La dénutrition, c est quoi?



Documents pareils
Rentrée 2014 Francine Eichenberger Diététicienne

DENUTRITION : UN RISQUE MAJEUR EN INSTITUTION. Un exemple de prise en charge réussie sur 2009 au sein d un EHPAD de 63 lits

GRENADE / GARONNE 30 janvier Centrale de Restauration MARTEL Maryse LAFFONT, Diététicienne

Nutrition et santé : suivez le guide

Stratégie de prise en charge en cas de dénutrition protéino-énergétique chez la personne âgée

Qui sont-ils? Pedro. Tamacha. 9 En quantité, Tamacha mange suffisamment, mais son alimentation n est pas satisfaisante en qualité.

L équilibre alimentaire.

L hygiène buccale et dentaire chez la personne âgée

LA QUESTION DE LA PRISE DE POIDS CHEZ LE FUMEUR EN SEVRAGE TABAGIQUE

LE GRAND LIVRE Du. Pr Jean-Jacques Altman Dr Roxane Ducloux Dr Laurence Lévy-Dutel. Prévenir les complications. et surveiller la maladie

Tâche : Comparer l étiquette de produits alimentaires afin de connaître leur valeur nutritive.

Charte nutritionnelle

Diaporama de présentation. Présentation de l outil

Auriol : le service public de la Restauration scolaire

(GUIDE. PLAN WALLON NuTRiTiON SANTÉ ET. BiEN-êTRE DES AÎNÉS. GUIDE POuR POuR SANTÉ GUIDE MÉTHODOLOGIQUE

Que manger le jour de la compétition (Athlétisme - concours)?

DOSSIER DE SOINS INFIRMIERS

Hygiène Bucco Dentaire en EHPAD. 1 ère Réunion du groupe de travail régional «Espace Le Bien Vieillir» Angers Le 19 Janvier 2012

Quoi manger et boire avant, pendant et après l activité physique

Besoins Nutritionnel. Besoins. ANC / Besoin. 3 niveaux : Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

Alimentation et exercices physiques Comment garder son équilibre après 60 ans?

Qui sont-ils? D où viennent-ils? Où sont-ils?

En savoir plus sur le diabète

Hygiène, sécurité et équilibre alimentaires dans les accueils collectifs de mineurs (ACM)

Mairie de SAINT DIDIER SOUS RIVERIE Téléphone : Télécopie : MARCHE PUBLIC DE FOURNITURES COURANTES ET SERVICES

Assemblée Générale ASSOCIATION DES MAIRES RURAUX DU PUY-de-DÔME. La nouvelle règlementation Nutrition pour les cantines scolaires

Développement d une application pilote

Sport et alpha ANNEXES

«Bien manger» et «bouger», c est important pour les ados

L alimentation de l adulte traité pour un cancer

MARS rapport d analyse. étude de la situation nutritionnelle des enfants vus par Médecins du Monde à Mayotte

Le test de dépistage qui a été pratiqué à la

LES SOINS D HYGIENE l hygiène bucco dentaire. Formation en Hygiène des EMS de la Somme EOH CH ABBEVILLE JUIN 2015

CAHIER DES CLAUSES TECHNIQUES PARTICULIERES

Protéines. Pour des Canadiens actifs. De quelle quantité avez-vous besoin?

CLINIMIX AVIS DE LA COMMISSION DE LA TRANSPARENCE

Questions / Réponses. Troubles du sommeil : stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées

Allégations relatives à la teneur nutritive

Surpoids et obésité de l adulte : prise en charge médicale de premier recours

La prévention : caractéristique du positionnement de la Mutualité Française sur l ensemble de son offre

ÉDUCATION Côtes d Armor. Collèges publics. Charte de la restauration collective DIRECTION JEUNESSE PATRIMOINE IMMOBILIER

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 19 octobre 2011

SONDAGE AUPRÈS DES INFIRMIÈRES

La consultation diététique réalisée par un diététicien

RECOMMANDATION NUTRITION

Le soin diététique réalisé par un diététicien en établissement de santé

Information destinée aux patients et aux proches. Comment s alimenter après une diverticulite? Conseils nutritionnels pour le retour à domicile

