Malawi. www.africaneconomicoutlook.org



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Malawi 2012 www.africaneconomicoutlook.org

Malawi Overview Malawi s economic growth in 2011 slowed to 5.8% from 6.7% in 2010 due to reduced donor inflows and shortages of foreign exchange and essential commodities such as fuel and inputs for manufacturing. The economy is projected to slow further, with growth falling to 5.0% and 5.2% in 2012 and 2013. Malawi, one of the world s poorest countries, has faced growing macroeconomic management challenges for several years. In 2010, it secured an Extended Credit Facility (ECF) from the International Monetary Fund and the government adjusted fiscal and economic policy accordingly. However, the country was unable to meet the IMF targets at end-december 2010 and end-june 2011, with the ECF programme off track since then. Further measures taken by the government again failed to remedy the failings and donor countries suspended budget support.youth unemployment and underemployment remain major challenges in both the formal and informal sectors. Malawi s economy has performed well in recent years at the headline level, with growth of around 7.0%, well above the Sub-Saharan Africa average. Growth fell sharply in 2010 to 6.7% from 8.9% in 2009 after a poor agricultural season. In 2011, growth was estimated to have fallen further to 5.8%, hit by the problems with the IMF ECF programme that led to reduced donor inflows, foreign exchange difficulties and shortages of essential commodities such as fuel and inputs for manufacturing. The situation was made worse by disappointing earnings from tobacco, the country s top export earner. Agriculture continues to be the main economic activity, while mining and construction have recently begun to account for a larger share. The outlook is for a continued slowdown, with growth projected at 5.0% and 5.2% for 2012 and 2013. The government has managed to keep inflation in single-digits at an average 7.6% for 2011 but prices were rising faster at year-end with an increase of 9.8%. Food costs rose due to seasonal variations at the end of the year while fuel shortages -- in part due to foreign exchange problems -- added to the problem. For 2012, the prospect is of higher inflation still if the government cannot resolve the wider economic problems it faces although it may get some respite as domestic food production increases under the Farm Input Subsidy Programme (FISP). However, the government will struggle to control non-food components, which are driven by import prices, without the resumption of donor inflows. The government s new national development plan, the Malawi Growth and Development Strategy (MGDS II, 2011-2016), identifies nine key priority areas -- Agriculture and Food Security; Energy, Industrial Development, Mining and Tourism; Transport Infrastructure and the Nsanje World Inland Port; Public Health, Sanitation, Malaria and HIV and AIDS Management; Integrated Rural Development; Education, Science and Technology; Green Belt Irrigation and Water development; Child and Youth development and Empowerment and; Climate Change Natural Resources and Environment Management. The current budget is based on the MGDS II plan, with allocations made to most of these nine areas but problems in the policy and institutional environment need to be addressed as well. The political context will continue to have a significant bearing on the macroeconomic outlook and policy making. Poor donor relations in 2011 due to differences over economic and political governance and social rights, coupled with the inability by the country to implement the IMF supported macroeconomic programme led to the suspension of the ECF and external budget support. This in turn impacted the government s ability to deliver on its development objectives. These problems largely drive the foreign exchange and fuel crises that undercut growth. This year is likely to see increased political and social discontent and much will depend on how the government manages those issues and their effect on the economy. Youth unemployment in particular remains a challenge in both the formal and informal sectors although official statistics show that only 2.7 percent of those aged 15-24 years have no job. Officially, however, a person who works at least one hour per week is classified as employed and therefore the figures do not capture the real situation. Underemployment is prevalent, especially in the agricultural sector that accounts for 80% of the labour force, and working poverty is high due to low wages -- the minimum wage is less than USD1 per day. Those aged 10-29 years comprise some 38.7% of the country s population and the majority of this category are engaged in farming. The unemployment problem is compounded by poor data, the absence of an up to date Youth Policy -- a revision of the 1996 framework has been under discussion since 2009 and a lack of coherent government action and weak institutional capacity for skills development. In addition, the economy fails to produce enough jobs for a fast growing population given its low manufacturing base and the low skills base of the labour force. 2 AfDB, OECD, UNDP, UNECA

