M. Alain Boisvert. M. Laurent Caredda. Les panélistes



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Le 3 décembre 2009, le 3e Forum de l industrie de la santé de Québec organisé par PÔLE Québec Chaudière-Appalaches a réuni plus de 150 participants sous le thème de l innovation des entreprises au service de la santé. Nous vous présentons ici le résumé des propos tenu par les experts invités lors du panel de discussion portant sur ce thème. Les panélistes M. Alain Boisvert - Vice-président Affaires publiques, Novartis Pharma Canada, membre du Groupe de leadership mondial en matière d accès au marché de Novartis. - Titulaire d une Maîtrise en pharmacie de l Université Laval, baccalauréat en pharmacie et diplôme de pharmacie en établissement de santé de la Faculté de pharmacie de l Université de Montréal. M. Boisvert travaille depuis 27 ans dans l industrie pharmaceutique et a occupé pendant près de 10 ans le poste de directeur général de l Ordre des pharmaciens du Québec. M. Laurent Caredda - Président fondateur d Almerys (2000), une société filiale d Orange Business Services, un membre phare du groupe France Telecom. - Économiste et juriste de formation, il dirige plusieurs compagnies dans les secteurs de la santé et de l informatique depuis les années 90. Almerys développe des dossiers médicaux en ligne, des outils de prévention, des services de prise en charge en temps réel (dentaire, hospitalière et optique), des suivis à distance de patients atteints d hypertension, de diabète et la gestion des traitements médicamenteux lourds. 2

M. René Rouleau - Président du conseil et chef de la direction de La Capitale mutuelle de l administration publique (produits d assurances et de services financiers). - Titulaire d une maîtrise en administration publique. M. Rouleau possède une Vaste expérience comme gestionnaire dans l administration publique et parapublique, notamment comme directeur du CHUQ. Il a participé à la commission Clair à titre de secrétaire général. - M. Rouleau siège à divers conseils d administration, dont celui d Opération Enfant Soleil. Mme Gertrude Bourdon - Directrice générale du CHUQ depuis janvier 2009. - Infirmière de formation et diplômée de l Université Laval et de l ENAP en management public, et de l Université Laval, elle a gravi les échelons au sein du CHUL et du CHUQ et a œuvré au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Madame Bourdon fait partie des ardents défenseurs du travail en réseau et des services de première ligne. Sa contribution à plusieurs dossiers stratégiques est reconnue. Il faut notamment souligner sa participation au développement de services à la population régionale (Centre mère-enfant) et à la rénovation des urgences du CHUL et de l Hôpital Saint-François d Assise. Dr. Robert Ouellet - Gestionnaire dans les cinq cliniques de radiologie qu il dirige et poursuit la prestation de services de radiologie à l Hôpital Louis-H. Lafontaine. Il œuvre au privé et au public depuis 20 ans. - Médecin spécialisé en radiologie diagnostique. - Certificat du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. - Formation en échographie, en tomodensitométrie et en résonance magnétique. - Cofondateur de la première clinique privée de tomographie axiale au Canada. - Président sortant 2009-2010 de l Association médicale canadienne. 3

Un forum pour une industrie de la santé performante! Les défis qui attendent le système de santé du Québec sont grands. Pour y arriver, la santé publique devra ouvrir ses portes à l entreprise privée, constatent à l unanimité les panélistes invités au 3e Forum de l industrie de la santé de Québec, organisé par PÔLE Québec Chaudière-Appalaches, le 3 décembre 2009. Le panel intitulé L innovation des entreprises au service de la santé, inspiré par le créneau d excellence régional porté par PÔLE Québec Chaudière-Appalaches, a réuni des spécialistes jouissant d une vaste expérience dans le réseau de la santé. Gestionnaires au sein d établissements publics ou d entreprises privées, les panélistes ont reconnu que l entreprise privée devait jouer un rôle majeur dans l innovation et la recherche de nouvelles technologies performantes pouvant être adaptées au milieu de la santé du Québec. Place aux changements Selon les panélistes provenant du secteur public, les employés des centres hospitaliers sont prêts à accueillir de nouvelles technologies à la condition qu il y ait une valeur ajoutée dans leur travail, et ce, même s il s agit de changements d envergure qui demandent temps et investissements. Mme Gertrude Bourdon, directrice générale du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), mentionne que les établissements de santé ne sont pas adaptés physiquement aux nouvelles réalités technologiques. Cela exige plusieurs travaux pour intégrer les technologies en soutien aux soins. Cependant, en mettant en place des projets efficaces et porteurs, il est possible de faire avancer les choses et de prouver en haut lieu l efficacité de ces changements. Comme l a fait remarquer M. René Rouleau, ancien directeur du CHUQ, président du conseil et chef de la direction - La Capitale mutuelle de l administration publique, le système de santé public ne pourra pas se payer la rapidité des soins et la pleine couverture encore bien longtemps. Le Québec est peut-être mûr pour une assurance collective similaire à celle de l assurance automobile. En mutualisant les risques, il serait possible d intégrer de nouveaux revenus dans le système de santé, tout en assurant l accès universel, avance M. Rouleau. D autre part, le privé pourrait intervenir auprès de certaines clientèles, tels les asthmatiques et les personnes souffrant de diabète de type 2. Il s agit d un point de vue partagé par M. Alain Boisvert, vice-président Affaires publiques, Novartis Pharma Canada. Selon lui, l industrie pharmaceutique dépense des sommes magistrales en recherche et en développement de nouveaux médicaments et ils peuvent être des partenaires de première ligne dans le traitement de ces maladies. 4