Fourniture de repas cuisinés en liaison froide pour le service de portage de repas à domicile

Réseau Diabhainaut Programme Osean Enfant Document d Information pour les Parents

Rôle et place du diététicien

CH Marches de Bretagne/Mme ROUANET 05/06/2015 2

La Vache qui rit. CHARTE D ENGAGEMENT VOLONTAIRE DE PROGRÈS NUTRITIONNELS - Résultats -

Le VIH et votre cœur

lire les Étiquettes et trouver les sucres cachés

5 repas. e r. arce qu un repas est un moment de plaisir, de partage et qu il construit notre santé,

Régimes pathologies de l œsophage

GUIDE D INFORMATIONS A LA PREVENTION DE L INSUFFISANCE RENALE

Document de travail «Conduite de l évaluation interne dans les établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes» Mars 2011

Logiciels d éducation à la Nutrition et à l activité physique


Des portions adaptées à vos besoins. Nous changeons nos besoins aussi! Senior

epm > nutrition Formation & Conseil

Mieux informé sur la maladie de reflux

Questionnaire santé et soins médicaux pour les moins de 16 ans

éviter UNE RÉCIDIVE APRÈS UN ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL AVC

COMITE SCIENTIFIQUE DE L AGENCE FEDERALE POUR LA SECURITE DE LA CHAINE ALIMENTAIRE

Consommez moins de sodium pour réduire votre pression artérielle. Information sur le sodium alimentaire.

L aide aux aidants. Psychologue clinicienne. Capacité de gériatrie mars 2009

Le référentiel professionnel du Diplôme d Etat d Aide Médico-Psychologique

SPECIALITE : RESTAURATION À LIRE ATTENTIVEMENT AVANT DE TRAITER LE SUJET

«Cette action contribue au PNNS». À CHÂTEAU THIERRY

Manger et bouger entre 12 et 36 mois

MERCI DE RETOURNER LE BON DE PRISE EN CHARGE ET/OU LA FICHE RÉCAPITULATIVE DANS L ENVELOPPE T

Boughanmi Hajer. JAOUA Noureddine. Membre du bureau exécutif de l OTEF

Circulaire relative aux dispositions applicables aux banques alimentaires et associations caritatives

La prise en charge de votre polyarthrite rhumatoïde

Carte de soins et d urgence

L hôpital de jour ( HDJ ) en Hôpital général Intérêt d une structure polyvalente? Dr O.Ille Centre hospitalier Mantes la Jolie, Yvelines

La migraine. Foramen ovale perméable. Infarctus cérébral (surtout chez la femme)

Vous vous occupez d une personne âgée malade. vous êtes son. aidant naturel

Tableau récapitulatif : composition nutritionnelle de la spiruline

Bien produire pour bien manger

Les Petites Toques PLAT CHAUD. STEAK HACHE PETIT MODELE Poids net pour une part : 80 g Ingrédients : Steak haché (origine Union Européenne).

L envie de prendre soin de chacun. Restauration Santé

Le test de dépistage qui a été pratiqué à la

e-santé du transplanté rénal : la télémédecine au service du greffé

COMMUNE DE GRESY-SUR-AIX

Comment bien s hydrater pendant l été?

ANNEXE I REFERENTIEL PROFESSIONNEL AUXILIAIRE DE VIE SOCIALE CONTEXTE DE L INTERVENTION

Livret d accompagnement destiné aux professionnels de santé

Diplôme d Etat d infirmier Référentiel de compétences

ANNEXE I REFERENTIEL PROFESSIONNEL AUXILIAIRE DE VIE SOCIALE CONTEXTE DE L INTERVENTION

Alimentation et cancer Comment s alimenter pendant les traitements? GRAND PUBLIC

Qualité de l alimentationl Alimentation de qualité Perspectives pour les établissements de santé

2.1. L'évolution de l alimentation en France

Un outil unique pour faire découvrir aux tout-petits le plaisir de cuisiner!

