Finance et performance des jeunes viticulteurs : les conséquences pour l installation

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Finance et performance des jeunes viticulteurs : Julien Cadot, ISG Paris 1 Introduction A un moment ou un autre, le candidat à l installation en viticulture doit se poser la question du revenu qu il va pouvoir obtenir de son exploitation et la question du financement de son projet. Ces deux questions sont intimement liées. D une part, les bénéfices futurs déterminent la capacité de financement. D autre part, un financement équilibré détermine le revenu futur de l entrepreneur. Dans cette contribution, nous considérons d abord les conséquences de l intensité capitalistique de la viticulture par rapport à une PME «classique», puis précisons l analyse en distinguant trois structures d exploitation : les coopérateurs, les exploitations qui vendent principalement en vrac (les vracqueurs) et les domaines commercialisant en bouteilles. Les données empiriques proviennent de notre thèse de doctorat réalisée au sein de l UMR MOISA portant sur le financement de l installation en viticulture (données financières de 2005 pour un échantillon de 272 installations réalisées entre 1998 et 2003). 2 Les défis d une trésorerie structurellement faible S installer en viticulture nécessite des investissements conséquents, à la fois par rapport au chiffre d affaires mais aussi par rapport aux apports du viticulteur. Même si le banquier, a priori, finance environ 70% des investissements, 30% des deux ou trois centaines de milliers d euros à investir doivent être financés par des apports du jeune viticulteur pour rendre le projet possible. Par rapport à un bilan de PME «classique» le fond de roulement de l entreprise (la différence entre les ressources financières durables et les actifs stables) est structurellement faible pendant une période relativement longue. Durant de longues années, la capacité d autofinancement est dévolue à l investissement en actif stable et à une rémunération a minima du jeune viticulteur. La constitution d un fond de roulement prend donc du temps. Par conséquent, la trésorerie des jeunes viticulteurs va se réduire à la portion congrue alors qu elle est essentielle pour se rémunérer et faire face aux aléas naturels (chute des rendements ) ou économiques (chute des prix). Voir figure 1 ci-après.

Figure 1. Le bilan de l exploitation viticole post-installation, relativement à celui de la PME «classique» (Source : auteur) Une trésorerie structurellement faible constitue un premier frein à l installation. Les acteurs de l installation ont apporté différentes réponses qui toutes méritent d être approfondies ou étendues. Nous pouvons en identifier quatre : - la plus évidente et la plus difficile, une augmentation des apports financiers par des capitaux externes, ce que certains viticulteurs obtiennent par la constitution de groupements fonciers viticoles. Les avantages fiscaux associés à ce type d investissement devraient permettre d aller plus loin dans cette direction, en généralisant des pratiques pour l instant limitées aux appellations prestigieuses. - La mise en place de financement à long terme du besoin en fond de roulement par les banques partenaires et éventuellement l éligibilité de ces financements à la bonification (les montants des prêts bonifiés destinés à renforcer le fond de roulement restent faibles quand ils existent) - Le financement à court terme des trous d air dans la trésorerie par les banques. Cette solution n est viable que s il existe une relation forte entre le banquier et l entrepreneur faite de confiance et de discipline. Les principales contraintes à cela résident dans le coût du monitoring bancaire (efforts de collecte d information et d analyse par les chargés d affaires). Celui-ci peut être bien supérieur au Produit Net Bancaire généré par la relation entre le banquier et le viticulteur, de sorte que ce peut être mis en place pour les exploitations les plus importantes mais certainement pas pour les «petits viticulteurs» Il faut également considérer le problème d aléa moral : la sécurisation des «trous d air» ne doit pas amoindrir les efforts du viticulteur pour les éviter. - Un accompagnement sur mesure du banquier, qui adapte les termes du financement à la capacité des entrepreneurs. La part de financement bancaire de long terme peut augmenter avec les preuves d une bonne gestion du jeune viticulteur, de sorte que les projets avec les meilleurs potentiels de réussite

