Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

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Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton Blaise Goutéraux LPT, Orsay 01.12.2008, JJC08 /23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Outline Trous noirs en Relativité Générale 1 Trous noirs en Relativité Générale 2 Motivations Solutions de trous noirs 3 /23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Qu est-ce qu un trou noir? (1) Une inspiration pour les musiciens... /23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Qu est-ce qu un trou noir? (2) Une inspiration pour les graphistes... /23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Qu est-ce qu un trou noir? (3) Un casse-tête pour les physiciens... + = Téléscope Hubble. Diagramme de Penrose-Carter. /23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

1 Trous noirs en Relativité Générale 2 Motivations Solutions de trous noirs 3 /23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Action de la Relativité Générale. Equations du mouvement Action (vide) : S RG = g [ ] R Equations du mouvement : R µν 1 2 Rg µν = 0 Quasi-linéaires, d ordre 2. Une solution simple : Minkowski (vide de la théorie) ds 2 M = dt 2 + dr 2 + r 2( dθ 2 + sin 2 θdϕ 2) Solutions non-triviales : problème très compliqué. Méthode de résolution : symétries! /23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Solutions à symétrie sphérique. Solution de Schwarzschild. La symétrie la plus simple : symétrie sphérique (pas de dépendance angulaire). ds 2 = e ν(t,r) dt 2 + e λ(t,r) dr 2 + r 2( dθ 2 + sin 2 θdϕ 2) Les équations d Einstein permettent de déterminer ν(t, r) et λ(t, r) : ds 2 schw = ( 1 2M r ) dt 2 + 1 1 2M r dr 2 + r 2( dθ 2 + sin 2 θdϕ 2) C est la solution de Schwarzschild (1873-1916). /23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Propriétés de la solution de Schwarzschild ds 2 schw = ( 1 2M r ) dt 2 + 1 1 2M r dr 2 + r 2( dθ 2 + sin 2 θdϕ 2) Stationnaire : pas de rotation au cours du temps. Statique : pas de dépendance en t. Conséquence : pas de radiation. Deux "singularités" : r = 0 et r = 2M. r = 0 : masse ponctuelle gravité newtonienne. Asymptotiquement plate (Minkowski). /23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Des singularités pas si singulières Nature de la singularité en r = 2M? On "mesure" les forces de marées gravitationnelles tenseur de Riemann : R µνρσ M r 3 Fini en r = 2M, infini en r = 0. Vérification : invariants scalaires (indépendants du système de coordonnées) K = Riemann 2 = 48M r 3 Singularité intrinsèque en r = 0 Singularité de coordonnées en r S = 2M. 0/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

L horizon de Schwarzschild (1) ( dsschw 2 = 1 2M ) dt 2 1 + r 1 2M dr 2 + r 2( dθ 2 + sin 2 θdϕ 2) r En r S = 2M, g tt devient de genre espace, g rr de genre temps : Région I régulière. Région II inaccessible depuis I! On ne peut pas tomber dans le TN... Région II : v>c, on tombe dans la singularité. 1/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

L horizon de Schwarzschild (2) ds 2 schw = ( 1 2M r ) dt 2 + 1 1 2M r dr 2 + r 2( dθ 2 + sin 2 θdϕ 2) Coordonnées suivant une particule qui tombe vers le TN. On traverse bien l horizon : TN accessible. Rien ne ressort de l horizon : singularité de genre espace inévitable. 2/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

(RN). Propriétés (1) RN Schwarzschild pour une source ponctuelle M, Q 0. g 14 S EM = [R F 2] ds 2 RN = (1 2M r dr 2 r 2 )dt2 + +r (dθ 2 2 +sin 2 θdϕ 2) 1 2M r + Q2 r 2 + Q2 Si Q=0, Schwarzschild. Singularité centrale en r = 0. Pas d horizon si M < Q. Si M > Q, 2 horizons! Asymptotiquement Minkowski. 3/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

(RN). Propriétés (2) ds 2 RN = (1 2M r dr 2 r 2 )dt2 + +r (dθ 2 2 +sin 2 θdϕ 2) 1 2M r + Q2 r 2 + Q2 Région I : espace-temps régulier. Région II : attiré par la singularité (v>c...). Région III : singularité évitable (genre temps)! Observateur à l extérieur : les horizons ne sont jamais traversés, la particule ne tombe pas dans le TN! 4/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

(RN). Propriétés (3) ds 2 RN = (1 2M r dr 2 r 2 )dt2 + +r (dθ 2 2 +sin 2 θdϕ 2) 1 2M r + Q2 r 2 + Q2 Coordonnées décrivant une particule tombant dans le TN. Région II : atteignable, v<c. La particule tombe bien dans le TN. L Univers est neutre : existence des TN chargés? 5/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Effet de Λ sur le vide de l espace-temps Λ contribue à "courber" l espace-temps. Vides de la théorie : Λ = 0 : plat, Minkowski. Λ > 0 : courbure positive, de Sitter. Λ < 0 : courbure négative, anti-de Sitter. 6/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Λ-Schwarzschild solution ds 2 Λ Schw = (Λr 2 +1 2M r )dt 2 dr 2 + Λr 2 + 1 2M r +r 2( dθ 2 +sin 2 θdϕ 2) Singularité centrale en r = 0. "Près" du TN : comme Schwarzschild (horizon de Schwarzschild). "Loin" du TN : comme ds ou AdS (horizon cosmologique). = Λ crée de la courbure, donc une échelle de longueur pour former un horizon supplémentaire. 7/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Motivations Solutions de trous noirs 1 Trous noirs en Relativité Générale 2 Motivations Solutions de trous noirs 3 8/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Motivations Solutions de trous noirs Relativité générale en dimension 5 et réduction dimensionnelle. Action à 5D : Métrique : S 5 = d 5 x g 5 [R 5 2Λ] ds5 2 = e Φ 3 ds 2 4 + e 2Φ 3 (dw + A ν dx ν ) 2 Action à 4D : S 4 = d 4 x g 4 [R 4 1 2 ( Φ)2 1 4 F 2 ] e 3Φ 2Λe Φ 3 Action utilisée : S EMD = d 4 x g [R 1 2 ( Φ)2 1 4 F 2 e γφ 2Λe δφ] 9/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Contenu des théories EMD. Motivations Solutions de trous noirs S EMD = d 4 x g [R 1 2 ( Φ)2 1 4 F 2 e γφ 2Λe δφ] Gravitation : relativité générale + constante cosmologique. Electromagnétisme. Champ scalaire : Dilaton (Dimensions supplémentaires, théorie des cordes, théories tenseur-scalaire). 0/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Propriétés. Trous noirs en Relativité Générale Motivations Solutions de trous noirs Λ = 0 Asymptotiquement plates. Λ 0 Deux singularités, un horizon : même structure causale que Schwarzschild. Dilaton constant asymptotiquement, les deux singularités. Asymptotiquement irrégulières : ni ds, ni AdS. Une singularité, deux horizons : même structure causale que Reissner-Nordstrom (pas d horizon cosmologique!). Dilaton divergent asymptotiquement (pas si grave? g S e Φ ). Masse, charge finies. 1/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

1 Trous noirs en Relativité Générale 2 Motivations Solutions de trous noirs 3 2/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton

Généralisation en dimension quelconque. Inclure le terme de Gauss-Bonnet (théorie des cordes, théorie de Lovelock), qui peut peut-être régulariser les solutions. Problème : équations extrêmement compliquées, solutions numériques uniquement. 3/23 Blaise Goutéraux Trous noirs dans les théories Einstein-Maxwell-Dilaton