Croissance contrastée de l emploi dans le secteur IT romand L édition 2013 de notre étude révèle une augmentation moyenne relativement faible des emplois en Suisse romande dans les entreprises IT. Certains fournisseurs tirent cependant leur épingle du jeu et enregistrent des croissances à deux chiffres. L autre volet de notre étude concerne cette année l activité à l export des sociétés IT suisses. Rodolphe Koller Voici déjà la quatrième édition de notre étude «Top100 de l informatique romande» réalisée en collaboration avec le cluster Alp ICT et qui Données clés 243 entreprises IT participantes employant 11 522 collaborateurs 206 entreprises suisses, dont 170 romandes, et 37 sociétés étrangères 83% des emplois situés dans les cantons de Vaud et Genève Augmentation moyenne de 1,8% des effectifs entre 2012 et 2013 Tendances technologiques prioritaires: le cloud et les terminaux mobiles scrute le développement des emplois dans le secteur IT romand. Notre enquête 2013 s enrichit d un volet export développé en partenariat avec Switzerland Global Enterprise anciennement Osec dont les résultats sont présentés à partir de la page 23. Près de 250 entreprises employant plus de 11 500 collaborateurs ont participé cette année à notre enquête. En moyenne, elles ont vu leur personnel augmenter de 1,8% avec toutefois de grandes différences. Ces dernières s expliquent avant tout par le «parcours» individuel de chaque société. Statistiquement, on constate néanmoins une croissance des emplois plus forte chez les prestataires IT proposant des services d hébergement et de location de personnel (bodyleasing) et une réduction des effectifs chez les fabricants de matériel. La répartition des emplois entre les cantons est relativement stable, Vaud et Genève continuant de concentrer quatre emplois sur cinq dans le secteur IT romand. Par ailleurs, deux trends déjà signalés l an dernier se confirment: d une part, l augmentation du personnel basé en Suisse romande dans les entreprises IT suisses, alors que celui-ci diminue chez les multinationales du secteur. D autre part, la diminution du nombre de personnes travaillant dans des structures de moins de 30 employés, au profit de plus grandes organisations Les «vainqueurs» 2013 Bien que notre étude n ait pas pour objet de désigner des lauréats, certaines sociétés se distinguent. Au sommet du classement d abord, HP supplante IBM pour la première 4 16
EN COLLABORATION AVEC + classement Les 100 plus gros employeurs du secteur IT romand en 2013 1 Hewlett Packard (*) 520 + 2 IBM (*) 510-3 Veltigroup 392 + 4 blue-infinity 372 + 5 Crédit Agricole (**) 305 + 6 ELCA Informatique 295 = 7 Orange Business Services 253-8 Autodesk 250 + Logitech 250-10 Swisscom IT Services 231 + 11 Altran Infolearn 220 = 12 Dell 200 + 13 ERI Bancaire 180 + 14 Amaris 165 + 15 Cambridge Technology Partners 160 = Cisco Systems 160 = CROSS 160-18 SAP 156 + 19 TeamWork management 155 + 20 ITECOR international 137 + 21 AiM Services 130 + 22 Canon 121-23 SolvAxis 120 + Sterci 120-25 TI Informatique 116 + 26 Qim info 114 + 27 Bechtle 113 + 28 Antaes Consulting 108 + 29 Informatique-MTF 100 + SunGard 100-31 Devillard 97-32 SQLI 96 + Connectis 96 = évolution 20112 2013 34 Solog 92 N/A 35 ilem 91-36 Sogeti 90 + Sword Services 90 = 38 SOPRA Informatique 87 + 39 New Access 86 + 40 Business Sunrise 85 + API 85 + 42 Globaz 83 + 43 alltitude 82 + 44 Serial 80 + VTX (*) 80 N/A 46 Dialogue Logique 76 + CISEL Informatique 76 + 48 Steria 75 + Darest Informatic 75-50 ID Informatique Développement 62 + 51 Pro-Data LGI 60 + MTF Quadra 60-53 Virtua 59 + 54 Proactive Partners 58-55 Hortis 56 + 56 Microsoft 55 + 57 Cognizant 53 + Infoteam 53 + 59 Trivadis 51 + 60 Syspro 50 + Neo technologies 50 + Exel Informatique 50 + Novative 50 = 64 NEXThink 48 + 65 Simalaya 47 + Dimension Data 47-67 Kalyss 46 + Answer.Sa 46-69 DL Groupe GMG 45 + SH Sàrl 45 + Orbium 45 + Abissa Informatique 45 + René Faigle 45-74 Camptocamp 42 + EMC Computer Systems 42-76 Business Decision 41-77 Brocade Communications 40 + SmartWave 40 = Interoute 40 = SII Services 40 = Clio 40 - Ofisa Informatique 40 - Bedag 40-84 Liip 38 + Altea Business Services 38 + 86 BeMore 35 + Uditis 35 + DFI Service 35 + Logico 35 = 90 Tebicom 32 + Advances Informatique 32 = 92 La Gestion Electronique 31 + 93 Digicomp 30 = évolution 20112 2013 Telecom Systems 30 = BMC Société de Services Informatiques 30-96 Safe Host 29 + 97 Webdoc 28 + dbi services 28 + Itris Maintenance 28 + 100 WISeKey 27 + (*) estimation ICTjournal (**) uniquement l'activité informatique (CA-PBS) 17
