Bilan d activités 2014

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Transcription:

Bilan d activités 2014 Plan de gestion 2011-2015

Editorial Après 8 ans d existence, la réserve est désormais matérialisée sur le terrain par un bâtiment dédié, inauguré à Kerguelen en novembre 2014. Il s agit bien évidemment d un événement majeur dans la vie d une réserve naturelle comme celle des Terres australes : espace de travail pour les agents, cette «maison de la réserve» constitue également un lieu d accueil incontournable pour l ensemble des résidents «taafiens» et visiteurs de passage. A l instar des maisons des autres réserves naturelles de France, elle permettra d informer et de sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux de conservation de la biodiversité sur le territoire et aux actions mises en œuvre en application du plan de gestion. Outre la création de la maison de la réserve, le baptême du Zodiac «le Commerson» marque également une étape importante dans la construction de l organe de gestion. Baptisé en hommage à Philibert de Commerson (1727-1773), explorateur et naturaliste français qui a laissé son nom au dauphin éponyme, ce «navire» permet de renforcer les mesures de gestion. Il contribue plus particulièrement à la mise en œuvre des protocoles de biosécurité dans le Golfe du Morbihan, en facilitant le transport des gestionnaires et des scientifiques d une île à l autre. Avec l installation du «shelter biosécurité» et l acquisition du Zodiac «le Commerson», la 4ème année d exécution du premier plan de gestion de la réserve naturelle marque donc un tournant opérationnel décisif dans la lutte contre la contamination des îles par les espèces introduites. La maturité de l équipe gestionnaire de la réserve naturelle s est également traduite fin 2014 par la présentation, pour la première fois, d une candidature au programme horizontal LIFE financé par l UE. Intitulé «Albatross», ce projet vise à réduire les risques de contamination bactérienne des populations aviaires et plus particulièrement des albatros à bec jaune d Amsterdam et des grands albatros de Kerguelen. La réserve naturelle des Terres australes est par ailleurs engagée dans d autres programmes déjà validés par la commission européenne. C est notamment le cas du programme BEST, qui vise la mise en place de profils environnementaux à large échelle. Parmi les 7 «hubs» préalablement définis par ce programme, le hub polaire et sub-polaire a été confié à la Direction de la Conservation du Patrimoine Naturel des TAAF et rassemble quatre entités : le Groenland, St Pierre et Miquelon, les territoires britanniques Antarctiques et sub-antarctiques (Falklands, Georgie du Sud et îles Sandwich du Sud) et les Terres Australes et Antarctiques Françaises (Crozet, Kerguelen, Amsterdam, St Paul et Terre Adélie). Bien au-delà de l approche nationale, ce type de projet illustre pertinemment les enjeux de conservation majeurs associés à la réserve naturelle des Terres australes au niveau des politiques environnementales européennes. En 2015, la réserve naturelle entre dans la dernière année de mise en œuvre de son premier plan de gestion. En vue de faire aboutir un important travail engagé depuis 2011, l équipe gestionnaire soumettra sa candidature pour l inscription de la réserve naturelle des Terres australes à la liste verte UICN. L obtention de classement permettra de sanctionner l ensemble des efforts effectués par la collectivité des TAAF pour la gestion et la préservation de la biodiversité sur son territoire. A plus long terme, cette reconnaissance permettra à la France d envisager l inscription de cet espace protégé au Patrimoine Mondial de l Unesco. Cécile POZZO di BORGO Préfet, administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises Bilan d activités 2014-5 -

Situation géographique et zones de protection de la réserve naturelle des Terres australes françaises Amsterdam Amsterdam et Saint-Paul Crozet Kerguelen DISTRICT D AMSTERDAM ET SAINT-PAUL Saint-Paul 0 25 50 km DISTRICT DE CROZET Îlots des Apôtres Île aux Cochons Île des Pingouins Île de la Possession Île de l'est Les Nuageuses Îles Leygues DISTRICT DE KERGUELEN 0 20 40 km 0 25 50 km Île Clugny Île Saint-Lanne- Grammont 49 S Île Foch Île de l'ouest Côte ouest de la péninsule Rallier du Baty PORT AUX FRANÇAIS Zone de protection réglementée Sites réservés à la recherche Réserve naturelle marine scientifique et technique Zone de protection intégrale Accès soumis à autorisation du préfet Pêche interdite Mouillage réglementé Pêche réglementée Mouillage réglementé Interdit d'accès * L ensemble de la réserve est classé au titre de la convention Ramsar, ce qui atteste de la qualité et de l importance de ses zones humides. Bilan d activités 2014-6 -

Sommaire 1. Editorial 5 2. Les instances de gestion 11 3. Limitation de l impact de l homme 15 4. Connaissance et conservation du patrimoine naturel terrestre 21 5. Connaissances et conservation du patrimoine naturel marin 35 6. Sensibilisation et communication 45 7. Règlementation 51 8. Budget et personnel 55 Bilan d activités 2014-7 -

Bilan d activités 2014-8 -

De nouveaux moyens pour de nouveaux défis Le 20 novembre 2014, lors de l op/3, Madame le Préfet Pozzo Di Borgo, accompagnée de Cédric Marteau, Directeur de la réserve naturelle a procédé à l inauguration de la maison de la réserve et au baptême du Zodiac «le Commerson». Cette cérémonie organisée par Yves Plaquevent, chef de district, en présence de l équipe de la réserve naturelle et de l ensemble des hivernants et campagnards d été a été l occasion de rappeler l importance de la réserve naturelle pour la collectivité des TAAF. Le bateau a été baptisé Commerson en hommage à Philibert Commerson né le 18 novembre 1727, à Châtillon-les-Dombes et est décédé le 13 mars 1773 à l île Maurice. Explorateur et naturaliste français il accompagna Bougainville comme naturaliste dans son voyage autour du monde et collecta à travers le monde des milliers d espèces de plantes nouvelles, d insectes, de poissons et d oiseaux qui furent offerts au Jardin du roi. Son nom a été donné À un cratère du massif du Piton de la Fournaise, le «cratère Commerson» à La Réunion, À une avenue du jardin botanique de Pamplemousses À un oiseau : le petit-duc de Commerson À un petit cétacé, le dauphin de Commerson (Cephalorhynchus commersonii) Il est donné aujourd hui à ce navire de la Réserve Naturelle dédié à la Science, et à la protection de l environnement. Il fait écho au travail des agents de la réserve naturelle menée en partenariat avec les scientifiques de l Institut Polaire, notamment le CNRS de Chizé, depuis bientôt trois années. Les premiers résultats de ces travaux laissent supposer que la population de Dauphins de Commerson est une sous espèce endémique de Kerguelen. Seule population de cette espèce dans l Océan Indien, elle possède une forte valeur patrimoniale (cf article p36 ). Comme le prévoit la tradition Mme le Préfet a procédé au baptême du navire. Discours d inauguration de la maison de la réserve. Mme le Préfet entouré d Y.Plaquevent, chef de district (à droite) et de Cédric Marteau, directeur de la réserve (à gauche). Equipe de la réserve naturelle de Kerguelen lors de l inauguration de la maison de la réserve. Bilan d activités 2014-9 -

Bilan d activités 2014-10 -

Les instances de gestion Bilan d activités 2014-11 -

Comme toutes les réserves naturelles, la réserve naturelle des Terres australes françaises est dotée d un comité consultatif (conseil de gestion) et d un conseil scientifique. Du fait de la spécificité des TAAF, ces rôles sont respectivement confiés au Conseil consultatif des TAAF et au Comité à l environnement polaire (CEP). Ces instances se réunissent chaque année pour donner leur avis sur le fonctionnement et les orientations de la réserve naturelle mises en place par le gestionnaire. Le comité consultatif Le comité consultatif s est réuni le 6 février 2014 dans la salle Jean Dorst du Muséum National d Histoire Naturelle de Paris sous la présidence de M. Jean-Pierre Charpentier. Le comité s est réuni pour émettre un avis sur les exercices 2012 et 2013 du plan de gestion quinquennal 2011-2015, adopté en 2010. Normalement, le comité consultatif effectue cet examen au début de chaque année mais le renouvellement tardif par arrêté ministériel des membres du Comité consultatif n avait pas permis de le réaliser l an passé pour l exercice 2012. Pour aboutir à cet avis, les membres ont successivement examinés le bilan de la gestion des deux exercices puis les indicateurs quantitatifs qui servent à apprécier l avancement de la gestion au regard du contenu du plan quinquennal. L examen des diagrammes d évolution montre que 99% de ces actions sont entamées : 46% d entre elles ont dépassé un taux de réalisation de 80% et 22% sont à plus de 50%. Il s agit principalement des actions de connaissance du patrimoine naturel terrestre, du programme de biosécurité, de la réalisation des études préliminaires nécessaires aux futures actions de gestion et de la mise en place du plan national d actions en faveur de l albatros d Amsterdam. Le comité a constaté cependant que 19% des actions ne décollent pas et doivent être renforcées afin de tenir les engagements du plan quinquennal. Le retard pris dans ces actions est essentiellement lié à leur financement, qui ne permet pas d embaucher le personnel nécessaire. Ces actions en retard concernent la gestion des activités anthropiques historiques (retrait des déchets, amélioration de l assainissement ) mais également la mise en œuvre des projets liées à la réserve naturelle marine. La représentante du ministère chargé de l écologie a souligné officiellement le caractère sérieux de la mise en œuvre et du suivi du plan de gestion 2011-2015 et a relevé que l état d avancement des mesures prioritaires était très satisfaisant. Le comité a donc adopté à l unanimité un avis «très satisfaisant» concernant l exécution de la 2 ème et 3 ème année du plan de gestion. Il a noté que malgré la croissance des effectifs de l équipe dédiée à la gestion de la réserve, il n était pas encore possible de répondre totalement aux objectifs du plan de gestion. Après avoir souligné l importance du maintien des moyens financiers significatifs du ministère chargé de l écologie, le conseil a préconisé le recours au mécénat pour compléter les apports financiers de l Etat, tout en pointant du doigt la difficulté liée au statut différent de celui d une fondation, qui, ne permettant pas aux donateurs de bénéficier d exonérations fiscales, freine ce genre de mobilisation. Cet avis rendu en fin de séance a ensuite été transmis aux ministres chargés de l outre-mer et de l écologie. Le conseil scientifique Le conseil scientifique s est réuni sous la présidence d H. Weimerskirch en juin puis en octobre 2014 à l antenne parisienne des TAAF. Une large réflexion a été engagée concernant les différents types de classement actuellement en vigueur dans la réserve naturelle. En effet, les îles subantarctiques sont aujourd hui protégées par trois types de classement différents : - Le statut de réserve naturelle nationale qui couvre l ensemble de la surface terrestre (en vert sur les cartes en page 6) des archipels Crozet, Kerguelen, Amsterdam et Saint- Paul et une partie des eaux territoriales (12MN) (en bleu sur les cartes). - Le statut de réserve naturelle nationale en protection intégrale (en rouge sur les cartes), - Les sites protégés classés par arrêté du Préfet, administrateur supérieur (en orange sur les cartes). Ces sites sont classés au titre des programmes scientifiques et techniques depuis 1985. Dans le cadre de la gestion de la réserve, le gestionnaire souhaite définir des règles d accès pour chaque type de protection et identifier si un renforcement du degré de protection est nécessaire dans les zones classées «uniquement» en réserve naturelle. Il a également souhaité consulter les membres du Conseil scientifique sur le périmètre actuel de la réserve marine et sur la pertinence de fixer des règles précises dans ces zones. En étroite relation avec le conseil scientifique et la direction de l Institut polaire Paul Emile Victor (IPEV) (invités permanents : Y.Frenot et P.Morin), les différentes réflexions sont en cours d analyse et devraient donner lieu dès l an prochain au classement de nouveaux sites et à la mise en place de nouvelles procédures de demande d accès. Concernant le risque de diffusion des épizooties (Kerguelen et Amsterdam), le gestionnaire a présenté aux membres l état des connaissances et proposer la mise en place immédiate d un renforcement des mesures de biosécurité sur les sites de Pointe Morne (Kerguelen) et d Entrecasteaux (Amsterdam). Les membres ont validés ces mesures de précaution qui ont été mis en œuvre dès le début de la campagne d été. Bilan d activités 2014-12 -

«Lors du comité consultatif de la réserve, les membres ont été invités par Pascale Joannot, déléguée à l outre-mer, à visiter des collections du Muséum National d Histoire Naturelle - MNHN, Février 2014» Bilan d activités 2014-13 -

