ENJEUX ET DYNAMIQUES DES CIRCUITS ALIMENTAIRES DE PROXIMITÉ REGARDS CROISÉS EN NORD-PAS DE CALAIS 1
INTRODUCTION...3 UNE METHODE ORIGINALE D IDENTIFICATION ET D ANALYSE DES ENJEUX...4 Les différentes formes de circuits courts identifiés...4 Localisation des journées d échanges...5 Des hypothèses de départ aux hypothèses confirmées...5 Des projets dans lesquels les dimensions du développement durable sont complètement intégrées...5 DE LA FOURCHE A LA FOURCHETTE QUI FAIT QUOI...6 3 métiers pour une activité : «produire, transformer et vendre»...6 Les collectivités, un nouvel acteur dans le développement des circuits alimentaires de proximité...6 Deux projets accompagnés par les collectivités...6 Le biocabas : un projet abouti de structuration de l offre...7 «J AI VOULU VIVRE UNE AVENTURE HUMAINE»...7 Tisser des liens...8 Soutenir l économie locale...8 Portrait d un agriculteur heureux...8 Partage d expérience : les Naturelles du Haut Pays...8 TOUCHER LES 4 MILLIONS DE CONSOMMATEURS EN REGION NORD-PAS DE CALAIS...9 Associer la diversité des consommateurs au déploiement des circuits alimentaires de proximité...9 La GMS, un acteur dans la structuration des filières courtes...9 TRANSMETTRE SON ACTIVITE...10 CONCLUSION : LES ENJEUX DES CIRCUITS ALIMENTAIRES DE PROXIMITE A LA LUMIERE DU DEVELOPPEMENT DURABLE...10 Les pistes de travail identifiées et à creuser...11 Pour aller plus loin...11! Le groupe de travail a choisi de mettre en place une méthode inductive qui s appuie sur la rencontre d anciens porteurs de projets aujourd hui en activité. Au fil des rencontres, le groupe a été frappé par la dimension singulière des projets. La liste des enjeux repérés n est donc pas exhaustive. Elle permet cependant de donner un premier aperçu des enjeux globaux les plus récurrents. 2
En Nord-Pas de Calais les circuits alimentaires de proximité (CAP) concernent près de 2300 exploitations. Cette pratique traditionnelle en région est en partie liée à l existence d un bassin de 4 millions de consommateurs (Agreste Nord- Pas de Calais, Novembre 2011). Historiquement et culturellement, trois formes de vente en circuits courts ont toujours dominé au niveau régional : les points de vente à la ferme, les pratiques de porte à porte et les marchés. Depuis une trentaine d années, on constate une évolution des CAP caractérisée par l essor de formes dites innovantes telles que les points de vente collectifs, les ventes par paniers, les ventes avec un intermédiaire...par ailleurs les CAP intéressent aujourd hui de nouveaux acteurs comme les collectivités territoriales, les artisans, les commerçants de proximité, les restaurateurs Ils permettent de répondre à la demande des consommateurs et de satisfaire une clientèle, plus soucieuse de la qualité de son alimentation. Que recherchent donc les producteurs qui s investissent dans les CAP? Quelles sont les motivations de ces nouveaux acteurs qui bouleversent les schémas traditionnels de gouvernance alimentaire? Quels sont les enjeux liés au développement des formes innovantes de CAP? C est dans le cadre du Réseau Rural et Périurbain Nord-Pas de Calais, copiloté par la DRAAF et le Conseil régional que la Chambre d agriculture a souhaité animer un groupe de travail régional sur les CAP. La méthode se veut simple et expérimentale. Elle éloigne les techniciens des tables de réunion et les invite à se rendre sur les exploitations afin d échanger avec les porteurs de projet... A ce jour, neuf rencontres, réparties sur l ensemble du territoire régional nous ont permis d identifier les enjeux de développement des CAP au travers des regards croisés de différents acteurs économiques. Ce document de synthèse a pour ambition de retranscrire le plus fidèlement possible les apports d une année de rencontres et d échanges en région Nord-Pas de Calais! Circuits courts, vous avez dit