OFFRE DE SERVICES DE PREMIÈRE LIGNE EN SANTÉ MENTALE VERSION ABRÉGÉE



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OFFRE DE SERVICES DE PREMIÈRE LIGNE EN SANTÉ MENTALE VERSION ABRÉGÉE Adopté par le conseil d administration le 10 juin 2004

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TABLE DES MATIÈRES AVANT-PROPOS REMERCIEMENTS INTRODUCTION ii iii iv CHAPITRE 1 LE CONTEXTE 1.1 L importance des problèmes de santé mentale au Québec 1 1.2 La transformation des services de santé mentale au Québec 2 CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE 2.1 La difficile émergence d une première ligne en santé mentale (Le diagnostic) 5 2.2 Les principes généraux qui sous-tendent les services de première ligne 8 2.3 Les clientèles cibles 9 2.4 L expertise de l instance locale pour la mise en réseau et l offre de services de première ligne en santé mentale 10 2.5 Les services de première ligne relevant de l instance locale 12 2.6 L organisation des services au sein de l instance locale : l équipe de santé mentale de première ligne 13 2.7 La contribution des différents partenaires de l instance locale 13 CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME 3.1 La santé mentale et le programme de santé publique 16 3.2 La santé mentale et le programme des services généraux 18 3.3 Le programme de santé mentale de première ligne pour la clientèle jeunesse 21 3.4 Le programme de santé mentale de première ligne pour la clientèle adulte 24 3.5 Le programme de santé mentale de première ligne pour les personnes en perte d autonomie 27 CONCLUSION 32 ANNEXE TABLEAUX 1 À 6 34 BIBLIOGRAPHIE 40 Page i

AVANT-PROPOS AVANT-PROPOS Pour des raisons historiques, les services de santé mentale ont longtemps été considérés, au Québec, comme l apanage exclusif des services spécialisés de deuxième ligne. Cet état de fait a eu une influence directe sur le développement des services de première ligne. L organisation des services de première ligne a souvent été improvisée au gré des circonstances, des demandes, des budgets disponibles ou des initiatives du terrain provenant, la plupart du temps, des régions éloignées et en manque de services spécialisés de psychiatrie. La santé mentale constitue un enjeu majeur pour le gouvernement du Québec qui se doit d organiser ce secteur d activités afin que l ensemble de la population reçoive des services rapides pour l évaluation et le traitement des différents troubles de santé mentale et pour l intégration sociale des personnes plus sévèrement atteintes afin qu elles accèdent à une pleine citoyenneté. Pour ce faire, il faudra mettre fin à l iniquité des ressources entre les différentes régions du Québec, comme l a d ailleurs souligné le vérificateur général dans son rapport du mois de décembre 2003. Les différents rapports de l Organisation mondiale de la santé affirment que le nombre de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ira en grandissant dans l ensemble des sociétés du monde occidental. Cette augmentation viendra exercer une pression sur les services et, par le fait même, augmentera les coûts du système de santé québécois. Il faudra donc développer des mesures plus économiques en orientant les services de santé mentale vers la première ligne tout en assurant une bonne hiérarchisation des soins. Le virage en santé mentale, pris afin de favoriser le maintien des personnes dans leur communauté d appartenance, oblige à développer des services à proximité de leur milieu. Ces services doivent être facilement et rapidement accessibles et s appuyer sur des alliances avec les communautés locales. Compte tenu de ce qui précède, l Association des CLSC et des CHSLD du Québec a décidé de faire du dossier de la santé mentale une priorité et de produire une offre de services de première ligne pour l ensemble des clientèles desservies par ses établissements. Cette offre de services vise à développer une vision commune de ce que devraient être le rôle et la gamme des services de première ligne dans les futurs réseaux locaux de services que nous sommes à mettre en place dans l ensemble du territoire québécois. Disposant pour la première fois d une proposition complète de services de première ligne en santé mentale offerts par les instances locales, celles-ci pourront circonscrire leurs responsabilités et structurer leur offre de services sur la base d une première ligne forte, et ce, dans une optique de hiérarchisation des soins. La consolidation d une première ligne forte dans le domaine de la santé mentale est un mouvement incontournable présent dans la majorité des pays industrialisés ; elle permet la rétention de la majorité de la clientèle dans des services de première ligne, désengorgeant par le fait même les services spécialisés qui pourront investir plus d énergie et de ressources dans le traitement des cas complexes et des épisodes aigus de soin. À l heure des choix, nous espérons que ce texte permettra de réaliser ce virage. Alex G. Potter Président Page ii

REMERCIEMENTS REMERCIEMENTS La publication de ce document abrégé et celle des six cahiers thématiques qui suivront n aurait pu être possible sans l immense contribution de plusieurs personnes que nous tenons à remercier. D abord, merci à monsieur Jean-Luc Parenteau, qui a relevé avec brio le défi d élaborer, pour l Association des CLSC et CHSLD du Québec, une offre complète de services de santé mentale de première ligne à l intérieur d un échéancier serré et dans un contexte de grande mouvance organisationnelle. La version abrégée qui suit a été réalisée par Monick Coupal, conseillère aux programmes de l Association, à partir des travaux de monsieur Parenteau. Tout au long de son travail d élaboration et de rédaction, monsieur Parenteau a pu compter sur les précieux conseils et surtout sur la «passion du métier» des membres d un groupe d experts issus du terrain. Nous remercions chaleureusement les membres de ce comité : Louis Blanchette, du CLSC-CHSLD La Source Marc-André Groleau, du CLSC-CHSLD Basse-Ville Limoilou Vanier Michel Laroche, du CLSC et CHSLD de la MRC Desjardins Sylvie Sarrazin, du CLSC-CHSLD Rimouski-Neigette Diane Filiatreault, du CLSC-CHSLD Ste-Rose-de-Laval Suzanne Backman, du CLSC René-Cassin Jean-Guy Poirier, du CLSC Arthur-Buies CHSLD de la Rivière du Nord Merci aussi à l équipe de conseillers aux programmes de l Association, pour leur contribution, et tout particulièrement à Sylvie Fortin, directrice de cette équipe qui a cru en ce défi et soutenu les travaux tout au long de leur réalisation. Finalement, il ne faudrait pas oublier les nombreux partenaires qui ont participé aux échanges, qui ont confronté certains positionnements et présenté des hypothèses. Pour des raisons évidentes, on ne peut tous les nommer, mais soulignons qu ils relèvent d organismes tels que les agences régionales, le ministère de la Santé et des Services sociaux, les CLSC et les associations de médecins. D autres personnes ont contribué à titre personnel ; il s agit d intervenants sur le terrain et de personnes aux prises, elles-mêmes, avec des problèmes de santé mentale. En terminant, merci à Lise Deschesnes et Béhija Guitouni, secrétaires à l Association, pour la mise en page de ce document. Page iii

INTRODUCTION INTRODUCTION Lorsque la rédaction de l offre de services en santé mentale a commencée, en septembre 2003, le mandat était clair. Il consistait à décrire l offre de services de l ensemble des CLSC, des CHSLD et des CENTRES DE SANTÉ dans le domaine de la santé mentale. Cette offre devait être transversale, c est-à-dire interpeller l ensemble des programmes que l on trouve dans ces établissements et répondre aux besoins de la clientèle des 0-100 ans. L offre de services devait plus particulièrement servir à développer un consensus entre les différents membres de l Association, en ce qui concerne leur rôle dans le domaine de la santé mentale ; elle devait clarifier les complémentarités à développer avec les différents partenaires du réseau public de la santé, les organismes communautaires et les cliniques médicales dans une perspective d efficience et de hiérarchisation des soins ; elle devait finalement pouvoir servir d outil de planification pour les administrateurs par le biais d exemples de réussite dans chacun des programmes abordés. Deux évènements importants ont influencé de manière significative la rédaction du présent document. La publication par le ministère de la Santé et des Services sociaux de sa nouvelle nomenclature qui regroupe l ensemble des activités de la santé et des services sociaux en onze programmes : deux programmes de soutien administratif, deux programmes de services universels (services généraux et santé publique) et sept programmes de services spécifiques (santé physique, santé mentale, jeunes en difficulté, déficience intellectuelle, déficience physique, dépendances, personnes en perte d autonomie liée au vieillissement). Enfin, l entrée en vigueur de la loi 25 est venue bouleverser le portrait de l organisation des services à la grandeur du territoire québécois en mettant en place une nouvelle instance sur des territoires regroupant, dans la grande majorité des cas, des CLSC, des CHSLD et des centres hospitaliers. Prenant en compte ces évènements, le présent document décrit d abord le contexte dans lequel s inscrit l offre de services, soit l importance des problèmes de santé mentale au Québec ainsi que les nombreuses périodes de transformation venues façonner l organisation des services telle que nous la connaissons aujourd hui. Ce document campe ensuite les orientations et la vision de l Association des CLSC et des CHSLD du Québec sur les services de première ligne en santé mentale, en commençant par poser un diagnostic sur l état de situation de cette première ligne. Les principes émergents, les clientèles cibles et les grands paramètres de l offre et de l organisation des services dans l instance locale sont ensuite abordés. Au chapitre 3, on trouvera un aperçu du contenu de cinq des six cahiers thématiques qui seront publiés d ici l automne 2004 (le cahier 1 portant sur le contexte et les orientations). Ces cahiers (2 à 6) portent respectivement sur la santé mentale et le programme de santé publique, la santé mentale et le programme de services généraux, la santé mentale et la clientèle jeunesse, la santé mentale et la clientèle adulte, la santé mentale et les personnes en perte d autonomie. Une série de tableaux conceptuels illustrant l offre et l organisation souhaitée des services vient compléter ce document qui s adresse spécifiquement aux membres de l Association des CLSC et des CHSLD ainsi qu aux autres décideurs du réseau, dont le ministère de la Santé et des Services sociaux, les agences régionales et les directions générales des instances locales de services sociaux et de santé. Page iv

