L ERGONOMIE & MANUTENTION

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L ERGONOMIE & MANUTENTION 1 L ERGONOMIE L ergonomie est une discipline qui étudie l adaptation de l homme à son milieu de travail. Dans le domaine sanitaire et social, il est indispensable de prendre en compte les difficultés ressenties par l équipe de soins et celles des patients afin d améliorer les pratiques professionnelles et la qualité des prises en charge. Le champ d action de l ergonomie pour le personnel des établissements de soins consiste à réduire la pénibilité au travail et préserver ainsi la santé des intervenants. Les risques les plus fréquemment répertoriés sont liés aux activités physiques, les manutentions répétées de charges lourdes, de matériel et de personnes, ainsi que les contraintes posturales lors des activités d aide aux patients. Les risques liés aux contraintes mentales sont aussi très présents. Ce sont les charges émotionnelles en rapport avec la maladie, le handicap, la souffrance, la mort et l attachement envers les personnes. Ce peut être aussi le climat tendu entre les collègues, avec les supérieurs et l entourage familial. Les risques liés aux contraintes organisationnelles, la surcharge de travail, le remplacement du personnel absent, les horaires décalés, sont aussi source de pénibilité. Ces situations de travail exposent principalement aux risques de troubles musculo-squelettiques (TMS). 2 POURQUOI APPRENDRE LA MANUTENTION? Pour la personne aidée/le patient Pour participer à sa rééducation locomotrice, et, permettre ainsi la restauration de son autonomie Pour éviter son appréhension d âtre mobilisé provoquant un sentiment d insécurité pouvant conduire à l immobilisme. Pour éviter une aggravation de son état initial Pour le soignant Pour éviter de la fatigue, des couleurs, des accidents musculaires et osseux pouvant entraîner de l inconfort et de l absentéisme. Pour réduire la lourdeur du travail Pour acquérir et maîtriser des techniques de manutention adaptées, réfléchies, douces et sécurisantes. Pour établir une communication entre la personne aidée/le patient et le soignant en créant ainsi un climat de confiance. 3 LES PRINCIPES DE BASE Favoriser l autonomie La préservation de l autonomie du bénéficiaire d aides et de soins ne profite pas seulement à la personne concernée mais également au soignant. La fréquence et la pénibilité de la manipulation ou manutention des personnes augmentent avec le degré de dépendance. Différents facteurs peuvent être responsables d une perte d autonomie : les facteurs liés au vieillissement ; les maladies et les médicaments ; un alitement prolongé ; les problèmes d afférentation (problèmes de vision, d audition, de sensibilité) ; les chutes ; les facteurs psychologiques ; les causes sociales (habitat, entourage) ; toute prise en charge excessive par l entourage associée à une absence de stimulation de la personne. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 1

Ce dernier point implique une évaluation de la perte d autonomie avant la prise en charge du patient et une réévaluation régulière. Quatre niveaux d intervention peuvent être déterminés (Stëftung Hëllef Doheem, 2004) : 1 - laisser faire : le patient fait lui-même ce qu il sait faire 2 - faire faire : le patient doit être stimulé ou guidé 3 - faire avec : le patient nécessite de l aide lors de certains actes 4 - faire pour : le patient ne sait plus faire, il faut le faire à sa place Chaque geste que le patient fait lui-même rend le travail du soignant moins pénible même si cela prend plus de temps. On essaiera de maintenir les capacités motrices des personnes. Rechercher la collaboration entre soignants : le travail en équipe et l organisation des soins L état du patient va déterminer le choix et le type de technique utilisée. Si deux soignants sont nécessaires pour des raisons de gabarit et/ou de passivité du patient (avec une absence d aides techniques temporaires ou non), il est important que l équipe réponde à ce besoin. Pour assurer, alors, un transfert de manière adaptée et non «comme on peut», une réflexion sur l organisation des soins est opportune. Cette collaboration entre soignants peut prendre diverses formes : Soutien émotionnel : écouter les affects, les difficultés de ses collègues dans la prise en charge des patients. Soutien informationnel : l importance de transmettre les éléments sur le patient, les données sur l organisation et de ne pas laisser ses collègues dans l incertitude. Soutien matériel : partager les aides à la manutention. Soutien organisationnel : apporter une aide pour la réalisation d une tâche par exemple lors d un transfert. Toutes ces formes de soutien et de coopération entre vous, soignants, jouent un rôle dans la protection de votre dos. LA MANUTENTION EST UNE ACTIVITE DE SOIN COMPLEXE Elle doit tenir compte : Du patient : de ses capacités motrices et mentales, des prescriptions médicales : interdictions particulières en fonction de la pathologie et/ou d une intervention. Du soignant : de ses capacités physiques propres Des conditions de travail : environnement du patient, aides techniques, appareillages Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 2

