Carcinome neuroendocrine à grandes cellules C. Clément-Duchêne Institut de Cancérologie de Lorraine
Introduction Groupe hétérogène de tumeurs (histologie, immunohistochimie, moléculaire, pronostic et thérapeutique) Tumeurs neuroendocrines : Carcinome neuroendocrine à grandes cellules Carcinome à petites cellules Carcinoïde typique Carcinoïde atypique
Epidémiologie Tumeurs rares : 2,1-3,5 % (séries chirurgicales) Hommes>femmes Age médian=65 ans Profil agressif avec des courbes de survie superposables à celles du carcinome à petites cellules
Diagnostic-Clinique Peu de symptômes Signes : toux, hémoptysie, pneumopathie, nodule pulmonaire, douleur thoracique, dyspnée, sueurs nocturnes, syndrome carcinoïde, syndrome paranéoplasique Atteinte ganglionnaire : 60-80 % Atteinte métastatique : 40 %
Diagnostic-staging Aucune spécificité radiologique Bilan diagnostic identique aux tumeurs bronchiques Classification TNM de 2009 (7 ème édition) PET et/ou octréoscan pour les stades chirurgicaux
Anatomo-pathologie (1) Classification OMS 2015 : tumeurs neuroendocrines de haut grade Architecture neuroendocrine organoïde insulaire, trabéculaire, palissadique ou rosette Nécrose importante Cellule de grande taille à noyau nucléolé et cytoplasme éosinophile Rapport nucléocytoplasmique bas (5-7/10)
Anatomo-pathologie (2) Index mitotique élevé : 11 mitoses pour 10 champs Formes composites : Epidermoïde Adénocarcinome Carcinome à petites cellules Difficultés diagnostiques avec les CBNPC peu différenciés, les CBPC et les carcinoïdes atypiques
Immunohistochimie Marqueurs épidermoïdes : cytokératine 5/6, protéine p63 et p40 Marqueurs adénocarcinome : TTF1, napsine A et CK7 Différenciation neuroendocrine : chromogranine A, synaptophysine et CD 56 Diagnostic : Aspect morphologique de tumeur neuroendocrine et positivité d'au moins un des 3 marqueurs neuroendocrines En cas d'un seul marqueur exprimé, ce marqueur doit montrer une positivité dans 50 % des cellules tumorales examinées
Moléculaire Niveau d'expression élevé pour : Ki-67 Bcl-2 p21 activité des télomérases anomalies de p53
Fasano, JTO 2015 Diagnostic différentiel entre carcinome bronchique à petites cellules et carcinome neuroendocrine à grandes cellules
Traitement Chirurgie Traitement adjuvant Stade métastatique
Chirurgie Traitement de référence pour les stades opérables (stades I et II) Etude de Mazières et al. : 18 patients inclus Survie à 1 an de 27 % chez des patients T3 et/ou N2 traités par chirurgie suivie d une radiothérapie adjuvante
Traitement Adjuvant (1) Etude de Iyoda et al. : Chimiothérapie adjuvante par cisplatine-étoposide chez des patients opérés Survie à 5 ans : 88,9 % dans le groupe chimiothérapie versus 47,4 % dans le groupe surveillance Survie sans progression à 2 ans : 86,7 % versus 47,8 % en faveur du bras chimiothérapie Etude de kenmotsu et al. : Surveillance versus 3 ou 4 cycles de cisplatineirinotecan après chirurgie curative Survie sans progression à 3 ans : 74 % Survie à 3 ans : 86 %
Traitement Adjuvant (2) Stades localement avancés : discuter en RCP de la radiothérapie L irradiation prophylactique cérébrale n est par recommandée contrairement au carcinome bronchique à petites cellules
Fasano, JTO 2015 Traitements adjuvant et néo-adjuvant
Stade métastatique (1) Chimiothérapie identique à celle utilisée pour le CBPC (sel de platine-étoposide) Etude de Rossi et al. : 83 patients Chimiothérapie par cisplatine-étoposide Taux de réponse : 29 % Etude de Fujiwara et al. : Cisplatine et irinotecan/taxanes/vinorelbine/etoposide ou paclitaxel chez 22 patients Les régimes les plus efficaces étaient sels de platine+ paclitaxel ou irinotecan (ORR= 71,4 % et ORR=55,6 %) Médiane de survie : 10,3 mois Survie à 1 an : 43 %
Stade métastatique (2) Etude de Sun et al. : 45 patients Traitement par sels de platine-étoposide ou irinotécan pour 24,4 % (traitement CBPC) et par sels de platine-gemcitabine, vinorelbine, pemetrexed, ou taxanes ou TKI pour 75,6 % (traitement CBNPC) Survie globale : 16,5 mois pour les chimiothérapies CBPC like versus 9,2 mois pour les chimiothérapies CBNPC like Survie sans progression : 6,1 versus 4,9 mois Taux de réponse : 73 % versus 50 % En 2 ème ligne : Amrubicine Etude rétrospective sur 18 patients après une 1 ère ligne par sels de platine Taux de réponse : 27,7 % Survie sans progression : 3,1 mois Survie globale : 5,1 mois
Fasano 2015, JTO Stade métastatique
Stade IB 4 cm Stade IIIA : place CT néoadjuvante Conclusion