circuits courts? Le circuit court est un «mode de commercialisation des produits agricoles qui s exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte à condition qu il n y ait qu un seul intermédiaire» (Ministère de l Alimentation, de l Agriculture et de la pêche, avril 2010) Du circuit court au circuit alimentaire de proximité, il n y a qu un pas! En Nord-Pas de Calais, le Réseau Rural et Périurbain privilégie l utilisation du terme «Circuit Alimentaire de Proximité» qui introduit une dimension géographique supplémentaire : le local. Les CAP - plus que les circuits courts - sont donc intimement liés à leur territoire de pratique. 3
UNE METHODE ORIGINALE D IDENTIFICATION ET D ANALYSE DES ENJEUX : La méthode d animation de l action est remarquable pour son originalité. En effet, la volonté de la Chambre d agriculture a été d éloigner les techniciens des tables de réunion. Six journées ont été organisées durant lesquelles les techniciens du groupe de travail ont été invités à se rendre sur les exploitations et les lieux de vente afin d échanger sur les aspects concrets des différentes démarches, directement avec les porteurs de projets. Motivations, difficultés rencontrées, points de réussite, évolution des projets, et développement durable ont été les clés d entrée. Chaque membre du groupe a d ailleurs pu recenser les informations l ayant interpellé et exprimer son avis sur les différents points abordés lors des visites via un même support développé spécifiquement pour ces rencontres qui fut en quelque sorte le fil conducteur ( le support de visite est disponible sur le site internet du Réseau Rural régional, rubrique «vie du réseau» : http://www.reseaurural. fr/files/contenus/4865/support_de_visite.pdf ). Cette rencontre fut également, pour le porteur de projet, une manière d obtenir un regard extérieur sur l activité développée. A l heure du midi, place à la convivialité par la dégustation d un repas à base de produits locaux et, dans la mesure du possible, en lien avec le projet mis à l honneur tout au long de la journée. L après-midi, chaque visite a pu être enrichie par des débats plus techniques, où les partenaires ont partagé leurs connaissances et leurs visions avec les autres membres du groupe. Cette méthode a permis en un an d identifier les enjeux globaux du développement des CAP en Nord-Pas de Calais et de décloisonner les relations entre tous les acteurs volontaire, par l échange et la découverte des métiers de chaque structure impliquée dans les filières courtes de commercialisation. LES DIFFÉRENTES FORMES DE CIRCUITS COURTS IDENTIFIÉS Vente directe du producteur au consommateur En individuel En collectif Collectif prod./conso. - Point de vente à la ferme - Ferme auberge - Marché de plein-vent - Marché paysan - Point de vente collectif - Vente par paniers - Association de producteurs - AMAP et Panier Vente avec un intermédiaire En individuel - GMS - Entreprise de transformation et conserverie - Collectivité (cantines ) - Artisans - Commerçants de proximité - Restaurateurs En collectif - Achat-revente - Groupement pour restauration - Intermédiaire associatif - Intermédiaire coopératif NB : les formes apparaissant en grisé correspondent aux types de circuits courts identifiés mais n ayant pas fait l objet d une visite et d un approfondissement par le groupe de travail. 4