Bilan d activités 2014-14 -

Limitation de l impact de l homme Bilan d activités 2014-15 -

Préservation des sentiers Sur Crozet et Amsterdam, certains tronçons de sentiers traversent des milieux sensibles (présence de mousses, sols très humides ) qui peuvent être fragilisés et dégradés par le passage répété des personnes se rendant sur leur point d étude. Pour protéger ces zones, des caillebotis en bois sont installés afin d éviter le piétinement et l élargissement des sentiers. Pour certaines zones spécifiques où la pose de caillebotis n est pas envisageable, un aménagement à l aide de pierres peut être mis en place. C est par exemple le cas d une portion du sentier menant à la Baie Américaine (Crozet). Sur Crozet, plus de 250 caillebotis ont été installés en 2014 complétant ainsi les portions sensibles déjà équipées lors des missions précédentes. Les caillebotis étant installés dans des secteurs parfois très humides, ils sont en permanence gorgés d eau et deviennent de ce fait très glissants. Dans ce contexte, il a été décidé de sécuriser ces équipements en le recouvrant de grillage préalablement découpé en bande sur la base. Ce chantier de sécurisation des caillebotis a été mené en priorité sur les sites les plus de dangereux et doit être poursuivi sur les secteurs présentant un risque moindre. Après l installation des quelques fardeaux restant à déployersur site, les aménagements prévus par le plan de gestion auront été entièrement finalisés. Il n est ainsi pas prévu de poursuivre ces opérations sur Crozet dans un futur proche. Les installations programmées sur Amsterdam pendant les opérations portuaires d août, novembre et décembre 2014 (OP2, 3 et 4) n ont quant à elle pas pu être finalisées en raison des conditions météorologiques. Portion de sentier équipée de caillebotis au Lac sans nom, Crozet. Installation de dispositifs antidérapants sur une section de caillebotis, Crozet. Réaménagement de la Baie du Marin Initiée en 2012 en concertation étroite avec l IPEV, cette opération visant à réduire l emprise au sol des activités humaines dans la Baie du Marin à Crozet est aujourd hui achevée. Le positionnement par les services techniques d une palissade en bois adaptée aux besoins des suivis scientifiques entre la manchotière et les infrastructures et se prolongeant le long des cuves de rétention du port pétrolier aura été l une des dernières actions menées. Afin de faciliter les opérations de suivis scientifiques, plusieurs aménagements tels que des fenêtres d observation dans les palissades ou encore des portes amovibles ont été intégrés. Pour clore le chantier et ouvrir la zone centrale, le mur en béton qui fermait l accès a été démantelé, rendant ainsi un espace conséquent aux manchots royaux avant la nouvelle saison de reproduction. Quelques éléments de maçonnerie ont été conservés pour y installer des antennes et ainsi permettre aux programmes scientifiques de suivre la recolonisation éventuelle de la zone (système d identification électronique ANTAVIA). La surface occupée par l homme ainsi réduite et réhabilitée devrait permettre la réappropriation du site par les oiseaux, sans toutefois impacter les activités scientifiques développées en Baie du Marin. Bilan d activités 2014-16 -

Le site avant réaménagement. Surface rendue aux manchots 2014. Renforcement des mesures de biosécurité sur Kerguelen En 2014, de nouvelles mesures de biosécurité ont été mises en place sur Kerguelen afin de freiner la dispersion des espèces exotiques végétales et animales au sein de l archipel. Sur la base des données d inventaires (collaboration avec le programme 136 de l IPEV) les îles du Golfe du Morbihan ont été classées en fonction de leur potentiel de contamination puis un schéma de circulation des personnes et des biens au départ de la base et entre les îles a été défini. Ce travail réalisé par Samuel Colin, stagiaire Agro Paris Tech ENGREF 2014 a permis dès le mois d août 2014 (OP2), de «bio sécuriser» l ensemble des déplacements dans le Golfe du Morbihan. Au-delà de la «décontamination» de l ensemble des personnes en partance de la base de Port-aux-Français, tout transit direct d une île fortement colonisée par les espèces végétales introduites vers une île peu impactée impose un retour sur base et un passage dans le sas de biosécurité. De même, le retour vers la base depuis une île présentant des espèces exotiques inexistantes à Port-aux-Français nécessite un passage au local de biosécurité. Afin de réaliser ce protocole dans les meilleures conditions, un sas de biosécurité de 36m² entièrement dédié et équipé a été installé sur le quai de Kerguelen. Rassemblant dans un seul module des espaces de nettoyage à sec, humide et de stockage avant embarquement, ce sas est opérationnel depuis août 2014 (OP2). Le nouveau Zodiac de la réserve. Le SAS biosécurité installé à la flottille de Port-aux-Français. Dans le but de faciliter les opérations et de familiariser les usagers à ces nouveaux protocoles, la réserve naturelle a recruté un agent sur toute la durée de la campagne d été. De plus, l acquisition par la réserve naturelle d un zodiac, opérationnel depuis novembre 2014, permet des retours plus rapides sur base et évite ainsi aux différents personnes concernées (scientifiques, logisticiens, agents de la réserve ) de ne pas être pénaliser par la décontamination exigée pour le passage entre les îles. Bilan d activités 2014-17 -

Si prévu par les dérogations du protocole BioséQuoi? Le protocole de déplacements dans le golfe : Pourquoi, Comment? Enjeux de biosécurité dans les TAAF Le problème : les sites ont des niveaux de contamination différents. La base est le site le plus contaminé de tout le district. Un rapport de 2005 publié par les Nations Unis, présente les invasions biologiques comme la deuxième cause d extinction des espèces au niveau mondial. Les milieux insulaires sont beaucoup plus vulnérables aux espèces exotiques envahissantes (EEE) que les continents. Un long isolement évolutif, une faible superficie, de forts taux d endémisme et l absence de certains groupes biologiques constituent les principaux facteurs responsables de cette vulnérabilité aux introductions d espèces. Lorsque l Homme est arrivé en milieu insulaire avec son cortège de nouvelles espèces, l impact sur la flore et la faune autochtones a souvent été considérable. Les espèces exotiques sont souvent plus compétitives et ont des stratégies de conquête plus agressives qu elles développent aux dépens des espèces indigènes alors soumises à un risque d extinction. Les risques de dissémination L inventaire des espèces introduites révèle que les différents sites du golfe ont été plus ou moins contaminés au cours de l histoire. Sans surprise, et malheureusement pour la biosécurité, la base est le site le plus contaminé de tout le district. Ainsi, passer de site en site, tel qu on le faisait jusqu en 2014 présentait un risque de dissémination des espèces, et exposait des sites, jusqu alors préservés, à des invasions biologiques. Pour élaborer ce protocole la RN s est posée la question suivante : Pour chaque transfert d un site «A» vers un site «B» y-a-t-il un risque de dissémination? En d autres termes : Y-a-t-il des espèces présentes sur A qui ne soient pas introduites sur B? Dans l exemple ci-contre : je ne peux pas aller de Mayès à PJDA puisque 2 espèces sont présentes sur Mayès et absentes de PJDA. Et inversement, je ne peux aller de PJDA à Mayès. De même, en partant de la base, sur les 55 espèces introduites qu elle accueille, 23 sont encore absentes de Longue. Et au retour, 8 espèces des 40 présentes sur Longue sont absentes de la base. Tous ces transferts sans passer par le SAS présenteraient un risque pour la biosécurité. Des équipements et un protocole Afin de maintenir les activités dans le golfe et de les concilier avec les objectifs de prévention des introductions et de disséminations d espèces introduites du plan de gestion. La RN des TAF a équipé la base d un SAS biosécurité (le shelter bleu sur le port) et d un renfort nautique (le zodiac) pour compenser les temps de passages au SAS et les transferts rendus nécessaires par le protocole. Le principe général du protocole est simple : il faut passer par le SAS avant de quitter la base et rentrer directement sur base en quittant un site. BASE BASE SAS SITE A 1 ère dérogation : les transferts possibles Par chance, certains croisements de population végétale entre deux sites permettent le transfert entre les deux sans risque de nouvelles disséminations. Dans l exemple ci-contre, aller de Mayès à Longue ne présente pas de risque pour Longue. C est pourquoi le protocole prévoit des dérogations au principe général pour ne pas pénaliser les activités sur sites. 2 ème dérogation : la biosécurité retour Dans d autres cas, des sites ont des espèces qui par chance ne sont pas ou ne sont plus sur la base. Ainsi, pour ne pas aggraver la contamination de la base en revenant de ces sites, le protocole prévoit de repasser par le SAS au retour. SAS BASE BASE SITE A SAS Fonctionnement et évolution SITE B SITE C BASE SAS BASE SITE A Le protocole a été spécialement conçu pour réduire au maximum l impact sur vos activités tout en assurant un niveau de protection optimal pour les écosystèmes de l archipel. Il est amené à évoluer sur la base de vos propositions et remarques ainsi que sur la base de l évolution de la répartition des espèces introduites. Si vous avez d autres questions sur le protocole n hésitez pas! Les agents de la RN. Biosécurité Protocole s appliquant aux déplacements avec le zodiac ou l Aventure II dans le golfe du Morbihan Principes généraux 1. Avant TOUT déplacement, TOUTES les affaires destinées à embarquer doivent passer au SAS biosécurité de PAF (voir protocole SAS). 2. Les transferts doivent se faire de PAF vers un site et des sites directement vers PAF. Ainsi, les transferts de sites à sites ne sont pas autorisés. 3. Deux types de sites dérogent à ces principes généraux selon les modalités ci-contre. Carte des cas particuliers Cartes des transferts possibles sans repasser par le SAS Biosécurité Enjeux de biosécurité dans le golfe L ensemble des sites accessibles par voie navigable dans le golfe présente des niveaux de contamination en espèces végétales introduites très différents. La cartographie des espèces végétales introduites a permis de révéler que : - la totalité des transferts de la base (PAF) vers les sites présentent un risque de contamination ; - 71% des transferts de sites en sites présentent un risque de contamination ; - un quart des transferts des sites (Ile Longue, Haute ) vers la base présentent un risque de contamination. Afin d éviter toutes nouvelles contaminations lors des «manips» le protocole de biosécurité doit être scrupuleusement appliqué. Cas de la biosécurité retour Australia, Château, Haute, Longue, Moules, PJDA et Saint-Malo. Ces 7 sites abritent des espèces introduites qui sont absentes de la base. Afin d éviter toutes nouvelles introductions, le personnel devra appliquer le protocole «biosécurité» en passant par le SAS «décontamination» lors de son retour de manip. Cas des transferts possibles Certains sites (moins contaminés que les autres), permettent des transferts sans risques de contamination. C est le cas lorsque la totalité des espèces introduites sur le site d origine est déjà présente sur le site de destination. Dans ce cas, le transfert est autorisé sans passage par le SAS biosécurité de la base. Ainsi : Depuis on peut aller à Australia, Cochons, Moules, Blakeney, Briggs, Château, Greak, Guillou, Haute, Heugh, Longue, Mayes, Armor Pender, Verte, Phonolite, P12, PJDA, Saint-Malo Iles aux cochons Australia, Moules, Blakeney, Briggs, Château, Haute, Longue, Mayes, Pender, Ile Guillou Australia, Cochons, Moules, Blakeney, Briggs, Château, Haute, Longue, Mayes, Pender, Verte, PJDA Iles Mayes Moules, Château, Haute, Longue Phonolite Moules, Château, Haute, Heugh, Longue, Mayes, PJDA, Saint-Malo Ile verte Australia, Cochons, Moules, Blakeney, Briggs, Château, Guillou, Haute, Longue, Mayes, Pender, PJDA Ainsi, on peut par exemple, faire les transferts PAF > Armor > Guillou > Cochons > Mayes>PAF. Gestion du bord A chaque passage par la base, le bord (du Chaland ou du Zodiac) doit être nettoyé car le matériel et/ou les personnes revenant des sites ont pu contaminer le bateau, support de tous les transferts. (Voir protocole Biosécurité du bord). Gestion des transferts Les règles de transferts de ce protocole s appliquent aux personnes et matériels transférés (touques, sacs ) et non au parcours du bateau en lui-même. Le bateau peut donc, par exemple, récupérer 2 personnes à Longue puis déposer 2 personnes à Mayes, mais une vigilance sur la biosécurité à bord devra être observée (affaires en contact, échange de matériel, piétinement ) pour ne pas risquer de transférer des propagules de Longue à Mayes. Merci à tous pour l application de ces mesures de protection! Bonne Manip! Documents pédagogiques accompagnants les nouvelles mesures de biosécurité. Réorganisation des éclairages des bases La réserve naturelle travaille depuis plusieurs années sur le problème de pollution lumineuse sur les bases de Crozet et de Kerguelen. En effet, les sources de lumières attirent et désorientent les oiseaux marins durant la nuit, particulièrement les jeunes oiseaux lors de leurs premiers vols. Une fois «échoués» à terre, ils sont souvent la proie des skuas ou des chats (sur Kerguelen). Dès 2010, une réflexion en concertation avec les services techniques a donc été menée afin d adapter l éclairage des bases. L engagement des services techniques dans cette action a d ores et déjà permis de réduire de 60% le nombre de luminaires sur les trois districts. Outre la diminution du nombre d unités d éclairage sur les bases de Crozet et Kerguelen, la priorité a également été mise sur l installation de systèmes lumineux moins puissants et surtout mieux orientés. Les éclairages vers le haut et les globes seront modifiés par des systèmes de visières ou d occultation des parties de faisceaux non orientées vers les cheminements. La généralisation des minuteurs et des détecteurs de mouvements devrait également permettre un usage plus économe et adapté. Les derniers travaux ont été amorcés et devraient permettre d aboutir avant la fin de l été austral 2014-2015 à une situation plus favorable tant du point de vue de la diminution de l impact sur l avifaune que de l économie d énergie. Eclairages de Port-aux Français avant la réorganisation. Modification des éclairages de Port-aux-Français. Bilan d activités 2014-18 -

«Décontamination avant débarquement sur la réserve naturelle Marion Dufresne, Décembre 2014» Bilan d activités 2014-19 -

Bilan d activités 2014-20 -

Connaissance et conservation du patrimoine naturel terrestre Bilan d activités 2014-21 -

