UNITE POLITIQUE DE DEVELOPPEMENT RURAL (UPDR) ETUDE «DIAGNOSTIC ET PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE RIZ A MADAGASCAR FAO TCP/MAG/8821 ANALYSE- DIAGNOSTIC DE LA FILIERE REGIONALE RIZ DU CENTRE-OUEST Jeudi 27 avril 2000 Version 2 Document de travail Ce document présente les résultats d une étude FAO réalisée avec l UPDR sur base d une enquête filière consolidée avec les résultats de l EAB. Ces résultats en termes de volume de production et de surfaces rizicoles diffèrent des chiffres officiels du MINAGRI et n engagent à ce stade que les experts responsables de l Etude.
TABLE DES MATIERES 1 INTRODUCTION... 6 1.1 PRESENTATION DU CADRE DE L ETUDE FAO-UPDR FILIERE RIZ... 6 1.2 L HISTORIQUE DES INTERVENTIONS ET POLITIQUES SUR LA FILIERE RIZ... 6 1.3 BASES DE TRAVAIL DE L ETUDE FILIERE RIZ... 8 1.3.1 Six filières régionales différenciées et analysées... 8 1.3.2 18 modèles d exploitation et 6 systèmes de culture différenciés... 8 1.3.3 Huit niveaux d enquêtes (producteurs, collecteurs, décortiqueurs, rizeries, grossistes, détaillants, consommateurs, vendeurs d intrants... 9 1.3.4 Une équipe multi-disciplinaire malgache... 9 1.4 POURQUOI UN DIAGNOSTIC STRATEGIQUE RIZ PAR SOUS-FILIERE REGIONALE... 10 2 RESULTATS NATIONAUX ET PLACE DE LA REGION DANS LA RIZ ICULTURE MALGACHE... 11 2.1 LE POIDS ECONOMIQUE DE LA FILIERE RIZ NATIONALE... 11 2.2 MIEUX CONNAITRE LES RIZICULTEURS POUR DYNAMISER LE SECTEUR... 11 2.2.1 Depuis une approche par système de production à partir de critères agronomiques... 11 2.2.2 A une approche par stratégie d exploitation basée sur des critères économiques... 12 a) Modèles d exploitation en situation de micro-stratégie rizicole d autosuffisance... 13 b) Modèles d exploitation avec spéculation rizicole dominante... 13 c) Systèmes diversifiés en polyculture avec autosuffisance partielle en riz... 14 2.2.3 Une forte autoconsommation et des résultats financiers médiocres... 15 2.3 LA FILIERE AVAL ET L AJUSTEMENT DE L OFFRE ET DE LA DEMANDE... 16 2.3.1 Transformation et commercialisation... 16 2.3.2 Ajustement de l offre et de la demande par les échanges interrégionaux et extérieurs... 16 2.4 LES BENEFICIAIRES DE LA VALEUR AJOUTEE AU NIVEAU NATIONAL... 18 2.4.1 D un point de vue financier... 18 2.4.2 D un point de vue économique... 18 2.5 POSITION ET POIDS DE LA REGION CENTRE OUEST DANS LA FILIERE NATIONALE RIZ... 19 3 CONDITIONS DE PRODUCTION, SYSTEMES DE CULTURE ET MODELES D EXPLOITATION... 21 3.1 LES SYSTEMES DE CULTURE... 21 3.1.1 Caractéristiques et performances des systèmes de culture... 21 a) Poids relatif des systèmes de culture... 21 b) Analyse comparative régionale des résultats du riz aquatique... 21 c) Performances comparées du système de riz aquatique repiqué en foule... 22 d) Analyse comparée des systèmes SRI, SRA et semi-direct... 23 e) Performances en riz pluvial... 23 3.1.2 Caractérisation globale par niveau de technicité... 24 3.1.3 Rentabilité et productivité du travail par système de culture... 25 3.1.4 Analyse technique des conditions de production (équipt, maîtrise d eau)... 25 3.2 MODELES D EXPLOITATION DOMINANTS... 26 3.2.1 Modèle 7 Centre Ouest : Simple riziculture aquatique... 26 3.2.2 Modèle 8 Centre Ouest : Double riziculture aquatique... 27 3.2.3 Modèle 9 Centre Ouest : Simple riziculture aquatique + riz pluvial... 28 3.2.4 Modèle 10 Centre Ouest: Double riziculture aquatique + simple aquatique + riz pluvial... 29 3.3 DIAGNOSTIC ET MICROSTRATEGIE DES PRODUCTEURS... 30 4 CARACTERISTIQUES DE LA SOUS-FILIERE REGIONALE... 32 4.1 PRINCIPAUX AGENTS ET OPERATEURS DANS LA SOUS FILIERE REGIONALE... 32 4.2 PRESENTATION DU GRAPHE DE LA SOUS-FILIERE RIZ DU CENTRE OUEST... 33 4.3 LA PRODUCTION ET LES PRESTATAIRES EN AMONT... 34 4.3.1 Ventes d intrants agricoles... 34 4.3.2 Crédit rural... 34 4.3.3 Encadrement agricole... 35 Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 2 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
4.4 LA COMMERCIALISATION ET LA TRANSFORMATION REGIONALE... 36 4.4.1 Analyse régionale des flux de paddy et de riz... 36 4.4.2 Fonctionnement des agents assurant la collecte et la commercialisation amont... 36 a) Les collecteurs semi-grossistes... 37 b) Profil micro-économique du Collecteur semi-grossiste... 37 4.4.3 Décortiqueurs, rizeries et pilonnage... 38 a) Evolution de l activité de transformation... 38 b) Profil micro-économique de l opérateur décortiqueur... 38 c) Profil micro-économique de la rizerie... 39 4.4.4 Equilibre offre demande : Grossistes et détaillants... 40 a) Fonctionnement et profil micro-économique du grossiste... 40 b) Fonctionnement et profil micro-économique du détaillant... 41 4.5 L AVAL : LA DEMANDE REGIONALE EN RIZ (CONSOMMATEURS)... 43 a) Consommateurs ruraux... 43 b) Consommateurs urbains... 43 4.6 ANALYSE FINANCIERE ET ECONOMIQUE, REPARTITION DE LA VALEUR AJOUTEE... 44 4.6.1 Analyse financière... 44 a) Comparaison des comptes par type d agent... 44 b) Répartition de la Valeur ajoutée monétaire... 44 4.6.2 Répartition des gains monétaires entre agents et autres intervenants... 45 4.6.3 Analyse économique avec des prix de marché... 45 4.7 INFRASTRUCTURES HYDRAULIQUES ET ROUTIERES... 46 4.7.1 Périmètres irrigués.... 46 4.7.2 Infrastructures routières.... 47 5 DIAGNOSTIC PROSPECTIF... 49 5.1 CONTRAINTES ET POTENTIALITES... 49 5.1.1 Première identification des contraintes par type d agent... 49 5.1.2 Réflexion «Un historique d échecs et de mal développement sur la région du Ménabe»... 49 a) Les choses qui ont marché mais pas comme prévu... 49 b) Les échecs et actions catastrophes... 49 5.1.3 L enclavement et le réseau routier... 50 5.1.4 Manque d appui de l Etat et manque de prestataires vis à vis du secteur privé... 50 5.1.5 Potentiel et dynamiques régionales... 51 a) Un Potentiel agronomique unique... 51 b) Priorité stratégique pour l investissement public : l infrastructure routière... 51 c) Dynamique d investissement privé... 52 d) Dynamique organisationnelle... 52 e) Gestion des infrastructures hydrauliques... 53 5.2 PROPOSITIONS DE POLITIQUE ECONOMIQUE DE PORTEE NATIONALE... 53 5.3 SIMULATIONS D ALTERNATIVES ET D EVOLUTIONS FACTUELLES... 53 5.3.1 Simulation sur l emploi de fertilisants minéral en riz aquatique et l extension, l amélioration du système SRA... 53 a) Hypothèse basse (horizon 2-3 ans)... 54 b) Hypothèse haute (horizon 5-6 ans)... 54 5.3.2 Simulation d une augmentation des prix du riz et du paddy de 20%... 54 5.3.3 Simulation d une hausse des prix du carburant de 50% (par rapport à 99)... 55 5.3.4 Simulation combinée d une hausse du carburant de 50%, d une hausse du riz de 20% et d une augmentation du rendement aquatique de 10%... 55 5.4 PROPOSITIONS D OBJECTIFS ET D ACTIONS PRIORITAIRES SUR LE COURT TERME (2000-2002)... 55 5.4.1 Objectifs de court terme (2003)... 55 5.4.2 Actions de court terme... 55 a) Routes... 55 b) Information vulgarisation -OP... 56 c) Amont et aval : Crédit, intrants, commercialisation... 56 d) Concertation et gestion du développement régional... 56 5.5 PROPOSITIONS D OBJECTIFS ET ACTIONS ENVISAGEABLES SUR LE MOYEN TERME (2002-2006)... 57 5.5.1 Objectifs de moyen terme... 57 5.5.2 Actions proposées à moyen terme... 57 ANNEXES ANNEXE 1 : Présentation des 18 modèles d exploitation caractérisés en trois catégories de stratégies paysannes Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 3 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
ANNEXE 2 : Modèle agrégé des flux de paddy et riz échangés entre agents (Centre Ouest) ANNEXE 3 : Compte agrégé de la filière régionale du Centre Ouest (Analyse financière) ANNEXE 4 : Compte agrégé de la filière régionale du Centre Ouest(Analyse économique aux prix de marché) ACRONYMES ANAE Agence Nationale d Actions Environnementales AUE, AUR Association d usagers de l Eau, association d Usagers du Réseau BTM Banque des T Malgache CIRAD Centre International de Recherche en Agriculture et Développement CPE Coefficient de Protection Effective CPN Coefficient de Protection Nominale CRD Coefficient de Coût en Ressources Domestiques DPEE Direction de la Prévision et des Etudes Economiques FAO Food and Agriculture Organisation FAUE, FAUR Fédération d Associations d Usagers de l Eau, fédération d AUR INSTAT Institut National de Statistiques MB Marge Brute MO Main d Oeuvre PE2 Programme Environnemental phase 2 PNVA Programme National de Vulgarisation Agricole RBE Revenu Brut d Exploitation RNE Revenu Net d Exploitation SSA Services de Statistiques agricoles de la DPEE MINAGRI SRA Système de Riziculture Amélioré (système de riziculture aquatique avec repiquage en ligne) SRI Système de riziculture Intensive TVA Taxe sur la Valeur Ajoutée UPDR Unité de Politique de Développement Rural VA Valeur Ajoutée Agent ou opérateur : On appelle agent ou opérateur un acteur économique, c est à dire une cellule élémentaire intervenant dans l économie, un centre autonome d action et de décision (paysan, commerçant, entreprise, organisme de développement). Définitions Analyse financière : on parle d analyse financière quand il s agit de mesurer les résultats financiers d une activité en tenant compte pour les produits, de la seule production commercialisée, et pour les charges de celles qui font uniquement l objet d une transaction monétaire. Ainsi des variables telles que l autoconsommation, les dons, les paiements en nature, le travail familial qui contribuent à l activité de l agent, n apparaissent pas dans les comptes d exploitation des agents économiques. Analyse économique : il s agit de donner une valeur monétaire à l ensemble ou à certaines des variables précédentes de façon à intégrer dans l analyse l ensemble des éléments qui vont déterminer la stratégie du producteur. Cela facilite également la comparaison des résultats d exploitation entre secteurs ou filières pour lesquelles les niveaux d autoconsommation et de travail familial diffèrent. L analyse économique peut utiliser les prix de marché ou prix financiers ou bien utiliser un nouveau système de prix. Analyse des politiques : L'analyse des politiques regroupe l'ensemble des outils employés pour suivre l'impact/ l'effet des mesures politiques en cours sur l'ensemble du secteur rural et sur les principales filières de production / simuler des mesures à l'étude pour en estimer les effets possibles. Ceci vise à fournir aux décideurs un appui à la décision (révision de la politique en cours)... Diagnostic stratégique : Le concept de diagnostic stratégique s'oppose aux habituelles "descriptions" de la situation actuelle" par lesquelles tout exercice de réflexion stratégique se devait de Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 4 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
démarrer. Une description de la situation actuelle est certes nécessaire, mais elle ne saurait tenir lieu de diagnostic, c'est à dire de jugement porté sur cette situation. Le diagnostic sera dit stratégique s'il s'oriente déja vers des propositions. Le diagnostic stratégique consistera à faire une sélection des problèmes avec ceux qui sont chargés de mettre en oeuvre les solutions, ensuite à les expliquer et les hiérarchiser, puis à inventorier les solutions envisageables. - Exploiter l'analyse de la situation actuelle, - l'inventaire et la hiérachisation des problèmes à résoudre - et les différentes solutions envisageables pour résoudre ces problèmes (y compris des alternatives de solutions possibles pour un problème donné. Filière de production : On appelle filière de production l'ensemble des agents économiques qui concourent directement à la production, à la commercialisation puis à la transformation et à l'acheminement jusqu'au marché de réalisation d'un même produit agricole (ou d'élevage). Ainsi de la culture du riz, de celle du coton, de l'arachide, à l'élevage (filière viande, filière cuirs et peau), la filière englobe la succession des opérations qui, partant en amont d'une matière première - ou d'un produit intermédiaire - aboutit en aval, après plusieurs stades de transformation/ valorisation/ commercialisation à un ou plusieurs produits finis au niveau du marché de consommation ou de l'exportation 1. L'étude ou l'analyse de filière permet la mise à plat d'une filière de production en définissant les intervenants, les circuits, les flux de produits, puis en analysant la commercialisation, la transformation de ces produits puis leur débouché consommation/ exportation. Une fois mise à plat, la filière fait l'objet d'un bilan financier par intervenant et au niveau global puis d'un bilan économique... Une telle étude doit prendre en compte les aspects financiers, commerciaux, humains, politiques, législatifs, économiques. Mesure politique "Une mesure est un acte du Gouvernement dans le domaine législatif, réglementaire, institutionnel, organisationnel n'impliquant pas d'investissement ou de dépenses autres que les dépenses de fonctionnement des administrations chargés de l'exécution de la mesure". Stratégie de développement La stratégie de développement est l'ensemble des actions coordonnées pour atteindre un objectif de développement. La stratégie n'est pas comme la politique une exclusivité gouvernementale, chaque agent économique peut avoir sa propre stratégie. Une stratégie se concrétisera par un programme d'investissement et si nécessaire des mesures d'accompagnement. Système de culture : ensemble des facteurs (type de terroir, régime hydrique, mode de faire-valoir, pratiques culturales, intrants agricoles ) mis en œuvre par un exploitant pour assurer la production d un type de riziculture (aquatique, pluvial, tavy). L analyse des systèmes de culture porte donc essentiellement sur des variables agronomiques. Elle se prête bien à l étude des performances techniques de la riziculture en terme de rendements.. Système de production ou Modèle d exploitation: il définit la place faite dans l exploitation à chacun des types de riziculture (aquatique, pluviale, tavy). En d autres termes, c est le mode de combinaison de deux ou trois types de riziculture au sein d une même exploitation. L analyse des systèmes de production permet de comprendre l économie des ménages de riziculteurs, leurs stratégies d exploitation, leur fragilité ou leur capacité d accumulation. Valeur Ajoutée La valeur ajoutée est la richesse nouvelle que crée une activité de production. Elle n est pas mesurée par la valeur brute P du produit, mais par cette valeur P diminuée des richesses qu il a fallu consommer (consommations intermédiaires CI) pour la produire. La valeur ajoutée mesure ainsi la création de richesse, l apport du processus de production-commercialisation considéré à la croissance de l économie 1 G. Duruflé, P. Fabre, J.M. Yung, Les effets sociaux et économiques des projets de développement rural: manuel d'évaluation, Ministère de la Coopération, 1988 Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 5 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
1 INTRODUCTION 1.1 PRESENTATION DU CADRE DE L ETUDE FAO-UPDR FILIERE RIZ Le sous secteur riz constitue la principale filière du secteur agricole à Madagascar. Son poids économique en fait un pilier majeur dans l ensemble du développement socio-économique de Madagascar. Cette filière a été déjà très étudiée sur de nombreux aspects spécifiques au niveau des systèmes de production, des techniques, des coûts de production, des aménagements hydrauliques, des habitudes de consommation, les problèmes de commercialisation et transformation. On a par ailleurs réalisé un véritable état des lieux de la filière en avril 1996, lors du fameux atelier de Mantasoa. L objectif du projet FAO finançant l Etude filière riz UPDR est d aider le Gouvernement à : améliorer le diagnostic entamé par la préparation et la tenue de l atelier sur l état des lieux de la filière riz, actualiser l étude économique de la filière, renforcer l analyse des situations et des résultats à tous les stades de la filière, et définir à partir de ce travail systématique les priorités et les choix à faire pour une politique de la filière. A noter que, pour cette étude, le Gouvernement Malgache et la FAO privilégient la dimension économique de l analyse de la filière riz et tout particulièrement l analyse de l intégration de ces activités dans le contexte macro-économique malgache. Une analyse approfondie est véritablement indispensable pour permettre au Gouvernement de mettre en œuvre une politique adéquate pour relancer la filière riz en cogérant mesures de contrôle, mesures d encouragement, investissements publics et prestations de service aux producteurs et aux opérateurs de la filière. Une telle politique devra répondre notamment à l ensemble des points suivants : Comment relancer rapidement la production rizicole destinée à la commercialisation qui provient davantage de certaines zones de production bénéficiant d avantages structurels? Comment renforcer les dynamiques régionales de filière (suppression des goulots d étranglement : enclavement, accès aux services, marchés concurrentiels)? Comment répondre au phénomène de détérioration des grands périmètres irrigués et aux dérives de gestion engendrées par le retrait de l Etat? Comment relancer une dynamique d intensification au niveau des producteurs (Associations, intrants, vulgarisation, crédit, prix au producteur )? 1.2 L HISTORIQUE DES INTERVENTIONS ET POLITIQUES SUR LA FILIERE RIZ Les années jusqu'à 1985 illustraient une volonté constante de la puissance publique de contrôler l'organisation de la filière du riz et son fonctionnement : réglementation en matière de prix à la production et à la consommation, et administration et coordination des activités du secteur(bureau de stabilisation et de commercialisation du riz : BSCR et SINPA); ceci s explique suite au caractère stratégique du riz par sa forte consommation et son commerce éventuel et par l héritage colonial de protection de l'état des consommateurs et producteurs Le riz est cultivé à Madagascar dans toutes les situations et toutes les régions. Il est intimement lié à la vie culturelle et quotidienne malgache; il constitue la principale filière vivrière du pays. Dans les vingt dernières années, du fait de l évolution des conditions économiques générales et de la désorganisation périodique des structures, la place du riz a subi une double évolution. La production n a pas suivi l augmentation de la demande et la production locale disponible par tête en riz blanc aurait baissé de 138 kg en 1975 à près de 130 kg en 1998 (soit 6-7% de baisse). Les importations ont permis de compenser partiellement le déficit de la production locale. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 6 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Jusqu en 1995, elles sont restées inférieures à 100 000 tonnes/an, récemment elles se sont progressivement rapprochés de 180 000 tonnes. La substitution au riz d autres sources alimentaires, dont des tubercules, a également pris place dans le cadre de l urbanisation croissante et de l expansion des filières maïs et manioc. Malgré des efforts pour une amélioration de la production et la diffusion d innovations, la productivité reste faible et l utilisation d intrants (engrais, semences) est très en deçà des recommandations de la recherche (10 kg/ha contre 340 recommandé). Le potentiel de terres irriguées est loin d être négligeable et de nombreux aménagements ont été réalisés, qu ils soient de conception traditionnelle ou récente mais la maîtrise de l eau n est pas acquise, du fait des conditions naturelles ou de l insuffisance d entretien. La riziculture malgache est très diversifiée et ne peut se résoudre à un modèle simplifié. Les systèmes de production et les systèmes en rizière y sont nombreux. Ces systèmes ont des modes de conduite différents selon les origines du peuplement, la densité de population, les caractéristiques du relief et du régime hydraulique des cours d eau. La diversité des systèmes de production se retrouve aussi en matière de fonctionnement et de stratégie de décision des producteurs. Des analyses déjà anciennes 2, ont montré que dans les exploitations agricoles des Hauts plateaux les mouvements d échanges en riz ne s expliquaient pas simplement par les besoins d autoconsommation de la famille mais aussi les exigences des relations familiales et de besoins monétaires. Dans certaines régions (Lac Alaotra, Marovay) la production rizicole alimentait directement un circuit de commercialisation dont une partie était destinée à l exportation. Quelles que soient les régions un réseau de sous-collecteurs et collecteurs, agréés par des usiniers privés, achetaient la production de riz. Cette organisation n a pas survécu aux désordres économiques engendrés par les différents modes de gestion de la filière et en particulier lors de la création des sociétés étatiques La situation de la filière rizicole ne peut pas être isolée de la situation de l ensemble des filières vivrières et du problème de la sécurité alimentaire. Des projets ou programmes soutenus par les bailleurs extérieurs apportent un appui à la Sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté qui sont parmi les priorités du Gouvernement. Etat des lieux de la filière. Soucieux de mettre en œuvre une véritable politique rizicole dans le pays, le Ministère du développement rural a chargé l Unité de politique de développent rural (UPDR) d organiser en avril 1996 un atelier pour faire l état des lieux de la filière riz, avec le soutien financier de la Banque mondiale et le soutien technique de la FAO et du PNUD. La masse d informations rassemblées et l importance des échanges de points de vue au cours de cet atelier sont une avancée considérable. Néanmoins, la complexité de la filière est grande et les enjeux de son organisation sont énormes. Or il s avère que les statistiques de base doivent être actualisées et que l analyse économique de la filière est quasi inexistante, même si l on considère les études FOFIFA/CIRAD (Leplaideur, 1993) et l étude CERDI sur le commerce du riz (1993). 2 Guy de Haut de Sigy et al. Section économie rurale IRAM 1966; Etat des lieux de la filière riz (avril 1996); suivi des hameaux test (FOFIFA - 1990). Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 7 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