Figure 1: Real GDP growth (Southern) 10% 8% Real GDP Growth (%) 6% 4% 2% 0% -2% 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 Real GDP growth (%) Southern Africa - Real GDP growth (%) Africa - Real GDP growth (%) Figures for 2010 are estimates; for 2011 and later are projections. Table 1: Macroeconomic Indicators 2010 2011 2012 2013 Real GDP growth 6.7 5.8 5 5.2 Real GDP per capita growth 3.6 2.6 1.8 2 CPI inflation 7.4 7.6 7.8 8.1 Budget balance % GDP -0.8-2 -3.6-3 Current account % GDP -17.5-18.1-18.5-12.1 Figures for 2010 are estimates; for 2011 and later are projections. 3 AfDB, OECD, UNDP, UNECA

Recent Developments & Prospects Table 2: GDP by Sector (percentage of GDP) 2006 2010 Agriculture, forestry, fishing & hunting 31.6 31.6 Agriculture, livestock, forestry and fisheries - - of which agriculture - - Mining and quarrying 1.2 1.2 of which oil - - Manufacturing 10.7 11.3 Electricity, gas and water 1.5 1.8 Electricity, water and sewerage - - Construction 3.8 3.4 Wholesale and retail trade, hotels and restaurants 21.3 23.5 of which hotels and restaurants 1.8 2.2 Transport, storage and communication 7.1 7 Transport and storage, information and communication - - Finance, real estate and business services 7.9 7.6 Financial intermediation, real estate services, business and other service activities - - General government services - - Public administration & defence; social security, education, health & social work - - Public administration, education, health 3.7 2.8 Public administration, education, health & other social & personal services - - Other community, social & personal service activities - - Other services 11.3 9.9 Gross domestic product at basic prices / factor cost 100 100 Wholesale and retail trade, hotels and restaurants - - Figures for 2010 are estimates; for 2011 and later are projections. L économie du Malawi a continué à chuter au cours des deux dernières années, avec la croissance de 2011 estimée à 5.8 %, contre 6.7 % en 2010. Les faibles revenus du tabac résultant de la baisse des prix et d une récolte de mauvaise qualité, une contribution du secteur minier plus faible que prévu, des problèmes dans le secteur privé causés par les difficultés de change et les coûts élevés du carburant et d autres intrants ont tous contribué à une croissance plus faible en 2011. En 2012, l agriculture, l exploitation minière et la construction demeureront les principaux domaines d activité alors qu il est à espérer que les revenus du tabac s amélioreront grâce à une meilleure qualité et des prix mondiaux plus élevés. Les exportations minières devraient s améliorer à la suite de nouveaux investissements réalisés au début 2011 et à l achèvement des travaux de réhabilitation du projet d extraction minière d uranium de Kayelekera. Cependant, les goulets d étranglement des infrastructures et les pénuries continuelles d électricité ainsi que les défis macroéconomiques relevés en 2011 et 4 AfDB, OECD, UNDP, UNECA

toujours présents en 2012 sont susceptibles de continuer à freiner la croissance, comme en témoignent les prévisions plus faibles pour 2012 et 2013. La croissance de la production agricole est estimée avoir remonté de 2 % en 2010 à 6 % en 2011 grâce à une amélioration de la culture de maïs avec pour résultat un excédent de 1.2 million de tonnes. Les estimations préliminaires pour 2012 suggèrent que la croissance du secteur agricole peut régresser à 5.6 % en raison du degré de couverture réduit du FISP de 1.6 million de familles à 1.4 million de familles. Le gouvernement a également tenté de réduire la dépendance au tabac en favorisant la diversification agricole dans d autres cultures comme le coton et les légumes secs. Le secteur minier et le secteur de l extraction en carrière vont croître fortement en 2012 à 18.9 % mais après deux années en forte baisse autour de 80.2 % en 2010 et de 33.83 % en 2011, marquées par un approvisionnement en électricité insuffisant et une production d uranium réduite. Toutefois, le secteur minier continue de susciter des