Vu d en haut par Bernard Ramanantsoa, HEC



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Transcription:

Vu d en haut par Bernard Ramanantsoa, HEC Les vraies élites seront humanistes et auront une grande culture générale un inetrview publié par le Nouvel Economiste (n 1523 en date du le 27 mai 2010) Crise, internationalisation, génération Y : le campus de Jouy-en-Josas mute au gré des vastes enjeux de l époque. Le patron de la plus belle businessschool française a intégré le nectar des cours de stratégie, de marketing et surtout de développement international. En prenant quelques risques. Démarrer très tôt la compétition des accréditations afin d être le premier à décrocher ces lauriers qui dopent la visibilité à l étranger. Quelques alliances flatteuses tissées avec des acteurs de première grandeur ont conforté sa position dans le petit club des meilleures business-schools où la cooptation est l indispensable sésame, comme le MIT et plus d une centaine d accords. Très rapidement la reconnaissance des pairs, l excellence dûment validée par un cortège d accréditations internationales précédant d envieuses places au sommet de moult classements prestigieux ont eu leur résonance médiatique, comme cette top position au ranking européen du Financial Times. L une des grandes filles de la chambre de commerce s est émancipée en goûtant au grand large. Mais comme cette dernière n est plus si généreuse, à l américaine, Bernard Ramanantsoa compte bien trouver les ressources pour financer son développement dans les portefeuilles des anciens élèves. Ce qui prouverait qu ils ont bien réussi puisque 100 millions d euros sont attendus d ici à 2013! Le développement de l enseignement supérieur en Asie est très impressionnant! En 2000, la grande business-school de Beijing Tsinghua University fêtait son 20e anniversaire. Il y a 30 ans, il n y avait rien. Pas de bâtiment, juste un champ. J y suis retourné au mois d octobre pour fêter le 10e anniversaire de notre partenariat. C est le même bâtiment qu en 1990, mais il n a plus la même allure en interne. Leurs profs se mettent à publier. En outre, les Chinois sont en train de rapatrier toute la diaspora des professeurs aux standards internationaux. Ces derniers sont non seulement passés par Harvard mais y ont enseigné, avec un début de carrière souvent très réussi dans les meilleures business-schools américaines. Les Chinois sont en train de les récupérer d une manière très astucieuse. Ils ne leur demandent pas de tout abandonner d un seul coup mais progressivement, en jouant sur les doubles appartenances. Visiblement, ils sont organisés pour une vraie démarche stratégique. Leur mentalité est devenue très américaine. Lorsque je suis allé enseigner en Chine en 1985, les étudiants chinois n avaient pas la culture et parlaient mal l anglais. Aujourd hui ils ont adopté l esprit capitaliste américain et ils parlent remarquablement l anglais. Première conséquence : on va assister à une multiplication du nombre de candidatures de très bons Chinois. Pour autant,je ne suis pas sûr qu il y aura dans les cinq ans un flux inverse où des étudiants américains ou européens préféreront s inscrire dans les MBA chinois. Si les Chinois ne sont pas des concurrents pour les étudiants étrangers des autres continents,

en revanche ce sont de vrais concurrents pour les étudiants asiatiques, qu ils vont attirer au détriment des Etats-Unis ou de l Europe. La Chine est devenue un acteur de très haut niveau dans le domaine de l enseignement supérieur. Si vous regardez leur programme, vous voyez aussi qu ils font du top niveau. Donc de vrais concurrents. Nous n en sommes pas encore au stade où un candidat européen hésite entre Harvard et Tsinghua University, mais cela pourrait venir, ce n est pas absurde. Pour l instant, on les observe, ils sont dans notre carte de la concurrence. Le profil de demain Si vous observez la formation des patrons du CAC40, vous trouverez encore beaucoup d ingénieurs des Mines. Il est vrai que l on a vu l émergence d un profil plus gestionnaire, car la grande époque du corps des Mines était liée à