1.3 BASES DE TRAVAIL DE L ETUDE FILIERE RIZ 1.3.1 Six filières régionales différenciées et analysées Six zones ont été identifiées comme des entités spécifiques à enquêter, étudier et analyser séparément. Chaque zone a été différenciée en prenant en compte la notion de zone agro-écologique et la logique de filière d approvisionnement tout en respectant les limites administratives de fivondronana.il s agit de : 1. La région Nord : constituée par la province d Antsiranana sans la sous préfecture de Nosibe 2. La région Nord Ouest : constitué par la province de Mahajanga. 3. La région Centre Ouest : regroupant d une part la région du moyen Ouest et d autre part les sous préfecture du cenre Ouest de Madagascar. Il s agit de la partie Ouest de la province d Antananarivo et de celle de Fianarantsoa, la partie Nord de la province de Toliara y compris Betioky Benenitra et Betroka 4. La région Hauts plateaux : Il s agit de la province d Antananarivo hors moyen Ouest avec les plateaux de la province de Fianarantsoa. 5. La région Est : constituée par le littoral Est de la province de Fianarantsoa et la province de Toamasina sans la région du lac Alaotra. 6. La région du Lac Alaotra qui comprend la totalité des fivondronana de Ambatondrazaka, Amparafaravola, Andilamena et Moramanga La couverture des régions est précisée dans le tableau ci-dessous : NORD NORD OUEST CENTRE OUEST HAUTS PLATEAUX Antsiranana Mahajanga Toliara Antananarivo Antalaha Besalampy Manja Ambohidratrimo Andapa Soalala Beroroha Ankazobe Sambava Maevatanana Morombe Arivonimamo Vohémar Ambato Boeni Ankazoabo Manjakandriana Ambanja Marovoay Belo/Tsiribihina Anjozorobe Ambilobe Mitsinjo Morondava Ambatolampy Tsaratanana Mahabo Miarinarivo Port Bergé Betioky Sud Antanifotsy Mandritsara Miandrivazo Andramasna Analalava Sakaraha Faratsiho Befandriana Benenitra Antsirabe Antsohihy Betroka Fianarantsoa Bealanana Fenoarivo Centre Ambositra Fandriana Kandreho Tsiroanomandidy Ambalavao Ambatomainty Betafo Ambohimahasoa Antsalova Ambatofinandrahana Ikongo Maintirano Ikalamavony Midongy du Sud Morafenobe Ihosy Vondrozo Mampikony Soavinandriana Ivohibe Iakora Befotaka EST Ifanadiana Vangaindrano Farafangana Vohipeno Manakara Mananjary Nosy Varika Toamasina Maroantsetra Mananara Nord Fénérive Est Vohibinany Vatomandry Mahanoro Marolambo Tanambao Manampotsy Vavatenina Anosibe an ala Soanierana Ivongo LAC ALAOTRA Ambatondrazaka Amparafaravola Andilamena Moramanga NON COUVERTE Nosibe Sainte Marie Ampanihy Bekily Beloha Tsihombe Amboasary Ambovombe Taolagnaro L extrême Sud et les îles (Nosibe et Sainte Marie) ne faisaient pas partie du champ d enquête. Les régions non couvertes représentent une surface très marginale en riz. 1.3.2 18 modèles d exploitation et 6 systèmes de culture différenciés Avec en moyenne trois modèles d exploitation rizicole dominants par région étudiée, la présente étude a identifié, caractérisé et analysé 18 modèles d exploitation dominants. Il s agit de: Modèle d'exploitation n 1 Nord : riz aquatique+ r iz tavy Modèle 2 Nord : riz aquatique + riz tanety Modèle 3 Nord : Double riziculture aquatique sur bas fond Modèle 4 Nord Ouest : Simple riziculture asara sur bas fond Modèle 5 NO : Simple riziculture asara + maraîch. Modèle 6 NO : Double riziculture aquatique asara et jeby Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 8 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Modèle 7 Centre Ouest : Simple riziculture aquatique Modèle 8 CO : Double riziculture aquatique Modèle 9 CO : Simple riziculture aquatique + riz pluvial Modèle 10 CO: Double riziculture aquatique + simple aquatique + riz pluvial Modèle 11 Hauts Plateaux: Simple riziculture aquatique (2ème saison) Modèle 12 HP : Simple riziculture aquatique (2ème saison)+ cult. Contre-saison (légume, blé) Modèle 13 HP: Simple Riziculture aquatique + riz pluvial Modèle 14 Est: Tavy exclusif Modèle 15 Est: Simple riziculture aquatique + riz tavy Modèle 16 Est: Simple riziculture aquatique Modèle 17 Lac Alaotra : Simple riziculture aquatique Modèle 18 LA : Simple riziculture aquatique + riz pluvial L enquête auprès des producteurs de paddy a considéré deux unités statistiques bien distinctes. D une part, l exploitation agricole a été retenue pour tous les volets concernant le ménage et ceux relatifs à l ensemble de l exploitation rizicole ; d autre part, les parcelles ont été considérées pour l étude de la riziculture (2550 parcelles enquêtées en termes de superficie, production, rendement, modalités de gestion technique, coûts de production ). L analyse au niveau des parcelles a permis d analyser les performances par système de culture. Trois système de culture rizicoles principaux sont retenus le riz aquatique, le riz pluvial et le riz tavy. Au sein du riz aquatique, quatre sous systèmes selon la technique culturale sont considérés, différenciés en termes d analyse. Il s agit du Riz aquatique en semis direct, Riz aquatique avec repiquage en foule, du repiquage en ligne ou système de riziculture amélioré (SRA) et du système de riziculture intensif (SRI). En final, 6 systèmes de culture sont appréhendés et différenciés par région 1.3.3 Huit niveaux d enquêtes (producteurs, collecteurs, décortiqueurs, rizeries, grossistes, détaillants, consommateurs, vendeurs d intrants Entre juin et novembre 1999, trois équipes de collecte investigation enquête (CIE) comprenant enquêteurs et consultants ont couvert l ensemble des 6 régions identifiées (zones rurales couvertes par deux équipes CIE Nord et Sud) ainsi que les principales agglomérations urbaines (équipe CIE Urbaine) réalisant des enquêtes par questionnaire préétabli auprès de : 1235 producteurs 477 consommateurs urbains 153 collecteurs, 331 détaillants 134 décortiqueurs, 6 rizeries 60 vendeurs d intrants La saisie et le traitement des questionnaires s est étalé entre août et décembre 1999. L analyse des données s est terminé courant mars 2000 avec la sortie d une série de documents de résultats préliminaires d enquête de rapports d analyse et de synthèses des experts impliqués. 1.3.4 Une équipe multi-disciplinaire malgache Le Ministère de l Agriculture a mobilisé une équipe de Conception Analyse Synthèse (CAS) coordonnée par l UPDR (William Randriambololona) pour piloter l étude avec un économiste Luc Razafimandimby,, un agronome Jacqueline Rakotoarisoa (FOFIFA), un statisticien Jean Marie Rakotovao, un expert en commercialisation, Théophile Ramarojanao (Ministère du Commerce), un expert en Génie rural, Alfred Raherivelo (X²Z). Les équipes CIE d enquête ont mobilisé les experts précités avec des consultants additionnels (Pascal Ravohitrarivo, agronome, Victor Kakotoniaina, Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 9 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
économiste, Abel Ratovo Henri, économiste) et des enquêteurs. L équipe de Saisie Traitement Analyse (STA) dirigée par l expert statisticien comprenait également un spécialiste en analyse de données, Raphaël Ratovoarinony (MADIO) un informaticien, Léonce Ranarison et deux opérateurs de saisie. Un appui extérieur a été fourni à la supervision technique de l équipe par la FAO 3 et la Coopération Française. 1.4 POURQUOI UN DIAGNOSTIC STRATEGIQUE RIZ PAR SOUS-FILIERE REGIONALE L étude en cours a rapidement conclu que la prise en compte des disparités régionales en matière de riz impliquait une réflexion stratégique par sous filière régionale d approvisionnement en riz. Le poids du sous secteur riz dans l économie rurale régionale lui confère en effet un rôle multiple, comme principal secteur employeur, principal secteur en termes de distribution de revenus, comme poste majeur dans les dépenses des consommateurs, comme poids lourd dans la sécurité alimentaire régionale. L évolution de ce secteur est donc un sujet majeur à discuter dans un cadre de réflexion stratégique et de politique régionale en impliquant les principaux partenaires au développement (Opérateurs privés, représentants des riziculteurs, services publics, ONG et projets). Selon les régions, que ce soit pour améliorer l approvisionnement ou pour gérer l écoulement des excédents, les stratégies seront fortement différenciées tout en s intégrant dans un cadre cohérent à l échelle nationale. 3 experts FAO Leteuil (Centre d Investissement), Haribou (FAO Accra), consultants internationaux : Marie Hélène Dabat, Pierre Fabre (experts CIRAD) et Louis Bockel Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 10 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
2 RESULTATS NATIONAUX ET PLACE DE LA REGION DANS LA RIZ ICULTURE MALGACHE 2.1 LE POIDS ECONOMIQUE DE LA FILIERE RIZ NATIONALE La base de production se résume en quelques chiffres 1 721 000 exploitants rizicoles travaillant sur 1 450 000 ha de surfaces cultivées en riz, soit 0,84 ha de surface rizicole par exploitation. La superficie rizicole cultivée de Madagascar se partage en trois systèmes de culture avec 79% des surfaces en rizière aquatique, 10% en pluvial et 11% en tavy. Le volume brut de production de 2,78 millions de tonnes de paddy génère un volume disponible de 2,59 millions de tonnes en 1999, soit 1,73 millions de tonnes de riz. 62% du paddy est auto consommé soit 1,61 millions de tonnes de paddy laissant un disponible de 978000 tonnes ; 782 000 tonnes de paddy sont commercialisées, le reste étant employé en dons, redevances Le volume annuel de riz malgache ainsi commercialisé sur le marché par les producteurs est de 519 200 tonnes, auxquelles s ajoutent 187 000 tonnes de riz importé, soit un volume annuel total de plus de 706 000 tonnes de riz commercialisé. Ce riz commercialisé passe par un ensemble d opérateurs avant d être vendu au détail auprès de consommateurs à hauteur de 415 000 tonnes en milieu urbain (couverture des besoins de 3, 71 millions de consommateurs urbains à raison de 112 kg/an) et de 293 000 tonnes en zone rurale La coexistence de régions excédentaires et déficitaires et la structure de consommation des agglomérations urbaines engendre un volume important d échanges interrégionaux de 177-178 000 tonnes de riz local provenant de zones excédentaires. Avec un Chiffre d affaires monétarisé de 4883 milliards de fmg et un poids économique de 6630 milliards de fmg (intégrant l approvisionnement non monétarisé), la filière d approvisionnement en riz constitue la première activité économique de Madagascar en termes de volume, générant une valeur ajoutée de 2270 milliards de fmg. Elle constitue une activité professionnelle pour 1 million750000 opérateurs, généralement chefs de ménage dont les revenus affectent ainsi une population de près de 9-10 millions d habitants. Le volume de travail généré simplement par la production rizicole (hors transformation, commercialisation) correspond à 242 millions de jours de travail par an, soit l équivalent de 970 000 emplois à plein temps auxquels s ajoutent près de 70 000 emplois salariés générés en aval de la production. 2.2 MIEUX CONNAITRE LES RIZICULTEURS POUR DYNAMISER LE SECTEUR 2.2.1 Depuis une approche par système de production à partir de critères agronomiques L étude a distingué a priori 18 systèmes de production à raison d une moyenne de 3 systèmes de production pour chacune des 6 régions étudiées parmi 7 systèmes de production existant à Madagascar (Annexe 1). Les critères d identification de ces 18 systèmes de production sont liés : (i) au type de riziculture selon le type de terroir et le mode d alimentation hydrique, (ii) au nombre de récolte de riz réalisées en une année pour un type de riziculture ou pour la pratique simultanée de 2 ou 3 types de riziculture, (iii) à l état du sol après la récolte du riz, (iv) à la région concernée. Ils ont servi de base à la constitution de l échantillon de l enquête auprès des producteurs. Ainsi les 7 systèmes de production recensés à Madagascar peuvent être dominants, minoritaires ou inexistants selon les régions concernées, on identifie : Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 11 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
- la «simple riziculture aquatique» est le système de production le plus pratiqué à Madagascar. Elle intéresse plus de 1 million d exploitants rizicoles et 55% des superficies cultivées. Elle se pratique dans 5 sur 6 des régions enquêtées ; - cette riziculture est suivie par le système «riz aquatique et riz pluvial», pratiqué par environ 235.000 exploitants rizicoles et qui représente 17% des superficies emblavées en riz. On le rencontre dans le Nord, le Centre-Ouest, les hauts Plateaux et au lac Alaotra ; - le «riz aquatique et riz tavy» se positionne en troisième position. Avec de l ordre de 142.000 exploitants rizicoles, il couvre 9% de la riziculture malgache et se retrouve dans le Nord et à l Est ; - la «double riziculture aquatique» vient ensuite. Elle représente 7% des superficies rizicultivées et intéresse environ 107.000 exploitants du Nord-Ouest, du Nord et du Centre-Ouest ; - pratiqué uniquement dans le Centre-Ouest par quelques 59.000 exploitants, le système combinant «double riziculture aquatique, simple riziculture aquatique et riz pluvial» occupe 6% de la superficie rizicole nationale ; - enfin les deux derniers systèmes, «simple riziculture aquatique suivie d une autre culture» et «tavy exclusif», occupent une superficie respective de 3% de l ensemble. Ces systèmes de production sont respectivement pratiqués par environ 53.000 et 79.000 exploitants. Le «tavy exclusif» ne se fait qu à l Est tandis que la «simple riziculture aquatique suivie d une autre culture» se rencontre dans le Nord-Ouest et sur les Hauts Plateaux. Ce classement des riziculteurs par système de production est satisfaisant d un point de vue des variables agronomiques qui caractérisent la diversité des situations de culture rencontrées sur le terrain. Il est de plus très opérationnel puisque les services statistiques du ministère de l Agriculture peuvent fournir une répartition des exploitations rizicoles malgaches par système de production (Enquête Agricole de base 1998/1999), ce qui a permis de constituer un échantillon diversifié de riziculteurs à enquêter et de pouvoir tenir compte de cette diversité des situations dans l analyse et les recommandations faites dans le cadre de l étude FAO/UPDR. Cependant l approche par système de production n est pas suffisante pour comprendre les stratégies économiques des riziculteurs, leurs modes d arbitrage, leur vulnérabilité face aux contraintes qu ils rencontrent et à la variabilité de leur environnement, et leurs résultats. Elle doit être complétée par une approche qui intègre des critères de classification économiques de façon à identifier avec plus de pertinence (objectifs / besoins) les mesures à mettre en œuvre pour dynamiser avec efficacité (résultats / objectifs) les activités rizicoles locales. 2.2.2 A une approche par stratégie d exploitation basée sur des critères économiques Les riziculteurs malgaches dans une forte majorité sont amenés à cultiver le riz sur des surfaces très réduites et en complément d autres cultures. Il existe très peu d exploitants monoproducteurs de riz à Madagascar, même sur périmètres irrigués et excepté dans certaines zones très concentrées comme le lac Alaotra, comme on peut le rencontrer dans certains pays d Asie et d Afrique Ainsi il n y a que 5 des 18 modèles d exploitation, où la surface moyenne par exploitation dépasse 1 Ha, soit près de 22% des producteurs. A l autre extrême, 59% des exploitations travaillent avec moins de 0,7 Ha dans une situation de «quasi- maraîchage rizicole» (8 systèmes de production avec une moyenne de moins de 0,7 ha de superficie en riz/exploitation). Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 12 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
on distingue au sein des modèles d exploitation trois catégories dominantes de stratégies comportementales des producteurs : Les micro-producteurs disposant de moyens et de conditions de production trop limitées (foncier, capital, accès au marché, équipement, travail) et qui sont sur une micro-stratégie rizicole d autosubsistance Les producteurs positionnés sur la vente de riz et disposant d un potentiel technicoéconomique d intensification ou d expansion (moyens, marché, organisation, terres, taille d exploitation) Les producteurs de rente polyvalents disposant d autres alternatives de cultures de rente et de revenus, ce qui les écarte d une stratégie d expansion des activités rizicoles bien qu ils cherchent à maintenir un certain degré d autosuffisance en riz a) Modèles d exploitation en situation de micro-stratégie rizicole d autosuffisance Les modèles d exploitation 4 en situation de micro-stratégie rizicole d autosuffisance (potentiel limité d expansion) produisent en moyenne 816 kg de paddy avec une surface limitée (0,66 ha); ils vendent moins de 150 kg de paddy et présentent un solde ventes achats de riz très négatif de 374 000 fmg en moyenne. Avec seulement 1,52 millions de fmg par ménage par an (209 000 fmg/mois), leur produit brut (riz, autres produits agricoles, élevage, pêche, artisanat, salaires) est de 42% plus bas que le produit moyen national de l ensemble des riziculteurs (2,6 millions fmg/an selon l enquête 99 FAO-UPDR). Cinq systèmes du Nord et de l Est semblent a priori correspondre à cette catégorie (voir annexe 1). Ces 5 systèmes de micro-producteurs regroupent 591 000 exploitants rizicoles (34% des producteurs) et couvrent 482 000 tonnes de paddy, soit 17% de la production brute de paddy avec un rendement moyen de 1,24 tonnes /ha. Ils représentent 388 500 ha de surface rizicole cultivée. Avec valorisation de l autoconsommation, leur revenu brut économique issu du riz est de 461 000 fmg. Conclusion : Leur degré de vulnérabilité (voir revenu) devra être pris en compte dans une stratégie plus orientée «sécurité alimentaire» avec diversification des activités génératrices des revenus et une gestion aval des stocks par les producteurs b) Modèles d exploitation avec spéculation rizicole dominante A l opposé, on peut distinguer 7 modèles d exploitation 5 plus performants, avec un solde très positif ventes achats de riz (moyenne de 1,3 million de fmg), avec en moyenne 2500 kg de paddy de production (1500-5500 kg), au moins 900 kg de ventes moyennes par an et un produit moyen de 3,15 millions fmg (toutes sources confondues). Le RBE économique riz (autoconsommation valorisée) y est de plus de 1,5 millions de fmg. Il s agit des modèles d exploitation du Lac Alaotra, ainsi que de quelques modèles du Centre Ouest, des Hauts plateaux et du Nord Ouest (voir annexe 1). 4 Modèles micro-producteurs en stratégie de subsitance, Modèle d'exploit. N 1 Nord,riz aquatique+ riz tavy Modèle d'exploit. N 2 Nord,riz aquatique + riz tane ty Modèle d'exploit. N 14 Est,Tavy exclusif Modèle d'exploit. N 15 Est,Simple riziculture aquat ique + riz tavy Modèle d'exploit. N 16 Est,Simple rizculture aquati que 5 Modèles avec spéculation riz dominante, Modèle d'exploit. N 4 NO,Simple riziculture azara s ur bas fond Modèle d'exploit. N 6 NO,Double riziculture aquatiq ue Modèle d'exploit. N 8 CO,Double riziculture aquatiq ue Modèle d'exploit. N 10 CO,Double riziculture aquati que + simple aquatique + riz pluvial Modèle d'exploit. N 12 HP,Simple riziculture aquati que (2ème saison) + cult. contre saison Modèle d'exploit. N 17 LA,Simple riziculture aquati que Modèle d'exploit. N 18 LA,Simple riziculture aquati que + riz taney Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 13 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Ces modèles d exploitation plus spécialisés et plus dépendants en matière de production rizicole concernent plus de 392 000 producteurs (23% des producteurs) qui assurent une production de près de 994 000 tonnes de paddy (36% de la production) sur 527 000 ha de surface rizicole (36%), soit en moyenne 1,34 ha par exploitant, 2,5 tonnes par exploitation avec un rendement moyen de seulement 1,9 tonnes/ha (fort potentiel de croissance). Gagnant en moyenne 3,2 millions de fmg par exploitation, ces producteurs se situent un peu au dessus du produit brut moyen traduisant une bonne performance économique. Conclusion : Ils pourraient constituer le «fer de lance» de la filière riz, c est à dire les modèles d exploitation les plus à même de se moderniser et de se spécialiser sur le riz commercialisé. 3,0 2,5 Prod.paddy (T) 2,0 1,5 Surface riz (Ha) 1,0 0,5 Solde Achats - ventes (mill.fmg) - -0,5-1,0 Modèles microproducteurs en stratégie de subsitance Modèles autosuffisants diversifiés en polyculture Modèles avec spéculation riz dominante RBE Riz (mill. Fmg) c) Systèmes diversifiés en polyculture avec autosuffisance partielle en riz Pris ensemble, ces 6 modèles d exploitation 6 (voir annexe 1) présentent un produit moyen par ménage de 3,27 millions de fmg qui est très diversifié (cultures de rente et élevage) où le riz reste marginal (5-20% des revenus). Ils maintiennent une production rizicole de 1,77 Tonnes par exploitation en moyenne, malgré des surfaces réduites (0,72 ha de riz par exploitation) exploités au maximum avec un rendement moyen performant de 2,4 tonnes/ha (poids important des hauts plateaux : 57% des riziculteurs dont les performances en intensif). Le riz est destinée d abord à l autoconsommation du ménage. Ils ont un solde vente achats de riz positif de 155 000 fmg et un RBE économique riz (avec valorisation de l autoconsommation) de 737 000 fmg Ces systèmes de polyculture relativement performants en termes de revenus présentent une stratégie privilégiant la gestion du risque en diversifiant les sources de revenus, vu le caractère très aléatoire de l ensemble des cultures de rente possibles. Ces modèles d exploitation pourraient justifier 6 Modèles auto-suffisants diversifiés en polyculture, Modèle d'exploit. N 3 Nord,Double riziculture aquat ique Modèle d'exploit. N 5 NO,Simple riziculture azara + maraîch. Modèle d'exploit. N 7 CO,Simple riziculture aquatiq ue Modèle d'exploit. N 9 CO,Simple riziculture aquatiq ue + riz pluvial Modèle d'exploit. N 11 HP,Simple riziculture aquati que (2ème saison) Modèle d'exploit. N 13 HP,Simple Riziculture aquati que + riz pluvial Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 14 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
une stratégie spécifique d appui. Ils représentent près de 737 000 producteurs (43%) et un volume de production brute de riz de 1,3 millions de tonnes (47% de la production) développé sur 534 000 Ha (37% des surfaces). Conclusion : Une stratégie d amélioration des prix du riz au producteur pourrait y générer un regain d intérêt pour le riz comme «culture commerciale génératrice de revenus» si les revenus générés par jour de travail redeviennent incitatifs par rapport aux autres alternatives (amélioration de la productivité du travail rizicole). Néanmoins les surfaces limités par exploitation et les niveaux de rendement limitent le potentiel de croissance 2.2.3 Une forte autoconsommation et des résultats financiers médiocres Le niveau élevé d auto-consommation en riz dans les exploitations rizicoles (rappel : 62% du paddy au niveau national) limite la part de riz commercialisé (30% du paddy au niveau national) 7. La comparaison des parts de production auto-consommée et vendue dans les différentes régions illustre le degré d implication de chaque région dans le marché rizicole. Le Lac Alaotra avec seulement 21% de la production auto-consommée est le principal fournisseur du marché inter régional, tandis qu à l inverse, les riziculteurs de la Côte Est auto-consomment 87% de leur production. Ceci réduit la portée des résultats strictement financiers des exploitations (analyse financière) qui ne sont pas à même de traduire l ensemble des avantages retirés par l exploitant de son activité rizicole. C est pourquoi des revenus économiques valorisant la production non commercialisée sont aussi mesurés pour tenir compte de l ensemble des avantages que représente la riziculture au niveau des producteurs (analyse économique). Ces avantages ne correspondent pas tous à des gains monétaires, c est à dire directement perçus par les exploitants, mais à des réductions de dépenses également. L analyse économique proposée cherche à mesurer ce que serait le résultat ou le revenu des exploitants en situation ou toute la production transiterait par le marché. Même si une telle situation est fortement improbable (le riziculteur demeurera toujours consommateur de riz), cette façon de procéder permet de relativiser le poids économique de la filière riz par rapport à d autres filières et de mieux comprendre les stratégies des producteurs. Cela permet par ailleurs de distinguer parmi les exploitants ceux qui sont faiblement performants de ceux qui le sont techniquement plus mais qui produisent du riz en vue de limiter leurs dépenses alimentaires et sociales. 66% des exploitations rizicoles malgaches 8 présentent aujourd hui un RBE financier négatif pour leur activité riz ; c est à dire qu elles réalisent davantage de dépenses monétaires que d entrées monétaires avec le riz car leur production 9 sert essentiellement à l autoconsommation. Il apparaît néanmoins qu en valorisant le riz auto consommé, ces mêmes exploitations arrivent à un RBE moyen positif de 593 000 fmg pour le riz grâce à leur production. Leur production leur permet d économiser annuellement 725000 fmg de dépenses en riz par exploitant, soit l équivalent agrégé de 828 milliards de fmg de riz. En même temps cette stratégie leur permet de minimiser leurs besoins monétaires et de conserver une certaine autonomie vis à vis des commerçants sans que leur alimentation quotidienne soit excessivement tributaire d entrées financières aléatoires. A l opposé, 7% des exploitations rizicoles réalisent en RBE financier de plus de 500000 fmg; il s agit de 4 des 18 modèles d exploitation dominants analysés ; ils sont situés dans le Lac Alaotra, le Nord Ouest et le Centre Ouest et représentent 112150 exploitants avec une surface moyenne par exploitation de 1,5 ha (80% supérieur à la moyenne nationale) avec un RBE financier moyen de 1,33 7 Le solde correspondant aux pertes post récolte, semences, dons et échanges en nature tels que les redevances foncières. 8 1,14 millions d exploitations provenant de 8 des 18 modèles d exploitation rizicoles différenciés dans l étude 9 pour ce groupe de modèles d exploitations, le RBE moyen est de 131780 fmg par expl. soit un RBE agrégé de l ensemble ces exploitations de -150 milliards de Fmg. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 15 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
