GREFFE DU TRIBUNAL DE COMMERCE DE ROMANS



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Transcription:

GREFFE DU TRIBUNAL DE COMMERCE DE ROMANS En audience publique tenue le 19 novembre mil neuf cent soixante et onze à 9 H. 30 à laquelle siégeaient Mr R. BALSAN faisant fonction de Président, Mr M. CHAMPION, Mr J. MAURIN juges suppléants, assistés de Mr. BRINGUIER, greffier. 1 19-11-71 - Entre : Me Roland MADONA 7 rue Gl Farre à Valence et Me J.M. BERNARD 20 rue du Dr Eynard à BOURG DE PEAGE syndics à la liquidation des biens de la société Coopérative de Production Anonyme BOIMONDAU dont le siège est à VALENCE 72 2 rue Montplaisir - demandeurs - Me CHAMPION agréé - d une part ; Et : 1 ) Jean Paul MANGANI domicilié 52 Bd des Castors à LYON. 2 ) Jean Jacques MEAILLE domicilié 16 rue Gl Péri à SAINT DENIS. 3 ) la SA SMS SOCIETE DES MGASINS SPECIALISES dont le siège est Allée du Parc, 52 ru Gl de Gaulle à ENGHIEN LES BAINS - défendeurs - Me DURRLEMAN Avocat - d autre part ; - ATTENDU que par exploit du 27 octobre 1971 et 5 novembre 1971 Me MADONA et Me BERNARD syndics à la liquidation des biens de la Sté BOIMONDAU ont assigné Jean Paul MAN GANI et Jean Jacques MEAILLE et la SOCIETE DES MAGASINS SPECIALISES SMS devant le tribunal aux fins d entendre déclarer inopposable à la masse des créanciers de la dite liquidation des biens, en application de l article 29 alinéas 2 et de l article 31 de la loi u 13 juillet 1967, la convention intervenue entre eux et le Sté BOIMONDAU le 27 juillet 1971, dire qu ils seront en conséquence tenus de restituer aux syndics, les immeubles, fonds de commerce, matériels et marchandises de la Sté BOIMONDAU objet de la dite convention, entendre dire que cette décision sera opposable à toutes personnes ou sociétés auxquels MEAILLE et MANGANI ou SMS auraient cédé tout ou partie des choses ou droits que leur attribuer la dite convention et entendre désigner un expert pour déterminer le matériel et les marchandises manquant dans ce qui sera restitué par MEAILLE et MANGANI et en apprécier la valeur, ce avec exécution provisoire. - ATTENDU que MEAILLE, MAGANI et la Sté SMS concluent au rejet de cette demande au motif que la convention du 27 juillet 1971 n est pas de celles visées par les articles 29 et 31 de la loi du 13 juillet 1967 et reconventionnellement demandent la résiliation de la dite convention aux torts et griefs exclusifs de la masse des créanciers et la désignation d un expert pour rechercher le montant des sommes investies par la SMS pour poursuivre l exploitation industrielle de BOIMONDAU, de ses achat de matières premières, des frais de fabrication, de main d œuvre et accessoires et de chiffrer la légitime rémunération de ce capital et ce avec exécution provisoire en raison de l urgence qu il y aurait à assurer la paiement des charges sociales afférentes aux salaires réglé au personnel. 1 Ce document est la transcription intégrale de l original prêté par l Association des Anciens et Amis des Comm unautés de Travail Autogérées, cet original a été versé à la Médiathèque de Valence. Toute reproduction, même partielle, devra mentionner le titre du livre, le nom de l auteur et l éditeur, ainsi que le lien Internet Faire des Hommes libres - Michel Chaudy - Editions REPAS - 2008 - www.rhone -alpesolidaires.org/boimondau 2 Boimondau est situé au 41 rue Montplaisir, et non au 72 comme le document original l indique