NOTION ANATOMIQUE 1 LE SYSTEME LOCOMOTEUR C est un ensemble complexe formé d os et d articulations (squelette) sur lesquels sont attachés les muscles. Les contractions de ces derniers provoquent les mouvements des articulations. 1.1 Le squelette L ensemble des os constitue le squelette (200 os). Le squelette présente 3 fonctions essentielles : Maintenir la stabilité du corps Protéger les organes vitaux (cœur, poumons, systèmes nerveux) Fabriquer les cellules du sang. La colonne vertébrale Constitué : Vertèbres cervicales (C1 à C7 Vertèbres dorsales (D1 à D12 Vertèbres lombaires (L1 à L5) Sacrum (S1 à S5) Coccyx La tête Les membres supérieurs : - la ceinture scapulaire (clavicule, omoplate) - le bras - l avant-bras - la main Les membres inférieurs : - la ceinture pelvienne (sacrum en arrière, les deux os iliaques latéralement et en avant) - la cuisse - la jambe - le pied Une colonne vertébrale, nous n en avons qu une. PRESERVONS-LÀ! 1.2 Les articulations On appelle articulation l union de deux ou plusieurs pièces osseuses ou cartilagineuses. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 3

Etude d une articulation mobile En général constituée : - Des surfaces articulaires des os qui sont en contact. Chaque surface est recouverte d un cartilage (lisse et poli) ; - D une capsule : c est le moyen d union d articulation, elle a la forme d un manchon fibreux et s insère sur les extrémités osseuses ; - De ligaments : formés soit du prolongement des tendons musculaires, soit de l épaississement de la capsule (rôle de renforcement de celle-ci) ; - D une synoviale, mince membrane transparente qui tapisse l intérieur de la capsule et limite ainsi la cavité articulaire. Elle est remplie par la synovie, liquide qui facilite le glissement des surfaces articulaire ; - Parfois de ménisques, petits cartilages faisant office d amortisseurs (genou) 1.3 Les muscles Le corps humain comporte plus de 620 muscles et constitue environ 42 % du poids chez l homme et 33 % chez la femme. Les muscles permettent les mouvements des différentes parties du corps. Ils sont fixés aux os par des «bandelettes» très solides, les tendons. A gaine synoviale, remplie de liquide synovial, entoure le tendon, le protégeant ainsi des frottements et des frictions. 2 PATHOLOGIES ET LESIONS DES OS, MUSCLES ET ARTICULATIONS Une atteinte pathologique ou traumatique des os, des articulations ou des muscles peuvent affecter toute personne quel que soit son âge. Ces atteintes résultent d un choc direct ou indirect, d une chute ou d un faux mouvement, d un accident de travail Il existe également des maladies qui donnent une fragilité des os qui peuvent se fracturer par des chocs ou lors de mouvements même minimes. 2.1 Les atteintes des os : fractures Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 4

2.2 Les atteintes des articulations L arthrose L arthrose est provoquée par une usure prématurée du cartilage de l articulation qui peut aller jusqu à disparaître totalement. Cette dégénérescence cartilagineuse se caractérise par trois lésions : - Atteinte de l os, qui se décalcifie (ostéoporose) - Atteinte du cartilage, qui se fissure et se détache - Formations d excroissances osseuses en forme de «becs de perroquet» Les principales causes de l arthrose : - Les contraintes physiques - Le port de charge inadéquat - L âge, le poids, les antécédents familiaux - Certaines maladies - Des gestes répétitifs ou des postures prolongées et inadaptées L arthrite L arthrite est une inflammation au niveau d une articulation ou de ses composantes. Encore appelée rhumatisme ou arthrite rhumatoïde, cette maladie inflammatoire peut toucher une ou plusieurs articulations Les principaux signes de l arthrite : - Douleur au repos qui diminue en bougeant - Gonflement de l articulation - Rougissement de l articulation - Douleur dans les articulations le matin L ostéoporose L ostéoporose est une atteinte du capital osseux qui se fatigue et se détruit. Elle peut avoir différentes origines comme l âge, la ménopause, les facteurs génétiques mais également l alimentation ou certaines maladies. Les luxations L articulation est déboîtée et les 2extrémités des os ne sont plus au contact l une de l autre. Ce déplacement s accompagne le plus souvent d une lésion voire d une déchirure des ligaments qui entouraient et maintenaient l articulation. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 5