espoirs en tant que contributeur majeur de la croissance dans le futur car l exploitation minière d autres minéraux rares tels que le niobium a démarré. L industrie manufacturière et la construction devraient se redresser en 2012, augmentant respectivement de 5.9 % et 9 % suite à une progression de 2.1 % et 7.5 % en 2011. Le budget 2011-2012 a été élaboré sur la base d un résultat équilibré, sans déficit, et a introduit une série de nouvelles mesures génératrices de recettes, telles que l augmentation des impôts et des recettes non fiscales tout en inversant certaines incitations fiscales du secteur privé. Le gouvernement a maintenu rigoureusement les dépenses et il est prévu qu il continue étant donné la question épineuse du soutien des donneurs. Les dépenses ordinaires ont été réduites de 310 milliards MWK en 2010-2011 à 304 milliards MWK en 2011-2012 alors que le budget de développement a été réduit de 78 milliards MWK à 68 milliards MWK. 5 AfDB, OECD, UNDP, UNECA

Macroeconomic Policy Fiscal Policy Le Malawi est confronté à des défis de gestion macroéconomique depuis quelques années avec un pic en 2011 lorsque la FEC du FMI a été déclarée hors cadre suite à la défaillance du gouvernement à atteindre ses objectifs du FMI. Le gouvernement a fait des efforts pour remédier aux problèmes mais n a pas été en mesure de remettre le pays sur la bonne voie et par conséquent, les pays donneurs ont suspendu l aide budgétaire directe pour l année. La situation économique s est détériorée suite au ralentissement dans l agriculture et particulièrement de la chute des revenus de l exportation du tabac, et ces problèmes ont été aggravés en raison de fortes divergences avec le FMI en matière de politique de taux de change. Les réserves de change qui couvrent près de trois mois d importations en décembre 2010, ont chuté à près de 1.4 mois à la fin 2011. Il n y avait aucun signe d amélioration au début de l année 2012, le désaccord persistant entre le gouvernement et le FMI sur la reprise de la FEC. Les autorités ont tenté de contenir l augmentation des prix, avec une inflation moyenne annuelle de 7.6 % en 2011 mais elle a grimpé jusqu à 9.8 % à la fin de l année, bien au-dessus de la cible de 7 %. Le gouvernement devrait poursuivre ses efforts en matière de maitrise des dépenses et de l inflation. Il est prévu que les perspectives de croissance pour 2012 soient plus faibles que celles des deux années précédentes et l orientation de la politique demeure incertaine. La reprise du soutien du FMI et des donneurs reste une problématique majeure en 2012. Les finances publiques du Malawi pour 2010 et début 2011 se sont améliorées suite à une perception des recettes intérieures supérieure à celle prévue grâce à une plus grande efficacité de l administration fiscale. Il en a résulté une réduction de l emprunt net équivalent à 1.5 % du PIB. Après un taux de 18.7 % en 2009, les recettes fiscales intérieures ont augmenté pour atteindre 19.1 % du PIB en 2010 et 19.6 % en 2011. Les dépenses totales pour 2010 ont représenté 35 % du PIB, augmentant à 35.5 % en 2011. En anticipant la poursuite de faibles rentrées de fonds des donneurs en 2011 et 2012, le gouvernement a conçu le budget 2011-2012 sur la base d un déficit nul avec toutes les dépenses ordinaires et les projets de développement clés financés par les ressources nationales. Pour 2012 et 2013, l impôt est estimé à 33.8 % puis à 33.3 % du PIB alors que les dépenses augmenteront pour atteindre 37.4 % et 36.3 % du PIB. Afin d obtenir davantage de ressources, la mobilisation des ressources nationales sera plus importante à l avenir. La plupart des recettes sont collectées à partir des taxes sur les biens et les services, en particulier la TVA et les droits d accise, qui représentent près de 48 % des recettes fiscales totales en 2010-2011. Dans le cadre de ses efforts pour générer davantage de recettes, le gouvernement a introduit un certain nombre de mesures de recettes fiscales et non fiscales qui ont eu un impact important sur les petites entreprises et les petites sociétés, par exemple, des mesures incitatives pour encourager la formation et les programmes de promotion des exportations. Les recettes intérieures et les objectifs de dépense semblent ambitieux et en conséquence il est prévu qu il y ait un déficit global égal à 2 % du PIB pour 2011, à 3.6 % en 2012 avant de retomber à 3 % en 2013. Alors que le gouvernement tente d élargir l assiette fiscale par le biais de taxes et de charges plus élevées tout en retirant les allégements fiscaux pour le secteur privé, les entreprises sont susceptibles de trouver qu il est plus difficile d investir et de se développer, notamment compte tenu des défis auxquels elles sont actuellement confrontées. L effet final est que le gouvernement peut collecter moins de recettes que prévu, en exerçant une pression cette fois-ci sur le secteur public. Si le gouvernement cherche à emprunter pour combler le manque à gagner, cela va en outre nuire à la croissance tout comme au secteur privé qui est évincé de l accès au crédit. 6 AfDB, OECD, UNDP, UNECA

