III) La Seconde Guerre mondiale (5) 1) La Seconde Guerre Mondiale : une radicalisation de la guerre totale? (3) 1.1) les grandes phases de la guerre a) les victoires de l'axe (1939-1942) b) le reflux de l'axe et les victoires alliées 1.2) Pertes humaines et destructions de masse a) la stratégie de la blitzkrieg et ses conséquences humaines b) les bombardements de masse et la répression des populations occupées, une stratégie d'anéantissement c) la réalité de la domination nazie en Europe d) la guerre du Pacifique, des massacres de masse à l'éclair atomique 1.3) l'horreur nazie : l'extermination des Juifs et des Tsiganes a) une application progressive de l idéologie raciste b) la déportation et la solution finale c) Les camps de concentration et camp d'extermination 2) Comment la Résistance française a-t-elle lutté contre l'occupant nazi et contre le régime de Vichy? (2) 2.1) Pétain, Vichy et la collaboration. a) la débâcle et l accession au pouvoir de Pétain b) L Etat Français c) La "Révolution Nationale", ou le fascisme à la française d) La politique de collaboration 2.2) Les combats de la Résistance a) la résistance intérieure et la résistance extérieure b) l unification de la Résistance c) La Libération, rétablir l ordre républicain 1
1) La Seconde Guerre Mondiale : une radicalisation de la guerre totale? Photo «Cologne en 1945» 2.1) les grandes phases de la guerre Chronologie p104 a) les victoires de l'axe (1939-1942) Carte 2 p105 «Expansion de l ALL nazie, 1939-1942» La seconde guerre mondiale débute le 1er septembre 1939 par l'invasion de la Pologne par les troupes allemandes commandées par le régime nazi d'hitler, elle va voir s'affronter d'un côté les armées de l'axe (all+italie+japon) et de l'autre celles des Alliés. Au départ les Alliés=les démocraties européennes qui vont vite être défaites par la fameuse "guerre éclair" (blitzkrieg) hormis le Royaume-Uni de Churchill qui résiste. Jusqu'en 1942, les forces de l'axe s'étendent de conquêtes en conquêtes cf. cartes 1 et 2 p. 104-105 Mais l'équilibre des forces va progressivement s'inverser à partir de 1941 b) le reflux de l'axe et les victoires alliées Carte 3 p105 «La libération de l Europe par les alliés, 1942-1945) 22 Juin 1941 : début de l'opération barberousse, l'urss rejoint les Alliés 7 décembre 1941 : Pearl Harbor, entrée en guerre des Etats-Unis A partir de 1942, les Alliés enchaînent les victoires (attention batailles acharnées! ) Stalingrad à l'est amorce la reconquête de l'armée Rouge en Europe de l'est, les débarquements en Afrique du Nord en novembre 1942 puis en Normandie et en Provence en Juin et août 1944 permettent progressivement la reconquête en Europe de l'ouest par les troupes alliées principalement britanniques et américaines (+ FRA libre). Prise en étau entre deux armées l'allemagne capitule le 8 mai 1945. Carte 1 p104 «La guerre en Asie» En Asie devant la résistance acharnée des Japonais, les Américains choisissent d'utiliser la tout nouvelle bombe atomique les 6 et 9 août 1945 à Hiroshima et Nagasaki, ce qui mène à la capitulation du Japon le 2 septembre 1945. 2
Mais cette chronologie sommaire ne permet pas de comprendre la spécificité de cette guerre et en quoi elle prolonge et accentue les caractéristiques de la Première GM. Le rôle joué par l'industrie se retrouve et est encore accentué, la guerre de mouvement remplace la guerre de position accentuant les victimes civiles. Civils qui vont désormais être la cible directe des actions militaires par le biais des bombardements ou par la politique génocidaire des Nazis. Comment expliquer cette radicalisation de la guerre? 