VIVRE DANS UN LOGEMENT BASSE CONSOMMATION D ENERGIE Une approche socio-éco-technique ANNEXE 3 RETOUR D EXPERIENCE DE LA RESIDENCE PORTE de FRANCE (CITE DES CHEMINOTS) (Forbach, Moselle) IMMOBILIERE DES CHEMINS DE FER Résidence «Porte de France» à Forbach (57), certifié Qualitel BBC Effinergie, pour ICF NORD-EST SA D HLM, architecte maître d œuvre Atelier Freiberg, photo ICF Claire-Lise Havet Jean Carassus, économiste, Ecole des Ponts ParisTech Damien Janvier, ingénieur Tribu Energie Chantal Laumonier, sociologue Bernard Sesolis, ingénieur conseil, pour Tribu Energie Août 2013 1
Sommaire 1/ SYNTHESE page 3 2/ L OPERATION, LES CONSOMMATIONS CONVENTIONNELLES, LES COUTS, LE FINANCEMENT page 8 3/ LE VECU ET LE COMPORTEMENT DES HABITANTS, LE CONFORT MESURÉ page 13 4/ LES CONSOMMATIONS REELLES, LE COUT DES CONSOMMATIONS ET DE LA MAINTENANCE page 29 5/ L ANALYSE DES ECARTS ENTRE CONSOMMATIONS CONVENTIONNELLES ET CONSOMMATIONS REELLES page 36 6/ANNEXES A/Méthode d évaluation des consommations réelles de chauffage page 39 B/Les données relevées page 40 C/La qualité de l air intérieur page 42 2
1/ SYNTHESE La méthodologie choisie pour l étude commanditée par CERQUAL, sur le retour d expérience de 6 opérations de logements labellisées BBC Effinergie, est une approche socio-écotechnique, visant à articuler les dimensions sociologique (plusieurs entretiens avec 3 ménages de la résidence), technique (mesure des consommations et du confort, analyse technique) et économique (coût des consommations, coûts d investissement et de maintenance). La présente annexe porte sur le retour d expérience de la Résidence Porte de France (Cité des Cheminots à Forbach) en Moselle, une opération de 23 maisons individuelles groupées BBC, livrée en juin 2010, réalisée et gérée par l Immobilière des Chemins de Fer. Il s agit de la première opération BBC réalisée par Immobilière des Chemins de Fer Nord-Est. C est une opération avec murs de façade en ossature bois isolée avec de la laine de verre et des murs pignon en béton avec isolation extérieure en polystyrène, avec baies en double vitrage, ventilation hygroréglable B, chaudières individuelles gaz à condensation, eau chaude sanitaire par solaire thermique. Le label BBC Effinergie exigeait une consommation conventionnelle maximum de 65 kwhep/m²shon.an pour 5 usages (chauffage, eau chaude sanitaire, éclairage, auxiliaires, refroidissement). L étude vise à répondre à trois questions : - Quelles sont les consommations réelles des logements comparées aux consommations conventionnelles définies dans le cadre du label BBC Effinergie? Comment expliquer les écarts : o température extérieure réelle, o comportement des occupants notamment en matière de température intérieure, modalités de ventilation et mode d utilisation des équipements, o caractéristiques techniques du bâtiment mis en œuvre et des équipements installés, o modalités de calcul. - Quels sont le vécu et le comportement des occupants? Quelles convergences ou divergences existe-t-il entre le vécu et le confort mesuré (température, hygrométrie, teneur en CO2)? - Quels sont les coûts d utilisation de l énergie pour les occupants (abonnements, consommations) et les coûts d investissement et de maintenance des choix techniques faits, en prenant en compte leur efficacité, leur robustesse et leur facilité d utilisation? 3
Quelles sont les consommations réelles des logements comparées aux consommations conventionnelles définies par le label BBC Effinergie? L analyse porte plus particulièrement sur 3 logements dont les principales caractéristiques et consommations sont les suivantes : 1/ Caractéristiques des logements et composition des ménages Ménage A B C Type de logement T4 T5 T5 Orientation N-O/S-E N-E/S-O N-E/S-O Nombre de personnes 3 5 6 2/ Chauffage et eau chaude sanitaire Consommation conventionnelle de chauffage selon le label BBC* Consommation conventionnelle de chauffage avec température extérieure réelle* Température intérieure réelle moyenne du séjour en hiver Consommation conventionnelle de chauffage avec températures extérieure et intérieure réelles* Consommation réelle estimée de chauffage* Consommation conventionnelle pour l eau chaude sanitaire* Consommation réelle estimée pour l eau chaude sanitaire* Consommation réelle estimée pour l eau chaude sanitaire à 50 C en litres par personne et par jour Consommation conventionnelle chauffage et ECS* Consommation réelle estimée chauffage et ECS* 37,4 22,2 31,9 28,4 18 26,3 20 C 20,5 C 21,5 C 32,3 24 33,5 31,6 56,5 53,2 10,4 10,9 10,7 37,1 12,1 29,9 82 14 44 47,8 33,1 42,6 68,7 68,6 83,1 3/ Consommation 5 usages et électricité spécifique Consommation conventionnelle 5 usages* Consommation réelle estimée 5 usages* Electricité spécifique et cuisson estimées* Total énergie réelle consommée* Total énergie réelle consommée par personne** 62 46 55 82 82 96 91 112 65 173 194 161 5443 3879 2690 *en kwhep/m²shon.an ** en kwhep par an En vert : consommation inférieure à la convention, en rouge : consommation supérieure à la convention. 4
Les logements ne disposant pas de comptage pour les 5 usages réglementaires, ces derniers ont été estimés à partir des consommations réelles totales mesurées de gaz (qui recouvrent chauffage + une partie de l eau chaude sanitaire + cuisson) et d électricité (qui recouvrent auxiliaires + éclairage + électricité spécifique). Les 3 ménages ont des consommations réelles sensiblement supérieures aux conventions. Le ménage du logement A a une consommation d énergie pour le chauffage inférieure à la convention, mais la consommation réelle de chauffage pour les logements B et C est nettement supérieure à la convention, particulièrement pour le logement B. Cette forte consommation pour les logements B et C ne vient pas de la température extérieure, qui est inférieure à la convention. Elle provient d une température moyenne intérieure du séjour relativement élevée durant la période de chauffe (20,5 C et 21,5 C), de l ouverture des fenêtres l hiver et de la gestion de la chaudière. Les ménages profitent de «l effet rebond» en maison BBC : une augmentation du confort (ou un maintien de la température intérieure du logement précédent) au lieu de la maîtrise de la consommation d énergie. Pour l eau chaude sanitaire, la consommation du logement B est proche de la convention, par contre la consommation réelle des logements A et C est nettement supérieure à la convention. Cela provient notamment de la consommation en litre par personne élevée dans les logements A et C, comparée à celle du logement B. La consommation d électricité spécifique est élevée dans les logements A et B, particulièrement dans ce dernier. Les trois ménages ont lave-vaisselle et sèche-linge. Le ménage du logement C n a pas d ordinateur. Mais il est utile de calculer la consommation tous usages par personne. Les résultats sont très différents. Le ménage B est nettement plus consommateur au m² que le ménage A. Il est en fait plus performant : sa consommation par personne est inférieure de près de 30 % à celle de la famille A. Quant au ménage C, qui une consommation relativement élevée au m², est en fait très performant vu le nombre de personnes dans la famille : la consommation par personne est de l ordre de 2700 kwhep par an. Quels sont le vécu et le comportement des occupants? Quelles convergences ou divergences existe-t-il entre le vécu et le confort mesuré (température, hygrométrie, teneur en CO2)? Les locataires interviewés sont satisfaits d être dans une maison individuelle neuve de bon confort avec jardin. Le caractère BBC des maisons permet selon eux de faire des économies d énergie. Le confort thermique d hiver est perçu positivement. Le confort thermique d été est bien jugé, sauf pour les chambres orientées au sud. Les critiques portent sur le local-poubelles situé au milieu de la résidence, qui dévalorise cette dernière. Un espace plus grand pour le parking des voitures est souhaité par un 5
