depuis la mi Au total, la France comptait, fin février, chômeurs. FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD Le Monde EMPLOI LE GOUVERNEMENT ET BRUXELLES EN DÉSACCORD SUR LA BAISSE DU NOMBRE DE DEMANDEURS D EMPLOI EN FRANCE Eurostat revoit à la hausse, à 8,8 %, le chômage français En affichant un taux de chômage de 8,4 % à la fin février 2007 soit demandeurs d emplois (catégorie 1, disponibles, à la recherche d un emploi à temps plein et à durée indéterminée), en baisse de en un mois le ministère de l Emploi a souligné, jeudi 29 mars, qu il s agissait du taux le plus faible enregistré depuis juin Mais ce «record» est entaché par de nombreuses polémiques et contestations de ces statistiques. Eurostat, l Office européen de statistiques, a révisé à la hausse, vendredi 30 mars, le taux de chômage français. D après Eurostat, celui-ci se situait en France à 8,8 % en février. [ ] Le bras statistique de la Commission européenne a décidé d effectuer ses corrections en utilisant partiellement l enquête sur l emploi du troisième trimestre 2006 de l Insee, que celui-ci a renoncé à traiter pour «des raisons techniques», reportant à l automne 2007 ses traditionnelles opérations de correction. Selon les calculs d Eurostat, le gouvernement de Villepin enregistre la moins bonne performance de la zone euro, dont le taux de chômage continue de reculer (à 7,3 %). L Allemagne affiche selon la méthode de calcul comparative d Eurostat pour l Union européenne une décrue beaucoup plus rapide, son taux de chômage étant passé de 8,9 % en février 2006 à 7,1 % en février 2007 (contre respectivement 9,7 et 8,8 % en France). La France se situe, selon ces chiffres, en queue de peloton au sein de l Union européenne, où le taux de chômage moyen est désormais de 7,5 %, juste devant la Slovaquie et la Pologne. [ ] RÉMI BARROUX et PHILIPPE RICARD (À Bruxelles) ➊ Quelles sont les informations communes aux deux articles? ➋ Quelles sont les informations qui se retrouvent uniquement dans le texte du Figaro? Quelles sont celles qui figurent uniquement dans celui du Monde? ➌ Quelle est l idée centrale de l article du Figaro? Quelle est celle de l article du Monde? ➍ À quelles occasions les journalistes utilisent-ils des guillemets? ➎ Comment Le Figaro fait-il pour décrédibiliser la critique des chiffres officiels du chômage aux yeux de ses lecteurs? ➏ Comment Le Monde fait-il pour crédibiliser la critique des chiffres officiels du chômage aux yeux de ses lecteurs? 96 Chapitre 4
97 Travaux dirigés 2 Les graphiques qui accompagnent les articles Le Figaro Le chômage au plus bas depuis 24 ans Taux de chômage en France, en % de la population active (CVS) 8,8 8,6 8,4 8,2 8,0 S 0 8,4 %* N D J F * Chiffres provisoires. Évolution du taux de chômage en France, en % de la population active (CVS) 10,0 9,5 9,0 8,5 8,0 8,4 %* 7,5 Janv Fév * Chiffres provisoires. Source : Insee. RÉALITÉ. Au-delà du débat, ce sont personnes qui ont retrouvé du travail en un an. Le Monde Une baisse continue depuis 2005 Taux de chômage au sens du Bureau international du travail, en % ,4 Fin février D après Insee. ➊ Qu est-ce que ces trois graphiques ont en commun? ➋ Qu est-ce qui les différencie? ➌ Quelle est l impression générale donnée par chacun d entre eux? ➍ Pourquoi Le Figaro a-t-il mis le premier graphique en première page? ➎ Pourquoi Le Monde a-t-il choisi de faire commencer la courbe du taux de chômage en 1996? Le Monde et Le Figaro présentent-ils l évolution du chômage de la même façon? Emploi et chômage 97
98 Chapitre 5 La classification socioprofessionnelle Objectifs Sommaire les principes de construction de la nomenclature des PCS. Connaître la grille des PCS et l évolution des groupes socioprofessionnels. Utiliser les outils statistiques à partir des PCS. 1 Un ouvrier dans une entreprise sidérurgique 1. À quoi sert la classification socioprofessionnelle? A. La nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles B. Un outil pertinent pour analyser la société Comment évolue la structure socioprofessionnelle en France? A. Les groupes socioprofessionnels dont le poids diminue B. Les groupes socioprofessionnels dont le poids augmente À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés L achat et la vente d actions par des financiers dans une salle de marché d une banque Que produit cet ouvrier? Est-il nécessaire d avoir des diplômes pour exercer cet emploi? 98 Chapitre 5
99 3 Des serveurs dans un fast-food Est-il nécessaire d être qualifié pour occuper un emploi de caissier? 4 L évolution du nombre d emplois agricoles Que met en évidence ce graphique? Millions Années (Agriculteurs exploitants et ouvriers agricoles.) D après Insee. 5 Quelle est la réalité illustrée par ce dessin? Questions documents 1 à 5 1. Citer des métiers qui se développent, d autres qui deviennent plus rares. 2. Donner quelques éléments d explication. La classification socioprofessionnelle 99
100 1 À quoi sert la classification socioprofessionnelle? La nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) classe l ensemble de la population en un nombre restreint de catégories présentant une certaine homogénéité sociale. Les PCS constituent un outil essentiel pour analyser la société. Pour commencer Soit un échantillon (non représentatif) de la population française : un commerçant strasbourgeois, une lycéenne toulousaine, un viticulteur du Var à la retraite, une coiffeuse du Nord-Pas-de-Calais, une mère au foyer du sud de la France, une infirmière travaillant dans un hôpital parisien, un chef d entreprise habitant Rennes, une avocate de la région lilloise, un ouvrier travaillant au port autonome de Marseille, une secrétaire d une petite entreprise de Picardie. Pour mieux comprendre comment s organise une société, il est d usage de regrouper les individus en un nombre limité de catégories présentant des points communs. 1. Réaliser cinq tableaux en répartissant cette population en fonction des critères suivants : a) l activité (actif / inactif) ; b) le genre (masculin / féminin) ; c) l âge (deux ou trois catégories d âge) ; d) la zone géographique (de deux à quatre zones) ; e) la catégorie professionnelle, pour les actifs seulement (quatre catégories au plus). Exemple : salariés / non-salariés ; qualifiés / peu qualifiés ; manuels / non-manuels 2. Quel peut être l intérêt de classer les individus selon leurs caractéristiques professionnelles? A. La nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles 1 La répartition de la population totale dans la nomenclature des PCS Nombre Niveau Exemple du groupe 2 Codage 8 (dont 6 pour les actifs) le plus agrégé Groupes socioprofessionnels 2 Artisans, commerçants et chefs d entreprise 1 chiffre 42 ou 24 (dont 32 ou 19 pour les actifs) intermédiaire Catégories socioprofessionnelles 21 Artisans 22 Commerçants 23 Chefs d entreprise 2 chiffres 497 détaillé Professions 1 Ex. : 211a Artisan maçon Ex. : 211b Artisan plombier Ex. : 223c Fleuriste Ex. : 231a Chef de grande entreprise de 500 salariés et plus 3 chiffres + 1 lettre 1. Combien de niveaux comprend la nomenclature des PCS? Quel est le niveau le plus détaillé? le moins détaillé? 2. «Catégorie socioprofessionnelle» et «groupe socioprofessionnel» sont-ils des synonymes? 3. Rédiger un texte présentant la classification en PCS du groupe 2. Bréal, Les quatre professions mentionnées sont des exemples ; la liste ne peut être exhaustive en raison du grand nombre de professions, contrairement aux deux niveaux précédents qui répertorient les seules possibilités pour l exemple choisi. (voir Chapitre 5
101 2 La méthode de construction des PCS Fournissant une vision multidimensionnelle des groupes sociaux, la nomenclature des PCS s appuie sur une combinaison de six critères : le statut économique : on est salarié ou indépendant ; le métier : on est ouvrier, employé de commerce, artisan, médecin la qualification et le niveau de formation : liés au diplôme et à l expérience, ils distinguent par exemple ouvriers qualifiés et non qualifiés ; la situation hiérarchique : on est technicien, agent de maîtrise ou cadre supérieur ; le secteur d activité : on travaille dans l agriculture, l industrie ou les services (commerce, information, santé ) ; le statut de l employeur en distinguant la Fonction publique des entreprises privées et les entreprises selon leur taille. Si le revenu (donc le niveau de vie) n apparaît pas directement, il est en fait présent à travers ces six critères puisqu il est lié à la qualification, au métier comme à la position hiérarchique. Chaque actif occupé est classé en fonction de son activité professionnelle et de la nature de l employeur pour les salariés. Seuls les chômeurs n ayant jamais travaillé sont classés à part alors que les autres chômeurs sont classés dans la catégorie correspondant au dernier emploi qu ils ont occupé. Les retraités et autres inactifs sont également pris en compte de façon spécifique. Les intitulés de la nomenclature sont des termes courants afin que les personnes concernées puissent aisément s y reconnaître. B. BARBUSSE,D.GLAYMANN, La Sociologie en fiches, Ellipses, Quels sont les critères utilisés pour construire la nomenclature des PCS? 2. Expliquer la phrase soulignée. 3. Pourquoi peut-on dire que la nomenclature des PCS fournit une vision multidimensionnelle des groupes socioprofessionnels? 3 exercice Se familiariser avec les différents critères de classification 1. Trois situations d emploi Un cadre et sa secrétaire Un professeur Un agriculteur Caractériser chaque personnage à partir des six critères présentés dans le document Caractériser les emplois occupés par les membres d une famille La famille Adams est composée de cinq personnes. Le père est le patron d une boulangerie de quartier. C est lui qui dirige son affaire et qui veille à la qualité de fabrication de son pain. Il a trois salariés, dont son fils aîné qui apprend le métier depuis quelques mois. Son savoirfaire est pour l instant limité, mais il deviendra sans doute un jour un boulanger expérimenté. M me Adams est pour sa part infirmière à son compte. Le travail ne manque pas, sa clientèle ne cesse de s élargir. La fille de la famille Adams est professeur d histoiregéographie dans un petit collège de province. C est sa deuxième année d enseignement et elle est très satisfaite de son métier. Le fils cadet est un cadre dirigeant d une grande entreprise française. Des études brillantes lui ont permis d occuper très rapidement un poste à responsabilité et de diriger une équipe de cent cinquante personnes. Pour chacune de ces personnes, préciser son métier, son statut économique, sa qualification, sa position hiérarchique et le statut de son employeur. La classification socioprofessionnelle 101
102 4 La nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelle (PCS) 8 groupes socioprofessionnels (Niveau agrégé) 1. Agriculteurs exploitants [1,3 %] 2. Artisans, commerçants et chefs d entreprise [3,2 %] 3. Cadres et professions intellectuelles supérieures [7,8 %] 4. Professions intermédiaires [12,0 %] 5. Employés [16,1 %] 6. Ouvriers [13,7 %] 7. Retraités [30,2 %] 8. Autres personnes sans activité professionnelle [15,3 %] 24 catégories socioprofessionnelles (Niveau de publication courante) 10. Agriculteurs exploitants 21. Artisans 22. Commerçants et assimilés 23. Chefs d entreprise de dix salariés ou plus 31. Professions libérales et assimilées 32. Cadres de la Fonction publique et professions intellectuelles et artistiques 36. Cadres d entreprise 41. Professions intermédiaires de l enseignement, de la santé, de la Fonction publique et assimilées 46. Professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises 47. Techniciens 48. Contremaîtres et agents de maîtrise 51. Employés de la fonction publique 54. Employés administratifs d entreprise 55. Employés de commerce 56. Personnels des services directs aux particuliers 61. Ouvriers qualifiés 66. Ouvriers non qualifiés 69. Ouvriers agricoles 71. Anciens agriculteurs exploitants 72. Anciens artisans, commerçants et chefs d entreprise 73. Anciens cadres et professions intermédiaires 76. Anciens employés et ouvriers 81. Chômeurs n ayant jamais travaillé 82. Inactifs divers (autres que retraités) 42 catégories socioprofessionnelles (Niveau détaillé) 11. Agriculteurs sur petite exploitation 12. Agriculteurs sur moyenne exploitation 13. Agriculteurs sur grande exploitation 21. Artisans 22. Commerçants et assimilés 23. Chefs d entreprise de dix salariés ou plus 31. Professions libérales 33. Cadres de la Fonction publique 34. Professeurs et professions scientifiques 35. Professions de l information, des arts et des spectacles 37. Cadres administratifs et commerciaux d entreprise 38. Ingénieurs et cadres techniques d entreprise 42. Instituteurs et assimilés 43. Professions intermédiaires de la santé et du travail social 44. Clergé et religieux 45. Professions intermédiaires administratives de la fonction publique 46. Professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises 47. Techniciens 48. Contremaîtres et agents de maîtrise 52. Employés civils et agents de service 53. Policiers et militaires 54. Employés administratifs d entreprise 55. Employés de commerce 56. Personnels des services directs aux particuliers 62. Ouvriers qualifiés de type industriel 63. Ouvriers qualifiés de type artisanal 64. Chauffeurs 65. Ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport 67. Ouvriers non qualifiés de type industriel 68. Ouvriers non qualifiés de type artisanal 69. Ouvriers agricoles 71. Anciens agriculteurs 72. Anciens artisans, commerçants et chefs d entreprise 74. Anciens cadres 75. Anciennes professions intermédiaires 77. Anciens employés 78. Anciens ouvriers 81. Chômeurs n ayant jamais travaillé 83. Militaires du contingent 84. Élèves et étudiants de 15 ans ou plus 85. Personnes diverses sans activité professionnelle de moins de 60 ans 86. Personnes diverses sans activité professionnelle de 60 ans ou plus Définir 1. Qu est-ce qu une profession libérale? Donner des exemples. 2. Quels groupes socioprofessionnels rassemblent les actifs? les inactifs? 3. Donner la signification du pourcentage entouré en l intégrant dans une phrase puis classer les groupes socioprofessionnels d actifs par ordre décroissant. D après Insee. Lecture : Entre crochets [x %], dans la première colonne du tableau, figure la répartition de la population de 15 ans et plus selon la catégorie socioprofessionnelle. 102 Chapitre 5
103 5 exercice Apprendre à classer la population dans la nomenclature des PCS Pour déterminer la position d un individu parmi les huit groupes socioprofessionnels, il faut d abord se demander si cet individu est actif ou inactif. Les retraités sont classés dans le groupe socioprofessionnel 7, les autres inactifs dans le groupe socioprofessionnel 8. Les actifs se répartissent entre salariés et nonsalariés. Les non-salariés appartenant au secteur primaire se classent dans le groupe socioprofessionnel 1, les autres dans le groupe socioprofessionnel 2 (sauf les professions libérales qui sont dans le groupe socioprofessionnel 3). Selon qu ils occupent une position élevée dans la hiérarchie, les salariés sont répartis entre les groupes 3 et 4 (le groupe socioprofessionnel 3 rassemblant les plus qualifiés) et les groupes 5 et 6. Parmi ces derniers, les travailleurs manuels sont classés dans le groupe 6, les autres dans le 5. a. Réaliser un schéma à partir du texte ci-contre. b. Recopier le tableau ci-dessous et cocher la case correspondant au groupe professionnel de chaque personne. Une lycéenne Un cultivateur céréalier Un avocat Une fleuriste Un manœuvre Un contremaître Une assistante sociale Un journaliste Une caissière Une femme de ménage Un salarié agricole Un chauffeur Un mineur retraité GSP 1 GSP 2 GSP 3 GSP 4 GSP 5 GSP 6 GSP 7 GSP 8 6 Les métiers nécessaires à la construction d un viaduc Observer 1. Citer quelques métiers nécessaires à la construction d un pont. 2. Classer ces métiers dans la nomenclature des PCS. Chantier de construction du viaduc de Millau ( ) Faire le point documents 1 à 6 1. Vrai ou faux? a. Les actifs sont répartis en six groupes socioprofessionnels. b. Le groupe socioprofessionnel des cadres et professions intellectuelles supérieures ne rassemble que des salariés. c. Les agriculteurs exploitants et les ouvriers agricoles sont classés dans le même groupe socioprofessionnel. d. La qualification n est pas un critère utilisé dans la construction de la nomenclature des PCS. 2. Rappeler les principes de construction de la nomenclature des PCS. La classification socioprofessionnelle 103
104 B. Un outil pertinent pour analyser la société 7 Un outil d analyse de la structure et des pratiques sociales L Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a mis au point la nomenclature des Catégories socioprofessionnelles (CS) au début des années 1950 afin d étudier la structure sociale et de mieux comprendre le mode de vie des Français. Dans la mesure où l identité sociale des actifs était, à l époque, clairement définie par leur identité professionnelle, il a semblé légitime de constituer les CSP à partir de critères d ordre professionnel. [ ] Cet outil s est avéré précieux pour étudier la structure sociale. Il a permis de mesurer le déclin des travailleurs indépendants (groupes 1 et 2), l essor des ouvriers jusqu en 1975 puis leur déclin, et enfin la progression du nombre des salariés non ouvriers (employés, professions intermédiaires et cadres). Ensuite, cette nomenclature a facilité la description des pratiques sociales. Les inégalités de revenus, de patrimoine ou de consommation ainsi que les différences de mode de vie ont pu être mieux cernées. L inégalité sociale face à l école a ainsi été mesurée avec précision. Cependant, en raison du caractère multidimensionnel de cet outil, cette description ne débouche pas immédiatement sur une explication. M. MONTOUSSÉ, G. RENOUARD, 100 Fiches pour comprendre la sociologie, Bréal, Pourquoi la profession a pu apparaître comme un bon indicateur de la position sociale d un individu? 2. Dans quels domaines la nomenclature des PCS a-t-elle permis d éclairer nos connaissances? 8 L évolution des groupes socioprofessionnels (GSP) En % Ouvriers Employés Professions intermédiaires 15 14,7 CPIS 10 5 ACCE 2 6, Agriculteurs , ,0 24,0 23,0 Observer 1. Quels sont les groupes socioprofessionnels dont le poids diminue? Quels sont ceux dont le poids augmente? Calculer 2. Sachant que la population active s élevait à personnes en 2005, calculer l effectif de chaque groupe socioprofessionnel. 3. En quoi la population active de 2005 est-elle très différente de celle de 1962? Insee, «Marché du travail, séries longues» et enquête «Emploi», CPIS : cadres et professions intellectuelles supérieures. 2. ACCE : artisans, commerçants et chefs d entreprise. 9 Les écarts de salaires mensuels nets selon le sexe et le groupe socioprofessionnel Hommes Femmes Ensemble Ensemble Cadres Professions intermédiaires Employés Ouvriers Insee, Faire une phrase avec le nombre entouré. Calculer 2. Transformer les données de la dernière colonne en indices en prenant comme valeur de référence le nombre entouré ( Fiche méthode 6, p. 238). Que peut-on constater? 3. Faire le rapport (en %) du salaire mensuel net des hommes avec celui des femmes pour chacun des quatre groupes socioprofessionnels. Que peut-on constater? 104 Chapitre 5
105 10 Espérance de vie à la naissance (en années) Hommes Hommes Femmes Femmes Cadres 76,5 81,0 82,5 85,0 Professions intermédiaires 75,5 78,0 81,5 84,5 Agriculteurs 75,5 78,5 80,5 83,5 Artisans, commerçants 74,5 78,0 81,0 84,0 et chefs d entreprise Employés 72,0 75,0 80,5 83,5 Ouvriers 70,5 74,0 79,5 82,0 Inactifs non retraités 62,5 63,5 79,5 82,0 Ensemble 73,0 76,0 80,0 83,0 1. Moyenne de l espérance de vie sur la période concernée. Insee Première, n 1025, juin Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. Calculer 2. Quel est l écart d espérance de vie entre les hommes et les femmes pour la période ? Cet écart se réduit-il ensuite? 3. Classer par ordre décroissant les groupes socioprofessionnels selon leur espérance de vie pour la période Les écarts se réduisent-ils? 11 Les principaux facteurs expliquant les écarts d espérance de vie entre GSP Pour les «actifs» masculins comme féminins, les cadres et les membres des professions intellectuelles supérieures ont l espérance de vie la plus longue et les ouvriers sont les moins avantagés. Sur la période , les hommes cadres ou exerçant une profession intellectuelle supérieure ont une espérance de vie à 35 ans de 46 ans contre 39 ans pour les ouvriers. Pour les femmes, ces chiffres sont de 50 ans pour les cadres et 47 ans pour les ouvrières. Entre ces extrêmes, le classement varie selon le sexe. Les conditions de travail comme les comportements et mode de vie jouent en général en faveur d une plus grande longévité pour les cadres et d une moindre durée de vie pour les ouvriers et c est le cumul de l ensemble de ces facteurs qui explique alors de fortes différences constatées entre catégories sociales. Les ouvriers occupent notamment des emplois physiquement plus pénibles et qui les exposent plus souvent à des risques professionnels que les cadres, ils consultent plus tardivement des médecins, ils ont aussi en général des conditions de vie pendant l enfance moins favorables, ils portent également une attention moindre à leur santé (alimentation, sport, prévention ), et fument et consomment davantage d alcool. Ces différences sont plus marquées pour les hommes que pour les femmes. Insee Première, n 1025, juin Comment peut-on expliquer les écarts d espérance de vie entre les cadres et les ouvriers? 2. S agit-il d explications surtout économiques ou sociales? Faire le point documents 7 à Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : population active ; artisans, commerçants et chefs d entreprise ; baisse ; hausse ; inégalités ; cadres et professions intellectuelles supérieures. L évolution des groupes socioprofessionnels fait apparaître une... de la part des employés, des professions intermédiaires et des..., mais aussi une... de la part des agriculteurs exploitants, des... et des ouvriers. La répartition de la... par groupes socioprofessionnels révèle un certain nombre d Comment a évolué la structure socioprofessionnelle de la France depuis le milieu des années 1970? Faire la synthèse documents 1 à 11 À quoi sert la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles? La classification socioprofessionnelle 105
106 2 Comment évolue la structure socioprofessionnelle en France? Plusieurs transformations économiques et sociales (élévation du niveau de qualification, développement des services, progrès technique ) sont à l origine du déclin de certaines catégories socioprofessionnelles et de l expansion d autres catégories. Pour commencer Imaginons que la population active d un pays fictif soit répartie en trois groupes et évolue ainsi : Année 1 Année 2 Groupe A Groupe B Groupe C Total population active Calculer le taux de variation pour chacun des trois groupes et pour le total entre l année 1 et l année 2. Faire une phrase avec l un des quatre résultats obtenus ( Fiche méthode 6, p. 238). 2. Calculer la part (en %) de chaque groupe pour l année 1, puis pour l année 2. Faire une phrase avec le résultat de votre choix. 3. Pour quel(s) groupe(s) peut-on dire qu il y a : croissance de l effectif et augmentation de la part? baisse de l effectif et baisse de la part? croissance de l effectif et baisse de la part? 4. Comment peut-on expliquer ce dernier phénomène? (Comparer l augmentation du groupe C à celle du total de la population active.) A. Les groupes socioprofessionnels dont le poids diminue 12 Les agriculteurs exploitants a. Les causes de la baisse du nombre d agriculteurs b. L évolution du métier d agriculteur Mécanisation Concurrence étrangère Déclin du nombre d agriculteurs Faible progression de la production agricole Regroupement des exploitations agricoles Bréal, Comment peut-on expliquer la baisse du nombre d agriculteurs en France? 2. Pourquoi n est-il pas possible d accroître fortement la production agricole pour compenser les effets de la mécanisation? 3. Pourquoi les exploitations agricoles se regroupent-elles? 106 Chapitre 5
107 13 Le déclin des artisans, commerçants et chefs d entreprise a. L évolution du groupe socioprofessionnel 2 (en milliers) Artisans, commerçants et chefs d entreprise 21. Artisans Commerçants Chefs d entreprise de dix salariés ou plus Total D après Insee, b. L exemple des commerçants On ne comptait que commerçants en 2004, contre 1 million en Les femmes représentent 37 % des effectifs, mais elles occupent plus fréquemment des postes d exécution que les hommes. Le secteur a connu en France un vrai bouleversement avec le développement des grandes surfaces, d abord alimentaires puis généralistes et plus récemment spécialisées (bricolage, jardinage, équipement de sport, ameublement ). Cette évolution de l offre a accompagné celle de la demande. Les consommateurs ont plébiscité le libre-service, la possibilité de faire l ensemble de leurs courses dans le même lieu, les prix inférieurs permis par la puissance d achat des grandes centrales de distribution. La conséquence est que les deux tiers des dépenses alimentaires des ménages sont aujourd hui effectués dans les hypermarchés et les supermarchés (dont la moitié environ sont des maxidiscomptes). Au cours des années 1990, l érosion du petit commerce a été spectaculaire : 54 % des magasins de bricolage ont disparu, 41 % des épiceries, 39 % des boutiques d habillement, 35 % des magasins d ameublement, 25 % des boucheries, soit au total près de commerces. Le secteur emploie encore 3,2 millions de personnes, dont commerçants et assimilés et 2,2 millions de salariés. 1. Citer des exemples de commerces. G. MERMET, Francoscopie 2007, Larousse, Calculer 2. Calculer le taux de variation (en %) des catégories socioprofessionnelles 21, 22 et 23 entre 1975 et 2005 ( Fiche méthode 6, p. 238). Que peut-on constater? 3. Quels sont les facteurs liés à l offre et à la demande qui expliquent cette évolution? 14 Les transformations du groupe ouvrier Si l on fait exception de la période ouverte par la crise des années 1930, le nombre des ouvriers a augmenté de façon ininterrompue en France du début du XIX e siècle jusqu au milieu des années À cette date, il y avait 8,2 millions d ouvriers, ce qui représentait 37,2 % de la population active. Le nombre des ouvriers diminue depuis : ils n étaient plus que 7 millions en 2002, soit 26 % de la population active. Pour la première fois, les employés sont devenus plus nombreux que les ouvriers. À l image de ce qui s est déjà passé au cours des années 1930, le déclin numérique de ce groupe social peut être expliqué par la crise économique, mais l ouverture des économies et la concurrence des pays à bas salaires semblent rendre ce phénomène irréversible. On observe aujourd hui un phénomène de vases communicants : le nombre des ouvriers augmente en Chine, tandis qu il diminue dans les pays anciennement industrialisés. Cette évolution ne doit pourtant pas nous faire oublier que les ouvriers restent nombreux en France en ce milieu des années 2000 : il y a encore presque deux fois plus d ouvriers que de cadres dans la population active. Si l on tient compte des retraités, l écart est encore bien plus important. M. MONTOUSSÉ, G. RENOUARD, 100 Fiches pour comprendre la sociologie, Bréal, Calculer 1. Quantifier la baisse de la part des ouvriers entre le milieu des années 1970 et 2002 et faire une phrase avec le résultat obtenu. 2. Comment peut-on expliquer le déclin de ce groupe socioprofessionnel? La classification socioprofessionnelle 107
108 15 L évolution du groupe socioprofessionnel 6 (en milliers) Ouvriers 62. Ouvriers qualifiés de type industriel Ouvriers qualifiés de type artisanal Chauffeurs Ouvriers qualifiés de la manutention du magasinage et du transport Ouvriers non qualifiés de type industriel Ouvriers non qualifiés de type artisanal Ouvriers agricoles Total Calculer 1. Mesurer l évolution du nombre d ouvriers qualifiés puis celle du nombre d ouvriers non qualifiés entre 1975 et Que peut-on constater? 2. Comment peut-on expliquer cette double évolution? D après Insee, Un atelier de montage du groupe Smoby Majorette (Arinthod) Observer 1. Quel type d opération ces femmes réalisent-elles? S agit-il d un emploi qualifié? 2. Dans quelle catégorie socioprofessionnelle peut-on les classer? Faire le point documents 12 à Vrai ou faux? a. Le déclin des agriculteurs exploitants est un phénomène récent. b. La baisse du nombre des commerçants s explique essentiellement par le développement des grandes surfaces de vente. c. On assiste à un déclin des ouvriers qualifiés. d. La mécanisation et la concurrence étrangère expliquent principalement la baisse du groupe socioprofessionnel des ouvriers. 2. Comment évoluent les catégories socioprofessionnelles non salariées? 108 Chapitre 5
109 B. Les groupes socioprofessionnels dont le poids augmente 17 exercice Les causes de l essor des professions qualifiées Sur une longue période, l amélioration des conditions de vie dans les pays riches incite les individus à satisfaire des besoins qui n étaient pas, autrefois, jugés prioritaires. La demande croissante de santé et de formation est généralement prise en charge par l État qui, dans un souci d égal accès à ces services, les propose à faible prix ou gratuitement, ou rembourse une partie des frais qu ils occasionnent. Cela explique l augmentation rapide du nombre des personnels de la santé et de l enseignement au sein de l appareil d État. Le développement des nouvelles technologies de l information et de la communication (micro-informatique, Internet, téléphonie, etc.) a profondément modifié le comportement des consommateurs, qui y consacrent désormais une partie importante de leur budget, comme celui des entreprises, qui ont dû repenser leur organisation. La diffusion rapide de ces nouvelles technologies génère de nouveaux métiers dans la conception, la fabrication, l entretien, la formation, etc. Enfin, les entreprises développent leurs activités dans les domaines financier, commercial et de gestion afin d améliorer leur efficacité. L ensemble de ces transformations génère un plus grand nombre d emplois qualifiés. Bréal, Recopier et compléter le tableau ci-dessous en indiquant pour chacune des professions le facteur principal expliquant leur progression (une croix par ligne). Développement de l intervention de l État dans les domaines de la santé, de la formation et de l administration Développement des nouvelles technologies de l information et de la communication Développement des activités commerciales, financières et de gestion des entreprises Médecin Contrôleur des impôts Directeur des ventes Assistante sociale Archiviste Chercheurs au CNRS Journaliste Éducateur Trader (spéculateur financier) Technicien de laboratoire Informaticien Directeur des ressources humaines La classification socioprofessionnelle 109
110 18 La montée des «cols blancs» Les années 1960 voient se cristalliser des changements majeurs, aussi bien dans la nature de la main-d œuvre que dans celle de la production. [ ]. C est essentiellement par l observation de la société américaine que D. Bell [sociologue américain] va tirer ses conclusions sur l avènement de la société post-industrielle. Tout d abord, il décrit la naissance d une économie de services, définis comme des besoins subsidiaires 1 liés à la production. Il constate que le fameux secteur tertiaire 2 occupe plus de la moitié de la population active, dépassant les secteurs agricoles et industriels où se trouvent la majorité des «cols bleus». Les services de santé, d enseignement, de recherche et d administration jouent un rôle décisif. S opère ainsi une profonde modification de la structure socioprofessionnelle, au profit des «cols blancs». S. LELLOUCHE, «La société post-industrielle. Des cols bleus aux cols blancs», Sciences humaines, hors-série n 30, septembre subsidiaires : complémentaires. 2. secteur tertiaire : secteur de l économie produisant des services. Définir 1. Qui sont les «cols blancs»? 2. Rappeler quels sont les trois secteurs d activité. 3. Pourquoi l auteur du texte parle-t-il de l avènement de la société postindustrielle? 4. Expliquer la dernière phrase du texte. 19 L évolution des groupes socioprofessionnels 3 et 4 (en milliers) Cadres et professions intellectuelles supérieures Professions libérales Cadres de la Fonction publique Professeurs et professions scientifiques Professions de l information, des arts et des spectacles Cadres administratifs et commerciaux d entreprise Ingénieurs et cadres techniques d entreprise Professions intermédiaires Instituteurs et assimilés Professions intermédiaires de la santé et du travail social Clergé et religieux Professions intermédiaires administratives de la fonction publique Professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises Techniciens Contremaîtres et agents de maîtrise Population active Calculer 1. Transformer en indices les données en gras dans le tableau en prenant comme année de référence Que peut-on constater? ( Fiche méthode 6, p. 238) 2. Pour chacun des groupes socioprofessionnels 3 et 4, repérer la catégorie socioprofessionnelle qui progresse le plus entre 1975 et Comment peut-on l expliquer? D après Insee, Chapitre 5
111 20 Les employés a. Les employés représentent le premier groupe socioprofessionnel Le groupe statistique des employés est le plus vaste (premier groupe en termes d effectifs et de proportion dans la population active), le plus féminisé (plus de trois quarts de femmes) et particulièrement hétérogène. Les employés exercent des fonctions diverses : travail administratif, commercial, policier, services aux personnes. Les employés ont aussi des statuts bien différents selon qu ils sont salariés de l État et des collectivités locales ou du secteur privé, au sein duquel la précarité est dans l ensemble plus grande. Si la part des employés administratifs et des policiers et militaires dans le total des emplois décline (16 % en 1982, 9 % en 2005), celle des employés de commerce, des agents de service de la fonction publique et des personnels des services directs aux particuliers, c est-à-dire des moins qualifiés des employés, double, passant de 10 à 20 %. Les employés administratifs ont vu leurs effectifs progresser rapidement du début des années 1950 (1,3 million) au début des années 1980 (2,8 millions). À partir des années 1980, le rythme de l informatisation s est accéléré et le nombre des employés administratifs s est stabilisé, puis, dans le secteur privé, a commencé à décliner. Le nombre des emplois des services aux personnes a continué de s accroître. M. MONTOUSSÉ (dir.), Analyse économique et historique des sociétés contemporaines, Bréal, b. L évolution du groupe socioprofessionnel Employés 52. Employés civils et agents de service Policiers et militaires Employés administratifs d entreprise Employés de commerce Personnels des services directs aux particuliers Total D après Insee, Quelles sont les principales caractéristiques du groupe des employés? 2. Calculer la répartition (en %) des employés pour les années Comment expliquer le déclin des employés administratifs? Comment expliquer la progression des personnels de services à la personne? Faire le point documents 17 à L évolution des groupes socioprofessionnels 3 et 4 montre : a. une hausse des effectifs et une baisse des qualifications? c. une hausse des effectifs et une hausse des qualifications? b. une baisse des effectifs et une hausse des qualifications? d. une baisse des effectifs et une baisse des qualifications? 2. Comment expliquer la progression des catégories socioprofessionnelles les plus qualifiées? Faire la synthèse documents 12 à 20 Quelles sont les principales causes expliquant les transformations de la structure socioprofessionnelle? La classification socioprofessionnelle 111
112 À retenir La classification socioprofessionnelle 1 À quoi sert la classification socioprofessionnelle? A. La nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles Élaborée par l Insee, la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) classe l ensemble de la population en quarante-deux catégories socioprofessionnelles à un niveau intermédiaire et en huit groupes socioprofessionnels à un niveau agrégé. Les actifs sont répartis dans six groupes socioprofessionnels sur la base de critères de classement que sont le statut (salarié ou indépendant), le métier, la qualification,la position hiérarchique, le secteur d activité, le statut de l employeur (privé ou public) et la taille de l entreprise. Les inactifs sont classés dans les groupes 7 (retraités) et 8 (autres inactifs). Chaque groupe socioprofessionnel présente une certaine homogénéité sociale du point de vue des modes de vie et des comportements. B. Un outil pertinent pour analyser la société Mise au point au début des années 1950 puis remaniée par la suite, la nomenclature des PCS a permis de suivre l évolution de la structure sociale et d analyser les caractéristiques des différents groupes sociaux en fonction de la position qu ils occupent dans le système productif. Les études comparatives entre groupes socioprofessionnels montrent des inégalités économiques et sociales très marquées dans des domaines aussi variés que les revenus, le patrimoine, la consommation, la mortalité, etc. 2 Comment évolue la structure socioprofessionnelle en France? A. Les groupes socioprofessionnels dont le poids diminue L effectif du groupe socioprofessionnel des agriculteurs exploitants est celui qui a le plus fortement diminué depuis l après-guerre. Il regroupe aujourd hui moins de 5 % de la population active contre plus d un tiers au début des années Les principales explications sont la mécanisation, l augmentation de la taille des exploitations et la faible progression de la production agricole. Le déclin du groupe des artisans, commerçants et chefs d entreprise va de pair avec la montée du salariat et le développement des grandes unités de production. En revanche, le nombre des chefs d entreprise reste globalement stable en raison du dynamisme des petites et moyennes entreprises. Le groupe des ouvriers voit ses effectifs progresser jusqu au milieu des années 1970 et régresser ensuite. La crise économique et la concurrence des pays à bas salaires ont particulièrement affecté les ouvriers les moins qualifiés, alors que les ouvriers qualifiés voient leur effectif stagner. B. Les groupes socioprofessionnels dont le poids augmente Le groupe socioprofessionnel des cadres et des professions intellectuelles supérieures est celui dont l effectif a le plus progressé. Représentant moins de 5 % de la population active au début des années 1960, il avoisine les 15 % aujourd hui. Le développement rapide des services dans les domaines de l information, de la santé, de la finance, de la formation, etc., explique les besoins grandissants en personnels très qualifiés. 112 Chapitre 5
113 À retenir Les professions intermédiaires ont généralement une formation de niveau baccalauréat ou bac + 2. Ils ne sont ni cadres ni salariés d exécution ; leur essor s explique par le développement des fonctions administratives et commerciales (techniciens) et par l intervention croissante de l État dans les domaines de la santé et de la formation (instituteurs, infirmiers ). Les employés représentent aujourd hui le premier groupe socioprofessionnel. C est aussi le groupe le plus féminisé (80 % de femmes). Les fonctions occupées par les employés sont extrêmement diverses. Leur seul point commun, c est d être des salariés d exécution non manuels. Schéma de synthèse La nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles La nomenclature des PCS classe les actifs en six groupes socioprofessionnels Les critères de classification sont le statut, la profession, la qualification, la hiérarchie et le secteur d activité À quoi sert la classification socioprofessionnelle? Un outil pertinent pour analyser la société Un outil qui permet de suivre l évolution de la structure sociale Un outil d analyse des pratiques sociales La classification socioprofessionnelle Le déclin des groupes 1, 2 et 6 Les groupes socioprofessionnels dont le poids diminue Les principales causes sont la mécanisation, la concurrence et la faible progression de la production agricole et industrielle Comment évolue la structure socioprofessionnelle en France? La progression des groupes 3, 4 et 5 Les groupes socioprofessionnels dont le poids augmente Les principales causes sont la salarisation, la progression des services et la hausse des qualifications Notions au programme Classification socioprofessionnelle Catégories socioprofessionnelles La classification socioprofessionnelle 113
114 Évaluer ses acquis 1 les principes de construction de la nomenclature des PCS a) Recopier et compléter le texte à l aide des termes suivants : groupes socioprofessionnels ; catégories socioprofessionnelles ; PCS ; professions. La nomenclature des... répartit les en 42 ou à un niveau intermédiaire et en 6... au niveau le plus agrégé. b) Quel est le critère principal qui permet de différencier* : (* Pour répondre à ces questions, se référer au document 4, p. 100). le groupe socioprofessionnel 1 du groupe socioprofessionnel 2? les groupes socioprofessionnels 1, 2 (et les professions libérales et assimilées du 3) des autres groupes d actifs? la catégorie socioprofessionnelle 62 de la catégorie socioprofessionnelle 67? les groupes socioprofessionnels 3 et 4 des groupes socioprofessionnels 5 et 6? la catégorie socioprofessionnelle 45 de la catégorie socioprofessionnelle 46? la catégorie socioprofessionnelle 11 de la catégorie socioprofessionnelle 13? c) Recopier et compléter le tableau ci-dessous : pour les groupes de professions, indiquer leur groupe socioprofessionnel d appartenance et choisir les critères qui justifient leur regroupement. Journaliste, notaire, ingénieur Céréalier, maraîcher, viticulteur Artisan maçon, chef de grande entreprise Puéricultrice, technicien, chef de chantier Groupe socioprofessionnel Statut (salarié / indépendant) Niveau de diplôme (élevé / moyen / faible) Secteur d activité (primaire / secondaire / tertiaire) Hiérarchie (position supérieure / moyenne / inférieure) 2 Connaître la grille des PCS et l évolution des groupes socioprofessionnels a) Associer les différentes professions au groupe socioprofessionnel correspondant. Professions Boucher Groupe socioprofessionnel Agriculteur exploitant Professions Plombier salarié Artiste peintre Standardiste Artisans, commerçants et chefs d entreprise Cadres et professions intellectuelles supérieures Coiffeur salarié Assistante sociale Horticulteur Professions intermédiaires Architecte salarié Soudeur Employés Éleveur Infirmier Ouvriers Patron pêcheur 114 Chapitre 5
115 Évaluer ses acquis b) Pour chaque groupe socioprofessionnel, indiquer si son effectif augmente ou diminue et préciser la ou les principales raisons : qualification (2 fois) ; mécanisation ; crise ; production ; services ; distribution ; concurrence. L effectif du groupe 1 (augmente / diminue) en raison de la... et de la faible progression de la... L effectif du groupe 2 (augmente / diminue) en raison de la concurrence de la grande... L effectif du groupe 3 (augmente / diminue) en raison des besoins en... L effectif du groupe 4 (augmente / diminue) en raison des besoins en... L effectif du groupe 5 (augmente / diminue) en raison de la progression des... L effectif du groupe 6 (augmente / diminue) en raison de la... économique et de la... étrangère. c) Classer les effectifs des six groupes socioprofessionnels dans l ordre décroissant. 3 Utiliser les outils statistiques à partir des PCS Recopier et compléter le tableau ci-dessous : Effectif Effectif Part Variation Indices en 1990 en 2005 en 2005 entre 1990 (base 100 (en milliers) (en milliers) (en %) et 2005 (%) = 1990) Agriculteurs exploitants , Artisans, commerçants et chefs d entreprise ,5... Cadres et professions intellectuelles supérieures Professions intermédiaires Employés , Ouvriers ,7... Total , D après Insee. QCM 1. La nomenclature des PCS est constituée de huit groupes socioprofessionnels dont : a. cinq pour les actifs. b. six pour les actifs. c. sept pour les actifs. 2. Parmi les critères utilisés dans la construction des PCS, lequel n est pas retenu : a. le revenu? b. la qualification? c. le statut? 3. Les non-salariés sont classés : a. dans les groupes socioprofessionnels 1 et 2. b. dans les groupes socioprofessionnels 1, 2 et une partie du 3. c. dans tous les groupes socioprofessionnels. 4. Les artisans, commerçants et chefs d entreprise sont : a. tous des travailleurs indépendants. b. parfois salariés. c. tous salariés. 5. En 2005, le groupe socioprofessionnel qui comptabilise le plus d effectifs est celui : a. des ouvriers. b. des employés. c. des cadres. 6. Entre 1975 et 2005, le nombre d ouvriers : a. a diminué. b. a stagné. c. a augmenté. La classification socioprofessionnelle 115
116 TD 1 Les catégories socioprofessionnelles et la formation Traiter l information statistique 1 Situation des garçons à l âge de 18 ans en 2001 (en %) Ont arrêté Collège, Seconde Terminale IUT Université leurs études CAP, BEP ou ou première ou et classes apprentissage STS préparatoires Agriculteurs et artisans Cadres Professions intermédiaires Employés Ouvriers Ensemble Lecture : À 18 ans, 24 % des fils d employés sont en terminale. Conseil de l emploi, des revenus et de la cohésion sociale, ➊ Faire une phrase avec la donnée entourée en commençant par : «Sur cent». ➋ Quel est l intérêt de comparer chaque donnée du tableau à la ligne «Ensemble»? ➌ Peut-on dire que les fils d agriculteurs et artisans sont plus nombreux à avoir arrêté leurs études à 18 ans que les fils de cadres? ➍ Peut-on dire que l origine sociale des jeunes a un effet sur leur scolarité? 2 Obtention du baccalauréat selon le milieu social et les générations En % avant Enfants de cadres Employeurs, cadres, professions intermédiaires Employés, agriculteurs artisans, commerçants Enfants d ouvriers Ensemble de la génération Lecture : dans les générations des années 1930, 41 % des enfants de cadres sont bacheliers, contre 2 % des enfants d ouvriers. Années de naissance Formation et qualification professionnelle (calculs M. DURU-BELLAT et A. KIEFFER) et enquêtes «Emploi» (calculs DP&D), Insee. ➊ Sur le même modèle que le guide de lecture, faire une phrase pour les générations nées entre 1974 et ➋ Calculer par combien a été multiplié le taux de réussite des enfants de cadres et celui des enfants d ouvriers entre la génération des années 1930 et celle des années ➌ Calculer l écart en «points» entre le taux de réussite des enfants de cadres et celui des enfants d ouvriers dans les années 1930 puis dans les années 1970 ( Fiche méthode 3, p. 232). Que constate-t-on? ➍ Commenter l évolution du taux d obtention du baccalauréat pour les différentes CSP? 3 Taux d accès à la formation continue 1 selon les CSP (en %) Taux d accès à la formation continue 1. Formation qui concerne des individus déjà en activité. Part dans la population active Agriculteurs exploitants 12,4 2,8 ACCE 16,3 6,8 Cadres et PIS 53,8 12,5 Professions intermédiaires 48,8 21,1 Employés 32,3 28,9 Ouvriers 21,3 27,5 Total 33,8 100,0 CEREQ, de janvier 1999 à février ➊ Faire une phrase avec les deux données entourées. ➋ Sachant que la population active représentait individus en 1999, calculer pour chacun des groupes socioprofessionnels, puis pour l ensemble, le nombre de personnes ayant bénéficié d une formation. ➌ Montrer que la formation continue profite aux catégories socioprofessionnelles les plus qualifiées. ➍ Quels éléments d explication peut-on apporter? Quel bilan peut-on faire des inégalités entre groupes socioprofessionnels face à la formation? 116 Chapitre 5
117 TD 2 L accès aux nouvelles technologies selon les CSP Traiter l information statistique 1 Téléphone mobile, ordinateur et Internet selon les CSP (%) Téléphone Ordinateur Accès Utilisation mobile à la maison Internet de l ordinateur personnel à la maison au travail Indépendants Cadres supérieurs Professions intermédiaires (PI) Employés Ouvriers Retraités NC Élèves et étudiants Ensemble ➊ Faire une phrase avec les données entourées. ➋ Peut-on dire que les retraités sont moins nombreux à posséder un téléphone mobile que les indépendants? ➌ Comparer les écarts d équipement en téléphones mobiles et en ordinateurs à usage personnel pour les différentes catégories socioprofessionnelles. Comment peut-on l expliquer? CREDOC, Individus connectés à Internet à domicile selon la catégorie sociale (%) Indépendants Cadres Employés Ouvriers Retraités Total Accès Internet 2003 Accès Internet Autorité de régulation des télécommunications, ➊ Intégrer dans une phrase les deux données entourées. ➋ Faire le rapport entre la part des cadres et celle des retraités connectés à Internet en 2005 puis faire une phrase avec le résultat obtenu. ➌ Quel lien peut-on faire entre le niveau de diplôme et le taux d accès à Internet? Comment peut-on l expliquer? ➍ Comparer l accès à Internet entre 2003 et 2005 pour les différentes CSP. Assiste-t-on à une réduction des écarts? 3 Les usages de l ordinateur selon les catégories socioprofessionnelles (En % des personnes possédant un ordinateur à la maison) Utilisation Recherche Échange Jeux Gestion Travail professionnel tous les jours d information de mails à la maison Indépendants Cadres supérieurs PI Employés Ouvriers Retraités NC Élèves et étudiants Ensemble D après CREDOC, ➊ Faire une phrase avec la donnée entourée. ➋ Transformer les données du tableau en indices en prenant comme valeur de référence les données de la ligne «Ensemble». ➌ Faire une phrase avec chacune des données encadrées. ➍ Montrer que les usages de l ordinateur sont différents selon les CSP. Les catégories socioprofessionnelles ont-elles un égal accès aux nouvelles technologies? La classification socioprofessionnelle 117
118 Chapitre 6 La diversité des organisations et leurs objectifs Objectifs Sommaire Savoir définir la notion de production. Connaître les objectifs des organisations qui produisent. Être sensibilisé à la diversité des entreprises. 1. Qu est-ce que la production? A. Production et création de richesse B. La diversité des produits Quelles sont les organisations qui produisent? A. Les entreprises privées à but lucratif B. Les organisations publiques et à but non lucratif À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Lignes EDF à haute tension Pourquoi l électricité doit-elle être transportée? 1 La centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) Que produit cette centrale? 118 Chapitre 6
119 3 New York, le quartier de Chelsea à la tombée de la nuit Les villes modernes pourraient-elles se passer d électricité? Pourquoi? 4 Affiche de 1931 L électricité a-t-elle toujours été un besoin? 5 Production et consommation d électricité Comment a évolué la production d électricité durant ces trente dernières années? En TWh Production thermique classique Production totale Production thermique nucléaire Production hydraulique (r) (p) Champ : France métropolitaine. D après Ministère de l Économie, des Finances et de l Emploi, Observatoire de l énergie. Question documents 1 à 5 À quoi sert la production? (Illustrer la réponse par l exemple de l électricité.) La diversité des organisations et leurs objectifs 119
120 1 Qu est-ce que la production? La production est une activité qui permet de créer des biens et des services satisfaisant directement ou indirectement les besoins humains. Pour être productive, une activité doit être «socialement organisée», c est-à-dire licite et déclarée. Pour commencer La famille Agedepierre vit à l époque préhistorique ; ses membres ont besoin pour vivre de fruits qu ils cueillent, de gibiers qu ils chassent et d outils rudimentaires qu ils fabriquent. La famille Agedinfo vit à notre époque. Le père est ingénieur chez Total, la mère est enseignante et les deux enfants sont étudiants. 1. Quels sont les produits utilisés par la famille Agedepierre? 2. Citer six exemples de produits utilisés par la famille Agedinfo. 3. Comment les Agedepierre se procurent-ils ce dont ils ont besoin? 4. Comment les Agedinfo se procurent-ils les six produits que vous avez cités? 5. Que produisent les Agedepierre? 6. À quelle production contribue Monsieur Agedinfo? la produit-il tout seul? 7. Quelle est la production de Madame Agedinfo? 8. La même raison pousse les Agedepierre et les Agedinfo à produire. Quelle est cette raison? La situation est toutefois très différente dans les deux cas. Pourquoi? A. Production et création de richesse 1 Ce que nous consommons provient de la production L homme seul a des besoins non naturels. Et ces besoins sont immenses. Imaginons ce que devrait être le globe terrestre pour que l homme y trouve par croît naturel, tous les types de produits qu il désire consommer : non seulement il faudrait que le blé, les pêchers et les vaches grasses y prospèrent sans soins ; mais il faudrait que des maisons y poussent et s y reproduisent comme des arbres, avec chauffage central et salle de bains ; et qu à chaque printemps des postes de télévision arrivent à maturité sur d étranges légumes En réalité, la seule planète que nous connaissons, celle sur laquelle nous sommes, sans trop savoir pourquoi ni même s il y en a d autres moins inhumaines, est assez peu adaptée à nos besoins. Elle satisfait libéralement et sans travail à un seul de nos besoins essentiels : la respiration. L oxygène est le seul produit naturel qui satisfasse entièrement et parfaitement l un des besoins de l homme. [ ] Nous travaillons pour produire, pour transformer la nature naturelle qui satisfait mal ou pas du tout les besoins humains en éléments artificiels qui satisfassent ces besoins. [ ] On appelle économiques toutes les activités qui ont pour objet de rendre la nature ainsi consommable par l homme. J. FOURASTIÉ, Pourquoi nous travaillons, PUF, coll. «Que sais-je?», Expliquer le premier paragraphe. Définir 2. Quelle définition l auteur donne-t-il de la production? 3. Pourquoi la production est-elle une nécessité? 120 Chapitre 6
