Croissance annuelle moyenne de la population active en France (en milliers)



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23 COMMENT PEUT-ON EXPLIQUER LE CHÔMAGE? A La population active augmente-t-elle trop vite? a) Le chômage : une population active supérieure à l'emploi 1. Au niveau d une économie nationale, le chômage apparaît lorsque la population active est supérieure à la population active occupée ou au nombre d emplois. En d autres termes, il y a du chômage lorsque l offre d emplois des entreprises est inférieure à la demande d emplois des salariés. Chômeurs Ainsi, en France, le chômage se développe à partir du milieu des années 1970 lorsque la croissance de la population active devient beaucoup plus rapide que celle des emplois. b) Les facteurs de l augmentation de la population active 2. Pour certains, c est du côté de la population active qu il faut trouver les causes du chômage. La population active est un stock de personnes qui disposent d un emploi ou en cherche un. Son augmentation dépend de trois facteurs : Les flux démographiques : la population active augmente rapidement lorsque les générations «pleines» du baby boom (1945-1965) sont entrées peu à peu sur le marché du travail pour remplacer les générations «creuses» de l entre-deux-guerres. A partir du milieu des années 2000, le nombre d actifs augmente de plus en plus faiblement au fur et à mesure que les générations du baby boom partent à la retraite et sont remplacées par des générations moins nombreuses nées dans les années 1980. Elle ne devrait plus progresser à partir de 2015 et se stabiliser autour de 28 millions d'actifs. Croissance annuelle moyenne de la population active en France (en milliers) Les flux migratoires : la population active augmente lorsque l immigration (entrée de personnes nées hors de France sur le territoire national) devient supérieure à l émigration (sortie du territoire de personnes résidentes en France). Cela a été le cas dans les années 1960 lorsque la France a fait appel à des travailleurs immigrés pour répondre aux besoins de main d œuvre peu qualifiée des entreprises. Depuis, le milieu des années 70, ce flux migratoire s est ralenti car il n a concerné que le regroupement familial. Seul un flux migratoire positif élevé de 150 000 personnes par an pourrait permettre à la population active de continuer d augmenter à partir de 2015 mais les prévisions table sur 100 000 personnes seulement.

Les facteurs sociologiques : trois éléments ont joué en sens inverse sur les variations de la population active : L activité féminine : à la fin des années 60, le modèle de la femme au foyer est devenu obsolète. Les femmes se sont dirigées massivement vers le marché du travail ce qui a fait augmenter la population active. Le maximum est atteint pour la génération née dans les années 1970. Le taux d activité féminin ne devrait plus beaucoup progresser pour les générations des années suivantes. L activité des jeunes : en sens inverse, les jeunes ont retardé leur entrée dans l emploi pour poursuivre leurs études, ce qui a diminué l augmentation de la population active. L activité des seniors : de même, l abaissement de l âge de la retraite en 1982 et le développement des préretraites ont joué à la baisse de la population active. Evolution de la population active Evolution de la population totale Législation sur l âge d entrée et de sortie de la vie active Comportements d activité des hommes et des femmes Structure par sexe et par âge de la population

TVAM de l'emploi 1959-2003 c) La population active n est pas responsable de la hausse du chômage 3. Peut-on rendre responsable les jeunes du baby-boom, les immigrés et les femmes de l augmentation du chômage? Cette thèse ne résiste pas à l examen des faits. Il n y a pas de corrélation entre la croissance démographique et le chômage. D une part, la croissance de la population active s est ralentie à partir du milieu des années 1990 sans que cela diminue le nombre de chômeurs. L arrivée des classes d âge «creuses» des années 70 sur le marché du travail et l arrêt partiel de l immigration n ont pas mis fin au chômage. De même, le départ à la retraite des classes d âge du baby boom d ici à 2015 n entraînera pas nécessairement une disparition du chômage. Ainsi, la décision de l Etat de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux empêchera les jeunes générations de remplacer poste pour poste le nombre de salariés partant à la retraite. D autre part, on peut observer que les Etats-Unis, qui ont une croissance démographique et une immigration beaucoup plus fortes que les pays européens, ont un taux de chômage plus faible car l expansion démographique est très favorable à la croissance de la production (population jeune, main d œuvre abondante, croissance des besoins ). Ce sont les pays qui ont connu la croissance de la population active la plus forte (Etats-Unis, Canada) qui ont également connu la croissance des emplois la plus élevée. Taux de croissance annuel moyen de la population active et des emplois (en %) Canada Etats- Unis Australie Suède Royaume-Uni Italie Japon France R² = 0,998 0 0,5 1 1,5 2 2,5 TVAM de la population active 1959-2003 Enfin, le chômage ne dépend pas seulement de la hausse de la population active mais aussi de celle des emplois. Or, il faut constater que la croissance des emplois s est ralentie en France à partir des années 1980. Il faut donc s interroger sur les raisons qui ont poussé les entreprises à ne pas créer suffisamment d emplois à partir de cette période. B Le progrès technique est-il destructeurs d'emplois? a) La relation entre gains de productivité et emplois 1. La création d emploi dépend à la fois de la croissance de la demande et de la croissance de la productivité. La demande correspond aux achats de biens et de services par les agents économiques. La productivité correspond à ce que produit un salarié en une heure ou dans une année. Si la demande double, il faudra, en théorie, deux fois plus de travailleurs pour produire. Mais, si la productivité des travailleurs en place dans l entreprise double, la création d emploi sera égale à zéro. Autrement dit, trois cas sont possibles : La hausse de la demande de biens et de services est supérieure à la hausse de la productivité des travailleurs. L entreprise doit créer des emplois pour satisfaire la demande. Hausse de la demande > Hausse de la productivité => création d'emplois La hausse de la demande de biens et de services est égale aux gains de productivité des salariés. La firme n a pas besoin de créer des emplois car la plus grande efficacité des salariés suffit pour répondre à la demande. Hausse de la demande = Hausse de la productivité => stagnation de l'emploi La hausse de la demande est inférieure à la hausse de la productivité des salariés. L entreprise va supprimer des emplois car elle n a pas besoin de la totalité des travailleurs pour satisfaire la demande. Hausse de la demande < Hausse de la productivité => destruction d'emplois

