COMMUNE DE LA RICHE REVISION N 1 DU PLAN D OCCUPATION DES SOLS Chapitre 3 LE TERRITOIRE COMMUNAL 3.1 LE SITE, LE PATRIMOINE ET LES RISQUES NATURELS 3.2 L'ANALYSE PAYSAGERE 3.3 L'ANALYSE URBAINE ET LE PATRIMOINE BATI 35
3.1 LE SITE, LE PATRIMOINE ET LES RISQUES NATURELS UNE VASTE VARENNE ENTRE LA LOIRE ET LE CHER Morphologie et topographie Le territoire communal est constitué d une vaste varenne plane, sur laquelle s est développée l urbanisation de La Riche. L altitude est quasi constante : 46 m NGF dans la vallée cultivée et la ville, 43 m NGF au pied de la Loire et du Cher, et 51 m sur la digue. Cette dernière hauteur est le point le plus haut de la commune. Hydrographie Le Fleuve de la Loire au nord et la rivière du Cher au sud délimitent le territoire communal. L'ancien ruisseau de Ste Anne est aujourd'hui comblé. La tradition maraîchère conduit à l'existence de nombreuses citernes, dont la plupart ne sont plus utilisées. Géologie et pédologie La géologie est simple. L'on rencontre en graduation : vers le nord-est et la Loire des terrains composés d'un substrat de sables et graviers, sensible à la sécheresse, vers le sud-ouest et St Genouph, des formations alluviales avec ponctuellement des couches d'argiles déposées lors des anciennes crues du Cher et de la Loire. Ceci compose des terrains sableux, propices à la culture maraîchère, activité agricole principale sur la commune. 36
LES RISQUES NATURELS : l'inondation [ référence : projet de protection contre les dommages liés aux risques d'inondation - rapport de présentation - Novembre 1996 ] les crues Au siècle dernier, la vallée de la Loire a connu des inondations catastrophiques dues aux crues de 1846, 1856 et 1866. La Loire et le Cher ont alors occupé leur lit majeur inondant la vallée d'un coteau à l'autre, à l'exception des quartiers situés sur des bombements du Val. Le débit de la crue de 1856 a été environ de 6000 m 3 /s avec une hauteur maximale aux échelles de crues de 7,52 m à TOURS. La digue du Cher a été partiellement submergée et détruite, notamment sur la commune de la Riche. Les digues et ouvrages Au cours des années 70, un programme de renforcement de digues a été entrepris. Ce sont 25 km de digues de la rive gauche entre Montlouis et Villandry qui ont été renforcés. 15 km de renforcement le long du Cher est également projeté. Cependant, si la vulnérabilité a été atténuée, la submersion des digues ou leur rupture ne peuvent pas être ignorées. Des deux ouvrages écréteurs envisagés dans le programme de l'etablissement Public d'aménagement de la Loire et de ses Affluents (EPALA), seul le barrage de Villerest est construit, et ses effets écreteurs pour la Loire moyenne restent limités. Les plans de protection Le plan des surfaces submersibles (P.S.S.) de la Loire approuvé par décret du 24.02.1964 a été délimité en tenant compte des plus hautes eaux connues (référence à la crue de 1856). Depuis l'entrée en vigueur du décret du 5.10.1995, les P.S.S. valent Plan de prévention des Risques naturels Prévisibles (P.P.R.) au sens de l'article 40-6 de la loi du 22.07.1987. Le Plan Loire Grandeur Nature, mis en place par le comité interministériel du 4.01.1994 cherche à trouver un équilibre entre la sécurité des personnes et des biens, la protection de l'environnement et le développement économique. La classification en quatre niveaux d'aléas réalisée, principalement sur les critères de hauteurs d'eau et de vitesse des courants, identifie les zones inondables. Elle est assortie d'une réglementation par niveau d'aléas. L'ensemble représente le Projet de Protection contre les dommages liés aux risques d'inondation, valant projet d'intérêt général. 37
