Le Centre de Post-Cure : un tremplin pour l autonomie?

Documents pareils
d infirmières et d infirmiers Pour être admissible au répit spécialisé sur référence Des services spécialisés intégrés en

Brochure d information destinée aux parents. Bienvenue à Clairival. Informations utiles sur la prise en soins de votre enfant

CENTRE D EDUCATION ET DE SOINS SPECIALISES POUR ENFANTS POLYHANDICAPES «LE RIVAGE» LIVRET D ACCUEIL DU STAGIAIRE

ARRÊTÉ du. relatif au cahier des charges de santé de la maison de santé mentionné à l article L du code de la santé publique.

CONTRAT D ACCUEIL. Parents Assistant(e)s Maternel(le)s. Proposé par les Relais Assistantes Maternelles du Haut-Rhin

PROGRAMME RÉGIONAL DE RÉADAPTATION POUR LA PERSONNE ATTEINTE DE MALADIES CHRONIQUES. Sommaire de la démarche de réorganisation

Equipe mobile SMES CH Sainte-Anne (Paris)

"Formation et évaluation de la compétence du pharmacien clinicien expérience suisse"

Projet de loi n o 21 (2009, chapitre 28)

INAUGURATION Du service de Pédiatrie Dossier de presse JEUDI 14 NOVEMBRE 2013

Direction de l'hébergement. Tous les services en CLSC

Déclarations européennes de la pharmacie hospitalière

L hôpital de jour ( HDJ ) en Hôpital général Intérêt d une structure polyvalente? Dr O.Ille Centre hospitalier Mantes la Jolie, Yvelines

COMPTE-RENDU D ACCREDITATION DE LA CLINIQUE LA LIRONDE. Saint-Clément-de-Rivière Saint-Gély-du-Fesc

Conseil. en Organisation et Gestion de Bloc Opératoire. tel : +32 (0) fax : +32 (0)

Maisons de Santé Pluridisciplinaires. Conditions d éligibilité à des soutiens financiers

LES PROFESSIONNELS DE LA SANTE

SOMMAIRE COMMUNIQUÉ DE PRESSE. p. 3. p. 4 LE CESU. p. 5. Les outils. p. 6. Le centre de simulation. Quelques chiffres

PROJET VIVRE, HABITER ET TRAVAILLER DANS LYON ET LE GRAND LYON

STAGE D'INITIATION AUX SOINS INFIRMIERS D'ACCES EN PCEM2 ou en 2ème ANNEE DE CHIRURGIE DENTAIRE

psychologie. UFR des Sciences de l Homme

Mutualité Chétienne de Liège 130. Place du XX Août LIEGE Tél. : (04) Fax : (04)

ATELIER 2: Les «bénéfices psychologiques» de l ETP: psychothérapie, thérapie cognitivocomportementale. quels équilibres?

ORGANIGRAMME DES ETUDES

Planification stratégique

La santé. Les établissements de l entité Mutualité Santé Services

Lépine Providence DOSSIER DE PRESSE

Santé, bien-être et plaisir par l alimentation et la cuisine

La raison d être des systèmes d information

Bilan de la démarche. de certification V Haute-Normandie

SOINS ET ACCOMPAGNEMENTS. Professionnels de la psychiatrie.

Cahier des charges des maisons de santé pluri-professionnelles pouvant bénéficier d un soutien financier

L articulation Hôpital de jour Accueil de jour

SECTION VI OUTILS DE GESTION DU RENDEMENT POUR DES FAMILLES D EMPLOIS COMMUNES POUR LES COMPÉTENCES COMPORTEMENTALES

Centre Régional de soins Psychiatriques «Les Marronniers» MSP

Hospitalisation à Temps Partiel Soins de Suite et Réadaptation Affections cardio-vasculaires et Affections respiratoires Livret de séjour

Domaine Santé. Plan d études cadre Modules complémentaires santé. HES-SO, les 5 et 6 mai PEC Modules complémentaires santé