Table 3: Public Finances (percentage of GDP) 2003 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 Total revenue and grants 26.7 31.2 31.7 30.1 32.7 34.1 33.5 33.8 33.3 Tax revenue 17 15.6 16.6 17.6 18.7 19.1 19.6 20.6 20.6 Oil revenue - - - - - - - - - Grants 6.7 13.7 13.6 10.9 11.7 11.7 10.6 9.6 9.1 Total expenditure and net lending (a) 38.3 31.2 33 32.8 38 35 35.5 37.4 36.3 Current expenditure 30.9 24.4 21.3 21.1 30.8 24.7 24.2 25 23.9 Excluding interest 24 19.7 17.8 18.9 28.1 22 21.9 23.1 22.6 Wages and salaries 6.8 5.3 5.1 5.5 5.8 5.7 5.8 6 6 Interest 6.9 4.7 3.5 2.3 2.7 2.7 2.3 1.9 1.4 Primary balance 7.4 4.7 2.2 11.7 7.2 10.2 11.3 12.4 12.4 Overall balance -4.8 0-1.3-0.4-2.5 1.9 0.4-1.6-1.7 Figures for 2010 are estimates; for 2011 and later are projections. Monetary Policy Les politiques budgétaires et monétaires prudentes soutenues par les surplus alimentaires ont contribué à la tendance à la baisse de l inflation de 2005 à 2010, permettant à la Banque centrale d abaisser son taux d intérêt de référence de 15 % à 13 % en 2010. Depuis, ce taux est resté inchangé bien que l inflation ait augmenté. Les banques commerciales ont réduit leur taux d intérêt débiteur de 19.25 % à une moyenne de 17.67 %. L accélération de l inflation qui est passée de 7.4 % à la fin 2010 à 9.8 % à la fin 2011, a été largement entraînée par des augmentations des prix des produits non alimentaire pour la majeure partie de 2011 et puis par les augmentations des prix de l alimentaire. Le refus du gouvernement de changer le taux de change a conduit à une pénurie de devises et à des pénuries de carburant, mettant la pression sur les prix. Si le gouvernement décidait de libérer le taux de change, comme cela est recommandé par le FMI et les partenaires donneurs, et donc de dévaluer le Malawi Kwacha, l inflation serait susceptible d augmenter à un rythme plus rapide et pourrait atteindre un taux à deux chiffres. La politique monétaire en 2012 et 2013 dépendra de ces paramètres macroéconomiques fondamentaux, avec comme problème clé les relations entre le FMI et les donneurs. Economic Cooperation, Regional Integration & Trade Le secteur extérieur du Malawi continue à s appuyer sur le tabac en tant que principale culture à l exportation. Les recettes d exportation ont diminué en 2011 car les bénéfices nets du tabac ont chuté à 5.5 % à 410 millions USD. Il est prévu que la croissance des importations continue de chuter suite aux problèmes de change du pays, en particulier si la monnaie est autorisée à se déprécier. Le déficit des échanges courants s est visiblement creusé de 17.5 % du PIB en 2010 à 18.1 % en 2011 et une augmentation supplémentaire est prévue pour atteindre 18.5 % en 2012. Une forte baisse du déficit de 2013 à 12.1 % du PIB est prévue sur la base qu il n y aura pas d importation de services par rapport à un déficit de 5.8 % et 5.6 % en 2011 et 2012 alors qu il y aura peu de changements dans le commerce des biens en général. La position extérieure faible est à l origine d une chute brutale dans les réserves de change qui couvrent 1.4 mois d importation à la fin 2011. Face à des perspectives d exportations médiocres et aux faibles rentrées de fonds des donneurs, le pays sera confronté au défi d augmenter les réserves en 2012. 7 AfDB, OECD, UNDP, UNECA

Table 4: Current Account (percentage of GDP) 2003 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 Trade balance -10.3-17 -24.7-20.2-17 -12.1-13 -13.6-13.6 Exports of goods (f.o.b.) 17.9 17.2 19.5 22 21.3 21.8 22.7 21.7 21.2 Imports of goods (f.o.b.) 28.2 34.1 44.2 42.1 38.3 33.9 35.7 35.4 34.8 Services -0.6-6.5-0.6-0.6-0.6-6.3-5.8-5.6 0 Factor income -1.4-1.2-1.1-0.6-0.8-1.1-1.1-1 0 Current transfers 1.6 18.3 16.8 3.1 2.1 2 1.8 1.7 1.5 Current account balance -10.7-6.4-9.6-18.2-16.3-17.5-18.1-18.5-12.1 Figures for 2010 are estimates; for 2011 and later are projections. Debt Policy La dette extérieure du Malawi s élève à 912.4 millions USD (15 % du PIB) à la fin juin 2011, par rapport aux niveaux de 2006 atteignant 488 millions USD lorsque le Malawi s est qualifié pour un allégement de la dette dans le cadre de l initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et