Cette étude des matériaux de construction couvre les produits d extraction et les matériaux issus de leurs transformations successives. Le domaine ainsi défini se répartit donc en deux sous ensembles : l extraction de pierres et d ardoises, de calcaire industriel, gypse et craie, de sables et granulats, d argiles et de kaolin ; la production de tuiles et briques, de ciment, d éléments en béton, de béton prêt à l emploi, de mortiers et bétons secs, de chaux, de fibre-ciment, de plâtre et d éléments en plâtre, d ouvrages en pierre et de produits d isolation tels la laine de roche et la laine de verre. Produits de carrières Construction Matériaux de construction Autres industries Autres matériaux de construction Ces produits trouvent majoritairement leur utilisation dans la construction, c està-dire l ensemble constitué par le bâtiment et les travaux publics. Certains d entre eux - les produits de carrière en particulier - sont consommés par d autres secteurs industriels. Les industries du papier, du verre, la céramique, la sidérurgie sont ainsi de grands consommateurs de calcaire ou d argiles. De même, les fibres de verre sont employées dans le bâtiment mais aussi dans le textile et l industrie électrique. Dans cet ensemble, les produits de la filière béton - granulats et ciment, qui permettent de produire notamment du béton prêt à l emploi et des éléments en béton - occupent une place particulière. Malgré l existence de produits concurrents, la construction en béton domine globalement en France et les granulats sont difficilement substituables dans les ouvrages de viabilité.
Les matériaux de construction Les ressources des matériaux de construction 34 milliards d'euros en 003 Marges de transport Marges commerciales Importations 7 4 6 % 1 % 11 % 9 % 10 % 13 % 14 % Les consommations intermédiaires pour la production de matériaux 13 milliards d'euros en 003 1 1 Énergie Biens intermédiaires divers Équipements mécaniques divers Services aux entreprises 15 % Autres produits Production 1 6 % 39 % 5 Matériaux de construction Note de lecture : ces résultats de comptabilité nationale, diffusés au niveau 118 de la nomenclature d activités française, ne sont disponibles que sur un champ un peu plus large que celui de cette étude. En conséquence, les résultats en valeur - en particulier la production et les importations - ne peuvent pas être comparés à ceux de la partie consacrée à l analyse financière du secteur. Insee, comptes nationaux, base 000 - Résultat des transformations successives par des entreprises du secteur, les matériaux de construction eux-mêmes représentent près de 40 % des consommations intermédiaires de la branche selon la comptabilité nationale.
Les utilisations des matériaux de construction 34 milliards d'euros en 003 Les branches consommatrices de matériaux de construction 9 milliards d'euros en 003 Exportations Consommation des ménages 3 8 % 6 % 10 % 3 Travaux publics 17 % 5 Matériaux de construction 8 % 8 Autres branches Consommations intermédiaires 9 86 % 45 % 13 Bâtiment Note de lecture : ces résultats de comptabilité nationale, diffusés au niveau 118 de la nomenclature d activités française, ne sont disponibles que sur un champ un peu plus large que celui de cette l étude. Les résultats en valeur - en particulier les exportations - ne peuvent donc pas être comparés à ceux de la partie consacrée à l analyse financière du secteur. Insee, comptes nationaux, base 000 - Les produits de la construction sont très peu destinés à une consommation directe par les ménages. Ils sont avant tout utilisés par les entreprises de divers secteurs, en l état ou après transformations. Avec 45 % des débouchés, le bâtiment en est le premier consommateur. La construction (bâtiment et travaux publics) et les matériaux eux-mêmes - pour transformation des produits d extraction - constituent près des trois quarts des débouchés de ces produits. L usage par d autres industries (papier, verre, céramique, sidérurgie ) est donc finalement modeste et se limite à quelques produits (calcaire, argiles ).
