Bilan électrique français ÉDITION 2014 Dossier de presse
Sommaire 1. La baisse de la consommation 6 2. Le développement des ENR 8 3. Le recul de la production thermique fossile 9 4. La baisse des émissions de CO 2 5. La France, premier pays exportateur d'électricité en Europe 6. Les investissements de RTE pour adapter le réseau 12 7. Une nouvelle version de l'application éco 2 mix 13 3
Extrait de la campagne de communication «RTE, Le réseau de l intelligence électrique». 4
2014 Baisse de la consommation d'électricité et progression des énergies renouvelables qui représentent près de 20 % de la consommation Conformément aux missions qui lui sont confiées par le législateur, RTE publie chaque année le Bilan électrique, qui dresse une vision globale du système électrique sur l année écoulée (évolution de la consommation et de la production d électricité, du mix énergétique, niveau des prix de marché, niveau d exportation et d importation d électricité de la France ). Contacts presse RTE Carole Cissé Stephen Marie + 33 (0)1 41 02 88 / +33 (0)6 68 07 62 71 +33 (0)1 41 02 16 76 / +33 (0)6 29 69 12 16 carole.cisse@rte-france.com stephen.marie@rte-france.com Pour en savoir plus www.rte-france.com 5
1) En raison de températures douces en 2014, la consommation électrique française diminue de 6 %, mais reste stable une fois corrigée de l effet météorologique A l heure où la 21 ème conférence sur le climat sera accueillie en 2015 par la France, cette nouvelle édition du Bilan électrique met en relief la forte dépendance de la consommation d électricité aux conditions météorologiques. En 2014, la consommation brute d électricité est en recul de 6 % par rapport à 2013 et s établit à 465,3 TWh, soit le niveau le plus bas observé depuis 2002. Cette économie d énergie s explique en grande partie par la douceur du climat : selon Météo France, 2014 est l année la plus chaude depuis le début du XX ème siècle. Avec des températures supérieures de 0,5 C à la température de référence et très rarement inférieures à 5 C durant les mois d hiver, les besoins de chauffage électrique ont été modérés. La sensibilité de la consommation à la température demeure de l ordre de 2 400 MW/ C en hiver. En l absence de période de froid marquée, la puissance électrique consommée à la pointe s est établie à 82 500 MW le 9 décembre 2014, à comparer à la pointe historique de 2 0 MW atteinte en février 2012. Il faut remonter à l année 2004 pour observer une consommation de pointe aussi peu élevée. Le contexte de crise économique et les mesures d efficacité énergétique concourent également à limiter la consommation. Ainsi, après correction de l effet climatique visant à présenter la consommation électrique dans des conditions météorologiques dites normales, nous constatons que la consommation électrique annuelle de la France recule de 0,4 % en 2014. Depuis quatre ans, la consommation française a cessé de croître. Toutefois, le système demeure exposé aux pointes de consommation. Pour réduire ces pointes de consommation, RTE élabore les mécanismes de marché permettant de sécuriser l'équilibre entre l'offre et la demande d'électricité, tels les dispositifs d'effacement et le mécanisme de capacité. TWh 520 500 480 460 440 420 400 380 360 Consommation brute 513 495 480 483 487 490 495 478 480 479 468 465 451 2002 03 04 05 06 07 08 09 11 12 13 2014 Début de la crise Consommation corrigée de l aléa météorologique et du 29 février hors soutirage du secteur énergie TWh 500 480 460 440 420 400 380 360 340 463 469 471 476 477 476 474 462 456 432 437 445 448 2002 03 04 05 06 07 08 09 Début de la crise 11 12 13 2014 6