- ATTENDU que pour justifier leur demande, les syndics exposent qu après jugement déclaratif de la liquidation des biens le 22 septembre 1971, ils ont trouvé les immeubles et le fonds de commerce de BOIMONDAU occupés par une société SMS dont le siège est à ENGHIEN LES BAINS qui se déclarait locataire gérante en vertu d une convention du 27 juillet 1971. Qu après examen, ils s aperçoivent que cet acte conférait à cette société SMS pour une redevance et un prix dérisoires, l usage pour un temps pratiquement illimité de tous les immeubles possédés ou loués par BOIMONDAU et son fonds industriel avec son matériel d une valeur de 1 200 000 Francs ainsi que la propriété de toutes les marchandises en stock d une valeur de 1 623 127 Francs. Que cette convention est de celles définies par la loi du 13 juillet 1967 et que son maintien est opposé à l intérêt des créanciers. - ATTENDU que pour s opposer à la demande des syndics, les défendeurs après un long historique et en protestant de leur seule intention très humanitaire de maintenir l emploi, prétendant que contrairement aux dires des syndics, les obligations contractées par SMS sont très supérieures à la valeur des biens et prestations à elle fournis, laquelle serait pratiquement nulle. - ATTENDU qu ils ajoutent au surplus que le contrat n est commutatif qu en ce qui concerne les marchandises, que le contrat prévoyait une durée de trois ans avec possibilité de renouvellement par période triennale, ce qui n a rien d exorbitant, que le fonds industriel ne pouvait conserver quelque valeur que s il était exploité, que le matériel était vétuste et périmé, les seules machines ayant quelque valeur étant nanties, que le stock en matière première et produits en cours de fabrication ne pouvait avoir de valeur que s il était totalement usiné et qu une grande quantité de marchandise vendues leur a été retournée après livraison pour défauts de fabrication. - ATTENDU que les défendeurs disent avoir proposé aux syndics de négocier avec eux les aménagements qu ils pensaient devoir apporter à ce contrat, mais qu il n a été obtenu d eux qu une fin de non recevoir. - ATTENDU que les défendeurs soutiennent également que les agissement s des syndics et ceux d une société créancière de BOIMONDAU la STE RHODANIENNE DE MESSAGERIE NATIONALES auxquels les syndics ne se sont pas opposés, a mis la SMS dans l impossibilité d exploiter le fonds industriel et d assurer l exécution du contrat dont il y aurait donc lieu de prononcer la résiliation aux torts et griefs des syndics représentant la masse des créanciers. SUR LA DEMANDE PRINCIPALE : - ATTENDU que suivant l article 29 de la loi du 13 juillet 1967, «sont inopposables à la masse, lorsqu ils auront été faits par le débiteur depuis la date de cessation des paiements les actes suivants : 1 ).... 2 ) Tout contrat commutatif dans lequel les obligations du débiteur excèdent notablemen t celles de l autre partie. 3 )....» - ATTENBDU que suivant l article 31 de la même loi, «les actes à titre onéreux accomplis après cette même date» (la date fixée pour cessation des paiements) «ne peuvent être également déclarée inopposables à la masse si de la part de ceux qui ont perçu, agi ou traité avec le débiteur, ils ont eu lei avec connaissance de la cessation des paiements». - ATTENDU que le jugement déclaratif de liquidation de biens du 22 septembre fixe la date de la cessation des paiements de la Sté BOIMONDAU au 1 er avril 1971, donc bien avant la date de la convention litigieuse. - ATTENDU que les défendeurs qui ont rédigé et signé le préambule qui se trouve an tête de la convention en cause, ne peuvent prétendre et ne prétendent d ailleurs pas avoir ignoré l état de cessation des paiements de BOIMONDAU an moment où ils ont traité avec elle. - ATTENDU que la convention était bien conclue pour durée de trois ans avec «faculté pour les preneurs de demander sa reconduction le 1 er août 1974 pour une nouvelle période triennale et ainsi de suite pendant la durée légale (99 ans) de la SCOP BOUMONDAU restant à courir». - ATTENDU que par cette clause comme l on vu les syndics, MEAILLE t MANGANI ou la société qu ils se substituaient, se réservant bien la faculté de continuer à profiter de ces immeubles et fonds industriel pour une durée qu il était bien difficile de limiter mais qui ne pouvant en tout cas être inférieure à la durée restante courir sur 99 ans depuis la fondation de la société soit plus de soixante ans.