obtiennent les financements nécessaires à leur développement 1. La part de l autofinancement que l entrepreneur peut utiliser pour se rémunérer augmente. De la même façon que précédemment, cette solution est contrainte par le coût du monitoring bancaire. Dans les quatre cas, le jeune viticulteur doit pouvoir démontrer la «durabilité» économique de son exploitation à ses partenaires financiers. Il s agit de respecter un équilibre entre rentabilité (pour s assurer que le résultat est supérieur au coût des financements), solvabilité (l assurance pour les créanciers de retrouver leur investissement de départ en cas de liquidation) et liquidité (la capacité à faire face à ses échéances à court terme). 3 Les caractéristiques financières et les freins à l installation par structures d exploitation Les paramètres financiers des exploitations viticoles diffèrent largement selon les structures d exploitation - les coopérateurs, les producteurs de vin vrac et les domaines qui commercialisent en bouteilles. Afin d avoir une idée du revenu potentiel des jeunes viticulteurs, nous ramenons le Résultat Courant Avant Impôt au nombre de travailleurs à plein temps sur l exploitation. Selon cette approche, le revenu moyen serait un peu supérieur à 23 000 euros, ce que confirment les statistiques agricoles (Delord, 2011). Nos données font apparaître un revenu potentiel nettement supérieur pour les jeunes viticulteurs qui commercialisent essentiellement en bouteilles (voir tableau 1). Ces chiffres expliqueraient en partie l augmentation du nombre de «domaines commercialisant», +15,5%, quand le nombre d exploitation viticole diminue de 19,5% sur la période 1998-2005 (Traversac et al, 2007). Tableau 1. Comptes de résultat simplifiés par configuration (Source : Cadot (2008)) Si le résultat courant avant impôt est un indicateur de revenu pour les exploitations qui ont atteint leur rythme de croisière, la trésorerie est un meilleur indicateur de revenu pour les jeunes viticulteurs car elle prend en compte les investissements à réaliser et les modalités du financement de l installation. De ce point de vue, l intégration avale présente deux inconvénients majeurs : la vinification et la mise en bouteilles impliquent des investissements importants dans les bâtiments et le matériel de vinification. Elles impliquent en outre une forte augmentation des stocks et des créances clients, c est à dire du besoin en fonds de roulement. Aussi, les trésoreries nettes (différence entre fond de roulement et besoin en fond de roulement) sont nettement négatives pour les embouteilleurs et pour les vracqueurs alors que les viticulteurs coopérateurs, avec une trésorerie positive, ne présentent que peu de risques financiers à court terme (voir figure 2). Par conséquent, 1 Cadot (2008, 2013) montre que la disponibilité du crédit ex post est déterminante dans le revenu des entrepreneurs qui bénéficient d un accompagnement bancaire comportant du monitoring.

