La SURPRESSION PULMONAIRE
I) Le mécanisme II) Les conséquences III) Les symptômes IV) Conduite à tenir V) Cause et prévention de la surpression pulmonaire
Dans la série des accidents barotraumatiques, la surpression pulmonaire est le plus grave car elle atteint directement l un des grands éléments de notre système vital, le système ventilatoire. Quelques connaissances physiques et anatomiques, pour comprendre le mécanisme de surpression pulmonaire, vont nous permettre l assimilation de règles simples pour prévenir ce type d accident.
I) Le mécanisme La surpression pulmonaire est directement liée à la loi Mariotte sur la dilatation des gaz. Rappel : à température constante le volume d un gaz est inversement proportionnel à la pression qu il subit. P1 V1 = P2 V2 = Cst
En plongée, lors de la remontée, si l on bloque sa ventilation ou si l on a une expiration insuffisante, l air contenu dans nos alvéoles pulmonaires se dilate pouvant provoquer une distension ou lorsqu on atteint la limite d élasticité, une déchirure de ces alvéoles.
II) Les conséquences Plusieurs conséquences vont résulter de ce phénomène de rupture des alvéoles : l embolie cérébrale ; le pneumothorax ; l emphysème sous-cutané ; l emphysème du médiastin ;
L embolie cérébrale Des bulles d air s échappent (shunt pulmonaire, F.O.P ) et s introduisent dans la circulation sanguine artérielle, en direction du cerveau.
Les bulles peuvent bloquer l irrigation du cerveau donc l apport en O 2. Celui-ci ne fonctionnera plus correctement et selon l hémisphère touché cela provoquera la paralysie totale du côté opposé à l hémisphère.
- Hémisphère gauche paralysie côté droit - Hémisphère droit gauche paralysie côté - Les deux hémisphères touchés provoqueront une paralysie totale.
Le pneumothorax De l air va s introduire entre les feuillets de la plèvre, provoquant, un détachement des poumons de la cage thoracique, ce qui entraîne un important disfonctionnement de la ventilation pouvant aller jusqu à l asphyxie.
L emphysème sous-cutané De l air va s introduire sous la peau et se loger au niveau supérieur du tronc (cou du taureau).
L emphysème du médiastin De l air va s introduire entre les poumons, le cœur et la trachée (au niveau des bronches souches), provoquant une vive douleur au niveau de la poitrine, une gêne respiratoire, des troubles cardiaques, une voix rauque.
III) Les symptômes En fonction de l importance de l atteinte des alvéoles, les symptômes vont aller de la simple gêne ventilatoire jusqu à la mort.
Gêne ventilatoire, toux, crachats sanglants (spume rosâtre), asphyxie. Douleurs thoraciques, haut du tronc gonflé, air sous la peau, vomissements. Pâleur, bleuissement du visage, refroidissement des extrémités, pouls rapide. Troubles visuels, sensitifs, troubles de la parole, de la conscience, convulsion, paralysie, coma. Arrêt ventilatoire, arrêt cardiaque, MORT.
IV) Conduite à tenir La commission médicale et de prévention de la FFESSM préconise la même conduite pour la surpression pulmonaire que pour l accident de décompression, puisqu une surpression pulmonaire peut être accompagnée d un accident de décompression suite à l atteinte des alvéoles qui empêcherait la désaturation.
Alerter les secours pour une évacuation vers un centre hyper bar (canal 16 VHF, 15 samu, 112 téléphones portables). Administrer de l O 2 à 100 % à un débit de 15 Litres/minute. Si la victime est consciente et peut absorber du liquide, lui proposer de l aspirine (voir R.I.F.A.P)
V) Cause et prévention de la surpression pulmonaire Différents facteurs vont entraîner une surpression pulmonaire lors de la remontée. 1/ Des facteurs liés au blocage de l expiration 2/ Des facteurs liés à une expiration insuffisante
Les facteurs liés au blocage de l expiration : le stress; la panique; la physiologie de l individu (asthme ); l inhalation d eau provoquant un reflux de protection, la fermeture de l épiglotte sur la glotte empêchant l air de s évacuer (spasme glottique). Un manque de technique :. remontée sur expiration contrôlée;. erreur de manipulation du gilet;. valsava à la remontée;
Les facteurs liés à une expiration insuffisante : l essoufflement ; la remontée à deux sur un embout ; remontée trop rapide ; détendeur mal réglé, dur à l expiration.
Il est donc nécessaire pour prévenir ce type d accident, de ne jamais bloquer sa respiration, forcer son expiration lors de remontées rapides surtout dans les dix derniers mètres où la variation de la pression est la plus importante.
Il est aussi très important de respecter les consignes de sécurité et leur mise en place par les encadrants lors d exercices ou d explorations.
Différences et analogies entre ADD et SP
PLONGEUR CONCERNE ADD TOUS LES PLONGEURS MAIS SURTOUT LE PLONGEUR CONFIME SP TOUS LES PLONGEURS MAIS SURTOUT LE PLONGEUR DÉBUTANT ACCIDENT SE PRODUISANT A LA REMONTÉE A LA REMONTÉE CAUSE PROCÉDURE DE DÉCOMPRESSION NON RESPECTÉE OU INADAPTEE INSUFFISANCE OU ARRET DE LA VENTILATION DÉLAI D APPARITION IMMÉDIAT OU ÉVOLUTIF IMMÉDIAT LES DIFFÉRENTES LESIONS OREILLE INTERNE CUTANEE OSTEOARTHROMUSCULAIRE PULMONAIRE VERTIGE SURDITÉ NAUSÉE VOMISSEMENTS MOUTONS PUCES DOULEUR LOCALE MUSCULAIRE OU ARTICULAIRE AIGUË DOULEUR AU THORAX DÉTRESSE VENTILATOIRE EMPHYSÈME SOUS CUTANÉ COU DE TAUREAU DOULEUR AU THORAX DÉTRESSE VENTILATOIRE VOIX RAUQUE SPUME ROSATRE SYSTÈME NERVEUX PERTE DE SENS VUE OUÏE PAROLE PERTE DE SENS VUE OUÏE PAROLE PARALYSIE D 1 COTE (HÉMIPLÉGIE) PARALYSIE TOTAL (TÉTRA QUADRI) PARALYSIE D 1 COTE (HÉMIPLÉGIE) PARALYSIE TOTALE (TÉTRA QUADRI) PARALYSIE DU TRONC ET MEMBRES INFÉRIEURS (PARAPLEGIE) PARALYSIE D 1 MEMBRE (MONOPLÉGIE) PARALYSIE D 1 MEMBRE (MONOPLÉGIE) TRAITEMENT OXYGÈNE EAU ASPIRINE OXYGÈNE EAU ASPIRINE
FIN