million fmg par expl. En termes économiques, le RBE moyen passe à 1,98 million de fmg, cela représente un revenu agrégé de 221 milliards de fmg. Entre ces deux groupes, il y a un groupe médian qui regroupe 27% des exploitations rizicoles (467 000 exploitations provenant de 6 des 18 modèles d exploitation rizicoles différenciés dans la filière riz) disposant d un RBE financier riz entre 0 et 500 000 fmg (moyenne de 202000 fmg). Ceux ci semblent mettre à profit le riz pour compléter leurs revenus monétaires. Avec un gain économique de 1,06 million fmg/expl si on est intègre l autoconsommation, l activité riz génère pour eux un équivalent revenu de 496 milliards de fmg. 2.3 LA FILIERE AVAL ET L AJUSTEMENT DE L OFFRE ET DE LA DEMANDE 2.3.1 Transformation et commercialisation Pour la part de transformation du paddy en riz qui est gèrée au niveau des producteurs (1,76 millions de tonnes,soit 67% de la production), on constate en 1999 que 61% de ce paddy est encore transformé par pilonnage manuel, contre 39% par les décortiqueuses. Les disparités entre régions sont très fortes. Dans l Est et le Nord, respectivement 97% et 90% du paddy est encore transformé par pilonnage 10. A l opposé, dans les trois régions du lac Alaotra, du Centre Ouest et des Hauts Plateaux, la multiplication des décortiqueuses dans les villages a contribué à réduire le pilonnage manuel à 30%, 44% et 47% de la production transformée par le paysan. Cette présence de décortiqueuses a aussi influé sur la façon de vendre (davantage de ventes sous forme de riz). Le volume moyen de paddy traité par collecteur semi-grossiste varie ainsi de 6 tonnes (côte est) à 246 tonnes (Centre ouest) selon les régions. Sur la base des volumes commercialisés, les collecteurs sont estimés à plus de 10 000 opérateurs sur l ensemble du pays, qui commercialisent annuellement plus de 639 700 tonnes de paddy (133 tonnes par an par collecteur) et 80 600 tonnes de riz. L enquête a permis de définir une clé de répartition des ventes ou livraisons de paddy des collecteurs auprès des grossistes (35%), des transformateurs (63%) et des reventes aux consommateurs (détail, 2%). Les transformateurs semblent très organisés en terme de réseau de collecteurs directs au nord ouest (82% du paddy commercialisé par les collecteurs), sur les Hauts plateaux (79%) et au Lac Alaotra (82% du paddy commercialisé). La relation collecteur-grossiste est plus forte au Centre Ouest (77%) et au Nord (73% des volumes des collecteurs) où le réseau de transformateurs est moins important. 2.3.2 Ajustement de l offre et de la demande par les échanges interrégionaux et extérieurs Avec un volume estimé de 188 300 tonnes de riz importé 11 et un volume approximatif 527 000 tonnes de riz local, les grossistes gèrent annuellement la distribution d un volume de 716 300 tonnes de riz (estimation 1999). Le volume de 527 000 tonnes de riz malgache commercialisé comprend un volume de 349 000 tonnes de riz acheté et revendu à l intérieur des régions (en commercialisation intra-régionale) ainsi qu un volume d échanges interrégionaux (achat, transport et revente) de 176-178 000 tonnes de riz transférés entre régions excédentaires et déficitaires. Sur ces bases les régions excédentaires nettes sont le Lac Alaotra (excédent achat-ventes estimé de 124 800 tonnes) et le Centre Ouest (excédent de 53 900 tonnes), tandis que les régions déficitaires nettes sont les Hauts Plateaux (52 000 tonnes), l Est (62 500 tonnes), le Nord Ouest (23000 tonnes) et le Nord (39000 Tonnes). 10 Le pilonnage est plus cher par kg transformé : moyenne nationale de 71 fmg/kg de coût en décortiqueuse contre 107 fmg/ kg en pilonnage 11 enquête détaillants filière riz (approvisionnement des détaillants) UPDR-FAO 1999 et croisement avec sources du Ministère du commerce, estimation 99 de 185-189000 tonnes Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 16 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Au delà du caractère déficitaire ou excédentaire des régions, il est intéressant de constater que les stratégies d approvisionnement des régions déficitaires ne sont pas les mêmes. Ainsi l Est et les Hauts Plateaux complètent leur propre production insuffisante par une proportion plus importante de riz importé que de riz en provenance d autres régions de Madagascar. C est l inverse qui se produit dans le Nord et le Nord-Ouest où le riz national est acheté en plus grande quantité par les grossistes régionaux. Le riz asiatique ou le riz malgache non régional ne pénètrent que très marginalement la zone du lac Alaotra excédentaire. Couverture des besoins régionaux Nord Nord- Ouest Centre- Ouest Hauts Plateaux Est Lac Alaotra 1 200 000 1 000 000 en tonnes 800 000 600 000 400 000 200 000 - -200 000 Production disponible Consommation Solde Par contre le Centre-Ouest, pourtant auto-suffisant en riz puisqu il approvisionne d autres régions de Madagascar, fait appel aux importations pour ses besoins internes. On peut relier cette stratégie régionale bien spécifique aux fortes disparités entre le sud de la région (englobant Tuléar très déficitaire et consommant du riz importé) et le reste de la région à dominante excédentaire. Echanges inter-régionaux et importations Lac Alaotra Est Hauts Plateaux Centre-Ouest Nord-Ouest Nord - 20 000 40 000 60 000 80 000 100 000 120 000 140 000 en tonnes Achats aux autres régions Achats riz importé Ventes aux autres régions Selon l enquête détaillants (331 détaillants enquêtés dans le cadre de l étude filière riz UPDR FAO entre juin et octobre 1999), chaque détaillant commercialise selon les régions entre 8 et 58 tonnes de riz par an c est à dire entre 27 et 193 kg de ventes par jour (300 jours de travail par an). Vu le volume de riz commercialisé annuellement, on estime le nombre de détaillants à 23 800 opérateurs sur l ensemble du pays, cette estimation n intégrant pas le phénomène urbain d expansion Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 17 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
de nano-opérateurs du secteur informel avec les micro-détaillants occasionnels. Ces détaillants commercialisent annuellement un volume de 710 000 tonnes de riz. 2.4 LES BENEFICIAIRES DE LA VALEUR AJOUTEE AU NIVEAU NATIONAL 2.4.1 D un point de vue financier 12 L analyse financière globale de la filière présente une répartition de la valeur ajoutée concentrée sur le segment production (54%), avec néanmoins 9% de VA au niveau collecteurs, 17% de VA générée par les grossistes, 14% par le segment transformation (décortiqueries, rizeries) et 6% par les détaillants. La valeur ajoutée financière globale de 756 milliards de fmg se distribue entre les salaires (44%) versés et les RBE (51%) puis les frais financiers (3,5%) et les taxes et impôts (moins de 1%). Les 51% de revenu brut d exploitation se répartissent à hauteur de 12% pour les producteurs, de 13% pour les grossistes, de 11,4% pour les transformateurs, de 5,5% pour les collecteurs semigrossistes et de 9,7% pour les détaillants. Ainsi les riziculteurs qui créent 54% de la valeur ajoutée ne récupèrent pour eux effectivement que 25% des revenus d exploitation générés par la filière ; alors que les grossistes et les transformateurs qui sont à l origine respectivement de seulement 17% et 14% de la richesse créée, récupèrent 26% et 23% du revenu d exploitation de l ensemble des opérateurs économiques. 2.4.2 D un point de vue économique Dans l ensemble, en analyse économique aux prix de marché, c est au niveau de la production que se concentre près de 84% de la valeur ajoutée générée par la filière riz, tandis que 8,2% de la valeur ajoutée est récupéré entre les collecteurs et grossistes. La transformation génère 4,5% de la VA et le commerce de détail 3,6% de la valeur ajoutée. Dans la valeur ajoutée générée en termes économiques (2267 milliards fmg), le RBE producteurs capte 62%, les salariés 16%, les commerçants 9,3% (collecteurs, grossistes, détaillants), les propriétaires fonciers 6,7% tandis que le RBE des transformateurs ne représente que près de 4% de la VA. Même en analyse économique, le ratio RBE / VA est plus faible chez les riziculteurs que chez les autres opérateurs de la filière. Ainsi ils font bénéficier proportionnellement plus les autres agents de l économie (essentiellement les salariés) de l activité rizicole. 12 rappelons (C.f. Définitions) que l analyse financière ne valorise que les dépenses et revenus réels des riziculteurs dans le compte d exploitation. L analyse financière valorise l autoconsommation au prix de collecte du paddy pour rendre notamment comparables les résultats d exploitation des riziculteurs quel que soit le niveau d autoconsommation. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 18 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Collecteurs 3,0% Grossistes 5,2% Décortiqueurs / riziers 4,6% Détaillants 2,9% Riziculteurs 84,4% Répartition de la valeur ajoutée par les opérateurs économ iques RBE transformateurs 3,9% RBE collecteurs 1,8% RBE grossistes 4,3% RBE détaillants 2,6% Salaires 16,4% Revenu foncier 6,8% Frais financiers 1,2% RBE riziculteurs 62,8% Impôts et Taxes 0,2% Répartition des revenus distribués aux agents économiques 2.5 POSITION ET POIDS DE LA REGION CENTRE OUEST DANS LA FILIERE NATIONALE RIZ La région du Centre Ouest englobe dans cette étude : l Ouest du plateau Central, constitué entre autres par les sous préfectures de Tsiroanomandidy et de Betafo (35 communes et 441 000 hab.) et souvent dénommé Moyen Ouest la grande région du Centre Ouest délimitée par une ligne reliant Tsiroanomandidy à Ihosy en passant par Anjoma-Ramartina, Ambatofinandraha,a et Ikalamavony et s étendant sur la Côte Ouest malgache entre les baies de Belo sur Tsiribihina et de St Augustin (préfectures de Morondava et Tuléar) Ainsi la région Centre Ouest avec 20 fivondronana 13 constitue géographiquement la plus grande des six filières régionales étudiées. Avec 445 000 tonnes de paddy par an, elle se place au second rang en termes de volume de production, loin derrière les Hauts Plateaux La surface en riziculture y constitue 17,3% de la surface rizicole nationale (comparable à la Côte Est ou au Nord Ouest), gérée par 15% de l ensemble des riziculteurs malgaches. C est davantage dans ses performances par exploitation que la région se distingue de l ensemble de la filière nationale. Le rendement moyen par ha de superficie en riz (1775 kg/ha) est plus bas que la moyenne nationale (1902 kg/ha) et place la région en troisième position après les hauts Plateaux et le Lac Alaotra. La surface moyenne de riz par exploitation de 0,94 ha y est supérieure à la moyenne nationale (0,84 ha). La production moyenne par exploitation est très proche de la moyenne nationale de 1600 kg de paddy 13 Toliara, Manja, Beroroha, Morombe, Ankazoabo, Belo/Tsiribihina, Morondava, Mahabo, Betioky Sud, Miandrivazo, Sakaraha, Benenitra, Betroka, Fenoarivo Centre, Tsiroanomandidy, Betafo, Ambatofinandrahana, Ikalamavony, Ihosy, Soavinandriana Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 19 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Centre Ouest National Paddy produit 445 223 2 782 000 % du vol. national 16,0% 100% Surface en riz 250 900 1 450 319 % de la superf. Nationale 17,3% 100% Nombre d'exploitations 266 723 1 721 310 % de l'ensemble nat. des expl. Rizicoles 15% 100% Rendement Moyen (kg/ha) 1 775 1 918 Surface par exploitation (Ha) 0,94 0,84 Production par exploitation (T) 1,67 1,62 Quan moy. Kg de paddy produit /jour de travail 11,7 11,5 Volume de riz commercialisé par les producteurs 102 600 524 000 % du volume national de riz local commercialisé 20% 100% Volume de riz vendu au détail 62 200 708 000 Degré de couverture des besoins du marché 164% 74% Nombre d'autres opérateurs 3 300 31 160 % des opérateurs non producteurs 11% 100% VA financière totale par région 147 000 753 000 % de la VA financière nationale 19% 100% La productivité du travail en kg de paddy par jour y est aussi très proche de la moyenne nationale nationale (11,5). Cette région est la troisième région après les Hauts plateaux et le Lac Alaotra par le volume de riz local commercialisé. Avec 54 000 tonnes de vente inter-régionale de riz, elle constitue le second fournisseur du marché inter-régional (volumes de riz local transférés entre régions) et y fournit ainsi 30% du volume de riz local commercialisé entre les différentes régions de Madagascar (177-178 000 tonnes). Sur le marché d approvisionnement inter-régional, en ajoutant riz local et riz importé toutes origines confondues, le volume annuel d échange correspond en 1999 à 365 000 tonnes de riz assuré à hauteur de 15% par les excédents de la région du Centre Ouest. Avec 15% des producteurs, cette région réalise ainsi 19% de la valeur ajoutée financière de l ensemble de la filière nationale d approvisionnement (147 milliards). En termes d analyse économique, cette région représente 15% de la richesse générée par le secteur riz (valeur ajoutée économique estimée à 340 milliards fmg pour une VAE nationale de près de 2267 milliards fmg). Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 20 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
3 CONDITIONS DE PRODUCTION, SYSTEMES DE CULTURE ET MODELES D EXPLOITATION 3.1 LES SYSTEMES DE CULTURE 3.1.1 Caractéristiques et performances des systèmes de culture a) Poids relatif des systèmes de culture Hormis le riz tavy, les cinq autres systèmes de culture différenciés dans l étude filière riz sont présents sur la région du Centre Ouest. Largement dominant le riz aquatique en foule représente près de 160000 ha cultivés (64% des surfaces cultivées, 67% de la production régionale) est suivi par le riz pluvial (59 000 ha, 23,6% des surfaces cultivées, 16% de la production régionale). Le riz aquatique SRA représente 23600 ha cultivés (9% des surfaces, 13% de la production). Le riz aquatique en semis-direct et le riz SRI restent très marginaux avec respectivement 1,6% et 1,5% des surfaces emblavées en riz. b) Analyse comparative régionale des résultats du riz aquatique En matière de comparaison avec les autres régions, il semble pertinent de comparer le Centre Ouest avec les deux autres régions les plus performantes à savoir les Hauts plateaux et le Lac Alaotra. Le rendement moyen en riziculture aquatique du Centre Ouest de de 1960 kg/ha place la région en troisième position après les Hauts plateaux (3200 kg/ha) et le Lac Alaotra (2632 kg/ha). Dans le cadre d une typologie des parcelles de riz aquatique par mode de fertilisation, les parcelles fertilisés en engrais minéral sur le Centre Ouest présentent un rendement moyen de 2260 kg/ha très en dessous du Lac Alaotra (3546 kg/ha soit 57% supérieur) et des Hauts plateaux (3045 kg/ha). On notera que seulement 15% des riziculteurs employant des engrais minéraux, les combinent avec de l engrais organique, contre 50-66% dans les autres régions citées. Avec l emploi mixte d engrais organique et minéral, les rendements en riz aquatique sont de 2773 kg/ha (gain de 23% par rapport à l emploi d engrais minéral seul et de 48% par rapport aux parcelles aquatiques sans fertilisation qui fournissent un rendement de 1872 kg/ha). Le différentiel de rendement par rapport aux Hauts Plateaux en fertilisation mixte reste très fort (43% supérieur sur les Hauts Plateaux où le rendement moyen atteint presque 4 t/ha). Comparaison des performances Centre Ouest et Hauts Plateaux en riz aquatique Rdt moyen riz aquatique (kg/ha) Niveau d engrais minéral/ha Niveau de fumure organique/ha Quantité de travail par ha (h-j) Centre Ouest 1966 12 kg 118 kg 149 Hauts Plateaux 3200 33 kg 2000 kg 296 Ces différences entre les rendements moyens Hauts Plateaux et Centre Ouest s expliquent partiellement par l écart entre les volumes d intrants / ha (moy agrégée du riz en foule, SRA et SRI) : moyens de fumier/ compost épandus par ha en riz aquatique(118 kg dans le Centre Ouest contre plus de 2000 kg sur les Hauts plateaux. Ecart de 1 à 2 entre les volumes de main d œuvre investis par ha de riz aquatique dans le Centre Ouest (149 hommes jours de travail) et les Hauts Plateaux avec 296 hommesjour de travail Ecart de 1 à 3 sur le niveau moyen d engrais minéral /ha En réalité, le niveau moyen d engrais employé sur les 3 systèmes de culture aquatiques dominants (direct, foule, SRA) n est que de 12 kg /ha sur le Centre Ouest alors qu il est de 33 kg/ha sur les Hauts plateaux et de 15 kg sur la région du Lac Alaotra. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 21 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Ainsi, dans le Centre Ouest, l emploi de l engrais minéral et des variétés de riz améliorées laissent à désirer plus qu ailleurs tant au niveau quantitatif (emploi parcimonieux) que qualitatif. On note même au niveau des systèmes les plus intensifs (SRA, SRI) que les volumes de travail et d intrants restent très bas par rapport aux hauts Plateaux. Sur le Centre Ouest, le rendement moyen fourni ci-dessus dissimule l émergence de quelques exploitants plus performants comme on va le voir. Le prochain tableau ne compare que des échantillons réduits de parcelles avec emploi effectif d engrais minéral comme facteur sélectif. Comparaison des rendements du riz aquatique avec fertilisant minéral sur deux régions Rdt moyen (kg/ha) avec engrais minéral Niveau d engrais minéral/ha Nombre de parcelles (échantillon) Centre Ouest 2527 84 kg 11 Hauts Plateaux 3316 183 kg 10 Les écarts entre les rendements moyens avec fertilisant minéral demeurent élevés mais on constate un gain de rendement de 28% par rapport à la moyenne Comparaison des rendements du riz aquatique avec fertilisation mixte sur deux régions Rdt moyen avec fertilisation mixte Niveau d engrais minéral/ha Niveau de fumure organique/ha Nombre de parcelles (échantillon) Centre Ouest 2773 34 kg 3220 4 Hauts Plateaux 3969 116 kg 3639 16 Avec une fertilisation mixte, on atteint 2773 kg/ha, gagnant 41% de rendement par rapport à la moyenne et 48% par rapport aux parcelles sans fertilisant. On reste néanmoins très loin des performances des Hauts Plateaux qui emploient 3 fois plus d engrais minéral par ha. Enfin on constate un rendement moyen en riz aquatique qui dépasse 3030 kg/ha quand l exploitant combine une bonne maîtrise de l eau, une fertilisation minérale et des semences améliorées (à comparer néanmoins avec 4458 kg /ha sur le Lac Alaotra dans la même combinaison de facteurs). La part de surface de riz aquatique cultivée sans fertilisants, ni organiques,ni minéral est de 69% au niveau national. La situation varie beaucoup d une région à l autre, les Hauts plateaux sont les mieux placés avec seulement 24% de riz aquatique sans apports ni organiques ni minéraux. A l opposé le Centre Ouest est en troisième position avec 78% de riz aquatique sans aucune fertilisation. Il présente ainsi 22% de surfaces de riz aquatique fertilisées dont 10% en engrais minéral (8% en engrais minéral seulement, 13% en engrais organique, 1,5% en mixte org.+min.). Viennent encore derrière le Nord, le Nord Ouest et la Côte Est (92-97% du riz aquatique sans fertilisation). Simulation : En d autres termes, l extension de l emploi de fertilisation mixte qui couvre 14-15% des surfaces actuellement, à 50% des surfaces de riz aquatique avec un rendement moyen de 2773 kg/ha pour les surfaces bénéficiaires devrait permettre de remonter le rendement moyen aquatique (actuellement 1966 kg/ha) à 2301 kg/ha (+330 kg/ha) avec un peu d accompagnement technique, générant une production additionnelle de 63300 tonnes sur les 192 000 ha de riz aquatique de la région du Centre Ouest. c) Performances comparées du système de riz aquatique repiqué en foule Dominant sur le Centre Ouest (64% des surfaces), le riz aquatique repiqué en foule dispose d une popularité incomparable dans les régions à dominante rizicole (50% des surfaces sur les Hauts plateaux et 54% des surfaces du Lac Alaotra). Le repiquage semble préféré au semis parce qu il permet d amortir les «défauts d eau» ; des pratiques traditionnelles d emploi de plants assez grands Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 22 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