de l initiative de l allégement de la dette multilatérale (IADM). Une analyse de la soutenabilité de la dette réalisée en mai 2011 a conclu que la dette extérieure du Malawi était durable. La dette intérieure du pays a été estimée à 16.5 % du PIB à la fin juin 2011, dans la limite maximale de 15-20 % considérée comme sûre. Depuis lors, cependant, le gouvernement subit une pression croissante pour augmenter les emprunts extérieurs de façon à financer les importations de carburant et à renforcer l offre de devises pour les autres importations. Figure 2: Stock of total external debt (percentage of GDP) and debt service (percentage of exports of goods and services) 300% 250% 200% Percentage 150% 100% 50% 0% 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 Debt/GDP Debt service/exports Figures for 2010 are estimates; for 2011 and later are projections. 8 AfDB, OECD, UNDP, UNECA

Economic & Political Governance Private Sector Le gouvernement reconnaît que le secteur privé est le moteur de la croissance du Malawi, comme indiqué dans les programmes Vision 2020 et MGDS II. Cependant, certains défis qui entravent la croissance du secteur privé demeurent comme les goulets d étranglement structurels les infrastructures médiocres et l approvisionnement en électricité inapproprié et la législation lourde ainsi que la faiblesse des institutions de soutien du secteur privé. Dans un effort pour remédier à ces problèmes, le gouvernement a mis en œuvre un projet d assistance technique pour le renforcement de l environnement des affaires (BESTAP) avec l aide de certains partenaires donneurs depuis 2006, visant à identifier les principaux obstacles structurels et législatifs qui doivent être levés afin d améliorer l environnement des affaires. Alors que le BESTAP a favorisé un forum d échanges de haut niveau entre le gouvernement et le secteur privé, la réforme législative a été freinée et la plupart des goulets d étranglement existent encore. Par exemple, il n y a pas eu d amélioration du nombre de procédures nécessaires pour enregistrer une entreprise, pour acquérir un permis de construire ou enregistrer une propriété au Malawi au cours des quatre dernières années. En conséquence, le Malawi perd quatre places dans le classement de l indice sur la facilité de faire des affaires pour 2012 (145 sur 183 pays). La stratégie de mobilisation du gouvernement pour les recettes en augmentant les taxes et les charges, et en réduisant ou en supprimant certaines mesures incitatives du secteur privé, peut aggraver la situation. Financial Sector Le système bancaire du Malawi est assez développé, détenant des actifs équivalents à près de 37 % du PIB en 2010. Le secteur des assurances est divisé entre l assurance vie et l assurance non-vie. Le secteur financier est resté largement stable, aidé par le fait qu il est en grande partie non intégré au système financier mondial. Le niveau des fonds propres reste satisfaisant dans les secteurs de la banque et des assurances mais un problème majeur est la concentration d actifs dans le marché boursier en raison des possibilités d investissement limitées disponibles aux sociétés d assurance vie. Les banques détiennent largement les titres à court terme (bons du Trésor) du gouvernement, bien que des efforts soient faits pour encourager l emprunt à long terme. Par exemple, la Banque centrale a lancé des obligations à trois ans en juin 2011. Seuls 19 % de la population adulte utilisent les services bancaires et le gouvernement a proposé des mesures incitatives pour encourager les services bancaires mobiles. Alors que le passage de la législation pour créer un bureau de crédit privé aurait dû aider à améliorer les informations sur les antécédents en matière de crédit, l accès au crédit demeure l un des défis les plus importants pour les entreprises, notamment pour les PME. Il existe toujours des écarts dans le secteur qui n est pas suffisamment concurrentiel. Les écarts sur les prêts bancaires et les dépôts sont très larges et ne réagissent pas aux instruments de politique monétaire. Dans l indice sur la facilité de faire des affaires pour 2012, le classement du Malawi sur l obtention d un crédit est descendu de 116 en 2011 à 126. Public Sector Management, Institutions & Reform Le Malawi dispose d un système de gouvernement tripartite exécutif, législatif et judiciaire. Les institutions et les pratiques sont en place pour la prestation de services au niveau national et à un niveau inférieur (sousnational) pour la plupart et il existe des cadres législatifs pour les soutenir. Un cadre juridique pour garantir les droits de propriété est