trimestriel n 288 avril-mai-juin 2012 Dossier Aide au travail syndical Actualités nationales Programme des candidats à la présidentielle La parole à Le mal-être à La Poste Les Secteurs NAO des branches Postes et Télécoms vous défendre comme Personne
2 flash Vu dans la presse Nouvelle offensive contre le travail dominical «Touche pas à mon dimanche!» Hier, une trentaine de militants de la CFTC ont brandi des pancartes face à la devanture d une enseigne Carrefour City de la rue du Faubourg-Saint-Martin (X e ). A l occasion d une journée syndicale européenne baptisée Free Sunday, ils entendaient ainsi dénoncer une ouverture «illégale», les enseignes ayant en principe l obligation de fermer à 13 heures. «Une ouverture illégale, c est autant d emplois en moins chez les bouchers ou les charcutiers, dénonce Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. Cela condamne les petits commerces.» «C est quand même pratique, reconnait Alexis, un jeune homme sortant tout juste de la supérette. Lorsqu on se lève tard, comme moi, le dimanche, on ne trouve rien d autre d ouvert» De son côté, Carrefour évoque une «forte demande» de la population. Contacté par Metro, le groupe rappelle que «le parc de magasins de proximité de la capitale est franchisé. Certains indépendants ouvrent leurs portes le dimanche après-midi pour répondre à une forte demande des Parisiens». Des actions en justice Carrefour précise que les supérettes contraintes de fermer le dimanche après-midi n ont pas compensé le chiffre d affaires perdu sur ce créneau. De plus, le groupe doit faire face à des actions en justice. «Nous avons déjà remporté cinq procédures concernant une soixantaine d enseignes, assure Eric Scherrer, président du SECI-CFTC. Dans dix jours, nous allons en relancer une contre une quinzaine de magasins. Malgré la condamnation, certains finissent par rouvrir.» L ouverture illégale est passible d importantes amendes, allant jusqu à 7 500 euros par infraction et par salarié. Vincent MICHELON - Metro -Lundi 5 mars 2012 Elections chez EGT : La CFTC obtient 16%! sommaire Editoriaux p. 3 Actualités nationales p. 4 Programme des candidats à la présidentielle Actualités dans les p. 6 entreprises MPS, B2S Dossier p. 7 Aide au travail syndical L expression écrite et orale La Parole à p. 13 Jacques GALLOT, La Poste «m a tuer» Les Secteurs p. 14 NAO des branches Postes et Télécoms Adhérents p. 15 Geste pour autrui Le Lien Syndical des Postes et des Télécommunications Trimestriel - Fédération C.F.T.C. des Postes et des Télécommunications - 100 Avenue de Stalingrad, 94800 Villejuif Tél : 01 43 90 21 81 - Fax : 01 45 21 82 95 CCP 17889-87 G Paris email : contact@cftc-postelecom.org www.cftc-postelecom.org Directeur de publication : Didier Brault prix : 0,7 euro / abonnement annuel. : 9,15 euros Chevillon Imprimeur 89100 Sens CPPAP n 0511 S 07864 - Dépôt légal à parution
éditoriaux Si le printemps arrive en avance cette année, les nuages noirs sur le monde du travail ne se dissipent pas pour autant. Le chômage est toujours notre principale préoccupation, que ce soit dans le Secteur des Télécommunications et des Centres d Appels Indépendants (CAI), ou dans le Secteur des Postes, l annonce de Plans de Sauvegarde de l Emploi se multiplie. Ainsi des collègues CFTC sont touchés de plein fouet par cette crise boursière et ont perdu leur emploi comme chez Transcom notamment. Mais la sortie de crise, annoncera-t-elle une embellie pour nos Secteurs? Il est à craindre que le Secteur des Postes poursuive sa mutation qu impose le passage du service public vers le service universel et de ce fait, connaisse des contractions d entreprises préjudiciables pour l emploi. Concernant le Secteur des Télécoms et des CAI, le risque est de voir aboutir l idée de n avoir qu un seul réseau national, avec de multiples opérateurs offrant des services low cost! Cette idée impliquera des délocalisations massives des emplois de conseillers client vers des pays à bas coût, et une généralisation du dumping social dans nos entreprises. Les premiers signes précurseurs arrivent déjà, avec des négociations salariales 2012 au rabais dans nombres d entreprises, au prétexte de l arrivée d un nouvel opérateur dans le secteur. Les salariés et agents de nos Secteurs doivent s attendre à un avenir morose, et espérer un syndicalisme fort, seul gage d améliorations notables. Espérons que certaines Organisations Syndicales se recentrent sur leur mission première, à savoir la défense des salariés. Que ces dernières ne consacrent pas toute leur force militante uniquement à l élimination des organisations syndicales indépendantes telles que la CFTC, car dans ce cas, le patronat aurait la partie belle. Nous voyons que la bipolarisation voulue du monde politique est en échec, battons-nous pour que le monde syndical reste pluriel. Alain Triboult Président Fédéral Au moment où notre pays est en train de se choisir un nouveau Président, il est toujours bon d effectuer quelques rappels. La C.F.T.C. est apolitique, c est d ailleurs en partie le refus de cette position qui nous a valu le départ en 1964 de certains, partis fonder la CFDT. Que veut dire pour nous «apolitique»? Cela ne signifie pas que nous n avons pas d opinions politiques ou que nous ne faisons pas de politique, d ailleurs, comment s y soustraire lorsqu on travaille à défendre