Comment bien lire les étiquetages alimentaires? Entre calories, protéines, glucides, sucres, lipides, acides gras, cholestérol, édulcorants, vitamines, minéraux, additifs, etc. les informations nutritionnelles qui sont prévues pour ne pas induire les consommateurs en erreur devraient permettre de choisir le produit alimentaire qui lui convient. Or, déchiffrer un étiquetage alimentaire n est pas toujours facile tant l offre alimentaire est vaste. Il est d ailleurs regrettable que la plupart du temps la liste des ingrédients et la composition nutritionnelle figurent en trop petits caractères alors qu elles apportent des informations intéressantes. Que lire sur les étiquetages alimentaires? Sur les étiquetages, on retrouve 2 types d informations : les mentions obligatoires et les mentions facultatives. Que sont les mentions obligatoires? La dénomination de vente C est la description du produit qui précise la nature exacte du produit. La composition ou liste des ingrédients On y retrouve la liste des ingrédients qui composent le produits sauf si l ingrédient intervient pour moins de 2 % dans le produit fini. La liste est donnée par ordre décroissant (de la plus grande quantité à la plus petite).
Dans cette liste figurent obligatoirement : q La présence éventuelle d organisme génétiquement modifié (OGM) qui permet au consommateur de choisir le produit en connaissance de cause. q La présence d additifs classés par catégories et représentés par la lette E suivie de 3 chiffres (voir détails) q Antioxydants q Colorants q Emulsifiants q Agents gélifiants q Agents épaississants q Exhausteurs de goût q Conservateurs q Edulcorants. q La présence d allergènes Les composants considérés comme allergisants sont les produits suivants et leurs dérivés : Arachide, lait, soja, oeufs, poissons, crustacés (crabes, écrevisses, crevettes, homards), mollusques, coquillages (palourdes,, huîtres, moules..), fruits à coque amandes, noix de cajou, noix du Brésil, noisettes, pignons, pistaches), graines de sésame, céréales contenant du gluten (blé, orge, avoine, seigle), céleri, moutarde, sulfites (si supérieur ou égal à 10 mg/kg), lupin. Si présence d amidon, la nature de l amidon doit être précisée (exemple : amidon de blé ou amidon modifiée de blé). 1. La quantité nette (poids ou volume) en litre (L), centilitre (cl), kilogramme (kg). Elle ne doit pas induire en erreur et être différente du poids total du produit. La date de consommation q «à consommer de préférence avant le» : c est la date limite de consommation (utilisation) optimale (DLUO). Si on dépasse cette date le produit perd ses aspects nutritionnels ou gustatives mais ce n est pas dangereux pour la santé. q «à consommer jusqu à» : c est la date limite de consommation (DLC). Cela concerne les produits périssables (viandes, poissons, charcuteries, crudités préemballées ). Si on dépasse cette date, l aliment présente un risque pour la santé. A ne pas consommer car risque d intoxication. La vente est interdite au-delà de la DLC. Avec cette durée de consommation doit obligatoirement figurer la température de stockage : à température ambiante ou au froid (0 à + 4 C pour les viandes, etc. ; inférieur à + 8 C pour le beurre, les desserts lactés, etc. ; - 18 C pour les produits surgelés). 2. Le numéro de lot de fabrication, le nom et l adresse du fabricant, du conditionneur Ceux-ci doivent figurer afin que l on puisse retrouver la traçabilité du produit en cas d allergie par exemple. 3. L identification de l emballeur : noté EMB + code ou adresse Les mentions obligatoires complémentaires selon les produits q L estampille sanitaire q Le lieu d origine si cela porte à confusion q Les conseils d utilisation et précautions d emploi si ce n est pas clairement précisé sur l emballage q Le degré d alcool pour les boissons qui ont plus de 1,2 % d alcool q Le pourcentage de matières grasses pour les laitages q La présence d édulcorant avec la mention «contient une source de phénylalanine (si aspartame) q La présence de sucre et d édulcorant dans le même produit q La mention «une consommation excessive peut
avoir des effets laxatifs» (si polyols supérieurs à 10 %) q La mention «teneur élevée en caféine» pour les boissons contenant plus de 150 mg par litre de caféine. q La mention «contient de la régisse. Les personnes souffrant d hypertension doivent éviter toute consommation excessive». Que sont les mentions facultatives? La marque commerciale, cependant elle est souvent notée pour personnaliser les produits. Les labels : AOC, label rouge, AB, code barres. L étiquetage nutritionnelle sauf s il est fait mention d allégations nutritionnelles ou s il y a ajout de vitamines ou de minéraux. Le prix n est pas obligatoirement précisé sur l emballage mais il doit être visible sous forme d écriteau ou d étiquette apposée sur le rayon. Que nous apprend l étiquetage nutritionnelle? On retrouve deux catégories d informations qui donnent la valeur énergétique, les nutriments (protéines, glucides, lipides, fibres, minéraux, vitamines, sodium ). Les informations sont données pour 100 g ou 100 ml et/ou par portion. Catégorie 1 Valeur énergétique et quantité de protéines, de glucides, de lipides. Catégorie 2 Valeur énergétique et quantité de protéines, de glucides, de sucres, de lipides, d acides gras saturés (AGS), de fibres alimentaires et de sodium. Et selon l aliment ou le plat : quantité d amidon, de polyols, d acides gras mono-insaturés (AGMI) et acides gras poly-insaturés (AGPI), de cholestérol, de vitamines, de minéraux. Dans le cas où il y a ajout de vitamines ou de minéraux, l étiquetage doit alors contenir le pourcentage de l apport journalier