- ATTENDU que par cette convention la société BOIMONDAU louait tous ses immeubles pour cette dorée avec un droit de préemption irrévocable au profit des preneur s en cas de vente, pour un loyer annuel de Un francs, cédait sans aucune contre partie son droit au bail s ur un immeuble déclaré dans l'acte appartenir à Mrs H. et P. B ERARD mais appartenant en réalité à une société civile IMMOBILIERE DE COMBE LAVAL, donnait la jouissance sans indemnité de ses matériels, outillage, machines, mobilier, télex, assurances payées d'avance, avances sur abonnement et contrat dans les conditions suivantes : «Les preneurs n`auront en aucun cas à pourvoir au remplacement ou au remboursement de quelque machine, matériel ou matière qua ce soit». Vendait toutes les matières premières, marchandises en cours de fabrication ou finies se trouvent dans les lieux d'exploitation, qui étaient prisées 350 000 F, prix que les défendeurs devaient payer, en assumant à concurrence de cette somme les dettes de BOIMONDAU assorties de nantissements sur outillage au profit de la BANQUE CENTRALE DES COOPERATIVES, somme qui étaient postérieurement ramenée à 200 000 F. - ATTENDU qu enfin cette convention prévoyait le versement par les preneurs d une redevance loyer «de mille francs par mois à compter du 1 er octobre 1971». - ATTENDU que si le caractère commutatif de la convention peut être discutable en ce qui concerne les immeubles et les éléments du fonds de commerce restant propriété de BOIMONDAU mais mis en fait à la disposition des preneurs pour une durée telle qu elle ne pouvait plus en disposer, ce caractère ne peut être dénié en ce qui concerne la session du droit au bail et du stock de marchandises lequel fait l objet de la seule contrepartie de quelques importance fournie par les preneurs. - ATTENDU qu il est en tout état de cause impossible de diviser la dite convention qui forme un tout et doit être prise dans son ensemble. - ATTENDU qu après analyse de cette convention, il ressort que MANGANI et MEAILLE et leur substitué ne s engageaient qu à verser une sommes de 350 000 F ramenée à 200 000 F à une créancière nantie sur le matériel et des mensualités de 1 000 F à la Sté BOIMONDAU. - ATTENDU qu il y a lieu d examiner ce que la Sté BOIMONDAU leur fournissait en contrepartie. - ATTENDU que les immeubles loués ou mise à disposition des preneurs étaient : 1 une propriété en partie bâtie d une contenance de 1 000 M², 41 rue Montplaisir à Valence. 2 une maison d habitation avec terre attenante d une superficie d environ de 3 558 M² à la Ba ume Cornillane. 3 quatre appartements : trois formant les lots 104, 112, 159, 140, de la copropriété AZUR à Granges les Valence et le quatrième à Valence chemin du Thon «Les Heures Claires». - ATTENDU qu il n et pas besoin d être expert pour savoir qu à eu x seuls les quatre appartements sis dans les copropriétés des construction relativement récente et qui ont été payés il y a 7 ou 8 ans plus de 169 000 F, pourraient être aisément loués plus de 1 000 F par mois pour les quatre. - ATTENDU qu il est non moins certain qu une maison d une certaine importance et pour le moins habitable puisque d après le rapport de Mr le Juge Commissaire elle servait de maison de repos ou vacances à plusieurs ménages à la fois, sis dans un espace de 3 558 M² même à la Baume Cornillane, a une valeur et ne se loue pas pour rien. - ATTENU qu il n est pas non plus besoin d être agent immobilier pour savoir qu un bâtiment industriel de 8 000 M² environ tel que celui qui se trouve dans la tènement immobilier appartenant à BOIMONDAU et une valeur et trouve aisément preneur à bail à 5 ou 6 francs le mètre carré. - ATTENDU que le droit au bail sur le tènement immobilier loué par la Sté Civile Immobilière de Combe Laval à la Sté BOIMONDAU contient 3 558 M² dont plus des ¾ couvert de bâtiments suiv ant les observations faites par Mr le Juge Commissaire en bon état et facilement utilisable, et dont le loyer annuel de 25 000 F bine qu important n est pas excessif et même plutôt avantageux, a une valeur certaine s il est difficile d en donner une évaluation précise. - ATTENDU que le matériel est en partie vétuste et en partie très spéciale et seulement utilisable pour une fabrication très déterminée, que suivant les observations de Mr le Juge Commissaire, sa valeur de réalisation parait bien inférieure à la valeur portée au bilan 1970 et à l estimation avancée par les syndics, mais que même s il n est pas repris pour être utilisé à des fabrications spéciales qui l on fait acheter et installer, la vente des diverses machines et outillage qui le composent de vrait au moins produire 250 000 à 300 000 F alors que par le jeu de la clause insérée dans la convention du 27 juillet 1971, peuvent non seulement l utiliser mais pratiquement en disposer sans que BOIMONDAU ne puisse rien leur demander.

