LETTRE AUX PARTENAIRES 3 ÈME TRIMESTRE 2013
Lettre trimestrielle aux partenaires 3 ÈME TRIMESTRE 2013 (TOUS DROITS RÉSERVÉS) Nos compagnies ont connu dans l ensemble un excellent troisième trimestre. Cela s est reflété dans la performance de leurs titres en Bourse et par ricochet pour nos portefeuilles. Nous croyons toujours que nos compagnies devraient, globalement, croître leur valeur intrinsèque par environ 14-16% cette année. Un tel taux de croissance serait deux fois supérieur à la moyenne des entreprises. LES DEVINS ET BENJAMIN GRAHAM La bonne performance des Bourses, principalement aux États-Unis, ont fait resurgir à nouveau serionsnous tenter d ajouter les "devins de l apocalypse". Ces devins sortent à divers moments des cycles boursiers. Quand la Bourse baisse, ils prédisent une continuation de la baisse. Quand la Bourse monte, ils prédisent un retour au marché baissier (bientôt) et quand la Bourse ne fait rien, ils prédisent une stagnation pour plusieurs années. Il est difficile de comprendre leurs objectifs! Nous avons appris avec les années que la nature inhérente des fluctuations boursières rend irrationnels bien des participants (le terme "investisseur" ne s applique pas vraiment à eux!). Mais le pessimisme n a jamais rien bâti. Comme dirait Robert G. Allen : «Plusieurs optimistes sont devenus riches en achetant des actifs d un pessimiste». En 1949, dans le livre «L investisseur Intelligent», Benjamin Graham écrivait que l investisseur est d autant intelligent qu il se comporte comme un homme d affaires : il doit considérer les actions comme des parts d entreprises et devenir imperméable aux fluctuations boursières. Mais, ajoute-t-il, la grande majorité des boursicoteurs n y arrivent pas et par conséquent la Bourse dans son irrationalité et imprévisibilité reflète à court terme le comportement émotif de l ensemble des participants. La bonne nouvelle est qu à long terme, la Bourse finit toujours par retrouver le chemin du bon sens et éventuellement refléter adéquatement la valeur intrinsèque des entreprises. J ai lu ce livre il y a plus de 20 ans maintenant et les concepts qui y sont énoncés sont à la base de notre philosophie d investissement. La bonne nouvelle est qu à long terme, la Bourse finit toujours par retrouver le chemin du bon sens et éventuellement refléter adéquatement la valeur intrinsèque des entreprises. 2 Giverny rapport trismestriel 2013 2
QUELQUES MOTS DE WARREN BUFFETT Warren Buffett a répondu à une question sur le niveau de la Bourse récemment à CNBC : "Je ne vois pas de bulle boursière en ce moment. Il pourrait en avoir une à un moment donné mais non, les actions ne se transigent pas à des prix surévalués. Vous voudriez diversifier dans quoi? Vous voulez avoir de l argent liquide? Je crois que ce sera un investissement terrible à comparer aux actions. Les obligations? Je crois que ce sera un investissement terrible à comparer aux actions." LA RÈGLE DE TROIS Cela ne veut pas dire que la Bourse ne baissera pas dans les semaines, mois ou années à venir. En fait, dans notre "règle de trois" (voir Annexe 1 de la lettre annuelle), nous stipulons que la Bourse va baisser de 10% une année sur trois. Par contre et l adverbe est important personne ne peut prédire quand la Bourse baissera et tenter de le faire est un exercice futile. Cela n empêche pas toute une cohorte de stratégistes d y aller avec leur prédiction. La raison est simple : ils répondent aux besoins insatiables de leurs clients de vouloir connaître l avenir. Il y a un beau proverbe en anglais qui résume bien cette situation (difficile à traduire tout en conservant sa poésie) : "Whose bread I eat, his song I sing". À Wall Street, prédire la Bourse est la chanson la plus chantée. De notre côté, nous continuons notre travail d authentiques investisseurs entamé il y a maintenant plus de vingt ans : nous acquérons des participations dans des entreprises de grande qualité, gérées par des êtres humains intègres et dévoués à enrichir leurs coactionnaires. Nous ne sommes pas immunisés aux baisses boursières mais notre approche a certainement généré des résultats satisfaisants au bout du compte. BUFFALO WILD WINGS Il y a cinq ans, Jean-Philippe nous a déniché une belle petite entreprise de Minneapolis : Buffalo Wild Wings. La chaîne de restaurants ressemble à nos Cages aux Sports soit un concept de resto-bar sportif (avec des écrans télés partout). Comme vous l avez deviné, leur produit vedette est l aile de poulet servie à toutes les sauces. Étrangement, aux États-Unis, il n y avait pas de chaîne à l échelle nationale de bars sportifs. Considérant la popularité du sport télévisuel chez nos voisins du sud, BWW a certainement frappé dans le mille. Il est étonnant que ce soit Jean-Philippe qui ait découvert cette entreprise car c est celui qui fait le plus attention à son alimentation à Giverny Capital (il faut le trainer de force à la Cage aux Sports pour manger 3 Giverny rapport trismestriel 2013 3