LOCALISATION DES JOURNEES D ECHANGES MISE EN PLACE DANS LA CADRE DU GROUPE MULTIPARTENARIAL SUR LES ENJEUX mises DESen CAP place dans le cadre du groupe multipartenarial sur les enjeux des circuits alimentaires de proximité Dunkerque 1 : Ferme auberge du Pré Molaine et point de vente directe à la Ferme!"#"$%&'()"*"+%",-&.-/"0112'3%425"6-1"7&268'9-8&1"-5":'%&7-";1'%89 <"#"=-1">32'%?%1/"'227)&%4@-"A2&%?32 B"#"C2359"6-"D-59-"E2++-'4,"=%"E%(89-"F-&.3G&H"#"I59&268'425"6-1"7&268391"+2'%8J"-5"K&%56-"18&,%'-"L"08'(%5"'M8&" d Artois N"#"0112'3%425"6-1"7&268'9-8&1"6-1":-79"D%++)-1"-9"68"$259&-83++231/" 72359"6-"@-59-"63&-'9-"*"+%"F-&.-"68">231"6O;1K&%5K-/"-9":0P="=-1"A%98&-++-1"68"Q%89"C%R1"S9&%51,2&.%425"-9"'251-&@-&3-"6-"7&268391"31181"6-" l agriculture locale) Calais Saint-Omer Boulogne-Sur-Mer Lille 3 6 Béthune 2 Montreuil Lens 1 4 Douai Valenciennes 5 Arras Légende: Pôles urbains (grands et moyens) Couronne des grands et moyens pôles Petits pôles et sa couronne Cambrai Avesnes-sur-Helpe Communes multipolarisées Communes isolées hors influence des pôles Projets étudiés 20,00 0 Données cartographiques : PPIGE - BDcarto - IGN 2010 - www.ppige-npdc.fr Retrouvez les statistiques agricoles sur www.agreste.agriculture.gouv.fr DRAAF Nord - Pas de Calais / SRISE / VG / 18.11.2011 Source : INSEE - Zonage des aires urbaines 2010 kilomètres!"#$%&'($$()*")$%+%,-%,(.*#'(%/(%,-%.-'*(%0#(%121(%$3%4%,($%&'-50#($%()%678%)-3$$()*%/9#)(%:",")*;%/(%/3:('$3<.-5")%=>%,-%,".-,3$-5")%?;"?'-&@30#(%/($%(a&,"3*-5")$%(*%/($%&"3)*$%/(%:()*(%';$#,*(%/9#)(%$*'-*;?3(%/9()*'(&'3$(b%c)%$93)$*-,,(%,+%"d%3,%e%-%#)%1-'.@;% +%/;:(,"&&('%(*F"#%/($%.")$"11-*(#'$%/;G+%&';$()*$B%H)%(I(*>%,-%'()*-J3,3*;%/(%,9-.5:3*;%/;:(,"&&;(%($*%&'31"'/3-,(%(*%.")$5*#(%,9"JG(.5K%&'(13('%/($%&"'*(#'$%/(%&'"G(*$%3):($5$%/-)$%/($%/;1-'.@($%()%678B Des projets dans lesquels les dimensions du développement durable sont complètement intégrées : parcourue par les produits». (Réseau Rural et Périurbain NordPas de Calais, 2010) Sur le terrain, les différents échanges ont tendance à montrer la transversalité des enjeux, bien que ceux d ordre environnemental, n ont pas été clairement énoncés par les acteurs rencontrés. Cependant tout se passe comme si cette dimension environnementale était inhérente au projet car généralement intégrée au sein des pratiques de l exploitation (ex : choix du mode de production agricole, respect de la saisonnalité, gestion réfléchie des transports ). Dans une réflexion globale, les CAP contribuent donc à améliorer la qualité environnementale des productions alimentaires.!"#$%&'()%*#"#$+"$+,'-.)$-/0$)%,1-23/"#$ 4(56.1,"#$7 Au sein de ce groupe d échange du Réseau Rural et Périurbain Nord-Pas de Calais, le développement durable est à la fois une hypothèse et une porte d entrée pour analyser les enjeux liés au développement des CAP en région. Le groupe partait donc avec l idée que «ces formes de commercialisation se sont développées localement pour répondre principalement à quatre types d enjeux : - économique afin d assurer une viabilité économique aux exploitations agricoles ; - territoriaux afin de valoriser les ressources locales, en particulier les productions agricoles ; - sociétaux afin de créer ou renforcer les liens sociaux et de solidarité entre les producteurs et les consommateurs ; - environnementaux notamment afin de réduite la distance 5 Au commencement, le groupe avait pré-identifié une série d enjeux propres aux CAP : développement durable, débouchés, formes de commercialisation, pratiques commerciales, prix, revenu, qualité de vie, innovation, règlementation, main d oeuvre, lien social producteurconsommateur, transparence, qualité, labels, installation, transmission, foncier, démarches collectives, rôle des collectivités, logistique. A l issue des six journées de rencontres, certaines de ces hypothèses ont été confirmées, d autres ne sont pas ressorties et des nouvelles thématiques sont apparues : dimension collective, dimension économique, lien social, marché, pilotage de projet, pratiques commerciales, produits et qualité, réglementation, réseaux, stratégie d entreprise, territoire, transmission, travail et main-d œuvre. Nous constatons que le développement durable n est pas ressorti comme un enjeu en tant que tel. La notion de développement durable permet en fait d englober l ensemble des enjeux cités ci-dessus.