- ATTENDU que le fond s industriel représente bien aussi une valeur puisque les défendeurs eux même déclarent qu une fermeture trop prolongée risque de faire perdre des marchés et une clientèle qui attend les fournitures de BOIMONDAU. - ATENDU que le stock se trouvant en juillet 1971, dans l usine et les entrepôts de BOIMONDAU peut ne pas être ce qu il était au 31 décembre 1970 et que les chiffres avancés par les syndics paraissent effectivement être bien supérieurs à la valeur industrielle réelle et bien plus encore à la valeur d e réalisation en l état ce stock mais qu il n en reste pas moins que les défendeurs l avaient eux-mêmes estimé à 350 000 F, alors qu il l avait bien examiné ou avait eu tout le loisir de l examiner et qu ils semblent avoir été bien mal placés pour réclamer par la suite une réfaction de 150 000 F en compensation de trop nombreux défauts de fabrication et retours qui ne peuvent que leur être imputable s dont ils n apportent du reste pas la preuve. - ATTENDU que comparaison faite entre les obligations de MANGANI et MEAILLE et de la société qui leur est substituée et le biens à eux remis en propriété ou à leur disposition ou à leur usage pour un temps pratiquement illimité, force est de constater que la valeur de ces derniers excède dans une proportion au moins triple de la valeur de ces premières. - ATTENDU que cette convention du 27 juillet 1971 rentre donc bien dans la catégorie des contrats des actes visés par les articles 29 et 31 de la loi du 13 juillet 1967. - ATTENDU qu il reste inexpliqué et semble-t-il inexplicable le fait qu après avoir souscrit une telle convention qui ne lui laissait comme actif qu une misérable mensualité de 1 000 F à recevoir chaque mois, puisque les 200 000 F prévus en compensation du stock devait être versée à un créancier nanti, alors que le passif de la société approcherais les 10 000 000 Francs, les dirigeants de BOIMONDAU aient attendu la veille de l audience au cous de laquelle le tribunal allait être amener à statuer sur son assignation par plusieurs créanciers, pour faire la déclar ation de son état de cessation de paiement et déposer son bilan. - ATTENDU que la disposition entre les obligations des partie, l absence de toute garantie de la part des preneurs, les circonstances dans lesquelles ont été signé l acte et qui l ont suivi, le fait qu aucune publicité n ait été faite et que l acte ne semble pas avoir été enregistré laisseraient plutôt penser qu il a pu y avoir collusion entre les dirigeant de BOIMONDAU ou certains d entre eux et MAGANI et MEAILE pour faire disparaître au profit de ses derniers et peut être des premiers et en tout cas au détriment des créanciers, le peu d actif restant à la société. - ATTENDU que de plus, comme le fait remarquer Mr le Juge Commissaire, le défaut de publicité dans un journal d annonces légales et au registre du commerce, suffirait d après la loi à rendre l acte entre BOIMONDAU et MEAILLE & MANGANI inopposable aux créanciers, si l on considère qu il s agit d une location gérance. SUR LA DEMANDE RECONVENTIONNELLE - ATTENDU que la Sté SMS se plaint aujourd hui de ce que l exploitation de fonds industriel lui ait été rendu impossible par les agissements de la Sté RHODANIENNE DES MESSAGERIES NATIONALES qui aurait «bloqué» des marchandises, ne les aurait pas acheminées aux destinataires ou remises à SMS, et de ce que les syndics ne se seraient pas opposés à ces agissements. - MAIS ATTENDU d une part que la Sté RHODANIENNE DES MESSAGERIES NATIONALES n est pas appelée en la cause et que la Sté SMS ne justifie aucunement de diligences ou mesures prise par elle, pour