et âgés font également partie du kit de pratiques anti-aléatoires assurant une meilleure résistance aux accidents climatiques, au détriment d une optimisation des rendements. régions : Il apparaît opportun de comparer les performances de ce système de culture dans ces trois Rdt moyen /ha (kg) Analyse comparative des performances du riz aquatique en foule Fumier/ compost (kg) Engrais Volume de travail par ha Volume de paddy /jour de travail Marge Brute /ha (millions fmg) MB/jour de travail familial (fmg) Centre Ouest 1864 81 13 143 13 kg 1,2 14 400 Lac Alaotra 2818 261 16 88 31 kg 1,8 78 000 Hauts Plateaux 3007 1924 1 311 9 kg 1,9 9 700 Ce tableau illustre l existence d une pluralité de stratégies quand on compare les riziculteurs sur différentes régions. En terme d intrants /ha, de rendement et de marge brute par ha, le Centre Ouest reste en retrait, mais ses résultats s améliorent quand on analyse les résultats par jour de travail où il devient plus performant que les Hauts Plateaux. En matière de fumier, on notera que l insécurité rurale et les vols de boeufs ( notamment à Ambalanirana dans la sous région de Tsiroanomandidy ) ont entraîné une réduction du cheptel bovin qui s est traduit par un phénomène de diminution de la quantité de fumier produit, seul fertilisant généralement utilisé. d) Analyse comparée des systèmes SRI, SRA et semi-direct Résultats nationaux : Au niveau national, l analyse des performances des 2550 parcelles enquêtées a permis d identifier un décylle de résultats sélectionnant les 255 parcelles disposant des meilleurs rendements (au dessus de 4239 Kg/ha). Ces parcelles se caractérisent par la concentration de parcelles en riz aquatique SRA (47% des 255 parcelles) et SRI (12% des parcelles). On trouve ainsi 25% des parcelles SRA et 50% des parcelles SRI dans le peloton de tête des 10% de parcelles les plus performantes. Quand on compare les résultats régionaux des systèmes de riziculture SRA (repiquage en ligne), le Centre Ouest est en troisième position derrière le Lac et les Hauts plateaux avec 2527 kg/ha. Quand on compare les niveaux d intrants sur les 3 régions les mieux placées en SRA de par leurs rendements on obtient les résultats suivants : Comparaison des systèmes SRA sur 3 régions Rdt moyen (kg/ha) Semences amel. kg/ha Fumier/ compost kg/ha Engrais (kg/ha) Centre Ouest 2527 19 276 7 Hauts Plateaux 3316 35 2000 69 Lac Alaotra 3656 34 157 69 Toujours en matière de riz aquatique, on notera le poids marginal des surfaces en riz aquatique à semis direct avec 1,6% des surfaces du Centre Ouest, ce qui rejoint la situation sur les Hauts plateaux (1%), le Centre Ouest (2%) et l Est (4%) En riz aquatique avec semis direct, les trois régions de prédilection sont ainsi le Lac (33000 ha), la région Nord (44263 ha avec 24%) et le Nord Ouest (32826 ha soit 12% des surfaces). e) Performances en riz pluvial La position de leadership des Hauts plateaux vis à vis des autres régions et du Centre Ouest en termes de performance technique se confirme sur le rendement en riz pluvial. Le rendement des Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 23 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Hauts plateaux (2557 kg/ha) laisse les autres régions très en retrait (entre 750 et 1950 kg/ha) sur le riz pluvial. Selon les résultats de l enquête, le riz pluvial du Centre Ouest donnerait en effet des résultats assez médiocres. Sachant que la zone dispose de conditions favorables au riz pluvial, on doit considérer ce niveau de rendement comme conjoncturel. Ceci peut aussi être dû au système d autoapprovisionnement et de recyclage en semences pratiqués par les producteurs, malgré les actions de promotion et la sortie régulière de variétés performantes. Une comparaison entre les conditions de culture du Centre Ouest et des Hauts plateaux indique une stratégie similaire en termes de fumier / compost (1300 à 1400 kg / ha), mais une divergence très forte sur la mobilisation de main d œuvre. En effet sur le Centre Ouest, l hectare de riz pluvial n emploierait que 168 jours de Main d œuvre tandis que dans les Hauts Plateaux le même hectare nécessite 412 hommes jours de travail. Malgré des rendements nettement supérieurs dans les Hauts plateaux, le différentiel en termes de travail mobilisé ramène les deux régions à des résultats équivalents en termes de volume de paddy produit par jour de travail familial. Rdt moyen /ha (kg) Fumier/ compost (kg) Volume de travail par ha Volume de paddy /jour de travail Marge Brute /ha (fmg) MB/jour de travail familial (fmg) Centre Ouest 1174 1430 168 7 kg 371 700 3912 Hauts Plateaux 2557 1333 412 6 kg 723 000 5024 On notera par ailleurs l effort important de fertilisation réalisé sur le riz pluvial. Sur la région du Centre Ouest, 73% des surfaces de riz pluvial sont fertilisées (essentiellement en organique), soit beaucoup plus que pour le riz aquatique (22%). 3.1.2 Caractérisation globale par niveau de technicité On peut opérer un autre type de typologie des systèmes de culture en considérant le niveau de technicité des exploitations rizicoles distinguant ainsi la riziculture traditionnelle et la riziculture améliorée : Forme de riziculture Forme traditionnelle Forme améliorée Critères de caractérisation Sans labour, labour à l angady Semis direct (à la volée), repiquage en foule Fumure organique sans engrais min. Sans sarclage ou avec sarclage manuel Labour en culture attelée ou mécanisée Semis en ligne, repiquage en ligne Fertilisant minéral ou organi-minéral Sarclage mécanique (houe rotative) ou chimique (herbicide) Sur ces bases, on peut caractériser quatre systèmes de culture en dehors du tavy et comparer leurs résultats avec la moyenne nationale. L aquatique amélioré domine les autres systèmes traditionnel. L aquatique traditionnel L aquatique amélioré Le pluvial traditionnel Le pluvial amélioré Kg/ha Hauts plateaux Centre Ouest National 3469 2291 2318 3915 2583 2563 2649 1356 1510 2199 984 1354 Le Centre Ouest se positionne 50-70% derrière les Hauts plateaux pour toutes les catégories de systèmes de culture. Il dispose d une performance assez proche de la moyenne nationale en riz aquatique. L aquatique amélioré est le système le plus performant de la région en termes de rendement. On notera que le pluvial amélioré se caractérise par des rendements inférieurs au pluvial traditionnel. Pour le Centre Ouest ce tableau confirme l intérêt des efforts d amélioration sur le riz Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 24 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
aquatique, tout en confirmant l inadaptation des tentatives passées d amélioration sur le riz pluvial (perte de 28% quand on passe du traditionnel à l amélioré) qui n ont pas pris en compte les contraintes (déficit de fumure, recyclage inopiné de semences améliorés). Il faut néanmoins reconnaître que la stratégie en pluvial est une réponse paysanne au manque de place dans les plaines et les bas-fonds, qui pousse les agriculteurs à essayer de cultiver en pluvial. L effet négatif du labour attelée et du sarclage répété sur les rendements de riz pluvial conduit tout droit aux résultats prometteurs obtenus en agro-biologie sur le riz pluvial en semis direct sans labour sur couverture végétale (ANAE, CIRAD, TAFA). Les essais de couverture permanente des sols effectués par l'ong TAFA confirment l'intérêt d'adapter ces techniques au riz pluvial. Les variétés de riz pluvial développées par le Programme Riz d Altitude se comportent bien dans d'autres régions, le Moyen-Ouest en particulier (certaines étant déjà multipliées par le CMS du PMMO). Certaines variétés expérimentales ont aussi été testées dans le Moyen-Ouest (Programme Riz d Altitude 1985-87). Questions soulevées, conclusions :pourquoi les riziculteurs n intensifient pas davantage le riz aquatique par l emploi de fertilisants? faut il mettre en place une politique de soutien massif à l emploi des intrants (suppression des taxes, renforcement de la filière de distribution d intrants) en complément d une hausse des prix du riz? 3.1.3 Rentabilité et productivité du travail par système de culture On note un différentiel de rendement du travail (ratio de 1 à 3,5) dans l équivalent paddy produit par jour de travail qui varie de 7 kg (pluvial) à 25 kg (riz aquatique en semi-direct) de paddy selon les systèmes de culture. Rizière Rizière en Rizière Rizière Riz semi-direct Foule SRA SRI Pluvial Rdt moyen (kg) 1 883 1 864 2 527 2 544 1 174 Vol. net kg paddy / J trav. 25 13 15 9 7 Coût monét/kg net paddy 105 176 206 516 397 Marge brute /ha 1 071 479 1 195 948 1 632 154 859 615 371 666 Marge/ jour trav.fam. 27 474 14 409 20 660 5 339 3 912 On notera ainsi que le Centre Ouest présente des systèmes de culture très proches de la moyenne nationale en termes de rendement par jour de travail. En termes financiers on a comparé les systèmes de culture en valorisant le volume total de paddy produit (sans différencier auto consommé et commercialisé) pour obtenir des marges brutes par ha et des marges / jour de travail familial. Les marges par jour de travail varient sur une échelle de 1 à 7 entre le riz pluvial et le riz aquatique en semis direct. Les charges financières ramenés par kg de paddy varient ainsi de 105 à 516 fmg/kg (12-60% de la valeur de vente du paddy). Le SRI et le SRA sont plus performants en rendement. Le SRA fournit la meilleure marge /ha et reste très avantageux en termes de marge par jour de travail familial (20 700 fmg) ou de volume de paddy par jour de travail. On s étonnera du développement marginal du riz aquatique en semis direct vu ses performances (coût le plus bas par kg de paddy, meilleur rendement du travail, marge correcte). 3.1.4 Analyse technique des conditions de production (équipt, maîtrise d eau) En termes de matériels et d équipements de production, la région du Centre ouest présente un degré d équipement des riziculteurs comparable aux autres régions. On y trouve néanmoins le Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 25 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
meilleur équipement en charrue et le second en herse à bœufs. Avec 0,4 charrette par exploitant, la région est en troisième position sur cet équipement après le Nord Ouest et Lac Alaotra L équipement moyen du riziculteur du Centre Ouest comprendrait 0,39 charrettes (4 charrettes pour 10 paysans), 0,83 charrue (8 charrues pour 10), 0,7 herses à bœufs, 0,11 houes rotatives/ sarcleuses (1 pour 10), 0,024 pulvérisateur (1 pour 40), 2,7 anagdy/ pelles/ pioches et 2,4 faucilles/ coupe coupe. Cet équipement correspond a un investissement moyen de 280 à 415 000 Fmg par producteur selon les modèles d exploitation soit un amortissement annuel de 61-80000 fmg par exploitation, c est à dire un investissement équivalent à celui constaté sur les Hauts Plateaux (300-480 000 fmg/ exploitant) ou sur le Centre Ouest (280-410000 fmg/ expl.). On notera que le labour mécanisé n est pas pratiqué dans le Centre Ouest, selon l enquête filière riz,. Cette région bénéficierait néanmoins d un emploi très courant de labour attelé (87% en pluvial et 82% en riz aquatique) tout comme les Hauts Plateaux. On remarquera par ailleurs que le degré de maîtrise de l eau est estimé bon par les Paysans sur 65% des surfaces aquatiques du Centre Ouest contre seulement 27% sur les Hauts Plateaux, 22% dans le Nord Ouest. Le Centre Ouest fait ainsi exception en matière de bonne maîtrise de l eau. La dépendance des rendements vis à vis de la maîtrise d eau paraît moindre sur le Centre Ouest (perte de 14% en situation de mauvaise maîtrise) et les Hauts Plateaux (perte de 22%) que sur le Lac Alaotra ou le Nord Ouest (jusque 45%). Niveau des rendements en riz aquatique selon le degré de maîtrise de l eau estimé par les paysans Degré de maîtrise de l eau Lac Alaotra (kg/ha) Centre-Ouest (kg/ha) Hauts Plateaux (kg/ha) Bon 3282 2087 3535 1779 Moyen 2490 1748 3424 1519 Mauvais 2139 1788 2740 971 Nord Ouest (kg/ha) Le gain de rendement de 340 kg à l ha entre moyenne et bonne maîtrise de l eau (aménagé) est vraisemblable du seul fait que l amélioration de la maîtrise de l eau permet des repiquages et/ou des semis plus précoces. Cette bonne maîtrise de l eau associée à des semences améliorées et des engrais minéraux (emploi conjoint minéral et organique) permet de monter à 3030 kg /ha sur le Centre Ouest. Mise en perspective : On notera que, sur ces bases d appréciation, il demeure, en riz aquatique, 66 000 ha considérés en degré de maîtrise moyen ou mauvais et nécessitant un effort d amélioration de la maîtrise de l eau. Une telle amélioration pourrait théoriquement engendrer un passage progressif à un rendement moyen de 2087 kg/ha pour le riz aquatique contre 1864 kg/ha actuellement (+11%, soit un volume additionnel de production de 43 000 tonnes) 3.2 MODELES D EXPLOITATION DOMINANTS Les exploitations rizicoles du Centre Ouest ont été regroupées en quatre modèles d exploitation dominants représentatifs chacun d une partie significative des producteurs de la région. 3.2.1 Modèle 7 Centre Ouest : Simple riziculture aquatique Ce modèle d exploitation situé davantage sur le sud ouest de la région dans la zone Morondava- Morombe--Miandrivazo Tulear correspond à un ménage rizicole disposant de 0,60 ha de superficie physique en riz par exploitation et réalisant la même surface cultivée en riz (1 cycle par an sur le riz aquatique). Il ne comprend que du riz aquatique réparti en rizière en foule (0,56 ha). Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 26 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Le rendement moyen obtenu sur ce type d exploitation est de 1905 kg/ha (8 ème position en termes de rendement moyen par modèle d exploitation). Ce modèle est considéré comme représentatif 14 de près de 72500 exploitations qui réalisent 44000 ha de surface cultivée en riz Le ménage agricole comprend 7 personnes. Les terres employées sont à 92% en faire valoir direct, 8% en métayage ou fermage. L exploitation dispose d un niveau d équipement agricole correspondant à un investissement limité à 283 000 Fmg. COMPTE DE PRODUCTION-EXPLOITATION Modèle 7 Centre Ouest : Simple riziculture aquatique TOTAL CI 124 905 TOTAL PRODUITS 289 593 VALEUR AJOUTEE M-O salariée 94 301 RBE riziculteurs 70 387 Dont Amortissements 61 129 TOTAL VA 164 688 TOTAL CHARGES 289 593 TOTAL PRODUITS 289 593 Avec une production brute de paddy de 1155 kg par an par exploitation mobilisant 88 hommes jour de travail par an (deux tiers en MO familiale), ce modèle d exploitation écoule peu de paddy sur le marché (332 kg de paddy). L emploi de la production se caractérise par 63% d auto consommation, 5% de semences et pertes, 3% en redevances et dons, 29% de ventes. Il commercialise 33% sous forme de riz transformé au préalable (50% en décortiqueuse, 50% en pilonnage). Avec des prix de vente moyens de 860 fmg/kg de paddy et de 1348 fmg/kg de riz, le producteur fait un chiffre d affaires monétaire très limité de 290 000 fmg sur le riz. Après des déductions de ses consommations intermédiaires et des coûts de MO salariée, il dispose d un RBE financier négligeable de 70 000 fmg sur son activité riz, soit un RNE négatif de -90 000 fmg après amortissement. Selon l enquête, Le riz ne constituerait que 16% des revenus monétaires du ménage, l élevage et les autres cultures assurant 49% des revenus, les activités commerciales et salariales constituant 34% des revenus. C est un modèle d exploitation auto-suffisant et diversifié en polyculture avec peu de moyens mis sur le riz. En prenant en compte l autoconsommation c est à dire la part de production non commercialisé, le RBE généré par exploitant par l activité riz passe à 690 000 fmg par producteur. 3% seulement des exploitants ont recours au crédit. En contrainte majeure 39% signalent la contrainte financière, 28% la rareté des terres aménageables, 22% l absence de maîtrise d eau. L eau reste néanmoins un facteur de blocage (66% des avis). L emploi des intrants est avant tout limité par leur coût prohibitif (prix excessif 34%) puis par des problèmes de mentalité ou d habitude (26% des avis). 53% des producteurs confirment la bonne fertilité du sol, seulement 44% signalent une baisse de fertilité. Selon ces producteurs, cette baisse de fertilité serait due à la non pratique de fertilisation (43%) au manque d eau (23%) et à l épuisement des sols (14%). La majorité des producteurs considèrent que la main d œuvre n est pas un facteur limitant (74% signalent une abondance de main d œuvre). 3.2.2 Modèle 8 Centre Ouest : Double riziculture aquatique Ce modèle d exploitation correspond à un ménage rizicole disposant de 0,38 ha de superficie physique en riz par exploitation et réalisant 0,74 ha de surface cultivée en riz (près de 2 cultures /an 14 Source : basé sur le dénombrement de l Enquête agricole de base EAB de 98-99 (104 000 ménages dénombrées avec leurs activités) Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 27 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
en aquatique). Ce modèle ne réalise que du riz aquatique, avec 0,58 ha de rizière en foule, 0,12 ha de riz SRA, 0,03 ha de riz SRI et un peu de riz aquatique en semis direct (1,4 ares). On le trouve notamment dans le quadrilatère stratégique constitué par Tuléar-Morombe-Morondava-Miandrivazo- Bezaha des basses vallées de l Ouest, qui concentre un important potentiel de développement rizicole Le rendement moyen obtenu sur ce type d exploitation est de 1997 kg/ha (6 ème position en terme de rendement moyen par modèle d exploitation). Ce modèle est considéré illustre la situation de plus de 30 400 exploitations qui réalisent 22500 ha de surface cultivée en riz La taille du ménage y est de 5,9 personnes. La terre exploitée est à 87% en faire valoir direct et à hauteur de 13% en fermage. L exploitation dispose d un équipement estimé à 303 000 fmg. Avec une production brute de paddy de 1480 kg/an/exploitation, on constate seulement 32% d auto consommation (466 kg), 3% utilisé en semences et pertes, 0,8% en redevances, et 64% de ventes. L exploitant commercialise ainsi 943 kg de paddy par an. Cette activité rizicole mobilise l équivalent de 112 hommes jour de main d œuvre annuelle. Le tiers du travail mobilisé dans l activité riz est d origine salariée. COMPTE DE PRODUCTION-EXPLOITATION Modèle 8 Centre Ouest : Double riziculture aquatique TOTAL CI 193 669 TOTAL PRODUITS 825 334 VALEUR AJOUTEE M-O salariée 106 464 RBE riziculteurs 525 201 Dont Amortissements 63 222 TOTAL VA 631 665 TOTAL CHARGES 825 334 TOTAL PRODUITS 825 334 Le producteur fait un chiffre d affaires monétaire de 825 000 fmg sur le riz. Après des déductions de ses consommations intermédiaires et des coûts de MO salariée, il dispose d un RBE financier de 525 000 fmg sur son activité riz. En prenant en compte l autoconsommation (et les coûts en nature), le RBE généré par l activité riz passe à 845 000 fmg par producteur. Le solde brut ventes achats de riz y dépasse 1,1 millions de fmg. Avec ces caractéristiques témoignant du poids du riz dans l activité économique du producteur, ce modèle d exploitation fait partie du groupe de producteurs avec spéculation riz dominante Si l on considère l ensemble de ses revenus bruts, l exploitant dispose de 3,22 millions de fmg par an, le riz constitue 26% du produit monétaire,l élevage et les autres cultures 27%, tandis que les activités commerciales et salariales constituent 46% des entrées financières. Ainsi ses revenus se basent sur une base diversifiée. 4% seulement des exploitants signalent avoir recours au crédit ;ils confirment tous leur insatisfaction en la matière ; 82% des exploitants signalent des besoins de crédit prioritaires en achat de matériel. Comme contrainte majeure liée à la terre, 54% des producteurs signalent la rareté des terres aménageables, 31% le problème financier. En termes d auto-estimation paysanne de la fertilité des sols, il apparaît que 71% confirment disposer d une bonne fertilité du sol, cette impression pourrait conduire à leur faire penser que fertiliser est inutile. 29% seulement signalent une baisse de fertilité. Cette baisse de fertilité serait due à des raisons non spécifiés (38%) à l épuisement des sols (21%) et au manque de fertilisation(21%). L emploi des intrants est limité surtout par des problèmes de mentalité et d habitude. 3.2.3 Modèle 9 Centre Ouest : Simple riziculture aquatique + riz pluvial Ce modèle d exploitation correspond à un ménage rizicole disposant de 0,52 ha de superficie physique en riz par exploitation et réalisant une surface cultivée double en riz de 1 ha (2 cycles par an). Il réalise à la fois du riz aquatique (0,52 ha) et du riz pluvial (0,48 ha). La surface en riz aquatique est répartie en rizère en foule (0,46 ha), SRA (0,05 ha) et en semis direct (0,014 ha). Il est Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 28 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
principalement localisé sur le Moyen Ouest (Bongolova, Vakinankaratra, Matsiatra) et se caractérise par le poids important du pluvial. Le rendement moyen obtenu sur ce type d exploitation est de 1570 kg/ha (10 ème position en termes de rendement moyen par modèle d exploitation). Ce modèle correspond à un groupe de plus de 104 000 exploitations qui réalisent 104300 ha de surface cultivée en riz. Le ménage agricole est un ménage élargi composé de 6,4 personnes. Les terres employées sont à 100% en faire valoir direct. L exploitation dispose d un niveau d équipement agricole correspondant à une valeur de 368 000 Fmg. Avec une production brute de paddy de 1560 kg par an par exploitation mobilisant 155 hommes jour de travail par an (deux tiers en MO familiale), ce modèle d exploitation écoule peu de paddy sur le marché (414 kg de paddy). L emploi de la production se caractérise par 66% d auto consommation, 5% de semences et pertes, 2,5% en dons, 26% de ventes. Il commercialise 100% de sa production sous forme de paddy. COMPTE DE PRODUCTION-EXPLOITATION Modèle 9 CO: Simple riziculture aquatique + riz pluvial TOTAL CI 213 335 TOTAL PRODUITS 356 759 VALEUR AJOUTEE M-O salariée 170 190 RBE riziculteurs - 26 765 dont Amortissements 70 977 TOTAL VA 143 424 TOTAL CHARGES 356 759 TOTAL PRODUITS 356 759 Avec des prix de vente moyens de 860 fmg/kg de paddy et de 1348 fmg/kg de riz, le producteur fait un chiffre d affaires monétaire très limité de 357 000 fmg sur le riz. Après des déductions de ses consommations intermédiaires et des coûts de MO salariée, il dispose d un RBE financier négatif sur son activité riz. En prenant en compte l autoconsommation non commercialisée, le RBE généré par exploitant par l activité riz passe à 284 000 fmg par producteur. Selon l enquête, Le riz ne constituerait que 25% des revenus monétaires du ménage, l élevage et les autres cultures assurant 47% des revenus, les activités commerciales et salariales constituant 27% des revenus. Avec un solde ventes achats de riz largement positif (413 000 fmg), c est un modèle d exploitation que l on classe dans la catégorie de stratégie paysanne «autosuffisant et diversifié en polyculture» malgré un revenu très bas. Aucun des exploitants n a recours au crédit. En contrainte majeure 29% signalent le problème financier, 22% la rareté des terres aménageables, 29% l absence de maîtrise d eau.l emploi des intrants est avant tout limité par des problèmes de mentalité ou d habitude (37% des avis). Le coût excessif apparaît comme la seconde contrainte. 64% des producteurs confirment la bonne fertilité du sol, seulement 29% signalent une baisse de fertilité. Selon ces producteurs, cette baisse de fertilité serait due à l épuisement des sols (50%) et à la non pratique de fertilisation (30%). La majorité des producteurs considèrent que la main d œuvre n est pas un facteur limitant (54% signalent une abondance de main d œuvre). 3.2.4 Modèle 10 Centre Ouest: Double riziculture aquatique + simple aquatique + riz pluvial Ce modèle d exploitation correspond à un ménage rizicole de 6,6 personnes disposant de 0,71 ha de superficie physique en riz par exploitation et réalisant 1,35 ha de surface cultivée en riz (près de 2 cultures /an). Ce modèle réalise 1,19 ha en riz aquatique et 0,16 ha en riz pluvial. Le riz aquatique comprend 0,91 ha de rizière en foule, 0,21 ha de riz SRA, 0,04 ha de riz SRI et un peu de riz aquatique en semis direct (0,03 ha). On le trouve davantage dans le Moyen Ouest (zone de transition proche des hauts Plateaux). Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 29 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Le rendement moyen obtenu sur ce type d exploitation est de 1908 kg/ha soit à la 7 ème position en terme de performance agronomique comme modèle d exploitation. Ce modèle est représentatif de plus de 59 200 exploitations qui réalisent 80100 ha de surfaces en riz. La terre exploitée est à 81% en faire valoir direct, à 9% en métayage et à hauteur de 10% en fermage. L exploitation dispose d un équipement estimé à 414 000 fmg. Avec une production brute de paddy de 2580 kg/an/exploitation, le modèle d exploitation se place dans la catégorie des exploitations à spéculation riz dominante. On constate seulement 51% d auto consommation (1315 kg), 3% utilisé en semences et pertes, 5,1% en redevances et dons, et 41% de ventes. L exploitant commercialise ainsi 1050 kg de paddy par an. Cette activité rizicole mobilise l équivalent de 206 hommes jour de main d œuvre annuelle. Le tiers du travail mobilisé dans l activité riz est d origine salariée. COMPTE DE PRODUCTION-EXPLOITATION Modèle 10 CO : Double riziculture aquatique+ simple aquatique + riz pluvial TOTAL CI 306 558 TOTAL PRODUITS 918 444 VALEUR AJOUTEE M-O salariée 192 013 RBE riziculteurs 419 872 dont Amortissements 81 961 TOTAL VA 611 886 TOTAL CHARGES 918 444 TOTAL PRODUITS 918 444 Le producteur fait un chiffre d affaires monétaire de 920 000 fmg sur le riz. Après des déductions de ses consommations intermédiaires et des coûts de MO salariée, il dispose d un RBE financier de 420 000 fmg sur son activité riz. En prenant en compte l autoconsommation (et les coûts en nature), le RBE généré par l activité riz passe à 1,4 million fmg par producteur. Le solde monétaire brut de ventes achats de riz dépasse 0,9 million de fmg. Avec ces caractéristiques témoignant du poids du riz dans l activité économique du producteur, ce modèle d exploitation confirme sa position dans le groupe de producteurs avec spéculation riz dominante Si l on considère l ensemble de ses revenus bruts, l exploitant dispose de 2 millions de fmg par an, le riz constitue le revenu principal (45% du produit monétaire),l élevage et les autres cultures 33%, tandis que les activités commerciales et salariales constituent 20% des entrées financières. 9% seulement des exploitants signalent avoir recours au crédit ; 32% n en ressentent pas le besoin, la plupart n y ont pas accès pour diverses raisons. 42% des exploitants signalent des besoins de crédit prioritaires en achat de matériel. Comme contrainte majeure liée à la terre, 45% des producteurs signalent la rareté des terres aménageables, 33% le problème financier. En termes d auto-estimation paysanne de la fertilité des sols, il apparaît que 73% confirment disposer d une bonne fertilité du sol, tandis que 26% seulement signalent une baisse de fertilité. Cette baisse de fertilité serait due à la non pratique de la fertilisation (34%) et à l épuisement des sols (28%). L emploi des intrants est limité surtout par les prix excessifs (42% des réponses). 3.3 DIAGNOSTIC ET MICROSTRATEGIE DES PRODUCTEURS Il ressort des chapitres précédents que les producteurs du Centre Ouest (modèles 9 et 10) disposent d un ensemble de conditions favorables [fertilité des sols, surface disponible par exploitant, degré de maîtrise de l eau, diversification des revenus] ; aucun des modèles d exploitation n apparaît dans la catégorie précarisée des micro-producteurs en stratégie de subsistance. Néanmoins, les contraintes sont multiples et plus fréquentes qu ailleurs en matière de crédit et d accès aux intrants ; le potentiel d extension des exploitations est limité en riz aquatique vu le degré d occupation des bas fonds, tandis que les surfaces en riz pluvial ne génèrent que des rendements assez médiocres. Un élément majeur ressort de l analyse technique ; les rendements sont Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 30 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