ménage. Un autre aurait souhaité une aire de jeux pour les enfants. Plusieurs auraient préféré pouvoir manger dans la cuisine. Deux comportements apparaissent parmi les ménages interviewés : une recherche de technologie qui correspond à leur image du BBC (pompe à chaleur, surisolation ) et la recherche du confort comme dans un logement usuel. Le confort d hiver mesuré met en évidence des températures confortables, en particulier dans le logement C et une tendance à une certaine sécheresse de l air. Le confort d été mesuré fait apparaître sur l année un faible nombre d heures avec une température supérieure à 27 C. Durant la semaine la plus chaude, les températures sont entre 28 et 29 C, avec dans un logement une humidité de l air comprise entre 60 et 70 %. L absence de baisse de température la nuit montre que les locataires n utilisent pas la ventilation nocturne qui leur permettrait d améliorer le confort d été de leur maison. Lors des visites ponctuelles effectuées, le nombre de ppm (parties par million) de CO2 dans l air intérieur est inférieur à 600 dans le logement A, l Observatoire de la Qualité de l Air Intérieur estimant que la qualité de l air intérieur est correcte pour des valeurs inférieures à 1000. La teneur des logements B et C approche les 1000. Ceci est lié au taux d occupation. Le taux de ventilation pourrait y être vérifié. Quels sont les coûts d utilisation de l énergie pour les occupants (abonnements, consommations) et les coûts d investissement et de maintenance des choix techniques faits? Les factures des occupants sont peu utilisables pour connaître le coût des consommations (consommations estimées et non réelles, difficulté pour prendre une année pleine ). Le coût a donc été calculé à partir des mesures de consommation réelles et des données (coût de l abonnement, coût du kwh) indiquées sur le site internet des fournisseurs d énergie. 6
Le coût d utilisation d électricité et de gaz (abonnements et consommations), mis en rapport avec le loyer avant APL sont les suivants : Ménages A B C Coût consommation électricité 406 554 306 annuel Coût consommation gaz annuel 612 605 770 Abonnements gaz et électricité Total annuel électricité et gaz Total annuel électricité et gaz par personne Total annuel électricité et gaz par m² SHON Total mensuel électricité et gaz 140 140 140 1 158 1 299 1 216 386 260 203 12,3 13,0 12,1 97 108 101 Loyer mensuel 596 445 486 AL (allocation logement) ou APL mensuelle 344 350 448 Une famille estime que la baisse de la facture d énergie est forte en comparaison avec le logement précédent. Une autre juge la comparaison difficile, car elle était auparavant en charges collectives. Le montant en valeur absolue et en par m² est élevé, mais par personne, il est élevé pour la famille de 3 personnes de la maison A, il est raisonnable pour les familles de 5 et 6 personnes des logements B et C. Le coût de l énergie représente 16% du loyer A (qui est un loyer PLS) et 24 et 21 % des loyers B et C (qui sont des loyers PLUS). Ce sont des % élevés. Notons que la forte AL ou APL en particulier pour le ménage C, laisse un reste à charge peu important. Le coût d investissement (coût de construction hors honoraires) a été de 1 248 HT /m² SHON en 2010, pour une opération THPE transformée en opération BBC. Selon le bailleur, le coût de maintenance du solaire thermique a tendance à annuler les économies réalisées par cet équipement. 7
2/ L OPERATION, CONSOMMATIONS CONVENTIONNELLES, COUTS, FINANCEMENT a/ Contexte, déroulement et mise en gestion de l opération Maître d'ouvrage et gestionnaire Type d'opération Adresse ICF NORD-EST HLM et logements intermédiaires PLS locatifs 7-13 Rue des Cheminots Forbach Livraison Juin 2010 Type de bâtiment Maisons en bande Nombre de logements 23 en 3 groupements Typologies 12 T4, 11 T5 SHON SHAB 2235 m² 1910 m² La résidence est issue d une opération de démolition de 40 appartements locatifs sociaux et reconstruction de 23 maisons individuelles en bande. A l origine, une Réalisation Expérimentale (REX) HQE du Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA) avait été envisagée mais n avait pas abouti. L opération conçue à l origine en THPE a été transformée en BBC Effinergie. Le Groupe ICF avait défini une politique visant à réaliser toute sa construction neuve au moins en THPE et de réhabiliter progressivement son parc immobilier avec une consommation après travaux d au plus 130 kwhep/m².an. L opération est la première résidence BBC réalisée par ICF Nord Est et une des toutes premières produites par le Groupe. Le Groupe ICF a ensuite décidé qu à partir de 2011, la totalité de sa construction neuve serait BBC. Le maître d œuvre a été choisi en avril 2007, le permis de construire déposé en novembre 2007 et obtenu en mai 2008. L appel d offres pour le choix de l entreprise générale a été lancé en octobre 2008, le chantier s est déroulé entre février 2009 et juin 2010. Les délais ont été allongés du fait de pièces complémentaires demandées pour le permis de construire, d intempéries et des délais demandés par les concessionnaires gaz et électricité. La responsable d opération avait bénéficié de formation sur l ossature bois et l énergie. L architecte allemand Jans Freiberg avait une compétence en logement BBC et a bien piloté l opération. Le Bureau d Etudes Techniques n a pas donné entière satisfaction mais a bien coopéré avec l architecte. L entreprise s est fortement impliquée pour réussir l opération en ossature bois. Mais le test à l étanchéité à l air n a été réalisé qu en fin de chantier. 8
L agence locale d ICF Nord Est a été associée aux stades programme et DCE, a suivi le chantier et a procédé aux Opérations Préalables à la Réception (OPR). Bien qu il s agisse de la première opération BBC pour ICF Nord-Est, elle a été bien maîtrisée du fait de la formation de la responsable d opération, de la compétence de l architecte avec une équipe pluridisciplinaire, et de la motivation de l entreprise. Les principaux enseignements pour la conception et la production des opérations BBC sont : - Avoir comme partenaire une équipe de maîtrise d œuvre pluridisciplinaire et bien pilotée par l architecte, - Au niveau de la conception, bien articuler et bien traiter l orientation, la compacité, les apports solaires, la surface vitrée, le confort été et hiver, - Au niveau de la mise en œuvre, faire appel à une entreprise bien formée au système constructif requis et faire des tests d étanchéité à l air en cours de chantier. b/ Caractéristiques techniques, consommations conventionnelles Le programme est constitué de 23 maisons en bande réparties en trois groupements. Les deux principaux groupements ont une orientation Nord-Est / Sud-Ouest. Le troisième groupement a une orientation Nord-Ouest / Sud-Est. Trois maisons ont été instrumentées. Figure 1: Plan de situation Les consommations énergétiques conventionnelles du bâtiment (Cep) doivent être inférieures à 65 kwhep/m².an. Le programme est constitué de T4 et de T5 qui sont identiques entre eux. Les calculs thermiques réalisés porteront donc sur des pavillons T4 et T5 en partie centrale ou aux extrémités. 9
PavillonT4 Pavillon T5 N Pavillon A B C SHON (m²) 94.4 100.2 100.2 SHAB (m²) 79.4 87.0 87.0 UBAT (W/m².K) 0.37 0.39 0.37 Cep (kwhep/m²shon.an) 61.4 45.7 55.4 Consommation (kwhep/m²shon.an) Chauffage 37.4 22.15 31.9 ECS 10.4 10.9 10.7 Eclairage 5.6 5.7 5.7 Auxiliaires 8.0 6.9 7.1 Tic Logements traversants ( C) 27.7 26.6 25.3 Tableau 1 : Performances conventionnelles des pavillons Nota : Tic est la Température Intérieure Conventionnelle d été qui doit être au plus égale à une Tic de référence Pour atteindre ce niveau de performance, des efforts ont été faits sur le niveau d isolation de l enveloppe du bâtiment et les performances des systèmes installés. Les murs Les murs sont de nature différente selon qu ils soient de façade ou de pignon. Les murs de façade sont en ossature bois avec une isolation de 15cm de laine de verre entre montant (R=4.68m².K/W). 10cm de polystyrène sont en plus rapportés par l extérieur (R=3.12m².K/W). Les murs pignon sont en béton avec une isolation extérieure en polystyrène de 15cm (R=4.65m².K/W). Afin d apporter de l inertie au bâtiment, et d améliorer son isolation acoustique, les murs de séparation entre les maisons sont en béton. Les planchers Bas Le plancher bas est une dalle béton de 20cm sur terre plein. Il est isolé sous chape par 8cm de polyuréthane (R=3.75 m².k/w). Les planchers Hauts Le plancher haut correspond à des combles perdus isolés avec 22cm de laine de verre (R=3.75 m².k/w). Une partie du plancher haut est en rampant de combles aménagés isolés avec 20 cm de laine de verre. Pour apporter de l inertie au bâtiment, les planchers intermédiaires sont en béton. Les menuiseries 10