Inventaires et observatoires des habitats Kerguelen La campagne d été 2013-2014 a permis de poursuivre la mise en place des observatoires sur l archipel de Kerguelen. Ces observatoires ont pour objectif de suivre l évolution des communautés végétales (Observatoire des habitats) face aux changements climatiques, à l introduction d espèces et à la fréquentation humaine. Ils permettront aussi d évaluer les dynamiques de dispersion des espèces exogènes (Observatoire des spermaphytes introduits) et d approfondir les connaissances sur l état des populations des espèces endémiques (Observatoire des espèces végétales autochtones : Pringlea antiscorbutica & Lyallia kerguelensis). En raison de la grande superficie de l archipel, 22 sites ont fait l objet de la mise en place d observatoires sur l ensemble du territoire, 9 sur la campagne d été 2012-2013 et 13 en 2013-2014. Campagne d été 2013-2014 SITES Observatoire habitats Observatoire espèces introduites Observatoire Pringlea antiscorbutica Observatoire Lyallia kerguelensis Port Perrier X X Anse Ring X X X Armor X X Port Douzième X X X Île Haute X X X X Île Mayes X X X X Val Travers X X Cap Noir X X X Morne X Estacade X Ratmanoff X Cap Cotter X Cataracte X TOTAL 8 13 5 2 L Observatoire des spermaphytes «espèces végétales» introduites a pour objectif de connaître le nombre d espèces introduites sur chaque site, d estimer leur degré invasif et d identifier à terme des sites à risque afin de renforcer les mesures de biosécurité. A travers l installation de cet observatoire, l objectif est aussi de vérifier que les mesures de biosécurité mises en place depuis 2010 fonctionnent. Lors de cette campagne d été, les zones d habitations et de débarquement du matériel de 14 sites ont été prospectées. L Observatoire des espèces végétales autochtones consiste à suivre l évolution de 50 individus de deux espèces autochtones : le chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica) et le lyallia (Lyallia kerguelensis). Plusieurs paramètres de croissance (diamètre, hauteur) et de reproduction (stade phénologique, nombre de germination) sont relevés sur chaque individu afin d évaluer leur état général. Ces suivis permettront de mieux appréhender l état des populations de ces deux espèces patrimoniales. Pendant la campagne d été 2013/2014, 5 observatoires ont été installés pour le chou de Kerguelen et 2 pour Lyallia kerguelensis. Nombre & type d observatoire mis en place sur les sites prospectés à la campagne d été 2013/3014. L observatoire des habitats consiste en l installation de placettes de suivi permanentes de 10 mètres de côté au sein desquelles sont réalisés différents relevés écologiques (caractéristique du milieu, composition des communautés végétales) permettant la description des habitats. Cette année, l observatoire des habitats a été mis en place sur 8 sites et permis la description de 14 habitats. Nombre de sites concernés pour chaque habitat Nbr de placettes installées sur l Île Mayes Nbr de placettes installées sur l Île Haute Nbr de placettes installées sur Armor Nbr de placettes installées sur l Anse Ring Nbr de placettes installées à Port Perrier Nbr de placettes installées à Cap Noir Nbr de placettes installées à Val Travers Nbr de placettes installées à P12 Communauté à Azorella selago et Dicranoloma robusta 2 3 3 Communauté à Azorella selago 7 3 3 3 3 3 3 3 Communauté à Azorella selago, Pringlea ansticorbutica et Acaena magellanica Communauté à Pringlea antiscorbutica et Acaena magellanica 1 3 1 3 Communauté à Poa cookii 1 3 Communauté à Blechnum penna-marina 3 3 3 3 Communauté à Leptinella plumosa 3 3 3 3 Zone humide à Bryophytes 5 3 3 3 3 3 Zone humide à Agrostis magellanica 7 3 3 3 3 3 3 3 Communauté à Acaena magellanica 6 3 3 3 3 3 3 Communauté à Festuca contracta 2 3 3 Fell-field 8 3 3 3 3 3 3 3 3 Communauté à espèces introduites 3 3 3 3 Habitats dégradés 6 3 3 3 3 3 3 Bilan du nombre d habitats et du nombre de placettes installées par habitat sur les différents sites visités lors de la campagne d été 2013/2014. Bilan d activités 2014-22 -

Amsterdam Mis en place en 1989 suite à l abattage d une partie du troupeau de bovins, les suivis de la flore et des habitats terrestres ont été réalisés par le programme IPEV 136-Ecobio jusqu en 2001 et 2007 sur certains sites. L objectif était alors de comparer la reprise de la végétation sur les zones sans bovins, au sud de l ancienne clôture longeant la coulée Heurtin, par rapport à celles qui subissaient encore une pression de pâturage au nord. L ensemble des bovins ayant été éradiqués en 2010, la réserve a remis en place ces suivis. Ce sont désormais six sites permanents qui sont inventoriées de part et d autre de l ancienne clôture, quatre fois par an. A terme le traitement des données devrait permettre de suivre l évolution de ces zones et d évaluer la résilience de ces écosystèmes anciennement perturbés. Localisation des sites d études pour les lignes permanentes. Inventaire des espèces végétales introduites Kerguelen L objectif de la campagne d été 2013/2014 consistait à réaliser un inventaire exhaustif des espèces végétales introduites (embranchement des spermaphytes) sur la base de Port-aux-Français. Le dernier inventaire des plantes introduites à Kerguelen a été réalisé entre 1996 et 2000 par le programme 136-Ecobio (Y. Frenot et al., 2001). Il était donc nécessaire d actualiser l état des lieux des spermaphytes allochtones sur la base afin de suivre l évolution des introductions. Ce travail permettra également d évaluer l efficacité des mesures de biosécurité mises en place depuis 2010. Afin que l inventaire soit le plus exhaustif possible, les prospections ont été réalisées en suivant un quadrillage systématique des sites étudiés (maille de 100 m x 100 m). La réalisation de cet inventaire a permis de dénombrer 41 espèces introduites dont certaines n avaient encore jamais été contactées. Parmi les taxons nouvellement recensés, six étaient déjà présents sur d autres secteurs de l archipel de Kerguelen et quatre n avaient pas encore été observés dans l archipel, tel que Sonchus asper qui était, jusqu à maintenant, uniquement répertorié à Crozet. Ces observations démontrent l importance des mesures de biosécurité intra et inter district et permettront d évaluer les nouvelles actions mises en place (local de biosécurité au point d embarquement, protocole de transfert/trajet du chaland). A noter : la période de réalisation des inventaires aura également été l occasion de conduire l éradication complète d une espèce exotique envahissante présente : Sonchus asper. D autres opérations d éradications seront à prévoir plus ou moins rapidement notamment en fonction de la taille des populations (individus isolés ou large patch), de la capacité de dispersion des espèces, de la configuration du site et de la méthodologie à employer. de mieux connaitre la répartition des espèces végétales introduites, améliorant ainsi la priorisation des actions de lutte. Dans le cadre de cette étude, cinq nouvelles espèces végétales introduites ont été recensées en 2014. Quatre d entre elles, Galium aparine, Parietaria judaica, Silene gallica et Tetragonia tetragonioides étaient présentes sur base, montrant une fois encore l importance des mesures de biosécurité dans la prévention de nouvelles introductions. La détection rapide de ces espèces et la faible surface qu elles occupaient ont permis leur éradication par arrachage manuel. Un suivi sera réalisé en 2015 afin de contrôler la présence d éventuelles repousses et le cas échéant, procéder à leur suppression. La cinquième espèce, Calystegia sepium, déjà recensée à Saint-Paul a été trouvée sur le Versant des Taureaux Sauvages. Aucune opération de lutte n a été engagée contre cette espèce en 2014 en raison de la taille importante de la station, de son isolement et de la biologie de l espèce (le moindre fragment végétatif étant capable de donner un nouvel individu). Amsterdam Afin de compléter l inventaire réalisé en 2013 sur la base Martin-de-Viviès, un protocole «Atlas» sur l ensemble de l île a été mis en place en novembre 2014. A terme, il permettra Nouvelle espèce introduite recensées sur Amsterdam : Silene gallica. Bilan d activités 2014-23 -

Lutte contre les espèces végétales introduites Hiérarchisation et protocoles de lutte Les derniers recensements réalisés font état de plus de 200 espèces de spermaphytes introduites sur les trois districts. Afin d optimiser la lutte contre ces espèces, une étude a été menée en 2014 au siège des TAAF dans le cadre d un stage de Master II (A. Rhumeur). Ce travail a permis de classer les espèces introduites par ordre de priorité d action, et de rédiger des fiches bibliographiques et des protocoles de lutte afin d encadrer au mieux les campagnes d éradication. Lutte contre Agave americana à Amsterdam Deux méthodes de lutte ont été testées en 2013 : l arrachage des individus sur les sites accessibles en tracteur et la coupe des feuilles et des mâts dans les zones éloignées des sentiers. Le suivi réalisé en 2014 a montré que le taux de repousse est de 48,6% dans les stations traitées avec la méthode de coupe contre 7,5% pour l arrachage. Afin d optimiser la lutte, il a donc été décidé d arracher manuellement l ensemble des pieds encore présents, y compris dans les stations difficiles d accès. En 2014, un total de 153 individus a déjà été arraché et le suivi de ces parcelles se poursuivra en 2015 avec l espoir d éradiquer définitivement cette espèce de l île. Suivi de l éradication de Prunella vulgaris sur les îles Haute et Longue (Kerguelen) En 2012, des arrachages manuels ont été réalisés sur deux populations de Prunella vulgaris localisées sur l île Haute et sur l île Longue. Lors d un passage sur l île Haute en 2013, les agents de la réserve ont pu constater que l élimination n avait pas été efficace. Il est donc apparu nécessaire de visiter à nouveau les zones traitées en 2012 sur l île Longue afin d évaluer l évolution de la colonisation et de limiter son expansion. Les opérations d éradication ont ainsi été renouvelées sur les deux îles en 2014. Les stations concernées feront l objet d un suivi annuel afin de garantir la réussite de ces actions. Il faut néanmoins noter que 6 nouvelles stations ont été découvertes sur Ile Longue et n ont pas pu faire l objet d actions de lutte faute de moyens. L élimination de ces patchs est programmée dès 2015. Mission réalisée sur l île Saint-Paul Lors de la rotation du Marion Dufresne en mars 2014 (OP1), quatre agents de la réserve naturelle ont réalisé une mission de deux jours et demi sur l île Saint-Paul. Prospection botanique sur Saint-Paul. L objectif principal de cette mission était d évaluer et de compléter les actions réalisées sur les espèces végétales introduites les années précédentes (éradication, prospection et observations ponctuelles). Station d agaves avant et après une opération d arrachage, sur la première photo, on constate que les individus traités par la méthode de coupe en 2013 sont toujours verts. Sur le terrain, cet objectif s est décliné suivant trois axes : 1. Suivi d éradications réalisées en 2007-2008, 2012 et 2013 sur trois espèces ; Bilan d activités 2014-24 -

2. Identification de deux espèces par prélèvement et mise en herbier ; 3. Prospection des espèces végétales introduites (quadrillage avec des mailles de 100 m x 100 m et observations ponctuelles). Sur les trois espèces éradiquées par arrachage les années précédentes, une espèce, Leontodon taraxacoides, était encore présente avec un effectif et une répartition plus importante ce qui tend à montrer que cette population devient envahissante. L espèce a été éradiquée une nouvelle fois mais il sera nécessaire en vue des prochaines actions, de réévaluer les méthodes de lutte. Une seule espèce, de la famille des Apiacées, a pu être collectée et mise en herbier. La seconde, Gladiolus sp, n a pas été retrouvée. Les prospections et les observations ponctuelles ont quant à elles permis de confirmer le caractère envahissant de trois espèces : Holcus lanatus, Sonchus oleraceus et Cirsium vulgare. Echantillon de mousse. Inventaire des Bryophytes Dans les australes, malgré une faible diversité floristique, d importantes lacunes persistent dans l identification des bryophytes. Or, la réalisation d un inventaire complet des mousses apparaît essentielle pour préciser la typologie des habitats naturels, ce groupe taxonomique prenant une part importante dans les associations végétales présentes sur les îles. Au cours de l hiver austral 2014, un document de synthèse d aide à l identification des Bryophytes, une photothèque ainsi qu une collection de référence ont été réalisés par un agent de la réserve. L identification nécessite à chaque fois une observation approfondie à la loupe binoculaire. Inventaire et observatoires des oiseaux Plusieurs espèces d oiseaux de la réserve naturelle sont classées «en danger» ou «vulnérable» par l UICN. Dans certains cas elles sont endémiques aux îles australes, dans d autre les effectifs qui s y reproduisent représentent plus de la moitié de la population mondiale. La responsabilité de la réserve naturelle pour la conservation de ces espèces est donc forte et le suivi de ces populations tant en terme de taille que de variations interannuelles des paramètres démographiques est crucial pour mieux comprendre ces dynamiques. C est dans ce but que des observatoires à long terme ont été mis en place par l équipe de la réserve naturelle en collaboration étroite avec le programme 109 de l Ipev. Pour cette quatrième année du plan de gestion, les efforts de prospection et de suivi à long terme se sont concentrés sur l archipel de Kerguelen où les sites sont les plus accessibles. Les îles Crozet, Saint-Paul et Amsterdam, n ont pas fait l objet d études particulières en 2014. Observatoires à long terme Si la mise en place sur le terrain des différents protocoles a demandé des ajustements au cours des premières années, les observatoires «oiseaux» sur Kerguelen sont aujourd hui opérationnels pour neuf espèces. Depuis l installation en 2011/2012 de la colonie d étude démographique de pétrel à menton blanc Procellaria aequinoctialis sur l île Haute, 293 adultes ont été équipés d une bague métal du MNHN. Les 200 terriers que compte la colonie sont contrôlés tous les ans. Les numéros de bague sont collectés afin d identifier les individus qui s y reproduisent et le suivi de chaque couple permet d estimer le succès de reproduction de la colonie. Bilan d activités 2014-25 -