STABILISATION DE LA CONSOMMATION DE LA GRANDE INDUSTRIE En France, la consommation du secteur de la grande industrie se stabilise à 67,4 TWh, après avoir connu trois années de baisse. Les différents secteurs d activité économique présentent cependant des dynamiques contrastées. Il est observé des baisses dans les secteurs du papier carton (- 7,1 %), de la construction automobile (- 4 %), du transport ferroviaire (- 2,6 %), et des hausses dans les secteurs de la chimie (+ 2,1 %), de la sidérurgie (+ 2,2 %), ainsi que de la métallurgie (+ 6,2 %). Consommation de la Grande Industrie hors énergie (corrigé des variations saisonnières) TWh (net) 80 76 BAISSE DE LA CONSOMMATION DES PMI/PME, PROFESSIONNELS ET PARTICULIERS Après des années de hausse puis une tendance à la stabilisation observée l an passé, 2014 enregistre une légère baisse, de l ordre de 0,5 % par rapport à 2013, après correction climatique. Cette évolution est le reflet d une activité économique ralentie qui tend à modérer la consommation des PMI/PME et des professionnels, et peut-être également celle des ménages. Les mesures prises depuis plusieurs années en faveur de l efficacité énergétique des équipements et bâtiments, et la baisse de la part de marché du chauffage électrique dans le bâtiment neuf suite à l application de la réglementation thermique 2012, ont certainement également leur part d effet. Cette baisse explique la diminution de la consommation en France. Les PMI/PME, professionnels et particuliers constituent l'essentiel de la consommation en France. 72 68 64 60 2005 06 07 08 09 11 12 67,4 13 2014 La baisse de la consommation d'électricité, un phénomène européen Ce phénomène de diminution de la consommation électrique se retrouve à l échelle européenne. Entre mi-2013 et mi-2014, la consommation européenne d électricité est en recul de 1,5 % par rapport à la période précédente. En Allemagne, la baisse est supérieure à 4 %, en Italie et en Suisse à 2 %, en Espagne elle est de l'ordre de 0,7 % (consommations non corrigées de l'effet météorologique). 7
2) Les énergies renouvelables se développent et couvrent près de 20 % de la consommation électrique française La clarification du dispositif réglementaire ainsi que des dispositions économiques plus favorables en 2014 permettent aux énergies renouvelables de poursuivre leur développement. La situation de l'éolien et du photovoltaïque s améliore avec près de 1 900 MW supplémentaires installés en 2014. La France comprend maintenant plus de 9 0 MW d éolien et près de 5 300 MW de photovoltaïque. L énergie électrique produite par les énergies renouvelables autres qu hydraulique (28 TWh) dépasse la production d origine thermique fossile pour la première fois en 2014. Plus de la moitié est issue de la production éolienne, le reste se répartit entre photovoltaïque et biomasse. Le maximum de production éolienne a été atteint le 27 décembre 2014 pour une puissance d un peu plus de 7 000 MW, soit 80 % de la puissance éolienne installée. Le maximum de production photovoltaïque a été atteint le 17 mai 2014 à 13h30 pour une puissance de 3 700 MW. De tels niveaux n avaient jamais été atteints auparavant. En outre, l hydraulicité est plutôt élevée cette année, en raison d un fort volume de pluviométrie : le niveau de la production hydraulique (68,2 TWh) est le plus fort de la décennie après celui de 2013, qui avait été exceptionnel. Toutes ces conditions favorables ont permis à la production issue de l ensemble des sources d énergies renouvelables de représenter près de 20 % de la consommation d électricité française. Parc éolien Parc photovoltaïque MW 9 000 7 500 6 000 4 500 3 000 1 500 0 219 393752 2003 04 Parc installé au 31/12/14 2 250 1 502 05 06 4 574 3 327 07 5 764 08 8 157 7 536 6 714 1 247 1 190 950 09 11 9 120 Évolution annuelle 822 621 963 12 13 2014 MW 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 0 2003 04 Parc installé au 31/12/14 05 06 07 08 09 3 727 1 7 11 4 373 5292 1 143 926 646 12 Évolution annuelle 132014 8