les droits des personnels et lorsqu on affirme que ces droits vont de pair avec des devoirs? Cela signifie que nous nous refusons à entrer dans les jeux de la politique politicienne, que nous refusons, contrairement à ceux qui sont partis en 64, de jouer le jeu des courroies de transmission entre les partis et les syndicats, car au petit jeu du «je te tiens tu me tiens par la barbichette», il y a toujours les mêmes perdants, les salariés. On l a vu dans l absence de réaction de certains en 1983 lors de la mise en place du blocage des salaires dans la fonction publique, on l a vu pour la loi de réforme des retraites, on le découvre jour après jour dans les conséquences de la loi de 2008 sur la représentativité. Quel que soit le parti au pouvoir, notre «apolitisme» nous permet d être inflexible sur : la nécessité de faire vivre des corps intermédiaires respectés, la priorité à donner à la négociation et au dialogue, l affrontement stérile, enfin le primat de l Humain sur l économie. Didier Brault Secrétaire Général 3
actualités nationales La CFTC affirme ses positions Présidentielles et législatives, un contexte difficile EMPLOI / CHÔMAGE SALAIRES ET PARTICIPATIONS PROPOSITIONS DE LA CFTC Une politique industrielle volontariste demeure le meilleur moyen de créer de l'emploi et de lutter contre le chômage Aide à la formation préalable au recrutement (contrat entre 6 mois et 1 an) Préparation opérationnelle à l emploi (contrat d au moins 1 an) Augmentation de l aide individuelle à la formation Développer un super comité d entreprise régional, départemental ou local par branche Création d'un passeport garantissant la reconnaissance des compétences, maintien des droits, possibilité de tester une entreprise sans rompre le précédent contrat. Obligation dans l'entreprise de provisionner le risque social Création d'un revenu de dignité qui permette au travailleur et à sa famille de vivre décemment Mieux sanctionner le non-respect de l obligation annuelle de négocier les salaires Promotion de la participation financière et de l'intéressement non substituable à une politique salariale Participation des salariés aux orientations stratégiques des entreprises Possibilité de condamner le délit de tromperie des chefs d'entreprises Sécurisation des parcours de vie (statut du travailleur) Possibilité de retrait pour les cadres dirigeants en cas de licenciement économique excessif Établissement d'un comité permanent du dialogue social François BAYROU Augmentation des cotisations chômage pour les groupes qui licencient trop ou abusent des CDD Plan de maintien dans l'emploi des plus de 50 ans Exonération des charges sociales pour les deux premiers emplois créés Extension du RSA à tous les jeunes adultes Co-gestion à l'allemande des entreprises Limiter les écarts de salaires au sein de l'entreprise Simplification des formalités administratives pour les TPE et les PME François HOLLANDE Pénalités financières pour les entreprises qui licencient alors qu'elles versent des dividendes aux actionnaires Création de 300 000 Emplois d'avenir pour les jeunes Mise en place concrète du CV anonyme Contrat de génération et contrat jeunes (150 000 personnes) Revalorisation du Smic Présence des salariés dans les conseils d'administration ou de surveillance Eva JOLY Mettre en place un Crédit Temps Formation Favoriser la baisse du chômage par la réduction générale du temps de travail Implication accrue des salariés au sein des entreprises sur les questions d'organisation du travail comme sur la stratégie Revalorisation des revenus sociaux (RSA ) et des plus bas salaires Reprise du mouvement de réduction du temps de travail jusqu'à 32 heures Marine LE PEN Mise en œuvre de la préférence nationale à l'embauche via diverses mesures de taxation du travail des étrangers Remboursement par les entreprises qui délocalisent des aides ou subventions qu elles ont reçues Réforme de la représentativité syndicale (suppression des critères fixés à la libération), maintien des 35 heures mais renégociation possible moyennant augmentation proportionnelle du salaire 4 Jean-Luc MÉLENCHON Droit de veto suspensif pour les RS lors de licenciements ou délocalisation Rembourser les aides perçues par les entreprises en cas de délocalisation ou de licenciements boursiers Revalorisation immédiate de 300 des allocations de chômage L'indemnité chômage sera portée à 90 % du dernier salaire, avec comme minimum le Smic Revalorisation du SMIC à 1 500 nets avant fin 2014 Mise en place progressive de la semaine de 4 jours et des 32 heures Nicolas SARKOZY Développement de l'apprentissage Renforcement des contrôles des chômeurs Développement de la formation professionnelle qualifiante Développement de contrats d'insertion et baisse du RSA pour qui refuserait ces contrats Créer une différence plus importante entre les revenus de travail et d assistance Suppression du régime des 35 heures Fusionner les différentes instances de représentation du personnel - Source : magazine La Vie à défendre (mars 2012) - Le but du tableau n est pas d être exhaustif, mais de présenter les propositions les plus caractéristiques des programmes des candidats dans un esprit d équité. - Les candidats sont classés alphabétiquement - Les programmes de chaque candidat ont été repris à partir de leur site internet à la date du 15 février 2012.