recommandé (AJR) (voir détails). Que sont les allégations? Elles sont de deux types : Les allégations générales et les allégations nutritionnelles et de santé. q Les allégations générales concernent la nature de l aliment ou ses caractéristiques de fabrication comme «nouveau», «frais», «artisanal», «fermier», «sans colorant», etc. q On parle d allégations santé celles qui énoncent par exemple que le produit est riche en calcium qui aide à l ossification. Sont interdites les allégations qui ne peuvent fournir la preuve de ce qui est annoncé, ainsi que celles qui promettent de traiter ou de guérir une maladie et celles qui suggèrent que la non-consommation d un produit peut nuire à la santé. q On parle d allégations nutritionnelles celles qui suggèrent que l aliment possède des propriétés bénéfiques particulières et concerne l énergie et les éléments qu il contient. «Riches en» : Doit contenir au moins 30 % de l élément concerné (vitamines ou minéraux). «Source de» : Doit contenir au moins 15 % de l élément concerné (vitamines ou minéraux). «Allégé en» : Doit avoir une réduction d au moins 25 % de sa teneur en
nutriment (gras ou sucre), soit de sa valeur calorique, selon un produit de référence non allégé. Les mentions «léger» ou «basses calories» ne sont pas légalement autorisées. Par exemple les plats cuisinés de moins de 300 calories ne peuvent avoir la mention «léger» car les produits sont des recettes uniques. Cependant les chips, par exemple, ayant 25 % de matières grasses en moins peuvent avoir la mention «allégé» car il existe une version non allégée. De même «0 % de matières grasses» est différent de «sans calorie» et «allégé en sucre» est différent de «allégé en calorie». Qu en est-il pour les produits contenant des glucides? q Un produit «allégé en sucre» ou «à teneur réduite en sucre» ou «light» contient au minimum 25 % de sucre en moins que le produit standard. q Un produit «sans sucre» contient au maximum 0,5 g de sucre pour 100 g de produit. Ce produit ne comporte pas de saccharose mais peut contenir des édulcorants (aspartame ou acésulfame K) non caloriques et d autres sucres comme les polyols (sorbitol, xylitol, mannitol) moins caloriques (2,4 kcal par gramme) que le saccharose (4 kcal/g). les polyols consommés en excès ont des effets laxatifs. q Un produit «à faible teneur» contient au maximum 5 g de sucre pour 100 g de produit. q Un produit «sans sucre ajouté» ne veut pas dire «non sucré» car l aliment peut contenir du sucre naturellement. Remarque : «sucre» = toujours saccharose (sucre de table) et «sucres» = tous les sucres (saccharose, fructose, glucose, lactose). Qu en est-il des édulcorants? Un édulcorant est une substance qui donne un goût sucré. On les classe en trois catégories : q Les édulcorants naturels : Le saccharose (sucre) qui a un index glycémique de 68 Le fructose qui a un index glycémique de 19 mais qui a l inconvénient de faire monter le taux des triglycérides du sang. Les édulcorants de charge : ce sont les polyols Le sorbitol (E 420), le xylitol, le mannitol qui ont une valeur énergétique de 2,4 kcal au gramme. Ils peuvent provoquer des ballonnements et des diarrhées. Ils peuvent avoir un faible effet sur la glycémie. q Les édulcorants intenses ou «édulcorants de synthèse» : Ce sont des additifs alimentaires dénommés E 950 à E 959. q L aspartame (E 951) q L acésulfame de potassium (E 950) q Les cyclamates (E 952) q La saccharine (E 953) q Le sucralose (E 955) Ces édulcorants n ont pas d effet sur la glycémie. Leurs doses journalières admissibles (DJA) ou quantité qui peut être consommée sans risque. Edulcorants DJA en mg/kg de poids corporel Acésulfame de potassium 9 Aspartame 40 Cyclamates 7 Saccharine 5 Sucralose 15 Qu en est-il du sel? Manger trop salé est nocif pour la
santé (cela favorise notamment l hypertension). Pourtant, il n y a aucune obligation pour les fabricants de mentionner la teneur en sel de leurs produits (sauf si c est un argument commercial), et ils se contentent souvent d indiquer la quantité de sodium. Or, le sel (ou chlorure de sodium), n est composé que de 40 % de sodium et 60 % de chlore. Ne pas confondre «sel» et «sodium»! Lorsque l étiquette d un produit indique «Sodium 1g», cela signifie que le produit en question contient 2,5 g de sel. Qu en est-il du gras? La mention «sans cholestérol» ne veut pas dire «bon pour le coeur». Les oméga-3 sont des graisses que l on trouve naturellement dans les poissons gras et dans les huiles végétales en quantité variable. Un aliment noté «apporte seulement 6 % de MG» apporte 6 g de graisses soit autant qu une portion de fromage. Comparez toujours un produit sur la teneur aux 100 g. Conclusion La lecture des étiquetage est indispensable pour éviter de tomber dans un éventuel piège. Cependant, il est primordial de comparer ce qui est comparable, c'est-à-dire de comparer les mêmes produits entre eux comme par exemple des yaourts aux fruits, des céréales, des biscuits, des plats préparés ou du chocolat, et surtout de ne pas comparer des aliments qui apportent des éléments différents. Faites attention au mot "allégé" ou "light" qui ne veut pas dire grand-chose. Le produit peut être allégé en graisse mais pas en sucre et inversement. Ayez l esprit critique et prenez le temps de bien choisir vos produits. Si vous souhaitez des compléments d informations ou si vous souhaitez tout simplement donnez vos avis ou vos expériences, n hésitez pas à me contacter! Nicole KUCHARSKI Diététicienne nutritionniste World Neuilly Center Place Mendes France Centre Commercial de la Patinoire 93330 NEUILLY SUR MARNE Tél. : 06 26 01 29 99 http://balade-endietetique.wifeo.com