2.2) Pertes humaines et destructions de masse Photo 5 p111 «Fosse commune, Bergen-Belsen, mai 1945» a) la stratégie de la blitzkrieg et ses conséquences humaines Photo «Panzer en Pologne, septembre 1939» La Blitzkrieg : un avantage stratégique des Allemands en Europe Elle permet à Hitler de dominer en deux ans presque la totalité du continent européen. Il s agit avant tout d un avantage stratégique plus que d une supériorité en hommes ou en matériel. La Blitzkrieg (ou Guerre Eclair, opposé de la guerre de 14-18=guerre de positionnement, d enlisement) consiste à défoncer par surprise et le plus vite possible les défenses ennemies (bombardements de l aviation, parachutage, intervention des blindés=la panzerdivision), d exploiter ensuite la brèche effectuée par les divisions blindées qui pénètrent profondément en territoire ennemi. C est cette stratégie qu utilise l Allemagne successivement contre la Pologne, la Scandinavie, la France et enfin l URSS. Carte «Campagne de France» la campagne de France et la débâcle de mai-juin 1940 (un exemple de la stratégie de la Blitzkrieg) : Après les victoires en Pologne et en Scandinavie, Hitler lance ses hommes le 10 mai 1940, à l'attaque de l'europe de l'ouest. Les troupes allemandes violent (une nouvelle fois, cf.1 ère GM) la neutralité des Pays-Bas, et de la Belgique de manière à attirer les troupes franco-britanniques vers le nord de la France. Mais les panzer percent le front à Sedan le 14 mai (après avoir violé la neutralité luxembourgeoise) et foncent vers la mer encerclant la moitié des troupes alliées. Les Pays-Bas capitulent le 15, la Belgique le 27 mai. Plus de 335 000 soldats des armées alliés s embarquent comme ils peuvent dans la région de Dunkerque vers le Royaume Uni. Le reste de l armée française ne cesse de reculer face à la pression des Allemands. La retraite est d autant plus difficile que plus de 12 millions de civils se jettent sur les routes : c est la débâcle. 3
L Italie déclare la guerre à la France le 10 juin. Paris capitule (ville ouverte) le 14 juin. Le 17 juin, un nouveau gouvernement, à la tête duquel se trouve le maréchal P. Pétain, demande l armistice. Il est signé le 22 juin. Photo «Hitler à Paris, 23 juin 1940» La France a été foudroyée en l espace de 6 semaines et a perdu 92 000 soldats. C est la plus grande défaite militaire de toute son histoire. La campagne de France montre la supériorité de la stratégie allemande reposant sur la vitesse et la surprise, elle montre aussi que les civils peuvent être pris pour cible. Lors de leur fuite, ou les villes elles-mêmes peuvent être bombardées (après Varsovie, ici Rotterdam). La guerre éclair = aussi une rupture par les bombardements massifs qu'elle inaugure. b) les bombardements de masse et la répression des populations occupées, une stratégie d'anéantissement Texte 1 p118 «Un bombardement stratégique : le Blitz» Dossier p118-119 «Les bombardements de guerre, une stratégie d anéantissement» Inaugurés dès la guerre d'espagne et le fameux massacre de Guernica par la Légion Condor le 27 avril 1937, les bombardements massifs de civils vont se multiplier pendant la seconde guerre mondiale. Excepté le cas des guerres civiles, c'est le seul conflit du XXème siècle qui a fait plus de victimes civiles que de soldats tués au combat. Avec ces bombardements massifs la frontière est effacée entre le front et l'arrière, entre les civils et les militaires. Cela s'explique par la dimension idéologique du conflit. Dans la vision du monde des Nazis, la guerre ne confronte pas des Etats mais des peuples en lutte pour leur survie. Elle doit permettre d'assurer la domination durable de la race "aryenne" en Europe. Forts de leur supériorité ethnique les Nazis ne se posent pas de question morale avant le bombardement de villes. De la même façon, les Alliés qui se regroupent et s'unissent contre la barbarie nazie et justifient leur combat par la défense et la liberté de la démocratie n'hésiteront pas à utiliser les bombardements de masse contre l'axe. (vengeance?) 4
En fait, tout au long de la seconde guerre mondiale les bombardements massifs vont être utilisés à des fins stratégiques. Il s'agit de viser des objectifs économiques et militaires (usines, aéroport, casernes ) mais aussi les populations civiles afin de briser les ressources morales et matérielles de l'adversaire. Exemple de bombardement, le Blitz Photo «Londres en flamme, 7 septembre 1940» Photo 3 p118 «Dresde après le 14/02/1945» Insister sur le moral britannique, la survie malgré la menace permanente. A cette terreur les Américains et les Britanniques répondront par la même tactique Exemple le bombardement de Dresde (document 3 p. 118) c) la réalité de la domination nazie en Europe Photo 4 p121 «Oradour-sur-Glane, novembre 1944» La violence