Les baies sont en double vitrage 4/16/4 à isolation renforcée et remplissage argon avec une menuiserie en bois. Elles sont équipées de volets bois roulants PVC intégrés dans l ossature bois. Ventilation La ventilation des maisons est assurée par une installation de VMC simple flux hygroréglable de type B. Les bouches d extraction de la cuisine de la salle de bain et des WC sont hygroréglables. Les entrées d air positionnées dans les menuiseries des chambres et du séjour sont aussi hygroréglables. Le caisson de puissance 12 W est installé dans les combles perdus. Chauffage Le chauffage des maisons est apporté par des chaudières gaz murales individuelles à condensation de 23.6 kw. Les émetteurs sont des radiateurs à eau chaude munis de robinets thermostatiques. Une régulation est faite sur la température extérieure. Eau chaude sanitaire Pour chaque logement, l eau chaude sanitaire est produite par 4m² de capteurs solaires implantés en toiture (l orientation des capteurs est Sud-Est ou Sud-Ouest selon le pavillon). La préparation de l ECS s effectue par un ballon de 300 litres pour les T4 et 400 litres pour les T5. L appoint de chaleur est apporté au ballon par la chaudière. Compteurs Les compteurs d eau froide et de gaz sont installés sur la voie publique. Les compteurs d électricité sont installés dans les maisons. Les logements instrumentés Les 3 logements instrumentés sont : Un T4 orienté Nord-Ouest Sud-Est Un T5 orienté Nord-Est Sud-Ouest Un T5 orienté Nord-Est Sud-Ouest Des sondes de mesure de la température seule sont positionnées dans la cuisine et la chambre enfant. Des sondes de mesure de la température et de l humidité sont installées dans le séjour et la chambre des parents. 11
c/ Coûts d investissement, financement Le prix de revient total HT des 23 maisons est le suivant : Foncier Construction Honoraires (hors maîtrise d ouvrage) Total 400 000 HT 2 790 000 HT 230 900 HT 3 420 900 HT Soit un coût de construction (hors honoraires) de 1 248 HT/m² SHON et de 1 460 HT/m² SHAB. Le financement est mixte : 8 maisons sont en locatif intermédiaire PLS, 15 maisons sont en locatif social PLUS. Le montage financier TTC des 15 maisons PLUS fait apparaître un montant de subventions des collectivités territoriales égal à 11 % et une part élevée des fonds propres, égale à 34 %, liée au PLS. Subvention Etat 83 034 TTC 4 % Subvention Conseil Régional 181 800 TTC 8 % Subvention Communauté Agglomération 60 000 TTC 3 % Prêt CDC 1 103 235 TTC 48 % 1 % logement 105 000 TTC 5% Fonds propres 778 862 TTC 34 % Total 2 311 931 TTC 100 % 12
3/ LE VECU ET LE COMPORTEMENT DES HABITANTS, LE CONFORT MESURÉ Un aspect des maisons avec leur jardin A) LE VECU ET LE COMPORTEMENT DES HABITANTS Trois ménages ont été proposés par le bailleur. Ils ont été interviewés lors d entretiens semi directifs, au cours du mois de novembre 2011. Et ceci pour comprendre le mode de vie global de la famille, et les opinions et comportements lors des périodes d été 2010 et 2011, et le premier hiver. Ensuite, ils ont été contactés une ou plusieurs fois par téléphone ou messagerie Internet afin de compléter les informations, et permettre d expliquer les courbes de température relevées dans les logements et les consommations. Les entretiens ont porté sur : - Le parcours résidentiel : logement antérieur, attente pour le logement actuel, date d entrée, opinion sur le quartier, - L appropriation du logement : avantages et inconvénients par rapport au logement précédent, aménagements réalisés, qualités et défauts du logement, opinion sur le logement basse consommation, - Le confort : la définition du confort en hiver et en été, le bruit. - L énergie et la ventilation : avis sur le chauffage, température choisie, factures, avis sur l isolation, utilisation de la ventilation, mode d aération des pièces, choix des appareils électroménagers et de loisir, veilles, - L eau : bains/douches, consommation, température de l eau, 13
- Le développement durable : positionnement de la personne interviewée, énergies renouvelables, tri sélectif, transports, - La gestion de l immeuble : accueil, documentation, gardiennage. L enquête aborde deux dimensions : les opinions et les comportements des familles. L objectif est de comprendre comment ces opinions et ces comportements influencent les températures, les consommations et les performances du bâtiment. a/ Le parcours résidentiel : les habitants rencontrés, originaires du quartier, apprécient d habiter une maison neuve Pour notre étude, nous avons retenu ces 3 familles : - Un couple avec une petite fille. - Une famille avec 3 adolescents. - Une famille avec 4 jeunes enfants. b/ Le cadre de vie : les habitants rencontrés trouvent certains équipements et aménagements mal pensés mais les maisons agréables Deux familles sur trois sont issues du quartier et les trois étaient déjà logées par l Immobilière des Chemins de Fer. Les habitants déclarent que le quartier est peu équipé mais le trouvent calme. Concernant les espaces communs, les locataires énoncent des critiques sur plusieurs points : - L absence d air de jeux, qui crée des tensions entre les enfants. - L absence de place de parking. Les pavillons T5 disposent de 2 garages. Une personne indique que l espace entre le muret et les voitures stationnées est trop l étroit pour manœuvrer et entrer dans les garages en bande. Par ailleurs, les visiteurs ont la possibilité de mettre leur voiture devant chaque pavillon, mais quand ils sont plusieurs, ils rencontrent un problème. - La présence des poubelles est critiquée à l unanimité. Elles sont rassemblées dans un enclos en bois en haut du chemin. Cet enclos est accolé à la maison d une famille et représente une gêne importante. Il occasionne des nuisances, d une part, sonores quand les habitants jettent leurs ordures la nuit, d autre part et pour l essentiel, d hygiène surtout lorsque les locataires mettent leurs ordures à côté des poubelles. Enfin, les jeunes escaladent la palissade lorsqu ils font tomber leur ballon dans le jardin attenant. (On peut également évoquer des risques d incendie). Ceci est reconnu par tous les locataires, qui estiment qu il aurait été préférable d avoir des poubelles individuelles. - L absence de responsabilité identifiée. Les locataires ne savent pas à qui appartient le chemin et qui doit l entretenir. Il n y a pas de gardien, disent-ils, et l entretien du lotissement, en particulier de la haie laisse à désirer. Dans les maisons, les locataires ont tous fait des travaux d aménagement de la cuisine. Mais d une manière générale, ils se plaignent fortement de la taille de celle-ci. Les 3 ménages sont très gênés par la cuisine qui sert uniquement à la préparation des repas car elle est trop petite pour y prendre les repas. Cette disposition impose un mode de vie (prendre les repas dans le séjour) qui n est pas celui que souhaitent les locataires. Un habitant remarque qu en 14
mettant les toilettes dans l entrée et en rétrécissant les portes qui sont aux normes handicapés, on récupérait de l espace pour faire une vraie cuisine En revanche, ils sont satisfaits du jardin, qu ils ont fermé avec un grillage ou des claustras. Il est aménagé en espace de jeux pour les enfants, avec une piscine en été. Le jardin à l arrière des T5 n est pas apprécié de la même façon. Pour un couple, il ne sert à rien car il n y a jamais de soleil, le linge ne sèche pas, les plantes ne poussent pas. Pour l autre, c est une annexe de la cuisine qui leur permet de faire des grillades pendant le week-end. Malgré les critiques avancées, au bout d un an les habitants sont satisfaits de leur logement. c/ Le bâtiment basse consommation : les habitants rencontrés estiment qu il permet de faire des économies d énergie Pour les locataires interviewés, le terme de BBC veut dire économies d énergie et parfois économies financières. Une personne avance que le bâtiment basse consommation doit permettre «de gagner de l argent en dépensant moins», et cela sur le chauffage, sur l eau, sur les lampes à économies d énergie. Elle reconnaît que, pour l instant, cela est vrai car elle a économisé un peu. Une autre pense faire des économies d énergie mais elle n est pas sûre de faire des économies financières