Fiches de synthèse AGRICULTURE

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4- Secteur Agricole au Mali Le secteur agricole malien est encore peu diversifié. Il est orienté principalement vers le marché intérieur. La production agricole est largement dominée par les céréales (mils, maïs sorgho et riz), qui constituent l essentiel de la base alimentaire des populations. A l export, on y retrouve surtout le coton, la mangue et le bétail. Le secteur primaire constitue le premier secteur de l économie malienne avec une contribution importante, de l ordre de 38 % du PIB (2012). L agriculture constitue le moteur de ce secteur, occupant près de 70 % de la population active, et les deux principales cultures sont le riz et le coton. Le Mali a produit 7,4 million de tonnes de céréale en 2012/13. L élevage et les productions animales représentent 30% de la valeur du PIB primaire, le coton moins de 10%. Près de 800 000 exploitations évoluent dans l agriculture malienne dont la plupart pratiquent la polyculture céréalière et l élevage. Ces exploitations sont, dans l écrasante majorité, familiales et de petite taille avec 68% des exploitations ayant des superficies de moins de 5 ha et seules 14% dépassent les 10 ha. La SAU totale est estimée à 4,8 millions d'ha dont 7% irriguée. Le coton est l une des rares cultures dites industrielles. Il concerne environ 200 000 exploitations et fait vivre directement ou indirectement autour de 3 millions de personnes. La production de coton connaît depuis quelques années des déboires et la production ne cesse de chuter. Les exploitants sont pour la plupart équipés en traction animale, rarement en motorisé, ainsi plus de 75% possèdent un équipement complet en traction bovine pour la mise en valeur d'une superficie moyenne de 2 à 3 hectares. Toutefois, le Mali possède d autres potentialités avec les cultures fruitières et légumières notamment la tomate, la mangue, la banane et l orange. En dépit d un important potentiel de SAU irrigable (près de 2,2 millions ha), le plus important du Sahel, seulement 325 000 ha sont irrigués (18% du potentiel) et cela principalement pour le riz (80% sont exploités en riz, le reste se répartissant entre la canne à sucre, le thé et le sorgho. L irrigation est fondamentalement basée sur le gravitaire. Le goute à goute est encore peu développé. Cette situation est principalement due au manque de moyens financiers et de technicité. L agriculture malienne est globalement peu intensifiée. Elle est aussi caractérisée par une faible productivité, due à sa forte dépendance à divers facteurs: manque d infrastructure en milieu rural pluviométrie, hydrologie, pauvreté et fragilité des sols, encadrement, persistance de certaines maladies végétales et animales. L enclavement et le faible niveau des investissements constituent des contraintes majeures pour le développement rural. 14

Analyse approfondie par branche d activité L agriculture Sur une superficie totale du pays de 1,24 million de km², 51% sont constitués de terres désertiques. Si la population reste majoritairement rurale (69% selon la FAO), l'urbanisation se développe. La capitale connaît une croissance démographique rapide alimentée en partie par l'exode rural : Bamako héberge aujourd'hui 20% de la population du Mali et progresse chaque année de 100.000 habitants. L économie malienne est fortement tributaire du secteur primaire (agriculture, élevage, forte et pêche) qui contribue pour 38% au PIB (22% pour l'agriculture, 10% pour l'élevage et 6% pour la pêche et la forêt). Il y a quelques 800.000 exploitations agricoles au Mali. Les superficies cultivées représentent 4,8 millions d'ha, soit 4% du territoire. L écrasante majorité des exploitations agricoles du pays, soit près de 95% sont sous culture pluviale. Les productions agricoles du pays restent en conséquence tributaires du niveau des pluies, les régions arides (Kidal, Gao, Tombouctou) connaissant des pénuries en période de soudure. Le potentiel irrigable du Mali est estimé à 2.200.000 ha. Les superficies aménagées et irriguées représentent 325.400 ha (18%), principalement concentrées dans les vallées des fleuves Niger (aménagements de l'office du Niger) et Sénégal. Le secteur occupe 70% de la population active et fournit en 2011 près de 20% des recettes d exportation du pays. Les productions comportent des céréales (mil, sorgho, maïs, riz) et des cultures de rente (arachide, coton).la production céréalière est principalement destinée à l'autoconsommation et n'est commercialisée qu'à hauteur de 20%. La production céréalière de la campagne 2012/2013 est estimée à plus de 7,4 millions de tonnes. Le Mali produit quelques cultures légumières et maraîchères. Il est le deuxième exportateur africain de mangues vers l'europe (17.000t / an). Principale culture de rente, le coton représente, avec 11% des exportations en 2011 (200 M ) la seconde ressource d'exportation après l'or (1,4 Mds, soit 77% des exportations). Le secteur cotonnier fait vivre directement environ 7% de la population du pays. La production nationale de coton graine s'élève à 480.000 tonnes 15