des bombardements contre le régime nazi et les civils allemands ne choquent absolument pas les consciences européennes ou américaines car elles répondent aussi à la violence de l'occupation nazie qui par le biais des SS et la gestapo font régner la terreur en Europe. La répression de tout acte de résistance est terrible. Torture, exécution sommaire, déportation attendent le résistant qui se fait prendre. Des villages entiers sont massacrés en représailles Lidice en Tchécoslovaquie : ap. assassinat de Heidrich, le Reichprotektor de Prague, représailles sur Lidice, tous les hommes fusillés, les femmes déportées à Ravensbruck, les enfants=dispersés dans les orphelinats, le village rasé Oradour-sur-Glane, Centre, Haute-Vienne en France. Le 10 juin 1944, les SS par mesure de représailles massacrent 643 personnes dont 500 femmes et enfants qui meurent enfermés dans l église volontairement incendiée. Oradour=symbole de la barbarie nazie. Outre le fait que les Allemands pillent économiquement (impôts, réquisitions) et humainement (mise en place du STO en 1942) l'europe occupée reprenant ainsi les caractéristiques économiques d'une guerre totale déjà présentes lors de la 1ère GM. 5
d) la guerre du Pacifique, des massacres de masse à l'éclair atomique Photo «Nagasaki, 9 août 1945» -Sur le front asiatique, on retrouve une même escalade dans la violence et la terreur. Régime militarisé et expansionniste en Chine depuis les années 1930, le Japon impérial ressemble aux fascismes européens mettant en avant la supériorité de la race japonaise sur les autres races asiatiques. Ils justifient par là même des massacres de masse comme celui de Nankin en décembre 1937 en Chine (texte, Nankin entre 50000 et 90000 morts 8000 à 20000 femmes chinoises violées), la mise en place de travail forcé dans les pays occupés ou encore la prostitution de force de milliers de femmes coréennes. C'est contre ce Japon là que les Etats-Unis se battent dans la guerre du Pacifique depuis l'attaque de Pearl Harbour en 1941. Contrairement à ce qui se passe en Europe, en Asie, la reconquête du Pacifique se heurte à des difficultés importantes, dues aux distances et au climat tropical. La victoire finale dépend avant tout des victoires en mer. La puissance industrielle de l économie de guerre des EU permet de couvrir les besoins militaires de l Europe et de l Asie. Très vite l organisation des EU, qui donne priorité aux productions de guerre, l emporte sur le Japon. Mais les Japonais s accrochent farouchement dans les îles. En juin 1944, les Américains avancent. C est alors que les Japonais utilisent pour la première fois les Kamikazes. Les bombardements des B29 s intensifient alors sur les centres industriels. Mais le moral des japonais ne désarme pas. Devant la farouche résistance du peuple japonais, l état-major américain estime que la conquête du Japon pourrait coûter plus d un million de morts. Le président des EU, Harry Truman, décide alors d utiliser l arme atomique qui vient d être mise au point au centre de recherches de Los Alamos (Nouveau Mexique) sous la direction de Julius Robert Oppenheimer. Deux bombes atomiques sont lâchées sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 8 août 1945.(texte de justification de H Truman : lecture 6 p. 119.) Face à la puissance terrifiante de l arme nucléaire, le Japon cesse le combat et signe la capitulation le 2 septembre 1945. La Seconde Guerre mondiale est terminée. Texte 5 p119 «Albert Camus, Combat, 8 août 1945» Mais le choc créé par l'utilisation de la bombe atomique est sans précédent. La guerre au XXème siècle ne sera plus la même après Hiroshima, les règles dites et non dites vont évoluer et transformer tous les conflits futurs. Il y a un avant et un après Hiroshima. 6
