Institut Universitaire de Psychothérapie L alliance thérapeutique dans différents contextes de soin Yves de Roten
Marvel et al. (1999) JAMA 281(3) 283-287
Communication centrée sur le patient 315 patients / 39 médecins de famille 3 dimensions (score de communication centrée sur le patient): - Exploration de la maladie et de l expérience subjective - Compréhension de la personne en tant que tout - Recherche d un conception commune pour la gestion du traitement Résultats - Évolution plus favorable de la maladie - Meilleure santé émotionnelle 2 mois après - Diminution des tests diagnostiques - diminution de la référence à d autres médecins Stewart et al. (2000) J. Fam Pract 49 796-804
L alliance en clinique «la qualité et la force de la relation collaborative entre clients et thérapeute qui comprend les liens affectifs positifs, tels que la confiance mutuelle, le respect, l affection, la bienveillance le consensus et l implication active aux buts du traitement et aux moyens par lesquels ces buts peuvent être atteints un esprit de partenariat» Horvath, Del Re, Flückiger, & Symonds (2011, p. 27) Individualisation Processus de négociation
L alliance en psychothérapie «repose sur le désir conscient ou inconscient de coopération de la part du patient et sur le fait qu il est prêt à accepter que le thérapeute l aide à surmonter ses difficultés internes. Ceci n équivaut pas à suivre le traitement simplement pour acquérir du plaisir ou pour toute autre forme de gratification» Sandler, Dare & Hodler (1975, p. 33) Pseudo-alliance
Des patients, des alliances Type Collaboration (12%) Aide l autre à reconnaître d autres manières de comprendre la situation Donne à l autre une place active Accepte les critiques ou la confrontation dans la relation Type Lien Affectif (43%) Accueil chaleureux et sans jugement Écoute attentive Instaure un climat de confiance Type Exploration (45%) Identifie et clarifie les problèmes Focalise sur les problèmes centraux Reste impartial et objectif Bachelor (1995) J Counsel Psychol 42 323-337
L alliance, ça compte Le clinicien est aveugle à l alliance L alliance, ça se répare L alliance, c est le clinicien L alliance, c est spécifique
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L alliance ça compte Lien avec les résultats Meta-analyses Nb d études Nb de cas d Variance expliquée Horvath & Symonds (1991) 24.61 8.4% Martin, Garske, Davis (2000) 68 4 106.45 4.8% Horvath et al. (2011) 190 14 000.57 7.8%
L alliance cause-t-elle les résultats? Etudes Trouble ttt Causalité DeRubeis & Feeley (1990) Dépression TCC Non Feeley et al. (1999) Dépression TCC Non Barber et al. (2000) TAG, TOC, dépression PPa Oui Barber et al. (2001) Addiction PPa, TC Non Klein et al. (2003) Dépr. chron. PI Oui Constantino et al. (2005) Boulimie TCC PI Non Oui Strauss et al. (2006) TP évitante TCC Oui Stunk et al. (2008) Dépression TCC Non Note. TCC = thérapie comportementale et cognitive, PPa = psychothérapie psychanalytique; TC = thérapie comportementale; PI = psychothérapie interpersonnelle; TAG = trouble d anxiété généralisée, TP = trouble de personnalité
L alliance ça compte Pas seulement en psychothérapie Mesures Estimateur p Dépression (QIDS-SR 16 ) Psychothérapie Alliance équipe 2.28 1.85 0.01** 0.00*** Dépression (MADRS) Psychothérapie Alliance équipe 4.70 2.34 0.02* 0.02* Fonctionnement (EGF) Psychothérapie Alliance équipe -6.81-2.32 0.00** 0.04* Qualité de vie (EQ5D) Psychothérapie Alliance équipe -9.24-3.44 0.00* 0.04* Echantillon = 143 patients hospitalisés avec dépression sévère; imputations multiples des données manquantes
Relation patient-clinicien et résultats Kelley et al. (2014) PLoS One 9(4) e94207
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Alliance (HAq-I) Le clinicien est aveugle à l alliance Evaluation différente du patient 35 30 25 20 15 10 5 0-5 Patient Therapist 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 Séances de Roten & Westerman (Submitted) Psychoanalytic Psychology
Le clinicien est aveugle à l alliance Formation directe à l alliance 16 thérapeutes (2 ans d expérience) formés durant une année (2 heures de séminaire et de supervision par semaine). Grande attention portée aux échanges interpersonnels et à la relation comme facteur de changement. Comparaison pré- et post-formation. Meilleure adhérence à la méthode Détérioration de la relation thérapeutique Henry et al. (1993) J Consult Clin Psych 61, 434-440
Feedbacks Parler de la collaboration avec le patient Immédiatement (p.ex. lors d incompréhension, d impasse, lorsque le patient est en colère) Régulièrement (p.ex. «rituel du feedback») Utiliser un instrument d évaluation de l alliance Mesurer l évolution de l alliance au cours du traitement Feedback au thérapeute et au patient
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Alliance «To rupture is human, to repair is therapy» JD Safran & JC Muran (2000) 2.0 1.0 0.0-1.0-2.0-3.0 1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 37 Séances de Roten, Michel, Peter (2007) Psychothérapies 27, 37-46
2.0 1.0 0.0-1.0 Résolution des ruptures -2.0-3.0 1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 37 Safran & Muran (2000) Marqueurs de ruptures - Confrontation. attaque ou blâme. contrôle ou dirige - Retrait. se coupe ou évite (autonomie hostile). diffère ou apaise (conformité hostile)
2.0 1.0 0.0-1.0 Résolution des ruptures -2.0-3.0 1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 37 Safran & Muran (2000) Résolution des ruptures Mindfulness in action 4 principes : - Métacommuniquer sur le processus en cours - Focaliser sur le moment présent de la relation - Focaliser sur l expérience émotionnelle - Assumer sa part de responsabilité dans la rupture
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Alliance par clinicien Entre cliniciens Par clinicien r = -.33 r =.00 Clinicien a Clinicien b Clinicien c Compétence du clinicien: capacité à entraîner le patient dans un travail collaboratif orienté vers un but Baldwin, Wampold & Imel (2007) J Consult Clin Psychol 75 842-852
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Alliance 6.5% 8.5% Compétence Thérapeute 0-1% Résultats
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Note. Biomed info = information biomédicale, psychosoc couns = counseling psychosocial La formation à la communication n améliore pas l alliance, mais certains éléments de communication sont en relation avec bonne alliance Meystre et al. (2013) Pat Educ Counsel 90 233-238
En conclusion Recommandations de la recherche Ecouter le patient, obtenir des feedbacks sur la relation Améliorer sa sensibilité aux manifestations et à l évolution de l alliance (p.ex. ruptures - résolutions) Construire et maintenir l alliance en fonction des spécificités de son approche thérapeutique Etre flexible, authentique, adapté ( responsive )
Merci de votre attention Contact: yves.deroten@chuv.ch