actualités nationales RETRAITE Renforcement de système de retraite par répartition Revalorisation des pensions, des retraites complémentaires, du minimum vieillesse Retraite minimum égale à un SMIC pour une carrière complète Rétablissement de la demi-part du quotient familial pour les personnes ayant élevé seules des enfants Professionnalisation des métiers d'accompagnement des retraités dépendants Permettre la retraite à la carte : le montant de la pension sera fonction de la durée de cotisation EUROPE Création d'un label traçabilité sociale Réécriture des statuts de la Banque centrale européenne Critères de convergences sociaux pour l ensemble des pays de l'ue Mise en place des critères de la qualité de l'emploi (conditions de travail, dialogue social, protection sociale, etc.) Développer une politique de grands travaux européens Promouvoir une politique industrielle volontariste Réguler les échanges financiers En finir avec la logique du marché intérieur à l'origine de toutes les directives européenes de libéralisation PROPOSITIONS DE LA CFTC Report progressif de l'âge légal de la retraite à 62 ans Retraites à 60 ans pour les carrières longues Prise en compte de la pénibilité autrement que par constat d'invalidité Unification des régimes de retraite Revaloriser le montant des petites retraites en particulier dans le monde agricole et chez les artisans Élection du président de l'union au suffrage universel Mise en place d'un droit du travail cohérent en Europe Création d'un Conseil de la politique économique de la zone euro Créer une autorité européenne de supervision des banques Creer un label «Produit en France» François BAYROU Rétablissement de l'âge légal de la retraite à 60 ans Émission d'emprunts européens (Eurobonds) pour le financement de projets (transports, énergie, biotechnologie) François HOLLANDE Droit à la retraite à 60 ans et même avant pour les métiers les plus durs Financement des retraites par augmentation des cotisants (c'est-à-dire diminution du chômage) et taxation des intérêts financiers et dividendes Réformer la gouvernance économique européenne Renforcement des pouvoirs du Parlement européen Repenser la politique monétaire en conservant toutefois l'indépendance de la BCE Renforcer le rôle de l'europe sur la politique économique Mettre en place un régime paneuropéen de restructuration des banques Eva JOLY Harmonisation de l ensemble des régimes de retraite et maintien à 40 annuités maximum de cotisation sans considération d âge légal de la retraite Élargissement du financement des retraites aux revenus du capital Prise en compte de la pénibilité du travail dans le calcul des annuités Incitation des travailleurs étrangers à prendre leur retraite dans leur pays d origine Retraite à 60 ans à taux plein Retraite minimum égale au Smic Validation du "Non" du référendum du 29 mai 2005 Sortie de l'euro et de l'espace Schengen Renégociation radicale des traités européens Limiter le pouvoir de la Commission européenne notamment sur le plan fiscal Mise en place de quotas et taxes sur l'importation de produits d'origine extra UE Marine LE PEN Sortir du traité de Lisbonne et réforme des institutions Contrôle de la BCE par les institutions politiques de l UE Référendum sur les dispositions européennes auxquelles la France doit déroger Création d une Agence européenne de sécurité financière Instauration d un salaire minimum européen Jean-Luc MÉLENCHON 5 Application de la réforme des retraites votée en 2010 (âge légal de retraite à taux plein à 62 ans) Chercher de nouvelles ressources propres pour le budget européen Nommer un commissaire à la concurrence et à la politique industrielle Renforcer le lien recherche, croissance et société Libérer le financement des entreprises par l'unification du capital risque Opposition à l'entrée de la Turquie Nicolas SARKOZY
actualités dans les entreprises Mercure Prest Services, (MPS) la CFTC 100% gagnante et pourtant... Même engagement entre les parties prenantes et même résultat! La CFTC emporte largement les élections chez MPS, puisqu elle a été la seule organisation syndicale en mesure de présenter des candidats au premier tour le 2 décembre dernier. Mais pour notre délégué syndical Guillaume DETREZ, la victoire est amère. A peine les résultats publiés, et la trêve hivernale passée, les dirigeants de cette entreprise de 53 salariés répartis sur deux sites, en Alsace et en Ile-de-France, faisaient état de difficultés financières et annonçaient la mise en redressement judiciaire de la société. La CFTC s est d ores et déjà mobilisée en offrant au délégué syndical CFTC l appui et le soutien du Secteur des Postes et du service juridique renforcés par le professionnalisme de notre expertcomptable. Les prochaines réunions du Comité d Entreprise seront déterminantes et la CFTC fera tout pour qu une politique efficace de prévention des licenciements soit mise en œuvre avec comme objectif le maintien de l emploi, tout en espérant que l entreprise retrouve sa solvabilité et que les salaires continuent d être payés. Jean-Luc CLEMENT Président du Secteur des Postes 6 En route pour 2 ans d enracinement de la CFTC à B2S! Le 16 décembre 2011, au siège de la Fédération CFTC des Postes et Télécoms, les collaborateurs de l entreprise B2S Groupe se sont réunis pour élire les nouveaux membres du Bureau de la Section Nationale de la CFTC B2S Groupe. Oui, le syndicalisme dans les centres d appels est bien vivant, l organisation de la section CFTC le prouve. PRESIDENT Jean-Marie LANSELLE jeanmarielanselle@gmail.com 06 07 33 86 93 Jean-Marie, Mohammed, Lamiaa, Hamed, Radya, Monica, Fatou, Larissa et Epiphane sont venus de Valenciennes, de Roanne, du Mans et de Gennevilliers pour dire OUI à l envie de «Défendre la Vie et les Valeurs de la CFTC», cette date ancre encore plus la CFTC au sein du groupe B2S et signe notre souhait de faire évoluer les conditions de travail de chaque salarié. Vos contacts B2S SECRETAIRE Radya ASSADI radya.assadi@gmail.com 06 49 43 67 56 Nous poursuivrons ainsi les efforts de nos prédécesseurs. Toutes nos actions ont permis une plus grande représentativité de la CFTC (11% avant la loi du 20 août 2008) puisque nous représentons aujourd hui plus de 18,5%. La CFTC est plus que jamais au côté du salarié. DSC Epiphane SITOU cyrepi@yahoo.fr 06 02 50 63 15