Préparation de repas journaliers pour le service de portage à domicile

Brochure Patients. Les implants dentaires : Une solution naturelle et élégante pour retrouver confiance en soi.

Transcription:

La dénutrition, c est quoi? Ou MPE : malnutrition protéinoénergétique, malnutrition la plus grave et la plus fréquente chez la personne âgée

Définition de l HAS avril 2007 La dénutrition protéino-énergétique résulte d un déséquilibre entre les apports et les besoins de l organisme. Ce déséquilibre entraine des pertes tissulaires, notamment musculaires qui ont des conséquences fonctionnelles délétères. Elle : Entraîne ou aggrave un état de fragilité ou de dépendance Favorise la survenue de morbidités Aggrave le pronostic des maladies sous-jacentes Augmente le risque de décès

Définition du club francophone gériatrie et nutrition La dénutrition : «c est un état de santé associant une perte de poids > 10% en moins de 6 mois à une diminution de la masse corporelle totale, en particulier aux dépens de la masse musculaire (IMC 21), concourant à un risque accru de chutes et de maladies infectieuses». Cette définition s adresse aux personnes âgées pour lesquelles «le seuil habituellement admis est de 70 ans»

La dénutrition en chiffres La prévalence de la dénutrition protéino-énergétique augmente avec l âge, elle est de : 4 à 10% chez les personnes âgées vivant à domicile 15 à 38 % chez celles vivant en institution Et de 30 à 70 % chez les malades âgés hospitalisés Le risque d infection est multiplié de 2 à 8 fois par rapport à des sujets âgés en bonne santé Le risque de mortalité est multiplié de 2 à 4 fois

Les conséquences : la spirale de la dénutrition dénutrition diminution synthèse (mauvaise cicatrisation, risque d escarres) et diminution des défenses immunitaires diminution de l appétit augmentation du risque infectieux médicaments

Comment éviter d entrer dans la spirale Agir le plus rapidement possible : Importance du rôle des aidants dans le repérage des risques Ecoute et échange indispensable entre les professionnels

Situations à risque de dénutrition Situations sans lien avec l âge Cancer Défaillances d organes chroniques et sévères Pathologies digestives Alcoolisme chronique Pathologies infectieuses ou inflammatoires chroniques En résumé : toutes situations entrainant une diminution des apports, une augmentation des besoins, une malabsorption.

Situations à risque de dénutrition Situations plus spécifiques à la personne âgée Causes psycho-socio-environnementales Isolement social Deuil Difficultés financières Maltraitance Hospitalisation Changement des habitudes de vie

Situations à risque de dénutrition Situations plus spécifiques à la personne âgée : Troubles bucco-dentaires Troubles de la déglutition Troubles psychiatriques, troubles neurologiques syndrome démentiels, Traitements médicamenteux au long cours Affections aiguë ou décompensation d une pathologie chronique Dépendance pour les actes de la vie quotidienne Régimes restrictifs

Situations à risque de dénutrition, en résumé De nombreuses pathologie peuvent s accompagner d une dénutrition en raison d une anorexie. L anorexie est un symptôme fréquent chez la personne âgée, en présence duquel il est nécessaire de rechercher systématiquement une cause

Repérer la perte d appétit A nouveau l importance du rôle des aidants Source d information sur : La consommation alimentaire réelle La perte d appétit Les dégoûts ou évictions Le contenu du réfrigérateur

Dépister la dénutrition : les indicateurs QUALHAS Mesure du poids à l entrée avec 1 suivi en SSR à J+15 Recherche de la variation de poids Calcul de l IMC

Dépister la dénutrition : les outils L IMC : Indice de Masse Corporelle Poids (kg) / Taille² (m) IMC < 21 est un des critères de dénutrition chez la personne âgée Par contre IMC > 21 n exclut pas le diagnostic de dénutrition Le MNA : Mini Nutritional Assessment Score de dépistage < 12 évaluation à poursuivre Score total <17 : dénutrition Score total <24 : risque de dénutrition

