La gare Saint-Lazare La révolution ferroviaire est le moteur de la révolution industrielle. On peut transporter des marchandises et des personnes beaucoup plus vite et beaucoup plus loin. C est un exemple d urbanisation et d industrialisation. En France l histoire du chemin de fer démarre assez lentement dans la première moitié du XIXe. Les anglais maitrisent mieux la métallurgie (locomotive à vapeur 1804 en Angleterre et 1830 en France). On va mettre en place des mines de charbon dans les villes. Ce qui va nécessiter la mise en place de tunnels, mais c'est une opération couteuse. De plus, l industrie sidérurgique n est pas en mesure de fournir le métal en quantité et de qualité suffisante. A partir de 1830, des banquiers vont s engager dans l aventure ferroviaire, les familles Rothschild et Pereire. Ils vont apporter des capitaux qui permettront la mise en place du chemin de fer. Finalement l Etat, voyant le risque qui est pris par ces banquiers, va aussi s engager. La charte des chemins de fer en 1842 va impulser la mise en place d un vaste réseau national à partir de Paris. L Etat va acheter les terrains et financer les infrastructures et la bourgeoisie finance la pose des rails, la fourniture du matériel et l exploitation du réseau. La gestion du réseau va être confiée à 6 compagnies, la PLM (Paris Lyon Méditerranée), la Compagnie d Orléans, la compagnie du Midi, du Nord, de l Est et de l Ouest. Quelques dates : 1843 : ouverture d une ligne entre Paris-Orléans et Paris-Rouen. 1846 : Orléans -Tours 1855 : Paris- Marseille. 1858 : 8675km de voies ferrées ; 1870, 17500 km. 1914 : 38000 km de voies ferrées. Bouleversement à partir de 1937, nationalisation, création de la SNCF. C est une SEM, société d économie mixte. Les chemineaux deviennent des fonctionnaires. 1981 : arrivée du TGV. 1983: établissement publique commercial. 1987 : TER. 1997 : RFF, réseau ferré de France. Le symbole de cette révolution férroviaire est la gare. Pour Haussmann, elle est la porte de la cité industrielle ; pour Théophile Gautier, la cathédrale du XIXe. C'est une architecture paradoxale, entre modernité et néo-classicisme (éclectisme). Premier exemple avec la Gare de l Est par François Alexandre Duquesney et Pierre Cabanel de Sermet, 1847-52, style néo-renaissance, grandes arcades. Elle a servi de modèle à la construction d autres gares en France (Brest).
Deuxième exemple avec la Gare du Nord, plus grande gare d Europe en trafic. Jacques Ignace Hittorf, 1861-1864. Néobaroque, pilastres colossaux, de style ionique, statue à l aplomb des pilastres. Cette façade vient masquer la halle moderne de l'ingénieur. Troisième exemple avec la Gare d Orsay, Paris, Victor Laloux, 1898-1900. Lorsqu une gare est construite on aménage aussi une avenue, une place. Elle va avoir un rôle de séduction pour le voyageur. Autour de la Gare il existe d autres espaces : des logements, des espaces voyageurs, des dépôts, des ateliers La gare peut aussi déclencher un réaménagement urbain, elle constitue un pôle d attraction dans la ville. Elle entraîne une modification profonde du quartier dans lequel elle va s insérer. La Gare Saint Lazare desservait la Normandie et le Nord de la Bretagne. En 1835, on installe Place de l Europe un embarcadère en bois (dur en 1837) qui dessert la ligne Saint Germain. L'ensemble est construit selon la typologie des canaux, ouvrages qui ont fait la fierté des ingénieurs français. Ces canaux étaient très importants pour l économie en France. Ce sont des ouvrages techniques qui vont structurer le paysage de manière importante. Les ingénieurs pour construire les voies de chemin de fer, ont repris le motif des canaux. Les voies, placées en contrebas, sont accessibles par
des rampes et des escaliers, de style néo-renaissance, assez simple. Les voies passent sous la place de l Europe via des tunnels. A partir de 1841 est mise en place la gare permanente rue Saint Lazare. La direction du chantier est confiée à deux hommes : Alfred Armand (architecte) et Eugène Flachat (ingénieur). On construit cette gare en raison de l augmentation du trafic et de l ouverture d une nouvelle ligne. Embarcadère de l'europe, 1837
On a un ensemble composé d un corps central et deux ailes en retour, encercle une cour assez étroite qui donne devant la rue Saint Lazare. Le premier niveau, avec arcades en plein cintre, abritent des boutiques. Au-dessus, deux étages carrés, avec au premier étage des portes fenêtres surmonté d un fronton triangulaire, le deuxième étage est encadré de pilastre. Depuis la cour on accède aux, aux salles d'attente et escaliers en hémicycle. Il y a une différence de niveau entre les quais et la rue Saint Lazare. Les quais sont couverts par des Halles (1851-53), pour protéger les voyageurs des intempéries. Elles ont des charpentes de type Polonceau. C était un ingénieur qui a mis au point un nouveau système de fermes en métal. Ferme, trois éléments : Elément horizontal : l entrait Deux arbalétriers. Les jambettes, qui caractérisent le style Polonceau, sont perpendiculaires aux arbalétriers. Cela permet une portée beaucoup plus importante. Cette ferme se distingue des fermes anglaises où la jambette est perpendiculaire à l entrait. Le système Polonceau mise au point en 1837 sera utilisé jusqu en 1914. Petit à petit, les voies vont se développer vers l ouest ce qui oblige à construire une autre halle. Ce système Polonceau va permettre de couvrir des voies importantes.
