Rennes : Colloque du 21 mars 2009. «à l école, cé dysfficile...» Dominique Vannier Enseignant spécialisé Clis 2 Laval
Présentation de la Clis :. Effectif : 13 élèves (6 à 11ans) - 3 déficients auditifs (dont 1 implant) - 1 déficient auditif avec dysphasie sévère - 6 troubles spécifiques versant langage oral - 3 troubles spécifiques versant langage écrit. Niveau de scolarisation : - 4 élèves suivent les compétences de cycle 2-9 élèves suivent les compétences de cycle 3 Tous les élèves ont un projet de scolarisation annuel avec des objectifs prioritaires définis. Ce projet est révisable semestriellement. 12 élèves sont pris en charge par l équipe pluridisciplinaire du SSEFIS-APAJH 53. 1 élève est suivi en libéral.
Intégration partielle : 2 élèves sont intégrés partiellement au CE1 (découverte du monde) 1 élève est intégrée au CE2 (observation réfléchie de la langue, poésie ) 5 élèves intégrés au CM1 (observation réfléchie de la langue, numération, techniques opératoires, histoire, géo, sciences) 4 élèves arrivés en septembre 2008 n ont pas d intégration partielle, mais la situation sera révisée pour le troisième trimestre. 1 élève manquant d autonomie, d organisation et de méthodologie n est pas intégré pour l instant.
Les difficultés de langage oral des enfants dysphasiques entraînent des difficultés majeures à l apprentissage du langage écrit. Les enfants dysphasiques présentent souvent des troubles du langage écrit. Il nous a semblé intéressant de citer certains obstacles que rencontrent les enfants lors des apprentissages. Les obstacles : la phonologie l agrammatisme la mémoire visuelle l assemblage l accès au sens Etant donné que chaque enfant a une dysphasie différente et des processus cognitifs différents, il nous semble difficile de faire des propositions générales applicables à tous les enfants dysphasiques. Les stratégies qui semblent efficaces pour les uns, ne le sont pas toujours pour les autres.
Introduction d un code pictographique et gestuel pour apprendre à lire et à écrire. Nous proposons aux élèves d entrer dans la lecture par un code, introduit via les canaux les plus efficaces chez l enfant dysphasique : le canal visuel et le canal gestuel. Dans la classe, nous associons des pictogrammes pour l apprentissage de la lecture. Exemples de travail en début d année.
Pictogramme + mime Geste Borel [ L ] Association mot / dessin
Parler de ce qui se trouve dans l entourage immédiat de l enfant
Systématisation d une formule syntaxique Présenter des phrases qui contiennent un lexique simple et connu de l enfant
Construire dans un premier temps un lexique par champ sémantique
Associer les trois écritures
Complexifier et allonger progressivement les modèles
Le code pictographique est un composé d écritures. Certains pictos sont la représentation des gestes Borel-Maisonny ou la représentation des gestes LSF ou la représentation d un «mime» (jeu de doigts). Cette recherche du signe le plus arbitraire et parfois le plus abstrait possible semble nécessaire pour une plus grande utilisation et pour une compréhension conceptuelle du code.
Introduction d un code gestuel (Borel Maisonny) et pictogrammes pour apprendre à lire et à écrire. Aménagement de la méthode de lecture «Au fil des mots» avec les pictos.
Apprentissage et mémorisation de poésies
Travail sur la mémorisation orthographique des mots en complétant le «texte à trous»
Dans la vie de la classe, les phrases les plus courantes sont affichées pour aider l élève à parler : ne pas contrarier le langage de l élève lorsqu il est outil de communication mais l aider par des structures syntaxiques «modèles».
Exemple de séquence de travail dans l apprentissage de la lecture : Autour du son [u]
Travail sur les syllabes avec code gestuel pour améliorer la prononciation :
Construction du lexique phonologique :
Discrimination auditivo-verbale :
Associer le mot avec l image :
Transcription syllabique et compréhension dans un contexte :
Association phrase et dessin :
A partir d un mot, l élève écrit une phrase sur l ordinateur :
Introduction d un code grammatical :
Travail sur la segmentation des mots dans les phrases Compréhension de l énoncé :
Le travail présenté aujourd hui n est pas un modèle. C est le résultat de propos échangés avec M.H. Marchand, neuropsychologue, au début de la prise en charge des TSSL, mais surtout de discussions quotidiennes avec l équipe du SSEFIS APAJH 53. C est un travail évolutif qui se construit jour après jour avec et pour les élèves dysphasiques. Merci à Edina et à Christelle pour leur collaboration. Colloque «à l école, cé dysfficile», Rennes 21/03/09