121 2 Toute création de richesse ne correspond pas forcément à une production Tous les bons manuels d économie citent la fameuse boutade d Arthur Cecil Pigou, économiste anglais de l entre-deux-guerres, selon laquelle tout homme qui épouserait sa femme de ménage ferait baisser le niveau du PIB 1 national. Dans un tel cas, en effet, une activité jusqu alors marchande 2, et à ce titre prise en compte pour le calcul de la production nationale, deviendrait domestique et en serait donc exclue. Plus sérieusement, le comptable national est confronté à une série de difficultés dont la moindre n est pas l existence du travail au noir. Par définition non mesuré et par nature difficilement mesurable, le travail au noir est ainsi l objet d estimations contradictoires. [ ] Derrière cette expression fourre-tout se cachent des activités «au noir» (entreprises non déclarées) comme des activités non déclarées par des entreprises dûment enregistrées (fraude fiscale). À cela s ajoutent des activités illicites (avec le commerce de drogue, de véhicules volés, etc.). Ces dernières ne sont pas prises en compte dans la mesure du travail au noir. I. CASSIERS, «Contours et limites de la comptabilité nationale», Cahiers français, n 286, mai Le PIB mesure la production de tous les producteurs installés sur le territoire national. 2. Activité marchande : activité qui donne lieu à une vente et à un achat. 1. Quelles sont les trois activités évoquées dans le document qui ne sont pas réellement prises en compte dans la mesure de la production? Définir 2. Donner une définition à chacune des activités évoquées dans la question L Insee considère que la production doit être une «activité socialement organisée». À l aide de ce document, expliquer pourquoi. 4. Justifier le titre du document. 3 L importance du travail domestique Une journée moyenne en France en 1999 (minutes par jour) Hommes Femmes Temps physiologique (dormir, manger ) Temps professionnel et de formation travail professionnel trajets domicile-travail études Temps domestique ménage, courses soins aux enfants et aux adultes 9 26 bricolage 33 5 jardinage Temps libre Transport (hors trajets travail) Total (24 heures) Calculer 1. Transformer les données en gras dans le tableau en pourcentages ( Fiche méthode 3, p. 232). 2. Comparer le temps total (hommes et femmes) consacré au travail et aux études avec celui qui est consacré à la sphère domestique. Que peut-on en déduire sur l importance relative de la création domestique de richesse? Insee, enquêtes emploi du temps, La diversité des organisations et leurs objectifs 121
122 4 Le travail clandestin a. Travailleurs clandestins chinois dans un atelier de confection b. L importance de la production clandestine dans quelques pays d Europe Pays Années Importance (% de la production) Autriche ,5 Belgique Danemark ,5 Finlande ,2 France ,5 Allemagne Grèce 1998 > 20 Italie 1998/ Pays-Bas Portugal Suède Royaume-Uni Observer 1. Ces travailleurs clandestins (document a) créent-ils des richesses? Quelles sont-elles? 2. Les richesses créées sont-elles comptabilisées dans la production? Pourquoi? 3. Que nous apprend le tableau (document b)? Une analyse du travail non déclaré : étude approfondie d éléments concrets, rapport de la Commission européenne concernant le travail non déclaré, Faire le point documents 1 à 4 1. Vrai ou faux? a. Une société peut exister sans produire. b. La production comptabilise exactement la création de richesse. c. Le repas cuisiné dans le cadre familial est de la production. d. Un repas servi dans un restaurant est de la production. 2. Dans quelle mesure la production est-elle un bon indicateur de la création de richesse dans un pays? 122 Chapitre 6
123 B. La diversité des produits 5 La production de biens et de services Un bien [ou un service] économique est une chose estimée apte à la satisfaction d un besoin humain et disponible pour cet usage. Pour qu il y ait un bien [ou un service] économique, trois conditions doivent être remplies : l existence d un besoin concret chez l individu [ ] ; la possibilité pour l individu d appliquer l objet à la satisfaction de son besoin ; la limitation des quantités disponibles par rapport aux besoins de l homme. Les actes de production et d échange n ont de sens qu à l égard de biens et de moyens rares. Lorsque le monde extérieur fournit à l homme des choses en abondance, des biens «libres», celui-ci n éprouve en les utilisant aucun sacrifice de satisfactions alternatives : l air, par exemple, est un bien libre ; ce n est pas un bien économique. [ ] La production concerne soit des biens matériels, soit des services immatériels. Il fut un temps où la pensée économique excluait de la production l obtention de ces services. [ ] Cependant ces services satisfont des biens et sont désirés ; ceux qui les fournissent exercent par conséquent une activité productive. On peut dire que tout acte créateur d utilité est un acte productif. R. BARRE,F.TEULON, Économie politique, PUF, coll. «Themis», tome 1, Quelles sont les deux grandes sortes de produits? Donner des exemples. 2. Pourquoi la production doit-elle aussi englober la création des services? 3. Expliquer exactement ce qu est un produit (appelé aussi bien ou service économique). 6 Production marchande et production non marchande Les biens et services issus de la production sont en principe destinés à être vendus. Mais la comptabilité nationale élargit la notion à des opérations qui ne conduisent pas à des ventes. C est le cas de certaines activités internes aux entreprises : si une entreprise fabrique une machine pour son usage propre, la production de cette machine sera enregistrée. L entreprise se vend en quelque sorte cette machine à elle-même, comme elle aurait pu la vendre à une autre entreprise. [ ] L État et les autres administrations sont aussi des producteurs. Une partie de leurs activités conduisent à la production de services, d éducation ou de maintien de l ordre par exemple. Cette production est qualifiée de non marchande, car elle n est pas destinée à être vendue, et plus généralement parce qu elle se situe en dehors de la sphère marchande de l économie. [ ] Les ménages sont eux aussi des producteurs. [ ] Les ménages produisent aussi des services quand ils emploient du personnel domestique pour s occuper de leurs enfants, nettoyer leur logement ou préparer des repas. Par contre, quand ces activités sont effectuées par un membre du ménage, elles ne sont pas retracées dans la production. Insee, L Économie française, édition , Le Livre de poche, coll. «Références», Définir 1. Qu est-ce que la production marchande? la production non marchande? 2. À l aide du troisième paragraphe, établir un lien entre la distinction «production / non production» et la distinction «actifs / inactifs». La diversité des organisations et leurs objectifs 123
124 7 exercice Classer les différents types de produits Il existe de nombreux types de produits que l on peut classer en répondant aux quatre questions suivantes : 1 Le produit est-il matériel ou immatériel? 2 Si le produit est immatériel, est-il payé directement par son utilisateur ou est-il financé par un autre moyen? 3 Le produit est-il utilisé directement à satisfaire les besoins du consommateur ou bien sertil à produire un autre produit? 4 Le produit est-il détruit lors de sa première utilisation ou peut-il être utilisé à plusieurs reprises? La recherche bénéficie à l entreprise pendant longtemps ; c est un investissement immatériel. La voiture particulière peut être utilisée plusieurs fois ; c est un bien durable. Chacun profite, sans payer, de la sécurité assurée par le policier ; c est un service non marchand. Le ciment n est utilisé qu une fois pour produire ; c est un bien intermédiaire. Le robot est utilisé plusieurs fois pour produire ; c est un bien d équipement. La course en scooter n a pas d effets durables pour l entreprise qui l achète ; c est un service intermédiaire. Le transport en taxi est payant ; c est un service marchand. La pomme ne peut être utilisée qu une fois ; c est un bien non durable. a. Parmi les exemples ci-dessus, lesquels sont des biens? des services? des biens de consommation? des biens de production? des services de consommation? des services de production? b. Recopier et compléter le schéma ci-contre en y plaçant les quatorze termes en violet. (Les numéros se réfèrent aux questions présentées en début d exercice. ) Produits c. Donner un autre exemple pour chaque type de produit (dernière colonne du schéma). 4 Faire le point documents 5 à 7 1. Construire un schéma sur le modèle de celui du document-exercice 7 (même structure et même nombre de ramifications), mais dont les deux cases jaunes (deuxième colonne) contiennent les termes «Biens et services de consommation» et «Biens et services de production». 2. Donner une définition complète et précise du terme «production» (penser aux raisons de la production et à ce qui est produit). Faire la synthèse documents 1 à 7 Toute richesse provient-elle de la production? 124 Chapitre 6
125 2 Quelles sont les organisations qui produisent? La plupart des organisations qui produisent sont des entreprises privées qui ont pour principal objectif de réaliser du profit. Certaines autres organisations poursuivent des objectifs différents, comme assurer un service public ou promouvoir la solidarité. Pour commencer 1. Total 1. Recopier et compléter le tableau suivant pour chacune des photographies : Type But Type de Dénomination d organisation (lucratif production de (publique ou non) (produits l organisation ou privée) marchands ou non marchands) 2. La RATP 3. L Éducation nationale Photo 1 Photo 2 Photo 3 Photo 4 Photo 5 Entreprise privée à but lucratif Entreprise publique Administration publique Entreprise privée à but non lucratif Institution sans but lucratif au service des ménages 4. Une mutuelle 2. Recopier et compléter le schéma suivant : Organisations productives 5. Une association sportive Organisations privées La diversité des organisations et leurs objectifs 125
126 A. Les entreprises privées à but lucratif 8 Des entreprises artisanales aux multinationales Les entreprises artisanales sont définies à partir de deux critères : les effectifs salariés et la nature de l activité économique. Une entreprise artisanale ne doit pas compter plus de 10 salariés. Le chef d entreprise, son conjoint, les membres de sa famille, de même que les apprentis, ne sont pas comptabilisés en tant que salariés. Le second critère porte sur la nature de l activité économique et permet de différencier l artisan du commerçant. La qualité d artisan suppose l exercice d une transformation créatrice, alors que le commerçant revend une marchandise qu il s est procurée, sans en modifier les caractéristiques essentielles. Les petites et moyennes entreprises (PME) ont des effectifs se situant entre 10 et 499 salariés. Les PME sont des entreprises de taille intermédiaires entre l artisanat et les grandes entreprises. [ ] Les grandes entreprises ont des effectifs supérieurs à 500 salariés. Elles sont caractérisées par la grande dimension [ ] et sont, le plus souvent, présentes dans plusieurs pays : ce sont alors des firmes multinationales (FMN). Les entreprises multinationales sont à l origine de l accroissement des échanges internationaux et participent au phénomène de mondialisation des économies. P. BEZBAKH, S. GHERARDI (dir.), Dictionnaire de l économie, Larousse, Définir 1. Qu est-ce qu une entreprise artisanale? une firme multinationale? 2. Quel critère est utilisé pour distinguer les très petites entreprises des petites et moyennes entreprises et des grandes entreprises. Donner la définition précise de chacun de ces groupes. 9 Des tailles très diverses (En milliers) Au 31 décembre salarié De 1 à 9 De 10 à 49 De 50 à 99 De 100 à salariés salariés salariés salariés salariés et plus Industries 22,2 36,4 5,7 0,6 0,5 0,3 65,7 agroalimentaires (IAA) Industries hors IAA 81,3 65,3 26,7 3,9 2,7 1,7 181,6 Construction 170,9 161,0 24,8 1,4 0,6 0,3 359,0 Commerce 339,4 249,0 37,0 3,6 1,9 0,9 631,8 Transports 47,1 26,7 9,4 1,2 0,8 0,4 85,7 Activités immobilières 116,6 106,9 3,4 0,3 0,3 0,1 227,6 Services aux entreprises 307,2 147,7 26,4 2,8 1,6 1,1 486,8 Services aux particuliers 257,7 195,9 18,8 1,2 0,4 0,3 474,2 Éducation, santé 274,8 78,6 22,2 8,8 4,2 2,0 390,8 et action sociale Total 1 617, ,6 174,5 23,9 13,0 7, ,2 Total Calculer 1. Pour l industrie (hors IAA), le commerce et les activités immobilières, calculer le pourcentage des très petites entreprises, des entreprises de 10 à 249 salariés et des entreprises de 250 salariés et plus ( Fiche méthode 3, p. 232). 2. Commenter les résultats de la question 2 (s interroger notamment sur ce qui explique les différences de tailles des entreprises entre les grands secteurs de l activité économique). D après Insee, Connaissance locale de l appareil productif (CLAP), Champ : champ total hors agriculture. France métropolitaine. 126 Chapitre 6
127 10 exercice Les formes juridiques les plus fréquentes Propriétaire(s) Capital social Propriétaire unique Partage du profit Responsabilité Possibilité de vente L entreprise peut être librement vendue. Gestion Entreprise Individuelle Totalité pour l entrepreneur individuel Responsabilité totale (risque de perdre ses biens propres) Le propriétaire gère librement son entreprise. Société à responsabilité limitée (SARL) Associés (moins de 50) Capital social divisé en parts sociales Selon les parts sociales Responsabilité limitée aux apports Les parts ne peuvent être vendues ou achetées sans l accord des associés. Un gérant nommé par les associés (vote au prorata des parts sociales) Société anonyme (SA) Associés nommés actionnaires (plus de 7) Capital divisé en actions En pourcentage du nombre d actions (dividende) Responsabilité limitée aux apports Les actions peuvent être librement vendues et achetées. L assemblée générale des actionnaires élit (une action = une voix) un conseil d administration qui élit à son tour un président-directeur général. Bréal, Après de brillantes études en filière ES, Julien décide de créer une entreprise individuelle. Il est sûr d avoir trouvé une bonne idée : le web-pressing. Pendant que les machines lavent le linge des clients, ceux-ci consultent l Internet. Julien possède une maison qui, par chance, est placée à proximité du centreville. Il aménage donc son garage. Comme il ne possède que sa maison, il est obligé d emprunter euros pour acheter le matériel dont il a besoin. a. Julien est-il le seul chef de son entreprise? À quel cas du tableau correspond sa situation? Si son affaire dégage des profits, lui reviennent-ils en totalité? Malheureusement, les clients boudent son magasin et il ne parvient même pas à couvrir ses dépenses de fonctionnement. Sa dette augmente, il doit maintenant euros, et comme son prêt principal est arrivé à échéance, la banque exige le remboursement. Il ne parvient pas à trouver d autres sources de financement. b. Dans ce cas, que peut-il arriver à l entreprise? Julien risque-t-il de perdre sa maison? Pourquoi? Heureusement, le journal local s intéresse à son idée et publie un article très élogieux. Les clients affluent. La banque accepte de reculer l échéance L affaire devient florissante et Julien voudrait maintenant s installer ailleurs que dans son garage ; il voudrait disposer d un véritable magasin et peut-être plus tard en ouvrir d autres Il lui faut donc du capital, mais il ne souhaite pas trop emprunter à la banque. Il va donc chercher des associés. Son frère Nicolas met euros dans l affaire et deux amis, Gautier et Thomas, euros chacun. Julien apporte lui-même euros. c. Quel est le capital social de la SARL? Julien dirige encore l entreprise ; quel est son statut? Est-il encore le seul chef de son entreprise? Comment les décisions importantes sont-elles prises? Si la SARL dégage euros de profit, quelle part revient à chaque associé? Les quatre associés décident d ouvrir un autre web-pressing. L investissement est lourd et risqué ; les débuts sont très difficiles, et Gautier voudrait récupérer sa mise. Justement, le propriétaire d un pressing concurrent est prêt à lui racheter sa part sociale. d. Gautier peut-il vendre sa part sociale si les autres associés s y opposent? Si l entreprise faisait faillite et si la vente de celleci ne parvenait pas à couvrir les dettes, que se passerait-il? Heureusement, ce n était qu une mauvaise passe à traverser. Il est bientôt question de créer une chaîne de web-pressings, qui, un jour, pourrait couvrir tout le territoire. Il faut donc des capitaux très importants. Le seul moyen est de créer une société anonyme. Pour cela, Julien émet actions de 100 euros chacune ; lui-même s en réserve En plus de Nicolas, Gautier et Thomas qui reçoivent chacun 500 actions, une centaine de nouveaux associés rejoignent l entreprise. e. Comment s appellent les associés? Quel est le montant du capital? Si la société anonyme dégage euros de profit, combien en reçoit Julien? Nicolas? Comment s appelle le profit que reçoit chaque actionnaire? Comment sont prises les décisions? Quel doit être le statut de Julien s il veut continuer à diriger son entreprise? À quelle condition est-ce possible? Gautier a-t-il le droit de vendre à qui il veut ses actions? f. Quels sont les principaux avantages et inconvénients de ces trois formes juridiques? La diversité des organisations et leurs objectifs 127
128 11 Trois entreprises très différentes Une exploitation agricole Une petite entreprise innovante Une grande multinationale Observer 1. Décrire les photographies. 2. Quelle est l activité de chacune de ces entreprises? Interpréter 3. Trouver au moins trois critères qui distinguent ces trois entreprises. 12 L objectif principal : faire du profit Pour étudier le comportement des entreprises, prenons l exemple de la firme de biscuits suivante : «Gourmande Hélène». [ ] Commençons par l objectif de l entreprise. On peut imaginer qu Hélène a monté son entreprise dans un élan altruiste visant à fournir des biscuits au monde entier, ou bien pour satisfaire sa propre gourmandise. Mais il est plus probable qu Hélène s est lancée dans cette aventure industrielle pour gagner de l argent. Les économistes considèrent que l objectif d une entreprise est de réaliser le meilleur bénéfice possible, et cette hypothèse semble tenir dans la plupart des cas. Qu est-ce que le profit d une entreprise? Les sommes que l entreprise reçoit en contrepartie de ses ventes constituent le chiffre d affaires de l entreprise. Les sommes consacrées par l entreprise à l achat des facteurs nécessaires à la production (farine, sucre, employés, fours, etc.) constituent les coûts. Le profit est donc défini par la différence entre le chiffre d affaires et l ensemble des coûts. Soit : Profit = Chiffre d affaires Coûts N. G. MANKIW, Principes de l économie, Economica, Trouver dans le texte un synonyme du mot «profit». 2. La production de l entreprise se mesure-t-elle par son chiffre d affaires ou par son profit? Calculer 3. Quel est le profit de l entreprise si elle vend paquets de biscuits à 1 euro et si les coûts de production se sont élevés à euros? 4. Expliquer le titre du document. 128 Chapitre 6
129 13 La responsabilité sociale et environnementale de l entreprise Le concept de développement durable est simple : il s agit de faire croître une entreprise sans sacrifier l avenir des générations futures. Le développement économique qui est l objectif premier d un groupe doit s accompagner d une responsabilité sociale et environnementale. [ ] La responsabilité sociale de l entreprise répond à une évidence : une entreprise ne réussit pas si ses employés ne le veulent pas. Mais ceux-ci ne bénéficient pas d avancées sociales si l entreprise ne réussit pas. Le progrès social et le progrès économique sont donc indissociables. Nous avons pris conscience de l importance de l environnement il y a longtemps. [ ] Nous plantons des arbres pour cacher la carrière, nous l exploitons par morceaux successifs. Nous ne laissons pas un paysage lunaire ou de montagnes russes comme il y a 50 ans. Nous replantons, aménageons des talus, faisons des étangs quand il y a de l eau. C est une question d éthique mais aussi de nécessité : aucun maire ne nous laisserait ouvrir des carrières si nous ne le faisions pas! [ ] Établir une relation de confiance avec la société bénéficie aux entreprises : de plus en plus d études montrent que les groupes responsables dégagent plus de profits. Le pari du développement durable est donc payant. Dans tous les cas, il est une nécessité : tout comme une entreprise qui vend de mauvais produits ne peut survivre, celle qui néglige son environnement est désormais condamnée. B. COLLOMB (PDG du groupe Lafarge), dans Le Petit Économiste illustré, Bréal, Définir 1. Qu est-ce que la «responsabilité sociale et environnementale de l entreprise»? 2. La responsabilité sociale et environnementale de l entreprise procède-t-elle d une logique forcément contraire à celle de la maximisation du profit? 3. Donner un exemple qui pourrait infirmer les affirmations de B. Collomb. 14 Les faillites d entreprises Taux de survie à trois et cinq ans des entreprises (en %) Créées en 1998 Créées en 2002 Survie à 3 ans Survie à 5 ans Survie à 3 ans Par taille 1 0 salarié 60,1 48,1 65,6 1 ou 2 salariés 69,8 55,5 74,7 De 3 à 5 salariés 71,2 57,7 75,4 De 6 à 9 salariés 73,8 60,8 73,8 10 salariés ou plus 72,7 58,8 74,7 Ensemble 63,4 50,8 68,2 1. Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. 2. Décrire et commenter le tableau ( Fiche méthode 2, p. 230). Champ : France métropolitaine et DOM. Insee, Système d information sur les nouvelles entreprises (Sine), Effectifs au démarrage y compris dirigeant. Faire le point documents 8 à Vrai ou faux? a. Les entreprises artisanales sont généralement des sociétés anonymes. b. Le choix du statut juridique de l entreprise n est pas indépendant de sa taille. c. Le profit est le seul objectif des entreprises privées. d. La création d entreprise comprend peu de risques. 2. En quoi peut-on dire que le terme «entreprise» regroupe des réalités très différentes? La diversité des organisations et leurs objectifs 129
130 B. Les organisations publiques et à but non lucratif 15 Les différentes organisations publiques et à but non lucratif Caractéristiques Entreprises publiques Elles produisent des biens et des services marchands. Elles appartiennent en totalité ou en majorité à l État ou aux collectivités locales. Secteur public Administrations publiques Elles produisent des services non marchands. Elles appartiennent en totalité à l État ou aux collectivités locales. Associations Elles produisent des services non marchands. Elles mettent en commun des activités et des connaissances sans but lucratif. Économie sociale et solidaire Coopératives Elles produisent des biens et des services marchands. Ce sont des entreprises privées sans but lucratif. Mutuelles Elles produisent des services marchands. Elles proposent des systèmes d assurance sans but lucratif et fondés sur l entraide et la solidarité. Types d organismes et exemples Elles se retrouvent dans de nombreuses activités : le transport (SNCF, RATP ) ; l énergie (EDF ) Administrations de l État (Éducation nationale, police ) Administrations locales (mairies ) Administration de Sécurité sociale (hôpitaux publics ) Associations sportives, associations culturelles, de loisirs, syndicats Coopératives non financières (coopératives de salariés, agricoles et de consommateurs) Coopératives financières (Banque populaire, Crédit agricole ) Mutuelles de santé (GMF, MGEN ) Mutuelles d assurances (MAAF, MACIF ) 1. Parmi ces organisations, lesquelles sont des entreprises? 2. Qu est-ce qui distingue une entreprise publique d une coopérative? une coopérative des autres entreprises privées? une association d une administration publique? une mutuelle de santé d une administration de Sécurité sociale? 3. Choisir un exemple d organisme dans le tableau et montrer en quoi il correspond en tous points aux caractéristiques données pour cette catégorie d organismes. Bréal, Service public et secteur public Les services publics désignent l ensemble des activités qui doivent échapper à la logique de rentabilité du marché dans la mesure où elles concernent l ensemble de la société, et non pas tel sous-groupe de la collectivité (défense de l intérêt général). On considère que certaines prestations sont indispensables à la nation, elles ne peuvent donc être abandonnées (même dans un État libéral) aux incertitudes de l initiative privée. [ ] Le secteur public 1 [d entreprises] est constitué de l ensemble des entreprises qui, quel que soit leur statut juridique, relèvent directement de l État. [ ] Il rassemble les entreprises sur lesquelles les pouvoirs publics peuvent exercer directement ou indirectement une influence dominante du fait de la propriété ou de la participation financière. [ ] Certaines entreprises du secteur public n ont pas d activité de service public. C est le cas des entreprises industrielles, des banques ou des sociétés d assurance [ ]. À l inverse, certaines activités de service public peuvent être confiées à des entreprises privées (systèmes de concession). R. BARRE,F.TEULON, Économie politique, PUF, coll. «Themis», tome 1, Le secteur public comprend les entreprises publiques et les administrations publiques. Définir 1. Qu est-ce que le «service public»? le «secteur public»? 2. Quelle est la différence entre une entreprise publique et une entreprise privée? 3. Les entreprises publiques ont-elles toujours pour objectif principal le service public? Donner des exemples. 130 Chapitre 6
131 17 Les administrations publiques a. Définition Le secteur des administrations publiques regroupe l ensemble des unités ayant pour fonction économique de produire des services non marchands. [ ] Par convention, une production est dite non marchande si elle est fournie à d autres unités soit gratuitement soit à des prix «économiquement non significatifs», c est-à-dire, en pratique, inférieurs à 50 % du coût de production [ ]. Le secteur a pour ressources principales les contributions obligatoires (impôts, taxes, cotisations sociales) versées par les unités appartenant aux autres secteurs. Le secteur des administrations publiques est subdivisé en trois sous-secteurs : l administration publique centrale comprend tous les organismes administratifs de l État et les autres organismes centraux dont le champ de compétences recouvre la totalité du territoire ; les administrations publiques locales, à compétence territoriale réduite, sont composées de collectivités territoriales (communes, départements, régions) et des organismes divers d administration locale, comme les chambres d agriculture ou les chambre de commerce ; les administrations de Sécurité sociale fournissent les prestations sociales et les soins hospitaliers. Elles comprennent les différents régimes d assurances sociales (maladie, vieillesse, famille, chômage) et les hôpitaux publics. CH. DESCAMPS, Comptabilité nationale, Bréal, coll. «Amphi», b. Les administrations produisent Il est parfois difficile à certains de comprendre qu une administration ait une activité productive. Cela ne les empêche pourtant pas de revendiquer plus de sécurité dans la rue, plus d enseignants, plus de routes et d espaces verts, plus d équipements sportifs S ils revendiquent des services supplémentaires, c est bien qu il existe de la part des administrations une production de services. J.-M. ALBERTINI, Les Rouages de l économie nationale, Les Éditions de l atelier, Définir 1. Qu est-ce exactement qu une administration publique? 2. Quelles sont les différentes administrations publiques? 3. Quelle est la principale vocation des administrations publiques? 4. Comment J.-M. Albertini explique-t-il que les administrations publiques ont une activité productive? 18 Le poids du secteur public en France Les effectifs salariés du secteur public (en milliers) Secteur public d entreprises Administrations publiques (effectifs salariés) Nombre Effectifs Administrations Administrations Administrations Total d entreprises salariés publiques publiques publiques administrations d État territoriales hospitalières publiques Total secteur public D après Insee. Calculer 1. Rechercher dans le manuel le nombre d actifs en 2005 et calculer la part des actifs qui travaillent dans le secteur public. 2. Réaliser un graphique ( Fiche méthode 5, p. 236) à partir de la colonne «Effectifs salariés du secteur public d entreprises» et des deux dernières colonnes. 3. Décrire et commenter le graphique ( Fiche méthode 5, p. 236). (Les autres colonnes du tableau peuvent constituer une aide.) La diversité des organisations et leurs objectifs 131
132 19 Les principes de l économie sociale (Charte de l économie sociale) ARTICLE 1 Les entreprises de l Économie Sociale fonctionnent de manière démocratique, elles sont constituées de sociétaires solidaires et égaux en devoirs et en droits. ARTICLE 2 Les sociétaires, consommateurs ou producteurs membres des entreprises de l Économie Sociale s engagent librement suivant les formes d action choisies (coopératives, mutualistes ou associatives), à prendre les responsabilités qui leur incombent en tant que membres à part entière desdites entreprises. ARTICLE 3 Tous les sociétaires étant au même titre propriétaires des moyens de production, les entreprises de l Économie Sociale s efforcent de créer, dans les relations sociales internes, des liens nouveaux par une action permanente de formation et d information dans la confiance réciproque et la considération. ARTICLE 4 Les entreprises de l Économie Sociale revendiquent l égalité des chances pour chacune d elles ; affirment leur droit au développement dans le respect de leur totale liberté d action. ARTICLE 5 Les entreprises de l Économie Sociale se situent dans le cadre d un régime particulier d appropriation, de distribution ou de répartition des gains. Les excédents d exercice 1 ne peuvent être utilisés que pour leur croissance et pour rendre un meilleur service aux sociétaires qui en assurent seuls le contrôle. ARTICLE 6 Les entreprises de l Économie Sociale s efforcent par la promotion de la recherche et l expérimentation permanente dans tous les domaines de l activité humaine, de participer au développement harmonieux de la société dans une perspective de promotion individuelle et collective. ARTICLE 7 Les entreprises de l Économie Sociale proclament que leur finalité est le service de l Homme. 1. «profit». Comité national de liaison des activités mutualistes, coopératives et associatives (CNLAMCA), Charte de l économie sociale, Quelles sont les organisations qui composent l économie sociale? 2. Expliquer les articles 1, 2, 5 et 7 de la Charte de l économie sociale et comparez-les avec les principes des entreprises privées à but lucratif et avec ceux du secteur public. 20 L emploi dans l économie sociale Répartition des emplois de l économie sociale en France en 2001 Associations Coopératives Mutuelles D après Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l économie sociale (CEGES). Calculer 1. Sachant que l on dénombre en France, en 2001, personnes actives, calculer la part des actifs qui travaillent dans l économie sociale. 2. Donner un exemple d association, de coopérative non financière, de banque coopérative, de mutuelle de santé et de mutuelle d assurances. 3. L emploi de l économie sociale est-il important? Comparer l emploi dans l économie sociale avec l emploi dans le secteur public (voir document 18, page 131) et l emploi dans le secteur privé à but lucratif. L emploi dans les coopératives L emploi dans les mutuelles Coopératives non financières Banques coopératives Mutuelles de santé Mutuelles d assurances Chapitre 6
133 21 Un exemple de coopérative La coopérative Sherpa regroupe cent supérettes de haute-montagne des Alpes, du Jura et des Pyrénées. Créée en 2002, elle regroupe des exploitants indépendants associés à un grossiste local. Observer 1. Quelle est la particularité de ce magasin? Interpréter 2. Que produit la coopérative Sherpa? 3. Qui sont les propriétaires de cette coopérative? 22 Un exemple de mutuelle : La Mutuelle des étudiants Adhérer à une Complémentaire santé, c est indispensable! En effet, votre Sécurité sociale, comme celle de vos parents, ne rembourse pas tous les frais de santé. Votre complémentaire santé pourra compléter votre remboursement Sécu. Aujourd hui, ne pas avoir de complémentaire santé, c est prendre un véritable risque financier. [ ] En effet, la plupart du temps, en fonction de l organisme et de la garantie choisie, vous bénéficiez du Tiers Payant intégral et vous n aurez donc pas ou peu d argent à avancer. [ ] La LMDE est dotée d une équipe élue par tous ses adhérents. C est en effet vous, étudiants ayant souscrit une complémentaire Santé LMDE, qui élisez vos propres représentants dans les différentes instances de la Mutuelle. L assemblée générale C est l organe souverain de la Mutuelle. Elle adopte les statuts, approuve les comptes, vote les cotisations et prestations des complémentaires santé, élit le Conseil d Administration, etc. Composée de 254 délégués, elle se réunit au moins une fois par an. Le Bureau National Le Bureau National est élu par le Conseil d Administration. Il se compose notamment du Président de la Mutuelle, du Trésorier et du Secrétaire Général. Il assure la bonne administration de la Mutuelle. [ ] Le Conseil d Administration Composé de 29 administrateurs, le Conseil d Administration a notamment pour attribution de déterminer les orientations de la Mutuelle et de veiller à leurs applications. Il se réunit au moins trois fois par an sur convocation du (de la) Président(e). Extraits du site Internet de la LMDE : 1. À qui s adresse ce texte? 2. Qu est-ce qu une mutuelle de santé? 3. En quoi ce document permet-il d illustrer les principes 1 et 7 présentés dans le document 19, ci-contre? Faire le point documents 15 à Répondre le plus brièvement et le plus précisément possible aux questions suivantes : a. Qu est-ce qui distingue une entreprise publique d une entreprise privée? b. Qu est-ce qui distingue une administration publique d une entreprise publique? c. Qu est-ce qui distingue une coopérative d une association? d. Qu est-ce qui distingue une mutuelle des autres entreprises d assurance? e. Qu est-ce qui distingue une association d une administration publique? 2. Comment peut-on expliquer l existence d organisations sans but lucratif? Faire la synthèse documents 8 à 22 Quelles sont les places respectives des entreprises privées à but lucratif, des organisations publiques et des organisations de l économie sociale dans l économie française? La diversité des organisations et leurs objectifs 133
134 À retenir La diversité des organisations et leurs objectifs 1 Qu est-ce que la production? A. Production et création de richesse La nature n est pas consommable à l état brut ; l homme doit donc travailler pour créer des produits qui ont pour fonction de satisfaire directement ou indirectement les besoins humains. La production est par conséquent le seul moyen pour créer de la richesse. Pour être productive, une activité doit être «socialement organisée», ce qui signifie qu elle doit être licite et déclarée. Sont ainsi exclus de l activité productive les résultats du travail domestique et du travail au noir. B. La diversité des produits Les produits sont le résultat de l activité de production. On distingue les biens, qui sont des produits matériels, des services, qui sont des produits immatériels. Ces derniers sont marchands lorsqu ils sont directement vendus (coupe de cheveux par le coiffeur par exemple) et non marchands lorsqu ils sont financés par la collectivité (comme l Éducation nationale). On distingue aussi les produits de consommation (biens et services), qui sont utilisés pour satisfaire directement les besoins des consommateurs, des produits de production (biens et services), qui sont utilisés par les entreprises pour produire d autres biens et services. Parmi ces derniers, les biens et services intermédiaires sont détruits au cours de chaque processus de production (les matières premières par exemple) et les biens et services d équipement sont utilisés pour plusieurs processus de production (les machines notamment) ; l acquisition de ces biens et services d équipement est un investissement, celui-ci peut donc être matériel ou immatériel. 2 Quelles sont les organisations qui produisent? A. Les entreprises privées à but lucratif Les entreprises privées à but lucratif produisent des biens et des services marchands. Elles appartiennent majoritairement à des propriétaires privés. Les entreprises privées à but lucratif sont très diverses : une diversité selon la taille : certaines, notamment celles qui sont artisanales, sont très petites, alors que d autres ont une importance nationale, voire mondiale ; une diversité selon la nature : toutes les entreprises ne sont pas soumises aux mêmes règles, leur mode de fonctionnement dépend largement de leur statut juridique ; ainsi les entreprises individuelles appartiennent à un propriétaire unique, alors que les sociétés (dont la société à responsabilité limitée SARL et la société anonyme SA) appartiennent à plusieurs propriétaires. L objectif essentiel des entreprises privées à but lucratif est la recherche du profit. Mais cela ne doit pas cacher que d autres objectifs peuvent motiver les entreprises : viser la paix sociale, respecter l environnement, assurer leur survie 134 Chapitre 6
135 À retenir B. Les organisations publiques et à but non lucratif Le secteur public comprend les entreprises publiques et les administrations publiques : comme les entreprises privées, les entreprises publiques produisent des biens et des services marchands, mais elles appartiennent majoritairement à l État et elles ne recherchent pas toujours le profit ; les administrations publiques produisent des services non marchands. Elles ont une vocation de «service public». Elles doivent prendre en charge certains risques de la vie (comme la maladie), répondre à des besoins collectifs (transports ou Éducation nationale) et gérer les collectivités locales (les communes par exemple). Les organisations de l économie sociale appartiennent à des propriétaires privés, mais elles refusent le plus souvent la loi du profit et sont fondées sur les principes d équité et de solidarité. L économie sociale et solidaire est composée de trois types d organisations : les coopératives, qui produisent dans un but non lucratif des biens et des services marchands ; les mutuelles, qui produisent dans un but non lucratif des services marchands ; elles proposent des systèmes d assurance fondés sur la solidarité et l entraide : les associations, qui produisent des services non marchands. Schéma de synthèse Qu est-ce que la production? Production et création de richesse La diversité des produits La production permet de satisfaire directement ou indirectement les besoins humains La production est «socialement organisée» : elle doit être licite et déclarée On distingue les biens des services (marchands et non marchands) On distingue les biens et services de production des biens et services de consommation La diversité des organisations et leurs objectifs Elles produisent des biens et services marchands Les entreprises privées à but lucratif Elles sont très diverses (taille et statut juridique notamment) Quelles sont les organisations qui produisent? Elles recherchent principalement le profit Les entreprises publiques produisent des biens et services marchands Les organisations publiques et à but non lucratif Les administrations publiques produisent des services non marchands Les organisations de l économie sociale (associations, coopératives et mutuelles) ont pour objectifs l équité et la solidarité Notions au programme Production Organisation Entreprise Administration Association La diversité des organisations et leurs objectifs 135
136 Évaluer ses acquis 1 Savoir définir la notion de production a) Choisir la proposition exacte. Dire que la production est une «activité socialement organisée» signifie que : seules les entreprises sous forme de sociétés produisent. le résultat du travail domestique et du travail «au noir» n est pas comptabilisé dans la production. b) Recopier le tableau ci-dessous et cocher les cases correspondantes (une ou deux possibilités pour chaque exemple). Exemple Ce n est pas Bien Service Produit de Produit de un produit consommation production Ordinateur de maison Ordinateur de bureau Entretien de sa propre maison Entretien d une entreprise par une autre entreprise Formation du personnel d une entreprise Coupe de cheveux pour un particulier Confiture maison Ticket de métro 2 Connaître les objectifs des organisations qui produisent a) Recopier et associer les différentes organisations aux types de produits qu elles fournissent : Entreprise privée Entreprise publique Administration publique Association Mutuelle Coopérative Biens et services marchands Services non marchands b) Recopier et associer les différentes organisations à leurs objectifs respectifs : Entreprise privée Entreprise publique Administration publique Association Mutuelle Coopérative Solidarité Essentiellement profit Activité ou objectifs communs Essentiellement service public Service public uniquement 136 Chapitre 6
137 Évaluer ses acquis c) Recopier le tableau ci-dessous puis classer les organisations suivantes : mutuelle ; entreprise individuelle ; entreprise publique ; société anonyme ; association ; SARL ; administration publique et coopérative. Différentes organisations Entreprises privées Secteur public Économie sociale 3 Être sensibilisé à la diversité des entreprises a) Compléter les définitions suivantes : Une... est une entreprise de plus de cinq cents salariés. Une... est une entreprise qui appartient à un... unique. Une PME est une entreprise ayant un effectif salarié... Une... est une société qui appartient à des actionnaires qui reçoivent des... en fonction du nombre d... qu ils détiennent. Une entreprise... est une entreprise de moins de... salariés qui a une activité de transformation. Une... est une entreprise présente dans plusieurs pays. Une... est une société dont le capital est divisé en parts sociales et dont la... est limitée. b) Répondre par oui ou non à la question suivante : le statut juridique des entreprises est-il indépendant de leur taille? c) Recopier et compléter la phrase ci-dessous à l aide des données suivantes : 40 % ; 57 % ; 3 %. En 2006,... des entreprises artisanales sont des entreprises individuelles, alors que... sont des SARL et... des sociétés anonymes. QCM 1. La production : a. englobe toute création de richesse. b. englobe uniquement la création de richesse par les activités socialement organisées. c. ne conduit pas à la création de richesse. 2. La production a pour objectif : a. uniquement de satisfaire directement les besoins humains. b. de satisfaire directement ou indirectement les besoins humains. c. de ne pas satisfaire les besoins humains. 3. La production concerne : a. uniquement les biens matériels. b. uniquement les biens et les services marchands. c. les biens et les services marchands et non marchands. 4. La production marchande est essentiellement réalisée : a. par les entreprises. b. par les administrations. c. par les ménages. 5. Le profit se mesure par le calcul suivant : a. chiffre d affaires coûts de production. b. chiffre d affaires salaires. c. coûts de production chiffre d affaires. 6. Le secteur de l économie sociale comprend : a. Les entreprises publiques, les associations, les mutuelles et les coopératives. b. Les administrations publiques, les mutuelles, les coopératives et les associations. c. Les coopératives, les mutuelles et les associations. La diversité des organisations et leurs objectifs 137
138 TD BNP-Paribas en Chine et à Hong-Kong Traiter une étude de cas BNP-Paribas est aujourd hui une banque pleinement mondiale, par sa taille et sa présence dans 87 pays. Le fait de travailler avec une devise internationale 1, l euro, lui offre en outre un avantage comparatif important. Le groupe ne pouvait alors pas se désintéresser du marché chinois, qui s impose de plus en plus comme une destination incontournable pour les investisseurs et les grands groupes industriels internationaux. Le développement des activités de BNP-Paribas en Chine répond à deux objectifs principaux : d une part, assurer la continuité de service auprès des clients qui partent s y implanter ; d autre part, cibler directement les particuliers et les entreprises chinois, en profitant de la libéralisation en cours du secteur bancaire. Les réformes économiques, accélérées avec l entrée de la Chine dans l OMC 2, ouvrent en effet des perspectives importantes de croissance pour les banques étrangères. BNP-Paribas a ainsi considérablement renforcé sa présence en Chine au cours de ces dernières années, notamment en recourant au partenariat avec des banques locales. Les obstacles réglementaires et l incertitude quant à la poursuite des réformes limitent cependant la pénétration des acteurs bancaires internationaux sur le marché chinois. [ ] La région Asie Pacifique constitue le plus vaste marché de BNP-Paribas après l Europe. La banque est présente dans 14 pays d Asie outre le Japon et elle emploie quelque collaborateurs dans la région. Cette présence est déjà ancienne : BNP s est implantée à Hong-Kong en 1958, puis à Pékin dès Aujourd hui, BNP-Paribas dispose de bureaux dans les grands centres économiques de la «Grande Chine 3», à Pékin, Shanghai, Hong-Kong et Taipei. [ ] L accompagnement des clients en Chine La croissance des firmes étrangères implantées en Chine, qui représentent aujourd hui 50 % des exportations totales, élargit considérablement les perspectives des banques étrangères installées en Chine. Ces dernières disposent en effet d une gamme de produits et services plus sophistiqués et plus adaptés aux besoins des firmes à capitaux étrangers 4. Leur part de marché, même après une dizaine d années d ouverture, reste cependant limitée. Les banques étrangères représentent ainsi seulement [ ] 1,4 % des prêts accordés. [ ] Les opportunités sur les marchés financiers domestiques La clientèle des résidents est restée pendant longtemps hors d atteinte des banques étrangères [ ]. L entrée de la Chine dans l OMC a changé la donne. Les accords prévoient en effet d accorder progressivement aux banques étrangères, sous certaines conditions, l accès au marché en monnaie locale, dès décembre 2003 pour les entreprises et en décembre 2006 pour les ménages. [ ] Bilan de l implantation de BNP-Paribas en Chine Les facteurs de succès L entrée de BNP-Paribas sur le marché chinois a été grandement facilitée par sa présence depuis 45 ans à Hong-Kong. Au-delà, l implantation doit son succès à la fois à la politique commerciale et à la politique stratégique. [ ] BNP-Paribas a su étendre sa présence en s appuyant sur des partenaires locaux. Cette stratégie [ ] est aussi passée par la création de joint-ventures 5 avec des partenaires chinois. En 1992, BNP s est alliée avec l Industrial and Commercial Bank of China pour créer une banque commerciale, l International Bank of Paris and Shanghai (IBPS). Deux autres jointventures sont aujourd hui en développement, pour créer une banque d investissement 6 et une société de gestion d actifs 7. Dans chaque cas, BNP-Paribas procède à un transfert de technologie, de savoir-faire et de personnel qui bénéficie au partenaire chinois. 1. Il s agit d une monnaie utilisée dans les échanges internationaux ; si le dollar est la première devise internationale, l euro est la deuxième. 2. L Organisation mondiale du commerce favorise l ouverture de la Chine au reste du monde. 3. Elle comprend la Chine continentale, Hong-Kong et Taïwan. 4. Contrairement aux banques chinoises, les services des banques occidentales sont adaptés aux besoins des entreprises occidentales. 5. Entreprise commune créée par deux firmes (ou plus) généralement de nationalité différente. 6. Banque ayant comme activité le financement des investissements. 7. Les actifs en question sont notamment des titres financiers (des actions et des obligations par exemple). 138 Chapitre 6
139 Travaux dirigés Les difficultés rencontrées La rigidité des partenariats Le modèle de développement par joint-venture, promu par les autorités chinoises, est en partie contraint. Certes, le partenaire chinois apporte les capacités de distribution 8 qui font défaut au partenaire étranger, ainsi que sa connaissance du marché local. Mais les contraintes liées au cadre du partenariat ne sont pas négligeables : divergence partielle d objectifs, y compris financiers, inertie et lenteur du processus de décision, etc. Les obstacles culturels La Chine est un marché très particulier en raison d une forte identité linguistique et culturelle et d une pratique des affaires éloignée du modèle occidental. Le succès de l intégration repose alors beaucoup sur la capacité à animer des équipes locales multiculturelles 9 et à tisser des liens avec les acteurs locaux. À cet égard, la présence ancienne de BNP-Paribas en Chine a été un atout considérable. Vue aérienne de Hong-Kong Les contraintes institutionnelles et juridiques L absence d un véritable État de droit, qui peut se traduire aussi bien par une hyper-réglementation 10 que par une «sous-réglementation 11» (vide juridique), est une difficulté majeure pour les entreprises étrangères qui s installent en Chine. Cette situation explique l attractivité persistante de Hong-Kong, doté d un cadre juridique transparent et d organes de régulations efficaces et impartiaux. Ainsi, le siège régional de BNP-Paribas demeure à Hong-Kong malgré le développement de son activité en Chine continentale. Une ouverture sous contrôle Les concessions consenties par la Chine dans le cadre de l OMC ont en partie été remises en cause par la mise en place de nouvelles règles plus restrictives. Ainsi, l ouverture des marchés financiers chinois aux investisseurs internationaux s est accompagnée de nouvelles réglementations destinées à limiter le risque d une prise de contrôle des entreprises publiques par des acteurs étrangers. Dossier réalisé par Dominique Kalus et Sylvie Péricouche Un réseau d agences bancaires dans tout le pays par exemple. 9. Équipes composées de collaborateurs chinois et français. 10. Le régime socialiste qu a connu la Chine depuis ces dernières décennies a conduit à une présence très forte de l État dans l économie et la société. 11. C est le cas lorsque les nouvelles activités ne sont pas encore réglementées. Compréhension du document ➊ Qui sont les principaux clients de BNP-Paribas en Chine? Quelle nouvelle clientèle la banque espère-t-elle conquérir? ➋ Pourquoi peut-on dire que BNP-Paribas est une entreprise multinationale? ➌ Qu apporte BNP-Paribas à son partenaire chinois? Qu apporte en retour le partenaire chinois? ➍ En quoi les objectifs de BNP-Paribas et de ses partenaires chinois au sein d une joint-venture peuvent-ils être différents? ➎ Quels sont les différents obstacles auxquels peuvent se heurter les entreprises multinationales sur le marché chinois? ➏ Pourquoi le siège chinois de BNP-Paribas est-il maintenu à Hong-Kong? ➐ Pourquoi les autorités chinoises mettent-elles en place de nouvelles règles restrictives? Que craignent-elles? ➑ Quel bilan peut-on établir sur l implantation de BNP-Paribas en Chine? Mise en perspective ➒ Comment peut-on classer BNP-Paribas (type de produit, taille et statut juridique)? ❿ Quel est l objectif principal de BNP-Paribas? Quel lien peut-on établir entre cet objectif et sa stratégie d implantation en Chine? La diversité des organisations et leurs objectifs 139
140 Chapitre 7 La production dans l entreprise Objectifs les notions de facteurs de production, de productivité. la notion d investissement et aborder ses effets sur l emploi. la notion de valeur ajoutée et étudier son partage. Sommaire 1. Quels sont les facteurs de production? A. Le travail et le capital B. La formation du capital : l investissement Comment les facteurs de production se combinent-ils? A. La combinaison des facteurs B. La productivité des facteurs Comment mesurer et répartir la richesse produite? A. La valeur ajoutée mesure la richesse créée B. Les utilisations de la valeur ajoutée À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés La conception d un téléphone portable Pourquoi le design d un téléphone est-il important? 140 Chapitre 7
141 2 La fabrication et les composants 3 La vente Quels éléments sont nécessaires pour fabriquer un téléphone? Quels types de dépenses sont nécessaires pour vendre un téléphone? 4 Quelques données Taux d équipement des ménages en téléphone portable en France 1997 : 10 % 2006 : 75 % Production de portables dans le monde Environ 1 milliard en 2006 dont 480 millions produits en Chine Insee. Comment a évolué le marché du téléphone portable en France? Quelle est la part de la Chine dans la production? Question documents 1 à 4 Quelles sont les étapes nécessaires à la production d un téléphone portable? La production dans l entreprise 141
142 1 Quels sont les facteurs de production? Pour produire, l entreprise a besoin de machines, de travailleurs, de matières premières, d énergie Ces facteurs de production sont classés en deux catégories : travail et capital technique. L investissement permet à l entreprise de créer du capital technique. Pour commencer Une entreprise fabrique des gâteaux et elle utilise pour cela différents éléments : Farine : 100 tonnes Eau : litres Beurre : 25 tonnes Autres ingrédients (sel, arômes ) : 5 tonnes Travail des ouvriers : 10 personnes travaillant chacune heures par an Machines : 3 fours fonctionnant 10 heures par jour Travail de la secrétaire de direction : heures Travail de la PDG : heures Ordinateur gérant la production : 1 ordinateur fonctionnant en continu Ordinateur de la secrétaire : 1 ordinateur fonctionnant aux heures de présence de son utilisateur Travail du commercial chargé de vendre les gâteaux : heures par an Électricité : kwh Bâtiments servant à l exploitation : ils sont la propriété de la PDG Emballages : 2 tonnes 1. Combien de tonnes de produits ont-elles été utilisées? Combien d heures de travail? 2. Quelle est la particularité des machines, des ordinateurs et des bâtiments? 3. Classer les éléments entrant dans la production en trois catégories : capital fixe ; produits intermédiaires ; travail. A. Le travail et le capital 1 Les facteurs de production Pour produire, les agents économiques utilisent des facteurs de production, c est-à-dire les différents éléments mis en œuvre dans le cadre du processus de production. On distingue généralement deux facteurs de production principaux, qui sont le travail et le capital technique. Ce dernier se décompose en capital fixe et capital circulant. Le capital circulant désigne le capital technique qui est amené à être transformé ou détruit au cours du processus de Facteurs de production Travail Capital technique production ; il s agit des biens et services intermédiaires 1 tels que les matières premières et les produits semi-finis. Le capital fixe est le capital technique durable utilisé durant plusieurs cycles de production ; il s agit essentiellement des biens d équipement, des locaux et de certains services. M. MONTOUSSÉ, «La production», Cahiers français, n 315, juillet-août On les appelle également «consommations intermédiaires». Capital circulant Capital fixe Bréal, Définir 1. Qu est-ce qu un facteur de production? 2. Quels sont les principaux facteurs de production? 3. Quel est le critère permettant de différencier les capitaux fixes des capitaux circulants? 4. Le capital fixe est-il composé uniquement de biens? 142 Chapitre 7
