Arthrose Qu est-ce que l arthrose du genou? C est l usure d au moins un des 3 compartiments du genou. Cette usure se traduit par une disparition du cartilage, qui est l élément essentiel pour qu une articulation soit mobile et indolore. Normalement, le fémur et le tibia sont recouverts chacuns de 3 mm de cartilage. vue peropératoire d'un fémur "usé" L arthrose est également une définition radiologique associant un pincement de l articulation, des ostéophytes (becs de perroquet), une ostéocondensation (l os devient plus dur) et des géodes (trous dans l os). Le pincement est une disparition progressive de l espace clair (noir) à la radiographie, qui correspond à l épaisseur du cartilage entre fémur et tibia par exemple : Pincement progressif fémoro-tibial interne
Quels sont les facteurs favorisant l arthrose du genou? L excès de poids. Les sollicitations mécaniques excessives et répétitives. Les séquelles de fractures du genou. Les séquelles d entorses graves. Les méniscectomies complètes. Les déformations du genou : Ce sont des déformations qui passent inaperçues (jambes arquées ou en X), qui sont congénitales (on naît avec) ou héréditaire (héritage familial). Normalement le poids du corps, représenté par une ligne verticale joignant le centre de la hanche au centre de la cheville doit passer au milieu du genou : cette axe mécanique passant par le milieu du genou est la condition pour assurer une bonne répartition des charges sur les 2 compartiments du genou. Mesure radiologique de l axe mécanique. Ici normal. Les déviations de cet axe vont modifier la répartition des pressions et entraîner une usure prématurée du genou.
Si l axe passe par l intérieur du genou (genu varum ou «jambes arquées), l usure se fera en interne. Si l axe passe par l extérieur du genou (genu valgum ou «jambes en X), l usure se fera en externe. Genou normal genu varum genu valgum A l examen, le genou est dit varus si, lorsque les chevilles se touchent, les genoux ne se touchent pas. Le genou est valgus si lorsque les genoux se touchent, les chevilles ne se touchent pas. Quels sont les signes de l arthrose du genou? La douleur : c est le maître-symptôme, le motif de consultation. Cette douleur est d abord intermittente, évoluant par poussées ou déclenchée par des efforts. Elle est présente plutôt en fin de journée, est facilement calmée par les antalgiques et anti-inflammatoires. Puis, les médicaments deviennent moins efficaces, la douleur devient permanente limitant le périmètre de marche, réveille le patient la nuit. La raideur : elle s installe très lentement, limitant la flexion du genou et son extension. Elle est ressentie par le patient surtout le matin par un dérouillage qui peut durer quelques minutes.
Le gonflement : il se traduit par une «bosse» au-dessus de la rotule, ou une boule derrière le genou (kyste poplité). La déformation : elle est alors la cause de l usure, mais peut aussi s aggraver du fait de la diminution de l épaisseur du cartilage! cette déformation, lorsqu elle est trop avancée, entraîne une lésion des ligaments qui peut rendre plus difficile la réalisation d une prothèse du genou. L instabilité : il s agit surtout de dérobements réflexes du genou déclenchés par les lésions du cartilage, mais aussi une vraie instabilité du fait de lésions ligamentaires. Les craquements : ils sont entendus par le patient et son entourage : il peut s agir d une véritable sensation d accrochages liés à une usure prononcée. Quels sont les examens complémentaires à réaliser? Les radiographies simples suffisent. Ces radios doivent être faites debout de face et de profil, et en légère flexion (en «schuss»), pour simuler la marche. Une incidence de rotule est également demandée. Si une intervention est programmée, un pangonogramme (ou goniométrie) visualisant les 2 membres inférieurs dans leur totalité, est nécessaire. La radiographie permet de voir le pincement articulaire : c est la disparition du cartilage qui aboutit à terme au contact os contre os. Ici : pincement interne
Quels sont les différents traitements de l arthrose? 1. Les règles hygiéno-diététiques : Perdre du poids soulagera votre genou. C est certainement le plus difficile moyen à mettre en œuvre, et le soutien de votre médecin ou d un nutritionniste est très important. Il faut poursuivre les activités physiques en privilégiant la marche, le vélo (permet un rodage articulaire), la natation. Il est très important de garder un bon tonus musculaire et un genou mobile. 2. Les moyens simples à votre disposition : La glace : elle peut être utile en cas de poussée aigüe douloureuse. La glace doit être placée dans un sac étanche, puis enroulée par un linge épais. Les applications doivent être répétées plusieurs fois par jour et ne doivent pas dépasser 20 minutes (risque de brûlures). Les antalgiques : prescrits par votre médecin, ils peuvent être plus ou moins forts, et leur durée d action peut aller de 4 à 24 heures. Les anti-inflammatoires : ils doivent être prescrits en cures courtes de quelques jours en raison de leur toxicité sur l estomac et les reins. 3. La kinésithérapie : Elle permet d entretenir les muscles du genou et sa mobilité. Les massages et la physiothérapie (électrostimulation, ultra-sons, infrarouges ) peuvent vous soulager. 4. Les ponctions-infiltrations : Souvent indissociables l un de l autre. Lorsque votre genou est gonflé, après échec des médicaments, on peut faire une piqûre dans le genou pour le vider, et injecter par la même aiguille un produit à base de cortisone. Ce geste se fait en quelques minutes en consultation. Cette infiltration vous soulage pour une durée limitée ( 1 mois en général).
5. La visco-induction : C est injecter dans le genou un produit (acide hyaluronique) qui permet de «lubrifier» le genou. Cette injection doit être répétée 3 fois à une semaine d intervalle. Elle va induire en fait la production d acide hyaluronique naturel par le genou et permet de diminuer la consommation d antalgiques pendant quelques mois. 6. L arthroscopie : Il s agit d une opération menée sous anesthésie, en chirurgie ambulatoire, d une durée de quelques minutes. 2 petits trous sont réalisés sur l avant du genou et permet l exploration de la cavité articulaire. L intérêt de l arthroscopie est triple : - Faire le diagnostic précis des lésions. - Traiter une lésion méniscale associée. - Laver le genou avec du sérum physiologique permettant d évacuer les enzymes et les produits de dégradation du cartilage qui entretiennent l inflammation. 7. L ostéotomie : Elle peut être indiquée en cas d usure d un seul compartiment (externe ou interne) du genou. Elle vous sera proposée si vous êtes jeunes (jusqu à 65 ans) et actif. Elle consiste à modifier l axe de la jambe en coupant l os du tibia ou du fémur. Si la douleur est à l intérieur du genou, la modification de l axe fera que vous appuirez plus sur le compartiment externe du genou qui lui ne souffre pas. L intérêt de l ostéotomie est que l on ne touche pas à votre articulation, on dit que c est un traitement conservateur. 8. La prothèse de genou : Elle peut être totale ou partielle. Son but est de remplacer la partie usée par une articulation artificielle, insensible donc indolore.