COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION SOMMAIRE LE MARCHÉ DU COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION... 2 LA RÉGLEMENTATION DU COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION... 5 L'ACTIVITÉ DU COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION... 7 LES POINTS DE VIGILANCE DU COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION... 10 EN SAVOIR PLUS SUR CE SECTEUR... 12 1
LE MARCHÉ DU COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION Le marché des dépôts-ventes et des achats-ventes est en plein essor. Plusieurs facteurs contribuent à la bonne tenue de l activité : - la conjoncture économique : dans un climat économique difficile, les consommateurs doivent réaliser des arbitrages budgétaires. L acquisition de biens d occasion constitue une réponse à la nécessité de maîtriser son budget en réalisant des économies ou en accédant à des produits de luxe. - les évolutions technologiques : les objets de consommation tendent à devenir dépassés très rapidement (effet de mode, nouvelles technologies). Ce phénomène incite les consommateurs à se tourner vers des circuits de distribution proposant des prix moins onéreux (magasins de hard discount, brocantes, dépôts-ventes, achats-ventes ). - les évolutions sociologiques : depuis plusieurs années, le recyclage est à la mode. Ainsi, le troc répond à un changement des mentalités, et le consommateur, au lieu de jeter, n hésite plus à vendre. Toutefois, le secteur de la vente de biens d occasion étant très attractif, de nombreux acteurs interviennent sur le marché. Ainsi, les petites annonces entre particuliers, les solderies, les foires et brocantes, les salles de ventes, les magasins d usine, la vente à distance et à domicile, les vides-greniers sont autant de concurrents aux dépôts-ventes et achats-ventes. En outre, Internet représente le moyen privilégié des ménages pour réaliser leurs transactions. Les professionnels du secteurs doivent tirer profit de ce canal en développant leurs sites marchands ou en s appuyant sur des sites à fort trafic (Ebay, Le Boncoin, etc.). 2
Tendances Représentant une alternative pour les consommateurs qui ont un faible pouvoir d achat ou qui souhaitent consommer de façon plus responsable, le nombre de dépôts-ventes devrait continuer à augmenter dans les années à venir. Les dépôts-ventes spécialisés (prêt-à-porter, puériculture, jouets) et les réseaux sous enseigne tendront à se développer dans les prochaines années. L organisation du marché - Les dépôts-ventes : les professionnels (dépositaires) stockent les articles (vêtements, hifi, meubles ) des particuliers (déposants) dans le but de les vendre. Les déposants ne sont payés que si l article est vendu. - Les achats-ventes : contrairement aux dépôt-ventes, les professionnels des achats-ventes achètent immédiatement les biens des particuliers avant la revente. - Les antiquaires : les professionnels doivent pouvoir authentifier et restaurer les objets acquis avant la vente. - Les brocanteurs : tout comme les antiquaires il vendent des objets mobiliers usagés. Toutefois, les professionnels ne garantissent que la vente de l objet en l état et ne sont pas tenus d authentifier ou de dater les objets acquis. - Le e-commerce : Internet est un canal de vente très dynamique. Le commerce entre internautes se développe sur des produits culturels (livres, DVD ), techniques (articles informatiques), et d habillement. 3
COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION NOMBRE D'ENTREPRISES DU SECTEUR 2013 13 397 (1) CHIFFRE D'AFFAIRES DU SECTEUR (en milliards d'euros) 2011 2,250 Md (2) ÉVOLUTION DU CHIFFRE D'AFFAIRES DU SECTEUR EN VALEUR (indice ICA base 100 en 2005) 2013 2012 2011 2010 2009 2008 110,7 (3) 102,5 99,3 105,2 106,8 103,4 (1) Source : INSEE, démographie des entreprises et des établissements 2013 - champs marchand non agricole, Stocks d'entreprise au 1er janvier 2013. (2) Source : INSEE, ESANE. (3) Source : INSEE, Bulletin statistique. 4
LA RÉGLEMENTATION DU COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION Les aptitudes professionnelles Aucun diplôme n est exigé pour ouvrir un dépôt-vente. Le détaillant doit veiller à bien choisir son stock (refuser les objets de mauvaise qualité et savoir reconnaître les produits qui correspondent à la demande du moment). Enfin, le professionnel doit être rigoureux dans la gestion des dépôts de chaque client (qu il faut tenir à jour régulièrement). L environnement réglementaire Les contraintes à l installation Le professionnel doit être inscrit au registre du commerce et des sociétés et s'inscrire sur le registre des revendeurs d'objets mobiliers auprès de la préfecture. Les principaux points de la réglementation professionnelle L'exploitant d'un dépôt-vente à l'obligation de tenir un registre d'objets mobiliers (ROM) décrivant les objets acquis ou détenus ainsi que l'identification des vendeurs. Si le professionnel détient des objets en métaux précieux d'occasion, le registre d'objets mobiliers peut tenir lieu de livre de police (obligatoire pour le commerce d'objets en métaux précieux). Le professionnel doit conclure un contrat de dépôt-vente avec son client comportant, notamment, les informations suivantes : - le numéro du dépôt, 5