143 2 Qu est-ce que le travail? Une salle de classe Un couple lavant la vaisselle Un agriculteur en Charente Un ouvrier sur un site d installation d éoliennes Un cours de ski Un artisan plombier Observer 1. Quels sont les individus qui travaillent (au sens courant)? Interpréter 2. Ne sont considérées comme productives que les activités donnant lieu à une rémunération. Quels sont, alors, ceux qui travaillent? 3. Peut-on produire sans facteur de production travail? 3 Travail et capital en France en 2006 Emploi intérieur par branche (en milliers d équivalent temps plein 1 ) Capital fixe (en milliards d euros courants) Agriculture, sylviculture et pêche 1 039,0 218,8 Industrie 3 496,1 815,6 Construction 1 809,0 65,7 Services principalement marchands , ,4 Services administrés , ,5 Ensemble , ,0 1. Équivalent temps plein : on l obtient en divisant le nombre total d heures travaillées par la moyenne annuelle des heures travaillées dans des emplois à plein temps sur le territoire économique. 2. L essentiel du capital de cette branche correspond aux activités immobilières (4 439,7). 3. Services administrés : services produits par les administrations. 1. Donner des exemples de «services marchands» et de «services administrés». 2. Classer les branches en fonction de l importance de l emploi, puis en fonction du capital et commenter les résultats. D après Insee, Comptes nationaux. Faire le point documents 1 à 3 1. Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : capital circulant ; capital fixe ; capital technique ; facteurs de production ; rémunéré ; travail. Pour produire les entreprises utilisent du..., et du... Ils représentent les... Le capital comprend du..., transformé au cours de la production et du... utilisé pendant plusieurs cycles de production. Seul le travail... est considéré comme un facteur de production. 2. À quoi servent les facteurs de production? La production dans l entreprise 143
144 B. La formation du capital : l investissement 4 L investissement est la création du capital fixe L investissement matériel correspond à la création ou à l acquisition de biens de production durables. [ ] Si une entreprise veut remplacer son capital (ensemble des biens de production) usé ou obsolète, on dit qu elle effectue un investissement de remplacement (ou de renouvellement). Elle ne fera en fait qu acheter des biens de production identiques à ceux qu elle remplace. [ ] Si l entreprise veut améliorer sa productivité (qui est son efficacité mesurée par le rapport entre la production obtenue et les facteurs de production mis en œuvre pour obtenir cette production), on dira qu elle effectue un investissement de productivité (ou de modernisation). Dans ce cas, elle achètera par exemple de nouvelles machines plus performantes, intégrant du progrès technique, ce qui lui permettra de produire plus vite et mieux. [ ] Enfin, si l entreprise cherche simplement à augmenter son volume de production, on dira qu elle réalise un investissement de capacité. L achat de nouvelles machines lui permettra de produire tout simplement plus. [ ] On dit également qu il y aura augmentation de son parc productif. [ ] Les entreprises font également des investissements immatériels. On pourrait définir l investissement immatériel comme toute dépense destinée à produire des effets pendant plus d un an et ne se concrétisant pas sous la forme d un bien physique [ ]. On note plus particulièrement cinq grands types de dépenses en investissement immatériel : la Recherche Développement (RD), l achat de brevets, la formation, l achat de logiciels et enfin la publicité/marketing. C. BOLUSSET, L Investissement, Bréal, coll. «Thèmes et débats», matériel immatériel Investissement Investissement de remplacement Investissement de capacité Investissement de productivité Bréal, Définir 1. Qu est-ce qu un investissement? 2. Qu est-ce qui différencie un investissement matériel d un investissement immatériel? 3. À quoi sert chaque type d investissement matériel? Donner des exemples. 4. Pourquoi certaines dépenses de services sont-elles considérées comme des investissements? 5 Les formes de l investissement en 2007 selon l Insee Renouvellement d équipement 27 Rationalisation, modernisation 23 dont : automatisation 10 nouvelles techniques 6 économies d énergie 7 Extension de la capacité de production 17 Introduction de nouveaux produits 14 Autres (sécurité, environnement, condition de travail, etc.) 19 Total En quoi les formes d investissement présentées diffèrent-elles de la typologie décrite dans le document 4? 2. Comparer le poids des différentes catégories d investissement. Insee, Enquête sur les investissements dans l industrie, avril Chapitre 7
145 6 L industrie automobile : mécanisation et emploi Chaîne de montage dans les usines Chevrolet à Cleveland (États-Unis) vers 1960 Usine Peugeot, atelier de montage de Poissy (Yvelines) en Que représentent les deux photographies? 2. Comparer l emploi sur les deux chaînes de montage. 3. Quel est ici l effet des investissements sur l emploi? 7 Investissement et emploi La question des effets de l investissement sur l emploi est très largement controversée. [ ] Dans le cadre d un investissement de capacité, l emploi a toutes les chances de progresser. La question est plus délicate pour l investissement de productivité. Si on se place dans une perspective historique, depuis la révolution industrielle, il est évident que l introduction du progrès technique, par le biais de l investissement de productivité, ne s est pas traduite par une réduction de l emploi. Elle s est faite parallèlement à une augmentation de la population active et surtout elle s est accompagnée d une réduction générale du temps de travail. À court terme, l investissement de productivité peut provoquer du chômage. Certes, il crée des emplois dans les secteurs qui produisent les nouveaux biens d équipement, mais il contribue souvent à en détruire dans les secteurs traditionnels. Rien ne permet d affirmer que les deux phénomènes se compensent. De plus les qualifications nécessaires pour les nouveaux emplois ne correspondent pas nécessairement à celles des emplois supprimés. Une autre question se pose avec acuité depuis quelques années. Celle de la destination géographique des investissements. [ ] Si le coût du travail, à productivité comparable, est plus faible à l étranger, cela peut conduire à des suppressions d emplois. Des investissements ou des emplois? [ ] La vision optimiste prévaut dans le long terme, mais c est dans le court terme que vivent les individus soumis aux destructions d emploi. P.-A. CORPRON, «L investissement», Cahiers français, n 315, juillet-août Expliquer l expression soulignée. 2. Quels peuvent être les effets des investissements de productivité à court terme sur l emploi? 3. Pourquoi les effets à long terme et à court terme ne sont-ils pas identiques? Faire le point documents 4 à 7 1. Vrai ou faux? a. L investissement ne comprend que des dépenses matérielles. b. Les achats de brevets sont des investissements. c. Les investissements de capacité visent à accroître la productivité du travail. d. L investissement détruit toujours des emplois. 2. À quoi sert l investissement? Faire la synthèse documents 1 à 7 Montrer que l entreprise a besoin de facteurs de production et déterminer, pour chacun, la manière dont elle se les procure. La production dans l entreprise 145
146 2 Comment les facteurs de production se combinent-ils? L entreprise combine les facteurs de production en tenant compte de contraintes techniques (complémentarité ou substituabilité) ou financières (coût des facteurs de production). Pour commencer 1. Quels sont les facteurs de production présentés sur cette photographie? 2. Y a-t-il d autres facteurs non représentés ici? 3. Si l entreprise de taxis souhaite augmenter sa production, que peut-elle faire : acheter un nouveau taxi et embaucher un nouveau chauffeur? faire rouler le taxi 24 heures sur 24 en faisant se succéder plusieurs chauffeurs? acheter un taxi supplémentaire tout en conservant le même nombre de chauffeurs? remplacer ses taxis par de plus grands qui permettent de transporter davantage de clients? Répondre aux propositions en argumentant vos réponses. 4. Pour chaque proposition de la question 3, dire si l augmentation de la production provient d un accroissement de la quantité de facteurs de production ou d une augmentation de leur efficacité. Un chauffeur de taxi à Buenos Aires A. La combinaison des facteurs 8 La complémentarité ou la substituabilité des facteurs Les producteurs utilisent nécessairement [les] deux facteurs de production qu ils associent de différentes façons. La combinaison productive, qui désigne la proportion de capital technique et de travail utilisée pour produire, peut être plus ou moins capitalistique, c està-dire incorporer proportionnellement plus ou moins de capital. Ainsi, il est possible de terrasser une route avec des milliers de travailleurs armés de pelles et de pioches (combinaison productive faiblement capitalistique) ou avec quelques travailleurs et des bulldozers (combinaison productive fortement capitalistique). Lorsqu une seule combinaison productive est possible, les facteurs de production sont dits «complémentaires» (l exemple le plus fréquent de la complémentarité des facteurs de production est celui de l activité de transport en taxi : à chaque taxi correspond un chauffeur et à chaque chauffeur correspond un taxi) ; ils sont dits «substituables» lorsque l entreprise peut effectuer un choix entre plusieurs combinaisons possibles (exemple des travailleurs et des bulldozers). Dans la réalité, ils ne sont jamais totalement complémentaires ou substituables. M. MONTOUSSÉ, «La production», Cahiers français, n 315, Facteurs de production Proportion fixe Une seule combinaison possible Facteurs complémentaires Définir 1. Qu est-ce que la «combinaison productive»? 2. Donner des exemples de facteurs de production complémentaires et substituables. Proportion variable Plusieurs combinaisons possibles Facteurs substituables 3. Pourquoi les facteurs ne sont-ils, dans la réalité, jamais totalement complémentaires ou substituables? Bréal, Chapitre 7
147 9 exercice Comment choisir la combinaison productive? Une entreprise peut avoir recours à trois techniques de production combinant des quantités variables de travail et de capital. Le coût horaire du travail est de 10 tandis que les machines coûtent 180. Le produit réalisé est vendu 50 pièce. 2. On suppose que l entreprise peut vendre toute la production réalisée. Recopier et compléter le tableau suivant de manière à déterminer son chiffre d affaires et son profit selon la technique choisie. Chiffre d affaires Profit Techniques Heures Heures Quantité de travail de machines maximum produite A unités B unités C unités Technique A Technique B Technique C a. Quelle est la technique qu elle doit choisir pour obtenir le profit maximum? Quel sera le niveau de production réalisé? Quel sera le niveau du coût de production? 1. Recopier et compléter le tableau suivant de façon à établir pour chaque technique de production le coût de production. Technique A Technique B Technique C Coût Coût Coût du travail du capital total b. Quelle est la technique qu elle doit choisir si elle souhaite obtenir le chiffre d affaires le plus important possible? 3. On suppose que la quantité vendue n est pas déterminée par l entreprise. Elle ne pourra pas vendre plus de 200 unités du produit. a. Si l entreprise veut utiliser à plein les techniques B et C, elle se retrouve avec des stocks. On suppose dans un premier temps que ces stocks ne lui coûtent rien. Déterminer le chiffre d affaires et le profit selon la technique de production utilisée. Quelle est la technique de production que l entreprise devra choisir? b. Si le stockage des produits lui coûte de l argent, cela modifie-t-il le résultat précédent? Justifier la réponse. c. On suppose maintenant que l entreprise peut utiliser les techniques B et C, tout en produisant seulement 200 unités. Cela signifie simplement une diminution proportionnelle des heures de travail et de machines. On arrondira à l heure au-dessus en considérant que toute heure commencée est payée. Recopier et compléter le tableau suivant : Heures Heures Quantité de travail de machines produite Techniques A unités B 200 unités C 200 unités Déterminer le coût en travail et en capital, le coût total et le profit réalisé pour les trois techniques de production. Quelle est la technique de production la plus rentable pour l entreprise? Faire le point documents 8 et 9 1. Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : combinaison productive ; fixe ; substituables ; complémentaires ; variable. La... désigne les quantités de facteurs que les entreprises doivent associer pour produire. Les proportions de facteurs peuvent être fixes ou variables. Si les facteurs de production sont..., une seule combinaison est possible et les facteurs sont dans une proportion... S ils sont..., plusieurs combinaisons sont envisageables et leur proportion est En quoi les choix de combinaison productive ont-ils un effet sur la productivité de l entreprise? La production dans l entreprise 147
148 B. La productivité des facteurs 10 Qu est-ce que la productivité? De façon générale, la productivité peut être définie comme le rapport entre un volume de production et le volume des moyens nécessaires à sa réalisation (heures de travail, machines, matières premières ), c est-à-dire les quantités de facteurs de production utilisées. L augmentation de la productivité signifie donc que la production augmente alors que les moyens mis en œuvre n augmentent pas ou en tout cas pas dans les mêmes proportions, ou que l on obtient la même production en économisant des moyens. La mesure de la productivité peut s appliquer à différents niveaux : une entreprise voire un atelier, une branche, ou l économie nationale. On peut rapporter la production à l ensemble des facteurs de production (productivité globale) ou à un seul des facteurs nécessaires : on obtient alors une productivité partielle (la productivité du travail par exemple). J. BAILS, «Productivité», Cahiers français, n 279, janvier Présenter avec une formule mathématique ce qu est la productivité. 2. Quelles sont les différentes manières de mesurer la productivité? 3. Expliquer les différentes manières d accroître la productivité. 11 exercice La manufacture d épingles En 1776, l économiste britannique Adam Smith analysait les effets de la division du travail dans une entreprise produisant des épingles. Il affirmait que 10 ouvriers arrivaient à fabriquer en commun épingles par jour. Supposons que, dans cette entreprise, la durée du travail était de 8 heures par jour, ce qui est certainement en dessous de la réalité. Sachant que la productivité du travail se mesure en divisant la production par la quantité de travail, quelle est la productivité de ces travailleurs? 1. Comment mesurer la quantité de travail? Plusieurs approches sont possibles : on peut utiliser le nombre de travailleurs, la durée journalière du travail, ou le nombre total d heures travaillées par jour. Déterminer ces trois grandeurs en recopiant et en complétant le tableau ci-dessous : Nombre Durée Nombre total de travailleurs journalière d heures du travail travaillées 2. Calculer les trois types de productivité suivants : Productivité par travailleur (par tête) :. Productivité horaire :. Productivité horaire par travailleur :. 3. Combiner les différents éléments suivants pour retrouver les trois définitions de la productivité du travail : production ; nombre de travailleurs ; durée du travail. 12 Les progrès de la productivité du travail Évolution de la productivité en France En % Productivité par emploi Productivité horaire Taux de croissance annuel moyen 1. À quelle période la productivité a- t-elle le plus progressé? 2. Comparer les évolutions de la productivité par personne et de la productivité horaire. Quelle explication peut-on donner? D après G. CETTE, Productivité et croissance, Rapport du Conseil d analyse économique, n 48, La Documentation française, Chapitre 7
149 13 L exemple de la production de fil Diego Velásquez, Les Fileuses, 1657, huile sur toile, 220 x 289 cm (musée du Prado, Madrid). Entre 1950 et 1965, les ouvrières de l entreprise de nylon de Pensacola (Floride, États-Unis) surveillent le fonctionnement des filatures. 1. Comment la production de fil estelle réalisée dans les deux images? 2. Dans quel cas la productivité du travail est-elle la plus grande? 3. Quel est l influence du capital utilisé sur la productivité des travailleurs? Faire le point documents 10 à Vrai ou faux? a. La productivité du travail peut se mesurer en divisant la production par le nombre de travailleurs. b. La productivité du travail diminue, en France, après c. La productivité horaire progresse toujours plus vite que la productivité par emploi. 2. Comment a évolué la productivité du travail en France depuis la fin du XIX e siècle? Faire la synthèse documents 8 à 13 Montrer que l efficacité productive résulte de l utilisation de facteurs que l entreprise se procure et combine. La production dans l entreprise 149
150 3 Comment mesurer et répartir la richesse produite? La valeur ajoutée permet de mesurer la richesse créée par les agents. Elle conditionne les revenus distribués aux producteurs : salaires et profits. Ce partage de la valeur ajoutée est un enjeu économique fondamental. Pour commencer Antonin est artisan potier et il travaille avec son ouvrier, Jules. En une année, ils fabriquent poteries vendues en moyenne 15 chacune. Pour fabriquer ces objets, il doit tous les ans acheter pour d argile et de peinture. Il consomme également d électricité nécessaire pour faire fonctionner le four et le tour, éclairer et chauffer l atelier, ainsi que 500 d eau. Le coût annuel de la rémunération de Jules (salaires et charges) s élève à L outillage nécessaire à la production a coûté à Antonin lors de son installation. 1. Quelle est la valeur de la production de l entreprise d Antonin? 2. Cette valeur correspond-elle à la richesse créée par l entreprise? 3. Que doit-on prendre en compte pour mesurer la richesse créée par l entreprise? A. La valeur ajoutée mesure la richesse créée 14 exercice Production ou valeur ajoutée, quelle grandeur permet de mesurer la richesse créée? Valeur des consommations intermédiaires La consommation intermédiaire représente la valeur des biens (autres que les biens de capital fixe) et des services marchands consommés par une entreprise dans le processus courant de production. Valeur de la production Valeur ajoutée La valeur ajoutée est la valeur nouvelle créée au cours du processus de production. Elle est égale à la différence entre la valeur des biens et des services produits par l entreprise et la valeur des biens et des services consommés pour produire. Bréal, 2008, d après Insee. Soient trois entreprises A, B et C qui se suivent dans un processus de production. On suppose que A vend son produit à B et n a pas de consommations intermédiaires. B transforme le produit de A (ce sont ses seules consommations intermédiaires) et le vend à C qui, à son tour, le transforme pour obtenir un produit fini vendu aux ménages. Ce tableau résume les relations entre les entreprises : Production Consommations Valeur intermédiaires ajoutée A B C a. Calculer les valeurs ajoutées de chaque entreprise, la valeur ajoutée globale, la valeur de la production globale. Que constate-t-on? On suppose maintenant que l entreprise C absorbe les autres. Elle n a donc plus besoin de payer ses consommations intermédiaires. b. Quelle est la valeur de la production globale? Quelle est la valeur ajoutée? c. Comparer avec la situation précédente. d. Cela change-t-il quelque chose si, à la place de l entreprise C, l entreprise A (ou B) absorbe les deux autres? e. Quel est le meilleur indicateur pour mesurer la richesse créée? 150 Chapitre 7
151 15 La valeur ajoutée en France Valeur ajoutée par branche, (en milliards d euros 2000) Agriculture, sylviculture et pêche 24,7 32,0 36,6 35,2 Industrie 167,6 184,5 229,0 249,1 Construction 63,9 71,4 66,6 72,8 Services principalement marchands 383,7 531,2 684,2 775,0 Services administrés 186,1 240,9 274,4 289,3 Ensemble 826, , , ,4 1. Que signifie l expression «milliards d euros 2000»? ( Fiche méthode 7, p. 241) 2. Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. 3. Étudier le poids de chaque branche dans la valeur ajoutée. Comparer avec les informations données dans le document 3, p D après Insee, Comptes nationaux. 16 La valeur ajoutée est-elle un bon indicateur de la création de richesse? Le PIB additionne l ensemble des activités créatrices de revenus (en monnaie ou en nature, comme, par exemple, les jardins familiaux ou la jouissance d un appartement dont on est propriétaire). Pour éviter les doubles comptes, l activité de chaque agent est mesurée à partir de la valeur ajoutée qu il crée : cette valeur ajoutée finit toujours par être répartie en revenus, soit au profit des ménages, soit au profit des administrations (TVA, autres impôts sur la production), soit au profit des entreprises elles-mêmes (bénéfices non distribués). On a beaucoup critiqué le PIB comme indicateur de richesse, en soulignant, par exemple, qu un accident de la route ou la production d une arme meurtrière rentraient dans son montant au même titre que d autres activités génératrices de bien-être. Il est vrai que le PIB ne prétend pas mesurer le bien-être, mais seulement le montant des revenus, quelle qu en soit l origine productive. C est donc un indicateur très réducteur, auquel il ne faut pas faire dire plus qu il ne dit : pour un pays, avoir un PIB élevé ne renseigne pas sur la qualité de vie de ses habitants, sur la capacité du pays à offrir à tous un bien-être durable. En revanche, le PIB mesure le pouvoir d achat disponible dans une économie, c est-à-dire, tous comptes faits, sa puissance. C est pourquoi, même s il s agit d un indicateur insuffisant, il demeure dans un monde où cette puissance permet de prendre la mesure des atouts dont dispose une nation dans la compétition mondiale. «Dictionnaire économique et social», extrait du cédérom Alternatives économiques, Quel est le lien entre valeur ajoutée et PIB? 2. Pourquoi le PIB est-il critiqué? Faire le point documents 14 à Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : bien-être ; consommations intermédiaires ; production ; produit intérieur brut ; richesse ; valeur ajoutée ; valeurs ajoutées. La... est la différence entre la valeur de la... et celle des.... Elle sert à mesurer la... créée par un agent économique. Au niveau d un pays, la somme des... est utilisée pour déterminer le... Cet indicateur est critiqué, car il ne permet pas de mesurer le Quel est l intérêt du concept de valeur ajoutée pour les entreprises et pour la nation? La production dans l entreprise 151
152 B. Les utilisations de la valeur ajoutée 17 Salaires ou profits : un conflit autour du partage de la valeur ajoutée Pas de larmes. Juste un peu d espoir.vingt-sept ouvrières d Arena attendaient beaucoup de leur rencontre avec Ségolène Royal [ ]. La candidate à l élection présidentielle les a accueillies pendant plus d une heure, au siège du Parti socialiste (PS), à Paris. Les ouvrières, spécialisées dans la fabrique de maillots de bain, ont ainsi pu parler de leur usine, située à Libourne (Gironde) et qui va être délocalisée en Chine. [ ] Elles ont évoqué la situation des 169 employés qui vont se retrouver, à la fin du mois de mars, au chômage [ ]. «Ce sont des licenciements de confort», déclare M me Royal. «Arena fait des bénéfices. L entreprise a une bonne image grâce à son égérie, Laure Manaudou», souligne une employée. [ ] Les ouvrières, âgées en moyenne d une quarantaine d années, racontent leurs vies sacrifiées pour Arena. Dix, vingt, trente ans, voire plus, à son service pour un SMIC. Avec, comme indemnités de licenciement, quelques mois de salaire. «Alors que certains patrons partent avec quatre ou cinq ans de salaire», riposte Mme Royal. Elle enchaîne : [ ] «Vous avez des commandes?» Les carnets sont pleins, répondent les ouvrières. «Bon, il faut prendre une initiative, lance Mme Royal. Il faut que l entreprise reste à Libourne et qu elle ouvre une unité de production en Chine.» «Mais ça ne marche pas comme ça, rétorque une ouvrière. L entreprise veut plus de profits et sa décision est irrévocable.» M. KESSOUS, Le Monde, 26 janvier D après le texte, que s est-il passé chez Arena? 2. Pourquoi une entreprise licencie-t-elle alors qu elle fait des bénéfices et a des commandes? 3. En quoi ce texte illustre-t-il un conflit autour du partage de la valeur ajoutée? 18 Comment se répartit la valeur ajoutée? Le partage des richesses créées par l entreprise Rémunération des salariés (salaires + cotisations sociales) Intérêts versés aux prêteurs Dividendes versés aux actionnaires Valeur ajoutée Impôts liés à la production Impôts sur les sociétés Impôts sur le patrimoine Excédent brut d exploitation ou profit brut Épargne brute 1. Que représente l excédent brut d exploitation pour les entreprises? 2. À qui vont les trois utilisations principales de la valeur ajoutée? 3. Pourquoi les entreprises doiventelles verser des intérêts? 4. À quoi sert l excédent brut d exploitation? 5. Pourquoi le partage de la valeur ajoutée peut-il être conflictuel? Investissements productifs (formation brute de capital fixe) Placements financiers à court ou à long terme D après Alternatives économiques, n 132, décembre Chapitre 7
153 19 Le partage de la valeur ajoutée a. Les raisons de l évolution du partage de la valeur ajoutée Alors que la part des salaires avait tendance à augmenter dans les années soixante-dix, les profits baissant et les salaires continuant d augmenter à un rythme élevé, la part des profits augmente à son tour dans les années quatre-vingt et quatrevingt-dix, parfois de façon considérable. La France est le pays où ces variations sont les plus marquées [...]. Comment expliquer que plus de 5 % du revenu national ait ainsi été redistribué du capital vers le travail de 1970 à 1982, puis que plus de 10 % du revenu national ait été ensuite redistribué du travail vers le capital de 1983 à 1995? Il se trouve que la première période coïncide très exactement avec la période de forte progression des salaires ouverte par les accords de Grenelle de 1968 et qui s est poursuivie avec les mouvements sociaux et les revalorisations importantes du salaire minimal des années soixantedix, avant de s achever avec le dernier «coup de pouce» important au SMIC de 1981, alors que la seconde période qui commence en 1983 est marquée par les politiques de rigueur salariale, la fin de l indexation des salaires et des prix et les revalorisations minimales du SMIC. [...] Autrement dit, sur une période de vingt-cinq ans, [...] la part des profits diminue quand les luttes sociales permettent d arracher des augmentations de salaires importantes, et elle augmente quand on impose la rigueur aux salariés, sans d ailleurs que cela se traduise par les créations d emplois promises. T. PIKETTY, L Économie des inégalités, La Découverte, coll. «Repères», b. L évolution du partage de la valeur ajoutée en France En % Part de la rémunération des salariés dans la valeur ajoutée Taux de marge D après Insee, Comptes nationaux. Définir 1. Qu est-ce que le taux de marge? 2. Pourquoi la somme de la rémunération des salariés et du taux de marge n est-elle pas égale à 100 %? (Cf. document 18 ci-contre.) 3. Rechercher à quoi correspondent les accords de Grenelle de Présenter l évolution du partage de la valeur ajoutée depuis Comment l auteur explique-t-il les variations dans le partage de la valeur ajoutée? Faire le point documents 17 à Vrai ou faux? a. Les parts des salaires et des profits dans la valeur ajoutée varient nécessairement dans le même sens. b. Le taux de marge représente la part des profits dans la valeur ajoutée. c. La rémunération des salariés comprend les salaires et les cotisations sociales. 2. Montrer que le partage de la valeur ajoutée représente un enjeu important de la répartition des revenus. Faire la synthèse documents 14 à 19 En quoi la valeur ajoutée et son partage sont-ils des indicateurs précieux de l économie d un pays? La production dans l entreprise 153
154 À retenir La production dans l entreprise Quels sont les facteurs de production? A. Le travail et le capital L objectif de l entreprise est de réaliser une production destinée à la vente. Pour cela, elle doit utiliser des facteurs de production. Le travail correspond à une activité rémunérée. Le capital regroupe tous les moyens techniques utilisés. On distingue le capital circulant, qui disparaît au cours du processus de production, et le capital fixe, utilisable pendant plusieurs années. B. La formation du capital : l investissement On distingue les investissements de capacité, qui visent à accroître la capacité productive, les investissements de productivité, qui permettent de réduire les coûts de production, et les investissements de remplacement, destinés à renouveler l appareil productif. L investissement matériel comprend les acquisitions de biens durables destinés à la production (machines, bâtiments ). Les activités de recherche-développement, l acquisition de logiciels ou de brevets sont des investissements immatériels. L investissement de capacité permet d augmenter la production et crée donc des emplois. Les effets directs de l investissement de productivité sur l emploi sont souvent négatifs. Mais il peut contribuer à créer des emplois dans d autres branches d activité. Comment les facteurs de production se combinent-ils? A. La combinaison des facteurs L entreprise combine les facteurs de production. Elle cherche la combinaison productive qui lui assure le maximum de profit. Les facteurs de production peuvent être complémentaires, lorsqu une seule combinaison est possible, ou substituables, lorsque l entreprise peut choisir entre plusieurs combinaisons. B. La productivité des facteurs La productivité est le rapport entre la production réalisée et les facteurs de production mis en œuvre. La productivité du travail peut se mesurer par travailleur, ou par heure de travail, ou encore par travailleur et par heure. Au cours des dernières décennies, la croissance de la production s explique largement par une augmentation de la productivité. Comment mesurer et répartir la richesse produite? A. La valeur ajoutée mesure la richesse créée La valeur ajoutée est la différence entre la valeur de la production et la valeur des dépenses de consommations intermédiaires. La valeur ajoutée permet des rémunérer les facteurs de production. Le produit intérieur brut (PIB) est égal à la somme des valeurs ajoutées des unités productives résidentes. Cela permet d éviter des doubles comptes. 154 Chapitre 7
155 B. Les utilisations de la valeur ajoutée La valeur ajoutée est partagée entre les facteurs de production. Elle sert à payer les salaires, à verser des impôts sur la production et le reste constitue la rémunération de l entreprise, son profit brut. C est à partir du profit brut que l entreprise peut payer les intérêts de ses emprunts, rémunérer ses actionnaires, financer ses investissements ou placer ce qui lui reste. Le partage de la valeur ajoutée peut être conflictuel. L entreprise cherche à obtenir plus de profit pour mieux rémunérer ses actionnaires, parfois au détriment de l emploi. Les salariés souhaitent obtenir des augmentations de salaires, mais cela peut conduire les entreprises à moins investir, provoquant un vieillissement de l appareil productif. Depuis les années 1970, la part des profits dans la valeur ajoutée le taux de marge a fluctué. Elle a d abord nettement diminué jusqu au début des années 1980, avant de remonter puis de se stabiliser au cours des années Schéma de synthèse Le travail correspond à une activité rémunérée Quels sont les facteurs de production? Le travail et le capital Le capital technique regroupe du capital fixe et du capital circulant L investissement peut être de capacité, de productivité ou de remplacement La formation du capital : l investissement Les investissements sont de plus en plus immatériels L investissement crée-t-il des emplois? L entreprise choisit la combinaison productive La production dans l entreprise Comment les facteurs de production se combinent-ils? La combinaison des facteurs La productivité des facteurs Les facteurs peuvent être complémentaires ou substituables La productivité est le rapport entre la production et la quantité de facteurs de production L augmentation de la productivité explique largement la croissance Comment mesurer et répartir la richesse produite? La valeur ajoutée mesure la richesse créée Les utilisations de la valeur ajoutée Valeur ajoutée (VA) = valeur de la production valeur des consommations intermédiaires PIB = somme des VA des unités productives résidentes La VA sert à rémunérer les facteurs de production Le partage salaire / profit peut être source de conflit Notions au programme Facteurs de production (capital et travail) Investissement Productivité du travail Valeur ajoutée La production dans l entreprise 155
156 Évaluer ses acquis 1 les notions de facteurs de production, productivité, valeur ajoutée 1. Identifier le facteur travail Les activités suivantes correspondent-elles à du «travail»? Assister à un cours. Faire un cours. Ranger sa chambre. Faire le ménage chez quelqu un en étant rémunéré. Faire du baby-sitting. 2. Valeur ajoutée, productivité et profit Une entreprise réalise une production de par an. Pour cela, elle doit acheter pour de consommations intermédiaires. Elle emploie 50 personnes qui travaillent tous 35 heures par semaine et disposent de 5 semaines de congés payés. Le salaire moyen annuel est de a) Calculer la valeur ajoutée de l entreprise. b) Déterminer la productivité du travail dans cette entreprise (par travailleur et par heure de travail). On se servira de la valeur ajoutée comme indicateur de la richesse créée. c) Calculer le profit réalisé par l entreprise et le taux de marge. 3. Le choix de la combinaison productive Pour fabriquer mille unités d un produit, une entreprise a le choix entre deux techniques qui combinent différemment capital et travail. Technique 1 : 50 heures de travail et 4 machines. Technique 2 : 60 heures de travail et 3 machines. a) Si le salaire horaire est de 10 et si chaque machine coûte 100 pour fabriquer produits, calculer le coût de fabrication de chaque technique. b) Si le salaire horaire passe à 12, quelle est la solution la plus avantageuse? c) Si le coût d usage d une machine passe à 125, quelle est la solution la plus avantageuse? Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : capital ; capital circulant ; capital fixe ; complémentaires ; facteurs de production ; heures ; technique de production ; travail ; travailleurs ; substituables. Pour produire, une entreprise doit utiliser des... : ce sont le... et le... Si elle peut combiner de façon variable les facteurs de production, on dit qu ils sont... Si une seule... est possible, les facteurs sont... Le... est composé des machines, locaux, tandis que le... regroupe les produits qui sont transformés au cours de la production : énergie, matières premières, produits intermédiaires Le facteur travail est mesuré par le nombre de... ou le nombre d... effectuées. 2 la notion d investissement et aborder ses effets sur l emploi a) Classer les dépenses ci-dessous dans les rubriques «investissement matériel», «investissement immatériel» et «aucun investissement». Acquisition d un ordinateur par une entreprise. Acquisition d un ordinateur par un ménage. Acquisition de logiciels par une entreprise. Acquisition d une nouvelle chaîne de production. Construction d une nouvelle cuisine dans un restaurant. Dépense de publicité d une entreprise industrielle. Achat d un logement par un particulier. Acquisition d actions par un particulier. b) Une entreprise dispose de 10 machines lui permettant de fabriquer produits par jour avec 2 travailleurs par machine et 10 personnes assurant l approvisionnement et la maintenance. Calculer la productivité des machines et celle des travailleurs. L entreprise désire acquérir une machine supplémentaire et trois options sont possibles : 1. Elle achète une machine identique aux précédentes. 2. Elle achète une machine plus performante que les précédentes, qui porte sa production à produits par jour et nécessite également 2 travailleurs et 1 personne pour l approvisionnement. 156 Chapitre 7
157 Évaluer ses acquis 3. Elle achète une machine qui porte sa capacité de production à produits par jour, mais nécessite 2 travailleurs, l un pour le contrôle, l autre pour l approvisionnement. Dans les trois cas, calculer la productivité des machines et des travailleurs. Quel est l effet sur l emploi? Comment évolue la capacité de production? Recopier et compléter le schéma ci-dessous à l aide des termes suivants : augmentation de la demande de biens d équipement ; augmentation de la demande globale ; baisse du prix des produits en aval ; baisse du prix du produit ; effet positif sur l emploi ; hausse de la production de l entreprise ; hausse de la production > hausse de la productivité ; hausse de la productivité > hausse de la production. Hausse de la productivité de l entreprise Effet positif sur l emploi si : Effets sur l entreprise Effet négatif sur l emploi si : Investissements de productivité Effets sur le reste de l économie QCM 1. Les biens intermédiaires utilisés dans la production constituent : a. le capital technique. b. le capital circulant. c. le capital fixe. 2. La productivité du travail est : a. le rapport entre la quantité de travail et la valeur de la production. b. le produit de la valeur de la production et de la quantité de travail. c. le rapport entre la valeur de la production et la quantité de travail. 3. Les investissements qui permettent d accroître l efficacité des travailleurs s appellent : a. investissements de rentabilité. b. investissements de productivité. c. investissements de capacité. 4. Lorsque des facteurs de production sont utilisés en proportion fixe dans la production, ils sont : a. complémentaires. b. indépendants. c. substituables. 5. La valeur ajoutée se définit comme la différence entre la valeur de la production et celle : a. des investissements. b. des consommations intermédiaires. c. des profits. 6. La part de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée équivaut environ à : a. 40 %. b. 60 %. c. 80 %. La production dans l entreprise 157
158 TD 1 Les gains de productivité Manier les mécanismes économiques 1 Croissance et productivité en France de 1870 à 1998 Indices (1870 = 100) PIB Emploi Durée du travail par personne employée Productivité par emploi Productivité horaire Taux de croissance annuel moyen, en % PIB 1,63 1,16 5,04 2,42 1,44 Productivité par emploi 1,43 1,11 4,65 2,09 1,40 Productivité horaire 1,74 1,92 5,03 2,94 1,70 D après A. MADDISON, L Économie mondiale, une perspective millénaire, OCDE, ➊ Que signifient les termes «indices» et «taux de croissance annuel moyen»? ➋ Si l augmentation de la productivité par tête est inférieure à celle de la production, comment évolue l emploi? Est-ce confirmé par les données statistiques? ➌ À quelle condition la croissance de la productivité horaire peut-elle être supérieure à celle de la productivité par emploi? Les données confirment-elles ce constat? 2 Les effets des gains de productivité sur l emploi Augmentation des profits Plus d'investissement Plus de production de biens d'équipement Diminution des prix Plus d'exportations ou moins d'importations Augmentation de la productivité Moins d emplois Plus d emplois Augmentation des salaires réels Plus d'achats des administrations Augmentation des prélèvements obligatoires Plus de prestations sociales Augmentation de la consommation Plus de consommation de services D après J.-M. ALBERTINI, L Économie en 200 schémas, Les éditions de l atelier, ➊ Pourquoi les gains de productivité permettent-ils de faire baisser les prix? ➋ Pourquoi la baisse des prix fait-elle augmenter la consommation et l investissement? ➌ À partir du schéma, rédiger un texte présentant les effets des gains de productivité sur l emploi. 3 Gains de productivité et concurrence internationale Les économies sont de plus en plus ouvertes, les frontières sont de moins en moins protégées et la crise, en restreignant les débouchés, a exacerbé la concurrence internationale. De ce fait, les entreprises se livrent une guerre économique à l échelle mondiale et cherchent constamment à diminuer les prix de leurs produits afin d accroître leur compétitivité. Le progrès technique et la machine sont donc nécessaires pour sauvegarder les entreprises nationales et l emploi. Seuls les gains de productivité permettent d abaisser les coûts de production de manière à résister aux importations et aux risques de délocalisation des entreprises. [ ] C est en acceptant le progrès technique et donc en augmentant considérablement la productivité du travail qu il est possible de résister à la concurrence des pays à faible coût de main-d œuvre. Puisque leur main-d œuvre est très bon marché, celle des pays industrialisés doit être efficace et productive. Dans le cas contraire, les pays développés sont condamnés à diminuer leurs coûts salariaux ou à s enfoncer dans la crise. D. CHAMBLAY, M. MONTOUSSÉ, G. RENOUARD, 50 Fiches pour comprendre les débats économiques contemporains, Bréal, ➊ Comment les gains de productivité permettent-ils de faire baisser les coûts de production? ➋ Comment les gains de productivité permettent-ils de sauvegarder des emplois dans les pays développés? Montrer que les gains de productivité peuvent avoir des effets positifs ou négatifs sur l emploi. 158 Chapitre 7
159 TD 2 Le partage de la valeur ajoutée Manier les mécanismes économiques 1 Le partage de la valeur ajoutée en France en 2006 Production 3 234,1 Consommations intermédiaires 1 634,1 Rémunération des salariés 930,7 Salaires et traitements bruts 683,2 Cotisations sociales à la charge des employeurs 247,5 Impôts sur la production subventions d exploitation 52,5 Excédent brut d exploitation (et revenu mixte brut) 616,8 Insee, Comptes nationaux. 1. L excédent brut d exploitation correspond au «profit» des sociétés. Le revenu mixte rémunère à la fois le travail et le capital de l entrepreneur individuel. ➊ Calculer la valeur ajoutée. ➋ Additionner les lignes «Rémunération des salariés», «Impôts subventions» et «Excédent brut d exploitation». Que constatez-vous? ➌ Pourquoi parle-t-on du partage salaire / profit? ➍ Calculer en pourcentage la répartition de la valeur ajoutée en Partage de la valeur ajoutée, croissance et crise Durant l entre-deux-guerres, les formidables gains de productivité [ ] avaient essentiellement alimenté les profits, créant ainsi un décalage croissant entre capacité de production 1 d une part et écoulement de celle-ci sur le marché des biens d autre part : la demande ne suivait pas l offre en raison d une répartition des revenus trop favorable aux profits [ ], bridant ainsi la demande de consommation et limitant les débouchés des entreprises. En un mot, le partage du gâteau limitait la croissance de celui-ci. Un des piliers sur lequel a reposé la croissance d après-guerre est justement la mise en place d un compromis institutionnel assurant une répartition des gains de productivité favorable au soutien à la fois de la consommation et de l investissement. Le ralentissement soudain des gains de productivité au début des années 70, insuffisamment pris en compte dans les négociations salariales, est à l origine de la «crise» survenant à cette époque. Les profits se trouvent ainsi très vite comprimés entre hausse du prix de l énergie d une part, élévation des coûts salariaux de l autre, plaçant les entreprises dans une situation de détresse financière sans précédent. Il s agit donc d une crise typiquement classique, découlant de la détérioration de la profitabilité des entreprises, qui ne sont alors plus en mesure de poursuivre l accumulation de capital 1 [ ]. La déformation de la répartition primaire des revenus 2 constitue donc à cette époque le principal frein à la croissance économique. N. CANRY, «Le partage de la valeur ajoutée en France», Écoflash, n 192, novembre Les capacités de production désignent le capital disponible pour produire. Il provient d un effort d investissement, d une accumulation de capital. 2. La répartition primaire des revenus désigne le partage de la valeur ajoutée entre les salaires, les profits et les impôts liés à la production (voir doc. 1). ➊ Pourquoi la hausse des profits pendant l entre-deux-guerres a-t-elle été source de ralentissement de la croissance? ➋ Le schéma ci-dessous met en avant les effets d une déformation du partage. En utilisant le texte, compléter le schéma en plaçant des flèches et en indiquant par des «+», des ou des «?» le sens de l effet. ➌ Refaire le schéma en supposant que le partage de la valeur ajoutée se déforme en faveur des profits. Hausse des salaires Baisse des profits Consommation Emploi Investissement Capacité de production Croissance économique ➍ Refaire le schéma en supposant que la valeur ajoutée augmente, la structure du partage restant stable. a. Que peut-on en déduire concernant le mécanisme de la croissance économique? b. Que se passe-t-il si on suppose initialement une baisse de la valeur ajoutée? En quoi le partage de la valeur ajoutée est-il important pour la croissance et l emploi? La production dans l entreprise 159
160 Chapitre 8 L organisation du travail et les relations professionnelles Sommaire Objectifs Connaître les principales organisations du travail. les liens entre organisation du travail et relations sociales au sein des unités de production. Savoir comment s expriment les relations sociales dans les unités de production. 1. Quelles sont les principales organisations du travail? A. Taylorisme et fordisme B. Les limites et les transformations de l OST C. Les conditions de travail dans les unités de production Quelle est la nature des relations sociales dans les unités de production? A. Le contrat de travail B. La représentation des salariés C. Négociation et conflits À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Ligne d assemblage de la Mazda en Chine (2006) Décrivez cette photo en vous intéressant particulièrement aux conditions dans lesquelles travaillent les salariés. 2 Usine Morgan Motor Compagny en Grande- Bretagne (2002) Que pensez-vous des conditions de travail de ces salariés? 160 Chapitre 8
161 3 Chaîne de montage robotisée Les robots améliorent-ils les conditions de travail? 4 Les conditions de travail des salariés vont-elles s améliorer? 5 Part des personnes affectées à des tâches répétitives 1 par rapport à l ensemble des salariés de l entreprise Renault, en France ,2 % 19,3 % 18,3 % 1. Les travailleurs réalisent des opérations simples et successives en étant soumis à un dispositif automatique d avancement des pièces en cours de fabrication ou de montage. D après Renault, Bilan social, L évolution décrite dans ce tableau vous permet-elle de montrer que les conditions de travail s améliorent dans l entreprise Renault? Question documents 1 à 5 De quelle manière l organisation du travail peut-elle influer sur les conditions de travail des salariés? L organisation du travail et les relations professionnelles 161
162 1 Quelles sont les principales organisations du travail? Au sein des unités de production, l organisation du travail correspond à la coordination des différentes tâches des travailleurs pour accroître leur productivité. Le taylorisme et le fordisme en constituent des exemples. Pour commencer Dans une entreprise, mille salariés fabriquent annuellement 1 million de téléphones portables. Chaque salarié est spécialisé dans une tâche bien précise que lui impose la direction. 1. Calculer la productivité du travail dans cette entreprise. La spécialisation des tâches provoque le mécontentement des salariés dont la motivation diminue. 2. Comment la productivité du travail va-t-elle probablement évoluer? Chaque salarié se voit confier un ensemble de tâches et dispose de plus d autonomie. 3. Quels sont les effets espérés de cette modification de l organisation du travail au sein de l entreprise? Il est en outre envisagé de moderniser le parc des machines sur lesquelles travaillent les salariés. 4. Quel est l effet attendu de la mécanisation sur la productivité du travail? 5. Montrer que la mécanisation peut améliorer mais aussi détériorer les conditions de travail des salariés. A. Taylorisme et fordisme 1 Le taylorisme a. Une double division du travail F.W. Taylor ( ), ingénieur dans une aciérie (la Midvale steel), a mis au point, au début des années 1880, un système de gestion destiné à mettre fin à la «flânerie systématique» (fallacy) dans les ateliers. Il préconise alors de procéder à une double division du travail : La division verticale du travail consiste à séparer le travail de conception (réservé au «bureau des méthodes» composé d ingénieurs et de techniciens) et le travail d exécution (effectué par les ouvriers). Ces derniers sont observés et chronométrés, et chaque opération complexe est analysée et décomposée en gestes simples. La division horizontale résulte de la division verticale. C est la parcellisation des tâches : chaque ouvrier se voit confier une tâche simple, élémentaire, répétitive qu il doit exécuter en un minimum de temps et de la manière la plus efficace possible (la «one best way»). Cette organisation scientifique du travail (OST) permet d éliminer les gestes inutiles, de sélectionner les modes de réalisation les plus efficaces et donc de gagner en productivité. R. CHARTOIRE,S.LOISEAU, L Économie, Nathan, coll. «Repères pratiques», b. Le salaire au rendement Il est absolument nécessaire quand on donne aux ouvriers une tâche journalière qui nécessite une allure optimum de travail de leur donner la certitude de recevoir un salaire nécessairement élevé quand ils réussissent. Ceci implique non seulement que l on fixe pour chaque ouvrier sa tâche journalière, mais aussi qu on lui paie une prime importante chaque fois qu il réussit à exécuter le travail dans le temps donné. F.W. TAYLOR, La Direction scientifique des entreprises, Dunod, Définir 1. Qu est-ce que la division horizontale du travail? la division verticale? 2. Quel système de rémunération Taylor préconise-t-il? 3. En quoi l OST est-elle une forme d organisation du travail qui fait croître la productivité du travail? 162 Chapitre 8
163 2 Des ouvrières au travail Ouvrières sous le regard de leur contremaître dans une usine d horlogerie japonaise, vers 1965 Observer 1. Que représente cette photographie? Interpréter 2. Qu est-ce qui, dans le travail des ouvrières, relève du taylorisme? 3 Le fordisme Entre la date de création de la Ford Motor Company en 1909 et 1927, il s écoule quelques 27 millions d exemplaires de la Ford T sur le marché américain. En moins de 20 ans, H. Ford a rendu la voiture accessible à des catégories sociales indépendantes et salariées supérieures alors que l automobile était jusqu alors considérée comme un bien de luxe. [ ] Ford adopte une stratégie «volume» : il vend beaucoup un produit relativement peu cher par rapport au prix des automobiles de l époque et cette baisse de prix est plus que compensée par la hausse des ventes. Mais comment Ford serret-il ses prix? En proposant au consommateur américain un produit standardisé : la fameuse Ford T, fabriquée en grande série et de couleur noire, exclusivement. Cette stratégie commerciale s appuie sur de nouvelles méthodes d organisation du travail. Conseillé par des ingénieurs influencés par Taylor, Ford rationalise les gestes et les outils, divise le travail. [ ] Il emprunte à l agro-alimentaire (conserverie, abattoirs) cette méthode où le produit circule à l aide d un convoyeur et il la généralise à toutes ses usines en Cette innovation supprime beaucoup de temps de déplacement : c est le produit à fabriquer qui se déplace sur la chaîne devant les ouvriers postés. Le temps de manutention des pièces à assembler est réduit au minimum. [ ] Conséquence : la productivité fait un bond. En avril 1914, il ne faut plus que 93 minutes pour monter un châssis de Ford T contre 840 minutes sept mois plus tôt. É. JARDIN, Mutation et organisation du travail, Bréal, coll. «Thèmes et débats», La Ford T 1. Expliquer le passage souligné. 2. Pour quelles raisons la Ford T est-elle considérée comme un produit standardisé? 3. Montrer que le fordisme contribue à accroître la productivité des travailleurs. L organisation du travail et les relations professionnelles 163
164 4 La politique des salaires de Henry Ford L organisation scientifique du travail est, par hypothèse, répétitive, ennuyeuse, «aliénante». Pour la fuir, bon nombre d ouvriers pratiquent l absentéisme, obligeant d un jour à l autre l entreprise à leur trouver des remplaçants Or, l OST rend le tout de la chaîne intimement dépendant de l assentiment des parties, les ouvriers. Ford s en inquiète [ ]. Son coup de génie est l épisode célèbre où il décide de doubler, du jour au lendemain, le salaire ouvrier pour passer au célèbre «five dollars day» : cinq dollars par jour au lieu des 2 ou 3 dollars auparavant. Les problèmes qui gangrenaient le fonctionnement des usines Ford s évanouissent brutalement. Les ouvriers se pressent aux portes des usines. [ ] On peut accroître la productivité d un travailleur en augmentant son salaire alors que l idée habituelle est inverse : ce sont généralement les gains de productivité qui commandent, en amont, les salaires ouvriers. Toute l histoire du fordisme se trouve dans cette inversion des termes : en augmentant les salaires, on accroît la productivité. D. COHEN, Trois leçons sur la société post-industrielle, Le Seuil, coll. «La république des idées», Expliquer le passage souligné. 2. Pourquoi le système de rémunération inventé par Ford a- t-il contribué à accroître la productivité du travail? Divisions horizontale et verticale du travail Chaîne de montage Hausse de la productivité du travail Baisse des coûts Baisse des prix Hausse des ventes Standardisation Salaires relativement élevés Bréal, Faire le point documents 1 à 4 1. Vrai ou faux? a. Taylor introduit le travail à la chaîne dans l organisation du travail. b. Ford accroît les salaires de ses ouvriers pour stimuler leur productivité. c. Ford complète le taylorisme. d. La division verticale du travail consiste à demander à chaque travailleur d effectuer un geste précis. e. Taylor et Ford préconisent que les travailleurs soient polyvalents. 2. Montrer, d une part, que le taylorisme et le fordisme sont des formes d organisation du travail proches, mais que, d autre part, elles diffèrent sur certains points. 164 Chapitre 8