dans la mesure où les taxes, le prix de l électricité et du gaz augmentent. Un locataire indique que le principe du BBC l intéresse car cela fait partie de son métier. Mais quelques-uns trouvent que le principe n a pas été porté à son maximum (absence de pompe à chaleur et de gaz dans les vitrages) ni considéré d une manière globale : certains éléments ont été mal pensés et nuisent à la représentation de qualité du BBC. D une certaine manière, ces critiques, justifiées ou non, traduisent une bonne appropriation des principes du bâtiment basse consommation. d/ Le chauffage : les habitants rencontrés choisissent un bon niveau de confort sans que leurs factures en soient affectées Les locataires choisissent un niveau de confort assez élevé, de l ordre de 21/22, en mettant le chauffage en continu, pour certains, ou en utilisant un programme d intermittence, pour d autres. Malgré cela, ils estiment que leurs factures sont inférieures à ce qu ils payaient auparavant. Une famille considère qu elle consomme 40 % par rapport à une habitation classique de même superficie. Une autre n a pas tous les éléments pour faire une réelle comparaison car autrefois, elle disposait d un chauffage collectif qu elle payait dans les charges au bailleur. Ils attribuent cela à la qualité du bâtiment basse consommation (isolation et panneaux solaires). 15
Il semble que, dans l ensemble, les locataires confondent le niveau de consommation de l énergie et la facture. Ils se fondent essentiellement sur ce qu ils paient. On assiste à «un effet rebond» dans la mesure où, à facture égale, ils choisissent d augmenter leur confort sans chercher à profiter des économies d énergie que leur apporterait la technologie du BBC. e/ L isolation la ventilation l aération : les habitants rencontrés estiment que leur maison est bien isolée Les locataires jugent que les bâtiments sont bien isolés mais certains font quelques réserves. Les personnes, qui s intéressent à l aspect technique de la construction, estiment que l isolation des bâtiments est bonne mais pas parfaite : certains murs sont mal isolés et les vitrages ne sont pas assez performants pour du BBC. Deux mères de famille aèrent largement tous les jours, essentiellement par habitude. Elles constatent que cela fait baisser la température intérieure, qui remonte néanmoins très vite car la maison garde bien la chaleur du fait de sa bonne isolation. f/ L'eau froide et l eau chaude : les habitants rencontrés trouvent que les capteurs suffisent à chauffer l eau Les habitants considèrent que les capteurs solaires ont une bonne efficacité car ils suffisent à chauffer l eau pendant une grande partie de l année. Mais ils sont critiques à l égard de certains équipements installés par le bailleur : ils estiment que les réducteurs d eau limitent les consommations tandis que la baignoire l augmente. Quelques locataires jugent que celleci contredit les principes du BBC et qu elle témoigne d une absence de prise en compte globale du bâtiment basse consommation. g/ Les appareils électroménagers et de loisir : les habitants rencontrés ont de nombreux appareils, qu ils utilisent largement Les locataires sont très équipés en appareils électroménagers et de loisir, et les utilisent de manière importante. Malgré cela, ils estiment que leur consommation d électricité, tout poste confondu, est raisonnable. Les principes écologiques et de maîtrise des consommations liés au BBC ne semblent pas affecter l usage des équipements domestiques considéré comme étant incompressible. Audelà du confort que procurent ces équipements, ils traduisent un investissement fort sur la vie familiale et semblent également constituer une mise en scène de la réussite sociale. 16
h/ Le confort d été : les habitants rencontrés cherchent à profiter au maximum du jardin La présence du jardin et le désir d en profiter lorsqu il fait beau conduit les locataires à laisser ouvertes les portes menant à la terrasse : «Toute la journée c est ouvert». De ce fait, les pièces exposées au sud peuvent connaître une forte augmentation de température. Les locataires des T5, dont le séjour et deux chambres sont au sud, signalent que lors de la période de chaleur, il a fait très chaud dans les chambres situées au sud, plus que dans les pièces au nord et beaucoup plus que dans le séjour. Les locataires se protègent essentiellement en installant un parasol qui empêche les rayons du soleil de frapper directement sur les vitres et en faisant des courants d air, dans les maisons qui le permettent. i/ Les valeurs : les habitants rencontrés évoquent l écologie, les économies financières et la vie en collectivité Un couple se dit sensibilisé aux questions d écologie : ils récupèrent l herbe pour faire du compost, cultivent des légumes, utilisent l eau pluviale du récupérateur, font du tri des ordures. Un autre locataire pense qu il faut protéger la planète, un autre encore met l accent sur la valeur de l argent, en recherchant les économies financières. Un locataire estime qu il faudrait rappeler les règles de vie en collectivité. La consigne à donner aux habitants ne concerne pas tant l usage de la maison que le savoir vivre en collectivité. Il recommande de demander à chacun de mette sa voiture dans le garage et de faire un effort pour tenir propres les poubelles collectives. j/ Conclusion : malgré quelques réserves, les habitants rencontrés sont satisfaits de leur logement et obtiennent un bon niveau de confort En résumé, les personnes estiment que leur maison est confortable par rapport aux locations que l on trouve dans le quartier. Ils apprécient d avoir un logement neuf, individuel, dont la première qualité est d être une maison avec un jardin. En fonction du nombre de personnes, elle est jugée spacieuse pour les uns, trop petite pour d autres, mais la cuisine fait l unanimité : elle est critiquée par tous car il n est pas possible d y prendre les repas, ce qui s oppose au mode de vie recherché. Elle est également économe. Les locataires avancent que le principe du BBC doit permettre de faire des économies d énergie et de gagner de l argent. Mais faire des économies d énergie n est pas forcement synonyme d économies financières dans la mesure où le prix des énergies augmente. Pour le moment, ils ne semblent pas très soucieux de limiter leurs dépenses car ils règlent leur chauffage à 21 /22, aèrent largement tous les jours, consomment de l eau abondamment pour certains, cuisinent longuement et utilisent beaucoup les équipements de loisirs. Malgré cela, ils obtiennent un bon niveau de confort 17
pour des usages semblables à ceux d avant, mais avec une consommation inférieure à un logement traditionnel, et des factures de chauffage et d eau réduites. Leur objectif semble être le confort. Par «un effet rebond», ils profitent de la performance du BBC pour augmenter leur niveau de confort, et non pour faire des économies d énergie et réduire leur facture. Deux habitants considèrent que le potentiel d économie des maisons n est pas poussé au maximum (absence de pompe à chaleur, isolation insuffisante des parois et des vitrages) et que l installation de la baignoire s oppose aux principes du BBC. Les maisons, orientées au sud, profitent largement des rayons du soleil, ce qui représente un avantage en hiver, mais qui entraîne une surchauffe dans les chambres en été. Enfin, les locataires se disent très gênés par la présence des poubelles collectives disposées au milieu de la cité et estiment qu il aurait été préférable que chaque famille ait sa propre poubelle. Placées au milieu du lotissement, elles dévalorisent le site. Malgré ces réserves, ils apprécient d être tranquilles dans leur maison, se sentent bien et n envisagent pas de vivre ailleurs. k/ Essai de catégorisation des attitudes et comportements des habitants rencontrés Le vécu dans le logement BBC est un équilibre à trouver entre le mode de vie, les pratiques, le désir de confort, les coûts, les contraintes et la recherche de la performance. Une catégorisation des attitudes et comportements des habitants rencontrés, prenant en compte la connaissance que les habitants ont du BBC et leur manière de vivre dans ce type de logement, peut être ébauchée : - Recherche de l hyper technologie du BBC. Monsieur semble connaître moyennement les principes du BBC mais s attache