Des outils performants M. Laurent Caredda, président du directoire d Almerys, une société française de gestion des prestations de santé, a travaillé de concert avec le gouvernement lors de l implantation d un système de facturation relié directement aux bureaux des professionnels. Ce système a réduit considérablement les coûts administratifs des acteurs de la santé sans augmenter leur charge de travail. C est à ce type de façons de faire auquel le Québec doit s intéresser pour être plus performant, plaide le docteur Robert Ouellet, radiologiste et gestionnaire de cinq cliniques privées au Québec. Par exemple, il est inconcevable que les ordonnances ne soient pas encore envoyées électroniquement à la pharmacie. Le docteur Ouellet, dans les années 80, a cherché à doter la Cité de la santé de Laval d un scanner. Les délais de financement étant trop longs, il a choisi de fonder avec quelques confrères Tomo-Concorde, la première clinique privée de tomographie axiale au Canada. Selon lui, les entreprises peuvent apporter des solutions au public, mais pour y parvenir, leur «remède» devra être facile d utilisation, sécuritaire, augmenter la capacité d accès aux soins et tout cela sans complexifier ou prolonger la charge de travail des cliniciens. M. Ouellet propose également de revoir le financement global des hôpitaux vers un financement par activité. Pour ce médecin spécialiste et homme d affaires, il est inacceptable que les établissements de santé se pressent à dépenser leur budget en fin d année fiscale afin qu il soit reconduit. Chaque opération devrait plutôt avoir son budget de fonctionnement, précise-t-il. Comme la majorité des intervenants présents à ce panel, M. Ouellet soutient que le système de santé public gagnerait à se doter d incitatifs à la performance. Les solutions ne doivent pas être choisies en fonction du budget, mais des réels besoins du milieu clinique, plaide-t-il. Plus que jamais, il importe de mettre à profit le savoir des cliniciens et de les impliquer dans le processus décisionnel. 3e FORUM DE L INDUSTRIE DE LA SANTÉ DE QUÉBEC 5

Le système de santé du québec est-il en crise? Le portrait du réseau public de la santé n est pas rayonnant à première vue : engorgement dans les urgences, nombre insuffisant d infirmières et de médecins spécialistes, chirurgies reportées, etc. Mais, ce n est pas le point de vue des acteurs du milieu. Pour Mme Gertrude Bourdon, directrice générale du CHUQ, et M. René Rouleau, ex-directeur du CHUQ aujourd hui président du conseil et chef de la direction La Capitale mutuelle de l administration publique, il est exagéré de dire que le réseau de la santé est en crise. Selon eux, le système public ne peut plus répondre à toutes les demandes de soins, mais si un patient est aux prises avec un cancer, il sera traité rapidement, dans un délai de moins de trois semaines, dans certaines régions, comme à Québec. Pour Mme Bourdon, il importe de mettre en perspective la situation vécue en santé en la comparant à la crise économique qui affecte le secteur privé. Elle souhaite briser le discours véhiculé par les médias disant que tout va mal. De multiples projets s y déroulent, et il y existe un esprit entrepreneurial et créatif. Un système efficace réalisé de concert avec le privé Le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) a travaillé de concert avec l entreprise privée pour implanter le système appelé PACS (Picture archiving and communication system). Cette technologie, déployée dans le Réseau universitaire intégré de santé de l Université Laval (RUIS-UL) qui dessert environ 1,7 million de personnes de l Est du Québec, permet aux professionnels d avoir accès en temps réel aux images radiologiques des patients. Les films sont numérisés et accessibles en réseau, explique la directrice du CHUQ, Gertrude Bourdon. Les spécialistes peuvent consulter en même temps le fichier, limitant ainsi le temps d intervention, les délais d attente et la coûteuse pellicule. 6 3e FORUM DE L INDUSTRIE DE LA SANTÉ DE QUÉBEC

