Histoire des VIGNERON-VIGNERONT d'eix (55) Sommaire : I - D'ou viennent-ils II Eléments d'études sur cette famille III- Pourquoi les VIGNERON deviennent VIGNERONT? IV Histoire militaire d'aimé VIGNERONT née en 1860 et de ses enfants V - Comment la Meuse et l'alsace se sont rencontrés : VI - L'histoire du changement de nom de François LIEGEOIS en François DETUNCQ puis en François VIGNERONT à sa demande. I D'où viennent-ils? Les VIGNERON-VIGNERONT, patronyme de la grand-mère de mon épouse, se confondent avec la commune d'eix (Meuse), dont la carte ci-dessous permet la localisation. La 1 ère fois où on trouve des VIGNERON sur le registre date du 25-07-1666. Il s'agit "d'un mémoire des mariages" où on lit "aujourd'hui 25 juillet 1666 Jacq Le VIGNERON a espousé Janne BOMONT tous dmt (=demeurant) à Eix".
II Eléments d'études sur cette famille Il faut savoir comme le montre le tableau des habitants d'eix ci-dessous que la commune a atteint son maximum en 1896, soit 767 habitants, et qu'au XVIIIème siècle, elle devait être à 400 habitants en moyenne. Or, ceci n'a pas empêché que nos VIGNERON-VIGNERONT se sont presque toujours mariés à Eix : concernant l'ascendance patronymique de Marie Louise VIGNERONT (la mémé voir ci-dessous son histoire) née en 1894 : hormis le remariage de Laurent avec Julienne FERRON entre 1743 et 1745 qui n'a pas été trouvé), seules 2 épouses Marguerite CARAVÉ de Ronvaux mariée en 1757, et Marguerite WANHAM de Belrupt mariée en l'an VII sur 9 conjointes ne sont pas issues d'eix Concernant la descendance patronymique de Jacq le VIGNERON, seuls 5 mariage ont eu lieu hors d'eix, alors que 59 ont eu lieu à Eix, soit 92%. Nom + Prén Nais : date+lieu VIGNERON 1753/1754 Jean Baptiste Watronville (55) VIGNERON 15/07/1735 Nicolas Eix (55) VIGNERONT Emile Marie VIGNERONT Eugène VIGNERONT Marie Adolphe 07/01/1877 Eix (55) 10/06/1875 Eix (55) 10/10/1878 Eix (55) PrénP. François Laurent Sébastien- Eugène Édouard Sébastien- Eugène Mère: Nom+Prén. JACQUIN Marguerite 1 er mariage date+lieu 03/08/1779 Chatillon Sous Les Côtes (55) 03/02/1763 Damloup (55) HUVET Marguerite HENRY Marie 28/11/1903 Bezonvaux (55) COUTURIER Mélanie 21/01/1903 Bezonvaux (55) HENRY Marie 02/03/1905 Damloup (55) 1 er mariage : Nom+ Prén BASTIEN Catherine TRISTANT Antoinette REMOIVILLE Anne MARCHAL Marguerite CHARTON Marie Et sur cette descendance, il y eu 9 remariages, soit 14%. En conclusion ils y ont pris très majoritairement leurs épouses sur la commune et leurs enfants y sont nés.
(en 1921, seulement 132 habitants demeurent à Eix car cette commune était sur la ligne de front en 1916, et le village a été totalement détruit. Les habitants y vivaient dans des baraques de fortune en attendant que les chantiers de reconstruction rebâtissent les maisons). Autre point commun à tous les VIGNERON-VIGNERONT. Ils sont quasi exclusivement maçons, voir charpentier, mais quasi jamais vigneron, alors que la majorité des gens d'eix le sont.