Evolution du nombre d emplois Evolution de la demande et du PIB Evolution de la durée annuelle du travail Evolution des gains de productivité b) Le progrès technique n est pas responsable du chômage 2. Aussi, certains accusent le progrès technique (la somme des innovations) d être responsable du chômage. En remplaçant les hommes par des machines, il serait responsable d une hausse trop rapide de la productivité. La machine détruirait l emploi. 3. Là encore, cette thèse est loin d être prouvée pour trois raisons : D une part, les gains de productivité diminuent en France depuis les années 1970. Ils ont augmenté de 5,8% par an entre 1950 et 1974 et de 2,5% par an entre 1990 et 2007. Ceci signifie que la productivité des salariés augmente moins rapidement. Il est donc difficile de parler d une accélération du progrès technique. D autre part, la hausse de la productivité a toujours été inférieure à celle de la demande. Il n y a donc pas eu de destructions d emplois en France depuis les années 50 (l'année 2009 étant une exception). L emploi a augmenté de 0,46% par an entre 1950 et 1974 et de 0,7% par an entre 1990 et 2007. La croissance est donc plus riche en emplois au moment où le chômage augmente. Cependant, ce sont les services qui ont créé des emplois alors que l agriculture et l industrie en détruisaient car leur productivité augmentait plus vite que leur production. Croissance annuelle moyenne de l'emploi, de la durée du travail et de la productivité horaire en France (en %)

Enfin, la durée annuelle du travail a eu tendance à diminuer (baisse de la durée légale du travail, hausse du nombre de semaines de congés payés...) ce qui a obligé les entreprises à compenser cette baisse par des embauches supplémentaires. Hypothèses de croissance de la production et de la productivité en France selon l Insee Hausse annuelle moyenne de la production ou de la demande en % Hausse de la productivité moyenne par salarié en % 1980-1990 1990-2002 2002-2015 2,5 1,9 2,0 1,9 0,8 1,5 Hausse des créations d emplois en % 0,6 1,1 0,5 (Source : BIPE, février 2006) L'économie française devrait continuer à créer des emplois + 0,5% par an entre 2002 et 2015) malgré le progrès technique. Les Etats-Unis, qui ont connu une forte hausse de la productivité dans les années 1990, liée à l essor des nouvelles technologies, ont crée de nombreux emplois grâce à une forte demande. En conséquence, il faut se demander pourquoi cette création d'emplois a été insuffisante pour résorber le chômage et pourquoi la croissance de la demande a été insuffisante pour créer un plus grand nombre d emplois en France. C Le coût du travail est-il responsable du chômage? a) - Un coût salarial trop élevé peut inciter les entreprises à réduire le nombre de salariés 1. Le coût salarial comprend le salaire net versé au salarié, les cotisations sociales qui y sont attachées et les frais de gestion de la main d'œuvre (embauche, licenciement...). Un coût salarial trop élevé peut conduire les entrepreneurs à réduire le nombre de leurs employés pour plusieurs raisons : D'une part, un coût du travail trop élevé diminue les profits des entreprises. Elles vont donc être tentées de substituer le capital au travail, c'est-à-dire de remplacer les hommes par des machines. Le développement de l'automatisation et la robotisation dans les industries et dans certains services ont effectivement réduit les emplois dans ces secteurs d'activité. D'autre part, la hausse du coût salarial devrait rendre les entreprises moins compétitives. Le coût du travail étant élevé en France, le prix des produits français devient plus élevé que celui des pays concurrents, en particulier les pays émergents (Chine, Inde, Brésil...). Les entreprises françaises vont donc être tentées de délocaliser leurs activités dans les pays à bas coûts. L'industrie textile française, l'industrie du jouet,...ont effectivement perdu des emplois parce qu'elles ont ouvert des usines dans les pays en développement. b) - Cependant, on ne peut pas expliquer le chômage par le coût salarial 2. Le coût salarial ne suffit pas à déterminer la profitabilité et la compétitivité d'une entreprise. En effet, si un salarié français coûte 5 fois plus cher qu'un travailleur chinois mais qu'il produit 10 fois plus de biens et de services dans le même temps qu'un chinois, le produit fabriqué coûte deux fois moins cher en France qu'en Chine. Il faut donc prendre en compte le coût salarial unitaire :