Espèces Sites Mise en place Type de suivi Résultat pour l'année 2014 Manchot papou Pygoscelis papua Golfe du Morbihan 7 colonies 2012 dénombrement nombre de couples reproducteurs et de poussins à l'envol nids occupés avec adulte : 995 poussins à l'envol : 491 Pétrel noir Pterodroma macroptera Ile Haute 100 terriers marqués 2013 suivi démographique simplifié nombre de couples reproducteurs et succès de reproduction pas de nombe de couple reproducteur cette année poussins à l'envol : 36 Pétrel de Kerguelen Lugensa brevirostris Pétrel à menton blanc Procellaria aequinoctialis Ile Haute 100 terriers marqués Ile Haute 200 terriers marqués Cormoran de Kerguelen Ile Haute Phalacrocorax atriceps melanogenis toutes les colonies 2012 2011/2012 2013/2014 suivi démographique simplifié nombre de couples reproducteurs et succès de reproduction suivi démographique et baguage nombre de couples reproducteurs, succès de reproduction, taux de survie, age de recrutement, fréquence de reproduction... dénombrement nombre de couples reproducteurs et de poussins à l'envol succès reproducteur : 58,75% succès reproducteur : 63,16 % nids occupés avec adulte : 255 pas de comptage des poussins à l'envol cette année Canard d'eaton de Kerguelen Anas eatoni eatoni Péninsule Courbet Est Transect 2011 échantillonnage par distance de détection (distance sampling) nombre d'individus 15 transects 257 km parcourus 3230 canards détectés (min: 1; max: 1161) Sterne de Kerguelen Sterna virgata Ile Haute toutes les colonies 2012/2013 dénombrement nombre de couples reproducteurs et de poussins ayant éclos nids occupés avec adulte : 73 possins observés : 41 Sterne Antarctique Sterna vittata Ile Haute toutes les colonies 2012/2013 dénombrement nombre de couples reproducteurs et de poussins ayant éclos nids occupés avec adulte : 18 pas de comptage des poussins cette année Goéland dominicain Larus dominicanus Pointe Morne (3 colonies) Base (2 colonies) 2006/2007* dénombrement nombre de nids et nombre d'œufs par nid Pointe Morne : 113 nids et 52 oeufs Base : 27 nids 263 œufs * suivi précédement réalisé par le programme 109 de l'ipev et repris par la réserve en 2013/2014 Liste des espèces suivies sur Kerguelen par la réserve naturelle et résultats bruts pour l année 2014. Lors de la saison de reproduction 2013/2014, 23 pétrels à menton blanc ont fréquenté le site et 152 œufs ont été pondus. Le succès de reproduction (élevage d un poussin jusqu à son terme) à la fin de la saison était de 63 %. En mai 2014, un des oiseaux bagués, reproducteur dans la colonie en novembre 2013, a été retrouvé mort sur un palangrier au large de la Namibie. Si les captures accidentelles par les pêcheries évoluant dans la zone économique exclusive (ZEE) des TAAF sont quasi nulles, des impacts notables sont encore à craindre au-delà de la ZEE française, comme l illustre cet exemple. Dénombrement des colonies de pétrels hypogés Les populations de petits pétrels (pétrel plongeur sp. Pelecanoides sp., prion sp. Pachyptila sp. et pétrel bleu Halobaena caerulea), qui représentent plusieurs millions de couples sur Kerguelen, ont fortement diminué depuis l introduction du chat et son expansion sur la grande terre. Les îles libres de mammifères introduits sont alors devenues des zones refuges. Disposer d une estimation fiable de ces populations à reproduction diffuse hypogée (sous-terraine) est difficile et laborieuse mais constitue une donnée particulièrement importante pour leur conservation. En 2002 le programme 109 (Centre d Etude Biologique de Chizé, CNRS-CEBC) de l IPEV avait estimé la population de pétrel bleu Halobaena caerulea sur l île Mayes à 142 000 couples (95% CI 106 000 179 000). 12 ans plus tard, les agents de la réserve naturelle ont ré-échantillonné l île en utilisant la même méthodologie. Il s agissait dans un rayon de 5 mètres autour d un point fixe de dénombrer de façon exhaustive les terriers, de déterminer l espèce et de vérifier l occupation du terrier. A partir de ces données, il est possible de calculer des densités et d estimer la taille de la population. Sur les 131 points échantillonnés en 2014, des entrées de terrier ont été identifiées sur 49,6 % d entre eux (moyenne de 15,7 ± 27,4 terriers par point). Pour comparaison, sur les 149 points réalisés en 2002, 54,4 % présentaient des terriers (moyenne de 10.7 ±24.6). Les analyses sont en cours et seront présentées de manière détaillée dans le bilan d activités 2015. Ce protocole a également été réalisé sur l île du Chat, l île aux Cochons dans le Golfe du Morbihan et l île Mac Murdo dans le nord-est. Recherche de terrier sur un point de comptage dominé par la présence de choux de Kerguelen, Ile Mac Murdo, décembre 2013. Site nombre de point échantillonné nombre de point sans terrier (%) nombre de point avec terrier (%) nombre total nb de terrier/pt nb de terrier/pt nb de terrier/pt densité moyenne Ecart type de terrier détecté moyenne ecart type maximum (en m²) Ile du Chat 115 45,2 54,8 222 1,9304 3,2973 19 0,02458 0,04198 Ile Mac Murdo 263 80,2 19,8 283 1,0760 3,9916 45 0,01370 0,05082 Ile Mayes 131 50,4 49,6 2054 15,6794 27,4376 126 0,19964 0,34935 Iles aux Cochons 85 10,6 89,4 846 9,9529 9,4729 35 0,12672 0,12061 Données brutes résumées de l échantillonnage par point de comptage réalisé lors de la campagne d été 2013/2014. Bilan d activités 2014-26 -

Inventaires et prospections Contrairement aux précédentes campagnes d été, aucun nouveau secteur n a été prospectéen 2014. Les agents de la réserve naturelle sont néanmoins retournés fin décembre 2013 à la Baie de l Oiseau pour dénombrer la petite colonie de manchot royal Aptenodytes patagonicus (43 couveurs) et la colonie d otarie à fourrure de Kerguelen Arctocephalus gazella (127 jeunes de l année). La colonie d albatros à sourcils noirs Thalassarche melanophris de Cap Français (334 nids actifs au moment de l éclosion) a également fait l objet d un dénombrement. Les cinq jours passés à Port-Christmas ont permis de déployer 15 GPS sur les albatros à sourcils noirs. Les enregistrements montrent des parcours compris entre 508 km et 1 876 km pour un éloignement par rapport à la colonie allant de 74 km à 548 km. Outre ces résultats, les données acquises devraient également permettre de comparer le comportement des oiseaux nichant à l extrémité nord de l archipel avec ceux des colonies de la Presqu île Jeanne d Arc (au sud) suivis par le programme 109 CNRS-CEBC de l IPEV. Grand albatros à Pointe Morne Le succès de reproduction anormalement bas enregistré ces deux dernières années chez le grand albatros Diomedea exulans à Pointe Morne a soulevé des interrogations sur les causes de la mortalité qui touche les jeunes poussins (similitude avec les albatros à bec jaune sur l île d Amsterdam). La prédation par les chats et les pétrels géants ou la présence d agents pathogènes pourraient expliquer ces échecs. Afin de vérifier l hypothèse de la prédation, des appareils photos/caméras automatiques ont été disposés devant une trentaine de nid entre fin mars et le mois d août 2014, en collaboration avec le programme 109 CNRS-CEBC de l IPEV. Grâce à ces équipements optiques, deux attaques mortelles sur des poussins par des pétrels géants et trois cas de prédation par un même et unique chat (marques caractéristiques sur le dos) ont pu être révélés. Les causes de disparition de plusieurs poussins n ont pas pu être identifiées en raison de problèmes techniques avec les appareils. Ces observations de prédation par les chats représentent une nouvelle information importante qui doit être confirmée par le déploiement de nouvelles caméras automatiques en 2015. Par ailleurs, il n est pas exclu que la présence d agents pathogènes soit également responsable de la mortalité des poussins de grand albatros. Le prélèvement de cadavres de poussins à partir de 2015 et leur analyse en laboratoire permettront d identifier les causes de la mort et de rechercher la présence d agents pathogènes. Albatros à sourcil noir. Agent installant des pièges photo / vidéo, Pointe Morne. Carte de localisation des trajets d albatros à sourcils noirs, colonie de Cap Français, décembre 2013. Extrait d une vidéo issue d une caméra automatique montrant un chat attaquant un poussin de grand albatros à Pointe Morne début juin 2014. Bilan d activités 2014-27 -

Veille des risques pathogènes Contexte De fortes mortalités annuelles de poussins d albatros à bec jaune nichant sur l île d Amsterdam sont recensées depuis une trentaine d année. Les observations sur le terrain montraient une dégradation rapide de l état de santé des oiseaux, suivie de leur mort. Une maladie aviaire a ainsi été rapidement suspectée. Une première étude menée par Henri Weimerskirch en 2004 avait permis de détecter la présence de deux bactéries pathogènes sur des cadavres de cette espèce d oiseau, Erysipelothrix rhusiopathiae et Pasteurella multocida responsables de deux maladies : l érysipèle et le choléra aviaire. Albatros à bec jaune et son poussin. Evolution du succès reproducteur de quatre espèces d albatros (Weimerskirch et al. unpublished data). Plus récemment, les suivis démographiques des autres populations d oiseaux marins de l île d Amsterdam ont révélé une forte mortalité annuelle des poussins d albatros fuligineux à dos sombre depuis 1998, de poussins d albatros d Amsterdam en 2000 et 2001 et un déclin important de la population de gorfou sauteur subtropical (environ 70% entre 1994 et 2013). A Kerguelen, la colonie de grand albatros à Pointe Morne enregistre également une forte mortalité des poussins depuis 2006. L implication d agents pathogènes dans ces «anomalies» démographiques ne doit pas être écartée et demeure l hypothèse la plus probable pour certaines populations. Des études seront réalisées afin de compléter les travaux réalisés en 2004 par Dr. Weimerskirch et identifier avec plus de précision les causes de la mortalité. Parmi les espèces concernées, l albatros d Amsterdam, déjà classé «En danger critique d extinction» par l IUCN est le plus menacé. Si la dynamique de cette population montre une tendance plutôt favorable ces dernières années, elle n en reste pas moins très fragile. Aussi, il a été calculé qu une mortalité additionnelle de 6 oiseaux par an pourrait engendrer le déclin de l espèce. Le déclenchement d une épizootie (épidémie qui frappe les animaux), tout à fait envisageable en raison de la proximité génétique et géographique de l albatros à bec jaune, serait donc catastrophique pour l albatros d Amsterdam. Cette espèce n est pas la seule dont le statut de conservation soit préoccupant. L albatros à bec jaune, l albatros fuligineux à dos sombre et le gorfou sauteur subtropical sont en effet classés «En danger d extinction» par l IUCN. Il faut par ailleurs noter que les colonies d albatros à bec jaune d Amsterdam ont enregistré un déclin d environ 30% entre 1982 et 2006. Cette diminution démographique apparaît d autant plus inquiétante que l île accueille 65% de la population mondiale de cette espèce. A Kerguelen, les agents pathogènes, si leur présence est confirmée, auraient un impact négatif sur la colonie de grands albatros de Pointe Morne. Leur diffusion potentielle à d autres colonies d oiseaux constitue également un risque majeur qui ne doit pas être sous-estimé. En effet, Pointe Morne est proche de sites où nichent d importantes populations de manchots, comme la colonie de Ratmanoff où se reproduisent plus de 100 000 couples de manchots royaux. La propagation d agents pathogènes à ces populations pourrait donc avoir des conséquences catastrophiques pour la communauté aviaire de Kerguelen. Colonie de manchots royaux de Ratmanoff - Kerguelen. Objectif du projet Face à l impact que les agents pathogènes semblent déjà avoir sur certaines populations d oiseaux marins et face au risque que représente leur dissémination, la réserve naturelle a décidé d initier un projet qui vise à étudier ces agents pathogènes et leur écologie (collaboration PIMIT, CEBC et CEFE). Bilan d activités 2014-28 -