Dans le fichier Statistiqes globales sur l'ascendance agnatique de nos 8 grandsparents. Rien de très particulier hormis le nombre d'enfants par couple (8.25) où cette famille est celle qui a le plus d'enfants : ceci est surtout dû au XVIIIème siècle où le nombre d'enfants par couple atteint 10.20. l'âge au décès : en moyenne 72.33 ans. Là aussi, le meilleur résultat des 8 familles. un taux d'implexe énorme puisqu'à la 8 ème génération, le taux d'implexe a grimpé à 28 %, et à la 9 ème, à 50 %. Ceci est bien sûr lié au fait qu'ils restent sur Eix, et qu'ils se marient entre eux. On trouve même 3 frères VIGNERON (Nicolas né en 1735, Laurent Nicolas né en 1735, Jean né en 1741) enfants du couple Laurent VIGNERON Marguerite HUVET qui se marient avec les 3 sœurs TRISTANT (Antoinette née en 1737, Anne Louise née en 1740, Anne Marie née en 1745) filles du couple Jean TRISTANT Antoinette HENRY. D'ailleurs, ceci lié au fait que l'on donne les mêmes prénoms, ou inversé (du style Laurent Nicolas et Nicolas LAURENT obligent nos braves rédacteurs de l'état-civil au début du XIXème siècle a trouvé une solution pour savoir de quel VIGNERONT il est question. Et donc, pour éviter les confusions, les François VIGNERONT sont affublés du nom de leur épouse. Ainsi François VIGNERON WANHAM et Jean François VIGNERON HUVET. Ainsi + Eix 15-7-1818 Marie Marguerite VIGNERON (vue AD055_EC_171_0130_0079) ; ainsi la naissance à Eix de Catherine fille de "François VIGNERONT (HUVET c'est le nom de sa 1 ère épouse- ) et de Marie Jeanne Louis" le 28-12-1825 AD055_EC_171_0140_0057; idem le mariage à Eix de Marguerite VIGNERONT fille du " sieur François VIGNERONT (HUVET)" le 27-11- 1827 avec Hubert BRIARD AD055_EC_171_0140_0111; idem le décès de François VIGNERONT le 18-08-1830, "sont comparus le sieur François VIGNERONT WANHAM AD055_EC_171_0140_0190 ; idem le mariage le 23-04-1833 de François LAMORLETTE et de Marie Barbe VIGNERONT fille "de François VIGNERONT HUVET" AD055_EC_171_0150_0023 ; idem le mariage le 10-06-1834 de Jean Baptiste LEGAY et Marie VIGNERONT fille de Jean François VIGNERONT HUVET (AD055_EC_171_0150_0051) Sur l'ascendance complète de Marie Louise VIGNERONT née en 1894, la statistique sur le mois des mariages est conforme à ce qu'écrit J-Louis BEAUCARNOT dans son livre "Comment vivaient nos ancêtres" : on évite le mois de mars et/ou le début avril car c'est la période de carême. Idem pour Décembre, période de l'avent ou du petit carême. On évite juin-juillet-août qui est la période la plus propice, et la plus demandeuse de travaux extérieurs. Et là, comme on a aussi affaire au métier de la vigne (la branche REMY branche maternelle de Marie-Louise VIGNERONT), on évite aussi septembre et octobre.
III- Pourquoi les VIGNERON deviennent VIGNERONT? Il n'y a pas d'explication rationnelle, si ce n'est une signature qui deviendrait la marque de famille, et qui au moment de la Révolution a poussé doucement les rédacteurs de l'etat-civil à s'aligner sur cette signature, et donc d'adjoindre le T aux VIGNERONT. Voici la 1 ère signature VIGNERON au baptême de Laurent le 21-02-1707 à Eix AD055_EC_171_0050_0057 et 58. C'est son oncle Laurent (le 1 er VIGNERON connu qui sache écrire) né en 1688 qui est le parrain, et le brave curé a bien écrit VIGNERON sans T final, et Laurent a bien signé avec un T à la fin de son nom. (Et si l'on regarde bien sa signature, il a écrit VINGNERONT : erreur dû au fait qu'il ne maîtrise pas l'écriture bien que celle-ci semble assurée, ou plus sûrement la traduction phonétique du nom un peu "patoisé"). Tous les autres ancêtres patronymiques sauront écrire.