Les entorses Lorsqu un ou plusieurs ligaments d une articulation s étirent ou se déchirent suite à un mouvement forcé de celle-ci, on parle d entorse. Les ligaments, dans l accident, peuvent entraîner avec eux un morceau d os. C est l arrachement osseux. Il existe deux types d entorse : - L entorse bénigne qui guérit spontanément sans séquelle - L entorse grave qui nécessite une prise en charge médicale et parfois chirurgicale et qui laisser des séquelles. 2.3 Les atteintes des muscles Les courbatures Ce sont des douleurs musculaires diffuses apparaissant le lendemain ou le surlendemain de l effort intense et prolongé. Elles sont dues à une accumulation de toxines sur un ou des muscles mal préparés, donc mal irrigués. Les contractures Ce sont des identiques aux courbatures mais survenant pendant le travail ; entraînant l arrêt de celui-ci. Les causes sont les mêmes que les courbatures Les crampes Ce sont des rétractions brutales et temporaires des muscles. Les crampes sont très douloureuses et entraînent l arrêt immédiat de l activité. Elles sont dues à une activité physique trop importante quand l effort demandé est intense et prolongé. Un gestes technique défectueux, un matériel mal adapté ou une mauvaise hydratation peuvent favoriser l apparition de crampes. Les élongations Le tissu du muscle a subi une désorganisation de ses fibres, sans rupture de celles-ci. Il n existe pas d œdème ou d hémorragie. Le muscle est sensible, mais la douleur cesse au repos. Les claquages Le claquage est une rupture musculaire partielle, une partie des fibres du tissu du muscle est rompue, entraînant une hémorragie, accompagnée d un œdème. Il est dû à un étirement brutal du muscle, associé ou non à un traumatisme direct. La douleur est vive et brutale, comme un «coup de poignard», l activité musculaire devient impossible. Un point douloureux est perçu à l endroit de la rupture. Les déchirures La déchirure est une véritable «fracture du muscle». Il se rompt et se rassemble en boule à une de ses extrémités, entraînant hémorragie et hématome. La personne ressent la même chose qu avec le claquage. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 6

2.4 Les atteintes des tendons Le tendon est une structure fibreuse, de couleur blanche, qui relie le muscle à l os. Chaque fois qu un muscle est sollicité, les tendons travaillent. S il y a une sur-sollicitation du muscle (travail répétitif, postures prolongées, forcement ), il peut y avoir une inflammation du tendon, surutilisé. L âge, le poids, les postures contraignantes mais aussi l hyper utilisation des articulations favorisent l inflammation du tendon et le passage à la chronicité. Les pathologies par catégories Tendinite : inflammation du tendon Ténosynovite : inflammation de la gaine synoviale et du tendon Bursite/hygroma : inflammation des bourses séreuses Syndrome canalaire : inflammation d un tendon qui comprime un nerf. 3 LA COLONNE VERTEBRALE 3.1 Les constituants de la colonne vertébrale Elle est formée d un assemblage de 32 à 34 os appelés vertèbres. C est la poudre maîtresse qui relie la tête, les supérieurs et inférieurs. Elle est l axe principal de notre corps. Elle supporte la tâte dans sa partie supérieure puis la ceinture scapulaire (épaules et membres supérieurs) et enfin le bassin et les membres inférieurs. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 7

Les vertèbres Chaque vertèbre se compose d une partie massive : le corps vertébral, en arrière duquel se trouve un arc osseux qui délimite un orifice circulaire : le trou vertébral. La superposition des trous vertébraux forme le canal rachidien dans lequel se situe la moelle épinière. Source : INRS En arrière de l arc neural on trouve l apophyse épineuse dont l ensemble constitue l épine dorsale. Les vertèbres sont articulées entre elles grâce aux apophyses articulaires, aux disques vertébraux. L assemblage d une vertèbre par rapport à l autre laisse latéralement deux orifices : les trous de conjugaison à l intérieur desquels passent les fibres nerveuses provenant de la moelle épinière. A chaque trou de conjugaison correspondent des nerfs qui innervent des parties déterminées de notre corps. Le disque intervertébral : coussinet amortisseur Entre chaque vertèbre se trouve un disque intervertébral. Lorsqu une pression s exerce sur la colonne vertébrale elle est transmise d une vertèbre à l autre par le disque intervertébral. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 8