165 B. Les limites et les transformations de l OST 5 Une organisation du travail critiquée Les réponses des entreprises à la croissance continue de la demande se font par l accélération des cadences de production. Or ces «cadences infernales», rarement accompagnées d augmentations de salaires équivalentes, renforcent la pénibilité, la monotonie et l aliénation d activités de production de plus en plus parcellisées et vides de sens. Elles sont également à l origine de l augmentation sensible des accidents du travail et des maladies professionnelles. [ ] Enfin, la critique sociale remet en cause la hiérarchie tayloriste «verticale rigide» du pouvoir dans l entreprise. De fait, les retombées de la croissance en matière de formation, d urbanisation et d information ont transformé les comportements collectifs et renforcé les valeurs de l épanouissement personnel. Le projet tayloriste de borner les actes de travail à des procédures entièrement pensées en amont, réduisant les travailleurs à la condition d exécutants, est de plus en plus désavoué. [ ] Côté consommateur, des insatisfactions se développent également. L efficacité productive de l entreprise fordiste associée à la croissance du pouvoir d achat a favorisé des comportements sociaux de plus en plus tournés vers le consumérisme 1. Une partie croissante de la population adhère à la «société de consommation». Le goût pour la qualité et pour la variété se répand et devient une exigence des consommateurs envers des entreprises qui privilégient plutôt la quantité. Déficience de qualité, allongement des délais de livraison et manque de différenciation des produits se multiplient. Le mécontentement des consommateurs croît. R. SOIN, «Les réalités oubliées de la croissance», Textes et documents pour la classe, n 913, CNDP, 1 er avril Consumérisme : action des consommateurs pour défendre leurs intérêts. 1. Pour quelles raisons, du côté des consommateurs, des insatisfactions se développent-elles? 2. Pourquoi est-il devenu nécessaire de faire évoluer l organisation du travail dans les entreprises? 6 Le toyotisme a. Une autre forme d organisation du travail Chez Toyota, Taiichi Ohno invente le moyen de supprimer [les] stocks en modifiant l organisation de la sous-traitance et de la production, désormais rythmée par les commandes. Afin de supprimer tout gaspillage qui augmente les coûts, il ne faut produire que ce qui est commandé, ne commander que ce qui nécessaire et ne livrer les commandes qu au moment où elles sont utiles. Le Toyotisme répand alors rapidement ses principes de «juste à temps» et de «flux tendus» et ses modes de fonctionnement (par exemple les étiquettes Kanban 1 exprimant les besoins de chaque atelier au fur et à mesure de la production et que l on retrouve aujourd hui encore dans l ensemble des usines automobiles). À partir de 1974, la récession touche tous les pans de l industrie. Dans l automobile, comme ailleurs, le modèle fordien atteint ses limites. À l image des constructeurs japonais, les occidentaux doivent envisager d autres façons de produire, car d autres manières de consommer sont apparues. La priorité aujourd hui est de mieux prendre en compte la demande et les évolutions du marché. La qualité, le respect des coûts et des délais, la flexibilité, nécessaire pour produire des modèles de plus en plus nombreux et diversifiés, deviennent les maîtres mots de l organisation et de la stratégie industrielle de PSA Peugeot-Citroën. Dans cette évolution, les employés deviennent de véritables acteurs et non plus seulement des exécutants. L usine, en changeant d objectifs, change aussi de visage Le Kanban est une méthode de production pour laquelle la demande commande la fabrication, strictement limitée aux quantités requises. Les quantités demandées sont inscrites sur une fiche ou une étiquette. b. Post-taylorisme ou néotaylorisme? Les dysfonctionnements de l OST, dès le début des années 1970, ont nécessité l adoption de nouvelles formes d organisation du travail. Elles sont caractéristiques d un post-taylorisme lorsqu on admet qu elles se fondent sur des principes suffisamment différents de ceux de l OST, même si elles ne mettent pas fin à la division du travail. Elles relèvent plutôt d un néotaylorisme si on considère qu elles s inscrivent dans la continuité des principes du modèle taylorien-fordien. [ ] En réalité, post-taylorisme et néotaylorisme coexistent. Ce qui caractériserait les formes actuelles d organisation du travail ne serait pas leur opposition ou non au taylorisme, mais leur degré variable d adhésion ou d hostilité aux principes tayloriens. D. CHAMBLAY, M. MONTOUSSÉ, G. RENOUARD, 50 Fiches pour comprendre les débats économiques actuels, Bréal, Définir 1. Qu est-ce que le toyotisme? 2. Comment évolue l organisation du travail dans les entreprises d automobiles? 3. Cette organisation du travail est-elle post-tayloriste ou néotayloriste? L organisation du travail et les relations professionnelles 165
166 7 De nouvelles formes d organisation du travail Certaines innovations ont eu lieu en matière d organisation du travail depuis la fin des années soixante-dix : Rotation des postes : il s agit d une technique consistant à interchanger les opérateurs de différents postes de manière à rompre une certaine monotonie ou ne pas laisser les mêmes personnes effectuer les travaux les plus pénibles. Élargissement des tâches : il s agit de regrouper des opérations d exécution jusque-là réparties sur plusieurs postes successifs afin que les opérateurs réalisent des ensembles ou des sous-ensembles complets. Enrichissement des tâches : [ ] les réorganisateurs tentent d augmenter l intérêt de tâches peu motivantes en y rajoutant des tâches jugées nobles par eux, c està-dire susceptibles de présenter un intérêt pour les opérateurs. Ces tâches ne pouvant se trouver dans la fabrication, on va les chercher dans l entretien ou le contrôle, et ce faisant, on restitue à l opérateur un contrôle de sa machine ou de son produit. Équipes semi-autonomes : il s agit d une forme collective d enrichissement. Dans la pratique, on considère qu il y a groupe semi-autonome à partir du moment où un groupe de travailleurs dépourvu de responsable hiérarchique en son sein organise le travail qui lui est fixé et le répartit librement entre ses membres. Cercles de qualité : il s agit d une méthode dans laquelle un groupe d opérateurs volontaires animé par un représentant de la hiérarchie, choisit librement un problème qu il rencontre dans son travail et, en liaison avec l organisation, aidé en cela par un «faciliteur», élabore une solution. A. BEITONE, C. DOLLO, J. GERVASONI, E. LE MASSON, C. RODRIGUEZ, coll. «Aide-mémoire en sciences sociales», Sirey, Expliquer le passage souligné. 2. En quoi chacune des innovations citées dans le document constitue-t-elle une nouvelle forme d organisation du travail par rapport au taylorisme et au fordisme? 8 Les marges de manœuvre dont disposent les salariés par catégories socioprofessionnelles (en %) Années Cadres Professions Employés Employés Ouvriers Ouvriers intermédiaires administratifs de commerce qualifiés non qualifiés de services Recevoir des indications ,0 8,0 19,2 19,2 21,9 39,8 précises sur la manière ,8 7,0 16,2 17,5 17,7 33,9 de procéder ,2 12,0 23,2 20,1 21,1 40,3 Régler en général ,5 63,3 44,3 40,8 42,7 26,7 personnellement ,8 63,6 52,1 49,3 49,5 35,7 les incidents ,5 58,0 45,8 46,9 46,8 30,0 1. Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. 2. Le taylorisme a-t-il disparu? Pourquoi? D après J. BUÉ, T. COUTROT, S. HAMON-CHOLET, L. VINCK, «Conditions de travail : une pause dans l intensification du travail», Premières Informations, premières synthèses, n 01.2, janvier Faire le point documents 5 à 8 1. Vrai ou faux? a. Une des limites du fordisme est atteinte quand les consommateurs se lassent des produits standardisés fabriqués en masse. b. L élargissement des tâches permet aux travailleurs d exercer plusieurs tâches et non plus une seule. c. Une des modalités du toyotisme consiste à produire avant même que la demande s exprime. d. Une équipe semi-autonome est en partie responsable de l organisation de son travail. e. Les nouvelles formes d organisation du travail tendent à laisser les travailleurs prendre plus d initiatives. 2. Les transformations de l organisation du travail qui ont eu lieu depuis les années 1970 font-elles émerger une organisation du travail post-tayloriste s appuyant sur des principes différents de ceux du taylorisme ou du fordisme, ou s agit-il d un néo-taylorisme s inscrivant dans la continuité de l OST? 166 Chapitre 8
167 C. Les conditions de travail dans les unités de production 9 Les effets de la mécanisation sur l organisation du travail Plusieurs facteurs influencent l évolution structurelle des conditions de travail. Sur une longue période, la machine permet d économiser la force physique. Il suffit pour s en convaincre de songer à ce que pouvaient représenter les travaux de terrassement réalisés sans engins mécaniques La mécanisation est assortie d un travail permanent de recherche de gains de productivité dans l organisation du travail. Mais la rationalisation permanente qui l accompagne réintroduit en permanence de la parcellisation et du travail répétitif, notamment dans les services. En même temps, l adaptation à la demande, à la dictature du client et aux contraintes de la concurrence impose à la fois une flexibilité 1 plus grande et de nouvelles exigences en termes de comportement. [ ] L employeur cherche à maximiser sa production en intensifiant le travail, mais il n est pas dans son intérêt de pousser le bouchon trop loin, car cela finit par se répercuter sur la quantité et la qualité du travail produit. L. MAURIN, «Le travail demeure pénible», Alternatives économiques, hors-série, n 71, 1 er trimestre Il s agit ici de la capacité des travailleurs à modifier leurs comportements en fonction de l évolution des conditions de production. 1. Montrer en quoi le passage souligné donne à penser que le taylorisme et le fordisme sont toujours présents et influent sur les conditions de travail. 2. Expliquer la dernière phrase du document. 3. Quels sont les facteurs importants qui influencent l évolution des conditions de travail selon l auteur? 10 Des conditions de travail contraignantes Au cours des deux dernières décennies du XX e siècle, les contraintes de rythme de travail se sont renforcées. De même, les pénibilités physiques ainsi que la charge mentale au travail ont augmenté. Depuis quelques années, il semble néanmoins que l intensité du travail, telle qu elle est perçue par les salariés, se soit stabilisée. C est ce qui ressort de la dernière enquête «Conditions de travail» réalisée en 2005 par la Dares, après celles de 1984, 1991 et [ ] Le travail à la chaîne progresse encore pour les ouvriers : 10 % des ouvriers le pratiquaient en 1998, ils sont 11 % en Même constat pour les contraintes liées à l utilisation des machines : en 2005 plus d un ouvrier sur quatre dit que son rythme de travail est imposé par le déplacement automatique d un produit ou d une pièce ou la cadence automatique d une machine. Ces contraintes industrielles s accroissent surtout pour les ouvriers du magasinage et de la manutention : l automatisation a, sans doute, concerné ces métiers plus tardivement que d autres professions ouvrières dans l industrie. Les ouvriers non qualifiés de type industriel restent les plus touchés par les contraintes liées aux machines ou le travail à la chaîne : plus de 50 % d entre eux sont concernés, soit personnes. [ ] Les possibilités d entraide et de coopération, et plus généralement l ambiance de travail, sont des composantes importantes des conditions de travail. La grande majorité des salariés (73 % en 2005, 71 % en 1998) déclarent pouvoir trouver de l aide auprès de leurs collègues quand ils ont «du mal à faire un travail délicat, compliqué». 58 % des salariés trouvent aussi de l aide auprès de leurs supérieurs hiérarchiques. Seulement 11 % des salariés (14 % en 1998) estiment «ne pas avoir suffisamment la possibilité de coopérer (échange d informations, entraide)» pour effectuer correctement leur travail. D après J. BUÉ, T. COUTROT, S. HAMON-CHOLET, L. VINCK, «Conditions de travail : une pause dans l intensification du travail», Premières Informations, premières synthèses, n 01.2, janvier Quelles sont les trois caractéristiques des conditions de travail qui ressortent de ce texte? 2. Comment l automatisation agit-elle sur les conditions de travail selon les auteurs? L organisation du travail et les relations professionnelles 167
168 11 La part des salariés (en %) ayant des horaires atypiques 1 12 Chaîne de traitement des maquereaux avant mise en boîte 1. Horaires atypiques : travail de nuit (entre 0 et 5 heures du matin), travail le samedi ou le dimanche Nuit Samedi Dimanche Occasionnel Habituel D après J. BUÉ, T. COUTROT, S. HAMON-CHOLET, L. VINCK, «Conditions de travail : une pause dans l intensification du travail», Premières Informations, premières synthèses, n 01.2, janvier Calculer 1. Entre 1991 et 2005, quel est le taux de variation ( Fiche méthode 6, p. 238) de la part des salariés travaillant habituellement le samedi? le dimanche? Quel est celui de la part des salariés travaillant la nuit? 2. Quelle est l évolution des horaires atypiques depuis le début des années 1990? 3. Quelles peuvent être les raisons de l évolution des horaires atypiques et, selon vous, est-elle de nature à améliorer ou à détériorer les conditions de travail des salariés concernés? Observer 1. Qu illustre cette photographie relativement aux conditions de travail des ouvrières? Interpréter 2. Quel peut être l intérêt, pour les employeurs, d engager des dépenses pour améliorer les conditions de travail de leurs salariés? Faire le point documents 9 à Recopier les phrases suivantes en choisissant, parmi les propositions entre parenthèses, le terme qui convient. a. En France, les horaires atypiques concernent une part (croissante / décroissante) des salariés depuis les années b. La mécanisation (peut améliorer / améliore toujours) les conditions de travail. c. La pression de la demande des clients s exerce aujourd hui (plus / moins) fortement sur les salariés. d. En France, le travail à la chaîne (progresse / recule) depuis les années e. En France, les horaires de travail atypiques (se développent / sont moins fréquents) depuis le début des années l évolution des conditions de travail en France depuis les années Faire la synthèse documents 1 à 12 L évolution des formes d organisation du travail améliore-t-elle les conditions de travail? 168 Chapitre 8
169 2 Quelle est la nature des relations sociales dans les unités de production? Le contrat de travail lie les employeurs à leurs salariés. Ceux-ci peuvent par ailleurs recourir à des représentants qui défendent leurs intérêts, en particulier lors de conflits collectifs. Pour commencer M. Lemployé est embauché dans une entreprise d automobiles. Il a signé un contrat de travail qui précise les points suivants : M. Lemployé est embauché pour une durée indéterminée ; il percevra un salaire mensuel de euros ; la durée hebdomadaire du travail sera de 35 heures et les horaires seront fixés par la direction sans dépasser 7 heures par jour. 1. À quoi sert un contrat de travail? La direction, pour répondre à une demande croissante d automobiles, allonge la durée quotidienne de travail à 8 heures. Les salariés mécontents en réfèrent aux représentants élus du personnel et aux délégués des syndicats présents dans l entreprise. Ces derniers transmettent les doléances des salariés à la direction qui refuse de les prendre en compte. Les délégués syndicaux organisent une assemblée générale des salariés. La majorité d entre eux décide de se mettre en grève. 2. Comment est organisée la représentation des salariés dans l entreprise? 3. À quoi sert la grève déclenchée par les salariés? Après deux jours de grève, une négociation entre la direction et les salariés s engage : la direction accepte de maintenir la durée du travail quotidienne à 7 heures mais demande que deux équipes se relaient dans la journée (de 7 à 14 heures et de 14 à 21 heures).les délégués syndicaux réclament alors une prime mensuelle de 200 euros ; la direction souhaite plutôt accorder des jours de congés supplémentaires en période de basse activité. Commence alors une nouvelle et longue négociation. 4. Imaginer les termes de l accord final de la négociation entre direction et syndicats, en prenant comme hypothèse que les négociateurs souhaitent aboutir à un accord, quitte à accepter des concessions mutuelles. A. Le contrat de travail 13 Qu est-ce qu un contrat de travail? Un contrat de travail existe dès lors qu une personne (le salarié) s engage à travailler, moyennant rémunération, pour le compte et sous les ordres et le contrôle d une autre personne (l employeur) [ ]. Un contrat à durée déterminée (ou CDD) est un contrat de travail par lequel un employeur (société, entreprise ) recrute un salarié pour une durée limitée. Un tel contrat n est possible que pour l exécution d une tâche précise et temporaire et seulement dans les cas énumérés par la loi. Ainsi, le recours au CDD concerne : le remplacement d un salarié absent ou provisoirement à temps partiel (congé parental d éducation ) ou encore le remplacement d un salarié n ayant pas encore pris ses fonctions. Il peut également être utilisé en cas d accroissement temporaire de l activité de l entreprise, de travaux saisonniers ou encore d emplois aidés dans le cadre des mesures en faveur de l emploi. Il est établi obligatoirement par écrit et peut être «à terme précis» (le contrat fixe une date de fin et donc une durée) ou à terme imprécis dans certaines circonstances (par exemple, en cas de remplacement pour congé maladie ou maternité d un employé), et doit prévoir dans ce cas une durée minimale [ ]. Le contrat à durée indéterminée (ou CDI) est la forme normale du contrat de travail, passé entre l employeur et le salarié, sans limitation de durée. L. MAURIN, «Le travail demeure pénible», Alternatives économiques, hors-série, n 71, 1 er trimestre Définir 1. Qu est-ce qu un contrat de travail? un CDI? un CDD? 2. Dans les cas suivants, un CDD est-il possible? Embauche d un jeune travailleur en remplacement d un autre travailleur parti en retraite. Remplacement de personnes parties en stages de formation pour une durée de six mois. L organisation du travail et les relations professionnelles 169
170 14 L évolution des statuts d emploi salarié en France (en %) CDI 95,0 92,6 89,1 86,4 CDD et emplois aidés 2,7 5,3 6,9 9,6 Intérim 1 1,0 1,1 2,6 2,5 Apprentis 1,3 1,0 1,4 1,5 Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 D après Insee, enquêtes «Emploi». 1. Intérim : mise à la disposition d entreprises clientes, pour un temps limité, de salariés embauchés et rémunérés par une entreprise de travail intérimaire (ou entreprise de travail temporaire). 1. Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. 2. Quelles tendances sont repérables dans ce tableau par rapport à l évolution respective des contrats de travail à durée déterminée (CDD) et des contrats de travail à durée indéterminée (CDI)? 3. Pourquoi les emplois autres que ceux qui sont régis par des CDI sont-il fréquemment qualifiés de temporaires, voire de précaires, et comment a évolué leur part dans l emploi salarié depuis le début des années 1980? 15 La convention collective et le Code du travail Une convention collective est un accord conclu entre des représentants des employeurs et des représentants des salariés, et portant sur l ensemble des conditions d emploi et de travail ainsi que sur les garanties sociales liées à l emploi. [ ] Cependant, toutes les réglementations salariales n ont pas pour origine une convention collective. La plupart d entre elles ont été votées par le Parlement et sont consignées dans le Code du travail. [C est] un recueil de lois votées par le Parlement et de décrets élaborés par le gouvernement, définissant les droits des salariés, en particulier dans les domaines de l égalité entre les salariés (ex. : interdiction des discriminations), de leur liberté d expression (ex. : les droits des syndicats) et de leur dignité (ex. : interdiction du harcèlement moral ou sexuel). Cette réglementation des relations salariales débouche sur la création d un contrat de travail. M. MONTOUSSÉ (dir.), Dictionnaire de sciences économiques et sociales, Bréal, Expliquer ce qu est une convention collective? 2. Salariés et employeurs sont-ils totalement libres de fixer les termes du contrat de travail qui les lie? Faire le point documents 13 à Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : rémunération ; conventions collectives ; CDI ; CDD ; travailler ; subordination ; Code du travail. Le contrat de travail place le salarié en position de... par rapport à son employeur : il s engage à... sous ses ordres contre une... Le contrat de travail peut être établi pour une durée déterminée (...) ou non (...). Il doit être conforme aux règles des... et du Le contrat de travail protège-t-il le salarié? 170 Chapitre 8
171 B. La représentation des salariés 16 Les représentants des personnels La représentation des personnels dans l entreprise est assurée par 4 institutions : les délégués syndicaux (DS), les délégués du personnel (DP), le comité d entreprise (CE) et le comité d hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).Tandis que les DS sont désignés par les syndicats auxquels ils appartiennent, les autres représentants sont élus par les salariés de l entreprise ou désignés par les élus en ce qui concerne les membres du CHSCT. [ ] Chacune des institutions se voit confier par la loi des missions clairement différenciées : représenter le syndicat auprès de l employeur, formuler des revendications et négocier des accords pour les DS, transmettre les réclamations individuelles ou collectives pour les DP, gérer les œuvres sociales et être obligatoirement informés (s applique aux CE) et consultés (s applique aux CE) sur les questions intéressant l organisation, la gestion et la marche générale de l entreprise pour les CE, s occuper des conditions de travail pour les CHSCT. L implantation des institutions représentatives est inégale et dépend pour l essentiel de deux facteurs eux-mêmes fortement corrélés : la taille de l entreprise et la présence syndicale. Si, d après une enquête de 1999, 56 % des entreprises de plus de 11 salariés ne possèdent aucune institution, c est le cas de 66 % de celles ayant de 11 à 49 salariés alors même que l organisation d élection de DP est obligatoire à partir de 11 salariés. Au contraire, à partir de 50 salariés (seuil qui rend obligatoire l organisation d élections pour la mise en place d un CE et d un CHSCT), seuls 7 % des établissements sont dans ce cas. Dans les entreprises de 50 salariés et plus, ce sont les CE qui sont les plus implantés (dans 88 % des entreprises), suivis par les autres institutions élues, puis par les DS, présents dans 67 % des entreprises de cette catégorie. Quelle que soit la taille des entreprises, la présence de DS entraîne presque toujours la mise en place des autres institutions, CE en particulier. A. JOBERT, dans Travail et emploi en France, La Documentation française, Expliquer le passage souligné. 2. Construire un tableau, avec en lignes les quatre institutions DP, DS, CE, CHSCT, et en colonnes leurs fonctions et leurs modes de désignation. 3. Les salariés peuvent-ils faire valoir leurs intérêts dans les entreprises où ils travaillent? 17 Le taux de syndicalisation de 1949 à En % Sources : de 1949 à 1993 inclus, estimation à partir du nombre de cotisations syndicales (en déduisant les 20 % de cotisations correspondant aux salariés en retraite) ; de 1996 à 2005 inclus, estimation à partir de l Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages de l Insee Champ : salariés (secteurs privé et public). Définir 1. Qu est-ce qu un taux de syndicalisation? Calculer 2. Mesurer, par un taux de variation ( Fiche méthode 6, p. 238), l évolution du taux de syndicalisation en France depuis Résumer en deux ou trois phrases ce que traduit ce graphique. T. AMOSSE, M.-T. PIGNONI, Données sociales, Insee, L organisation du travail et les relations professionnelles 171
172 18 Des taux de syndicalisation différents selon les contrats de travail La faible syndicalisation des ouvriers et des employés, mais aussi des femmes et des jeunes, peut être reliée à la montée du chômage de masse et à la flexibilisation de la main-d œuvre. Les formes d emploi flexibles sont de fait un obstacle à la participation syndicale : seuls 2,4 % des salariés en CDD ou en intérim et 6,1 % des salariés en CDI à temps partiel sont syndiqués, contre 9,4 % pour les salariés en CDI à temps complet. Les écarts sont encore plus importants lorsqu un syndicat est présent sur le lieu de travail, ce qui peut conduire à s interroger sur la capacité des organisations syndicales à représenter ces salariés. En 2004, les formes d emploi flexibles concernent un quart des salariés, le tiers des femmes et des personnes de moins de 30 ans. S ils sont moins souvent syndiqués, ces salariés ne sont pas pour autant exclus de toute représentation syndicale : plus d un quart des salariés en CDD, en intérim ou à temps partiel signalent qu un syndicat est présent sur leur lieu de travail ; près de la moitié font état d une présence syndicale dans l entreprise ou l administration. Au niveau de la branche, ce sont plus de neuf salariés sur dix qui bénéficient de dispositions négociées par les fédérations syndicales. T. AMOSSE, M.-T. PIGNONI, Données sociales, Insee, Définir 1. Rappeler ce qu est un CDD. Qu estce qu un CDI à temps partiel? un CDI à temps complet? 2. Les évolutions du marché du travail évoquées par les auteurs conduisentelles à rompre les liens entre salariés et syndicats? 19 Des syndicats nombreux Le mouvement syndical s est considérablement affaibli, tout en accentuant ses divisions anciennes. [ ] Une des caractéristiques du mouvement syndical français réside dans son pluralisme, plus accusé que dans les autres pays et qui a tendance à se renforcer. Il est courant de distinguer deux traditions : laïque et socialiste, dont sont issues la CGT et la CGT-FO ; de catholicisme social, à laquelle appartiennent la CFTC et la CFDT. De nombreuses organisations catégorielles et autonomes complètent ce paysage : la CFE-CGC, qui représente les cadres, et une pluralité d organisations essentiellement présentes dans le secteur public, comme les fédérations d enseignants (UNSA-Éducation et FSU, le Groupe des 10 et les autres syndicats affiliés à l UNSA). Un autre trait du mouvement syndical tient à la concurrence très vive que se livrent ces multiples organisations, même si des alliances souvent ponctuelles peuvent se nouer entre certaines d entre elles [ ]. Enfin, la présomption de représentativité dont bénéficient cinq confédérations, CGT, CFDT, CGT-FO, CFTC et CFE-CGC (limitée à la catégorie des cadres pour cette dernière) constitue une troisième caractéristique du mouvement syndical français. A. JOBERT, in Travail et emploi en France, Études de la Documentation française, CGT : Confédération générale du travail ; CGT-FO : CGT-Force ouvrière ; CFTC : Confédération française des travailleurs chrétiens ; CFDT : Confédération française démocratique du travail ; CFE-CGC : Confédération française de l encadrement- Confédération générale des cadres ; UNSA : Union nationale des syndicats autonomes ; FSU : Fédération syndicale unitaire. 1. Qu est-ce que la «présomption de représentativité»? 2. Quelles sont les trois caractéristiques du mouvement syndical français? 3. Pourquoi le pluralisme syndical peutil être cause de l affaiblissement des syndicats? Faire le point documents 16 à Vrai ou faux? a. Le taux de syndicalisation tend à baisser en France depuis b. Les travailleurs en CDI à temps complet sont plus fréquemment syndiqués que les autres salariés. c. Le syndicalisme français est éclaté en un nombre important de syndicats. d. Les délégués syndicaux sont élus par le personnel de l entreprise. e. Les représentants du personnel sont plus implantés dans les grandes entreprises que dans les petites. 2. Comment est organisée la représentation des salariés dans les entreprises? 172 Chapitre 8
173 C. Conflits et négociations 20 La grève comme moyen d action Qu est-ce qu une grève? La grève est un arrêt complet du travail des salariés. En revanche, travailler au ralenti ou dans des conditions volontairement défectueuses, sans interruption véritable d activité («grève perlée») ne constitue pas une grève véritable et ce peut être considéré comme une faute susceptible d entraîner des sanctions disciplinaires. Des revendications professionnelles La grève a pour objectif de défendre des revendications professionnelles portant, par exemple, sur la rémunération (augmentation de salaire, rétablissement d une prime ), les conditions de travail (conditions de chauffage des locaux, moyens de transport), l horaire ou la durée du travail, la situation de l emploi (licenciements économiques ), la stratégie de l entreprise (nouvelle politique commerciale ). La protestation contre des décisions purement politiques (actes du gouvernement, de l administration) n est pas un motif légitime de grève. [ ] Un mouvement collectif La grève doit être suivie par au moins deux salariés. La cessation du travail peut être limitée à une fraction du personnel (un atelier, une catégorie de personnel ) même minoritaire. Mais l arrêt de travail d un seul salarié n est pas une grève, sauf si son action répond à un mot d ordre national ou s il est le seul salarié de l entreprise. Quelles sont les conséquences sur le salaire? Le salarié gréviste subit une diminution de sa rémunération exactement proportionnelle à la durée de la grève. [ ] Un accord (ou «protocole») de fin de grève peut prévoir le paiement de tout ou partie du salaire des grévistes. (ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité). Définir 1. Qu est-ce qu une grève? Qu est-ce qu une «grève perlée»? 2. Les grévistes touchent-ils leur salaire? 3. Pourquoi faire grève? 21 Les conflits collectifs Évolution des formes de conflits collectifs (en % d établissements) 10 8 Conflits avec arrêt de travail 8,8 7,5 7,5 10,0 Entre 1996 et 1998 Entre 2002 et 2004 Conflits sans arrêt de travail 9,6 6,7 8,5 10,6 6 4, ,0 2,5 1,0 1,2 0,9 1,5 3,2 0 Grève de deux jours et plus Grève de moins de deux jours Débrayage 1 Grève perlée Grève du zèle 2 Refus d heures supplémentaires Manifestation Pétition Champ : établissements de vingt salariés et plus. A. CARLIER, É. TENRET, «Des conflits du travail plus nombreux et plus diversifiés», Premières Informations, premières synthèses, n 08.1, février Un débrayage est un arrêté de travail de très courte durée. 2. La grève du zèle consiste à ralentir le rythme de production, sans faire grève, mais en respectant scrupuleusement toutes les consignes qui s appliquent au travail, sans aucun commentaire. 1. La grève est-elle la seule modalité d action des salariés en cas de conflit collectif? 2. Caractériser l évolution de la conflictualité dans les établissements de vingt salariés et plus entre et L organisation du travail et les relations professionnelles 173
174 22 Les thèmes des conflits collectifs Évolution des thèmes des conflits collectifs (en % d établissements) 15 14, ,7 Entre 1996 et 1998 Entre 2002 et ,5 1. Comment a évolué la part des établissements de vingt salariés et plus qui ont connu des conflits collectifs ayant pour motif les salaires, entre et ? 6 3 4,3 3,4 6,5 6,1 5,5 4,0 4,3 1,8 3,1 1,9 2,8 2. Comment évoluent les thèmes des conflits collectifs dans les établissements de vingt salariés et plus entre et ? Champ : établissements de vingt salariés et plus. 0 Salaires Temps de travail Climat des relations de travail Emploi Conditions de travail Qualifications Changements Droit technologiques syndical et organisationnels 0,3 0,7 0,1 0,3 Formation professionnelle A. CARLIER, É. TENRET, «Des conflits du travail plus nombreux et plus diversifiés», Premières Informations, premières synthèses, n 08.1, février Les moyens d expression des salariés Négociations patronat-syndicats sur la modernisation du marché du travail au siège du MEDEF (2007). Protestation des employés contre la surcharge de travail et les heures supplémentaires imposées (2007). Manifestation des salariés de l entreprise Reynolds de Valence, en lutte contre la fermeture de leur site (2006). Observer 1. D après ces photographies, quels sont les moyens que les salariés utilisent pour faire aboutir leurs revendications? Interpréter 2. Les relations entre employeurs et salariés sont-elles nécessairement conflictuelles? 174 Chapitre 8
175 24 La fin d un conflit du travail Au terme de six semaines de conflit, le travail devait reprendre, mercredi 11 avril, à l usine PSA Peugeot- Citroën d Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Celle-ci compte salariés en contrat à durée indéterminée, dont ouvriers de fabrication. Mardi, 200 grévistes sur 400 réunis en assemblée générale ont mis fin, à l unanimité, à un mouvement qui avait débuté le 28 février et demandé aux syndicats de signer le protocole d accord de fin du conflit. Celui-ci prévoit une baisse de 50 % du prix des transports privés par cars acheminant les salariés sur le site, ainsi que la possibilité d obtenir à la cantine un plateau équilibré pour deux euros. Le nombre de samedis travaillés dans l année est désormais limité à onze. Les salariés grévistes ou non vont aussi percevoir une prime exceptionnelle de «cohésion sociale» de 125 euros ainsi que le paiement de deux jours de grève et le maintien de deux jours et demi de congés payés. [ ] En revanche, la direction n a pas cédé sur les principales revendications : une augmentation de 300 euros nets mensuelle, un salaire à l embauche de euros nets par mois, la préretraite à 55 ans N. BRAFMAN, Le Monde, 12/04/ Qu est-ce qu un protocole d accord de fin de conflit? 2. À partir de l exemple de conflit collectif à l usine PSA d Aulnay, analyser comment s organise la négociation destinée à résoudre le conflit. 25 La négociation collective La négociation collective a une double fonction. D un côté, elle permet de déterminer les salaires et les conditions de travail qui prévalent pour un groupe donné de travailleurs couverts par une convention signée dans le cadre de négociations libres et volontaires entre les deux parties indépendantes concernées. De l autre, elle offre aux employeurs et aux travailleurs la possibilité de définir, suite à un accord, les règles régissant les relations qu ils entretiennent [ ]. La négociation collective a lieu entre un employeur, un groupe d employeurs ou une ou plusieurs organisations d employeurs d une part et une ou plusieurs organisations de travailleurs d autre part. Elle intervient à différents niveaux qui sont complémentaires, à savoir au sein d une unité de production d une entreprise, au niveau de l entreprise dans son ensemble, ou encore aux plans sectoriel, régional ou national. La négociation collective [ ] garantit aux travailleurs des conditions de travail et des salaires adéquats en leur offrant la possibilité de faire entendre leur voix collectivement. Elle leur permet également d influer sur les décisions concernant le personnel et de garantir une répartition équitable des avantages induits par le progrès technologique et l accroissement de la productivité. Pour ce qui est des employeurs, la négociation collective permet d établir des relations professionnelles durables en maintenant un climat professionnel calme [ ]. OIT (Organisation internationale du travail), Définir 1. Qu est-ce qu une négociation collective? 2. La négociation collective intervient-elle seulement au niveau des entreprises? 3. Montrer que la négociation collective peut prévenir ou résoudre les conflits collectifs. Faire le point documents 20 à Vrai ou faux? a. Au sein d une entreprise, pour qu une grève soit légale, il faut que la majorité des salariés y participent. b. En principe, les jours de grève ne sont pas payés aux grévistes. c. Un conflit collectif se traduit toujours par un arrêt de travail des salariés concernés. d. La négociation collective n intervient qu au niveau de l entreprise. 2. Le conflit s oppose-t-il à la négociation? Faire la synthèse documents 13 à 25 Comment caractériser les relations professionnelles dans les entreprises en France? L organisation du travail et les relations professionnelles 175
176 À retenir L organisation du travail et les relations professionnelles 1 2 Quelles sont les principales organisations du travail? A. Taylorisme et fordisme F.W. Taylor ( ) met au point une organisation scientifique du travail (OST) qui repose sur une division verticale du travail (hiérarchisation), une division horizontale du travail (parcellisation des tâches) et le salaire au rendement. H. Ford ( ) prolonge le taylorisme par l introduction de la chaîne de montage, la standardisation des pièces et des produits et une politique de salaires relativement élevés. B. Les limites et les transformations de l OST L efficacité du taylorisme et du fordisme s est réduite du fait de plusieurs dysfonctionnements : absentéisme, dégradation des conditions de travail qui alimente les conflits sociaux, rejet de la hiérarchie autoritaire, insatisfaction des consommateurs qui remettent en cause la standardisation des produits Pour pallier ces dysfonctionnements, de nouvelles formes d organisation du travail sont mises en œuvre : elles visent à motiver davantage les travailleurs exécutants (enrichissement et élargissement des tâches ) et à mieux satisfaire la clientèle. Le toyotisme illustre ces évolutions. Les nouvelles formes d organisation du travail peuvent apparaître comme un dépassement du taylorisme (post-taylorisme), mais le poids des contraintes qui pèsent sur les salariés peut aussi laisser penser qu il s agit d un prolongement contemporain du taylorisme (néotaylorisme). C. Les conditions de travail dans les unités de production L évolution des conditions de travail reflète celle de l organisation du travail dont le but est de maximiser les gains de productivité, en particulier par la mécanisation, et de répondre à la demande des consommateurs dont les salariés ressentent plus fortement les exigences. Les salariés, en particulier les ouvriers non qualifiés, subissent de fortes contraintes liées à l intensification du travail, à sa pénibilité, à l essor des horaires atypiques Mais les conditions de travail peuvent aussi être améliorées, notamment par l entraide et la coopération entre salariés, la compréhension de la hiérarchie, l aménagement des postes de travail et l allégement de certaines contraintes physiques grâce à la mécanisation. Quelle est la nature des relations sociales dans les unités de production? A. Le contrat de travail Les relations professionnelles entre employeurs et salariés sont juridiquement définies par un contrat de travail établi pour une durée déterminée (CDD et autres contrats temporaires) ou non (CDI). Le contrat de travail doit respecter les règles des conventions collectives établies entre les représentants des salariés et ceux des employeurs, mais aussi celles du Code du travail. B. La représentation des salariés Les salariés peuvent recourir à des représentants pour défendre leurs intérêts (délégués syndicaux, délégués du personnel ). La représentation des salariés est davantage marquée dans les grandes entreprises. 176 Chapitre 8
177 À retenir Les syndicats de salariés sont des associations dont l objet est de défendre les droits et les intérêts de leurs membres et, au-delà, de tous les salariés qu ils représentent. Mais depuis une cinquantaine d années, la désyndicalisation affaiblit les syndicats, notamment du fait de leurs divisions. C. Conflits et négociations Au sein des unités de production, des désaccords entre salariés et employeurs peuvent conduire à des conflits collectifs dont les motifs sont divers (niveau des salaires, conditions de travail ). Les conflits collectifs peuvent se traduire par des grèves. D autres modalités d action permettent aux salariés d exprimer leurs revendications : refus des heures supplémentaires, pétitions, manifestations. Les conflits collectifs peuvent être anticipés et évités par l organisation de négociations collectives entre salariés et employeurs (ou leurs représentants). Les négociations collectives sont également destinées à trouver un règlement aux conflits qui ont éclaté. Schéma de synthèse Taylorisme et fordisme Pour accroître la productivité du travail, Taylor promeut l OST (divisions verticale et horizontale du travail et salaire au rendement) Le fordisme renforce la logique tayloriste par la standardisation, l introduction de la chaîne de montage et l élévation des salaires Quelles sont les principales organisations du travail? Les limites et les transformations de l OST Le taylorisme et le fordisme se heurtent à de nombreuses limites (exigence des consommateurs, conflits sociaux, absentéisme ) De nouvelles formes d organisation du travail sont mises en œuvre, dont le toyotisme Les nouvelles formes d organisation du travail fondent un post-taylorisme, mais prolongent aussi le taylorisme Les conditions de travail dans les unités de production Les conditions de travail dépendent de l organisation du travail Les conditions de travail restent difficiles pour les salariés qui subissent d importantes contraintes Mais les conditions de travail peuvent aussi être améliorées Le contrat de travail Le contrat de travail lie l employeur et le salarié pour une durée déterminée ou non Le contrat de travail doit respecter les règles des conventions collectives et celles du Code du travail Quelle est la nature des relations sociales dans les unités de production? La représentation des salariés Les salariés peuvent recourir à des représentants pour défendre leurs intérêts Les syndicats défendent les intérêts des salariés, mais la syndicalisation recule Conflits et négociations Au sein des unités de production, des conflits collectifs peuvent éclater Les conflits peuvent se traduire par des grèves ou d autres types d action Avant ou après les conflits, des négociations ont lieu entre salariés et employeurs Notions au programme Relations sociales Contrat de travail Organisation du travail Représentation des salariés L organisation du travail et les relations professionnelles 177
178 Évaluer ses acquis 1 Connaître les principales organisations du travail a) Recopier et compléter le tableau ci-dessous avec les phrases suivantes : les travailleurs exécutants ne sont pas polyvalents ; les ouvriers sont surveillés par des contremaîtres ; les travailleurs exécutent des tâches répétitives ; toute activité est décomposée en gestes simples pour qu ils soient exécutés en un minimum de temps ; le bureau des méthodes définit les tâches des exécutants ; les ouvriers exécutent ce qui leur est commandé par les échelons supérieurs ; chaque travailleur exécute un geste particulier, simple ; le travail d exécution est séparé du travail de conception ; les exécutants n ont pas à exprimer leur avis sur les tâches qui leur sont assignées même s il s agit d en améliorer l efficacité. Division horizontale du travail Taylorisme Division verticale du travail b) Recopier et compléter le schéma ci-dessous à l aide des termes suivants : productivité du travail ; baisse ; hausse ; parcellisation des tâches ; salaires. Hausse des PRODUCTION DE MASSE DE LA DEMANDE Chaîne de montage Organisation du travail fordiste Hausse de la Baisse des prix Standardisation des produits des coûts unitaires 2 les liens entre organisation du travail et conditions de travail a) Depuis une vingtaine d années, de nombreuses entreprises tendent à flexibiliser davantage l organisation du travail : recours aux contrats de travail précaires à durée déterminée, variation des horaires de travail pour s adapter à la demande des clients, intensification des cadences de travail et primes au rendement Rédiger un texte de quelques lignes montrant de quelle manière l évolution de l organisation du travail décrite ci-dessus influe sur les conditions de travail des salariés. b) Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : motivation ; hiérarchie ; effort nerveux ; responsabilités ; initiative ; réactivité ; force physique. La pénibilité du travail change de nature mais subsiste du fait des transformations de l organisation du travail. Alors qu autrefois était surtout sollicitée la... des travailleurs exécutant les consignes que leur imposaient leur..., il leur est aujourd hui demandé de faire preuve d... et de... face à des situations imprévues. Il en résulte pour les travailleurs un plus grand... qui peut nuire à leur santé. Mais en assumant des... nouvelles, ils peuvent aussi ressentir une plus grande satisfaction, une plus grande Chapitre 8
179 Évaluer ses acquis 3 Savoir comment s expriment les relations sociales dans les unités de production a) Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : grèves ; négociations collectives (2 fois) ; personnel ; salaires ; conflits collectifs (2 fois) ; conventions collectives ; conditions de travail. Au sein des unités de production, des... peuvent éclater entre salariés et employeurs. Ils peuvent par exemple porter sur le niveau et l évolution des... ou sur les... et se traduire par des..., des manifestations, des assemblées générales. Pour mettre un terme aux conflits, les représentants des salariés (délégués du..., délégués syndicaux ) et ceux des employeurs vont négocier pour tenter de trouver un accord. Des négociations peuvent aussi être organisées pour éviter des conflits à venir. Les... entre syndicats de salariés et syndicats patronaux peuvent aussi intervenir au niveau des branches ou au niveau interprofessionnel. Elles ont pour but de modifier ou d élaborer des... qui définissent les conditions de travail et de rémunération au niveau de l entreprise, de la branche ou de l interprofessionnel. Des... peuvent être également mises en œuvre lorsque les... prennent une ampleur dépassant le cadre local. b) À partir du texte précédent, indiquer si les affirmations suivantes sont vraies ou fausses. Les conflits collectifs se traduisent nécessairement par des grèves. Les seuls représentants des salariés dans les entreprises sont les délégués syndicaux. Il n y a de négociations collectives qu après le déclenchement d un conflit collectif. Les conventions collectives sont négociées entre syndicats de salariés et syndicats d employeurs. Les conventions collectives peuvent s appliquer à l ensemble des entreprises d une même branche d activité. QCM 1. L organisation du travail conçue par Taylor prévoit notamment : a. le travail à la chaîne. b. la standardisation des pièces et des produits. c. une stricte séparation entre travail d exécution et travail de conception. 2. Le fordisme : a. est synonyme de taylorisme. b. approfondit le taylorisme. c. est une organisation du travail radicalement différente du taylorisme. 3. Le post-taylorisme : a. constitue un dépassement du taylorisme. b. caractérise l organisation du travail précédant le taylorisme. c. est synonyme de fordisme. 4. La rotation des postes, l élargissement et l enrichissement des tâches : a. sont préconisés par Taylor et Ford. b. sont de nouvelles formes d organisation du travail par rapport au taylorisme et au fordisme. c. sont des formes d organisation du travail qui prévoient la spécialisation des travailleurs dans l exécution de tâches précises. 5. Le contenu d un contrat de travail est fixé : a. librement et seulement par l employeur. b. librement et seulement par le salarié et son employeur. c. en respectant des règles définies par les représentants des salariés et des employeurs et par la loi. 6. En France, depuis le début des années 1980, la syndicalisation : a. recule. b. progresse. c. est stable. L organisation du travail et les relations professionnelles 179
180 TD Conditions de travail et relations sociales au sein des unités de production Utiliser la presse 1 Lire un article de presse SOCIAL. LES SYNDICATS DÉNONCENT UN CHANTAGE À LA FERMETURE DES USINES Chez Goodyear-Dunlop, à Amiens, le projet de réorganisation du travail ne passe pas AMIENS ENVOYÉ SPÉCIAL Prévu pour vendredi 14 et samedi 15 septembre, le référendum portant sur une réorganisation du travail chez Goodyear- Dunlop, à Amiens, n a pu se tenir. Dès minuit, jeudi 13 septembre, les syndicats CGT (majoritaire) et SUD ont installé un piquet de grève aux portes de Goodyear puis de Dunlop, juste en face. Actuellement, la production est organisée en trois équipes de 35 heures qui se relaient durant la semaine (matin, après-midi et nuit). Le travail du week-end est assuré par deux équipes de 28 heures et qui bénéficient d une prime de 10 %. Depuis le mois d avril, la direction du groupe souhaite un passage à quatre équipes par semaine (au lieu de cinq) sur un rythme de 35 heures. C est ce système dit des «4 x 8» (avec perte de la majoration des 10 % pour les week-ends) que refusent les syndicats. Rester compétitif «Un tel système conduit indéniablement à un changement de vie important pour tout le monde», convient Catherine Dumoutier, responsable de la communication au siège du groupe, à Rueil- Malmaison, et porte-parole de la direction. «Mais, poursuit-elle, il s agit de la survie du site amiénois. Toutes les solutions ont été étudiées. La seule possible, pour demeurer compétitifs, est ce passage aux 4 x 8.» Le projet prévoit deux aspects indissociables : pour créer un complexe moderne et compétitif, il faut investir 52 millions d euros. Pour cela, insiste la direction, «la réorganisation du travail est indispensable». Prévu sur trois ans, il porte aussi sur la suppression de 450 postes par le biais de départs en retraite et préretraite non remplacés. Enfin, les syndicats regrettent que la seule compensation offerte, pour travailler trois week-ends sur cinq, se limite à une augmentation salariale de euros bruts par an, soit 65 euros mensuels. Construites en 1958 et 1960, les deux usines désormais réunies sous une même direction et un même groupe, Goodyear Dunlop Tires France, sont le premier employeur de Picardie, avec salariés. Mais elles ne sont plus compétitives. Les coûts de production d Amiens sont supérieurs de 25 % à ceux des usines allemandes (le groupe possède 60 sites dans le monde). D autre part, leur production de pneus de 13 à 15 pouces n est plus adaptée au marché. L investissement de 52 millions d euros est indispensable pour fabriquer des pneus de 15 à 18 pouces. Pour Mickaël Wamen, secrétaire de la CGT-Goodyear, le plan de la direction s apparente à un chantage à la fermeture. Il dénonce une «formulation malhonnête du référendum». La question posée aux salariés était la suivante : «Pour donner un avenir au complexe d Amiens, acceptez-vous oui ou non ce projet qui devra être finalisé par un accord avec les représentants du personnel?» Pour lui, il «fallait clairement poser la question de la réorganisation». Les autres syndicats (CFDT, CFTC et SUD, notamment) partagent cet avis. Une première grève de trois jours avait été observée avant les congés d été, en juillet. «La direction s arcboute sur les 4 x 8 et n écoute pas nos propositions», ajoute Franck Buile, délégué de SUD. «Nous sommes prêts à travailler sur un nouveau projet, dit-il. Nous proposons par exemple de passer à un rythme de 324 à 344 jours de travail par an.» PHILIPPE ALLIENNE Le Monde, 16 septembre ➊ Après avoir lu l article, répondre brièvement aux questions relatives à la lecture d un article de presse : Qui? (Qui est concerné?) Quoi? (De quoi est-il question?) Où? (Où se déroulent les événements?) Quand? (À quel moment?) Comment? (De quelle manière se déroulent les événements relatés?) Pourquoi? ➋ Cet article présente-t-il un ensemble de faits ou une analyse développée par le journaliste lui-même? ➌ À l aide de cet article et de vos connaissances, rédiger une synthèse d une quinzaine de lignes montrant que l évolution de l organisation du travail a des incidences sur les conditions de travail des salariés. 180 Chapitre 8
181 Travaux dirigés 2 Comparer deux «unes» (28 septembre 2007) ➊ Observer la une du Monde et celle de L Humanité. Comment chaque journal présente-t-il l accusation portée contre l usine Renault de Cléon? (Décrire plus précisément la surface occupée et l emplacement sur la page, la présence ou non d une photo, la proximité avec d autres titres, la grosseur des caractères utilisés, le choix de titres ou intertitres, l utilisation de la couleur.) ➋ Quel est le message essentiel, concernant l accusation portée contre l usine Renault de Cléon, que la rédaction de chaque journal souhaite mettre en avant à la une de sa publication? ➌ Pourquoi le nombre d accidents du travail dans une entreprise et son évolution sont-ils des indicateurs de la qualité des conditions de travail? Le suicide dont il est question en bas de la page est celui d un salarié travaillant dans un centre de recherche de Renault. 3 Comparer trois articles portant sur le même sujet Le 11 avril 2007, à l usine PSA d Aulnay-sous-bois (Seine-Saint-Denis), s achève une grève entamée le 28 février 2007 : quels en sont les résultats pour les salariés? Premier article De l amertume, beaucoup. De la fierté, quand même. Les «400» PSA, grévistes du site d Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ont décidé hier de suspendre le mouvement entamé le 28 février. «On a glané cinq jours de grève payés, aucune sanction, 50 % de prime transport et un salaire aux intérimaires le 1 er du mois au lieu du 15», souffle Jean-Pierre Mercier, de la CGT. Des broutilles? «Mouais, mais on a construit un truc unique, six semaines de grève dans une boîte privée pour des salaires, c est du jamais vu depuis près de vingt ans.» [ ] CH. LOSSON, Libération, 11 avril Deuxième article Au terme de six semaines de conflit, le travail devait reprendre, mercredi 11 avril, à l usine PSA Peugeot-Citroën d Aulnay-sous- Bois (Seine-Saint-Denis). [ ] Mardi, 200 grévistes sur 400 réunis en assemblée générale ont mis fin, à l unanimité, à un mouvement qui avait débuté le 28 février et demandé aux syndicats de signer le protocole d accord de fin du conflit. Celui-ci prévoit une baisse de 50 % du prix des transports privés par cars acheminant les salariés sur le site, ainsi que la possibilité d obtenir à la cantine un plateau équilibré pour deux euros. Le nombre de samedis travaillés dans l année est désormais limité à onze. Les salariés grévistes ou non vont aussi percevoir une prime exceptionnelle de «cohésion sociale» de 125 euros ainsi que le paiement de deux jours de grève et le maintien de deux jours et demi de congés payés. Enfin, les intérimaires seront désormais payés le 1 er du mois et non le 12 comme c était le cas auparavant. [ ] Philippe Julien, délégué CGT du site d Aulnay, ne veut pas parler d échec. Au contraire. «D accord, c est pas grand-chose ce que nous avons obtenu, reconnaît-il. [ ] Mais nous avons gagné la capacité de nous battre contre un groupe qui ne nous respectait plus depuis des années. [ ]». N. BRAFMAN, Le Monde, 12 avril Troisième article Les grévistes de l usine PSA d Aulnay devraient reprendre le travail aujourd hui, après avoir déserté les chaînes de montage pendant 28 jours. Ils n ont certes pas obtenu l augmentation de salaire de 300 euros net par mois, mais quelques avantages, comme la prise en charge de la moitié des frais de transport pour les salariés qui empruntent des cars affrétés par l entreprise ou un «plat équilibré» à 2 euros à la cantine et le paiement de 4,5 jours de grève. [ ] Le Figaro, 11 avril ➊ Comparer ces trois extraits d articles : les résultats de la grève cités dans ces articles sont-ils les mêmes? Sont-ils présentés comme une victoire des salariés? ➋ La grève est-elle l unique moyen dont disposent les salariés pour tenter de faire aboutir leurs revendications? Comment les conditions de travail influent-elles sur les relations sociales au sein des unités de production? L organisation du travail et les relations professionnelles 181