généralement assez bas dans l ensemble des systèmes de culture (techniques inadéquates, emploi limité d intrant, encadrement insuffisant ). Ainsi on a des contrastes en matière de technologie des producteurs de Mandoto. Autour de Betafo, on note un niveau technique assez élevé et une réceptivité notable aux innovations techniques sans que l utilisation des intrants modernes n ait beaucoup progressé. A L ouest de Betafo, peu de producteurs ont un niveau technique comparable, la plupart n ont jamais rencontré de vulgarisateur. L insécurité rurale et le vol de bœufs (notamment à Ambalanirana dans la sous région de Tsiroanomandidy) s est traduit par un phénomène d exode rural délaissant les lieux de production éloignés (réduction des surfaces) tout en affectant la conduite du riz suite à la diminution de la quantité de fumier produit (réduction du cheptel bovin par les vols de bœufs). L invasion acridienne a aussi contribué à la régression des superficies emblavées notamment en riziculture pluviale ( déjà en régression les années précédentes suite aux dégâts causés par le striga ) dans le Moyen Ouest Enfin la peste porcine africaine PPA et la quasi-disparition de l élevage porcin ont affecté les sources de liquidité des ménages générant une forte tendance à la vente du paddy ou du riz qui devenait souvent la seule source de liquidité pour les paysans Dans le quadrilatère stratégique de Tuléar- Morombe- Morondava- Miandrivazo- Bezaha couvrant les fivondronana du même nom (modèles d exploitation 7 et 8), la stratégie paysanne est dominée par la spéculation sur la vente de riz. Profitant d une grande disponibilité en terre (terres vierges), d un degré de fertilité satisfaisant (terre alluviale), cette région souffre de l infrastructure routière très dégradée, d un équipement très limité, de l insécurité rurale, et d un manque de main d œuvre (densité faible de population). C est une zone d immigration bénéficiant de l arrivée et de l installation d un flux de producteurs provenant des régions du Sud-Est et des Hauts Plateaux il reste ainsi un redoutable potentiel de croissance sur l ensemble de la région Centre Ouest avec deux pôles de croissance : le pôle régional de Tuléar- Morombe-Morondava-Miandrivazo- Bezaha le riz pluvial du Moyen Ouest Cette région structurellement excédentaire se place déjà comme second fournisseur du marché interrégional et pourrait à terme concurrencer le Lac Alaotra si on y améliore les conditions de production. Ceci est confirmé par la multiplication des visites de collecteurs étrangers à la région cherchant des alternatives d approvisionnements vu les disponibilités limitées sur le Lac Alaotra. Il ressort par ailleurs dans les résultats au niveau national que le décylle des 10% de riziculteurs les plus riches en termes de revenus (revenu de toutes origines) est dominé par 3 régions : 26% des producteurs sont du Centre Ouest, 33% des producteurs du lac Alaotra et 32% des Hauts Plateaux. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 31 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
4 CARACTERISTIQUES DE LA SOUS-FILIERE REGIONALE 4.1 PRINCIPAUX AGENTS ET OPERATEURS DANS LA SOUS FILIERE REGIONALE La sous-filière régionale est présentée en termes de stades de filière de fonctions et d agents identifiés dans le tableau de synthèse suivant : Stade Fonctions Type d agent (hors filière en italique) Amont Vente d intrants Vendeurs d intrants, FITAFA, Hoescht, SACOA, Nombre estimé d agents Entretien des infrastructures PDMO recherche- Vulgarisation, devt CIRAGRI, PDMO, FOFIFA PNVA, Crédit BTM, FERT, URCECAM Production Production Stockage Producteurs (mod 7) simple 72 500 riziculture aquatique Producteurs (mod 8) double 30400 riziculture aquatique Producteurs (mod 9) simple 104 600 riziculture aquatique+ riz pluvial Producteurs (mod 10) double riziculture aquatique +simple 59 242 aquat. + riz pluvial Collecte Achat-transport paddy Collecteurs semi-grossistes 427 Transformation Décorticage surtout en prestation Décortiqueries 625 Commercialisation Décorticage- polissagestockage, Ventes de riz et sous produits Gros Semi-gros Détail Importation de riz Rizeries Grossistes Collecteurs semi-grossistes Détaillants Importateurs 1 11 427 2247? Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 32 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
4.2 PRESENTATION DU GRAPHE DE LA SOUS-FILIERE RIZ DU CENTRE OUEST AMONT (hors filière): Fourniture en intrants Entretien hydraulique -vulgarisation Crédit Vendeurs d intrants, PDMO FERT, URCECAM FITAFA, Hoescht, SACOA FERT-FOFIFA BTM PRODUCTION Producteurs mod.7 60600 producteurs paddy : 83700 tonnes Producteurs mod.8 15400 producteurs paddy :45000 tonnes Producteurs mod.9 15400 producteurs paddy :163700 t Producteurs mod.10 15400 producteurs paddy: 152867 tonnes Disponible : 426 500 tonnes de paddy Redevances métayage: 6 000 tonnes Dons : 9 300 tonnes Autoconsommé :252 500 tonnes TRANSFORMATION Pilonnage Femmes 135200 tonnes transf. Décortiqueries 625 opérateurs Transformé 305 300 T Collecteurs semi-grossistes 427 agents Ventes : 105 500 tonnes paddy 33 800 tonnes de riz paddy. 26600T 17800 T paddy 61000 T paddy 31900T riz 8000 T 22 200 T riz de paddy Rizeries 1 opérateur 4600 T riz 40900T transf. Grossistes 11 opérateurs? Marché inter-régional 52 500 tonnes riz Riz importé 13400 T 27400T riz 2600T riz 20 900 T de riz 1141 T riz Détaillants 13400 T riz importé 3350 agents vol.vente :63000 tonnes Consommateurs : vol. achats 26-27000 tonnes Légende : Prestation de transformation Ventes amont et ventes en gros de riz ou de paddy Ventes aval (détaillants, consommateurs) de riz Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 33 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
4.3 LA PRODUCTION ET LES PRESTATAIRES EN AMONT 4.3.1 Ventes d intrants agricoles Outre les vétérinaires privés rencontrés un peu partout, qui dans la majorité des cas, représentent la Société commerciale Hoechst (actuellement Interkem) et qui sont spécialisés en produits vétérinaires, on trouve aussi des commerçants ambulants dans le centre Ouest. C est néanmoins les fédérations des organisations paysannes encadrées par FERT/FIFATA ou PSO (partie sud du Centre Ouest) ainsi que dans une moindre mesure les organisations confessionnelles comme FAFAFI, FOFAFA et SAF/FJKM qui dominent la vente des intrants au niveau régional. Selon les sous régions, leur présence spatiale diffère beaucoup. Présents en effet même au niveau communal dans les communes du Nord du Centre Ouest et du Moyen Ouest (Tsiroanomandimdy), elles ne se rencontrent plus dans les chefs lieux de sous-préfecture dans certaines zones. Les succursale des grandes sociétés commerciales importatrices d intrants comme SACOA ne sont présentes que dans les grands centres urbains ; elles assurent alors l approvisionnement des vendeurs d intrants éparpillés en milieu rural tout en étant approvisionnées par leur siège de Tana. On assiste ainsi à un réseau de distribution en cascade (siège- succursalesvendeurs d intrants) qui génère des frais d approche non négligeables. Compte tenu de la faiblesse de la demande suite au maintien de prix à un niveau dissuasif suite notamment à une politique indéfendable d application de taxes inopinées sur les intrants agricoles (TVA), les intrants agricoles se vendent mal et les volumes en vente insuffisants pour justifier un élargissement du réseau, limitent les possibilités de structurer la filière. Le vendeurs ne constituent pas de stock. Le taux de vente ne s améliore que dans les zones où la pratique des cultures de contre saison est courante, traduisant une stratégie d utilisation des fertilisants (NPK, urée) plus orientée vers les cultures autres que le riz qui sont plus rémunératrices (effet sur le rendement du riz dans les successions culturales contre saison-riz). 4.3.2 Crédit rural Deux types d institutions financières sont présentes : Les Mutuelles d Epargne et crédit promues soit par l URCECAM (Unité Régionale de Caisses d Epargne et de Crédit agricole Mutuel) soit par le CIDR qui allouent du crédit aux membres des groupements FERT/FIFATA dans différentes zones et PSO (sud du Centre Ouest). La BTM (tributaire de l ACCS association de crédit à caution populaire) par le biais de projets comme PDMO dans le Moyen Ouest ou le PNVA Les Mutuelles disposent d une certaine souplesse d intervention et privilégient une responsabilité individuelle, tandis que le principe de caution de BTM semble décourager les groupements en pénalisant l ensemble des membres en cas de non paiement. En outre la BTM est peu active avec un taux d intérêt de 36% et une lourdeur de procédures d octroi et de déblocage du crédit décourageant les promoteurs paysans. Les Mutuelles malgré leurs services multiples restent également chères aux yeux des producteurs (2,5% par mois). Ainsi le système formel de crédit rural existant demeure contraignant et peu efficace en termes d impact car il reste employé par une minorité de producteurs. La capacité financière limitée des IF ainsi que l impossibilité d y accéder pour certains d entre eux amènent souvent les producteurs à solliciter des usuriers. Ces derniers demeurent ainsi tributaires de ces usuriers qui les épargnent de longues formalités administratives tout en les chargeant au maximum. Ceci est déplorable car ces prêts à usure concourent à maintenir un endettement perpétuel et une situation de dépendance (paiement en nature). Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 34 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Quant à la commercialisation du paddy, on a à faire à deux cas de figure. Dans le premier cas, le producteur amène directement le paddy à un transformateur désireux d acheter pour transformer. Le prix se fait suivant le cours. Il n existe aucun contrat entre les deux parties. Dans le deuxième cas, les achats de paddy sont effectués par des collecteurs souvent indépendants. Les transactions se font selon le libre cours du marché et s effectuent soit au village soit dans les lieux où sont implantés les sous/collecteurs. Généralement ce sont les paysans qui viennent apporter leur paddy mais souvent ils ne peuvent opérer un arbitrage en raison de l absence de moyen de transport. 4.3.3 Encadrement agricole On constate les interventions géographiquement limitées de plusieurs projets ou opérations notamment sur Tsiroanomandidy, Morondava alors que d autres zones telles que les plaines Côtières sont peu couvertes. Le PNVA est la seule structure disposant d un réseau de couverture élargi bien qu il se limite aux zones accessibles. Or l une des caractéristiques du Centre Ouest, c est l enclavement surprenant des poches de production à fort potentiel. Le PNVA par ses interventions au niveau de groupes de contact n a pas répondu aux attentes ; son ciblage étroit laisse une majorité de producteurs hors du champ d intervention alors que la propagation par diffusion latérale reste virtuelle. En outre les thèmes de vulgarisation n ont pas été adaptés aux conditions locales et restent limités à quelques sujets (SRI, jeunes plants). Dans ces conditions de couverture de la vulgarisation, le degré d appropriation des innovations techniques reste au plus bas. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 35 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
4.4 LA COMMERCIALISATION ET LA TRANSFORMATION REGIONALE 4.4.1 Analyse régionale des flux de paddy et de riz Comme c est illustré dans le graphe de la filière présenté en 4.2, on est loin d une filière verticalisée avec des relations duales en escaliers entre les différents niveaux d agents. Il apparaît au contraire une multiplication des échanges tous azimuts entre les agents qui traduit une forte dynamique des opérateurs pour diversifier leurs activités et récupérer des portions de marché. En d autres termes, on se trouve sur un marché de forte concurrence entre les opérateurs ; les capacités de transformation dépassent largement les volumes à transformer, et le volume de demande se heurte aux limites de l offre. Sur les bases de l enquête producteurs FAO UPDR et des données statistiques du dénombrement EAB 99 (SSA, DPEE Minagri, INSTAT), le volume total de paddy disponible au niveau des producteurs est de 426 500 tonnes, après pertes et réserves de semences. Le volume commercialisé par les producteurs correspond à l équivalent paddy de 158 200 Tonnes comprenant 105 500 tonnes de paddy et 33 800 tonnes de riz. Sur ce volume mobilisé par les collecteurs, une partie du paddy sera transformé auprès des décortiqueries (26 600 tonnes), les collecteurs remettant sur le marché un volume de 78 800 tonnes de paddy et de 50 800 tonnes de riz. On notera que les flux de commercialisation sont contraints par les limites du réseau routier de la région. Deux agglomérations disposant d un position géographique favorable constituent des pôles de concentration d opérateurs aval ; il s agit : au sud de Ihosy située sur un noeud routier de plusieurs routes stratégiques pour l approvisionnement du Sud ouest, du Sud-Est (RN7, RN13, RN27) voir de l Est au Nord, de Tsiroanomandidy, chef lieu d un fivondronana gros producteur en paddy et marché de bétail qui dispose d un axe direct d accès sur la capitale avec la RN1 (218 km) L évacuation et le transport maritime sont aussi très employés pour assurer les déplacements de riz vers le Sud ou le Nord, le long de la Côte Ouest. A ce titre il existe un volume de riz non négligeable qui transite par les ports de Morondava, Morombe voire Maintirano remontant vers le Nord déficitaire (Nosy Be et Diégo) ou descendant vers Tuléar. Ce commerce a ainsi contribué à renforcer le rôle de pôle de commercialisation de Tuléar et Morondava (grossistes, transformateurs). Les Grossistes achètent aux collecteurs 61 000 tonnes de paddy qu ils transforment auprès des décortiqueries ainsi que 22 200 tonnes de riz. Ils achètent par ailleurs aux transformateurs 10 300 tonnes de riz. Avec un disponible de 73 400 tonnes de riz local, ils vendent 20 900 tonnes de riz aux détaillants locaux et transfèrent 53 500 tonnes de riz sur le marché inter-régional par transfert routier (Hauts plateaux, Côte est) ou maritime (direction Nord et Sud) en relation contractuelle avec des grossistes des régions déficitaires.. En outre ils assurent l acheminement de 13 400 tonnes de riz importé correspondant à une partie de la demande des détaillants locaux du centre Ouest. Les détaillants s approvisionnent en riz auprès des collecteurs (27400 T de riz), des transformateurs (1100 T) et des grossistes (20900 T de riz local, 13 400 tonnes de riz importé) ; ils vendent ainsi près de 63 000 tonnes aux consommateurs. Le marché du détail est aussi directement alimenté par 1200 tonnes provenant des collecteurs. Le volume de détail serait vendu à hauteur de 9800 tonnes aux ménages riziculteurs en soudure, pour 2300 tonnes aux autres ruraux et pour près de 50 000 tonnes aux ménages urbains et semi-urbains de la région (Tuléar, Morondava, Morombe ). 4.4.2 Fonctionnement des agents assurant la collecte et la commercialisation amont Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 36 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
a) Les collecteurs semi-grossistes L agent collecteur ne présente pas des caractéristiques uniformes étant donné l ensemble varié d opérateurs agissant comme collecteurs. Selon l enquête de 99 (enquête FAO-UPDR filière riz auprès des collecteurs), il peut ainsi s agir d un collecteur paysan, d un collecteur détaillant ou d un collecteur semi-grossiste. On note aussi la multiplication des visites de collecteurs étrangers à la région cherchant des alternatives d approvisionnement vu les disponibilités limitées dans les autres régions. Selon les zones, on distingue différents types de collecteurs. Dans les sous-régions fortement productrices, on distingue des collecteurs locaux, des collecteurs commissionnaires et des collecteurs indépendants. Ils prospectent généralement dans les zones productrices aux alentours de leur lieu de résidence. Dans les régions de potentialités marginales, il n existe que des collecteurs locaux et des collecteurs indépendants dont les zones d action peuvent s étaler très loin de leur lieu de résidence. Les collecteurs locaux et les commissionnaires travaillent souvent pour des transformateurs ou pour des collecteurs indépendants Dans le Centre Ouest, le profil dominant correspond à un collecteur indépendant exerçant souvent simultanément des fonctions de semi-grossiste voir de grossiste local. Ces collecteurs indépendants assurent un rôle important comme intermédiaires locaux jouant sur plusieurs tableaux : Vente de paddy aux transformateurs (riziers, décortiqueries) et grossistes Transformation du paddy en riz auprès d une décortiquerie puis vente de riz aux grossistes ou aux détaillants Le collecteur indépendant va au devant des paysans pour acheter le paddy. Les prix se négocient selon le cours défini entre les deux opérateurs, selon un contrat. Généralement, les commissions sont plus intéressantes puisque le collecteur indépendant dispose d un moyen d arbitrage. Il peut également acheter de par ses propres moyens (souvent des crédits) et revendre quand le cours est meilleur. A ce moment là, il n y a pas de contrat entre les deux parties. Parmi ces collecteurs indépendants, on a identifié les tirs au vol qui passent et enlèvent le paddy, souvent à des prix attractifs. Il n existe aucun contrat et les transactions se font souvent en bord de route ou au village. Le volume moyen traité par collecteur est estimé à près de 246 tonnes de paddy et 79 tonnes de riz sur le Centre Ouest. Sur la base des volumes commercialisés, les collecteurs sont estimés à près de 400-450 opérateurs sur l ensemble de la région. L enquête a permis de définir une clé de répartition des ventes ou livraisons des collecteurs auprès des transformateurs (23%) et des grossistes (77%). La relation collecteur-grossiste semble ainsi plus forte dans le centre-ouest que dans d autres régions comme le Lac Alaotra où les transformateurs dominent davantage la filière aval. b) Profil micro-économique du Collecteur semi-grossiste Sur bases des volumes d achat et de ventes et du coût de transformation, le collecteur semigrossiste du Centre Ouest est un opérateur d une certaine taille qui disposerait d une marge commerciale brute de 66 millions de fmg/an. Collecteur-semi-grossiste local Tonnes Prix unit. (fmg) Achats/ventes (000 fmg) Quan. Moy.annuelle paddy collectée (T) 246,7 862-212 613 Quan moy de riz collectée 79,0 1 348-106 480 Quan moy de paddy vendue 184,4 880 162 272 Quan. de paddy transformée localement 62,3 65-4 052 Quan moy de riz vendue 118,9 1 914 227 616 Marge commerciale brute 66 742 Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 37 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Avec un investissement estimé à 37 millions, employant 12 personnes (MO temporaire et salariés), il dépense annuellement 11,5 millions en salaires,, 3,4 millions en ristourne, 8,7 millions fmg en carburant, 3 millions en réparations, 1 million de fmg en assurances ainsi que 1,6 million en autres frais (sacs et fils, achats divers, réparation ). Dans le centre Ouest, la collecte du riz est son activité principale et ses coûts y sont affectés à 100%. Avec 67% des charges affectés au transport, il pourrait mériter l appellation de collecteur-transporteur. Son RBE moyen est 36 millions de fmg par an COMPTE DE PRODUCTION-EXPLOITATION COLLECTEUR SEMI-GROS CENTRE OUEST TOTAL CI 342 094 077 TOTAL PRODUITS 389 887 765 VALEUR AJOUTEE M-O salariée 11 578 000 Frais financiers 30 700 Impôt et Taxes 249 972 RBE collecteurs semi-gros 35 935 016 dont Amortissements 2 473 333 TOTAL VA 47 793 688 TOTAL CHARGES 389 887 765 TOTAL PRODUITS 389 887 765 4.4.3 Décortiqueurs, rizeries et pilonnage a) Evolution de l activité de transformation On notera que le pilonnage est encore employé pour 135 200 tonnes de paddy au niveau des producteurs, Avec un rendement estimé de 70% dans le centre ouest, il représente une activité appréciée malgré des coûts plus importants (Coût/kg de 90 fmg) s il est fait hors du ménage. En termes économique, le coût global de cette transformation représente 12,3 milliards fmg. Les décortiqueries estimées entre 600 et 650 pullulent sur l ensemble du Centre Ouest comme dans les autres régions. D une manière générale elles assurent des prestations de service aux utilisateurs (producteur, collecteur, grossiste) qui assurent ainsi l essentiel de l approvisionnement en paddy. La mission d investigation a noté que la multiplication impressionnante des petites et moyennes unités de transformation a contribué à la fermeture de certaines rizeries (Moyen Ouest et sud ). En plus du travail de prestation, les décortiqueurs revendent en riz le paddy qu ils ont acheté. Ces ventes sont destinées aux grossistes et aux détaillants. b) Profil micro-économique de l opérateur décortiqueur Avec un rendement moyen de 64%, les décortiqueries du Centre Ouest traitent un volume annuel de 428 T/ unité. Chaque opérateur dispose d un capital d investissement estimé à 27,5 millions de fmg. Le nombre moyen d heures d utilisation/ jour est estimé à 5,3 H/jour (ensemble du pays). Avec 3,6 employés par opérateur, l activité génère un RBE/ décortiqueur de 20,3 millions Fmg/an. Selon l enquête réalisé auprès des décortiqueries, les charges de fonctionnement par unité comprennent par ordre décroissant les frais de carburant-électricité ( 8,1 mill. Fmg), les salaires (4,4 millions fmg), le transport (2,1 m. fmg), l entretien (1,9 m. fmg), les impôts et taxes ( 565 000 fmg) COMPTE DE PRODUCTION-EXPLOITANT /AGENT Décortiquerie CENTRE OUEST (000 fmg) (000 fmg) TOTAL CI 26 686 TOTAL PRODUITS 51 969 VALEUR AJOUTEE M-O salariée 4 337 Frais financiers 61 Impôt et Taxes 565 RBE decort. 20 320 dont Amortissements 2 749 TOTAL VA 25 283 TOTAL CHARGES 51 969 TOTAL PRODUITS 51 969 Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 38 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