pour la campagne 2012/2013. La filière est gérée par la Compagnie Malienne du Textile, société d'économie mixte. L agriculture est très faiblement mécanisée, mais quelques projets privés de cultures industrielles sont entrés en phase active. L élevage Le Mali est un pays à vocation agro-pastorale. Le secteur de l'élevage contribue à hauteur de 8,5% à la formation du PIB. Il représente le troisième poste d'exportation du pays, essentiellement du bétail vendu sur pieds. Le cheptel est estimé à 8,4 millions de bovins, 10,2 millions d ovins, 14,3 millions de caprins, 1,2 million d équidés (400.000 chevaux et 826.000 ânes), 73.000 porcins, 870.000 camélidés et 34 millions de volailles (commercialisation de 400 millions d œufs et 2500t de chair/an). La filière bétail présente des opportunités d investissement, non seulement dans l industrie de transformation de la viande, mais encore dans le développement des infrastructures nécessaires à la distribution locale et internationale. Il n y a aucun élevage industriel dans la filière bovine, quasiment aucune organisation de collecte et de traitement du lait ; enfin, le pays ne compte aucun entrepôt frigorifique, et seulement deux abattoirs industriels privés à Bamako dont la situation sanitaire n'est pas satisfaisante. Le potentiel de production de la viande rouge est de 150.000 tonnes. Le Mali a un avantage comparatif en matière de peaux. Le Mali exporte beaucoup de bétail de transhumance, essentiellement vers les pays voisins (Côte d Ivoire, Burkina Faso, Ghana, Togo, Sénégal, Algérie et Libye). Les animaux sont expédiés sur pieds, entraînant un manque à gagner en termes de valeur ajoutée pour le Mali (les cuirs et peaux, les sabots et cornes, etc.). La pêche Pays enclavé, le Mali dispose de ressources hydrographiques importantes qui lui permettent d'assurer une production estimée à plus de 90.000 tonnes, ce qui représente plus de 40% de la production de poissons d'eau douce de l'afrique de l'ouest, essentiellement concentrée dans le delta central du Niger. Le nombre de pêcheurs inscrits et recensés s'élève à environ 40.000. La pêche contribue pour environ 1% au PIB du pays. Le nombre d'emplois générés par l'ensemble de la filière est estimé à environ 500.000 16

personnes. L absence de chaîne de froid limite considérablement la valorisation des ressources halieutiques. L'industrie agroalimentaire Malgré de nombreuses ressources, le Mali n'a pas mis en place une industrie de transformation des produits agricoles. De nombreuses petites structures artisanales et semi-industrielles transforment les céréales, les fruits locaux, le lait et les oléagineux. Quelques projets ont émergé depuis 3 ans : - deux groupes minotiers se sont créés, avec une intégration verticale (farines de blé, maïs et mil, farine infantile, rizerie, aliments bétail/volaille) autour des Moulins du Sahel et de Moulin Moderne du Mali. - deux projets d agro-carburants à base de Jatropha, portés par des investisseurs néerlandais (Mali Biocarburant) et français (Jatropha Mali Initiative, groupe Éco-Carbone), situés dans la région de Koulikoro. Le poids de l agro-industrie dans l économie reste négligeable : l industrie manufacturière contribuait pour 6,9% dans le PIB, dont 2,6% pour l agroalimentaire et 3% pour le textile. Le Mali reste ainsi encore fortement dépendant de ses importations pour les produits bruts et transformés, la facture alimentaire représentant en 2011 273M, soit 14% des importations du pays. 17