Morphosyntaxe Générale TNM licence 3

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Morphosyntaxe Générale TNM licence 3 segmentation/commutation et relation syntagmatique/paradigmatique La segmentation: tout message peut faire l'objet de segmentations successives qui permettent d'isoler des unités de complexité décroissantes jusqu'au seuil indépassable du morphème pour la première articulation et du phonème pour pour la deuxième. Ainsi la phrase le gros chat mange la souris peut se décomposer en sept morphèmes: le, gros, chat, mange, la, souris, et en seize phonèmes. La commutation (voir la partie ACI): permet d'identifier les unités des deux articulations en faisant correspondre des différences de forme à des différences de sens (et vice-versa). Le morphème chat peut être isolé à partir de plusieurs commutations, en remplaçant ce qui l'entoure (son petit chat est adorable, ce chat m'inquiète...) ou en remplaçant chat par d'autres morphèmes (le gros oiseau mange la souris, la gros matou mange la souris...). La procédure est la même pour les phonèmes: [m] peut être isolé par comparaison entre mange, range, change, etc. syntagmatique et paradigmatique. Les notions de syntagmatique et de paradigmatique sont intimement liées aux opérations de segmentation et de commutation. La segmentation d'un message linguistique permet d'obtenir des syntagmes, le syntagme étant une combinaison de morphèmes dont les rapports mutuels sont plus étroits que ceux qu'ils entretiennent avec les autres éléments de l'énoncé. Ce rapport de combinaison linéaire est nommé syntagmatique. *********** syntagme n.m. Groupe d'éléments formant une unité dans une organisation d'unités hiérarchisées entre elles. Par exemple, la phrase [P] = SNominal + SVerbal + Sprep. [P] = [SN]Le petit garçon[/sn] [SV]regardait les gros gateaux[/sv] [Sprep]avec envie[/sprep]. *********** L'opération de commutation à l'intérieur d'un message linguistique fait apparaître un paradigme, qui se définit donc comme l'ensemble des morphèmes ou phonèmes qui peuvent commuter les uns avec les autres. En d'autres termes, le paradigme est une classe de substitution. Ce rapport de substitution est nommé paradigmatique. L'exemple qui suit concerne les unités de première articulation: le gros chat mange la souris une petite fille attend son train ce sinistre individu regarde une émission L'axe vertical des commutations est dit paradigmatique. L'axe horizontal de la succession linéaire est dit syntagmatique. Mange, attend et regarde forment un paradigme dans la mesure où ils peuvent commuter. Etiquetage Morphosyntaxique Effectuer l étiquetage morphosyntaxique d un texte, consiste à identifier pour chaque mot sa classe morphosyntaxique à partir de son contexte et de connaissances lexicales. Les étiquettes morphosyntaxiques sont en majuscules en général.

Chantera chant er a chant FUT 3SG Legtest leg t est leg PRF 2SG chantais chant ais chant IPF.IND1SG/2SG je chant ais 1SG.SBJ chant IPF.IND.1SG il finir a 1SG.SBJ finir 3SG.FUT Voici un exemple de texte étiqueté: Mot Étiquette morphosyntaxiq ue Nous Pp1mpn- avons Vaip1p- Signification pronom personnel 1-ère personne masculin pluriel nominatif verbe auxiliaire indicatif présent 1-ère personne pluriel tout Pi-ms pronom indéfini masculin singulier rétréc i Vmps-sm de Sp préposition nos verbe principal participe passé singulier masculin Ds1mppdéterminant possessif 1-ère personne masculin pluriel (possesseur) pluriel (possédé) jours Ncmp nom commun masculin pluriel. F ponctuation Créer un système qui permette d'analyser les phrases pour en montrer la structure. L'unité que l'on va décrire: la phrase. Quelle est la position de la syntaxe? Tesnière et Chomsky vont proclamer l'autonomie de la syntaxe. Notion de grammaticalité et d'acceptabilité (ou interprétabilité) Grammaticalement correct mais pas acceptable. Grammaticalité: validité syntaxique d'un énoncé acceptabilité: pouvoir d'interpréter un énoncé («le silence vertébral indispose la voie licite») Chomsky: Structure profonde et structure de surface La structure profonde recoupe la notion d'interprétation sémantique (indépandamment de la phrase «physique»). La structure de surface recoupe la notion d'interprétation phonétique. La structure profonde est la structure abstraite et sousjacente qui détermine l'interprétation sémantique; la structure de surface est l'organisation superficielle d'unités qui détermine l'interprétation phonétique et qui renvoie à la forme physique de l'énoncé effectif, à sa forme voulue ou perçue. Il n'est pas nécessaire que la structure profonde et la structure de surface soient identiques.