La Valeur ajoutée est ainsi de 49-50% du produit brut avec un RBE de près de 39%. c) Profil micro-économique de la rizerie Il n y a qu une rizerie dans le Centre Ouest. En l absence de données le profil de la rizerie est affecté des coefficients et coûts moyens obtenus sur l enquête auprès des rizeiries. Le volume traité est estimé entre 6 et 10000 tonnes de paddy transformé par an. Sa capacité de stockage permet de maximiser les profits tirés de l évolution du prix saisonnier. Les coûts de fonctionnement et d amortissement de la rizerie (appui producteurs, collecte, transformation,, stockage ) ramenés à la tonne transformé s élèvent à près de 223 700 fmg /tonne (Salaires 30181 fmg /t; engrais- phytos 5 613 fmg/t, intrants- sacherie 6 527 fmg/t, carburantsélectricité; 34 979 fmg/t, entretien 20 268 fmg/t, transport; 28 871 fmg/t, TFSE 25 071 fmg/t, Frais financiers 22 940 fmg/t). COMPTE AGREGE DE PRODUCTION-EXPLOITATION RIZERIE Centre Ouest CHARGES (Millions FMG) PRODUITS (Millions FMG) TOTAL CI 8 011 TOTAL PRODUITS 10 016 VALEUR AJOUTEE M-O salariée 241 Frais financiers 184 Impôt et Taxes 137 RBE rizerie 1 444 dont Amortissements 258 TOTAL VA 2 006 TOTAL CHARGES 10 016 TOTAL PRODUITS 10 016 Le compte de production exploitation indiquerait une VA de 20% et un RBE par rizerie de 1,44 milliard de fmg, soit un RNE de 1,19 milliard de fmg (12% du produit) Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 39 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
4.4.4 Equilibre offre demande : Grossistes et détaillants a) Fonctionnement et profil micro-économique du grossiste Dans cette région à caractère excédentaire, le grossiste est multi-fonctionnel et il couvre un ensemble de fonctions : Achat de paddy aux collecteurs (46% achats) qu il transforme généralement auprès des décortiqueurs locaux Achat de riz aux collecteurs semi-grossistes (37% des achats) Achat de riz au rizeries, décortiqueries (17% des achats ) Vente locale aux détaillants locaux (25% ventes) Evacuation, transport puis ventes extra-régionales de riz (59% des ventes dans cette région excédentaire) Ventes de riz importé (16%) Grossiste régional prix/kg Millions Achat de paddy 880-4 948 Transformé chez le transf 65-365 Achats de riz au Collecteurs semi-gross. 1 914-3 924 Achat de riz au transfo. 1 914-1 812 Achat de riz importé 1 900-2349 Vente locale aux détaillants locaux 2 050 3 952 Ventes extra-régionales 1 900 9 189 Vente de riz importé 2 050 2 534 Marge commerciale brute 2 277 On estime le nombre de grossistes régionaux sur la filière régionale dans une fourchette de 8 à14 opérateurs. Sur base des volumes d achat et de ventes et des prix moyens indiqués par les agents, il ressort une marge commerciale brute entre 1,8 et 3 milliard de Fmg par grossiste (moyenne de 2,3 milliards fmg) (14,5%). Le RBE serait de 1,3 milliard fmg donnant un revenu net d exploitation de 267 millions de fmg. COMPTE DE PRODUCTION EXPLOITATION PAR GROSSISTE Centre Ouest CHARGES (Millions FMG) PRODUITS (Millions FMG) TOTAL CI 13 969 TOTAL PRODUITS 15 675 VALEUR AJOUTEE M-O salariée 382 Frais financiers 1 Impôt et Taxes 8 RBE Grossiste 1 314 dont Amortissements 1 044 TOTAL VA 1 706 TOTAL CHARGES 15 675 TOTAL PRODUITS 15 675 Le volume de ventes total des grossistes dans la région du Centre Ouest de 87000 tonnes de riz est assuré par un bonne dizaine de grossistes, correspondant donc à un volume par grossiste de l ordre de 8 000 Tonnes. Le Coût par tonne de riz vendue 15 est estimé grossièrement à entre 120 et 140 000 fmg. Il se répartit sur les consommations suivantes :salaires annuels 47000 fmg, impôt et taxes 1000 fmg, transport 49 400, TFSE 22 000, amortissements 10 000 15 L enquête réalisée a fourni les conditions d approvisionnement en amont et les conditions de vente en aval des grossistes, néanmoins l information disponible sur les charges des grossistes est restée limitée. On a ainsi mis à profit les coûts par opérateur obtenus des interviews auprès des collecteurs semi-grossistes (coûts par tonne) auquels on a appliqué une Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 40 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
b) Fonctionnement et profil micro-économique du détaillant Selon l enquête détaillants, sur le Centre Ouest, chaque détaillant commercialise en moyenne 28,5 tonnes de riz par an c est à dire environ 95 kg de ventes par jour. (300 jours de travail par an). Il s agit à 80% de riz local et à hauteur de 20% de riz importé. Ils vendent les deux tiers du riz import aux troisième et quatrième trimestres (66%). Le volume trimestriel de ventes totales en riz est assez stable variant entre 23% et 27% du volume national selon les trimestres.. Disposant d un volume de ventes de riz un peu supérieur à la moyenne nationale des détaillants, ces détaillants du Centre Ouest avec un RBE moyen de 2,8 million fmg/ an ne vivent pas que sur cette activité. Ces détaillants estimés à 2250 commercialisent annuellement un volume de plus de 64 000 tonnes de riz sur l ensemble de la région. La répartition de l approvisionnement des détaillants est dominé à 79-81% avec du riz local ordinaire, 1% de riz de luxe et 19-20% de riz d import ordinaire. Approvisionnement et ventes par détaillant (quantités, prix moyens) Vol.annuel/ % répart. Prix achat Coûts Prix de Produits detaill. annuels vente (kg) (fmg/kg) (000 fmg) (fmg/kg) (000 fmg) import ordinaire 5 567 19,8% 2 050 11 412 2 449 13 635 local ordinaire 22 273 79,2% 1 972 43 914 2 050 45 660 local luxe 261,00 1% 1 972 515 2 050 535 Total riz 28 101 1 987 55 841 2 129 59 829 source: enquête détaillants, 332 quest., UPDR-FAO sept 99 Le tableau précédent donne une Marge brute de commercialisation de 3,98 millions fmg par détaillant (7%). La capacité de stockage par détaillant est de 1530 kg. L investissement moyen par détaillant est réduit à 230000 fmg (magasin, balance, ) ; on dispose là d un profil de microdétaillants. COMPTE DE PRODUCTION -EXPLOITATION Détaillant LAC ALAOTRA CHARGES (FMG) PRODUITS (FMG) TOTAL CI 56 569 762 TOTAL PRODUITS 59 829 211 VALEUR AJOUTEE M-O salariée 150 500 Frais financiers 13 500 Autres 157 500 Impôt et Taxes 98 500 RBE détaillants 2 839 449 dont Amortissements 12 086 TOTAL VA 3 259 449 TOTAL CHARGES 59 829 211 TOTAL PRODUITS 59 829 211 Les coûts principaux du détaillant; viennent des transports (718 000 fmg) puis des salaires, des loyers, de l électricité et des autres charges tous situés autour de 300 à 340 000 fmg... Etant donné l activité multiple des détaillants qui ne vcendent pas que du riz, une partie seulement de ses charges est affectée à la filière riz (50% des coûts de fonctionnement du détaillant). Ainsi le détaillant réalise un RBE moyen de 2,8 millions de fmg par an sur l activité riz auquel s ajoutent le produit de ses autres ventes. majoration dans les zones excédentaires où le grossiste dépense plus pour rassembler, stocker et dispatcher voire transporter les excédents que dans les régions déficitaires où il se contente d un réceptionnement et d un stockage Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 41 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
57% des détaillants déclarent accorder des crédits aux acheteurs, essentiellement sur uin critère de confiance et de régularité. C est le plus fort taux constaté par rapport aux autres régions. Ceci sous-tend une forte dépendance des acheteurs vis à vis des détaillants suite à une faible monétarisation. Néanmoins ces crédits par ménage sont en moyenne de 21000 fmg par ménage, soit un montant plus bas que dans les autres régions, la moyenne nationale de crédit aux acheteurs étant de 54 000 fmg. Les principales contraintes pour les détaillants locaux sont le fonds de roulement insuffisant (74%), l insuffisance de l offre (31%) et l état des routes. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 42 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
4.5 L AVAL : LA DEMANDE REGIONALE EN RIZ (CONSOMMATEURS) a) Consommateurs ruraux La consommation moyenne en riz par tête dans la région Centre Ouest traduit une forte homogénéité des consommateurs ruraux autour de 398 grammes/jour (145 kg/ tête / an). Au niveau national, les consommations quotidiennes moyennes varient entre 326 grammes par tête dans l Est et 398 grammes/ tête dans le Centre Ouest. On notera des résultats très proches de consommation pour les trois régions du Lac Alaotra, du Centre Ouest et du Nord Ouest. Les indices de consommation par trimestre traduisent des variations saisonnières exceptionnelles pour le Centre Ouest où la consommation varie de 429 g/jour le 1 er trimestre à 379 g le 4 ème trimestre (différentiel de 12%). Dans les autres régions, ces variations sont plus limités avec une différence 3-6% entre minimum et maximum. Ces 429 grammes par jour enregistrés sur le 1 er trimestre dans le Centre ouest constituent le maximum de consommation moyenne toutes régions confondues. Tableau : Poids relatif des produits de base dans la consommation des ménages ruraux Volumes quotidiens consommés par ménage Nord Nord Ouest Centre Ouest Hauts plateaux Est Lac Alaotra Kg Kg Kg Kg Kg Kg Riz kg 2,31 2,74 2,61 2,26 2,10 2,95 % 80% 79% 62% 67% 65% 90% maïs kg 0,27 0,22 0,45 0,26 0,04 0,09 % 9% 6% 11% 8% 1% 3% Manioc kg 0,31 0,50 1,13 0,87 1,10 0,24 % 11% 15% 27% 26% 34% 7% Total 2,89 3,47 4,20 3,39 3,265 3,29 On constate sur le Centre Ouest une dépendance plus limitée vis à vis du riz avec 62% du volume quotidien de produits de base. Ceci provient d une disponibilité en maïs près de deux fois supérieure aux autres régions ainsi que d un volume de manioc important dans la consommation quotidienne des ménages. Le profil de répartition entre aliments est assez proche de celui des Hauts Plateaux. Le volume de produits de base par jour de la région Centre Ouest est le plus élevé (21% supérieur à la région placée en seconde position), traduisant à priori une situation confortable en termes de sécurité alimentaire des ménages. Le groupe des régions Nord, Nord Ouest et du Lac Alaotra se caractérise par 79-90% de volume de riz dans la consommation de produits de base, contre 62-67% dans les autres régions. b) Consommateurs urbains Pour la population de consommateurs urbains estimés à 440 000 habitants en 1999, on a employé le niveau de consommation moyen obtenu dans l enquête FAO UPDR sur les consommateurs urbains, soit 113,5 kg de riz par personne et par an (311 grammes de riz par jour). On a ainsi obtenu un volume de consommation de près de 50 000 tonnes. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 43 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
4.6 ANALYSE FINANCIERE ET ECONOMIQUE, REPARTITION DE LA VALEUR AJOUTEE 4.6.1 Analyse financière a) Comparaison des comptes par type d agent Le calcul du ratio de la valeur ajoutée financière sur le produit brut et de la part de RBE dans la VA montre comment se structurent les résultats financiers par type d agents. On notera une VA limitée au niveau des détaillants dont le RBE ne dépasse pas 4,5% de leurs produits bruts. Les grossistes et les collecteurs semi-grossisets sont dans une situation comparable. Ces RBE limitées en pourcentage sont contrebalancés par les volumes importants traités par ces agents. Ainsi les collecteurs réalisent un RBE par agent de 36 millions fmg. Les grossistes disposent d un RBE par agent de 1,1-1,5 milliard de fmg (RBE moyen de 1,3 milliard et RNE de 267 millions fmg : voir 4.4). Avec un RBE représentant grossièrement 31% du Produit Brut les exploitants rizicoles présentent a priori une structure de compte d exploitation performante. Néanmoins pour remettre ces résultats en perspective, il faut revenir aux valeurs absolues des revenus monétaires par agent distinguant : ceux en stratégie d auto-conommation avec des RBE de 70 000 fmg (expl. 7) et de -26 000 fmg/an (expl.9) et ceux en stratégie de commercialisation de riz avec des RBE de 525 000 fmg /an (expl.8) et de 420 000 Fmg /an (expl.10). En valorisant l autoconsommation, les revenus en riz des producteurs en stratégie de commercialisation varient de 845 000 fmg à 1,4 millions de fmg soit l équivalent de salaires mensuels de 70 000 fmg à 117 000 fmg. Ainsi dans le Centre Ouest région excédentaire pour la filière riz, les exploitants rizicoles spécialisés réalisent sur le riz des revenus situés entre 45 et 78% du SMIG malgache ANALYSE FINANCIERE Comparaison des comptes Ratio Ratio millions fmg Produit brut VA RBE VA/Prod. Brut RBE/VA Producteurs 137 823 82 406 43 159 60% 52% Collecteurs 166 662 20 430 15 361 12% 75% Grossistes 168 198 18 432 14 232 11% 77% Transformateurs 42 497 17 808 14 144 42% 79% Détaillants 134 465 7 326 6 382 5% 87% Suite à la prépondérance de petites unités, les transformateurs semblent disposer d une situation plus favorable que les autres opérateurs aval, avec un RBE qui monte respectivement à 33% du produit brut. b) Répartition de la Valeur ajoutée monétaire Répartition de la Valeur Ajoutée généré par type d agent (millions fmg) VA totale % VA producteurs 82 406 56,3% VA Collecteurs 20 430 14,0% VA Grossistes 18 432 12,6% VA Transformateurs 17 808 12,2% VA détaillants 7 326 5,0% VA totale 146 402 100,0% Malgré les disparités micro-économiques de RBE par agent, l effet de masse lié au nombre d exploitants rizicoles (98,7% des agents économiques impliqués dans la filière régionale) leur permet de récupérer 56% de la VA au niveau des producteurs. Leurs gains effectifs en RBE s élèvent à 30% Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 44 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
de la Valeur ajoutée financière de la filière régionale (tableau ci-dessous). On notera la poids important des collecteurs et grossistes qui récupèrent 26% de la valeur ajoutée en gérant la contrainte d extraction du riz hors des zones enclavées puis d éloignement (transport). Les transformateurs récupèrent 12% de la valeur ajoutée. Le reste (18%) est récupéré par les détaillants (5%). Il apparaît nettement dans ce partage de VA l effet négatif d un réseau d infrastructures routières très insuffisant 4.6.2 Répartition des gains monétaires entre agents et autres intervenants Répartition des gains monétaires entre agents et autres intervenants (millions fmg) Valeur % Salaires et travail 51 588 35,2% Rev. Foncier (Red) - 0,0% Frais financiers 276 0,2% Impôts et Taxes 906 0,6% RBE producteurs 43 159 29,5% RBE Collecteurs semi-grossistes 15 361 10,5% RBE transfo 14 144 9,7% RBE Grossistes 14 232 9,7% RBE Détaillants 6 382 4,4% Total VA 146 402 100,0% Ce tableau illustre la fonction distributrice de revenus de la filière riz avec plus de 69% des revenus monétaires distribués à des «micro-opérateurs» que sont à la fois les producteurs exploitants, les salariés et les détaillants, tandis que 30% de la VA est partagée entre transformateurs, grossistes et collecteurs. Enfin les banques et l Etat récupèrent 1% de la VA. On notera qu avec un volume de travail de plus de 38 millions d hommes jour, la composante production représente plus de 152 000 emplois permanents sur la région du Centre Ouest (102 000 équivalent-emplois 16 en MO familiale et 50 500 emplois en MO salariée). Le travail salarié en aval (hors production) correspond à l équivalent de 14900 emplois avec volume salarial de 12,3 milliards de fmg et un salaire annuel moyen de 920 000 fmg (estimé à partir des salaires distribués par les collecteurs). Ainsi la filière riz assure selon ces chiffres l équivalent de 167 000 emplois sur la seule région du Centre Ouest. 4.6.3 Analyse économique avec des prix de marché Dans le cadre de l analyse économique, on ne s arrête pas strictement aux biens monétarisés ; on prend aussi en compte les échanges de services réalisés en nature (redevances, métayage, dons) et les consommations non monétarisées qui représentent une valeur économique significative comme l autoconsommation en riz. VA totale % (millions fmg) VA producteurs 234 970 78,6% VA Collecteurs 20 430 6,8% VA Grossistes 18 432 6,2% VA Transformateurs 17 808 6,0% VA détaillants 7 326 2,5% VA totale 298 966 100,0% 16 Un équivalent emploi correspond à un homme-année, soit 250 homme-jours de travail = 1 emploi permanent. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 45 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
La Valeur ajoutée économique agrégée de la région du Centre Ouest est de 299 milliards de fmg, représentant deux fois plus qu en analyse financière. Elle correspond à 13% de la VA agrégée au niveau national en termes économiques. Elle est concentrée à 79% au niveau de la production. L aval de la production ne représente ainsi que 21% de la VA. Répartition de la valeur ajoutée (analyse économique à prix de marché) Non valorisation du travail familial Valorisation du travail familial (millions fmg) % (millions fmg) % Salaires et travail 59 594 19,9% 156 290 52,3% Rev. Foncier (Redevances) 5 154 1,7% 5 154 1,7% Frais financiers 276 0,1% 276 0,1% Impôts et Taxes 906 0,3% 906 0,3% RBE producteurs 182 563 61,1% 85 866 28,7% RBE Collecteurs semi-grossistes 15 361 5,1% 15 361 5,1% RBE transformateurs 14 144 4,7% 14 144 4,7% RBE Grossistes 14 232 4,8% 14 232 4,8% RBE Détaillants 6 382 2,1% 6 382 2,1% Total VA 298 966 100,0% 298 966 100,0% La VA au niveau production comprend le revenu foncier payé en redevances en nature qui représente près de 2% de la valeur ajoutée et qui est géré comme un transfert entre les producteurs. Le poste salaires et travail intègre les dons réalisés (transfers liés à entraide). On notera que le travail familial n a pas été valorisé dans le tableau précédent. Le surplus de VA généré par la prise en compte de ces produits non monétarisés est de 152 milliards fmg (+106%). Les RBE des agents aval ne représentent plus que 16,7% de la VA. La prise en compte du travail familial en le valorisant au même niveau que les salaires payés à la main d œuvre temporaire réajuste la distribution de la valeur ajoutée au profit du poste salariés et travail remontant à 52% de la VA, baissant à 29% le RBE des producteurs. 4.7 INFRASTRUCTURES HYDRAULIQUES ET ROUTIERES 4.7.1 Périmètres irrigués. La région du Centre Ouest englobe dans cette étude l Ouest du plateau Central, constitué entre autres par les sous préfectures de Tsiroanomandidy et de Betafo et la grande région du Centre Ouest délimitée par une ligne reliant Tsiroanomandidy à Ihosy et s étendant sur la Côte Ouest malgache entre les baies de Belo sur Tsiribihina et de St Augustin (préfectures de Morondava et Tuléar). Pour l ensemble de la région, les périmètres rizicoles aménagés offrent un potentiel rizicultivable de 24 910 ha. Les périmètres rizicoles aménagés sont constitués essentiellement par : le grand périmètre de la Samangoky (région de Morombe), Morondava, Dabara les PPI d Ankililaoko, d Andoharano, les PPI alimentés par l Onilany de Bezaha (Taheza rive droite) et de Belamoty les périmètres micro-hydrauliques d Ambohimahavelona, de Nosy Ambositra, de Mangolovolo et de Fanjakana. Les principales zones d aménagement sont la plaine de Dabara, à Morondava et le périmètre de Manambolo-Tsarahotana. Des dépressions marginales y forment un ensemble hydrographique original avec les grands fleuves et leurs lacs déversoirs ou ranovory, le tout fonctionnant à un rythme imposé par le climat. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 46 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
