Ensemble d habitations C o l l i n e S a i n t - D e n i s à L a g n y s u r M a r n e Une démarche architecturale à l épreuve du temps Ces maisons furent construites au début de la seconde moitié du XX ème siècle, Colline Saint-Denis, sous forme d opération groupée. Cinquante sept lots environ, se répartissent selon deux ou trois fronts parallèles et concentriques autour d une placette centrale commune, sans doute en point haut du relief, constituant un îlot urbain bien différencié. Les unités d habitations, pour la plupart groupées par deux, constituent une maison-double de plain-pied, dont les qualités restent caractéristiques d une démarche, d une conception et d une production architecturale propre à cette époque. Ces modules allient à un minimalisme des formes, la qualité des matériaux, le dessin et la composition des façades, le soin des détails, l intégration de la nature -le soleil, la végétation- l économie de la construction, la gestion du chantier. Réponse à la fois rationnelle et créative en matière d habitat, ces maisons témoignent avec poésie d une alliance remarquable entre une architecture de murs traditionnels et les principes alors innovants de la construction préfabriquée. Une architecture singulière Principes «remarquables» L implantation dans la parcelle : Pour la plupart ces maisons sont groupées par unité de deux habitations mitoyennes et symétriques. Petite annexe et garage, implantés sur la limite latérale opposée, en retrait de la maison, définissent une petite allée latérale reliant l espace avant et la rue, avec le jardin plus vaste à l arrière. Certaines parcelles de formes particulières -plus étroites ou trapézoïdales- induisent la construction des annexes au cœur du jardin occupant parfois l espace de façon envahissante. e& S E I N E M A R N E P a t r i m o i n r é h a b i l i t a t i o n F I C H E S C O N S E I L S
La volumétrie générale Ces maisons, de plain-pied, présentent une volumétrie géométrique minimaliste, de facture «moderne». La toiture très légèrement inclinée vers l arrière et protégée par l acrotère, apparaît plate en forme de terrasse. Chaque module se développe ainsi selon un principe de parallélépipèdes rythmés par les plans verticaux des murs de pierres meulières. L écriture architecturale d une grande sobriété traduit ici l alliance singulière de la construction traditionnelle et contemporaine. Les éléments de composition architecturale Chaque unité d habitation s organise entre deux murs latéraux de pierres meulières, pignon et refend mitoyen, dont la nature même matérialise leur fonction de structure. Ceux-ci enserrent et soutiennent le volume défini par les façades de parement (principale côté rue et secondaire côté jardin) et recouvert d une simple toiture très légèrement inclinée en appentis, vers l arrière, côté jardin. Côté rue, un espace extérieur ou terrasse s inserre en creux au cœur du module définissant ainsi une petite aile latérale de part et d autre : en correspondance une pergola intégrée à la couverture, restitue l intégrité du volume. Une large baie vitrée, à cinq vantaux, dessinés avec rigueur s ouvre en retrait. A l arrière, côté jardin, la façade présente une composition moins élaborée et sobrement fonctionnelle. Chaque unité reproduit ainsi, selon un même principe d architecture, différents éléments caractéristiques : Maison de plain-pied Volumétrie sobre en appentis couverte d une toiture légère -profilés légers tôle ou similaire- très faiblement inclinée vers le jardin. Murs latéraux -pignon et refend- de pierres meulières apparentes largement jointoyées, ne comportant qu une seule ouverture respectueuse de son intégrité. Un redent en faîte accompagne la déclinaison de la couverture, pour la dissimuler. Pergola intégrée à la couverture protégeant la terrasse et la façade principale de la maison. Espace extérieur s insérant en creux, au centre du module, pour définir une terrasse protégée en façade principale. Façade principale dessinée selon cinq panneaux largement ouverts en retrait sur la petite terrasse de ciment ou de cailloux créant ainsi un espace de transition relativement protégé côté rue. Parements de façades enduits. Teinte légèrement ocrée. Encadrement de baies saillant et blanc cassé plus clair que l enduit et se dessinant avec précision sur le pignon de pierres. Ouvertures plus hautes que larges. Conseil d Architecture, d Urbanisme et de l Environnement de Seine-et-Marne 27, rue du Marché - 77120 COULOMMIERS - Tél. : 01 64 03 30 62 - fax : 01 64 03 61 78 email : caue77@wanadoo.fr Sylvie BOULLEY-DUPARC, architecte - 2012