Dépister la dénutrition : les outils à l HPGM Le CLAN de l HPGM a mis en place un dépistage systématique de la dénutrition pour chaque entrant, tout secteur confondu Avec un dosage de l albuminémie et pour en interpréter le résultat, les protides totaux et la CRP En SLD et/ou EHPAD : Suivi mensuel du poids Suivi annuel (au minimum) de l albuminémie

Dépister la dénutrition : les dosages biologiques L albumine, demi vie longue, elle apprécie l état nutritionnel à long terme, mais elle est très sensible aux variations de l hémoconcentration et de l inflammation La pré albumine, demi vie courte très utile pour évaluer l efficacité d une renutrition La CRP, traduit l intensité de l inflammation, donc celle de l hyper catabolisme en cours, et donne ainsi une indication sur les besoins nutritionnels : plus l inflammation est importante, plus grands sont les besoins

Le diagnostic de la dénutrition Le diagnostic de dénutrition repose sur la présence d un seul des critères suivants : Dénutrition modérée Perte de poids 5% en 1 mois ou 10% en 6 mois par rapport au poids antérieur ou au poids habituel déclaré Albuminémie < 35g/l IMC< 21 MNA globale < 17

Le diagnostic de la dénutrition Dénutrition sévère Perte de poids 10% en 1 mois ou 15% en 6 mois Albuminémie < 30g/l IMC < 18 Il est important de distinguer les formes sévères de la dénutrition car elle est associée à une augmentation importante de la morbimortalité, donc nécessite une prise en charge nutritionnelle rapide.

Le bilan nutritionnel L interrogatoire alimentaire simple de la personne âgée ou de son entourage est l étape incontournable du bilan nutritionnel, il permet d estimer rapidement : la diversité de son alimentation La consommation des plats protidiques La fréquence de prise des produits laitiers La richesse des repas en fruits et légumes Les apports hydriques

Le bilan nutritionnel L enquête alimentaire plus approfondie : Recueil de données indispensable à la diététicienne, c est la base de la démarche de soin diététique L analyse de l enquête permet de : Évaluer les ingesta : calories, protides et calcium Identifier le problème nutritionnel Elaborer un diagnostic diététique, seul ou complété d une action thérapeutique, éducative ou de prévention avec éventuellement une orientation vers des consultations de suivi Fixer des objectifs diététiques négociés Evaluer les objectifs de soins diététiques fixés lors des consultations précédentes

Le bilan nutritionnel: rôle des aidants L observation du repas : Indispensable à tout bilan nutritionnel elle met en évidence le décalage entre ce que le patient dit et ce qu il fait pendant le repas. elle permet d évaluer la prise en charge nutritionnelle et de la modifier si besoin. Le support est la fiche de surveillance alimentaire, ou seront notés : Quantité, qualité, aide, comportement, présence de symptôme évocateurs de troubles de la déglutition, difficultés de mastication

La prise en charge nutritionnelle : Les carences principales L énergie totale (ou calories) Les protéines Le calcium L eau Les acides gras essentiels La vit D Le zinc Les vitamines du groupe B (B9, B6, B1) et la vitamine C

Les besoins de la personne âgée en bonne santé Energétiques (calories) : 30 Kcal/kg/jr soit de 1800 à 2200 Kcal/jr, mais très variable d un individu à l autre et dépendants des activités conservées Protéiniques : ils augmentent, 1 à 1,2g/kg/jr, les protéines animales doivent représenter au moins la moitié des protéines totales Calciques : 1200 mg/jr, associé à un apport en vit D Vitaminiques : les vraies carences sont exceptionnelles mais le sujet âgé est exposé aux subcarences dû par ex à Une ration alimentaire en dessous de 1600 Kcal/jr (déficit en vitamines et oligoéléments) Une alimentation trop peu diversifiée Un défaut d absorption, des pathologies, des interférences médicamenteuses

En pratique dans l assiette c est quoi? Les repères du PNNS Nombre de repas : 3 à 4 repas par jour (importance du goûter) Viandes, poissons et produits de la pêche, œufs : minimum 1 fois / jr Protéines, fer, lipides, vit B Laits et produits laitiers : 3 ou 4 par jour Protéines, Calcium, vit A, B, D Pain et autres aliments céréaliers, pomme de terre et légumes secs : à chaque repas selon l appétit Energie, glucides, fibres, vit B, minéraux