CHAPITRE 1 LE CONTEXTE 1. LE CONTEXTE 1.1 L IMPORTANCE DES PROBLÈMES DE SANTÉ MENTALE AU QUÉBEC En 2001, le Conseil médical du Québec, se basant sur des données américaines utilisables dans un contexte nord-américain, démontrait que 20 % de la population adulte des États-Unis sera affectée par un problème de santé mentale au cours de l année. De ce nombre, 9 % auront une limitation fonctionnelle dans leurs activités quotidiennes, 5,4 % auront un problème important de santé mentale et 2,6 % seront aux prises avec un trouble sévère qui les affectera pendant de longues périodes au cours de leur vie. Les données récentes tirées de l Avis du Conseil médical du Québec nous apprennent de plus que la lourdeur de ces maladies est beaucoup plus importante qu on le croyait lorsqu on compare les troubles mentaux avec les autres problèmes de santé physique. Ainsi, les troubles mentaux viennent au deuxième rang derrière les maladies cardiovasculaires, mais devant les cancers pour le fardeau qu elles représentent lorsqu on tient compte de la mortalité, du degré et de la durée des invalidités qu elles occasionnent. Selon l Organisation mondiale de la santé, les troubles mentaux représentaient en 1998, dans les pays industrialisés, 23 % des années de vie vécues avec une incapacité, comparativement à 15 % en 1990. D ici 2020, on prévoit que la dépression deviendra la première cause d invalidité. Plus près de nous, l Enquête sociale et de santé de 1998 estimait à 20 % la population aux prises avec un taux élevé de détresse psychologique. Pour les jeunes de 15-24 ans, ce taux passait à 28 % par rapport à 23 % en 1997. La détresse psychologique, dans sa manifestation la plus extrême qu est le suicide, est devenue, chez les hommes de 15 à 39 ans, la première cause de mortalité au Québec. Le Québec se classe au troisième rang dans le monde pour son taux de mortalité par suicide chez les hommes et au sixième en ce qui concerne les femmes. Il existe une forte association entre le taux de suicide et les troubles mentaux. Il est inquiétant de constater que les taux de suicide au Québec sont en progression constante depuis 1970, sauf pour une brève période de deux ans en 1998 et 1999, date à partir de laquelle la hausse est repartie de plus belle. De plus, il semble qu au Québec le suicide touche une population beaucoup plus jeune que celle des autres pays industrialisés confirmant ainsi l augmentation du niveau de détresse élevé chez les jeunes Québécois. Page 1

CHAPITRE 1 LE CONTEXTE La détresse psychologique s exprime aussi chez la population adulte à travers un taux d absentéisme élevé au travail et des demandes d invalidité de plus en plus nombreuses. D ailleurs, des représentants du monde des assurances estiment que les réclamations d invalidité pour des raisons de problèmes de santé mentale ne cessent de croître et qu elles peuvent représenter jusqu à 33 % de l ensemble des demandes de prestation. Si l état de santé physique générale s est amélioré dans le monde selon l Organisation mondiale de la santé, l état de santé mentale des populations n a pas changé. Il s est même détérioré si l on tient compte de l augmentation des problèmes de toxicomanie, de suicide, de violence et de démence qui touchent maintenant tous les pays, qu ils soient pauvres ou fortement industrialisés. Pourtant, malgré tous ces facteurs, les budgets dévolus à la santé mentale sont loin de correspondre au poids de ces maladies dans notre société. Actuellement, selon le Vérificateur du Québec, nous consacrons 1.465 milliards de dollars au traitement des troubles mentaux, et près de 30 % de ce montant est dévolu à la rémunération des médecins et au prix des médicaments 1. Ce budget représente moins de 10 % du budget total de la santé. 1.2 LA TRANSFORMATION DES SERVICES DE SANTÉ MENTALE AU QUÉBEC LA POLITIQUE DE SANTÉ MENTALE (1989) Le Québec est l un des rares gouvernements à s être doté, dès 1989, d une politique de santé mentale. L élaboration d une telle politique démontrait la volonté de la société québécoise d assurer la primauté de la personne aux prises avec des problèmes de santé mentale dans l organisation et la prestation de services qui lui sont dédiés. De plus on voulait accentuer le virage qui allait les mener de l institution à la communauté. Aussi ne pouvait-on faire autrement que de rechercher, directement dans le milieu de vie des personnes, les solutions appropriées à leur maintien et à leur intégration dans leur communauté. Conséquemment, l organisation des services devait se déplacer pour se rapprocher des communautés locales. Pourtant, de 1989 à 1998, peu de changements ont été apportés dans l organisation des services si ce n est, chez les groupes communautaires, le développement d approches alternatives suscitées par la défense des droits des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et par leur volonté d avoir des choix autres que les traitements médicaux traditionnels. 1 Vérificateur général du Québec. Les services en santé mentale, 2003, p. 44. Page 2

CHAPITRE 1 LE CONTEXTE LE PLAN D ACTION MINISTÉRIEL (1998) En 1998, le ministère de la Santé et des Services sociaux publiait son plan d action en santé mentale afin de transformer les services. Ce plan d action soulignait de manière encore plus marquée la nécessité de faire de l appropriation du pouvoir individuelle et collective par les personnes atteintes de problème de santé mentale, la trame de fond de l ensemble de la transformation des services. De plus, le plan prévoit passer d un modèle hospitalier à des services offerts directement dans les communautés. On y précise même les huit services nécessaires à l intégration des personnes : services de suivi communautaire services de crise traitement dans la communauté hospitalisation entraide soutien aux proches intégration professionnelle besoins de subsistance Afin de réaliser cette transformation, on insiste sur le partenariat entre les différents dispensateurs de services et on fixe l objectif de réaménager les budgets afin que 60 % de ceux-ci soient consacrés à des services autres que l hospitalisation. C est devant l ampleur de la tâche et face à l urgence de transformer l offre de services dans un contexte difficile de restriction budgétaire qu un groupe d appui a été créé afin de soutenir ce processus de transformation dans l ensemble du Québec. LE GROUPE D APPUI À LA TRANSFORMATION (2001) Le Groupe d appui à la transformation des services de santé mentale publie ses premières constatations en février 2001. S il affirme que la transformation est en cours dans toutes les régions du Québec, force lui est de constater qu il reste beaucoup à faire et que, d une région à l autre, les changements se font de manière très inégale. L appropriation du pouvoir demeure une notion abstraite pour les intervenants du réseau et les personnes ont peu de choix lorsque vient le temps d utiliser un service. Les ressources, autant financières qu humaines, sont, particulièrement en ce qui concerne les psychiatres, très mal réparties sur l ensemble du territoire du Québec. Page 3

CHAPITRE 1 LE CONTEXTE Si les services de suivi dans la communauté sont présents dans chacune des régions du Québec, ils ne sont pourtant pas disponibles dans toutes les MRC de la province. Les services de crise sont morcelés, mal coordonnés et l intervention directe, particulièrement de nuit, n est pas offerte dans plusieurs régions. Il existe très peu d alternatives à l hébergement et très peu de services d intégration au travail, pourtant deux éléments essentiels d une bonne intégration communautaire. LA COMMISSION D ÉTUDE SUR LES SERVICES DE SANTÉ ET LES SERVICES SOCIAUX (2001) Dans le rapport de la Commission d étude sur les services de santé et les services sociaux présidé par Michel Clair, on réaffirme aussi la nécessité de renforcer la première ligne «qui soit l assise principale du système de santé et des services sociaux, que ce réseau soit formé à partir de la double réalité des CLSC et des cabinets de médecin et qu ils offrent des services de base communs à tous les CLSC et des programmes d activités intégrées pour les clientèles vulnérables comme la santé mentale. Comme acteurs essentiels dans l organisation territoriale des services intégrés, les CLSC doivent prendre toute leur place et assumer leurs responsabilités 2». 2 Ministère de la Santé et des Services sociaux. Commission d étude sur la santé et les services sociaux, Québec, 2001, p. 190. Page 4

CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE 2. ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE Dans ce chapitre, un bref état de situation relate le contexte d émergence de la réorganisation des services de première ligne depuis les années soixante-dix. Viennent ensuite les principes généraux qui sous-tendent l organisation des services de première ligne en santé mentale, suivis par la description des clientèles cibles. Les responsabilités et les services qui devront être assumés par l instance locale sont précisés, de même que les partenariats à consolider pour assurer le déploiement de la gamme complète des services en santé mentale. 2.1 LA DIFFICILE ÉMERGENCE D UNE PREMIÈRE LIGNE EN SANTÉ MENTALE (LE DIAGNOSTIC) L ABSENCE DE PREMIÈRE LIGNE POUR DES RAISONS HISTORIQUES Malgré tous les travaux réalisés jusqu à maintenant, et à l encontre des recommandations unanimes des experts, plus de 77 % des budgets consacrés à la santé mentale sont encore affectés dans les centres hospitaliers responsables des services spécialisés 3. L absence d une première ligne forte réside dans le fait que la majorité des services en santé mentale ont longtemps été offerts, au Québec, par les établissements asilaires. Ces établissements prenaient en charge l ensemble des besoins des personnes aux prises avec des troubles mentaux. Situation qui a amené tous les autres établissements du réseau particulièrement ceux de première ligne à identifier les problèmes de santé mentale comme relevant exclusivement des services spécialisés et à ne pas développer de services spécifiques dans ce domaine. Seuls les groupes communautaires, particulièrement dans les années soixante-dix, ont développé des alternatives aux traitements spécialisés, pavant ainsi la voix à la politique de santé mentale de 1989 qui a d ailleurs reconnu leur apport dans ce domaine. Les vagues successives de désinstitutionnalisation ont permis de transférer une partie des ressources asilaires vers les hôpitaux de soins généraux qui ont alors développé des départements de psychiatrie. Les régions bénéficiant d une infrastructure asilaire forte ont donc pu bénéficier de budgets de développement pour leurs services spécialisés. «On observe que bon nombre de centres hospitaliers ont dégagé, par la réduction des lits, des sommes qu ils ont, pour certains, réinvesties dans des services généralement fournis et gérés par eux. Les CLSC et les organismes communautaires ne disposant pas des même moyens financiers sont en attente de financement pour être en mesure de s impliquer de façon significative conformément aux orientations de la transformation 4.» 3 Ministère de la Santé et des Services sociaux. Commission d étude sur les services de santé et les services sociaux. 4 Ministère de la Santé et des Services sociaux. Transformation de services de santé mentale : état d avancement du plan d action de décembre 1998, février 2001, p. 39. Page 5

CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE Le développement des services de santé mentale s est principalement réalisé sur une base historique. Dans certaines régions, des groupes communautaires ont mis en place des services de qualité et se sont vus octroyer, au cours des années, des budgets substantiels ; dans d autres régions, les services ont été développés par la transformation des services internes de l hôpital en services externes, comme en témoignent les services de suivi dans la communauté du Centre hospitalier spécialisé en psychiatrie Louis Hippolyte Lafontaine qui dessert plus de 2 000 personnes à l intérieur de son programme de suivi communautaire. Cette disparité dans l organisation de l offre de services ne serait pas dramatique si toutes les régions du Québec avaient pu baser leur modèle d organisation de services en santé mentale sur des budgets équitables qui dégagent une réelle possibilité de réaffecter les budgets historiquement dévolus aux services spécialisés vers les services de première ligne. La disparité dans le financement régional est telle que ce dernier peut aller du simple au triple, comme c est le cas entre le budget de la Montérégie et celui de la région de Montréal qui est trois fois plus élevé. L ABSENCE DE HIÉRARCHISATION DES SOINS L absence de hiérarchisation des soins à donner aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale au Québec est manifeste de manière particulièrement évidente pour la clientèle jeunesse. Dans un contexte de pénurie extrême de ressources spécialisées en pédopsychiatrie, tel que le décrit le rapport du Groupe d appui à la transformation des services de santé mentale 5, on continue à traiter, au sein des équipes spécialisées, des cas de première ligne qui pourraient relever des équipes Famille-Enfance-Jeunesse des CLSC, provoquant ainsi des délais d attente inacceptables. L exemple suivant illustre bien cette situation. En utilisant les ressources spécialisées de façon plus judicieuse, notamment en hiérarchisant les services, la région Chaudière-Appalaches a réussi à réduire de deux ans à deux mois le délai d attente pour une évaluation spécialisée. Cette formule a donc permis d accroître la disponibilité des pédopsychiatres pour la consultation aux équipes de CLSC, de développer des activités spécialisées de traitement et d augmenter le temps de présence d un pédopsychiatre au Centre jeunesse et au CRDI. Le tout, sans injecter de budgets additionnels. LA PROLIFÉRATION DES DISPENSATEURS DE SERVICES Certaines régions ont essayé de répondre à l ensemble des besoins des personnes aux prises avec un problème de santé mentale en développant un modèle d organisation basé sur la mise en place d organismes spécifiquement dédiés à certains diagnostics ou symptômes, ce qui est venu augmenter les difficultés d établir une réelle complémentarité et qui affecte encore directement la consolidation des services de première ligne. 5 Ministère de la Santé et des Services sociaux. Groupe d appui à la transformation des services de santé mentale. Recommandations pour les services pour les jeunes et les enfants ayant des troubles mentaux et à leur famille, mars 2003, p. 27. Page 6

CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE Prenons, à titre d exemple, la situation des services de crise sur l île de Montréal. On y dénombre six centres de crise sous-régionaux, un centre de prévention du suicide régional, un service de crise pour les itinérants, un autre pour la psychiatrie-justice et quelques urgences psychiatriques en milieu hospitalier. De plus, on y trouve environ vingt-trois services d écoute spécialisée pour une panoplie de clientèles ou de problèmes spécifiques. Pourtant, malgré tous ces services, la région de Montréal ne possédait, jusqu à tout récemment, aucune organisation pour intervenir sur le terrain en dehors des heures d ouverture pour l ensemble des situations de crise alors qu elle a une multitude d intervenants qui, chacun de leur côté, répondent aux appels téléphoniques. LES BARRIÈRES ADMINISTRATIVES Un autre exemple de l impact d une offre de services morcelée et d une absence de mise en réseau est la situation qui prévaut dans le domaine de l hébergement. Au Québec, la plupart des services d hébergement en santé mentale sont sous la responsabilité des centres hospitaliers spécialisés en psychiatrie. Par contre, plusieurs groupes communautaires disposent aussi d un nombre de places d hébergement. Certaines régions voient leurs ressources de type familial gérées par un centre de réadaptation ou par un centre hospitalier de soins généraux. Cette offre de services compartimentée a un impact majeur sur le suivi des personnes et sur la continuité de ce même suivi car, dans la grande majorité des régions du Québec, on change encore d intervenant en fonction du type de ressource. Pour viser une meilleure intégration des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale, l accès à un logement avec ou sans services de support s avère un outil indispensable. Souvent, pour parvenir à développer l autonomie des personnes, on doit pouvoir offrir des expériences d hébergement diverses allant de l hébergement léger au plus lourd. Cela reste encore impossible dans plusieurs régions du Québec où l absence de frontières souples ou de collaboration entre les différents partenaires empêche le passage d un type de ressource à l autre selon l évolution des besoins des personnes. Ce modèle d organisation multiplie inutilement le nombre d intervenants et par le fait même le nombre d évaluations. UNE RÉORGANISATION NÉCESSAIRE Les difficultés que nous avons identifiées en santé mentale concernent l organisation de l offre de services actuelle qui est caractérisée par un manque de hiérarchisation, ce qui a un impact sur la qualité des services pour ce qui est de l accessibilité et la continuité. Faute d une concertation locale adéquate, ce modèle d organisation éloigné des communautés est un choix dispendieux qui ne favorise pas l implication des communautés dans le maintien des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. Pour dégager les services spécialisés, il faut que les services soient capables de retenir la grande majorité des personnes en première ligne. Page 7

CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE 2.2 LES PRINCIPES GÉNÉRAUX QUI SOUS-TENDENT LES SERVICES DE PREMIÈRE LIGNE Cinq principes généraux sous-tendent l organisation des services de première ligne en santé mentale : l appropriation du pouvoir, l accessibilité, la complémentarité, la continuité des services et l approche globale. L APPROPRIATION DU POUVOIR : UN PRINCIPE UNIVERSEL Dans son rapport sur l avancement de la transformation des services de santé mentale (2001), le Groupe d appui à la transformation a identifié le principe de l appropriation du pouvoir comme étant celui qui doit sous-tendre l ensemble des actions des différents organismes œuvrant auprès des personnes. L appropriation du pouvoir est étroitement liée à la participation citoyenne des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et résulte de l évolution de la perception des troubles mentaux. Ainsi, la vision selon laquelle la personne était uniquement perçue comme un malade qu il fallait protéger contre lui-même et autrui a évolué avec la Politique de santé mentale (1989) qui prône la primauté de la personne. Cette vision implique d être à l écoute des besoins particuliers et d y répondre en modulant les services sur les forces de chaque individu afin de lui permettre de sortir de l institution. Depuis 1998, avec la montée des mouvements de défense des droits, ce concept a continué d évoluer pour en arriver à l appropriation par les personnes du pouvoir sur leur vie et leur destinée. Cela veut dire pouvoir choisir, décider et revendiquer l amélioration de ses conditions de vie. L ACCESSIBILITÉ DES SERVICES La gamme complète des services de santé mentale doit être disponible dans chacun des territoires et être offerte le plus près possible des milieux de vie des personnes. Les interventions doivent mettre à contribution les différents partenaires de la communauté. LA COMPLÉMENTARITÉ DES SERVICES Ce principe fait référence à la mise en place d un réseau intégré de services afin de procurer, à l ensemble des personnes, les services adaptés au degré de gravité de leurs problèmes, et à fournir les expertises nécessaires à l évaluation et au traitement que requiert leur état. L intensité des services doit pouvoir se moduler selon les besoins des personnes, besoins qui sont variables dans le temps. La complémentarité des services implique la hiérarchisation entre les services de base et les services spécialisés ainsi que la mise en place d un accès privilégié en première ligne et des mécanismes de liaison fonctionnels et rapides entre les différents dispensateurs de services. Page 8

CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE LA CONTINUITÉ DES SERVICES De nombreux problèmes de santé mentale conjuguent des interventions de longue durée et un processus diagnostique qui peut être lent. La première ligne doit être présente en amont et en aval des épisodes de services spécialisés. Les services de première ligne doivent faire le lien entre les différents dispensateurs de service, ils doivent intervenir auprès de la famille même lors de l attente du diagnostic et doivent aider les différents milieux de vie à favoriser l intégration des personnes après des épisodes aigus de la maladie. Cela peut aussi signifier la mise en place d équipes de suivi communautaire qui demeurent responsables des personnes, peu importe leur lieu de résidence ou d hébergement dans le territoire de l instance locale. DES APPROCHES GLOBALES Les approches cliniques des services de première ligne en santé mentale doivent reposer sur une vision biopsychosociale de la santé mentale, c est-à-dire une vision prenant en compte les aspects biologiques et psychologiques ainsi que la qualité de la relation entre les personnes et leur environnement. Cela exige un travail transdisciplinaire, mais il est démontré que le travail en transdisciplinarité est un gage de succès face à des problèmes complexes et multifactoriels. 2.3 LES CLIENTÈLES CIBLES Le trouble mental est une maladie accompagnée de manifestations psychologiques ou comportementales qui entraîne une détérioration marquée des capacités cognitives, affectives ou relationnelles de l individu. «Il est cependant admis que ces troubles émergent à un point d interaction entre les facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et culturels.» L expression plus générale de «problèmes de santé mentale 6» renvoie à un ensemble de situations problématiques qui résultent de la perturbation des rapports entre la personne et son environnement. Ces problèmes ont des formes d expression multiples et découlent notamment des conditions de vie difficiles telles que la pauvreté et l isolement, d évènements stressants comme la perte d un être cher ou traumatisants comme l abus sexuel. Ils s expriment au sein d un milieu et en lien avec la dynamique de celui-ci. Les problèmes de santé mentale se manifestent à travers des symptômes qui varient de légers (personnes dont la santé mentale est menacée) à grave. Les personnes aux prises avec des problèmes transitoires de santé mentale peuvent généralement, avec un traitement approprié, retrouver un niveau de fonctionnement adéquat. Les personnes qui présentent des symptômes tels, que leur dysfonctionnement perdurera dans le temps, sont dites aux prises avec des problèmes de santé mentale graves. 6 Ministère de la Santé et des Services sociaux. Comité de la santé mentale du Québec. Pour enrichir la politique de santé mentale du Québec, 1994. Page 9

CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE L offre de services présentée dans ce document s adresse à plusieurs clientèles : jeunes et adolescents aux prises avec des troubles de santé mentale transitoires ou graves, ou dont la santé mentale peut être gravement menacée par la présence de plusieurs facteurs de stress entraînant une forte détresse psychologique parents de jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale jeunes dont un parent a développé un problème de santé mentale personnes travaillant dans les milieux de vie qui accueillent les jeunes et les adolescents qui ont des problèmes de santé mentale adultes et personnes âgées dont la santé mentale est menacée adultes et personnes âgées présentant des problèmes transitoires de santé mentale adultes et personnes âgées aux prises avec des problèmes sévères de santé mentale qui peuvent persister dans le temps famille et proches des personnes aux prises avec des problèmes sévères de santé mentale organismes du milieu présents dans chacune des communautés et qui peuvent avoir à répondre à une partie des besoins des personnes qui vivent avec un problème de santé mentale (loisirs, éducation, logement, travail) 2.4 L EXPERTISE DE L INSTANCE LOCALE POUR LA MISE EN RÉSEAU ET L OFFRE DE SERVICES DE PREMIÈRE LIGNE EN SANTÉ MENTALE L instance locale doit assumer le leadership dans la mise en place des réseaux intégrés de services au niveau local, tel que stipulé dans les rapports du Groupe d appui à la transformation des services de santé mentale (2001) et dans le rapport de la Commission Clair (2001). Pour ce faire, elle met à contribution les différentes expertises développées en première ligne : connaissance du milieu, action communautaire, interdisciplinarité, prévention-promotion, soutien à domicile, approches communautaires et de réseau, hébergement, intervention de crise et services généraux. LA CONNAISSANCE DU MILIEU Les services de première ligne sont au cœur des communautés locales. Cette proximité physique et le fait d offrir plusieurs services à domicile ou dans des organismes associés (écoles, centres de la petite enfance ) apportent aux intervenants des instances locales une connaissance approfondie de la communauté et des besoins des personnes, de leur famille et de leurs proches. Cette connaissance favorise un dépistage proactif directement dans la communauté. Page 10

CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE L ACTION COMMUNAUTAIRE L action communautaire est une caractéristique unique de la première ligne dans le réseau public de la santé. Cette expertise permet de bien connaître les ressources de la communauté ainsi que les différents leaders qui y travaillent. Cette connaissance «communautaire» est essentielle quand vient le temps d évaluer la capacité d une communauté à intégrer ses citoyens aux prises avec des problèmes de santé mentale, et ce, non seulement pour la tolérance mais aussi en ce qui a trait à la capacité de ces mêmes communautés à répondre à certains besoins des personnes (loisirs, logement sociaux ). L INTERDISCIPLINARITÉ La première ligne est constituée d intervenants de plusieurs disciplines travaillant au sein d équipes multidisciplinaires avec des mandats touchant la santé mais également les services psychosociaux autant préventifs que curatifs. Cette configuration de mandats et d équipes multidisciplinaires aux confins de la santé et du social favorise le développement d approches globales prenant en compte l ensemble de la situation des personnes et favorisant le rôle de liaison entre les proches, la communauté et les services spécialisés. Cette interdisciplinarité favorise aussi l intervention conjointe entre les services médicaux et les services sociaux. LA PRÉVENTION ET LA PROMOTION La première ligne a développé, en collaboration avec les partenaires de la communauté, des programmes d action préventive sur la plupart des problèmes de santé, de même qu elle a élaboré des activités de promotion et de sensibilisation sur les déterminants de la santé. Cette expertise, qui vient compléter le traitement de première ligne, sera utilisable pour la promotion d une bonne santé mentale et permettra de contrer la stigmatisation, les préjugés et l indifférence qui accompagnent trop souvent les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. LE SOUTIEN À DOMICILE Depuis plus de vingt-cinq ans, une solide expertise en soutien à domicile pour des clientèles sans cesse plus complexes a été développée au Québec. Cette expertise multidisciplinaire peut être utilisée auprès des personnes aux prises avec des problèmes sévères de santé mentale tout comme on le fait déjà pour des clientèles en perte d autonomie sévère. Ces services se donnent directement dans le milieu de vie et tiennent compte de l environnement physique, familial et social des personnes. Page 11

CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE LES APPROCHES COMMUNAUTAIRES ET DE RÉSEAU En développant des services directement au domicile des gens et en étant près des communautés locales, la première ligne a développé des approches d intervention communautaire qui impliquent l ensemble du réseau des personnes dans la recherche de solutions, ce qui occasionne un meilleur partage de responsabilités entre les services publics, la famille et la communauté et favorise l intégration des personnes. L HÉBERGEMENT Les centres d hébergement et de soins de longue durée ainsi que les ressources intermédiaires qu ils ont développées complètent la gamme des services de réadaptation et offrent une continuité entre le traitement de première ligne, le maintien à domicile, la réadaptation et les besoins d hébergement temporaires ou permanents. L INTERVENTION DE CRISE ET LES SERVICES GÉNÉRAUX Dans plus de dix régions au Québec, les CLSC participent, en collaboration avec des groupes communautaires, à l offre des services de crise 24/7. Grâce à l expertise et au plateau technologique développés à travers le programme Info-Santé CLSC, plusieurs régions offrent maintenant l équivalent social soit l Info-Social. De plus, le réseau de première ligne dispose de services d accueil social de jour et souvent de soirée, ce qui lui confère une bonne connaissance des problématiques sociales présentes sur les territoires. 2.5 LES SERVICES DE PREMIÈRE LIGNE RELEVANT DE L INSTANCE LOCALE Voici les services qui devraient être sous la responsabilité des instances locales de santé et de services sociaux : action communautaire urgence hospitalière services de crise incluant intervention téléphonique et hébergement en situation de crise services psychosociaux généraux incluant accueil, évaluation psychosociale, accompagnement, référence et traitement programme de santé mentale de première ligne incluant notamment la promotion et prévention hébergement en CHSLD, RTF, RI, maisons de transition, appartements supervisés services hospitaliers spécialisés (deuxième ligne) Pour plus de détails, voir les tableaux 1, 2 et 3 en annexe du présent document. Page 12

CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE 2.6 L ORGANISATION DES SERVICES AU SEIN DE L INSTANCE LOCALE : L ÉQUIPE DE SANTÉ MENTALE DE PREMIÈRE LIGNE En fonction de la configuration du réseau local et des caractéristiques de sa population, plusieurs modalités organisationnelles peuvent être envisagées. La proposition que nous présentons favorise la mise en place d une équipe de santé mentale de première ligne dédiée à la clientèle qui présente des problèmes transitoires ou sévères. Cette équipe relèverait du programme de santé mentale mais une partie de ses effectifs serait affectée de façon matricielle aux secteurs Famille-Enfance-Jeunesse et Personnes en perte d autonomie liée au vieillissement, compte tenu des besoins spécifiques de ces clientèles. Le tableau 1 apparaissant en annexe illustre cette organisation de services. Les services spécifiques de santé mentale de première ligne se retrouvent tous au sein d une seule équipe de santé mentale qui offrira des services de proximité à l ensemble de la population du territoire du réseau local de services. La composition de l équipe de santé mentale est transdisciplinaire et favorise le regroupement d intervenants de plusieurs professions : médecins généralistes, infirmières, psychologues, travailleurs sociaux, psychoéducateurs ou éducateurs spécialisés, auxiliaires familiales, organisateurs communautaires... Les intervenants regroupés au sein de l équipe de santé mentale assument la prestation de services et la programmation de nouvelles activités en plus d offrir du soutien professionnel, de la formation continue et de la supervision clinique aux autres intervenants travaillant auprès de la clientèle. La grande majorité des intervenants de l équipe de santé mentale dessert la clientèle adulte aux prises avec des problèmes transitoires et sévères de santé mentale. 2.7 LA CONTRIBUTION DES DIFFÉRENTS PARTENAIRES DE L INSTANCE LOCALE Plusieurs partenaires sont mis à contribution pour compléter l offre de services : les groupes communautaires, les centres hospitaliers, les médecins omnipraticiens et les centres de réadaptation. LES GROUPES COMMUNAUTAIRES Au Québec, plusieurs groupes communautaires ont été des précurseurs dans la mise en place de services de santé mentale offrant une alternative ou, plus précisément, offrant quelque chose que les services publics ne pourront jamais offrir : un lieu où les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale peuvent se retrouver entre pairs, développer du support et de l entraide mais, surtout, un lieu d apprentissage à la vie associative et démocratique, véritable berceau de l appropriation du pouvoir. Page 13

CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE De la même manière, les groupes d entraide pour les parents et les proches ont développé des programmes intéressants afin de venir en aide aux parents et amis qui soutiennent les membres de leur famille au quotidien en même temps que de mieux les informer. La plupart de ces groupes gèrent aussi des programmes de répit-dépannage. Les groupes communautaires sont des ressources bien adaptées pour répondre aux besoins de réadaptation et d apprentissage et pour toutes les activités qui préparent à l emploi. Ils ont de plus démontré leur expertise dans le domaine de l intégration socioprofessionnelle et dans le soutien au logement. Pour ces raisons, nous croyons essentiel de trouver, dans chacun des territoires locaux du Québec, des groupes qui donnent les services d entraide autant pour les personnes que pour les parents et les proches, afin de compléter l offre de services de première ligne. Certains organismes communautaires offrent des services de type professionnel comparables aux services que l on trouve généralement dans des établissements du réseau comme les services de crise, le suivi communautaire et les ressources d hébergement. Ces groupes devraient être intégrés de manière fonctionnelle au sein du réseau de services de première ligne si l on veut éviter le chevauchement et les bris de continuité. Ils devraient aussi être soumis aux mêmes exigences de résultats que les services publics. LES CENTRES HOSPITALIERS L évolution récente dans le domaine de la pharmacothérapie et des traitements psychiatriques nous a permis, depuis 1995, de diminuer sensiblement les durées de séjour en milieu hospitalier avec pour effet de supprimer un nombre élevé de lits de courte durée psychiatrique. Les centres hospitaliers devraient concentrer leurs activités dans les services spécialisés d évaluation, de diagnostic psychiatrique, de pharmacothérapie et de traitement intensif lors d épisodes aigus de la maladie. De plus, ils devraient mettre en place des services pour les clientèles dont le problème psychiatrique est doublé d un problème de déficience intellectuelle, de toxicomanie, de justice... Les centres hospitaliers devraient développer leurs services spécialisés en fonction des limites de l intervention des services de première ligne de manière limitée dans le temps, en prévoyant un transfert de connaissances vers la première ligne lorsque pertinent et nécessaire. Il est très important d établir des liens étroits entre les équipes dans la communauté et les services spécialisés afin que le passage de la communauté vers les services spécialisés, lors d un épisode aigu de la maladie, se fasse sans heurt. De la même façon, la préparation de la sortie de l hôpital devra impliquer les équipes dans la communauté. Ainsi coordonnée, l hospitalisation ne devrait pas causer une brisure dans la continuité des soins, mais plutôt être un lieu proactif dans la préparation du retour des personnes dans leur milieu de vie. Page 14

CHAPITRE 2 ORIENTATIONS POUR L ORGANISATION DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE LES MÉDECINS OMNIPRATICIENS L implication des médecins omnipraticiens et leur présence en nombre suffisant partout dans la province est une condition incontournable de la consolidation des services de première ligne, particulièrement auprès des enfants aux prises avec des troubles de santé mentale. Face à la mauvaise répartition des psychiatres dans les différentes régions du Québec ou à la pénurie de pédopsychiatres, il est extrêmement important de développer des alternatives. Le document du Groupe d appui sur l organisation des services pour les jeunes aux prises avec des troubles mentaux et à leur famille (2003) énumère plusieurs solutions intéressantes : utilisation d omnipraticiens en santé mentale avec un accès privilégié auprès des spécialistes, télé-médecine, formation en santé mentale des médecins de première ligne, prise en charge des clientèles avec les nouveaux GMF, mise en place d un service de consultation psychiatrique, équipes multidisciplinaires rapidement accessibles pour les intervenants de première ligne. Nous ajoutons à cette liste, la collaboration avec les pédiatres pour le volet jeunesse. Les services médicaux doivent être en liaison étroite avec les services psychosociaux de première ligne dans un souci de prise en charge des personnes, au niveau local, en dehors des périodes aiguës de désorganisation. LES CENTRES DE RÉADAPTATION Les services de première ligne doivent pouvoir travailler en étroite collaboration avec les Centres jeunesse et les Centres de réadaptation de deuxième ligne en déficience intellectuelle et en toxicomanie afin que les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale associés à une autre problématique puissent bénéficier de services qui ne soient pas donnés l un à la suite de l autre, mais plutôt de manière concomitante et en complémentarité. Dans son plus récent rapport sur la réorganisation des services de santé mentale aux États- Unis, le Comité national de la santé mentale soulignait que les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale associés à des problèmes de toxicomanie ne recevaient, dans la grande majorité des cas, qu un traitement pour un seul de ces problèmes et que, loin de s améliorer, leur situation se dégradait 7. 7 Commission on Mental Health. Achieving the promise: transforming mental Health care in America, July 2003, p. 99. Page 15

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME 3. POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME 3.1 LA SANTÉ MENTALE ET LE PROGRAMME DE SANTÉ PUBLIQUE De façon générale, les activités de prévention et de promotion de la santé mentale sont intégrées dans le continuum des services auprès de la clientèle et touchent autant un public large que les personnes aux prises avec des problèmes sévères de santé mentale. La clientèle à risque de développer des problèmes de santé mentale, celle qui vit des situations difficiles, trouvera réponse dans le cadre des services de santé et services sociaux courants offerts par l instance locale par le biais du programme des services généraux, et des activités cliniques et d aide. LES CLIENTÈLES CIBLES Cinq groupes de clientèle sont ciblées par le programme de santé publique : la population en général, par des activités de promotion les jeunes et leurs parents, par des programmes de prévention les adolescents, par des programmes de promotion les adultes, par des activités de promotion les personnes âgées, par des programmes de prévention LES OBJECTIFS D UN PROGRAMME DE PRÉVENTION-PROMOTION EN SANTÉ MENTALE Les objectifs que devraient poursuivre un programme de santé publique en santé mentale sont de plusieurs ordres : intégration dans le Plan d action local (PAL) d une programmation en santé mentale pour tous les groupes d âge unification des différents programmes de prévention qui ciblent les mêmes facteurs de risque chez les jeunes : suicide, toxicomanie et jeux, abus de toutes sortes intégration des programmes PSJP et NEGS consolidation de l évaluation des activités de prévention, c est-à-dire participation, avec la santé publique, à l évaluation systématique et sur de longues périodes des activités de prévention et à la diffusion des résultats. Page 16

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME EN CE QUI CONCERNE LES SERVICES introduire, à l intérieur des programmes de prévention existants, la promotion d une bonne santé mentale ainsi que des activités qui visent à éliminer les facteurs de risque qui affectent la santé mentale diminuer, à la fois chez nos partenaires et dans les communautés locales, les préjugés dont sont victimes les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale sensibiliser la population sur les effets positifs de consulter un professionnel de la santé pour des problèmes de santé mentale ou de détresse psychologique mettre en place des stratégies de «reaching out» pour l identification des cas de santé mentale dans nos différents programmes services (jeunesse, personnes en perte d autonomie ) intervenir sur les déterminants de la santé mentale (conditions de vie). Page 17

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME 3.2 LA SANTÉ MENTALE ET LE PROGRAMME DES SERVICES GÉNÉRAUX Dans la nouvelle nomenclature du ministère de la Santé et des Services sociaux, le programme des services généraux est constitué d un ensemble de services cliniques de première ligne excluant les services de prévention-promotion. Ce sont des services de proximité qui s adressent à l ensemble de la population. On y trouve de services médicaux de première ligne, des services de santé courants, des services sociaux et des services d organisation communautaire. LES CLIENTÈLES CIBLES o Les personnes aux prises avec des idéations suicidaires o Les personnes aux prises avec des situations qui les rendent à risque de développer des problèmes de santé mentale, plus précisément les personnes : victimes d abus de toutes sortes aux prises avec des problèmes de dépendances (toxicomanie et jeux) isolées, n ayant pas de réseau de support en situation de perte (deuil, maladie chronique, séparation...) aux prises avec un niveau élevé de stress immigrantes itinérantes avec un handicap (intellectuel, physique...) en situation de pauvreté o Les parents, les amis et les proches d une personne aux prises avec des problèmes de santé mentale LES OBJECTIFS o S assurer que, dans chacun des territoires, il y ait un service de crise universel et accessible sur une base 24/7 : Par la mise en réseau des services généraux de première ligne, des services de crise communautaires, des centres de prévention du suicide et des urgences hospitalières. Une illustration de cette mise en réseau est présentée en annexe au tableau 2. Par une réponse téléphonique 24/7 facilement accessible dans chacun des territoires dans un délai inférieur à une minute. Par une intervention sécuritaire dans le milieu de vie lorsque requis. Par l accès à des ressources d hébergement de crise dans chacun des territoires et pour tous les types de clientèle, sur la base d un ratio de 5 lits/100 000 de population. Page 18

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME Par la prise en charge de toute personne ayant reçu un service ou étant hébergée dans un service de crise, par un intervenant identifié dans un délai de 24 à 48 heures. Cela implique des protocoles avec les centres de prévention du suicide, les CALACS, les équipes de suivi communautaire, les centres de réadaptation de deuxième ligne (jeunesse, déficience intellectuelle, déficience physique, toxicomanie ). o Appliquer l article 8 de la Loi sur la protection des personnes dangereuses pour ellesmêmes ou pour autrui : Par la mise en réseau des différents services de crise et des services de santé mentale. Par la mise en place de protocoles d intervention avec les corps policiers dans le but de clarifier les rôles de chacun dans l intervention. Par le développement de réelles alternatives à l hospitalisation ou à la judiciarisation des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. o Augmenter, à l intérieur du programme des services généraux, la prise en charge des personnes à risque de développer des problèmes de santé mentale : Par la mise en place d une gamme de services court terme avec des approches individuelles et de groupe couvrant l ensemble des situations à risque. Par des services d AEO qui ont la possibilité d effectuer des sorties dans les situations urgentes. Par l accompagnement et la référence systématique vers des services plus spécifiques ou des ressources communautaires lorsque la situation le requiert. o Systématiser le suivi des clientèles suicidaires : Par l augmentation du nombre d évaluations conjointes sociales et médicales dans les cas d idéations suicidaires. Par l amélioration des capacités d évaluer le risque et l urgence. Par l instauration de la prise en charge rapide et systématique des clientèles aux prises avec des idéations suicidaires par des équipes d intervention psychosociale. Cette prise en charge mettra à contribution les corps policiers, les urgences hospitalières, les centres de prévention du suicide, les services généraux de première ligne ainsi que les centres de crise. Par l implantation de dispositions relatives à la mise en place du protocole d intervention sur le suicide que l on trouve dans chacun des Centres jeunesse. Page 19