la reconstruction industrielle, avec une économie très dirigée vers la reconstruction du pays. Tandis que l émergence de gestionnaires est provoquée par la mondialisation, les formations managériales ayant eu longtemps une avance sur tout ce qui était internationalisation. Cette appétence pour l international, encore forte aujourd hui, reste l apanage des écoles de management. La vraie question est de savoir quel sera le profil de demain. A mon avis, cela sera plutôt un troisième profil, issu des écoles d ingénieurs, des écoles de gestion, ou d ailleurs. Enfin, on n a pas fini la mondialisation. Dans vingt ans, je souhaite qu il y ait toujours dans le CAC40 des dirigeants issus d HEC. Mais nous ne serons sans doute plus tout à fait une école de gestion comme aujourd hui. Le futur profil intégrera une forte dimension multiculturelle. Avec des gens nomades acceptant naturellement de travailler cinq ans ici, cinq ans là, qui seront à l aise en ressources humaines et dans des environnements différents. Nous savons maintenant depuis quelques années que la mondialisation sera tout le contraire de l uniformisation. La mondialisation pose la question suivante : comment se débrouille-t-on avec une très grande diversité? Aussi, les vraies élites seront humanistes et auront une grande culture générale. Ce sera complexe et divers. La seule façon de s en sortir, c est le recours aux racines : il faut être structuré sur un noyau dur. Nous le renforçons durant la première année d école, positionnée comme la fin de la propédeutique. Alors qu avant, on avait un peu tendance à considérer que cela devait être une rupture. Maintenant, on rentre dans l école professionnelle, la première année marque donc la fin de la prépa. D où nos accords de licence avec des universités françaises. D où aussi le fait qu on envoie un petit tiers de nos étudiants dans des universités étrangères, mais qui ne sont pas des universités de gestion. L objectif Quand on dirige une grande école de gestion, la préoccupation du placement des étudiants est évidemment importante. Mais si vous n êtes focalisés que sur ce seul objectif, vous en faites des techniciens à durée de vie courte. Le véritable objectif est donc de former des gens adaptables qui comprennent suffisamment l environnement pour fixer de nouvelles règles du jeu social et économique. Bref, des gens très bien articulés, comme on dit en mauvais français. Tout le monde s alarme : attention! Maintenant, il faut s occuper des ressources humaines. Mais Internet a tout changé. Quand un type n a rien à dire d important, il envoie un mail à toute l entreprise pour se couvrir et pouvoir dire après : mais je vous avais informé. De l autre côté, toute la boîte est obligée de lire tous ses mails, au cas où ils contiendraient une information importante. Cela ne peut pas continuer. 30 % de boursiers Vrai problème. Si la solution était évidente, beaucoup de gens l auraient trouvée. Cette tension française entre le rôle de l école comme ascenseur social et simultanément comme

facteur de compétitivité est révélatrice. Le rêve de la dialectique est certes de réconcilier tout cela mais les solutions sont complexes, on le voit bien aux tensions entre ministères, en fonction de leur mission. Un problème français, au sens de tout le territoire français. Si vous êtes enfant d agriculteur en Lozère, cela pose quelques questions. Mais il n y a pas que les grandes écoles Si vous êtes parti de Floirac, vous ne devenez pas prof de médecine ou architecte comme cela. Bonne nouvelle, le citoyen français a pris conscience que l école était un enjeu. Comme l enseignement supérieur. A cet égard, les internats d excellence relèvent d une initiative remarquable. J espère qu on va y aller à marche forcée. C est une façon de s occuper du territoire. Nous avons suggéré au ministère de l Education nationale de créer ces fameuses prépas techno. On a vu pour la première fois les résultats de celle ouverte il y a deux ans. Les élèves ont passé leur concours en juin. Et 20 candidats sur 21 ont intégré l école. La concurrence entre universités et grandes écoles