dossier Aide au travail syndical L expression Pourquoi s exprimer? La réponse est simple : pour communiquer. le plus souvent, on exprime quelque chose à l attention de quelqu un. réalités plus complexes : les situations. Pour les connaître => s informer. Tout militant, en effet, est appelé à communiquer avec : Les autres militants ou responsables Les militants des autres organisations syndicales Les adhérents Les travailleurs de son entreprise Les travailleurs des autres entreprises Les cadres et la direction de son entreprise Les pouvoirs publics et les hommes politiques Son entourage, les personnes de son quartier etc Et, en outre, le public par l intermédiaire des moyens d information sociale (presse, radio, télévision, internet). Il doit par conséquent, connaître et maîtriser au mieux les règles d une communication saine et efficace. 1 - Exprimer quoi? (le message) On ne «s exprime pas» véritablement : Il faut donc, dans un premier temps, savoir soi-même ce que l on veut exprimer. Dans l action syndicale CFTC, ce sont : Des faits, des réalités Des jugements, des positions sur ces réalités Cette première étape qui précède l acte d expression proprement dit est celle de la réflexion, préalable indispensable à toute activité. Des faits, des réalités Il s agit de ne pas s en tenir aux apparences. Il s agit de connaître le réel, le vrai. D où : Partir des faits (simples) pour les connaître => observer. Mais ces faits ne prennent leur signification que placés dans des Donc : 1. Rechercher l information : interroger et se documenter. 2. Compléter l information : rechercher les précisions à l aide de la grille suivante (les chiffres indiquent l ordre dans lequel il est souhaitable de procéder à la recherche des éléments). 3. Utilisée avec soin, cette grille (cidessous) permet à la fois d affiner la constitution d un dossier et d en parfaire l analyse. 4. Analyser l information pour distinguer : L essentiel du détail Le cas particulier de ce qui est général Ce qui est passager de ce qui dure 5. Contrôler l information : Aller aux sources et les vérifier Faire des regroupements En quelques mots, nécessité de constituer un dossier «solide» (fiabilité des informations) et de connaître en profondeur la situation (finesse de l analyse et esprit critique). LE PASSÉ Ce qui a précédé LE FAIT CENTRAL LES SUITES Ce qui a entraîné QUOI? Faits 6 1 11 QUI? Personnes concernées 7 2 12 OÙ? Lieux 8 3 13 QUAND? Temps et durée 9 4 14 COMMENT? Déroulement Causes historiques (tenants) 10 Circonstances et modalités 5 Conséquences (aboutissants) 15 7 INDIVIDUEL? COLLECTIF? MOMENTANÉ? DURABLE?
dossier 8 Des jugements, des positions Il s agit de ne pas en rester à des impressions. Pour juger, avoir des références : Première référence : le droit = les lois et règlements en vigueur. Mais ces lois et règlements peuvent être injustes, d où : Deuxième référence, la morale, le bien : Comparer la situation -> le réel A ce qui devrait être -> le bien Evaluer la situation avec rigueur mais avec réalisme. Il s agit aussi de ne pas en rester à des intentions. Pour prendre position : tenir compte du possible sans céder à la facilité (démagogie) Distinguer ce qui est satisfaisant de ce qui ne l est pas et, Déterminer les étapes réalisables (objectifs à atteindre) sans perdre le but final Recommandations pour ce travail de préparation à l expression : Travailler en équipe Le faire au nom de ceux dont on a reçu mandat Se référer à la morale sociale chrétienne Déterminer l application à la situation en cause et les étapes de l action à entreprendre 2 - Comment s exprimer? (Exigences de la communication et tactique) Dans toute communication, le contenu du message est certes essentiel, mais les problèmes liés à sa transmission (mise en forme, adaptation à l objectif poursuivi et aux personnes) le sont tout autant. Le schéma ci-après précise les facteurs déterminants à prendre en compte absolument pour maîtriser tout acte de communication. E émetteur support ENVIRONNEMENT Codage retour MESSAGE support Décodage R récepteur C est-à-dire : Les ACTEURS = émetteur(s) et récepteur(s) Le CONTENU = message La METHODE = mise en forme du message (codagedécodage) Les MOYENS = supports Les CONDITIONS GÉNÉRALES DE RÉALISATION = environnement Dans l action syndicale, la préparation et le choix de ces différents «ELEMENTS» de la «COMMUNICATION» se doublent d un souci tactique réel (lié à la volonté d informer, de persuader, de développer les idées CFTC ) Il importe, là encore, d adopter la démarche qui contribue le plus à la réussite de la communication. 2.1 Situer l intervention -> à quel titre je parle? de quoi? quand et où? 2.2 Se fixer clairement et avec précision l objectif à atteindre, c est-à-dire l effet recherché chez l interlocuteur ou les interlocuteurs. 2.3 Choisir les moyens d expression les mieux adaptés à l effet recherché : Ecrit -> rapport, article, communiqué, circulaire, tract, affiche Oral -> entrevue, réunion, etc Audiovisuel -> radio, tv, multimedia Prévoir Les modalités de présentation (mode de distribution du tract, aménagement de la salle ) L emploi simultané ou coordonné de plusieurs moyens différents (affiche + tract + réunion + article ) 2.4 Déterminer éventuellement quelles sont les personnes les plus aptes à accueillir mon intervention. Ce qui suppose la connaissance de : Ce qu elles sont -> caractère Ce qu elles savent -> connaissances Ce qu elles pensent -> idées Ce qu elles attendent -> préoccupations, espoirs (Penser aux effets sur les témoins autres lecteurs ou auditeurs) Formulation des propos et argumentation pourront ainsi être adaptées à la personne ou aux personnes auxquelles on s adresse. 2.5 Rechercher le plus possible L attention La compréhension des récepteurs L adhésion 3 - Par quels moyens? (supports) 3.1 Expression écrite 3.1.1 Situer l intervention A quel titre j écris? -> nom de l auteur et qualité (signature) De quoi? -> objet ou titre Quand et où? -> date et lieu 3.1.2 Préciser l objectif ou l effet recherché chez le(s) lecteur(s) Le voir clairement et avec précision 3.1.3 Connaître et s adapter à la (aux) personne(s) Etudier son(ses) lecteur(s) pour s adapter Penser que l écrit, une fois envoyé, ne pourra plus être adapté en fonction des réactions du lecteur : anticiper ses réactions