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME o Augmenter, dans chacun des territoires, le suivi médical par les omnipraticiens des clientèles avec des troubles de santé mentale : Par l utilisation des infirmières rattachées aux GMF comme infirmières de liaison avec les différents programmes pouvant offrir des services de santé mentale. Par la formation continue des médecins en santé mentale en vue d améliorer leur capacité d évaluation et de traitement auprès de cette clientèle, particulièrement pour les personnes avec des idéations suicidaires et celles avec des troubles de déficit de l attention/hyperactivité (TDAH). Par l accès à des services de consultation pour les omnipraticiens auprès des psychiatres afin d améliorer la qualité du suivi des clientèles. Par la détermination d activités médicales prioritaires incluant celles se rattachant aux clientèles avec des problèmes de santé mentale. Par l intégration d un omnipraticien à l équipe de santé mentale de première ligne. Voir tableau 4 «La mise en réseau des services d urgence psychosociale» pour un complément d information. Page 20

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME 3.3 LE PROGRAMME DE SANTÉ MENTALE DE PREMIÈRE LIGNE POUR LA CLIENTÈLE JEUNESSE Les services de première ligne en santé mentale visent à offrir des services à l ensemble des jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale. Ces problèmes peuvent varier en intensité, en sévérité et en chronicité. LES CLIENTÈLES CIBLES On y retrouve les jeunes dont la santé mentale est menacée, c est-à-dire, les jeunes exposés à des facteurs de risque qui, s ils persistent, peuvent entraîner des troubles de santé mentale. Ces jeunes sont généralement suivis dans le cadre des activités régulières des équipes FEJ. o Les clientèles plus spécifiquement ciblées dans ce groupe sont les enfants et les jeunes qui sont : victimes d abus sexuels victimes d agression physique aux prises avec un problème de toxicomanie avec des problèmes intériorisés aux prises avec des idéations suicidaires d une famille dont un parent souffre de problèmes sévères de santé mentale Les enfants et les jeunes aux prises avec des problèmes transitoires de santé mentale d intensité variable qui affectent de manière importante leur fonctionnement et qui nécessitent une intervention spécifique de durée et d intensité variable, retrouvent un niveau de fonctionnement adéquat avec un suivi approprié. o Les clientèles plus spécifiquement ciblées dans ce groupe sont les enfants et les jeunes qui sont aux prises avec plusieurs troubles ou problèmes : troubles d adaptation légers et modérés troubles d anxiété légers à modérés problèmes de stress aigu troubles d opposition et de comportement déficits de l attention légers à modérés avec ou sans hyperactivité troubles anxieux et dépressifs troubles somatoformes Page 21

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME Les enfants et les jeunes aux prises avec des problèmes sévères de santé mentale nécessitent un accompagnement et de multiples interventions sur de longues périodes de temps. L action de l équipe d intervention se situera alors dans une perspective d intégration, de réadaptation et d insertion sociale avant et après les épisodes de soins spécialisés et souvent en collaboration avec d autres organismes. o Ces services visent les enfants et les jeunes : psychotiques aux prises avec des troubles de l alimentation avec des problèmes d attachement ou des troubles de personnalité en devenir avec des troubles de l humeur avec des problèmes de comorbidité, c est-à-dire des problèmes de santé mentale associés à une autre pathologie (toxicomanie, déficience intellectuelle ) Les parents et les membres de la famille proche des enfants et des jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale sont partie prenante du plan d intervention de même que les différents milieux de vie qu ils fréquentent particulièrement les centres de la petite enfance et les milieux scolaires. LES OBJECTIFS DU PROGRAMME DE SANTÉ MENTALE DE PREMIÈRE LIGNE POUR LA CLIENTÈLE JEUNESSE FORMATION Intégrer et développer, au sein des équipes Famille-Enfance-Jeunesse existantes, un cadre de référence en santé mentale. Pour ce faire, il faut offrir une formation à l ensemble du personnel travaillant au sein des équipes Famille-Enfance-Jeunesse sur les troubles mentaux (psychopathologie), leurs manifestations et les traitements habituels. L ajout d un cadre d analyse en santé mentale ne signifie pas, pour autant, que l on doive psychiatriser les interventions auprès des jeunes. La formation devrait servir à enrichir le bagage d outils et ainsi améliorer l offre de services. Une autre formation doit être offerte sur les habiletés à développer en regard de la réadaptation et de l intégration sociale ainsi que de la notion de primauté de la personne. Les régions qui ont réussi à mettre en place de telles formations ont obtenu de très bons résultats lorsque ces formations étaient données, en partie, par les équipes spécialisées de pédopsychiatrie. LA GAMME DE SERVICES Développer une gamme de services spécifiques pour les jeunes ayant des problèmes de santé mentale, par le biais d une équipe de santé mentale jeunesse. Page 22

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME Les services spécifiques de santé mentale de première ligne se retrouvent tous au sein d une seule équipe de santé mentale qui offrira des services de proximité à l ensemble de la population du territoire du réseau local de services. L équipe dédiée au secteur Famille-Enfance-Jeunesse offre, en mode matriciel, des services spécifiques de santé mentale aux jeunes et aux enfants. Tout en étant rattachée administrativement à l équipe de santé mentale, les intervenants travaillent avec les équipes Famille-Enfance-Jeunesse afin de développer et d améliorer les programmes de prévention, de dépistage et de traitement pour les jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale particulièrement en regard des troubles du déficit de l attention/hyperacivité et des besoins d intégration des jeunes aux prises avec des problèmes sévères de santé mentale dans leur milieux de vie quotidienne. Une collaboration étroite avec les médecins omnipraticiens est essentielle au développement d une intervention de première ligne en santé mentale. Par ailleurs, les pédiatres desservent déjà une bonne partie de la clientèle jeunesse et pourront être mis à contribution pour assurer la gamme de services en santé mentale. LA MISE EN RÉSEAU Développer, dans chaque région du Québec, des réseaux de services intégrés dans le but d améliorer l accès et la continuité aux services de santé mentale sur une base locale selon le modèle décrit ci-dessous. La première ligne doit assumer le leadership de la mobilisation de l ensemble des partenaires pour clarifier les rôles et les mandats de chacun et déployer la gamme complète des services de base dans chacun des territoires. Il faut mettre sur pied, en collaboration avec les services spécialisés et les cliniques médicales, une hiérarchisation des soins par l instauration d une porte d entrée unique ou la mise en place d un mécanisme de référence concerté entre les services médicaux et les services sociaux afin d avoir un accès plus rapide aux services spécialisés de pédopsychiatrie. Il faut développer la fonction de liaison entre l ensemble des organismes œuvrant auprès des jeunes, établir les modalités de communication et de transfert de responsabilités entre les organismes et définir les niveaux de collaboration attendue de la part de chacun des acteurs. Voir en annexe les tableaux 2 et 5 : «La mise en réseau des services» et «La trajectoire des services en santé mentale pour les jeunes». Page 23

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME 3.4 LE PROGRAMME DE SANTÉ MENTALE DE PREMIÈRE LIGNE POUR LA CLIENTÈLE ADULTE LES CLIENTÈLES CIBLES o Les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale La plupart des équipes de santé mentale actives en première ligne desservent l ensemble des clientèles adultes de 18 à 65 ans aux prises avec des problèmes de santé mentale, qu ils soient transitoires ou persistants. Nous utiliserons les diagnostics médicaux afin d identifier les différentes clientèles desservies par le programme de santé mentale de première ligne pour les adultes, même si nous sommes conscients que l intensité et la gravité des symptômes peuvent influencer le choix de la réponse. Plus particulièrement, on peut identifier les diagnostics suivants : Troubles transitoires troubles anxieux troubles anxieux sévères troubles phobiques troubles obsessifs-compulsifs troubles somatoformes troubles de l humeur (dépression) personnes à haut risque suicidaire stress post-traumatique Troubles sévères troubles psychotiques et troubles schizophréniques troubles bipolaires (la maniacodépression) dépressions majeures troubles de personnalité o Les doubles problématiques (la comorbidité) Certaines personnes aux prises avec une double problématique devraient être suivies conjointement avec les services spécialisés. Ces personnes, déjà aux prises avec des problèmes de santé mentale, ont aussi entre autres : des démêlés avec la justice (médico-légal) des problèmes de toxicomanie et autres dépendances des problèmes d itinérance des problèmes de déficience o Les organismes du milieu Les équipes de santé mentale doivent offrir des services de consultation, de support et d action communautaire aux groupes communautaires œuvrant en santé mentale, dont : les groupes d entraide pour les parents, les groupes d entraide pour les personnes atteintes, les centres de crise, les groupes de défense des droits et les groupes d intégration au travail. Page 24