La concurrence pour l excellence entre universités et grandes écoles n est pas encore avérée aujourd hui. Si on prolonge les tendances, on peut toutefois imaginer que des formations universitaires de très grande qualité comme celle de Dauphine rivalisent avec nos formations. Je suis assez impressionné par ce qu a fait Toulouse dans le domaine de l économie. C est un cas très particulier, avec leur succession de nobélisables. Ils ont construit une équipe focalisée sur la recherche. Des vrais concurrents qui commencent à entrer dans la logique d avoir des très bons étudiants. Cela prendra quelques années. Mais le diplôme national est une fiction. On le constate déjà aujourd hui. Chacun sait que toutes les écoles et toutes les universités ne se valent pas. La recherche HEC fait de la recherche depuis déjà quelques années. Quand j avais vingt ans, seules deux ou trois grandes écoles en faisaient. Les autres considéraient implicitement que la recherche était réservée à l université. Avec un discours du style : nous, on est près du terrain. Cela a quand même beaucoup changé dans les grandes écoles, depuis deux décennies, la recherche y est très importante. Si vous regardez la recherche à l X, vous pouvez dire : à HEC, c est moins bien qu à Harvard. Mais ce n est pas risible. Déjà, sur le marché des profs, il y a des gens qu on vient nous piquer. Signe que nous sommes dans la course. Si vous restez une école professionnalisante, les Américains ne viendront pas chercher vos profs et les Suisses ne feront pas de surenchère. A l inverse, quand vous vous mettez sur le marché en sollicitant tel enseignant, vous pouvez vous faire une idée selon qu il vous répond, vient vous voir, ou vous ignore complètement parce qu il ne sait pas qui vous êtes. Ce n est pas le seul critère. Il y a un certain nombre d instruments de mesure, dont les publications, certes toujours critiquables. Enfin, tous les systèmes d accréditations, y compris en France, ont pris en compte cette dimension. Quand Valérie Pécresse déclare qu il n y a pas de recherche dans les grandes écoles, c est un peu lapidaire et historique. Il s agit avant tout de disposer d un bataillon de profs-chercheurs avec la taille critique. A l inverse, dire que l université forme ses étudiants par la recherche, il faudrait en discuter. Le désamour des docteurs Aujourd hui, on s aperçoit qu un docteur n est pas considéré par les entreprises, sauf dans quelques domaines comme celui de la finance. Ce qui explique le salaire des profs de finance. Le jour où le marché aval ne recrutera que des docteurs pour en faire des grands dirigeants, alors les institutions d enseignement, notamment les grandes écoles, s adapteront assez vite On ne peut pas tout réduire à un seul indicateur. Mais j entends mes camarades de Paris Tech

dire : tu comprends, un ingénieur est payé tant et nous avons enfin obtenu qu un docteur après tant d années de doctorat soit enfin payé comme un ingénieurdébutant. Bien sûr cela va dans le bon sens, mais enfin Les grandes écoles Ce qui compte, c est le taux d encadrement, c est-à-dire le nombre de profs-chercheurs ramené au nombre d élèves. Après, il faut rentrer dans les détails. Vous pouvez toujours faire croire que vous avez beaucoup de profs, s ils n enseignent jamais, c est un faux encadrement. Mais le grand critère, c est la synthèse entre la recherche et la pédagogie. On assiste actuellement à de multiples alliances, mais qui ne sont pas toutes vraiment stratégiques. Deuxième point : on a fait beaucoup d alliances additives depuis quelques années. Comme HEC passant un accord avec Tsing Koi ou avec le MIT dans le même domaine. Désormais nous sommes entrés dans l ère des alliances complémentaires. On va mener des projets avec des institutions qui ne fabriquent pas la même chose. Notre accord avec la Fra Universität à Berlin en est un exemple. Ce que font Centrale, Lyon, et l EM Lyon en est un autre Le fait de rentrer dans Paris Tech favorise beaucoup les synergies, les accords et les partenariats. Mais on ne va pas pour autant tout uniformiser, en procédant à une sorte de préfusion ; il s agit plutôt d alliances complémentaires, par exemple autour du management et de la technologie. Les accréditations Dans ce domaine, les choses sont très volontaristes car on a vite compris que l internationalisation ne consistait pas uniquement à échanger des élèves. Alors que faut-il faire pour être reconnu internationalement? Nous avons assez rapidement poussé les accréditations. Ce n était pas si évident, car lorsque vous jouez à un jeu qui n est pas encore tout à fait connu, il y a une prise de risque. Parallèlement à cela ce n est pas déconnecté -, il y a la recherche. Tout ceci induit donc une vraie stratégie impulsée au départ par deux facteurs : l accréditation et la recherche. En effet, quand vous discutez avec vos concurrents internationaux, vous vous apercevez assez vite qu ils vous posent des questions sur votre recherche. Enfin, l autre souci était de se démarquer des grands cabinets de conseil. Et pour se différencier en terme de légitimité, c est encore la recherche qui permet d avoir un tour d avance. La stratègie Le recrutement des professeurs en est une composante déterminante. Il s effectue selon certains standards sur un marché international qui n ignore pas les surenchères. Autre élément décisif : le portefeuille. Avoir un master of science, un MBA, un executive MBA, de l executive éducation sont autant de facteurs de rayonnement. Le véritable ressort de départ, c est en fait l internationalisation. Si vous n avez pas de MBA ou de doctorat, les gens disent : c est quoi ce machin? Vous n êtes pas identifié dans le paysage. Une formation continue visible est un facteur de reconnaissance. Pour la formation continue, de plus en plus, on va être obligé les uns et les autres d avoir des comptoirs Oui, des comptoirs, dans le sens des comptoirs de l Inde quoi. L e-learning Le e-learning est un plus, pas un substitut. D aucuns y ont cru très fort, y voyant de surcroît de prometteuses possibilités d économie. Eh bien, non seulement cela n est pas le cas, mais le e- learning occasionne au contraire des dépenses supplémentaires. La crise

En terme de réflexion, elle a changé beaucoup de choses. Première mesure immédiate : tous les cours de finance ont été renforcés, plus particulièrement sur le lien entre le risque et la rentabilité. Après, on peut mettre l accent sur l un ou sur l autre. Il y a un rééquilibrage de tout cela. A plus long terme, on revient aux socles fondamentaux, comme la recherche. Nous avons été la cible des tas de critiques : vous avez vu ces économistes, ces profs de finance qui n ont pas vu venir la crise. Et eux de répondre : c est parce qu on n a pas fait assez de recherche. C est assez vrai. Tout cela relève des arguments de séances, mais il faut aller plus loin pour la recherche. Génération Y La mondialisation, ce n est plus la peine de leur en parler. Ils l ont totalement intégrée. Ils s organisent des week-ends de détente à travers l Europe. C est devenu aussi banal que l autre dimension, tout ce qui gravite autour d Internet. Et là nous n avons pas trouvé le businessmodel. On lutte certes contre le plagiat, mais cela devient très compliqué. Evidemment, nous avons des logiciels pour le détecter et contrôler tout cela avec une certaine rigueur, mais il faut travailler sur les comportements. En revanche, ces jeunes sont très contractualisants, avec un esprit consommateur ; ils sont très sensibles à la notion de contrat : vous avez dit que vous feriez cela, alors faites-le, sinon vous êtes disqualifiés. Qui ne délivre pas en fonction de son engagement se met hors jeu. C est cela le grand enjeu. Certes, il faut leur proposer une vision. Mais c est second. Ils sont aussi évidemment très network afin de miser sur l intelligence collective. Ils se disent qu on peut devenir riche en réussissant sa vie. Pendant longtemps, il y a eu cette opposition entre ceux qui décidaient de ne pas gâcher leur vie à travailler et ceux qui disaient : moi, vous êtes gentil mais je deviendrai riche. Aujourd hui, ces jeunes pensent qu il est possible de faire les deux en même temps. Ils veulent tout. Par Patrick Arnoux