dossier Vérifier que l écrit est le bon moyen pour obtenir l effet recherché Voir s il n y a pas lieu de le compléter par un autre moyen (réunion, entrevue ) 3.1.4 Pour obtenir L attention -> être lu jusqu au bout Intéresser (importance de l introduction) Etre bref (éliminer l inutile) Etre réaliste Etre simple La compréhension -> être clair Mots simples Phrases courtes Ponctuation Suivre un plan logique Introduction -> situer le problème Décrire les faits et réalités Juger Conclure L adhésion -> convaincre Faire la preuve Importance de la conclusion 3.2 Expression orale 3.2.1 Situer l intervention A quel titre je parle? -> penser qu il faudra se présenter (nom et qualité) De quoi? -> annoncer le sujet ou faire jouer l effet de suspense Quand et où? -> prévoir l heure (convocation, rdv) ; le lieu (s assurer qu il est disponible, constater la disposition des lieux) 3.2.2 Préciser l objectif ou l effet recherché chez le(s) interlocuteur(s). Le voir clairement et avec précision (éliminer la recherche d effets parasites tels que la satisfaction d amour-propre, par exemple ) 3.2.3 Connaître et s adapter à la (aux) personne(s) Etudier son(ses) interlocuteur(s) Observer ses (leurs) réactions pendant la réunion ou l entrevue, l expression orale permet la souplesse ; l adaptation en cours d exposé, en fonction des réactions de l interlocuteur ou de l auditoire. Conserver cette possibilité de souplesse en évitant de se lier par un texte trop rigide (penser aux effets sur les témoins). 3.2.4 Vérifier que l expression orale est le bon moyen pour obtenir l effet recherché Voir s il n y a pas lieu de la compléter par un autre moyen (remise de documents, tract, journal, note ou rapport ) 9
dossier 10 3.2.5 Pour obtenir L attention -> être écouté jusqu au bout La compréhension L adhésion 3.3 Audiovisuel Le domaine audiovisuel allie comme son nom l indique, l image et le son. Pourquoi l utiliser dans la démarche de communication? Parce que, multipliant les «stimuli» sensoriels, l utilisation de l audiovisuel permet de consolider la communication. Chacun sait en effet, qu en faisant tout à la fois : entendre lire voir, on augmente considérablement la rapidité et/ou la qualité de la transmission d informations ou celle de la compréhension. Prudence cependant! L efficacité de la communication audiovisuelle dépend de deux facteurs : 3.3.1 De la valeur de la démarche de celui qui l utilise (et conçoit?) le support audiovisuel : Quel objectif poursuit-il? A-t-il une bonne connaissance de ce langage particulier qui est celui de l audiovisuel (ses exigences et ses limites?) L utilise-t-il à bon escient en harmonie avec une méthode de travail? Choisit-il le bon outil? 3.3.2 De la qualité du support luimême : conception et réalisation technique nécessitent un soin extrême donc une grande disponibilité. Tout bon support audiovisuel contribue à mobiliser l attention, à impliquer l auditoire, à faciliter la compréhension. Oui mais sa conception et son utilisation requièrent souvent le concours de personnes compétentes et quelquefois, celui de professionnels. Quelques suggestions Quatre règles d or : Le respect de l autre -> vérité, honnêteté Le réalisme -> rester «dans la vie» L adaptation -> garder le contact La confiance en soi et dans sa capacité à convaincre les autres Des conseils pour se perfectionner : Préparation : travailler en équipe (maître d œuvre et autres militants). Exécution : se faire observer et critiquer amicalement par un camarade ou mieux, faire observer l auditoire ou l interlocuteur par un camarade. C est aux réactions de l auditoire que l on juge de l efficacité de l expression. S habituer à faire des exposés courts sur des sujets précis au sein de petits groupes d amis sympathiques, puis élargir le cercle. Associer les jeunes à ce travail. Quelques trucs pour éviter le trac : Le trac vient de ce que l on a peur de ne pas paraître à la hauteur aux yeux des autres. Soigner sa «forme» : arriver reposé, décontracté (au besoin, faire un exercice de contrôle de la respiration, de relaxation). S assurer des dispositions matérielles. Avoir son plan écrit dans la poche ou sur la table (sans le lire, sauf pour les données numériques, les citations de textes, les faits importants, les noms propres ). Ne pas penser à soi : Porter son attention sur le sujet, l objectif à atteindre, l auditoire ou l interlocuteur. Etre modeste et conserver son sens de l humour, en cas d erreur, accepter ses limites. Pour éviter les maladresses, prendre de bonnes habitudes dans la vie de tous les jours. Pourquoi ne pas commencer dès maintenant?... DANS LA PRÉPARATION 1 Intéresser : soigner l introduction (rédiger en entier la première phrase) Etre bref : éliminer ce qui est inutile, prévoir le temps Etre réaliste : citer les faits, prendre des exemples Etre simple et clair : mots simples, phrases courtes 2 Suivre un plan logique Introduction : situer le problème Décrire les faits et réalités Juger Conclure Faire la preuve, démontrer 3 Soigner la conclusion (rédiger en entier les dernières phrases d un exposé) DANS L EXÉCUTION 1 Présentation : nette, sympathique, correcte (le langage aussi) Attitude expressive, sobre, naturelle Assurer un bon contact au départ Regarder l auditoire ou l interlocuteur Ne jamais parler sans regarder celui-ci, se taire lorsqu on lit ses notes et ne parler qu ensuite en regardant l auditoire 2 Parler assez fort et assez lentement pour bien articuler, consulter ses notes (sans parler) et respirer Varier le ton, la force et le rythme dans la voix en restant naturel Eviter les silences prolongés (sauf les silences calculés lorsque l interlocuteur est dans l embarras) 3 Bien montrer matériel ou documents, expliquer, attendre pour suivre l exposé 4 Bien contrôler le temps, éviter les digressions Simplicité + sobriété + sécurité