disponible, et le nombre de procédures d enregistrement de propriétés est similaire aux moyennes d Afrique subsaharienne. Cependant, alors que la base juridique est disponible et relativement solide, il existe des faiblesses majeures en ce qui concerne le temps et le coût de l application. Le bureau du Président et Cabinet (OPC) est chargé de coordonner la réforme des politiques. Cependant, il a une capacité limitée de concevoir des politiques efficaces, des directives et des instructions, ou de les mettre en œuvre. De plus, l administration publique est de plus en plus caractérisée par la dominance des hommes politiques sur la fonction publique, affectant ainsi l efficacité de la gouvernance. Le gouvernement a modifié la loi de 1998 sur les gouvernements locaux et la Constitution en 2010 afin de reporter les élections à 2014. Depuis 1992, le Malawi a tenu une seule fois des élections des gouvernements locaux. La Direction de la gestion des services publics (DPSM) est chargée de la politique globale de la gestion des ressources humaines et tire son mandat de la loi sur la fonction publique de 1994. Tous les employés doivent se conformer aux règlements énoncés dans les instructions du Trésor mais le code de conduite éthique pour les employés de la fonction publique est faiblement contrôlé. La DPSM établit en conséquence un code de conduite et d éthique de la fonction publique, pour compléter les dispositions disciplinaires existantes. Les cadres institutionnels en matière de transparence, de responsabilité, et d anti-corruption se sont améliorés même si leur efficacité est entravée par une capacité limitée, à la fois humaine et financière. La capacité limitée est 9 AfDB, OECD, UNDP, UNECA

évidente dans les institutions telles que la Cour de comptes (NAO), l unité centrale d audit interne (CIAU), le bureau du directeur des marchés publics (ODPP), le bureau anti-corruption (ACB), l Ombudsman et la Commission des droits de l homme du Malawi. Au cours de la dernière décennie, le Malawi s est bien positionné dans certains classements internationaux à l égard de la qualité des institutions. Par exemple, l indice Ibrahim de la gouvernance africaine a classé le Malawi 10 ème sur 53 pays en 2010 dans le respect de l État de droit. L indice mondial de la paix 2011 a classé le Malawi deuxième derrière le Botswana en tant que pays le plus pacifique d Afrique. Cependant en 2011, le pays a connu une intensification de l agitation sociale que l économie a mise sous pression. Les droits de la liberté d expression et les libertés civiles ont été mis à mal à la suite de violentes manifestations en juillet et en septembre. Natural Resource Management & Environment Il est peu probable que le Malawi atteigne les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) relatifs à la viabilité environnementale. Les principaux défis sont la dégradation continue des ressources qui s explique par la perte de la couverture forestière et la proportion élevée de la population utilisant du combustible solide comme forme d énergie près de 100 % de la population rurale et 85 % de la population urbaine. Cela a conduit à la disparition d environ 27 % des 9.4 millions d hectares de forêt du Malawi, avec près de 2.6 % perdus chaque année. Le défi est exacerbé par la croissance démographique, l insuffisance des moyens de subsistance alternatifs à l agriculture et le manque de sources d énergie alternatives abordables et fiables. Le Malawi a mis en place la loi sur la gestion environnementale de 1996 et une politique nationale de protection de l environnement (NEAP, 2004). En pratique cependant, le manque de participation communautaire dans la gestion environnementale et la gestion des ressources, l accès restreint aux moyens de subsistance alternatifs, le financement insuffisant et le manque de coordination institutionnelle rendent difficile l accomplissement de ces objectifs. Le gouvernement a tenté d améliorer la situation en offrant un financement aux agriculteurs pour planter des arbres et conserver la terre. Le programme MDGS II met la priorité sur les ressources naturelles, la gestion environnementale et le changement climatique. Political Context Le président Bingu wa Mutharika du parti démocrate-progressiste (DPP) a été réélu en 2009 pour un autre mandat de 5 ans et a formé un gouvernement majoritaire. Cependant, les problèmes économiques et de développement du pays, auxquels viennent s ajouter les préoccupations grandissantes soulevées par la société civile et les partenaires internationaux sur les problèmes de gouvernance politique et économique menacent désormais les résultats positifs