182 Chapitre 9 Les ressources : revenus et crédit Objectifs Sommaire d où proviennent les revenus. Savoir ce qu est le revenu disponible. que le crédit est une ressource mais que l endettement comporte des risques. 1. Quelle est l origine des revenus primaires? A. Les différents revenus primaires B. Les inégalités de revenus Quelles sont les autres ressources des ménages? A. Les revenus de transfert B. Crédit et endettement À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Un commerçant et son employé Quel type de revenu perçoit chacun des personnages présents sur cette photographie? 182 Chapitre 9
183 Les revenus 2 de la propriété Pourquoi le personnage allongé dans le hamac bénéficie-t-il d un revenu? 3 L entreprise et les revenus Qu est-ce qui est à l origine de ces différents revenus? 4 La redistribution des revenus par la Sécurité sociale Qui bénéficie des prestations versées par la Sécurité sociale? Nombre de bénéficiaires de pensions de retraites et d allocation familiale en France (En milliers) Nombre de retraités Nombre de familles bénéficiaires des allocations familiales D après Insee. Question documents 1 à 4 Quels sont les différents revenus des ménages? Les ressources : revenus et crédit 183
184 1 Quelle est l origine des revenus primaires des ménages? Le salaire est le premier des revenus des ménages. Mais il n est pas le seul. Les ménages qui possèdent des actions reçoivent des dividendes, ceux qui dirigent leur entreprise perçoivent un bénéfice. Quelle est l origine de ces revenus? Pour commencer La famille X est composée de deux adultes. M. X est cadre dans une entreprise. Il gagne euros par mois. M me X travaille dans un magasin dont elle est la propriétaire. Elle gagne euros par mois. Ils ont des actions qui leur rapportent 50 euros par mois. La famille Y est composée de deux adultes et de deux enfants. M. Y est technicien dans une entreprise. Il gagne euros par mois. Sa femme ne travaille pas. 1. Pourquoi Monsieur X et Monsieur Y ont-ils un salaire? 2. Pourquoi les actions procurent-elles un revenu? 3. Quel est le revenu obtenu en contrepartie à la fois d un travail et d un capital placé? 4. Quelle est l origine de l inégalité de revenu entre la famille X et la famille Y? A. Les différents revenus primaires 1 Les revenus primaires : la contrepartie d une activité productrice a. Le partage de la richesse Voilà [ ] le gâteau du produit intérieur brut qui est bon pour le partage. Il nous faut le découper en tranches : c est le but de la répartition des revenus. La plus grosse part, ce sont les revenus versés à ceux qui ont participé à la production à un titre ou à un autre : ceux qui ont fourni leur force de travail, bien sûr. Mais aussi ceux qui ont apporté à l entreprise argent, moyens de production, brevets. On parle souvent de revenus de facteurs : leur caractéristique commune est qu ils sont obtenus en échange de quelque chose : le salaire est obtenu en échange d une force de travail ; l intérêt en échange d un prêt en argent ; le loyer en échange d un bâtiment ou d un logement. Pardelà les multiples formes juridiques de revenus de facteurs, on voit clairement apparaître deux grandes espèces de revenus : les uns rémunèrent un apport de travail (salaire, honoraire ) : ce sont les revenus du travail. Les autres rémunèrent un apport de patrimoine (argent, brevet ). Ce sont les revenus du capital. Certains revenus sont mixtes : ainsi l exploitant agricole fournit à la fois le travail et le capital. De même, l artisan est propriétaire de ses outils, de son fonds de commerce et il fournit sa force de travail pour faire fonctionner son entreprise. D. CLERC, Déchiffrer l économie, Syros, b. La constitution du revenu primaire Revenus de l activité salariée (salaires) Revenus d activité Revenus de l activité non salariée ou revenus mixtes Revenus primaires Revenus de la propriété (dividendes, intérêts, loyers) Bréal, Définir 1. Quelle est la caractéristique commune aux revenus primaires? 2. Comment calcule-t-on le revenu primaire? 3. Pourquoi les revenus de l activité non salariée sont-ils qualifiés de mixtes? 184 Chapitre 9
185 2 Le travail et le capital Entreprise Martelli, fabrication de pâtes artisanales près de Pise (Italie) Observer 1. Que fait le travailleur au centre de cette photographie? 2. Pourquoi ce travailleur perçoit-il un salaire? 3. Pourquoi les propriétaires de l entreprise vont-ils percevoir un profit? 4. Qu est-ce qui permet à l entreprise de verser ces revenus? 3 Le salaire est le revenu le plus répandu Dans le langage courant, le salaire est la rémunération du travail. La formule est aussi commode que vague : elle a besoin d être précisée. Dans l économie moderne, la force de travail manuelle ou intellectuelle est, contrairement à ce qui se passait sous les régimes de l esclavage et du servage, juridiquement à la disposition de ceux qui la fournissent. Elle est offerte aux employeurs qui la demandent, moyennant une rémunération : le salaire. [...] Les services du travail peuvent être directement utiles à ceux qui les demandent : ainsi des services rendus par les domestiques. Mais la principale demande émane des entrepreneurs, pour lesquels le travail ne correspond pas à une satisfaction des besoins, mais sert à la production. En effet dans un système économique fondé sur l entreprise, une séparation [...] s est instaurée entre le capital et le travail : c est l entrepreneur qui réalise au sein de l entreprise la conjonction des facteurs de production. Au système capitaliste correspond le système du salariat. L État et les collectivités publiques, qui ont besoin de fonctionnaires ou d agents, sont aussi d importants demandeurs de travail. R. BARRE,F.TEULON, Économie politique, PUF, coll. «Thémis», tome 2, Définir 1. Qu est-ce que le salaire? le salariat? 2. Rechercher la part que représente aujourd hui la population salariée dans le total des actifs. 3. Que rémunère le salaire? 4. Expliquer le passage du texte souligné. Les ressources : revenus et crédit 185
186 La part des salaires dans la valeur ajoutée ( ) (en %) Part du coût du travail dans la valeur ajoutée des sociétés non financières 1, en % 65,8 Définir 1. Rappeler ce qu est la valeur ajoutée. 2. Faire une phrase avec le dernier point de cette courbe (65,8). 3. Comment a évolué la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises françaises entre 1980 et 2006? 4. Quelle a été la conséquence de cette évolution sur celle du profit des entreprises? D après Insee, calculs Alternatives économiques. 1. Sociétés non financières : entreprises qui ont pris la forme juridique d une société (SA ou SARL). Les banques sont exclues des sociétés non financières. Exemples de sociétés non financières : Total, Carrefour, Renault 5 L évolution du salaire moyen et du salaire minimum (salaires entre 1951 et 2004, en indice base 100 en 1951) Pouvoir d achat du salaire moyen et du salaire minimum annuels nets Indices (base 100 en 1951) en euros constants 1 Salaire moyen Salaire minimum 1. Faire une phrase avec le dernier point de la courbe correspondant au salaire moyen. 2. En ce qui concerne le salaire moyen, qu est-ce qui caractérise les périodes puis ? 1. Le calcul en euros constants supprime l inflation. Il permet donc de calculer le salaire réel des salariés Champ : salariés du secteur privé et semi-public (y compris les apprentis et les stagiaires). D après Insee. 6 L évolution des revenus primaires entre 1998 et 2005 Évolution Augmentation moyenne par an (en %) entre 1998 et 2005 (en %) Revenus de l activité salariée (salaires) + 5,3 + 0,7 Revenus de l activité non salariée (profit des 3,4 0,5 travailleurs indépendants) Revenus du patrimoine revenus des capitaux mobiliers + 30,7 + 3,9 (dividendes, intérêts) revenus fonciers (loyers) + 16,2 + 2,2 1. Donner la signification des nombres entourés en les intégrant dans une phrase. 2. Sur la période , quels sont les revenus qui ont le plus augmenté? D après Chapitre 9
187 7 L augmentation des dividendes distribués Ensemble, les 40 stars de la Bourse ont dégagé des bénéfices en hausse de 15 % en Jamais ces sociétés n avaient gagné autant d argent, ni dégagé une telle rentabilité. Dans le même temps, elles comptent augmenter leurs dividendes de 35 %, preuve de confiance en l avenir, mais aussi de leur volonté de mieux soigner les actionnaires 1. Les actionnaires des sociétés du CAC 40 2 s apprêtent cette année à recevoir plus de dividendes que jamais. En moyenne, les 40 stars de la cote parisienne se proposent de leur verser 35 % de plus qu il y a un an. Cet effort s appuie sur les bons résultats réalisés en L an dernier, les 40 poids lourds français ont dégagé ensemble un bénéfice net de 91 milliards d euros, soit 15 % de mieux qu en Jamais ces sociétés n avaient gagné autant d argent, ni dégagé une telle rentabilité. Mais, au-delà, les projets qui seront soumis aux prochaines assemblées générales montrent une volonté de modifier le partage classique des profits, en distribuant aux actionnaires une part de plus en plus massive des richesses dégagées. L an dernier, les groupes du CAC avaient déjà consacré 42 % de leurs résultats aux dividendes et aux rachats d actions, ne conservant que 58 % pour investir et se désendetter [ ]. Cette année, le mouvement va s amplifier. Hier encore, Gaz de France, dernier à publier ses chiffres, a décidé d «accélérer sa politique de croissance de la rémunération des actionnaires par rapport aux annonces faites lors de l introduction en Bourse», à l été Désormais, plus question pour l entreprise encore publique de distribuer moins de 50 % de ses profits! «CAC 40 : les profits grimpent, les dividendes s envolent pour les actionnaires», article publié en mars 2007, 1. Un actionnaire est une personne qui possède une action émise par une entreprise. Elle est donc propriétaire d une partie du capital de cette entreprise. À ce titre, elle a le droit à une partie du bénéfice que l on appelle le dividende. Les actions sont des parts de propriété de l entreprise qui donnent droit à une fraction du bénéfice appelée le dividende. Ce qui motive l achat d une action est soit la recherche d une plus-value (motif de spéculation : revendre plus cher l action), soit la recherche d un rendement grâce au dividende. 2. Le CAC 40 est un indice boursier regroupant le cours des quarante premières entreprises françaises. 1. Dans quel type de revenu (salarié, mixte, de la propriété) classe-t-on les dividendes? 2. Quelles sont les deux grandes utilisations possibles de son profit par une entreprise? 3. Comment peut-on expliquer la forte augmentation des dividendes distribués par les entreprises du CAC 40 aux ménages en 2006? Faire le point documents 1 à 7 1. Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : l activité ; revenus d activité ; dividendes ; produisent ; revenus ; revenus de la propriété. Les agents économiques qui... des biens et des services créent de la richesse et répartissent ensuite des... Certains rémunèrent... : ce sont le salaire et le profit des travailleurs indépendants ; d autres rémunèrent la propriété : ce sont les..., les intérêts ou les loyers. Comme la production augmente, l ensemble de ces revenus s accroît mais ils n évoluent pas tous au même rythme : ces dernières années, les... ont augmenté plus vite que les Où et comment se forment les revenus primaires? Les ressources : revenus et crédit 187
188 B. Les inégalités de revenus 8 Les inégalités de salaire Salaires mensuels nets en France en 2005 pour les salariés à temps plein (en euros) Privé Fonctionnaires Hommes Femmes Ensemble Ensemble Cadres Professions intermédiaires Employés Ouvriers Ensemble SMIC (151,67 heures) Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. Calculer 2. Calculer l inégalité de salaire entre les cadres et les ouvriers du privé (en faisant le rapport du salaire des cadres à celui des ouvriers). 3. Quelles sont les inégalités entre les groupes socioprofessionnels, les hommes et les femmes, les salariés du privé et les fonctionnaires? D après Insee Première, n 1147, juillet 2007 et Insee Première, n 1151, juillet Moyenne du traitement des enseignants (2 319 ) et de celui des cadres administratifs (3 521 ). (Il y a plus d enseignants que de cadres administratifs.) 2. Le SMIC est un salaire horaire brut. La somme de 933 euros correspond à la rémunération nette d un salarié travaillant 35 heures par semaine. 9 L éventail des revenus a. Les très hauts revenus en 2005 (en millions d euros) Liliane Bettencourt (principale propriétaire de L Oréal) 186,0 Lindsay Owen-Jones (PDG de L Oréal) 7,4 Thierry Henry (footballeur) 14,0 Gérard Depardieu (comédien) 4,3 Patron d une salle de marché (société qui intervient en Bourse) 5,0 Directeur financier d un grand groupe économique 0,8 D après Capital, n 181, octobre b. Les revenus fiscaux des ménages d actifs 1 en 2004 (en euros) Agriculteurs sur moyenne exploitation Artisans Commerçants Professions libérales Cadres d entreprise Professeurs et professions scientifiques (ingénieurs) Techniciens Employés administratifs d entreprise Employés de commerce Personnel de service direct aux particuliers Ouvriers qualifiés de type industriel Ouvriers non qualifiés de type artisanal D après Insee, enquête «Revenus fiscaux», Quel type de revenu (salaire, bénéfice, dividende) perçoivent Liliane Bettencourt, les membres des professions libérales, un technicien? Calculer 2. Mesurer l inégalité de revenu entre un ménage classé dans le «personnel de service» et un ménage classé dans les «professions libérales» (en faisant le rapport entre les deux revenus). 3. Quels éléments d explication peut-on donner pour expliquer l inégalité de revenu entre les salariés? 1. Ces revenus sont les revenus des ménages et non pas des revenus individuels (un ménage peut comprendre plusieurs personnes qui travaillent). On classe un ménage dans le groupe socioprofessionnel de celui de la personne de référence du ménage. Ainsi une famille dont le mari est cadre sera classée dans le groupe des «cadres d entreprise». 188 Chapitre 9
189 10 L évolution réelle du niveau de vie 1 moyen pour chaque décile 2 de niveau de vie entre 2002 et ,0 0,75 Évolution annuelle moyenne en euros constants (en %) 1. Le niveau de vie est la quantité de biens et services que peut se procurer un individu avec son revenu. 2. Un décile représente 10 % de la population. Le premier décile (D1) rassemble les 10 % des individus les plus pauvres tandis que le dernier décile (D10) regroupe les 10 % des individus les plus riches. 0,50 0,25 0,0 0,25 5 % 5 % D1 D2 D3 D4 D5 D6 D7 D8 D9 D10 10 % des Francais les plus pauvres vers 10 % des Francais les plus riches D après Le Monde, 16 novembre Comment ont évolué, entre 2002 et 2005, le niveau de vie des 10 % des Français les plus pauvres et celui des 5 % des Français les plus riches? 2. Comment a évolué le niveau de vie de la majorité des Français entre 2002 et 2005? 3. Comment ont évolué les inégalités de revenus entre les 10 % des Français les plus pauvres et les 5 % des Français les plus riches entre 2002 et 2005? 11 L absence de revenus primaires Un chômeur répond aux offres d emplois parues dans un journal. Observer 1. Que fait le personnage photographié? 2. Son activité génère-t-elle des coûts? 3. Bénéficie-t-il d un revenu d activité? Faire le point documents 8 à Vrai ou faux? a. Tous les ménages bénéficient d un revenu primaire. b. En moyenne, les cadres gagnent plus que les employés. c. En moyenne, les femmes salariées gagnent plus que les hommes. d. Les revenus du patrimoine augmentent plus vite que les salaires depuis dix ans. e. En moyenne, les travailleurs indépendants gagnent plus que les salariés. 2. Comment expliquer les inégalités de revenus primaires? Faire la synthèse documents 1 à 11 Expliquer d où viennent les revenus primaires et pourquoi ils sont inégalement répartis. Les ressources : revenus et crédit 189
190 2 Quelles sont les autres ressources des ménages? Certains ménages ne bénéficient pas ou pas suffisamment de revenus primaires. Ils peuvent heureusement compter sur les revenus de transfert. Enfin, pour certains achats (par exemple le logement), les ménages ont besoin de ressources supplémentaires et font appel au crédit. Pour commencer La famille X est composée de deux adultes. M. X est cadre dans une entreprise. Il gagne euros par mois. M me X travaille dans un magasin dont elle est la propriétaire. Elle gagne euros par mois. Ils ont des actions qui leur rapportent 50 euros par mois. Cette famille paye euros de cotisations sociales et d impôts par mois. Pour acheter sa maison, la famille X a fait un emprunt car ils ne disposaient pas de la totalité de la somme. La famille Y est composée de deux adultes et de deux enfants. Monsieur Y est technicien dans une entreprise. Il gagne euros par mois. Sa femme ne travaille pas. Cette famille paye 50 euros de cotisations sociales et d impôts par mois. Ils perçoivent 100 euros d allocations familiales et bénéficient de 150 euros d allocation logement. 1. Quel est le montant total des allocations perçues par la famille Y? 2. Ces allocations sont-elles la contrepartie directe de son travail ou de ses placements? 3. Comment sont financées ces allocations? 4. Le crédit de la famille X constitue-t-il un revenu (une somme d argent qui lui revient) ou une ressource (une somme d argent dont elle peut disposer sous certaines conditions)? A. Les revenus de transfert 12 Les prestations sociales Allocations familiales, logement, invalidité et revenu minimum d insertion. Les caisses d allocations familiales (CAF) 1 ne gèrent pas uniquement les prestations familiales au sens strict, elles sont aussi une sorte de sous-traitant de l État (pour le logement) et des départements (pour le RMI). Au total, plus de 10 millions de personnes ont reçu en 2006, pour la seule métropole, une de ces prestations légales, contre 8,5 millions en Pas moins de 29 millions de personnes, enfants compris, sont couvertes par au moins une prestation, soit près de la moitié de la population française. On compte 4,3 millions de bénéficiaires des allocations familiales, 2 millions de la prestation d accueil du jeune enfant, 5,3 millions d une allocation logement, 1 million du RMI et 2,6 millions de l allocation de rentrée scolaire. On mesure l importance de ces soutiens pour la population. Au total, 52 milliards d euros ont été ainsi distribués. Par comparaison, l ensemble des dépenses du budget de l État pour les ministères représente 270 milliards d euros. Le cœur historique de ces prestations est constitué des allocations familiales, servies à toutes les familles quel que soit leur niveau de vie : elles ont coûté 11 milliards d euros. Mais la majorité des prestations sont aujourd hui placées sous conditions de ressources. Elles aident les personnes ou les familles les plus démunies. Ce sont elles qui sont le plus souvent la cible des discours les plus critiques sur l assistanat. De quoi s agit-il au juste? On a les minima sociaux, notamment le RMI. Une dépense de 5,4 milliards d euros pour 1,1 million de titulaires. Cette dépense est effectuée pour le compte des départements, eux-mêmes remboursés partiellement par l État. L. MAURIN, «Politiques sociales : prestations décortiquées», Alternatives économiques, n 260, juillet-août Les CAF sont des organismes qui constituent la branche famille de la Sécurité sociale. 1. Quelles allocations sont versées par les Caisses d allocations familiales? 2. Quel a été, en 2006, le montant total des allocations versées par les caisses d allocations familiales? 3. Quel est l objectif de chacune de ces allocations? 190 Chapitre 9
191 13 Le revenu disponible et son utilisation Revenus de l activité salariée (salaires) Revenus de l activité non salariée ou revenus mixtes Revenus de la propriété (dividendes, intérêts) Cotisations sociales et impôts Revenu primaire Prestations sociales (allocations ) Revenu disponible Définir 1. Comment calcule-t-on le revenu disponible des ménages? 2. Comment les ménages utilisent-ils leur revenu disponible? Consommation Épargne Bréal, Les organismes de protection sociale en France La protection sociale en France regroupe l ensemble des systèmes de prévoyance collective assurant une protection contre les aléas de la vie 1. En 2005, le montant des prestations de protection sociale reçues par les ménages s est élevé à 505,5 milliards d euros, soit 29,6 % du PIB. D un point de vue institutionnel, la protection sociale n est pas un ensemble homogène. On distingue deux groupes principaux de régimes. 1. Ceux dont le financement est majoritairement assuré par les cotisations. La Sécurité sociale 2. [ ] L indemnisation du chômage dont les institutions (UNEDIC et Assedic) sont extérieures à la Sécurité sociale, qui couvre l ensemble des salariés du secteur privé. [ ] 2. Les régimes dont les ressources sont essentiellement de nature fiscale. À côté des systèmes d assurances sociales, les pouvoirs publics ont mis en place un certain nombre de prestations destinées à des catégories de population présentant des handicaps particuliers ou en situation de pauvreté : le RMI (Revenu minimum d insertion), les minima sociaux et la plus grande part des allocations liées au logement relèvent de ces interventions directes des pouvoirs publics financés par l impôt. P. VOLOVITCH, «Organisation et fonctionnement de la protection sociale», L État de la France, édition , La Découverte, Aléas de la vie : maladie, maternité, vieillesse, chômage, pauvreté 2. La Sécurité sociale est organisée en quatre branches : maladie, accidents du travail, famille et vieillesse. 1. Quel est le but de la protection sociale? 2. Quels sont les deux grands modes de financement de la protection sociale? 3. À qui sont plus spécifiquement destinées les allocations financées par l impôt? Les ressources : revenus et crédit 191
192 15 La redistribution Toute politique sociale peut s analyser en termes de redistribution des revenus. Une partie de cette redistribution est verticale, c est-à-dire des riches vers les pauvres, grâce aux systèmes fiscaux et aux prestations sociales. Une grande partie de la redistribution est horizontale, sur le cycle de vie 1. C est notamment le cas des retraites et des allocations familiales. Un autre type de redistribution concerne la couverture de certains risques par l assurance maladie et accidents du travail, ainsi que par l assurance chômage. Ces risques sont inégalement répartis dans la population. Leur couverture implique un certain degré de redistribution verticale, car les risques de maladie, d accidents du travail et de chômage sont plus grands pour les personnes à faibles revenus. Par conséquent, la plupart des volets d un système d assurance sociale ont un lien important avec la lutte contre la pauvreté. J. PALME, «Protection sociale et lutte contre les inégalités : le modèle scandinave», in La protection sociale en Europe : le temps des réformes, C. DANIEL et B. PALLIER, Drees-Mire (dir.), La Documentation française, Cycle de vie : la suite des périodes de la vie. Par exemple, la période scolaire, la vie familiale avec jeunes enfants (et donc frais supplémentaires), la maturité (en principe, le moment où les revenus sont les plus élevés), la retraite (et donc absence de revenus d activité). Définir 1. En quoi consiste la redistribution des revenus? 2. Quel est l objectif d une redistribution verticale? 3. Pourquoi la redistribution peut-elle être horizontale? 16 Une feuille de salaire d une vendeuse à temps plein (exemple simplifié) Calcul du salaire mensuel brut Septembre 2007 Nombre d heures travaillées Salaire horaire brut (en euros) Salaire mensuel brut (en euros) 151,65 8, ,93 Intitulé des cotisations sociales 1 Salaire Cotisations Cotisations À payer Cotisations Cotisations mensuel brut salariales salariales (en euros) patronales patronales (en euros) (en % du salaire (en euros) (en % du salaire (en euros) mensuel brut) mensuel brut) CSG-CRDS (cotisations maladie, 1 279,93 7,76 99,32 Sécurité sociale) Cotisations maladie 1 279,93 0,85 10,88 13,10 167,67 (Sécurité sociale) Cotisations vieillesse 1 279,93 6,65 85,12 8,30 106,23 (Sécurité sociale) Cotisations allocations familiales 1 279,93 5,40 69,12 (Sécurité sociale) Cotisations accident du travail 1 279,93 1,80 23,04 (Sécurité sociale) Cotisations chômage (UNEDIC) 1 279,93 2,40 30,72 4,00 51,20 Cotisations retraite complémentaire 1 279,93 3,00 38,40 4,50 57,60 (Sécurité sociale) Exonération de cotisations 1 279,93 359,66 (loi Fillon) 2 Total cotisations 264,44 115,20 Salaire mensuel net 1 015,49 1. Les cotisations sociales sont des sommes versées aux organismes sociaux (par exemple la Sécurité sociale). Elles sont calculées sur la base d un pourcentage du salaire brut. Après paiement des cotisations sociales salariales, le salarié perçoit un salaire net (le salaire que lui verse son employeur). En plus, l employeur verse des cotisations sociales patronales aux organismes sociaux. 2. Loi Fillon : loi de 2003 qui prévoit des exonérations de charges sociales patronales sur les bas salaires. Ces sommes sont versées par l État à la Sécurité sociale à la place de l entreprise. Calculer Bréal, Quelle est la différence entre le salaire brut et le salaire net? 2. Quel est le montant total des cotisations sociales versées par l entreprise? 3. À quels organismes sont versées ces cotisations et dans quel but? 192 Chapitre 9
193 17 Part des prestations sociales dans le revenu disponible brut des ménages ( ) En % Définir 1. Rappeler ce qu est une prestation. 2. Donner la signification du dernier point de la courbe en l insérant dans une phrase. 3. Comment a évolué la part des prestations sociales dans le revenu disponible brut des ménages entre 1959 et 2006? D après Insee, Comptes nationaux, base Les conséquences de la redistribution sur la pauvreté ( ) Proportion de ménages à bas revenus avant et après prise en compte des prestations sociales dans le calcul des ressources en France (en % de l ensemble des ménages) Avant prestations 19,5 17,9 16,0 15,5 14,0 13,1 sociales Après prestations 15,3 12,3 8,7 7,4 6,4 6,2 sociales Insee et DGI, enquêtes «Revenus fiscaux» publiées par l Observatoire de la pauvreté, rapport Donner la signification des nombres entourés en intégrant chacun dans une phrase. 2. Quelle est la conséquence de la redistribution des revenus sur la pauvreté? Faire le point documents 12 à Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : l impôt ; prestations sociales ; réduit ; revenus primaires ; horizontale ; verticale. La redistribution des revenus consiste à prélever des revenus par le biais de... et des cotisations sociales puis à verser des... aux ménages qui ont en besoin. Cette redistribution est... lorsque l on prend aux ménages les plus aisés pour donner aux ménages les plus pauvres ; elle est... dans le cas des assurances sociales. Parce qu elle procure des revenus aux ménages qui ne bénéficient pas suffisamment de..., la redistribution... les inégalités de revenus. 2. Quels sont les objectifs de la redistribution des revenus? Les ressources : revenus et crédit 193
194 B. Crédit et endettement 19 Le crédit : une ressource pour les ménages En ce qui concerne les destinations du crédit à la consommation, on pense d abord en Europe au crédit à la consommation à propos d automobiles, puis dans un ordre décroissant, à propos des micro-ordinateurs, des meubles, de la TV/HIFI/vidéo, des travaux d aménagement, de l électroménager, des loisirs-voyages, du bricolage-jardinage et, enfin, plus récemment, du téléphone portable. Il faudrait naturellement encore faire mention de motivations telles que le remboursement d anciens crédits [ ]. En matière de recours au crédit à la consommation, le découpage des 10 déciles 1 de la redistribution des ménages selon leur revenu est assez facile à faire. Le décile le plus aisé recourt certes assez souvent au crédit à la consommation, mais relativement moins que les six suivants, car le niveau de revenu par ménage et même par tête lui permet dans de nombreux cas de s en passer : le revenu annuel par tête dans ce 10 e décile est en effet de plus de euros, contre euros dans le 9 e. Les six déciles suivants font encore clairement partie de la clientèle dite «prime» des établissements prêteurs comme le montre leur accès aisé au crédit. À partir du décile n 3, on commence à s éloigner de la clientèle «prime» et plus on descend dans les déciles, plus l accès au crédit se referme. La Demande des ménages en matière de crédit à la consommation et les ajustements nécessaires pour y répondre, rapport du BIPE, janvier Un décile est un dixième de la population. Le 10 e décile regroupe les 10 % des ménages les plus riches, les trois premiers déciles regroupent les 30 % de ménages les plus pauvres. 1. À quel type d achat sont principalement destinés les crédits à la consommation? 2. Les sommes obtenues lors d un crédit sont-elles comptabilisées dans le revenu disponible des ménages? 3. Pourquoi peut-on dire que les prêts obtenus par les ménages sont des ressources supplémentaires? 4. Tous les ménages bénéficient-ils de prêts de façon égalitaire? 20 L endettement des ménages a. L évolution de l endettement des ménages de 1994 à 2006 (habitat et consommation) En % du revenu disponible des ménages Insee, Comptes nationaux, base 2000, Banque de France (SESOF), Bulletin de la Banque de France, n 161, mai b. Les crédits à l habitat La croissance de l encours de crédits à l habitat s est accélérée en 2003 et 2004, dans un contexte de forte augmentation des prix et des transactions, et de baisse des taux d intérêt. L augmentation du prix des logements était restée, jusqu en 2001, plus modérée en France que dans les autres pays européens, mais leur envolée en 2003 et 2004 a été parmi les plus fortes d Europe, en particulier en région parisienne, incitant les acquéreurs à plus recourir au crédit. Calculer 1. Quelle a été l augmentation de l endettement des ménages entre 1994 et 2006? Expliquer L Endettement des ménages européens, rapport de l Observatoire de l épargne européenne, août Comment peut-on expliquer l augmentation de l endettement des ménages ces dernières années? 194 Chapitre 9
195 21 La situation des ménages par rapport à l endettement en novembre 2006 (en %) Ensemble des ménages 100 Ménages non endettés 49,1 Ménages endettés 50,9 crédit immobilier seulement 18,3 crédit immobilier et crédits de trésorerie 11,9 crédits de trésorerie seulement 20,7 (crédits à la consommation, cartes de crédit) Ménages endettés 50,9 dont ménages dont la situation financière 45,4 est «supportable» dont ménages dont la situation financière 5,5 est «nettement dégradée» D après un sondage Sofres réalisé en novembre 2006 et publié dans le rapport 2006 de l Observatoire de l endettement des ménages. 1. Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. 2. Quelles sont les différences entre un crédit immobilier et un crédit de trésorerie (montant, durée, constitution ou non d un capital)? 3. Pourquoi est-il en principe rationnel de s endetter pour acheter une maison, une voiture? 4. Quelle est la part des ménages pour qui l endettement est une contrainte insupportable? 22 Le surendettement On parle de surendettement lorsqu il devient impossible de faire face à ses dettes, que celles-ci soient déjà exigibles ou à venir. Plus de ménages sont aujourd hui concernés en France par ces situations, et leur nombre ne cesse d augmenter. Le surendettement est dit passif lorsqu il faut faire face à une baisse soudaine des ressources du ménage (par exemple en fin d indemnités de chômage) ; il est dit actif lorsqu il y a recours excessif au crédit. Quand les deux causes s ajoutent l une à l autre, on peut se trouver dans des situations inextricables qui débouchent non plus seulement sur le surendettement, mais sur l appauvrissement durable. Qui est aujourd hui surendetté? Comment le devienton? Les statistiques de la Banque de France sont à la fois révélatrices et inquiétantes. Dans les causes générales, on trouve bien sûr le chômage de longue durée, mais aussi les emplois précaires, les divorces et les séparations amenant à l isolement, et plus spécialement dans les grands centres urbains la multiplication des familles monoparentales et le coût du logement. B. LEPINAY, «Surendettement, comment s en sortir?», Santé magazine, février 2006, 1. Quelle est la différence entre un surendettement actif et un surendettement passif? 2. Quelle est, aujourd hui, la principale cause du surendettement des ménages? 3. Pourquoi la situation des ménages dont l endettement est passif est-elle souvent plus difficile que celle des ménages dont l endettement est actif? Faire le point documents 19 à Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : d actif ; crédit ; passif ; l endettement ; revenus ; surendettée. Il est logique pour un ménage de recourir au... pour effectuer certains achats (maison, voiture ). La pratique du crédit s est banalisée et... des Français a beaucoup augmenté depuis vingt ans. Au point qu une partie des ménages est... et ne peut plus rembourser ses dettes, voire même payer ses intérêts. Le surendettement est qualifié... lorsqu il est provoqué par un recours excessif au crédit ; il est... lorsqu il est provoqué par un événement qui réduit les... du ménage alors que l endettement était jusque-là tolérable: chômage, divorce, accident Le surendettement peut être à l origine d un processus d exclusion sociale. 2. L endettement est-il une ressource pour tous les ménages? Faire la synthèse documents 12 à 22 Expliquer comment des ménages dont les revenus primaires sont insuffisants peuvent avoir accès à d autres ressources. Les ressources : revenus et crédit 195
196 À retenir Les ressources : revenus et crédit 1 Quelle est l origine des revenus primaires des ménages? A. Les différents revenus primaires Les revenus primaires sont des revenus qui proviennent directement de la production. Ils rémunèrent les ménages qui travaillent et ceux qui ont financé l outil de production, c est-à-dire les machines et les bâtiments. Les revenus d activité sont la contrepartie du travail. Le salaire, qui rémunère le travail salarié, constitue l essentiel du revenu primaire puisque neuf emplois sur dix sont salariés. Mais il ne faut pas oublier les bénéfices des entreprises individuelles (commerçants, artisans) qui rémunèrent l activité non salariée. Ces derniers revenus sont qualifiés de mixtes puisqu ils rémunèrent à la fois le travail du commerçant ou de l artisan et le capital qu il a investi dans l entreprise. Les revenus de la propriété rémunèrent l argent (ou les terrains) mis à la disposition des entreprises par les ménages afin de rendre possible leur fonctionnement. Les ménages peuvent devenir propriétaires d une partie du capital de l entreprise en achetant des actions. Dans ce cas, l entreprise leur verse des dividendes qui sont une partie du profit qu elle a réalisé. Ils peuvent également prêter de l argent aux entreprises en achetant des obligations et perçoivent alors des intérêts. Ils peuvent enfin louer des terrains à des exploitants agricoles et percevoir des revenus fonciers. B. Les inégalités de revenus Les revenus primaires étant la contrepartie directe de la participation à la production, les ménages qui ne participent pas à cette production par leur travail ou leur capital ne perçoivent aucun revenu primaire. Cela peut être le cas des personnes âgées ou des autres inactifs. À l inverse, les ménages (peu nombreux) qui sont propriétaires d une partie relativement importante des grandes entreprises bénéficient des revenus de la propriété dont le montant est très élevé. Entre les deux, les salariés, qui constituent l essentiel de la population active, connaissent une inégalité de revenu qui va approximativement de 1 à 3 si l on compare le salaire des ouvriers à celui des cadres. 2 Quelles sont les autres ressources des ménages? A. Les revenus de transfert La répartition primaire des revenus est modifiée par la redistribution, qui consiste à prélever des revenus par le biais des impôts et des cotisations sociales puis à distribuer des prestations sociales aux ménages qui en ont besoin. Cette redistribution des revenus est effectuée par les administrations publiques (Sécurité sociale, État, collectivités locales). Les deux principales prestations sociales sont les pensions de retraite et les remboursements de frais de maladie. Après redistribution, les ménages bénéficient d un revenu disponible que l on calcule en soustrayant les impôts et les cotisations sociales au revenu primaire et en lui ajoutant les prestations sociales. Ce revenu disponible va être consommé et épargné par les ménages. En prélevant des ressources chez les ménages les plus riches et en accordant des revenus à des ménages qui ne bénéficiaient pas (ou pas suffisamment) de revenus primaires, la redistribution réduit les inégalités de revenus. Les retraités sont les principaux bénéficiaires de cette redistribution. 196 Chapitre 9
197 À retenir B. Crédit et endettement Le crédit est l ensemble des activités liées au prêt d argent. Il s accompagne d un taux d intérêt qui détermine, avec le montant du prêt et sa durée, les intérêts versés par l emprunteur à son créancier (en général une banque). Il débouche sur un endettement des ménages auprès des institutions de crédit. Le crédit est une opération économique normale qui est souvent indispensable pour l achat d un logement. Ce n est pas un revenu, mais il constitue une ressource supplémentaire pour les ménages. Il peut pourtant déboucher sur un surendettement qui se traduit par l impossibilité, pour un ménage, de rembourser ses dettes et de payer les intérêts. Le surendettement peut être provoqué par un endettement excessif (surendettement actif), mais il l est de plus en plus par des accidents de la vie (chômage, maladie de longue durée, divorce ) qui rendent intenable un niveau d endettement qui était jusque-là acceptable. On parle alors de surendettement passif. Schéma de synthèse Revenus de l activité salariée (salaire) Les différents revenus primaires Revenus de l activité non salariée ou revenu mixte (bénéfices des travailleurs indépendants) Quelle est l origine des revenus des ménages? Revenus du patrimoine (dividendes, intérêts, revenus fonciers) Les cadres gagnent trois fois plus que les ouvriers Les inégalités de revenus Les inégalités entre les salariés et les propriétaires et dirigeants des grandes entreprises ont augmenté Les ressources : revenus et crédits Une partie des ménages ne perçoit pas de revenus primaires Ce sont des prestations sociales Les revenus de transfert Ces allocations sont versées par des administrations (Sécurité sociale, État, départements ) Les prestations sont financées par des cotisations et des impôts Quelles sont les autres ressources des ménages? La redistribution réduit les inégalités de revenus Crédit et endettement Le crédit est une ressource L endettement peut déboucher sur un surendettement Notions au programme Revenus Revenus primaires Revenus de transfert Revenu disponible Salaire Crédit Les ressources : revenus et crédit 197
198 Évaluer ses acquis 1 d où proviennent les revenus a) Recopier et associer chaque type de participation à la production au revenu qui lui correspond. Participation à la production Travail salarié Travail du commerçant ou de l artisan Prêt à une entreprise Apport d un capital dans une entreprise Location d un terrain Revenu Bénéfice Dividende Revenu foncier Intérêt Salaire b) Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des expressions suivantes : prestations sociales ; production ; redistribution ; revenus primaires ; revenus de la propriété ; salaires ; salariés. Les... sont les revenus directement liés à une participation des ménages aux processus de production. La majeure partie de ces revenus est constituée par les... puisque les... représentent 90 % de la population active. Ces revenus primaires comprennent ensuite des revenus de l activité non salariée, puis des... (dividendes, intérêts) qui rémunèrent le financement par les ménages de l activité productrice des entreprises. Les administrations publiques modifient la répartition primaire des revenus par le biais de la..., qui consiste à prélever des ressources grâce aux impôts et aux cotisation sociales avant de distribuer des... aux ménages qui en ont besoin. Dans la mesure où elles sont prélevées sur des revenus primaires, les prestations sociales ont donc indirectement leur origine dans la... 2 Savoir ce qu est le revenu disponible a) L Insee fournit les informations suivantes sur les comptes des ménages pour l année 2006 (en euros) : Salaires : 939 milliards Impôts : 157 milliards Revenus de l activité non salariée : 272 milliards Revenus de la propriété : 118 milliards Prestations sociales : 370 milliards Cotisations sociales : 367 milliards Consommation : 993 milliards Épargne : 182 milliards Recopier et compléter le schéma suivant en indiquant, dans chaque case, sur la première ligne le nom du revenu ou des prélèvements, et sur la seconde ligne le montant de ce revenu ou prélèvement en milliards d euros. Revenus de l activité salariée 118 Revenu primaire Cotisations sociales et impôts Consommation 198 Chapitre 9
199 Évaluer ses acquis b) Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des expressions suivantes : consommation ; épargne ; impôts directs ; prestations sociales ; primaire. Le revenu disponible est le revenu que les ménages peuvent effectivement utiliser pour la... et pour l... Il est égal au revenu... (revenu d activité et revenu de la propriété), diminué des cotisations sociales salariales et des... et augmenté des... Ces dernières sont des revenus versés par les administrations publiques afin de couvrir les risques sociaux (retraite, chômage par exemple). 3 que le crédit est une ressource, mais que l endettement comprend des risques a) Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des termes suivants : banques ; crédit ; intérêts ; logements ; ménages ; revenus ; voitures. Le crédit est l ensemble des activités liées au prêt. Les ménages ont recours au... pour financer certaines de leurs dépenses, en particulier les achats de... (crédits immobiliers) et ceux de... (crédits à la consommation) car les sommes en jeu dépassent largement leurs... courants. En général, ce sont les... qui accordent des crédits aux... Elles accompagnent leur crédit d un taux d intérêt qui est un des déterminants du montant des... versés par les ménages. La prudence veut que le remboursement (capital et intérêt) ne dépasse pas un tiers des revenus du ménage. b) Recopier les affirmations suivantes en précisant si elles sont vraies ou fausses. Le crédit est un revenu. Le crédit est une ressource. Les ménages endettés ne doivent payer à leur créditeur que le montant du capital emprunté. Les ménages s endettent essentiellement pour pouvoir consommer. Le surendettement apparaît lorsque le ménage ne peut plus rembourser le capital et / ou les intérêts. Le chômage peut être à l origine du surendettement. Le surendettement a pour seule cause la mauvaise gestion de leurs revenus par les ménages. QCM 1. Le principal revenu primaire des ménages est : a. le salaire. b. le bénéfice des travailleurs indépendants. c. les dividendes. 2. Le bénéfice est un revenu : a. de l activité salariée. b. de l activité non salariée. c. de la propriété. 3. Les revenus primaires comprennent : a. les revenus d activité et les revenus de la propriété. b. les revenus d activité et les prestations sociales. c. les revenus de la propriété et les prestations sociales. 4. Les prestations sociales sont versées : a. par les entreprises. b. par les ménages. c. par les administrations publiques. 5. Le revenu disponible est calculé de la façon suivante : a. revenus primaires + prestations. b. revenus primaires (impôts + cotisations). c. revenus primaires (impôts + cotisations) + prestations. 6. Le crédit est : a. un revenu de la propriété. b. une ressource. c. le revenu disponible. Les ressources : revenus et crédit 199
200 TD 1 Les salaires des hommes et des femmes Traiter l information statistique 1 Évolution du salaire moyen des hommes et des femmes Salariés à temps complet du secteur privé et semi public en euros constant 1 de l année Ensemble Hommes Femmes D après Insee. 1. Euros constants : l influence des prix a été supprimée dans ces calculs ; nous avons affaire à des salaires réels qui reflètent bien l évolution du pouvoir d achat. ➊ Faire une phrase avec la donnée entourée. ➋ Calculer l évolution des salaires des hommes et des femmes entre 1980 et 2005 à l aide d un taux de variation ( Fiche méthode 6, p. 238). ➌ Calculer l évolution des salaires (ensemble, hommes, femmes) à l aide d un indice, base 100 en 1980 ( Fiche méthode 6, p. 238). (Présenter les résultats dans un tableau.) ➍ Faire un graphique représentant l évolution des salaires à partir des résultats de la question 3. 2 Salaire net annuel moyen par catégorie socioprofessionnelle et par sexe dans la fonction publique d État et dans le privé en 2005 (en euros) Fonction publique d État Privé Femmes Hommes Femmes Hommes Cadres Professions intermédiaires Employés Ouvriers Ensemble D après Insee. ➊ Faire une phrase avec la donnée entourée. ➋ Dans le secteur privé, que représente le salaire d un homme en % du salaire d une femme en moyenne? (Utiliser la ligne «Ensemble».) ➌ Dans le secteur privé, que représente le salaire d une femme en % du salaire d un homme en moyenne? (Utiliser la ligne «Ensemble».) ➍ Dans le secteur privé, les inégalités de salaire entre les hommes et les femmes sont-elles plus importantes chez les cadres ou chez les ouvriers? 3 Distribution des salaires annuels nets par sexe dans le secteur privé et semi-public en 2005 (en euros) Femmes Hommes Ensemble 1 er décile 1 (D1) e décile (D5) e décile (D9) Champ : salariés à temps complet du secteur privé et semi-public. D après Insee. Lecture : En 2005, 10 % des salariés à temps complet du secteur privé et semi-public gagnent un salaire annuel net inférieur à Un décile représente 10 % de la population. Le premier décile représente ici les 10 % de salariés à temps complet les «plus pauvres» (et le dixième décile correspond aux 10 % les «plus riches»). ➊ Faire une phrase avec la donnée entourée. ➋ Pourquoi les données de la colonne «Ensemble» ne sont-elles pas la moyenne arithmétique simple des données de la colonne «Femmes» et de celles de la colonne «Hommes» ➌ Calculer le rapport D9 / D1. Que mesure-t-il? Qu observe-t-on? Comment ont évolué les inégalités de salaire entre hommes et femmes en France entre 1980 et 2005? 200 Chapitre 9
201 TD 2 Le revenu disponible des ménages Traiter l information statistique 1 Revenu disponible moyen par ménage (en euros constants de l année 2005) D après Insee. Champ : ensemble des ménages dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n est ni étudiante ni militaire du contingent. ➊ Rappeler ce qu est le revenu disponible des ménages. ➋ Faire une phrase avec la donnée entourée. ➌ Calculer l évolution du revenu disponible par ménage entre 1970 et 1975, entre 1975 et 2000 puis entre 2000 et 2005 à l aide d un taux de variation ( Fiche méthode 6, p. 238). ➍ Calculer l évolution du revenu disponible par ménage entre 1970 et 2005 à l aide d un indice, base 100 en Revenu disponible moyen selon la personne de référence du ménage (en euros constants de l année 2004) Agriculteurs exploitants Artisans, commerçants et chefs d entreprise Cadres et professions intellectuelles supérieures Professions intermédiaires Employés Ouvriers Retraités Autres inactifs Ensemble des ménages D après Insee. Champ : ensemble des ménages dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n est ni étudiante ni militaire du contingent. ➊ Faire une phrase avec la donnée entourée. ➋ Calculer l évolution du revenu disponible de chaque type de ménage entre 1996 et 2004 à l aide d un taux de variation ( Fiche méthode 6, p. 238) (Rassembler tous les résultats dans un tableau.) ➌ Calculer le rapport du revenu des cadres à celui des inactifs (autres que retraités) en 1996 et Part du revenu disponible total perçue par les ménages les plus pauvres et par les ménages les plus riches (en % du revenu disponible total) Les 10 % des ménages les plus pauvres 3,0 3,0 Les 10 % des ménages les plus riches 24,0 24,8 Masse totale du revenu disponible (en millions d euros 2004) , ,0 D après Insee. Champ : ensemble des ménages dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n est pas étudiante. ➊ Faire une phrase pour chacune des données entourées. ➋ Pour l année 2004, quel a été le montant (en euros) du revenu disponible perçu par les 10 % des ménages les plus pauvres? par les 10 % des ménages les plus riches? Comment évolue le revenu disponible des ménages? Les ressources : revenus et crédit 201
202 Chapitre 10 Consommation et mode de vie Objectifs Sommaire Mettre en évidence le rôle des consommations individuelles et collectives dans le niveau de vie. la diversité des facteurs de la consommation. Montrer la dimension symbolique de la consommation. 1. Que consommons-nous? A. De la consommation au mode de vie B. Les transformations de la consommation Quels sont les facteurs de la consommation et du mode de vie? A. Les facteurs économiques B. Les facteurs sociaux À retenir Évaluer ses acquis Travaux dirigés Un rayon dans un supermarché On désigne souvent nos sociétés comme des sociétés de consommation. Que signifie cette expression? 1 Un grand magasin : les Galeries Lafayette Pourquoi les grands magasins favorisent-ils la consommation? 202 Chapitre 10
203 3 Un réverbère Devons-nous payer pour bénéficier de l éclairage d un réverbère? 4 Une famille dans un squatt du 20 e arrondissement à Paris Toutes les familles ont-elles le même mode de vie? 5 Indicateurs des difficultés de conditions de vie en 1998 et 2004 % des ménages étant dans l impossibilité de : maintenir le logement à la bonne température 6,4 9,7 payer une semaine de vacances une fois par an 32,1 28,6 remplacer des meubles 34,4 28,9 acheter des vêtements neufs 8,8 8,1 manger de la viande tous les jours 5,0 5,3 Les difficultés de conditions de vie touchent-elles de nombreux ménages? offrir des cadeaux 11,2 8,8 Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages, 2004, dans L État des inégalités en France, Belin, Questions documents 1 à 5 1. Montrer la diversité des biens et des services consommés. 2. Peut-on affirmer que les conditions de vie sont identiques pour tous les ménages? Consommation et mode de vie 203
204 1 Que consommons-nous? Les ménages consomment des biens et des services variés produits par les entreprises ou les administrations. Depuis les années 1960, la consommation a fortement augmenté et la structure des budgets familiaux s est radicalement transformée. Pour commencer En 2006, Paul a retrouvé au grenier un vieux cahier dans lequel son grand-père, Jean, notait scrupuleusement ses dépenses. Il a eu l idée de comparer le budget de Jean avec le sien. Il a d abord constaté que les achats de Jean étaient beaucoup moins importants que les siens : peu de dépenses de viande et de fruits, pas de voiture, ni de réfrigérateur, ni de poste de télévision, achats de costumes exceptionnels, visites chez le médecin rares, un seul voyage à Paris au cours de son existence. Quelques calculs rapides lui ont permis d observer que l alimentation représentait 60 % des dépenses de Jean (20 % pour Paul), l habillement 10 % (6 % pour Paul), le logement 8 % (22 % pour Paul) et les autres dépenses 22 % (52 % pour Paul). 1. Donner des exemples de dépenses faites par Paul que son grand-père ne pouvait pas faire. 2. Paul vit beaucoup mieux que son grand-père. Comment cette amélioration se reflète-t-elle dans le budget de Paul comparé à celui de son grand-père? 3. Quelles sont, selon vous, les principales causes de cette évolution? A. De la consommation au mode de vie 1 Nous consommons des biens et des services variés Acheter une baguette de pain, consulter un médecin, louer un appartement, aller au cinéma, suivre des cours d économie à la faculté, notre vie quotidienne est rythmée par des actes de consommation multiples. La consommation permet de satisfaire les besoins humains par l usage de biens et de services entraînant à plus ou moins long terme leur destruction : une glace au chocolat est immédiatement détruite au moment de sa consommation, un réfrigérateur s use plus lentement. En représentant plus de 60 % de la production, la consommation est un élément essentiel du dynamisme de l économie. Il est donc important de la mesurer et d en connaître le contenu. Les biens et les services consommés peuvent être classés selon leur fonction (alimentation, habillement, logement, équipement du logement, transports et communication, enseignement, santé, culture et loisirs), selon leur origine (agriculture, industrie, services), et, pour les biens, selon leur durée de vie (biens non durables, semi-durables, durables). Ainsi l achat d un jean est un bien semi-durable, d origine industrielle, classé dans les dépenses d habillement. La plupart des biens et des services sont individuels : ils ne peuvent être consommés que par une seule personne à la fois. D autres sont collectifs : ils peuvent être consommés par de nombreuses personnes en même temps. L achat d un téléphone portable est une consommation individuelle, l écoute de la radio est une consommation collective. Parmi les biens et les services consommés, certains sont produits par des entreprises privées : il s agit des consommations marchandes, vendues à un prix qui couvre les coûts de production et le profit des entreprises. D autres sont distribués par des administrations publiques ou privées soit gratuitement, comme l enseignement public, soit à un prix égal ou inférieur aux coûts de production, comme les visites dans les musées. I. WAQUET, Bréal, Définir 1. Qu est-ce que la consommation? 2. Quelle est la différence entre une consommation individuelle et une consommation collective? 3. Préciser la fonction, l origine, la durée de vie pour les biens, le caractère individuel ou collectif, marchand ou non marchand de chacune des consommations suivantes : achat d un canapé, enseignement dans une école publique, achat d un tee-shirt, baignade dans une piscine municipale, versement d un loyer, paiement d une place pour un match de foot. 204 Chapitre 10