emplois EN COLLABORATION AVEC Les plus fortes croissances croissance par rapport à 2012 absolue absolue en % Swisscom IT Services 231 +67 +41% blue-infinity 372 +53 +17% Veltigroup 392 +41 +12% Business Sunrise 85 +18 +27% NEXThink 48 +17 +55% Evolution des emplois selon l'origine et la taille des sociétés Fotolia 4fois depuis que nous conduisons le Top100, en raison du départ de 80 collaborateurs qui ont rejoint la Banque Cantonale Vaudoise, suite à sa décision de réintégrer le développement de sa plateforme bancaire. En troisième et quatrième positions, les prestataires IT romands Veltigroup et blue-infinity continuent de croître. Veltigroup a engagé une quarantaine de collaborateurs l an dernier et a presque doublé sa taille depuis 2009. Quant à blueinfinity, une cinquantaine d employés l ont rejoint depuis 2012 et il affiche une progression de près de 50% en quatre ans. A signaler aussi le développement rapide de Nexthink, qui a engagé 17 collaborateurs en une année, soit une augmentation de plus de 50% de son personnel. Idem pour Swisscom IT Services dont la présence en Suisse romande se développe à un rythme soutenu. En une année, la filiale informatique de l opérateur a gagné près de 70 collaborateurs dans la région et cinq rangs dans notre classement pour se hisser désormais en 10ème position. Répartition des employés du secteur IT selon leur lieu de travail Contexte économique favorable, mais L économie suisse n a guère été affectée par la crise provenant de l étranger ces dernières années, avec une croissance supérieure à celle de nos voisins. Les analystes de Crédit Suisse expliquent notamment cette résistance par la très bonne tenue de l économie domestique, laquelle a à son tour favorisé les emplois. La stabilité de l emploi dans la branche mesurée dans notre étude reflète ce «supercycle», sachant que la plupart des sociétés IT présentes en Suisse romande vivent principalement des solutions et services vendus à des 4 18
cantons EN COLLABORATION AVEC Les 5 plus gros employeurs par canton Fribourg 1 Informatique-MTF 100 2 Swisscom IT Services 94 3 Infoteam 51 4 CISEL Informatique 46 5 Tebicom 32 Fotolia 4entreprises locales. Ceci alors que la Suisse romande enregistre ces dernières années une croissance supérieure à la moyenne suisse. Ce contexte propice devrait se poursuivre en 2014 avec une hausse de 2,0% du PIB réel en Suisse (selon Crédit Suisse), et même de 2,3% en Suisse romande (selon l institut Créa). Si cet environnement est globalement favorable, deux phénomènes méritent l attention de la branche IT romande. Tout d abord, l incertitude concernant le secteur bancaire et plus particulièrement la banque privée qui représente une part importante des revenus de plusieurs prestataires IT romands. L autre question concerne l attractivité future de la région pour des multinationales, notamment informatiques. Le départ de Yahoo est à cet égard un signal d alarme. La tête dans le cloud En ce qui concerne le secteur IT suisse, celuici a enregistré un ralentissement de sa croissance au troisième trimestre 2013, lié tant à la baisse de la demande qu à l érosion des prix, selon l index Swico. Ce ralentissement concerne en revanche dans une moindre mesure les prestataires de services qui tireraient leur épingle du jeu grâce au développement du cloud computing et des services managés. Le cloud est d ailleurs la tendance technologique la plus citée cette année par les entreprises du Top 100. Comme en 2011 et en 2012, deux sociétés IT sur cinq jugent que le cloud a un impact important sur leurs affaires. Après un bond l an dernier, la mobilité se retrouve à la seconde place des tendances mentionnées. Les deux plus fortes progressions concernent l