3.2 Les rôles et particularités du disque intervertébral amortir les chocs : le disque amortit et absorbe les différentes variations de pression Permettre les mouvements : se pencher, s étendre, se tourner sont autant de gestes rendus possibles par l élasticité du noyau 3.3 Les possibilités de la colonne vertébrale L articulation d une vertèbre par rapport à l autre est de type semi-mobile. Certains mouvements sont limités dans leur amplitude : flexion arrière, flexion latérale, rotation. Source : INRS Les mouvements de flexion avant sont peu limités, sauf dans la région du dos par les côtes. Les mouvements de rotation de la tête sont de grande amplitude grâce à la forme particulière des deux premières vertèbres cervicales : l Atlas et l Axis. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 9

4 LES ACCIDANTS DE LA COLONNE VERTEBRALE Le comportement du disque inter vertébral dans les mouvements de la colonne vertébrale Dans le mouvement de flexion vers l avant, c est l essentiellement la région lombaire qui subit les déformations et les pressions discales les plus importantes. La répartition de mouvements imposant au disque intervertébral des efforts anormaux (mouvements de flexion de grande amplitude, mouvements de rotation) conduira à court, moyen ou long terme à une détérioration du disque intervertébral. C est l accident discal. Les accidents de la colonne vertébrale Le lumbago aigu : Seuls les nerfs sensitifs sont irrités et provoquent le blocage musculaire. La sciatique : La déformation créée par le noyau chassé vers l arrière est plus importante et vient toucher le nerf sciatique, provoquant une vive douleur qui descend dans la jambe. La hernie discale : Il y a distension de l enveloppe périphérique du disque intervertébral ou rupture des dernières couches de l anneau et une partie du noyau fait irruption hors de l anneau : c est l hernie discale. Le tassement discal : C est le stade le plus grave de la détérioration discale. L enveloppe du noyau éclate et la substance gélatineuse se répand dans l anneau fibreux, le disque se tasse, entraînant un rapprochement des vertèbres. Ce rapprochement peut amener le pincement des nerfs passant par les trous de conjugaison et le frottement des plateaux vertébraux l un contre l autre : il y a risque de formation de becs de perroquet. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 10

5 LES TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES (TMS) Localisation des TMS des membres supérieurs Les causes sont essentiellement dues à un travail excessif de la main, mais aussi à des mouvements de préhension répétés, prolongés ou inadaptés. Les affections péri-articulaires (tendinites, ténosynovites) provoquées par certains gestes et postures de travail. Localisation : épaule, coude, poignet, genou, cheville, pied. 6 LES PRINCIPAUX FACTEURS DE RISQUE BIOMECANIQUES - Les postures extrêmes - La répétitivité ou le maintien prolongé de certaines positions - L effort Le comportement du disque inter vertébral dans les mouvements de la - La flexion en avant (dos rond) Le tronc se porte vers l avant et la colonne vertébrale s arrondit : Le disque se pince à l avant Les pressions sur le disque ne sont plus subies que par la partie antérieure du disque La pression sur les disques intervertébraux est augmentée. Pour une personne de 60 kg, elle passe de 40 kg en position debout à environ 40 kg dans cette position courbe vers l avant (6 fois plus importante). L augmentation de la pression sur les disques intervertébraux trouve son explication dans le mécanisme physique des bras de levier. Les ligaments postérieurs et la partie postérieure du disque sont soumis à un étirement. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 11

La charge à manipuler Bien évidemment, plus la charge est lourde, plus le risque de se faire mal au dos est grand. De plus, si la charge est instable, plus la posture à adopter sera changeante et augmentera les chances d accident discal. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 12