L expérience du patient partenaire au suivi intensif dans la communauté à Sherbrooke. Daniel Boleira Guimarães; Luce Côté

Projet de santé. Nom du site : N Finess : (Sera prochainement attribué par les services de l ARS) Statut juridique : Raison Sociale :

CAHIER DES CHARGES INFIRMIER-ÈRE DIPLÔMÉ-E

Livret de Présentation (Extrait du livret des patients distribué à leur accueil)

Efficacité de la réalité virtuelle pour faciliter la prévention de la rechute auprès de joueurs en traitement

«Tout le monde devrait faire une psychothérapie.»

H A C C P. Hazard Analysis, Critical Control Point. Analyse des dangers, maîtrise des points critiques. Programme de formations.

Proyecto Telemedicina

Le décret du 2 mars 2006 a institué le Diplôme d Etat d Aide Médico-Psychologique de niveau V.

Estelle Marcault. 20/01/2012 URC Paris Nord 1

Livret du patient Livret du patient

CONTENU DU CAHIER DE GESTION

CONNAISSANCE DE SOI APPRENDRE A AVOIR CONFIANCE EN SOI

DISTRIBUTION DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR VOIE ORALE PAR L INFIRMIERE : RISQUE DE NON PRISE DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR LE PATIENT

Le monde bouge, change, nous nous devons de le suivre voire de le précéder en anticipant son évolution.

INTRODUCTION 1. DESCRIPTION DU MILIEU

Programme détaillé Analyse des actions de prévention précoce en PMI

Hospitalisation à domicile Mauges Bocage Choletais. Livret d accueil. Siège administratif PERMANENCE 24H/24 AU

Information au patient

LA SIMULATION: INTERETS EN FORMATIION MEDICALE CONTINUE. C Assouline

Organiser une permanence d accès aux soins de santé PASS

OBSTACLES À LA MOBILITÉ POUR LE MÉTIER DE MASSEUR-KINÉSITHÉRAPEUTE

Diplôme d Etat d infirmier Référentiel de compétences

Dr Agnès Caillette-Beaudoin, Medecin-directeur, Calydial (Lyon)

document révisé le

Présentation du MASTER EN SCIENCES DE LA SANTE PUBLIQUE

ANNEXE I REFERENTIEL PROFESSIONNEL AUXILIAIRE DE VIE SOCIALE CONTEXTE DE L INTERVENTION

Mutualité Chrétienne Hainaut Oriental 128. Rue du Douaire ANDERLUES Tél. : (071) Fax : (071)

ANNEXE I REFERENTIEL PROFESSIONNEL AUXILIAIRE DE VIE SOCIALE CONTEXTE DE L INTERVENTION

CONTRAINTES PSYCHOLOGIQUES ET ORGANISATIONNELLES AU TRAVAIL ET SANTE CHEZ LE PERSONNEL SOIGNANT DES CENTRES HOSPITALIERS:

SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX - PROFESSIONNELS

Résidence MBV Les FIGUERES -Capendu-

Simulation en santé. Outil de gestion des risques. Avril Dr MC Moll 1

1 ère partie Amont de l'hôpital : organiser la permanence des soins une obligation médicale!

Dép. 75 «Enfant présent»

I. PRÉSENTATION DE L E.S.A.T.

REGLEMENT DE FONCTIONNEMENT IME LA CIGALE

Une infirmière re clinicienne en et soins de. Stomathérapie. fonction? L infirmière. re «clinicienne?» Rôle de l infirmil. ressource?

Un besoin identifié : les jeunes et leur santé (état des lieux et constat)

Dr Julie Dauphin, Ph.D. Psychologue clinicienne

Formations Développement personnel. Ressources humaines. Management. Bureautique. Vente. Hygiène.