Les matériaux de construction Une forte dépendance vis-à-vis de la construction La construction, c est-à-dire l ensemble du bâtiment et des travaux publics, constitue le principal débouché des matériaux. Leur rythme de production - grandement dépendant de celui de la construction, avec ses propres déterminants - est donc en partie déconnecté du comportement du reste de l industrie. La construction est essentiellement un marché de proximité, une caractéristique à laquelle s adaptent les producteurs comme les distributeurs de matériaux. Certes, le marché international du BTP (à l échelle européenne pour les acteurs de ce continent) ne cesse de progresser. Mais le marché français reste encore très éclaté, essentiellement nourri d artisans et de PME. En conséquence, la plupart des matériaux de construction s écoule sur des marchés locaux. Pour leur production ou leur distribution, de grandes entreprises internationalisées se distinguent néanmoins. Cette globalisation s explique notamment par la nécessité de développer des savoir-faire au plan mondial, même s ils se déclinent localement. Pour autant, du fait même du caractère pondéreux de certains produits ou d exigences de rapidité de livraison de clients du BTP, le commerce extérieur de ces produits reste limité. L évolution des exigences réglementaires et normatives ou les nouveaux besoins exprimés par les utilisateurs ont des répercussions sur les techniques de construction, les matériaux employés et la manière de les assembler. Les exigences concernant l isolation thermique et acoustique du bâti ou la protection de la santé des utilisateurs et des metteurs en œuvre sont ainsi de plus en plus élevées. D autre part, les entreprises du bâtiment souhaitent réduire la durée des chantiers ; les produits qu elles emploient y contribuent. Les producteurs de matériaux, le plus souvent des filiales de grands groupes, innovent donc afin de proposer des produits plus adaptés aux demandes des utilisateurs. Désormais, les matériaux de construction ne sont plus considérés comme des données de base mais plutôt comme des réponses à des cahiers des charges fonctionnels. Le poids important des très petites entreprises Quelque 5 800 entreprises de toutes tailles œuvrent dans le secteur des matériaux de construction. Elles emploient 95 000 personnes et génèrent un chiffre d affaires de 0 milliards d euros environ en 004. La plupart d entre elles sont de très petites entreprises - de moins de 0 salariés - dont le poids dans l effectif ou le chiffre d affaires du secteur est plus élevé que dans l ensemble de l industrie, en particulier dans les activités extractives. Pour autant, les groupes d entreprises sont aussi très présents, ce qui est loin d être contradictoire. Ces groupes se sont en effet constitués par le regroupement de petites entreprises, une logique encore de mise aujourd hui dans certains secteurs à faible concentration.
La production nécessite un certain savoir-faire et, pour certains produits, des techniques évoluées et des investissements très importants. Les entreprises du secteur sont donc pour l essentiel spécialisées et peu diversifiées. Rares sont les entreprises extérieures au secteur qui ont une activité secondaire de production de matériaux. Les entreprises du secteur affichent en moyenne des niveaux de rentabilité et de profitabilité plus élevés que l ensemble de l industrie. Elles dégagent une capacité d autofinancement élevée qui leur permet de financer leur politique d investissement sans recourir majoritairement à des capitaux externes et ainsi d afficher un faible endettement. Intégrer les problématiques du développement durable Du fait de contraintes réglementaires ou de leur propre initiative, les industriels du secteur intègrent de plus en plus la protection des richesses naturelles dans leurs processus de production. Ils agissent entre autres pour limiter les émissions de gaz à effet de serre des installations et les nuisances environnementales résultant de l exploitation des carrières. La longue histoire des matériaux : des pyramides aux exploits techniques du XXI ème siècle De nombreux matériaux encore très prisés de nos jours étaient déjà utilisés dans l Antiquité. L emploi de la chaux est même attesté dès l âge de bronze, soit environ 000 ans avant l ère chrétienne, sur certains sites archéologiques. La pierre bien sûr, mais aussi la brique pleine, sont d un usage très ancien. Les ciments hydrauliques furent quant à eux d abord inventés par les Égyptiens puis améliorés par les civilisations suivantes. Jusqu à l Époque moderne, le ciment est un liant, souvent une chaux, additionnée d adjuvants comme des tuiles et briques concassées. Il ne prend son acception contemporaine qu au XIX ème siècle lorsque Louis Vicat identifie le phénomène d hydraulicité des chaux en 1817 et celle des ciments en 1840. À la fin du XIX ème siècle est mis au point le béton, associé en 198 à l acier pour constituer le béton précontraint. Ce produit sera sans cesse amélioré et dispose encore aujourd hui d une importante marge de progression technologique. D autres matériaux ont en revanche été découverts ou ne se sont développés que plus récemment. Si les Égyptiens se servaient déjà du plâtre pour assembler les pierres des édifices dans la Vallée des Rois, la technologie de la plaque de plâtre ne date que du XX ème siècle. De même, ce que nous appelons aujourd hui laine de verre a été inventée au milieu du siècle dernier.