Il existe d autre système de halles au XIXe : Gare Saint Pancras à Londres, 1863-1873 par William Henri Barlow (ingénieur) et Georges Gilbert Scott. (Architecte). Cette Halle présente un arc surbaissé, formant une halle de 17000M2 et 73M de portée. Forme un peu pointu pour une meilleure résistante au vent. Halles un peu particulière, ici l entrait passe sous les voies, 25 arcs de métal et en dessous 25 entraits. En dessous 688 poteaux de fonte soutiennent les poutres et la portée des 25 arcs de métal. Opposition entre l ingénieur et l architecte, intérieur avec métal, verre et extérieur néo-gothique. Ces corps de bâtiment vont faire un écran entre la ville et les quais. Cette gare a été restructurée dans les années 2000 pour accueillir l Eurostar.
Mais le réseau est saturé, ainsi on va construire un pont. On va percer des tunnels jusqu en 1853 au niveau de la place de l Europe. Pour libérer de la place, on va changer la structure de la place de l Europe et construire un pont, le pont de l Europe pour avoir un dégagement des voies. Il est construit entre 1859 et 1868. Il s agit d une immense structure métallique qui repose sur des piles de maçonnerie. La mise en place de ce pont va entraîner une transformation du quartier et la destruction des immeubles et aussi modifier le schéma des rues. Cette transformation du paysage rentre dans la restructuration de Paris de Haussmann sous Napoléon III. A rennes, la gare est inaugurée en 1857, sous le second empire, par l architecte Lenoir. Ensemble assez modeste sur deux niveaux, arcades au premier niveau, horloge sur le dessus, ensemble néoclassique. Ici la compagnie est souveraine dans les choix architecturaux. Cette Gare a été implantée à la campagne, on va mettre en place une avenue, bd de la Tour d Auvergne, Bd de la Liberté, donc transformation du quartier. Maison construite autour de la Gare pour les ouvriers. La Gare Saint Lazare va être à nouveau transformée entre 1885 et 1889. En lien avec l exposition universel, l'architecte Juste Lisch crée un nouveau bâtiment d accueil et une vaste place sur le devant. Le bâtiment est en pierre en granit et concoure à donner à la gare un aspect monumental. Il développe une architecture grandiloquente de style IIIe République. Cette nouvelle gare à un plan en U composé de 3 grands corps de bâtiment qui viennent encadrée la gare. Une halle courbe de 40m de portée et 100m de longueur. Ferme en treillis. Lisch va également doubler la gare en construisant une halle perpendiculaire entre les bâtiments pour les relier.
Les corps de bâtiment latéraux sont eux-mêmes flanqué de deux pavillons, grande rigueur, grande symétrie. Lisch a intégrer au premier niveau des portiques. Système du demi-étage soit (entre-sol : demi étage qui se trouve entre le rez-de-chaussée et le premier étage) et niveau attique. C est un niveau qui vient en couverture du bâtiment, toujours sous les combles et au-dessus du dernier étage carré. On a des bossages, des pilastres d ordre colossal, une horloge au centre couronné par un fronton cintré à base interrompu. On a aussi des baies thermales (baie en plein cintre à laquelle il faut ajouter deux meneaux). Des œil de bœuf : ouverture ronde au niveau des combles. Fenêtres à meneaux. L'horloge est couronnée d'un fronton cintré brisé et à base interrompu avec des ailerons à volutes. Baie thermal, œil de bœuf, souche de cheminé, des grandes toitures, et un peu plus tard est rajouté une marquise filante. Ce type d architecture va avoir une fonction de prestige et ne reflète pas l organisation interne du bâtiment, elle incarne, symbolise une certaine solidité, puissance du capitalisme triomphant à cette période à laquelle participe l aventure ferroviaire. De plus ces différentes structures jouent un rôle de contrebutement, pour rassembler les forces. Reflète un nouvel art de vivre, attire le voyageur, se transforme en palais, salle d attente vont devenir des espaces de réception avec un cadre somptueux, céramiques, sculpture, peinture. Hotel «Terminus» relié à la gare par une passerelle, qui allie modernité et confort. Principe du portique au rez-de-chaussée, travail en bossage. Toit brisé, souche de cheminée importante.
1979 et 1984, inscrite au patrimoine de l UNESCO. Elle a été remaniée, travaux terminé il y a quelques mois. C est une architecture de type 3ème république.