Ces aléas sont : niveau 1 : aléa faible, profondeur de submersion < 1m sans vitesse marquée. Il correspond à la majeure partie du territoire urbanisé de la ville de la Riche, entre la digue de la Loire au nord, la voie SNCF au sud, et le périphérique à l'ouest. niveau 2 : aléa moyen, profondeur de submersion comprise entre 1 et 2 m avec une vitesse nulle à faible, ou profondeur de submersion <1 m avec une vitesse moyenne à forte. Il correspond au sud de la ville de la Riche, compris entre la voie SNCF au nord, la digue du Cher au sud et le périphérique à l'ouest. niveau 3 : aléa fort, profondeur de submersion > 2 m avec une vitesse nulle à faible, ou profondeur de submersion < 2 m avec une vitesse moyenne à forte, complété d'une zone de danger particulier sur une bande de 300 m en arrière des levées. Il correspond à la varenne, à l'ouest du périphérique, comprise entre les deux digues du Cher et de la Loire. niveau 4 : aléa très fort, profondeur de submersion > 2 m avec une vitesse moyenne à forte, complété d'une zone de danger particulier en aval des déversoirs et débouchés d'ouvrages. Il correspond aux lits mineurs de la Loire et du Cher, et à leur prolongement jusqu'aux digues. Ainsi, seul le secteur de Ste Anne est exclu de la zone inondable. La majeure partie de la commune de la RICHE est donc concernée par le risque d'inondation et les protections qui s'y appliquent. PATRIMOINE ET SITE NATURELS REMARQUABLES Les rives de la Loire et du Cher Les rives de la Loire et du Cher sont riches d'un écosystème aquatique de qualité. Les terrains localisés en rive sont souvent gorgés d'eau de façon permanente ou temporaire et bordés de plantes hygrophiles. Il est à noter que l'ensemble constitué par la Loire et le débouché «rue du Port» fait l'objet d'un site inscrit au titre des sites et monuments naturels. 38
L'existence de Zone Naturelle d'intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (Z.N.I.E.F.F.) de type I [ référence : carte de localisation des Z.N.I.E.F.F. fiche descriptive, Porté à Connaissance 22.12.1998 ] L'on recense trois secteurs caractérisés par la présence d'associations d'espèces et de milieux rares, remarquables, et caractéristiques du patrimoine naturel des vallées de la Loire et du Cher. Ce sont : les Îles de St Côsmes, les grèves de la Guignière, les Îles aux Boeufs. Elles accueillent une végétation constituée essentiellement de pelouses sur sables, de chênes pédonculés, saulaies et d'aulnes et des associations phytosociologiques spécifiques. 39
3.2 L'ANALYSE PAYSAGÈRE [ référence : F. BOSC, Architecte paysagiste - Cabinet BOSC-PIGOT - PROJET GLOBAL DE DEVELOPPEMENT URBAIN - Juillet 1997 ] Le présent chapitre relatif aux caractéristiques environnementales et paysagères de LA RICHE s attache à mettre en valeur plusieurs angles d analyse soulignant notamment les fortes interactions humaines sur l organisation et la composition du paysage communal. CONSTATS D ENSEMBLE [ référence : carte d analyse paysagère, ci-contre, F. BOSC, Architecte paysagiste - Cabinet BOSC-PIGOT -Juillet 1997 ] Des grandes lignes paysagères simples et structurantes, typiquement ligériennes Le cadre paysager de LA RICHE s inscrit dans l environnement de la vallée de la Loire tourangelle qui présente une morphologie assez constante, caractérisée par une vaste auge fluviale - de 3 à 3,5 kilomètres -, très nettement délimitée par deux coteaux abrupts - malgré leur faible commandement : 30 à 40 mètres - et boisés qui ferment le paysage tout en lui donnant une nette orientation (Est/ouest) et une ampleur singulière. - Vues générales du val - 40
caractéristiques hydrographiques et hydrologiques La Loire Régime océanique complexe avec influences méditerranéennes. Très fortes variations de débit : étiage record 22 m 3 /seconde à Orléans, 135 m 3 /s aux Ponts-de-Cé. crue décennale 3.000 m 3 /s crue centennale : 7.000 m 3 /s (1856 : 7600 m 3 /s au Bec d Allier) crue millennale : 11.000 m 3 /s Le Cher Régime océanique aux réactions marquées (étiages sensibles, crues importantes) Crue décennale : 800 à 875 m 3 /s crue centennale : 1.000 à 1.135 m 3 /s crue majeure : 1.500 m 3 /s (1856) Selon une disposition quasi systématique en val de Loire, le fond alluvial est composé autour de deux couloirs d écoulement, celui de la Loire, en bordure du coteau nord, celui de son affluent au sud, en l occurrence le Cher, séparé par une plaine alluviale centrale de 1 à 1,5 kilomètres de large. Celle-ci présente une légère inclinaison (1 mètre environ) depuis la rive sud de la Loire vers le Cher, qui est cependant beaucoup moins accentuée que dans la partie occidentale du val Tourangeau ou que dans le Val Angevin (4 mètres) - ceci faisant abstraction des buttes insubmersibles disposées ça et là dans le val, dont celle fameuse portant le noyau urbain originel de TOURS, cotée à 57 mètres NGF -. Cette pente, qui relève de la dynamique propre au fleuve (débit, profil en long et charge alluviale), s inscrit généralement de manière très nette dans le paysage, à la fois au travers : de la composition des sols - argileux et humides dans les points bas, sableux et secs dans les points hauts -, de la nature du couvert végétal - prairies souvent bocagères dans les points bas, labours et maraîchage en zones plus élevées et sableuses -, de la présence, à intervalles réguliers, de bras secondaires joignant la Loire à son affluent (Ruau, rios de débordement, etc.). 41