Ce projet est divisé en 3 volets : 1. Identifier les agents pathogènes responsables de mortalités dans chacune des populations d oiseaux marins où l on relève des anomalies démographiques. 2. Comprendre le caractère saisonnier des épizooties en déterminant quels sont les réservoirs et disséminateurs d agents infectieux. 3. Envisager des mesures qui permettraient de réduire l impact et l expansion des épizooties. Identification et caractérisation des agents pathogènes Dans le cadre du plan de gestion de la réserve naturelle et plus particulièrement du PNA Albatros d Amsterdam, des études ont été amorcées afin de mieux comprendre la situation éco-épidémiologique de l île d Amsterdam. Le premier point a consisté à caractériser les agents infectieux circulant dans les populations aviaires de l île et à identifier les agents pathogènes responsables des mortalités observées. Des prélèvements biologiques ont été réalisés en janvier 2012 sur des cadavres et des oiseaux vivants des cinq espèces d oiseaux nicheuses d Amsterdam. L analyse de ces échantillons en mars 2013 (laboratoire PIMIT, ex-crvoi) confirme la circulation de P. multocida et E. rhusiopathiae chez les 5 espèces d oiseaux marins alors que la détection de huit autres agents infectieux s est révélée négative. P. multocida a pu être isolée à partir de cultures quasiment pures de tissus de cadavres d albatros à bec jaune et fuligineux à dos sombre ce qui suggère fortement l implication de cette bactérie dans le décès de ces oiseaux. Stratégie de gestion des épizooties Le troisième volet de ce projet vise à tester et mettre en œuvre des mesures qui permettraient de limiter l impact des agents pathogènes sur les communautés d oiseaux marins des Terres australes. Deux types de mesures sont pour l instant à l étude : - Mettre en place des protocoles de biosécurité afin d éviter la dissémination d agents pathogènes par le personnel sur le terrain. A Amsterdam, un plan de biosécurité relatif à l accès aux colonies d oiseaux et à la manipulation des individus a été rédigé en 2012, testé et amélioré en 2013, et officialisé en 2014. Forte de cette expérience, la réserve naturelle a mis en place un plan de biosécurité à Kerguelen pour réglementer l accès et la manipulation d oiseaux sur le site de Pointe Morne. - Immuniser les espèces affectées ou menacées par des agents pathogènes. La vaccination de populations cibles est une technique largement utilisée pour la faune domestique et ayant déjà fait ses preuves en milieu sauvage. A partir de la souche de P. multocida issue de tissus de cadavres d albatros à bec jaune, un auto-vaccin inactivé a été produit et son efficacité a été testée sur le terrain pendant la campagne d été 2013-2014. Le succès reproducteur d un groupe d individus vaccinés a été comparé au succès reproducteur d un groupe témoin. Les résultats ne semblent malheureusement pas exploitables car il n y a pas eu d épizooties en 2014. Une nouvelle campagne de test a donc été lancée en décembre 2014, les résultats sont attendus pour l année 2015. De nouvelles autopsies ont été réalisées en 2014 et confirment les résultats de l année précédente. La recherche de P. multocida a également été réalisée cette année. Les résultats obtenus soutiennent l hypothèse d une introduction accidentelle par l homme de ce pathogène via l importation de volailles. Le virus H1N7 est typiquement retrouvé dans l avifaune domestique et les souches aviaires identifiées à Amsterdam sont proches de celles retrouvées en faune sauvage et d élevage d Europe du Nord. Identification des réservoirs et disséminateurs Les mortalités de poussins de grands albatros, d albatros à bec jaune et fuligineux à dos sombre sont relevées chaque année peu après leur émancipation thermique. Une caractéristique du système écologique des Terres australes françaises permet aux pathogènes de se maintenir et le déclenchement des épizooties a lieu annuellement pendant la période de reproduction. L identification des réservoirs (maintien des pathogènes) et disséminateurs (émergence de la maladie) est donc essentielle dans la compréhension du système et dans la mise en place de mesures prophylactiques (ensemble de moyens médicaux mis en œuvre pour empêcher l apparition, l aggravation ou l extension des maladies). Il serait en effet possible d éliminer, contrôler ou assainir ces compartiments afin de limiter la fréquence et la propagation des épizooties. L environnement, les mammifères et les oiseaux porteurs sains peuvent représenter des réservoirs et disséminateurs d agents pathogènes. Des prélèvements répétés ont eu lieu tout au long de l année 2014 et seront analysés en 2015. Evolution du nombre de nids actifs d albatros à bec jaune au cours de la saison de reproduction 2013 2014 suivis dans le cadre du test d efficacité d un vaccin anti-pasteurella. Perspectives La phase d identification et de caractérisation des agents pathogènes responsables des épizooties (volet 1) est bien avancée à Amsterdam. Il reste néanmoins à déterminer le rôle que pourrait jouer le deuxième agent infectieux détecté (E. rhusiopathiae) dans ces mortalités aviaires. De même, certaines populations n ont pas encore été étudiées, notamment les gorfous sauteurs subtropicaux d Amsterdam et les grands albatros de Pointe Morne à Kerguelen. Il est important d évaluer si les anomalies démographiques relevées sont dues à des agents pathogènes, et si ces agents sont les mêmes que pour les autres populations. Des récoltes de cadavres auront lieu pendant l année 2015, ce qui permettra de réaliser des autopsies et de déterminer la cause des mortalités. Bilan d activités 2014-29 -

De nombreux échantillons ont été récoltés en 2014 et seront analysés en 2015 afin d identifier les réservoirs et disséminateurs d agents pathogènes (volet 2), mais certains compartiments restent encore à échantillonner car ils pourraient jouer un rôle majeur dans la dynamique des épizooties (rats, chats, skuas, pétrels géants etc.). Seules deux méthodes de lutte contre les effets et la propagation des épizooties (volet 3) ont été étudiées, mais bien d autres mesures peuvent être envisagées (assainissement de l environnement, ramassage de cadavres, etc.). Il est nécessaire de tester ces méthodes sur le terrain afin d évaluer leur efficacité et d intégrer les résultats de ces tests dans des modèles éco-épidémiologiques. Cette démarche permettrait de définir les modalités d une stratégie de gestion des épizooties. Un tel projet nécessite des moyens importants sur le terrain et en laboratoire. Face à l importance et à l urgence de la situation, la réserve naturelle aidée par divers partenaires (PIMIT, CEBC, CEFE, LPO) ont répondu en octobre dernier à l appel à projets LIFE 2014 de l Union Européenne. Il permettrait de financer un projet de 6 ans (début en 2015) visant à mettre en œuvre les moyens nécessaires à la sauvegarde de quatre espèces d albatros, l albatros d Amsterdam, l albatros fuligineux à dos sombre, l albatros à bec jaune et le grand albatros, face à la menace conjointe de différentes espèces exotiques envahissantes (mammifères introduits et agents pathogènes). Lutte contre les mammifères introduits La gestion des mammifères qui ont été introduits depuis l époque des phoquiers jusqu à la fin des années 1950 dans la réserve naturelle des Terres australes françaises reste un des axes majeurs du plan de gestion. En effet, il est avéré que ces espèces impactent de façon significative les écosystèmes dans lesquels elles sont présentes. Avant d engager des programmes de lutte à grande échelle, il est essentiel pour le gestionnaire d acquérir des connaissances sur leur répartition dans le cas des rongeurs par exemple. par piégeage : le sentier partant de la vallée des branloires en direction du col 600 et le sentier du site de la Pérouse au niveau du Lac perdu. Des rats ont été capturés respectivement jusqu à 315 m et 380 m sur les deux sites. La neige empêchant certaines sessions de capture en altitude, le programme sera poursuivi au cours de la campagne d été 2014-2015. Rongeurs Initiée en 2013, l étude de la répartition des rongeurs sur l île de la Possession (Crozet) et l archipel Kerguelen s est poursuivie en 2014. Un agent a été recruté à cette fin sur le district de Kerguelen. Localisation des lignes de pièges vers le Lac perdu. L île de la Possession est la seule île de l archipel de Crozet à avoir été colonisée par le rat noir (Rattus rattus). Si sa répartition sur la zone côtière semble uniforme, il n en est pas de même dans l intérieur de l île où les hauteurs sont probablement exemptes de rats, comme l atteste la présence de petits pétrels fouisseurs dont les terriers sont habituellement prédatés par le rongeur. Deux sites ont été échantillonnés A Kerguelen, les connaissances sont encore inégales sur les nombreuses îles de l archipel, notamment pour la souris domestique. Certaines îles ont été inventoriées pendant la campagne d été 2013-2014 de façon opportuniste par les agents de la réserve, permettant ainsi d étayer les données existantes. C est notamment le cas des îles Cochons, Suhm ou Mac Murdo. Le recrutement d un agent de terrain dédié permettra de systématiser les prospections de mammifères introduits au cours de la campagne d été 2014 2015. La visite de plusieurs îles en 2014 a permis de révéler la présence de souris sur les îles Léon Lefèvre et Ravelo de la Baie des Swains et de lapins sur l île Richard Foy. La présence de mammifères Bilan d activités 2014-30 -

introduits dans ces îles n était, à ce jour, pas renseignée. La pose de pièges à rat pendant l hiver austral 2014 a également permis de confirmer l absence de rat noir sur la base de Port-aux-Français. Une douzaine d îles dans le golfe du Morbihan seront inventoriées en 2015 par l équipe de la réserve naturelle pour compléter les connaissances sur la répartition des rongeurs. Moutons En fin de campagne 2013 le cheptel de béliers encore présent sur l île Longue, qui a été un des 3 sites choisis pour l élevage de moutons dans le golfe du Morbihan, était estimé à 150 individus. Cette île de 16 km de long sur 3 km de large est divisée en 4 parcs distincts pour pouvoir isoler les jeunes des mâles ou des femelles. Un trou entre le parc bélier et le parc tampon ainsi que la formation de congères au niveau des clôtures auront permis aux derniers mâles de recoloniser le centre de l île. Une campagne de tirs en début d été 2014, éliminant 87 individus, ajoutée à la mortalité naturelle hivernale qui se situe autour de 20% pour cette population vieillissante porte le nombre d individus restants à moins d une trentaine. Le démantèlement des 15 km de clôtures restantes sur cette île, piège mortel pour certaines espèces d oiseaux, sera une des actions majeures en 2015. Congère formée au contact d une clôture ayant permis la dispersion des bêliers. Chats harets Dans le cadre d une collaboration entre le programme 109 de l IPEV et la réserve, du monitoring à l aide de pièges photographiques a été réalisé en 2014 sur la colonie démographique de grands albatros de Pointe Morne (Grande terre de Kerguelen). Cette étude a permis d identifier le chat comme l une des causes de mortalité des poussins pour ce site. Jusqu à présent, aucune attaque de chat n avait été documentée à Kerguelen sur des oiseaux de cette taille (5-7kg). Une proposition de contrôle des chats sur cette zone par le gestionnaire a été soumise au conseil scientifique de la réserve en partenariat avec le programme 279 de l IPEV qui travaille depuis plus de 10 ans sur cette population de chats harets de Kerguelen. Les opérations de contrôle devraient commencer en fin d hiver 2015. Béliers sur l île Longue. Restauration du Phylica arborea à Amsterdam Unique arbre indigène des îles australes, le Phylica arborea fait l objet depuis 2010 d un programme de restauration mené par la réserve naturelle. Cette espèce présente sur seulement deux îles au monde, l Archipel Tristan da Cunha et l île d Amsterdam, a vu son peuplement originel disparaître de 99% au cours des trois derniers siècles. Une première campagne de repeuplement avait déjà été réalisée sur l île entre 1989 et 1993, permettant de réintroduire près de 7000 individus sur la façade est de l île, le Versant des Phylicas. Quinze années plus tard, c est au tour de la façade nord d être replantée. Depuis deux ans, la sélection des meilleures graines et l amélioration du protocole de germination ont permis, pour la dernière série de semis, d atteindre un taux de germination de 73% contre 7% en 2011. Pour l année 2014, ce sont plus de 2900 individus qui ont été produits, soit un total de 4000 plants en cultures dans la pépinière d Amsterdam. Afin d accueillir l ensemble de cette production, des travaux d agrandissement de la pépinière ont été réalisés en étroite collaboration avec les services techniques du district, permettant : la création d un nouveau brise-vent en scories, le déplacement et l aménagement intérieur du shelter, l agrandissement de la surface de culture, la construction de nouveaux châssis et l amélioration du système d arrosage. Pour l année 2014, 470 individus ont été plantés, avec la participation active des hivernants, au nord-ouest de l île, en contrebas du Versant des Taureaux Sauvages. Bilan d activités 2014-31 -

Ainsi depuis 2010, date de création de la pépinière par la réserve naturelle, ce sont 1570 plants de phylicas qui ont été réintroduits en milieu naturel. Comparaison des croissances en fonction des sites de plantation. Jeunes pousses de Phylica arborea. L avenir de ces plants semble prometteur. En effet, le suivi bisannuel montre un taux de survie supérieur à 90% sur l ensemble des sites, et ce, deux ans après la première campagne de restauration en 2012. Au-delà des actions de repeuplement sur le terrain, les données récoltées au cours des missions successives comme la croissance ou la survie de chaque individu planté, sont centralisées dans une base de données hébergée au siège des TAAF et permettent aujourd hui de dégager des informations précieuses pour optimiser les futures plantations. La pépinière d Amsterdam réaménagée. Répartition des plantations de l année 2014. Bilan d activités 2014-32 -

«Prospection espèces végétales introduites Crozet, Décembre 2013» Bilan d activités 2014-33 -

Bilan d activités 2014-34 -

Connaissances et conservation du patrimoine naturel marin Bilan d activités 2014-35 -

Amélioration des connaissances sur les populations de cétacés Dauphins de Commerson de Kerguelen Cephalorhynchus commersonii kerguelensis Suite à la mise en place du suivi des dauphins de Commerson de Kerguelen dans le Golfe du Morbihan en 2012, deux missions dédiées ont été réalisées en 2014. La première s est déroulée pendant la campagne d été 2013-2014, la deuxième entre septembre 2014 et janvier 2015. Au total, 52 sorties en mer ont été effectuées en 2014 dans le Golfe par les agents de terrain, à bord de «l Aventure II» et du zodiac de la réserve naturelle arrivé sur le district en novembre 2014. Au cours de ces sorties, les dauphins ont été observés 276 fois. Un total de 4692 photos qui serviront à l identification des individus ont été collectées. Combinées aux données opportunistes collectées par les autres agents de terrain empruntant «l Aventure II», la base de données totalise 427 observations et 7628 photos s étalant sur trois années. Une telle quantité de données est unique sur cette espèce à l échelle mondiale. Elles sont notamment utilisées dans les analyses démographiques en cours dont les résultats viendront renforcer les premières estimations effectuées en 2013. Ces dernières, fournissant une taille d effectif de 69 ± 13 dauphins dans le Golfe du Morbihan, ont servi cette année à classer cette sousespèce endémique de Kerguelen dans la catégorie EN (En danger) dans la Liste rouge nationale de l UICN. En parallèle, des analyses spatiales utilisant les données d observation sont en cours. Il s agit notamment d identifier les zones les plus fréquentées par les dauphins, et donc prioritaires en termes de conservation. Une analyse plus approfondie en collaboration avec le MNHN est envisagée afin de modéliser l habitat des dauphins et de mieux comprendre leur écologie alimentaire dans le Golfe du Morbihan, toujours dans une optique de conservation de cette sous-espèce. En 2014 ont aussi été déployées trois hydrophones de manière successive au nord-est de l île Haute, zone préalablement identifiée comme très favorable aux dauphins de Commerson. Au moyen d une armature spécifique fixée à 10 m de profondeur, il s agissait de réaliser des enregistrements réguliers sur une année afin de détecter une éventuelle saisonnalité dans la fréquentation de la zone par les dauphins. Un des hydrophones déployé en mars 2014 par l équipe de plongeurs a ainsi enregistré des données jusqu à septembre 2014. La filtration et l analyse des signaux acoustiques seront effectuées en 2015 après récupération des prochaines sondes. Enfin, 12 échantillons de tissus supplémentaires, se rajoutant aux 11 échantillons de 2013, ont été prélevés en 2014 par biopsie. Ces échantillons ont fait l objet d analyses génétiques en collaboration avec Dr. A. Viricel (Université de La Rochelle) qui a mis en évidence la présence d un nouvel haplotype, unique à la population de Kerguelen. Ces résultats confirment l isolation génétique et géographique de la sous-espèce. Une collaboration avec la fondation Cethus basée en Argentine est en cours et permettra d effectuer des comparaisons génétiques approfondies avec d autres populations de l espèce, afin de mieux identifier les risques liés à l isolation du dauphin de Commerson de Kerguelen. Orques de Crozet et Kerguelen Orcinus orca Une mise à jour complète et exhaustive du recensement des orques de Crozet a été réalisée en 2014 en collaboration avec le programme 109 de l IPEV, au travers de l analyse de l ensemble des données collectées depuis 2003 (61 292 photos), depuis l île de la Possession et depuis les palangriers. Au total, 77 individus ont été répertoriés comme vivants et fréquemment observés dans les eaux de Crozet. Ils sont répartis en 19 groupes sociaux. A ces individus s ajoutent 48 individus plus rarement observés, soit parce qu ils ont disparu dans les années récentes, soit parce qu ils appartiennent à des groupes transitant par Crozet ou des groupes qui viennent d être découverts. Avec un effectif total estimé à moins de 250 individus, la population d orques de Crozet a cette année été classée EN (En Danger) selon les critères de la Liste rouge de l UICN. Mise en place d un hydrophone. Une analyse parallèle s est concentrée sur la deuxième forme d orques rencontrée à Crozet : les orques de «Type-D». Bilan d activités 2014-36 -

