L Institut National des Sciences Mathématique et de leurs Interactions (INSMI) : Premiers éléments d un bilan à deux ans. 1. Mise en place de l INSMI Au CNRS, l année 2009 a été une année de transition pour les mathématiques, avec l instauration d une large autonomie de leur gestion au sein du département MPPU (Mathématiques Physique Planète Univers). A la suite de la modification en décembre 2009 du décret organique qui le régit, le CNRS s est organisé en instituts en janvier 2010 et c est donc à cette date qu a été créé officiellement l INSMI. Par arrêté du 28 juin 2010, l INSMI est doté d une mission nationale «d animation et de coordination dans le domaine des mathématiques». Pour mémoire, l arrêté détaille ces missions de la façon suivante : Pour la réalisation de ces missions, l institut national : favorise l excellence des recherches dans toutes les branches des sciences mathématiques ; soutient le développement en réseau des thématiques, la formation et la mobilité des chercheurs ; renforce et coordonne les structures d intérêt national et les outils à la disposition des unités et de la communauté des chercheurs, notamment par la création d infrastructures de recherche nationales ; favorise les interactions entre les laboratoires de mathématiques, ceux des autres disciplines scientifiques et les entreprises, notamment par la valorisation et le transfert des recherches en mathématiques ; développe des actions internationales dans son domaine de compétence, notamment en participant à la construction d un Espace européen de la recherche en mathématiques ; participe à la coordination et la promotion des formations par la recherche et à la recherche en mathématiques ; soutient les actions de diffusion des connaissances et des actions de communication et de promotion des mathématiques, notamment envers les jeunes et le grand public. La mise en place de l INSMI s est accompagnée d une augmentation d environ 3 M des ressources allouées aux mathématiques par le CNRS, 2M en crédits de Fonctionnement Equipement Investissement et 1 M en Ressources Humaines. Voir 4 et 5 pour l utilisation de ces crédits. 2. Principaux axes mis en œuvre Sans être exhaustif, l effort a porté sur les axes stratégiques suivants : a) Animer / renforcer le réseau des laboratoires Allocations de ressources, en particulier RH (chercheurs, ingénieurs et techniciens, délégations, chaires). Soutien aux réseaux thématiques et groupements de recherche (GDR).
b) Augmenter l impact des moyens mutualisés - Centres de rencontres : Institut Henri Poincaré (IHP) Centre International de Rencontres mathématiques (CIRM) - Politique documentaire, - Réseaux de personnels c) Intensifier les échanges internationaux Développer les structures internationales Unités Mixtes Internationales (UMI), Laboratoires Internationaux Associés (LIA), Groupements de Recherche Internationaux (GDRI), avec regard spécifique sur l Europe d) Intensifier les interactions et ouvrir de nouvelles voies Agence Maths/Entreprise, programmes exploratoires, e) Aider à la diffusion et à la vulgarisation des connaissances Soutien à Image des Mathématiques, mise en place du réseau thématique programmé (RTP) Autour de la Diffusion des Mathématiques (AuDiMaths ). 3. Principales actions engagées 3.1 Centres de rencontres - Augmentation des soutiens à l IHP et au CIRM (portés à 1M et soutien RH aux unités support). L objectif est de faciliter l organisation des événements et d augmenter l attractivité et la visibilité internationale. Cette augmentation du soutien s est immédiatement traduite par un accroissement du nombre et de la qualité des soumissions - Mise en place du LABEX CARMIN (IHP, CIRM, IHES, CIMPA) en partenariat avec les Universités UPMC de Marseille et de Nice et la FCS Saclay. Ce Labex a pour mission de mettre en place des programmes complémentaires à ceux déjà existant et de coordonner des centres de rencontre Objectif pour le futur : Garantir à ces structures des ressources au niveau de la concurrence internationale 3.2 Interactions Maths / entreprises - Mise en place d un programme exploratoire (PEPS), création du GDR Mathématiques Entreprises - Portage du LABEX AMIES, création de l UMS soutien. Le Labex a pour mission d organiser des semaines d études, de mettre en place un réseau de facilitateurs, de coordonner des formations, stages, programmes exploratoires. Le GDR a pour mission d organiser des manifestations et de mobiliser la communauté sur ces thématiques. - Assurer une montée en puissance pour arriver au niveau de la concurrence internationale. - Trouver un soutien à l ANR 3.3 Documentation L idée est de mettre en place une politique coordonnée pour les bibliothèques de mathématiques, complémentaire de celle des Bibliothèques Universitaires et des actions nationales (BSN, licences nationales). En particulier les revues académiques échappent
aux abonnements généraux des consortiums alors qu elles sont essentielles pour la documentation mathématique. Les outils par l intermédiaire du Réseau National des Bibliothèques de Mathématiques et de la Cellule MathDoc avec le soutien du réseau Mathrice. Quelques actions entreprises : - Etude d un archivage papier et électronique partagé - Numérisation de collections - Accès documentaires par la Plateforme en Ligne Mathrice - Abonnement national pour les revues de l EMS. - Soutien aux publications académiques françaises - Achat d archives numérisées, numérisation, autres abonnements nationaux à des publications académiques, - S insérer dans les programmes nationaux ISTEX, BSN - Constitution d archives vidéo 3.4 Relations internationales L objectif est de faciliter les échanges en identifiant des portes d entrées pour l ensemble de la communauté, en s appuyant sur les relations privilégiées entre chercheurs et laboratoires français et étrangers. - Créations d Unités Mixtes Internationales (Montréal, Pise, Bangalore) (9 au total) - Créations de LIA (Maghreb, Vietnam) (6 au total) + 2 en création (Inde, Chine) - Consolider le réseau; articuler les échanges de chercheurs avec les offres de formation (master, doctorat, post doctorat). - Intensifier les collaborations européennes, par exemple dans GDR. 3.5 Soutien aux laboratoires A la mise en place de l INSMI, la répartition du soutien de base aux laboratoires a été remise à plat et légèrement augmentée. Le soutien aux GDR a été fortement augmenté, pour soutenir ces réseaux thématiques transverses dont la dotation CNRS est le seul soutien. L essentiel de la l action envers les unités repose sur les affectations de personnels. Voir 4 pour l évolution des effectifs. - Pour les chercheurs, la vitalité du réseau repose sur leur mobilité qui reste un axe essentiel de la politique suivie : mobilité au recrutement, encouragement à la mobilité CR PR, accueils en délégation, utilisation des CLD pour des invitations de chercheurs étrangers, mise en place de quelques chaires Université/CNRS pour des opérations ciblées. Sur les dernières années, l INSMI a procédé à une vingtaine de recrutements et une quinzaine de changements d affectation par an. La politique d affectation (recrutements et mutations) des chercheurs se fait sur les principes suivants : Adéquation entre le projet du chercheur et le laboratoire d accueil Soutien de la mobilité Surveillance des équilibres Ile de France / Province et à l intérieur de l IdF entre Paris Centre et la couronne.