Ensemble d habitations C o l l i n e S a i n t - D e n i s à L a g n y s u r M a r n e LA RESTAURATION Les façades U n e d é m a r c h e d e p r o j e t Restauration & extension Quelques repères La volumétrie de ces maisons reste l une de leurs caractéristiques fondamentales. De même, la composition de leurs façades, le vocabulaire et les matériaux utilisés signent une démarche architecturale dans laquelle tout ravalement, modification de baies, extension et création de véranda doit s inscrire. Ainsi chaque projet devra être entrepris avec soin, selon certaines règles simples. Il ne s agit pas de figer l ensemble en son état initial mais de conjuguer avec respect, évolution et appropriation «douce» de ce lieu empreint d une qualité architecturale non dénuée de poésie. Les extensions, ainsi que les nouvelles constructions, s inscriront dans la continuité selon une écriture sobre et contemporaine. Les murs latéraux de pierres apparentes : Ces murs pignons délimitent et marquent avec force chaque unité. Ils seront essentiellement maintenus, éventuellement nettoyés ou ragréés selon un appareillage à l identique jointoyé avec enduit à pierre vue. Il est nécessaire, d éviter : Les enduits uniformes de ciment ou de chaux recouvrant entièrement l appareillage La création de baies nouvelles contribuant à affaiblir la nature de cette architecture de mur plein Les annexes accolées à ces murs Les façades principales et secondaires Les différentes façades d une maison respecteront une unité d aspect en correspondance avec l architecture initiale selon les textures et teintes présentes en harmonie avec l environnement. Chaque élément de composition et les matériaux choisis seront mis en oeuvre avec soin et garantiront une bonne tenue dans le temps. L appareillage de meulière des pignons est un élément «remarquable» et pourra être nettoyé et entretenu mais non enduit. Pignon à l appareillage d origine e& S E I N E M A R N E P a t r i m o i n r é h a b i l i t a t i o n Pignon enduit, uniforme et dénaturé F I C H E S C O N S E I L S
Ainsi les enduits, les modénatures et les baies s ordonnancent et se composent selon quelques règles rigoureuses de formes et de proportions qu il s agit d observer selon les façades. Le ravalement : Il semble important de le prendre en compte et de le maintenir. Les choix seront établis au regard de l environnement immédiat, au sein de l ensemble du groupement selon des nuances douces proposées sur la palette de couleurs. Restitution de l enduit uniforme lissé, par ravalement complet, finition ou nettoyage. La couleur est un élément déjà existant à l origine du projet. Les matériaux traditionnels étrangers à l architecture de la maison, comme la brique par exemple, restent à éviter. La palette des enduits uniformes Ces teintes sont proposées à titre indicatif pour orienter le choix subtil de leurs nuances. Les modénatures : Celles-ci soulignent les baies et leurs lignes participent au dessin de chaque façade. Elles seront préservées et leur profil éventuellement restitué à l identique. Les différentes ouvertures : Le dessin et les proportions des ouvertures initiales participent à la géométrie de la façade comme à l architecture de la maison. Ceux-ci seront donc préservés. Les ouvertures nouvelles seront créées selon la composition initiale de chacune des façades. Ainsi le rythme initial de la grande baie vitrée sera maintenu ou restitué par un vitrage divisé en cinq panneaux selon l original. L absence de lignes verticales de grandes baies coulissantes dénature l esprit de la façade. Les menuiseries en serrurerie alu ou éventuellement bois seront choisies pour la finesse de leur montant. Les teintes de gris, gris bleuté, vert et brun apportent une certaine qualité, selon la palette proposée.
La palette des menuiseries Les ouvertures traditionnelles restent étrangères au vocabulaire architectural de la façade. Elles dénaturent le rythme et l originalité de la composition, portant atteinte à l architecture de la maison. Les persiennes métalliques peintes, parfois en bois, d une couleur choisie dans la palette, doivent être conservées, de préférence aux volets traditionnels étrangers au vocabulaire architectural et trop présents dans l ensemble de la maison. Quant aux volets roulant, leur coffret ne restera pas apparent sur la façade. Privilégier une disposition intérieure qui ne modifie pas le dessin et proportions de la baie. La pergola : Celle-ci participe de la perception de composition générale de la façade principale. Elle reste par définition un élément léger. Sa couverture sera étudiée et traitée selon des éléments transparents afin de ne pas l alourdir. Ainsi la tôle ondulée peut être avantageusement remplacée par des bacs transparents nervurés plus plats et longilignes.