Quand ce Laurent VIGNERON né en 1707 se marie une 1 ère fois en 1732 avec Marguerite HUVET, il va signer VINGERRONT, toujours avec le T final, et son écriture est beaucoup moins assurée que la précédente : A la Révolution, même si cela ne se généralise pas d'un seul coup, on passe à des VIGNERONT avec un T final. Ensuite, cela se généralise jusqu'au décès de 1827 où on retrouve des VIGNERON sans T (voir AD055_EC_171_0140_0113 + Marie Françoise VIGNERON). Pour l'anecdote, Marie Louise VIGNERONT grand-mère de l'épouse du rédacteur de ces notes qu'il a connu, lui disait toujours : c'est drôle, nous avons le même nom, mais moi, c'est avec un T. (mais là l'origine de ce rédacteur était dans le département de Maine et Loire). IV Histoire militaire d'aimé VIGNERONT née en 1860 et de ses enfants Ses autres ascendants VIGNERONT n'ont semble-t-il pas participé aux différents conflits de la Révolution, du 1 er Empire, voire du Second Empire. Mais lui, qui a tiré le mauvais numéro, (de la Révolution à 1905, le soldat est désigné par le tirage au sort) a fait la Guerre du Tonkin dans l'infanterie de Marine, et ya été blessé. En voici les détails de sa vie militaire : Registre matricule 1425. Cheveux et sourcils châtains. Yeux châtains. Nez court. Front découvert. Bouche moyenne. Menton petit. Visage ovale. Taille 1,67 m. Affectation : 1 er régiment d'infanterie de Marine. Décision du Conseil de révision : propre au service. Détail des services et mutations diverses : - parti de Verdun le 10-12-1881, comme appelé. - Arrivé au corps le 12 dudit mois - N matricule A 15636 - Caporal le 1-12-1882
- Blessé le 08/02/1885 à la rotule, réformé le 24/08//1889, a reçu la médaille commémorative du Tonkin le 23/12/1885. - Placé en congé renouvelable le 20-10-1885 - A reçu un certificat de bonne conduite Campagnes : - sur le «Schamrock» du 10-9-1883 au 20-10-1883. En Cochinchine du 23-10- 1883 au 10-1-1884. Sur le «Saïgon», du 11 au 15-1-1884. A Tfnan-an (en guerre) du 16-1-1884 au 23-5-1885. Sur le «Pluvier» du 24-5-1885 - passé dans la Réserve le 1-7-1886. Réformé N 2 par la Commission Spéciale du 1 er Arrondissement pour fracture de la Rotule. Deux de ses fils Eugène et Auguste seront tués à la Grande Guerre : - Auguste dont le jugement rendu en 1921 atteste que sa mort n'a pas été déclarée de suite. -
- Eugène VIGNERONT porté disparu V Comment la Meuse et l'alsace se sont rencontrés :
La mémé, (c'est comme cela qu'on l'appelait dans la famille) a eu une jeunesse sans doute difficile car son père est décédé dès 1904, elle avait alors 10 ans. Puis vint la Grande Guerre, et Eix, étant sur la ligne de front, a vu ses habitants évacués en 1916. La mémé et ses sœurs et leur mère, le furent sur Domats (89) où la mémé et sa sœur Juliette travaillèrent dans une scierie. Dès la guerre finie, elles retournèrent sur Eix et vécurent dans des baraquements, en attendant que les Chantiers de Reconstruction leur fassent une vraie maison. Et c'est parmi ces employés de ces Chantiers qu'elle rencontra le pépé, alsacien d'origine. VI l'histoire du changement de nom de François LIEGEOIS en François DETUNCQ puis en François VIGNERONT à sa demande. ci-dessous : J'ai rajouté ce document parce que l'histoire est originale, et qu'il montre la détermination d'un homme et d'une famille à vouloir récupérer la seule identité dont il est sûr (ses nièces feront la même chose). On peut imaginer que dans le village d'eix, tout le monde devait savoir qui était le père. Voici les détails : Jeanne VIGNERON a au moins 2 enfants qui portent le nom du mari dont François (AD055_EC_171_0120_0056) pendant que son mari Joseph LIEGEOIS est soldat des Armées Napoléonienne. A son mariage (AD055_EC_171_0150_0025), il se dénomme DETUNC 2ème et dernier époux de sa mère (suite à un jugement à Verdun du 18-02-1811, "sur une demande en désaveu de paternité de Joseph LIEGEOIS contre plusieurs enfants nés de Jeanne VIGNERON au nom desquels se trouve l'exposant" (AD055_EC_171_0180_0187 en haut à droite :). Suite à un jugement du tribunal de Verdun du 6/11/1860, à sa demande, il doit porter le nom de sa mère (voir jugement ci-dessous). Les enfants de J-François THIEBAUX et Marguerite VIGNERONT feront la même requête (jugement Verdun 02-05-1848 AD055_EC_171_0180_0205 et suivantes)
(voir transcription AD055_EC_171_0180_0045, 0046, 0047 et aussi AD055_EC_171_0180_0186 à 0193)