Autorité des marchés financiers c. Centre de traitement d'information de crédit (CTIC) inc. CANADA PROVINCE DE QUÉBEC MONTRÉAL DOSSIER N os : 2009-009 2009-022 BUREAU DE DÉCISION ET DE RÉVISION EN VALEURS MOBILIÈRES 2009 QCBDRVM 49 DÉCISION N os : 2009-009-008 DATE : Le 7 octobre 2009 EN PRÉSENCE DE : M e ALAIN GÉLINAS M e CLAUDE ST PIERRE M e GERALD LA HAYE AUTORITÉ DES MARCHÉS FINANCIERS MISE EN CAUSE/demanderesse c. CENTRE DE TRAITEMENT D INFORMATION DE CRÉDIT (C.T.I.C.) INC. CITCAP GROUPE FINANCIER INC. GESTION FINANCIÈRE APPALACHES INC. FINANCIÈRE CTIC INC. ANDRÉ TRAVERSY BENOÎT MERCIER RÉJEAN LESSARD NABIHA HADDAD TANNOUS
2009-009-008 PAGE : 2 CHRISTAL TANNOUS BANQUE DE MONTRÉAL CENTRE FINANCIER AUX ENTREPRISES DESJARDINS DE LA CAPITALE BANQUE NATIONALE CAISSE POPULAIRE DESJARDINS DE LA POINTE-DE-SAINTE-FOY Intimés PATRICK GAUTHIER REQUÉRANT/Intimé ROY MÉTIVIER ROBERGE INC., ÈS QUALITÉS DE SÉQUESTRE INTÉRIMAIRE DE CENTRE DE TRAITEMENT D INFORMATION DE CRÉDIT (C.T.I.C.) INC., CITCAP GROUPE FINANCIER INC. ET GESTION FINANCIÈRE APPALACHES INC. LE SOUS-MINISTRE DU REVENU DU QUÉBEC GINSBERG, GINGRAS & ASSOCIÉS INC., ÈS QUALITÉS DE SYNDIC ET DE SÉQUESTRE INTÉRIMAIRE À LA PROPOSITION DE 9205-4774 QUÉBEC INC. Intervenants RAYMOND CHABOT INC., ÈS QUALITÉS DE SYNDIC À LA FAILLITE DE CENTRE DE TRAITEMENT D INFORMATION DE CRÉDIT (C.T.I.C.) INC., CITCAP GROUPE FINANCIER INC. ET GESTION FINANCIÈRE APPALACHES INC. INTERVENANT/Intervenant ORDONNANCE DE LEVÉE PARTIELLE DE BLOCAGE [art. 249, 250 323.5, Loi sur les valeurs mobilières (L.R.Q., chap. V-1.1), art. 93, Loi sur l Autorité des marchés financiers (L.R.Q., chap. A-33.2)] M e Frédéric Desgagnés (Hickson, Noonan) Procureur de Patrick Gauthier M e Jean-Nicolas Wilkins
2009-009-008 PAGE : 3 (Girard al.) Procureur de l Autorité des marchés financiers M e Marc F. Tremblay (Morency associés) Procureur de Raymond Chabot inc., ès qualités de syndic à la faillite de CTIC, CITCAP Gestion Financière Appalaches inc. M e Bertrand Giroux (BCF Avocats) Procureur de la Caisse populaire Desjardins de la Pointe-de-Sainte-Foy Date d audience : 28 septembre 2009
2009-009-008 PAGE : 4 DÉCISION [1] Le 7 août 2009, Patrick Gauthier, intimé au présent dossier, a adressé au Bureau de décision de révision en valeurs mobilières (ci-après le «Bureau») une requête afin que ce dernier lève partiellement en sa faveur les ordonnances de blocage n os 2009-009-004 1, 2009-009-005 2 2009-022-001 3 qu il avait prononcées à son encontre, le tout en vertu des articles 249 250 de la Loi sur les valeurs mobilières 4 de l article 93 de la Loi sur l Autorité des marchés financiers 5. [2] La décision n 2009-009-004 a été prononcée verbalement au cours d une audience du Bureau tenue le 24 juill 2009. La décision n 2009-009-005 constitue l énoncé des motifs écrits de la décision n 2009-009-004, telle que publiée le 31 juill 2009; les conclusions de ces deux décisions sont donc au même eff. Elles se lisent comme suit : «BLOCAGE EN VERTU DE L ARTICLE 93 DE LA LOI SUR L AUTORITÉ DES MARCHÉS FINANCIERS ET DES ARTICLES 249, 250 ET 323.7 DE LA LOI SUR LES VALEURS MOBILIÈRES : ORDONNE à Patrick Gauthier de ne pas se départir de fonds, titres ou autres biens qu il a en sa possession; ORDONNE à Patrick Gauthier de ne pas rirer ou s approprier de fonds, titres ou autres biens des mains d une autre personne qui les a en dépôt ou qui en a la garde ou le contrôle pour lui; ORDONNE à la Caisse populaire Desjardins de la Pointe-de-Sainte-Foy située au 3455, boulevard Neilson à Québec (Québec), de ne pas se départir des fonds, titres ou autres biens qu elle a en dépôt ou en a la garde ou le contrôle appartenant à Patrick Gauthier dont notamment dans le compte portant le numéro [ ], transit [ ];» 6 1. 2. 3. 4. 5. 6. Autorité des marchés financiers c. Patrick Gauthier Caisse Populaire de la Pointe-de-Sainte-Foy, Bureau de décision de révision en valeurs mobilières (Montréal), Décision ex parte n 2009-009-004, 24 juill 2009, M e A. Gélinas, 2 pages. Autorité des marchés financiers c. Gauthier, 2009 QCBDRVM 36. Autorité des marchés financiers c. Nabiha Haddad Tannous, Patrick Gauthier, Christal Tannous, Banque Nationale Banque de Montréal, Bureau de décision de révision en valeurs mobilières (Montréal), Décision n 2009-022-001, 6 août 2009, M e Claude St Pierre, 14 pages. L.R.Q., c. V-1.1. L.R.Q., c. A-33.2. Précitée, note 2, 12.