dossier Mettre fin à l accumulation de papier et de mails en 5 étapes TABLEAU SYNOPTIQUE DE TRI AGIR : CATÉGORIE papier exigeant une réponse de votre part lettre, analyse, examen CLASSER : un papier peut avoir pour vous une valeur dans l'avenir. Lorsque c'est possible, notez sur le document une date de péremption. TRANSMETTRE : donnez le document à votre secrétaire ou à vos collaborateurs s'ils peuvent s'en charger, ou envoyez-le à un collègue spécialisé dans le domaine. ELIMINER : ce papier pourra-t-il avoir de la valeur pour vous dans l'avenir? Si non, jetez-le. RÉCEPTACLE Casier «action» Pile de lecture Casier «à classer» (archives bureau) Casier «sorties» (archives générales) Classeurs transmission Casier sortie Panière Pour y parvenir, triez les papiers dès leur arrivée ETAPE 1 ETAPE 2 ETAPE 3 ETAPE 4 Si vous traitez le courrier avec votre secrétaire, redonnez-lui la plupart des papiers avec une marche à suivre, ne gardant par-devers vous que ceux nécessitant plus ample réflexion ou une action plus complexe. Si vous traitez le courrier seul, prévoyez environ une heure par jour pour vous occuper de la routine quotidienne, partageant votre temps suivant ce qui est nécessaire entre «ACTER» et accomplir les tâches qui en découlent. Choisissez d'abord deux ou trois tâches prioritaires, puis prenez un à un les papiers dans le casier action, dans l'ordre où ils se présentent. Décomposez en plusieurs périodes de travail les tâches les plus absorbantes. Gardez le contrôle des actions complexes ou différées à l'aide du calendrier d'instances ou du classeur aide-mémoire. Méthode du calendrier d'instances : mettez un pense-bête dans votre calendrier et les papiers dans le classeur d'instances. Aide-mémoire : placez chaque papier dans la chemise numérotée qui correspond à la date d'appel. Vérification rapide du bureau. En fin de journée, jetez un rapide coup d'œil sur votre bureau et assurez-vous que tous les papiers ont été correctement aiguillés dans leur réceptacle. 11
dossier 12 Calendrier des infos et consultations du Comité d Entreprise Entreprises de MOINS de 300 SALARIES Juin Juillet Août Septembre Entreprises de PLUS de 300 SALARIES Juin Juillet Août Septembre Rapport sur l'application de l'accord de participation, dans les 6 mois de la clôture de l'exercice (art. L. 3323-13) Politique de recherche et développement technologique de l'entreprise (art. L. 2323-12) A défaut de dispositions conventionnelles, consultation sur l'utilisation du contingent d'heures supplémentaires et son éventuel dépassement (art. L. 3121-11) Evolution des commandes, exécution des programmes de production (art. L. 2323-46) Situation financière au 2 ème trimestre (art. L. 2323-46) Situation vis-à-vis du paiement des cotisations URSSAF (art. L. 2323-46) Suites données aux demandes de congés ou de périodes de travail à temps partiel pour les congés sabbatiques et les congés pour création d'entreprise du 1 er semestre (art. L. 3142-106) Si 18 millions de CA, documents prévisionnels (situation de l'actif réalisable et du passif exigible ) remis dans les 8 jours suivant leur établissement (art. L. 2323-10) Bilan des contrats initiative-emploi, des contrats d'accompagnement dans l'emploi, des contrats d'avenir et des contrats d'insertion RMA du 1 er semestre (art. L. 2323-48) Délibération annuelle sur les conditions d'application des aménagements d'horaires relatifs au temps partiel annualisé (art. L. 2323-29) Plan de formation : avis sur les réalisations de l'année écoulée et de l'année en cours et les orientations générales de l'année à venir au plus tard avant le 1 er octobre (art. L. 2323-33, L. 2323-34 et s. ; D. 2323-7) Rapport sur l'application de l'accord de participation, dans les 6 mois de la clôture de l'exercice (art. L. 3323-13) Rapport sur l'égalité professionnelle des hommes et des femmes (art. D. 2323-57) Politique de recherche et développement technologique de l'entreprise (art. D. 2323-12) A défaut de dispositions conventionnelles, consultation sur l'utilisation du contingent d'heures supplémentaires et son éventuel dépassement (art. L. 3121-11) Evolution des commandes, exécution des programmes de production, (art. L. 2323-50) Situation financière de l'entreprise au 2 ème trimestre (art. L. 2323-50) Situation vis-à-vis du paiement des cotisations URSSAF (art. L. 2323-50) Situation de l'emploi (évolution mois par mois du trimestre écoulé) (art. L. 2323-51) Eléments qui ont conduit l'employeur à faire appel, au titre du trimestre écoulé, et qui pourraient le conduire à faire appel pour le trimestre à venir à des contrats de travail à durée déterminée, à des contrats de mission conclus avec une entreprise de travail temporaire ou à des contrats conclus avec une entreprise de portage salarial (art. L. 2323-51) Mesures envisagées en matière d'amélioration, de renouvellement ou de transformation de l'équipement ou des méthodes de production et d'exploitation et incidences sur les conditions de travail et d'emploi (art. L. 2323-51) Bilan des contrats initiative-emploi, des contrats d'accompagnement dans l'emploi, des contrats d'avenir et des contrats d'insertion RMA du 2 ème semestre (art. L. 2323-54) Suites données aux demandes de congés ou de périodes de travail à temps partiel pour les congés sabbatiques et les congés pour création d'entreprise du 1 er semestre (art. L. 3142-106) Documents prévisionnels (situation de l'actif réalisable et du passif exigible ) remis dans les 8 jours suivant leur établissement (art. L. 2323-10) Délibération annuelle sur les conditions d'application des aménagements d'horaires relatifs au temps partiel annualisé (art. L. 2323-29) Plan de formation : avis sur les réalisations de l'année écoulée en cours et les orientations générales de l'année à venir au plus tard avant le 1 er octobre (art. L. 2323-33, L. 2323-34 et s. ; D. 2323-7)