La grammaire de Chomsky est dite transformationnelle car elle repose sur la notion de structure profonde et de structure de surface. La première correspond à l'organisation syntaxique de la phrase à un niveau abstrait, obtenue à partir d'un ensemble de règles syntaxiques ; la deuxième correspond à l'organisation de la phrase telle qu'elle apparaît dans le discours. Le passage de l'un à l'autre niveau s'effectue au moyen de transformations (par exemple par la transformation à la voix passive). Soit la phrase: le journal informe les lecteurs. En structure profonde on a: sg. + le + journal + présent 3SG + informer + pl + le + lecteur cette structure profonde permet d'obtenir en structure de surface deux phrases, l'une à la voix active (le journal informe les lecteurs) l'autre à la voix passive (les lecteurs sont informés par le journal). Qu'est-ce qu'une phrase? La syntaxe structural de Tesnière Selon Chomsky: P : Gn + Gv selon Jean-Marie Zemb: une phrase est constituée d'un thème (ce dont on parle), un rhème (le prédicat), et le phème (fait le lien entre les deux). Selon la tradition des dépendantialistes (Tesnière): une phrase: V (S [(A)], [S([A)], [S([A)], [adv.] S:ubstantif, A:djectif Tesnière commence par distinguer deux types d'ordre des mots dans la phrase: l'ordre linéaire, qui correspond à celui de la chaine parlée, et l'ordre structural qui rend compte de l'organisation des mots dans la phrase au moyen de connexions qui en déterminent la charpente. «Syntaxiquement, la vraie phrase, c'est la phrase structurale». A côté de la phrase verbale, Tesnière distingue la phrase nominale, la phrase adjectivale et la phrase adverbiale, le verbe, le nom, l'adjectif et l'adverbe étant par ailleurs les parties du discours (qu'on appelle aussi des mots pleins) aptes à avoir le statut de noeud (un noeud est un régissant auquel plusieurs éléments lui sont subordonnés). Par opposition, il existe des mots-vides (déterminants, conjonctions, particules). La théorie de la valence verbale

les verbes sont classés en fonction du nombre d'actants (ou arguments), c'est-à-dire les entités personnes ou choses qui participent au procès exprimé par le verbe. Il distingue les cas suivants: verbes avalents (aucun actant): par ex, pleuvoir. Monovalents (intransitifs comme dormir ou voyager dans Pierre voyage un seul actant, Pierre) divalents (transitifs n'admettant qu'un seul complément: manger, frapper) trivalents (transitifs admettant deux compléments: dire, donner Pierre donne un livre à Paul) on remarque que certaines valences du verbe peuvent rester inemployées, comme c'est le cas dans des phrases telles que Alfred donne aux pauvres ou Alfred donne la main. Notion de translation la translation consiste à «transférer un mot plein d'une catégorie grammaticale dans une autre catégorie grammaticale, c'est-à-dire à transformer une espèce de mot en une autre espèce de mot», le changement de catégorie entrainant un changement de fonction. Par exemple dans le cas d'un complément du nom: Le complément «d'alfred» a un statut adjectival, au même titre que «le livre ROUGE» «le» est un translateur, «gros» a un statut nominal Notion d'anaphore L'anaphore marque la relation entre «ses» et la personne à laquelle il se rapporte. Un journaliste intègre vérifie ses informations.