les vracqueurs et les embouteilleurs dépendent fortement du financement bancaire à court terme. Un financement risqué car potentiellement non renouvelé en cas de coup dur, du côté de l entreprise comme du côté de la banque. La détérioration des conditions du crédit aux entreprises suite à la crise financière de 2008 le démontre. Figure 2. Financement de la trésorerie par configuration Dans cette figure, la trésorerie (FR - BFR) apparaît en bleu. Les modes de financement à court terme de la trésorerie apparaissent en rouge (crédit à court terme type crédit de campagne ) et en jaune (découvert et ouverture de crédit ). Source : Cadot (2008) L analyse du revenu des viticulteurs, par les résultats d une part et par la trésorerie d autre part positionnent les coopérateurs et les embouteilleurs sur deux équilibres opposés : une rentabilité faible mais un revenu immédiatement disponible et peu de risque financier du fait d une trésorerie favorable pour les coopérateurs ; pour les embouteilleurs, une rentabilité forte qui se traduit par des revenus attractifs à long terme! Les vracqueurs se situent entre les deux, avec un résultat par main d œuvre faible, plutôt proche de celle des coopérateurs, et une trésorerie négative, comparable à celle des embouteilleurs. Ils se distinguent par une solvabilité forte, avec un taux d endettement sur capitaux propres inférieur à 60% contre près de 75% pour les coopérateurs et les embouteilleurs. Ce qui rend possible leur accompagnement financier par la banque, qui peut financer les «trous d air» sans prendre des risques inconsidérés, maintenant ainsi à flot ces exploitations. Ainsi, les caractéristiques financières des exploitations qui produisent du vin «vrac» sont celles qui posent le plus de contraintes à l installation. D une part, la faiblesse des trésoreries au moment de l installation promet des débuts difficiles en termes de revenus, qui seront à peine compensés par les revenus dégagés à long terme, quand l exploitation aura atteint son rythme de croisière. D autre part, ces projets d installation nécessitent des capitaux propres plus importants pour sécuriser le financement bancaire. Ces résultats expliqueraient en partie la chute du nombre d exploitations qui vendent en vrac : -38% entre 1988 et 2000 contre -22% pour les coopérateurs et + 15% pour les domaines commercialisant (Traversac et al, 2007). Reste à déterminer la pertinence stratégique de ce type d exploitation et leur insertion dans la filière.

4 Conclusions et recommandations En résumé, l analyse suggère (i) (ii) (iii) que les risques financiers sont maîtrisés pour les jeunes viticulteurs s engageant dans la coopération. Cependant, le revenu doit être amélioré sur le long terme, ce qui dépend fortement des choix stratégiques des coopératives. Le modèle des exploitations qui vendent du vrac est en forte diminution. Les conditions de la pérennité du modèle doivent être pensées par le négoce en concertation avec les banques. Des partenariats pour faciliter les conditions d escompte peuvent être envisagés. Si leur maintien revêt une importance stratégique pour l ensemble de la filière, il serait alors nécessaire de réévaluer les termes du partage de la valeur créée, la rentabilité obtenue ne compensant sans doute pas les risques pris par ces entrepreneurs. Les domaines commercialisant font face aux mêmes difficultés que nombre de PME. Les mécanismes de soutien «classique» aux PME (garanties pour le financement à long terme du BFR, aide à l export ) doivent leur être ouverts en rappelant que si les chiffres d affaires peuvent paraître faibles par rapport aux PME d autres secteurs, la part de la valeur ajoutée y est considérable. Sans compter la valeur créée pour le territoire : tourisme, complémentarité avec les autres filières agroalimentaires, etc Notre analyse met également en valeur le rôle de l accompagnement bancaire. De notre point de vue, la banque doit pouvoir déterminer le type d accompagnement envisagé, avec ou sans monitoring et éventuellement repenser la répartition des risques et du monitoring au niveau de la filière dans son ensemble. L essentiel est de pouvoir réduire les incertitudes des jeunes viticulteurs sur leurs capacités d investissements et leurs revenus futurs afin de maintenir les bases d une création de valeur durable. 5 Bibliographie [1] Delord B. (2011). «Faits et chiffres : La forte dispersion des revenus dans la viticulture française» Economie rurale, n 324, juillet-août 2011, pp. 60-70. [2] Cadot J. (2008). «L asymétrie d information entre la banque et l entrepreneur, proposition d un modèle adaptatif ; le cas de l installation en viticulture» Thèse de doctorat, UMR MOISA, Université Montpellier 2, 277 p. [3] Traversac J.B., Aubert M., Laporte J.P. et Perrier-Cornet P. (2007) «Deux décennies d évolution des structures de la viticulture française» Chapitre supplémentaire (web) in Bacchus 2008, sous la direction de Couderc J.P., Hanin H., d Hauteville F. et Montaigne E., Dunod 2007, 32 p.