Profil de la maison Les toitures Celles-ci respecteront l élévation et la composition des façades comme la géométrie des volumes. Elles resteront de facture sobre, dans la continuité des formes existantes. La toiture initiale légèrement inclinée sera conservée ou restituée en son esprit. Toiture à un pan de faible pente, de facture contemporaine ; elle sera en zinc, bac alu ou acier prélaqué, verre ou cuivre et éventuellement shingle de qualité lorsque la couverture n est pas directement apparente. Brun, gris anthracite ou similaire. Toiture plate intégrée à l acrotère éventuellement végétalisée. Certains éléments rapportés comme l auvent charpenté ne sont pas adaptés ici. Leur écriture traditionnelle reste étrangère à l architecture de la maison. Nota Bene : La transformation complète et radicale des volumétries, par la création d une toiture traditionnelle à deux pans de 35 à 45 efface l architecture comme le style de ces maisons sous une construction «pavillonnaire» d une toute autre essence architecturale. Un tel détournement porte atteinte à la singularité de ce patrimoine comme à «l esprit du lieu». Conseil d Architecture, d Urbanisme et de l Environnement de Seine-et-Marne 27, rue du Marché - 77120 COULOMMIERS - Tél. : 01 64 03 30 62 - fax : 01 64 03 61 78 email : caue77@wanadoo.fr Sylvie BOULLEY-DUPARC, architecte - 2012
LES EXTENSIONS L extension et la fermeture de la pergola : Différentes solutions peuvent être envisagées selon quelques principes de référence proposés ici. Soit une verrière verticale d une écriture sobre et contemporaine (schémas). Celle-ci viendra clore l intégralité de l espace extérieur défini par la pergola : selon une structure métallique fine et légère peinte ou aluminium de couleur à section étroite. La structure gris, gris bleuté ou blanc cassé, respectera le rythme vertical de la baie initiale, soit 5 panneaux. L imposte sera vitrée ou opaque, profilé métal gris, gris bleuté, type bac alu, acier nervuré ou zinc patiné gris. L allège sera vitrée ou opaque, profilé ou maçonnerie avec enduit lisse et clair dans la continuité de la façade existante. Principes de verrière Le rythme initial de la baie détermine la conception de la grande baie verticale comme de la verrière. Soit une véranda traditionnelle transparente et sobre. De moindre hauteur, elle sera conçue pour s inscrire avec cohérence dans la composition de ces façades singulières. La structure fine et légère en acier ou aluminium de teinte claire, gris ou gris bleuté, s adaptera aux dimensions existantes et comportera une toiture vitrée, opaque ou métallique (bac ou zinc). Le bois peut être éventuellement être admis s il répond aux aspects de finesse et de légèreté. Principe de véranda Le rythme vertical de la baie initiale sera également respecté et dessiné selon des panneaux entièrement vitrés sans y apporter de ruptures induites par les impostes ou allèges qui réduisent encore la hauteur totale et alourdissent la composition.
La conception des extensions : Celles-ci seront de préférence créées à l arrière de la maison et peuvent s articuler au volume existant par une liaison souple et transparente, type «véranda» ou pergola. Il reste souhaitable de ne pas les accoler au corps de la maison en façade avant (où seule la véranda reste éventuellement envisageable) ainsi que sur les côtés latéraux. Ces extensions seront traitées dans la continuité de la maison existante, ou associées à celle-ci par une articulation plus légère de gabarit similaire. Quelques schémas de principe Articulation légère La hauteur des constructions nouvelles ne pourra excéder 3,90 m au sommet de l acrotère soit la hauteur maximum des bâtiments à l origine du projet de lotissement. La hauteur totale des annexes isolées ne pourra excéder 3,50m. Profil de base
Le choix des matériaux respectera la nature initiale des enduits et appareillage de pierres. Les appareillages de briques sont ainsi étrangers à l architecture présente et ne s insèrent pas dans une continuité. Les enduits traités à l identique de l existant s associeront à des appareillages de pierre de même nature que ceux des murs pignons et selon la palette annexée. Légende Bâti existant Limite de secteur Extension possible de type 1 Extension possible annexes PLU de Lagny sur Marne Secteur UGh Echelle 1/1000 ème Les constructions nouvelles s implanteront dans les zones d implantation définies au schéma graphique annexé en fin du règlement de la zone du PLU de Lagny sur Marne.
Le jardin Les clôtures : Elles dessinent l espace de la rue et s inscrivent dans une continuité de hauteur, de lignes, de matériaux et de couleurs qu il s agit de respecter. Chaque élément reste essentiel : piliers, murets, portails, matériaux et couleur. Chaque jardin est en correspondance intime avec la maison comme avec l espace public. Piliers de pierres meulières apparentes «largement jointoyées» à l identique des murs pignons : les appareillages de pierres «étrangers» restent à éviter. Muret de soubassement enduit ou de pierres meulière, selon sa hauteur, surmonté d une simple grille ou d un grillage. Portail métallique peint de couleur foncée, vert foncé ou noir dont le dessin traduira celui des portails d origines. Haie vive ou champêtre, taillée ou libre en limite de propriété. L ensemble -matériau, couleurs, végétal- sera maintenu avec soin, nettoyé, éventuellement ragréé ou restitué selon état La conception de la clôture comme son entretien respectera l esprit du lieu. Le végétal : Il participe également à la qualité du cheminement urbain. Différents éléments forts marquent le «paysage» de la parcelle dans son environnement : la pergola, le jardin, les haies de clôtures. Le choix des essences végétales sera ainsi envisagé avec soin selon l ambiance du lieu, pour leurs hauteurs persistances et couleur au cours des saisons. Leur entretien reste primordial. Nota Bene : Observer, comprendre la démarche architecturale singulière à l origine des ses maisons comme du quartier permettent de bien intégrer la qualité essentielle de ce patrimoine pour l inscrire dans un processus «d évolution douce». Ainsi la mise en valeur de chacune des unités, reste un atout pour le propriétaire comme pour la collectivité.