Transition : Ce point de rupture lié à l'utilisation de la bombe atomique vient parachever la violence employée contre les civils tout au long de la seconde guerre mondiale. A cette violence sans précédent née d'un arsenal de plus en plus destructeur s'ajoute pour les consciences européennes la découverte en 1945 de l'étendue des génocides juif et tzigane perpétrés par les Nazis. 2.3) l'horreur nazie : l'extermination des Juifs et des Tsiganes Photo «Libération du camp de Nordhausen par les Américains» Dossier p110-111 «Le génocide des Juifs & des Tziganes» a) une application progressive de l idéologie raciste Photo «Ouverture Dachau 1933» la mise à l'écart des populations jugées asociales ou nuisibles Toute cette horreur découle directement de l idéologie développée dans Mein Kampf, il s agit pour les Nazis d appliquer la hiérarchie des races. Les races dites inférieures présentes sur les territoires dominés par les Nazis doivent être mis à l écart puis progressivement éliminés. 1933-1938 : lois antisémites en Allemagne. Progressivement, les Juifs ALL sont exclus de la société, obligés de porter l étoile juive puis violentés et enfermés dans des camps notamment lors de la nuit tragique Nuit de cristal 10 Novembre 1938 Les déportations commencent dans les pays occupés par les Allemands. Cette discrimination s'applique aussi directement aux tsiganes dès l'arrivée au pouvoir des Nazis en 1933. Le Centre de recherches en hygiène raciale mis en place par le nouveau régime considérant qu'une majorité des Tsiganes était en fait des métis (Mischling) concluait qu'ils étaient des asociaux par leur mode de vie et une race hybride par leur métissage biologique, ce qui impliquait qu'aucune "rééducation" n'était possible. Ce centre de recherches en hygiène raciale proposait d'ailleurs de tous les stériliser pour solutionner la question tsigane. Peu à peu, les Tsiganes subirent le sort réservé aux Juifs : les mariages mixtes furent interdits, les enfants exclus de l'école, les adultes de l'armée, les travailleurs soumis à un impôt spécial, etc. Ils parachevèrent la politique de sédentarisation en internant les Tsiganes dans des camps communaux puis des camps de concentration. Venus de toute l'allemagne et d'autriche, assimilés à des asociaux (ils portent le triangle noir) ils sont plusieurs milliers à être enfermés dans ces camps de concentration en Allemagne où beaucoup périssent à cause des travaux forcés. 7
Photo 2 p83 «Rafle dans le ghetto de Varsovie, 1943» la mise en place des ghettos 1939 : occupation de la Pologne et mise en place des ghettos pour les Juifs. quartiers réservés desquels ils ne pouvaient sortir où des milliers de familles meurent de faim, d épidémies et des brutalités perpétrées par les nazis puis déportés progressivement. En 1943, le ghetto de Varsovie se soulève en vain. Les survivants sont envoyés vers les camps de la mort. b) la déportation et la solution finale Dessin «Transformation des boches, URSS, 1943» En 1941, avec la guerre à l'est et le début de l'opération Barberousse, on assiste à une radicalisation de la violence. L'armée allemande et les SS se retrouvent confrontés directement confrontés à leurs ennemis idéologiques le "judéo-bolchevisme" et les "sous races' qu'on leur a appris à détester : Slaves, Tziganes et Juifs. Derrière l'armée allemande qui avance des SS doivent au départ éliminer les cadres du parti communiste pour très rapidement se concentrer sur l'élimination des communautés juives. Photo «Einsatzgruppen, Ukraine, 1941» Ce sont les massacres systématiques des Juifs par les Einsatzgruppen groupe d intervention SS (ex. 29-30 septembre 1941 : massacre de Babi Yar en Ukraine, plus de 33 000 juifs exécutés). C'est ce que certains appelleront plus tard la "Shoah par balles" Les tsiganes nombreux eux aussi à l'est vont aussi connaître les massacres de masse par les Einsatzgruppen ou leurs alliés (les nationalistes ukrainiens ou baltes) au total des milliers de tsiganes furent tués. Mais ces massacres de massacre pas assez efficaces + troubles des hommes qui doivent exécuter femmes et enfants de sans froid Texte 2 p110 «Wannsee, 20 janvier 1942» 20 janvier 1942 : la conférence de Wannsee officialise la "solution finale de la question juive" en Europe. Effroi de l expression. Eradication systématique de tout un peuple. Point de non retour, ultime barbarie=usage industriel Mai 1942-novembre 1944 : les chambres à gaz fonctionnent continuellement. 8