Les constituants Les constituants sont les éléments constitutifs de la phrase. Il s'agit, en partant de l'unité maximale qu'est la phrase, de la proposition et du syntagme. En deça, on trouve le mot et le morphème. La proposition est une phrase élémentaire consituée d'un sujet et d'un groupe verbal. Le concept de proposition est surtout utilisé dans l'étude de la phrase complexe, c'est-à-dire contenant plusieurs phrases élémentaires, articulées entre elles par juxtaposition, subordination ou coordination. Le syntagme est un constituant de la phrase de rang intermédiaire, intégré au sein de constituants de rang supérieur (la phrase ou d'autres syntagmes), et intégrant des constituants de rang inférieur (des groupes de mots, d'autres syntagmes), sur la base de rapports mutuels étroits entre ces termes. On distingue syntagme nominal (SN), syntagme prépositionnel (SP), syntagme verbal (SV) et syntagme adjectval (SA) en fonction de la classe à laquelle apppartient l'élément qui en constiue le noyau (nom, adjectif, verbe ou préposition, ce noyau est appelé aussi la tête). Deux manières d'analyser une phrase Soit on part de l'énoncé et on va le segmenter en ses constituants jusqu'aux constituants ultimes (les terminaux). C'est l'analyse descendante, ou top-down. Analyse ascendante: on part des unités afin de les regrouper en unités plus grandes (bottom up). Ce petit chien ronge un os à moelle. Test de la focalisation («c'est un os ronge que ce petit chien ronge»), il en résulte que: [ce petit chien] ronge [un os à moelle] un, os, à, moelle (4) à moelle [remplaçable par] énorme (un os énorme), dc «à moelle» est un constituant (1) os à moelle [remplaçable par] bâton (un bâton), dc «os à moelle» est un constiuant (1) «un os à moelle» est un constituant (1) on a en tout 7 constituants. Analyse en constituant immédiat (ACI) Qu'est-ce que l'analyse en constituants immédiats? C'est la consitution de la phrase en arborescence. Le propos de l'analyse distributionnelle est de rendre compte de l'organisation hiérarchique de la phrase en l'analysant en sous-ensembles successifs que sont les constituants immédiats, depuis la phrase jusqu'aux morphèmes: nous sommes donc dans le cadre d'une morphosyntaxe. Pour ce faire, la procédure relève d'une double opération de segmentation et de commutation, la possibilité de la seconde venant valider la première. Exemple 1 // Soit le phrase: le petit enfant regardait les gâteaux avec envie. Une première tentative de segmentation avec test de substitution au rang immédiat inférieur à celui de la phrase, montre qu'au groupe le petit enfant, on peut substituer Pierre, ou encore Mon ami ; que d'autre part au groupe regardait les gâteaux, on peut subistituer dort ou joue au ballon ; enfin qu'au groupe avec envie, on peut substituer tranquillement ou tous les jours. A ce premier niveau, on constate donc que la phrase peut s'analyser en une somme de trois consituants immédiats: un syntagme nominal le petit enfant, un syntagme verbal regardait les gâteaux, et un syntagme prépositionnel avec envie. Par les mêmes procédures, on peut décomposer chacun des syntagmes en unités de

rang inférieur, et ainsi de suite, jusqu'aux unités minimale que sont les morphèmes. Ces opérations donnennt lieu à des réécritures qui prennent la forme suivante: P SN1 SV SP GN V SN2 SN1 + SV + SP Dét. + GN V + SN2 Prép. + N Adj. + N Rad. + Dés. Dét. + N La procédure permet d'identifier des paradigmes de classes distributionnelles, regroupant les éléments pouvant apparaître dans les mêmes contextes, et donc se substituer les uns les autres. Ces classes se définissent par des caractéristiques qui relèvent de la place et du contexte dans lequel ils peuvent apparaître. Exemple 2 // le vieil homme qui habite ici est venu à la plage. La phrase est construite à partir du paradigme qui a pour modèle «Alfred» et qui a pour modèle «chante». De la commutation ci-dessus résulte la découpe ci-dessous: Dans certains cas, la commutation est pas possible: il parle de ses problèmes à son ami. Il parle de voiture à Paul (on ne peut commuter davantage) dans ce cas, les prépositions («de» et «à») se combinent avec le SN, et non avec le SV. On considère donc que la préposition, bien qu'attachée en apparence au verbe, est en fait un des constitutants du complément du verbe. «de» et «à» sont des mots vides, différents de la phrase suivante:

il entre dans la maison de son fils. Ce ne sont pas des mots vides ou grammaticaux. On peut par exemple substituer «dans» par «par». Ces prépositions ont une valeur lexicale, elles sont la tête d'un syntagme prépositionnel, et ont une valeur adverbiale (=le même paradigme qu'un adverbe). Il parle de ses problèmes à son ami. (un verbe divalent) Maintenant la phrase: il entre dans la maison de son fils. (c'est un autre paradigme) Donc «dans la maison de son fils» a un même paradigme qu'un adverbe («ici»). il entre dans la maison de son fils. Il entre dans la maison d'alfred. Il entre dans celle d'alfred. Il entre ici. la représentation de dépendance:

«son»: relation anaphorique avec «il» (qqch. D'ordre sémantique) en dehors du verbe il n'y a que des circonstants, de type adverbial. «dans» est un translateur qui adverbialise, et «de» est aussi un translateur, qui adjectivise. Le petit garçon trouve ces 3 gâteaux bien délicieux. Deux interprétations possibles: Le petit garçon trouve ces 3 gâteaux bien délicieux. Le petit garçon trouve ces 3 gâteaux bien délicieux. Comme si, au final, «délicieux» était une expansion du verbe, au point de ne former qu'un mot «trouver délicieux».