UTILISATION DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES
Avant-propos: Le sol est un milieu vivant et fragile en constante évolution. On pourra l améliorer ou le détruire en fonction des actions que l on effectuera sur lui. 1) Reconnaître rapidement son sol: APPRECIATION DU TYPE DE SOL : Test tactile (méthode approximative) Ce test consiste à manipuler un peu de sol sec ou humide et à noter ses caractéristiques. Texture du sol Sol sec Sol humide Sols sableux Sols limoneux Sols argileux Les grains de sables sont visibles à l'œil nu. Le sol coule entre les doigts comme du sucre. Le sol est très granuleux et abrasif. Le sol a une apparence poudreuse ou farineuse. Le sol est doux au toucher. Le sol est formé de mottes très dures, difficiles à briser. Le sol se modèle très difficilement, il se brise au toucher. Le sol ne colle pas entre les doigts; il est rude et abrasif au toucher. Le sol est très doux et glissant comme du savon. Il est possible de former un ruban avec la terre en la roulant entre les mains ; le ruban se casse si on essaie de le plier. Le sol est peu collant. Le sol est très collant; il est lisse et brillant. Le sol se modèle très facilement; il est possible de former de longs rubans flexibles en roulant la terre entre les mains.
2) Règles de base avant de travailler le sol: a) Ne pas travailler en sol trop humide surtout si le sol est à dominante argileuse ou limoneuse car : on risque de créer une semelle de labour (couche rendue lisse et imperméable au niveau de l action des fraises, à 20cm de profondeur environ) si on utilise une motobineuse. pour une terre argileuse, le risque est de compacter la terre. b) Ne jamais laisser un sol à nu car: le soleil détruit la vie microbienne. Sans leur présence la matière organique du sol ne sera pas transformée en humus. la terre s assèche rapidement. à la suite d une averse, il y a un risque d apparition d une croûte de battance (pellicule à la surface du sol qui empêche l eau de s infiltrer et aux graines de germer) en sol limoneux. un sol mis à nu a pour effet la germination rapide des mauvaises herbes. Risque d érosion Terre argileuse sèche Croûte de battance
Quelques chiffres: Le taux d érosion -au Canada: 4t/ha/an de terres perdues -en Espagne: 33t/ha/an L érosion: est le phénomène naturel qui consiste en la perte de la couche superficielle du sol par l eau et par le vent. Au lieu d avoir, une fusion entre argiles et humus, on a une séparation de ces éléments et une dégradation. Certains éléments comme le calcium et le magnésium vont être emportés. De son côté, l humus non protégé par l argile sera soumis à l attaque microbienne et au lessivage. Tout le complexe argilo-humique qui permettait la naissance et l épanouissement des sols disparaît et le sol entre dans la voie de désertification -certaines régions des États-unis et d Europe: 200t/ha/an (source INRA) 17% de la surface du territoire européen soumis à l érosion, soit 26 millions d hectares (source CE)
3) Faut-il retourner le sol? Les avantages: Il permet d ameublir la terre en prévision d un semis ou d une plantation. Il permet d enfouir les engrais ou le compost. Il permet d enfouir rapidement le couvert végétal, qu il soit constitué de mauvaises herbes, des restes d une précédente culture ou d un engrais vert. Pour une question esthétique. Les inconvénients: On détruit la vie du sol. On fait remonter à la surface des graines de mauvaises herbes. C est un travail pénible. On multiplie le nombre de chiendents, chardons, oxalis, liserons en les bouturant. Remarque: Les micro-organismes et les vers de terre font le travail d assimilation du compost.
4) Méthodes avec retournement de terre: a) La motobineuse: Les avantages: Travail rapide. Peu fatiguant. Intéressant pour remettre en état rapidement une parcelle fortement enherbée. Les inconvénients: Coût élevé (à partir de 300 + essence et entretien). A déplacer régulièrement. Risque de multiplication des mauvaises herbes très élevé. Destruction de la vie du sol. Création d une semelle de labour en sols limoneux/argileux. b) La bêche ou la fourche à bêche: Les avantages: Coût très faible (30 ). Permet d enlever entièrement les mauvaises herbes les plus tenaces. Destruction limitée de la vie du sol. Les inconvénients: Très pénible et long.
5) Les méthodes sans retournement de terre: La grelinette: Elle sert à ameublir le sol en profondeur sans bouleverser la structure des couches du sol et sans se faire mal au dos. Semis sur compost: Après avoir épandu 1cm de compost sur le sol, on sème. Ainsi seules les graines semées vont germer, car le compost lors de sa fabrication monte en température et élimine les graines de mauvaises herbes. Le semis direct sous paillis: Consiste à semer sous un paillage, sans travail du sol, ou en grattant superficiellement pour un semis. Constamment à l abri, la terre n a pas besoin d être ameublie, ni désherbée. Pour une culture de printemps, on peut ameublir la terre en disposant une épaisse couche de feuilles mortes broyées, à l automne. La seule contrainte est de veiller à maîtriser la population de limaces.
Exemple de rotation culturale avec peu ou sans travail de sol: Été travail Automne/hiver tomates paillage fèves haricots grelinette pour enlever les mauvaises herbes. Ajout d 1cm de compost. poireaux/épinards/choux Pommes de terre Paillage Fèves/engrais verts Aubergines/poivrons paillage ail/oignons Conclusion: Les sols sont un élément essentiel de la biodiversité. De leur qualité et de leur préservation dépend une bonne récolte. Pourquoi? Tout d abord parce que 80% de la biomasse vivante s épanouit dans le sol. Il y a toute une vie souterraine sous nos pieds. Le sol s oxygène et de l humus se forme. Le sol contient un véritable écosystème fait d un mélange de matières minérales et organiques : Racines, microbes, champignons, lombrics, prolifèrent et rythme la respiration du sol, le protège et le font vivre. L agriculture moderne est la cause majeure de la dégradation des sols que l on constate quasiment partout. En effet, cette agriculture intensive que nous connaissons ne considère le sol que comme une matière inerte sans faire attention à sa dimension vivante. Quand on laboure à plus de 10 cm de profondeur, on perturbe fortement l équilibre de la vie souterraine. Le labourage contribue à tasser les sols, ce qui a pour conséquence que le sol sera moins aéré, l oxygène ayant plus de mal à pénétrer. L humus s appauvrit. Alors que normalement un hectare de sol absorbe 4 tonnes de C0 2 de l atmosphère, un hectare labouré émet 1 tonne de C0 2. De plus, les pesticides ont tendance à éliminer toute la faune souterraine, souvent invisible. Avec le labour qui appauvrit le sol en complexe argilo-humique, l utilisation intensive d engrais chimiques favorisent la pollution des cours d eau et des nappes phréatiques par ruissellements et lessivages. Autrement dit, plus on labour et emploie d engrais, plus on pollue l eau et plus on a tendance à ajouter encore plus d engrais Il est temps, même à notre dimension de petits jardiniers, de prendre en compte le sol et sa dimension vivante afin de récolter de meilleurs légumes avec un moindre effort et en limitant nos effets négatifs sur l environnement.
Sources Les matières organiques des sols, rôles agronomiques et environnementaux de Raoul Calvet éditions Lavoisier 2011 Guide du nouveau jardinage de Dominique Soltner collection sciences et techniques agricoles 2010 Le Truffaut du jardin écologique éditions Larousse 2008 Le sol vivant, base de pédologie, biologie de Jean-Michel Gobat éditions Presses Polytechniques et Universitaires Romandes 2003 Le sol, la terre et les champs de Claude Bourguignon éditions Sang de la terre 2002 www.inra.fr