1940 : la déportation des Tziganes vers le gouvernement autonome de Pologne est décidée. La déportation systématique des Tsiganes prit toute sa dimension avec le décret appelé "Auschwitz Erlass" signé par Heinrich Himmler le 16 décembre 1942. Ce décret ordonnait la déportation à Auschwitz de tous les Tsiganes du Grand Reich. Peu de temps après, le décret fut élargi aux Tsiganes habitant l'autriche, le Nord de la France, la Pologne, le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas. Mais pour bien comprendre ce processus d'extermination et son fonctionnement et pour éviter les confusions, il importe de distinguer camps de concentration et camps d extermination. c) Les camps de concentration et camp d'extermination Carte p109 «L Europe des camps» Photo «Camp de concentration de Mauthausen» les camps de concentration Ils étaient destinés à tous les individus jugés dangereux pour le régime Nazi.(communistes, homosexuels, hommes politiques, journalistes, artistes, il s agit de broyer la pensée). Ils furent créés sur le territoire Allemand dès 1933. Le camp de concentration de DACHAU, dans la proche banlieue de Munich, est ouvert moins de deux mois après l arrivée au pouvoir de Hitler. Ils étaient au nombre d une douzaine DACHAU, BUCHENWALD, BERGEN- BELSEN, NATZWILLER-STRUTHOF. On estime qu entre septembre 1939 et Janvier 1945, 1 600 000 personnes y ont été déportées. Le taux de mortalité y variait entre 30 et 60%. Les camps de concentration=camps de la mort lente. Ils accueillirent beaucoup de tsiganes all et autrichiens avant 1939 dont beaucoup périrent. 9
Photos «Rampe Auschwitz mai ou juin 1944» Photo «Crématoire V, Birkenau, août 1944» Dossier p112-113 «Le camps d Auschwitz, une usine de mort» Les camps d extermination C est le 20 janvier 1942, à la conférence de Wannsee, qu est décidée la déportation systématique des juifs et des tziganes (200 000 morts) vers les camps d extermination. Ils servaient uniquement à liquider physiquement leur population. Au nombre de six, ils ont fonctionné de 1941 à 1945. Quatre d entre eux étaient uniquement des camps d extermination : CHELMNO, BELZEC, SOBIBOR et TREBLINKA. On peut dans ce cas à peine parler de camps : c étaient des terminus ferroviaires où, dès leur arrivée, les déportés étaient conduits directement aux camions à gaz ou aux chambres à gaz pour être tués. Deux autres camps : AUSCHWITZ-BIRKENAU, véritable "usine de mort", et LUBLIN-MAÏDANEK, ont été des camps mixtes : d abord camps de concentration, puis aménagés pour une large part en installations d extermination avec chambres à gaz et crématoires. Les Tsiganes d'europe sont envoyés à Auschwitz selon les ordres d'himmler. Les Tsiganes furent les seuls à ne pas connaître la sélection sur la rampe d'auschwitz, ils furent aussi les seuls à vivre en famille. La plupart de ces Tsiganes sont morts de faim, de maladies et des suites des expériences médicales pratiquées par le docteur Mengele. Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, après le départ de ceux jugés aptes à travailler, les 2 897 personnes restées au "camp de familles" furent gazées. Entre 1941 et la fin de 1944, on estime à 2.7 millions le nombre de victimes des camps d extermination. Pour le seul camp d AUSCHWITZ-BIRKENAU le nombre s élève entre 800 000 et 1.1 million. Tableau 2 p117 «Bilan du génocide» Au total, de 5.5 à 6 millions de juifs ont péri. C est une horreur sans nom : la Shoah. C est le génocide des Juifs d Europe, exterminés du simple fait de leur naissance. Horreur sup. de la Shoah car extermination systématique avec des moyens ind., il s agit de tuer le plus possible, le plus rapidement possible. A cela s'ajoute le génocide des Tziganes (autour de 200 000 morts) Conclusion La WW2 amplifie les efforts & les violences de la WW1. Cette guerre idéologique & industrielle précipite le monde dans la mort de masse et se conclue par la découverte des camps d extermination et du potentiel destructeur de l arme atomique. 10