DE LA FOURCHE A LA FOURCHETTE QUI FAIT QUOI? Les CAP ont bouleversé les schémas traditionnels de gouvernance alimentaire. Il y a certes moins d intermédiaires, mais la question des CAP aiguise l intérêt d une multitude d acteurs. Dans le secret de nos assiettes, il y a à la fois une dimension politico-économique et une dimension technico-pratique (qui produit? quels produits? comment? qui transforme? qui vend? où? et pour qui?) Dans ses dimensions techniques et pratiques, les CAP s articulent autour du triptyque «produire, transformer, vendre». Dans certains cas, ce sont les agriculteurs qui assurent ces trois métiers. Il y a, à ce moment là, un besoin de main-d œuvre qui se traduit à l échelle d une exploitation soit par le retour de l épouse et/ou l arrivée des enfants en âge de travailler soit par l arrivée de salariés agricoles. Que ce soit en individuel ou en collectif, les problèmes de main-d œuvre sont récurrents car l entreprise n a pas forcément la capacité financière d embaucher des personnes supplémentaires, ou parce qu elle ne trouve pas de main-d œuvre pour des productions spécifiques (maraîchage, aviculture ). Si la production est clairement identifiée comme le giron des Un nouvel acteur dans le développement des circuits alimentaires de proximité : Deux projets accompagnés par des collectivités Les marchés des producteurs en Scarpe-Escaut promouvoir et de vendre leurs produits. - faire découvrir le territoire du Pnr, ses produits et ses fermes. grâce à la bonne entente et l engagement de chacun. Les prairies! agriculteurs, les activités de transformation et de vente peuvent être assurées par d autres acteurs appelés les «intermédiaires économiques». Ce sont généralement des artisans des métiers de bouche (bouchers, charcutiers, boulangers, pâtissiers, chocolatiers et restaurateurs), des entreprises de transformation, des coopératives, ou des commerçants détaillants (commerçants de proximité, GMS, etc.). Les rencontres avec Stéphane Catrice, directeur d Auchan Arras, le chef de cuisine du collège Verlaine de St-Nicolas-lez-Arras, ou encore Edmond Henguelle, directeur des Naturelles des Hauts Pays ont montré que les projets d introduction de produits locaux sont en grande partie motivés par des convictions personnelles. A l échelle des intermédiaires économiques, les enjeux sont de pouvoir : - structurer une offre de qualité répondant à une demande identifiée ; - adapter les pratiques professionnelles existantes (transformation de produits bruts, communication ) ; - organiser une logistique et gestion réfléchie des transports ; le tout dans une optique de rentabilité de l activité développée. Au cours des visites et des récits, nous constatons qu en vingt ans le rôle des collectivités locales par rapport à la situation agricole de leur territoire a évolué. En effet, il y a encore quelques années les agriculteurs souhaitant faire de la vente en circuit court étaient considérés comme des précurseurs et n ont pas toujours été soutenus par les élus locaux. Actuellement, les collectivités souhaitent affirmer leur rôle dans la préservation des espaces agricoles et dans la structuration des CAP à l échelle de leur territoire en assistant techniquement les porteurs de projets dans le montage, la concrétisation et le suivi du projet, en termes de structuration de l offre à l échelle du territoire, communication, mise en réseau... Le degré d implication est spécifique à la collectivité. Il dépend de nombreuses caractéristiques du territoire, de ses compétences, et de la volonté des élus de s investir sur la thématique. L intervention de la collectivité territoriale est d autant plus pertinente qu elle agit en complémentarité des organismes consulaires associatifs et privés qui ont une connaissance technique pointue des acteurs et des projets qu elles accompagnent au quotidien. Elle apporte donc une dimension territoriale nouvelle à des projets qui participent de fait à la vitalisation des territoires et à l économie locale. Il faut cependant distinguer les collectivités de «projet» tels que les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale, les Pays ou encore les Parcs naturels régionaux, des collectivités territoriales telles que le Conseil régional et les Conseils généraux qui participent via des programmes de financements à la structuration des CAP. La Cahute Fermière adhérents, Antoine Willefert, alors stagiaire à la Chambre d agriculture, réalise une étude de marché et démontre 2 où les agriculteurs vendraient leurs produits fermiers. Une synergie à l échelle locale se crée alors. Les agriculteurs prennent contact avec le lycée professionnel le plus proche et désormais élargir leurs débouchés en travaillant avec les 6
Le biocabas : un projet abouti de structuration de l offre livrés dans la Métropole Lilloise au sens large, ce qui nécessite A la base du projet : les agriculteurs! produits issus de l agriculture biologique ou en conversion par des producteurs même qui livrent leurs produits à la paniers : Les paniers sont préparés et livrés par un partenariat avec l organisme lillois et de saison. Cependant les mois où la gamme de produits est moins riche, des pomelos ou des oranges peuvent agrémenter les cabas. Il s agit de d éviter la lassitude. Une fois préparés, les Biocabas sont livrés en points relais. Il organiser les tournées, gérer les stocks et les surplus, assurer via une feuille les producteurs et les consommateurs, assurer la maintenance du site Internet, entretenir le réseau avec les points groupe a souligné le dynamisme des toutes les dimensions du travail à une structure complémentaire, de proposer une gamme variée de Tisser des liens C est avec ces mots qu Antoine Willefert, producteur sur Dourges ces paysans doivent avoir de façon innée une âme commerciale Soutenir l économie locale Pour les intermédiaires économiques, qui ont la charge de la de soutenir l économie locale et de valoriser les ressources du Créquy. souhaitent garder le lien avec les autres agriculteurs. C est le cas la ren- - 7