2009-009-008 PAGE : 5 [3] La décision n 2009-022-001 a été prononcée par le Bureau le 6 août 2009. Son dispositif se lit comme suit : «ORDONNANCE DE BLOCAGE, EN VERTU DES ARTICLES 93 ET 94 DE LA LOI SUR L AUTORITÉ DES MARCHÉS FINANCIERS ET DES ARTICLES 249 ET 323.7 DE LA LOI SUR LES VALEURS MOBILIÈRES : Il ordonne à Christal Tannous de ne pas se départir des traites bancaires portant les numéros [...] [...] qu elle a en sa possession de déposer celles-ci dans son compte personnel à la Caisse populaire Desjardins de la Pointe de Ste-Foy portant le numéro [ ], transit [ ]; Il ordonne à la Banque de Montréal succursale Le Gendre située au 1660, rue Jules-Verne, à Québec (Québec), de ne pas se départir des fonds provenant de l encaissement de la traite bancaire numéro [...] appartenant à Nabiha Tannous dans le compte portant le numéro [ ], transit [ ]; Il ordonne à la Banque Nationale située au 4605, 1 e avenue à Québec, de ne pas se départir des fonds, titres ou autres biens qu elle a en dépôt ou en a la garde ou le contrôle appartenant à Patrick Gauthier dont notamment dans le compte portant le numéro [ ];» 7 [4] Notons que Patrick Gauthier, requérant en l instance, est sous le coup d une ordonnance de blocage de nature générale qui lui interdit de se départir de fonds ou titres ou autres biens qu il a en sa possession de rirer ou de s approprier de fonds, de titres ou d autres biens d une autre personne qui les a en dépôt ou qui en a la garde ou le dépôt pour lui. LA DEMANDE DE PATRICK GAUTHIER La demande de Patrick Gauthier est la suivante : 7. Précitée, note 3.
2009-009-008 PAGE : 6 L AUDIENCE [5] L audience du Bureau a eu lieu à son siège le 28 septembre 2009, en présence des avocats de Patrick Gauthier, de l Autorité des marchés financiers, de la Caisse populaire Desjardins de la Pointe-de-Sainte-Foy, du syndic à la faillite de CTIC, CITCAP Gestion Financière Appalaches inc. [6] En cours d audience, le procureur du requérant a fait entendre le témoignage de Patrick Gauthier qui a pu déposer sur les moyens de subsistance qui sont à sa disposition. Il a expliqué quel était son travail, sa rémunération les dépenses auxquelles il doit faire face. Il a témoigné des raisons pour lesquelles il désire ouvrir un compte de banque dont les opérations ne seraient pas assujties aux ordonnances de blocage actuelles du Bureau. Cela lui permtrait, selon son avocat, de subvenir à ses besoins. [7] Le procureur de l Autorité soum plutôt que Patrick Gauthier tente par sa demande de contourner les précédentes ordonnances de blocage du Bureau, puisqu il n a pas fait la preuve de ses véritables besoins. [8] Le procureur de Patrick Gauthier a plaidé ne demander qu une chose, soit permtre à son client d ouvrir un compte de banque pour y déposer son salaire disposer des montants s y trouvant pour en vivre. Il ne s agit ici que de lui permtre d y recevoir sa rémunération, en fonction des salaires qu il reçoit, selon la preuve faite à c égard. Si un dépôt inhabituel est fait, Patrick Gauthier devra l expliquer. [9] Le procureur de l Autorité s est opposé à la requête de Patrick Gauthier. Se servant d une décision antérieure du Bureau 8, il a soumis que le requérant n avait pas fait la démonstration claire de ses revenus actifs que sa crédibilité comme témoin était douteuse. Le procureur du syndic de faillite a appuyé la position de l Autorité qui s oppose à la requête de Patrick Gauthier. L ANALYSE [10] Patrick Gauthier, requérant en l instance, a adressé au Bureau une demande de levée partielle de blocage, afin de pouvoir ouvrir un compte bancaire auprès d une institution financière y déposer sa rémunération future ce, quelle que soit l identité de son employeur. Il voudrait également disposer librement de l ensemble des sommes qui seraient contenues dans le compte qui aurait été ouvert en conformité avec la décision du Bureau à prononcer. 8. Autorité des marchés financiers c. Norbourg Gestion d actifs, Vincent Lacroix al., 2006 QCBDRVM 12.