obtenus par le Malawi au cours des dernières années. Les tensions ont atteint leur point culminant lors de violentes manifestations en juillet 2011 ayant entraîné des morts et endommagé les biens. Les retombées des protestations se poursuivent, avec des plaintes de harcèlement déposées contre le gouvernement et la victimisation. La situation est rendue plus difficile par la suspension de l aide des donneurs et l affrontement constant avec le FMI concernant le taux de change et le plus large le fonctionnement de l économie face à une population en croissance rapide, en particulier dans les centres-villes. Le gouvernement sera confronté à des élections en 2014, relativement lointaines, mais déjà les partis de l opposition ont commencé à lutter pour la première place. Certains observateurs estiment que si le gouvernement s isole davantage au niveau international, il devra commencer à faire des concessions aux opposants au niveau interne et surtout c est la manière dont il s acquittera de la gestion des problèmes économiques qui sera déterminante. En février 2012, le président Bingu a insisté sur le fait qu il n aboutirait pas à un compromis avec le FMI sur une dévaluation du Kwacha. 10 AfDB, OECD, UNDP, UNECA

Social Context & Human Development Building Human Resources En termes de développement humain, il est peu probable que le Malawi atteigne les objectifs des OMD sur l éducation primaire universelle et sur l amélioration de la mortalité maternelle. Le pays devrait cependant atteindre ses objectifs sur la réduction de la mortalité infantile et sur la lutte contre le VIH, le SIDA, le paludisme et les autres maladies. Des indicateurs récents montrent une amélioration des résultats sanitaires. Selon l étude démographique et sanitaire du Malawi publiée récemment (MDHS 2010), la mortalité infantile a baissé de 76 à 66 décès pour 1 000 naissances vivantes par rapport aux statistiques de 2004. Des progrès ont également été constatés dans la réduction du taux de mortalité maternelle de 984 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2004 à 635 en 2010. Malgré ces améliorations, il est toujours peu probable que le Malawi atteigne les OMD ciblés pour la mortalité maternelle. En outre, des différences persistent toujours à l égard des résultats urbains et ruraux à travers ces indicateurs. De même, dans l éducation, alors que les taux de scolarisation nets ont augmenté de 83 %, le taux pour le CM2 est de 76 % et l alphabétisation des jeunes est de 84 %, ces niveaux restent en deçà des cibles des OMD et il est peu probable que le pays atteigne l enseignement primaire universel. De plus, la fréquentation scolaire des filles est toujours en retard par rapport à celle des garçons. L un des défis visant à atteindre les objectifs de l enseignement primaire universel est que, bien que le pays applique une politique de gratuité de l enseignement primaire, les investissements adéquats en personnel ou en infrastructure sont insuffisants. Le Malawi est susceptible d atteindre les objectifs sur le traitement du VIH avec le taux de prévalence parmi les 15-49 ans chutant de 12 % en 2004 à 11 % en 2010. Les décès causés par le paludisme sont passés de 4 % en 2008 à 3 % en 2010, la tuberculose a diminué de 19 % en 2005 à 8 % en 2010 car les nouveaux traitements ont prouvé leur efficacité. L amélioration du taux d incidence du VIH reflète probablement l augmentation de la sensibilisation à la maladie, une meilleure santé de la reproduction et des programmes de santé de l enfant, des diagnostics améliorés et un accès universel au traitement. Les défis demeurent à l égard du coût élevé des soins, du manque de fournitures essentielles et des problèmes sociaux-culturels et économiques. Poverty Reduction, Social Protection & Labour La stratégie de croissance et de développement du Malawi 2006-11 a fourni le cadre pour la réduction de la pauvreté de ces dernières années, réduisant le taux de pauvreté de 50.4 % en 2005 à 39 % en 2009. Les OMD ont identifié les différentes catégories de la population qui nécessitaient une protection sociale. Dans la lignée de son objectif de base de réduction de la pauvreté d assurer la sécurité alimentaire, 50 % du budget du gouvernement pour le secteur agricole en 2011-2012 est alloué pour le FISP. Ces efforts ont cependant besoin d être soutenus par des améliorations de la législation. Pour ce qui concerne le travail, le Malawi a ratifié au total 29 conventions de l Organisation internationale du travail (OIT), y compris les 8 dispositions principales. Officiellement, le taux de chômage est très faible, mais cela ne reflète clairement pas l