Répartition de la production renouvelable au 31/12/2014 18 % 6 % 5 % 5 71 % ÉOLIEN PHOTO- VOLTAÏQUE AUTRES SOURCES RENOUVELABLES HYDRAULIQUE % 20 15 5 0 Part annuelle de la production issue des sources d'énergies renouvelables par rapport à la consommation d'électricité au 31/12/2014 13,4 14,5 14,0 14,9 13,3 16,8 19,3 19,5 2007 2008 2009 20 2011 2012 2013 2014 3) La production thermique fossile enregistre une forte diminution, en raison de la météo clémente et des difficultés du secteur Le contexte économique difficile a une incidence sur la production thermique à combustible fossile, globalement en recul de 17,7 TWh ( 40 %). Cette année, les centrales à charbon sont les plus affectées avec une production en baisse de 58 %, contre 28 % pour le gaz. La production des centrales à gaz dépasse celle des centrales à charbon (6 TWh de plus). Cette situation s explique en partie par la fermeture définitive de centrales à charbon pour respecter la réglementation européenne en matière d émission de CO 2 entrée en vigueur au 31 décembre 2014. La production des centrales à gaz (moins émettrices de CO 2 ) dépasse celle des centrales à charbon, ce qui concourt à la diminution des émissions de CO 2. Nécessaire pour assurer l équilibre offre-demande d électricité, en particulier aux périodes de pointe, la filière Cycle Combiné Gaz connaît toutefois des conditions économiques défavorables. Comme l an dernier, des groupes ont été mis sous cocon durant la période estivale. TWh 4 3 2 1 0 Production du parc charbon en France 2013 2014 J F M A M J J A S O N D 9
4) Les émissions de CO 2 du secteur électrique sont réduites de plus de 40 % en 2014 La modération de la consommation électrique a pour conséquence de limiter le recours aux centrales thermiques à combustible fossile (charbon, gaz et au fioul), qui jouent un rôle d appoint dans la production d électricité. Les émissions de CO 2 du secteur électrique ont en effet été réduites de plus de 40 % par rapport à l année passée. Elles s établissent à 19 millions de tonnes équivalent CO 2. Ce phénomène traduit tout l intérêt des mesures en faveur de la maîtrise de la demande d énergie. La composition du mix énergétique français confirme ainsi son évolution structurelle dans le sens d une transition énergétique permettant de réduire les émissions de carbone. 5) L utilisation soutenue des interconnexions européennes en 2014 permet à la France de rester le premier exportateur d électricité en Europe GRANDE-BRETAGNE Exportations 15,9 Importations 0,8 ESPAGNE Exportations Importations Bilan des échanges contractuels en 2014 en TWh TOTAL FRANCE Exportations 92,4 Importations 27,3 Solde 65,1 6,5 2,9 BELGIQUE Exportations 17,4 Importations 0,8 ALLEMAGNE Exportations 7,3 Importations 13,2 SUISSE Exportations 25,5 Importations 9,1 ITALIE Exportations 19,8 Importations 0,5 Le niveau modéré de la consommation intérieure et les prix relativement faibles sur le marché de gros français ont offert l opportunité pour la France d aider ses voisins européens par des exports d électricité. Le solde exportateur de la France s établit à 65,1 TWh en 2014 (+ 18 TWh par rapport à 2013), soit le niveau le plus élevé depuis 2003. Les échanges électriques ont été particulièrement soutenus en 2014 (92 TWh à l'export et 27 TWh à l'import). Les soldes exportateurs sont supérieurs à 5 GW de puissance moyenne mensuelle tout au long de l année, y compris l hiver. La France est en situation d import une trentaine d heures dans l année et aucune journée n est importatrice nette en énergie. L analyse des échanges frontière par frontière met en évidence l impact croissant de l évolution du mix énergétique européen qui intègre de plus en plus d énergies renouvelables. La variabilité de la production éolienne au fil des saisons et des semaines, celle du photovoltaïque avec son cycle journalier, se traduisent par une fluctuation croissante des échanges d électricité entre pays européens, et notamment d une inversion plus fréquente des flux d électricité. Si la France reste globalement importatrice vis-à-vis de l Allemagne, les échanges se rééquilibrent avec un solde importateur de 5,9 TWh contre près de TWh en 2013, en raison de la faiblesse relative des prix français. Ce solde en baisse ne traduit pas tant une réduction des échanges qu un équilibrage entre situations alternativement importatrices et exportatrices. Les interconnexions entre la France et l Allemagne sont d ailleurs saturées, dans un sens ou dans l autre, pendant près de la moitié du temps.