2009-009-008 PAGE : 7 [11] Comme cela a été mentionné plus haut dans la présente décision, Patrick Gauthier est depuis le 24 juill 2009 9 sous le coup d une ordonnance générale de blocage qui lui interdit de se départir de fonds, titres autres biens qu il a en sa possession, de les rirer ou de se les approprier s ils sont entre les mains d une autre personne qui les a en dépôt ou en garde pour lui 10. [12] Dans ces circonstances, toutes les personnes ou les institutions financières qui seraient informées de l existence de cte décision qui vise le requérant auraient le devoir de s y conformer de geler tous les fonds, titres ou autres biens qui sont reliés à Patrick Gauthier d une manière ou d une autre qui seraient en leur possession de refuser de les lui remtre. De son côté, ce dernier n a pas le droit de s adresser à ces personnes ou institutions pour récupérer les biens de cte nature. [13] Patrick Gauthier avait donc le devoir de s adresser au Bureau pour lui demander de prononcer une levée partielle des blocages le visant; cela lui permtrait d ouvrir un compte de banque dans lequel il pourrait déposer son salaire payer ses dépenses courantes. Pour obtenir cte permission, le requérant a témoigné de son employeur, de son travail de ses besoins en général. Il désire avoir un compte à partir duquel il pourrait tirer des chèques ou faire des paiements de dépenses courantes au moyen d une carte de débit. [14] Son avocat a pour sa part expliqué qu en cas de changement d emploi, il lui serait utile de présenter un spécimen de chèque à son nouvel employeur, en vue de créer un dépôt de salaire direct sur son compte de banque personnel. Il ne s agit donc ici que de déposer son salaire d en disposer pour pouvoir vivre. [15] Le procureur de l Autorité s est cependant opposé à la demande du requérant. Il a invoqué une des décisions que le Bureau a prononcées dans l affaire Norbourg Vincent Lacroix 11 pour plaider que Patrick Gauthier n avait pas assumé le fardeau qui lui commandait d établir clairement quels étaient ses revenus actifs, à l image de ce que le Bureau avait déterminé dans la décision susmentionnée. [16] La preuve qui a été présentée par Patrick Gauthier n offre rien de semblable à celle présentée dans le dossier Norbourg. Les seuls fonds qui sont destinés au compte de banque qu il veut ouvrir sont le fruit de son travail. Ils n ont rien à faire avec l argent qui est déposé dans les comptes qui ont été dûment bloqués par les diverses décisions du Bureau. Il s agira surtout pour le requérant de déposer ses gains d emploi futurs dans un compte de banque bien ciblé d en dépenser le contenu pour faire face à ses besoins propres. 9. 10. 11. Précitée note 1; voir aussi note 2, au même eff. Précitée, note 1, 12. Autorité des marchés financiers c. Norbourg Gestion d actifs, Vincent Lacroix al., précitée, note 8.