s opposer à des agissements dommageables pour elle de cette Sté RHODANIENNE DES MESSAGERIES NATIONALES en dehors de sa défense à l instance en référé rapportée ci-après. - ATTENDU d autre part que les syndics n ont pas à s immiscer dans les rapports entr e la Sté SMS et la Sté RHODANIENNE DES MESSAGERIES NATIONALES et n auraient à s opposer aux agissements de cette dernières que dans la mesure où ils risquent de causer préjudice à la masse des créanciers, ce qui leur appartient d apprécier. - ATTENDU que SMS reproche notamment aux syndics de ne pas s être opposé à la demande d expertise introduite en référé par la Sté des MESSAGERIES NATIONALES pour chercher ce qu il est advenu de marchandises introduites en France par elle commissaire en douanes caution vis -à-vis de l administration des douanes, pour le compte de BOIMONDAU en admission temporaire ; mais qu il s agissait d une simple mesure d investigation demandée dans son intérêt propre par la demanderesse, indépendamment de sa qualité de créancière de BOIMO NDAU et à laquelle les syndics ne paraissaient avoir aucun moyen de s opposer ni même intérêt à s y opposer.

- ATTENDU du reste que l on ne voit pas en quoi les investigations de l expert désigné pouvaient gêner l exploitation du fonds industriels de BOIMOND AU et même l usinage des matières, objet de cette mesure d instruction. - ATTENDU que SMS reproche également aux syndics d avoir encaissé des chèques et effets tirée par des clients à son profit, mais qu elle apporte aucune preuve alors que les syndics déclarent que s ils ont effectivement accepté de recevoir de MANGANI et MEAILE des chèques et des effets à leur ordre ou à l ordre de SMS, c était pour avec leur montant payer les salaires du personnel employé par eux. - ATTENDU que dans ces conditions la SMS ne prouve aucunement que par leur fait les syndics l on empêché d utiliser ou d exploiter les biens dont ils avaient pris possession. - ATTENDU qu il apparaîtrait plutôt qu un fait MANGANI et MEAILLE et la Sté SMS au capital minimum de 100 000 F ne se trouvait en mesure ou n avait pas l intention d apporter les moyens techniques et financiers nécessaires pour réorganiser et exploiter correctement le fons industriel dont pratiquement ils s emparaient. - ATTENDU qu en raison de la première disposition à prendre, la résiliation du contrat ne peut avoir d effet qu entre BOIMONDAU et MEAILLE et MANGANI et leur ayant cause et qu en tout état de cause la demande reconventionnelle des défendeurs ne semble plus avoir grand intérêt. - DISPOSITION A PRENDRE : - ATTENDU q en raison de l inopposabilité de la convention du 27 juillet 1971 à la masse des créanciers, la chose doit être remise dans la mesure du possible dans l état où elles se trouvaient avant la signature de la dite convention. - ATTENDU qu en conséquence MEAILLE et MANG AN et la SMS ou leurs ayant causes doivent restituer aux syndics tous les biens, immeubles, fonds industriels et matériels et marchandises se trouvant dans les ateliers et magasins de BOIMONDAU à cette date. - ATTENDU que d après les dires des parties, SMS aurait disposé d au moins une partie des marchandises ou matière en stock, qu elle doit donc en rembourser la valeur aux syndics de même que les syndics devraient l admettre au passif de la liquidation des biens pour la valeur donnée aux matières premières usinées par elle et restant dans le fonds. - ATTENDU que MANGANI et MEALLE ou la SMS ont occupé et pu utiliser tout l ensemble immobilier et industriel appartenant à BOIMONDAU eu moins jusqu au 10 octobre 1971 soit deux mois et n ont apporté aucune preuve de ce qu ils