analyse de données et les systèmes optimi-4 Genève 1 blue-infinity 263 2 IBM (*) 255 3 Orange Business Services 253 4 Dell 190 5 ERI Bancaire 180 Jura 1 Globaz 83 2 dbi services 28 3 Artionet 16 4 Jinfo 9 5 Wiser telecom 5 Neuchâtel 1 Autodesk Development 250 2 ID Informatique Développement 37 3 Uditis 33 4 Pro-Data LGI 15 5 Altea Business Services 15 Valais 1 TI Informatique 99 2 La Gestion Electronique 29 3 Dialogue Logique 26 4 Cortex-IT 20 5 API 20 Vaud 1 Veltigroup 290 2 ELCA Informatique 264 3 IBM (*) 255 4 Crédit Agricole (Suisse) 240 5 Cambridge Technology Partners 160 Berne (partie francophone) 1 SolvAxis 87 2 Swisscom IT Services 70 3 Logico 25 4 TeamWork management 25 5 ABACUS Research 11 20
EN COLLABORATION AVEC tendances Facteurs ayant le plus d'impact sur les entreprises IT romandes (3 réponses par entreprise) 4sés combinant hardware et software des infrastructures notamment utilisées pour le déploiement de clouds privés. Le web 2.0 continue d être une tendance majeure pour une entreprise IT sur cinq. En revanche, le green IT dégringole et n est plus mentionné que par 5% des fournisseurs informatiques c est deux fois moins qu en 2011. < Fotolia Publicité
Entrerpises IT: pourquoi et comment elles exportent Notre enquête le démontre: la Suisse est un pays exportateur et le secteur informatique romand ne déroge pas à la règle. Les sociétés IT de la région exportent principalement des services vers les pays voisins. Quant aux obstacles: le franc fort, la concurrence locale, mais aussi la difficulté à trouver des partenaires. Rodolphe Koller A l invitation de nos partenaires Alp ICT et Switzerland Global Enterprise, notre enquête 2013 s est intéressée à l activité exportatrice des sociétés IT suisses établies dans la région. Et le premier résultat de Activité à l'export des sociétés IT suisses notre sondage est clair: une large majorité d entre elles réalisent des ventes à l étranger, qu il s agisse de projets opportunistes ou d une activité réellement stratégique. Seul un quart des fournisseurs IT sondés n envisagent pas de vendre leurs solutions et services hors de nos frontières. Des motivations diverses Le secteur IT ne fait ainsi pas figure d exception dans le paysage économique suisse, même si les motivations à exporter diffèrent d une entreprise à l autre. Pour certaines, il s agit de «suivre» leur clientèle elle-même exportatrice et présente à l étranger. Pour d autres qui s adressent à des marchés de niche, notamment dans le domaine des logiciels bancaires, la croissance passe obligatoirement par l expansion internationale. A tort ou à raison, d autres sociétés romandes voient enfin dans le marché français, une région d expansion plus aisée que le marché alémanique, pour des raisons linguistiques et culturelles. Exportation de services dans les pays frontaliers L Europe et plus particulièrement les pays frontaliers sont les destinations d exportation Suite en page 25 4 23
export EN COLLABORATION AVEC «Les entreprises ont beaucoup d a priori sur les pays où se développer» Pour Sylvain Jaccard, responsable romand de Switzerland Global Enterprise (anciennement OSEC), les résultats de l enquête sur l export réalisée dans le cadre du top 100 reflètent les inquiétudes et projets des entreprises qui viennent lui demander conseil en matière d exportation. Interview: Mélanie Haab Sur 200 sociétés IT suisses, trois quarts exportent aujourd hui, ou projettent d exporter, cela vous surprend? Ce chiffre est impressionnant. Tous secteurs confondus, on gagne un franc sur deux à l étranger. On sait que la PME doit souvent aller chercher des débouchés à l étranger, vu la petitesse du marché suisse. Les entreprises exportent principalement vers l UE, où l économie n est pas au beau fixe. Y a-t-il d autres marchés plus propices pour le secteur ICT? La proportion d exportation des entreprises ICT vers l UE est considérable, alors qu on est dans un domaine moins tangible que l industrie des machines, et que l espace géographique devrait avoir moins d importance. Quant à la situation économique, nous avons un effet retard. Il faut quelques années avant que le marché ne