Biographies «Hitler, Roosevelt, Staline, Churchill Révisions & exercices p122-123 Méthode p126-127 «composition» Méthode p124-125 «Expliquer un témoignage» Dossier p114-115 «Les résistances à la politique d extermination» 2) Comment la Résistance française a-t-elle lutté contre l'occupant nazi et contre le régime de Vichy? Couverture 1 p331 «Il était une fois le maréchal, 1941» Affiche 5 p335 «L union des résistances» 2.1) Pétain, Vichy et la collaboration. a) la débâcle et l accession au pouvoir de Pétain Carte 2 p326 «La France occupée» Repères p326-327 «La France dans la guerre» Dès le début de l offensive allemande, P. Reynaud (PdC) tente une "Union Sacrée", et nomme le 18 mai le maréchal Pétain (le héros de Verdun) comme viceprésident du Conseil afin de redonner confiance à une opinion publique traumatisée par l invasion allemande. En quelques semaines l armée française est défaite. Reynaud, (gvt =retiré à Bordeaux, pour le maintien de la lutte) acculé à la démission, est remplacé le 17 juin 40 par P. Pétain qui est convaincu que la défaite n est pas tant militaire que le résultat d un long déclin de la France provoqué par les gouvernements antérieurs. Les partisans de l armistice l emportent et celui-ci est signé le 22 juin. Il s agit d un véritable "Diktat", mais Pétain le signe parce qu il est, selon lui, une condition préalable à la "Renaissance" française. ( discours du 20 juin 1940) La fin de la III République Le 1er juillet 1940, le gouvernement est transféré de Bordeaux dans la petite station thermale de Vichy. Pierre Laval, vice-président du Conseil, convoque le Parlement pour réviser la Constitution de 1875. Le Parlement, à une écrasante majorité, décide de donner les pleins pouvoir au maréchal Pétain pour élaborer une nouvelle Constitution, celle de l Etat français. (constitution qui ne verra jamais le jour) 11
b) L Etat Français Affiche 3 p328 «La révolution nationale» Dossier p328-329 «Vichy, 1 régime antirépublicain» C est la France du "Maréchal" dirigée et inspirée par Pierre Laval. Pétain met en place un régime de type monarchique autoritaire. Les premiers actes constitutionnels suppriment la présidence de la République et Pétain devient chef de l Etat français. La devise de la République ("Liberté, Egalité, Fraternité") est remplacée par "Travail, famille, Patrie". Pétain ajourne le Parlement et les ministres de son gouvernement ne sont plus responsables. Tous les fonctionnaires importants doivent désormais prêter serment de fidélité à Pétain. La démocratie mise à terre par l extrême droite française. Pétain s arroge le droit de désigner son successeur. Ce régime correspond au retour au pouvoir des "notables". Ce sont en général des propriétaires terriens, des officiers de carrière, de hauts fonctionnaires, des membres du haut clergé. Ils se sont unis aux représentants des milieux d affaires, des milieux financiers et industriels qui s opposaient au Front populaire. L ensemble est hostile au parlementarisme, aux syndicats et administre donc la France dans un esprit réactionnaire et paternaliste, celui de la "Révolution Nationale". c) La "Révolution Nationale" Texte 2 p328 «Un ordre nouveau, Pétain, 11 octobre 1940» Elle veut opérer un retour aux "vraies" traditions française, aux vertus de la race et à la richesse de la terre française. Une France "saine, disciplinée et solidaire" élimine les corrupteurs : les partis politiques de gauche et du centre, les syndicats, les francs-maçons, l école laïque et les juifs qui sont rendus responsables de l affaiblissement de la France et de la défaite. Il en découle des mesures politiques, économiques et sociales visant à rénover la France. Au plan politique : suspension des libertés individuelles épuration de l administration suppression des partis politiques abolition du suffrage universel dans toutes les communes de plus de 2000 hab. (on se méfie du vote ouvrier, de la ville et sa libre pensée) 12
Au plan social : dissolution des syndicats. La grève est interdite. Au plan intellectuel : l enseignement est restructuré l enseignement primaire laïque est confié aux congrégations religieuses. Les programmes sont épurés. La jeunesse est désormais encadrée: les chantiers de jeunesse initie, pendant 8 mois, les jeunes à la vie des champs. Cette initiation s accompagne d un endoctrinement catholique et pétainiste. La famille est remise à l honneur (la fête des mères devient une cérémonie officielle). L avortement est interdit, le divorce rendu difficile. Texte 4 p329 «Statut des Juifs, 3 octobre 1940» Au plan racial : De lui même, le Régime de Vichy instaure une législation