des ailes quand les Canadiens marquent cinq buts). Mais j imagine que son instinct capitaliste l a emporté sur son instinct alimentaire. La compagnie est gérée par deux femmes exceptionnelles: Sally Smith (CEO) et Mary Twinem (CFO). Elles ont fait un travail extraordinaire de faire croître l entreprise à 950 restaurants et ce, en maintenant de solides marges et de forts rendements sur les capitaux propres. Au dernier trimestre, les revenus ont grimpé de 28%, les ventes organiques de 5% et les bénéfices par action (BPA) de 65%. Le bilan de BWW est toujours aussi solide : aucune dette et plus de 36 millions de dollars en liquidités. Depuis 2008, la croissance des BPA a été de 23% sur une base annualisée. Le titre a bien fait depuis notre achat et nous croyons toujours que les perspectives à long terme sont toujours aussi alléchantes! peu de banques américaines ont réussi à croître leur valeur intrinsèque par action depuis 2007. Pour plusieurs, avoir survécu est déjà un accomplissement. Mais nos trois banques M&T, Wells-Fargo et Bank of the Ozarks ont su très bien tirer leur épingle du jeu. Non seulement, elles ont survécu mais, grâce à leur solidité financière, elles ont pu faire des acquisitions à très bons prix ces dernières années. Comme pour nos restaurants, nos banques ont à leur tête des dirigeants exceptionnels. Après trois trimestres en 2013, nos trois banques s enlignent sur un accroissement de leur BPA de l ordre de 11-13% cette année. Nous avons eu du succès récemment avec nos achats de chaîne de restaurants (l autre grand gagnant étant MTY Foods). Je peux vous garantir que la restauration n est pas une industrie facile. Mais BWW et MTY sont de bons exemples de ce qu une bonne équipe de direction peut accomplir. NOS BANQUES AMÉRICAINES Une autre industrie qui n a pas eu la vie facile ces dernières années est le secteur bancaire aux États- Unis. Les banques américaines ont dû composer avec la crise financière de 2008-2009, la chute abrupte du prix de l immobilier résidentiel, les pertes énormes dans les produits dérivés et l augmentation vertigineuse de la réglementation fédérale (est-ce que j en oublie?). Ainsi, Le siège social de Bank of the Ozarks à Little Rock VENTE D OMNICOM Nous avons vendu nos actions d Omnicom durant le trimestre. La raison principale est que nous voulions simplement acquérir des actions d une autre entreprise. Car rien de fondamental ne cloche avec Omnicom. 4 Giverny rapport trismestriel 2013 4
Nous avons acquis Omnicom en 2008 à $24. compagnie est un leader mondial dans le monde de la publicité et du marketing. Ses avantages compétitifs sont importants et durables. Et son bilan est solide. De plus, nous avions pu acquérir la compagnie à environ huit fois les profits. C était ainsi, à nos yeux, un placement avec un niveau de risque extrêmement bas. Nous l avons vendu à $64 soit avec un gain d environ 167%. TWITTER Twitter est entrée en Bourse le 7 novembre. titre s est envolé rapidement (pardonnez le simpliste calembour) et se transige en Bourse à une valeur de $25 milliards. La compagnie n est pas profitable mais les analystes prévoient $1 milliard de revenus en 2014. Ainsi, beaucoup de croissance est escompté au cours actuel du titre en Bourse. Ne retenez pas votre souffle : nous avons passé notre tour! UN COMMENTAIRE SUR PRÉCISION CASTPARTS La recherche fondamentale ne se limite pas à lire les états financiers. Un de nos partenaires me faisait remarquer qu il a parlé à son fils qui travaille chez une compagnie fabricant des équipements d avion qui s avère être un client de Precision Castparts. Ce dernier confiait à son père que «C est toujours difficile de signer un contrat avec Precision Castparts car ils sont très fermes sur leur prix. La Le Et de toute façon, nous devons plier car nous n avons pas d alternatives. Il n y a simplement pas d autres compagnies comme elle qui offre les produits dont nous avons besoin». Je souhaite un bon trimestre à tous nos partenaires. François Rochon et toute l équipe de Giverny Capital Le coin du philosophe La patience n est pas la capacité d attendre mais la capacité de conserver la bonne attitude alors qu on attend. Joyce Meyer De la musique à nos oreilles! 5 Giverny rapport trismestriel 2013 5