205 2 exercice Les biens et les services consommés peuvent être privés ou collectifs 1. L achat de pommes sur un marché, une séance au cinéma, l éclairage d un phare a. Parmi les trois consommations ci-contre, deux sont des consommations marchandes (le consommateur doit payer pour se les procurer) et une est une consommation non marchande (le bien ou le service est fourni sans paiement direct). Quelles sont les deux consommations marchandes? Quelle est la consommation non marchande? b. Parmi ces trois consommations, l une est une consommation individuelle (le bien ou le service ne peut être consommé que par une seule personne) et les deux autres sont des consommations collectives (le bien ou le service peut être consommé simultanément par plusieurs personnes). Quelle est la consommation individuelle? Quelles sont les consommations collectives? 2. Les biens et services que nous consommons peuvent être des biens privés ou publics Pour qu un bien soit privé, deux conditions doivent être réunies : le bien ou le service ne peut être consommé que par une seule personne ; le propriétaire du bien peut empêcher sa consommation si le consommateur refuse de payer. Un bien public pur est un bien qui ne remplit pas ces deux conditions. Il ne peut pas être produit par des entreprises privées puisque ces entreprises ne pourraient pas se faire payer et doit donc être pris en charge par les pouvoirs publics. a. Peut-on empêcher un consommateur qui ne veut pas payer d acheter des pommes, de bénéficier de l éclairage d un phare? b. Parmi les trois consommations mentionnées ci-contre, une seule d entre elles porte sur un bien privé. Laquelle? c. Pourquoi le phare et les services qu il procure aux marins estil pris en charge par l État? d. Pourquoi une séance de cinéma n est-elle pas un bien public pur? 3. Une visite chez un médecin, une salle de classe Certains biens et services sont pris en charge complètement ou partiellement par la puissance publique bien qu ils ne soient pas des biens publics purs. Les pouvoirs publics peuvent considérer que la consommation de certains biens ou services est indispensable à la collectivité. a. Une visite chez un médecin est-elle une consommation individuelle ou collective? b. Pourquoi les dépenses de santé sont-elles partiellement remboursées par les pouvoirs publics? c. Expliquer pourquoi l éducation est une consommation collective mais n est pas un bien public pur. d. Pourquoi les dépenses d éducation sont-elles prises en charge par l État? e. Quelles sont les raisons pour lesquelles certains biens ou services sont produits par les pouvoirs publics? Consommation et mode de vie 205
206 3 Comment l Insee mesure-t-il la consommation des ménages? a. Définition de l Insee Consommation finale des ménages : ensemble de la consommation des ménages. C est la somme de la dépense de consommation des ménages et des consommations individualisables incluses dans la dépense de consommation finale des Administrations. La dépense de consommation des ménages se limite aux dépenses que les ménages supportent directement. Elle comprend la part des dépenses de santé, d éducation, de logement, restant à leur charge, après remboursements éventuels. On y inclut aussi les loyers imputés, que les ménages propriétaires de leur résidence principale se versent implicitement à eux-mêmes. Les consommations individualisables incluses dans la dépense de consommation finale des Administrations sont celles dont les bénéficiaires peuvent être précisément définis. C est le cas en particulier des dépenses pour l éducation et pour la santé. b. La consommation des ménages en 2006 (en milliards d euros courants) Biens et services marchands produits par les entreprises privées Vendus aux ménages Dépense de consommation finale des ménages 993,2 Consommation finale effective des ménages 1292,5 Des ménages Consommation individualisable des ménages Dépense de consommation des administrations 299,3 Services non marchands produits par les administrations Mis gratuitement à la disposition Des ménages et des entreprises Consommation non individualisable entre les ménages et les entreprises Services non marchands produits par les administrations 447,0 Consommation des administrations 147,7 Définir 1. Qu est-ce que la dépense de consommation des ménages? 2. Quelles sont les consommations que l Insee ajoute à la dépense de consommation pour obtenir la consommation finale effective des ménages? 3. Les dépenses d éducation prises en charge par l administration sont-elles comptabilisées dans la dépense de consommation finale effective des ménages? Calculer 4. En 2006, la consommation finale effective des ménages s élève à 1292,5 milliards d euros courants. Expliquer comment ce chiffre a été obtenu. D après Insee. L achat de vêtements : une consommation marchande L hôpital : une consommation non marchande individualisable La police : une consommation non marchande non individualisable 206 Chapitre 10
207 4 exercice Pouvoir d achat, niveau de vie et mode de vie Le ménage A est composé du père, de la mère et de trois enfants de 5, 8 et 12 ans. Le ménage B est composé du père, de la mère et d un enfant de 10 ans. Dans ces deux ménages, seul le père travaille. Le père du ménage A est professeur des écoles et le père du ménage B est technicien. 1. Le pouvoir d achat Le pouvoir d achat se définit comme la quantité de biens et de services qu un ménage peut se procurer en utilisant son revenu. On peut le mesurer par le revenu disponible réel ou revenu disponible en euros constants : Revenu disponible brut courant x 100 Indice des prix ( Fiche méthode 7, p. 241). Le revenu disponible des deux ménages s élève, en 2008, à euros par mois après déduction des impôts directs et prise en compte des prestations sociales. Ce revenu n a pas changé depuis Sur la même période, les prix ont augmenté de 8 %. a. Si l indice des prix est égal à 100 en 2005, quelle est la valeur de cet indice en 2008? b. Calculer le revenu disponible en euros constants des deux ménages en c. Calculer la baisse du pouvoir d achat de 2005 à d. Comment expliquer cette diminution? 3. Le mode de vie Le mode de vie est l ensemble des manières de vivre et des habitudes de consommation propres à un individu, à un ménage ou à un groupe social. Le ménage A vit au centre d une grande agglomération. Les parents sortent beaucoup : dîners au restaurant, cinéma, théâtre. Ils achètent souvent des magazines de mode et leurs enfants suivent des cours de musique au conservatoire. Le ménage B vit dans un lotissement à la campagne à une vingtaine de kilomètres du lieu de travail du père. Il dispose d un jardin et d un potager, va rarement au cinéma et au théâtre et préfère, pour ses vacances, le camping à la montagne, tandis que le ménage A privilégie les vacances à l étranger. a. Le mode de vie est-il une notion qualitative ou quantitative? b. Pourquoi le mode de vie des ménages A et B est-il différent? 2. Le niveau de vie Pour évaluer le niveau de vie des ménages, il est nécessaire de tenir compte du nombre de personnes vivant au sein de chaque ménage. L Insee mesure le niveau de vie des ménages par le revenu disponible brut divisé par le nombre d unités de consommation (UC) : 1 unité de consommation pour le premier adulte ; 0,5 pour les personnes de 14 ans et plus ; 0,3 pour les moins de 14 ans. a. Pourquoi le deuxième adulte d un ménage ne compte-t-il que pour 0,5 unité de consommation? b. Calculer les niveaux de vie du ménage A et du ménage B. c. Quel ménage a le niveau de vie le plus faible? Pourquoi? Faire le point documents 1 à 4 1. Recopier et compléter le texte ci-dessous avec les termes suivants : qualitative ; revenu par unité de consommation ; l écoute de la radio ; marchands ; niveau de vie ; manières ; l éducation ; privées. La consommation des ménages comprend des biens et services..., comme l achat d un poste de télévision, et non marchands, comme... Certaines consommations sont..., par exemple l achat d une glace, d autres sont collectives, comme... Pour apprécier le... d un ménage, il faut tenir compte du nombre de personnes faisant partie de ce ménage et de leur âge : il correspond au... Le niveau de vie peut donc se mesurer, alors que le mode de vie est une notion... C est l ensemble des... de vivre et de consommer d un ménage ou d un groupe social. 2. Pourquoi la consommation des ménages est-elle un élément fondamental du niveau et du mode de vie? Consommation et mode de vie 207
208 B. Les transformations de la consommation 5 L évolution de la dépense de consommation ( ) Dépense de consommation en volume, base 100 en ,4 Définir 1. Que signifie l expression «dépense de consommation en volume»? ( Fiche méthode 7, p. 241) Calculer 2. Par combien la dépense de consommation en volume a-t-elle été multipliée de 1959 à 2004? 3. En 2004, la dépense de consommation des ménages s élève à 901 milliards d euros. En utilisant l indice de cette dépense en 2004 (445,4) sur une base 100 en 1959, calculer, en volume, la dépense de consommation en ( Fiche méthode 7, p. 241) D après Insee. 6 La consommation des ménages en biens d équipement et le téléphone portable a. Taux d équipement des ménages en % Pour les produits commercialisés en 1960 Pour les produits non commercialisés en Réfrigérateur 27 98,9 Téléviseur 13 94,8 Lave-linge 25 92,2 Automobile 30 80, Lave-vaisselle 44,0 Micro-ordinateur 50,3 Téléphone portable 74,3 Magnétoscope 70,6 Four à micro-ondes 74,3 b. Le succès du téléphone portable Le mobile tel que nous le connaissons est né au début des années 1990 [ ]. Sa diffusion a progressé en France dès 1994 (+ 88 % de 1994 à 1997) avant d exploser littéralement entre 1998 et 2000 (+164 %). Il suffit de se pencher sur les campagnes publicitaires et les tarifs pour comprendre que le portable fut d abord vendu aux professionnels et aux managers, puis aux cadres, puis à leurs enfants et, enfin, à tout le monde ou presque. [ ] Entre-temps, le mobile s est converti en une sorte d ouvre-boîtes universel : messagerie, télécommande, accès Internet, jeux, caméra, musique sont couramment disponibles, et fréquemment utilisés par les jeunes et les gens qui s ennuient. Au bilan, en 2007, on compte 2,4 milliards d utilisateurs du réseau GSM dans le monde. En France, 82 % de la population est équipée, soit 52 millions d usagers, outre-mer compris, dont 14,5 millions ont accès à Internet. Entre 18 et 24 ans, 95 % des habitants ont au moins un portable. Le 1 er janvier 2007, 170 millions de SMS et MMS ont été échangés en France. N. JOURNET, «La culture du mobile - Mon portable, c est moi», Sciences humaines, n 185, août-septembre Définir 1. Qu est-ce qu un taux d équipement? 2. Pourquoi les produits commercialisés en 1960 sont-ils passés d un marché de premier équipement à un marché de renouvellement? 3. Comment le téléphone portable s est-il diffusé dans l ensemble de la population? 208 Chapitre 10
209 7 Un exemple de consommation collective : l enseignement Part des bacheliers dans une génération : 1950 : 5,1 % / 2000 : 62,8 %. Nombre d étudiants post-bac en milliers : : 309,7 / : 2 268,4. Dépense intérieure d éducation par élève aux prix 2004 en euros : 1980 : / 2004 : D après Tableaux de l économie française, Insee, Définir 1. Le cours auquel assistent ces étudiants est-il gratuit ou payant? 2. Pour quelle raison l enseignement est-il pris en charge par l État? Calculer 3. Quel a été le taux d accroissement du nombre d étudiants entre 1960 et ? Cours magistral dans un amphithéâtre, faculté de pharmacie, Marseille 8 La transformation de la structure de la consommation Coefficients Valeur Croissance budgétaires 1 en milliards en volume d euros courants (en %) Alimentation 27,8 13, ,0 Habillement 10,3 3,7 46 1,8 Logement, chauffage et éclairage 10,1 19, ,1 Équipement du logement 8,1 4,5 56 3,0 Santé (à la charge des ménages) 1,9 2,7 34 5,5 Transports et télécommunications 9,2 11, ,7 Communications 0,5 2,1 26 9,9 Culture et loisirs 6,2 7,1 88 4,9 Éducation 0,5 0,5 6 2,3 Hôtel, café et restaurants 5,5 4,7 58 1,5 Autres biens et services 6,4 8,0 99 3,6 Dépense de consommation des ménages 86,5 76, ,2 Consommation des administrations privées 1,7 1,9 23 2,5 Consommation des administrations 11,8 21, ,0 publiques dont : santé 4,1 9,5 éducation 5,3 6,5 Consommation effective des ménages ,3 ( ) 1. Coefficient budgétaire = valeur du poste budgétaire, par exemple l alimentation x 100. consommation effective des ménages Calculer 1. Comment le coefficient budgétaire de l alimentation pour 2005 a-t-il été calculé? 2. De 1960 à 2005, quelles sont les dépenses de consommation des ménages dont la part a augmenté? Quelles sont celles dont la part a diminué? 3. Comment évolue le coefficient budgétaire d une consommation quand le taux de croissance de cette consommation est inférieur à celui de la consommation effective? 4. Pourquoi la part de la «dépense de consommation des ménages» diminue-t-elle de 1960 à 2005? D après Insee. Consommation et mode de vie 209
210 9 L essor de la société de consommation Jusqu au début du XX e siècle, la vertu suprême était l épargne [ ]. Passer d une société frugale d accumulation à une «société de consommation» implique une révolution des valeurs. [ ] La réunion de trois évolutions majeures a permis ce changement radical. Tout d abord, la marchandisation, c est-à-dire la substitution du marché à l autoconsommation, a exposé les ménages à la pression des firmes. Ensuite, la société salariale a installé le travailleur dans la société en lui fournissant la double sécurité d un travail à contrat stable (grâce au fordisme) et de l Étatprovidence 1. Enfin, la hausse du pouvoir d achat, due aux gains de productivité, a dégagé les moyens nécessaires à l augmentation de la consommation des ménages. Ainsi, le salaire du manœuvre (le SMIC horaire d aujourd hui) est passé de 0,29 ancien franc en 1900 à (716 euros) en juillet 2003, soit fois plus ; l indice des prix a été multiplié par Par conséquent, le pouvoir d achat a, quant à lui, été multiplié par 7,7 ( / 2 100) et le prix réel des biens s est donc effondré : le sucre coûte relativement 47 fois moins cher qu en 1900, le kilomètre par voie ferroviaire 16 fois moins, une voiture de moyenne catégorie 5 fois moins, le mètre cube d eau 4 fois moins. En revanche, le coût de la coupe de cheveux a doublé, à l instar de la plupart des services incluant surtout du travail direct et sans gain de productivité possible. J.-P. DELAS, «l économie», Cahiers français, n 315, juillet-août État-providence : forte intervention de l État après la Seconde Guerre mondiale dans les domaines économiques et sociaux. Définir 1. Qu est-ce que la société salariale? Qu est-ce que le pouvoir d achat? 2. Quelles sont les trois évolutions qui ont permis l essor de la société de consommation? 3. Comment expliquer la hausse du pouvoir d achat? 10 Les grandes tendances de la consommation des ménages depuis les années 1960 Apparition de nouveaux produits sur le marché Forte hausse de la consommation en volume Développement des consommations non marchandes Hausse du niveau de vie Transformation de la structure des budgets des ménages Hausse de la productivité du travail et du pouvoir d achat Bréal, Pourquoi la hausse de la consommation en volume et la transformation de la structure des budgets des ménages sont-elles révélatrices de la hausse du niveau de vie? 2. Pourquoi le développement des consommations non marchandes estil une des causes de la hausse du niveau de vie? 3. Rédiger un texte reprenant chaque élément du schéma. Faire le point documents 5 à Vrai ou faux? a. La dépense de consommation des ménages a été multipliée par plus de quatre depuis b. Les dépenses d alimentation des ménages diminuent. c. En 2005, la part de la consommation des administrations publiques dans la consommation effective des ménages représente un peu plus de 20 %. d. Le taux d équipement des ménages en réfrigérateur est aujourd hui proche de 50 %. e. La hausse du pouvoir d achat est une des principales causes de la croissance de la consommation. 2. Comment expliquer l essor de la société de consommation? Faire la synthèse documents 1 à 10 Montrer que la consommation des ménages est aujourd hui profondément différente de celle des années Chapitre 10
211 2 Quels sont les facteurs de la consommation et du mode de vie? La consommation et le mode de vie dépendent de facteurs économiques, comme le revenu, l épargne et les prix, et de facteurs sociaux, comme le groupe social d appartenance ou l âge. La consommation n est pas uniquement un acte économique, elle a aussi une fonction sociale et symbolique. Pour commencer Adrien, Hector et Jules ont une trentaine d années, sont célibataires et sans enfant. Adrien est médecin, Hector vient de créer une entreprise de conseil en informatique et Jules est peintre en bâtiment. Les parents d Adrien, comme ceux de Jules, sont ouvriers. Les parents d Hector appartiennent à la grande bourgeoisie parisienne. Les revenus d Adrien et d Hector sont équivalents et trois fois plus élevés que ceux de Jules. Comment pouvez-vous expliquer les caractéristiques de leur consommation présentées ci-dessous? 1. La consommation totale d Adrien et d Hector est presque trois fois plus forte que celle de Jules. 2. Jules consacre 20 % de son budget à l alimentation contre 10 % pour Adrien et Hector. Pourtant, les dépenses alimentaires de Jules sont moins élevées que celles d Adrien et d Hector. 3. Seul Hector a une employée de maison. 4. Adrien fait du parachutisme, Hector du polo et Jules de la boxe. A. Les facteurs économiques 11 Pouvoir d achat, épargne et consommation de 2004 à (en % 2005 (en % 2006 (en % 2006 par rapport par rapport par rapport en milliards à l année à l année à l année d euros précédente) précédente) précédente) courants Revenu disponible 4,5 3,5 4, ,3 à prix courants Dépense de consommation 4,5 4,1 4,0 993,2 à prix courants Épargne à prix courants 4,4 0,3 5,7 182,1 Taux d épargne 1 15,8 15,3 15,5 Évolution des prix 1,8 1,8 1,9 Pouvoir d achat du revenu 2,6 1,7 2,3 disponible brut Dépense de consommation 2,6 2,2 2,1 en volume 1. Taux d épargne = Épargne x 100. Revenu disponible brut D après Insee. Calculer 1. En utilisant les chiffres de la dernière colonne, montrer que le revenu disponible est égal à la consommation plus l épargne. Définir 2. Qu est-ce que l épargne? le taux d épargne? 3. Pourquoi le pouvoir d achat du revenu disponible augmentet-il moins vite que le revenu disponible à prix courants? 4. Quels sont les trois facteurs qui influencent la dépense de consommation des ménages en volume? Consommation et mode de vie 211
212 12 L influence du revenu : les lois d Engel Ernst Engel ( ), statisticien allemand [ ], tente de dégager une loi générale rendant compte de l évolution de la consommation. Il met en relation la part des dépenses consacrées par un ménage à la nourriture et le revenu dont il dispose. La loi d Engel établit que plus une famille est pauvre, plus grande est la proportion de dépenses alimentaires ou, autrement dit, que la proportion des dépenses de nourriture diminue quand le revenu augmente. Il constate que la nourriture représente 61 % du budget des familles nécessiteuses, 55 % de celui de la classe moyenne et 50 % de celui des familles aisées. L analyse s appuie ainsi sur l étude des coefficients budgétaires qui expriment le rapport entre le montant d une dépense d un ménage affectée à l achat d un bien ou d un service et le montant de la dépense totale. À partir des résultats d Engel, l analyse [a été étendue] à d autres postes budgétaires et complète la «première loi d Engel» par trois autres lois : selon la deuxième «loi d Engel», la part des dépenses consacrées aux vêtements reste à peu près la même, quel que soit le revenu ; selon la troisième «loi d Engel», la part des dépenses d habitation, au chauffage et à l éclairage reste invariable ; selon la quatrième «loi d Engel», lorsque le revenu augmente, la part des «autres» dépenses (dépenses diverses) s accroît davantage que celui-ci. P. RUITORT, Précis de sociologie, PUF, coll. «Major», Définir 1. Qu est-ce qu un coefficient budgétaire? 2. Exposer clairement la première loi d Engel. 3. Pourquoi la valeur du coefficient budgétaire de l alimentation est-elle un indicateur du niveau de vie des ménages? 4. Quelles sont les trois autres lois d Engel? 13 La vérification des lois d Engel Évolution des coefficients budgétaires pour les ouvriers et les cadres en 1956 et 2001 Alimentation Culture et loisirs Coefficients budgétaires, en % 3,7 5,1 5,7 5,7 16,9 12,3 50,6 Ouvriers ,4 3,9 7,8 20,9 21,6 6,8 21,6 25,9 Ouvriers ,2 5,5 11,9 15,9 19,0 11,6 Cadres ,2 4,1 9,9 19,6 21,0 8,0 15,2 Cadres 2001 Habillement Habitation Transports et communication 1. Autres biens et services : restauration et hébergement, biens et services de soins personnels, bijouterie, maroquinerie, gardes des enfants, assurances, services financiers et juridiques entre autres. 1. Donner la signification du chiffre entouré en l intégrant dans une phrase. Santé Autres biens et services 1 2. Pourquoi le coefficient budgétaire de l alimentation des ouvriers est-il plus faible en 2001 qu en 1956? 3. Pourquoi, en 2001, le coefficient budgétaire de l alimentation des ouvriers est-il plus élevé que celui des cadres? 4. Les quatre «lois d Engel» sont-elles vérifiées? D après Insee. 212 Chapitre 10
213 14 exercice L impact du revenu et des prix sur la consommation Léa est une jeune étudiante qui aime beaucoup l opéra. Son budget ne lui permet malheureusement pas d y aller souvent. Elle consacre ses loisirs à des séances de cinéma, beaucoup moins chères. 1. Comment pouvez-vous expliquer les réactions de Léa face aux évolutions suivantes : a. Le budget de Léa double : elle va trois fois plus à l opéra et deux fois moins au cinéma. b. Le prix des places à l opéra est divisé par deux et celui des séances de cinéma triple : Léa va trois fois plus à l opéra et ne va plus au cinéma. 2. Quels sont les facteurs qui influencent la consommation d opéra et de cinéma de Léa? 3. Il est possible de classer les biens selon leur sensibilité à l évolution du revenu, du prix du bien et du prix des autres biens (se reporter au schéma ci-dessous) : a. Pour Léa, l opéra et le cinéma sont-ils des loisirs substituables ou complémentaires? b. Pour Léa, l opéra est-il un bien supérieur, inférieur ou normal? très élastique ou peu élastique? 4. En vous référant à vos propres goûts, donner des exemples de biens supérieur, inférieur, très élastique, peu élastique, substituable. 5. Quel peut être l intérêt au niveau d un pays de connaître la nature des biens consommés en fonction de l évolution des revenus et des prix? Revenu Prix du bien Prix des autres biens Si la consommation augmente plus vite que le revenu Si la consommation augmente moins vite que le revenu Si la consommation diminue quand le revenu augmente Si la consommation diminue fortement quand le prix augmente Si la consommation diminue peu quand le prix augmente Si la consommation du bien B augmente quand le prix du bien A progresse Si la consommation du bien B diminue quand le prix du bien A progresse le bien est inférieur le bien est normal le bien est supérieur le bien est très élastique le bien est peu élastique les biens A et B sont subsituables les biens A et B sont complémentaires 15 L influence de la publicité Observer 1. Quelle est la clientèle visée par cette affiche publicitaire? 2. Pourquoi cette publicité est-elle susceptible d augmenter les ventes de l ipod? 3. La publicité est-elle un moyen pour les entreprises de répondre aux besoins des consommateurs ou de susciter ces besoins? Faire le point documents 11 à Vrai ou faux? a. Le consommateur affecte son revenu disponible à la consommation ou à l épargne. b. Le pain est un bien très élastique. c. Selon la loi d Engel, plus le revenu augmente et plus la part de la consommation alimentaire dans la consommation totale diminue. d. Un bien supérieur est un bien dont la consommation augmente quand le prix baisse. e. Le sucre et le café sont deux biens complémentaires. 2. Quels sont les facteurs économiques qui influencent la décision de consommer des ménages? Consommation et mode de vie 213
214 B. Les facteurs sociaux 16 Le consommateur est influencé par son appartenance à un groupe social L effet d ostentation, ou consommation ostentatoire, caractérise un type de consommation grâce auquel un individu ou un groupe d individus réussit à manifester sa puissance pécuniaire 1 et, par là même, sa position sociale en se procurant des biens d un coût élevé. Thorstein Veblen 2 [ ] constate que les membres des classes supérieures se procurent des biens souvent inutiles à des prix particulièrement élevés. [ ] La logique qui sous-tend ces stratégies de consommation est à la fois économique mais aussi sociale. Il s agit pour les membres de la «classe de loisir», c est-à-dire la bourgeoisie [ ], de prouver une relative aisance monétaire. Veblen, étudiant les pratiques vestimentaires des membres de la classe oisive (vêtements immaculés et peu propices à l effort), constate qu elles trahissent la volonté de témoigner de leur éloignement de toutes formes de participation à une quelconque activité productive. La consommation, phénomène économique, devient un phénomène social. [ ] La consommation de biens économiques revêt une dimension symbolique, elle permet l obtention d une identité sociale, c est-à-dire une place à l intérieur du corps social. La consommation ostentatoire ne caractérise pas exclusivement les classes supérieures et leur souci de distinction, on peut la retrouver à d autres niveaux de la hiérarchie sociale. Les membres des classes moyennes, dans leur volonté de se rapprocher du style de vie des classes supérieures, chercheraient également à manifester leur niveau de vie par une sur-utilisation de biens à caractère distinctif, voulant en cela s éloigner des catégories populaires. J.-C. DROUIN, Tous Économistes, Guide d introduction à l économie, PUF, coll. «Major», Puissance pécuniaire : puissance liée à la richesse. 2. Thorstein Veblen : sociologue américain ( ). Définir 1. Que signifie l expression «effet d ostentation»? 2. Qu est-ce qu un effet de distinction? 3. Pourquoi la consommation a-t-elle une dimension symbolique? 17 Un effet de signe La voiture est une Maybach (marque de très haut de gamme du groupe Mercedes-Benz). Effet de signe : la consommation de certains biens et services permet aux différentes catégories sociales de se reconnaître tout en se distinguant des autres groupes sociaux. Observer 1. Quelle peut être la motivation des ménages qui roulent en voiture de luxe? 2. Pourquoi la possession d une voiture de luxe a-t-elle un caractère distinctif? 3. Expliquer la notion d effet de signe à partir de cette photographie. 214 Chapitre 10
215 18 Sport et groupe social Les différents groupes sociaux n envisagent pas la pratique sportive de la même façon. Il existe tout d abord des sports de classe, à savoir des sports pratiqués presque exclusivement par certaines classes sociales. Par exemple, le golf, le tennis (classes supérieures), la plongée, le parachutisme (classes moyennes), la lutte, la boxe anglaise (classes populaires). Des sports comme le hockey ou le football ne sont pas réservés exclusivement à un seul groupe social. Par ailleurs, un même sport peut correspondre à des pratiques différentes selon les classes sociales. Le vélo peut ainsi donner lieu à des pratiques ascétiques, consistant en des entraînements longs et harassants sur des vélos de compétition (classes populaires), comme à des pratiques de découverte à VTT dans le cadre de la randonnée (le cyclotourisme des classes supérieures). [ ] On observe le plus souvent une diffusion verticale des goûts. La plupart des sports ont été élaborés par un petit groupe appartenant le plus souvent à l élite (exemple de l alpinisme et du tour effectué par les jeunes aristocrates anglais en Europe au XIX e siècle, d où vient le mot «tourisme»), ou à certains groupes culturels (sports californiens dans les années 1950 : surf, rollerskate, parapente). Dans les deux cas, une élite sociale innove d abord en inventant une activité sportive, institutionnalisée ensuite au travers d une fédération généralement contrôlée par un personnel appartenant aux classes supérieures, diffusée enfin en direction de toute la population. Ce schéma général explique bien les cycles sportifs : par exemple, en Europe, le golf qui remplace, en partie, dans les années 1980 le tennis dans la distinction des classes supérieures. A. TRÉMOULINAS, «Les pratiques sportives», Écoflash, n 213, décembre Le choix d un sport est-il indépendant de l appartenance sociale? 2. Expliquer comment les nouveaux sports se diffusent progressivement dans toute la population. 3. En quoi la pratique sportive correspond-elle à un effet de signe? 19 Consommation en biens d équipement selon les caractéristiques des ménages en 2004 % des ménages Congélateur Four à Lave-linge Micro- Internet Voiture micro-ondes ordinateur Selon la taille du ménage Personnes seules 63,7 55,5 79,0 24,6 15,5 55,3 Couples avec trois enfants et plus 90,0 89,9 99,3 73,9 46,7 93,5 Famille monoparentale 81,6 83,0 96,3 51,2 30,3 77,5 Selon l âge de la personne de référence ans 78,0 84,0 92,3 59,3 39,8 87,7 60 ans et plus 79,9 59,1 93,6 16,2 9,8 68,8 Selon la CSP Agriculteurs exploitants 90,5 72,6 99,3 59,7 47,8 95,8 Ouvriers 80,8 81,8 92,9 41,4 21,6 85,2 Employés 78,3 80,5 90,7 49,8 31,1 76,5 Cadres 82,2 81,1 95,2 80,4 66,9 91,2 Ensemble 80,1 74,3 92,2 45,0 30,3 80,7 Observer 1. Quel est le pourcentage de ménages qui possèdent un lave-linge? 2. Donner, pour chacune des variables (taille, âge, CSP), un exemple de bien d équipement pour lequel les disparités sont fortes. 3. Quels sont les facteurs sociaux expliquant les disparités de taux d équipement? D après Insee. Consommation et mode de vie 215
216 20 L influence de l âge : le cas du maquillage [Au lycée,] pour attirer les garçons, il faut un maquillage voyant, «alors on y va à fond». Pour certaines, c est le début du fond de teint et surtout du rouge à lèvres, un objet important de signe de passage entre l adolescence et la jeunesse. Il est un signe fort de féminisation. C est le groupe de pairs qui détermine la marque à acheter : L Oréal, Bourgeois ou Nivéa. C est une période importante de catégorisation et de stigmatisation entre groupes de pairs entre les «babas», les «grunge» ou les «fashion victims» qui se maquillent trop, par exemple. [ ] À l université, pour une partie des jeunes filles, c est une période qui perd pour objectif de paraître provocante car la norme du groupe change. Une partie des jeunes est alors fortement anti-marque. Ce sont eux que l on retrouve en partie dans les mouvements anti-publicitaires. En cette même étape, les sorties en soirée sont plus importantes et il faut à la fois y séduire et s y sentir belle. [ ] Les usages se spécialisent avec, par exemple, un maquillage léger de jour et un maquillage «plus marqué et plus lourd en soirée», avec du gloss sur les lèvres et des paillettes sur les joues. Se maquiller les lèvres, et pas seulement les yeux, est vécu par certaines comme un signe d aboutissement, une sortie de l adolescence pour entrer dans l âge adulte. D. DESJEUX, La Consommation, PUF, coll. «Que sais-je?», 2006, enquête sur le maquillage auprès d étudiantes. 1. L achat de produits de maquillage est-il une consommation ostentatoire? 2. Quel est le facteur social qui explique dans cette enquête les différentes façons de se maquiller? 21 Origine socioprofessionnelle des étudiants français dans l enseignement supérieur en Catégorie Université CPGE 2 STS 3 Autres Ensemble Part de socioprofessionnelle formations chaque du chef de famille CSP dans la population active Agriculteurs 2,0 2,0 4,5 2,4 2,3 2,4 Artisans, commerçants 6,7 7,6 8,3 8,7 7,3 5,7 et chefs d entreprise Professions libérales 32,2 51,9 14,3 34,1 31,2 14,0 et cadres supérieurs Professions 15,5 14,4 16,1 13,0 15,1 20,9 intermédiaires Employés 12,9 8,5 16,6 9,0 12,5 30,1 Ouvriers 10,5 5,0 2,1 5,8 10,7 26,9 Autres 1 20,2 10,6 19,2 27,0 20,9 Total D après Insee et TEF, Retraités, inactifs, indéterminé. 2. Classes préparatoires aux grandes écoles. 3. Sections de techniciens supérieurs. Observer 1. Donner la signification du nombre entouré en l intégrant dans une phrase. 2. Comparer la part des étudiants dont le chef de famille est «ouvrier» à l université avec la part des «ouvriers» dans la population active. 3. Les enfants des différentes catégories sociales ont-ils les mêmes chances de poursuivre des études supérieures? 216 Chapitre 10
217 22 Hausse du niveau de vie, transformation des modes de vie mais maintien des inégalités L état des lieux montre que la France est loin d être constituée d un vaste corps homogène et «moyennisé» comme on a pu le croire un temps. Selon l Insee, en 2002, seuls 13 % des cadres n avaient lu aucun livre, contre 64 % des ouvriers. En 2000, 17 % de ceux qui avaient au mieux le certificat d études sont allés au théâtre ou au concert au moins une fois dans l année, contre 57 % de ceux qui avaient un diplôme supérieur au bac Par ailleurs, les inégalités passent de plus en plus par la capacité d acheter des services, et notamment le temps des autres, femmes de ménage, loisirs, cours privés, une économie de services inégalitaires se met en place. La diffusion du téléviseur, du téléphone portable ou de certaines marques de vêtements ne masque que pour ceux qui refusent désormais de les voir les inégalités massives des niveaux et des modes de vie. La France s est enrichie, et c est heureux, les pauvres n ont plus le même niveau de vie que ceux des années Ils sont pour la plupart logés et ne souffrent plus de la famine, mais l écart qui les sépare des plus aisés a recommencé à s accroître. Certes, la qualité de la vie d une société ne se résume ni à une tension inégalitaire ni à la domination des uns sur les autres. La vie «bonne» et idéale, comme disent les philosophes, n est pas nécessairement celle du plus diplômé ou du mieux rémunéré. Si c était le cas, les tensions à l intérieur des sociétés comme entre les sociétés seraient bien plus fortes. Mais aujourd hui, la réouverture des inégalités sonne comme un retour en arrière pour beaucoup de catégories. L. MAURIN, «Inégalités sociales : grandes tendances», dans L État de la France, , La Découverte, Que signifie la phrase soulignée? 2. Quels sont les types d inégalités mises en évidence dans ce document? 3. Une société peut-elle connaître à la fois une hausse du niveau de vie et le maintien, voire l aggravation, des inégalités? 23 Le rôle des facteurs économiques et sociaux sur la consommation : schéma de synthèse Revenu Épargne Groupe social d appartenance Prix Consommation Âge 1. La hausse du prix d un bien entraînet-elle toujours la baisse de la consommation de ce bien? 2. Rédiger un texte reprenant tous les éléments de ce schéma. Publicité Taille du ménage Lieu d habitation Bréal, Faire le point documents 16 à QCM ➀ Une consommation ostentatoire : a. permet au consommateur d affirmer sa position sociale. b. est une consommation qui ne concerne que les ouvriers. c. permet au consommateur de payer moins d impôts. ➁ La pratique sportive : a. est indépendante de l origine sociale. b. est uniquement déterminée par le revenu. c. n est pas indépendante de l origine sociale. ➂ La possession d un congélateur dépend : a. principalement du revenu. b. principalement de la taille du ménage. c. principalement de la CSP et de la taille du ménage. ➃ Les cadres lisent en moyenne plus de livres par an que les ouvriers. Cet écart s explique par : a. les différences de revenus entre les ouvriers et les cadres. b. un temps de travail plus faible pour les cadres que pour les ouvriers. c. un niveau de formation plus important pour les cadres que pour les ouvriers. 2. Le revenu est-il le seul facteur de la consommation? Faire la synthèse documents 11 à 23 Les inégalités de consommation s expliquent-elles uniquement par les inégalités de revenus? Consommation et mode de vie 217
218 À retenir Consommation et mode de vie 1 Que consommons-nous? A. De la consommation au mode de vie La consommation permet de satisfaire les besoins humains, matériels et sociaux. Elle est individuelle lorsque les biens ne peuvent être consommés que par une seule personne. Les biens collectifs sont ceux qui peuvent être consommés par plusieurs personnes en même temps. Les biens privés sont des biens dont la consommation est individuelle et qui sont produits par des entreprises privées en échange d un prix. La consommation marchande désigne les biens et les services produits par les entreprises et consommés par les ménages. La consommation est non marchande quand elle est assurée par les administrations. Les administrations prennent en charge les services collectifs qui ne peuvent être produits par les entreprises (police, justice, défense nationale, par exemple) et des services, comme l enseignement et la santé, dont l utilité sociale est forte. La dépense de consommation mesure les dépenses réellement supportées par les ménages. La consommation effective tient compte des consommations non marchandes prises en charge par les administrations et dont les destinataires, les ménages, sont identifiables. Le pouvoir d achat mesure la quantité de biens et de services que peuvent se procurer les ménages grâce à leur revenu disponible. Le niveau de vie est une notion quantitative qui tient compte de la taille du ménage ; le mode de vie, une notion qualitative. B. Les transformations de la consommation Depuis les années 1960, la consommation a fortement augmenté. La croissance a surtout été forte pendant les Trente Glorieuses grâce à l intervention de l État, aux gains de productivité, à la progression du pouvoir d achat et à la diffusion des biens d équipement. Depuis les années 1980, la consommation progresse moins vite, mais la croissance des produits liés aux nouvelles technologies est forte. La structure de la consommation des ménages s est radicalement transformée : baisse de la part de certaines dépenses comme l alimentation ou l habillement, hausse des dépenses de logement, de santé et d éducation. Un peu plus de 20 % de la consommation effective des ménages est prise en charge par les administrations. 2 Quels sont les facteurs de la consommation et du mode de vie? A. Les facteurs économiques Le montant de la consommation dépend de l arbitrage entre consommation et épargne, et du pouvoir d achat du revenu disponible. La structure de la consommation est influencée par les préférences des consommateurs et la sensibilité de la demande aux variations des prix et des revenus. Les entreprises, par la publicité, peuvent agir sur le choix des consommateurs. L évolution de la consommation vérifie la loi d Engel aussi bien au cours du temps qu à un moment donné en fonction du revenu disponible : la part de l alimentation dans le budget des ménages est d autant plus forte que le revenu est faible. 218 Chapitre 10
219 B. Les facteurs sociaux La consommation est aussi un moyen pour affirmer son appartenance à un groupe social. Elle permet aux ménages tout à la fois de se distinguer des autres groupes sociaux et de les imiter.la consommation dépend de multiples facteurs sociaux : l appartenance à un groupe social, l âge, le lieu d habitation, la taille du ménage. La consommation n est pas uniquement un acte économique : elle a une fonction sociale. C est un acte symbolique, un langage qui produit des signes. L effet de signe signifie qu en consommant certains biens et services les différentes catégories sociales se reconnaissent tout en se distinguant des autres groupes sociaux. Depuis les années 1960, le niveau de vie a augmenté et les modes de vie traditionnels sont moins marqués. Mais les inégalités et les disparités de consommation persistent tant au niveau de l accès aux biens de consommation qu au niveau des consommations non marchandes. Elles s expliquent par les écarts de revenus et d autres facteurs comme l âge, la taille de la famille, la catégorie socioprofessionnelle ou le lieu d habitation. Les modes de vie restent spécifiques : chaque groupe social produit ses propres normes de consommation. Schéma de synthèse Consommation : satisfaction des besoins humains, matériels et sociaux De la consommation au mode de vie Consommation individuelle/collective, marchande/non marchande Que consommons-nous? Niveau de vie : notion quantitative Mode de vie : notion qualitative Forte hausse de la consommation surtout pendant les Trente Glorieuses Les transformations de la consommation Modification de la structure des budgets des ménages confirmant la loi d Engel Consommation et mode de vie Hausse du niveau de vie et transformation des modes de vie Quels sont les facteurs de la consommation et du mode de vie? Les facteurs économiques Les facteurs sociaux Montant de la consommation : pouvoir d achat et taux d épargne Structure de la consommation : revenu, prix et goûts des consommateurs Appartenance à un groupe social : effet de distinction et d'imitation Autres facteurs sociaux comme l âge, la taille du ménage, le lieu d habitation Maintien des inégalités et des disparités de consommation selon le revenu et le groupe social : modes de vie spécifiques Notions au programme Biens privés/biens collectifs Pouvoir d achat Niveau de vie Effet de signe Consommation et mode de vie 219
220 Évaluer ses acquis 1 Mettre en évidence le rôle des consommations dans le niveau de vie 1. Consommations individuelles, collectives, marchandes et non marchandes Recopier et compléter le tableau les termes suivants : acheter un jean, se rendre chez le médecin, aller à un concert, assister à un cours à l université, louer un appartement, rouler sur une route nationale, bronzer sur une plage non payante,assister à un match de foot, visiter un musée, se promener dans un jardin public, faire un voyage en avion. Consommation individuelle Consommation collective Consommation marchande Consommation non marchande 2. Le rôle de la consommation dans le niveau de vie Soit deux ménages, le ménage A et le ménage B : le ménage A est composé de deux adultes et de deux enfants de moins de 14 ans ; le ménage B est composé de deux adultes. Recopier et compléter le tableau ci-dessus. Utiliser l échelle d équivalence suivante : premier adulte = 1 UC, second adulte = 0,5 UC, enfant en dessous de 14 ans = 0,3 UC. Par an Ménage A Ménage B Consommation en euros Alimentation en euros Consommation en UC 1 Coefficient budgétaire de l alimentation 1. UC : unité de consommation. Cette mesure permet de tenir compte de la composition du ménage. a) Que remarque-t-on concernant les coefficients budgétaires de l alimentation de ces deux ménages? b) Quel ménage a le niveau de vie le plus faible? c) De quelles autres consommations faudrait-il tenir compte pour apprécier véritablement le niveau de vie? 2 la diversité des facteurs de la consommation 1. Les facteurs économiques Recopier et compléter le texte ci-dessous à l aide des expressions suivantes : 80 à 85 %,épargnée,alimentation, moins vite, administrations, montant, supérieurs, quatre, part. La consommation dépend de plusieurs facteurs économiques. Bien que les ménages ne consomment pas la totalité de leur revenu puisqu une partie de celui-ci est..., il existe une relation forte entre le revenu et le... de la consommation. En moyenne,... du revenu est consommé. Il faut cependant tenir compte de l évolution des prix car le pouvoir d achat n augmente que si les prix progressent... que le revenu. En France, comme dans les autres pays développés, depuis les années soixante, la consommation totale a été multipliée par... et sa structure s est déformée : baisse de la part de l..., de l habillement et de l équipement du logement au profit des dépenses de logement, de culture, de loisirs, de santé et d éducation. En effet, quand le revenu augmente, la consommation des biens dits... progresse plus vite et leur... augmente. Le rôle de l État est loin d être négligeable puisqu une partie de la consommation effective, un peu plus de 20 %, est prise en charge par les Les facteurs sociaux Observer le tableau en haut de la page 221. Montrer à l aide de chiffres précis : a) qu à l âge adulte, les pratiques culturelles des enfants de cadres sont toujours supérieures à celles des enfants d ouvriers ; b) que les pratiques culturelles augmentent quand les enfants de cadres comme les enfants d ouvriers ont au moins pratiqué une activité culturelle pendant l enfance ; c) que les pratiques culturelles ne dépendent pas uniquement de la catégorie socioprofessionnelle. 220 Chapitre 10
221 Évaluer ses acquis Les pratiques culturelles à l âge adulte selon les pratiques pendant l enfance et l origine sociale en 2000 (en %) Lecture de Cinéma 1 Musée, exposition, Théâtre, Au moins une livres 1 monument concert 1 pratique culturelle historique à l âge adulte Enfant de cadres avec au moins une activité culturelle pendant l enfance Enfant de cadres sans activité culturelle pendant l enfance Enfant d ouvriers avec au moins une activité culturelle pendant l'enfance Enfant d ouvriers sans activité culturelle pendant l'enfance Insee, enquête «Transmissions familiales», partie variable de l Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages d octobre Champ : personnes de 15 ans ou plus, n ayant pas été élevées en institution. Lecture : 57 % des enfants d'ouvriers qui n avaient aucune activité culturelle étant enfants en pratiquent au moins une à l'âge adulte. 1. Lecture de livres : au moins un livre au cours des douze derniers mois ; cinéma, musée, exposition, monument historique, théâtre, concert : au moins une fois au cours des douze derniers mois. 3 Montrer la dimension symbolique de la consommation Voici quelques questions extraites d un test sur la bourgeoisie : 1. Disposez-vous d au moins une personne à temps plein pour vos besoins domestiques? 2. En plus de votre résidence principale, disposez-vous d au moins deux autres résidences? 3. Enfants, vos parents vous emmenaient-ils dans les musées de façon régulière? 4. Allez-vous au théâtre, au concert ou à l opéra au moins une fois par mois en moyenne? 5. Achetez-vous des œuvres d art ou des antiquités? M. PINÇON et M. PINÇON-CHARLOT, Sociologie de la bourgeoisie, La Découverte, coll. «Repères», 2003 a) Quelles sont les questions qui, en cas de réponse positive, indiquent des revenus élevés? b) Quelles sont les questions qui, en cas de réponse positive, ne sont pas nécessairement un signe de revenus élevés? c) Montrer à l aide d exemples précis que certaines consommations sont des consommations ostentatoires et ont un caractère symbolique. QCM 1. La dépense de consommation des ménages : a. comprend les consommations non marchandes. b. comprend uniquement les consommations marchandes. c. désigne la consommation de biens privés. 2. Un bien collectif est un bien : a. qui est gratuit. b. qui est toujours produit par une administration. c. qui peut être consommé par plusieurs personnes. 3. Le pouvoir d achat se mesure par : a. Revenu disponible courant / indice des prix. b. Revenu disponible dépense de consommation. c. Revenu disponible épargne. 4. Le niveau de vie est une notion : a. qualitative. b. quantitative. c. synonyme de mode de vie. 5. La loi d Engel signifie que les dépenses alimentaires : a. diminuent quand le revenu augmente. b. augmentent moins vite que le revenu. c. stagnent quand le revenu augmente. 6. Un effet de signe indique que : a. le consommateur doit restreindre ses dépenses. b. la consommation d un bien permet d affirmer son identité sociale. c. la consommation d un bien est exceptionnelle. Consommation et mode de vie 221
222 TD Les vacances : une consommation de masse? Utiliser les résultats d une enquête 1 Sources et champ de l étude Sources Les vacances des Français sont étudiées régulièrement depuis les années Les informations sur les départs en vacances entre le 1 er octobre 2003 et le 30 septembre 2004 proviennent de l Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages réalisée en octobre 2004, auprès d un échantillon 1 de ménages ordinaires en France métropolitaine. Avant 1995, les informations sur ce sujet provenaient de l Enquête de conjoncture auprès des ménages, enquête quadrimestrielle menée depuis les années Cette enquête posait des questions sur les vacances deux fois par an, en mai sur la saison d hiver s achevant, en octobre sur la saison d été. La mesure des vacances est donc légèrement modifiée à partir de 1999, puisqu on détaille désormais les déplacements sur l ensemble de l année. Champ de l étude : toutes personnes, même étrangères, qui vivent en France métropolitaine, dans un ménage ordinaire (ni en foyer, ni en institution de santé ou de retraite, ni en cité universitaire ). Par convention, elles sont désignées dans le texte comme les Français. Insee Première, n 1093, juillet 2006, 1. Il s agit d un échantillon représentatif des personnes vivant en France métropolitaine : les ménages de cet échantillon ont les mêmes caractéristiques socio-économiques que l ensemble des ménages. 2 Évolution des taux de départ en vacances 1 ( ) Taux de départ En été En hiver Annuel Insee, Enquêtes permanentes sur les conditions de vie des ménages,1999, 2004 et Enquêtes quadrimestrielles, Lecture : 59 % des Français sont partis au moins une fois en vacances lors de l'été Vacances : déplacements d agrément d au moins quatre nuits consécutives hors du domicile. ➊ Faire une phrase avec le chiffre entouré. ➋ Depuis 1975, comment a évolué le taux annuel de départ en vacances? ➌ L évolution du taux annuel de départ en vacances s explique-t-elle principalement par le taux de départ en été ou par le taux de départ en hiver? ➊ Quel est l objet de cette enquête? ➋ Toutes les personnes vivant en France métropolitaine ont-elles été interrogées? ➌ Pourquoi les résultats de cette enquête peuvent-ils être considérés comme fiables pour étudier les vacances des personnes vivant en France métropolitaine? 3 Évolution des départs en vacances ( ) selon la saison et le niveau de vie Niveaux de vie 1 Année Non partis Partis en été (de mai à Partis en hiver (d octobre Partis en été par quartile septembre) uniquement à avril) uniquement et en hiver Premier ,2 30,5 3,7 7, ,9 31,4 4,9 9,7 Deuxième ,5 34,8 5,1 15, ,6 34,5 5,6 21,2 Troisième ,8 37,2 4,8 27, ,1 34,6 5,3 29,0 Quatrième ,2 33,4 4,3 45, ,9 28,1 5,4 50,6 Total ,5 33,9 4,5 23, ,4 3 32,2 5,3 27,1 Insee, Enquêtes permanentes sur les conditions de vie des ménages, 1999, Le niveau de vie de l individu est mesuré par le revenu par unité de consommation du ménage auquel il appartient. 2. Les quartiles partagent la population en quatre parties d un même effectif ; le premier quartile regroupe ici les 25 % de Français vivant dans des ménages dont le niveau de vie est le plus faible ,4 % des Français ne sont pas partis en vacances sur un total de 59,1 millions de personnes vivant dans des ménages. ➊ Faire une phrase avec le chiffre entouré. ➋ Les Français, quel que soit le niveau de leur revenu, partent-ils plus en vacances en 2004 qu en 1999? ➌ Calculer le nombre de Français qui ne sont pas partis en vacances en ➍ Quelle tendance peut-on dégager en observant les taux de départ en été uniquement pour les Français dont le niveau de vie se situe au-dessus du premier quartile? ➎ Le niveau de vie est-il une explication pertinente des écarts de taux de départ en vacances? 222 Chapitre 10
223 Travaux dirigés 4 Évolution des taux de départ en vacances selon l âge ( ) Âge Moins de 20 ans De 20 à 34 ans De 35 à 49 ans De 50 à 64 ans 1 65 ans et plus Ensemble Taux de départ (%) 60,3 72,4 62,5 65,1 60,6 67,6 49,9 65,8 40,7 48,1 56,1 64,6 Insee, Enquêtes mensuelles de conjoncture auprès des ménages, 1979 et Enquête permanente sur les conditions de vie, Entre 1979 et 2004, les revenus des ans ont augmenté plus vite que les revenus de l ensemble des Français. La génération des ans en 1979 partait moins en vacances quand elle avait moins de 20 ans que la génération des ans en ➊ Les taux de départ en vacances ont-ils augmenté pour toutes les tranches d âge? ➋ Quelle est la tranche d âge qui part le plus en vacances en 2004? ➌ Quelle est la tranche d âge dont le taux de départ en vacances a le plus augmenté de 1979 à 2004? ➍ Quelles peuvent être les causes de l augmentation des taux de départ en vacances des ans? ➎ Expliquer pourquoi les disparités dans les taux de départ en vacances selon l âge sont dues à la fois à un effet d âge et à un effet de génération (comportement partagé par des personnes nées à la même époque). 5 Personnes n ayant pas pris de vacances ou étant parties plus de quarante jours en 2004 selon la CSP et quelques autres caractéristiques (%) Caractéristiques Personnes n ayant pas Personnes ayant pris plus pris de vacances de 40 jours de vacances CSP de la personne de référence du ménage Agriculteur 58,3 0,3 Artisan, commerçant 30,7 7,8 Cadre 10,6 23,8 Profession intermédiaire 22,5 10,9 Employé 36,2 8,1 Ouvrier 46,2 4,7 Retraité 45,4 16,0 Données géographiques Littoral 45,4 10,2 Hors littoral 34,3 12,0 Montagne 42,1 5,6 Hors montagne 34,9 12,3 Résidence secondaire ou non Résidence secondaire 11,0 34,4 Pas de résidence secondaire 40,0 7,5 Jardin dans la résidence principale ou non Jardin 35,5 9,4 Pas de jardin 35,3 15,3 Population totale 35,4 11,8 ➊ Quelles sont les quatre catégories socioprofessionnelles qui partent moins en vacances que la population totale? Pourquoi? ➋ Quel est le pourcentage de cadres qui part plus de quarante jours en vacances? ➌ Le lieu d habitation a-t-il une influence sur les départs en vacances? ➍ Quelles sont les deux autres variables qui permettent d expliquer les disparités des taux de départ en vacances? Insee, Enquêtes permanentes sur les conditions de vie des ménages, 1999, L augmentation des taux de départ en vacances a-t-elle fait disparaître les inégalités? Consommation et mode de vie 223
224 Conclusion Une première approche du circuit économique 1. Qu est-ce que le circuit économique? Le «circuit» est une représentation simplifiée de l activité économique. Chaque jour, de multiples acteurs réalisent des opérations économiques si nombreuses que l on ne peut toutes les décrire. Pour mieux comprendre la réalité et n en garder que les traits principaux, les économistes ont donc conçu des représentations simplifiées qui insistent sur ce qu ils considèrent comme l essentiel : [ ] l approche en termes de «circuit» présente les relations qu entretiennent les acteurs à l occasion de la circulation de flux : ce que produisent les uns, d autres le consomment ; ce que dépensent les uns, d autres le gagnent ; ce que veulent les uns, d autres le leur apportent. S. TULET, «Le circuit économique», Cahiers français, n 315, juillet-août Le circuit est-il une représentation exacte de l économie? 2. Pourquoi peut-on affirmer que les agents sont interdépendants? 3. Quel est l intérêt d une approche en termes de circuit? 2. Le circuit des fonctions économiques À l aide de ce qui a été appris durant l année, répondre aux questions suivantes : 1. Quelle est la seule activité qui permet de créer des richesses? 2. Pourquoi peut-on affirmer que seule la production est à l origine des revenus? 3. Que font principalement les agents économiques avec leurs revenus? 4. En quoi cette dernière fonction permet-elle de fermer la boucle? Recopier et compléter le circuit suivant en s appuyant sur les réponses aux questions précédentes : 224 Conclusion
225 3. Les interdépendances des agents économiques 3. 1 Un circuit simple À l aide de ce qui a été appris durant l année, répondre aux questions suivantes : 1. Quel est le principal revenu que les ménages obtiennent des entreprises? 2. En échange de quoi les ménages reçoivent-ils ce revenu? 3. Quelle est la principale utilisation du revenu des ménages? 4. Que produisent les entreprises et à quoi cela sert-il? Recopier et compléter le circuit suivant en s appuyant sur les réponses aux questions précédentes : Entreprises Ménages 3. 2 Un circuit un peu plus détaillé À l aide des renseignements donnés dans le texte suivant, recopier et compléter le circuit ci-dessous représentant l économie d un pays imaginaire appelé Littleland (l unité monétaire de Littleland est le fidus) : En 2008, les entreprises de Littleland ont versé 900 fidus en salaires et en profits aux ménages. Ces derniers ont aussi reçu 150 fidus de salaires de la part des administrations. Les ménages ont acheté pour fidus de biens et de services aux entreprises. Les impôts et les cotisations sociales versés par les entreprises se montent à 100 fidus ; ceux qui sont versés par les ménages s élèvent à la même somme. Les ménages reçoivent 50 fidus de prestations sociales. Ce circuit est une représentation simplifiée d une économie. Quels sont les agents économiques et les fonctions économiques que l on pourrait ajouter? (Penser au titre du chapitre 9, à ce que produisent les administrations, à la provenance des produits que l on consomme ) Conclusion 225