antisémite. Dès le 3 septembre 1940, les "juifs de nationalité française" sont soumis à un statut spécial. Ils sont exclus de l armée, de la fonction publique et leur nombre est réduit dans l Université (3%) et les professions libérales (2%). A partir de 1941, les préfets ont la possibilité de les interner, Mars 1941, est créé le Commissariat Général aux questions juives. Mai 1941, port de l étoile juive demandé par l ALL En juillet 1942, à Paris, 17 000 juifs sont arrêtés et rassemblés au vélodrome d Hiver (rafle du Vel d hiv) d où ils sont déportés vers les camps d extermination. Au total, le régime de Vichy est responsable de la mort de plus de 75 000 juifs. d) La politique de collaboration Photo 5 p329 «Montoire, 24 octobre 1940» les raisons de la collaboration Convaincus de la victoire des Allemands, les dirigeants de Vichy tentent de gagner les bonnes grâces de l occupant. Ils espèrent ainsi le retour des prisonniers et une place honorable de la France dans l Europe nouvelle. Certains dirigeants et proches du régime collaborent aussi par proximité idéologique, ce sont les collaborationnistes. une collaboration de plus en plus poussée La politique de collaboration a débuté dès l entrevue de Montoire (octobre 40). Après l occupation de la zone sud, celle-ci s accentue. Plus l occupation allemande se fait pesante, plus la collaboration est importante. En 1943, une police politique est instituée, la Milice qui appuie la Gestapo allemande. 13
En 1944, Vichy lié très étroitement au Reich suit les troupes allemandes dans leur retraite jusqu en Allemagne où le régime se réfugie. les Français et Vichy Jusqu en août 1944, Pétain, grâce au "maréchalisme" (culte de la personnalité du maréchal, présenté comme le Père, le Sauveur), est très populaire et d une façon plus générale beaucoup de français sont plus maréchalistes que vichyssois (partisans du régime). Dès 1943, de plus en plus nombreux sont ceux qui écoutent la BBC et à partir de 1944 qui attendent la libération qui balayera le pétainisme. 2.2) Les combats de la Résistance Photo 3 p333 «Maquis dans l Ain, 1944» a) la résistance intérieure et la résistance extérieure Dossier p332-333 «La résistance intérieure» Dès 1940, la résistance intérieure se développe Les groupes sont d horizon politique fort divers (tant de droite comme de gauche). En zone occupée, l ennemi est l Allemand, en zone libre c est Vichy. Leur action est peu spectaculaire : tracts, organisations de réseaux de renseignements (Libération Nord, Défense de la France en zone occupée ; Réseau Combat, Libération Sud, Francs Tireurs en zone "libre"). La résistance intérieure s amplifie en trois étapes : - A partir de 1941, après l opération Barberousse, les communistes français adhèrent massivement à la résistance. - Fin 42, lorsque l Allemagne envahit la zone sud et que Vichy accentue la politique de collaboration. - 1943, lorsque Vichy établit le STO. Beaucoup de jeunes préfèrent rejoindre les rangs de la résistance plutôt que d aller en Allemagne. C est aussi à partir de cette date que les actions de guérilla et de sabotage se multiplient. Texte 1 p334 «L appel du 18 juin» Dossier p334-335 «La France libre» Quant à la résistance extérieure, elle s organise autour de la personne du général De Gaulle. Après son appel du 18 juin 1940, il s était adressé à des personnalités connues et était prêt à s effacer devant elles si elles prenaient la tête du mouvement. Mais n ayant reçu aucune réponse, le 28 juin 1940, le gouvernement britannique reconnaît en De Gaulle le chef de tous les Français libres. Le 14 juillet 1940, De Gaulle passe en revue 7 000 hommes, mais après Dunkerque 110 000 hommes débarquent en Angleterre. 14