PROFIL DE POSTE DU CONDUCTEUR AMBULANCIER SMUR :

MENTION PSYCHOLOGIE OBJECTIF DE LA FORMATION. Les spécialités :

Assises Nationales du Maintien à Domicile juin 2000 La douleur Les soins palliatifs. EXPERIENCE DE SOINS D'UNE EQUIPE A DOMICILE Dr AVEROUS

La gestion des risques en hygiène hospitalière

JE NE SUIS PAS PSYCHOTIQUE!

N o d organisme. Rendement actuel Cible Justification de la cible

Votre séjour à l hôpital

L observatoire «Entreprise et Santé»

Conférence-débat Place des aides techniques et de l adaptation du logement dans le cadre de l assurance dépendance

Bienvenue à la formation

Comment la proposer et la réaliser?

Une école adaptée à tous ses élèves

SUPPLEMENT AU DIPLÔME

L approche de collaboration: une voie de contournement des facteurs entraînant les troubles graves de comportement.

MASTER OF SCIENCE EN SCIENCES DE L ÉDUCATION PÉDAGOGIE / PSYCHOLOGIE

STACCINI Pascal UFR Médecine Nice Université Nice-Sophia Antipolis

I. Qu est ce qu un SSIAD?

«WHEN ALL IS SAID AND DONE, MUCH MORE HAS BEEN SAID THAN DONE»

Organisation des enseignements au semestre 7

MÉMO. DESTINATAIRE : Employés des Offices d Habitation du Québec DATE :

Plan «Alzheimer et maladies apparentées»

Transcription:

Le Centre de Post-Cure : un tremplin pour l autonomie? 5ème secteur de Psychiatrie Générale Centre Psychothérapique de Nancy Dr V. Lambolez S. Lemaître 1

1- A qui s adresse-t-il? Adultes jeunes confrontés à un début de maladie psychique. Patients devenus au fil du temps dépendants du dispositif hospitalier. Elle pose le problème de l ouverture sur la cité et des complémentarités à développer. 2

2 Pourquoi un dispositif spécial? L hospitalisation à temps plein est un temps de soins intensifs. La réhabilitation psychosociale demande des compétences et des disponibilités que les équipes intrahospitalières n ont pas. C est pourquoi, un dispositif doit être mis en place, à type de moyen séjour, articulé avec le réseau de soutien du handicap psychique et en articulation avec la communauté. 3

3 - LE CENTRE DE POST-CURE A BUT C est une unité de moyen séjour située hors de l hôpital, dans la ville, qui remplit un double objectif : La poursuite active des soins préalablement engagés lors d une hospitalisation classique, La réhabilitation psychosociale, avec la mise en place d outils spécifiques et individualisés afin d envisager, dans des conditions optimales le retour ou l accès à une vie autonome. Elle se fait grâce à l équipe multidisciplinaire : 1 médecin, 1 cadre infirmier, 1 psychologue, 10 infirmiers, 1 assistantesociale. La capacité est de onze lits. C est une grande maison avec un terrain de tennis et un jardin dans dans un quartier résidentiel. 4

B FONCTIONNEMENT Modalités d admission : Les projets d admission sont présentés par les équipes des Unités Fonctionnelles des secteurs de ville (intra ou extra-hospitalières). Elles rencontrent l équipe multidisciplinaire du Centre de Post-Cure lors de la réunion clinique hebdomadaire. Cet échange, de personne à personne, est très riche et permet d optimiser la prise en charge, dès le départ, en construisant le projet en amont. Le patient doit être stabilisé et, au mieux, donner son accord pour l hospitalisation. Il accepte le règlement intérieur et signe un contrat de soins personnalisé. Deux infirmiers référents sont nommés. Le plus souvent une journée d hôpital de ce jour est proposée. 5

Le contrat de soin : Chaque patient reçoit son contrat de soin concernant les règles de la vie collective (horaire de lever, lieux fumeurs, respect du matériel) et doit le signer. Il inscrit aussi le nom des ses 2 infirmiers référents (rendez-vous 2 fois par semaine). Il établit son planning de semaine. Le contrat est personnalisé pour s adapter au mieux au patient. 6