NOTION DE PREVENTION 1 NOTIONS D EQUILIBRE Tout objet, toute personne est soumis à la gravité terrestre. Pour tenir en équilibre, chaque objet ou personne possède deux constantes : - Le centre de gravité - Le polygone de stabilité 2 LES REGLES D OR 2.1 Evaluer la situation C est évaluer le patient En tenant compte des différents éléments, vous pourrez retenir un mode de procéder et proposez, alors, le besoin d une aide d un collègue. Suivant le degré de participation de la personne, il existe trois modes d action : Le mode passif : il n y a aucune participation du patient (par exemple une personne dans le coma). Le mode contrôlé : le patient ne possède que des réactions de soutien du cou et du tronc et ne peut pas aider pour le déplacement. Le mode aidé : la personne participe activement au déplacement dans la mesure de ses possibilités. Le patient est votre principal partenaire lors des déplacements, il est important de savoir jusqu à quel point il peut vous faciliter la tâche, pour son bien et pour le vôtre, vous devez le faire participer à 100% de ses capacités. C est évaluer l environnement dans lequel se trouve le patient Avant le déplacement de la personne : il est nécessaire de vérifier que vous disposez de suffisamment d espace pour effectuer la manoeuvre, de placer (si possible) le lit à une hauteur adéquate et de vérifier qu aucun matériel, entre autre, de soin ne peut entraver le déplacement. Pour le travail avec chaise, fauteuil, il est important d immobiliser ceux-ci, d en vérifier la stabilité et de les orienter selon le déplacement à effectuer. Il est également important d examiner si l état du sol (dégagé, sec et sans dénivelé) est satisfaisant. Enfin, il faut rechercher s il existe des aides techniques adaptées à la situation à laquelle vous êtes confrontés. Pendant le déplacement de la personne : La surveillance doit continuer (par ex. : la perfusion suit-elle?...). 2.2 Garder le dos selon ses courbures naturelles Lorsque toutes les parties du corps se trouvent sur la ligne de charge (ligne passant par le milieu de la tête, du cou, du thorax et de l abdomen), la posture est équilibrée. En cas de déficience, pour garder l équilibre, un effort exagéré est imposé aux muscles, ligaments et articulations. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 13

2.3 Etre campé au sol La stabilité est indispensable dans toutes les mobilisations pour votre sécurité comme pour celle du patient. Vous êtes en équilibre quand la projection de votre centre de gravité (point un peu en dessous du nombril) se situe dans la zone contenant tous les points par lesquels votre corps repose sur le sol. 2.4 Veiller à l orientation et à la mobilité des pieds Il est indispensable de vous orienter en fonction du déplacement du patient pour éviter au maximum les flexions - rotations de la colonne vertébrale. Les déplacements des pieds ou les pivots pour effectuer les changements de direction permettent de ne pas créer des forces en cisaillement au niveau du disque. 2.5 Se rapprocher du patient Plus vous vous en approchez, plus la pression sur les disques vertébraux essentiellement lombaires est réduite. C est pourquoi, il faut que vous placiez vos hanches contre le lit lors des mobilisations. 2.6 Travailler avec les jambes La flexion - extension des jambes ou le transfert du poids du corps de l une vers l autre permet la mobilisation de la personne avec une moindre participation vertébrale. 2.7 Assurer une bonne prise Une bonne prise doit garantir la sécurité et un contact relationnel avec le patient. La sécurité : la prise doit être ferme et toujours sur une surface osseuse solide (par ex. l ischion). Le contact par l intermédiaire du toucher, doit rester une forme de langage, un vecteur de communication. Il concerne à la fois le patient et vous, soignant. Il peut vous donner, si vous êtes à l écoute, des précieux renseignements. Pour ce faire, les saisies doivent être les plus douces possibles en évitant l agrippement avec les mains en pince et en privilégiant plutôt les cuillères. Enfin, il faut garder à l esprit que le toucher doit être respectueux de la douleur qu il peut provoquer, des convictions religieuses ou ethniques mais également de la pudeur de la personne déplacée. 2.8 Conduite à tenir Pour le travail à 2 Il doit y avoir un temps de préparation. Chaque participant à la mobilisation se positionne. Le soignant coordinateur décrit, commente la «manoeuvre» à réaliser au patient mais aussi aux autres soignants : le sens du déplacement, le parcours C est également à ce moment que le coordinateur explique les commandements qu il va utiliser. Pour l exécution, le coordinateur donnera un commandement net, précis et d une voix assez forte afin de permettre une bonne synchronisation des gestes. Il est préférable de travailler avec une personne de corpulence et de taille relativement semblable. Lorsque le patient s agrippe En effet, même une faible traction peut engendrer des lésions. 2.9 Considérer la personne en tant qu être humain, la relation soignant/soigné à travers les gestes. La rencontre de deux personnes un soignant Soigner, c est s occuper d une personne, veiller à son bien-être. Habiller, lever, laver, c est au travers des gestes que le soignant prend soin Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 14