aient été gênés par les syndics dans leur jouissance, qu il doivent au profit de BOIMONDAU et de ses créanciers une juste indemnisation qu ils doivent payer aux syndics. - ATTENDU que les syndics réclament bien paiement de cette indemnisation mais ne donne aucune indication sur son montant. - ATTENDU que sur ces divers points il y a lieu d avoir recours à une expertise. - ATTENDU qu il est urgent à ce que soit fixé la plus rapidement possible le sort de ces biens, qui doit en avoir au moins la responsabilité, qu il y a donc lieu d ordonner l exécution provisoire du jugement laquelle est demandée par les deux parties. - PAR CES MOTIFS : - Le tribunal après avoir délibéré, statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort ; Monsieur le Juge C ommissaire entendu en son rapport oral ; Déclare inopposable à la masse des créanciers de la liquidation des biens BOIMONDAU, en application tant de l article 29 que l article 31 de la loi du 13 juillet 1967, la convention conclue la 27 juillet 1971 entre la dite société BOIMONDAU d une part et les sieurs Jean Paul MANGANI et Jen Jacques MEAILLE d autre part ; Dit qu en conséquence MEAILLE et MANGANI et la Sté SMS SOCIETE DES MAGASINS SPECIALISES et toute autre personne ou société à eux substituée devront restituer aux syndics de la liquidation des biens BOIMONDAU tous les biens, immeubles, fonds de commerce, matériel, droit au bail, marchandises appartenant à la Sté BOIMONDAU au 27 juillet 1971 et dont ils ont pis possession et au besoin les y condamne. Déclare si besoin est, la dite convention résiliée. Avant dire droit sur les indemnités pour occupation et jouissance et disposition de marchandises.

Commet en qualité d expert Mr GIROUD comptable à BOURG LES VALENCE le quel devra se faire assister de tous sapiteurs qu il conviendra sur les points techniques et commerciaux ; aux fin de rechercher et déterminer à l aide de toutes pièces comptables et inventaires : 1 ) consistance du matériel et du stock de matière et marchandise existant dans les ateliers et magasins de BOIMONDAU au 27 juillet 1971 et leur valeur ; 2 ) la consistance du matériel et du stock de matières et marchandises remises par MEAILLE et MAGANI aux syndics en restitution et leur valeur ; 3 ) quelles sont les matières et marchandise et le matériel dont MANGANI et MEAILLE ont pris possession et qu ils n ont pas rendus et quelle est leur valeur. 4 ) s il existe des marchandises restituées, auxquelles le travail fait par SMS a donné une plus value et quelle est cette plus value. De rechercher à l aide d exemples qu il pourra trouver, quel est le loyer moyen habituellement appliqué et l indemnité usuellement prescrite, pour la location ou l occupation d immeubles ou de fonds de commerce tels que ceux de la Sté BOIMONDAU. Dit que l expert désigné, dispensé du serment avec le consentement des parties, aura tous pouvoirs d investigation, se fera remettre tous documents, entendra tous sachants recueillera tous renseignements dont il indiquera la source et déposera au greffe un rapport détallé des ses opération dans les deux mois de sa saisine. Dit qu en cas de refus empêchement ou carence de l expert désigné, il sera procédé à son remplacement par simple ordonnance de Mr le Président du siège à la requête de la partie la plus diligente. Dit que le présent jugement sera opposable à toute personne ou société que MEAILLE et MANGANI ou la SMS se seraient substitués. Condamne MEAILLE et MANGANI et la SMS solidairement aux entiers dépens de l instance. Ordonne l exécution provisoire du présent jugement nonobstant appel ou tierce opposition et sans caution.