En pratique dans l assiette c est quoi? Fruits et légumes : au moins 5 par jour Glucides, fibres, vit A, C, minéraux Matières grasses ajoutées, beurre, huiles : en les variant Energie, lipides, vit A, D, E, acides gras essentiels Produits sucrés : Pour le plaisir Boissons : 1 litre à 1,5 litre d eau / jr, plus si fièvre, canicule, troubles digestifs

La prise en charge nutritionnelle Chez tout patient dénutri ou à risque de dénutrition, il faut, en parallèle à toute prise en charge nutritionnelle, mettre en place : La correction des facteurs de risques identifiés avec par exemple : Une aide technique ou humaine pour l alimentation Le portage des repas Des soins bucco-dentaires Une réévaluation de la pertinence des médicaments et des régimes Une prise en charge des pathologies sous-jacente Importance d une coordination entre tous les partenaires du soin

Les besoins de la personne âgée dénutrie Energétiques (calories) : de 35 à 45 Kcal/kg/jr soit 2200 à 2800 Kcal/jr, mais très variable d un sujet à l autre et selon le contexte pathologique Protéiniques : de 1,5 à 2g/kg/jr, les protéines doivent représenter de 15 à 20% des AET Calciques : 1500 mg/jr, associé à un apport en vit D

En pratique dans l assiette c est quoi? Nombre de repas : 4 repas à 6 par jour Viandes, poissons ou œufs : minimum 2 fois / jr Lait et produits laitiers : 4 à 6 fois / jr Mais aussi penser à : Un environnement agréable (cadre, convives) Des aides techniques et/ou humaines

Soyez vigilants si : Le patient n a pas ou peu mangé : N aime t-il pas le plat? A-t-il besoin d aide? N a-t-il plus faim? A-t-il des difficultés à avaler? A t-il eu assez de temps?

La prise en charge nutritionnel : les 3 différents modes La prise en charge nutritionnelle orale La prise en charge nutritionnelle entérale La prise en charge nutritionnelle parentérale

Stratégie nutritionnelle Elle est fondée sur : Le statut nutritionnel Le niveau des apports alimentaires énergétiques et protéiques spontanés La nature et la sévérité de la ou les pathologies et handicaps associés Le projet de soin

Stratégie nutritionnelle 1 er cas : statut nutritionnel normal : pas de perte de poids, albumine à 36g/l Apports alimentaires ne couvrant que la moitié des besoins Quelle stratégie?

Stratégie nutritionnelle Cas 1 Donner les conseils diététiques : les repères du PNNS, les collations, l adaptation de la texture, l aide aux repas Offrir le plaisir de manger : beau, bon et pratique Savoir donner du temps pour le repas Enrichir l alimentation sans augmenter le volume Réévaluer à 1 semaine

Enrichissement de l alimentation : Enrichir avec quoi? mode d emploi Poudre de lait, lait concentré, poudre de protéines Fromage râpé ou fondu type crème de gruyère Œufs 3 c.à s. = 8 g de P 2 mesures = 10 g de P 20 g de râpé ou 1 part de c. de gruyère = 4 à 5 g de P 1 œuf = 10 g de P Crème fraiche, beurre, huile 1 c à s = 80 à 90 kcal

Enrichir quoi? Les potages : vermicelle, jambon, fromage Les entrées : charcuteries, œufs durs Le plat protidique : sauce, farcies, quenelle Les légumes : gratin, béchamel Les purées : lait en poudre, jaunes d œufs, râpé Les pâtes ou le riz : type carbonara, cantonnais Les laitages ou desserts : lait concentré, nappage, caramel. Les boissons : lait en poudre ou concentré, lait de poule

L évaluation nutritionnelle : le suivi La prise en charge nutritionnelle d une personne âgée dénutrie nécessite un suivi à l aide d outils simples : Le poids et le statut nutritionnel L évolution de la ou les pathologies La surveillance alimentaire : élément indispensable pour adapter la prise en charge nutritionnelle La tolérance et l observance du traitement (CNO ou NE)