Coût salarial unitaire = Coût salarial horaire/nombre de produit réalisé en une heure 3. Or, il n'y a pas de corrélation entre le coût salarial unitaire des pays et leur taux de chômage. Le coût salarial d'un produit est 30% plus élevé au Danemark qu'en France. Pourtant, le Danemark a un chômage trois fois moins élevé que la France en 2006. De même, les allemands ont des coûts salariaux unitaires élevés mais cela ne les empêche pas d'avoir une économie très compétitive et un taux de chômage élevé. Coût horaire du travail, productivité du travail et taux de chômage en 2006 Indice du coût horaire du travail (100 = UE) Indice de la productivité horaire du travail (100 = UE) Indice du coût horaire unitaire (Coût/Productivité) Taux de chômage (en % des actifs) Etats-Unis 141 115 122,6 4,6 Japon 106 82 129,2 4,1 Allemagne 141 109 129,3 10,4 France 122 116 105,2 9,0 Royaume-Uni 94 98 95,9 5,4 Danemark 141 103 136,9 3,6 (Source : Ocde 2008) D La croissance de la demande est-elle trop lente? a) Les composantes de la demande 1. Pour une croissance de la productivité donnée, plus la croissance de la production est forte et plus il y aura de créations d emplois. Or, la production des entreprises dépend de la demande de biens et de services. Cette demande est composée : Consommation des ménages Investissement des entreprises Dépenses publiques de l'etat Demande extérieure (Exportations) Demande globale Volume de la production Volume de l'emploi De la consommation des ménages (demande de biens et services destinés à la satisfaction de leurs besoins), qui est liée à la hausse de leur pouvoir d achat et de la confiance qu ils ont en l avenir. Des investissements des entreprises (demande de biens d équipement et de construction), qui dépendent des profits qu ils pourront en tirer et des prévisions qu elles font sur l évolution de la demande. Des dépenses publiques de l Etat (achat d équipements publics, redistribution de revenus ) qui dépendent de sa politique économique et de sa capacité à les financer. Des exportations (demande de biens et de services adressée à la France par des étrangers) qui dépendent de la croissance des autres pays et de la compétitivité des firmes françaises (capacité à répondre à cette demande étrangère avec des prix attractifs).

2. On peut donc dire que les entreprises produiront ce qui leur est demandé et que le volume de la production est égal à celui de la demande corrigé par les variations de stocks : Variation de la production (PIB) = Variation de la demande intérieure + Variation des stocks + Variation du solde extérieur b) Le ralentissement de la demande provoque une hausse du chômage 3. Or, depuis les années 80, un cercle vicieux s est installé en France qui a ralenti fortement sa croissance : Le chômage a ralenti fortement la hausse du pouvoir d achat des ménages qui se sont mis à épargner par précaution. D où un ralentissement de la consommation. En conséquence, les entreprises n ont pas suffisamment investi dans de nouveaux équipements et, en particulier, dans la recherche ce qui a ralenti la diffusion du progrès technique. Evolution de l investissement en volume (prix base 2000) - En % La compétitivité des entreprises françaises s est donc affaiblie ce qui a freiné nos exportations au moment où la croissance mondiale s accélérait. 4. La demande a donc augmenté moins vite et de façon moins régulière que pendant les trente glorieuses (1945-1975) ce qui s est traduit par une création insuffisante d emplois et par une montée du chômage. Elle a même diminué en 2009 (récession) ce qui s'est traduit par une baisse de la production, une destruction d'emplois et une forte remontée du chômage.

Evolution du PIB (échelle de droite) et de l'emploi total (échelle de gauche) [Insee 2010] On constate, en effet, une forte corrélation entre la variation de la production et la variation des emplois. En 2000, l'économie française a créé plus de 600 000 emplois parce que la demande et la production augmentait de près de 4% alors qu'en 2009 près de 250 000 emplois ont été détruits parce que la demande et la production ont diminué de 2,6%. Evolution du nombre de chômeurs (Catégorie A, B, C des demandeurs d'emploi) En conséquence, lorsque la création d'emplois est forte, le chômage recule. En 2007, plus de 350 000 emplois ont été créés ce qui a fait baisser le nombre de demandeurs d'emplois de 3,4 à 3,1 millions. A contrario, la destruction d'emplois de 2009 s'est traduite par 600 000 demandeurs d'emplois supplémentaires. Evolution de la demande intérieure Evolution de la demande extérieure Evolution de la consommation Evolution de l'investissement Variation des stocks Evolution des exportations Evolution des importations Evolution de la demande et de la production Création ou destruction d'emplois Hausse de la population active Hausse ou baisse du chômage