à certains points qui lui semblent insuffisants. Il souhaiterait que la technique soit poussée au maximum (ajout d une pompe à chaleur, meilleure isolation), et ceci dans une optique de perfectionnisme (ou pour pouvoir donner son avis) car il reconnaît que leur niveau de confort est bon et que leur consommation de chauffage est faible. En revanche, leur consommation d eau est importante. Sa recherche de la performance optimale du BBC s appuie sur la qualité des équipements, sans que soit envisagé un meilleur usage de la maison. Ils recherchent le bien vivre et le confort. - Recherche d une technologie du BBC plus aboutie. Monsieur semble connaître les principes du BBC et affiche ses connaissances, aussi demande-t-il que la technique soit plus poussée (double vitrage avec gaz inerte). Ceci traduit un désir de maîtriser la situation car il reconnaît que leur niveau de confort est bon et que leur consommation de chauffage et d eau est faible. Il s agit d atteindre la meilleure performance du BBC grâce aux équipements et non pas par l optimisation de l usage. Ils sont dans la recherche du bien vivre et du confort, que leur apporte la maison. - Même usage et gestion de la maison que d un logement classique : recherche du confort. Madame ne connaît pas bien les caractéristiques spécifiques du logement basse consommation ni les usages qui y sont recommandés. Elle y vit comme dans un logement classique et privilégie le confort en maintenant 22 jour et nuit. Elle estime qu elle a un bon niveau de confort l hiver mais pas toujours l été. La difficulté à avoir 18
des points de comparaison ne lui permet pas d évaluer si elle fait des économies mais elle considère que ses factures sont raisonnables. Le fait d habiter une maison l emporte sur celui d habiter un logement BBC. B) LE CONFORT MESURÉ Le confort hygrothermique intègre un nombre important de paramètres lorsqu il faut confronter avec précision un ressenti et des mesures objectives : température d air, de parois, hygrométrie, vitesse d air, gradients de température d air, Ce suivi a consisté à mesurer en continu des températures d air et une hygrométrie relative. Si la détermination du confort reste approximative, puisque seulement deux paramètres sont mesurés, il n en reste pas moins que la connaissance de la température intérieure reste suffisant pour une analyse de tendance pour l hiver. Pour la période estivale, la connaissance de l hygrométrie est primordiale. C est pour cette raison que les mesures concernant également l hygrométrie relative.. A partir des mesures de l humidité relative et de la température d air, le confort dans les séjours est évalué sur deux périodes : pour la saison froide, du 1 er décembre 2011 au 29 février 2012 et pour la saison chaude, du 1 er octobre 2011 au 30 septembre 2012. Les graphiques ci-dessous, indiquent heure par heure l humidité relative de l air dans le logement en fonction de sa température sur ces périodes. Sur chaque graphique, la zone de confort est indiquée. Des courbes de températures intérieures et extérieure montrent les évolutions sur les semaines les plus froide et chaude. 19
Température d'air ( C) Confort d hiver 26 22 18 14 10 6 2-2 -6-10 -14-18 Logement A Evolution des températures d'air sur la semaine la plus froide dans l'appartement A Extérieur Séjour Chambre Parents Chambre enfants Sur la semaine la plus froide, les températures se situent généralement entre 20 et 22 C. Des points extérieurs à la zone de confort montrent que l air est souvent sec durant cette période, probablement à cause de la faible teneur en eau de l air extérieur. Les pics d humidité plaçant le séjour dans la zone de confort se situent entre 11h et 13h et en début de soirée. Ils sont probablement dus aux activités telles que la cuisson des aliments. 20
Température d'air ( C) Logement B 30 26 22 18 14 10 6 2-2 -6-10 -14-18 Evolution des températures d'air sur la semaine la plus froide dans l'appartement B Extérieur Séjour Chambre Parents Chambre enfants Le logement B présente des températures assez élevées puisqu elles varient généralement dans une plage de température allant de 21 C et 25 C. Des ouvertures régulières des baies dans l après midi entraîne des diminutions de température dans la chambre parents. Constat identique à celui du logement A avec toutefois, des températures intérieures dans l ensemble un peu plus élevées et un niveau d humidité plus stable. 21
Température d'air ( C) 30 26 22 18 14 10 6 2-2 -6-10 -14-18 Logement C Evolution des températures d'air sur la semaine la plus froide dans l'appartement C Extérieur Séjour Chambre Parents Chambre enfants Ce logement a une température globalement stable autour de 20 C mais les 3 premiers jours, les températures dans les chambres enfants et parents sont supérieures à la consigne. Ces températures semblent liées à l activité. L air dans le logement pendant la période la plus froide présente un déficit en humidité pour être dans des conditions optimum de confort. 22
Température d'air ( C) Nombre d'heures de dépassement de la température (h) Confort d été La fréquence cumulée des températures est évaluée sur la période du 1 er octobre 2011 / 0h au 30 septembre 2012 / 23h, soit 8760 heures. Elle permet d apprécier globalement les niveaux de confort atteints dans les appartements. Logement A Occurrence des températures du 01/10/2011 au 30/09/2012 dans le logement A 9000 8000 7000 6000 5000 4000 3000 2000 1000 0 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 Température intérieure ( C) Séjour Chambre Parents Chambre enfants Cuisine Evolution des températures d'air sur la semaine la plus chaude dans l'appartement A 38 36 34 32 30 28 26 24 22 20 18 16 14 12 10 Extérieur 28,6 Chambre Parents 29,73333333 23
Le bâtiment atteint pendant la période la plus chaude des températures d air assez élevées. Dans la chambre parents orientée Sud ouest : 30 C aux heures les plus chaudes. Des évolutions des températures entre le jour et la nuit dans le logement atteignent sur la période la plus chaude 3 C. Ces températures élevées placent le logement hors de la zone de confort. Le positionnement des chambres en étage peut expliquer ces températures élevées à cause du peu d inertie dont elles peuvent bénéficier. Le salon situé au rez-de-chaussée profite de l inertie du plancher bas et atteint des températures moins élevées. Globalement, le logement A est plus sensible aux variations des températures extérieures. Le confort dans le salon est altéré par un niveau d humidité trop élevé. 24
Température d'air ( C) Nombre d'heures de dépassement de la température (h) Logement B Occurrence des températures du 01/10/2011 au 30/09/2012 dans le logement B 9000 8000 7000 6000 5000 4000 3000 2000 1000 0 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 Température intérieure ( C) Températures ( C) Séjour Chambre Parents Chambre enfants Cuisine Evolution des températures d'air sur la semaine la plus chaude dans l'appartement B 38 36 34 32 30 28 26 24 22 20 18 16 14 12 10 Extérieur 29,03333333 Chambre Parents 30,8 25
Nombre d'heures de dépassement de la température (h) Le logement B présente les mêmes tendances que pour le logement A. Les températures dans les pièces en étage sont plus importantes qu au du rez-de-chaussée. Le confort thermique dans le séjour est altéré par ces températures élevées concomitantes à un niveau d humidité relative trop important. Logement C Occurrence des températures du 01/10/2011 au 30/09/2012 dans le logement C 9000 8000 7000 6000 5000 4000 3000 2000 1000 0 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 Température intérieure ( C) Séjour Chambre Parents Chambre enfants Cuisine 26
Température d'air ( C) 38 34 30 26 22 18 14 10 Evolution des températures d'air sur la semaine la plus froide dans l'appartement C Extérieur 29,03333333 Chambre Parents 30,13333333 Les tendances restent identiques à celles des logements A et B. Les variations de température dans le logement sont cependant plus importantes pour ce logement puisque des variations de 5 C entre le jour et la nuit sont observées quand la température extérieure varie de 22 C. Les chambres en étage restent plus chaudes que les pièces au rez-de-chaussée. Les températures dans ces pièces en étage sont très sensibles aux variations de la température extérieure. Au rez-de-chaussée, l inertie apportée par le plancher bas limite de plus de moitié les variations de température entre le jour et la nuit. 27
