ACCOMPAGNEMENT DANS LE CADRE DE LA REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES OBJET : IDENTIFIER LES POINTS FORTS DE LA REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES EN TERMES D EFFICACITE PEDAGOGIQUE TEMPS SCOLAIRE Le temps scolaire est composé : - du temps éducatif (récréations, pause méridienne ) - du temps d enseignement TEMPS D ENSEIGNEMENT Le TEMPS D ENSEIGNEMENT doit être pensé en termes de : - Moment / définition des plages horaires plus profitables que d autres aux apprentissages - Durée / définition des durées de séances efficientes en termes d apprentissage - Fréquence / définition d une fréquence justifiée de séances pour détermination des TEMPS REELS D APPRENTISSAGE nécessitant : - des situations différenciées d apprentissage - des contenus disciplinaires et compétences définis - la prise en compte des dimensions cognitive et émotionnelle de l apprentissage Figure 4. Apprendre : une déstabilisation cognitive et affective est une source de plaisir qui place l élève en référence interne. Cessons de démotiver les élèves 18 clés pour favoriser l apprentissage Daniel Favre DUNOD EFFICACITE PEDAGOGIQUE VISEE : PROGRES ET REUSSITE DE TOUS LES ELEVES NECESSITANT LA GESTION DE L HETEROGENEITE, LA PREVENTION ET LA GESTION DE LA DIFFICULTE SCOLAIRE IEN Circonscription de Marvejols C.BELREPAYRE Page 1
MOMENT Le fonctionnement et les capacités attentionnelles de l enfant sont certes dépendants d une multitude de facteurs contextuels et singuliers dont l heure du coucher que l école ne maîtrise pas, dont la motivation qui permet de rendre vigilants certains enfants même aux heures les moins favorables et que l école peut maîtriser. Cependant, même s il est difficile de caractériser des profils universels et donc de proposer une journée scolaire idéale, même si les «créneaux» proposés comme étant les plus pertinents peuvent varier à quelques dizaines de minutes près, les recherches des chrono biologistes sont suffisamment importantes et reconnues pour qu il soit possible de les utiliser pour construire le nouveau temps scolaire en prenant en compte le rapport entre vigilance intellectuelle et contraintes biologiques. Quelques repères Hubert Montagner, directeur de recherche à l'institut National de la Santé et de la Recherche Médicale Docteur Guy Vermeil "La fatigue à l'école" et Biologie du développement et scolarité«françois Testu professeur au Laboratoire de Psychologie Expérimentale "Chronopsychologie et rythmes scolaires Jannette Bouton électro-encéphalographiste a beaucoup travaillé sur le sommeil avec le soutien de l'agiem Pierre Crépon "les rythmes de vie de l'enfant" (Retz) IEN Circonscription de Marvejols C.BELREPAYRE Page 2
REPERES SUR UNE JOURNEE DE CLASSE Les débuts de matinée (avant plus ou moins 9h-9h30) sont des moments de «passage à vide», le niveau de vigilance est faible. Les moments situés plus ou moins entre 9h15/30-11h sont particulièrement favorables aux «apprentissages exigeants» (sauf le lundi matin) avec une augmentation de la vigilance, et du % d élèves mobilisant leurs processus cognitifs. L enfant a à sa disposition «la mémoire à court terme», ce qui veut dire qu il faudra reprendre si possible ces activités dans les 48h (et les faire rappeler par les enfants à la fin de la journée de classe). Les fins de matinée, l enfant est plus ou moins agité. C est le moment où il faut proposer une activité connue et facile afin d éviter l inquiétude, l angoisse dans quelque discipline que ce soit. Ce peut-être une phase de réinvestissement ou de renforcement d un apprentissage. Après le repas, baisse forte de la vigilance donc de l attention et même nécessité de somnolence voire d endormissement surtout pour les plus jeunes. D après H. Montagner, 10% des élèves de CP s endorment spontanément après le déjeuner et une autre étude d Helbrügge montre qu à 14h seulement 20% des enfants de 6 à 10 ans sont vraiment réveillés. Il est donc important de conduire sur ces moments-là des activités calmes pour récupérer les capacités d attention dans l après-midi. (Il faudrait aussi en tenir compte sur le temps de cantine). Entre 13h30 et 14h30, le cerveau a une aptitude appelée «pensée divergente», c est la pensée qui a du mal à correspondre au réel, c est l un des aspects de la créativité, liée à l imaginaire. A partir de 15h, on retrouve les capacités du matin d une manière encore plus performante (s il n y a pas eu avant de fatigue anormale) : pensée logique, capacité à structurer, mémoire à long terme. Pour les très jeunes enfants ce sera plutôt 15h30-16h. En parallèle, à partir de 15h30-la force musculaire va en augmentant. Une autre période d activité de la mémoire à long terme apparaîtra en fin de journée entre 18h et 20h. Concernant les récréations, il faudrait essayer de les placer en fonction de la courbe de performances de l enfant, à des moments où la vigilance est la plus faible. Ne pas les positionner en fin de demi-journée scolaire. Ne pas les faire durer : souvent l indiscipline commence lors des récréations. Permettre une offre plurielle : BCD, informatique, jeux de société, etc. IEN Circonscription de Marvejols C.BELREPAYRE Page 3