On est loin d un emploi optimal du potentiel irrigable. Si on se réfère au document AIRD 17, les fleuves de l Ouest disposent d un potentiel irrigable essentiellement en plaine alluviale sédimentaire du Menabe. Cette région du Menabe offre un potentiel de 404 300 ha dont 280 500 ha rizicultivales ; le potentiel irrigable est de plus de 140 000 ha, avec Morondava (17 000 ha), le fleuve de Tsiribihina (17 000 ha), le fleuve de Mangoky qui alimente la région de Morombe (106 000 ha) le fleuve d Onilany qui marque la limite sud du Centre Ouest (Baie St Augustin) Selon leur localisation dans la toposéquence, par ailleurs, les rizières de la région sont constituées de : 65 à 75 % de bas fonds encaissés entre les collines de 5 à 10 % des plaines non inondées dont les petits périmètres irrigués ( PPI ) de 3 à 10 % de plaine inondable de 5 à 20 % de collines exondées 4.7.2 Infrastructures routières. Entre Mahajanga très au Nord et Tuléar au Sud, il y a une immense étendue de Côte Ouest sur plus de 1050 km qui ne bénéficie d aucun axe routier principal digne de ce nom. La région est en fait desservie par un ensemble de routes transversales le plus souvent dans un état fortement dégradé, qui sont reliées à l axe principal d approvisionnement, la RN7 (Fianarantsoa-Tuléar). La RN7 est une artère vitale au développement économique et aux transferts vers le sud ou vers les Hauts Plateaux. On peut dissocier les routes transversales en deux groupes distinguant la partie nord et la partie sud de la région Centre Ouest. La partie Nord du Centre Ouest dépend principalement de 4 axes - La RN1 Antananarivo- Tsiroanomandidy sur 219 km qui est en cours de réhabilitation (Fds UE) - la RN35 Morondava - Ambositra (Hauts Plateaux) de 445 km dont plus de 130 km ne sont utilisables que de façon saisonnière. C est la partie Morondava-Malaimbandy 164 km) qui est véritablement stratégique, le reste de la route étant relayé par la RN34 - La RN 34 reliant Malaimbandy Miandrivazo à Antsirabe (Hauts Plateaux) sur 366 km qui semble constituer l axe le plus important pour l évacuation de la production des bassins du Tsiribihina et de Morondava dont la partie Miandrivazo-Antsirabe va bénéficier 2001 d un entretien périodique 18 sur financement Banque Mondiale - l axe RN8 Morondava Beroboka - Belo extrêmement dégradé La partie sud du Centre ouest dépend aussi de quatre axes routiers permettant de rejoindre la RN7 ou les principales agglomérations régionales. Il s agit de: - la RN6 (Tuléar-Morombe) sur 280 km (appuis envisagées par la Banque Mondiale horizon 2001), - L axe RN55- RN9 Morombe -Mandabe via Manja et Ankiliabo (orientation sud-ouest nord est). - L axe routier Sakaraha- Beroroha de 211 km (orientation sud-nord) doit assurer la couverture de l amont du bassin du Mangoky qui a bénéficié d un chantier de maintenance du Fonds d Entretien Routier (FER) en 1999, et la piste Ranohira-Beroroha (150 km). Ces deux axes relient le bassin du Mangoky à la Nationale 7 - L axe Andranovory Bezaha- Benenitra (orientation est-ouest) très dégradé devrait assurer l accès et l écoulement de la production des zones de production le long du fleuve Onilany 17 Etude du Sectur irrigué de 1991 (cité dans l Etat des Lieux de la filière riz, Volume 1 p45, 1996) 18 Ce type d entretien périodique sur route nitumée est réalisé tous les 7-10 ans (réfection du tapis d usure) et il revient à 100-120 000 FF/km. Le Chantier RN34 concerne 222 km pour un coût de 28 milliards Fmg (source Min.Travaux Publics, PAOER, avril 2000 Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 47 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Le prix par Kilo transporté entre Antananarivo et Morondava reste malgré tout très bas de 80 à 100 fmg pour une distance de 771 km, soit un tarif 19 par Tonne-Km de 103 à 130 fmg parmi les plus bas enregistrés, problème suite à la demande limitée de services et la circulation de camions à vide. On note par contre en 1998-99 un ensemble de tarifs 20 très élevés sur les parcours suivants 100 fmg/kg entre Belo/ Tsiribihina et Amboalimena (+- 100 km) 1000 fmg/t-km 150 fmg entre fianarantsoa et Tuléar (520 km) 288 fmg/t-km 200-300 fmg/kg sur Fianarantsoa-Ankazoabo (510 km) : 490 fmg/ t-km On notera en matière de projets et programmes en cours, l effort financé par le FER (Ministère des Travaux publics) et la Banque Mondiale. On notera par ailleurs un intérêt stratégique assez récent des bailleurs internationaux vis à vis de la réhabilitation du réseau de pistes rurales, vu leur rôle primordial dans le développement rural, la sécurité alimentaire la génération d activités économiques et la lutte contre la pauvreté dans son ensemble. Ainsi la Banque Mondiale entame 21 une phase de formulation d un programme de réhabilitation de 2500 km de pistes rurales (étude en janvier 2001, travaux sur 2002-2003) en conjonction avec la Banque Africaine de Développement (BAD) qui prendrait en charge une partie du budget. Parmi les zone prioritaires, figure la zone de Tsiribihina. Morondava, le Menabe et le bassin de l Onilany pourraient également être considérées 19 source : Projet FED Appui à la restructuration institutionnelle du Secteur Routier : Impact de la variation de la redevance d entretien routier sur les coûts de transport et sur les produits de première nécessité (PPN), Senga et Oliarijao, janv. 99 20 Recensement du Service Régional de Transports Terrestres en 1998 21 sources : Ministère des Travaux Publics PAOER Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 48 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
5 DIAGNOSTIC PROSPECTIF 5.1 CONTRAINTES ET POTENTIALITES 5.1.1 Première identification des contraintes par type d agent Agents Producteurs : Collecteurs : Transformateurs Vendeurs d intrants Grossistes Détaillants Contraintes Route, prix des intrants, crédits, accès à l information technique insécurité rurale, vol de bœufs, Délabrement des routes, coûts de transport, tirs au vol, Coûts de collecte, prix d écoulement, charge fiscale, Accès aux producteurs, charges de TVA, approvisionnement d intrants (transport difficile), faiblesse de la demande Etat des routes, diificultés d écoulement Fds de roulement insuffisant, état des routes 5.1.2 Réflexion «Un historique d échecs et de mal développement sur la région du Ménabe» «Après un siècle de tentatives vaines, d échecs et d erreurs, le bilan de l action de l Etat pour le développement du Menabe est très négatif : les objectifs affichés n ont jamais été atteints et le Menabe est devenu c est un lieu commun- «un cimetière de projets». Par contre de fortes dynamiques se sont déclenchées, mais ce ne sont généralement pas celles qui avaient été programmées et elles se sont souvent révélées porteuses de divers effets pervers» 22 On peut ainsi distinguer des choses qui ont marché pas comme prévu et des actions catastrophes : a) Les choses qui ont marché mais pas comme prévu Les Sakalava ont assez bien joué le jeu du marché et une agriculture sakalava s est développée avec un surplus commercialisé Les migrations internes vers le Menabe ont permis de remédier aux carences de main d œuvre mais leur occupation des espaces libres a engendré un certain chaos foncier Les booms agricoles successifs (pois du Cap 1915-1922, maïs 1934-1940 et riz dans les années 40) ont déstabilisé le système d élevage extensif sans créer des conditions permettant la mise en place d une agriculture marchande réellement efficace Le système foncier instauré pendant la colonisation a généré un metayage préempteur de richesses La Ville de Morondava a joué une partie de son rôle de capitale régionale (cœur de l administration régionale, centre de distribution des produits manuf. et de collecte des produits locaux) mais son port très insuffisant n a pas permis de désenclaver la région b) Les échecs et actions catastrophes Le marché des produits agricoles continue à être faussé par les intermédiaires Karana qui font écran entre le petit producteur et le marché réel ; la hausse du prix d un produit étant largement absorbé par les opérateurs aval. Il n y a pas de véritable marché foncier mais un ensemble de procédures dolosives permettant une appropriation de terres lignagères par les notables locaux Tous les projets destinés à créer ou à améliorer les infrastructures (réseau routier, réseau hydro-agricole, port), notamment le Canal Hellot, la SODEMO, l AGM, l orangeraie de Bezezika, sont devenus des gouffres financiers sans jamais aboutir à des résultats durables. 22 Les Maladresses de l Etat, Acteur de développement dans une région isolée de Madagascar (CNRS ORSTOM Emmanuel FAUROUX Collection REGARDS : RECHERCHES EN ECONOMIE, GEOGRAPHIE ET ANTHROPOLOGIE SUR LES RECOMPOSOITIONS ET LE DEVELOPPEME NT DES SUDS Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 49 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Le réseau routier constitue le désastre le plus spectaculaire. La grande route Morondava-Tuléar par Manja n a jamais été qu une très mauvaise piste. L axe Morondava Antananarivo via Ambatofinadrahana et l Itremo a été progressivement abandonné. Le projet d aménagement rizicole SODEMO puis l abattoir AGM L insécurité a constitué une des causes majeures de la crise de l élevage (pertes de plus de 50% des effectifs dans les années 80 sur Maharivo 23 ). La crise de l élevage s est prolongée dans le domaine rizicole (manque d animaux pour le piétinage et le fumier). Ainsi l Etat aurait pris à l époque une forte responsabilité dans cette situation de mal-développement (éléments issus de l article de Fauroux REGARDS CNRS-ORSTOM p4) En matière d infrastructures, dès les années 60, l argent destiné aux travaux publics a été massivement détourné (routes privées, certificats de complaisance dans la réception des travaux) ou mal employé (erreurs techniques sur la conception des ponts, bitume de qualité médiocre) Les maigres crédits attribués à la région ont rarement dépassé la ville de Morondava laissant le reste de la région dans un abandon presque total Une très forte capacité locale d accaparation des pouvoirs 24 et de détournement des actions de développement au profit d un système de clientèle très performant est maintenue par la bourgeoisie urbaine de Morondava sans véritable entrave de la fonction publique L insécurité rurale latente illustre un déficit d intervention étatique, le maintien de la sécurité civile faisant partie des fonctions pérennes de l Etat. Conclusion : Il serait imprudent de généraliser les leçons que l on peut tirer de l histoire des interventions de l Etat dans les circonstances très particulières caractérisant le Menabe au XXème siècle. On en retient néanmoins que les projets, les opérations interviennent dans un microcosme social traversé par des contradictions entre les catégories d agents locaux, par des «dynamiques spontanées» préexistantes. Ces «interventions» ne sont pas reçues en fonction de leur stricte valeur technique intrinsèque, mais de l usage qu en pourront faire les diverses catégories d agents dans leurs stratégies pour reproduire de façon élargie les conditions de leur prospérité, pour dépasser des concurrents génants, pour établir de nouvelles alliances 5.1.3 L enclavement et le réseau routier Les routes : l enclavement de la région entraîné par la dégradation des infrastructures routières dans la région constitue un handicap majeur pour l ensemble des agents de la filière riz mais aussi pour l ensemble des autres activités économiques régionales. Il existe ainsi un rectangle géographique virtuel de potentialités inemployées et de contraintes maximisées, qui est orienté nord sud sur une longueur de 660 km de long et sur 160 km de large entre Maevatanana (100 km sud de Marovoay) et Ankazoabo (100 km au Nord de Sakaraha) qui représente une superficie estimée grossièrement entre 100 et 110 000 km2 où toute action de développement est fortement pénalisée par l isolement spatial (contrainte extrême en terme d accès routier, accès réduit à l information, présence limitée des services d appui). 5.1.4 Manque d appui de l Etat et manque de prestataires vis à vis du secteur privé La faiblesse des services d appui: Les services publics qui sont sensés accompagner le développement de la sous filière (vulgarisation, services des domaines, des contributions directes, statistiques agricoles) ont beaucoup de mal à intervenir dans cette région vaste où tout déplacement sur le terrain pose un problème fonctionnel. Déconcentration trop lente : Il faudrait aider à mettre en place une vraie politique régionale en terme de programmation et de suivi des investissements notamment routiers. Les priorités régionales en investissements sont ignorées au niveau central. La région ne dispose d aucun moyen financier pour y répondre par elle même. Les services régionaux pour le moment sont dénudés de tout moyen d intervention efficace. 23 E fauroux 1989 p202-203 Etude ORSTOM sur la vallée de Maharivo 24 les stratégies des détenteurs du pouvoir local ont concerné d abord le domaine foncier, puis plus récemment le contrôle des opérations de développement installées dans le Menabe (Fauroux p8) Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 50 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Le crédit : il apparaît comme une des contraintes majeures pour tous les agents et toutes les fonctions, freinant l intensification, diminuant la capacité de collecte pour les collecteurs moyens voir les détaillants La politique macro-économique : Une taxation incompréhensible des intrants (taxe d importation, TVA sans que la TVA soit récupérable) alourdit les charges fiscales sur toute la sous filière au profit du riz importé dont la taxe d importation reste insuffisante. Le riz importé parvient jusque dans les régions excédentaires et enclavées comme le Centre Ouest Foncier : D autre part, l absence de titre constitue également un élément de blocage pour l octroi de crédit. Elle permettra enfin d éviter toute forme d appropriation frauduleuse (on a recensé quelques cas) qui à terme pourrait nuire à toute tentative d investissement pour ceux qui tendent vers l agriculture intensive, mécanisée et commerciale. Protection sanitaire et acridienne : L invasion acridienne a aussi contribué à la régression des superficies emblavées notamment en riziculture pluviale ( déjà en régression les années précédentes suite aux dégâts causés par le striga ) dans le Moyen Ouest Enfin la peste porcine africaine PPA et la quasi-disparition de l élevage porcin ont affecté les sources de liquidité des ménages générant une forte tendance à la vente du paddy ou du riz qui devenait souvent la seule source de liquidité pour les paysans 5.1.5 Potentiel et dynamiques régionales a) Un Potentiel agronomique unique La Région du Centre Ouest présente, malgré les problèmes constatés, un redoutable potentiel de croissance sur l ensemble de la région Centre Ouest avec deux pôles de croissance. Dans le quadrilatère stratégique de Tuléar- Morombe- Morondava- Miandrivazo- Bezaha couvrant les fivondronana du même nom, on dispose d un potentiel important en terre et d un degré de fertilité satisfaisant (terre alluviale). C est une zone d immigration qui a bénéficié de l arrivée et de l installation d un flux de producteurs provenant du Sud-Est et des Hauts Plateaux. Aux limites de la région des Hauts Plateaux, le riz pluvial du Moyen Ouest Cette région structurellement excédentaire se place déjà comme second fournisseur du marché interrégional et pourrait à terme concurrencer le Lac Alaotra si on y améliore les conditions de production. Ceci est confirmé par la multiplication des visites de collecteurs étrangers à la région cherchant des alternatives d approvisionnements vu les disponibilités limitées sur le Lac Alaotra. b) Priorité stratégique pour l investissement public : l infrastructure routière Malgré les échecs multiples connus par le passé, il semblerait vital pour le développement régional de défier la contrainte majeure d accès de l ensemble de la région Centre Ouest en rendant opérationnel (employable 12 mois sur 12) l axe routier Nord Sud de 770 km assurant ainsi le lien RN1 nord Ampefy- Soavinandriana à la RN7 sud à Sakaraha partant de Ampefy-Soavinandriana (très bien desservi par la RN1) et reliant directement (via Imanga ou Nabavelona-Ankisabe) au sud la RN34 (piste existante arrivant à l est de Mandoto) : 100 km de pistes à réhabiliter (coût moyen PAOER 25 : 250 millions fmg/km) en assurant le renforcement RN 34 Anjoma- Miandrivazo-Malaimbandy), 270 km de RN à réhabiliter (chantier prévu sur fin. Banque Mondiale 2001) suivant la piste Malaimbandy- Mandronarivo- Beroroha- Sakaraha qui sera réhabilitée: 418 km de routes de terre dont 211 ayant bénéficié d une maintenance FER, soit 207 km à réhabiliter (250 millions fmg /km) 25 Projet d Appui Opérationnel à l Entretien des Routes Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 51 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Cet itinéraire qui n emploie que des pistes et routes existantes nécessitera surtout un investissement de réhabilitation, d élargissement, d infrastructures de ponts, de bitumage. Selon les options techniques choisies, un tel investissement pourrait représenter sur base des coûts kilométriques PAOER un investissement de 77 millions de FF (US$12 millions). Une telle action de portée nationale et dépassant largement l intérêt de la région du Menabe, ne saurait se mettre en place sans un système très opérationnel de suivi des travaux et de contrôle financier des engagements. Cette axe d approvisionnement et d écoulement faciliterait énormément l accès au Tsiribihina, à Morondave et l accès au Mangoky. L accès à Morombe demanderait l amélioration de l axe latéral Ankazoabo-Andrano- Bajangoa- Bevosy (RN6), soit une réhabilitation de 149 km de routes de terre (37 millions FF ou US$ 6 millions). Il serait aussi possible d envisager une alternative d accès routier à Morombe à partir de Beroroha via Manja et Ankiliabo. c) Dynamique d investissement privé On a recensé également un intérêt croissant d opérateurs modernes à très forte capacité d investissement qui sont capables de procéder à une agriculture mécanisée et intensive qui pour le moment attendent un environnement propice pour investir. Leur principal contrainte est l accès à la propriété ou à un bail foncier qui sécurise leur investissement ainsi que l amélioration de l environnement de la région (voies d accès). Etant donné le vide démographique qui domine plusieurs zones alluviales, cette région pourrait ainsi bénéficier d une dynamique de conquête des terres inexploitées et d un appui spécifique pour encourager le développement d unités modernes de production de plusieurs dizaines d hectares (10-100 ha) avec un pool d équipement mécanisé, à la condition sine qua non que la situation foncière puisse bénéficier d un effort de clarification (voir de mesures disponibilisant les terres de culture inemployées et inoccupées depuis quelques années) d) Dynamique organisationnelle Au niveau des producteurs, on a noté une forte sensibilisation vers la constitution d épargne dans les caisses primaires des mutuelles, malheureusement limitée par la capacité d absorption de ces mutuelles. (voir volet crédit). Les AUE des PPI du Sud constituent aussi une dynamique positive en matière de structuration Dans le cadre du PSO 26 et de FERT, on dispose d une dynamique de structuration du milieu paysan, avec une Maison du paysan à Tuléar et plusieurs fédérations d Organisations paysannes dans le Moyen Ouest. En outre le projet PPI sud a développé des AUE (BRL). Enfin la région de Menabe Morondava profite aussi de l appui de FERT. Ainsi l ensemble du Centre Ouest dispose des bases pour développer un réseau fédératif d unions de Groupements de producteurs qui prennent progressivement en charge l interface producteurs- prestataires, il y aurait ainsi 3-4 pôles disposant déjà d une structuration paysanne et d un projet d appui : 26 26 les bénéficiaires du PSO sont : - Institutions professionnelles et paritaires chargées de la gestion du développement agricole dans les départements de la région Sud Ouest. Il s'agit : - du Comité Régional d'orientation et de Suivi (C.R.O.S.) qui associe acteurs publics et privés ainsi que les donateurs, - de la Maison des Paysans qui est une organisation professionnelle agricole régionale de type "chambre d'agriculture", - des organisations professionnelles agricoles (O.P.A.) de base. Le projet a pour objectif : de doter la région d'une instance de concertation entre les services déconcentrés de l'etat, les collectivités locales, les donateurs, les opérateurs économiques et les producteurs agricoles, de conforter la position des producteurs dans le développement des filières et l'orientation des politiques, de développer les services techniques financiers, commerciaux nécessaires au développement d'une agriculture durable et plus productive. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 52 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
projet PSO (Maison du paysan), PPI sud Moyen Ouest (FERT 27 ) Menabe Morondava (FERT) Cette structuration doit tenir compte des facteurs endogènes et exogènes se trouvant en amont et en aval des associations ou fédérations paysannes. Il est souvent constaté que malgré une responsabilisation progressive de la masse paysanne pour être des «acteurs actifs» dans le processus de développement, nombreux sont les opérateurs / projets implantés depuis des années dans leur zone d intervention rencontrant encore des obstacles dans l organisation du monde paysan. Aucune réponse satisfaisante, si ce n est l historique désastreux des coopératives malgaches (années 70) n a permis jusque là de comprendre l hésitation des acteurs ruraux à s associer. e) Gestion des infrastructures hydrauliques Depuis 1986, dans le cadre du désengagement de l Etat, les textes législatifs prévoient que la gestion et l entretien des périmètres d irrigation après réhabilitation sera assurée par les usagers, regroupés en Associations d Usagers de l Eau (AUE) ou d Usagers des Réseaux (AUR). L expérience négative de SODEMO nous engage à la plus grande prudence. La mise en œuvre de ce «transfert» a connu dans le pays des succès divers, mais elle a été précisée et complétée en 1994 par la «politique du secteur irrigué», définie par le Ministère de l Agriculture et qui est basée, d une part sur la participation des usagers à la réalisation des travaux, ce qui doit renforcer leur engagement réel, et, d autre part, sur la progressivité de la mise en œuvre des travaux d aménagement ou de réhabilitation, ce qui permet théoriquement une meilleure adaptation des aménagements aux besoins et aux capacités des irrigants 28. 5.2 PROPOSITIONS DE POLITIQUE ECONOMIQUE DE PORTEE NATIONALE le cumul de TVA sur les intrants, par ailleurs non récupérable puisque le riz local est un produit non taxé, conduisant de facto à une charge fiscale qui pèse automatiquement sur la sous filière nous amène à se poser la question de la pertinence de cette mesure. La place du riz dans l économie nationale, son lien étroit avec le taux de croissance globale (voir rapport Luc Razafimandimby : L ajustement structurel et le secteur agricole) et l inflation nous renforce dans l idée que c est une piste de réflexion à étudier. Par ailleurs, la diminution de la taxe d importation, ramenée à 5%, dégage un coefficient de protection nominale (CP) négatif, et fragilise la sous filière menacée sérieusement par les importations qui augmentent de manière importante. Les opérateurs ont ainsi une tendance plus axée vers la spéculation que vers une pérennisation de la sous filière diminuant la possibilité de substitution aux importations. Ce constat est encore plus alarmant lorsque l on sait que la production nationale n est pas compétitive sur les marchés internationaux à cause des coûts structurels (frais portuaires, coûts de transport, faiblesse des rendements.). Heureusement le Gouvernement vient de réajuster sa politique vis à vis du riz importé en remettant en place une taxe plus élevée à l importation de riz. 5.3 SIMULATIONS D ALTERNATIVES ET D EVOLUTIONS FACTUELLES 5.3.1 Simulation sur l emploi de fertilisants minéral en riz aquatique et l extension, l amélioration du système SRA 27 Voir Programme de renforcement de l Implication des Producteurs Organisés pour la Sécurité Alimentaire (RIPOSA) Phase préparatoire, rapport quadrimestriel d activités (nov.99) FERT UE 28 Claude CHABAUD : Note sur le secteur irrigué à Madagascar Mission de préparation FAO, octobre 1999 Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 53 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