Conclusions Sur le confort d hiver Le niveau des températures intérieures est assez élevé. Leurs variations montrent que certains occupants ne pratiquent pas l intermittence en ne programmant ni un réduit en inoccupation diurne ni un ralenti de nuit. La période très froide de la fin janvier 2012 à mi février 2012 est responsable d une période d inconfort dans les logements. En effet, l air qui entre dans le logement est très pauvre en vapeur d eau et engendre une ambiance sèche dans le logement. Sur le confort d été Les variations de température dans les logements sont peu amorties par l inertie du bâtiment surtout pour les appartements en étage. Le bâtiment a une inertie lourde (planchers et plafond en béton). Ainsi sur les sept jours les plus chauds de l été, la température extérieure varie sur une amplitude 26 C alors que les températures dans les séjours varient au maximum de 5 C. Dans les chambres des parents, les températures ont moins de stabilité puisqu elles varient selon une amplitude d environ 7 C. Les courbes d évolution des températures montrent un faible refroidissement des appartements pendant la nuit. Cela signifie que les occupants n utilisent pas la surventilation nocturne pour refroidir les parois et garantir des conditions d ambiance plus agréables dans la journée. L absence de surventilation nocturne entraîne une élévation progressive et globale dans les logements. Cette élévation des températures pourraient être une source d inconfort plus important si la période chaude durait trop longtemps. Le comportement général dans le bâtiment pendant la saison chaude ne correspond donc pas à une utilisation optimale de l inertie du bâtiment pour améliorer le confort d été. Il conviendrait d ouvrir les fenêtres la nuit pour refroidir les murs et de les laisser fermer la journée. Cependant, les températures dans les logements restent modérées sur la période de mesures. En dehors des cuisines qui sont très exposées aux apports internes, la température dépasse rarement 26 C. Sur la qualité d air intérieur Des mesures de CO2 ponctuelles (cf. Annexe E) montrent que les taux de CO2 sont assez élevés, en particulier dans le logement C. Ce résultat peut s expliquer par le taux de présence. Seule, une mesure en continu pourrait mettre en évidence que le taux de ventilation n était pas suffisant. 28
4/ LES CONSOMMATIONS REELLES, LE COUT DES CONSOMMATIONS ET DE LA MAINTENANCE a/ Les consommations conventionnelles corrigées Pour pouvoir comparer les consommations réelles avec les consommations conventionnelles, des corrections ont été réalisées sur les consommations conventionnelles : En dehors des caractéristiques intrinsèques du bâtiment et des limites de la modélisation, les consommations réelles et conventionnelles diffèrent à cause du comportement des occupants à travers des paramètres tels que : les heures d occupation, les consignes de températures la gestion du bâtiment (ouverture des fenêtres, type de cuisine, nombre de douches ), Mais aussi à cause des conditions météorologiques telles que : la température extérieure, ensoleillement, vent, la température d eau froide. Pour le chauffage, deux corrections ont été faites : l une porte sur la température extérieure avec modification des degrés-jours (la correction sur l ensoleillement nécessiterait une instrumentation et un suivi beaucoup plus lourd), l autre sur le comportement liée aux températures intérieures mesurées (cf. Annexe A). Les degrés jours doublement corrigés permettent d estimer les consommations de chauffage auxquelles on s attend si tout est réellement conforme aux calculs réglementaires conventionnels. Conventionnelle CC Logement A Conventionnelle correction climatique CCC Conventionnelle correction climatique + usage chauffage CCCU En kwhep/m²shon.an Chauffage 37.4 28.4 32.3 ECS 10.4 10.4 10.4 Eclairage 5.6 5.6 5.6 Ventilation (consommation du ventilateur) 2.9 2.9 2.9 Auxiliaires 5.1 3.9 4.4 Total 61.5 51.2 55.6 L écart entre la consommation conventionnelle avec correction climatique (CCC) et la consommation conventionnelle (CC) est d environ -24%. L hiver aura été un peu plus doux que la moyenne statistique. En tenant compte des consignes constatées in situ (20 C), la consommation augmente de 3.9kWhep/m²Shon.an, soit + 14% par rapport à CCC. 29
Conventionnelle CC Logement B Conventionnelle correction climatique CCC Conventionnelle correction climatique + usage chauffage CCCU En kwhep/m²shon.an Chauffage 22.2 18 24 ECS 10.9 10.9 10.9 Eclairage 5.7 5.7 5.7 Ventilation (consommation du ventilateur) 2.7 2.7 2.7 Auxiliaires 4.2 3.4 4.6 Total 45.7 40.7 47.9 L écart entre la consommation conventionnelle avec correction climatique (CCC) et la consommation conventionnelle (CC) est d environ -19%. En tenant compte des consignes constatées in situ (22.5 C et sans réduit de température), la consommation augmente de 6 kwhep/m²shon.an, soit + 33% par rapport à CCC. Conventionnelle CC Logement C Conventionnelle correction climatique CCC Conventionnelle correction climatique + usage chauffage CCCU En kwhep/m²shon.an Chauffage 31.9 26.3 33.5 ECS 10.7 10.7 10.7 Eclairage 5.7 5.7 5.7 Ventilation (consommation du ventilateur) 2.7 2.7 2.7 Auxiliaires 4.4 3.6 4.6 Total 55.4 49 57.2 L écart entre la consommation conventionnelle avec correction climatique (CCC) et la consommation conventionnelle (CC) est d environ -18%. En tenant compte des consignes constatées in situ (21.5 C et sans réduit de température), la consommation augmente de 7.2kWhep/m²Shon.an, soit + 27% par rapport à CCC. b/ Les consommations réelles Les appartements instrumentés présentent les caractéristiques principales suivantes : N Pavillon Mitoyenneté Typologie Orientation SHAB (m²) SHON (m²) Nbre d'occupants A 1 pignon T4 N-O/S-E 79.35 94,4 3 (dont 1 enfant) B 2 pignons T5 N-E/S-O 87.02 100,2 5 C 1 pignon T5 N-E/S-O 87.02 100,2 6 (dont 4 enfants) 30
Les consommations réelles ont été relevées sur les compteurs lors des trois visites réalisées sur le site : 13/07/2011, première visite pour la pose des capteurs et les relevés des indices des compteurs de gaz, d électricité et d eau froide ; 18/10/2011, deuxième visite pour les relevés des consommations hors période de chauffe des indices des compteurs de gaz, d électricité et d eau froide ; 05/05/2012, troisième visite pour les relevés des consommations en fin de période de chauffe des indices des compteurs de gaz, d électricité et d eau froide. Les indices de consommation relevés lors de ces visites sont présentés dans les tableaux présentés en annexe. Pour évaluer les consommations réelles par poste, lors de la première visite, un bilan des principaux équipements des logements a été effectué. Equipements Logement A Logement B Logement C TV Ecran LCD Ecran LCD Ecran LCD HI-FI Oui Four micro-onde Oui Oui Oui Cuisson Gazinière+ four Gazinière+four électrique électrique Gazinière Hotte A recyclage A recyclage Ordinateur Oui Oui Machine à laver Oui Oui Oui Lave vaisselle Oui Oui Oui Sèche linge Oui Oui Oui Eclairage de base Fluo compact + halogène Fluo compact Fluo compact Réfrigérateur/congélateur Oui Oui Oui Autres La cuisson est principalement assurée par le gaz. Dans les appartements, seul un four microonde ou électrique permet une cuisson électrique. Dans la suite, la cuisson sera considérée uniquement au gaz. Répartition par poste des consommations à partir des consommations réelles totales Dans les consommations de gaz relevés sur les compteurs lors des visites sur le terrain, les consommations de cuisson, d eau chaude sanitaire et de chauffage sont confondues. Dans les consommations d électricité relevées sur les compteurs lors de ces visites, outre les celles de l éclairage et des auxiliaires, sont incluses celles des autres usages spécifiques de l électricité (électroménagers). 31
