Cancers de la cavité buccale

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Cancers de la cavité buccale Journées d Oncologie Chirurgicale Samedi 13 avril 2013 Docteurs J.Candau, P.Laur, B.Lhopez, L.Prié

Mme F.. Marie-Thérèse, patiente de 68 ans SF : Douleur à la déglutition, gêne alimentaire évoluant depuis deux mois et latéralisée à gauche au niveau de la cavité buccale.

Contexte général +++ Antécédents : varices, HTA, hystérectomie Poids : moins 5 kg sur deux mois. Etat général: CV2 Habitudes : tabac 35 paquets/an, sevrage? : non

Contexte socio-économique +++ Vit seule à 42 km de Px Autonome Enfants à proximité à 2 km

Examiner Bon éclairage +++ Douceur Patience

Lésion tumorale bourgeonnante et hémorragique située au niveau du plancher buccal latéral gauche classée T2

Recherche d adénopathies cervicales On retrouve une adénopathie sous-maxillaire gauche SECTEUR IB mobile d un cm de diamètre, et une adénopathie SECTEUR IIA d un cm de diamètre. c est un stade N2 Une échographie cervicale précise, site par site, est demandée

Bilan d extension Panendoscopie VADS sous AG avec oesophagoscopie Biopsies multiples Extension locale et os (OPG, TDM) deuxième localisation TDM thorax abdomen (-)

Résumé de la situation clinique carcinome épidermoide moyennement différencié du plancher buccal G stade T2 N2 MO

Réunion multidisciplinaire RCP VADS à J10 En présence de Mme F. et des ses deux fils, Le radiothérapeute, le chirurgien, le radiologue, l anatomopathologiste, le médecin nucléaire. Décision proposée : CHIRURGIE d exérèse T et N et reconstruction puis RADIOTHERAPIE Possibilités dès à présent : De rencontrer la psycho-oncologue de l établissement d organiser une convalescence dans une structure de suites avec la responsable de service

Etat dentaire Consultation stomatologique Collaboration avec dentiste Information+++ Ne conserver que les dents saines Conditions et délais d extractions Gouttières fluorées

Préparation stomatologique Avulsions dentaires préventives du maxillaire inf Caries, plombages, 8, mandibule postérieure Bonne cicatrisation muqueuse et osseuse avant irradiation

Préparation au traitement Préparation dentaire Renutrition orale (aliments polycaloriques) avant intervention Mise en place de la gastrostomie +++ Pas de trachéotomie

Pelvi-glosso-mandibulectomienon interruptrice avec curage ganglionnaire et réparation par lambeau NG INT

Per-opératoire Exérèse plancher+baguette osseuse+face ventrale de langue Curage gg fonctionnel gauche Lambeau NG Bonne vitalité du greffon en fin d intervention. Durée: 4 h Suites immédiates en réanimation avec neurosédation 24h, alimentation gastro à J1.

Résultats histologiques Carcinome épidermoide peu différencié de 35 mm Berges saines R0 N IB 1/8 RC- IIA 2/10 RC- pt2 N2B

Post-opératoire Pansements cervicaux quotidiens Bains de bouche bicarbonatés Bonne vitalité du greffon Alimentation orale moulinée à J10 Transfert à J17 en convalescence à Belvès

Radiothérapie Complémentaire RTE préventive : diminuer le risque de récidive locale et ganglionnaire 50 Gy (25 séances, 5j/7, 5 semaines) Cavité buccale + aires ganglionnaires cervico-susclaviculaires bilat. Masque de contention (immobilisation + marquage) «abaisse langue + bouchon»

Effets secondaires et leur prise en charge épithélite : éosine aqueuse, pas de Biafine pendant RTE mucite -> dysphagie -> amaigrissement : prévention par bains de bouche (bicar. Fungizone) traitement : Sucralfate, Xylocaïne visqueuse traitement antalgique associé Alimentation par gastrostomie dysphonie, dysgueusie

Séquelles de la RTE hyposialie : substitut par salive artificielle, eau hypofluorose : utilisation des gouttières de fluoration (fluocaril bifluoré 2000) risque d ostéo-nécrose mandibulaire prévention par remise en état dentaire avant RTE

Recommandations de suivi postthérapeutique des carcinomes des VADS Examen clinique à 4 semaines de la fin du traitement. Puis examen clinique avec endoscopie VADS tous les deux mois la première année, trimestriel les deux années suivantes, puis semestriel et enfin annuel pendant 10 ans Suivi stomatologique, mesures hygièno-diététiques Biologie: aucun marqueur tumoral sérique fiable

Résultats à trois mois

Résultats à trois ans

En quelques mots Diagnostic facile Faire ouvrir une bouche IRM pour les zones profondes Prise en charge multidisciplinaire

..FIN.