Le paysage larichois s inscrit pleinement dans ce contexte très structuré, sinon déterminé. Ainsi : l orientation est/ouest du val est d autant plus sensible qu elle se réfère à l est au paysage urbain du cœur de l agglomération tourangelle. les coteaux boisés, situés hors du territoire communal, sont d autant plus présents que les digues empêchent toute vision directe sur la Loire comme sur le Cher. Le contexte paysager local présente toutefois des particularités qui tiennent à la fois au développement urbain de la partie orientale du territoire, à l importance des digues et infrastructures en remblais - ces deux aspects étant traités de manière détaillée ci-après -, et à l'homogénéité morphologique du val d entre Loire et Cher qui présente ici un faciès de zones «hautes» - de 48 mètres NGF place St-Anne à 45 mètres NGF en limite de St-Genouph - et sableuses, les prairies étant très marginales - rives du Cher (l essentiel des zones basses étant situé en rive sud du Cher - lit mineur actuel du Cher et plus encore dans le secteur du «Vieux Cher»)-. 42
Un paysage fortement remanié par l homme - Imbrications des zones horticoles et résidentielles - Si les grandes lignes du paysage restent en général très nettement perceptibles, l environnement larichois apparaît cependant comme le fruit d une transformation progressive mais de grande ampleur, animée par la proximité d un grand pôle urbain et la prégnance des activités développées à partir des facilités offertes par le site (potentiel agricole, fonction d échanges originellement liées aux rivières). De ce point de vue l empreinte de l activité maraîchère, dont le développement est historiquement récent (XIX ème siècle, sur la base d une agriculture céréalière et vivrière dense, dès l époque médiévale) apparaît singulièrement forte. Son impact se traduit à la fois : par des enclaves horticoles assez vastes dans le tissus urbain (secteur sud-est, autour de la rue de Ligner), par un parcellaire maraîcher dense, typique des espaces ligériens de vallées non remembrés (parcelles longues et étroites), ou par de nombreux vestiges horticoles (réservoir d eau, serres, clos). Ainsi l incidence de l activité maraîchère et horticole atteste de la résistance d une activité longtemps dynamique face au développement urbain, ou encore plus exactement, de l influence d une activité agricole à «forte valeur ajoutée» sur les modalités du développement urbain. Les très nombreux jardins ouvriers, prolongent, sous une autre forme, ce qui apparaît comme un véritable support identitaire et social de la commune. 43
Les digues et les grandes infrastructures de communication, par leur aspect monumental et les coupures qu elles génèrent, constituent un second marquage très puissant du paysage communal. Toutefois, et à la différence de l activité horticole, elles apparaissent faire totalement abstraction du contexte local. Si les levées de Loire (curieusement dédoublées par rapport au schéma habituel de surhaussements successifs) et du Cher soulignent l orientation générale du site tout en masquant le cours du fleuve et de son affluent, les grandes voies de communication relèvent d une démarche entièrement redevable au développement de l agglomération tourangelle. Ainsi, les voies ferrées et le périphérique apparaissent tout à fait étrangers à l organisation de la trame urbaine larichoise, qu ils participent à morceler davantage. De ce point de vue le contraste est grand avec les voies qui convergent vers la place St- Anne, également structurées à partir de la ville de TOURS, mais selon une logique plus traditionnelle, inscrite dans la durée. Le périphérique introduit toutefois des modifications sensibles de la distribution de la circulation, susceptibles d accélérer les transformations de la trame architecturale et urbaine qui, déjà, se multiplient. Le développement urbain, constitue naturellement l une des interventions humaines les plus significatives sur le milieu naturel. Ce point faisant l objet de développements particuliers lors de l analyse urbaine, il apparaît important de souligner ici, au titre des paysages, deux paramètres majeurs : 44