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME Dans un esprit d approche communautaire, d action communautaire et d intervention intersectorielle, les équipes de santé mentale devraient en outre collaborer étroitement avec les organisations suivantes : milieu scolaire, monde municipal (loisirs et habitation), centres locaux d emploi (CLE), services policiers, éducation aux adultes et entreprises d économie sociale (ACEF, cuisines populaires, coopératives de services). LES OBJECTIFS DU PROGRAMME DE SANTÉ MENTALE DE PREMIÈRE LIGNE POUR LA CLIENTÈLE ADULTE o Les objectifs spécifiques pour les troubles transitoires Augmenter l expertise pour l ensemble des traitements en première ligne, particulièrement en ce qui concerne l évaluation et le traitement psychologique. Développer, en collaboration avec les partenaires des services spécialisés, de nouveaux modes de prestation de services comme les groupes psycho-éducatifs ou psychodéveloppementaux et les services intensifs de prise en charge, particulièrement dans le cas des idéations suicidaires et des dépressions récurrentes. o Les objectifs spécifiques pour les troubles sévères Développer une équipe de suivi communautaire d intensité variable sur chacun des territoires. Développer le suivi des clientèles hébergées sur son territoire en négociant le transfert de cette responsabilité avec les organisations responsables d administrer les ressources d hébergement. Les organisations gestionnaires pourraient conserver la responsabilité de la gestion du contrat, du recrutement, du paiement et de la formation de ces ressources. Mettre en place un mécanisme d accès local pour l ensemble des ressources d hébergement sur son territoire. Développer par des ententes la liaison avec les services spécialisés pour assurer le suivi lors des périodes d hospitalisation ou de traitement intensif. Développer des services de consultation psychiatrique. LES SERVICES OFFERTS PAR L ÉQUIPE DE SANTÉ MENTALE AUX ADULTES L équipe de santé mentale de première ligne offre pour les adultes (18-64 ans), des activités de prévention et de promotion pour une meilleure santé mentale. Elle assume l évaluation, le traitement et le suivi dans la communauté d une grande majorité des personnes aux prises avec des troubles de santé mentale. Elle assume aussi le suivi des personnes hébergées dans des ressources régulières et met en place, dans chaque réseau local, un mécanisme d accès à l hébergement. Page 25

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME Dans le but d améliorer la continuité, la complémentarité et l efficience des services,.l équipe voit à la mise en réseau de l ensemble des partenaires œuvrant dans le domaine de la santé mentale dans chaque territoire L équipe de santé mentale pour les adultes donne les services de première ligne suivants: évaluation psychosociale et psychologique, évaluation et suivi médical, enseignement sur la maladie et la médication, traitement psychothérapeutique, suivi de la médication, accompagnement, suivi dans la communauté, support dans les activités de la vie domestique, promotion et prévention. Voir en annexe le tableau 2 «La mise en réseau des services» et le tableau 3 qui illustre la gamme de services en santé mentale adulte. Page 26

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME 3.5 LE PROGRAMME DE SANTÉ MENTALE DE PREMIÈRE LIGNE POUR LES PERSONNES EN PERTE D AUTONOMIE Cette partie aborde la problématique des personnes en perte d autonomie aux prises avec des problèmes de santé mentale. Ces personnes sont actuellement desservies à travers les services de soutien à domicile (SAD) et les programmes d hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). LES CLIENTÈLES CIBLES VIVANT À DOMICILE o La clientèle vieillissante à risque de développer un problème de santé mentale Toute personne de plus de 65 ans qui vit à domicile peut développer des problèmes de santé mentale parce que soumise à des facteurs de risque. Le Comité de santé mentale du Québec a fourni une nomenclature de ces différents facteurs : facteurs liés à la santé physique : l état de santé physique et l accès aux services de santé facteurs liés aux ressources personnelles : la confiance en soi basée sur une bonne estime de soi, la liberté de choisir, l acceptation et le respect de soi par les autres facteurs liés aux ressources sociales : la qualité de la vie familiale et l entraide disponible dans le réseau d aide des personnes facteurs liés aux ressources matérielles des personnes : un revenu adéquat et un environnement sain (logement sécuritaire et salubre) 8 o La clientèle vieillissante avec des problèmes de santé mentale transitoire La plupart du temps, ces personnes développent des problèmes après avoir vécu des situations éprouvantes telles que les pertes (emploi, santé, veuvage...), le fait d être isolées ou de vivre dans des conditions difficiles. Ces situations peuvent provoquer des problèmes d anxiété, des états dépressifs et autres. Généralement, une aide psychosociale ou psychologique associée à une intervention médicale adéquate permet de retrouver un niveau de fonctionnement satisfaisant. o La clientèle vieillissante avec des problèmes sévères de santé mentale Les personnes aux prises avec un problème sévère de santé mentale, stabilisé depuis un bonne période de temps mais qui nécessite toujours du soutien pour les activités de la vie quotidienne (AVQ) et domestiques (AVD), devraient être transférées au sein des équipes de soutien à domicile selon certains critères bien établis. 8 Champagne, Ladouceur, Ravinel, Stryckman et Paul. La vieillesse : voie d évitement ou voie d avenir? Le vieillissement et la santé mentale, Gaétan Morin éditeur, 1993, p. XII. Page 27

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME o Les proches aidants Les personnes qui offrent soutien et support aux personnes en perte d autonomie dans leur quotidien représentent une part appréciable de l aide apportée. On estime cette participation entre 70 % et 85 % de l aide fournie à domicile. Ces personnes ont elles aussi besoin de support, d information, de formation, de répit et de dépannage. LES OBJECTIFS DU PROGRAMME DE SANTÉ MENTALE POUR LE VOLET SOUTIEN À DOMICILE Quatre grands objectifs sont poursuivis dans l offre de santé mentale pour la clientèle âgée qui requiert des services de soutien à domicile. FORMATION Développer les connaissances des intervenants de soutien à domicile dans le domaine de la santé mentale. Pour ce faire, il faut offrir un programme de formation sur les facteurs de risque liés au vieillissement qui influencent la santé mentale et les intégrer à l évaluation des demandes de soutien à domicile. PRÉVENTION Développer un programme de prévention en santé mentale pour les personnes âgées. Ce programme devrait avoir deux volets. D abord, un programme de sensibilisation au développement et au maintien d une bonne santé mentale devrait être développé pour la population âgée en général. En outre, pour les personnes âgées aux prises avec des facteurs de risque pouvant nuire à leur santé mentale (personnes abusées, personnes isolées, personnes non diagnostiquées mais avec des comportements à risque comme l abus d alcool ou la toxicomanie), un programme de dépistage devrait être mis en place avec la contribution des partenaires du milieu. COMPLÉMENTARITÉ Développer une collaboration et une complémentarité avec l équipe de santé mentale de première ligne pour le traitement et le suivi des personnes âgées aux prises avec des problèmes transitoires et sévères de santé mentale. L équipe de santé mentale offre du support professionnel à l équipe de soutien à domicile. Elle complète, au besoin, l évaluation psychosociale, psychologique et médicale, donne de l enseignement sur la maladie et la médication et offre du traitement psychothérapeutique. Elle participe aux activités de promotion-prévention et assure, au besoin, la liaison avec les services de psychogériatrie. Page 28

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME La clientèle avec des troubles transitoires de santé mentale et celle avec des troubles sévères stabilisés demeurent sous la responsabilité de l équipe SAD. L équipe santé mentale apporte une contribution ponctuelle. La clientèle avec des troubles sévères non-stabilisés, qui nécessite un suivi régulier et une réadaptation intensive, relève de l équipe santé mentale en lien avec la psychogériatrie. Le tableau 6 présenté en annexe illustre la responsabilité de l équipe santé mentale à l égard des personnes en perte d autonomie liée au vieillissement. LIAISON Inclure dans la mise en réseau des services de soutien à domicile, la liaison et le type de collaboration attendue des services de psychogériatrie et de l équipe de santé mentale pour le transfert des clientèles et l intervention en regard des troubles cognitifs. LES CLIENTÈLES CIBLES VIVANT EN CHSLD Dans l ensemble des CHSLD, on estime à 7,2 % la proportion des résidents dont la problématique principale est un trouble de santé mentale. Cela représente environ 3 000 personnes hébergées dans les CHSLD publics et privés conventionnés. Certaines régions, la Montérégie par exemple, estime à près de 10 % sa clientèle CHSLD avec des troubles de santé mentale. Cette proportion est donc variable en fonction des infrastructures psychiatriques existantes dans chacune des régions du Québec. Par ailleurs, il est important de nous préoccuper du maintien d une bonne santé mentale chez les personnes en perte d autonomie hébergées en CHSLD qu elles soient ou non diagnostiquées en santé mentale et porter attention aux nombreuses pertes qu elles ont à vivre lors de leur intégration dans les ressources d hébergement. o Plus spécifiquement, ces clientèles cibles sont les personne en perte d autonomie : avec des problèmes d anxiété et de dépression ou des troubles somatoformes abusées par un proche ou un membre du personnel avec un problème de surmédication avec des problèmes sévères de santé mentale avec des troubles cognitifs avec de multiples problématiques. Page 29

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME LES OBJECTIFS DU PROGRAMME DE SANTÉ MENTALE POUR LE VOLET CHSLD Plusieurs objectifs sont poursuivis dans l offre de santé mentale pour la clientèle âgée hébergée en CHSLD. FORMATION Développer la formation des intervenants des CHSLD dans le domaine de la santé mentale afin de favoriser le maintien et le développement d une bonne santé mentale et afin de diminuer l impact de la maladie mentale dans la vie des personnes. Ces formations favoriseront l autodétermination des personnes et la stimulation de leur capacité individuelle. DÉPISTAGE Développer un programme de dépistage des situations d abus par les pairs, la famille ou un membre du personnel. CONSOMMATION DE MÉDICAMENTS Instaurer un programme de dépistage et d intervention en regard de la surconsommation de médicaments et favoriser, lorsque c est possible, la diminution progressive d anxiolitiques et d antidépresseurs. CRITÈRES D ACCÈS À L HÉBERGEMENT CHSLD Clarifier les critères d accès à l hébergement CHSLD pour la clientèle aux prises avec des troubles de santé mentale en identifiant les liens entre les mécanismes d accès du réseau PPA et santé mentale, en harmonisant les outils d évaluation entre les deux réseaux, en déterminant conjointement les critères d accès aux différentes ressources d hébergement incluant les CHSLD et en diffusant ces critères à l ensemble des intervenants des deux réseaux. ÉQUIPES DE SANTÉ MENTALE Mettre à contribution l équipe de santé mentale qui est la même que celle travaillant auprès de la clientèle du soutien à domicile. Cette équipe offre du support professionnel pour la clientèle hébergée. Elle complète, au besoin, l évaluation psychosociale, psychologique et médicale, donne de l enseignement sur la maladie et la médication et offre du traitement psychothérapeutique. Elle participe aux activités de promotion-prévention, contribue à l aménagement prothétique des unités, collabore au plan de services individualisé et assure la liaison avec les services de psychogériatrie. Page 30