Faire de la prévention une solution durable! Le système de santé public sauverait des sommes considérables en misant davantage sur la prévention. C est le constat établi par M. Alain Boisvert, vice-président Affaires publiques chez Novartis Pharma Canada, et soutenu par M. Laurent Caredda, président du directoire d Almerys (France). Les deux spécialistes ont fait part de leur point de vue à l occasion du 3e Forum de l industrie de la santé de Québec, initié par PÔLE Québec Chaudière-Appalaches. M. Caredda indique que 70 % des coûts du système de santé sont imputables aux services dispensés à environ 10 % de la population. Il serait donc payant d offrir des solutions permettant à 90 % de la population de se responsabiliser relativement à son état de santé. Incidemment, l identification des facteurs de risques rendrait les diagnostics plus efficaces. D ailleurs, la société Almerys développe actuellement un système d étude de comportements qui engloberait les différents aspects de la santé tels la nutrition, le tabagisme, l alcoolisme ou la pratique sportive. Prévenir plutôt que guérir M. Alain Boisvert est convaincu qu il y a trop peu d éducation et de prévention dans les cas de maladies chroniques comme l asthme et le diabète de type 2. Dans le cas de l asthme, M. Boisvert fait remarquer que les crises sont nombreuses, ce qui entraîne généralement une surconsommation de médicaments et une hospitalisation, un cercle vicieux coûteux pour l État. Des études réalisées au Québec et ailleurs au Canada et en Europe tendent à démontrer une diminution significative des coûts de santé lorsqu il y a une responsabilisation du patient par rapport à sa santé. 3e FORUM DE L INDUSTRIE DE LA SANTÉ DE QUÉBEC 7

Partenaires public-privé, miser sur la créativité. Les gestionnaires de la santé doivent cesser de craindre l entreprise privée, soutient Mme Gertrude Bourdon, directrice générale du CHUQ. Selon elle, il est temps de faire preuve d ouverture d esprit et de créativité pour mettre un terme à la morosité dans le réseau de la santé. «On n a pas à avoir peur! On peut échanger, voir ce qu on nous offre, que ce soit pour intégrer de nouvelles technologies ou des façons de faire, assure Mme Bourdon. Il ne faut pas hésiter à mieux comprendre les produits offerts par le secteur privé», exprime la gestionnaire, en poste depuis janvier 2009. Depuis quelques années, le CHUQ travaille de concert avec des entreprises privées pour développer des systèmes adaptés à leurs besoins. Gestion des risques Le système PACS (voir autre texte) et le circuit robotisé pour les médicaments en sont de bons exemples. Ils n auraient pu voir le jour sans le développement d un partenariat d affaires. La technologie mise en place pour ensacher les médicaments à l aide d un robot a non seulement permis de réduire les erreurs de médicaments, mais le personnel autrefois requis pour cette tâche peut être affecté au service direct des patients. «Il faut aller plus vite dans le développement de modèles et laisser une plus grande place à l introduction des changements et des technologies», dit-elle. 8

Une grande entreprise Avec ses quelque 9000 employés, la gestion d un établissement comme le CHUQ se compare aisément à une entreprise privée de grande envergure et doit être administré dans le même esprit, résume Mme Gertrude Bourdon qui n hésite pas à parler de performance et d analyse des coûts et des bénéfices. En révisant les modèles de gestion des hôpitaux et en gérant les coûts comme une entreprise privée, le réseau de la santé en sortirait gagnant, calcule-t-elle. Elle souhaite que le réseau de la santé se déride et que les gestionnaires aient plus de latitude pour faire entrer le privé entre leurs murs tout en respectant le principe d universalité des soins. 9