- Les Ingénieurs et Techniciens (IT) du CNRS jouent un rôle absolument essentiel dans le fonctionnement des unités et des structures communes. Les 209 IT sont répartis sur les BAP E (40%, Informatique, Systèmes et Réseaux, Calcul scientifique), BAP F (25%, documentation) et BAP J (35%, gestion de la recherche). A l intérieur de la BAP E, une trentaine de poste (environ 35%) sont dédiés au calcul scientifique. Les priorités pour le choix des profils des postes sont : Aide à la structuration des labos / nouveaux projets Postes / services mutualisés Ingénieurs pour le calcul scientifique. 4. Evolution des Ressources Humaines Au 15 janvier 2012, 408 chercheurs (toutes sections confondues) et 209 IT sont affectés dans les laboratoires relevant de l INSMI. Le tableau ci dessous donne l évolution de l emploi statuaire. On constate une augmentation globale des effectifs sur 2009 et 2010 et un maintien en 2011, ce qui se traduit par une augmentation (retardée) de la mase salariale. Les entrées / sorties des IT correspondent à des recrutements / départs à la retraite et à des mobilités inter instituts. Pour les chercheurs, s ajoutent les sorties correspondant à des mobilités vers l enseignement supérieur, en France ou à l étranger. Ce tableau ne tient pas compte des mobilités internes à l institut qui concernent une quinzaine de chercheurs tous les ans. Cette mobilité est une marque de la vitalité du réseau. CHERCHEURS sorties entrées D sorties entrées D 2009 19 25 6 13 21 8 2010 15 31 16 9 16 7 2011 19 23 4 24 21-3 53 79 26 46 58 12 IT La masse salariale (hors CLD et délégations) était de 48,45M en 2010 et de 51,66 M en 2011. Une augmentation significative des délégations attribuées à l INSMI a eu lieu en 2010 (105 années). Cet outil est essentiel pour compenser le nombre relativement faible de chercheurs et instaurer une mobilité significative des établissements d enseignement supérieur vers le CNRS. Ce montant a été maintenu en 2011. De même, une augmentation significative des CLD a eu lieu en 2010, mais n a pu être maintenue au même niveau en 2011. 5. Evolution des crédits FEI Le tableau ci-dessous donne l évolution des FEI. La répartition 2009 est assez difficile à reconstituer exactement, à cause de modes d attribution différents. On l a cependant
indiquée pour mettre en évidence l augmentation de 2M qui a eu lieu en 2010, ainsi que la répartition de cette augmentation conforme aux priorités et missions de l institut. Les diminutions constatée en 2011 et prévue pour 2012 doivent être resituées dans le contexte général de l évolution de la subvention d état globale du CNRS : très faible augmentation, accroissement mécanique de la masse salariale, un contexte d engagements nationaux et internationaux. Tout cela conduit à une baisse des FEI alloués aux différents instituts. 2009 2010 2011 2012 Total 4 200 6 238 5 330 4 836 UMR, FR total dotations 2 521 3 458 2 457 2 180 UMS (IHP, CIRM, Mathdoc, biblio Hadamard) & GDS (Mathrice RNBM) 587 1 114 1 130 1 119 GDR 269 445 493 473 Programmes 232 326 212 206 International 350 681 777 642* Aide aux publications, diffusion et vulgarisation 70 91 139 130 Institut interne 137 123 122 120 (*)non compris 130 versés en 2012 par la Direction de l'international Points à surveiller pour l avenir : - L augmentation des ressources propres dans les laboratoires (ANR, LABEX etc) compense en théorie la diminution du soutien d état. Mais la rigidité d utilisation de ces ressources sur programme compromet des équilibres nécessaires au fonctionnement collectif des unités. Il est urgent d arriver à banaliser une part plus importante des ressources propres au bénéfice direct des laboratoires. - L INSMI ne bénéficie que du soutien d état, ce qui rend difficile le maintien des enveloppes nécessaires aux programmes nationaux. Il y a urgence à trouver de nouveaux canaux de financements des projets collectifs (par exemple via ISTEX pour la documentation ; via l ANR pour des programmes maths / Entreprise ou des programmes internationaux.) - Dans le nouveau contexte qui résultera de la mise en place des Investissements d Avenir, la communauté doit réfléchir à maintenir les règles de son fonctionnement collectif qui a contribué aux succès des mathématiques françaises, au même titre que la qualité des individus ou des laboratoires.