1) L ancienneté et l impact d une urbanisation diffuse et assez dense. Le développement du bâti le long des voies de communication, sous la forme de hameaux linéaires apparaît comme un processus ancien, et pleinement intégré au paysage traditionnel larichois. Ce phénomène par ailleurs fréquent en Val de Loire, s est fortement accentué à LA RICHE depuis deux décennies et présente une stratification notable, illustrant la continuité du développement résidentiel de la commune Ce caractère semble confirmer la recherche constante, de la part de l entité communale, d un équilibre entre mise en valeur horticole et plus-value «urbaine», l une finançant l autre, ce qui a abouti à figer très durablement l organisation du maillage routier communal et la trame urbaine, de type faubourg, tout en l étalant toujours plus loin vers l ouest. Seules les grands domaines du Château du Plessis, incluant le prieuré des Minimes, et celui du Prieuré de St-Côme paraissent avoir subi de profondes modifications, mais selon une démarche qui relève plus de facteurs externes (mise en place des infrastructures d agglomération, notamment ferroviaires) que du propre fait de la dynamique locale (de l'urbanisation). 2) La quasi stabilité de la trame viaire communale - jusqu'à l ouverture très récente du périphérique - articulée sur la voirie de la ville de TOURS, au travers de la place Sainte-Anne, exprime le poids considérable de l histoire dans toutes ses acceptions, notamment économique et sociale, dans la formation des paysages communaux. Une récurrence historique qui s exprime, en liaison avec le «déterminisme» des lignes structurantes du site, en un puzzle très complexe que l accélération récente des mutations au sein du tissu bâti n a pas rendu à ce jour plus lisible. PERCEPTIONS DU PAYSAGE COMMUNAL ET UNITÉS PAYSAGÈRES Deux manières très différentes de percevoir la ville de LA RICHE L'importance des levées et talus supportant les voies de communication primaires introduit une nette dichotomie quant à la perception de la ville de LA RICHE : Au sol, l impression dominante est celle d'une découverte constamment renouvelée d'espaces très différenciés, hétérogènes, souvent cloisonnés, parfois littéralement enclavés, hors de tout (triangle entre les voies ferrées, secteurs des Sables, secteur compris entre la petite levée bordant la Loire et la grande levée de la R.D.88). 45
Depuis les grandes infrastructures de communication, les vues sont dominantes, parfois panoramiques, spécialement au niveau des deux échangeurs du périphérique. La plupart du temps ces vues lointaines sont "orientées" à la fois en relation avec la structure générale de la Vallée mais également en raison du rôle de liaison de ces infrastructures, en relation directe avec la ville de Tours. Dans ce cadre, et même si l espace larichois se découvre amplement, les référents paysagers principaux relèvent : soit des perspectives ouvertes par la morphologie de la vallée - vues lointaines calées par de la végétation, coteaux boisés en partie urbanisés -. soit des éléments les plus forts de l architecture et de l urbanisme tourangeaux - monuments symboliques et anciens de la ville, couronne de hauts immeubles entourant le centre ville, dont les tours du quartier de Niqueux-Bruère poursuivant celles des rives de Loire tourangelles -. Dans les deux cas toutefois, LA RICHE apparaît, à distance, comme une ville (même si on ne la distingue pas facilement du contexte tourangeau), mais a contrario, en vues rapprochées, dominantes ou non, comme une succession d'espaces urbains morcelés et de "villages". Cette double lecture se réfère sur le terrain à des changements d'échelle très rapides qui accentuent l'impression générale d'éparpillement, mais qui dessinent au fur et à mesure de la découverte de la ville une sorte "d'identité" multiple, constamment renouvelée. 46