Les consommations par poste ont été réparties comme suit : Chauffage : Les consommations de chauffage sont comprises dans les relevés de gaz entre le 18/10/2011 et le 05/05/2012. A partir des estimations des consommations mensuelles d ECS et de cuisson, il est possible d extraire les consommations de chauffage des relevés hivernaux. Logement Consommation de chauffage kwhep/an Consommation de chauffage kwhep/mshon².an A 2945 31.6 B 5646 56,5 C 5393 53,2 ECS : L eau chaude sanitaire est produite par une chaudière mixte assurant aussi le chauffage. En l absence de comptage sur le réseau d ECS, il est nécessaire d extraire de la consommation totale de gaz relevée au compteur la part due à l ECS. Dans une première approche, les consommations en litres d eau chaude à 50 C sont établies pour une température d eau froide moyenne de 11 C sur l année. L énergie contenue dans l ECS provient en partie des panneaux solaires et pour une autre partie de la chaudière gaz. Un calcul avec le logiciel Simsol a été fait sur chaque pavillon à partir des réelles consommations annuelles d ECS de chaque famille. Pour ce calcul, il est considéré que la consommation d eau chaude sanitaire (en volume) est constante sur l année. Ce calcul permet de déterminer le taux de couverture solaire sur l ECS mois par mois. Une correction du profil mensuel des taux de couverture solaire est faite en s appuyant sur l objectif visé dans les CCTP d un taux de couverture annuel de 35%. Une fois déterminés les taux de couverture solaire mensuel, il est possible d estimer la consommation annuelle de gaz pour l ECS. Pavillon Consommation réelle d ECS kwhep/an Consommation réelle d ECS kwhep/m²shon.an Consommation réelle d ECS à 50 C en litres/pers.jour A 3501 37,1 82 B 1214 12,1 14.2 C 2997 29,9 43.9 Ventilation, Auxiliaires, Eclairage : Les consommations de l éclairage et des auxiliaires de ventilation et de chauffage n ont pas été mesurées. Les consommations (corrigées pour les auxiliaires de chauffage) données par le calcul conventionnel seront considérées proches des consommations réelles. 32
Logement Consommation des auxiliaires de chauffage kwhep/m²shon.an Consommation des auxiliaires de ventilation kwhep/m²shon.an Consommation d éclairage kwhep/m²shon.an A 4,4 2.9 5,6 B 4.6 2.7 5,7 C 4,6 2.7 5,7 Electricité spécifique : Pour obtenir une consommation annuelle d électricité et de gaz malgré des relevés qui ne couvrent pas intégralement l année, les consommations estivales d électricité seront extrapolées sur les périodes manquantes de mai à juillet. De la consommation annuelle d électricité est déduite celle liée aux usages spécifiques en retranchant les consommations d éclairage et des auxiliaires de chauffage corrigées et de ventilation. Logement Consommation totale d électricité kwhep/m²shon.an Consommation d électricité spécifique hors éclairage et auxiliaires kwhep/m²shon.an A 92,5 73,6 B 118,9 105.4 C 65,8 52,8 Consommations de cuisson Les relevés de gaz entre le 13/07/2011 et le 18/10/2011 ne correspondent qu aux consommations d ECS et de cuisson. En l absence de compteurs, les consommations annuelles de cuisson sont estimées à partir de la méthode de calcul DEL2 du CSTB. Ces consommations sont par hypothèses considérées constantes sur toute l année. Logement Consommation de cuisson kwhep/an Consommation de cuisson kwhep/m²shon.an A 1110.9 11.8 B 609,2 6.1 C 1218.3 12.2 Les familles occupant les logements A et C ont déclaré beaucoup cuisiner à l inverse de la famille occupant le logement B. La consommation de cuisson dans le logement B sera par hypothèse prise égale à la moitié de la consommation conventionnelle 33
c/ Les consommations réelles et leur coût Les coûts annuels obtenus à partir des tarifs 2012 de l énergie et de l eau suivant les abonnements des foyers et des consommations réelles sont résumés dans les tableaux suivants : Consommation réelle (kwh ef) Electricité 3386 Type d abonnement 6kVA Simple tarif Logement A Coût de l abonnement ( TTC) Prix du kwh ( TTC) Total annuel hors abonnement Total annuel 78.25 0.1199 406 484 Gaz 7557 Tarif B1 61.71 0.0809692 612 674 Soit au total : 1158 /an ou 97 /mois Logement B Consommation réelle (kwh ef) Type d abonnement Coût de l abonnement Prix du kwh Total annuel hors abonnement Total annuel Electricité 4619 6kVA Simple tarif 78.25 0.1199 554 632 Gaz 7469 Tarif B1 61.71 0.0809692 605 667 Soit au total : 1299 /an ou 108 /mois Logement C Consommation réelle (kwh ef) Type d abonnement Coût de l abonnement Prix du kwh Total annuel hors abonnement Total annuel Electricité 2556 6kVA Simple tarif 78.25 0.1199 306 384 Gaz 9508 Tarif B1 61.71 0.0809692 770 832 Soit au total : 1216 /an ou 101 /mois 34
d/ Le coût de maintenance des équipements Les montants des postes d entretien sont les suivants : Poste d entretien Montant TTC en par logement et par mois Chaudières/chaufferie 5,8 VMC 2,7 Chauffe-eau solaire 9,4 Antenne télé 2,5 Robinetterie 2,5 Taxe OM 1,9 Traitement OM EM 3,8 P3 chaudières 2,5 P3 chauffe-eau 5,4 P3 VMC 0,7 L immobilière des Chemins de Fer estime que le coût d entretien des chauffe-eau solaires a tendance à être trop élevé par rapport aux économies réalisées. 35
5/ ANALYSE DES ECARTS ENTRE CONSOMMATIONS CONVENTIONNELLES ET CONSOMMATIONS REELLES Les consommations calculées diffèrent des consommations réelles sur les usages étudiés. Ces écarts ont pour origine les caractéristiques intrinsèques du bâtiment et le comportement des occupants. a) Le chauffage On rappelle ici que la consommation conventionnelle (CC) est celle issue du calcul réglementaire (comportement et climat conventionnels), que la consommation conventionnelle corrigée du climat (CCC) est celle issue d une correction de la précédente en considérant l hiver du lieu réel sur la période de mesures (comportement conventionnel et climat réel), et que la consommation conventionnelle corrigée du climat et de l usage (CCCU) est issue de la précédente en considérant les températures intérieures réelles constatées (comportement conventionnel mais usage réel du chauffage et climat réel). Ces corrections sont précisées en annexe A. Ainsi, la différence entre CCC et CC ne traduit que la rudesse ou la douceur de l hiver par rapport à un hiver moyen. La différence entre CCCU et CCC traduit le poids du choix par les occupants des consignes de chauffage par rapport à un comportement standard. A priori, plus un occupant sera frileux et ayant les moyens financiers pour se chauffer à sa guise, plus la différence entre CCCU et CCC sera grande. Enfin, la différence entre CCCU et la consommation réelle issue des relevés et des estimations des autres usages relève de différents facteurs qu il faut analyser. Ces facteurs peuvent être intrinsèques au bâtiment et à sa gestion : mise en œuvre plus ou moins soignée, gestion de la ventilation, comportement des équipements (réglages, ergonomie des interfaces, problèmes liés à la conception), apports de chaleurs par les autres usages très différents des valeurs conventionnelles. Le processus adopté pour estimer les consommations de chauffage (méthodologie générale, incertitudes sur les mesures réalisées, fiabilités des compteurs mis en place, ) peut également générer des différences entre la réalité observée et ce qui était attendu. Le tableau suivant résume ces différentes valeurs pour le chauffage. Logement Consommation annuelle de chauffage en kwhep/m²shon.an Conventionnelle (CC) Conventionnelle corrigée du climat (CCC) Conventionnelle corrigée du climat + usage (CCCU) Réelle A 37.4 28.4 32.3 31,6 B 22.2 18 24 56,5 C 31.9 26.3 33.5 53,2 36
Logement A Les consommations réelles sont de 2% inférieures aux attentes (CCCU). Logement B Les consommations réelles sont de 135% supérieures aux attentes. Les températures dans l appartement sont régulées à plus de 22 C. Cependant les occupants de ce logement ouvrent quotidiennement les fenêtres du logement et les observations faites sur place montrent que les volets sont souvent baissés au Sud même en plein hiver. En dehors de ces aspects liés à l occupation, plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer ces écarts. Les caractéristiques thermiques du logement sont moins bonnes que ce que prévoit le modèle numérique à cause d une mauvaise mise en œuvre de l enveloppe du bâtiment (isolation, étanchéité). Les systèmes peuvent être moins performants que prévus (dysfonctionnement de la chaudière, mauvais équilibrage de la VMC). Logement C Les mêmes arguments avancés pour le logement B peuvent être envisagés pour le logement C, où les consommations réelles sont de 59% supérieures aux attentes. b) L eau chaude sanitaire Logement Consommation annuelle d ECS en kwhep/m²shon.an Conventionnelle Réelle Consommation d ECS réelle à 50 C en litres/pers.jour A 10.4 37.1 92 B 10.9 12,1 14 C 10.7 29,9 44 La comparaison des consommations conventionnelles et réelles donnent des résultats très disparates. Ces différences sont principalement dues au comportement des occupants. Dans le pavillon A, les occupants utilisent abondamment l eau chaude et la consommation réelle est 3,5 fois supérieure à la convention. La consommation d eau chaude à 50 C est en moyenne en France de 30 à 40 litres par personne et par jour. Le logement B a des consommations réelles proches de la convention (+ 11%) mais les volumes d eau utilisés sont très en deçà de la moyenne nationale. La présence d équipements de puisage économes en eau peut en partie expliquer cette faible consommation par personne. Le logement C occupé par une famille de 6 personnes a des consommations volumiques cohérentes avec la moyenne nationale. Cependant, les consommations d énergie réelles sont 2,8 fois supérieures à la convention. 37