2009-009-008 PAGE : 8 [17] Le Bureau a déjà été saisi d une demande semblable en 2007; il avait alors prononcé une ordonnance de levée partielle de blocage assortie de plusieurs conditions 12. Ces dernières obtenant l assentiment de toutes les parties présentes au débat, le Bureau avait acquiescé à la demande de levée partielle de blocage des intimés dans ce dossier qui lui avait été adressée pour les motifs suivants : «Cte demande fut adressée au motif que ces trois intimés n avaient accès à aucune somme découlant de leur profession depuis plus de quatre mois qu il était important de leur permtre d accéder à des sommes d argent afin de subvenir à leurs besoins de base.» 13 [18] Le Bureau estime que la demande de Patrick Gauthier est légitime. Ce dernier travaille, reçoit un salaire voudrait pouvoir en disposer pour faire face à ses besoins, en utilisant les moyens qui sont mis à la disposition du commun des mortels. L argent qui y sera déposé n a rien à voir avec celui des investisseurs dans cte affaire; celui-ci sera plutôt déposé dans d autres comptes dûment gelés. Sa provenance est tout autre le requérant devrait pouvoir en disposer à sa guise, en autant qu il ne le fasse pas d une manière à contrevenir à l interdiction d opération sur valeurs qui a été prononcée par le Bureau à son encontre. [19] Par conséquent, le Bureau est prêt à accorder la requête de Patrick Gauthier prononcer la levée de blocage demandée; cela lui permtra d ouvrir un compte de banque, d y déposer son salaire d en rirer les sommes nécessaires à sa subsistance. Le Bureau estime qu il peut autoriser cte levée sans que l intérêt public en soit affecté, en autant que les conditions qu il entend imposer soient respectées par le requérant, sous la supervision de l Autorité. LA DÉCISION [20] Le Bureau de décision de révision en valeurs mobilières a pris connaissance de la requête de Patrick Gauthier, a entendu son témoignage a pris connaissance de la preuve déposée en cours d audience du 28 septembre 2009; il a également écouté les arguments des différents avocats présents à cte audience. [21] En conséquence, le Bureau, en vertu des articles 249, 250 323.5 de la Loi sur les valeurs mobilières 14 de l article 93 de la Loi sur l Autorité des marchés financiers 15, accueille la susdite requête autorise une levée partielle des ordonnances de blocage qu il a prononcées à l encontre de Patrick Gauthier, soit les décisions suivantes : 12. 13. 14. 15. Autorité des marchés financiers c. Gestion Guychar (Canada) inc., 2007 QCBDRVM 31. Id, 7. Précitée, note 4. Précitée, note 5.
2009-009-008 PAGE : 9 l ordonnance de blocage n 2009-009-004 du 24 juill 2009 16 ; l ordonnance de blocage n 2009-009-005 du 31 juill 2009 17 ; l ordonnance de blocage n 2009-022-001 du 6 août 2009 18. [22] Cte levée partielle de blocage est accordée uniquement aux fins de permtre à Patrick Gauthier d ouvrir un nouveau compte de banque dans une institution financière de son choix, en vue d y déposer son salaire d y effectuer toutes les opérations nécessaires pour assurer sa subsistance; celles ci ne seront pas assujties aux ordonnances de blocage générales évoquées au paragraphe précédent dont il est longuement fait état tout au long de la présente décision. [23] Cte décision est assortie des conditions suivantes : a. les montants que Patrick Gauthier déposera dans le compte de banque dont les opérations sont dispensées de l application des blocages du Bureau, ne devront pas avoir été perçus d une manière qui contrevient aux ordonnances d interdiction d opérations sur valeurs n os 2009-009-001 2009-009-002 que le Bureau a prononcées à l encontre de Patrick Gauthier les 7 mai 2009 19 15 mai 2009 20, respectivement; b. Patrick Gauthier devra faire part à l Autorité du nom de l institution financière où il a ouvert son compte bancaire ainsi que du numéro de ce compte dans un délai de 10 jours de cte ouverture; c. Patrick Gauthier transmtra à un employé de l Autorité qu elle désignera une copie de son état de compte mensuel du susdit compte dans un délai de cinq jours de la réception de c état de compte; d. l Autorité pourra demander à Patrick Gauthier de lui remtre toutes pièces justificatives qui sont reliées aux opérations effectuées dans son compte, lorsque l Autorité l estimera nécessaire. 16. 17. 18. 19. 20. Précitée, note 1. Précitée, note 2. Précitée, note 3. Autorité des marchés financiers c. Centre de traitement d information de crédit (C.T.I.C.) inc., CITCAP groupe financier inc., Financière CTIC inc., Gestion financière Appalaches inc., Patrick Gauthier, André Traversy, Benoit Mercier, Réjean Lessard, Banque de Montréal Desjardins centre financier de la Capitale, Bureau de décision de révision en valeurs mobilières (Montréal), n 2009-009-001, 7 mai 2009, M e A. Gélinas, 2 pages. Autorité des marchés financiers c. Centre de traitement d information de crédit (C.T.I.C.) inc., 2009 QCBDRVM 26.
2009-009-008 PAGE : 10 Cte décision entrera en vigueur à la date à laquelle elle est prononcée. Fait à Montréal, le 7 octobre 2009. (s) Alain Gélinas M e Alain Gélinas, président (s) Claude St Pierre M e Claude St Pierre, vice-président (s) Gerald La Haye M e Gerald La Haye, membre