Peu de points de références symboliques ou identitaires, du moins perceptibles d emblée Pour un automobiliste qui n a pas de raison de déambuler dans LA RICHE, ou pour un utilisateur du chemin de fer, et dans les deux cas ils sont nombreux, l espace larichois apparaît nettement distinct des zones de bâti denses et élevées identifiées à TOURS, mais il ne dégage pas pour autant une image qui puisse d emblée identifier la commune. Pourtant LA RICHE ne manque pas de points de références forts (La Loire, le Cher, le Prieuré de St-Côme, le château du Plessis,) ni de points de repères (tours de Niqueux Bruère, clocher bien visible même s il n est pas monumental). Toutefois l absence de lisibilité de l espace urbain, de liens avec les éléments majeurs du site et de premiers plans structurés depuis les voies de communications primaires est telle, que c est l image «résiduelle» qui l emporte, soit celle d une commune de banlieue horticole et villageoise mêlant dans le désordre, des zones résidentielles, à dominante pavillonnaire, de nombreux jardins et quelques activités. - L échangeur situé en front de Loire ne mettant en valeur ni les perspectives de la rue de la Mairie, ni l espace historique et paysager du Prieuré St-Côme, pas plus que la Loire, est de ce point de vue plus que significatif -. Six grandes unités paysagères En dépit d une infinie variété de détails et d un manque de lisibilité globale de l espace larichois, l utilisation dominante des sols, les éléments de transition et de coupure souvent matérialisés par les voies de communication primaires, permettent de dégager six grandes unités paysagères nettement différenciées au sein du territoire communal. Il s agit de : 1. La ville La voie ferrée Tours/Le Mans aujourd hui doublée par le périphérique de l agglomération tourangelle, forment une limite extrêmement étanche entre l espace urbain de LA RICHE à l est, que l on pourrait presque qualifier d intra-muros, tellement les talus des voies en question dominent le paysage et la plaine horticole partiellement urbanisée qui se développent à l ouest. 47
- Vue prise depuis le périphérique tourangeau en direction du centre et de TOURS - Outre la différence de densité résidentielle et la coupure (précédemment mentionnée) due aux grandes infrastructures, les mutations de plus en plus significatives du tissu résidentiel central et l émergence de points d articulation urbains plus structurés autour de la Mairie, et prochainement dans le secteur des Minimes, tendent à différencier chaque jour davantage cet espace du continuum mi-horticole miurbain qui caractérise la commune. 2. La plaine "rurbanisée" Les secteurs du Grand Carroi, du Chemin Neuf, de Saugé, et de Pont Libert composent un ensemble mixte résidentiel et horticole qui offre une vision sans doute assez équivalente à celle du centre de LA RICHE dans les années 1950/1960. L essentiel du développement résidentiel s est opéré le long du réseau de voirie initial assez dense qui caractérise cette partie du val - carrefour de la Fuye, du Pigeonnier et du Grand-Carroi, le bien nommé -, par occultation progressive des façades sur les voies restées libres, formalisant ainsi de vastes enclaves horticoles au devenir incertain. - Vue prise depuis le périphérique tourangeau en direction du «Grand Carroi» - Cet ensemble ni tout à fait urbain ni tout à fait rural est séparé du centre de LA RICHE et du périphérique par un «glacis» de jardins et de terrains maraîchers où la friche s étend rapidement, et par des équipements nécessitant de vastes emprises - station d épuration de l agglomération tourangelle -. 48