c) Consommation d électricité spécifique Pavillon Consommation d électricité spécifique avec éclairage kwhep/m²shon.an A 85,2 B 112,1 C 58,5 Les consommations d électricité spécifique (avec l éclairage) moyenne en France s élèvent à environ 65 kwhep/m²shab.an soit, avec le ration SHAB/SHON = 0,85 pour cette opération, 55,2 kwhep/m²shon.an (source Ademe). Les consommations d électricité spécifiques des logements A, B et C diffèrent de la consommation moyenne nationale de respectivement +54%, +103% et +6% (pour cette opération, SHAB = 0.85 SHON). Les importantes consommations pour les pavillons A et B sont probablement dues à un usage intensif des lave-linge, lave-vaisselle et sèche-linge. Ce point particulier mériterait toutefois d être vérifié auprès des occupants. d/ Conclusions Sur les trois logements étudiés, les consommations de chauffage et d ECS sont souvent largement supérieures aux consommations conventionnelles. Sur ces logements individuels, l aspect comportemental est du premier ordre. Les corrections sur l usage appliquées aux logements ne sont pas suffisantes pour intégrer les ouvertures des fenêtres en plein hiver ou la forte réduction des apports solaires par exemple. Les logements sont équipés d une VMC hygro B qui module le débit de ventilation en fonction de l humidité des pièces. Ce système semble satisfaisant du point de vue de l humidité mais également en concentration de CO2 : les mesures ponctuelles de CO2 effectuées lors des visites et le suivi horaire de l humidité dans les logements ont fait apparaître des niveaux de concentration de CO2 dans les logements B et C correspondant à ceux d un logement occupé par une famille nombreuse. Ces mesures ponctuelles doivent toutefois être validées par un réel suivi du taux de CO2 dans ces logements. Le confort hygrothermique dans les logements est assuré en grande partie. De courtes périodes d inconfort sont observées en été à cause de pics d humidité liés à l activité dans les logements. En hiver les périodes d inconfort interviennent pendant les périodes de grand froid probablement à cause d un air froid très sec entrant dans les logements. Ces inconforts d hiver peuvent être aussi dus aux ouvertures des fenêtres lors des séquences de surventilation des logements. Les occupants sont très satisfaits des performances des logements, et constate une baisse de leur facture énergétique. Ils ont donc tendance à augmenter leurs exigences de confort. 38
6/ ANNEXES A/ La méthode d évaluation des consommations réelles de chauffage Corrections: Une correction degrés jour est appliquée aux consommations conventionnelles du bâtiment afin de neutraliser en partie les différences entre les consommations conventionnelles et les consommations réelles. Les mesures réalisées dans les logements avec les sondes de température ont permis de déterminer la période de chauffe et les températures de consignes dans les trois appartements. A partir de ces données mesurées, les degrés jour réels ont été déterminés. Les degrés jour conventionnels corrigés sur la période de chauffe ont été déterminés à partir des consignes conventionnelles de température. Ils permettent de déterminer des consommations conventionnelles et réelles sur une même durée de chauffage. Les degrés jour conventionnels corrigés sur la période de chauffe ont été déterminés à partir des consignes réelles de température dans les pavillons. Pavillon A B C Période de chauffe Du 05/11/2011 au 05/04/2012 Du 15/10/2011 au 22/04/2012 Du 27/10/2011 au 12/04/2012 Température moyenne intérieure constatée Degrés jours Conventionnels (19/16 C) ( C) Degrés jours conventionnels avec correction climatique ( C) Degrés jours avec correction climatique et sur l usage ( C) 20 C 2765 2094 2389 22.5 C 2765 2245 2990 21.5 C 2765 2281 2903 39
Le calcul réglementaire correspond aux degrés-jours conventionnels sur une année moyenne de la période trentenaire 1960-1990. Les consommations de chauffage estimées par la RT sont donc les consommations conventionnelles (CC). La correction climatique à la consommation est notée CCC. La correction appliquée à CCC selon l usage aboutit à la consommation notée CCCU. On constate que l hiver 2011/2012 aura été plus clément que l hiver conventionnel. Les consignes de chauffage réelles moyennes plus élevées que la convention engendrent une augmentation relative de l ordre de 25-30% des degrés-jours, augmentation qui se retrouvera en partie dans les consommations de chauffage. B/ Les données relevées Lors de chaque visite sur le terrain, les compteurs d énergie et d eau ont été relevés. Cependant, entre la première visite et la seconde, une opération de changement des compteurs d eau a été effectuée. Les consommations d eau froide ne peuvent donc plus être estimées. Logement A Visite 1 Visite 2 Visite 3 Date de la visite 13/07/2011 18/10/2011 05/05/2012 Compteur gaz (m3) 721 793 1321 Compteur d électricité (kwh) 3837 4679 6633 Logement B Visite 1 Visite 2 Visite 3 Date de la visite 13/07/2011 18/10/2011 05/05/2012 Compteur gaz (m3) 700 731 1320 Compteur d électricité (kwh) 4504 5581 8368 Logement C Visite 1 Visite 2 Visite 3 Date de la visite 13/07/2011 18/10/2011 05/05/2012 Compteur gaz (m3) 796 863 1566 Compteur d électricité (kwh) 2238 2856 4361 40
Les consommations lues aux compteurs concernent des usages différents selon la période. Période Du 13/07/11 au 18/10/11 (97j) Du 18/10/11 au 05/05/12 (200j) Energie Gaz Electricité Gaz Electricité Usages Consommations (kwh PCI) ECS + Cuisson Eclairage + Autres usages ECS + Cuisson + Chauffage Eclairage + Autres usages A 833 842 6140 1954 B 365 1077 6848 2787 C 783 618 8176 1505 Dans l analyse des consommations, seuls sont considérés les jours d occupation des appartements. Aucun des occupants n a déclaré avoir pris de vacances. Le nombre de jours d occupation des pavillons est de 97 jours entre la première et la deuxième visite et de 200 jours entre la deuxième et la troisième visite. 41
C/ La qualité d air intérieur Lors de chaque visite, le niveau de CO2 dans les logements a été mesuré. Les résultats sont affichés dans les tableaux suivants. CO2 dans le pavillon A en PPM Visite 1 Visite 2 Visite 3 Date de la visite 13/07/2011 18/10/2011 05/05/2012 Séjour 600 547 500 Cuisine 636 502 600 Chambre parents 570 469 516 Chambre enfants 538 514 538 CO2 dans le logement B en PPM Visite 1 Visite 2 Visite 3 Date de la visite 13/07/2011 18/10/2011 05/05/2012 Séjour 782 682 894 Cuisine 737 673 903 Chambre parents 610 702 854 Chambre enfants 738 717 789 CO2 dans le logement C en PPM Visite 1 Visite 2 Visite 3 Date de la visite 13/07/2011 18/10/2011 05/05/2012 Séjour 988 890 770 Cuisine 1039 896 998 Chambre parents 950 760 978 Chambre enfants 1040 712 885 Selon le rapport final de novembre 2006 de l Observatoire de la qualité d air intérieur, 50% des logements en France ont des concentrations de CO2 dépassant les 755,7ppm. Lors des visites, des mesures ponctuelles de la teneur en CO2 de l air dans les différentes pièces des logements ont été effectuées. Elles ont permis de constater que les quantités de CO2 mesurées sont correctes (<1000ppm), sauf dans le logement C où les taux sont assez élevés. Il sera vérifié s il s agit du logement qui n est pas (ou moins) aéré par ouvertures quotidiennes des fenêtres. 42