Thème : Transport durable Orientation : Faire évoluer les pratiques de mobilité L évolution des parts modales des déplacements domicile-travail par aire urbaine et département hors aires urbaines La part des déplacements domicile-travail effectués principalement en en commun a progressé entre 1999 et 2007 au détriment des déplacements en. Celle-ci reste néanmoins de loin le mode de le plus utilisé puisqu en 2007, 70 % des actifs vont travailler en. En fait, le recours à la ne recule significativement que dans les grandes agglomérations, tandis qu il se maintient ou progresse encore dans les zones moins desservies par les en commun. Evolution des parts modales de déplacement domicile travail entre 1999 et 2007 Définition Evolutions entre 1999 et 2007 de la part des actifs se déplaçant pour aller travailler, principalement en, en en commun, en ou à pied, selon le lieu de résidence des actifs. 1/6
Pertinence L objectif de développement de modes des plus économes en émissions de gaz à effet de serre et moins polluants passe par un recours accru aux en commun et à des modes de autres que la, notamment pour aller au travail. Les indicateurs des parts modales des déplacements domicile-travail permettent de suivre l évolution des comportements au fil du temps et de les mettre en relation avec les politiques poursuivant cet objectif qui sont mises en œuvre au niveau national et local. A cet effet, les indicateurs sont établis à l échelle des aires urbaines, ainsi que pour les parties hors aires urbaines de chaque département, de façon à avoir une approche différenciée entre les agglomérations, où des plans de déplacements urbains ont pu être mis en place, et les zones plus rurales, où le principal intervenant est le département. Limites et précautions Ces indicateurs n abordent que les mobilités liées au travail et pas celles liées à d autre déplacements, pour les loisirs, pour accéder aux services et commerces, etc. De plus, ils ne tiennent pas compte de la longueur et du temps des déplacements et ne concernent que le principal mode de déplacement utilisé, intégrer les possibles combinaisons de modalités (parkings relais pour prendre le train ou le bus) ou les pratiques permettant de réduire le nombre de déplacements purement individuels (covoiturage). Par ailleurs les indicateurs concernent les personnes considérées lors des recensements comme actives ayant un emploi. La définition des actifs ayant un emploi ayant été élargie depuis le recensement de 2006 à certaines catégories (par exemple, les étudiants ayant un travail occasionnel sont désormais considérés comme actifs et donc comptabilisés dans les flux), cet élargissement peut impacter localement les évolutions des indicateurs entre 1999 et 2007. Analyse Résultat au regard de l enjeu de développement durable En 2007, 70 % des actifs de France métropolitaine vont travailler en, 16 %, à pied ou en et 14 % en en commun. La croissance généralisée de l emploi entre 1999 et 2007 est allée de pair avec la poursuite de la dissociation croissante entre le lieu de résidence et le lieu de travail et par conséquent une augmentation des déplacements et des distances. En 2007, 63 % des actifs travaillaient en-dehors de leur commune de résidence, contre 52 % en 1999. Cette évolution s accompagne de modifications des modes de pour se rendre au travail : globalement, la part des déplacements en a reculé d un point de 1999 à 2007 en France métropolitaine, tandis que celle des en commun a progressé de près de 2 points. Disparités territoriales Mais les situations et les tendances diffèrent selon le type d espace. Si la est, de loin, le mode de dominant, la part de celle-ci a progressé de 4,4 points de 1999 à 2007 dans les espaces hors des aires urbaines, au détriment des déplacements de courtes distances faisables à pied. De plus, peu d actifs résidant dans ces espaces ayant la possibilité d aller au travail en utilisant les en commun, leur part reste insignifiante. En revanche, dans les aires urbaines, la part des déplacements en a reculé de 2,7 points au profit des en commun. Néanmoins, les deux tiers des actifs résidant dans les aires urbaines prennent la pour aller au travail, seulement un sur six utilise principalement les en commun. Les zones où le tout- continue à se développer et prend des proportions critiques sont les zones rurales mal desservies par les en commun. Néanmoins, les déplacements en représentent plus de la moitié des déplacements dans pratiquement toutes les zones, qu il s agisse d aires urbaines ou de zones plus rurales. Celles-ci se distinguent plus selon les parts respectives des en commun ou des autres modes de déplacement. Il existe néanmoins d autres différences au sein des aires urbaines. Si la part de la a diminué et celle des en commun augmenté dans la plupart des aires urbaines, les taux de recours aux en commun restent néanmoins très disparates selon les aires urbaines. Ainsi, en 2007, la part des en commun était de 40 % dans l aire urbaine de Paris et atteignait ou dépassait 10 % dans la plupart des aires urbaines de plus de 500 000 habitants. 2/6