réagisse. Des investissements ont été effectués dans ces marchés, on ne peut pas s en retirer du jour au lendemain. L entrepreneur a entendu «C est passager» puis «Il faut aller voir ailleurs». Et il doit prendre la décision de retirer ses investissements ou non. Depuis trois ans, nous leur recommandons de profiter de cette situation pour s intéresser également à d autres marchés, par exemple l Asie du Sud-Est et l Amérique du Sud, ou l Europe de l Est. Dans des pays qui mettent en place la législation européenne, mais qui sont hors zone Euro. Par ailleurs, nous venons de signer un accord de libreéchange avec la Chine. En quatre ans, nous y avons doublé nos exportations, ce qui est énorme. On arrive à présent à 4,5% du total des exportations, même si l on est loin des 60% vers l Europe. Est-il plus facile pour les sociétés ICT romandes de s installer en Suisse allemande qu en France? Ces deux marchés sont très différents. Nous recommandons aux entreprises de faire leurs armes en Suisse, car on reste dans un environnement législatif et commercial connu. Sylvain Jaccard, responsable romand de Switzerland Global Enterprise, recommande aux entreprises qui souhaitent s établir à l étranger de prospecter de nouveaux pays. Les investissements sont moindres. Mais le marché suisse alémanique est un marché en tant que tel, avec les mêmes difficultés que si on allait en Allemagne. Ce n est pas parce que Zurich est dans le même pays que ce sera plus facile. Les entreprises ont l a priori que la France est un équivalent du marché romand, et que l on peut y commercialiser son offre, avec quelques adaptations. Certes, on parle la même langue et on est plus proche culturellement, mais c est loin d être évident. L obstacle principal mentionné par les sociétés qui envisagent d exporter est de trouver le bon canal de commercialisation. Qu en pensez-vous? Cette réponse ne me surprend pas. Quand on s établit sur le marché international, on se demande si le modèle est adapté au payscible. Est-ce que j y vais avec ma propre force de vente, est-ce que j ouvre une filiale avec du personnel local, est-ce que je fais une joint venture? Ce processus prend du temps. Une erreur à ce niveau-là est lourde de conséquences. Il faut définir le bon canal, puis trouver les bons partenaires au sein de ce canal. Mais visiblement, cela n est pas un problème pour les entreprises qui exportent déjà. Les entreprises qui exportent déjà ont l expérience, elles peuvent rebondir d un pays à l autre. Mais elles sont passées par les mêmes obstacles au début. Les entreprises qui aimeraient exporter ont beaucoup d a priori sur les pays où se développer. Un autre obstacle mentionné est la hauteur des investissements. Combien faut-il de temps à une entreprise pour retrouver l argent qu elle a investi pour l export? Cela dépend des pays. Lorsqu une PME se développe au Brésil, elle aura peut-être besoin de trois ou quatre ans avant de gagner son premier franc. Sur le marché japonais, cela peut prendre plus de temps pour développer la confiance des partenaires, mais ensuite, c est pour la vie. Sur le marché américain, les choses bougent plus vite, donc on peut par exemple faire une joint venture avec des investissements faibles. Mais l on n entre pas sur un nouveau marché en trois mois. Cela prend des années. Même pour la France, l Allemagne ou l Italie. Les obstacles identifiés dans notre sondage sont les mêmes que ceux rencontrés par les PME d autres secteurs qui vous consultent? Tout à fait. Mise à part l effet conjoncturel du franc fort (même s il dure), les autres obstacles restent les mêmes depuis des années, trouver le bon canal, les investissements, le timing... Nous aidons les entreprises sur plusieurs niveaux: le principal est de trouver les bons partenaires commerciaux et ouvrir la porte auprès d eux pour la PME suisse. Un autre concerne le passage en douane, la certification d un produit selon la législation du pays, la TVA, les impôts, l administratif. Un soutien est également fourni pour la compréhension d un accord de libre-échange. Nous leur expliquons ces accords trop méconnus qui facilitent pourtant la vie de l entrepreneur en termes de réglementations trop tatillonnes. < 24
