Tumeurs endocrines digestives: actualités récentes

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Transcription:

Tumeurs endocrines digestives: actualités récentes Dr Mathilde Deblock Réunion des oncologues lorrains 12.04.2011 1/26

Epidémiologie Tumeurs endocrines sont rares c-à-dire : incidence annuelle < 3/100 000 En France, nombre de nouveaux cas estimé à :1200 / an Répartition: 70%: tumeurs digestives 20-25%: tumeurs bronchiques et thymiques 5-10%: paragangliomes et cancers médullaires de la thyroïde 2/26

Epidémiologie SEER 1973-2004 Yao, JCO 2008; 20: 3063-3072 3/26

Epidémiologie SEER 1973-2004 Yao, JCO 2008; 20: 3063-3072 4/26

Survie Survie aussi variable selon le primitif, localisé/métastatique SEER 1973-2004 Yao, JCO 2008; 20: 3063-3072 5/26

Survie Yao, JCO 2008; 20: 3063-3072 6/26

Classification anatomopathologique Beaucoup de confusion possible avec: Différentes nomenclatures Différences selon l organe, le grade, le stade Notion de bénignité et malignité frontière incertaine 7/26

Classification anatomopathologique 3 critères de classification: La différenciation morphologique: Peu différencié: malin Bien différencié: malin ou bénin? La recherche de signes objectifs de malignité: Métastases, invasion locale Le recherche de signes prédictifs de malignité: Taille, index mitotique, index de prolifération KI67, angioinvasion, engainements périnerveux, Sd fonctionnel clinique (sauf insulinome) Issu du cours du Pr Scoazec, Prise en charge des tumeurs rares, EFEC juin 2010 8/26

Classification anatomopathologique Classification OMS 2000 des TED 9/26

Classification anatomopathologique ENETS Index mitotique et index de prolifération KI67 Classification ENETS 2007 Rindi, Virschows Arch 2007; 451: 757-762 10/26

Classification anatomopathologique Classification OMS 2010 Souhait d obtenir à terme une classification unique quelque soit l organe en terme de: - Nomenclature - Grade - Stade - Eviter les catégories uncertain behaviour 7th edition AJCC Cancer Staging Atlas 11/26

Classification anatomopathologique Classification OMS 2010 / nomenclature Endocrine ou Neuroendocrine? That is the question Caractéristiques épithéliales et neuronales donc utiliser le terme neuroendocrine Tumour ou Neoplasm ou Carcinoma? Tumour et Carcinoma : reconnus en Europe et USA Neoplasm synonyme de Tumour Klimstra, NANETS Guidelines, Pancreas 2010;6: 707-712 Bosman, WHO Classification of Tumours of the Digestive System. Lyon, France: IARC 12/26

Classification anatomopathologique ENETS Classification OMS 2010 / grade Klimstra, NANETS Guidelines, Pancreas 2010;6: 707-712 13/26

Classification anatomopathologique Transition des classifications OMS WHO 1980 WHO 2000 WHO 2010 I Carcinoid II Mucocarcinoid III Mixed forms carcinoidadenocarcinoma IV Pseudotumour lesions 1. Well-differentiated endocrine tumour (WDET) 2. Well-differentiated endocrine carcinoma (WDEC) 3. Poorly differentiated endocrine carcinoma/ small cell carcinoma (PDEC) 4. Mixed exocrine-endocrine carcinoma (MEEC) 5 Tumour-like lesions (TLL) 1. NET G1 2. NET G2 3. NEC G3 (large cell or small cell type) 4. Mixed adenoneuroendocrine carcinoma (MANEC) 5. Hyperplastic and preneoplastic lesions Bosman, WHO Classification of Tumours of the Digestive System. Lyon, France: IARC 14/26

Avancées thérapeutiques récentes 15/26

Analogues de la somatostatine - Action démontrée pour le contrôle du Sd carcinoïde. - 2009 : Etude PROMID : action anti-tumorale TE bien différenciées de l intestin. Tous naïfs de ttt médical antérieur. Etude prospective randomisée en double aveugle Octreotide LAR vs placebo n: 85 Sd carcinoïde chez seulement 1/3 des patients 16/26

Analogues de la somatostatine Etude PROMID Stabilité tumorale après 6 mois de traitement Median TTP Octrotide LAR 66.7% 14.3 mois Placebo 37.2% 6 mois HR: 0.34 [0.20-0.59] Efficacité reconnue pour les TE digestives bien différenciées, fonctionnelles ou non. Rinke, JCO 2009; 27(28): 4656-63 17/26

Analogues de la somatostatine : Etude PROMID TTP OS Rinke, JCO 2009; 27(28): 4656-63 18/26

Sunitinib Etude de phase III n : 171 Carcinome neuroendocrine bien différencié d origine pancréatique, avancé et en progression dans les 12 mois précédents. Etude randomisée en double aveugle, sutent vs placebo. Sutent : 37.5 mg/ j en continu Etude arrêtée prématurément / supériorité du bras sutent. Raymond, NEJM 2011; 364: 501-513 19/26

Sunitinib Median PFS: 11.4 vs 5.5 mois Raymond, NEJM 2011; 364: 501-513 20/26

Sunitinib Raymond, NEJM 2011; 364: 501-513 21/26

Everolimus RADIANT 1 Etude de phase II. Carcinome neuroendocrine du pancréas, bien ou modérément différencié, avancé ou métastatique. Evérolimus 10 mg/jour avec ou sans octréotide. Median PFS: 9.7 (sans octréotide) vs 16.7 mois (avec octréotide) Yao, JCO 2010; 28(1): 69-76 22/26

Everolimus RADIANT 3 Etude de phase III. Carcinome neuroendocrine du pancréas, bien ou modérément différencié, avancé ou métastatique. n : 410 Evérolimus 10 mg/jour vs placebo Yao, NEJM 2011; 364 (6): 514-523 23/26

Everolimus Yao, NEJM 2011; 364 (6): 514-523 24/26

Everolimus RADIANT 2 Etude de phase III. Carcinome neuroendocrine digestif avancé. Evérolimus + sandostatine LAR vs placebo + sandostatine LAR Résultats en attente. 25/26

A venir Nombreux essais en cours avec nombreuses molécules: Pasiréotide Association chimiothérapie (témozolomide, capécitabine?) Association chimiothérapie + thérapie ciblée PRRT Ne pas oublier que la chirurgie reste le traitement à favoriser en premier +++ 26/26