un soigné Malade, client, patient, on peut utiliser diverses terminologies pour parler de la personne dont on prend soin Ce soigné, ce corps, que l on manipule est une personne qui a mal et qui est mal, une personne qui peut se sentir diminuée, affaiblie. par les gestes C est par le geste, le toucher que le soignant rencontre le soigné. Ces gestes peuvent être ressentis comme un geste qui peut faire mal ou au contraire un acte de douceur. Les types de relation soignant - soigné Le soignant peut entrer en relation avec le soigné de différentes façons : par une relation sociale de civilité, qui permet de rentrer ou de garder contact avec le soigné. Ce type d échange convivial permet de créer un climat de confiance (c est parler de la pluie et du beau temps). par une relation fonctionnelle, c est dans ce type de relation que le soignant recueille des informations sur l état et les besoins du soigné. par une relation d aide, l écoute et l attitude empathiques (attitude compréhensive sans empreinte d évaluation ou de jugement) de la part du soignant permettent d apporter le réconfort au soigné. «Manutentionner» une personne C est par l adoption de certaines postures et gestes de manutention que le soignant protège son dos. En impliquant le patient dans la manutention, le soignant stimule ses capacités ; il s agit de solliciter au maximum ses possibilités de mouvements pour qu il retrouve une certaine autonomie. 3 LES GESTES DE BASE DE PROTECTION DU DOS 1. La flexion du tronc à partir des hanches En conservant les courbures naturelles du dos, il s agit de réaliser une flexion au niveau des hanches. Ce mouvement permet de maintenir un certain parallélisme entre les plateaux vertébraux. En effet, dans certaines situations, la flexion des genoux ne suffit pas ou ne constitue pas la solution la plus appropriée. 2. L appui antérieur Ce geste consiste à poser une main (ou un coude) sur un support (par exemple le lit) situé en avant du tronc et d y prendre appui. L utilisation d un appui antérieur permet de réduire la force développée par les muscles paravertébraux. 3. La fente avant arrière Les jambes sont écartées d avant en arrière, l une fléchie, l autre tendue. La jambe qui est fléchie donne le nom à la fente. 4. Les fentes latérales Les jambes sont écartées latéralement de gauche à droite, un genou est fléchi et l autre est tendu. Lors des mobilisations, le poids du corps passe d une jambe à l autre (l attitude s inverse) et permet de faire translater la charge, le patient. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 15

5. La banquette de base Les jambes sont écartées latéralement et en flexion de telle sorte qu une des deux cuisses au moins soit horizontale et serve de support. Par extension des membres inférieurs, elle permet de soulever. en utilisant son poids du corps comme contrepoids En effectuant une banquette plus ou moins prononcée et en tenant le patient, le poids du corps est utilisé pour déplacer le patient. Le passage du poids du corps d une jambe à l autre permet de faire avancer ou reculer 6. L haltérophile Attitude du soignant campé bas sur ses membres inférieurs fléchis et suffisamment écartés, talons au sol. Dos plat aussi proche que possible de la verticale, avec prises manuelles près du sol, coudes tendus 4 LE VOCABULAIRE DES TERMES TECHNIQUES 1. Vocabulaire utilisé pour le mode d action Passif : le malade est inerte ou dans l impossibilité de participer à l action (soit incapacité, soit parce que l effort nécessaire lui est médicalement interdit) On est en présence d une personne inopérante Contrôlé : le patient a un minimum de réactions de soutien. Cette capacité concernera toujours la tête et le cou. On est en présence d une personne chez qui se manifestera éventuellement une coopération réflexe ou automatique. Le patient comprend ce qu on lui demande Aidé : le patient peut participer activement à l action, mais il n a pas encore suffisamment de force ou d habileté pour être autonome. On est en présence d une personne coopérante. La préoccupation du soignant est de ne pas contrecarrer l activité du patient. Son rôle est surtout d assurer la sécurité de la personne aidée. 2. Vocabulaire utilisé concernant la personne soignée Actif : Côté ou membre (inférieur ou supérieur) du patient capable d agir Inactif : côté ou membre (inférieur ou supérieur) du patient incapable d agir, mais n étant pas particulièrement vulnérable. A protéger : côté ou membre (inférieur ou supérieur) du patient particulièrement fragile ou douloureux. Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 16

EDUCATION GESTUELLE SPECIFIQUE 1 MISE EN PRATIQUE : AVEC ET SANS MATERIEL REDRESSEMENTS/ABAISSEMENTS PIVOTEMENTS REHAUSSEMENTS TRANSLATIONS TRANSFERTS RELEVEMENTS MARCHE Auteur : Sonia FEUILLATRE /2014 17

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