3. La plaine agricole Au-delà d une ligne «Le Saugé»/ «Pont Libert», la densité horticole et résidentielle diminue rapidement ; ce qui a pour effet d ouvrir considérablement le paysage qui retrouve ainsi un lien très direct avec les grandes structures du paysage ligérien. La Loire comme le Cher sont toutefois peu perceptibles, y compris la ripisylve - alignements arborés de rives -, souvent occultés par les levées. - Photo prise depuis la rue du Pont Libert vers le nord-ouest - 4. La gare de triage et la zone d activités de St-Côme Par son extension, son organisation et la transition très nette qu elle matérialise entre la plaine et les rives du Cher, la zone d activités de St- Côme, développée autour de la gare de triage, s apparente à une unité spécifique nettement identifiée, et bien intégrée au site ; et ce malgré une fonction de stockage significative, dans la mesure où elle ne perturbe pas les rapports d échelle qui s établissent entre l horizontalité de la plaine et les éléments verticaux du coteau. - Vue perspective de la rue Jules Verne et vue perspective en direction du sud depuis la rue Jules Verne - 49
Un parcours complet de la longue rue Jules Verne montre toutefois une densité assez faible et une absence de traitement des espaces, qui soulignent un certain isolement, et un manque de dynamisme apparent. 5. Les rives de la Loire La végétation dense bordant la Loire, le milieu très particulier du lit majeur du fleuve, le caractère très linéaire de l ensemble, comme son accroche sur l espace urbain, matérialisé par le parc du Prieuré St-Côme, donnent une indiscutable unité au site ligérien de LA RICHE. - Série de photos (3) montrant les paysages verdoyants de rives, les jardins de la Fuye et les secteurs d habitat précaire de la Balaterie - 50
Pourtant celui-ci subit une évolution sensible depuis les digues/quais auxquels l espace urbain larichois tourne résolument le dos, jusqu aux vastes écosystèmes prairiaux (mi-prairie -mi labours) et boisés peu entretenus de l ouest de la commune, en passant par les espaces de jardins et de loisirs, en voie de paupérisation, des secteurs des «Iles Noires» et de «la Balaterie». La présence de deux dispositifs d endiguement parallèles, l un ancien en bordure du fleuve, le second plus au sud, délimite un espace singulier, presque intime malgré le surplomb de la grande levée, où s est développée une zone de jardins, accompagnée de cabanons, voire de véritables villas. Cette fonction de loisirs ancienne s étendait à l origine dès les abords de la Mairie de LA RICHE (Cf. anciens jardins de St-Côme). Cet espace qui constitue un axe paysager puissant en même temps qu un support à une activité originale, sûrement restée vive dans l imaginaire collectif larichois et tourangeau, évolue de manière très contrastée : Les quais et rives «urbaines» sont peu valorisés malgré les nombreux vestiges liés à l antique navigation fluviale (duits et perrés matérialisant le chenal d accès aux quais de TOURS), et les vues offertes sur les coteaux de Saint-Cyr. Les jardins de Saint-Côme s inscrivent dans un programme de restructuration et d extension du pôle urbain central de LA RICHE ; cependant que les secteurs des «Iles Noires» et plus encore de «La Grue» et de «La Balaterie» évoluent progressivement vers des zones d habitat précaire, dont l extension potentielle serait difficile à maîtriser, et ce tant d un point de vue social que de celui de la mise en valeur des rives de Loire. 51
6. Les rives du Cher Elles constituent une unité qui, par son aspect arboré et linéaire (morphologie d ensemble du lit majeur), offre beaucoup de similitudes avec les rives de Loire. Elles en diffèrent toutefois par une utilisation prairiale beaucoup plus développée, une absorption beaucoup plus rapide des secteurs jardiniers, encore très présents dans le secteur des Montils, et un caractère bocager nettement plus accentué, qui offre une image particulièrement évocatrice de l agrément des paysages ligériens de vallées. Le caractère plus sinueux du lit mineur du Cher introduit également une plus grande diversité de vues et perspectives. La transition entre les espaces urbains et ruraux y est également beaucoup plus marquée ; elle le sera encore davantage lorsque la restructuration des secteurs des Minimes et des Sables sera achevée. L étroit et longiligne terroir agricole, qui s étend entre le fuseau ferroviaire et la zone d activités de Saint-Côme et la levée du Cher, valorise par contraste les milieux bocagers des rives du Cher. Il permet également de préserver les rapports d échelle existants vis-à-vis de la zone d activités qui s avère également sous cet angle bien intégrée au paysage. 52