Arbre phylogénétique montrant tous les dauphins de Commerson échantillonnés à Kerguelen. b. Arbre phylogénétique des haplotypes uniques de C. commersonii, incluant les échantillons Sud-Américains et un outgroup. Sont représentés les trois haplotypes connus à Kerguelen (Ccom-K, Ccom-L et Ccom-M), et un nouvel haplotype trouvé chez un seul individu (k22). Ce morphotype inféodé aux eaux pélagiques de la zone sub-antarctique est extrêmement rare à l échelle mondiale. Comme les orques de Crozet, les orques de Type-D interagissent aussi avec les palangriers ce qui fait de Crozet la zone où les observations de ce morphotype sont les plus nombreuses. A partir des données collectées au cours de 75 observations (3 174 photos) depuis 2003, un total de 39 individus a pu être identifié. Les mêmes individus sont revus chaque année depuis 2009 suggérant une présence régulière de ce morphotype dans les eaux de Crozet, notamment dans la partie Sud-Ouest de l archipel. Des individus de Type-D connus ont aussi été récemment observés pour la première fois dans les eaux de Kerguelen, indiquant que ces orques sont capables de grands déplacements entre les plateaux des différents archipels. Cartes des observations d orques autour de Crozet et Kerguelen depuis les palangriers. En haut et en bas à gauche : Orques de Type-D. En bas à droite : orques de Crozet. Bilan d activités 2014-37 -

Orque de «Type-D» à Crozet. Cachalot à Kerguelen. Cachalots de Crozet et Kerguelen Physeter macrocephalus Les cachalots sont principalement observés depuis les palangriers opérant dans les ZEE de Crozet et Kerguelen. Au total, 29 078 photos ont été prises entre 2005 et 2014 et ont été analysées cette année. A partir des variations interindividuelles des caractères morphologiques de la nageoire caudale, ces données ont permis l identification de 305 individus. La courbe de découverte et l atteinte d un plateau dans les années récentes indique l identification de la majorité des individus interagissant avec les pêcheries. Ces individus sont essentiellement des mâles adultes et sub-adultes utilisant les plateaux de Kerguelen et Crozet comme zones de nourrissage. Des analyses sont actuellement en cours pour définir les tendances de ces effectifs historiquement exploités jusqu à la fin de l activité baleinière dans la zone en 1982. Nombre cumulé de cachalots identifiés à Crozet et à Kerguelen (courbe de découverte - noir) et nombre cumulé de photos prises depuis les palangriers pour l identification individuelle (gris). Lutte contre la mortalité aviaire, réduction des prises accessoires dans la pêche palangrière à la légine Conformément aux engagements de la France envers la Convention de Conservation de la Faune et de la Flore Antarctique Marine (CCAMLR), les TAAF et les armements de pêche mettent en œuvre des mesures pour réduire la mortalité des oiseaux marins induite par la pêche à la légine dans les Zones Economiques Exclusives (ZEE) de Kerguelen et de Crozet. Ces mesures concernent le lestage des lignes, la mise en place de banderoles à l arrière des navires los des opérations de filage des lignes (mise à l eau), le déploiement d un rideau lors de la remontée des palangres à bord. Pendant la saison de pêche 2012/2013, 157 individus, majoritairement des pétrels à menton blanc, ont été tués par la pêcherie, très loin des 1297 tués en 2007/2008. Cette tendance est encore à la baisse sur la saison de pêche 2013/2014 (33 oiseaux tués au 31 août 2014), preuve que les mesures sont adaptées. La France a par ailleurs été félicitée par la CCAMLR pour ses très bons résultats. Ces mesures sont complétées d un suivi quotidien des oiseaux par le contrôleur de pêche embarqué sur chaque navire, d une fermeture de la pêche lors du pic de présence d oiseaux, et d une obligation de déplacement des navires en cas de mortalité importante. La diminution de la mortalité enregistrée tous les ans depuis 2007 montre le succès de ces mesures. Bilan d activités 2014-38 -

Les prises accessoires de la pêche à la légine La pêche à la palangre dans les ZEE de Kerguelen et de Crozet cible la légine australe (Dissostichus eleginoides) mais capture également diverses espèces accessoires comme le grenadier Macrourus carinatus, l antimore Antimora rostrata, plusieurs espèces de raies du genre Bathyraja, et dans une moindre mesure des requins et autres poissons. Parmi ces espèces, le grenadier est valorisé. Les raies le sont également mais présentent un faible intérêt commercial. Les autres espèces sont quant à elles rejetées à la mer. Certaines de ces captures accessoires, comme les raies, représentent un enjeu de conservation important lié à leur maturité sexuelle tardive et à leur fécondité faible. De plus il s agit d espèces endémiques des plateaux de Kerguelen ou de Crozet. A la lumière de ces éléments, les TAAF ont entrepris, en partenariat avec le Muséum National d Histoire Naturelle, de réduire le nombre d espèces accessoires capturées par cette pêcherie. Pour cela, un code de bonne conduite et des outils cartographiques d aide à la décision ont été fournis aux armements et aux capitaines des navires de manière à les avertir des zones à fortes densités de captures d espèces accessoires. Enfin, pour inciter les capitaines à ne pas pêcher ces espèces, deux outils règlementaires ont été mis en place : - Un taux de capture de raies au-delà duquel le navire est contraint de se déplacer, - La prise en compte du nombre total de raies capturées dans le critère d attribution du quota de l année n+1. Après trois ans d application, les résultats sont encourageants et demandent à être poursuivi. Enfin, et afin de favoriser la survie des raies qui seraient malgré tout capturées, un nouveau procédé appelé «cut off» et inspiré de la CCAMLR a été instauré à bord de tous les navires. Ce procédé permet la remise à l eau des raies dont l état peut permettre la survie. Seules les raies dont l état n est pas satisfaisant peuvent être conservées et travaillées à bord. Les contrôleurs embarqués sont chargés de sensibiliser et de former les équipages à ces nouvelles pratiques. Pour la saison de pêche 2014/2015, qui a commencé en septembre, les résultats de ces nouvelles pratiques sont satisfaisants puisque 81% des raies pêchées ont été remises à l eau dans le cadre du «cut off» instauré. La prochaine étape sera de mesurer, par un protocole spécifique, le taux de survie réel des raies remises à l eau, en fonction de l espèce, du sexe, de la profondeur de capture, de la vitesse de virage etc. Le label Marine Stewardship Council (MSC) L obtention en 2013 du label MSC pour la pêcherie légine en ZEE de Kerguelen conforte les armements, les TAAF et le MNHN dans la bonne gestion de cette pêcherie et encourage à poursuivre les efforts dans la réduction de la mortalité aviaire et des prises accessoires. Le maintien du label passera également par la rédaction en 2015 d un plan de gestion à long terme de cette pêcherie dont la partie «réduction de l impact de la pêche» sera un élément déterminant. Gestion de la pêcherie de Saint-Paul & Amsterdam Actuellement, un seul navire usine exploite les eaux côtières de Saint-Paul et Amsterdam. Il s agit de l «Austral» qui pêche de novembre à avril dans des eaux intégralement classées en réserve naturelle marine. Cette pêcherie cible principalement la langouste, exploitée exclusivement au casier par de petites embarcations qui sont déployées quotidiennement depuis le bord de «l Austral». Plusieurs espèces de poissons côtiers sont également exploitées : le cabot, le saint paul, le bleu, la sériole et le rouffe. Les techniques utilisées pour pêcher ces poissons sont la ligne à main, la palangre verticale, et le carrelet. Le poulpe constitue une capture accessoire importante de la pêche au casier. Des Totaux Admissibles de Captures (TAC) sont définis annuellement, après avis du MNHN, pour la langouste et pour trois espèces de poissons (le cabot, le rouffe, le saint paul). Considérant certaines inquiétudes sur l état des stocks exploités à Saint-Paul et Amsterdam et afin de garantir la durabilité de cette pêcherie et le respect de l environnement, le programme ASPHALTE (Amsterdam Saint-Paul Halieutique) a été initié en 2013 en collaboration avec le MNHN, les armateurs et les marins pêcheurs. Les objectifs de ce programme sont : 1. L évaluation des ressources en langoustes et poissons disponibles pour adapter leur exploitation ; 2. La cartographie des habitats marins dans lesquels ces ressources se déploient ; 3. Une meilleure compréhension de la biologie de ces espèces ; 4. L amélioration des pratiques de pêches pour exploiter de manière optimale les ressources, tout en garantissant le respect de l environnement. Marquage recapture de Latris lineata En vue d avoir une meilleure connaissance des populations de poissons exploités à Saint-Paul et Amsterdam, un programme de marquage recapture est en place depuis 2013 sur Latris lineata, une des principales espèces de poisson ciblé par la pêcherie de Saint-Paul et Amsterdam. Le marquage conduit chaque année, mais surtout les recaptures des poissons marqués, nous permettent d acquérir une meilleure connaissance de la biologie de cette espèce et de suivre l état de son stock. Après deux saisons de pêche, ce sont 736 individus qui ont été marqués, parmi lesquels 172 ont été recapturés. Les mouvements de ces individus mettent en évidence des comportements assez différents, très sédentaires pour certains, et relativement mobiles autour des côtes pour d autres, bien qu aucun déplacement entre les deux îles n ait été constaté. Bilan d activités 2014-39 -

2. Les petites langoustes sont désormais remises à l eau directement depuis les embarcations de pêche, au moment et sur le lieu de leur capture. 3. Une taille limite a été déterminée et des pieds à coulisse ont été distribués pour faciliter le tri, en complément du poids limite de capture déjà instauré. Cette initiative permet un tri plus aisé et plus précis pour les marins qui l effectuent. Latris lineata dans son habitat. Cartographie des habitats marins Pour mieux connaitre les milieux dans lesquels les ressources se déploient, une cartographie des habitats marins côtiers est en cours. Plusieurs «écotypes» ont ainsi été déterminés, parmi lesquels les milieux à Laminaria palida sur fonds de roche à faible profondeur, la ceinture de Macrocystis pyrifera entre 10 et 40 m, les bancs de sable, les fonds à gros blocs rocheux sur fond meuble, etc. La caractérisation des ces fonds permet de mieux comprendre la répartition et la biologie des espèces exploitées par la pêcherie. Gestion des rejets de langouste et amélioration des casiers de pêche Dans la pêcherie de langouste de Saint-Paul et Amsterdam, les petits individus de moins de 150 g doivent être remis à l eau car ils constituent le potentiel futur de la ressource. Leur survie est donc fondamentale. Ces petites langoustes représentent une proportion importante de la capture en particulier dans la zone de pêche côtière peu profonde (< 50m). Jusqu à présent, toutes les langoustes étaient livrées par les petites embarcations déployées pour la pêche au casier sur «l Austral», et le tri puis le rejet des langoustes sous-taille était effectué depuis ce dernier. Cartographie de la ceinture algale autour d Amsterdam. Mesures biométriques sur des langoustes. Afin de diminuer l impact de la pêche sur ces petites langoustes, de nouvelles pratiques sont mises en œuvre, d une part, pour éviter de capturer ces langoustes sous-taille et, d autre part, pour les remettre à l eau dans les meilleures conditions au cas où elles seraient encore capturées : 1. Les casiers utilisés ont été modifiés pour faciliter l échappement des langoustes sous-taille (écartements plus grand et plus réguliers). Suivi de la pêcherie Afin de connaitre parfaitement l impact de la pêcherie à la langouste sur cette ressource et sur l environnement en général, les contrôleurs des TAAF embarqués à bord assurent un suivi régulier et rigoureux des captures, de l effort de pêche et de sa répartition dans le temps et dans l espace, ainsi que des captures accessoires et accidentelles de la pêcherie. Depuis 2014, de nouveaux outils de suivi ont été mis en place pour affiner les données disponibles (GPS installés sur les toutes les embarcations, caractérisation de l effort de pêche par technique et espèces ciblées, suivi et estimation du tri et des rejets de langoustes inférieures à la taille règlementaire, nouvelle comptabilité des captures par calibre). Afin de prendre en compte l évolution de ces pratiques et les modifications de la règlementation spécifique à cette pêcherie, un nouveau carnet de pêche électronique a été créé avec le MNHN. Bilan d activités 2014-40 -