- les nom et prénom, adresse et téléphone du déposant, -la désignation de l'objet et le prix à payer au déposant. Statut juridique et fiscal Rendez-vous dans notre rubrique Les guides pratiques / Mes impôts & taxes pour connaître le taux de TVA qui s applique à votre activité ainsi que le mode d imposition de vos bénéfices. Rendez-vous dans notre rubrique Les guides pratiques / Mon régime social pour connaître le montant des cotisations et des prestations de votre régime social obligatoire. 6
L'ACTIVITÉ DU COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION L installation La création est le mode d installation le plus fréquent. Le choix de l emplacement du dépôt-vente dépend fortement de l activité de l exploitant. Ainsi, alors que les commerces de prêt-à-porter, de bijoux, de livres et DVD s implantent en centreville ou dans les grandes surfaces commerciales, les enseignes de dépôts-ventes nécessitant de surfaces de ventes importantes pour exercer leurs activités (mobilier, électroménagers, instruments de musique et audio-video, voitures ) optent pour les zones commerciales ou zones artisanales proches des grands axes routiers. Les investissements Les besoins d investissements varient fortement selon l activité exercée (surfaces différentes : 30m² pour un dépôt-vente de prêt-à-porter contre 1 000m² pour un dépôt-vente de voitures ; valeur du stock "hors dépôt" faible pour les commerces de vêtements alors qu elle est très forte pour les commerces de matériel photo ). La gestion Le suivi au quotidien Les professionnels suivent leur chiffre d affaires par gamme de produits afin de repérer les articles à succès. Le professionnel qui exerce une activité essentiellement axée sur le dépôt-vente, veillera plus particulièrement à suivre le nombre de prises de dépôt quotidiennes, et vérifia que celles-ci correspondent bien aux attentes de la clientèle" acheteuse". Le professionnel qui exerce une activité plutôt axée sur l achat cash-vente, veillera à ce que les achats de biens 7
de client particuliers s effectuent à un bon prix afin de lui assurer une marge optimum. Les recettes de l activité Le marché du dépôt-vente n est pas saisonnier. Les professionnels ont donc un chiffre d affaires régulier tout au long de l année. Le dépositaire prend en général entre 20 et 50 % de commission. Sur la vente de produits achetés cash, le professionnel réalise en général des marges supérieures à 50 % du fait du paiement comptant. Les charges à surveiller La maîtrise des charges repose essentiellement sur la gestion et l optimisation des achats qui représentent plus de 50% du chiffre d affaires. Les frais de publicité et les charges de personnel constituent les autres postes importants. A noter également le poids du loyer, notamment pour les commerces situés en centre-ville ou dans des centres commerciaux attractifs. La maîtrise du résultat Le résultat dépend avant tout de la qualité des achats et d une bonne négociation des taux de commission sur les produits pris en dépôt. Une gestion rigoureuse des stocks est également indispensable afin d optimiser le chiffre d affaires au m² du magasin et de pouvoir proposer en permanence des nouveaux produits. Les achats cash auprès des clients particuliers ainsi que les achats judicieux de lots de produits (auprès de saisies des douanes), ou de lots vendus par adjudications ou liquidations, permettent d augmenter la marge et donc la rentabilité, à condition de ne pas générer un stock trop important. 8
La gestion financière et les besoins en trésorerie Les fonds propres doivent représenter au minimum 30% du bilan total. Le besoin en fonds de roulement est négatif pour les professionnels ne réalisant que du dépôt-vente. COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION EVOLUTION DU NOMBRE DE CRÉATION 2013 2012 2011 2010 2009 1 401 (1) 1 384 1 340 1 480 1 947 LES RATIOS DE GESTION CLEFS Chiffre d'affaires moyen Marge brute Excédent brut d'exploitation Rotation des stocks Crédit clients Crédits fournisseurs Besoin en fonds de roulement 263 K (2) 47,70 % du CA 20,36 % du CA 16 jours de CA 5 jours de CA 48 jours de CA -26 jours de CA (1) Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d entreprises. (2) Source : Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2009 & 2010. Données exprimées en % et jours de chiffre d'affaires. 9
LES POINTS DE VIGILANCE DU COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION Les principales difficultés du métier L intensité de la concurrence : Le développement des réseaux de franchises et du e- commerce nuit aux dépôtsventes indépendants. A long terme, ce phénomène risque de conduire à une réduction du chiffre d affaires de ces derniers, qui perdent peu à peu leur part de marché. Le poids des investissements et du loyer : Le montant du loyer et le prix d acquisition du pas de porte sont très élevés dans les zones commerciales attractives, notamment pour les commerces qui disposent d une surface importante. Dans ce contexte, seuls les indépendants expérimentés disposant de fonds propres suffisants, pourront résister à la concurrence. 10
COMMERCE DE DÉTAIL DE BIENS D OCCASION EVOLUTION DU NOMBRE DE DÉFAILLANCE 2010 2009 2008 2007 2006 132 (1) 146 154 148 136 TAUX DE SURVIE AU- DELÀ DES 5 PREMIÈRES ANNÉES Commerce de détail de biens d occasion Commerce et réparation Moyenne tous secteurs 37,7 % (2) 46,1 % 51,9 % (1) Source : Insee, Défaillances d entreprises. (2) Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002. 11
EN SAVOIR PLUS SUR CE SECTEUR Les principales organisations professionnelles SNCAO Syndicat national du commerce de l antiquité et de l occasion 18, rue de Provence - 75009 Paris Tel : 01.47.70.88.78 http://www.sncao-syndicat.com 12