Mode d emploi des CNO : Prescription le plus souvent de 2 unités par jour soit : lors des collations : 2h avant ou après un repas afin de préserver l appétit ou pendant les repas, mais dans ce cas ils doivent être en plus du repas et non à la place Les présenter aux patients comme un traitement de la dénutrition Adapter les saveurs, varier les produits et parfums Adapter aux handicaps A bonne température Respecter les précautions élémentaires d hygiène, une fois ouvert : conservation maximum de 2h à température ambiante et 24h au réfrigérateur

Stratégie nutritionnelle 2 ème cas : Perte de 3 kg en 1 mois et/ou albuminémie à 33g/l = Dénutrition modérée Apports alimentaires spontanés «normaux» Quelle stratégie?

Stratégie nutritionnelle Cas 2 Conseils diététiques Alimentation enrichie Réévaluation à 1 mois

Stratégie nutritionnelle 3ème cas : Perte de poids de 9 kg en 6 mois et/ou albuminémie à 28 g/l = dénutrition sévère Apports alimentaires «normaux» Quelle stratégie?

Stratégie nutritionnelle Cas 3 Conseils diététiques Alimentation enrichie CNO Réévaluation à 15 jours

Conclusion : ce qui existe Professionnels médicaux et paramédicaux Réseaux de soins Prestataire de service Personne âgée Entourage proche (famille, voisins ) Service de soins et d aide à domicile CCAS/ CLIC / HAD /HDJ

Conclusion : l objectif à atteindre

Dénutrition de la personne âgée Repérage et prise en charge Aspect bucco-dentaire 2 Juin 2010 Hôpital Privé Gériatrique les Magnolias Docteur Sylvie Saporta réseau Appolline Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Demande Présenter les signes d alertes devant faire penser à un problème bucco-dentaire chez une personne âgée Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Données épidémiologiques Enquêtes en EHPAD réalisées par l URCAM Essonne (2000) Pays de Loire (2002) Poitou-Charentes (2003) Bretagne (2004) Rhône-Alpes (2005) Provence Alpes Côte d Azur (2006) Nord-Pas de Calais (2007) Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Données épidémiologiques Dorin M. et al. Etude sur l état de santé bucco-dentaire des personnes âgées dépendantes en 2001. Echelon local du service médical de l Essonne Baillon-Javon E. et al. L état bucco-dentaire des personnes hébergées en Ehpad - La situation du Val-d Oise en 2004. Echelon local du service médical du Val-d Oise, 2005 Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Données épidémiologiques Tartre 65% Besoin d extraction 39% (60% des sujets dentés) Caries 44% Édentations non compensées de + de 15 dents 40% Édentés complets 34% Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Constat clinique Très mauvais état bucco-dentaire Recours aux soins Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Problèmes BD aggravant la Douleur Dents manquantes dénutrition Édentement non compensé Appareil Appareil mal adapté (blessures) Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Problèmes BD aggravant la dénutrition Mycose Aphte, Blessure, Glossite (modification du goût) Fonte musculaire Hyposialie Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Douleur Bucco-Dentaire Exprimée verbalement Gestuelle Attitude - regard Agressivité - anxiété Refus des repas - d ouvrir la bouche Changement brutal de comportement Plaintes et cris sans raison apparente Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Dents absentes Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Appareil Appareil = perte entre 70% à 90% de la capacité masticatoire Evictions alimentaires Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Blessures Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Mycose Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Aphte Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Glossite Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Fonte musculaire Elle est physiologique Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Hyposialie Physiologique Médicamenteuse Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Nutrition L alimentation-digestion débute dans la cavité buccale L alimentation-plaisir débute aussi dans la cavité buccale Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Prise en charge des soins B-D Soins à 100% ALD: cocher la case soins dentaires Prothèses: aides possibles au cas par cas Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Hygiène Bucco-Dentaire Quotidienne Ce n est pas un luxe mais une nécessité Ce n est pas accessoire mais essentiel Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline

Coordination Appolline Orientation des patients après dépistage Formation des soignants à l HBD coordination.appolline@gmail.com 01 69 80 59 29 Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline