MESO-STRESS. Dr B. Pasquini



Documents pareils
Stress des soignants et Douleur de l'enfant

1- Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les réponses vraies :

Quand le stress nous rend malade

Institut WanXiang Historique de santé du patient

Qu est-ce que la fibrillation auriculaire? (FA)

Module digestif. II. Prévention du reflux gastro-œsophagien :

Céphalées de tension. Hélène Massiou Hôpital Lariboisière, Paris

Migraine et Abus de Médicaments

La migraine. Foramen ovale perméable. Infarctus cérébral (surtout chez la femme)

INNOVATION De la rééducation au sport santé. LPG crée le Neuro

Thérapeutique anti-vhc et travail maritime. O. Farret HIA Bégin

Troubles psychiques de la grossesse et du post-partum Q19. Psychiatrie adulte Module D Pr Jean Louis Senon Année universitaire

- contacts@aroma-zone.com


PRISE EN CHARGE DES DOULEURS DU POST-PARTUM ET DES DOULEURS POST-CHIRURGICALES MARTINE CORNILLET-BERNARD

Trouble d anxiété généralisée

o Anxiété o Dépression o Trouble de stress post-traumatique (TSPT) o Autre

Les troubles non moteurs de la maladie de Parkinson. Comprendre la maladie de Parkinson

GUIDE D INFORMATIONS A LA PREVENTION DE L INSUFFISANCE RENALE

Migraine et céphalées de tension: diagnostic différentiel et enjeux thérapeutiques

INCONTINENCE URINAIRE

La migraine : quelle prise de tête!

Épreuve d effort électrocardiographique

Céphalées. 1- Mise au point sur la migraine 2- Quand s inquiéter face à une céphalée. APP du DENAISIS

Le psoriasis est une maladie qui touche environ 2 à 3 % de la population et qui se

L aide aux aidants. Psychologue clinicienne. Capacité de gériatrie mars 2009

La prise en charge de votre insuffisance cardiaque

QUESTIONNAIRE D'EVALUATION DES ENFANTS

LA MÉTHAMPHÉTAMINE LE CRYSTAL C EST QUOI

Le reflux gastro-oesophagien (280) Professeur Jacques FOURNET Avril 2003

Maternité et activités sportives

Les soins des douleurs chroniques dans les TMS Les échecs thérapeutiques

Questions / Réponses. Troubles du sommeil : stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées

Troubles musculo squelettiques. Institut de Formation en Ergothérapie de Nancy Cours Ergonomie 2004 TMS François Cail - INRS

Carte de soins et d urgence

Rééducation Posturale Globale

La fibromyalgie Mieux l'évaluer pour mieux la traiter

La prise en charge d un trouble dépressif récurrent ou persistant

Les effets nocifs du bruit sur l'homme

Comment ça va? Quand ça ne va pas. 4 comment ça va?

SOIXANTE-SEPTIÈME ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTÉ A67/18 Point 13.5 de l ordre du jour provisoire 21 mars Psoriasis. Rapport du Secrétariat

Migraine et mal de tête : des "casse-tête"

Vous êtes. visé. Comment diminuer les risques et les impacts d une agression en milieu bancaire

Bouger, c est bon pour la santé!

Les drogues POUR EN SAVOIR PLUS. 1. L avis du psychologue. 2. Les risques et leur prévention. Quelques chiffres

La fibromyalgie. La maladie. l Qu est-ce que la fibromyalgie? l Combien de personnes sont atteintes de la maladie? l Qui peut en être atteint?

A healthy decision LA DOULEUR

Vivez votre féminité sans souffrir.

QUI PEUT CONTRACTER LA FA?

Comportements addictifs

S o m m a i r e 1. Sémiologie 2. Thérapeutique

Bien-être au travail. Dr F. ROSENFELD - MNHN Médecine de Prévention Mise en page : Marielle Perriquet

Brûlures d estomac. Mieux les comprendre pour mieux les soulager

Définition, finalités et organisation

Journal de la migraine

Expertis. Étude Stress. Stress. sur le Éléments statistiques. Dr Brigitte Lanusse-Cazalé. Production : Le Laussat.

Le risque TMS chez les intervenants à domicile

Comment la proposer et la réaliser?

Tableau récapitulatif : composition nutritionnelle de la spiruline

Recommandation Pour La Pratique Clinique

LE GRAND LIVRE Du. Pr Jean-Jacques Altman Dr Roxane Ducloux Dr Laurence Lévy-Dutel. Prévenir les complications. et surveiller la maladie

Mieux informé sur la maladie de reflux

Chapitre 1 : Introduction à la rééducation périnéale

Questionnaire pour enfants avec trouble de voix

Guide à l intention des familles AU COEUR. du trouble de personnalité limite

ÉVALUATION DE LA PERSONNE ATTEINTE D HYPERTENSION ARTÉRIELLE

DOMAINE 7 RELATIONS ET RÔLES

Définition. Recherche sur Internet. Quelques chiffres. Stress et enseignement. Symptômes 3 catégories de causes Le burn out Gestion du stress

Les tests génétiques à des fins médicales

TRAITEMENT DES MAUX DE TÊTE PAR EMDR INTÉGRÉ

Maladies neuromusculaires

Parmi ces recommandations, la cure thermale tient une place prépondérante dans le traitement et la prise en charge de la maladie.

Carnet de suivi Lithium

Maladies psychosomatiques Dr Yves ZERBIB Département de Médecine Générale UCBL1

LES TROUBLES MUSCULOSQUELETTIQUES. Le 2 décembre 2008

Diabète Type 2. Épidémiologie Aspects physiques Aspects physiologiques

Questionnaire santé et soins médicaux pour les moins de 16 ans

LES DOULEURS LOMBAIRES D R D U F A U R E T - L O M B A R D C A R I N E S E R V I C E R H U M A T O L O G I E, C H U L I M O G E S

QUESTIONNAIRE D ÉVALUATION POUR FEMME ENCEINTE

I - CLASSIFICATION DU DIABETE SUCRE

Sommaire. Sommaire. L Entreprise Page 3. Qu est-ce que la PNL? Page 4. Thérapie PNL et hypnose ericksonienne Page 7

Table des matières. Première partie : Énergie et Polarité REMERCIEMENTS NOTE DE L AUTEURE COMMENT UTILISER CE GUIDE...

Le référentiel RIFVEH La sécurité des personnes ayant des incapacités : un enjeu de concertation. Septembre 2008

LES TROUBLES MUSCULO- SQUELETTIQUES

Qu est-ce qu un trouble musculosquelettique (TMS)?

NOTICE : INFORMATION DE L UTILISATEUR MS Direct 10 mg comprimé enrobé MS Direct 20 mg comprimé enrobé sulfate de morphine

Pathologie VIH. Service maladies infectieuses Archet 1. Françoise ALEXIS, infirmière Monique BORGHI, infirmière 15 octobre 2013

LA LOMBALGIE CHRONIQUE : Facteurs de risque, diagnostic, prise en charge thérapeutique

1 LA FASCIATHERAPIE : UNE KINESITHERAPIE MANUELLE CURATIVE, EDUCATIVE ET DE SOUTIEN Il existe différentes méthodes de fasciathérapie

PRISE EN CHARGE DES PRE ECLAMPSIES. Jérôme KOUTSOULIS. IADE DAR CHU Kremlin-Bicêtre. 94 Gérard CORSIA. PH DAR CHU Pitié-Salpétrière.

Risques liés à l'activité physique au travail Hyper sollicitation articulaire

Placebo Effet Placebo. Pr Claire Le Jeunne Hôtel Dieu- Médecine Interne et Thérapeutique Faculté de Médecine Paris Descartes

les DOULEURS INEXPLIQUÉES

TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES (TMS)

Mme BORGHI Monique Infirmière ETP Mme ALEXIS Françoise Hopital Archet I Infectiologie/Virologie Clinique

neurogénétique Structures sensibles du crâne 11/02/10 Classification internationale des céphalées:2004

COMMENT SURMONTER SON ANXIÉTÉ

Les formalités médicales ci-dessous sont celles prévues aux conditions générales du contrat assurance emprunteur çaassure n 24.

Carlo Diederich Directeur Santé&Spa. Tél / c.diederich@mondorf.lu

Transcription:

1 MESO-STRESS Dr B. Pasquini

Définitions : «D un point de vue biologique, le stress est l interaction entre dommages et défenses, au même titre qu en physique, la tension représente l interface entre une force et la résistance qui lui est opposée» (H. Selye) Selon l OMS, le stress apparaît chez une personne dont les ressources et stratégies de gestion personnelles sont dépassées par les exigences qui lui sont posées. 2

Réponse physiologique d alarme (astreinte) de l organisme face à une sollicitation contraignante (le stresseur) Lorsqu elle est une forme exagérée de la réflexion constructive, le stress est utile et bénéfique. Mais si le corps réagit contre ce qu il ressent comme une agression ou une pression par des manifestations qui deviennent une plainte, alors il y a stress-maladie. 3

5 catégories de stresseurs ont été classées d après Segerstrom et Miller : Les stresseurs aigus limités dans le temps (5 à 100mn) : prise de parole en public Les stresseurs naturels brefs : passage d un examen, entretien d embauche Résultent en une réponse adaptative. 4

Les stresseurs d événements stressants : perte d un proche, catastrophe naturelle vécue Les stresseurs chroniques : chômage de longue durée, maladie chronique, prise en charge d un enfant handicapé la particularité de ces stresseurs : «stabilité» et aucune information sur la durée de l exposition. Les stresseurs distants : traumatismes surgissant tardivement en raison des séquelles cognitives et émotionnelles persistantes (abus sexuel dans l enfance, viol, retour de guerre) = stress post-traumatique. 5 Catégories délétères

Physiopathologie : Stress aigu : l agent stresseur survient brusquement (claquement de porte) et provoque une réponse d adaptation rapide et brève : phase d alarme du syndrome général d adaptation (SGA) est déclenchée : l axe hypothalamo-hypophysaire-surrénalien est activé avec libération d adrénaline : - augmentation de la fréquence cardiaque - augmentation la tension musculaire. 6

Stress chronique : exposition à l agent stresseur persiste et/ou se répète fréquemment. Dans la phase d alarme du SGA, les neurotransmetteurs et les peptides ont un déclenchement très rapide (qq sec), alors que la libération des hormones glucocorticoïdes est plus tardive (min 20 à 30mn), leurs actions perdurent plus longtemps (plusieurs heures). Dans la phase de résistance, l état de stress peut se chroniciser. 7

Discipline récente : «la psychoneuroimmunologie» fournit les principales bases scientifiques et expérimentales à ce que l on qualifiait de symptômes «psychosomatiques» Démontre l existence d interactions étroites entre les systèmes nerveux (C et P) et le système immunitaire. Souligne le rôle de l apprentissage dans l immunomodulation, que peut subir l organisme, et notamment en présence de stresseurs. 8

«psychoneuroimmunologie» Les réponses au stress sont le produit de systèmes intégrés (psycho-neuro-hormonaux et immunitaires) qui communiquent entre eux via les cytokines. Un stresseur semble capable d activer puis de déprimer à long terme les défenses immunitaires. 9

Stress chronique : focus sur deux nouveaux indicateurs (biologique et biomécanique) Indicateur biologique : cortisol capillaire Le classique dosage plasmatique ou salivaire du cortisol pour mesurer l activité de l axe hypothalamohypophysaire peut être discutable (rythme nycthéméral du cortisol, quantification instantanée) Dosage de cortisol capillaire : détection plus longue (3cms, 3mois) 10

Indicateur biomécanique : SADAM (syndrome algodysfonctionnel de l appareil manducateur) Très longtemps cantonné à un trouble biomécanique purement articulaire, son étiologie a évolué pour inclure de potentiels facteurs «psychiques» : les personnes se déclarant stressées présentent un risque accru de SADAM et leurs symptômes augmentent lors de situations jugées stressantes. (cortisol élevé) 11

Symptômes variables, nombreux, d intensité +/-forte, varient d une personne à l autre. Troubles fonctionnels : Digestifs (ulcère, colites, nausées, vomissements, diarrhée) Cardio-vasculaires (cardiopathie coronarienne, palpitations, HTA) Broncho-pulmonaire (asthme ) Urogénital (cystite, vaginite ) Hypercholestérolémie, diabète de type II Céphalées, migraine Angines, pharyngites, herpès Hypersudation, bouffées de chaleur, mauvaise haleine 12

Troubles psychologiques : Fatigue, irritabilité chronique Angoisse, anxiété, tics, épisodes de panique Dépression pouvant aller jusqu au burn-out Troubles du sommeil Dysfonctionnement sexuel Troubles du comportement Changement d humeur, susceptibilité Difficulté de concentration, difficultés relationnelle, isolement social, démotivation complète Augmentation de la consommation de médicaments Tabac, d alcool et autres substances psychotropes Modification des habitudes alimentaires : prise de poids 13