CHAPITRE 3 POINTS SAILLANTS DE L OFFRE DE SERVICES DE SANTÉ MENTALE PAR PROGRAMME EXPERTISE Augmenter l expertise en santé mentale et en réadaptation au sein du personnel travaillant en CHSLD par le biais d intervenants psychosociaux au sein des équipes organisées dans les unités (psychologues, psychoéducateurs, éducateurs spécialisés, travailleurs sociaux, ergothérapeutes) et en développant régionalement des services de consultation et de liaison entre la pychogériatrie, la psychiatrie et le personnel des CHSLD pour le traitement des cas complexes. MILIEUX DE VIE SPÉCIFIQUES Développer, en collaboration et complémentarité avec les services de santé mentale, des milieux de vie spécifiques pour la clientèle. Créer des unités de petites dimensions (6 à 12 places) et y rattacher du personnel de réadaptation psychosociale qui élaborera une programmation adaptée aux besoins. Voir tableau 6 «Les profils de la clientèle personnes en perte d autonomie desservie par l équipe de santé mentale» pour un complément d information. Page 31

CONCLUSION CONCLUSION L élaboration d une offre de services complète de première ligne en santé mentale est une première au Québec. La proposition présentée dans ce document s inscrit dans la foulée des recommandations de l ensemble des rapports qui sont venus éclairer le champ de la santé mentale au cours des vingt dernières années et qui ont unanimement insisté sur la consolidation de la première ligne. La mise en place des réseaux locaux constitue une dernière chance de compléter le virage première ligne en santé mentale et de se doter ainsi d une gamme complète de services. Dans les futurs réseaux locaux, chaque instance aura la responsabilité de structurer son offre de services afin de répondre aux besoins de sa population en regard de la santé mentale, et ce, tant dans une optique populationnelle que sur le plan individuel. Pour ce faire, les instances devront mettre en réseau l ensemble des partenaires qui travaillent en santé mentale sur leur territoire de façon à assurer la continuité et la complémentarité de leurs actions. La proposition développée dans ce document devrait permettre de clarifier le rôle de l instance dans la mise en place des services de première ligne au sein du réseau intégré de services en santé mentale. Elle constitue un outil de base pour le déploiement du continuum de services et s appuie sur un concept d équipe transdisciplinaire de santé mentale. Il va sans dire que l identification des ressources requises pour l organisation de ces services devra faire l objet d une attention particulière de la part des autorités ministérielles, des responsables d agences régionales et des administrateurs des instances locales. Ces derniers devront entre autres documenter le niveau de ressources actuellement disponibles pour offrir les services de même que le niveau de rehaussement requis pour offrir le continuum de services. Dans les mois à venir, l Association des CLSC et des CHSLD du Québec entend promouvoir l organisation des services en santé mentale sur la base de la présente proposition. Six cahiers thématiques, portant respectivement sur les orientations et principes, ainsi que sur les cinq programmes dont les points saillants sont exposés dans ce document abrégé, devraient être publiés d ici l automne 2004 afin d outiller concrètement les futures instances locales dans la mise en place de leurs services de première ligne en santé mentale. Page 32

ANNEXE ANNEXE Tableau 1 : Tableau 2 : Tableau 3 : Tableau 4 : Tableau 5 : Tableau 6 : Les services de première ligne en santé mentale au sein des instances locales La mise en réseau des services La gamme de services en santé mentale adulte La mise en réseau des services d urgence psychosociale Trajectoire des services en santé mentale pour les jeunes Les profils de la clientèle personnes en perte d autonomie desservie par l équipe santé mentale Page 33

ANNEXE TABLEAU 1 LES SERVICES DE PREMIÈRE LIGNE EN SANTÉ MENTALE AU SEIN DES INSTANCES LOCALES LE PROGRAMME DE SANTÉ PUBLIQUE LES SERVICES GÉNÉRAUX DE PREMIÈRE LIGNE PROGRAMME JEUNESSE PROGRAMME PPA PROGRAMME DE SANTÉ MENTALE FEJ ADULTE PPA CHSLD Page 34

ANNEXE TABLEAU 2 LA MISE EN RÉSEAU DES SERVICES Services de crise Entraide parent/personne Services psychosociaux généraux GMF CMA Équipe de santé mentale de première ligne Urgence hospitalière Ressources hébergement public S E R V I C E S 1 re L I G N E Corps policiers Assure le leadership de la mise en réseau Municipalité OMH HLM Transport Milieu scolaire Éducation aux adultes Développe la concertation, la complémentarité, la continuité, l imputabilité, l intersectorialité, la liaison Offre du support professionnel Élabore le plan d action local en santé publique pour la santé mentale Établit un mécanisme d accès à l hébergement Justice Sécurité publique Emploi (clé) Sécurité du revenu I N T E R S E C T O R I E L L E Centre de réadaptation en toxicomanie et autres dépendances Centre de réadaptation en déficience intellectuelle Psychiatrie Hôpital de jour Cliniques spécialisées Hospitalisation S E R V I C E S 2 e L I G N E Page 35

ANNEXE TABLEAU 3 LA GAMME DE SERVICES EN SANTÉ MENTALE ADULTE Entraide parent/personne Entraide, répit-dépannage, accompagnement, information, support, vie associative et intégration socioprofessionnelle, hébergement communautaire R É S E A U L O C A L I N S T A N C E L C A L E S E R V I C E S P R E M I È R E L I G N E Groupe de médecine de famille Centres médicaux associés Action communautaire Urgence hospitalière Service de crise Services psychosociaux généraux Programme Santé mentale première ligne Hébergement Suivi médical et phamacothérapie Création de nouveaux services ou nouvelles collaborations intersectorielles Services en milieu hospitalier et autres Intervention téléphonique et hébergement de crise Accueil, évaluation psychosociale, accompagnement, référence et traitement Évaluation psychosociale et psychologique, évaluation et suivi médical, enseignement sur la maladie et la médication, traitement psychothérapeutique, suivi de la médication, accompagnement, suivi dans la communauté, support dans les activités de la vie domestique, promotion, prévention Mécanisme d accès à l hébergement : ressources régulières d hébergement (CHSLD, RTF, RI), maisons de transition, hébergement temporaire, appartements supervisés Services 2 e et 3 e lignes Services hospitaliers spécialisés (2 e ligne) Services surspécialisés (3 e ligne) Évaluation, diagnostic et traitement psychiatrique, unité d hospitalisation, hôpital de jour, cliniques externes spécialisées, consultation Traitement de moyenne durée, hébergement de longue durée, programmes surspécialisés pour problématiques doubles, recherche et enseignement Page 36

ANNEXE TABLEAU 4 LA MISE EN RÉSEAU DES SERVICES D URGENCE PSYCHOSOCIALE POPULATION Lignes d écoute téléphonique 9-1-1 Ambulance Urgence CH Première ligne Police DPJ CLSC Info-Social Service d accueil et d intervention psychosociale Réception des appels Interventions 24/7 (face à face ou dans le milieu) Centres de crise Centres de prévention du suicide Services spécialisés Psychiatrie Pédopsychiatrie Équipe de santé mentale Première ligne Centres de réadaptation Jeunesse Dépendance Déficience intellectuelle Déficience physique Hébergement Crise transitoire Organismes communautaires Calacs Femmes Toxicomanie Santé mentale Partenaires privilégiés : accès direct à l intervenant terrain Partenaires 24/7 : mise en place service réception et intervention 24/7 Partenaires collaborateurs : protocole pour prise en charge du suivi Page 37

ANNEXE TABLEAU 5 TRAJECTOIRE DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE POUR LES JEUNES LES JEUNES ET LEURS FAMILLES Milieu scolaire Groupes communautaires Centres de la petite enfance ÉVALUATION CONCERTÉE Urgence CH Signalement DPJ Médecine de famille Évaluation médicale Services psychosociaux première ligne Évaluation et histoire psychosociale DÉCISION Équipe FEJ l ère ligne santé mentale Pédopsychiatrie Relation d aide Suivi infirmier Pré et postnatal Dépistage Prévention Traitement de première ligne Réadaptation Intervenant pivot TDAH Anorexie Psychose Troubles anxieux Troubles dépressifs Évaluation Diagnostic Traitement spécialisé Hospitalisation Hôpital de jour Consultation Déficience intellectuelle Réadaptation Hébergement Déficience intellectuelle Troubles envahissants du développement Dépendances Réadaptation intensive variable Hébergement Centre Jeunesse Protection Réadaptation Hébergement Troubles graves du comportement Négligence Abus Page 38

ANNEXE TABLEAU 6 LES PROFILS DE LA CLIENTÈLE PERSONNES EN PERTE D AUTONOMIE DESSERVIE PAR L ÉQUIPE SANTÉ MENTALE COMMUNAUTÉ Clientèle de 65 ans et plus non stabilisée (suivi) Cliniques médicales G.M.F. Groupes communautaires Âge d or Vie active action bénévole Coopérative de service H.L.M. ÉQUIPE DE SANTÉ MENTALE DE PREMIÈRE LIGNE Clientèle 65 ans et plus stabilisée (peu de réadaptation, peu d hospitalisation) Clientèle de 65 ans et plus, troubles sévères non stabilisés SOUTIEN À DOMICILE Services sociaux Soins à domicile Réadaptation Centre jour SIMAD Télésurveillance Auxiliaires familiales HÉBERGEMENT Ressources types familiales (RTF) Ressources intermédiaires (RI) CHSLD (Hébergement temporaire ou de longue durée) Page 39

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