L évaluation : Elle est nécessaire pour cerner le potentiel, les incapacités et les situations de handicap de la personne. Elle varie de 15 jours à 2 mois. Elle permet de fixer les objectifs d intervention et les besoins prioritaires de réadaptation. Les objectifs doivent être réalistes. L évaluation est un processus continu durant toute la phase de réadaptation pour ajuster continuellement les interventions pour chaque patient. Elle se fait par la grille d autonomie de DARCOURT. Un bilan psychologique peut être fait si nécessaire. 7

4 Bilan des capacités fonctionnelles et adaptatives. Évaluer le degré d autonomie du sujet. Actes de la vie quotidienne, hygiène corporelle, etc., Hygiène alimentaire, conception et réalisation des repas (individuel et collectif). Consommation de tabac, alcool, médicaments. Hygiène du lieu de vie, ordre, propreté, nettoyage. Aptitude à faire des achats, capacités à se rendre dans les magasins, reservir, demander, s intéresser aux prix, gestion de l argent de poche. Relation aux autres : aptitude à la vie en groupe, à la solitude. Capacité de gestion, demande pour remplir les formulaires administratifs. Loisirs et intérêt pour une activité de détente. Intérêt pour un travail et capacité de travail. Liens familiaux et amicaux. Si nécessaire, une mesure de protection de biens est décidée. 8

Prise de médicaments L inobservance est la première cause de rechute. Le patient doit comprendre et accepter la prise de son traitement. Une éducation est donnée par le biais de cahiers explicatifs : rôle du traitement, quantités, médicaments, effets secondaires. La qualité de la relation est primordiale (confiance et respect) pour que le patient pose toutes ses questions. 9

Habilités sociales Jeu de compétences d après le module de Liebermann. Entraînement aux compétences sociales et résolution de problèmes. En groupe de patients, animés par 2 infirmiers formés. La dynamique de groupe permet une émulation. Le programme consiste en différents entraînements virtuels face à une simulation donnée. Le plus souvent une partie des activités se fait hors de l hôpital dans des associations (Espoir 54, M.J.C., club alpin). La structure doit être bienveillante, où le patient se sente en sécurité et les tâches sont effectuées au début avec le personnel. 10

Remédiation cognitive Il s agit d une approche thérapeutique spécialisée de la schizophrénie. 2ème génération de programmes thérapeutiques cognitivo-comportementaux d entraînement aux compétences sociales (programme IPT Integrated psychosocial therapy Brenner). Il consiste en un ensemble structuré et hiérarchisé d interventions destinées à diminuer les altérations cognitives, comportementales et émotionnelles dont souffrent les patients. Il permet d améliorer le fonctionnement cognitif de base, mémoire, attention et concentration, perception. 11

C est un entraînement structuré au moyen d exercices spécifiques qui s attaquent de façon ciblée aux déficits cognitifs. C est une sorte de kinésithérapie pour le cerveau. Réhabilitation professionnelle Elle se fait avec un bilan pour tester les patients. (DIMO 54, AFPA, stages en CAT, ESCOBAM ) Une recherche de travail peut se faire avec une assistante sociale, en milieu normal ou protégé. Le patient peut commencer à travailler lors de son hospitalisation (hospitalisation de nuit). 12

Soutien familial et communautaire Rencontre régulière de la famille avec l infirmier référent. La famille est une alliée naturelle du soin. Appartements associatifs pour les patients les moins autonomes. Modules de psychoéducation pour les familles. 13

5 -Conclusion : -Cette structure constitue pour les patients un tremplin pour la sortie. -Son équipe multidisciplinaire permet une prise en charge au plus près des besoins des patients. -Elle travaille avec de nombreux partenaires dans la cité. 14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

24