Parts modales de déplacement domicile-travail en 2007 Le développement des en commun a permis de réduire de 4 à 10 points de 1999 à 2007 la part des déplacements en dans ces aires urbaines. La part des déplacements en en commun et sa progression sont beaucoup plus faibles dans les aires urbaines de taille modeste. Ainsi, parmi celles comptant de 200 000 à 500 000 habitants, la part des en commun allait en 2007 de 13 % à Dijon à moins de 4 % à Perpignan ou Bayonne ; celle-ci a progressé de 3 points à Orléans mais est restée stable à Bayonne et Pau. Autre fait notable, en dépit de diminutions de leur part, le nombre de déplacements effectués principalement en n a en fait pas fléchi : il n y a guère qu à Paris, Strasbourg et Grenoble que l on a observé une réduction significative de leur nombre au cours de la période 1999-2007. Parts modales de déplacements domicile-travail en 2007 en France métropolitaine selon le type d espace Type d espace Aires urbaines Hors aires urbaines Type de commune Part modales de déplacements en 2007 (en %) en commun Variation entre 1999 et 2007 (en points) en commun Ensemble 15,7 67,1 17,2 0,4-2,7 2,3 pôles urbains 17,1 62,0 20,8 1,1-4,0 2,8 communes monopolarisées 11,0 83,6 5,4-2,0 0,6 1,4 Ensemble 18,1 79,5 2,4-4,8 4,4 0,4 communes multipolarisées autres communes 13,1 83,2 3,7-3,3 2,8 0,6 19,7 78,4 2,0-5,2 4,8 0,5 Ensemble métropole 16,2 69,9 13,9-0,8-1,1 1,8 Source : Insee, recensements de population 3/6
Les comportements varient au sein des aires urbaines selon que les actifs résident dans les pôles urbains ou les communes périurbaines, et en dehors des aires urbaines selon le degré d influence des villes. Ainsi, les deux catégories de communes sous influence urbaine, les communes dites monopolarisées des aires urbaines et les communes multipolarisées hors aires urbaines présentent plus d analogies entre elles qu avec respectivement les pôles urbains et les espaces ruraux. La diminution de la part des déplacements en n est imputable qu aux pôles urbains, tandis que le recours à la a progressé dans les communes sous influence urbaine. La progression de la part des déplacements en en commun tient beaucoup plus aux pôles urbains qu aux communes sous influence urbaine : le développement des en commun ne suffit pas à répondre à l augmentation de la mobilité quotidienne des actifs résidant dans ces communes. Ces différences existent au sein de la plupart des aires urbaines et des espaces hors aires urbaines. Données complémentaires Il est intéressant par ailleurs de comparer les évolutions des parts modales des déplacements domiciletravail entre les zones couvertes ou non par des périmètres de urbains (PTU). En effet l élaboration d un plan de déplacements urbains (PDU) est obligatoire dans les PTU inclus dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants ou recoupant celles-ci. Les zones couvertes par un PTU regroupaient en 2007 environ 60 % des actifs. Elles ne recouvrent pas l intégralité des aires urbaines, puisque, au sein de celles-ci, 24 % des actifs habitaient dans des communes hors PTU. Mais certains PTU vont au-delà des limites des aires urbaines. Au sein de la plupart des aires urbaines ou parties hors aires urbaines des départements, les zones couvertes par un PTU se caractérisent par un recours plus prononcé, et en progression, aux en commun. Si la part de la reste, là encore, prépondérante dans les zones couvertes par un PTU, mise à part dans l agglomération parisienne, les flux de déplacements en se sont néanmoins stabilisés entre 1999 et 2007 dans certaines zones couvertes par un PTU. Répartition des parts modales de déplacements domicile-travail suivant l existence ou non d un périmètre de urbains Type de zone Part modale en 2007 (en %) Source : Insee, recensements de population en commun Variation entre 1999 et 2007 (en points) en commun Zones avec PTU 16,6 62,5 20,9 1,1-3,8 2,7 Zones PTU 15,7 81,3 3,0-3,7 2,9 0,9 Ensemble métropole 16,2 70,0 13,8-0,8-1,0 1,7 4/6