226 Fiches méthode et exercices méthodologiques
227 Sommaire Fiche méthode 1 - Lecture et analyse d un texte Fiche méthode 2 - Lecture de tableaux à double entrée Fiche méthode 3 - Proportions et pourcentages de répartition Fiche méthode 4 - Moyenne arithmétique simple et pondérée, médiane Fiche méthode 5 - Les représentations graphiques Fiche méthode 6 - Les mesures des variations (coefficient multiplicateur, taux de variation, indice simple) Fiche méthode 7 - Évolution en valeur / en volume Exercices méthodologiques
228 1 Lecture et analyse d un texte Fiche méthode En Sciences économiques et sociales, le travail sur documents est primordial. Ces documents sont de formes diverses (graphiques, tableaux, schémas ), mais un grand nombre d entre eux sont des textes. L analyse de textes est un exercice difficile qu il faut mener avec méthode. La règle prioritaire (que l on retrouve aussi dans l analyse des autres types de documents) est qu il faut toujours aller du général au particulier. Cela signifie qu il faut, en priorité, trouver l idée générale du texte et, seulement après, travailler sur les idées secondaires. Présentation Lecture et compréhension du texte Il faut procéder méthodiquement. 1. Situer le texte : le titre donne généralement une indication sur le contenu du texte ; la source permet de situer le texte en apportant certains renseignements, comme le nom de l auteur, la nature de la publication (qui peuvent donner des indications sur l orientation du texte) et la date de la publication, qui permet de situer le texte dans le temps. 2. Lire une première fois le texte : l objectif est de faire ressortir le sens général du texte sans s attarder sur les détails. Il ne faut surtout pas se polariser sur ce qui n est pas compris, mais au contraire se raccrocher à ce qui est clair de façon à en faire un point de départ du travail de décryptage. 3. Lire le texte de façon approfondie : il ne faut pas chercher à comprendre le texte de la même façon que l on écrit, c est-à-dire mot à mot ; pour comprendre une phrase, c est l ensemble qu il faut lire. Il ne faut pas s arrêter à un mot dont on ne connaît pas le sens, mais toujours se demander si ce mot empêche de comprendre la signification globale de la phrase et s il n est pas possible de procéder par inférence, c est-à-dire de déduire le sens du mot grâce au contexte. Il est conseillé de : vérifier dans un dictionnaire de Sciences économiques et sociales (si un dictionnaire est disponible ce qui n est pas le cas en situation de devoir ou d examen) le sens des termes que vous avez déduits ; souligner (lorsque cela est possible) les expressions et les passages les plus importants ; rechercher le plan du texte afin de mettre en évidence l enchaînement des idées et la logique de l auteur. Certains connecteurs comme «de plus», «donc», «en revanche», «mais» peuvent vous aider dans cette démarche. Analyse du texte 1. Trouver l idée générale du texte : il s agit de le résumer à l extrême grâce à une ou deux phrases. 2. de façon plus approfondie le texte ; suivant l exercice qui vous est demandé, cela peut consister à : répondre à une ou plusieurs questions : la réponse à apporter doit être structurée et éviter la paraphrase. Généralement, les questions vous guident en vous invitant à réfléchir sur les idées plus secondaires du texte ; analyser le texte : il faut respecter la règle «du général au particulier». Vous devez d abord faire ressortir l idée principale que l'on peut tirer du texte (voir 1.) en faisant abstraction des données secondaires ou anecdotiques, puis mettre en évidence la logique de l auteur en s attachant à exprimer les enchaînements et les idées secondaires, mais importantes. L analyse peut aussi consister à développer une réflexion personnelle et parfois critique en cherchant éventuellement un contre-exemple ou en rappelant les thèses qui s opposent à celle de l auteur. 228 Fiches méthode
229 Exemple 1 Pourquoi les rémunérations des femmes sont-elles inférieures à celles des hommes? Dans le secteur privé et semi-public, le salaire moyen des femmes à temps complet est égal à 82 % de celui des hommes. [ ] Il existe deux manières d expliquer les inégalités entre hommes et femmes. Selon la première, les entreprises ne font que dupliquer ou aggraver les discriminations que la société fait peser sur les femmes. Les études et les compétences féminines sont moins valorisées et rémunérées ; les métiers de femmes sont déconsidérés. Cette thèse ne suffit pas. Car elle omet une autre explication indispensable, selon laquelle le temps que les femmes passent au travail est de facto limité par la prise en charge des tâches domestiques et familiales. Dès la mise en couple, et, pire encore à l arrivée d un enfant, le poids de ces tâches s accroît. Simultanément, chaque parent s installe dans un rôle : les hommes augmentent leur investissement professionnel et les femmes réduisent le leur. [ ] Et pour cause : ces tâches ménagères représentent une cinquantaine d heures par semaine dont les deux tiers au moins assurés par les mères! De surcroît, cette charge est rigide, prédéterminée par les horaires des crèches et des écoles Or, malgré la hausse du travail féminin, la société n a pas engagé de reformes. Lecture et compréhension du texte Situer le texte : le titre : il donne ici une indication précise sur le contenu du texte ; la source : l auteur, Dominique Méda, est une philosophe, spécialiste de l étude du travail. Lire une première fois le texte : Dominique Méda donne les raisons des écarts de salaires entre les hommes et les femmes. Lire le texte de façon approfondie : Discrimination : le sens de ce terme peut être déduit du contexte : fait de défavoriser ou au contraire de favoriser certains individus en fonction de critères subjectifs. Dominique Méda remarque les écarts de salaires entre les hommes et les femmes puis elle les explique par deux raisons principales. D. MEDA, dans Le Petit Économiste illustré, Bréal, Analyse du texte Trouver l idée générale du texte : Les écarts de salaires entre les hommes et les femmes s expliquent d une part par la discrimination que celles-ci subissent de la part des entreprises, et d autre part par l importance des tâches domestiques qui limitent leur implication professionnelle. le texte de façon plus approfondie : Les femmes s impliquent souvent moins que les hommes dans leur métier car le temps qu elles passent dans le cadre du travail domestique : est bien plus élevé que celui des hommes ; s accroît avec la mise en couple et la naissance des enfants ; est peu flexible (horaire des écoles ou des crèches ). Fiche méthode Application le texte suivant : L Europe est d abord un enfant économique de la paix.voilà, en effet, deux générations que les Européens vivent sans se battre : ils ne nous avaient pas habitués à une si longue sagesse. Sans doute leur a-t-elle permis de s interroger sur les pulsions qui les faisaient s entre-déchirer périodiquement. Et tragiquement. Ces pulsions ruinaient leurs efforts d investissement, recherche, organisation, échange, donc de croissance et d amélioration de conditions de vie, tandis que les autres pays les regardaient et que les États-Unis croissaient continûment. C est de ce désir de paix qu est née la stratégie des pères de l Europe : mettre en place des logiques économiques destinées à faire changer la réalité politique, graduellement certes, mais immanquablement. C est ainsi que la réduction des tarifs douaniers a accru la concurrence, donc accru les spécialisations par secteurs et régions, en même temps que les échanges s organisaient entre les belligérants d hier, sur le charbon et l acier. Il fallait bien commencer quelque part, et il fallait recommencer par construire. J.-P. BETBÈZE, dans Le Petit Économiste illustré, Bréal, Fiches méthode 229
230 2 Lecture de tableaux à double entrée Fiche méthode Pour découvrir et analyser la réalité économique et sociale, on a souvent besoin d utiliser des informations chiffrées. Les tableaux permettent de concentrer dans un espace réduit des données statistiques nombreuses. Présentation Les deux principales formes de tableau Lorsque qu un seul des caractères d une population est étudié, les résultats sont regroupés dans un tableau à une entrée. Par exemple : Taux de nuptialité en 2005 (en ) Allemagne 4,7 Espagne 4,8 France 4,5 Italie 4,3 Royaume-Uni 5,2 Lorsque deux caractères sont étudiés, on les représente à l aide d un tableau à double entrée. Par exemple : Taux de nuptialité (en ) Allemagne 6,3 4,7 Espagne 5,9 4,8 France 6,2 4,5 Italie 5,7 4,3 Royaume-Uni 7,4 5,2 D après Insee. D après Insee. La lecture d'un tableau à double entrée : Il est nécessaire de respecter certaines règles de méthode : 1. Lire et analyser le titre ; il indique le sujet abordé et le champ étudié. 2. Lire et analyser la source et les annotations éventuelles. 3. Rechercher les unités. S il s agit de pourcentages, se demander si ce sont des pourcentages de répartition (lorsque c est le cas, il peut être important de vérifier si une colonne ou une ligne correspond à 100 % ( Fiche méthode 3, p. 232)) ou des pourcentages de variation ( Fiche méthode 6, p. 238). S il s agit de milliers, de millions, de milliards se demander à quelle variable cela correspond : des personnes, des euros? 4. Lire et analyser les intitulés des lignes et des colonnes. Il est conseillé de faire une phrase avec une donnée chiffrée de façon à vérifier que le tableau est bien compris. 5. Repérer la tendance générale en faisant abstraction des données secondaires ou anecdotiques. Il faut d abord donner l information puis l illustrer à l aide d un ou de quelques exemples chiffrés tirés du tableau (il peut être souhaitable d effectuer des calculs). Que ce soit à l écrit ou à l oral, il faut présenter les informations par ordre décroissant d importance : il faut toujours aller du général au particulier. Pour cela, il peut être souhaitable d étudier les marges du tableau, c est-à-dire les lignes ou colonnes «ensemble» ou «total» quand elles existent. Les marges offrent les informations souvent les plus importantes car les plus générales. 6. Étudier le reste du tableau en recherchant les cas particuliers ou les exceptions. Il s agit d isoler quelques idées secondaires, mais importantes. Ici aussi, il faut d abord donner l information puis l illustrer à l aide d un ou de quelques exemples chiffrés tirés du tableau. 230 Fiches méthode
231 Exemple 2 Étude du tableau «Taux de nuptialité». 1. Le tableau porte sur le taux de nuptialité (nombre de mariages pour habitants). 2. Les données proviennent de l Insee. 3. L unité utilisée est le pour mille. 4. Colonnes : les dates ; lignes : les pays. 5. La tendance principale est la baisse du taux de nuptialité, qui concerne tous les pays étudiés. Application Exercice 1 Étudier le tableau suivant : En effet en 1980, les différents taux de nuptialité sont tous compris entre 5,7 et 7,4, alors qu ils sont compris en 2005 entre 4,3 et 5,2. 6. La lecture du reste du tableau : les écarts entre les différents pays sont beaucoup plus faibles en 2005 qu en C est le Royaume-Uni qui avait le taux le plus haut en 1980 (7,4 ) et qui enregistre la plus forte diminution. Évolution de la fécondité par groupe d'âges Nombre de naissances pour 100 femmes de chaque tranche d âge ans ans ans ans ans 40 ans Ensemble ou plus ,9 60,8 72,1 37,0 12,7 3,0 194, ,7 48,4 70,8 39,5 13,9 3,1 181, ,4 37,3 69,0 45,4 17,9 3,8 177, ,5 27,9 65,8 49,9 19,8 4,3 171, ,0 28,0 66,5 58,3 24,9 5,6 187, ,9 27,4 63,9 62,0 28,1 6,8 192,1 Fiche méthode Champ : France métropolitaine. Insee, Bilan démographique. Exercice 2 Étudier le tableau suivant : Espérance de vie à la naissance et taux de mortalité infantile Espérance de vie Taux de mortalité à la naissance infantile Hommes Femmes (en années) (en années) (en ) ,4 69,2 52, ,0 73,6 27, ,4 75,9 18, ,2 78,4 10, ,8 81,0 7, ,3 82,8 4, ,8 83,8 3,6 Champ : France métropolitaine. Insee, Bilan démographique. Fiches méthode 231
232 Fiche méthode 3 Proportions et pourcentages de répartition Les données chiffrées peuvent être présentées en valeur absolue (milliers d euros, nombre d habitants ) ou en valeur relative, c est-à-dire en proportion indiquant l importance d une partie relativement à un ensemble. La proportion peut être exprimée sous deux formes : la fraction ou le pourcentage. Si dans une classe de seconde de 32 élèves (valeur absolue), 8 élèves (valeur absolue) sont inscrits en «allemand LV1», on peut affirmer que ces élèves représentent 1/4 de la population de la classe (valeur relative exprimée en fraction), c est-à-dire 25 % de la population de la classe (valeur relative exprimée en pourcentage). En Sciences économiques et sociales, le pourcentage est largement plus utilisé que la fraction. Présentation Remarques 1. Attention, les pourcentages peuvent être utilisés de deux façons distinctes : le pourcentage de répartition, qui indique la part relative d une partie dans un ensemble, et le pourcentage de variation, qui indique une augmentation ou une diminution relative ( Fiche méthode 6, p. 238). 2. Il est important de connaître certaines proportions fréquentes : 1/100 = 1 % 1/3 = 33,33 % 1/10 = 10 % 1/2 = 50 % 1/5 = 20 % 3/4 = 75 % 1/4 = 25 % la totalité = 100 % 3. Lorsqu on soustrait des pourcentages entre eux, on n obtient pas un pourcentage. On parle alors de «points» ; ainsi la part des jeunes de moins de 20 ans dans la population totale a diminué de 4,4 points entre 1946 et 2006 (elle est passée de 29,5 % à 25,1 %). Comment calculer les pourcentages? Le pourcentage de répartition est exprimé en centièmes et est un rapport entre deux nombres. Pour calculer un pourcentage, il est nécessaire de déterminer au préalable ce qui est le total (à ramener à 100) et ce qui est la partie (à ramener à x %). On peut poser : Total 100 Partie x % Il suffit alors de faire le «produit en croix» ou la «règle de trois» pour trouver la valeur de x (ou une autre des trois valeurs). Ainsi, trois calculs peuvent être demandés : le pourcentage (la partie et le total étant connus) : x = Partie 100. Total le total (la partie et le pourcentage étant connus) :Total = Partie 100. x la partie (le total et le pourcentage étant connus) : Partie = Total x Fiches méthode
233 Exemples 3 Exemple 1 En 2006, la France compte 63,2 millions d habitants. a) On dénombre 13,1 millions de personnes de 60 ans et plus. Calculer le pourcentage qu elles représentent dans la population totale. b) Les moins de 20 ans représentent 25,1 % de la population totale. Calculer leur nombre. Solution : a) On peut poser : 63, ,1 x % Donc 63,2 x = 13,1 100 x % = 13,1 100 / 63,2 = 20,7 % Les personnes âgées de 60 ans et plus représentent 20,7 % de la population totale en France en b) On peut poser : 63,2 100 x 25,1 % Donc 63,2 25,1 % = 100 x x = 63,2 25,1 % / 100 = 15,9 On dénombre 15,9 millions de personnes de moins de 20 ans en France en Fiche méthode Exemple 2 En 1946, en France, 11,7 millions de personnes ont moins de 20 ans ; elles représentent 29,5 % de la population totale. Calculer la population totale. Solution : On peut poser : x ,7 29,5 % Donc x 29,5 = ,7 x = ,7 / 29,5 = 39,66 La population s élevait à 39,66 millions de personnes en France en Application 1. Dans une classe de seconde, 23 élèves sur 35 suivent l option SES. Calculer le pourcentage des élèves qui suivent l option SES. 2. Dans cette même classe, 40 % des élèves étudient le latin. Calculer le nombre d élèves qui étudient le latin. 3. Les élèves de cette classe représentent 5 % des élèves du lycée. Combien d élèves compte le lycée? 4. Recopier et compléter le tableau ci-dessous : Nombre de couples sans enfant (en millions) 3,3 6,7 % des couples sans enfant dans l ensemble des ménages 23,3 26,1 Nombre total de ménages (en millions) 15,8 19,6 Fiches méthode 233
234 Fiche méthode 4 Moyenne arithmétique simple et pondérée, médiane La valeur centrale est le nombre qui permet de caractériser de la façon la plus synthétique possible une série statistique. On peut, pour cela, utiliser la moyenne ou la médiane. Présentation La moyenne arithmétique L utilisation des moyennes arithmétiques est fréquente en Sciences économiques et sociales car elle permet de résumer des informations et donc facilite les comparaisons. La moyenne est un indicateur de valeur centrale que l on calcule en divisant la somme des valeurs d une série statistique par leur nombre. La moyenne peut être simple ou pondérée. La moyenne simple est une moyenne pour laquelle à chaque valeur est associé un effectif égal à l unité : Moyenne pondérée = n 1 x 1 + n 2 x n n x n n 1 + n n n (Où x 1, x 2,,x n avec les valeurs des n variables.) La moyenne pondérée est une moyenne pour laquelle certaines valeurs ont un effectif différent de l unité. La moyenne pondérée se calcule avec des coefficients ; il s agit de pondérer chaque valeur par son effectif : Moyenne simple = x 1 + x x n n (Où x 1, x 2,,x n avec les valeurs des variables et n 1, n 2,,n n leur effectif respectif.) La médiane La médiane est la valeur du caractère qui partage en deux l effectif global tel qu il y a autant de valeurs inférieures que de valeurs supérieures. Pour déterminer la médiane, il faut donc ordonner la série statistique en valeurs croissantes ou décroissantes et choisir la valeur qui occupe le rang central. Lorsque le nombre de valeurs est pair, aucune valeur n occupe exactement un rang central ; on choisit alors la valeur qui est juste en dessous, ou juste au-dessus, ou on fait la moyenne de ces valeurs. L avantage de la médiane est de correspondre à une vraie valeur de la série, alors que la moyenne correspond à une valeur théorique. Exemples Exemple 1 Au premier trimestre, un élève obtient quatre notes en Sciences économiques et sociales qui ont toutes le même coefficient : 13, 11, 9 et 16. Au deuxième trimestre, il obtient trois notes en Sciences économiques et sociales : 13, 10, et 17, qui ont respectivement les coefficients de 2, 3 et 1. Calculer la moyenne de l élève pour chacun des trimestres. 234 Fiches méthode
235 Solution : Au premier trimestre : ( ) / 4 = 12,25 Au deuxième trimestre : [(13 2) + (10 3) + 17] / ( ) = 12,17 Exemple 2 Durant son année de seconde, un élève a obtenu onze notes en Sciences économiques et sociales : 11, 12, 8, 14, 6, 10, 17, 11, 13, 10 et 15. Quelle est la note médiane? Solution : Il faut d abord classer la série par ordre croissant : 6, 8, 10, 10, 11, 11, 12, 13, 14, 15 et 17. La note médiane est celle qui occupe le rang central, c est-à-dire : 11. Application Exercice 1 Un élève de seconde a obtenu durant l année les notes suivantes (les coefficients sont entre parenthèses) : 10 (2), 8 (1), 7 (2), 12 (4), 10 (1), 13 (3), 12 (2), 12 (1) et 14 (2). Calculer la note moyenne et la note médiane de l élève. Exercice 2 Le tableau ci-dessous donne les salaires mensuels versés dans une entreprise. 4 Fiche méthode Salaires en euros Nombre de salariés Calculer le salaire moyen et le salaire médian. Que peut-on en conclure? Exercice 3 Quelle caractéristique de valeur centrale choisir? [ ] L avantage de la médiane, c est de correspondre à une «vraie» valeur du caractère, alors que la moyenne ne donne qu une valeur «théorique», n ayant donc pas un sens concret direct. En outre, la médiane est moins sensible que la moyenne aux valeurs extrêmes [ ]. Par contre, l avantage de la moyenne, c est son caractère très pratique, puisqu elle est donnée par une formule simple. [ ] Enfin, la formule de la moyenne permet de calculer facilement la moyenne d un «mélange» ; c està-dire la moyenne d un caractère observé sur deux populations différentes. B. GUERRIEN, Initiation aux mathématiques, Economica, Cinq familles se retrouvent en vacances. Deux familles ont chacune un enfant, deux autres ont chacune deux enfants et la dernière a trois enfants. Calculer la moyenne puis la médiane du nombre d enfants par famille. En quoi ces résultats illustrent-ils le premier passage souligné? 2. Reprenons la distribution des salaires mensuels présentée dans l exercice 2. Imaginons qu un directeur général soit nommé dans cette entreprise ; il reçoit un salaire mensuel de euros. Calculer la nouvelle moyenne et la nouvelle médiane. En quoi ces résultats illustrent-ils le deuxième passage souligné? 3. Cinq nouvelles familles, qui ont deux enfants en moyenne, rejoignent les cinq familles présentées dans la première question. Calculer la moyenne du nombre d enfants par famille pour ces dix familles. En quoi ce calcul permet-il d illustrer le dernier passage souligné? Fiches méthode 235
236 Fiche méthode 5 Les représentations graphiques Les graphiques sont fréquemment utilisés en Sciences économiques et sociales. Ils permettent de remplacer des tableaux parfois volumineux et de visualiser des tendances souvent noyées dans la masse des données. Plusieurs types de graphiques existent. Présentation Les différentes représentations graphiques Le diagramme en bâtons : Le diagramme en bâtons (ou en colonnes, appelé aussi «histogramme») est utilisé pour représenter des phénomènes qualitatifs (par exemple : une comparaison entre plusieurs pays) ou discontinus (par exemple : le nombre d enfants par famille). La longueur de chaque segment est proportionnelle à l effectif de la valeur qu elle représente. Lecture : En 2005, plus de 40 % des jeunes nés de 1977 à 1979 déclarent détenir un dilôme d enseignement supérieur pour 20 % au mieux des générations nées avant Les graphiques de répartition : L'objet de ces graphiques est de représenter des répartitions en pourcentage, l'ensemble du graphique équivalent à 100 %. Pour cela, on utilise soit des rectangles, soit des disques ; les représentations circulaires sont plus fréquentes, mais les représentations rectangulaires sont plus utiles pour effectuer des comparaisons. Le graphique circulaire Le disque est partagé en secteurs dont les surfaces sont proportionnelles aux pourcentages des différents constituants de la population statistique. Pour construire une représentation circulaire, on exprime chaque pourcentage en degrés en multipliant sa valeur par 3,6 (puisque 360 => 100 %). Le graphique semi-circulaire répond à la même logique, mais pour exprimer le pourcentage en degrés, il faut cette fois-ci multiplier sa valeur par 1,8 (puisque 180 => 100 %). Le graphique rectangulaire Comme dans la représentation circulaire, les surfaces des secteurs sont proportionnelles aux pourcentages qu elles représentent. Les représentations rectangulaires permettent d effectuer des comparaisons Exemples Part des diplômés de l enseignement supérieur selon la génération en 2005 En % Jeux de hasard 9,6 % Spectacles, cinéma, voyages 18,3 % Calculs DEPP à partir des enquêtes «Emploi de l Insee» de 2005 (moyenne annuelle). Dépenses culturelles et de loisirs en 2006 Jardinage, animaux de compagnie 11,9 % Services culturels (dont redevance télé) 10,5 % Jeux, jouets articles de sport 9,3 % Presse, livres et papeterie 13,6 % Télé, Hi-Fi, vidéo, photo 11,3 % Informatique (dont logiciels, CD-Rom) 7,5 % Disques, cassettes pellicules photo 4,2 % Autres biens culturels et de loisirs 3,7 % D après Insee, Comptes nationaux, base Niveau de diplôme atteint par les garçons et les filles du panel 1989 En % Garçons Filles Diplôme bac + 3 Diplôme bac + 2 Sortie du supérieur sans diplôme Baccalauréat sans poursuite d études Diplôme < bac ou pas de dipôme D après MEN- MESA-DEPP. 236 Fiches méthode
237 Évolution de la dépense moyenne 1 par élève aux prix 2006 ( ) 5 Les courbes : Elles représentent généralement l évolution de séries chronologiques. Le temps est indiqué en abscisse et la valeur de la variable est indiquée en ordonnée. Plusieurs courbes sur un même graphique permettent d effectuer des comparaisons. Lire et interpréter les graphiques Il est nécessaire de respecter certaines règles : 1. Lire et analyser le titre. 2. Lire et analyser la source et les annotations éventuelles. 3. Rechercher les unités (indiquées sur les axes pour les diagrammes en bâtons et les courbes). 4. Faire ressortir l idée principale que l on peut tirer du graphique. Il s agit de repérer la tendance générale en faisant abstraction des données En euros er degré 2 e degré Supérieur Dépense moyenne/élève 1. En 1999, il y a une rupture de série due à la rénovation du compte (changement de périmètre métropole + DOM, revalorisation des charges sociales rattachées, des dépenses des ménages notamment). D après MEN-MESA-DEPP. secondaires ou anecdotiques ; il faut se méfier de l impression générale que peut donner le graphique : le choix de l échelle du graphique modifie son allure générale. 5. Isoler quelques idées secondaires, mais importantes. S il s agit de plusieurs courbes, on les comparera ; s il s agit d une courbe isolée, on cherchera à périodiser l évolution (il ne faut pas retenir trop de périodes afin de ne pas se perdre dans les détails). Fiche méthode Application Exercice 1 Bâtir un graphique adapté à partir du tableau suivant (vous pouvez être amené à faire des calculs) : Prestations sociales en France (en milliards d euros) Santé Vieillesse-survie Maternité-famille Emploi Logement et exclusion sociale Total D après Insee. Exercice 2 a) Bâtir un graphique adapté à partir du tableau suivant (penser à respecter l échelle) : Population active observée et projetée en France (en millions) ,2 26, ,9 26,3 24,4 b) Bâtir un autre graphique avec une échelle des abscisses moins importante et une échelle des ordonnées beaucoup plus forte (tout en respectant l échelle). c) le graphique. D après Insee. Fiches méthode 237
238 Fiche méthode 6 Les mesures des variations (coefficient multiplicateur, taux de variation, indice simple) Les grandeurs économiques évoluent dans le temps. Pour mesurer ces évolutions, il est possible de calculer une variation absolue (valeur finale valeur de départ) ou de calculer une variation relative ; pour cela, on dispose de trois outils : les coefficients multiplicateurs, les taux de variation et les indices. Présentation Le coefficient multiplicateur Le coefficient multiplicateur (CM) est le nombre par lequel il faut multiplier la valeur de départ (V 0 ) pour obtenir la valeur finale (V 1 ). Ainsi : V 1 = V 0 CM et CM = V 1 / V 0 Par exemple, si un prix passe de 98 euros à 304 euros, la variation correspond à un coefficient multiplicateur de 3,1. Si un prix diminue et passe de 198 euros à 92 euros, la variation correspond à un coefficient multiplicateur de 0,46. L usage est de réserver le coefficient multiplicateur à des hausses importantes, et de préférer dans la plupart des autres cas le taux de variation. Le taux de variation Le taux de variation (ou pourcentage de variation) indique une augmentation ou une diminution relative. Comment calculer un taux de variation? Pour calculer un taux de variation, on utilise la formule suivante : Tv = [(V 1 V 0 ) / V 0 ] 100 (Où V 0 représente la valeur initiale et V 1 la valeur finale.) Voir exemples 1 et 2. Comment appliquer un taux de variation? Pour appliquer un taux de variation, on utilise la formule suivante : V 1 = V 0 (Tv / ) Voir exemples 3 et 4. Comment appliquer des taux de variation successifs? En cas de variations successives, il ne faut surtout pas additionner les taux de variation, mais multiplier entre eux les coefficients multiplicateurs. Ainsi : V n = V 0 (Tv 1 / ) (Tv 2 / ) (Tv n / ). Si les taux de variation sont identiques tous les ans :V n = V 0 (Tv / ) n. Voir exemples 5 et 6. Remarques L expression (Tv / ) correspond au coefficient multiplicateur. 238 Fiches méthode
239 Les indices Les indices sont des nombres qui mesurent les variations relatives entre plusieurs valeurs prises à des périodes différentes, l une étant choisie comme base (référence). Comme le taux de variation, l indice peut être calculé dès qu une grandeur prend deux valeurs différentes, mais on réserve souvent l utilisation des indices pour les grandeurs qui prennent de nombreuses valeurs différentes. L indice permet de visualiser facilement la variation. Si une variable passe de l indice 100 à l indice 112, cela signifie que l augmentation est de 12 % et de l indice 100 à l indice 95, que la diminution est de 5 %. Les indices ne donnent pas d indication sur la valeur absolue de la variable étudiée, mais ils permettent de comparer les évolutions de variables différentes. Méthode 1. Choisir l époque de référence et identifier la valeur (qui servira de base) correspondant à cette époque. 2. Calculer le coefficient de proportionnalité 100 / V Choisir l époque de calcul et identifier la valeur correspondant à cette époque. 4. Faire le produit de cette valeur par le coefficient de proportionnalité (100 / V 0 ). 5. Interpréter l indice. Voir exemple 7. Exemples Remarque Il est possible de changer de base, c'est-à-dire de choisir une autre année de référence, en divisant chaque indice par celui qui correspond à la nouvelle base puis en multipliant le résultat par Fiche méthode Exemple 1 La population française était de 40,7 millions d habitants au 1 er janvier 1901 et de 63,2 millions d habitants au 1 er janvier Calculer le taux de variation de la population française entre ces deux dates. Solution : Tv = (63,2 40,7) / 40,7 100 = 55,28 % La population française a augmenté de 55,28 % entre le 1 er janvier 1901 et le 1 er janvier Exemple 2 Le nombre de mariages en France est passé de 416,5 milliers en 1972 à 276,3 milliers en Calculer le taux de variation du nombre de mariages entre ces deux dates. Solution : Tv = (276,3 416,5) / 416,5 100 = 33,7 % Le nombre de mariages a diminué en France de 33,7 % entre 1972 et Exemple 3 La production de maïs était de 7,5 millions de tonnes en France en Elle augmente de 72 % entre 1970 et Quelle est la production de maïs en France en 2006? Solution : V 1 = 7,5 (72 / ) = 12,9. La production française de maïs en 2006 est de 12,9 millions de tonnes. Exemple 4 La production de vin était de 74,4 millions d hectolitres en France en Elle diminue de 28,8 % entre 1970 et Quelle est la production de vin en France en 2006? Solution : V 1 = 74,4 ( 28,8 / ) = 53 La production française de vin en 2006 est de 53 millions d hectolitres. Exemple 5 Un prix est de 100 euros en 2004, il augmente de 10 % la première année, puis diminue de 5 % la deuxième, puis augmente de 4 % la troisième. Calculer le prix en Solution : V n = 100 (10 / ) ( 5 / ) (4 / ) = 108,68 Le prix en 2007 est de 108,68 euros. Exemple 6 Un prix est de 300 euros en Il augmente de 7 % par an pendant 4 ans. Calculer le prix en Solution : V n = 300 (7 / ) 4 = 393,24 Le prix en 2008 est de 393,24 euros. Fiches méthode 239
240 Fiche méthode 6 Exemple 7 Présenter les données statistiques suivantes en indices base 100 en Nombre d élèves dans le second cycle en France (en milliers) Second cycle professionnel Second cycle général et technologique Année de base : Coefficients de proportionnalité : 100 / 773 = 0, / = 0,09 Application D après Insee Second cycle professionnel ,80 89,6 92,9 Second cycle général et technologique ,39 135,4 134,2 D après Insee. Exercice 1 Recopier et compléter le tableau suivant : Valeur initiale Coefficient multiplicateur Taux de variation Valeur finale 10 2,0 10 1,1 10 0, ,3 10 Exercice 2 Évolution du nombre des chômeurs en France (en milliers) D après Insee. a) Présenter cette série en indices base 100 en b) Calculer, par un changement de base l indice, du nombre de chômeurs en 2005 avec 1995 comme nouvelle année de référence. c) Quel est le taux de variation du chômage entre 1990 et 2005 et entre 1995 et 2005? Exercice 3 Un produit coûte 50 euros en Son prix augmente de 8 % la première année, puis diminue de 2 % la deuxième année, puis augmente durant deux années de 3 % par an. Combien coûte le produit en 2007? 240 Fiches méthode
241 Évolution en valeur/en volume 7 Les évolutions en valeur doivent être distinguées des évolutions en volume. L évolution en volume tient compte uniquement de l effet quantité alors que l évolution en valeur tient compte à la fois de l effet quantité et de l effet prix. Présentation L étude de l évolution d une variable mesurée en unité monétaire pose un problème car la valeur de cette unité monétaire varie avec l évolution des prix. Ainsi, la croissance du PIB d une année à l autre peut s expliquer par une augmentation réelle de la création de richesses et par une augmentation des prix. Méthode Lorsque l économiste veut analyser les variations réelles, c est-à-dire les variations en volume, il doit supprimer les effets prix des évolutions : cela s appelle «déflater une série statistique». Avec effet-prix En valeur Nominal En euros courants Sans effet-prix En volume Réel En euros constants Fiche méthode L utilisation des notions de valeur, variable réelle, ou d euros constants n a de sens que dans le cadre de l étude d une évolution, lorsque l on veut comparer deux données dans le temps. Pour cela, il faut déflater la série statistique en utilisant la formule suivante : Variable en volume = (variable en valeur / indice des prix) 100 Supprimer l effet-prix signifie chercher à connaître ce que serait une variable si les prix n avaient pas varié. Il faut donc toujours préciser la date utilisée comme base (généralement la première année de la série statistique). Quelques exemples de calculs Variable déflatée PIB en euros constants de l année t Salaire réel (euros de l année t) Indice en volume (d une variable quelconque) base 100 en t Calcul PIB en euros courants Indice des prix base 100 en t Salaire nominal Indice des prix base 100 en t Indice en valeur base 100 en t Indice des prix base 100 en t Fiches méthode 241
242 7 Exemple Fiche méthode Entre 2003 et 2007, un pays imaginaire, Littleland, a subi 10 % d inflation (ce qui revient à un indice des prix de 110). Le PIB de Littleland est de de fidus en 2003 de fidus en Le salaire nominal moyen du Littlelandien est de 500 fidus en 2003 et de 530 fidus en Calculer le PIB de 2007 en fidus de 2003 et le salaire réel moyen de 2007 en fidus de Que remarque-t-on? Application Exercice 1 a) Recopier et compléter le tableau ci-dessous. (En France) Solution : PIB en fidus constants de 2003 : ( / 110) 100 = Le PIB en fidus constants augmente, mais moins fortement que le PIB en fidus courants. Salaire réel moyen en fidus de 2003 : (530 / 110) 100 = 481,82 Alors que le salaire nominal augmente, le salaire réel diminue puisqu il passe de 500 fidus à 481,82 fidus Indice des prix PIB en milliards d euros courants Indice en valeur du PIB, base 100 en 1980 ( Fiche méthode 6, p. 239) PIB en milliards d euros constants de 1980 Indice en volume du PIB, base 100 en 1980 Smic 1 horaire brut en euros 2,25 4,87 6,41 8,03 Indice en valeur du smic horaire brut, base 100 en 1980 Smic horaire brut réel (euros de 1980) Indice en volume du smic horaire brut, base 100 en Le Smic est le salaire minimum. D après Insee. Se reporter à la fiche méthode 6, page 239, pour répondre aux deux questions suivantes. b) Quel a été le taux d inflation global entre 1980 et 2005? (Le taux d inflation équivaut au taux de variation des prix.) c) Calculer les taux de variation du PIB en euros courants et en euros constants et ceux du Smic horaire brut nominal et réel entre 1980 et Que pouvez-vous en déduire concernant la part relative de l effet-quantité et de l effet-prix sur la période? Exercice 2 Entre 1983 et 2007, un pays imaginaire, Littleland, a subi 115 % d inflation (ce qui revient à un indice des prix de 215). Le PIB de Littleland est de fidus en 1983 et de fidus en Le salaire minimum du Littlelandien est de 100 fidus en 1983 et de 330 fidus en Calculer le PIB et le salaire minimum de 2007 en fidus de Que remarque-t-on? 242 Fiches méthode
243 Fiche méthode 3 Proportions et pourcentages de répartition (voir p. 232) 1. Lycées et lycéens Exercice 1 À l issue du conseil de classe du troisième trimestre, l orientation dans une classe de Seconde apparaît comme suit : Nombre % 1 re L 11,1 1 re ES 12 1 re S 27,8 1 re technologique 5 13,9 Redoublement en 11,1 Seconde générale et technologique Autres 1 Total 2. L économie et la société françaises Exercice 2 a. Recopier et compléter le tableau. b. Quel est le pourcentage d orientation en Première générale (L ou ES ou S)? c. Si la moitié des élèves orientés en Première ES choisissent l option SES, à quel pourcentage d élèves issus de cette classe de Seconde cela équivaut-il? d. Dans une autre classe de Seconde, on note un taux de passage en Première ES de 40 %. Les élèves de cette deuxième classe, orientés en Première ES, sont-ils donc plus nombreux que ceux orientés en Première ES provenant de la première classe de Seconde? Expliquer. e. Si les 40 % de passage en Première ES de la deuxième classe de Seconde concernent autant d élèves à passer dans cette série que ceux provenant de la première classe de Seconde, combien y a-t-il d élèves dans la deuxième classe de Seconde? Population active (au sens du BIT) pour la France métropolitaine observée jusqu'en 2005, projetée ensuite (en milliers) ans ans 55 ans et plus Total hommes Total femmes Total Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre ,9 59,4 18, , , Exercices méthodologiques , , , , , , , , , , , , , , , , , , Champ : Ensemble de la population de 15 ans et plus faisant partie des ménages dits «ordinaires» et celle vivant dans des habitations mobiles ou dans des communautés (foyers de travailleurs, maisons de détention ). D après Insee. a. Recopier et compléter le tableau. b. Pourquoi la somme des pourcentages de chaque ligne n est-elle pas égale à 100? c. À combien la population active se monterait-elle une année donnée, si hommes actifs représentaient 55 % de cette population? Exercices méthodologiques 243
244 Exercices méthodologiques Fiche méthode 4 Moyenne arithmétique simple et pondérée, médiane (voir p. 234) 1. Lycées et lycéens Exercice 1 Voici un extrait du carnet de notes du professeur de SES d une demi-classe de Seconde option SES au premier trimestre (les moyennes par élève sont arrondies au demi-point ou au point le plus proche) : Élèves Contrôle n 1 Exercice maison Contrôle n 2 Moyenne Moyenne (coefficient 2) (coefficient 1) (coefficient 2) simple pondérée , , , ,5 15, ,5 18, , ,5 13, , , ,5 06,5 Moyenne a. Compléter le tableau. b. Comment expliquer que les moyennes pondérées soient, dans la plupart des cas, inférieures aux moyennes simples? c. Quelle est la valeur médiane des moyennes pondérées de la classe? 2. L économie et la société françaises Exercice 2 Revenu disponible par ménage français (en euros constants 2005) Année Moyenne Médiane Champ : individus des ménages dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est ni étudiante ni militaire du contingent. Insee-DGI, enquêtes «Revenus fiscaux», 1970, 1975, 1979, 1984, 1990 et de 1996 à a. Formuler une phrase indiquant le sens des données b. Comment chacune d entre elles a-t-elle été calculée? c. Comment expliquer que le revenu disponible moyen des ménages français soit supérieur à leur revenu disponible médian? 244 Exercices méthodologiques
245 Fiche méthode 5 Les représentations graphiques (voir p. 232) 1. Lycées et lycéens Exercice 1 Édouard suit un enseignement de SES depuis sont entrée en Seconde. Après avoir été orienté en série ES, il est aujourd hui en fin de Terminale ES. Ses moyennes de SES sont les suivantes : Seconde 1 er trimestre 08 2 e trimestre 12 3 e trimestre 13 Première 1 er trimestre 12 2 e trimestre 12,5 3 e trimestre 15 Terminale 1 er trimestre 12 2 e trimestre 13 3 e trimestre 14 a. Bâtir un graphique adapté à partir du tableau suivant. b. Que se passe-t-il si l on modifie l échelle des ordonnées? 2. L économie et la société françaises Exercice 2 Bâtir un graphique adapté à partir des données de 1987 puis de celles de Résultats des élections prud homales pour le collège des salariés (en %) CGT CFDT CGT-FO CFTC CFE-CGC Autres ,35 23,06 20,50 8,30 7,44 4, ,11 25,35 20,55 7,53 5,93 7, ,13 25,23 18,28 9,65 7,01 7,70 Exercice 3 Bâtir un graphique adapté à partir du tableau suivant. Pourcentages d étudiants qui s investissent dans des lectures en lien avec leurs études (au moins trois quarts de leurs lectures sont liées aux études) CPGE 59,2 Lettres 58,3 Droit 50,8 Santé 50,2 Langues 50,1 Sciences de la nature et de la vie 39,2 Sciences économiques 38,3 Sciences et technologie 34,9 Sciences et structure de la matière 34,0 STAPS 28,9 IUT 27,3 AES 26,8 STS 25,5 D après ministère du Travail. Exercice 4 À partir du graphique ci-dessous, construire le tableau statistique présentant les différentes données. Consultation médicales des étudiants (au cours des six derniers mois) En % 63,4 77,1 Médecin généraliste 33,1 58,5 Médecin spécialiste 3,6 7,5 Psychologue, psychanalyste, psychiatre Garçons Filles 32,3 38,1 Dentiste Exercices méthodologiques D après l Observatoire de la vie étudiante, enquête D après l Observatoire de la vie étudiante, enquête Exercices méthodologiques 245
246 Exercices méthodologiques Fiche méthode 6 Les mesures des variations (voir p. 238) 1. Lycées et lycéens Exercice 1 Les parents d Édouard augmentent son argent de poche de 10 % puis il le réduisent de 10 %. a. Le montant de l argent de poche d Édouard revient-il à sa valeur initiale à la suite de ces deux variations successives? b. De quel pourcentage l argent de poche d Édouard devrait-il varier la deuxième fois pour revenir à son niveau initial? 2. L économie et la société françaises Exercice 3 Population française métropolitaine Exercice 2 Les moyennes aux différentes évaluations de SES de la classe d Édouard, base 100 au début de l année, se présentent ainsi : a. De quel pourcentage la moyenne de l évaluation 9 est-elle plus élevée que celle de l évaluation 1? b. De quel pourcentage la moyenne de l évaluation 5 est-elle plus faible que celle de l évaluation 1? c. De quel pourcentage la moyenne de l évaluation 6 a-t-elle évolué par rapport à l évaluation 5? (provisoire) a. Transformer le tableau statistique ci-dessus en tableau d indices, base 100 en D après Insee. b. De quel coefficient multiplicateur la population française a-t-elle été multipliée entre 1968 et 2008? Exercice Nombre de jours de grève dans les transports (en France) * * a. Calculer le nombre de jours de grève dans les transports en 1996, sachant qu il a diminué d environ 0,57 % entre 1996 et b. Calculer le nombre de jours de grève dans les transports en 2004, sachant qu il a diminué d environ 68,85 % entre 2003 et c. De quel pourcentage le nombre de jours de grève dans les transports est-il plus élevé en 2003 qu en 1997? (*) En 1996 et 1997, hors RATP et Air France (non communiqués) ; chiffres partiels pour la SNCF. D après Inspection générale du travail des transports, repris dans Premières Informations, ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, DARES, n 45.1, novembre Exercice 5 Conflits du travail (en milliers de journées individuelles non travaillées) Entreprises privées Entreprises de transports Fonction publique d État D après Insee. a. Transformer les données du tableau ci-dessus en indices base 100 en b. Comparer les indices obtenus en Quel commentaire peut-on faire? c. Quel est le taux de variation du nombre de journées individuelles non travaillées entre 1996 et 2004 pour chacune des lignes? 246 Exercices méthodologiques
247 Fiche méthode 7 Évolution en valeur / en volume (voir p. 241) 1. Lycées et lycéens Exercice 1 a. L argent de poche d Édouard augmente en valeur nominale de 10 %. L indice des prix augmente de 5 %. De quel pourcentage l argent de poche d Édouard varie-t-il en valeur réelle? b. Édouard vient de retrouver un billet de 20 qu il avait égaré depuis 5 ans. Sachant que l augmentation des prix a été d environ 10,5 % durant cette période, quel est le montant de l argent retrouvé en euros constants d il y a cinq ans? Qu en conclure? 2. L économie et la société françaises Exercice 2 Compléter le tableau. Évolution du PIB français par rapport à l'année précédente (en %) Taux de variation en valeur Taux d inflation Taux de variation en volume ,1 1, ,5 1, ,3 2,2 Exercice 3 Évolution du PIB français et des prix PIB (en milliards d euros courants) 1 268, , ,4 Indice des prix 100,0 102,0 109,5 Exercice 4 D après Insee. D après Insee. a. Quel est le taux d inflation entre 1997 et 2004? b. Quel est le montant du PIB français de 2004, en euros constants 1997? c. De quel pourcentage le PIB français en volume a-t-il varié entre 1997 et 2004? Exercices méthodologiques Évolution du salaire moyen pour les emplois à temps complet et évolution des prix en France (base année précédente) Indice nominal du salaire moyen net 102,1 101,6 102,1 102,2 102,8 102,5 101,8 102,1 102,8 de prélèvements Indice des prix 101,2 100,7 100,5 101,7 101,7 101,9 102,1 102,1 101,6 Indice réel du salaire moyen net 100,9 101,6 101,1 100,6 100,0 101,0 100,4 de prélèvements D après Insee. a. Compléter le tableau. b. Comment expliquer que le pouvoir d achat du salaire net moyen de prélèvements soit resté constant en 2004? Exercices méthodologiques 247
248 Lexique A Absentéisme : heures de travail non assurées, en dehors de celles perdues pour fait de grève ; l absentéisme peut être le symptôme d un malaise. Actif : personne exerçant ou cherchant à exercer une activité professionnelle. Action : titre de propriété d une part du capital d une société anonyme. L action donne droit à une partie des bénéfices distribués de l entreprise (les dividendes), et à participer au vote lors des assemblées générales d actionnaires. Actionnaire : détenteur d une ou de plusieurs actions. Le revenu de l actionnaire est le dividende. Administration : organisation produisant des services non marchands. Agence nationale pour l emploi (ANPE) : elle comptabilise le nombre de chômeurs et les aide à trouver un emploi. Agent économique : acteur de la vie économique. Les deux principaux agents sont les entreprises et les ménages. Agent de socialisation : acteur qui participe à la socialisation d un individu (famille, école, groupes de pairs, etc.). ANPE : voir Agence nationale pour l emploi. Association : organisation regroupant des personnes réunies dans un but commun et non lucratif. Elle produit des services non marchands. Ateliers polyvalents (ou ateliers flexibles) : ateliers s adaptant rapidement aux modifications nécessaires en cours de production ou à d éventuels changements de séries. Ils nécessitent l adoption des nouvelles technologies et la polyvalence des exécutants. Autoconsommation : utilisation d un bien ou d un service que l on produit soi-même et que l on n achète donc pas. B Baby-boom : augmentation importante de la natalité après la Seconde Guerre mondiale dans les pays européens. En France, le baby-boom s est traduit par une natalité élevée jusqu en Bénéfice : profit. Il s agit du chiffre d affaires duquel on soustrait les coûts de production. Besoin : manque ou envie. L analyse économique ne prend en compte que les besoins pouvant être satisfaits par l acquisition et la consommation de biens et de services. Bien : produit matériel résultant de la production. Bien collectif : bien qui peut être consommé par plusieurs personnes à la fois. Bien collectif impur : bien qui peut être consommé par plusieurs personnes à la fois et pour lequel il est possible d interdire la consommation aux personnes qui ne veulent pas payer (une autoroute par exemple). Bien collectif pur (ou bien public pur) : bien qui peut être consommé par plusieurs personnes à la fois et pour lequel il est impossible d interdire la consommation aux personnes qui ne veulent pas payer (l éclairage des villes par exemple). Bien complémentaire : deux biens sont complémentaires si la consommation de l un diminue quand le prix de l autre augmente. Bien d équipement : bien de production ayant une longue durée d utilisation et qui peut servir durant plusieurs cycles de production. Bien de luxe (ou bien supérieur) : bien dont la demande augmente lorsque le revenu augmente. Bien de production : bien utilisé pour produire d autres biens et services. Il s agit des biens d équipement et des biens intermédiaires. Bien durable : bien qui se détruit lentement lors de sa consommation. Bien et service de consommation : bien ou service qui sert directement à la satisfaction d un besoin. Bien inférieur : bien dont la consommation baisse quand le revenu augmente. Bien intermédiaire : bien de production consommé et donc détruit au cours du processus de production. Bien non durable : bien qui se détruit rapidement lors de sa consommation. Bien normal : bien dont la consommation augmente moins vite que le revenu. Bien privé ou privatif : bien qui ne peut être consommé que par une seule personne à la fois et pour lequel il est possible d interdire la consommation aux personnes qui ne veulent pas payer. Bien public pur : voir Bien collectif pur. Bien substituable : deux biens sont substituables si la consommation de l un augmente quand le prix de l autre s accroît. Bien supérieur : bien dont la consommation augmente lorsque le revenu augmente. Bureau international du travail (BIT) : organisme international rattaché à l ONU depuis 1946, il publie des rapports sur les problèmes liés au travail. Il donne aussi une définition du chômage qui fait référence. 248 Lexique
249 Lexique C Capital (ou capital technique) : facteur de production qui se décompose en capital fixe (équipements, locaux) et en capital circulant (biens intermédiaires). Capital circulant : capital technique qui est détruit ou transformé au cours du processus de production. Il comprend les biens intermédiaires tels que les matières premières et les produits semi-finis. Capital culturel : pour le sociologue P. Bourdieu, le capital culturel désigne un ensemble de qualifications intellectuelles socialement reconnues, comme les diplômes. Ce capital culturel se transmet de parents à enfants. Capital économique : ensemble des revenus et des actifs patrimoniaux détenus par les individus. Capital fixe : capital technique durable utilisé durant plusieurs cycles de production (biens d équipement, locaux ). Capital social : en sociologie, ensemble des relations sociales dont dispose un individu. Ce capital social varie fortement en fonction de la catégorie sociale. Capital social : en économie, ensemble des apports mis à disposition par les propriétaires (associés) d une entreprise sous forme de société. Capital technique : voir Capital (ou capital technique). Capitalisme : système économique qui repose principalement sur la propriété privée des moyens de production. Catégorie socioprofessionnelle : sous-ensemble de la nomenclature des PCS. Catégorie formée de personnes exerçant des professions considérées comme voisines. L Insee a mis au point son classement sur la base des critères suivants : la profession, le statut, la qualification, la position hiérarchique, la taille de l entreprise, le secteur d activité, la distinction public/privé. L Insee distingue un niveau de publication à 24 CSP, et un niveau plus détaillé, à 42 CSP. CDD : voir Contrat à durée déterminée. CDI : voir Contrat à durée indéterminée. Cercle de qualité : réunion de salariés volontaires ayant pour objet d examiner les problèmes de qualité ou de productivité. Chiffre d affaires : recettes d une entreprise obtenues en effectuant le produit du prix de vente unitaire et des quantités vendues. Chômage : état d un individu ou d une population privés involontairement d emploi. Chômage conjoncturel : chômage dû aux fluctuations économiques à court terme (insuffisance de la croissance, économique notamment). Chômage d exclusion : chômage de longue durée qui éloigne progressivement les actifs du monde du travail. Chômage de précarité : chômage de courte durée mais répétitif. Les actifs concernés alternent des périodes de chômage et d emploi précaire. Chômage répétitif : chômage de courte durée mais qui se répète. Les actifs concernés alternent des périodes de chômage et d emploi précaire. Chômage structurel : chômage dont les causes sont liées principalement à l inadéquation de la population active aux emplois. Chômeur au sens du BIT : personne qui remplit trois conditions : ne pas travailler, être disponible pour occuper un emploi et chercher activement du travail. Circuit : représentation simplifiée de l économie nationale sous la forme de flux reliant des agents économiques. Citoyen : individu majeur ayant la nationalité d un pays, ce qui lui confère des droits civils et politiques (et, en premier lieu, dans une démocratie, le droit de vote), des droits sociaux (droit à la solidarité, par exemple), mais aussi des devoirs. Citoyenneté : statut qui induit un ensemble de droits et de libertés dont peut se prévaloir un citoyen, mais aussi des devoirs auxquels il se soumet. Classe sociale : groupe de grande dimension, homogène dans ses conditions de vie matérielles, donc dans son style de vie, et en partie dans ses opinions et ses croyances. Coefficient budgétaire : part de la consommation d un poste budgétaire (par exemple l alimentation) dans la consommation totale des ménages. Cohésion sociale : état d une société dans laquelle existent de solides liens sociaux établis grâce à des dispositifs d intégration conférant aux individus un fort sentiment d appartenance à la collectivité. Combinaison productive : proportion de capital technique et de travail utilisés pour produire. La combinaison peut-être plus ou moins capitalistique, c est-à-dire incorporer une proportion plus ou moins forte de capital. Comité d entreprise : institution créée en 1945 assurant une représentation collective des salariés dans les entreprises d au moins 50 salariés. Le CE est informé de la politique de l entreprise et est éventuellement consulté. Il gère des œuvres sociales et culturelles dont bénéficient les salariés. Compétitivité : capacité d une entreprise ou d une économie à faire face à la concurrence. Complémentarité des facteurs de production : les facteurs de production sont complémentaires lorsqu il n existe qu une combinaison productive possible à chaque niveau de production. Lexique 249