Portrait d un agriculteur heureux! il recherche le contact avec le consommateur et une certaine Un besoin de communiquer plus fort que tout! notamment avec le retour des enfants sur la ferme, car il repose sur la A l avenir : Partage d expérience : les Naturelles du Haut Pays M. Henguelle, créateur Créquy, est un militant du soutenir et de développer l économie locale avec et ses handicaps (bassin une maîtrise de toutes les étapes de la traçabilité depuis produits. valeurs que les siennes, à l origine de la réussite de son 8
TOUCHER LES 4 MILLIONS DE CONSOMMATEURS La relation producteurs-consommateurs est centrale dans la mise en place des CAP. Si aujourd hui, nous connaissons mieux les motivations et les difficultés rencontrées par les agriculteurs dans la mise en place d un CAP, nous ne possédons que très peu d informations sur les consommateurs. Plusieurs enquêtes montrent cependant que la GMS et les hard discounters restent les lieux principaux d achats alimentaires (70%) bien souvent par habitude et commodité (INRA, 2010). Par ailleurs, en dépit d une hausse ressentie du coût des produits alimentaires, la part de la dépense alimentaire des ménages n a que très légèrement augmentée depuis 1990 (Agreste, 2011). Selon une enquête réalisée par le CREDOC en 2011, on constate depuis 2008 une baisse de l intérêt des garanties écologiques sur les produits au profit de la localité régionale des produits. Développer la consommation de proximité semble être un axe de développement à prioriser pour les agriculteurs, cadres et professions intermédiaires présentant des revenus aisés. La consommation de produits locaux est souvent assimilée à une alimentation «plaisir», présentant une certaine qualité gustative. Pour les revenus les plus faibles (inférieur à 1000 /mois), l alimentation est avant tout une nécessité et la variable «prix» est importante. Pour rappel, notre région est caractérisée par une forte présence de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (18,5 % en 2009 en région contre 13,5 % en France métropolitaine, INSEE 2009). Or, un des frein à la consommation de produits en circuit court reste le prix. Associer la diversité des consommateurs au déploiement des circuits alimentaires de proximité les modes de vente avec intermédiaire sont complémentaires à produits. Cependant, ces formes de circuits courts nécessitent d agriculture a mis en place la chartre Circuit Court. A l aval de la chaîne, il faut pouvoir rendre les produits accessibles à Avec un réel poids économique et avec les - - consommateurs la viande porcine obtenue - de reverser une plus value d environ 1,5 9 des aliments de base. Finalement, sieurs entreprises régionales : ments, - et le groupe Auchan pour assurer la distri- Ce dernier a suivi le groupe de producteurs dans sa démarche, créant ainsi un climat naires. A l heure des premiers bilans les vo- par semaine en période de pointe). Prochai- d être un véritable moteur dans la structu- - - sur sa place au sein des CAP et notamment - les consommateurs.
du partage est posée et les capacités de développement de envies entre le cédant et le ou les repreneur(s), d une part parce que les personnalités ne sont pas les mêmes, et d autre part parce Mais trouver une personne avec les mêmes valeurs qui souhaite groupe et on s interroge davantage sur sa pérennité propre que tout comme la capacité à s adapter au marché et la capacité à innover. EN CONCLUSION Les enjeux des circuits alimentaires de proximité à la lumière du développement durable - Élaborer une stratégie de développement de l activité (évaluer la demande, connaître le marché, communiquer ) - Garantir la rentabilité de l activité et soutenir l économie locale - Dynamiser l exploitation - Créer de l emploi Économiques Sociaux - Créer du lien social entre les producteurs et les consommateurs - Créer de la solidarité entre les producteurs et sortir de l isolement - Expliquer aux consommateurs les métiers d agriculteur et les modes de production - Créer de l emploi - Travailler en réseau - Transmettre l activité Environnementaux - Respecter la saisonnalité - Réfléchir à une gestion intelligente et durable des transports - Monter des projets territorialisés - Placer la relation producteurs-consommateurs au cœur des projets - Décloisonner les relations entre les acteurs - Accompagner techniquement les porteurs de projets dans leurs démarches Gouvernance 10
Travailler davantage avec les intermédiaires leur diversité - S assurer de la durabilité des projets pour éviter que les CAP ne soient une niche économique et un phénomène de mode @ Pour aller plus loin : services du Conseil régional retraçant la méthode d approche pensée par la Chambre d agriculture 11
Ce document a été rédigé et mis en forme par les services de la - - ayant reçu l ensemble du groupe et la Chambre d agriculture de ré- leur accueil, leur dynamisme et la richesse de leur témoignage au Action 1 Mutualisation et diffusion des guides et des outils pour le porteur de projet Action 3 Animation d un groupe de travail multi-partenarial sur les enjeux - 12