Pathologies associées : Facteur de risque pour maladie de peau : eczéma, urticaire, psoriasis Troubles neuromusculaires : Tendinomyalgies isolées (25%) Tendinomyalgies groupées par région (70%) pathologies paravertébrales. Tendinomyalgies diffuses et multiples (5%) : Fibromyalgie, TMS. Effluvium capillaire 14

MESOTHERAPIE Techniques : nappage intra-dermique (IDS) ou épidermique (IED) IDP souvent techniques mixtes les mélanges varient selon les pathologies 15

Symptomatologie broncho-pulmonaire : Signes Fonctionnels : Sensation d oppression thoracique, de gêne à l inspiration profonde; Algies thoraciques diffuses, mobiles, fugaces; Sensation de boule sus et rétro sternale; Toux.. Examens complémentaires normaux (Rx, Biologie ) Souvent déficit immunitaire : Angines - Pharyngites - Laryngites (sans germe pathogène) 16

Protocole Thérapeutique : Mélange : Lidocaïne 1% 2 ml Magnésium 2 ml +/- Diazepam 1/4 ml Techniques mixtes : IDS ou IED sur toute la zone thoracique Rarement IDP sur certains points douloureux rebelles. 17

Symptomatologie cardio-coronaire : Signes Fonctionnels : palpitations, précordialgies, HTA labile. Examens complémentaires (E.C.G., Holter tensionnel et épreuve d effort) normaux. 18

Protocole thérapeutique : Mélange : Lidocaïne 1% 2ml Magnésium 2ml +/- Diazepam 1/4ml Techniques Mixtes : Essentiellement I.D.S. ou I.E.D. sur toute la région thoracique I.D.P. sur certains points douloureux, fixes et rebelles Rechercher le point stress 19

Symptomatologie digestive : Signes Fonctionnels : douleurs épigastriques, pesanteurs abdominales, barre sous costale, nausées, vomissements, spasmes colitiques, constipation, diarrhée. Fibroscopie, coloscopie : normaux 20

Protocole Thérapeutique : Mélange : Lidocaïne1% 2 ml Antispasmodique (phloroglucinol) 2 ml Magnésium 2 ml Techniques mixtes : IDS ou IED sur la zone abdominale IDP sur certains points douloureux, rebelles 21

Symptomatologie urogénitale : Signes Fonctionnels : pollakiurie, envies impérieuses, prurit, douleur à la miction. Bilan radiologique et échographique normal E.C.B.U. normal 22

Protocole thérapeutique : Mélange : Lidocaïne 1% 2 ml Antispasmodique (phloroglucinol) 2 ml Magnésium 2 ml Techniques Mixtes : Essentiellement IED sur les zones pelviennes IDP sur certains points rebelles fixes 23

Les troubles neuro-musculaires : Les tendino-myalgies isolées : 25% Les tendino-myalgies groupées par région : 70% Les tendino-myalgies diffuses et multiples : 5% Radios, I.R.M., E.M.G. : normaux 24

Chaque segment comprend : Le ligament inter épineux point 0 L articulaire postérieure point 1,5 cm Les tendino-myalgies latéro-vertébrales points 5 et 8 cm Les muscles sont durs, contractés, douloureux Les D.N.D. sont presque toujours retrouvées (cellulalgies sous dépendance du SNV, parfois à distance de la zone en souffrance) 25

26

Techniques mixtes : - M.P.S. sur les points circonscrits, profond et douloureux (0 1,5 5 8 cm) - I.E.D. et I.D.S. sur les nappes musculaires loco régionales et les D.N.D. voisines Les mélanges utilisés : - MPS : Lidocaïne 1% AINS - Nappage : Lidocaïne 1% Calcitonine de saumon100u 3ml 1ml 3ml 1ml 27

Manifestations générales du STRESS : Troubles du comportement. Les aspects NEUROTONIQUES Les aspects ANXIEUX Les aspects DEPRESSIFS Les troubles du SOMMEIL 28

Les Mélanges : Procaïne 2% Magnésium +/- Amitriptyline 1ml ou Diazepam 2ml 2ml 1/4ml 29

Rythme des Séances : - 1er mois : toutes les SEMAINES - 2-3 mois : tous les 15 JOURS - Puis à la demande 30

MERCI DE VOTRE ATTENTION 31