250 Lexique Comportement d activité : pratique d une catégorie sociale qui influence son taux d activité. Par exemple, la poursuite des études chez les jeunes est un comportement d activité qui réduit le taux d activité des ans. Comptabilité nationale : représentation quantifiée de l économie d un pays. Concentration des entreprises : augmentation de la taille moyenne des entreprises. Conditions de travail : pour l essentiel, il s agit de l organisation du travail, des rémunérations, de la pénibilité et des relations hiérarchiques. Conflit : opposition entre des individus et/ou des groupes ayant des intérêts différents ; ceci débouche sur des luttes plus ou moins violentes. Les conflits sont des facteurs de changement social. Conflit du travail : opposition entre des employeurs et leurs salariés dans des domaines très divers (conditions de travail, emploi, rémunérations ). Conformité : caractérise les conduites des individus respectant le système de valeurs et les normes en vigueur d une société et/ou d un groupe social. La conformité est donc relative à un ordre social particulier. Conjugalité : diverses modalités de formation des couples (mariage et union libre). Consommation : utilisation d un bien ou d un service entraînant à plus ou moins long terme sa destruction. Consommation collective : consommation par les ménages et les entreprises de biens et services collectifs. Elle peut être marchande ou non marchande. Consommation de masse : consommation de différents biens durables (appareils ménagers, automobile ) largement diffusée dans la population et non réservée aux catégories aisées. Consommation effective des ménages : dépenses réellement supportées par les ménages ainsi que les consommations non marchandes dont ils bénéficient (la santé ou l enseignement par exemple). Consommation finale des ménages : utilisation des biens et services destinés à satisfaire les besoins des ménages. Consommation individuelle : usage exclusif d un bien et d un service par une seule personne ou un seul ménage. Consommation intermédiaire : valeur des biens et services transformés dans le processus de production pour produire d autres biens et services. Consommation marchande : consommation de biens et services produits par des entreprises et vendus à un prix couvrant les coûts de production et le profit. Consommation non marchande : consommation de biens et services produits par des administrations et distribués soit gratuitement soit à un prix inférieur aux coûts de production. Consommation ostentatoire : consommation d un bien ou d un service dans le seul but de signifier aux autres une position sociale ou un niveau de vie. Contrainte sociale : mécanisme social imposant aux individus des manières d être, d agir, ou de penser. La contrainte sociale pèse plus ou moins fortement selon son niveau d intériorisation. Contrat à durée déterminée (CDD) : contrat de travail contenant une limite temporelle. À l échéance, la relation entre un employeur et son employé cesse automatiquement. Contrat à durée indéterminée (CDI) : contrat de travail qui ne comprend pas de limite temporelle et qui ne prend fin qu en cas de volonté de rupture du salarié ou de son employeur. Contrat de travail : relation instituée entre le salarié et l employeur. Le contrat de travail existe si trois conditions sont réunies : un travail pour autrui, une rémunération, une subordination dans l exécution du travail. Il peut avoir une durée déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI). Contribution sociale généralisée (CSG) : ce prélèvement obligatoire a été créé en Convention collective : accord collectif concernant les conditions d emploi et de travail, conclu entre les représentants des salariés et les employeurs. Coopérative : entreprise régie par les principes de coopération et de solidarité. Les coopératives font partie de l économie sociale (appelée aussi tiers secteur). Cotisations sociales : prélèvements obligatoires destinés à financer les prestations sociales. Pour l essentiel, elles sont versées par les employeurs et les salariés. Coût de production : ensemble des dépenses réalisées par une entreprise pour produire. Coût du travail : pour un employeur, l ensemble des dépenses (essentiellement le salaire net et les cotisations sociales) occasionnées par l emploi d un salarié. Coût moyen : rapport du coût total à la quantité produite. Coût salarial : coût total de l emploi du facteur travail. Il se compose du salaire net que perçoit le salarié et des cotisations sociales versées par l employeur aux organismes sociaux. Coût total : somme des dépenses à la charge de l entreprise qui produit (coûts variables et coûts fixes). Coûts fixes : coûts dont le montant ne varie pas, jusqu à une certaine limite, en fonction de la quantité produite. Coûts variables : coûts dont le montant varie (proportionnellement ou non) en fonction de la quantité produite (biens intermédiaires comme les matières premières ou l énergie). 250 Lexique
251 Lexique Crédit : somme prêtée par un organisme spécialisé (banque, société de crédit) afin de permettre un achat. Croissance économique : hausse de la production mesurée par l augmentation du produit intérieur brut en volume. CSG : voir Contribution sociale généralisée. Culture : ensemble des manières d agir, de penser et de sentir communes à des individus vivant au sein d une même société. D Déciles : la répartition en déciles consiste à diviser une population en dix tranches de même effectif et classées par ordre croissant. Elle permet de mesurer la dispersion. Délégués du personnel : salariés élus qui sont, dans les entreprises d au moins 10 salariés, les porte-parole des salariés auprès de la direction et veillent au respect du droit du travail. Délégués syndicaux : salariés désignés par les syndicats représentatifs dans des entreprises d au moins 50 salariés afin de représenter les syndicats auprès de l employeur. Demande : quantité d un produit que les agents économiques sont prêts à acheter à un prix donné. La demande globale est l ensemble des emplois de la production (= consommations intermédiaires + consommation finale + FBCF + exportations + variation de stocks). Dépenses de consommation des ménages : valeur des biens et des services achetés par les ménages pour leur consommation. Désinflation : ralentissement de la hausse des prix qui continuent d augmenter, mais de moins en moins fortement. Déterminisme social : principe selon lequel les individus et les groupes sociaux sont déterminés par leur situation sociale. Selon ce postulat, la liberté d action et la possibilité des individus d agir sur leur destin sont faibles. Développement : ensemble des changements économiques, sociaux, techniques et institutionnels liés à la croissance économique. Développement durable : mode de développement économique respectueux de l environnement et des conditions de vie ; il répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Différenciation du produit : une stratégie de différenciation consiste pour une entreprise à modifier les caractéristiques de son produit pour le distinguer de celui de ses concurrents. Discrimination positive : mesure de justice sociale fondée sur le principe d équité, qui consiste à donner un avantage à ceux qui sont pénalisés par leur situation afin de rétablir une certaine égalité des chances. Disparité des revenus : différence entre les revenus de deux groupes d individus. Dispersion des revenus : différence entre les revenus à l intérieur d une catégorie donnée. Dividendes : bénéfices distribués qui rémunèrent les actionnaires d une entreprise. Division du travail : décomposition d un processus de production en un certain nombre de tâches que des travailleurs différents accomplissent. Divorce : annulation du mariage prononcée par la justice. Depuis 1975, le divorce peut être demandé par consentement mutuel. E EBE : voir Excédent brut d exploitation. Économie : situation et organisation de la production, du partage des richesses et de la consommation. Économie d échelle : baisse des coûts unitaires grâce à l augmentation des quantités produites. Économie sociale (ou Tiers secteur) : ensemble d organisations (associations, coopératives et mutuelles) appartenant à des propriétaires privés, mais refusant la loi du profit. Elles sont fondées sur les concepts d équité et de solidarité. Effet d imitation : consommation de biens et de services par une personne qui cherche à imiter le groupe social immédiatement supérieur. Effet de distinction : consommation de biens et de services permettant à une personne de se démarquer des autres groupes sociaux, d affirmer sa différence et son appartenance à un groupe social dont la position sociale est plus élevée. Effet de signe : fonction sociale de la consommation permettant aux individus de communiquer entre eux et de s envoyer des signaux pour affirmer leur position sociale. Égalité des chances : situation selon laquelle la position sociale d un individu ne dépend pas de son milieu social d origine, de son sexe ou de sa nationalité. Égalité des droits : situation selon laquelle les individus sont égaux devant la loi, celle-ci étant la même pour tous. Égalité réelle : situation selon laquelle la répartition des revenus et des patrimoines est identique pour tous les membres de la société. Élargissement des tâches : regroupement d un certain nombre d opérations de façon à rendre le travail moins répétitif. Élasticité : coefficient mesurant la réaction d une variable (offre ou demande, par exemple) à la suite de Lexique 251
252 Lexique la variation d une autre variable (prix ou revenu, par exemple). Élasticité-prix : rapport entre la variation relative de la demande d un bien et la variation relative du prix de ce bien. L élasticité-prix mesure la réaction des consommateurs aux variations de prix. Élasticité-revenu : rapport entre la variation relative de la demande d un bien et la variation relative du revenu du ménage. L élasticité-revenu mesure la réaction des consommateurs aux variations du revenu. Emploi : population active occupée. Il comprend les personnes qui ont une activité professionnelle, qu elles soient salariées ou non. Emploi atypique : emploi qui ne présente pas les caractéristiques d un emploi typique. Il est soit à temps partiel, soit précaire. Emploi non salarié : comprend les indépendants (qui n emploient aucun salarié), les employeurs et les aides familiaux qui travaillent dans l entreprise familiale. Emploi précaire : emploi caractérisé par son instabilité car le contrat de travail qui y est associé permet d embaucher le salarié pour un temps limité (emploi intérimaire ou emploi sous contrat à durée déterminée [CDD], par exemple). Emploi salarié : emploi caractérisé par une relation de subordination d un employé vis-à-vis d un employeur. En contrepartie, le salarié perçoit un salaire et bénéficie d une couverture sociale. Emploi typique : emploi considéré comme normal dans la société actuelle. C est un emploi salarié, à temps plein et à durée indéterminée. Employabilité : probabilité pour un chômeur ou un groupe de chômeurs de retrouver un emploi. Enrichissement des tâches : adjonction de tâches avec certaines responsabilités afin de briser la monotonie et de motiver les salariés. Entente : accords entre quelques entreprises pour fixer les prix et se partager le marché. Les ententes sont illégales. Entreprise : organisme produisant des biens et des services marchands ; on distingue les entreprises publiques, qui appartiennent majoritairement aux pouvoirs publics, des entreprises privées, qui appartiennent majoritairement à des propriétaires privés. Entreprise individuelle : entreprise appartenant à un propriétaire unique. Entreprise publique : entreprise appartenant totalement ou majoritairement aux pouvoirs publics. Épargne : partie du revenu qui n est pas destinée à la consommation. Elle peut être placée ou thésaurisée. Équipe semi-autonome : nombre réduit de salariés organisant leur travail afin de réaliser l objectif qui leur a été assigné. État : ensemble d organes politiques et administratifs, dont l organisation est régie par la Constitution, qui exercent le pouvoir politique et gèrent les services publics. État-gendarme : État dont le rôle se limite à la défense nationale, au maintien de l ordre et de la sécurité intérieure, ainsi qu à l entretien de certaines infrastructures non rentables. Cette conception a été notamment théorisée par A. Smith ( ) et s inscrit dans le cadre du courant libéral de la pensée économique. État-providence : État préoccupé du bien-être de la collectivité, qui se donne pour mission de produire des services non marchands, de garantir une protection sociale, d opérer une redistribution des revenus et de réguler l économie au moyen de politiques économiques. Excédent brut d exploitation (EBE) : ce qui reste de la valeur ajoutée brute après avoir ôté le coût salarial et les impôts liés à la production. C est, approximativement, le profit. Excédent naturel : le nombre des naissances moins le nombre de décès. Exclusion : elle désigne à la fois une situation et un processus dans lesquels un individu est privé des principaux liens avec la société et de l accès à certains biens et services fondamentaux. Exogamie (sociale) : alliance entre deux individus issus de milieux sociaux différents. Externalisation : pratique des entreprises qui se recentrent sur leur activité principale et n accomplissent plus elles-mêmes des tâches annexes qu elles confient à des entreprises tierces (sous-traitantes, prestataires de services ou intérimaires). F Facteurs de production : ensemble des moyens en capital et en travail qu une entreprise met en œuvre pour produire. Famille : au sens étroit du terme (c est-à-dire au sens de l Insee), groupe constitué d au moins deux personnes ayant des liens de parenté, de filiation ou d alliance, et résidant ensemble. Au sens large, ensemble de personnes ayant un lien de parenté qui corésident ou non. Famille communautaire : famille fréquente dans le centre de la France sous l Ancien Régime. La famille communautaire regroupe les parents et tous les fils mariés ou non (ainsi que leurs femmes et leurs enfants) sous un même toit. Famille monoparentale : famille qui comprend un parent isolé (veuf, divorcé ou célibataire) et un ou plusieurs enfants. 252 Lexique
253 Lexique Famille nucléaire : famille fréquente dans la société industrielle contemporaine, ainsi que dans le nord de la France sous l Ancien Régime. Elle ne regroupe que les parents et leurs enfants non mariés. Famille recomposée : famille modifiée à la suite d une séparation, d un divorce ou d un décès. Dans ces familles recomposées, les enfants vivent généralement avec un de leurs parents et avec une belle-mère ou un beau-père et parfois avec des demi-frères et des demi-sœurs. Famille souche : famille fréquente dans le sud de la France sous l Ancien Régime, elle regroupe trois générations : les parents, un fils marié (et son épouse) et ses enfants. FBCF : voir Formation brute de capital fixe. Fécondité : capacité qu a l espèce humaine à se reproduire. Le nombre moyen d enfants que met au monde une femme au cours de sa vie est le principal indicateur de la fécondité. Filiation : lien qui unit un individu à son père ou à sa mère. Flexibilité : pour une entreprise, c est la capacité de s adapter rapidement aux variations de la demande. Cela suppose une flexibilité du travail qui est la capacité de faire varier le travail en fonction de la situation économique de l entreprise. Flux : grandeur, mesurée au cours d une période donnée, qui fait l objet d un mouvement. On l oppose à la notion de stock. Flux tendus (ou «juste à temps») : méthode consistant à réduire les stocks afin de réduire les coûts qu ils occasionnent. Fonctionnaires : agents embauchés par les administrations publiques, nationales ou territoriales. Fordisme : organisation du travail dérivée du taylorisme et mise au point dans les années 1910 par le constructeur automobile américain H. Ford ( ). Elle se distingue du taylorisme par la standardisation des pièces et des outils, l instauration du travail à la chaîne et la pratique de salaires relativement élevés. Le fordisme désigne aussi un mode de régulation et de croissance caractérisé par une croissance économique forte, une faible concurrence entre les entreprises et une intervention importante des pouvoirs publics dans l économie. Formation brute de capital fixe (FBCF) : il s agit de l investissement au sens de la Comptabilité nationale. G Gains de productivité : augmentation de la productivité. Grève : arrêt de travail concerté entre salariés afin d obtenir satisfaction sur des revendications professionnelles. Groupe de pression : association volontaire d individus cherchant à influencer le pouvoir politique afin de défendre un intérêt commun. Groupe social : ensemble de personnes partageant une situation proche et liées entre elles de façon plus ou moins forte et volontaire. Groupe socioprofessionnel : ensemble résultant du regroupement de catégories socioprofessionnelles proches. L Insee distingue 8 groupes socioprofessionnels, dont 6 pour les actifs. H Habitus : ensemble des jugements, des goûts et des pratiques propres à chaque groupe social. Hiérarchie sociale : classement ordonné (et souvent implicite) des individus ou des groupes en fonction de différents critères. Les plus fréquents sont leurs pouvoirs, leurs titres, leurs qualifications et leurs revenus. Histoire : discipline scientifique qui étudie les événements passés. Homogamie (sociale) : alliance entre deux personnes issues d un milieu socioculturel proche. Hyperinflation : hausse extrêmement forte des prix. I Impôt : prélèvement obligatoire supporté par les agents économiques pour financer les dépenses de l État et des collectivités locales. Les impôts relèvent de deux catégories : directs, c est-à-dire prélevés sur une personne physique ou morale (par exemple, l impôt sur le revenu), et indirects, c est-à-dire prélevés à l occasion d un événement (par exemple, la taxe sur la valeur ajoutée lors d un achat). Impôt direct : impôt versé directement par les contribuables, les ménages ou les entreprises. Impôt indirect : impôt versé par les entreprises mais supporté par les consommateurs, comme la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Impôt sur le revenu : prélèvement obligatoire caractérisé par un taux qui augmente en fonction du revenu des ménages. Inactif : personne n occupant pas d emploi et n en cherchant pas. Inculcation : socialisation volontaire et méthodique. Indice de développement humain (IDH) : indicateur composite calculé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) incluant le niveau de vie (mesuré par le PIB/habitant), l espérance de vie, le taux d alphabétisation et le taux de scolarisation. Lexique 253
254 Lexique Inégalité : répartition non uniforme, dans la population d un pays ou d une région, d avantages et de désavantages. Inégalité de revenu : répartition non uniforme des revenus dans une société. Inégalité des chances : situation dans laquelle la position sociale d un individu dépend de son milieu social d origine, de son sexe ou de sa nationalité. Inflation : hausse généralisée des prix. Innovation : mise en œuvre d une invention ; les principales innovations portent sur de nouveaux produits, de nouvelles techniques ou de nouvelles organisations de la production. Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) : son principal rôle est de collecter et de publier des informations sur l économie et la société françaises. Institution : règle (norme sociale, économique ou juridique) ou organisation qui encadre la société (institution sociale) ou l économie (institution économique). Institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) : secteur institutionnel de la comptabilité nationale regroupant les associations, syndicats de salariés, partis politiques Interactions : relations et actions réciproques entraînant des influences mutuelles entre les individus. Investissement : opération par laquelle l entreprise achète du capital fixe, c est-à-dire des locaux et des équipements destinés à participer au processus de production pendant au moins un an. Certains achats de services, comme la publicité ou la formation, sont qualifiés d investissements immatériels. Investissement de capacité : investissement destiné à accroître la capacité de production. Investissement de productivité (ou de rationalisation) : investissement motivé par la recherche d une baisse des coûts unitaires résultant d une économie de facteurs de production. Investissement de remplacement : investissement destiné à compenser les déclassements de biens de production. Investissement immatériel : achat de certains services qui permettent d accroître la capacité de production ou la productivité de l entreprise. Les dépenses de publicité, de recherche, de formation et l acquisition de logiciels sont considérées comme des investissements immatériels, même si la plupart ne sont pas comptabilisées dans la FBCF. Investissement public : investissement réalisé par les administrations publiques (essentiellement l État, la Sécurité sociale et les collectivités locales). ISBLSM : voir Institutions sans but lucratif au service des ménages. J Juste à temps : méthode de production caractéristique du toyotisme et qui consiste à ne produire un bien qu au moment ou il est commandé par un client ou rendu nécessaire pour la fabrication d un produit fini. L Lien social : ensemble des liens tissés, lors des relations marchandes, des relations de sociabilité et des relations politiques, entre l individu et la collectivité à laquelle il appartient et entre les individus. Loi d Engel : loi mise en évidence par E. Engel, statisticien allemand ( ), selon laquelle plus le revenu augmente, plus la part des dépenses consacrées à l alimentation diminue dans le budget des ménages. Loi de l offre : mécanisme selon lequel l offre est généralement une fonction croissante du prix. Loi de la demande : mécanisme selon lequel la demande est généralement une fonction décroissante du prix. Loi de l offre et de la demande : mécanisme selon lequel la flexibilité des prix permet d égaliser l offre et la demande. M Macroéconomie : étude des phénomènes économiques envisagée au niveau global. Ainsi, on peut étudier la consommation nationale, la production nationale, le revenu national. Marché : lieu (réel ou fictif) où la demande et l offre se rencontrent, ce qui donne naissance à des flux d échanges. Marché des biens et des services : lieu fictif sur lequel l offre et la demande de biens et de services se rencontrent et déterminent le prix. Marché du travail : lieu fictif sur lequel l offre de travail (émanant de la population active) et la demande de travail (émanant des entreprises et des administrations) se rencontrent et déterminent (lorsque le marché est concurrentiel) le prix du travail qui est le salaire. Mariage : alliance dans le cadre de l institution qui réglemente les droits et les devoirs des conjoints. Médiane : variable statistique qui partage en deux l effectif global tel qu il y a autant de valeurs supérieures que de valeur inférieures. Ménage (ou groupe domestique) : selon l Insee, groupe de personnes vivant sous un même toit, qu elles aient ou non des liens de parenté. 254 Lexique
255 Lexique Microéconomie : étude des phénomènes économiques (choix, décisions ) envisagés au niveau de l individu ou de l entreprise (le choix de la meilleure combinaison productive par une entreprise, le comportement de consommation d un ménage, par exemple). Minima sociaux : prestations sociales versées à des personnes sans ressources en fonction de leur situation (vieillesse, invalidité ). Mode de vie : ensemble des manières de vivre et des habitudes de consommation propres à un individu ou à un groupe social. Le mode de vie ne peut pas se mesurer. C est une notion qualitative. Monogamie : alliance impliquant seulement deux conjoints. Monopole : forme de marché sur lequel il y a un offreur unique. Le terme désigne aussi l entreprise qui est en situation de monopole. Mutuelle : organisation ayant pour objectif de prémunir ses adhérents contre certains risques (maladies, accidents ). Les mutuelles font partie de l économie sociale. N Nation : communauté de citoyens dotés de la même nationalité, ayant des références et des valeurs communes et vivant sur un territoire. Nationalisation : appropriation d une entreprise par les pouvoirs publics. Négociation collective : recherche d accords entre les partenaires sociaux (la direction de l entreprise, les organisations syndicales et éventuellement l État). Elle se produit lors du déclenchement d un conflit du travail ou afin d en éviter un. Niveau de vie : ensemble des biens et des services qu un individu ou un ménage peut acquérir grâce à son revenu. Le niveau de vie est une notion quantitative. Nomenclature : liste des catégories (sous-ensembles) créées pour étudier un domaine particulier : activités, professions, produits, etc. Normes : règles de conduites très largement suivies dans une société ou un groupe. Nouvelles formes d organisation du travail (NFOT) : organisations du travail fondées sur l implication des travailleurs dans le processus de production. Elles remettent en cause la parcellisation des tâches. Nuptialité (taux de) : rapport du nombre de mariages à la population totale. O Obligation : titre d un emprunt public émis par une entreprise ou par l État. Offre : quantité d un produit que les agents économiques sont prêts à vendre (et, éventuellement, à produire) à un prix donné. L offre globale est l ensemble des ressources en biens et en services (production, importations). Oligopole : forme de marché sur lequel il n y a que quelques offreurs. Organisation du travail : agencement et organisation du travail afin d accroître la productivité. Organisation scientifique du travail (OST): conception initiale de F.W. Taylor ( ) sur la base d une division du travail horizontale et verticale, du choix du meilleur geste à accomplir et de la lutte contre la flânerie des travailleurs (ou porosité du travail). P Pacte civil de solidarité (PACS) : institué en 1999, le PACS est un contrat conclu entre deux personnes pour organiser leur vie commune ; ces deux personnes doivent être majeures et peuvent être de même sexe ou de sexe différent. Parenté : famille au sens large. Ensemble de personnes unies par des liens de filiation et d alliance qui ne vivent pas obligatoirement sous le même toit. Passager clandestin : agent qui profite gratuitement d un bien collectif, sans participer à son financement. Patrimoine : valeur des actifs financiers ou non financiers détenus par un agent économique (valeur de ce dont il est propriétaire). Pauvreté : situation des individus dépourvus des ressources considérées comme essentielles dans une société donnée et vivant dans la précarité. Elle peut être absolue (absence du minimum vital) ou relative (niveau de consommation inférieur à la norme de la société). PCS : voir Professions et catégories socioprofessionnelles. PIB : voir Produit intérieur brut. Placement : emploi d un capital pour en tirer un revenu ou en conserver la valeur. On distingue les placements financiers (achats d actions, d obligations ) et les placements immobiliers (achats de logements, de terrains ). Plein-emploi : au sens large, il s agit de l utilisation maximale des facteurs de production (capital et travail) disponibles. Au sens strict, il s agit de l utilisation maximale de la main-d œuvre disponible. PME : petites et moyennes entreprises embauchant moins de 500 salariés. Politique économique : ensemble des moyens dont disposent les pouvoirs publics pour agir sur l économie, selon des objectifs qu ils déterminent. On distingue souvent les politiques conjoncturelles, tournées vers le court terme et donc réversibles, des Lexique 255
256 Lexique politiques structurelles, qui visent à transformer durablement les structures de l économie. Politique sociale : ensemble des mesures prises par les pouvoirs publics pour améliorer les conditions de vie des ménages défavorisés (RMI, prestations familiales, minimum vieillesse ). Polygamie : alliance impliquant plus de deux conjoints. On distingue la polyandrie, lorsqu une femme peut épouser plusieurs hommes, de la polygynie, lorsque, inversement, un homme peut épouser plusieurs femmes. Population active : ensemble des personnes déclarant exercer ou chercher à exercer une activité professionnelle rémunérée. Population active occupée : ensemble des personnes exerçant une activité professionnelle rémunérée. Population inactive : ensemble des personnes qui n occupent pas d emploi et qui n en cherchent pas. Post-taylorisme : appellation des nouvelles formes d organisation du travail (NFOT) et de relations du travail qui se fondent sur des principes différents de ceux du taylorisme. Elles mettent en avant l implication des travailleurs dans le processus de production. Pourcentage : proportion d une quantité par rapport à une autre considérée comme égale à cent. Pouvoir d achat : quantité de biens et de services marchands qu un ménage pourrait acheter grâce à son revenu, s il n épargnait pas. Pouvoirs publics : institutions disposant d un pouvoir législatif et d un pouvoir de contrainte pour faire respecter la loi. Il s agit de l État, des collectivités locales, des organismes de Sécurité sociale, des institutions européennes. Précarité : vulnérabilité d individus ne bénéficiant d aucune stabilité de l emploi et du revenu. Prélèvements obligatoires : ensemble des contributions obligatoires (impôts et cotisations sociales) collectées par les administrations publiques. Prestations sociales : revenus de transfert correspondant au versement d une allocation à un individu ou à un ménage en fonction d un risque social subi (les prestations familiales, par exemple). Privatisation : vente au secteur privé d une entreprise publique par les pouvoirs publics. Prix d équilibre (ou prix de marché) : prix fixé par la loi du marché, c està-dire par la libre confrontation de l offre et de la demande sur un marché. Seul ce prix assure l égalité entre l offre et la demande. Production : activité socialement organisée qui consiste à créer des biens et des services contribuant à satisfaire des besoins ou à produire d autres biens et services. Production domestique : activité qui résulte d un travail domestique effectué par et pour les ménages. Le résultat de cette activité (nettoyage, bricolage, jardinage, etc.) n est pas comptabilisé dans le PIB. Productivité : contribution de chaque facteur de production à la production totale ; elle se calcule en rapportant la valeur ajoutée à la quantité de facteurs. Productivité du capital : mesure de l efficacité productive du capital par le rapport valeur ajoutée / capital fixe. Productivité du travail : mesure l efficacité du facteur travail par le rapport entre la valeur ajoutée et la quantité de travail, cette dernière pouvant être mesurée en nombre de travailleurs (productivité par tête) ou en heures de travail (productivité horaire). Elle est qualifiée d apparente car l efficacité du capital entre également en ligne de compte dans la performance du travail. Produit intérieur brut (PIB) : grandeur qui fournit une mesure de la production. Il correspond approximativement à la somme des valeurs ajoutées des entreprises et des administrations sur le territoire d un pays. Produits : biens et services qui sont le résultat de la production. Professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) : classification de la population active réalisée par l Insee en 1982 en groupes socioprofessionnels, catégories socioprofessionnelles et professions. Profit : revenu de l entreprise obtenu en calculant la différence entre ses recettes et la totalité de ses coûts de production. Le but d une entreprise est de maximiser son profit. Le profit dégagé par une entreprise est le critère principal de sa performance. Progrès technique : processus de perfectionnement des méthodes de production qui permet d augmenter la productivité. Propension marginale à consommer : part d une hausse de revenu destinée à l augmentation de la consommation. Propension moyenne à consommer : part du revenu destinée à la consommation. Propension moyenne à épargner : part du revenu destinée à l épargne. Protection sociale : ensemble des mécanismes permettant d assurer une protection des individus contre les risques de l existence (maladie, chômage, vieillesse, etc.) et garantissant de ce fait une plus grande justice au sein de la société. Prud hommes : juridiction paritaire composée de professionnels chargée de résoudre les désaccords individuels dans les entreprises privées. 256 Lexique
257 Lexique Q Qualification : la qualification de l emploi est l ensemble des compétences requises pour exercer cet emploi ; la qualification d un travailleur est l ensemble des compétences (savoirs et savoir-faire) maîtrisées par un actif. Quantité d équilibre : quantité qui correspond à l égalité de l offre et de la demande. La quantité offerte étant égale à la quantité demandée, il n y a ni pénurie ni surproduction. Quartile : la répartition en quartiles consiste à diviser une population en quatre tranches de même effectif et classées par ordre croissant. Elle permet de mesurer la dispersion. R Rapports sociaux : relations sociales qui existent entre des individus ou des groupes sociaux. Récession : phase de ralentissement de la croissance. Recherche et développement : activité ayant pour objectif d accroître la somme des connaissances et l utilisation de ces connaissances pour de nouvelles applications. La R&D comprend ainsi : la recherche fondamentale (découverte des lois générales), la recherche appliquée (orientée vers un but déterminé) et le développement expérimental (mise en œuvre des inventions). Redistribution : ensemble des mécanismes par lesquels l État et les organismes sociaux corrigent certaines inégalités de revenu et contribuent à la couverture des risques sociaux (maladie, chômage ). Redistribution horizontale : redistribution des revenus entre les membres d une société, indépendamment du niveau de leur revenu, selon une logique d assurance. Redistribution verticale : redistribution des revenus des riches vers les pauvres, selon une logique d assistance. Réglementation : ensemble des dispositifs administratifs (contrôles, normes ) qui encadrent l activité économique (par exemple, le contrôle des prix). Relation de parenté : ensemble des relations de filiation et d alliance qui unissent des personnes. Relations du travail (ou relations professionnelles) : relations qu entretiennent les employeurs et leurs salariés, parfois par l intermédiaire de leurs instances représentatives (direction de l entreprise, délégués syndicaux, délégués du personnel, élus au comité d entreprise). Représentation des salariés : ensemble des institutions destinées à représenter, au sein de l entreprise, les salariés devant leur employeur et à défendre leurs intérêts. Reproduction sociale : tendance à perpétuer les inégalités sociales et les façons d agir et de penser. Ressources : ce dont dispose une personne pour subsister ou vivre ; les ressources proviennent principalement des revenus et parfois du crédit. Retraite par capitalisation : système de retraite dans lequel les actifs d aujourd hui épargnent pour les retraités qu ils seront plus tard. Retraite par répartition : système de retraite dans lequel les pensions des retraités sont financées par les cotisations des actifs ayant un emploi. Revenu : rémunération perçue par les agents économiques, soit en contrepartie de leur participation à la production (revenu primaire), soit en vertu d un droit reconnu par la société (revenu de transfert). Revenu de la propriété (ou revenu du patrimoine) : rémunération du capital (loyers, intérêts, dividendes ). Revenu de transfert : revenu versé par des organismes publics pour couvrir certains risques (maladie, chômage, etc.) et pour réduire les inégalités (RMI, allocation logement, etc.). Revenu disponible : revenu qui reste à la disposition des ménages (pour leur consommation et leur épargne) après qu ils ont payé les impôts et les cotisations sociales et reçu des prestations sociales. Revenu minimum d insertion (RMI) : créé le 1 er décembre 1988, le RMI a pour but de garantir un niveau minimum de ressources aux personnes de plus de 25 ans. En contrepartie du versement du RMI, le bénéficiaire s engage à définir un parcours d insertion sociale et / ou professionnelle. Revenu mixte : revenu de l entrepreneur individuel, rémunérant à la fois le travail et le capital qu il a apporté. Revenu primaire : revenu perçu par les ménages en contrepartie de leur participation à la production. Les revenus primaires comprennent les revenus de l activité, les revenus du capital et les revenus mixtes. RMI : voir Revenu minimum d insertion. Rôle : ensemble des comportements attendus d un individu compte tenu de son statut (rôle de père ou de mère de famille par exemple). Rotation des postes : changement de poste de travail, à intervalle régulier, de façon à rompre la monotonie du travail. S Salaire : rémunération des personnes travaillant pour le compte d un employeur à qui ils vendent leur travail. Lexique 257
258 Lexique Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) : salaire audessous duquel aucun travailleur à temps plein ne peut être légalement rémunéré. Salariat : relation caractérisée par la rétribution par un employeur du travail volontaire d un employé. Science politique : étude des règles et des institutions que s impose une société pour vivre en harmonie. Sciences sociales : discipline scientifique qui étudie les hommes vivant en société. Elle englobe plusieurs domaines dont l économie, la sociologie et la psychologie sociale. Secteur d activité : ensemble d activités économiques de même nature. Il est courant de distinguer le secteur primaire (principalement l agriculture), le secteur secondaire (activités industrielles) et le secteur tertiaire (les services). Secteur primaire : activités liées à l exploitation du milieu naturel, telles que l agriculture, la pêche et les activités forestières. Secteur public : champ de l activité économique contrôlé par les pouvoirs publics (État et collectivités territoriales). Il regroupe les entreprises publiques et les administrations publiques. Secteur secondaire : activités industrielles, du bâtiment et des travaux publics, c est-à-dire activités de transformation. Secteur tertiaire : essentiellement constitué des activités de services, comme les activités administratives, bancaires, commerciales, d assurance ou de transport. Sécurité sociale : organisme public assurant la protection sociale, c està-dire la couverture des risques sociaux. Service : produit immatériel résultant de la production. Service marchand : produit immatériel vendu sur le marché. Service non marchand : produit immatériel proposé par une administration, et financé indirectement par des prélèvements obligatoires et des contributions volontaires. Service public : activité d intérêt général, assurée même lorsqu elle n est pas rentable. SMIC : voir Salaire minimum interprofessionnel de croissance. Socialisation : processus par lequel l individu acquiert et intériorise les normes et les valeurs de la société et/ou du groupe social auquel il appartient. Société (entreprise sous forme de) : entreprise appartenant à plusieurs propriétaires nommés associés. Les deux principaux types de sociétés sont la SARL (société à responsabilité limitée) et la SA (société anonyme). Société de consommation : société dans laquelle la consommation constitue l objectif principal des individus. Pour accroître leur production, les entreprises stimulent la consommation par la publicité. Société : collectivité organisée d individus ayant une identité propre. Sociologie : science qui étudie la société, son organisation et les comportements des individus et des groupes d individus la constituant. Solde migratoire : différence entre le nombre d immigrants et le nombre d émigrants. Solidarité familiale : ensemble des aides financières domestiques ou sociales versées ou reçues entre les générations d une même famille. Stagflation : situation associant une stagnation du volume de la production et une hausse rapide des prix. Statut : position occupée par un individu dans un cadre social donné (famille, entreprise ). Stock : grandeur économique mesurée à un moment donné. On l oppose à la notion de flux. Stratification sociale : façon de représenter la société sous la forme d une division en groupes sociaux de grande dimension que l on nomme strates, catégories ou classes. Structure sociale : représentation de la façon dont sont hiérarchisés les groupes sociaux les uns par rapport aux autres dans une société. Substituabilité des facteurs de production : les facteurs de production sont substituables lorsque plusieurs combinaisons productives sont possibles pour aboutir à un même niveau de production. On peut choisir d utiliser plus de travail ou plus de capital pour réaliser la même production. Substitution du capital au travail : phénomène qui aboutit à utiliser de plus en plus de capital et de moins en moins de travail pour un même niveau de production. Surendettement : situation d agents économiques dont les revenus sont insuffisants pour faire face au remboursement de leur dette. Syndicat : association professionnelle en charge de la représentation, la défense des intérêts de ses membres. T Taux d activité : proportion (exprimée en %) du nombre d actifs dans la population âgée de 15 ans et plus. Il peut également se calculer selon l âge ou le sexe. Taux d épargne : rapport (exprimé en %) entre l épargne et le revenu. Taux d équipement : taux de possession de biens durables par les ménages. Taux d investissement : ratio mesurant l importance de l investissement dans le PIB (FBCF / PIB). Taux de chômage : proportion (exprimée en %) du nombre total de chômeurs dans la population active. 258 Lexique
259 Lexique Taux de croissance : c est la principale mesure de l accroissement de la richesse d un pays sur une année ; il exprime le taux de croissance du PIB réel. Taux de marge : rapport (exprimé en %) entre le profit (EBE) et la valeur ajoutée (VA). Taux de salarisation : proportion (exprimée en %) de salariés dans la population active occupée. Taux de scolarisation : proportion d individus scolarisés dans une population de jeunes d un âge donné. Taux de variation : pourcentage d augmentation ou de diminution d une grandeur. Taylorisme : organisation du travail élaborée par F.W. Taylor ( ), fondée sur une double division du travail à laquelle on donne aussi le nom d organisation scientifique du travail (OST). Tertiarisation (ou tertiairisation) : croissance de la place prise dans la production et dans l emploi par les services (commerce, tourisme, enseignement, santé ) au détriment de l agriculture et de l industrie. Thésaurisation : partie de l épargne qui n est ni placée ni investie et qui est donc conservée par les ménages sous forme de monnaie liquide. Tiers secteur : voir Économie sociale. Toyotisme : organisation visant à impliquer davantage les salariés, à enrichir le travail et reposant souvent sur les «5 zéros» (0 délai, 0 défaut, 0 stock, 0 panne, 0 papier). Travail : au sens large, toute activité productrice de biens ou de services. Dans un sens plus étroit, facteur de production dont le prix est composé du salaire et des cotisations sociales. Travail au noir : travail rémunéré mais non déclaré. Travail domestique : activité de création de biens et de services par les ménages en dehors de leur activité professionnelle. Turn-over : mouvements de départs et d entrées du personnel dans une entreprise ou une administration. Le taux de turn-over est le rapport du nombre de salariés partis durant une année donnée au nombre moyen de salariés durant la même année. U Union libre : cohabitation d un couple non marié. Unité de consommation : échelle d équivalence utilisée par les statisticiens pour mesurer le niveau de vie, 1 pour le premier adulte du ménage, 0,5 par adulte supplémentaire (14 ans et plus), 0,3 par enfant de moins de 14 ans. V Valeur ajoutée : mesure de la valeur réelle créée par une entreprise ou une administration. Elle se calcule en soustrayant de la valeur de la production le montant des achats de biens intermédiaires et de services (les consommations intermédiaires), qui sont entrés dans le processus de production. Valeurs : principes et idéaux partagés par les individus d une même société ou d un même groupe. Vulnérabilité face au chômage : risque pour une personne ou un groupe de personnes de perdre leur emploi. Évaluer ses acquis : réponses aux QCM 1. La diversité des formes familiales (p. 35) 1. c. 2. c. 3. a. 4. a. 5. c. 6. b. 2. Les fonctions de la famille (p. 55) 1. b. 2. c. 3. a. 4. c. 5. b. 6. c. 3. La population active (p. 73) 1. b. 2. a. 3. a. 4. c. 5. a. 6. b. 4. Emploi et chômage (p. 95) 1. b. 2. b. 3. a. 4. c. 5. b. 6. b. 5. La classification socioprofessionnelle (p. 115) 1. b. 2. a. 3. b. 4. a. 5. b. 6. a. 6. La diversité des organisations et leurs objectifs (p. 137) 1. b. 2. b. 3. c. 4. a. 5. a. 6. c. 7. La production dans l entreprise (p. 157) 1. b. 2. c. 3. b. 4. a. 5. b. 6. b. 8. L organisation du travail et les relations professionnelles (p. 179) 1. c. 2. b. 3. a. 4. b. 5. c. 6. a. 9. Les ressources : revenus et crédit (p. 199) 1. a. 2. c. 3. a. 4. c. 5. c. 6. b. 10. Consommation et mode de vie (p. 221) 1. a. 2. c. 3. a. 4. b. 5. b. 6. b. Lexique réponses aux QCM 259
260 Index Les chiffres en romain renvoient aux pages des parties cours. Les chiffres en italique renvoient aux pages des rubriques «À retenir». A Actif 60, 103, 112 Administration 131 Administration publique 103, 134 Agent de socialisation 52 Agriculteurs exploitants 104, 106, 112 Artisans, commerçants et chefs d entreprise (ACCE) 104, 107, 112 Association 130, 134 B Besoins 120 Besoins humains 134 Biens 123, 124, 134 Biens complémentaires 213 Biens collectifs 218 Biens de consommation 124 Biens de production 124 Biens d équipement 124, 134 Biens durables 124 Biens inférieurs 213 Biens intermédiaires 124, 134 Biens non durables 124 Biens normaux 213 Biens privés 205, 218 Biens publics 205 Biens publics purs 205 Biens substituables 213 Biens supérieurs 213 C Cadres et professions intellectuelles supérieures 104, 112 Capital circulant 142, 154 Capital fixe 142, 154 Capital technique 142, 154 Catégories socioprofessionnelles 100, 112 Cercles de qualité 166 Chiffre d affaires 128 Chômage 85, 145 Chômeur 92 Classification socioprofessionnelle 100, 112 Code du travail 170 Coefficient budgétaire 209, 212 Cols blancs 110 Combinaison productive 146, 147, 154 Comité d entreprise (CE) 171 Comité d hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) 171 Comportements d activité 70 Conditions de travail 167, 176 Conflit collectif 173, 174, 176 Consommation 46, 47, 48, 204, 218 Consommations collectives 204 Consommation finale des ménages 206 Consommation finale effective des ménages 206, 218 Consommations individuelles 204, 218 Consommations intermédiaires 150, 154 Consommations marchandes 204, 218 Consommations non marchandes 205, 218 Consommations ostentatoires 214 Contrat de travail 82, 169, 170, 176 Contrat à durée déterminée (CDD) 92, 169, 172, 176 Contrat à durée indéterminée (CDI) 92, 169, 172, 176 Contrats précaires 92 Convention collective 170, 176 Coopérative 130, 133, 134 Couple 25 Crédit 194, 197 D Délégués du personnel 171 Délégués syndicaux 171 Dépense de consommation 218 Distinction 214 Dividende 187 Division horizontale du travail 162, 176 Division verticale du travail 162, 176 Divorce 27 E Économie sociale 132 Effet de signe 214, 218 Effet d ostentation 214 Élargissement des tâches Index
261 Index Emploi 78, 92 Emploi salarié 80, 92 Emploi non salarié 80, 92 Emploi précaire 83 Employés 104, 111, 113 Endettement 194, 197 Enrichissement des tâches 166 Entreprise individuelle 127, 134 Entreprise privée 126, 134 Entreprise publique 130, 134 Épargne 211 Équipes semi-autonomes 166 F Facteur de production , 154 Facteurs complémentaires 146, 154 Facteurs substituables 146, 154 Famille 22 à 31, 32-33, 40 à 51, Famille au sens étroit 32 Famille conjugale traditionnelle 33 Famille élargie 32 Famille monoparentale 25, 26, 28, 29, 33 Famille nucléaire 23, 28, 32 Famille recomposée 26, 28, 29, 33 Ford H. 163, 176 Fordisme 162, 176 G Grève 173 Groupes socioprofessionnels 112 H Homogamie 44, 45, 52 I I Immigration 65, 70 Inégalités de revenus 188 Inactif 103 Inactivité 61 Indice des prix 210 Inégalités 112 Institution 26, 32 Intérim 92 Investissement 144, 154 Investissement de capacité 144, 154 Investissement immatériel 144, 154 Investissement matériel 154, 124 Investissement de productivité 144, 154 Investissement de remplacement 144, 154 L Liens d alliance 32 Liens de filiation 32 Lois d Engel 212, 218 M Mariage 24, 26, 27, 32 Mécanisation 167, 176 Ménage 25, 26, 32 Métier 101, 112 Mode de vie 207, 218 Monogamie 24, 32 Mutuelle 130, 133, 134 N Négociation collective 175, 176 Néotaylorisme 165, 176 Niveau de vie 207, 218 Normes 40, 43, 32, 52 Nouvelles formes d organisation du travail 166, 176 O Organisation du travail 162, 176 Organisation scientifique du travail (OST) 162, 164, 176 Organisations publiques 130, 134 Ouvriers 104, 107, 112 P Pacte civil de solidarité (PACS) 27 Parenté 26, 31, 32 Parentèle 31 Partage de la valeur ajoutée 152, 153, 154 Index 261
262 Index Patrimoine 51 Pauvreté 193 Polygamie 24, 32 Population active 64, 70 Population inactive 70 Post-taylorisme 165, 176 Pouvoir d achat 207, 218 Prestations sociales 190, 193 Processus de production 154 Procréation 49 Production 46, 120, 134 Production domestique 47 Production marchande 123 Production non marchande 123 Productivité 148, 154 Produits 123 Produits de consommation 134 Produits de production 134 Produit intérieur brut (PIB) 151, 154 Professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) 100 Professions intermédiaires (PI) 104, 113 Professions libérales 103 Professions qualifiées 109 Profit 153, 154, 128, 134 Progrès technique 145 Protection sociale 191 Q Qualification 82, 92, 101, 112 R Redistribution 192 Représentation des salariés 171, 176 Reproduction sociale 43, 45, 52 Retraites 68, 69 Retraités 71 Revenus 211 Revenus d activité 196 Revenus de la propriété 196 Revenus de transfert 190, 196 Revenu disponible 191, 196, 207 Revenus primaires 184, 196 Richesse 120, 121, 134 Rotation des postes 166 S Salaire 185, 153, 154 Salariés 103 Secteur d activité 101, 112 Secteur public 130, 131 Services 123, 124, 134 Services de consommation 124 Services de production 124 Services d équipement 134 Services intermédiaires 124, 134 Services marchands 124 Services non marchands 124, 206 Service public 130, 134 SMIC 210 Socialisation 40, 41, 42, 43, 52 Société anonyme (SA) 127, 134 Société à responsabilité limitée (SARL) 127, 134 Solidarité 50 Statut de l employeur 101 Statut économique 101, 112 Structure sociale 103, 112 Structure socioprofessionnelle 106 Surendettement 195, 197 Syndicalisation 171, 172 Syndicat 171, 172, 176 T Taux d activité 62, 70 Taux de chômage 87 Taux de marge 154 Taux d équipement 47, 208 Taylor F.W. 162, 176 Taylorisme 162, 176 Temps partiel 83, 92 Toyotisme 165, 176 Travail 92, 142, 154 Travail à la chaîne 167 Travail au noir 61, 121, 134 Travail clandestin 122 Travail domestique 121, 134 Travail des femmes 66, 71 U Union libre 26, 32 V Valeurs 30, 33, 40, 43, 52 Valeur ajoutée , Index
263 Crédits photographiques 12b : Collection Christophe L ; 12h : Collection Christophe L ; 13b : Collection Christophe L ; 13h : Collection Christophe L ; 14b : Pathé Renn Productions / Artmedia ; 14h : Pathé Renn Productions ; 14m : Pathé Renn Productions ; 15b : Pathé Renn Productions / Artmedia ; 15h : Pathé Renn Productions ; 15m : Pathé Renn Productions / Artmedia ; 16b : Collection Christophe L ; 16h : Collection Christophe L ; 16m : Collection Christophe L ; 17bd : Collection Christophe L ; 17bg : Collection Christophe L ; 17h : Collection Christophe L ; 17m : Collection Christophe L ; 18b : Collection Christophe L ; 18h : Collection Christophe L ; 20d : Chris Steele-Perkins / Magnum Photos ; 20g : Juan Manuel Castro Prieto / Agence Vu ; 21b : Geluck / Casterman ; 21h : Plantu ; 22 : Jacques Langevin / Corbis Sygma ; 23 : Marc Garanger / PixOclock ; 24 : Philippe Roy / PixOclock ; 31 : Catherine Beaunez / Iconovox ; 38b : Raphaël Helle / Signatures ; 38h : Bruni / Alinari / Roger-Viollet ; 39b : Éditions Stock ; 39h : Plantu ; 41b : Claire Bretécher, Les Frustrés / Dargaud, 2008 ; 41h : Claire Bretécher, Les Frustrés / Dargaud, 2008 ; 41m : Claire Bretécher, Les Frustrés / Dargaud, 2008 ; 43bd : Michel Ponomarreff / Eyedea ; 43bg : Eliot Press ; 43hd : Keystone-France / Eyedea ; 43hg : Keystone-France / Eyedea ; 43md : DR ; 43mg : Eliot Press ; 44 : TopFoto / Roger-Viollet ; 48 : Michel Gaillard / Réa ; 49 : Paul Almasy / akg-images ; 50 : Chalvin / Iconovox ; 58d : Van der Hils Robert / Gamma / Eyedea ; 58g : Collection Kharbine-Tapabor ; 59b : Vichel / Andia.fr ; 59h : Marie Dorigny / Signatures ; 60 : N. Marques / KR images Presse ; 65 : Keystone-France ; 67 : Plantu ; 68 : Alix / Phanie ; 69 : David Bacon / Report Digital-Réa ; 77b : Faujour / Iconovox ; 77h : Chaumaz / Le Monde ; 79 : Le Gal / Andia ; 84 : Patrick Allard / Réa ; 88 : Barbe / Iconovox ; 89 : Plantu ; 90 : Chalvin / Iconovox ; 91 : R. Quadrini / KR images Presse ; 98d : Tom Wagner / Réa ; 98g : Michel Houet / Belpress / Andia ; 99b : Plantu ; 99h : John Van Hasselt / Corbis Sygma ; 103 : Roberto / Urba images server ; 106 : Benoît Decout / Réa ; 108 : L. Cheviet / KR Images Presse ; 109 : Lefred Thouron, Étons Modernes, Glénat Éditions ; 118d : Montarges / Andia.fr ; 118g : Felix Alain / hemis.fr ; 119d : Collection Kharbine-Tapabor / DR ; 119g : Ludovic Maisant / hemis.fr ; 120 : Mutio / Iconovox ; 122 : Ropi / Réa ; : Ian Hanning / Réa ; : Xavier Mouthon / Globepix ; : Nicolas Tavernier / Réa ; : Gilles Rolle / Réa ; : Pierre Gleizes / Réa ; 128b : Gisselbrecht / Andia.fr ; 128hg : Bigot / Andia.fr ; 128hd : Peter Marlow / Magnum Photos ; 129 : Daïd / Andia ; 133 : Ngo-Dinh-Phu Quyên / Francedias ; 139 : Schmitz Herb / Camera Press / Gamma / Eyedea ; 140 : Nayan Sthakiya / Corbis ; 141bg : Jean-Yves Delahay / Cnrs Photothèque ; 141d : Denis Darzacq / Agence Vu ; 141hg : Michael Reynolds / Epa / Corbis ; 143bd : Raphaël Helle / Signatures ; 143bg : Jérôme Pallé / Francedias.com ; 143bm : Robin Langlois / Cit images ; 143hd : Philippe Roy / PixOclock ; 143hg : Alix / Phanie ; 143hm : Boccabella / Oredia ; 144 : Samson / Iconovox ; 145hd : J.-F. Fourmond / Urba Images Server ; 145hg : Keystone-France ; 146 : Serge Attal / Globepix ; 149b : Keystone-France ; 149h : Photo12.com / ARJ ; 152 : Stéphane Klein / Fedephoto ; 160b : Anna Clopet / Corbis ; 160h : China Photos / AFP ; 161 : Ifa Bilderteam / Photononstop ; 163b : S.S.P.L. / Cosmos ; 163h : Keystone-France ; 167 : Marsu 2008 by Franquin - ; 168 : SCHANG Serge / Sunset ; 170 : Pessin ; 172 : Philippe / Iconovox ; 174bg : Delmarty / Andia ; 174d : Frédéric Maigrot / Réa ; 174hg : Denis / Réa ; 181d : Le Monde ; 181g : L Humanité ; 182 : Pompe Ingolf / hemis.fr ; 183 : Plantu ; 185 : Forget-Gautier / SagaPhoto ; 187 : Pétillon, Calme élyséen / Éditions Denoël, 1998 ; 189 : M. Castro / Urba Images Server ; 191 : Brouck / Iconovox ; 193 : Faujour / Iconovox ; 202d : Stuart Franklin / Magnum Photos ; 202g : H. Champollion / Akg-Images ; 203d : Stevens William / Gamma / Eyedea ; 203g : David Alan Harvey / Magnum Photos ; 207 : Plantu ; 208 : Pessin ; 209 : Ian Hanning / Réa ; 213 : DR ; 214b : Sime / Photononstop ; 214h : Tweedt / Iconovox. Maraï pour les illustrations des pages 25, 46, 62, 64, 66, 79, 82, 86, 101, 107, 110, 111, 121, 123, 124, 131, 142, 147, 151, 153, 161, 164, 171, 183, 190, 194, 205, 206, 212,
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