Ainsi, l archivage et l intégration des données dans une base vont permettre sur le long terme de faciliter l analyse des données biologiques et des données de pêche, toujours dans l objectif d une gestion optimale des ressources exploitées et de protection de l environnement dans lequel elles évoluent. Perspectives : Les mesures et les suivis mis en œuvre et initiés doivent permettre à terme de rendre cette pêcherie exemplaire et reconnue sur le plan international, à l image de la gestion établie pour la pêcherie à la légine dans les TAAF. Le rapprochement avec les gestionnaires des autres pêcheries de langoustes du genre Jasus de l hémisphère sud, en particulier de celle très semblable de Tristan da Cunha, permet également d engager une collaboration sur laquelle la réserve naturelle s appuie pour améliorer les connaissances, affiner la gestion, et mettre en commun les savoirs respectifs. Observatoire à long terme des écosystèmes marins côtiers de Kerguelen Bilan de la mission ProteKer III Pour des raisons évidentes de moyens requis et de complexité de mise en œuvre, l amélioration des connaissances du patrimoine naturel marin de la réserve naturelle n est pas aussi avancée que dans le domaine terrestre. Cet objectif n en demeure pas moins une priorité et sera sans doute l une des thématiques les plus développées dans le cadre du second plan de gestion. Initié au cours de l été austral 2011-2012 et pour une durée de 3 ans, le programme ProteKer, piloté par Jean-Pierre FERAL, a pour but de mettre en place un observatoire sousmarin du benthos (faune et flore) côtier de l archipel de Kerguelen et de ses habitats afin de pouvoir suivre l impact des changements climatiques. La réserve naturelle participe à cet observatoire en associant chaque année un de ses agents (plongeur scientifique). Afin de couvrir au mieux l ensemble des profils côtiers, les sites suivis sont choisis sur trois zones d étude : la Baie du Morbihan avec des sites en fond de golfe (îles Haute et Longue) et d autres à proximité de la Passe royale (îlot Channer, île Suhm), le Nord de l archipel (Port Christmas et Port Couvreux) et enfin le Sud de l archipel (îles du Prince de Monaco et Fjord des Portes Noires). En 2014 le programme ProteKer a effectué sa troisième et dernière campagne de terrain qui s est déroulée comme suit : Baie du Morbihan (du 24 au 27 novembre grâce au Zodiac de la réserve naturelle, «le Commerson», puis du 7 au 10 décembre à bord de «la Curieuse»), Nord Kerguelen (du 1 er au 6 décembre à bord de «la Curieuse»), Sud Kerguelen (du 11 au 13 décembre à bord de «la Curieuse»). Elle a permis la mise en place complète d une station sur l îlot Channer (entrée du Golfe) et l installation des placettes de colonisation sur la station de Port Christmas. Tous les sites prévus sont désormais opérationnels. Sur les quatorze thermo-enregistreurs installés en 2011 et 2013 (ProteKer I & II), dix ont été récupérés. Le matériel installé sur l île du Prince de Monaco n a pas pu être récupéré pendant cette campagne, sans qu il soit possible de conclure à une perte ou à l impossibilité de le retrouver dans une végétation extrêmement importante qui n existait pas lors de la pose. Au total, ce sont 24 plongées, 2 traits de chalut et 4 explorations ROV qui ont été effectuées. Des problèmes techniques survenus sur ce dernier début décembre n ont pas permis de le redéployer par la suite. Plusieurs milliers de clichés ont été réalisés pour un nombre d échantillons récoltés s élevant à 110. La prise de vue sous-marine (photo et vidéo) a occupé une part importante de la mission. Chaque spécimen a été photographié in situ avant d être remonté pour être conservé. En parallèle, les chercheurs ont réalisé des prélèvements de deux espèces d oursins (Sterichinus diadema et Ctenocidaris nutrix) pour analyse isotopique (réseau trophique) et d éponges dans le but de rechercher des molécules actives d intérêt thérapeutique ou industriel. Localisation des observatoires. Cette dernière campagne conclut donc ce programme pilote de trois ans. ProteKer aura permis d amorcere lancer avec succès le suivi à long terme d espaces marins côtiers de la réserve naturelle. Son prolongement par d autres projets scientifiques devrait être mis en place dès la prochaine campagne d été en fonction des moyens nautiques à disposition, condition sine qua non pour la mise en œuvre des opérations nécessairesde terrain. Bilan d activités 2014-41 -

Placettes à la pose en 2013 et un an après. Les résultats de ce programme sont mis à jour régulièrement par J.-P. Féral sur le site : www.proteker.net Projet d éco-régionalisation australe Le projet d éco-régionalisation australe est né de la volonté de la CCAMLR de compléter et de renforcer les régimes de protection existants dans les territoires antarctiques et sub-antarctiques des Etats par la mise en place d Aires Marines Protégées (AMP). Conduit à l échelle locale par les Terres australes et antarctiques françaises, ce projet est élaboré en étroite collaboration avec divers organismes scientifiques (Laboratoire d Océanographie de Villefranche / Université Pierre et Marie Curie, MNHN, CEBC - CNRS, IPEV), l Agence nationale des Aires marines protégées et la participation des services de l Etat. La phase 1 du projet d éco-régionalisation australe s est poursuivie en 2014 par la finalisation de la majorité des atlas produits par les différents laboratoires. Ces productions doivent d abord faire l objet d un processus d interprétation, d harmonisation et de valorisation, un travail conjointement réalisé par les laboratoires d origine et l Agence des AMP. C est notamment le cas de l atlas sur les poissons démersaux rédigé par P. Koubbi (Université Pierre & Marie Curie, Paris 6) et réalisé notamment à partir des données collectées au cours des campagnes d évaluation de la ressource halieutique à Kerguelen (POKER). Exemple de cartes issues de l Atlas sur les poissons démersaux. Modélisation de l abondance de l espèce Channichthys velifer (grande gueule à voile) sur la zone Kerguelen. (Source P. Koubbi : Université Pierre & marie Curie, Paris 6, données POKER : MNHN Paris). Bilan d activités 2014-42 -

Suivi des populations de dauphin de Commerson par photo-identification Kerguelen, Décembre 2014 Bilan d activités 2014-43 -

Bilan d activités 2014-44 -

Sensibilisation et communication Bilan d activités 2014-45 -

Exposition de la réserve naturelle La nouvelle exposition de la réserve naturelle, composée de 14 panneaux illustrés par Nadia Charles met en lumière la biodiversité de ces territoires extrêmes, leur patrimoine naturel, les actions de préservation et de conservation qui sont menées sur le terrain. Cette exposition, réplique des panneaux installés sur les districts austraux lors de la rotation OP1-2014 (mars-avril 2014) du Marion Dufresne II, a été inaugurée le lundi 26 mai 2014 dans le hall d accueil du siège de la collectivité, en accompagnement de la sortie officielle du bilan d activités 2013 de la réserve naturelle, remis solennellement au préfet des TAAF par son directeur. Cette exposition a été présentée le 26 juin 2014 à Nicolas HULOT, en visite sur l île de La Réunion en qualité d envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète. Ce dernier a également présenté à l assemblée présente les mesures de gestion et de conservation menées au cours de l année 2013 pour préserver durablement ces territoires au patrimoine naturel exceptionnel. L exposition de la réserve naturelle a également été présentée au public francilien lors du Salon du Timbre, du 14 au 22 juin 2014 au Parc Floral de Paris. Complétée par des jeux, sous forme de quizz, proposés par des animateurs TAAF, ainsi que par une conférence donnée par le directeur de la réserve naturelle nationale, cette exposition a bénéficié d une grande visibilité auprès des nombreux visiteurs du salon (moyenne de 5 000 visiteurs par jour, dont 1 500 scolaires les jours de semaine). Nadia Charles a exposé les originaux de ses travaux ayant servi à valoriser l exposition. Une séance de dédicace du bilan d activités 2013 par l artiste a également été organisée. Bilan d activités 2014-46 -

Sur les districts Fête de la Nature Comme chaque année, les agents de la réserve naturelle ont animé sur leurs districts la Fête de la Nature. Créé en 2007 à l initiative du Comité Français de l Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) et du magazine Terre Sauvage cet évènement national est l occasion de sensibiliser le grand public à la Nature à travers diverses manifestations. Les agents ont su l adapter aux territoires austraux en utilisant le potentiel patrimonial de la réserve pour éduquer à l environnement et transmettre la connaissance de ces territoires au plus grand nombre. Depuis trois ans, la Fête de la Nature se déroule donc aussi dans les TAAF. Cette manifestation conviviale, organisée le 24 mai, répondait comme chaque année à une thématique commune. L édition 2014 faisait la part belle à la botanique : «herbes folles, jeunes pousses et vieilles branches» C est à travers des activités diverses telles que des concours photos, des quizz, des projections de films et des animations en laboratoire, que les hivernants ont pu découvrir et en connaître davantage sur la biodiversité de leur district. Nouvelle maison de la RN à Kerguelen Les agents en poste à Kerguelen disposent dorénavant d une Maison de la réserve naturelle. Plus qu un espace de travail pour l équipe en place, ce lieu a également pour vocation d accueillir tout visiteur désireux d en savoir plus sur le patrimoine naturel des Terres australes et les actions de conservation mises en œuvre. Outre des espaces de bureaux, de stockage de matériel technique et d un petit laboratoire équipé d une paillasse, ce lieu de sensibilisation dispose également d une salle d exposition et d un point de documentation. La nouvelle Maison de la Réserve Naturelle à Kerguelen. Animations lors de la Fête de la Nature à Crozet. Animations lors de Photo primée Concours «F ête de la nature». Bilan d activités 2014-47 -

Installation de l exposition de la réserve naturelle sur les districts L exposition présentant la réserve naturelle et ses actions, financée par le réseau TEMEUM (Terres et Mers Ultra-Marines) et les TAAF est maintenant présente sur chacun des trois districts. Afin de la rendre la plus accessible possible, son installation dans les lieux de vie commune a été privilégiée. Les versions des districts de Crozet et Kerguelen sont affichées dans les salles adjacentes aux restaurants. Celle d Amsterdam se situe quant à elle au centre de la base, sous le préau en plein air. Visite de la réserve par un groupe de scolaire Le partenariat avec l Académie de La Réunion, renforcé en juin 2013, a connu de nombreux développements pendant l année scolaire 2013-2014 avec plusieurs établissements ou écoles de l île. Le plus ambitieux de ces développements a consisté dans le jumelage des classes de 4 ème du collège Albert Lougnon avec les districts de la collectivité des TAAF, dans le cadre du projet «Des écarts aux australes» visant à sensibiliser les élèves des Hauts de La Réunion à la biodiversité des terres extrêmes, à travers des rencontres, des correspondances, un journal, des travaux et manifestations diverses. Ce jumelage s est concrétisé par la participation de 8 élèves à la rotation OP4-2014 du Marion Dufresne II (décembre 2014). Grâce à la variété des activités organisées lors de la traversé et des escales sur les districts austraux, ces élèves ont pu rencontrer les hivernants, les scientifiques et le personnel des TAAF, et ainsi découvrir le milieu marin, la vie à bord du Marion Dufresne II et à terre sur les bases. Sur chaque district, les agents de la réserve ont joué un rôle majeur dans la sensibilisation des élèves à la richesse du patrimoine naturel et à sa conservation. L exposition installée à Amsterdam. Chaque hivernant, campagnard ou visiteur de passage peut ainsi découvrir au fil des districts une série de cinq panneaux, à chaque fois différents, déclinant les enjeux et actions de conservations spécifiques au site. Accueil par un agent de la réserve et plantation par les élèves d un Phylica, Amsterdam. L exposition à Kerguelen. Bilan d activités 2014-48 -

«L accueil des touristes : une mission propre aux réserves naturelles» Bilan d activités 2014-49 -

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Règlementation Bilan d activités 2014-51 -

Encadrement des activités Une réflexion à large échelle est actuellement menée concernant les conditions d accès aux différentes zones de protection de la réserve naturelle. Jusqu à ce jour, le dossier de demande d accès était le même qu il s agisse d une zone en protection intégrale ou d une zone protégée par arrêté du préfet. L émergence actuelle de pathogènes dans certaines colonies d oiseaux impose aujourd hui de réviser ce fonctionnement. Les modifications apportées devront permettre la mise en place de procédures et de recommandations adaptées pour faire face aux risques nouvellement identifiés. Ce nouveau fonctionnement devrait par ailleurs être davantage en adéquation avec la définition même du principe de protection intégrale. Concernant les zones à accès réglementé pour la recherche, une réévaluation est également en cours. En lien étroit avec l IPEV et les scientifiques, la pertinence de chaque site actuellement classé dans cette catégorie est étudiée. En fonction des éléments recueillis, le déclassement de certains sites n accueillant plus aucune étude scientifique sera envisagé. A l inverse, certains nouveaux sites pourront être proposés. Cette réflexion a également permis de soulever la question de la disparité au sein d un même classement. Ainsi il n existe en termes de classement et donc de règles aucune différence entre des zones situées à proximité des bases et des secteurs très éloignés peu ou pas impactés (absence d espèces introduites par exemple) dès lors qu elles sont chacune classée en réserve naturelle «classique». Elles présentent pourtant des enjeux de conservation bien distincts. Certains des secteurs éloignés peu ou pas impactés, présentant un enjeux de conservation plus important, pourraient à ce titre se voir attribuer un nouveau type de classement. Enfin, au regard de la situation observée sur le site de Pointe Morne à Kerguelen (forte suspicion de la présence d un agent pathogène dans une colonie de grands albatros, voir article «Veille des pathogènes»), l application d un principe de précaution a mené à la restriction de l accès aux seuls programmes scientifiques prévus, dans des conditions de biosécurité strictes. Tout autre accès ou traversée de la zone est interdit afin de limiter les risques de propagation et de diffusion des pathogènes. Carte de la zone à accès restreint, Pointe Morne. Bilan d activités 2014-52 -