la parole à Jacques GALLOT, La Poste «m a tuer» renforcé ma précarité. Depuis le début de mon stage à l Université du Courrier de La Poste, je ne reçois plus aucune communication, plus aucune information, plus aucun courrier et documents administratifs émanant de la Télévente alors que j en recevais régulièrement. Le renouvellement des lettres de mission qui n ont aucun cadre légal, prouve bien la forte volonté de m évincer alors que je ne suis pas en reclassement. Au travers de son témoignage fort, bouleversant, Jacques nous parle des difficiles mutations à La Poste. Face à des contraintes économiques, le besoin d aller toujours plus vite sur de nouveaux métiers, les nouvelles façons d approcher les usagers devenus des consommateurs, le travail se modifie profondément. Les rapports dans le travail sont déstabilisés. Pour ceux qui comme Jacques, portent haut l éthique et le respect de la mission de service public, qui ont des dizaines d années d ancienneté, le changement est devenu insupportable Il n est pas dans la ligne et le paie cher Je suis un fonctionnaire de 54 ans et je travaille à La Poste depuis 38 ans. Durant toutes ces années, le Groupe La Poste m a donné la possibilité d évoluer au sein de l entreprise dans différents métiers aussi passionnants les uns que les autres et qui m ont apporté beaucoup de satisfaction. Déterminé et volontaire, j ai eu un parcours professionnel exemplaire et j ai su m adapter aux différentes évolutions du Groupe La Poste. Depuis ma prestation de serment à La Poste en 1974, j ai toujours respecté les règles éthiques de mon entreprise en faisant preuve d honnêteté et de probité. Néanmoins, malgré mon entière intégrité, depuis plus de 2 ans et demi, ma situation professionnelle est devenue un vrai cauchemar. D une manière arbitraire, sans motif apparent, je suis devenu l homme indésirable. Du jour au lendemain sans aucune explication, mes responsables hiérarchiques de la Télévente m ont dépouillé de l ensemble de mes attributions liées à ma fonction de superviseur télévente créant chez moi un très grand désarroi. La Direction Nationale de la Télévente avec à sa direction Mr Alain Drillet n hésite pas à enfreindre les règles en vigueur à La Poste et à bafouer mes droits au travail pour me pousser à partir. Un recours déposé au tribunal administratif n a rien changé. Rayé des cadres! Je n ai plus accès aux formations, je suis privé de mes droits, je ne suis plus compétent, je suis discrédité face à mes collègues qui restent passifs, j ai même pensé fortement à mettre fin à mes jours alors que l on m avait confié la responsabilité d une équipe d assistants bien connus de toute la télévente pour leur état d esprit vindicatif. Cela m a valu 2 mois d arrêt pour dépression. Les relations avec la Télévente sont devenues des rapports de force. En acceptant un détachement à l Université du Courrier comme formateur, j ai Tous ces faits portent une fois encore atteinte à mes droits, à ma dignité : mon avenir professionnel et financier sont compromis. Mes situations physique et psychologique se sont détériorées. Je suis dépossédé d une partie de moimême, rendu vulnérable. Je ne comprends pas cet acharnement alors que j ai toujours fait preuve d un comportement et d un travail irréprochables. Mes appréciations le démontrent. Bon pour le service! Après 38 ans de bons et loyaux services, je mérite plus de considération et de reconnaissance. J ai encore l avenir devant moi et beaucoup à donner. Et la réputation de La Poste? Déjà ternie par d innombrables suicides (le dernier suicide d un cadre de La Poste à Rennes remonte au 29 février 2012) notamment dûs au stress et à la même pression dont je souffre actuellement. Le dialogue sur le bien-être au travail que M. Bailly souhaite ouvrir, arrive bien tard, au prix de la vie de 75 collègues. La crise et les réorganisations internes n excusent en rien de tels comportements. En ces temps difficiles qui supposent du respect, de la tolérance, de l humilité, il ne faut pas se laisser aller à des débordements qui remettent fondamentalement en cause mes droits de salarié, ma dignité d homme et le citoyen honnête que je suis. Ma cause est juste, Ma volonté est forte!!!! 13
les Secteurs 14 Négociation Annuelle Obligatoire de Branches Pour rappel, faute d accord avec le patronat, il n y a pas de décision unilatérale comme dans une entreprise et un constat de désaccord entre patronat et organisation syndicale revient en fait à un o% d augmentation pour nombre de salariés cette année. UNETEL Branche Télécoms La négociation sur la mise à jour de la grille des salaires minimaux que devront appliquer toutes les entreprises de la branche pour l année 2012, a permis d aboutir à un accord résumé ci-dessous : 1. Une revalorisation de + 2,5% de l ensemble des salaires repris dans la grille de la CCNT. 2. Un coup de pouce supplémentaire de + 0,5% pour le premier seuil des salaires, appliqué aux salariés classés en E. 3. Une obligation faite aux entreprises d appliquer au calcul des salaires versés aux salariés, la règle des minimas deux fois par an au lieu d une fois par an (situation actuelle) afin, au moins, de lisser un peu mieux les éventuels rattrapages induits par l application des minimas de branche. 