EN COLLABORATION AVEC export Pays d'exportation des sociétés IT suisses 4Suite de la page 23 les plus fréquentes des sociétés IT sondées, avec une prédominance de la France, qui s explique par la surpondération de sociétés romandes dans notre enquête. Un résultat conforme aux autres branches puisque, tous secteurs confondus, l Allemagne (95%) et la France (54%) sont les principaux pays vers lesquels les entreprises suisses exportent, selon le baromètre de Crédit Suisse et Switzerland Global Enterprise. L analyse de ce qu exportent les entreprises sondées mérite deux constats. D une part, le fait que les services sont le premier «bien» d exportation des sociétés IT, et ce malgré le niveau des salaires en Suisse. D autre part, la surreprésentation des logiciels: 60% des entreprises actives à l étranger y vendent leurs logiciels, alors que seulement 40% des sociétés IT romandes en produisent. Sans doute parce que les logiciels sont plus aisés à exporter que les services et parce que, pour une majorité des éditeurs, la rentabilité requiert un volume de ventes inatteignable sur le seul marché suisse. 4 Publicité 25
export EN COLLABORATION AVEC Ce que les sociétés IT suisses exportent Fotolia Canaux de commercialisation employés à l'export 4Franc fort et concurrence locale Le secteur informatique n échappe pas au phénomène du franc fort. La concurrence locale et la cherté du franc sont les obstacles à l export les plus souvent mentionnés par les entreprises IT sondées dans notre étude. Le franc fort n est en revanche que rarement considéré comme un frein par les sociétés qui envisagent de démarrer une activité exportatrice. Dans cette phase exploratoire, leur principale difficulté consiste à choisir le bon canal de commercialisation. En la matière, les entreprises IT déjà exportatrices privilégient d abord des équipes de vente basée en Suisse, puis par des partenaires revendeurs. Environ un quart des entreprises actives à l export ont établi une ou plusieurs filiales à l étranger. Perspectives Les perspectives à l export des PME suisses sont positives dans tous les secteurs, selon le dernier baromètre trimestriel de Switzerland Global Enterprise et Crédit Suisse. L établissement bancaire table sur une augmentation de 5% des exportations en 2014 (contre 2% cette année), grâce à la reprise économique dans les pays acheteurs, qui pourrait combler le ralentissement de la croissance domestique. Les sociétés IT exportatrices sondées dans notre étude sont d ailleurs 40% à juger que leurs exportations augmenteront plus rapidement que leurs ventes en Suisse. Les moteurs de cette croissance sont connus et semblables quelle que soit la branche. Pour 54% des PME interrogées par Crédit Suisse, c est l innovation qui fait progresser leurs ventes à l export, et pour 44% d entre elles, ce sont des efforts de marketing plus soutenus. < Principaux obstacles rencontrés à l'export 26
EN COLLABORATION AVEC export Export: ce qu'en disent les responsables d'entreprises IT Créée en 1995, Fastnet fournit toute une gamme de services internet intégrés. Olivier Bourgeois, l un des fondateurs en est le CEO. Qu'est-ce qui vous a motivé à développer vos affaires à l'étranger? Notre produit doit être diffusé mondialement pour atteindre ses objectifs. La Suisse est un marché beaucoup trop petit, que nous avons déjà couvert fortement. Comment voyez-vous cette activité se développer? Notre croissance à l'export est très forte (plus de 25% par an), mais la répartition géographique dépend beaucoup de la conjoncture économique locale. Depuis une année, nos ventes augmentent fortement aux USA, alors qu elles sont en baisse en Europe. Quelles sont les principales difficultés à l'export pour une société IT suisse? Une PME suisse n'a pas les moyens de commercialiser directement ses produits à l'échelle mondiale et elle doit s'appuyer sur de bons partenaires distributeurs et revendeurs. L'aide économique suisse est bien développée, mais peu adaptée aux besoins des petites sociétés en ce qui concerne la mise en relation avec des partenaires