Dossier de presse LES SOLDES EXPORTATEURS VERS LES AUTRES PAYS FRONTALIERS SONT TOUS EN HAUSSE Des prix de gros en recul sur le marché de l électricité Face à une demande en retrait et grâce à la chute des cours des combustibles fossiles, la moyenne annuelle des prix spot recule dans toute l Europe, et se situe à 34,6 /MWh en France (moyenne la plus faible d Europe après l Allemagne). Les moyennes annuelles des prix spot des pays de la zone Allemagne, France, Benelux (zone CWE) Vis-à-vis de l Espagne, la France est majoritairement exportatrice et importe uniquement lorsque la production renouvelable espagnole est élevée, les prix devenant alors inférieurs aux prix français. L interconnexion France - Angleterre est utilisée à l export plus de 99 % des heures de l année et est saturée 90 % du temps. La situation est toujours fortement exportatrice vis-à-vis de l Italie, où la capacité d export a augmenté de 400 MW depuis octobre 2014 grâce au renforcement des réseaux transalpins entre la France et l Italie. Solde des échanges mensuels avec la Belgique restent contenues dans une plage comprise entre 32,4 et 41,2 /MWh sur cinq ans. TWh 2,0 Les échanges avec la Belgique sont influencés par les indisponibilités de près de la moitié du parc nucléaire belge. Le solde exportateur de la France vers la Belgique augmente (16,5 TWh). Les capacités d échanges de la France vers la Belgique sont saturées la plupart du temps. 2013 2014 1,5 1,0 0,5 0,0-0,5 J F M A M J J A S O N D 11
6) RTE investit pour adapter le réseau aux enjeux de la transition énergétique L'utilisation croissante des interconnexions rend possible l'optimisation et la mutualisation des énergies produites en Europe, et permet aux clients d'accéder à chaque instant aux sources de production les plus performantes et les moins chères. Cette tendance conforte l engagement de RTE à adapter le réseau pour répondre aux enjeux de la transition énergétique amorcée en France et dans de nombreux pays européens. En 2014, le montant total des investissements de RTE respectant le cadre fixé par la Commission de Régulation de l Energie s élève à 1 374 M, dont 1 243 M pour les ouvrages de réseau. soit sensiblement le même niveau qu'en 2013. M courants 1600 1400 1200 00 800 600 566 633 400 200 0 2005 06 Investissements RTE (2005-2015) 773 834 07 08 1 021 09 1 170 1 158 11 1 497 1 446 1 357 1 374 12 13 2014 2015 Les principaux investissements ont porté sur l accueil des énergies renouvelables, la poursuite des travaux de construction de la ligne à courant continu permettant de renforcer l interconnexion entre la France et l Espagne par l est des Pyrénées, les remplacements de câbles permettant de sécuriser l'alimentation électrique sur l axe 400 kv Montélimar-Lyon, ou la sécurisation de l alimentation de territoires (PACA, Vendée). Ces développements visent également à maintenir la qualité de l électricité dans les standards de référence. En 2014, le Temps de Coupure Equivalent (TCE) des consommateurs raccordés au réseau de transport s établit à 2mn 46s, hors événements exceptionnels. Ce résultat est inférieur à la moyenne des dix dernières années. Le nombre moyen de coupures que subissent dans l année les clients distributeurs et industriels de RTE (hors secteurs de l énergie et du ferroviaire) s élève à 0,46 coupure par client, inférieur à la moyenne des dix dernières années et respectant le seuil de 0,6 fixé par la Commission de Régulation de l Energie. Enfin, l intégration des ouvrages continue à être une préoccupation permanente de RTE, notamment par le recours toujours plus important aux technologies de mise en souterrain. A fin 2014, le réseau public de transport compte 5 331 km de lignes en exploitation. La longueur des liaisons souterraines augmente de manière continue tandis que la longueur des lignes aériennes est stable cette année. Par ailleurs, le taux de mise en souterrain des nouveaux ouvrages construits en tension 63 kv et 90 kv se stabilise à 92 % en moyenne sur les trois dernières années. 12
7) Une nouvelle version de l'application éco 2 mix Les échanges commerciaux d'électricité (imports/ exports) avec les 6 pays frontaliers de la France Les émissions de CO 2 générées par la production d'électricité Tous les mois, les données de chaque région relatives à la consommation, à la production et aux flux interrégionaux sont également mises en ligne. La nouvelle version est enrichie : De chiffres clés pour mieux comprendre la transition énergétique, avec des indicateurs tels que la pointe de consommation, le taux de couverture moyen de la consommation par la production éolienne ou photovoltaïque D analyses mensuelles de la situation énergétique en France RTE lance une nouvelle version d éco 2 mix, application gratuite qui rend accessible à tous les données de l électricité, sur toute la France et à l échelle de chaque région. Elle met à disposition 15 millions de données pour permettre à chacun de mieux comprendre les enjeux du système électrique, et mesurer chaque jour le développement de la transition énergétique. éco 2 mix permet de visualiser en temps réel : La consommation d'électricité en France ainsi que les prévisions calculées par RTE D un système de géolocalisation permettant d accéder aux informations électriques de sa région La nouvelle version renseigne également l utilisateur de la couleur tarifaire qui sera appliquée le lendemain aux clients de l offre Tempo (bleu, blanc ou rouge). Scannez et découvrez! La production d'électricité française détaillée par filière 13
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Tour Initiale 1, terrasse Bellini TSA 400 92919 Paris la Défense cedex www.rte-france.com Service de presse de RTE Carole Cissé Stephen Marie + 33 (0)1 41 02 88 +33 (0)1 41 02 16 76 +33 (0)6 68 07 62 71 +33 (0)6 29 69 12 16 carole.cisse@rte-france.com stephen.marie@rte-france.com