4. Une obligation faite aux entreprises d avoir une approche plus fine de la question de l analyse des écarts salariaux entre les hommes et les femmes (par famille de métiers et groupe de classifications), en vue de mieux les redresser. Après une année 2011 où la CFTC avait obtenu l introduction d un nouveau seuil après 15 ans ou 20 ans d ancienneté, selon la catégorie professionnelle, permettant ainsi de maintenir aux seniors une reconnaissance de leur expérience par le salaire, cette année a permis : S agissant du 1er point, une augmentation proposée garantissant aux salariés un maintien de leur niveau de vie. S agissant du 2ème point, que l Unetel ait répondu, certes timidement, à la revendication CFTC de voir les premiers salaires de cadre progresser vers le plafond de la sécurité sociale. S agissant du 3ème point, que la proposition qui est faite, même si elle ne répond pas à la demande CFTC de mensualisation de l application des minimas, corresponde à un réel progrès par rapport à la situation actuelle. S agissant du 4ème point, qu une analyse plus fine de la question devrait permettre d approcher une meilleure équité sur le sujet, la CFTC ne peut qu y être favorable tant son attente est grande sur le thème. Alain Triboult Président Fédéral P & T. SELCED Routage - Branche Postes Des débuts prometteurs Lors de la signature de l accord de branche en juin 2011, la CFTC et les autres organisations syndicales, ont obtenu des représentants du patronat de fixer la date des NAO sur les minimas de branche, dès janvier 2012. Ce qui constitue une avancée puisqu auparavant, les différents protagonistes ne se retrouvaient pas autour de la table avant le mois de mai... Les OS se sont accordées facilement sur le chiffre de 2,5% d augmentation, tenant compte de la hausse des prix en 2011 et de la baisse du pouvoir d achat. De leur côté, les membres du patronat, ont dressé un bilan de la situation économique des entreprises. Ils ont mis en évidence la fragilité du secteur du routage, la recherche constante des entreprises de la branche, de l augmentation de la valeur ajoutée des prestations, des volumes et des marges, et ont donc proposé 0,5%. Au final, à l issue de débats très animés, la CFTC a estimé pouvoir engager sa signature pour une revalorisation des minimas mensuels conventionnels de 1,5% répartis comme suit : + 1.25% à compter du 1er février 2012 + 0.25% à compter du 1er avril 2012 Cette disposition est assortie d une clause de rendez-vous le 20 septembre 2012 pour examiner l évolution entre l indice des prix à la consommation et des salaires afin d éventuellement réactualiser ces derniers. Cette signature permet de garantir le maintien de niveau supérieur au SMIC, dans une branche où les entreprises ne font que répercuter ces dispositions. En ces temps de crise, il s agit d une avancée qui devrait servir de base à chaque délégué syndical des entreprises de la branche lors des NAO 2012. Philippe MONGIN Délégué Syndical CFTC ADS Normandie
adhérents Geste pour autrui Au service de l insertion Depuis mon départ en congé de fin de carrière en 2004, je préside une association intermédiaire «REAGIR». L Association Intermédiaire (AI) est une structure d insertion par l activité économique. Son but est de rapprocher les personnes au chômage, les allocataires du RSA et les jeunes sans qualification, du monde du travail. Les AI, associations à but non lucratif, embauchent les personnes et les mettent à disposition contre rétribution. C est un dispositif relativement souple et qui permet de remettre le pied à l étrier aux personnes en difficulté. Cette mise à disposition se fait auprès de personnes physiques (les particuliers) ou de personnes morales (collectivité locale, entreprise ou association). La mission de l AI est également l accueil et l accompagnement socio-professionnels de ces personnes en vue de faciliter leur insertion. A titre indicatif, l association a fait travailler 168 personnes en 2011, représentant 24,5 emplois Equivalent Temps Plein. Il faut reconnaître que ce sont souvent des emplois précaires d une durée de 30 heures mensuelles en moyenne. Notre mission principale étant l insertion, l association arrive à insérer tous les ans environ une quarantaine de personnes dans le monde du travail. 60% de l activité s exerce auprès des particuliers dans le domaine des tâches ménagères, 30 % auprès des collectivités territoriales dans le cadre de remplacement et le reste se répartit entre entreprises et associations. Par ailleurs, notre association est la seule du département à verser à ses salariés une prime de fin d année et depuis ma présidence, j ai mis en place un budget d action sociale destiné à payer l abonnement à la médiathèque, à rembourser un certain nombre de tickets de cinéma et, depuis cette année, à participer financièrement pour les enfants inscrits dans un CLSH ou une colonie de vacances. C est notre rôle de militant syndical, du syndicat de la Personne, d être attentif à cet aspect et de permettre aux personnes d accéder également à la culture. D ailleurs, le but de tout syndicat est de défendre les intérêts des salariés. Que faisons-nous des salariés qui quittent le monde du travail et qui se retrouvent au chômage? En s investissant dans ces structures, nous prolongeons notre action syndicale. Il ne s agit pas forcément de présider les associations, mais peut-être de participer au conseil d administration et montrer ainsi notre intérêt aux personnes en difficultés. Ce sont les DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l Emploi) qui sont en charge de suivre ce secteur d activité et la liste des AI du département se trouve sur leur site internet. Dans la droite ligne de notre activité d insertion, j ai créé une association de service à la personne dont l objectif est d embaucher les salariés qui ont fait leur preuve dans l AI en CDI. Leur contrat est au minimum un temps partiel à 50% et il apporte une garantie en matière de prévoyance et d assurance complémentaire. François SAETTEL 15
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