potentiels. Quels sont vos atouts pour vous développer à l'étranger? Aujourd'hui, un avantage stratégique est lié au fait que notre produit n est ni fermé, ni sous contrôle US ou israélien, garantissant ainsi une parfaite confidentialité du traitement des données. La société jurassienne SolvAxis remporte un franc succès avec son ERP ProConcept. Pierre-Alain Schnegg, son CEO, s en réjouit. Qu'est-ce qui vous a motivé à développer vos affaires à l'étranger? Notre stratégie est de suivre nos clients partout où ils ont besoin de notre soutien et de notre expertise. Nous avons pour cela mise en place une structure en Asie. Cette stratégie d accompagnement nous a permis de déployer notre ERP dans plus de 30 pays. Nous développons également nos activités en direct sur le marché français et plus particulièrement sur les zones frontalières. Quelles sont les principales difficultés à l'export pour une société IT suisse? Il est important d'avoir une réponse adéquate aux problématiques des clients. Une parfaite connaissance des spécificités locales tant législatives, linguistiques que culturelles est primordiale. Une présence physique dans ces zones est également indispensable. Quelles adaptations sont nécessaires? Tout d'abord l'erp doit répondre au cadre légal ainsi qu'au mode de fonctionnement du pays. Il est également important d'avoir une offre en adéquation avec les attentes des utilisateurs concernés. Les approches, les processus de validation et de décision doivent également être respectés. Rémy Tzaud est Business Development Manager chez l éditeur de logiciels de gestion valaisan TI-Informatique. Qu'est-ce qui vous a motivé à développer vos affaires à l'étranger? Nos premiers pas à l'étranger datent de bientôt 20 ans, lorsque deux de nos fournisseurs ont souhaité lancer leur propre société à Lyon. Nous y avons immédiatement vu l'opportunité de distribuer notre solution de GED, avec l'avantage de disposer d'un produit relativement peu soumis aux contraintes légales étrangères. L'exportation de nos logiciels s'est ensuite développée au Benelux et, plus récemment, au Canada. Quelle est l'importance des exports dans votre entreprise? Les marchés internationaux représentent un peu moins de 25% du CA de notre groupe. Ils nous imposent une forte réactivité à tous les niveaux, notamment de par une concurrence beaucoup plus forte. Notre suite logicielle a profité de la dynamique induite par cette diversification géographique. Quelles sont les principales difficultés à l'export pour une société IT suisse? Toute commercialisation implique une parfaite compréhension du tissu économique, de ses contraintes, de la concurrence et de son positionnement, de la culture, des tarifs, etc. Ces éléments nécessitent de fait une grande proximité alliée à une forte réactivité. L expert romand du cloud Syselcom démarre son expansion en Suisse alémanique, et songe à s installer à l étranger, selon son CEO Marc Boudriot. Où en êtes-vous dans vos réflexions quant au développement de vos affaires à l'étranger? Une cellule a été créée sous la direction d un de nos administrateurs, Olivier Vavasseur, spécialiste de ce genre de développements internationaux. Le business model n est pas encore totalement figé et nous nous concentrons sur la recherche de partenaires locaux. Plusieurs contacts sont en cours, principalement au Moyen-Orient qui est le marché nous ciblons en priorité. Quels sont les principaux défis que vous identifiez pour développer une activité export? Au-delà de l adéquation de nos produits et, dans certains cas, de leur adaptation, l établissement d un réseau de distributeurs et de revendeurs locaux, efficace et pertinent, représente clairement le plus gros défis de ce développement. Quels sont vos atouts pour vous développer à l'étranger? Les données d une entreprise représentent bien souvent un capital précieux quand il n est pas vital. En matière de «coffre-fort», la Suisse jouit d une réputation internationalement reconnue et, à l heure du cloud computing, le fait d offrir des produits et des solutions 100% suisses est un atout évident pour ceux qui recherchent ce genre de sécurité. 27