ampleur réelle du problème, étant donné, par exemple, qu une personne qui travaille une heure par semaine est considérée comme une personne avec emploi. Environ 80 % des travailleurs gagnent moins de 1.25 USD par jour. Gender Equality Le Malawi est peu susceptible d atteindre les cibles des OMD sur la promotion de l égalité hommes-femmes et sur l autonomisation des femmes. Sur les 5 cibles, il est peu probable que le pays en atteigne 3 à savoir la proportion filles-garçons à l école secondaire, l augmentation de la part des femmes dans l emploi salarié dans le secteur non agricole, et la hausse du nombre de sièges tenus par des femmes au Parlement. De plus, le pays est peu susceptible d atteindre d autres objectifs liés au genre, comme la promotion de l enseignement primaire universel et l amélioration de la mortalité maternelle. 11 AfDB, OECD, UNDP, UNECA

Thematic analysis: Promoting Youth Employment Alors que le Malawi a enregistré une croissance économique plus forte que la plupart des pays à faibles revenus d Afrique au cours des 5 dernières années, cela n a pas été suffisant pour produire une amélioration de la situation de l emploi suffisante pour faire face à une population croissante. Le chômage des jeunes est une préoccupation majeure, avec le taux de chômage dans cette partie de la population dépassant les 57 % dans l ensemble et grimpant à plus de 70 % dans les zones urbaines. Le salaire minimum officiel est d environ 1 USD par jour. Il est difficile d établir des chiffres précis mais les données de 2008 suggèrent qu environ 3.6 % de la population active a travaillé dans le secteur privé (entreprises privées ou exploitations privées) et 3.6 % (220 000) dans le secteur public. La lente croissance de l emploi est un problème majeur, le secteur formel de l économie estime être en mesure de créer seulement 30 000 postes par an alors qu il y a 130 000 nouveaux arrivants. Parallèlement, il y a une pénurie de la main-d œuvre qualifiée, avec près de deux tiers des jeunes demandeurs d emploi n ayant aucune qualification. Seuls 9 % peuvent prétendre au niveau de l enseignement secondaire ou de l enseignement supérieur. Le manque de main-d œuvre qualifiée est en partie dû à l incapacité du système éducatif d absorber le nombre d élèves potentiels. Par exemple, les instituts de formation techniques et professionnels peuvent prendre seulement 1 % de tous les candidats par an. Avec un ratio de 35 pour 100 000 habitants, le Malawi a l un des plus faibles résultats dans le domaine de l enseignement technique dans la communauté de développement de l Afrique australe (SADC). Dans le même temps, le secteur privé se plaint que les diplômés des instituts techniques n ont pas les compétences requises à la sortie un problème dans le système éducatif au sens large. L agriculture demeure le secteur économique dominant au Malawi, en fournissant des emplois et un moyen de subsistance pour la plupart des gens. La loi rigide sur la propriété des terres, cependant, milite contre le changement et l innovation. En outre, une grande partie de l agriculture du Malawi est fondée sur le tabac, une culture qui produit généralement des emplois saisonniers à court terme. Le Malawi souffre d un manque critique d informations sur le marché du travail pour être en mesure de diriger l orientation des politiques. La dernière étude date de plus de 10 ans et la forte croissance démographique de 2.8 % rend ces chiffres complètement caducs aujourd hui. La banque africaine de développement a prévu de mener une étude sur le marché du travail en 2012. Un certain nombre d institutions gouvernementales ont des mandats qui se chevauchent, les responsabilités ne sont pas encore clairement définies et certains problèmes peuvent relever de deux structures décisionnaires, ce qui signifie qu ils ne reçoivent pas l attention ou les ressources nécessaires. Les initiatives d orientation sont lentes une politique de la jeunesse nationale a été en projet depuis 2009 alors qu une politique du travail et de l emploi est toujours en cours d élaboration. La politique économique ne fournit pas suffisamment de mesures incitatives pour l entrepreneuriat des jeunes, avec un accès au financement et à la propriété, des incitations fiscales pour la formation sur les lieux de travail et le manque de diversification économique constituent tous des obstacles au progrès. En 2011, un programme national en matière de travail décent (DWCP) a été conçu par l OIT, visant à aider le Malawi à réexaminer et à mettre à jour sa législation ainsi qu à améliorer les informations sur le marché du travail. 12 AfDB, OECD, UNDP, UNECA