Le mercredi matin est une matinée «comme une autre» : ce n est pas le moment d une moindre mobilisation cognitive ou le temps unique de la différenciation qui ne serait pas effective à d autres moments de la semaine. REPERES SUR UNE SEMAINE DE CLASSE - Pour qu une semaine soit équilibrée, il faut que chaque journée le soit aussi. - Le lundi matin est particulièrement difficile pour tous et n est pas favorable aux nouveaux apprentissages : on pourrait concevoir cette matinée dans son ensemble comme une fin de matinée c est-à-dire destinée à de l entraînement, à refaire ce que l on sait déjà faire. Éviter d évaluer au cours de cette matinée. - Toutes les fonctions cérébrales se renforcent au cours de la semaine : par exemple, pour la mémorisation à long terme, le vendredi en fin d après-midi est sans doute plus efficace (contrairement à ce qu on pourrait croire!) que le lundi en fin d après-midi. - Si le lundi et le mardi sont des journées bien équilibrées, l enfant n a pas besoin de se reposer le mercredi matin et il peut sans coupure et sans fatigue, aller jusqu à la fin de la semaine. - La récupération de la fatigue doit être quotidienne. IEN Circonscription de Marvejols C.BELREPAYRE Page 4
DES BASES DE DEFINITION DES EMPLOIS DU TEMPS IEN Circonscription de Marvejols C.BELREPAYRE Page 5
REMARQUES Dès la maternelle, apprendre aux élèves à repérer les différents moments de leur journée (du lever au coucher) et les différents moments de vie à l école (arrivée à l école, entrée en classe, séances de travail, récréations, repas, APC, accompagnement éducatif, temps périscolaires, etc.). Matérialiser les jours de la semaine par un panneau (prémices à l emploi du temps) sur lequel on pourra demander aux élèves régulièrement d indiquer par une gommette ou autre objet à quel moment de la journée on se situe. Cela permettra peu à peu de construire un emploi du temps lisible pour les élèves. Lorsque les élèves seront en mesure de mieux percevoir les moments de classe, on pourra faire apparaître sur le panneau les différents moments de différenciation dans l emploi du temps, le travail en groupes, les ateliers, les moments de travail collectif, qui travaille avec l enseignant, qui travaille en autonomie ou avec un autre adulte (EAP, maître supplémentaire dans le cadre du dispositif PMQC, ), organisation structurée et explicite, emploi du temps de l enseignant/emploi du temps de l élève. Aider les élèves à mieux identifier les adultes que l on peut croiser dans une école (enseignants - titulaires et remplaçants), directeur(trice), personnel mairie, inspecteur(trice), CPC, médecin, EAP, AVS, etc.) : trombinoscope et fonction de chacun, participe à l acquisition de leurs repères temporels. Toujours considérer que Rien n est évident pour les élèves : attention à la question des implicites scolaires, en particulier pour les élèves les plus éloignés de la culture de l école mais pas seulement. IEN Circonscription de Marvejols C.BELREPAYRE Page 6
DUREE Le temps passé à une tâche varie en fonction de l âge de l enfant, de la tâche elle-même et de l environnement. GS : 15 à 20 min. CP-CE2 : 20 à 30 min. CM1 : 25 à 35 min. CM2 : 30 à 40 min. De courts moments de déconnexion ont lieu pendant l activité, les durées maximales d attention soutenue étant moindres. Des moments de retrait correspondant au changement de l activité du cerveau réapparaissent à la fin de chaque cycle de base ( 100 minutes) chez l enfant comme chez l adulte. Chez l enfant, et surtout le jeune enfant, ce besoin se traduit par un moment où il se coupe de ce qui l entoure, où il a tendance à fermer les yeux et à se replier sur luimême. Chez les élèves «fragiles», ces moments sont plus nombreux que chez les élèves «performants». Il est donc important que l enseignant prenne le temps de délivrer ses consignes, de les répéter et de les faire répéter. LES SEANCES DOIVENT ETRE DE DUREES MODEREES. IEN Circonscription de Marvejols C.BELREPAYRE Page 7
FREQUENCE Alterner séances «modérément longues» (selon les durées énoncées) et des séances courtes : - temps longs pour la découverte, l expérimentation, l investigation, la manipulation - temps courts, mais réguliers et structurants pour l entraînement, l installation des automatismes Assurer une fréquence soutenue de séances de durées modérées avec: - explicitation aux élèves de la phase d apprentissage en cours : découverte, investigation, entraînement, structuration, remédiation, approfondissement, réinvestissement, évaluation Il est important que les enfants le plus tôt possible aient conscience qu ils ne font pas les activités simplement parce que l enseignant le demande ou pour lui «faire plaisir» mais parce qu elles permettent d apprendre - ne pas en rester au niveau de la réalisation de la tâche. - mise en place de moments de retour au calme entre les séances (jeux de mains, relaxation, visualisation, étirements, etc.) - respect du principe d ouverture et de clôture Une séance «s ouvre» (expliciter ce qu on va apprendre ou exercer au cours de la séance) et «se ferme» (synthèse, institutionnalisation des apprentissages pour faire le point sur ce que l on a appris ou exercé au cours de l activité, retour sur les difficultés, les réussites). Concevoir la continuité et la complémentarité des séances sur une journée en termes de compétence et d objectifs pour une même discipline. IEN Circonscription de Marvejols C.BELREPAYRE Page 8