a) Hypothèse basse (horizon 2-3 ans) Assurer une intensification de l emploi de fertilisant organique et minéral en riz aquatique en combinaison avec une application généralisée du repiquage en ligne correspondrait à un transfert d une partie des surfaces cultivés en repiquage en foule devenant des surfaces en repiquage en ligne (SRA). Ceci est possible vu les faibles écarts en matière d intrants entre les deux systèmes de culture (143 hj/ha sur le repiquage en foule contre 165 hj/ha en SRA). Avec 50% des surfaces en foule passant en repiquage en ligne (SRA) dans les conditions de résultats actuelles du SRA qui restent très moyennes (80 000 Ha additionnels en SRA), on obtient un effet simulé sur la filière régionale dont l impact se résume ainsi : Augmentation du volume de production de paddy de 12% (surplus de 53 000 tonnes) Augmentation du RBE financier des producteurs de 56% et augm. De 22-27% des RBE des autres agents Augmentation du volume de riz commercialisé de 35% Augmentation de la VA financière totale de 38% b) Hypothèse haute (horizon 5-6 ans) On simule ici un effort d intensification sur le Centre Ouest qui s illustre par un transfert de l ensemble des surfaces de repiquage en foule vers le système SRA accompagnée d une amélioration des conditions d emploi d intrants en cours ; l hypothèse étant que sur le riz SRA Centre Ouest dispose du même niveau d intrants que le SRA des Hauts Plateaux (sem. améliorée 35 kg/ha, urée+npk 69 kg/ha, fumure organique : 2000 kg/ha) engendrant un rendement de 2920 kg/ha SRA (hypothèse médiane entre le rdt actuel SRA Centre Ouest de 2527 kg et le rdt Hauts Plateaux 3316 kg/ha). Ceci correspondrait à une amélioration des conditions de production sur 160 000 ha. Ceci nécessiterait une multiplication par 5 du volume de fertilisants minéraux employé (passage de 2339 Tonnes à 12 700 tonnes) et une multiplication par 4,5 du volume de fumure organique (passage de 106 000 tonnes de fumier-compost à 450 000 tonnes) générant des problèmes d approvisionnement en intrants. Mais les résultats seraient les suivants : un surplus de production de paddy de 180 000 tonnes et un volume additionnel de riz commercialisé par le Centre Ouest de 120 000 tonnes une croissance du RBE des producteurs de 111% et une croissance des RBE des autres agents de 73-93% une croissance de la valeur ajoutée financière de la filière régionale de 89%. Une telle hypothèse ne pourrait se réaliser qu avec un accompagnement conséquent en crédit et un renforcement de la filière d approvisionnement en intrants et en fumier tout en annulant la TVA actuellement appliquée sur les intrants modernes. En outre un renforcement des OP permettrait de disponibiliser un meilleur accompagnement technique aux producteurs. 5.3.2 Simulation d une augmentation des prix du riz et du paddy de 20% Avec la mise en application effective des nouvelles mesures de taxation décidées en décembre 1999 (taxe à l importation de riz de 15% et TVA de 20%), il est très vraisemblable que le prix du paddy et du riz local évolue en fonction de la hausse des prix du riz importé (+25-35%) et augmente courant 2000 pratiquement dans les mêmes proportions (+20%) vu le caractère relativement concurrentiel de la filière de commercialisation aval et la multiplicité des agents. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 54 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
Dans ce cas, les effets induits par une telle évolution de 20% de l ensemble des prix du paddy et du riz engendreraient une augmentation des RBE des producteurs de 63%. On constate un chez les agents aval de la filière une augmentation des revenus de 39-40% notamment pour les collecteurs et les grossistes. L ensemble de la valeur ajoutée augmenterait de 29%. Néanmoins cette hypothèse peut être remise en question par les volumes importants de riz importé fin 1999 et début 2000 avant la mise en application de la nouvelle taxe à l importation et l existence de problèmes d écoulement du riz local en février-mars 2000 (FERT Antsirabe). 5.3.3 Simulation d une hausse des prix du carburant de 50% (par rapport à 99) Avec 50% d augmentation du coût des carburants, et des charges de transport par rapport à 1999 (correspondant pratiquement à la situation actuelle du prix du carburant), les collecteurs perdent 12% de RBE, les transformateurs 24%, les grossistes perdent 11%. La valeur ajoutée baisse de 5%. Le RBE producteurs n est pas affectée. On notera à propos des coûts de transport, que la rénovation du réseau routier pourrait au contraire générer une diminution significative des coûts de transport entretien réparation des véhicules. 5.3.4 Simulation combinée d une hausse du carburant de 50%, d une hausse du riz de 20% et d une augmentation du rendement aquatique de 10% Une telle simulation combinant un ensemble de facteurs en cours de réalisation avec une hausse limitée de 10% du rendement sur le riz aquatique (conditions météo actuelles) constitue un scénario très réaliste pour l année 2000. Il génère : Une hausse de 8% du volume régional de paddy et une augmentation de 25% du volume de riz commercialisé Une hausse de 57% de la Valeur ajoutée financière de la filière Une hausse de 145% de RBE pour les producteurs et de 50% pour les opérateurs aval de la filière 5.4 PROPOSITIONS D OBJECTIFS ET D ACTIONS PRIORITAIRES SUR LE COURT TERME (2000-2002) 5.4.1 Objectifs de court terme (2003) Améliorer les conditions de production et les prestations aux producteurs afin de fournir l environnement technico-économique qui permette la relance de la filière riz Centre Ouest pour augmenter le volume de production de 20% sur 3 ans (+6% de croissance annuelle de production) Ouvrir la région du Centre Ouest au commerce inter-régional en remettant en place un réseau routier opérationnel (770 km de routes à réhabiliter) Développer une filière professionnelle de producteurs et d opérateurs qui gérent le potentiel rizicole régional comme un capital de travail à préserver et à renforcer: 5.4.2 Actions de court terme a) Routes 1. Rénover les axes routiers existants : Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 55 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
- La RN 34 reliant Malaimbandy Miandrivazo à Antsirabe (Hauts Plateaux) sur 366 km qui semble constituer l axe le plus important pour l évacuation de la production des bassins du Tsiribihina et de Morondava (financement BM 2001) - L axe RN55- RN9 Morombe -Mandabe via Manja et Ankiliabo (orientation sud-ouest nord est). - la piste Ranohira-Beroroha (150 km) complétant les efforts du FER 29 sur le tronçon Sakaraha- Beroroha de 211 km (orientation sud-nord) qui assure la couverture de l amont du bassin du Mangoky complété les deux axes reliant le bassin du Mangoky à la Nationale 7 - L axe Andranovory Bezaha- Benenitra (orientation est-ouest) très dégradé qui devrait assurer l accès au bassin versant du fleuve Onilany. 2. Faire réaliser une étude de faisabilité pour le nouvel axe routier proposé Nord Sud de 770 km pour assurer le lien RN1 nord Ampefy- Soavinandriana à la RN7 sud à Sakaraha (voir 5.1.3) b) Information vulgarisation -OP 3. Réaliser un ensemble d actions de communication médiatique (radio, journal du paysan, forums, ) pour sensibiliser les producteurs sur les potentiel d amélioration 4. Réorganiser le système de vulgarisation en s appuyant sur les OP existantes et les opérateurs aval de la filière riz et un réseau élargi de sites d expérimentation en milieu paysan 5. Mise en place d une information quotidienne/ hebdomadaire sur les radios locales pour informer et conseiller les producteurs et les opérateurs (conseils techniques, intrants, prix du riz et du paddy) 6. Contribuer à la mise en place du Système d Information sur les marchés (SIM) cogéré par l INSTAT et le MINAGRI 7. Renforcer et élargir progressivement les fonctions des OP et des Fédérations pour prendre le relais des services de vulgarisation 30 voir assurer certaines prestations (tracteur, labour, traitement des parcelles, stockage ) 8. Déterminer en R-D un moyen de disposer sans investissement lourd de méthodes d amélioration de la maîtrise d eau gérables au niveau des AUE (micro-investissement) AFD c) Amont et aval : Crédit, intrants, commercialisation 9. Encourager la mise en place plus systématique de contrats de commercialisation du paddy pour sécuriser les entrées financières des producteurs et l approvisionnement des unités de transformation 10. En synergie avec les agents aval (collecteurs, grossistes) et les autres opérateurs impliqués dans le domaine du crédit (FERT, PSO), concevoir et mettre en œuvre un réseau élargi et cohérent de distributeurs de crédit (avec possibilité de remboursement en nature sur une base contractuelle) permettant de passer à 90% de producteurs bénéficiaires 11. Faciliter l accès à du crédit pour les producteurs désireux d investir en équipements agricoles 12. Développer le réseau de proximité de distribution d intrants (appui Aventis, Minagri), formation de gérants, tout en assurant sa fonction de vecteur d innovations tout en assurant un contrôle de la qualité des intrants proposés (qualité certifiée) d) Concertation et gestion du développement régional 13. Sur base des initiatives en cours de la part de l ensemble des opérateurs de la filière riz, développer un syndicat interprofessionnel représentatif des opérateurs de la filière riz afin d améliorer la relation de proximité entre la demande et l offre de services et de produits 14. Intégrer les résultats de la démarche filière riz dans le cadre du Plan d Action Développement Rural et associer le GTDR dans la mise en œuvre de la stratégie adoptée 29 Travaux de maintenance réalisés en 1999 sur financement FER (Ministère des Travaux Publics) 30 BRL a appuyé l encadrement, la formation, et le cofinancement de jeunes vulgarisateurs de base dans le cadre des Associations d Usagers de l Eau. Après 3 ans de projet, le salaire doit être pris en charge à 100% par les usagers de l Eau. Cela représente 150 000 fmg de salaire dans le Sud et 350 000 fmg dans le Lac Alaotra générant ainis un coût de revient de 4500 à 9000 fmg/an/ ha (400 ha/ vulgarisateur) soit environ 10 kg de paddy /an. Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 56 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
5.5 PROPOSITIONS D OBJECTIFS ET ACTIONS ENVISAGEABLES SUR LE MOYEN TERME (2002-2006) 5.5.1 Objectifs de moyen terme Libérer la région du Centre Ouest de son carcan de contraintes d accès routier pour lui permettre d assurer sa dynamique propre de développement agricole Autonomiser progressivement la région et la profession agricole dans sa gestion du Capital de terres à vocation agricole du Centre Ouest Diversifier les activités régionales en synergie avec la production rizicole et disposant d un avantage comparatif issu de la proximité de la concentration d activités riz Améliorer les conditions de production et les prestations aux producteurs afin de fournir l environnement technico-économique qui permette l expansion de la filière riz Centre Ouest pour augmenter le volume de production de 40% sur 6 ans (+6% de croissance annuelle de production) et disposer d un volume annuel de production de paddy de plus de 620 000 tonnes (+39%) à l horizon 2006, permettant de commercialiser hors de la région plus de 150 000 tonnes de riz (54000 Tonnes actuellement soit un triplement des ventes inter-régionales) 5.5.2 Actions proposées à moyen terme 1. Accompagner le renforcement de la structuration professionnelle de la filière riz pour générer une capacité propre de gestion de la filière riz en termes d appuis,de dispositif d appui-conseil, de circulation de l information, de plateforme de décision collégiale, de prestations, d assainissement de l environnement de la production, de concertation, de défense des intérêts des membres 2. Rendre opérationnel (employable 12 mois sur 12) l axe routier Nord Sud mixte de pistes et RN de 770 km (lien RN1 nord Ampefy- Soavinandriana à RN7 sud à Sakaraha) en complétant les actions précédentes : réhabiliter 100 km de pistes partant de Ampefy-Soavinandriana (desservi par la RN1) et reliant directement (via Imanga ou Nabavelona-Ankisabe) au sud la RN34 (piste existante arrivant à l est de Mandoto 3. Réhabiliter L axe de pistes rurales Andranovory Bezaha- Benenitra (orientation est-ouest) qui assure l accès et l écoulement de la production le long du fleuve Onilany (140 km à 250000FF/km : 35 millions de FF) 4. Renforcer les capacités du service des Domaines pour éclaircir la situation foncière et faciliter l acquisition de terre ou l accès à des baux fonciers pour les nouveaux arrivants (y compris les exploitants entrepreneurs agricoles désireux d installer des exploitations modernes de taille plus importante (10-100 ha et plus) 5. Développer une fiscalité locale (taxe de sortie du riz de 1% soit 25 fmg/kg de paddy quittant la région permettant à la région de prendre en charge une partie des dépenses d investissement hydraulique voir d autres priorités (crédit, réseau de pistes rurales) qui seront à mettre en oeuvre à l horizon 2005 : entrées financières de 3,1 milliards fmg/an) 6. Renforcer les capacités régionales de grenier à riz (stockage) mais aussi de producteur de viande porcine (emploi du son) de la région de manière à diversifier les activités et d améliorer l équilibre économique régional 7. Diversifier les sources de revenu en milieu rural Mettre en œuvre un programme élargi de plantation forestière d essences nobles pour le bois tropical de meuble (diversification des essences plantées, production pérenne de bois de construction) Développer une zone de production transformation de canne à sucre Encourager l expansion de parcelles de plantes médicinales et aromatiques (Promabio) Appuyer le développement de la filière apiculture (FERT) Encourager la culture de maïs en pluvial Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 57 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
8. Développer la diffusion des systèmes de gestion agrobiologique des sols (59 000 ha de riz pluvial sur la région). Mise au point d itinéraires techniques de gestion durable de la fertilité des systèmes de culture Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 58 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
ANNEXE 1 : Présentation des 18 modèles d exploitation caractérisés en trois catégories de stratégies paysannes Positionnement des modèles d exploitation de la région du Centre Ouest dans cette typologie des stratégies paysannes Production padd. par expl. (kg) Modèles de micro-producteurs en stratégie rizicole de subsistance Superf. Riz par expl. (ha) Rdt moy. kg/ha (kg) Solde ventesachats riz (fmg) Produit fin. brut (fmg) RBE Riz Ana. Eco (fmg) Nombre d'exploitants Surfaces totales Production totale Modèle d'exploit. N 1 Nord riz aquatique+ riz tavy 792 0,64 1 230-340 927 838 327 429 645 26214 16 882 20 759 Modèle d'exploit. N 2 Nord riz aquatique + riz tanety 1 114 1,00 1 111-234 958 1 285 610 611 393 93166 93 418 103 779 Modèle d'exploit. N 14 Est Tavy exclusif 336 0,45 747-477 003 3 646 801 127 646 78768 35 446 26 490 Modèle d'exploit. N 15 Est Simple riziculture aquat ique + riz tavy 962 0,95 1 008-432 262 1 140 211 481 210 131587 125 573 126 634 Modèle d'exploit. N 16 Est Simple rizculture aquati que 782 0,45 1 745-385 943 1 223 040 500 748 261206 117 099 204 337 Sous total 816 0,66 1 241-374 218 1 520 465 461 000 590941 388 417 481 999 Modèles auto-suffisants diversifiés en polyculture Modèle d'exploit. N 3 Nord Double riziculture aquatique 1 757 1,06 1 661-2 144 2 611 308 928 696 70371 74 460 123 646 Modèle d'exploit. N 5 NO Simple riziculture azara + maraîch. 1 154 1,04 1 105-111 335 2 641 100 749 690 20513 21 416 23 663 Modèle d'exploit. N 7 CO Simple riziculture aquatique 1 155 0,61 1 905 272 782 1 775 936 618 187 72476 43 935 83 680 Modèle d'exploit. N 9 CO Simple riziculture aquatique + riz pluvial 1 565 1,00 1 569 412 653 1 400 181 771 911 104573 104 312 163 687 Modèle d'exploit. N 11 HP Simple riziculture aquati que (2ème saison) 1 951 0,62 3 167 64 705 4 085 714 755 952 447782 275 789 873 437 Modèle d'exploit. N 13 HP Simple Riziculture aquati que + riz pluvial 1 755 0,67 2 631 55 780 3 246 867-66 259 21733 14 498 38 151 Sous total 1 771 0,72 2 444 115 407 3 272 291 737 000 737448 534 409 1 306 264 Modèles avec spéculation riz dominante Modèle d'exploit. N 4 NO Simple riziculture azara s ur bas fond 1 733 1,27 1 368 121 424 2 584 704 1 302 004 189078 239 581 327 751 Modèle d'exploit. N 6 NO Double riziculture aquatiq ue 1 888 1,37 1 377 1 245 659 2 163 231 1 533 017 5702 7 821 10 768 Modèle d'exploit. N 8 CO Double riziculture aquatique 1 478 0,74 1 997 1 131 860 3 218 707 845 401 30432 22 523 44 988 Modèle d'exploit. N 10 CO Double riziculture aquatique + simple 2 580 1,35 1 908 916 141 2 020 914 1 390 247 59242 80 131 152 867 aquatique + riz pluvial Modèle d'exploit. N 12 HP Simple rizi culture aquatique (2ème 2 986 0,89 3 353 815 993 6 031 500 1 544 926 32450 28 893 96 889 saison) + cult. contre saison Modèle d'exploit. N 17 LA Simple riziculture aquati que 4 561 1,85 2 462 2 914 978 4 242 766 2 474 917 60586 112 254 276 322 Modèle d'exploit. N 18 LA Simple riziculture aquati que + riz taney 5 479 2,35 2 330 2 238 795 4 298 427 2 477 558 15431 36 291 84 550 Sous total 2 530 1,34 1 885 1 340 693 3 150 311 1 531 000 392921 527 493 994 135
ANNEXE 2 : Modèle agrégé des flux de paddy et riz échangés entre agents (Centre Ouest) FAO/TCP Etude filière riz avril 2000 Centre-Ouest TOTAL UPDR MINAGRI Tonnes % Tonnes % Niveau producteurs Paddy produit par région 445 223 2 782 398 Paddy disponible (après sem./perte) 426 546 100% 2 614 446 100% Equivalent riz (67%) 1 725 535 Autoconsommé (equiv paddy) 252 488 59% 1 625 752 62% Solde 174 058 988 695 Paddy vendu 158 786 37% 791 605 30% Redevances, dons, 15 272 4% 189 710 7% Padd.transformé en riz par l'exploitant 305 532 72% 1 759 785 67% Padd. transformé par pilonage 135 351 44% 1 073 908 61% Padd. transformé par decortiq 170 181 56% 685 877 39% padd. vendu en riz (collecteurs semi-gros) 53 043 33% 133 362 5% Equivalent riz 33 948 86 986 Padd. vendu en paddy (collecteurs) 105 742 67% 629 286 24% Padd. vendu aux consommateurs Total Equiv.riz commercialisé 102 680 525 208 Collecteur-semi-grossiste local Quan. Moy.annuelle paddy collectée (T) 246,7 Quan moy de riz collectée 79,2 Quan moy de paddy vendue 184,4 Quan. de paddy transformée localement 62,3 Quan moy de riz vendue 119,1 - Nombre de collecteurs semi-grossistes 429 4 763 Volume de riz acheté 33 948 Volume total de paddy acheté 105 742 629 286 24% Volume de paddy transformé localement 26 715 - Volume de Paddy vendu 79 027 277 040 Paddy vendu aux transformateurs 17 871 23% 176 099 64% Paddy vendu aux grossistes régionaux 61 156 77% 95 493 34% Paddy vendu aux consommateurs - 0% 5 448 2% Volume de riz vendu 51 046 320 214 Riz vendu aux grossistes régionaux 22 332 44% 179 220 56% Riz vendu aux détaillants 27 486 54% 116 953 37% Riz vendu aux consommateurs 1 227 2% 24 041 8% Grossiste régional Achat de paddy 61 156 95 493 4% Transformé chez le transf 40 974 63 980 Achats de riz au Collecteurs semi-gross. 22 332 179 220 Achat de riz au transfo. 10 294 105 947 Achats extra-régionaux - 176 500 Achat de riz importé 12 317 187 623 Total riz malgache dispo 73 601 525 646
FAO/TCP Etude filière riz avril 2000 Centre-Ouest TOTAL UPDR MINAGRI Tonnes % Tonnes % Vente locale aux détaillants locaux 20 000 347 247 Ventes extra-régionales 53 601 178 400 Ventes de riz importé aux détaillants 12 317 187 628 Total Ventes riz malgache + riz importé 85 918 713 274 Transformateur 64% services: Paddy transformé pour les prod. 170 181 685 877 paddy transf. pour les collect. semi-gro locaux 26 715 352 247 Paddy transformé pour les grossistes 61 156 95 493 régionaux Produits achetés Approv paddy venant des collecteurs 17 871 176 099 Disponible annuel en riz transformé 11 795 116 225 % de ventes riz aux détaillants 1 179 10% 11 237 % de ventes au collecteur semi-grossiste - 0% local % de ventes riz aux grossistes régionaux 10 615 90% 85 009 Centre-Ouest TOTAL Tonnes % Tonnes % Détaillant locaux en riz modalités d'approv. Quan.moy.approv riz local 0,32 80% Quan. Moy en riz import 0,08 20% % riz importé vendu 20% Nb d'approv. par semaine 4,67 x/sem Volume annuel approv./détaillant (t) 28,10 tonnes 29,67 67 Volume annuel approv. Riz local/détaillant 22,53 tonnes 21,83 Volumes réalisés par détaillants approv. des transformateurs (t) 1 179 11 237 approv. Des collecteurs semi-gross. Locaux 27 486 approv. des grossistes régionaux (t) 20 000 347 247 Volumes autres agents sur marché détail Approv. Directs en paddy (equiv. riz) par - prod/coll approv. En riz des collecteurs 1 227 24 041 Total de riz local commerc par an 49 893 521 947 Total Volume de riz importé vendu 12 326 187 628 Total riz vendu ttes origines confond. 62 219 709 574 Nombre de détaillants 2 214 23 912 Vol. ventes aux riziculteurs 9 759 232 446 % de pop. Rurale non rizicult. 1% Volume de vente autres ménages ruraux 2 350 60 969 Vol. ventes en milieu urbain 49 977 415 381 Total besoins en ventes 62 086 708 797 Consommateurs Nb d'habitants urbains (1999) 440 264 3 714 089 Moyenne consommation urbaine (kg/an) 113,5 111,8 Volume annuel de consommation urb. 49 977 415 381 Volume annuel cons. rurale (hors autocons) 12 110 293 415 Besoins en vol. des détaillants 62 086 708 797 Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 61 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
ANNEXE 3 : Compte agrégé de la filière régionale du Centre Ouest (Analyse financière) COMPTE AGREGE 270 001 agents FILIERE REGIONALE CENTRE- OUEST CHARGES (Millions FMG) PRODUITS (Millions FMG) CONSOMMATIONS INTERMEDIAIRES VENTES C.I. Importées VENTES Hors-filière Riz Importé 23 402 Riz détail vendu sur le marché 134 722 Intrants (engrais, pesticides) - Ventes de son 2 895 C.I. LOCALES Hors filière Paddy vendu aux consommateurs - Achats 929 AUTOFOURNITURE Carburants et lubrifiants 9 499 Autoconsommation - Engrais-pesticides - Paiements en nature - Semences - Fumier-compost 10 658 VENTES EN FILIERE Entretiens et pièces 2 643 Paddy vendu ferme 91 118 Repas des travailleurs 20 465 Riz vendu ferme 47 176 Fonctionnement et FDG - Riz ven.par collect./rizer. 95 360 location de matériel 14 980 Paddy ven.par collect. 69 544 Transport 6 712 Riz ven.par Grossistes 177 892 Autres TFSE 5 030 Riz ven.par décortiqueurs 12 093 C.I. LOCALES en Filière Semences - Décorticage et pilonage riz destiné à la 7 834 Engrais - vente Semences 1 736 Décorticage 17 794 Eng min / phyto 5 536 Fumier/compost - Paddy acheté 160 662 Riz acheté 231 667 TOTAL CI 501 754 TOTAL PRODUITS 648 594 VALEUR AJOUTEE MO familiale+entraide - M-O salariée 51 598 Frais financiers 276 Autres 348 Impôt et Taxes 904 RBE riziculteurs 43 612 RBE collecteurs semi-gros 15 448 RBE transformateurs (decort., rizeries) 14 172 RBE Grossistes-détaillants 20 483 dont Amortissements 32 898 TOTAL VA 146 840 TOTAL CHARGES 648 594 TOTAL PRODUITS 648 594 Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 62 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest
ANNEXE 4 : de marché) Compte agrégé de la filière régionale du Centre Ouest (Analyse économique aux prix COMPTE AGREGE 270 001 agents FILIERE REGIONALE CENTRE- OUEST CHARGES (Millions FMG) PRODUITS (Millions FMG) CONSOMMATIONS INTERMEDIAIRES VENTES C.I. Importées VENTES Hors-filière Riz Importé 23 402 Riz détail vendu sur le marché 134 722 Intrants (engrais, pesticides) - Ventes de son 2 895 C.I. LOCALES Hors filière Paddy vendu aux consommateurs - Achats 929 AUTOFOURNITURE Carburants et lubrifiants 9 499 Autoconsommation 166 533 Engrais-pesticides - Paiements en nature 13 160 Semences - Fumier-compost 10 658 VENTES EN FILIERE Entretiens et pièces 2 643 Paddy vendu ferme 91 118 Repas des travailleurs 20 465 Riz vendu ferme 47 176 Fonctionnement et FDG - Riz ven.par collect./rizer. 95 360 location de matériel 14 980 Paddy ven.par collect. 69 544 Transport 6 712 Riz ven.par Grossistes 177 892 Autres TFSE 5 030 Riz ven.par décortiqueurs 12 093 C.I. LOCALES en Filière Semences - Décorticage et pilonage riz destiné à 34 963 Engrais - la vente Semences 1 736 Décorticage 17 794 Eng min / phyto 5 536 Fumier/compost - Paddy acheté 160 662 Riz acheté 231 667 TOTAL CI 528 883 TOTAL PRODUITS 828 287 VALEUR AJOUTEE MO familiale+entraide - M-O salariée 51 598 Frais financiers 276 Autres 348 Impôt et Taxes 904 RBE riziculteurs 183 016 RBE collecteurs semi-gros 15 448 RBE transformateurs (decort., rizeries) 14 172 RBE Grossistes-détaillants 20 483 Paiements en nature (ana. Éco) Redevances 5 154 Dons 8 006 dont Amortissements 32 898 TOTAL VA 299 404 TOTAL CHARGES 828 287 TOTAL PRODUITS 828 287 Etude filière riz FAO-UPDR Avril 2000 page 63 Diagnostic de la filière régionale du Centre Ouest