Liste rouge UICN des TAAF Depuis 2007, le MNHN et le Comité français de l Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) établissent la Liste rouge des espèces menacées en France, en collaboration avec de nombreuses organisations. La Liste rouge nationale est reconnue comme un indicateur fiable pour suivre l évolution du degré de menace pesant sur les espèces. Le système de la Liste rouge de l UICN permet de classer chaque espèce ou sous-espèce dans l une des neuf catégories suivantes : Eteinte (EX), Eteinte à l état sauvage (EW), En danger critique (CR), En danger (EN), Vulnérable (VU), Quasi menacée (NT), Préoccupation mineure (LC), Données insuffisantes (DD), Non évaluée (NE). La France figure parmi les pays hébergeant le plus grand nombre d espèces animales et végétales menacées au niveau mondial. Cette situation est principalement due à la très forte biodiversité abritée par les collectivités françaises d outre-mer, dont les TAAF. Pour ces raisons, la réserve naturelle a souhaité contribuer au travail d élaboration de cette liste sur le territoire français, dans la perspective notamment d intégrer à la Liste rouge un chapitre (inédit) dédié aux espèces de vertébrés (hors poissons) fréquentant le territoire des TAAF. Ce travail permet par ailleurs de dresser un état des lieux de l état de conservation des espèces du territoire. En 2013, un premier travail de synthèse basé sur l ensemble de la bibliographie disponible ainsi que sur les résultats des travaux de recherche menés dans les TAAF aura permit de préétablir une Liste rouge de la faune des TAAF, selon les critères UICN. Ces travaux ont été réalisés dans le cadre d un stage encadré par le MNHN et soutenu par la collectivité des TAAF. Trois zones distinctes ont été considérées pour établir cette première liste : les Terres australes, la Terre Adélie et les Îles Eparses. Le risque de disparition de toutes les espèces indigènes se reproduisant de manière régulière a été analysé dans chacune de ces zones. Les espèces visiteuses n ont pas fait l objet d une évaluation spécifique. Enfin, les espèces introduites dans la période récente ou présentes de manière occasionnelle n ont pas été soumises à l évaluation. Ces premières évaluations ont été validées au cours d une série d ateliers organisés en juin et juillet 2014 et ont mobilisé l expertise d une quinzaine de spécialistes, dont certains agents de la réserve naturelle. Parmi les oiseaux se reproduisant dans la réserve naturelle, quatorze espèces sont considérées comme menacées de disparition sur le territoire : 1. 4 espèces sont classées «en danger critique d extinction» (CR) comme l albatros d Amsterdam ou le fou austral ; 2. 6 sont classées «en danger» (EN). C est le cas de l albatros à bec jaune de l océan Indien ou du pétrel gris ; 3. 4 sont quant à elles classées «vulnérables» (VU). Parmi elles, l albatros hurleur ou le pétrel à menton blanc. Concernant les mammifères, deux espèces de cétacés sont classées «en danger» dans cette liste, l orque et le dauphin de Commerson. Le classement de ce dernier a pu être envisagé à la lumière des connaissances acquises sur sa biologie et son abondance (voir article dédié) dans le cadre des travaux de suivi de l espèce réalisés en application du plan de gestion de la réserve naturelle. Outre l intérêt de disposer d inventaire de référence, cette «Liste rouge des TAAF» constitue surtout un outil essentiel pour identifier les priorités d actions, renforcer la sensibilisation, suivre l évolution de l état de la biodiversité, et enfin orienter les stratégies de conservation de la réserve naturelle. La diffusion de la liste rouge des TAAF, prévue début 2015, donnera lieu à un événement de communication nationale. VU EN CR Bilan d activités 2014-53 -

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Budget et personnel Bilan d activités 2014-55 -

Budget La collectivité des TAAF, en tant qu organisme gestionnaire de la réserve naturelle perçoit une dotation annuelle du Ministère en charge de l Ecologie (Direction Eau et Biodiversité) permettant de mettre en place les actions prévues dans le plan de gestion. Cette dotation est complétée par des financements au titre d autres programmes, comme le Plan National d Actions en faveur de l Albatros d Amsterdam...Elle peut également être complétée par des financements européens ou de fondations privées. En 2014, après échange avec la Direction de l Eau et de la Biodiversité, il a été décidé de rétablir la dotation liée directement à la gestion de la réserve naturelle. Cette dotation de 600 000 euros représente une augmentation de 20% par rapport à l an dernier. Pour le programme «Connaissance de la biodiversité et préservation des espèces» la dotation a également été augmentée, passante de 160 000 euros à 239 000 euros, soit 33% d augmentation. Concernant les programmes BEST, les projets ont été acceptés et les fonds seront versés en 2015. Pour le programme LIFE la réponse est attendue début 2015. L année 2014 présente des dépenses d un montant total de 1 355 911, soit une augmentation d environ 230 000 par rapport à 2013. Cette évolution provient de l augmentation de la dotation du Ministère en charge de l Ecologie qui est revenu à un niveau quasi équivalent à l année 2012. En 2014, si les dépenses liées à la masse salariale et au fonctionnement restent stables par rapport à 2013, les dépenses d investissement, habituellement faibles, sont plus élevées et représentent près du quart des dépenses totales de la réserve. Ceci s explique par l achat d un nouveau moyen nautique, un zodiac nommé «Le Commerson» qui permet de mettre en place différentes actions de conservation prévues dans le plan de gestion de la réserve naturelle (biosécurité, inventaires espèces marines, dénombrements espèces terrestres ). Montant total alloué à la preservation de l'environnement des TAAF Montant alloué au titre de la gestion de la Réserve naturelle 1 500 000 1 473 000 1 250 000 1 000 000 Montant de la dotation ( ) 500 000 470 000 925 000 500 000 510 000 797 000 550 000 640 000 480 000 839 000 600 000 316 000 36 000 0 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 Pour l ensemble de l année 2014, la dotation s élève donc à 839 000 euros. Etudes et recherches 74 437 Dans un contexte budgétaire contraint, cette augmentation est le signe des très bonnes relations de travail qui existent entre le gestionnaire de la réserve et les services centraux du Ministère. Investissements 326 809 Pour compléter ces financements, le gestionnaire a déposé plusieurs projets européens et notamment un «programme LIFE» visant à la préservation des Albatros (projet de 3.8 millions d euros) et deux programmes BEST (92K et 170K liés à la mise en place des profils environnementaux à large échelle (polaire et sub-polaire). Autres dépenses de fonctionnement 335 187 Masse salariale 539 478 Moyens maritimes " La Curieuse " 80 000 Total: 1 355 911 Bilan d activités 2014-56 -

L équipe de la réserve Nombre d'etp 30 20 10 0 Nombre d'etp 12 10 8 6 4 2 0 Le schéma de l équipe de la réserve reste le même que celui des années précédentes : Une équipe du siège basée à La Réunion, une équipe de techniciens détachés dans des laboratoires scientifiques et une équipe d agents de terrain répartis sur les différents districts. En étroite relation avec l équipe du siège, les techniciens partagent leur temps entre le laboratoire et le terrain. Chacun dans leur domaine (thématiques liées au plan de gestion de la réserve), ils élaborent les protocoles de suivis, préparent les missions de terrain et forment les nouveaux agents qu ils sont parfois amenés à encadrer in situ lors des campagnes d été. A leur retour, ils analysent les données récoltées. Les agents de terrain sont Volontaires de Service Civique (VSC) ou agents contractuels. Ils participent directement à l application des actions de gestion de la réserve. 12,59 VSC 3,4 CDD 9,2 16,72 VSC 1,7 VSC 7,8 CDD 15,0 18,25 18,34 CDD 10,5 Nombre d équivalent temps plein pour les contractuels et les VSC de la réserve. Nombre d équivalent temps plein pour les contractuels et les VSC de la réserve présents sur les districts, au siège des TAAF et dans les laboratoires entre 2010 et 2013. VSC 7,8 CDD 10,5 2010 2011 2012 2013 2014 2010 2011 2012 2013 2014 2010 2011 2012 2010 20,74 VSC 7,9 CDD 11,4 Siège Laboratoires Total districts 2013 Lieu d'affectation 2014 2011 2012 2013 2014 Stage VSC CDD Total L équipe du siège quant à elle, coordonne toutes les activités de la réserve afin de réaliser les actions prévues par le plan de gestion. Elle fait état de l avancée de ce dernier aux instances, est impliquée dans la recherche de financements et fait connaître les actions de la réserve. Comme en 2013, le nombre d agents missionnés sur le terrain a diminué afin de privilégier le travail d analyse et d exploitation des données accumulées jusqu à ce jour. En 2014, le recrutement d un poste dédié aux questions liées au patrimoine naturel marin (impact environnemental des pêcheries, connaissance de la partie marine de la réserve, etc.) est venu consolider l équipe du siège. Ceci ouvre un grand nombre de perspectives dans le cadre du prochain plan de gestion et du développement programmé du volet marin. La thématique «espèces introduites animales» a également été renforcée par l arrivée d un VSC dédié à cette thématique dans l équipe du siège. Enfin, le nombre de stagiaires a fortement augmenté en 2014 (inclus dans les ETP siège), permettant de venir en appui sur des missions telles que la mise en place des protocoles de biosécurité, d éradication d espèces végétales introduites ou la rédaction d un programme Life. - Personnel affecté au siège en 2014 : C. MARTEAU, A. FALGUIER, R. PERDRIAT, S. MARINESQUE, D. RINGLER, A. DERVAUX, T. THELLIER, P. TACONET, C. QUETEL, A. PILLA, AI. GUYOMARD, V. LEVENEUR, R. PON- CET, M. TAVARES, C. MOURADIAN. - Techniciens de recherche détachés dans les laboratoires partenaires : P. TIXIER et F. LEBOUARD (CNRS/CEBC), A. GARNIER (Station biologique de Paimpont), A. JAEGER et M. BASTIEN (CRVOI), J. RINGELSTEIN (MNHN). - Campagnards d été 2013/2014 : A. BODIN, L. CHAMBRIN, F. CORRE, A. FOUCHARD, J. FRANCIOLY, A. GARNIER, J. HARENG, A. JAEGER, F. LEBOUARD, G. MARTY. - Hivernants 2014 : M. FONTAINE, H. BLUMENTRITT, Y. DAVID, A. KRILOFF. Départ d Axel FALGUIER Après plus de 5 années passées au sein de l équipe de la réserve, Axel FALGUIER a décidé de rentrer en métropole pour poursuivre sa vie professionnelle. En sa qualité de chef de service de la réserve naturelle et de directeur adjoint de la Conservation du Patrimoine Naturel, Axel a toujours fait preuve d une motivation sans faille. Rigoureux, passionné, il a coordonné la rédaction du premier plan de gestion et a été l instigateur de nombreuses orientations de gestion. Pédagogue, il est également à l origine de nombreuses initiatives de communication et de sensibilisation. Pour l ensemble du travail réalisé, nous lui disons MERCI et lui souhaitons BON VENT pour sa nouvelle vie professionnelle. Bilan d activités 2014-57 -

DIRECTION Directeur de la publication : Cécile POZZO DI BORGO ; Préfet, administrateur supérieur des TAAF. REDACTION Rédacteur en chef : Cédric MARTEAU ; Directeur de la conservation du patrimoine naturel des TAAF, Directeur de la réserve naturelle des Terres australes françaises. Rédacteur en chef adjoint : Régis PERDRIAT ; Directeur adjoint de la conservation du patrimoine naturel des TAAF. MISE EN PAGE Nelly GRAVIER : Chargée de communication des TAAF Ont participé à la rédaction de ce bilan d activités : Fabrice LEBOUARD : Technicien de recherche de la réserve naturelle en partenariat avec le programme IPEV 109 (Centre d Etude Biologique de Chizé) Alexia GARNIER : Technicienne de recherche de la réserve naturelle en partenariat avec le programme IPEV 136 Ecobio (Université de Rennes I) Paul TIXIER : Technicien de recherche de la réserve naturelle en partenariat avec le programme IPEV 109 (Centre d Etude Biologique de Chizé) Audrey JAEAGER : Technicienne de recherche de la réserve naturelle en partenariat avec le centre de recherche et de veille sur les maladies émergentes dans l Océan Indien Lise CHAMBRIN : Agent de la réserve naturelle Gilles MARTY : Agent de la réserve naturelle Arnaud RHUMEUR : Agent de la réserve naturelle Thibaut THELLIER : Chargé des milieux marins (DCPN-TAAF) Antoine DERVAUX : En charge des programmes de lutte contre les espèces invasives (DCPN-TAAF) Paul TACONET : Développeur de la base de données environnementale de la réserve (DCPN-TAAF) Alivelou PILLA : Gestion administrative et financière (DCPN-TAAF) Patrice RANNOU : Responsable énergie, sécurité et flotille (TAAF) Jean-Pierre FERAL : Institut Méditerranéen de Biodiversité et d Ecologie Marine et Continentale (IMBE) Marc LEBOUVIER : UMR 6553 CNRS Université de Rennes 1, Station biologique de Paimpont Merci à Cendrine MOURADIAN, Clément QUETEL et Sophie MARI- NESQUE pour leur relecture Sébastien MOUROT : Directeur de cabinet du préfet des TAAF CREDITS PHOTOS ET ILLUSTRATIONS L. BAUDOT, H. BLUMENTRITT, T. BITEAU, Y. DAVID, A. DENIAU, A. DERVAUX, B. DES MONSTIERS, A. FALGUIER, M. FONTAINE, N. GRAVIER, R. HARIVEL, D. HEMERY, A. KRILOFF, F. LE BOUARD, R. LERQUEMAIN, G. MARTY, R. PERDRIAT, A. PERE, A. RHUMEUR, T. THELLIER, P. TIXIER. CITATION DU DOCUMENT Terres australes et antarctiques françaises, 2015. Bilan d activités 2014 de la réserve naturelle des Terres australes françaises.

Organisme gestionnaire Terres australes et antarctiques françaises Rue Gabriel Dejean Saint Pierre Cedex 97458 Tel : 33 (0)2 62 96 78 68 Fax : 33 (0)2 62 96 77 55 www.taaf.fr cedric.marteau@taaf.fr