Part des actifs occupés résidant dans une commune de périmètre de urbain en 2007 Les indicateurs d évolution des parts modales des déplacements domicile-travail sont à analyser au regard de l évolution des distances et des temps moyens de déplacement. Ils peuvent être complétés par d autres indicateurs permettant d en approfondir l analyse, comme le temps moyen de déplacement domicile-travail. De son côté, l indicateur d accessibilité aux services aborde d autres types de déplacements que ceux liés à l exercice d une activité. Pour en savoir plus Source Organisme producteur : INSEE Principales sources de données mobilisées pour établir l indicateur : Recensements de la population Couverture, échelon territorial France métropolitaine par aire urbaine et pour les parties hors aires urbaines de chaque département. ; DOM par département à cause de l absence d aires urbaines. Ces indicateurs peuvent être calculés à tous les échelons géographiques à partir des bases téléchargeables mises à disposition sur www.insee.fr. Echelle temporelle Année ou période de la série chronologique : 1999-2007 Fréquence de mise à jour : annuelle. Les données du recensement sont désormais disponibles annuellement, mais les évolutions sont délicates à analyser sur une période inférieure à 5 ans, puisqu un cinquième seulement de l échantillon est renouvelé chaque année. On peut cependant actualiser l indicateur en calculant des évolutions sur des périodes de 5 ans, comme 2000-2007, puis 2001-2008, etc. Année ou période de la série chronologique : l indicateur est initié pour la période 1999-2006. Principaux objectifs nationaux Promouvoir des pratiques de mobilité plus durables pour les personnes et les biens en favorisant la proximité, renforcer l intermodalité et développer les alternatives au routier et aérien sont deux choix stratégiques du défi n 2 de la SNDD «Transport et mobilité durable». 5/6
Loi Grenelle 1, art. 13 (extrait): Dans les zones urbaines et périurbaines, la politique durable des vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les pollutions et les nuisances. Le développement des collectifs revêt un caractère prioritaire dans les zones périurbaines et urbaines. Méthodologie de l indicateur Les indicateurs sont obtenus en faisant la différence entre 2007 et 1999 des parts modales de déplacement domicile-travail. Pour permettre les comparaisons dans le temps, la rubrique «plusieurs modes de déplacement» des tableaux de résultats du recensement de 1999 a été ventilée entre les diverses rubriques «un seul mode de déplacement», au prorata des valeurs de celles-ci : à 80% dans "", à 10% dans " en commun" et à 10% dans "autres". Les aires urbaines sont des ensembles de communes d'un seul tenant et enclave, constitués par un pôle urbain (agglomération comptant 5 000 emplois ou plus), et par des communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci (communes monopolarisées). Les parties hors aires urbaines des départements comprennent, entre autres, les communes multipolarisées (communes situées hors des aires urbaines et dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans plusieurs aires urbaines, atteindre ce seuil avec une seule d'entre elles, et qui forment avec elles un ensemble d'un seul tenant). Pour l instant, les aires urbaines retenues sont celles dont les limites ont été définies à partir des résultats du recensement de 1999. Leur délimitation sera revue en 2010, à l aide de résultats de recensements plus récents. Autres indicateurs liés Sur le site de l Observatoire des territoires : http://www.territoires.gouv.fr/observatoire-des-territoires/ Temps moyen de déplacement domicile-travail Indicateurs nationaux de développement durable : - http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr > Observation et statistiques de l environnement > Accueil > Indicateurs> Indicateurs de développement durable - http://www.insee.fr > Accueil > Publications et services > Dossiers > Développement durable Liens Résultats des recensements de population http://www.recensement.insee.fr/home.action le zonage en aires urbaines http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=zonages/liste-zonages.htm Bibliographie http://www.insee.fr - Rubrique : Conditions de vie et société - Logement Baccaïni B., Sémécurbe F., Thomas G. (2007). Les déplacements domicile-travail amplifiés par la périurbanisation. INSEE-Première n 1129, mars 2007. - Rubrique : Conditions de vie et société - Consommation et équipement des ménages Le Jeannic T., Razafindranovona T. (2009). Près d une heure quotidienne de : les disparités se réduisent mais demeurent. INSEE, France, portrait social - Édition 2009 Humbert J-P. (2009). Dans les grandes agglomérations, la mobilité quotidienne des habitants diminue, et elle augmente ailleurs. INSEE-Première n 1252, juillet 2009. Date de rédaction : Novembre 2010 Auteur : Vincent Briquel, Cemagref Cartographie : www.territoires.gouv.fr www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr. Observatoire des territoires