Peu après, une partie de l empire colonial rallie De Gaulle (Afrique Equatoriale française, et les îles du Pacifique.) ce qui permet à De Gaulle de créer un Conseil de Défense de l Empire. C est la toute première ébauche d un gouvernement rival de celui de Vichy. Avec ce conseil, la France Libre cesse d être une minuscule force militaire ce qui permet à De Gaulle de rentrer à nouveau dans la guerre et être présent pour la victoire finale. b) l unification de la Résistance Affiche 5 p335 «L union des résistances» C est pour coordonner la résistance intérieure que De Gaulle fait parachuter en France, le 1er janvier 1942, Jean Moulin, ancien préfet révoqué par Vichy. Celui-ci contacte les principaux mouvements qui, après de longues négociations, reconnaissent de Gaulle comme seul représentant des intérêts français auprès des alliés et de la France en lutte. De Gaulle s engage à accepter que le peuple français choisisse, après la libération, son régime politique et à réaliser de profondes réformes économiques et sociales. Ainsi, le 27 mai 1943, Jean Moulin crée le Conseil National de la Résistance qui, dès sa formation, réclame la création d un gouvernement provisoire sous la présidence de DG. C est le Comité français de Libération nationale créé à Alger en juin 1943, dirigé par de Gaulle c est lui qui accorde, en avril 1944, le droit de vote aux femmes. A la veille du débarquement en Normandie, le 2 juin 44, De Gaulle transforme le Comité français de Libération nationale en Gouvernement provisoire de la République française (il compte avec la présence de deux communistes) ce qui empêche les Alliés de prendre en main l administration des territoires libérés c) La Libération, rétablir l ordre républicain Photo 6 p339 «Procès Pétain, août 1945» Dossier p338-339 «Libération & épuration» Deux objectifs : épuration et restauration d un ordre républicain l'épuration sauvage : dès juin 1944, alors que la France n'est pas encore complètement libérée et ce jusqu'à la fin de l'année une épuration sans cadre légal, spontanée est menée par les résistants contre tous ceux soupçonnés de collaboration avec l'ennemi. Au total 8 000 à 9 000 personnes ont ainsi été tuées avant même que le territoire soit complètement libéré. Des femmes ayant fréquenté des Allemands sans avoir nécessairement collaboré sont tondues en public! Devant cette violence, les nouvelles autorités se doivent d'intervenir. Des juridictions officielles se mettent en place afin de juger et condamner les traîtres de Vichy. 15
Tableau 3 p338 «Bilan de l épuration légale» On évalue à 320 000 les cas traités par ces juridictions. Les 3/4 des individus jugés sont condamnés à des peines d'emprisonnement ou de dégradation nationale. 1500 personnes sont condamnées à mort et exécutées. A côté de ça, les ministres et hauts fonctionnaires de Vichy sont jugés par une Haute Cour de justice (18 peines capitales et des peines de travaux forcés). Sont condamnés à mort les dirigeants du régime Pétain et Laval. Laval est exécuté, Pétain lui est gracié par le gal de Gaulle, il termine ses jours emprisonné à l'île d'yeu où il meurt en 1951. (Lors de son procès, Pétain défend une thèse qui sera repris par la suite, il aurait été un 'bouclier', en acceptant de gouverner il aurait épargné des souffrances à la France.) Mais cette épuration est inachevée. L'administration est peu touchée car on a besoin des cadres pour la reconstruction, les milieux économiques sont eux aussi peu touchés En fait la France se reconstruit en oubliant voire refoulant une partie de son passé. (cf. dénazification en Allemagne) Pour sortir de l anarchie née de la Libération, de Gaulle nomme des commissaires de la République dans chaque région qui remplacent les fonctionnaires de Vichy et obtiennent la dissolution des unités armées nées de la résistance et la restitution des armes préalable à un retour à l ordre public. Les principaux responsables de Vichy arrêtés, les milices résistantes dissoutes, il s agit désormais de refonder la République. Conclusion L idéologie réactionnaire et autoritaire de Vichy comme sa politique (collaboration, persécution des Juifs, répression de la Résistance à l occupant) en ont fait l un des alliés du nazisme. A ce titre, si la Résistance nait d abord de la volonté patriotique et nationale de chasser l armée allemande, son combat contre Vichy devient politique et idéologique, partie prenante du grand affrontement des démocraties et des fascismes. La Libération est l occasion d une profonde rénovation de l idéal républicain. Suivant le programme du CNR de mars 1944, de grandes réformes visent à établir une république démocratique et sociale. Biographies «Pétain, de Gaulle, Moulin» 16